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Gestion des forêts françaises : acteurs et enjeux

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LE CLECH TGN1

Armel
Analyse critique de document

Note : Observation :

La forêt est un « trésor qu’il faut soigneusement conserver », disait Jean Baptiste
Colbert, ministre de Louis XIV dont les paroles semblaient traduire une volonté d’encadrer la
gestion de la forêt française. En effet depuis le Moyen  ge, la forêt a été associée à un espace
sauvage et hostile, mais elle est aussi un territoire de richesses qui est exploité et occupé par
les sociétés humaines. Depuis, la gestion des forêts française est devenu peu à peu une
question de débat public ouvert à de multiples acteurs qu’ils soient publics ou non, avec
différents usages en accord avec les milieux naturels ou au contraire en contradiction dont en
découlent diverses tensions, notamment des conflits d’usages s’étant modelés à partir du
XVIIe siècle, en passant par la révolution industrielle jusqu’à de nos nos jours. Nous disposons
de deux documents pour les étudier : le premier est un document de presse, un article du nom
de « L’office national des forêts au bord de l’implosion » rédigé en 2019 par Géraldine Houot,
une journaliste française, et publié sur la revue d’actualité « La croix ». L’Autrice veut par son
analyse de la situation problématique entre la direction de l’Office national des forêts et ses
employés, commenter ces événements à travers des chiffres, des faits afin d’expliciter le
conflit d’usages des forêts. En revanche, le second document lui est un document
iconographique, plus précisément une photographie tirée d’un article de presse du site web
« [Link] » datant d’avril 2016. Il relate un conflit entre des manifestants
écologistes et les forces de l’ordre au sujet de l’installation de la SARL Acro-Trampolines sur
un Espace Boisé Classé créant donc de multiples tensions sur les plans politique, écologique et
économique. Ces documents nous invitent donc à nous demander quels sont les différents
acteurs et usages que mobilisent les forêts françaises et quelles sont donc les diverses
tensions suscitées quant à sa
gestion ?
La gestion des forêts françaises initie premièrement deux catégories d’acteurs, qui sont
secondement partagés sous divers usages aux différents objectifs. Lesquels suscitent
troisièmement et dernièrement des tensions à différentes échelles et pour différents usages.

Les documents démontrent que les forêts françaises ont vu la mobilisation de différents
acteurs quant à sa gestion.
La gestion des forêts françaises repose sur une coopération étroite entre plusieurs acteurs
publics. En effet, le document 1 évoque « l'Office national des forêts » ou plus communément
l’ « ONF », c’est à dire l’organisme public placé sous la tutelle du ministère de l’agriculture
responsable de la gestion durable des forêts publiques du territoire français. En conciliant la
production de bois, la protection de la biodiversité et l’accueil du public, il gère ainsi près de
25 % des forêts françaises. Le document 1 souligne également le rô le de l' « É tat », qui à
travers les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique, élabore des politiques
nationales, renforcées par des dispositifs comme le « Contrat d’Objectifs et de Performance »
ou autrement dit « COP » « signés entre l’É tat et l’ONF » mentionné dans le document 1.
Effectivement ces contrats fixent des objectifs précis en matière de gestion durable, de
protection de l’environnement, et de performance économique. Ils sont essentiels pour
garantir une exploitation équilibrée des ressources forestières, tout en répondant aux enjeux
écologiques et climatiques croissants. Enfin le document 1 laisse également étendre le rô le des
« agents »dans la gestion des forêts françaises et parmi eux apparaît donc le travail des
collectivités locales, qui, quant à elles, participent activement à cette gestion en administrant
les forêts communales, souvent en partenariat avec l'ONF cité précédemment. Ainsi le
document 1 explicite bien le rô le et les impacts des acteurs publics dans la gestion des forêts
françaises.
La gestion des forêts françaises implique également une multitude d'acteurs citoyens dont
les contributions se sont intensifiées au fil du temps. Nous pouvons déjà voir que le document
2 nous expose les actions des « mouvements écologistes », émergés dans les années 1970, ils
jouent un rô le crucial en sensibilisant le public aux enjeux de la conservation des forêts et en
plaidant pour des pratiques durables. Leur action a conduit à des mobilisations pour protéger
certaines zones sensibles et à l'émergence de réglementations plus strictes concernant
l'exploitation forestière. Parallèlement, le document 1 lui nous exprime l’action des
« citoyens » ce qui nous invite à regarder le rô le des agriculteurs, qui sont souvent en interface
avec les forêts, ils contribuent en effet à une gestion intégrée des territoires, depuis plusieurs
siècles ils exploitent les terres : qu ils s’agisse en matière de bois ou d’espace. Leur
connaissance des pratiques agro-sylvo-pastorales permet de concilier production agricole et
préservation des écosystèmes forestiers, favorisant ainsi la biodiversité. Enfin, on remarque
que le document 1 nous confronte face à l’action des « syndicats » de l’ONF, marquant ainsi
une action citoyenne quant la gestion des forêts. De fait, les syndicats comme ici ceux de l'ONF
jouent un rô le crucial en s'opposant à des pratiques jugées nuisibles à la biodiversité, comme
les coupes rases et une exploitation excessive. Ils militent pour une gestion forestière qui
respecte les fonctions écologiques et sociales des forêts, en appelant à davantage de
ressources pour l'ONF contribuant ainsi à une approche plus durable.

