Les Fausses confidences de Marivaux furent représentées pour la première fois en 1737.
Dans cette pièce, Dorante, un jeune noble qui a perdu sa fortune, va tout faire pour séduire la
belle et riche Araminte. Son ancien valet Dubois, qui veut aider Dorante, va échafauder des
stratagèmes pour que Araminte aime Dorante et ainsi faire triompher l'amour.
Acte I des Fausses Confidences
(scène 1)Dorante, un jeune noble qui a perdu sa fortune, se rend chez la riche Araminte (elle
est veuve d'un financier) pour postuler au poste d'intendant , mais surtout car il veut l'épouser.
Dorante est recommandé par son oncle Monsieur Remy.
scène 2 Dubois, l'ancien valet de Dorante maintenant au service d'Araminte, aimerait qu'il
épouse Araminte. Mais pour se faire, il lui conseille tout d'abord de plaire à Marton, la
domestique d'Araminte, et dit qu'il s'occupera du reste ("L'Amour et moi nous ferons le reste".
Monsieur Remy, l'oncle de Dorante, lui dit que Marton, la domestique d'Araminte, ferait un
bon parti pour lui, et il annonce qu'il les fait fiancés, pour forcer les choses (scènes 3 et 4).
Dorante, ne voulant pas déplaire à Marton (car c'est la domestique d'Araminte), ne contredit
pas Marton quand elle lui demande s'il l'aime (scène 5).
Araminte, qui a aperçu Dorante et le trouve fort élégant ("il a si bonne mine"), accepte de
l'engager comme intendant (scène 6), et lui donne Arlequin comme valet (scènes 7, 8 et 9).
Madame Argante, mère d'Araminte, demande à Dorante de l'aider à marier sa fille au riche
Comte Dorimont, mais Dorante refuse et Madame Argante veut donc qu'il soit renvoyé (scène
10). Marton pousse Dorante à encourager ce mariage, car elle dit que le Comte lui a promis
1000 écus pour soutenir ce mariage (scène 11).
Dorante rapporte à Araminte qu'on veut le faire mentir pour la pousser à épouser le Comte
(scène 12).
Dubois (ancien valet de Dorante maintenant au service d'Araminte), arrive et annonce à
Araminte que Dorante l'aime en secret, et que cela le rend fou ("il y a six mois qu'il
extravague d'amour, qu'il en a la cervelle brûlée", scènes 13 et 14).
Dubois, pour mettre en place sa stratégie, suggère à Marton que Dorante voudrait séduire
Araminte, mais Marton ne le croit pas (scène 17).
Acte II des Fausses Confidences
Monsieur Remy, l'oncle de Dorante, propose à Dorante un très bon parti pour se marier (scène
2, "une dame de trente-cinq ans, qu'on dit jolie femme […] qui a quinze mille livres de rente
[…] et qui offre de l'épouser sans délai"). Dorante refuse cette très bonne proposition, en
annonçant qu'il a "le cœur pris" (ce qui est vrai puisqu'il est amoureux de Araminte, mais cela
il ne le dit pas). Araminte est témoin de la scène.
Marton, qui vient d'apprendre cela de la bouche de Monsieur Remy, pense que c'est d'elle que
Dorante est amoureux, et donc que c'est pour elle qu'il a refusé d'épouser la femme riche
(scène 3).
Un garçon apporte une boîte contenant un portrait de dame, et on comprend que c'est à
Dorante que ce carton est adressé. Dorante n'étant pas là, Marton arrive à convaincre le
garçon de lui laisser la boîte, boîte qu'elle dit qu'elle transmettra à Dorante (scènes 5, 6 et 7).
Finalement, Marton est contrainte d'ouvrir le carton devant Araminte, le Comte et Madame
Argante, et c'est le portrait de Araminte qui apparaît ! Araminte doute que le carton était
destiné à Dorante, et dit qu'il était destiné au Comte. Celui-ci dément (scène 9).
Araminte, qui sait que Dorante l'aime (Dubois le lui a dit, Acte I scènes 13 et 14), dit à
Dubois qu'elle n'a pas de bonne raison de renvoyer Dorante (peut-être voudrait-elle le
renvoyer pour éviter un scandale, ou peut-être est-ce une feinte ?) (scène 12).
Araminte annonce à Dorante qu'elle est maintenant déterminée à épouser le Comte, et lui fait
écrire la lettre qui l'annonce au Comte. Dorante est désespéré, et Araminte semble s'en amuser
(scène 13).
