Cours d'Analyse I et II - UCAD
Cours d'Analyse I et II - UCAD
Première année de
Mathématiques-Physique-Informatique
Cours d’Analyse I et II
Bakary MANGA
Année universitaire 2017-2018
Table des matières
Introduction Générale 1
2 Suites numériques 20
2.1 Définitions et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Opérations sur les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4 Valeurs d’adhérence - Sous-suites - limites supérieure et inférieure . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.1 Valeurs d’adhérence - Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4.2 Plus grande et plus petite limites d’une suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.5 Suites équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.6 Suites monotones, suites adjacentes et théorème de Cantor . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.6.1 Suites positives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.6.2 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
6 Fonctions usuelles 86
6.1 Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.1.1 Définitions et formules classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.1.2 Linéarisation des polynômes trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
6.1.3 Étude des fonctions sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
6.1.4 Étude des fonctions tangente et cotangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.2 Fonctions Logarithmes, exponentielles et puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.2.1 Fonctions logarithme et exponentielle népériens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.2.2 Fonctions logarithme et exponentielle de base a > 0 (a 6= 1) . . . . . . . . . . . . 92
6.2.3 Fonction puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
6.2.4 Croissances comparées des fonctions exponentielle, puissance et logarithme . . . . 94
6.3 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
6.3.1 Fonction Arcsinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
6.3.2 Fonction Arccosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
6.3.3 Fonction Arctangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
6.3.4 Fonction Arccotangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.4 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Bibliographie 123
Sommaire
1.1 Quelques ensembles usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 L’ensemble des nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Borne supérieure et borne inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Droite numérique achevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Topologie de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.6 Densité de Q et de R \ Q dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.7 Racine n-ième d’un nombre réel positif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.8 Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.9 Approximation d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.10 Nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Introduction
Pour asseoir l’analyse sur des fondements rigoureux, il a été nécessaire de mettre sur place une construction solide
des nombres réels. Jusqu’aux environs des années 1860 l’existence des nombres réels et leurs propriétés sont admises, par
exemple par Augustin Louis Cauchy (Français, 1789-1857) dans son cours de 1821. Mais quelques années auparavant, en 1817
précisément, Bernhard Placidus Johann Nepomuk Bolzano (Autrichien, 1781- 1848) établit qu’une partie non vide majorée
de réels admet une borne supérieure. Les travaux de Bolzano restèrent cependant peu connu jusqu’aux environs de 1865 avec
les travaux de Karl Theodor Wilhelm Weierstrass (Allemand, 1815-1897). Les premières constructions basées sur les suites
de Cauchy sont dues à Hugues Charles Robert Méray (Français, 1835-1911) en 1869 et à Georg Ferdinand Ludwig Philipp
Cantor (Allemand, 1845-1918) dont les travaux sont exposés par Christian Johann Heinrich Heine (Allemand, 1797-1856)
en 1872. C’est en cette année 1872 que Julius Wilhelm Richard Dedekind (1831-1916) publia sa construction des réels aux
moyens des coupures. Les principales démonstrations sur les nombres réels sont l’oeuvre de Ulisse Dini (Italien, 1845-1918)
qui publia un traité en 1878.
L’objectif de ce chapitre est de donner les éléments de construction des nombres réels ainsi que leurs propriétés fon-
damentales : propriété d’Archimède, bornes supérieures, bornes inférieures, notion de densité, topologie de l’ensemble des
nombres réels, etc.
l’ensemble N\{0}, c’est-à-dire l’ensemble des entiers naturels non nuls. On munit N des opérations usuelles
telles que l’addition ”+” et la multiplication ”×” dont on suppose connues les propriétés : commutativité,
associativité, exitence d’éléments neutres, distributivité de la multiplication par rapport à l’addition. Il
est facile de s’assurer que l’addition et la multiplication sont des opérations qui ont leurs résultats dans
N. On dit alors que N est stable pour l’addition et la multiplication ou que l’addition et la multiplication
sont des lois internes de N. Par contre le résultat d’une soustraction n’est pas toujours un entier naturel.
