La radioactivité
I. Introduction
La radioactivité a été découverte en 1896 par Henri Becquerel (1852-1908). En
déposant un sel d’uranium sur une plaque photographique dans un tiroir à l’abri
de la lumière, il remarqua que cette dernière avait été impressionnée.
Médiathèque - Une illustration de la démarche scientifique : la découverte de la
radioactivité ([Link])
Mais c’est Marie Sklodowska Curie (1867-1934) qui
découvrit la source de ce rayonnement. Elle démontra que les atomes d’uranium
émettaient des particules énergétiques ainsi qu’un rayonnement ; elle appela ce
phénomène « radioactivité ». C’est en 1903 qu’Henry Becquerel, Pierre et Marie
Curie obtinrent le Prix Nobel de physique pour la découverte des éléments
radioactifs.
« La radioactivité est d’origine naturelle. L’intégralité des éléments présents sur Terre, y compris les
noyaux radioactifs, ont été formés :
- dans la phase de nucléosynthèse aux premiers instants de l’univers pour les éléments légers (He, H),
- dans les étoiles, pour les éléments jusqu’au fer,
- lors de l’explosion des étoiles, marquant la fin de vie de celles-ci, pour les éléments au-delà du fer.
La radioactivité est à l’origine de l’apparition de la vie sur Terre. C’est la chaleur qu’elle génère qui
maintient le noyau terrestre sous forme liquide, et qui a permis lors des éruptions volcaniques la formation
de l’atmosphère primitive (protection contre les météorites, effet de serre pour diminuer les écarts
thermiques entre le jour et la nuit). » 1
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Ingo Schienbein, PHY113 : Cours de Radioactivité, 2009-2010
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II. Réactions nucléaires
Le noyau atomique est constitué de protons qui déterminent la nature atomique, ainsi que de neutrons
qui distinguent les divers isotopes de chaque élément. Lors des réactions chimiques, les nucléons
n’interviennent pas, seuls les électrons de valence sont concernés.
Nous connaissons aujourd’hui 118 éléments, dont 91 se trouvent dans la nature. « Un type de noyau,
appelé nucléide, est défini par son nombre de protons et de neutrons. Un nucléide est stable lorsqu'il
comporte un nombre harmonieux de protons et de neutrons ; cette harmonie ne s'observe que pour à
peine 10 % des nucléides connus. Les chercheurs ont identifié 256 nucléides stables et près de 3 000
instables. Cette instabilité est due soit à un excès de protons, soit de neutrons, ou encore des deux à la
fois. Les noyaux instables sont dits radioactifs car ils émettent différents types de rayonnements en se
transformant » 2. Un nucléide est dit radioactif et est appelé radionucléide, lorsque la structure de son
noyau change spontanément en émettant un rayonnement. Les radionucléides se transforment
spontanément en d'autres nucléides, radioactifs ou non, en éjectant une petite fraction d'eux-mêmes sous
forme de rayonnement. Ces modifications au niveau des nucléons sont appelées réactions nucléaires.
III. Rayonnement nucléaire
Ernest Rutherford (1871-1937) a identifié trois sortes de radioactivité en
observant l’influence d’un champ électrique sur les émissions radioactives.
- Le rayonnement
- Le rayonnement (on distingue les rayonnements − et +)
- Le rayonnement gamma ()
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Découvrir & Comprendre - La radioactivité ([Link])
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1. Le rayonnement
Le rayonnement est attiré par une électrode chargée négativement, ce qui permit à Rutherford de
déterminer que le rayonnement était constitué de particules chargées positivement. Il identifia par la suite
ce rayonnement comme étant des noyaux hélium (He2+ : 2 p+, 2n0). Ces particules sont faiblement
pénétrantes (elles sont arrêtées par une feuille de papier), mais ont un fort pouvoir ionisant.
