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Formation sur la Cohésion Sociale au Burkina

Transféré par

Edmon NITIEMA
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Formation sur la Cohésion Sociale au Burkina

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Module de formation des Comites de dialogue et de veille

citoyenne (CDvC) et des Organisations de la société civile (OSC)


féminines et de jeunes des communes de zorGho et boudry sur les
questions de cohesion sociale, de prevention et de resolution des
conflits

Consultant
Mahamadou KABORE
Téléphone: 00226 70 04 75 19/76 01 84 80
E-mail: kbormkb@[Link]

Module Cohésion sociale_ORCADE 1


Plan du module
Introduction
I. Définition/clarification de concepts
II. Typologie des conflits communautaires
III. Causes des conflits communautaires
IV. Conséquences des conflits communautaires
V. Techniques d’analyse des conflits communautaires
VI. Prévention des conflits communautaires
VII. Gestion des conflits communautaires
VIII. Valeurs communes et nécessaires au vivre-ensemble à promouvoir au Burkina
Faso
IX. Stratégies de plaidoyer et d’implication des acteurs clés de la société dans la
gestion des conflits communautaires/Engagements des participant-e-s
X. Brève présentation de l’ONAPREGECC
Conclusion

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Introduction (1/4)
▪ Depuis 2014, le Burkina Faso connait une instabilité grandissante, une montée sans
précédent de l’extrémisme violent et de la radicalisation ;
▪ autrefois connu pour sa cohabitation pacifique entre les groupes socio-linguistiques et
religieux, le pays connait ces dernières années, des problèmes qui ébranlent la paix et
remettent en cause les fondements du vivre ensemble séculaire ;
▪ dans ce contexte, l’on assiste à la perte totale d’un certain nombre de valeurs notamment
la tolérance, la solidarité, l’entraide, l’égalité, le dialogue respectueux et la compréhension
mutuelle ;
▪ cette fragilisation du tissu social entraine les principales conséquences suivantes sur la
gouvernance locale : la faible participation citoyenne des populations surtout sa frange
jeune à la conduite des Politiques publiques (PP), le climat de méfiance entre la jeunesse
et les gouvernants, le désintérêt affiché d’une partie de cette jeunesse vis-à-vis de la
chose publique, la faible culture de redevabilité et de concertation des gouvernants ;
▪ dans un tel contexte, l'éducation à la promotion de la cohésion sociale et à la paix s'avère
nécessaire ;
▪ dans cette optique, le Gouvernement du Burkina Faso, les Partenaires techniques et
financiers (PTF) et les Organisations de la société civile (OSC) entreprennent au
quotidien des actions visant la recherche de la paix et la cohésion sociale ;

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Introduction (2/4)
▪ en vue d’apporter sa contribution à la promotion de la paix et de la cohésion
sociale au Burkina Faso, Oxfam et ses partenaires (dont l’ONG ORCADE) ont
formulé le projet dénommé "Une société juste, équitable, résiliente et
pacifique au Burkina Faso - DANIDA SP 2.0 Burkina Faso" dont l’objectif est
de contribuer à la construction d’une société juste et à la réduction des
inégalités, en renforçant la participation des citoyens et des OSC à la gestion
des finances et des ressources, en contribuant à la transparence et à l’efficacité
des actions et à la durabilité des résultats, avec des femmes et des jeunes
préparés à leur rôle d’agents de changement parmi les membres des
organisations et des Comités de dialogue et de veille citoyenne (CDVC) ;
▪ le présent atelier de formation sur la cohésion sociale, la prévention et la
résolution des conflits s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre dudit projet ;
▪ en effet, c’est convaincu que les voies et moyens pour une bonne promotion de
la cohésion sociale ne peuvent être envisagés que si chaque acteur est informé
du rôle qu’il doit jouer, que l’ONG ORCADE a programmé cette formation ;

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Introduction (3/4)
▪ objectif général de l’atelier de formation : renforcer les capacités techniques des
membres des CDVC des communes de Zorgho et Boudry sur la cohésion sociale, la
prévention et la résolution de conflits ;
▪ objectifs spécifiques :
o renforcer les capacités des participant-e-s sur les notions et concepts liés aux
conflits et à leur gestion, la cohésion sociale et la paix ;
o permettre aux participant-e-s de maîtriser les mécanismes de gestion non violente
des conflits ;
o renforcer l’engagement personnel des participant-e-s en faveur de la cohésion
sociale et de la paix ;
o orienter et préparer les participant-e-s à la formation pour sensibiliser d’autres
populations à se convertir en agents sociaux et comme médiateurs ;
o permettre aux participant-e-s d’adopter des attitudes favorables à la promotion de la
cohésion sociale et de la paix à travers le dialogue ;
▪ résultats attendus :
▪ les capacités des participant-e-s sont renforcées sur les notions et concepts liés aux
conflits et à leur gestion, la cohésion sociale et la paix ;
▪ les participant-e-s ont des connaissances sur les mécanismes de gestion non violente
des conflits ;
▪ l’engagement personnel des participant-e-s en faveur de la cohésion sociale et de la paix
est renforcé ;
▪ les participant-e-s à la formation sont aptes à sensibiliser les populations à se convertir
en agents sociaux et comme médiateurs ;
▪ les participant-e-s adoptent des attitudes favorables à la promotion de la cohésion
sociale et de la paix à travers le dialogue.
Module Cohésion sociale_ORCADE 5
Introduction (4/4)
▪ approche méthodologique: l’atelier de formation va durer deux
(2) jours et va consister essentiellement en :
o des brainstormings ;
o des présentations Powerpoint suivies d’échanges ;
o des travaux pratiques suivis de restitutions en plénière ;
o des rappels ;
o des synthèses.