Ou encore, l’équation x + 1 = 0, d’inconnu x, n’admet pas de solution dans N. On crée ainsi de nouveaux
nombres : les entiers relatifs.
On note Z l’ensemble des entiers relatifs, Z = {. . . , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, 4, . . .}. et Z∗ = Z \ {0}. En
plus des propriétés de (N, +, ×), l’addition dans Z satisfait la propriété suivante : pour tout élément n de
Z, il existe un élément (−n) de Z tels que n + (−n) = 0. L’ensemble Z, introduit pour pallier les carences
de l’ensemble N, s’est révélé très vite insuffisant. Il n’est, en effet, pas possible de résoudre l’équation
3x = 2, d’inconnu x, dans l’ensemble Z. Il est donc encore nécessaire d’introduire un ensemble, dont les
a
éléments sont du type , où a ∈ Z et b ∈ Z∗ .
b
Définition 1.1. Une partie non vide A de Q est dite majorée s’il existe M ∈ Q tel que, pour tout x ∈ A,
x ≤ M . Si A est une partie majorée de Q, un rationnel M tel que x ≤ M quel que soit x ∈ A est appelé
un majorant de A.
Exemple 1.1. L’ensemble {x ∈ Q : x3 ≤ 2} est majoré. Les nombres 2, 3, 100 en sont des majorants.
Définition 1.2. Une partie non vide majorée A de Q admet un plus grand élément s’il existe un majorant
de A qui appartient à A.
Définition 1.3. Une partie non vide A de Q est dite minorée s’il existe m ∈ Q tel que, pour tout x ∈ A,
m ≤ x. Si A est une partie minorée de Q, un rationnel m tel que m ≥ x quel que soit x ∈ A est appelé
un minorant de A.
Définition 1.4. Une partie non vide minorée A de Q admet un plus petit élément s’il existe un minorant
de A qui appartient à A.
Définition 1.5. On dit qu’une partie non vide de Q est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
Définition 1.6. Soit A une partie non vide de Q. Si l’ensemble M(A) des majorants de A possède un
plus petit élément S, on dit que S est la borne supérieure de A et on note S = supA.
Théorème 1.1 (Caractérisation de la borne supérieure). Une partie non vide majorée A de Q possède
une borne supérieure si et seulement si, il existe un nombre rationnel S qui vérifie les propriétés suivantes :
1. pour tout x dans A, x ≤ S,
2. pour tout rationnel r > 0, il existe a ∈ A tel que S < a + r.
Le nombre S est alors la borne supérieure de A.
Exercice 1.5. Prouver que 5 est la borne supérieure de l’ensemble A = {x ∈ Q : x < 5}.
Exercice 1.6. Prouver que l’ensemble B = {1 − n1 , n ∈ N∗ } possède une borne supérieure que l’on
déterminera.
y ∗ ∗
Exercice 1.7. Soit A = , x ∈ Q+ , y ∈ Q+ .
x+y
1. Prouver que A est majoré.
2. Montrer que sup A = 1.
Définition 1.7. Soit A une partie non vide de Q. Si l’ensemble J (A) des minorants de A possède un
plus grand élément m, on dit que m est la borne inférieure de A et on note m = infA.
Théorème 1.2 (Caractérisation de la borne inférieure). Une partie non vide majorée A de Q possède une
borne inférieure si et seulement si, il existe un nombre rationnel m qui vérifie les propriétés suivantes :
1. pour tout x dans A, m ≤ x,
2. pour tout rationnel r > 0, il existe a ∈ A tel que a < m + r.
Le nombre m est alors la borne inférieure de A.
