Cours sur les Méthodes Numériques
Cours sur les Méthodes Numériques
Physique Kaya
TAO Sadou
29 octobre 2024
Table des matières
3 Interpolation 25
3.1 Interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Interpolation d’Hermite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4 Intégration numérique 31
4.1 Principes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2 Méthode des rectangles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1
4.3 Méthode des trapèzes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.4 Méthode de Simpson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.5 méthode de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2
Chapitre 1
1.1 Introduction
L’étude des problème mécaniques, économiques ou physique conduit en
général à la résolution d’équation ou de système d’équations. Lorsque les
équations sont linéaires la méthode de résolution est aisée. En effet une équa-
tion de la forme 0 = ax+b où a ̸= 0 se résout en tirant x = a−1 b. Dans les cas
non linéaires la question peut être difficile. En effet, si pour une équation à
coefficients réels de la forme ax2 +bx+c = 0 la résolution se ramène à calculer
√
∆ = −b2 − 4ac et suivant
√ sa positivité à écrire que x = (2a)−1 (−b + ∆)
ou x = (2a)−1 (−b − ∆), dans le cas ou le degré de l’équation est supérieur
à 4 on n’a pas de formule explicite. D’autre part les théorèmes d’existence
ne donnent pas une formule littérale permettant de calculer les racines de
ces types d’équations. On a donc besoin d’explorer les techniques permet-
tant de les retrouver numériquement. Nous allons dans ce qui suit donner les
méthodes de résolution itératives des équations non linéaires. L’application
des méthodes itératives nécessite des préalables : - Il faut d’abord séparer les
racines. C’est à dire trouver des intervalles suffisamment fin et ne contenant
chacun qu’une seule racine de l’équation. -Déterminer suivant les cas une
précision exigée.
3
Définition 1
On dit que les racines (xi ) de l’équation (1.1) sont séparables s’il existe pour
tout i, un intervalle Ii tel que Ii ∩ {x; f (x) = 0} = {xi }.
Théorème 1
Si la fonction f est continue sur [a, b] et si f (a)f (b) ≤ 0 alors l’équation (1.1)
admet au moins une solution dans [a, b]. Si de plus est strictement monotone
alors la racine (1.1) est unique dans [a, b].
Remarque 1
Si f est dérivable et si f ′ garde un signe constant alors la deuxième condition
est remplie. C’est à dire que f est monotone.
Exemple 1
On prend f (x) = x+ex . Cette fonction est dérivable et on a f ′ (x) = 1+ex > 0
de plus f (0)f (−1) = −1+ 1e < 0. On peut donc dire que l’équation (1.1) admet
une seule solution et cette solution est dans [−1, 0].
Il est bon de savoir que la séparation permet aussi de trouver des valeurs
approchées des racines. En effet dire que la racine α ∈ [a, b] signifie que toute
valeur de x ∈ [a, b] est une valeur approchée de α a b − a près. On a plus
précisément :
Théorème 2
On suppose que :
- la racine α et la valeur approchée u sont éléments de[a, b].
-la fonction f est de classe C 1 et vérifie : |f ′ (x)| ≥ m pour tout x ∈] a, b[
Alors on a
|f (u)|
|u − α| ≤
m
Remarque 2
De cette formule, il est clair que la précision est d’autant plus fine que m est
élevé.
4
Exemple 2
Considérons l’équation (4.1) avec f (x) = x + 2ex . On a que f est dérivable
et est à dérivée continue ; f (−0, 86)f (−0, 85) < 0 de plus f ′′ (x) = 2ex . On
en tire que f ′ est croissante. Par suite pour tout x ∈ [−0, 86; 0, 87], f (′ x) ≥
f ′ (−0, 86) ≥ 1, 84. Alors u = −0, 855 est une valeur approchée de la solution
à 0,00241 près.
Remarque 3
Il est également possible d’utiliser une représentation graphique pour séparer
les racines. Dans ce cas on réécrit l’équation sous la forme h(x) = p(x) où h
et p sont des fonctions dont la représentation graphique est aisée.