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I. Définition/clarification de concepts (1/7)
❑ Notion de conflit : le conflit est défini comme la rupture d’une situation harmonieuse et
paisible entre 2 ou plusieurs individus ou 2 ou plusieurs groupes sociaux. Il est dit :
o sous-jacent ou latent : lorsque les parties concernées par le problème sont
mécontentes et la tension couve entre elles ;
o le conflit est dit ouvert : lorsque les parties s’accusent ouvertement et se rejettent la
responsabilité des causes du conflit ;
o il est violent : lorsque les parties font recours à la violence, aux agressions, aux actes de
destruction pour se rendre justice.
❑ Notion de conflit communautaire : le conflit communautaire est un conflit qui oppose 2 ou
plusieurs groupes de personnes liés entre eux par un lien affectif ou une communauté
d’intérêts. Les personnes en conflit peuvent ainsi être des membres d’une même ethnie,
d’une même religion, d’un même village, exerçant une même activité économique, etc. Dans
ce genre de conflits, les individualités laissent la place au groupe qui met en avant son
identité commune. De nos jours, les conflits communautaires au Burkina Faso ont pris une
autre dimension en lien avec l’extrémisme violent et ses différentes implications. L’extrémisme
violent faut-il le rappeler est un état d’esprit caractérisé par la manifestation de
comportements violents d’éléments radicalisés dans une société donnée pour des mobiles
politique, religieux, sociaux, etc .
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I. Définition/clarification de concepts (2/7)
❑ Notion de prévention des conflits communautaires : la prévention des conflits
communautaires consiste à les anticiper. Par ailleurs, elle consiste en la mise en œuvre de
mesures tendant à les résoudre en amont et à éviter leur survenance. Il s’agit d’identifier et de
prendre par avance les précautions qui peuvent permettre d’éliminer toutes les causes
favorables au développement des conflits. Elle permet d’instaurer au sein de la communauté,
une volonté de coopération permettant une cohabitation pacifique.
❑ Notion de gestion d’un conflit : la gestion d’un conflit consiste à administrer l’évolution du
conflit, diriger et organiser les acteurs impliqués vers une solution concertée. Il s’agit de
faciliter la concertation et le dialogue pour établir la confiance et la communication entre les
protagonistes dans la perspective de trouver des solutions acceptées et durables. La gestion
des conflits vise ainsi, à prohiber toute initiative de se faire justice soi-même face à une
situation conflictuelle en procédant à la pacification des relations dans la société. Elle doit
viser à dégager soit un consensus durable et applicable entre les parties, soit une solution
pleine d’autorité et d’effectivité pouvant dans tous les cas vider le cadre du conflit de toute
raison de violence. Dans cette optique, le concept de gestion des conflits est globalisant et
prend en compte toutes les déclinaisons de la prise en charge d’un conflit communautaire.
Les différentes déclinaisons se traduisent par des étapes progressives, chacune pouvant être
considérée comme une étape qualitativement supérieure à la précédente. Ces étapes sont les
suivantes :
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I. Définition/clarification de concepts (3/7)
❑ Notion de gestion d’un conflit (suite) :
o la prévention du recours à la violence qui vise à prévenir l'éclatement de la violence dans le cadre d’un conflit ;
o le règlement du conflit vise à mettre fin à un comportement violent par tous les moyens. Dans le cas d’espèces,
l’essentiel est de mettre un terme à la violence en formalisant un accord verbal ou écrit. A cette étape, on
s’embarrasse très peu des analyses fines sur les causes du conflit encore moins de la durabilité des solutions
préconisées ;
o la résolution du conflit : elle vise à limiter et à éviter la violence future, en encourageant les parties impliquées à
des changements de comportement positifs. Les acteurs intermédiaires en charge de la gestion d’un conflit n’ont pas
pour ambition première de trouver une solution définitive à un conflit, mais d’établir des mécanismes intermédiaires
permettant d’endiguer toute forme de violence ne serait-ce que dans le moyen terme. Elle aborde les causes
profondes du conflit et cherche à construire de nouvelles dynamiques basées sur des relations durables entre les
parties hostiles. L’objectif étant de renouer la confiance et de poser tous les jalons d’une coexistence harmonieuse et
paisible entre les protagonistes ;
o le rétablissement : c’est la procédure globale qui consiste à soutenir les communautés en conflit, dans leurs efforts
pour restaurer le bien-être social, émotionnel, économique et physique. Le rétablissement comporte d’une part, la
réhabilitation et d’autre part, la reconstruction. La réhabilitation consiste en la restauration des fonctions essentielles
de la société, d’une durée de l’ordre de quelques semaines à quelques mois. La reconstruction ou le relèvement
consiste au recouvrement de l’état avant conflit, d’une durée de l’ordre de quelques mois à quelques années ;
o la transformation du conflit : elle porte sur les sources sociales et politiques plus larges d'un conflit et cherche à
transformer l'énergie négative de la violence en un changement social et politique positif. De manière explicite, cela
peut se traduire par des actions d’envergure de transformation touchant aux bases sociales et/ou socio-économiques
de la société. Il s’agirait, par exemple, d’identifier un levier social capable d’unir à jamais les communautés en conflit
(la parenté à plaisanterie par exemple), ou d’un projet socio-économique consensuel d’intérêt commun construit sur
les stigmates d’un conflit. (ex du Centre de santé communautaire transfrontalier Wanian- Ouarokuy entre la province
de la Kossi au Burkina et le Cercle de Tominian au Mali, fruit d’un processus de réflexion et de concertations entre les
acteurs à la suite d’un conflit meurtrier entre les communautés de part et d’autre de la frontière Burkina- Mali)
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I. Définition/clarification de concepts (4/7)
❑ Sécurité : c’est un état où les dangers et les conditions pouvant provoquer
des dommages d'ordre physique, psychologique ou matériel sont contrôlés
de manière à préserver la santé et le bien-être des individus et de la
communauté. C'est une ressource indispensable à la vie quotidienne qui
permet à l'individu et à la communauté de réaliser ses aspirations.
❑ Insécurité:
o c’est le manque ou l'absence de sécurité ;
o pour une personne, une communauté/collectivité territoriale/pays,
l'insécurité est l'inquiétude qui résulte du manque de sécurité et de
l'éventualité d'un danger réel ou imaginé ;
o elle est l'ensemble des menaces physiques, morales, économiques,
sociales, politiques, environnementales et culturelles rencontrées dans
la vie quotidienne et qui font que la sûreté physique et la tranquillité ne
sont plus assurées.
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I. Définition/clarification de concepts (5/7)
❑ Cohésion sociale :
o "c’est le vivre-ensemble harmonieux et paisible des communautés qui
permet un accès équitable aux ressources, cultive les valeurs collectives
partagées (intégrité, solidarité, tolérance, …) dans le respect des droits
humains, des lois et institutions de la république, tout en réduisant les
inégalités sociales" ;
o la vision de la cohésion sociale à l’horizon 2025 est la suivante : "Un
Burkina Faso uni, solidaire et prospère où tous les fils et filles travaillent à
promouvoir et consolider la cohésion sociale et l’unité nationale pour un
développement durable à l’horizon 2025" (Cf. Atelier technique national
d’élaboration d’une définition consensuelle et de la vision de la cohésion
sociale au Burkina Faso, Ziniaré, les 24, 25, 26 septembre 2019).

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I. Définition/clarification de concepts (6/7)
❑ Terrorisme:
o Etymologie : du latin terror, terreur. Le mot terrorisme a été utilisé
pour la première fois en novembre 1794 pour désigner
la "doctrine des partisans de la Terreur" pendant la Révolution
française ;
o le terrorisme désigne l'usage de la violence par certaines
organisations pour atteindre leurs objectifs : faire pression sur
l'Etat, contraindre une population à l'obéissance, médiatiser une
cause, promouvoir une idéologie ;
o le terrorisme peut prendre la forme d'attentats, d'assassinats,
d'enlèvements, de sabotages, d'actes d'intimidation, etc. Au-delà
des victimes directes qui sont souvent des civils, le terrorisme
cherche à frapper les symboles forts de l’Etat, l’opinion publique,
à l'intimider, en instaurant un climat de terreur et de peur.
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I. Définition/clarification de concepts (7/7)
❑ Réconciliation : "la réconciliation est un processus inclusif et participatif
consistant, d’une part, à la reconnaissance d’une ou de plusieurs violations
causée(s) par un acteur ou un groupe d’acteurs ayant porté atteinte à l’intégrité
physique et morale d’autrui, à des intérêts privés ou publics et, d’autre part, à la
réparation des torts commis et à l’engagement dans la vérité, la justice et le
pardon, afin d’éviter de commettre les mêmes violations et de préserver de
manière durable la cohésion sociale dans le respect aussi bien des valeurs
culturelles que des valeurs républicaines" (Cf. Stratégie nationale de la
réconciliation 2022-2026) ;
❑ Paix: ce sont les rapports calmes entre citoyens. C’est aussi l’absence de troubles,
de violences. La paix est une relation de bien-vivre ensemble, solide et durable,
basée sur le respect, la sérénité, la cordialité et la bonne intelligence entre
humains. Elle désigne un état de calme ou de tranquillité ainsi que l'absence de
perturbation, de trouble, de guerre et de conflit entre 2 ou plusieurs personnes ou
groupes de personnes.
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II. Typologie des conflits communautaires (1/2)
Les conflits communautaires connus au Burkina Faso, selon le rapport de l’étude sur l’état
des lieux des conflits communautaires sont les suivants :
▪ le conflit agriculteurs/éleveurs : c’est un conflit qui oppose un ou plusieurs agriculteurs
et un ou plusieurs éleveurs dont l’objet porte sur l’exploitation des Ressources naturelles
(RN) en lien avec l’agriculture et l’élevage ;
▪ le conflit foncier : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs personnes physiques ou
morales sur la reconnaissance ou la jouissance d’un droit lié à la terre ;
▪ le conflit lié à la chefferie traditionnelle : c’est un conflit lié à la dévolution
successorale d’un chef et opposant généralement 2 ou plusieurs personnes ou, 2 ou
plusieurs communautés ;
▪ le conflit intra religieux : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs personnes ou
groupes de personnes appartenant à la même communauté religieuse et dont l’objet
porte sur la religion ;
▪ le conflit interreligieux : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs personnes ou
groupes de personnes appartenant à 2 ou plusieurs communautés religieuses distinctes
et dont l’objet porte sur la religion ;
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II. Typologie des conflits communautaires (2/2)
▪ le conflit interethnique : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs ethnies ou, 2 ou
plusieurs groupes ethniques ;
▪ le conflit minier : c’est un conflit qui oppose soit les exploitants miniers (sociétés
minières) et les populations, soit les orpailleurs et les propriétaires terriens, soit les
orpailleurs entre eux, soit les orpailleurs et les exploitants industriels dont l’objet porte sur
l’exploitation minière ;
▪ le conflit politique : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs personnes ou, 2 ou
plusieurs groupes de personnes en raison de leur appartenance ou leurs intérêts
politiques ;
▪ le conflit lié à l’eau : c’est un conflit qui oppose 2 ou plusieurs groupes d’usagers d’eau
lié à l’exploitation de la ressource en eau.