Ces documents sont donc complémentaires en matières de diversités d’acteurs. Clairement


nous remarquons donc bien que en parallèles des acteurs publics quant à la gestion des forêts
françaises se sont modelés de nombreux acteurs civiles ou citoyens impliqués et travaillant
autour des organisations officielles. Mais ces acteurs ont depuis de nombreuses décennies vu
le couvert forestier partagé par différents usages.

Les documents expriment également, en effet les différents usages des espaces forestiers
français qui s’oppose sur leurs objectifs.
La conservation des forêts françaises , autrement dis leur exploitation est un des usages
majeurs sur notre territoire. En effet, prenons le document 1 qui expose le nom de « Colbert ».
Jean-Baptiste Colbert était un ministre de Louis XIV, qui en 1669, avait réformé l'Ordonnance
des Eaux et Forêts pour réguler l'abattage et favoriser la reforestation, garantissant ainsi un
approvisionnement durable pour l'industrie navale. Le document 1 nous évoque également
« la forêt de Tronçais », une forêt crée au XVIIe siècle qui incarne une politique de
conservation grâ ce à une gestion durable qui préserve ses ressources tout en permettant
l'exploitation du bois afin de renforcer la marine française. Colbert, a donc réformé les droits
d’utilisation de la forêts dans le but d’affirmer l’autorité du roi et le caractère absolue de la
monarchie, ainsi toute volonté de préservation des écosystème n’était pas à l’agenda de l’Etat.
Cependant,le document 1 nous laisse entendre l’impact d’une « industrialisation croissante ».
La Révolution industrielle du XIXe siècle a en effet profondément changé la dynamique des
réformes de Colbert. L'essor des chemins de fer, la construction massive et la demande accrue
de charbon de bois pour alimenter les machines à vapeur accélèrent l'exploitation forestière.
Entre 1850 et 1900, les besoins industriels conduisent à une pression intense sur les forêts
françaises, avec une déforestation notable dans certaines régions. Bien que des mesures de
reboisement soient mises en place, comme sous Napoléon III, les écosystèmes forestiers sont
fortement affectés, et la gestion durable initiée par Colbert est souvent contournée au profit de
l'industrialisation rapide. Aujourd'hui encore, les forêts françaises sont soumises à une
tension entre leur rô le économique, environnemental et le besoin croissant de ressources
pour alimenter les industries modernes. De plus le document 1 nous dit que « la récolte
annuelle en forêt domaniale est ainsi passé de 4 millions […] à plus de 6,5 millions de mètres
cubes de 1998 à 2008 » ce qui démontre par ailleurs que ces industries, de nos jours, n’ont de
cesses d’exploiter encore davantage ces espaces forestiers. Il en ressort donc que les espaces
forestiers français sont depuis longtemps sujets à une exploitation, encadré par diverses
politiques de conservations, comme l’explicite de manière limpide le document 1 se plaçant
donc plutô t sur un point de vu opposé à cette exploitation ou du moins cette surexploitation
laissant ainsi entendre un point de vu de protection, lequel nous allons aborder.
La préservation des forêts s'inscrit également dans une gestion durable visant à préserver
à la fois les milieux naturels et le développement humain. En effet le document 1 fait allusion à
la notion de « protection » qui nous amène au principe de préservation des espaces forestier
c’est à dire protéger la nature pour elle-même, contre les effets néfastes de l'action des
sociétés, selon un principe biocentré d'une nature existant en-dehors des humains. En France,
la loi forestière de 1922 instaurant le statut de « forêt de protection » aux forêts considérés
comme préservant soit la sécurité des riverains contre certains risques naturels soit la santé
et la qualité de vie d’habitants de zones urbanisées, soit des écosystèmes particulièrement
sensibles a marqué un tournant afin de prévenir la déforestation massive et de maintenir les
ressources boisées comme celle de Bondy ayant obtenu le statut en 2022. De plus le document
2 nous exprime l’actions de « mouvements écologistes », effectivement, avec leur l’émergence
dans les années 1970, la conscience autour de la préservation des forêts s’est renforcée,
menant à des actions plus concrètes. Nous pouvons notamment citer une de ces actions en
nous penchant encore sur le document 2 qui nous expose l’existence d’ « espaces boisés
classés », ces espaces, sont juridiquement protégés pour leur rô le essentiel dans l’écosystème
urbain. Parallèlement on voit dans le document 1 l’appellation « biodiversité » c’est-à -dire la
diversité des espèces vivantes en passant des micro-organismes aux végétaux et aux animaux
présentes dans un milieu. Ainsi ces espaces boisés classés sont cruciaux pour faire perdurer la
biodiversité avec ses écosystèmes ainsi que son rô le fondamental dans la lutte contre le
réchauffement climatique tout en garantissant un équilibre entre développement humain et
préservation.