Exemple 3
Séparer les racines de (1.1) avec f (x) = (x + 1) ln x = 1
Proposition 1
La suite (xk ) converge vers la solution α. De plus on a
5
Remarque 4
Il vient de cette proposition que la convergence est rapide pour b − a petit.
Exemple 4
Déterminons la racine cubique de 2. On considère la fonction f (x) = x3 − 2.
Déterminer un nombre d’itérations suffisant pour obtenir une précision de
0,00001.
g(x) = x. (1.2)
Remarque 5
Si la fonction g est dérivable avec |g ′ (x)| ≤ k < 1, ∀x ∈ [a, b] on peut appli-
quer le théorème précédent. En effet une application du théorème des accrois-
sements fini entre x et y nous donne le résultat.
Preuve. Montrons l’existence d’un point fixe. Notons que la fonction f (x) =
g(x) − x est continue sur [a, b]. Comme g(a) ∈ [a, b] alors f (a) = g(a) −
a ≤ 0. De façon analogue on f (b) ≥ 0. Par conséquent il existe α ∈ [a, b]
6
tel que f (α) = 0. D’où le résultat. Si u est un autre point fixe, on aura :
|g(α) − g(u)| ≤ k|α − u|. Ainsi |α − u| ≤ k|α − u| avec k < 1. Cela nous
donne u = α. Notons que |xn+1 − α| =| g (xn ) − g(α)) | ≤ k|xn − α |. Alors
on peut montrer par récurrence que pour n ≥ 1 : |xn − α| ≤ k n |x1 − α|. La
suite (xn ) converge donc vers α.
Proposition 2
Pour tout n ∈ N; |xn − α| ≤ k n (b − a). Pour une tolérance ϵ donnée, il suffit
de choisir n ≥ ln(ϵ)−ln(b−a)
ln k
La convergence est d’autant rapide que k est petit.
Exemple 5 On considère :
f (x) = x3 − x − 1 = 0. (1.3)
On a f (1) = −1, et f (1, 4) = 0, 344. Alors (1.3) admet au moins une solution
dans [1; 1, 4]. De plus on a |f ′ (x)| = 3x2 − 1 > 0 pour x > 1. Alors la racine
α est unique dans [1; 1, 4]. L’équation (1.3) peut s’écrire
√
g(x) = 3 x + 1 = x
On a 0 < g ′ (x) = √
3
1
≤ 31 , pour tout x > 1. Donc g est une fonction
3 (x+1)2
√
croissante. Comme g(1) = 3 2 = 1, 25 et g(1, 4) < 1, 34 alors pour tout
x ∈ [1; 1, 4] ⊂ [1; 1, 4]; g(x) ∈ [1; 1, 4]. On prend x0 = 1, 2
Description de la méthode
On pose A0 (x0 , f (x0 )) et A1 (x1 , f (x1 )). On trace la droite (A0 , A1 ).
Cette droite rencontre l’axe des abscisses en un point x2 . On pose A2 (x2 , f (x2 ))
et recommence alors le procédé avec les points A0 et A2 etc...
7
Formules de la méthode
La pente de (A0 , A1 ) est m = f (xx00)−f (x1 )
−x1
. Par suite son équation est
f (x0 ) + (x − x0 ) m = y. On trouve alors que : x2 = x0 − f (x m
0)
. Et par
x1 f (x0 )−x0 f (x1 )
suite x2 = f (x0 )−f (x1 ) En itérant le procédé on obtient que :
xn f (x0 ) − x0 f (xn )
xn+1 =
f (x0 ) − f (xn )
Par construction la suite (xn ) converge vers la solution α.
f (xn )
x0 = β et xn+1 = xn − (1.4)
f ′ (xn )
converge vers α.