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III. Causes des conflits communautaires (1/3)
Type de conflits communautaires Causes du conflit communautaire
▪ La revendication de la propriété d’un terrain par 2 personnes ou groupes de
personnes ;
▪ la cession d’une très grande superficie de terrain par une partie sans le
consentement des autres membres de la famille ;
▪ la contestation des limites territoriales de 2 villages ;
▪ la vente illicite des réserves d'un village ;
▪ la volonté d’une partie de vendre des terres qui lui avaient été prêtées ;
▪ le retrait des terres par les propriétaires terriens aux exploitants ;
▪ la vente des terres cultivables par des propriétaires terriens à des promoteurs
immobiliers sans consultation des exploitants ;
Conflits fonciers
▪ la revendication de la propriété de terres vendues à des promoteurs
immobiliers ;
▪ l’opposition des propriétaires terriens à l'application des plans de lotissement ;
▪ le défrichage d'un bois sacré ;
▪ la contestation des limites de champs ;
▪ la vente de terres d'un village par un ressortissant d'un autre village ;
▪ l’accaparement et vente de terres familiales ;
▪ la contestation de la délimitation de pistes à bétail et de zones de pâture ;
▪ le non-respect des limites de champs matérialisées par la justice ;
▪ le retrait des terres par les héritiers du donateur après le décès de celui-ci.

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III. Causes des conflits communautaires (2/3)
Type de conflits communautaire Causes du conflit communautaire
▪ L’intronisation d’une personne inéligible ;
▪ l’auto proclamation d'une personne comme chef ;
▪ le non-respect des règles de dévolution successorale ;
Conflits lés à la chefferie ▪ la contestation d'un chef par une partie de la population ;
▪ l’intronisation d'une personne du vivant du chef ;
▪ la revendication de la chefferie par 2 personnes ;
▪ l’intronisation de 2 chefs dans une même localité.
▪ La contestation des résultats d’une élection (Président, Maire, etc.) ;
▪ le nomadisme politique ;
▪ le conflit de leadership au sein d’un même parti ;
Conflits politiques
▪ l’intolérance entre acteurs politiques ;
▪ l’instrumentalisation de la population ;
▪ la mésentente entre 2 partis ou formations politiques.
▪ L’installation d'un site d'orpaillage dans un champ ;
▪ le non-respect des engagements par les sociétés minières ;
▪ la revendication d’un site d’orpaillage par 2 villages ;
▪ la violation du périmètre d’une société minière par les orpailleurs ;
▪ la profanation de tombes par les orpailleurs ;
Conflits miniers
▪ la destruction des lieux de culte par les orpailleurs ;
▪ la revendication d’un site d’orpaillage par une partie de la population ;
▪ l’installation d’un site d’orpaillage à proximité d’une voie ou des habitations ;
▪ l’insuffisance de communication et d’information des populations sur les activités des
sociétés minières.

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III. Causes des conflits communautaires (3/3)
Type de conflits communautaire Causes du conflit communautaire
▪ Les dégâts de champs par les animaux ;
▪ la pâture à proximité des zones de cultures ;
▪ l’obstruction de pistes à bétail par les agriculteurs ;
▪ les préjugés à l’égard d’une ethnie ;
▪ la plainte liée à la non prise en compte des besoins spécifiques d’une communauté ;
Conflits agriculteurs éleveurs
▪ l’absence de schémas d’aménagement ;
▪ la contestation de la délimitation d'une zone de pâture ;
▪ l’occupation de zones de pâture par des agriculteurs ;
▪ l’occupation de campements par les agriculteurs en l’absence des éleveurs partis en
transhumance.
Conflits liés à l’exploitation des ▪ L’opposition liée à l’utilisation de la ressources naturelles ;
ressources naturelles (eau, ▪ le refus de se soumettre aux règles d’exploitation et de gestion des ressources naturelles ;
agrégats, PFNL, etc.) ▪ le manque d’instruments de gestion des ressources naturelles.
▪ Le conflit de leadership ;
▪ la revendication de la propriété d’un lieu de culte ;
Conflits intra-religieux ▪ les fanatismes ;
▪ le non respect des textes (non renouvellement des instances par exemple);
▪ l’intolérance.
▪ L’intolérance ;
Conflits inter-religieux
▪ les fanatismes ;
▪ le manque de dialogue.
▪ L’intolérance ;
Conflits inter-ethniques ▪ les soupçons de complicité avec des groupes armés ;
▪ les préjugés d’une communauté sur une autre.

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IV. Conséquences des conflits communautaires (1/3)
Les conséquences majeures des conflits communautaires sont les suivantes :
▪ la dégradation du vivre-ensemble ;
▪ l’atteinte à l’intégrité physique et morale (beaucoup de de blessés suite aux
affrontements communautaires) ;
▪ l’atteinte au droit à la vie (beaucoup de personnes tuées dans les
affrontements communautaires) ;
▪ la destruction de biens : habitations, greniers, champs, récoltes ;
▪ le déguerpissement d'exploitants (commerçants, artisans, agriculteurs) par
des propriétaires terriens : au sud-ouest, un conflit foncier à Poura
(département de Nako) a engendré le déguerpissement de 537 migrants
agricoles dont 61 chefs de ménages ;
▪ le déplacement de populations (PDI) ;
▪ la division au sein de la population en cas de bicéphalisme ;

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IV. Conséquences des conflits communautaires (2/3)
▪ la réduction de l’implication des autorités traditionnelles à la résolution des
conflits communautaires ;
▪ le blocage de la tenue de sessions statutaires des conseils de CT pouvant
déboucher à la mise en place de Délégations spéciales (DS) ;
▪ l’entrave aux actions et aux projets de développement de la localité ;
▪ la perturbation des activités des sociétés minières ;
▪ la destruction des lieux de culte ;
▪ le dysfonctionnement de lieux de culte ou de bureaux de gestion ;
▪ les conflits communautaires entachent l’efficacité des services publics
(l’éducation, la santé, la police, l’administration, etc.);
▪ les pertes en vies humaines ;
▪ le déplacement des populations (PDI) ; ce qui nécessite des actions
humanitaires (vivres, logement, soins, scolarisation, …) ;
▪ les conflits communautaires entrainent des divisions familiales, fragilisent
la cohésion sociale et créent un climat de méfiance ;

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IV. Conséquences des conflits communautaires (3/3)
▪ en somme, les conflits communautaires sont souvent des
moments de violations graves des droits fondamentaux tels
que le droit à la vie, le droit au logement, le droit à l’intégrité
physique, etc. A titre illustratif, dans les conflits les plus
significatifs tels que ceux de Gaoua, de Guenon (Nahouri), de
Passakongo (Dédougou) et de Zabré (province du Boulgou),
l’on a déploré en 2012, 41 décès dont des brûlés vifs et des
décapités, 44 blessés et 5 679 personnes affectées. Plus
récemment, il y a eu le massacre de Yirgou (province du
Sanmatenga) qui a été perpétré du 1er au 2 janvier 2019 et qui
a fait officiellement au moins 49 morts.

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V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (1/7)
L’analyse vise à déterminer notamment les causes du conflit, les parties en conflit, leurs attitudes,
les motivations, les incitations des parties, l’évolution du conflit dans le temps et les stratégies de
gestion déjà initiées. Les principales étapes suivantes sont à considérer dans l’analyse d’un
conflit :
1. Etape 1: détermination des causes du conflit communautaire
o Causes exogènes du conflit communautaire : par causes exogènes d’un conflit
communautaire, il faut entendre les causes extérieures, c’est-à-dire des causes qui n’ont pas
directement déclenché le conflit mais plutôt qui y ont contribué (par exemple en cas de
destruction des cultures par des animaux, la cause exogène serait le fait que l’agriculteur
considère déjà l’éleveur comme un « provocateur » ; ce qui peut contribuer au
déclenchement du conflit) ;
o causes endogènes du conflit communautaire : par causes endogènes, il faut entendre le
fait déclencheur du conflit. En matière d’analyse de conflit communautaire, les causes
endogènes comptent pour peu dans la résolution. Toutefois, dès les premiers contacts avec
les parties, elles évoqueront le fait déclencheur. C’est pourquoi, il convient de travailler à
ramener la confiance entre les parties en tablant sur la/les cause(s) endogène(s) tout en
stimulant les parties à faire ressortir les vraies causes qui, si elles sont traitées diligemment,
peuvent permettre de taire le conflit. Les causes endogènes peuvent être connues auprès des
parties (exemple de causes endogènes : destruction des cultures par les animaux).