Remarquons d’abord que l’ensemble Q présente des insuffisances : par exemple, en restant dans Q
C F nous savons calculer la longueur de l’hy-
poténuse du triangle rectangle ABC mais pas
?=5 ? celle du triangle rectangle DEF . Autrement dit
3 1
il n’existe pas de nombre rationnel p tel que
A 4 B D 1 E p2 = 2. (1.1)
m
En effet, supposons l’existence d’un rationnel p = , où (m, n) ∈ Z × Z avec m et n premier entre eux.
n
D’après (1.1), nous avons m2 = 2n2 ; c’est-à-dire que m2 est pair et par suite m est pair. D’où m2 est
divisible par 4. C’est pourquoi l’égalité m2 = 2n2 nous permet de dire que n2 est pair et par conséquent
n aussi est pair. On aboutit alors à une contradiction.
[Link] Partie majorée n’admettant pas de borne supérieure et partie minorée n’admettant
pas de borne inférieure
Or
+∞
X 1 1 1 1
k
= × 1 = ,
(b + 1) b + 1 1 − b+1 b
k=1
1
donc 0 < s < ≤ 1. Ce qui contredit le fait que s ∈ N.
b
Définition 1.9. Un nombre réel est une collection de chiffres {c0 , . . . , cm } et {d1 , d2 , . . .} compris entre 0
et 9. Les chiffres ci sont en nombre fini et les chiffres dj peuvent être en nombre infini. On fait correspondre
à cette collection le nombre donné par le développement décimal
x = cm cm−1 . . . c1 c0 , d1 d2 d3 . . . dn . . . (1.5)
et la suite ne se termine pas par une infinité de 9. La définition de x est alors l’unique nombre qui satisfait
cette double inéquation pour tout k :
d1 d2 dk d1 d2 dk 1
cm cm−1 . . . c1 c0 + + 2 + · · · + k ≤ x < cm cm−1 . . . c1 c0 + + 2 + ··· + k + k (1.6)
10 10 10 10 10 10 10
Cette construction manque de rigueur et présente notamment la difficulté de donner des algorithmes
simples pour la multiplication, et même pour l’addition dans des cas tels que 0, 333 . . . + 0, 666 . . . Il existe
d’autres constructions dont
— les coupures de Dedekind, qui définissent, via la théorie des ensembles, un réel comme l’ensemble
des rationnels qui lui sont strictement inférieurs ;
— les suites de Cauchy, qui définissent, via l’analyse, un réel comme une suite de rationnels conver-
geant vers lui.
Exemple 1.3.
1. Les décimales du nombre π sont c0 = 3, d1 = 1, d2 = 4, d3 = 1, . . .
2. S’il n’y a qu’un nombre fini de décimales dj non nulles, alors le réel x est un rationnel et
Démonstration. Admis
On note R l’ensemble des nombres réels et R∗ = R \ {0} l’ensemble des nombres réels non nuls. Sur R,
on définit deux lois internes : une loi dite somme et notée ”+”, une autre loi dite produit notée ”·” ;
ainsi qu’une relation d’ordre notée ”≤”. Ces lois satisfont les propriétés suivantes.
2. Pour tous x, y ∈ R+ , on a :
n−1
!
X
xn − y n = (x − y) xn−1−k y k . (1.9)
k=0
Remarque 1.1.
1. On note y ≥ x pour signifier que x ≤ y.
2. x < y ⇐⇒ x ≤ y et x 6= y.
3. x = y ⇐⇒ x ≤ y et x ≥ y.
Remarque 1.2. Il résulte de cette définition de la valeur absolue d’un nombre réel x que :
1. Pour tout x ∈ R, |x| = | − x|.
(
−x si x≤0
2. Pour tout x ∈ R, |x| =
x si x≥0
3. Pour tout x ∈ R, |x| ≥ 0 et |x| = 0 ⇐⇒ x = 0.
Exemple 1.4. Considérons l’application d définie par : R2 −→ R, (x, y) 7→ |x − y|. Montrer que d est
une distance sur R. C’est la distance usuelle sur R.
Définition 1.13 (Élément maximal - Élément minimal). Soient A une partie non vide de R, M et
m deux réels donnés.
• On dit que M est le plus grand élément ou maximum (ou élément maximal ) de A si M ∈ A et
M est un majorant de A. On note alors M = max A ou M = max(A).