Preuve. On admet que pour tout n; xn ∈ [a, b]. Posons en = xn − α. La
formule de Taylor nous donne :
′ e20 ′′
f (α) = f (x0 − e0 ) = f (x0 ) − e0 f (x0 ) + f (t)
2
8
avec t compris entre α et x0 . Par suite on tire que :
f (x0 ) e20 f ′′ (x0 )
e0 = +
f ′ (x0 ) 2 f ′ (x0 )
f (xn ) e2n f ′′ (xn )
α = xn − −
f ′ (xn ) 2 f ′ (xn )
Par suite :
e2n f ′′ (xn )
en+1 =
2 f ′ (xn )
Ce qui nous donne utilisant A4 que :
Par suite
|en+1 | < kk n |e0 | = k n+1 |e0 | .
En conclusion on voit que limn→+∞ en = 0 ce qui donne, limn→+∞ xn = α.
Autre résultat : Ainsi :
f (x0 ) e20 f ′′ (x0 )
α = x0 − −
f ′ (x0 ) 2 f ′ (x0 )
f (x0 )
Comme e1 = x1 − α et x1 = x0 − f ′ (x0 )
, alors
e20 f ′′ (x0 )
e1 =
2 f ′ (x0 )
h
f (xn )
Par récurrence supposons xn ∈] a; b , xn+1 = xn − f ′ (xn )
. Notons que e0 =
β − α vérifie M |e0 | = k < 1. Par conséquent :
9
Ce qui nous donne utilisant A4 que :
Par suite
|en+1 | < kk n |e0 | = k n+1 |e0 | .
En conclusion on voit que limn→+∞ en = 0 ce qui donne, limn→+∞ xn = α.
Autre résultat :
Théorème 5
Soit f une fonction 2 fois dérivable sur [a, b] dans R. On suppose que :
(H1 ). f (a)f (b) < 0,
(H2 ). f ′ et f ′′ ne s’annulent pas tout en gardant un signe constant sur [a, b].
Alors f (x) = 0 admet une solution unique dans [a, b] et cette racine est
limite de la suite d’approximation de Newton Raphson avec un terme initial
x0 tel que x0 ∈ [a, b] et f (x0 ) f ′′ (x0 ) > 0.
Donc on obtient :
f (xn )
− xn < −α
f ′ (xn )
Par suite : xn+1 > α D’autre part xn+1 = xn − ff′(x n)
(xn )
< xn . Par suite xn est
minorée et
décroissante. Donc (xn ) converge. Notons l = limn→+∞ xn+1 =
limn→+∞ xn − f ′ (xn ) = l − ff′(l)
f (xn )
(l)
Par suite f (l) = 0. l’unicité nous donne
l = α.
10
Exemple 6 √
Déterminons une valeur approchée de 3 7. Posons f (x) = x3 − 7. On a
évidemment f (2)f (3) < 0 et pour tout x ∈ [2, 3], f ′ (x) = 3x2 > 0 et f ′′ (x) =
6x > 0. Comme f (3)f ′′ (3) > 0, il vient donc que la suite définie par : x0 = 3
3 −7 √
et xn+1 = xn + x3x
n
2 converge vers 3 7.
n
11
Chapitre 2
2.1 Généralités
2.1.1 Introduction
Dans la majorité des études scientifiques, on est conduit à résoudre des
systèmes. Nous allons etudier dans ce chapitre des méthodes de résolution
de systèmes linéaires et non linéaires. Un système linéaire est un système de
la forme
Ax = b
où A est une matrice à m lignes et n colonnes ; b un vecteur colonne à m
lignes donné et x un vecteur colonne à n lignes, à rechercher. Ce système
peut s’écrire encore :
a11 x1 + a12 x2 + . . . + a1n xn = b1
a21 x1 + a22 x2 + . . . + a2n xn = b2
...
... ... ... ... ...
am1 x1 + am2 x2 + . . . + amn xn = bm
Pour ce qui concerne les systèmes non linéaires nous n’étudierons que les
systèmes de n équations à n inconnues réelles, c’est à dire
f1 (x1 , . . . , xn ) = 0
.. (2.1)
.
f (x , . . . , x ) = 0
n 1 n
12
Alors (2.1) s’écrit : F (x) = 0.