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V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (2/7)
2. Etape 2 : identification des acteurs du conflit et leurs attitudes
2.1. Parties en conflit
Face à un conflit communautaire, il convient de déterminer les différentes parties impliquées. Pour ce
faire, il faut distinguer les parties primaires ou parties directement impliquées, des parties
secondaires et des parties tertiaires.
▪ Parties primaires : elles concernent celles avec qui, le conflit est véritablement né, c’est-à-dire celles
qui se sont véritablement affrontées soit physiquement, soit verbalement. Leur détermination ne
souffre généralement pas d’ambigüité, car sur le terrain des hostilités, ces parties sont connues (par
exemple, dans un conflit entre agriculteurs et éleveurs, les parties primaires peuvent être le
propriétaire du champ dévasté et le berger) ;
▪ Parties secondaires : elles désignent quant à elles, les parties non présentes à l’origine du conflit
mais qui en constituent une ramification. Ce sont des parties non visibles qui poussent les parties
primaires et qui souvent ont des intérêts dans le conflit. A cet effet, elles sont à rechercher dans
l’environnement des parties primaires. Il faut pour ce faire les rechercher parmi les membres de la
famille des parties, dans le prolongement du groupe social ou professionnel. La détermination des
parties secondaires est importante pour la compréhension d’un conflit puisque ce sont elles qui
instrumentalisent souvent les parties primaires. Autant les parties secondaires peuvent contribuer à
résoudre le conflit, autant elles peuvent l’envenimer (par exemple, dans un conflit entre agriculteurs et
éleveurs, les parties secondaires peuvent être les agriculteurs dans leur ensemble ou les
éleveurs dans leur ensemble. Elles peuvent également être la famille de l’éleveur et celle de
l’agriculteur).
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V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (3/7)
2. Etape 2 : Identification des acteurs du conflit et leurs attitudes
2.1. Parties en conflit
▪ Parties tertiaires : il faut entendre par parties tertiaires, celles qui sont « dans
l’ombre » et qui ont un intérêt particulier au conflit. L’intérêt peut être simplement
politique ou économique. Ce sont des parties non directement concernées par le
conflit mais qui peuvent jouer un rôle en aidant les protagonistes à résoudre le
conflit ou à l’inverse, l’envenimer. Elles sont généralement constituées des
intellectuels de la localité ou des personnes économiquement ou moralement
influentes de la localité. Elles sont souvent dans l’ombre et pour que l’on ne sente
pas leur implication, elles entreprennent parfois des actions de médiation qui en
réalité constituent de l’illusion. Si les parties tertiaires peuvent se retrouver dans
la localité conflictogène, il convient pour être efficace de les rechercher parmi les
ressortissants de la localité qui n’y résident pas (par exemple, dans un conflit
entre agriculteurs et éleveurs, les parties tertiaires peuvent être des
ressortissants de la localité notamment des élus, des opérateurs
économiques ou des personnes ayant un lien avec l’une des parties
primaires ou secondaires).
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V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (4/7)
2. Etape 2 : identification des acteurs du conflit et leurs attitudes
2.2. Attitudes des acteurs dans le conflit
▪ Evitement : c’est le fait d’ignorer, d’éviter le terrain de conflit sur lequel l’une des communautés veut
amener l’autre. Son avantage est que chaque communauté prend du recul par rapport au problème.
Ainsi, le conflit peut demeurer latent pendant longtemps mais l’inconvénient est qu’il peut s’aggraver
s’il n’est pas traité à temps. Face à cette attitude, il est important d’initier des actions pour
appréhender le conflit dès sa phase embryonnaire ;
▪ compromis : dans cette hypothèse, les communautés en conflit n’éliminent pas le problème, mais
essaient de trouver une solution en faisant des concessions de part et d’autre. Il est calqué sur le
modèle du gain réciproque. Chaque partie accepte de gagner un peu et de perdre un peu, ce qui
signifie qu’elles sont prêtes à faire des concessions. L’avantage du compromis est qu’il peut satisfaire
les 2 parties et leur permettre de trouver une solution d’urgence. Toutefois, cette solution peut ne pas
être durable car ce n’est qu’un simple marchandage qui a prévalu et c’est pourquoi, il faut veiller à
éliminer la source du conflit qui en réalité n’est pas totalement résolu par le compromis ;
▪ soumission ou accommodation : c’est une situation où, au regard des rapports de force, l’une des
communautés accepte la position de l’autre même si cela ne l’arrange pas dans le fond. C’est donc
une tendance à privilégier l’autre au détriment de ses propres intérêts. La soumission est le plus
souvent due à un déséquilibre des relations entre les parties. Ce qui signifie que le problème est
éludé et remis à plus tard notamment en cas de rétablissement de l’équilibre dans les rapports. Dans
une telle situation, il faut initier des actions de gestion afin d’éviter que le conflit ne dégénère ;

Module Cohésion sociale_ORCADE 25


V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (5/7)
2. Etape 2 : identification des acteurs du conflit et leurs attitudes
2.2. Attitudes des acteurs dans le conflit
▪ coopération ou collaboration : c’est une attitude positive dans laquelle chaque communauté en
conflit ne fait pas de l’autre le problème. Chaque communauté cherche à considérer la dignité de
l’autre et manifeste le désir de se mettre ensemble pour aborder et éliminer le problème.
L’avantage est que les parties travaillent chacune avec l’autre à trouver une solution satisfaisante
pour elles et l’accord ainsi trouvé peut être durable et respecté. Toutefois, cette attitude demande
du temps et de l’énergie et elle est parfois naïve, car la solution trouvée de commun accord peut
ne pas être appliquée et constituée pour ce faire, une source de conflit ultérieur. Dans ce cas de
figure, il faut suivre et faciliter le respect par les différentes parties de la solution trouvée. Ainsi, il
faut œuvrer à éliminer les obstacles liés à l’approche collaborative. Parmi ces obstacles figurent
entre autres les stéréotypes (les préjugés, les croyances religieuses ou coutumières), la
prolifération de mauvaises informations (les rumeurs, le manque de communication et
d’informations), le désir de domination d’une des communautés ;
▪ confrontation : c’est lorsqu’un problème aboutit à une agression physique ou verbale. Dans la
confrontation, une communauté voit l’autre comme le problème initial, la source du conflit et l’on
se concentre sur les différences. Il repose sur le postulat « je gagne et tu perds ». Chaque
communauté met en évidence ses propres intérêts et garde de la rancœur et le désir de
vengeance chez l’autre, ce qui rend difficile le vivre-ensemble. Dans cette situation, le conflit est
très sérieux et il faut initier des actions urgentes de gestion.

Module Cohésion sociale_ORCADE 26


V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (6/7)
3. Etape 3 : analyse des droits et la dynamique du conflit
3.1. Analyse des droits, des responsabilités, des retombées et des relations des parties prenantes
▪ L’analyse des droits consiste à déterminer les titulaires réels des droits revendiqués. Il s’agit de
déterminer qui a réellement droit à l’accès et au contrôle des ressources ou du pouvoir définis par la loi,
les coutumes, les pratiques, etc. (par exemple, en cas de succession contestée à la chefferie, il faut
rechercher qui est culturellement éligible, qui ne veut pas respecter les règles préétablies en la matière) ;
▪ l’examen des droits, des responsabilités et des avantages des différentes parties prenantes en rapport
avec l’objet du conflit (succession à la chefferie, utilisation des ressources naturelles) permet une
meilleure compréhension du conflit.
3.2. Dynamique du conflit
▪ La dynamique du conflit permet de comprendre le conflit et de situer ses origines dans le temps afin de
pouvoir actionner sur toutes ses causes ;
▪ les conflits sont très dynamiques car les relations entre les protagonistes sont très évolutives. Pour mieux
comprendre l’évolution du conflit, il faut déterminer et analyser les causes profondes du conflit ;
▪ l’examen de la dynamique du conflit doit être fait avec toutes les parties prenantes au conflit. Pour mieux
l’appréhender, il faut s’entretenir avec les communautés concernées séparément et être attentif à la
communication non verbale (gestes, expressions du visage, silence, etc.). (Par exemple, pour un conflit
lié à la succession d’un chef, l’on peut se référer aux us et coutumes de la localité pour l’appréhender. Il
s’agit de remonter le temps pour voir comment se fait la dévolution successorale dans la localité
concernée).