Dorante annonce finalement à Araminte qu'il l'aime follement. Dorante se met à genoux
devant Araminte, qui le repousse ("Votre égarement me fait pitié ; Revenez-en"). Marton les
surprend. Araminte demande à Dorante de lui rendre la lettre qui était destiné au Comte
(scène 15).
Acte III des Fausses Confidences
Dubois, avec le consentement de Dorante, manœuvre pour que Manon intercepte une lettre
que Arlequin devait porter de la part de Dorante à quelqu'un dans Paris (scènes 1, 2 et 3).
Madame Argante (la mère d'Araminte) veut renvoyer Dorante, car elle le soupçonne
fortement d'aimer Araminte, ce qui n'est pas correct car Dorante n'est qu'un intendant, bien en
dessous du rang social de Araminte ("ne fût-ce que par bienséance, il faudra bien qu'elle le
chasse", scène 4).
Monsieur Rémy (oncle de Dorante, qui l'avait fait placer comme valet de Araminte) arrive à la
demande de Madame Argante qui lui demande de retirer son neveu Dorante du service de sa
fille. Le ton monte, car Monsieur Rémy s'y refuse, puis arrive Araminte qui déclare qu'elle
veut garder Dorante à son service (scènes 5 et 6).
Dorante et Marton arrivent, et Marton donne la lettre qu'elle a interceptée au Comte, qui la lit
devant tout le monde. Dans cette lettre qu'il devait soi-disant envoyer à un autre valet pour le
remplacer, Dorante avoue aimer Araminte et dit qu'il souhaite quitter Paris car il pense ne pas
être assez bien pour elle ("du peu que je vaux auprès d'elle") (en réalité, cette lettre est une
machination et a été écrite par Dorante sous les conseils de Dubois, en sachant qu'elle serait
lue devant tout le monde). Dorante s'en va (scène 8).
Dubois dit à Araminte que Dorante est très triste ("Je l'ai vu si défait, si pâle et si triste") ce
qui suscite la pitié de Araminte (scène 9).
Dorante retourne une dernière fois voir Araminte sous prétexte de lui remettre de l'argent d'un
de ses fermiers d'Araminte avant de se retirer définitivement. Araminte lui dit qu'il faut qu'il
quitte la maison définitivement. Dorante explique à Araminte comme il va être malheureux
loin d'elle ("Je vais être éloigné de vous […] n'ajoutez rien à ma douleur"). Dorante avoue
finalement à Araminte toutes les machinations qu'il a faites avec Dubois pour pouvoir la
séduire (faire penser qu'il aimait Marton, le portrait, la fausse lettre…). Araminte lui dit
finalement qu'elle le comprend et ne lui en veut pas ("il est permis à un amant de chercher les
moyens de plaire, et on doit lui pardonner lorsqu'il a réussi" scène 12).
Araminte, devant sa mère, dit au Comte qu'elle ne veut plus l'épouser, et on comprend que
c'est parce qu'elle aime Dorante et que c'est lui qu'elle va épouser (scène 13).
STRATAGEME :
signifie en grec ruse de guerre .Le stratège est celui qui conduit une armée, qui dirige des
opérations militaires. Par extension le stratège désigne toute personne se distinguant par son
aptitude et son habileté à concevoir des plans qui vont lui permettre de maitriser une situation,
d'en tirer profit. Le stratagème est alors une ruse qui permet à une personne de parvenir à ses
fins.
Le stratagème est un motif récurrent dans le théâtre, il est utilisé pour que la raison et les
préjugés fléchissent face aux [Link] personnages ont souvent recours au stratagème
et au mensonge pour servir leurs interets. Dans LFC ce sont les fausses confidences qui font
progresser l'histoire en servant de révélateur .
Dans LFC il y a le stratagème principal de Dubois mais aussi des stratagèmes secondaires qui
n'aboutissent pas et mettent ainsi en valeur la figure du valet stratège qu'est Dubois.
Stratagème principal: Dubois veut aider son ancien maitre à conclure un mariage avec
Araminte, une veuve fortunée. Pour cela il utilise sa force de parole et invente des pièces à
conviction (portraits, lettre)Il connaît les êtres « je connais l'humeur de ma maitresse , je sais
votre mérite, je sais mes talents. » et manipule les personnages par ses fausses confidences
et ses insinuations. « Il est bon de jeter dans tous les esprits les soupçons dont nous avons
besoin »
Le stratagème du portrait constitue le nœud du 2ème acte, il permet de révéler les sentiments
d'Araminte pour Dorante qui avoue malgré elle son amour pour Dorante.