Une première étape consiste à séparer les racines. Cela peut se faire à l’aide
d’une représentation graphique.
yn
n est noté : Mn (R).
Définition 4 Soit ∥|.∥| est une norme vectorielle, on peut lui associer une
norme matricielle définie par ∥|A∥| = Sup∥X∥=1 ∥A∥ = SupX̸=0 ∥AX∥
∥X∥
13
Normes vectorielles et normes matricielles associées
Pour A ∈ Mn (R) et x ∈ R on a :
n
X
∥x∥1 = |xi |
i=0
∥x∥∞ = Max1≤i≤n |xi |
s
X
∥x∥2 = |xi |2
i
n
X
∥A∥1 = Max1≤j≤n |ai,j |
i=1
n
X
∥A∥∞ = Max1≤i≤n |ai,j |
j=1
q
∥A∥2 = Max1≤j≤n |λj |
les λj étant des valeurs propres de la matrice A.
Théorème 6
On suppose que :
14
α1∗
(H2 ) le système (2.1) admet une solution unique x∗ = ... dans une
αn∗
boule fermée BF (ω; r),
(H3 ) la fonction G est k-lipschitzienne avec 0 < k < 1 dans la boule ouverte
B(ω; 2r) c’est à dire : si x, y ∈ BF (ω; r); ∥G(x) − G(y)∥ ≤ k∥x − y∥.
(H4 ) ∥ω − G(ω)∥ ≤ (1 − k)r, Alors la suite (xn )n définie comme suit :
x0 ∈ BF (ω, r) et xn+1 = G (xn ) converge vers la solution x∗ .
Preuve. Notons que D’abord que x ∈ BF (ω; 2r) ⇒ G(x) ∈ BF (ω; 2r). En
effet, on a
∥G(x) − ω∥ ≤ ∥G(x) − G(ω)∥ + ∥ω − G(ω)∥.
Donc
∥G(x) − ω∥ ≤ 2kr + (1 − k)r = kr + r ≤ 2r.
On peut montrer par récurrence que ∥xn − x∗ ∥ ≤ 2rk n . Alors la suite (xn )
converge vers x∗ .
Remarque 6
En pratique la condition G strictement contractante (H3 ) s’utilise sous la
forme ∥JG (x)∥ ≤ h < 1; ∀x ∈ BF (ω, r), où JG (x) est la matrice jacobienne
∂g1 ∂g1 ∂g1
(x) (x) . . . (x)
∂x
∂g
1 ∂x2
∂g
∂xn
∂g
∂x21 (x) ∂x22 (x) . . . ∂xn2 (x)
de G au point x. C’est-à-dire JG (x) =
... ... ... ...
∂gn
∂x1
(x) ∂g
∂x2
n ∂gn
(x) . . . ∂x n
(x)
Exemple
2
x + y2 = 1
x3 − y = 1
Exemple
(
x2 − y 2 =1
sin(x) − y =0
BF = [1; 1, 7] × [0, 5; 1]
15
2.2.2 Méthode de Newton Raphson
Cette méthode est basée sur le théorème suivant :
Théorème 7
On suppose que :
α1∗
(H1 ) le système (2.1) admette une solution unique X ∗ = ... dans une
αn∗
boule fermée BF (ω; r),
(H2 ) F est continue sur BF (ω, r),
(H3 ) la matrice JF matrice jacobienne de F est inversible,
(H4 ) il existe 0 < k < 1 tel ∀x ∈ B(ω; r); ∥JG (X)∥ ≤ k < 1 où G(X) = X−
JF−1 (X)F (X),
(H5 ) ∥ω − G(ω)∥ ≤ (1 − k)r. Alors la suite (Xn )n définie comme suit : X0 ∈
BF (ω, r) et Xn+1 = Xn − JF−1 (X)F (Xn ) converge vers la solution X ∗ .