Module Cohésion sociale_ORCADE 27


V. Techniques d’analyse des conflits communautaires (7/7)
4. Etape 4 : analyse des initiatives entreprises pour la résolution du conflit
▪ Face à un conflit communautaire, il y a généralement des actions qui sont prises
pour le résoudre. Tenant compte de cette situation, il faut faire l’inventaire de ces
actions et apprécier leurs apports dans la résolution du conflit. Cette appréciation
doit tenir compte de l’évolution du conflit ;
▪ si les initiatives prises pour la résolution du conflit ont permis d’amorcer une étape
décisive dans sa résolution, l’on pourrait s’appuyer sur les mécanismes locaux
(neveux, forgeron, arbre à palabre, parenté à plaisanterie, alliances, religieux,
coutumiers, etc.) pour éviter que le conflit bénin n’évolue en conflit sérieux ou très
sérieux ou à l’inverse pour ramener le conflit très sérieux à des proportions
bénignes ;
▪ par contre, si les initiatives prises ont eu un impact négatif sur la spirale du conflit,
il est prudent de faciliter la résolution du conflit à travers d’autres mécanismes ;
▪ en tout état de cause, l’analyse des actions déjà entreprises pour la résolution du
conflit permet soit de capitaliser les acquis déjà engrangés, soit d’éviter les
mêmes erreurs qui ont prévalu à l’échec de ces initiatives.

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VI. Prévention des conflits communautaires (1/6)
La prévention des conflits communautaires constitue une véritable arme de défense contre
toute crise qui pourrait mettre à mal la paix et la cohésion sociale. En vue donc de déterminer
avec efficacité les actions de prévention, il est nécessaire d’identifier au préalable les risques
de conflits qui pourraient exister.
1. Etape 1 : évaluation du risque de conflit communautaire : elle nécessite l’identification
du risque existant et la détermination du niveau qu’il a atteint.
1.1. Identification du risque de conflit communautaire
▪ Pour mieux prévenir les conflits communautaires, il est indispensable de procéder à
l’identification de leurs risques. Les risques de conflits sont des signaux et des menaces
contre la paix et peuvent être constatés à travers les rumeurs, les changements de
comportements (manque de courtoisie et de convivialité entre parties…) ;
▪ identifier un risque de conflit dans notre contexte consiste à rechercher tout indice ou tout
signe qui pourrait rendre compte d’une éventuelle survenance d’un conflit. Ces indices ou
ces signes précurseurs peuvent être les causes, l’attitude des acteurs impliqués,
l’environnement économique, politique ou social, etc. A titre illustratif, dans le cas d’un
conflit foncier, l’indice qui pourrait permettre d’identifier le risque de conflit peut être les
contestations relatives à la propriété d’une terre, les revendications portant sur la propriété
d’un terrain donné ou les menaces proférées par chacun des protagonistes.

Module Cohésion sociale_ORCADE 29


VI. Prévention des conflits communautaires (2/6)
1. Evaluation du risque de conflit communautaire :
1.2. Détermination du niveau du risque de recours à la violence :
▪ une bonne évaluation permettra de déterminer le niveau du risque de
recours à la violence dans le cadre des conflits communautaires ;
▪ l’évaluation de ce niveau de risque découle de l’analyse des attitudes des
parties à vouloir utiliser la violence ;
▪ en tout état de cause, l’évaluation pourrait permettre d’obtenir 3 niveaux de
risque de recours à la violence à savoir : (i) un niveau de risque bénin
(c’est lorsque les protagonistes n’ont entrepris aucune action qui pourrait
envenimer le conflit), (ii) un niveau de risque moyen (c’est lorsque l’une
des parties revendique un quelconque droit à la charge ou au détriment de
l’autre partie). et (iii) un niveau de risque sérieux (c’est lorsque l’attitude
des parties pourrait entraîner un affrontement physique).

Module Cohésion sociale_ORCADE 30


VI. Prévention des conflits communautaires (3/6)
2. Etape 2 : Actions de prévention des conflits communautaires
La prévention des conflits est un précieux moyen permettant d’éviter l’éruption de
la violence. Elle implique une mise en œuvre de mesures afin d’éviter les
affrontements et de préserver l’harmonie sociale. Parmi ces mesures de
prévention des conflits communautaires figurent en bonne place : (i) l’alerte
précoce, (ii) l’information, la sensibilisation et (iii) la création de cadres ad hoc de
dialogue.

2.1. Alerte précoce en cas de risque de conflit


▪ L’alerte précoce est un aspect très important dans la prévention des conflits et
fait suite à l’évaluation du risque de conflit ;
▪ elle consiste à émettre, de façon précoce, des signaux aux décideurs sur la
base des informations traitées et à leur formuler des suggestions d’actions ;
▪ les signaux découlent des outils de collecte de données qui sont renseignés
périodiquement par les structures compétentes (ONAPREGEC et ses
démembrements par exemple ou OSC/CDVC) ;

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VI. Prévention des conflits communautaires (4/6)
2. Etape 2 : actions de prévention des conflits communautaires
2.2. Information, formation et sensibilisation
▪ L’information, la formation et la sensibilisation sont des actions nécessaires à la prévention des conflits
communautaires ;
A- L’information des populations peut porter sur :
o l’ONAPREGECC, à travers son mécanisme de fonctionnement et ses actions ;
o les instruments juridiques qui régissent notamment la gestion et l’utilisation des ressources
naturelles (eaux, terres, forêts, mines) ;
o les structures étatiques et non étatiques intervenant dans la prévention et la gestion des conflits ;
▪ à cet effet, la traduction des textes en langues nationales (mooré, dioula, fulfuldé, etc.), leur
vulgarisation et leur explication en français facile pourraient être d’une grande utilité ;
▪ les canaux d’information qui peuvent être utilisés pour les actions d’information sont entre autres :
o la réalisation et la diffusion d’émissions et de spots à la télévision et dans les radios (surtout celles
locales) ;
o l’insertion d’articles dans la presse écrite ;
o les réseaux sociaux ;
o les affiches ;
o les conférences publiques ;
o les causeries-débats ;
o les théâtres foras ;
o les moyens locaux de communication et d’information (crieurs publics) ;
o etc.
Module Cohésion sociale_ORCADE 32
VI. Prévention des conflits communautaires (5/6)
2. Etape 2 : actions de prévention des conflits communautaires
2.2. Information, formation et sensibilisation
B- La formation doit être organisée au profit de tous ceux qui d’une manière ou d’une
autre peuvent contribuer à la prévention des conflits communautaires. Il s’agit entre
autres :
o des leaders coutumiers et religieux ;
o des autorités locales (Préfets, Maires, Conseillers municipaux, etc.) ;
o des personnes ressources ;
o des Conseils villageois de développement (CVD) ;
o des OSC/CDVC ;
o etc.
▪ ces personnes doivent être formées d’une part, sur l’évaluation du risque de conflit,
et d’autre part sur l’alerte précoce. Aussi, il faut leur fournir les rudiments
nécessaires sur les techniques de prévention et de gestion des conflits ;
C- La sensibilisation permet d’éveiller les consciences des populations notamment
sur les conséquences néfastes des conflits, les valeurs de paix, de tolérance et de
pardon.

