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Origine et datation des évangiles

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PR propose ensuite une structure de Mt qui articule deux à deux des sections de paroles

et d’actes [125].
3. Le genre littéraire de Mt. PR repère chez Mt une véritable rédaction : « Les récits de
Mt […] expriment souvent plus des convictions théologiques, sous la garantie de l’inspira-
tion, que des faits historiquement vérifiables » [126].
4. L’universalisme de Mt. PR repère ce thème essentiel chez Mt dans de nombreux
passages (adoration des Mages, l’expression « Galilée de nations » etc.).
5. L’auteur de Mt grec. Enfin, PR veut statuer sur l’auteur du Mt grec. Puisqu’il soutient
une datation précoce « vers 63 » [128], rien ne s’oppose alors à ce que l’apôtre Matthieu
soit lui-même l’auteur à la fois du proto-Mt hébraïque et du Mt grec, une possibilité
qui « n’a été écartée [qu’à partir de] l’époque moderne » [128].

Chapitre VI – L’évangile de Marc


PR rappelle son hypothèse : « Mc provient du désir d’harmoniser l’évangile paulinien
et l’évangile pétrinien d’Antioche » [131].
1. La date de Mc. PR commence par pointer des divergences entre les Pères de
l’Église à propos de l’époque de rédaction de Mc. Pour corroborer une datation plus tardive,
PR invoque l’argument du secret messianique, très prégnant chez Mc. Cela correspondrait
au souhait de l’auteur de Mc d’en faire un « évangile “dépolitisé” (C. Masson) » [133] dans
le contexte de guerre juive (66-70). PR situe donc Mc en 66-67. En ce sens, PR relève chez
Mc « l’insistance sur les persécutions que doivent affronter les chrétiens » [133], qui serait
logique « après l’incendie de Rome en 64 et la mort de Pierre et de Paul » [134].
2. La structure littéraire de Mc. PR propose ensuite un plan de Mc plutôt conven-
tionnel, en deux parties, autour de la charnière que constitue la profession de foi de Pierre
à Césarée. « Cette structure fait apparaître l’importance chez Mc du thème de la foi » [135].
3. Mc et les fêtes juives. PR propose alors une éclairante comparaison de Mc avec
l’année liturgique juive, qui fait apparaître de nombreuses correspondances, par exemple :
« La fête de la Dédicace du Temple […] tombait chez les Juifs en Décembre. C’était le moment
où les chrétiens rappelaient la purification du Temple par Jésus (Mc 11, 15-18) » [136].
4. L’universalisme de Mc. Comme pour Mt et Lc, PR souligne l’importance dans la théo-
logie de Mc de l’universalisme, en repérant par exemple un itinéraire de Jésus « totalement
fantaisiste » [137] : « La géographie de Mc n’est pas historique, elle est uniquement
théologique. » [137].
PR remarque enfin quelques spécificités de Mc, entre autres : « il est seul à recomman-
der la pratique de “l’onction d’huile” sur les malades » [139]. PR note : « Tout cela est dû à

L’origine et la date des évangiles (P. Rolland) • Fiche de lecture • Clément Ryder 10 / 15
sa rédaction, même si on peut attribuer à la prédication orale de Pierre ces additions
si précieuses pour nous. » [139]

Dans un quatrième excursus, PR évoque les manuscrits de Qumran. Il reste pru-


dent : « il ne faut pas leur demander la réponse à toutes les questions que nous nous posons
sur les origines du christianisme » [141].

Chapitre VII – L’évangile de Jean


1. Les données de la tradition. PR rappelle le consensus des Pères de l’Église sur le
fait que Jn est le dernier des quatre évangiles. À partir du témoignage d’Irénée de Lyon,
PR estime « totalement arbitraire de considérer [la longévité de Jean] comme une légende »
[146]. Ensuite, il invoque le témoignage de Clément d’Alexandrie pour attribuer Ap à Jean
lui-même, vers 96-98. Et il conclut en datant Jn vers 98-100.
PR rappelle que cette attribution n’a pas été mise en doute dans l’Antiquité. Il évoque
seulement l’hypothèse selon laquelle Papias d’Hiérapolis aurait été le secrétaire de Jean
pour rédiger son évangile, ce qui expliquerait le vocabulaire meilleur de Jn par rapport à Ap.
PR insiste encore pour souligner la valeur de la tradition patristique, qui est « un fait dont
l’historien doit tenir compte » [147].
2. Le Quatrième Évangile est tardif. Après cette conclusion, PR s’inscrit logiquement
en faux contre des datations plus précoces, et conteste par exemple l’opinion de Tres-
montant, dont l’argument à propos de la piscine de Bethesda ne tient pas.
PR identifie alors le contexte d’hérésie (Cérinthe) dans lequel est écrit Jn, qui fait
insister Jean :« “Vous prétendez connaître Dieu, mais nous, nous l’avons vu.” » [150].
3. La valeur historique du Quatrième Évangile. PR souligne la grande familiarité
de l’auteur de Jn avec la géographie du pays de Jésus, et avec les coutumes juives :
« Jean décrit ce qu’il a vu. » [150] Il mentionne plusieurs auteurs qui ont prouvé la valeur
historique de Jn : Dodd, Hunter, Schein. PR récuse alors les tentatives de dissociation, par
« beaucoup de savants » [151], entre des récits d’un témoin oculaire, primitifs, et des discours
d’influence gnostique, plus tardifs : « c’est que Jean […] veut combattre [les doctrines des
gnostiques] et les attaque sur leur propre terrain » [151].
PR insiste sur la vraisemblance et la valeur historique de la chronologie de Jn par
rapport aux synoptiques : « la chronologie johannique est celle sur laquelle s’appuient les
historiens pour préciser quel fut le déroulement exact de la vie de Jésus. » [152].
4. La structure littéraire du Quatrième Évangile. Pour proposer un plan de Jn, PR
s’appuie à la fois sur C. H. Dodd et Antoine Lion. Le résultat est un plan détaillé en trois par-
ties [154-155].

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