Remarque 7
On peut remplacer (H4 ) par l’hypothèse suivante : (H6 ) les éléments de la
matrice JF−1 sont dérivables et leur dérivées sont finis dans un voisinage de
la solution exacte X ∗ de F (X) = 0. dans la pratique l’algorithme sera utilisé
sous la forme :
JF′ (Xn ) ∆Xn = −F (Xn )
avec ∆Xn = Xn+1 − Xn . Le système précédent est linéaire et évite le calcul
de l’inverse de la matrice jacobienne de F.
Exemple
Résolvons
(
x2 + y 2 = 1
xy + x = 1
2 2
2x 2y
X = (x, y), F (x, y) = x + y − 1, xy + x − 1 . On a JF = .
y+1 x
L’algorithme s’écrira :
2xn ∆xn + 2yn ∆yn = − (x2n + yn2 − 1)
(yn + 1) ∆xn + xn ∆yn = − (xn yn + xn − 1)
16
Exemple
( 2 2
ex +y =1
2 2
ex −y =1
∥δx∥/∥x∥
≤ (A + δA)−1 ∥A∥.
∥δA∥/∥A∥
17
Exemple
La matrice :
3, 02 −1, 05 2, 53
A = 4, 33 0, 56 −1, 78
−0, 83 −0, 54 1, 47
a comme inverse :
5, 661 −7, 273 −18, 55
A−1 = 200, 5 −268, 3 −669, 9
76, 85 −102, 6 −255, 9
Exemple
On considère le système :
2x + 6y = 8
3x − y = 2
18
2 6 8
A= ;b = .
3 −1 2
Alors
2 6 8 6 2 8
D= ; Dx = ; Dy =
3 −1 2 −1 3 2
20 −20
Ainsi x = − −20 = 1 et y = −20
=1
Méthode de Gauss
Le principe de cette méthode est de transformer le système carréquel-
(1)
conque en un système triangulaire plus facile a résoudre. Soit A = aij . On
suppose que a11 ̸= 0 Pour i = 1, . . . , n on effectue les opérations : Li ←- Li −
(1) (1)
ai1 /a11 L1 C’est dire que :
(2) (1) (1) (1) (2)
aij = aij − ai1 /a11 a1j , i = 2, . . . , n, j = 1, . . . n
(2) (1) (1) (1)
bi = bi − ai1 /a11 b1 , i = 2, . . . , n
19
Exemple
Méthode de Gauss-Jordan
Le principe de cette méthode est de transformer le système carré quel-
conque en un système diagonal plus facile a résoudre. On effectue les mêmes
types d’opérations. Cette fois ci ces opérations s’étendent aux lignes situées
au dessus de la ligne i. Les formules sont :
(k+1) (k) (k) (k) (k)
aij = aik − aik /akk akj , i = 1, . . . , n, j = k + 1, . . . n, i ̸= k
(k) (k) (k) (k)
bk+1
i = b i − a ik /a kk bk , i = 1, . . . , n; i ̸= k
Méthode de Cholesky
Définition 7
Une matrice carrée A symétrique de coefficients réels est dite définie positive
lorsque la forme quadratique q(x) = Ax.x est définie positive.
La méthode de Choleski s’applique plus facilement lorsque la matrice A est
symétrique et définie positive :
Théorème 9
Soit A une matrice symétrique et définie positive. Alors il existe une ma-
trice B triangulaire inférieure telle que A = BB t . De plus IL EXISTE UNE
SEULE matrice triangulaire inférieure à éléments diagonaux positifs véri-
fiant : A = BB t .
20
Soit à résoudre le système Ax = b avec A symétrique définie positive. La
méthode de Choleski permet de remplacer ce système par la résolution de
deux systèmes triangulaires. En effet : Ax = b ⇔ BB t x = b ⇔ By = b et
B t x = y Détermination de B avec bii > 0 En posant B = (bij tel que bij = 0
si i < j, on détermine b colonne par colonne :
-Détermination de la première colonne :
p
b211 = a11 ⇒ b11 = (a11 )
Exemple
x + 2y + z = 1 1 0 0
2x + 5y + z = 2 On trouve B = 2 1 p0
x + y + 4z = 1 1 −1 (2)
Mx = Nx + b
Soit
x = M −1 N x + M −1 b.