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VI. Prévention des conflits communautaires (6/6)
2. Etape 2 : actions de prévention des conflits communautaires
2.3. Instauration de cadres de dialogue
▪ Les cadres de dialogue sont aussi des mesures de prévention des conflits
communautaires ;
▪ ils peuvent être mis en place dans toute localité où le risque de conflits se révèle
être important. Ils sont mis en place en vue d’instaurer le dialogue et la confiance
entre les potentiels protagonistes et de trouver des solutions à l’amiable ;
▪ lorsque de tels cadres de dialogue sont effectifs et fonctionnels dans une localité,
ils offrent une grande chance de réussite aux initiatives de prévention des risques
de conflits. En effet, l’effort de prévention incombe d’abord à chaque acteur
individuellement et le choix du dialogue n’est que le couronnement de la volonté
individuelle ;
▪ la finalité du dialogue est de briser le cercle infernal de la violence par la violence et
rechercher le consensus au niveau communautaire en privilégiant l’intérêt général
quelques fois au détriment de celui de l’individu. Les populations adhèrent d’ailleurs
plus aux propositions de solutions issues d’une concertation à laquelle elles ont
participé.

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VII. Gestion des conflits communautaires (1/9)
4.1. Actions prioritaires de prise en charge des victimes d’un conflit
La prise en charge des victimes d’un conflit communautaire, requiert la mise en œuvre d’un certain nombre
d’actions qui doivent être préparées dans le respect de principes humanitaires.
4.1.1. Préparer l’intervention
▪ Afin de garantir l’efficacité de la prise en charge des victimes d’un conflit, il est indispensable de
coordonner au préalable les différentes actions à mener sur le terrain. Toute intervention doit être
précédée d’une coordination et d’une préparation des différentes équipes (structures sanitaires, forces
de l’ordre et de sécurité, départements ministériels, OSC etc.) ;
▪ ces équipes doivent agir sur la base des principes humanitaires fondamentaux que sont : la non-
discrimination, l’humanité, l’impartialité, la neutralité, l’indépendance, la responsabilité et la
transparence.
4.1.2. Prendre en charge les victimes du conflit
Les actions de prise en charge des victimes d’un conflit sont les suivantes :
▪ sécurisation des personnes et des biens : la protection des personnes et des biens est l’ensemble
des actions et des moyens mis en œuvre pour la préservation des vies humaines et la sauvegarde des
biens en période de conflits ;
▪ accueil d’urgence : il consiste en une mise à l’abri des personnes victimes des conflits
communautaires dans un lieu sûr ou leur sécurité est garantie. Cet accueil consiste ainsi à trouver des
sites différents pour les parties en conflits. Les sites doivent être accessibles afin de faciliter
l’intervention des unités et autres structures humanitaires. Sur chaque site, l’installation des victimes
doit tenir compte des besoins spécifiques des groupes vulnérables (enfants, personnes vivant avec un
handicap, personnes âgées, femmes enceintes, etc.).
Module Cohésion sociale_ORCADE 35
VII. Gestion des conflits communautaires (2/9)
4.1. Actions prioritaires de prise en charge des victimes d’un conflit
4.1.3. Identifier les victimes
▪ Toute action de prise en charge se base sur l’identification des victimes. Cette action vise à mieux orienter
les secours en vue de minimiser les conséquences sociales des conflits ;
▪ l’identification des victimes doit être participative. Elle doit se faire sur la base des informations suivantes : (i)
celles recueillies auprès des familles, (ii) celles communiquées par les autorités administratives ou toutes
autres structures crédibles, (iii) sur constatation de l’ONAPREGECC et de ses démembrements.
4.1.4. Cartographier les besoins
▪ La prise en charge des victimes passe nécessairement par la détermination de leurs besoins en produits
alimentaires, matériels désinfectants, produits de survie, médicaments essentiels afin d’orienter les actions
d’assistance ;
▪ il faut veiller à ce que les besoins déterminés correspondent à ceux exprimés par les victimes. Pour faire une
bonne évaluation des besoins, il ne faut pas partir du principe que toutes les victimes des conflits ont les
mêmes besoins. L’évaluation des besoins destinés à soutenir les personnes victimes des conflits doit être
axée sur les victimes elles-mêmes, qui ont le droit d’exprimer librement leur choix.
4.1.5. Assurer la prise en charge médicale et sanitaire des victimes de conflits
▪ La prise en charge sanitaire s’entend des actions d’hygiène et de toutes autres mesures pouvant éviter la
survenance des maladies et tout risque d’épidémie ;
▪ les conflits occasionnent de nombreuses atteintes physiques parmi les protagonistes. Il s’agit d’apporter aux
victimes des soins appropriés afin qu’elles recouvrent la santé ;
▪ la prise en charge médicale vise à offrir les premiers soins et/ou l’intervention chirurgicale appropriée.

Module Cohésion sociale_ORCADE 36


VII. Gestion des conflits communautaires (3/9)
4.1. Actions prioritaires de prise en charge des victimes d’un conflit
4.1.6. Assurer la prise en charge alimentaire et matérielle des victimes
▪ Cette prise en charge consiste à pourvoir aux besoins élémentaires des
victimes. Il s’agit de leur offrir des produits alimentaires appropriés et du
matériel de survie (effets d’habillement, produits d’entretien, nattes etc.) ;
▪ cette action doit être menée en collaboration avec les PTF.
4.1.7. Assurer la prise en charge psychosociale des victimes
▪ La situation conflictuelle nécessite une prise en charge psychosociale des
personnes dont la santé physique et mentale a été affectée par les conflits ;
▪ les violences atroces liées aux conflits peuvent affecter certaines victimes
comme les enfants et les femmes qui ont besoin d’être assistés ;
▪ la prise en charge psychosociale est le processus de réponse aux besoins
émotionnels, affectifs, psychologiques, moraux des victimes ;
▪ elle pourrait être menée à bien avec la collaboration des structures étatiques
ou non étatiques intervenant dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de
l’action sociale et humanitaire, etc.
Module Cohésion sociale_ORCADE 37
VII. Gestion des conflits communautaires (4/9)
4.2. Modes alternatifs de règlement des conflits communautaires
Il existe plusieurs modes alternatifs de règlement des conflits communautaires.
4.2.1. Conciliation dans un conflit communautaire
▪ La conciliation occupe une place privilégiée parmi les mécanismes alternatifs de résolution des conflits communautaires
notamment en milieu rural ;
▪ la conciliation fait intervenir un tiers conciliateur : le rôle de ce dernier est d’aider les parties ou groupes de parties à trouver
une solution à leur litige. Le conciliateur intervient le plus souvent au moment où la communication est bloquée entre les
parties ;
▪ l’objectif de la conciliation est de pacifier les relations entre les parties au conflit et d’établir les conditions d’une résolution
pacifique, concertée et consensuelle du conflit en les aidant à renouer le dialogue entre elles ;
▪ la conciliation est donc une action qui vise à rétablir la bonne entente entre les parties qui s’opposent ;
▪ dans la conciliation, le tiers conciliateur propose des solutions aux parties en conflits.
4.2.2. Médiation dans un conflit communautaire
▪ La médiation est la facilitation par une tierce personne d’un processus de négociation entre 2 ou plusieurs personnes ou
groupes de personnes ;
▪ la résolution des conflits et le rétablissement de la paix par le biais de la médiation est un fait universel et d’une grande
importance en Afrique notamment au Burkina Faso ;
▪ dans le cadre du processus de négociation, il est important de retenir que le rôle du médiateur est de favoriser le dialogue
entre les parties au conflit et de les amener elles-mêmes à trouver une solution à leur différend. Le médiateur privilégie le
dialogue, ne propose pas de solutions aux parties en conflit mais amène les parties à trouver elles-mêmes les solutions à
leur différend ;
▪ le rôle du médiateur dans un conflit communautaire est d’intervenir comme un tiers dans le conflit en vue de son règlement.
Selon les situations, ce rôle peut revêtir plusieurs formes, mais on pourrait en retenir trois à savoir : (i) instaurer et maintenir
la communication entre les protagonistes pour leur permettre de dialoguer entre eux afin de trouver une solution à leur
conflit, (ii) faciliter la recherche de solutions entre les protagonistes par des propositions de règlement et (iii) assurer le suivi
de la mise en œuvre des accords afin d’apporter des corrections ou tirer la sonnette d’alarme en cas de risque d’une remise
en cause ;
▪ le tiers médiateur aide les parties dans leur réflexion et leur décision : il fait émerger les décisions des parties en conflit.
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VII. Gestion des conflits communautaires (5/9)
Les capacités et les qualités du conciliateur et du médiateur
▪ Dans notre contexte, le rôle de conciliateur et de médiateur peut être assuré par les mêmes acteurs. Ce rôle est
généralement incarné par les personnes ressources tels que les neveux, forgerons, chasseurs, les sages de la localité, les
personnes âgées, les notabilités de la localité, les autorités politiques, religieuses et coutumières issues de la localité
(Imam, Pasteur, Prêtre, Chef de village, Chef de canton, Patriarche, Chef de terre…), les autorités administratives locales
(Gouverneurs, Hauts commissaires, Préfets, Maires, etc.). Il s’agit dans tous les cas de personnes qui, au sein de leur
communauté, disposent d’une immunité, d’une autorité morale et incarnent le respect. Ces dernières peuvent être saisies,
soit par l’une des parties au conflit, soit par les 2 parties ou même s’autosaisir.
▪ En ce qui concerne le médiateur, il doit dans tous les cas être accepté par les 2 parties au conflit et il est tenu de s’assurer
que sa médiation est acceptée par les parties. La fonction de médiateur et de conciliateur nécessite également des qualités
particulières telles que :
o avoir une bonne capacité d’écoute ;
o savoir communiquer ;
o savoir analyser les informations reçues ;
o savoir se mettre au-dessus des préjugés et des considérations personnelles ;
o savoir lire les attitudes ;
o savoir imaginer de nouvelles stratégies ;
o être pondéré ;
o faire preuve de sagesse ;
o avoir une connaissance des coutumes et de l’histoire des groupes vivant dans un territoire déterminé ;
o être éloquent et faire preuve de discrétion ;
o être francs, impartiaux, attachés à la paix, empathiques, compatissants, maîtres d’eux-mêmes, discrets, patients,
fermes et tolérants ;
o dans tous les cas, 3 facteurs sont déterminants pour la réussite d’une médiation ou d’une conciliation : (i) la bonne
connaissance des données du problème, (ii) la compréhension de la psychologie des parties et (iii) la maîtrise des
techniques de négociation.