Noyau père Neutron
Proton
Particule alpha
Noyau fils (avec deux
protons et deux
neutrons en moins)
2. Le rayonnement
Le rayonnement − est attiré par une électrode chargée positivement, ce qui permit à Rutherford de
déterminer que le rayonnement était constitué de particules chargées négativement. Il identifia par la
suite ce rayonnement comme étant des électrons (e-). Le départ de cet électron (qui provient du noyau et
non pas de l'enveloppe électronique) implique qu’un neutron soit transformé en proton, ainsi il y a
conservation de la charge et de la masse (nb de nucléons conservé, car un n0 en moins et un p+ en plus).
Ces électrons pénètrent plus profondément dans la matière (ils sont arrêtés par une feuille d’aluminium)
mais sont moins ionisants que les noyaux d’hélium.
Le rayonnement + ou rayonnement de positrons (aussi appelé antiélectron, même masse que l’électron
mais charge opposée) implique qu’un proton perd sa charge et se transforme alors en neutron.
Noyau père Noyau père
Antineutrino Neutrino
Particule Particule
bêta bêta
Noyau fils (un neutron en moins Noyau fils (un proton en moins et
et un proton en plus) un neutron en plus)
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3. Le rayonnement
Le rayonnement n’est pas dévié par le champ électrique, c’est un rayonnement électromagnétique
comme la lumière, mais avec une fréquence, donc une énergie, largement supérieure (1020 Hz). Ce
rayonnement est émis en même temps que les particules et , il est très pénétrant (il faut une épaisse
couche de béton pour l’arrêter).
Il existe d’autres émissions radioactives, mais elles sont moins fréquentes.
Capacité de pénétration de différents types de rayonnements (source : Série sur la radioprotection : différentes sortes de
rayonnements » IFSN ([Link]))
Au fur et à mesure de l’avancée de leurs travaux, Pierre et Marie Curie ont découvert des risques associés
à la radioactivité. Ces risques dépendent de la nature du rayonnement, de son intensité, et de la durée
d’exposition. Un autre aspect est la persistance… Combien de temps faut-il stocker un isotope radioactif
avant de pouvoir le considérer comme inoffensif ?
IV. La loi de désintégration radioactive
Les atomes radioactifs se désintègrent à des rythmes différents. Par exemple, un gramme de thorium 232
projette autour de lui 4500 particules alpha par seconde, alors qu'un gramme de radium 226 en émet 150
milliards dans le même temps. On appelle activité A d'un échantillon de substance radioactive le nombre
moyen de désintégrations par seconde.
Unité d'activité : 1 Becquerel = 1 Bq = 1 désintégration par seconde.
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La cadence à laquelle un nucléide radioactif se désintègre et se transforme en un autre nucléide mesure
son degré d'instabilité. Plus un nucléide est instable, plus il se désintègre rapidement.
Pour exprimer cette transformation, on a convenu de choisir le temps nécessaire à la désintégration de la
moitié des noyaux initialement présents. On l'appelle période radioactive ou période de demi-vie T.
Supposons par exemple que nous disposions d'une source de polonium 210 dont la période de demi-vie
est de 138 jours et que l'échantillon considéré contienne 1 milliard d'atomes au temps t = 0. Au bout de
138 jours, nous n'en aurons plus que 500·106. Au bout de 276 jours, nous n'en aurons plus que 250·106.
210
Après 414 jours, il en restera encore 125·106, etc. Comme 𝑃𝑜 est un émetteur alpha, les atomes
manquants se seront transformés en atomes de 206𝑃𝑏.
Si on a N0 atomes au temps t = 0, après n périodes il restera N(t) =
En raisonnant de manière analogue en prenant l'activité (A) ou la masse (m) à la place du nombre
d'atomes, on obtient les formules suivantes :
Si l'activité vaut A0 au temps t = 0, après n périodes elle vaudra A(t) =
Si la masse vaut m0 au temps t = 0, après n périodes elle vaudra m(t) =
Le nombre N de noyaux diminue avec le temps t suivant une décroissance exponentielle selon la relation :
N(t) = 𝑁0 . 𝑒 −𝜆𝑡 où λ est une constante caractéristique du radionucléide, nommée
constante radioactive
Cette loi de décroissance radioactive peut également s’écrire :
N(t) = 𝑁0 / 2𝑡/𝑇 où l’on retrouve la période radioactive T ou demi-vie
Cette loi, valable pour tous les types de désintégrations, fut proposée par Ernest Rutherford en 1900.