Cette équation suggère alors le processus itératif suivant :
xk+1 = M −1 N xk + M −1 b
x0 arbitraire
21
Méthode de Jacobi
L’hypothèse principale pour l’utilisation de la méthode de Jacobi est que
les termes diagonaux de A soient non nuls. On pose E = (ei,j ) ; F = (fi,j ) et
D = (dij ) avec eij = −aij si i > j; eij = 0 sinon ; fij = −aij si j > i, fij = 0
sinon enfin dii = aii , dij = 0 si ̸= j. Ainsi A = D − (E + F ). Ainsi (2.7)
dévient :
xk+1 = D−1 (E + F )xk + D−1 b
x0 arbitraire
La matrice Ω = D−1 (E + F ) est appelée matrice d’itération de Jacobi.
Remarque 8
En pratique la méthode consiste à résoudre à chaque itération le système
Dxk+1 = (E + F )xk + b
Exemple
x + 2y + 3z =1
y+z =2
x−z =3
1 0 0 0 0 −2 −3
On trouve D = 1 ;E = 0 0 0 F = 0 0 −1 . Ce qui nous
−1 −1 0 0 0 0 0
donne
xk+1 = −2yk − 3zk + 1
yk+1 = −zk + 2
zk+1 = xk − 3
x0 arbitraire
La matrice Ω = (D −E)−1 F est appelée matrice d’itération de Gauss- Seidel.
22
Exemple
On considère le système suivant :
4x − y = −4
−x + 4y − z = 6
−y + 4z = 2
4 −4 0 4 0 0
dont la solution est (1, 2, 1). On a : A = −1 4 −1 D = 0 4 0 ;
0 −1 4 0
0 4
0 0 0 0 −4 0 xk
E = − −1 0 0 et F = − 0 0 −1 Posons Xk = yk
0 −1 0 0 0 0 zk
La méthode de Jacobi donne :
xk+1 = yk − 1
yk+1 = xk+1 +z
4
k +6
zk+1 = yk+14 +2
23
Théorème 10 Si ∥M −1 N ∥ ≤ α < 1 alors l’algorithme de l’introduction
converge.
On a aussi
24
Chapitre 3
Interpolation
25
(1685-1731) en 1715, puis reprise par Joseph-Louis Lagrange (1736-1813),
et démontrée avec reste intégral par Augustin-Louis Cauchy (1789-1857), la
formule de Taylor conduit à une estimation de l’erreur dans l’approximation
d’une fonction par un polynôme de Lagrange.
Soit f une fonction continue d’un intervalle [a, b] dans R et x0 , x1 , . . . , xn
(n + 1) points distincts de l’intervalle [a, b]. Considérons les polynômes de
degré n définis par
n
Y (x − xj )
li (x) = 0≤i≤n
j=0
(xi − xj )
j̸=i
Ces polynômes sont appelés les polynômes de Lagrange. Il ne faut pas les
confondre avec le polynôme d’interpolation de Lagrange Pn (voir ci-dessous).
En posant
Yn
πn (x) = (x − xj )
j=0
πn (x)
∀x ̸= xi li (x) =
(x − xi ) πn′ (xi )
26
aussi chercher analytiquement un polynôme de la forme
Pn (x) = an xn + · · · + a1 x + a0
satisfaisant les relations Pn (xi ) = f (xi ). Ce qui revient à résoudre le système
linéaire
1 x0 x20 · · · xn0 a0 f (x0 )
1 x 1 x2 xn1 a1 f (x1 )
1
.. .. =
.. .. .. ..
. . . . . .
2 n
1 x n xn · · · xn an f (xn )
Ce système admet une solution unique, car son déterminant, qui est un dé-
terminant de Vandermonde, est non nul. CQFD.