Module Cohésion sociale_ORCADE 39


VII. Gestion des conflits communautaires (6/9)
4.2. Modes alternatifs de règlement des conflits communautaires
4.2.3. Règlement à l’amiable par les parties elles-mêmes
▪ le règlement à l’amiable est un mode de règlement des conflits qui implique pour les protagonistes de rechercher par eux-mêmes une
solution négociée à leur conflit ;
▪ ils doivent au titre de ce principe s’employer à résoudre au mieux leur différend ;
▪ ce mode peut être utilisé et s’avérer utile et pratique lorsque le dialogue et la confiance ne sont pas encore rompus entre les
protagonistes ;
▪ le règlement à l’amiable permet d’aboutir à des solutions qui peuvent être plus satisfaisantes et plus facilement applicables, du fait que
les parties en conflit élaborent elles-mêmes des propositions.
4.2.4. Palabre
▪ C’est un cadre privilégié de résolution des conflits ;
▪ la palabre est un cadre d’organisation de débats contradictoires, d’expression d’avis, de conseils, de déploiement de mécanismes
divers de dissuasion et d’arbitrage ;
▪ la palabre a occupé une place privilégiée dans la résolution des conflits en Afrique et peut aujourd’hui encore présenter un intérêt
particulier dans le règlement des conflits communautaires ;
▪ la palabre est régie par des normes établies et les principaux acteurs doivent justifier d’une grande expertise et d’une grande
expérience. Généralement, ce rôle est joué par des personnes âgées, symboles de sagesse et bénéficiant d’une légitimité et d’une
autorité morale au sein de la communauté ;
▪ au cours de la palabre, les acteurs présentent les protagonistes et les amènent à s’expliquer. Avant cette étape, d’autres personnes «
bien avisées » procèdent à des investigations et délivrent leur témoignage. La palabre n’a pas pour finalité d’établir des torts respectifs
des protagonistes et de prononcer des sentences qui conduisent à l’exclusion et au rejet ;
▪ l’enjeu de la palabre est qu’elle procède à la recherche de solutions consensuelles au sein de la communauté en privilégiant l’intérêt
commun au détriment des intérêts individuels en vue de rétablir la paix et la quiétude ;
▪ ce mode de règlement des conflits pourrait s’avérer très utile et pratique notamment dans les cas de conflits communautaires qui
prennent des envergures généralisées en opposant des communautés entières entre elles. La palabre pourrait, dans ce cas, permettre
à tous les membres de la communauté de débattre à bâton rompu et de créer les conditions d’un pardon mutuel entre elles ;
▪ à l’issue de la palabre, l’adhésion des parties au conflit est acquise d’autant que la procédure prend généralement fin par une
réconciliation marquée par un geste symbolique : le partage de cola, d’un repas ou de tout autre signe de rétablissement de la paix et
de l’harmonie.
Module Cohésion sociale_ORCADE 40
VII. Gestion des conflits communautaires (7/9)
4.2. Modes alternatifs de règlement des conflits communautaires
4.2.5. Parenté à plaisanterie
▪ La parenté à plaisanterie est une forme d’alliance fondée sur la plaisanterie à partir
de leçons tirées de la gestion des conflits survenus entre des clans, des ethnies
dans le passé (Mossi-Samo/San ; Bissa/Gourounsi, etc.) ;
▪ elle permet d’agrémenter la vie communautaire, de dissiper les malentendus
éventuels, de prévenir et d’atténuer les tensions entre ethnies et entre clans ;
▪ elle renforce également la confiance mutuelle, brise la glace des différences et crée
les conditions propices de la discussion, même sur les sujets les plus graves ;
▪ elle est efficace pour réussir l’interposition entre les parties en conflit.
NB: en plus de ces modes alternatifs de règlement des conflits communautaires
présentés ici, il est important de retenir qu’en fonction des circonstances, d’autres
modes de règlement des conflits pourraient être utilisés pour autant qu’ils permettent
de rétablir la paix, la cohésion et l’harmonie au sein de la communauté. Cependant,
aucun mode de règlement des conflits ne peut être efficace et utile si les solutions
auxquelles les parties sont parvenues ne sont pas mises en œuvre.

Module Cohésion sociale_ORCADE 41


VII. Gestion des conflits communautaires (8/9)
4.3. Réinstallation des populations déplacées et réinsertion socioéconomique
L’après conflit ou la période post-conflit correspond à la phase de réhabilitation/reconstruction/relèvement dont le but est
le rétablissement des conditions normales de vie en les améliorant si possible. La stabilisation et la reprise d’une vie
normale par les populations victimes sont indispensables à la prévention de nouvelles tensions et à la guérison des
blessures sociales causées par le conflit.
4.3.1. Réinstallation des populations déplacées
▪ Dans une période post-conflit, les efforts des structures compétentes doivent être orientés vers la réinstallation des
populations victimes ;
▪ cette réinstallation nécessite un certain nombre de conditions pour un retour en toute sécurité ;
▪ il s’agit d’un processus visant à s’assurer que les personnes déplacées n’ont plus de problèmes de protection liés à
leur déplacement ;
▪ toute réinstallation de populations déplacées doit prendre en compte entre autres les aspects suivants :
o la sécurité et la sûreté sur le long terme : droit à l’intégrité physique / droit à la sécurité / liberté d’aller et de
venir;
o la jouissance sans discrimination d’un niveau de vie suffisant : accès aux services sociaux de base (santé,
éducation, eau potable, assainissement, etc.) ;
o l’organisation d’opérations de reconstitution des documents administratifs ;
o la participation sans discrimination aux affaires publiques.
▪ les personnes déplacées doivent jouir de leurs droits civiques et politiques, notamment du droit de vote et du droit
d’être éligibles aux fonctions publiques ;
▪ la réinstallation doit prendre en compte les opinions des populations et doit être participative ;
▪ elle nécessite une synergie d’action entre autorités locales, départementales, provinciales et régionales et les
populations elles-mêmes. L’intérêt de cette mutualisation des efforts est de trouver une solution durable et efficace
pour que cette réinstallation se fasse sans heurt et en toute quiétude.