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V. Série d’exercices n°1
Exercice 1
L'activité d'un nucléide radioactif vaut 2256 Bq à un instant donné. Quelle sera son activité
a) au bout d'un temps égal à sa période ?
b) au bout d'un temps égal à 2 périodes ?
c) au bout d'un temps égal à la moitié de sa période ?
Exercice 2
Le radon 222 est un émetteur alpha. Sa période est de 3,8 jours. En utilisant les deux types de relations
présentées à la page précédente, calculez la masse de radon qu’il restera au bout de 15 jours si
l'échantillon initial a une masse de 280 mg ? Démontrez ainsi que les deux types de relations sont
équivalentes.
Exercice 3
Calculez la période du 90Sr, sachant qu'au bout d'1 an il reste encore 97,6 % dans un échantillon de 90Sr.
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VI. La datation au carbone 14
L'une des applications intéressantes de la radioactivité est la détermination de l'âge des matières
carbonées par mesure de leur radioactivité résiduelle due au carbone 14.
Le carbone 14 est un isotope radioactif du carbone, il est présent dans la nature à raison de moins de 1%
mais en quantité quasiment constante. En effet, sa dégradation est compensée par sa synthèse dans la
haute atmosphère lors de la collision de particules cosmiques avec de l’azote 14.
Le carbone 14, radioactif, est oxydé en gaz carbonique, également radioactif, qui, lui-même, est assimilé
par les plantes. Celles-ci deviennent donc radioactives, de même que les animaux qui consomment les
végétaux. A la mort de l'organisme, il n'y a plus d'apport de 14C. Ainsi, petit à petit, la radioactivité de ses
tissus va diminuer par suite de la désintégration progressive du 14C.
La période radioactive du 14C est de 5730 ans, ce qui signifie
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qu’après 5730 ans, la radioactivité due au C diminue de
moitié. Après 11460 ans, il n'y a plus que le quart de la
radioactivité initiale.
Il est donc possible, en déterminant la radioactivité d'un
échantillon contenant du carbone et en la comparant à
l'activité d'un échantillon actuel, de connaître le nombre
d'années qui se sont écoulées depuis la mort de l'organisme.
VII. Série d’exercices n°2
Exercice 1
Un morceau de bois carbonisé trouvé dans une grotte et provenant d’un ancien
feu de camp présente une activité de 0,0125 Bq, alors qu’un échantillon actuel
similaire possède une activité de 0,1 Bq. A quelle époque la grotte a-t-elle été
habitée ?
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Exercice 2
Il a été déterminé qu’un morceau de bois d’un char égyptien avait 4228
ans. Calculez le pourcentage d’activité restante de cet échantillon de bois
sachant qu’un échantillon actuel similaire aurait une activité de 100%.
Exercice 3
Une étude datant de 2019 avance que les derniers
mammouths laineux auraient été coupés du continent
asiatique avant de s’éteindre sur l’île Wrangel, au nord
de la Sibérie. L’une des hypothèses avance que les
derniers représentants auraient été empoisonnés par
de l’eau contaminée, une autre qu’un hiver
particulièrement rigoureux aurait gelé les sols
empêchant ainsi l’accès à la nourriture. Après analyse au carbone 14 de tissus de mammouths de l’île
Wrangel, les chercheurs ont avancé une date de disparition.
Aujourd’hui l’activité due au carbone 14 mesurée chez les derniers mammouths laineux n’est plus que de
9,3 désintégrations par minute et par gramme (contre 15,3 désintégrations par minute et par gramme
pour un échantillon frais). Calculez en quelle année les deniers spécimens auraient disparus.
VIII. Liens utiles
Vidéo : Comment les étoiles créent la matière en jouant aux Lego (Chercheuses d’étoiles Ep. 3/4)
Simulation : Jeu de datation par la radioactivité (PhET Colorado)
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