27
3.2 Interpolation d’Hermite
Charles Hermite (1822-1901) a généralisé l’interpolation de Lagrange en
faisant coïncider non seulement f et Pn aux points xi , mais aussi leurs déri-
vées d’ordre ki aux points xi .
Les polynômes hij sont donnés par les relations de récurrence définies pour
tout j = 0, 1, . . . , ki − 1
ki
(x − xi )j X (k−j)
hij (x) = qi (x) − Ckj qi (xi ) hik (x)
j! k=j+1
et
(x − xi )ki
hiki (x) = qi (x)
ki !
avec n k +1
Y x − xl l
qi (x) =
l=0
xi − xl
l̸=i
et
ri (x) = (1 − 2 (x − xi ) li′ (xi )) li2 (x)
avec
si (x) = (x − xi ) li2 (x)
28
(j)
où li (x) est le polynôme de Lagrange. Les équations Pm (xi ) = f (j) (xi )
forment un système linéaire à (n + 1) inconnues que sont les coefficients
de Pm . Il suffit de montrer que le système homogène défini par les rela-
(j)
tions Pm (xi ) = 0 admet une solution unique, le vecteur nul. Ces relations
impliquent que chaque xi est racine d’ordre ki + 1 du polynôme Pm . Par
conséquent, Pm se met sous la forme
n
Y
Pm (x) = q(x) (x − xi )ki +1
i=0
f (m+1) (c)
Rm (x) = f (x) − Pm (x) = (x − x0 )k0 +1 · · · (x − xn )kn +1
(m + 1)!
(x − x0 )k0 +1 · · · (x − xn )kn +1
|Rm (x)| ≤ max f (m+1) (x)
(m + 1)! x∈[a,b]
Exercice
(1). On considère la fonction
4
f (x) =
1−x
points x0 = −1, x1 = 0, x2 = 2
Écrire le polynôme de Lagrange p(x) aux √
et x3 = 3. Évaluer l’erreur au point x = 1 + 5. Tracer les courbes f (x) et
p(x).
29
(2). Écrire pour la fonction de l’exercice précédent, le polynôme d’Hermite
vérifiant
p(0) = f (0) = 4
p(2) = f (2) = −4
p′ (0) = f ′ (0) = 4
p′ (2) = f ′ (2) = 4
√
Tracer les courbes f (x) et p(x). Évaluer l’erreur au point x = 1 + 5.
30
Chapitre 4
Intégration numérique
31
est nulle lorsque f est un polynôme de degré inférieur ou égal à k et non nulle
pour au moins un polynôme de degré supérieur ou égal à k + 1. On rappelle
le théorème de Rolle (1690). Soit P un polynôme. Entre deux racines de
l’équation P (x) = 0, il existe au moins une racine de l’équation dérivée
P ′ (x) = 0. Lorsque f est une fonction numérique intégrable sur un intervalle
[a, b], la première formule de la moyenne affirme que si f est continue alors
il existe un nombre c ∈]a, b[ tel que
Z b
f (x)dx = f (c)(b − a)
a
soit par les rectangles à droite : h(x) = f (xi+1 ) pour x ∈ [xi , xi+1 ]
Z b n−1
X
f (x)dx ≃ (xi+1 − xi ) f (xi+1 )
a i=0
On considère une fonction f continue sur [a, b], dérivable sur l’intervalle ou-
vert ] a, b [ et on se donne a = x0 < x1 < . . . < xn−1 < xn = b une subdivision
régulière de l’intervalle [a, b]. On note h le pas de cette subdivision. Lorsque
la subdivision se réduit à sa plus simple expression, x0 = a, x1 = b on a
Z b
f (x)dx ≃ (b − a)f (a)
a
32
4.3 Méthode des trapèzes
Soit f une fonction continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b [ et a = x0
< x1 < . . . < xn−1 < xn = b une subdivision régulière de l’intervalle [a, b].