Module Cohésion sociale_ORCADE 42


VII. Gestion des conflits communautaires (9/9)
4.3. Réinstallation des populations déplacées et réinsertion socioéconomique
4.3.2. Réinsertion socio-économique des populations
▪ La réintégration socio-économique doit tout d’abord permettre aux victimes d’accéder à des moyens
économiques de subsistance ;
▪ par ailleurs, cette réintégration doit les aider à participer sans aucune discrimination à la vie
communautaire, associative et économique ;
▪ les objectifs poursuivis à travers cette réinsertion socio-économique sont entre autres de : (i) donner la
possibilité aux personnes affectées par le conflit communautaire de retrouver un cadre de vie conforme
à ce qu’ils avaient avant ledit conflit, (ii) concevoir des programmes qui offrent aux victimes la
possibilité de participer à des activités communautaires afin d’être moins isolées, (iii) mettre en place
des comités communautaires pour favoriser la participation locale à l’élaboration et la mise en œuvre
des activités de relèvement, (iv) faire participer les populations victimes des conflits aux décisions
concernant la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets de développement ;
▪ l’idée de base consiste à développer durablement la capacité des populations concernées à surmonter
les différents conflits ;
▪ des activités de réhabilitation et de reconstruction seront identifiées afin de restaurer l’environnement
socio-économique d’antan, voire l’améliorer ;
▪ les actions de réinsertion socio-économiques comme les Activités génératrices de revenus (AGR) et les
actions de reconstruction des infrastructures communautaires seront nécessaires pour permettre aux
communautés de s’autonomiser et de mener une vie normale.

Module Cohésion sociale_ORCADE 43


VIII. Valeurs communes et nécessaires au vivre-ensemble à promouvoir au Burkina Faso (1/1)
▪ Le respect (mutuel, des aînés, du bien public, des morts, de l’autorité,…) ;
▪ la solidarité ;
▪ la tolérance ;
▪ l’intégrité ;
▪ le travail (amour, ardeur) ;
▪ le dialogue ;
▪ la parenté/alliance à plaisanterie ;
▪ l’humilité ;
▪ la culture de la paix ;
▪ le patriotisme ;
▪ l’honnêteté ;
▪ l’hospitalité ;
▪ le pardon ;
▪ l’amour (de soi et de l’autre) ;
▪ la justice ;
▪ la culture de la vérité ;
▪ la bonne gouvernance ;
▪ le civisme ;
▪ l’équité ;
▪ la loyauté.
Module Cohésion sociale_ORCADE 44
IX. Stratégies de plaidoyer et d’implication des acteurs clés de la société dans la
gestion des conflits communautaires/Engagements des participant-e-s

Activités pouvant être conduites par la société civile/CDVC :


▪ Participer à la mise en œuvre de projets et programmes de développement
(épanouissement des populations et création d’emplois au profit des jeunes surtout) ;
▪ participer à la formulation, la mise en œuvre et au suivi-évaluation des politiques
publiques de développement au plan national et local ;
▪ mener des actions d’l’information, éducation et communication (IEC) des populations sur
les valeurs communes et nécessaires au vivre ensemble ;
▪ conduire des actions de plaidoyer à l’endroit des autorités et élus locaux portant sur la
promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Principales cibles des actions de plaidoyer des OSC/CDVC :
✓ Autorités administratives (Chefs de circonscriptions administratives);
✓ élus locaux ;
✓ leaders religieux ;
✓ leaders coutumiers ;
✓ population dans son ensemble.

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X. Brève présentation de l’ONAPREGECC (1/3)
▪ L’Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires
(ONAPREGECC) est un organe institué par le Gouvernement burkinabè par le décret n°
2015- 1645/PRES/TRANS/PM/MJDHPC/MATD/MEF du 28 décembre 2015 ;
▪ sa mise en place répond au souci d’assurer une prévention et une gestion structurelle
efficaces des conflits communautaires au Burkina Faso ;
▪ sa composition et son fonctionnement font de lui une structure à même d’assurer une prise
en charge holistique des conflits communautaires ;
▪ les missions de l’ONAPREGECC sont déclinées à l’article 10 du décret relatif à la mise en
place de l’Observatoire ainsi qu’il suit :
o collecter, traiter, analyser et diffuser les données sur les conflits communautaires ;
o évaluer périodiquement la situation des conflits communautaires dans les différentes
régions du pays ;
o déclencher l’alerte précoce en cas de risque de conflits communautaires et initier des
actions préventives pour anticiper sur le conflit ;
o contribuer à la résolution des conflits communautaires ;
o fournir aux structures techniques et à tout autre acteur, les éléments de compréhension
et d’orientation relatifs à la prévention et à la gestion des conflits communautaires ;
o mener toute autre action entrant dans le cadre de la prévention et de la gestion des
conflits communautaires notamment à travers des activités de sensibilisation,
d’information et de formation.
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X. Brève présentation de l’ONAPREGECC (2/3)
▪ L’ONAPREGECC est composé des 5 organes suivants :

Conseil
national

Observatoires
régionaux

Observatoires provinciaux

Observatoires départementaux

Observatoires villageois/sectoriels

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X. Brève présentation de l’ONAPREGECC (3/3)
▪ Le Conseil national : il composé de 35 membres et présidé par le Ministre
en charge des droits humains et de la promotion civique et a comme vice-
président le Ministre en charge de l’Administration territoriale ;
▪ les observatoires régionaux : composés de 21 membres, ils sont présidés
par les Gouverneurs et la vice-présidence est assurée par les Présidents
des conseils régionaux ;
▪ les observatoires provinciaux : ils sont composés de 15 membres et sont
présidés par les Hauts-Commissaires ;
▪ les observatoires départementaux : ils sont composés de 15 membres et
la présidence est assuré par les préfets ;
▪ les observatoires villageois/sectoriels : ils sont composés de 8 membres
et sont présidés par les présidents des Conseils villageois de
développement (CVD).
NB: L’ensemble de ces organes se réunissent en session ordinaire 1 fois par an et en
session extraordinaire chaque fois que de besoin sur convocation de leur Président.

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Conclusion (1/1)
■ Les conflits sont inhérents à la vie humaine. Ils ont des conséquences dramatiques sur les
communautés concernées ; en effet, il convient de rappeler qu’il n’y a pas de communauté
sans conflits ; les conflits sont liés à l’existence des sociétés ;
■ fort heureusement, il existe des mesures qui peuvent réduire le risque de conflits et atténuer
leurs effets ;
■ pour une bonne prévention et une gestion efficace des conflits communautaires, le module
a abordé les techniques d’analyse des conflits communautaires, ainsi que les actions de
prévention, les principales étapes de la prise en charge des victimes et des modes de
règlements des conflits. Il propose également les différentes actions de réhabilitation des
personnes victimes en vue d’assurer leur réinsertion socioéconomique ;
■ en tout état de cause, il est important de retenir que les actions de prévention et de gestion
des conflits communautaires resteront vaines sans une réelle volonté de tous de vivre
ensemble dans un esprit de compréhension, de tolérance et de pardon ;
■ il est donc nécessaire de prévenir les conflits potentiels pour mieux les éviter, et les
résoudre lorsqu’ils surviendront ;
■ la promotion de la paix et la cohésion sociale nécessite l’implication et l’engagement de
tous les acteurs au rang desquels les OSC/CDVC ;
■ chacun est donc interpellé à jouer pleinement son rôle et à être un artisan pour la
promotion de la paix et de la cohésion sociale dans son environnement de vie
(villages/secteurs, commune, province, régions, etc.).
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Bibliographie (1/1)
■ Décret N°20151645/PRES/TRANS/PM/MJDHPC/MATD/MEF du 28 décembre 2015 portant
création, composition, attributions et fonctionnement d’un Observatoire national de
prévention et de gestion des conflits communautaires au Burkina Faso
■ MJDHPC, Guide de prevention et de gestion des conflits communautaires à l’usage des
membres de l’Observatoire national de prevention et de gestion des conflits
communautaires au Burkina Faso, mars 2021
■ Rapport annuel de l’Observatoire national de prevention et de gestion des conflits
communautaires (ONAPREGECC) des années 2020-2021, décembre 2021
■ Stratégie nationale de la cohésion sociale au Burkina Faso 2021-2025, décembre 2020
■ Stratégie nationale de la réconciliation 2022-2026 (version provisoire)

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