Les deux documents se regroupent donc sur leurs sens, en nous confrontant deux usages
des espaces forestiers. Puisqu’en effet L’usage des forêts est donc partagé en deux entre une
conservation des espaces mobilisant donc une activité humaine ainsi qu’une préservation du
couvert forestier qui se caractérise par un usage progressiste s’avérant indispensable pour
préserver la biodiversité et assurer la durabilité des écosystèmes face aux pressions
anthropiques omniprésente. Mais ces deux usages vont, nous allons le voir entrer en
confrontation de différents manières.

Les documents nous laissent donc entendre l’existence de tensions entre les différents
acteurs ainsi que les divers usages de la gestion des espaces forestiers.
Les forêts françaises sont soumises à un conflit d’usage entre les activités récréatives et
économiques. Effectivement, le document 2 nous illustre un conflit entre des « manifestants
écologistes » quant à l’installation de la « SARL Acro-Trampoline » sur un « Espace Boisé
Classe » dans le « bois de Thouars » en Aquitaine, accueillis par la « police » pour les empêcher
de passer à l’acte. En effet, avec environ 700 millions de visiteurs annuels, les forêts françaises
sont largement utilisés pour des loisirs tels que la randonnée, la chasse ou encore les sports
mécaniques. Cependant, ces usages récréatifs entrent en conflit avec les activités
économiques, comme dans ce cas précis avec l’installation d’une entreprise sur cet espace
forestier. De plus le document 2 nous révèle également que cet espace détient donc le statut
d’ « Espace Boisé Classé » ou « EBC » c’est à dire Un une zone protégée par un plan local
d’urbanisme, interdisant toute construction ou dégradation pour préserver son caractère
naturel et écologique. Par conséquent l’installation de cette entreprise est donc pour ces
manifestants considérée comme illégale caractérisant ainsi un conflit d’usage quant à la
gestion d’un espace forestier, entre protection de l’espace naturel pour y accueillir des usages
récréatifs, et utilisation économique.
Un second conflit oppose la logique d’exploitation à celle de la protection de
l’environnement. En effet, le document 1 nous fait mention de « bois d’énergie » et de bois de
« construction ». La filière bois, c’est à dire une filière industrielle qui emploie plus de 400 000
personnes et cumulant 60 milliards de chiffre d’affaires, exploite les forêts françaises à des fins
de construction, d’œuvre ou de production d’énergie, de chauffe. Ils voudraient même qu’elles
le soient davantage alors qu’il faut savoir que 10 a 15% du bois français vendu est exporté,
cela diffuse donc l’idée que la forêt française est « sous exploitée », qu’elle fait l’objet de
« gâ chis ». De plus, le document 1 nous parle également de « coupe rase » autrement dit
l’abattage de la totalité des arbres d’une parcelle forestière. En effet, l’industrialisation de la
sylviculture intensive qui traduit l’activité d’entretien des forêts en vue de leur exploitation
commerciale, notamment dans les monocultures de résineux comme le pin Douglas, utilise
des méthodes telles que les coupes rases. Cette pratique, qui favorise la production
commerciale, menace la biodiversité et dégrade les sols avec l’érosion et acidification. Bien
que les forêts de résineux couvrent seulement 20 % de la surface forestière, elles représentent
74 % de la récolte de bois. Ainsi le document 1 nous expose donc les actions des « agents de
l’Office National des Forêts » qui avec les défenseurs de l’environnement, face à cette logique
de rentabilité, plaident pour une gestion plus durable, visant à préserver la diversité des
espèces et la santé des écosystèmes. Ces agents s’opposent donc face aux industriels mais
aussi face à leur direction. Le document 1 nous expose en effet que les forêts publiques
françaises gérés pas l’ONF subissent une « industrialisation croissante » et produisent « 40%
du bois français ». C’est pourquoi des tensions naissent entre les différents acteurs, et à causes
des différents usages des forêts françaises entre une exploitation croissante et une protection
persévérante.

La gestion des forêts françaises est donc encadrés à la fois par des acteurs publics tel que
l’ONF ainsi que des acteurs citoyens comme les mouvements écologistes. Ces acteurs
promeuvent de multiples usages aux convictions variés en passant d’une politique de
conservation des espaces à une idéologie de préservation du couvert forestier. Par causes à
effets, ces pratiques engendrent des tensions, des conflits d’usages se manifestant de manière
politique à travers des lois ou frontale illustré par des mobilisation sociales.
Comme le montre les documents et en particulier le document 1 qui nous expose des chiffres
clairs et sensés nous laissant ainsi entendre que le problème est sur la mauvaise pente et qu’il
va donc perdurer dans le temps : « La France périra faute de bois » disait Colbert. En 2022, la
France a été confrontée à des incendies dévastateurs, détruisant plus de 72 000 hectares de
forêt. Il est donc important de préciser que cet événement souligne l’urgence d’une gestion
préventive des forêts, nécessitant une collaboration renforcée entre les acteurs publics et
citoyens pour faire face aux défis climatiques croissants.

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