On note h le pas de cette subdivision. Dans la méthode des trapèzes, la
fonction f est remplacée sur chaque intervalle [xi , xi+1 ] par la droite joignant
les points (xi , f (xi )) et (xi+1 , f (xi+1 )), soit
33
sant par les points d’ordonnées f (xi ) , f (xi+1 ) et f (xi+2 ). La méthode s’écrit
Z b n−1 Z x2i+2 n−1
X X h
f (x)dx = f (x)dx ≃ (f (x2i ) + 4f (x2i+1 ) + f (x2i+2 ))
a i=0 x2i i=0
3
h
= ((f (x0 ) + 4f (x1 ) + f (x2 )) + (f (x2 ) + 4f (x3 ) + f (x4 )) + · · ·
3
+ (f (x2n−4 ) + 4f (x2n−3 ) + f (x2n−2 ))
+ (f (x2n−2 ) + 4f (x2n−1 ) + f (x2n )))
h
= (f (x0 ) + 4f (x1 ) + 2f (x2 ) + 4f (x3 ) + 2f (x4 ) + · · ·
3
+ 4f (x2n−3 ) + 2 (f (x2n−2 ) + 4f (x2n−1 ) + f (x2n ))
Théorème 12
• Les x∗i = i, n, sont racines des polynômes pn+1 appartenant à la famille des
polynômes orthogonaux sur [a, b], relativement à ω.
• Les A∗i = i, n, vérifient
i=n
X Z b
A∗i x∗k
i = ω(x)xk dx
i=0 a
k = 0, n.
• La formule de Gauss est exacte lorsque f est un polynôme de d0 ≤ 2n + 1
34
En pratique
On prend
(2)
i=n
X Z b
A∗i x∗k
i = ω(x)xk dx, k = 0, n.
i=0 a
(3)
Z b i=n
X
ω(x)f (x)dx ≃ A∗i f (x∗i )
a i=0
Exemple
Écrire la
R 1 formule de Gauss à trois (3) points permettant d’approcher
l’intégrale 0 f (x)dx. Calculer pour f (x) = x.
35
Chapitre 5
5.1 Introduction
Définition 8 Une équation différentielle d’ordre n est une relation de la
forme :
F x, y(x), y ′ (x), y ′′ (x), . . . , y (n) = 0
Problème de Cauchy
C’est la donnée d’une équation différentielle et des conditions initiales.
On peut écrire par exemple
(n)
y = F x, y(x), y ′ (x), y ′′ (x), . . . , y (n−1) (x)
+
Conditions initiales
36
1er ordre
y (x0 ) = y0
y0 ∈ R, x0 ∈ I0 sont des données et f est une fonction donnée.
5.2 Discrétisation
5.2.1 Idée générale
On subdivise I0 par des points xi (en général équidistant).
xi = xi−1 + h
,1 ≤ i ≤ N
h = b−a
N
yn+1 = yn + hf (tn , yn )
tn+1 = tn + h
37
Écrire tn+1 et yn+1
3. Arrêt
tn+1 = tn + h
Écrire tn+1 et yn+1 .
3. Arrêt.
RK-3
1. Étant donné un pas de temps h, une condition initiale (t0 , y0 ) et un
nombre maximal d’itérations N
2. Pour 0 ≤ n ≤ N :
k1 = hf (xn , yn )
k2 = hf xn + h2 , yn + k21
k = hf (xn + h, yn − k1 + 2k2 )
3
yi+1 = 61 (k1 + 4k2 + k3 )
tn+1 = tn + h
Écrire tn+1 et yn+1 .
3. Arrêt.
38
RK-4
1. Étant donné un pas de temps h, une condition initiale (t0 , y0 ) et un
nombre maximal d’itérations N
2. Pour 0 ≤ n ≤ N :
k1 = hf (tn , yn )
h k1
k2 = hf tn + , yn +
2 2
h k2
k3 = hf tn + , yn +
2 2
k4 = hf (tn + h, yn + k3 )
1
yn+1 = yn + (k1 + 2k2 + 2k3 + k4 )
6
tn+1 = tn + h
Écrire tn+1 et yn+1 .
3. Arrêt.
39