• On dit que m est le plus petit élément ou minimum (ou élément minimal ) de A si m ∈ A et m
est un minorant de A. On note alors m = min A ou m = min(A).
Proposition 1.5 (Unicité de l’élément maximal (resp. minimal)). Si A possède un maximum (resp.
minimum), alors il est unique.
Démonstration. Soient M1 et M2 deux réels qui sont maximums d’un même sous-ensemble A de R.
Comme M1 est un majorant de A et M2 ∈ A, alors M2 ≤ M1 . De même M2 est un majorant de A et
M1 ∈ A, alors M1 ≤ M2 . Par la propriété d’antisymétrie de la relation “≤”, on déduit que M1 = M2 .
Proposition 1.6. Tout sous-ensemble fini non vide de R possède un maximum (resp. un minimum).
Démonstration. Soit A un ensemble à n éléments (avec n ∈ N∗ ). Nous allons faire une récurrence sur n.
♣ Pour n = 1, A est un singleton {a} et a est le maximum de A.
♣ Pour n > 1, supposons que le résultat est vrai jusqu’à l’ordre (n − 1) et montrons que c’est aussi
vrai à l’ordre n. On fixe un élément x de A et on considère l’ensemble B = A\{x}. Alors B est un
sous-ensemble de A (donc de R) possédant (n − 1) éléments. Par conséquent, d’après l’hypothèse
de récurrence, B possède un maximum M ∈ B. Si x ≤ M alors M est aussi un maximum pour
A, sinon alors x est le maximum de A.
Exemple 1.5.
n
( )
X 1
1. L’ensemble A1 = xn = ; n∈N est majoré par 3. En effet
k!
k=0
0 1
X 1 X 1
(a) x0 = = 1 ≤ 3 et x1 = = 2 ≤ 3.
k! k!
k=0 k=0
(b) Pour tout n ≥ 2, on a :
n
X 1
xn =
k!
k=0
n
1 1 X 1
= + +
0! 1! k!
k=2
n
X 1
≤ 2+
k(k − 1)
k=2
n
X 1 1
≤ 2+ −
k−1 k
k=2
1
≤ 2+1−
n
≤ 3.
( n )
X1
2. L’ensemble A2 = ; n ∈ N n’est pas majoré. En effet, de l’inégalité ln(1 + x) ≤ x, pour
k
k=1
tout x > −1 (facile à justifier), on déduit que pour tout n ≥ 1,
n n n
X 1 X 1 X
≥ ln(1 + ) = (ln(k + 1) − ln(k)) = ln(n + 1)
k k
k=1 k=1 k=1
Définition 1.14 (Borne supérieure et borne inférieure). Soit A une partie non vide de R. On dit que :
• α ∈ R est la borne supérieure de A si α est un majorant de A et α est le plus petit des majorants
de A ; on note alors α = sup A ;
• β ∈ R est la borne inférieure de A si β est un minorant de A et β est le plus grand des minorants
de A ; on note alors β = inf A.
Théorème 1.4 (Axiome de la borne supérieure). Toute partie non vide et majorée A de R admet une
borne supérieure. Autrement dit, si A est une partie non vide et majorée de R alors sup(A) ∈ R.
Théorème 1.5 (Axiome de la borne inférieure). Toute partie A non vide et minorée de R admet une
borne inférieure. Autrement dit, si A est une partie non vide et minorée de R alors inf(A) ∈ R.
De plus on a :
inf(A) = − sup(−A), (1.11)
Théorème 1.6 (Caractérisation des bornes supérieure et inférieure). Soit A une partie non vide de R.
• Si A est majorée, il admet une borne supérieure ou supremum caractérisé par la propriété :
∀x ∈ A, x≤s
s = sup A ⇐⇒ (1.12)
∀ ε > 0, ∃ xε ∈ A / s − ε < xε ≤ s.
• Si A est minorée alors il admet une borne inférieure ou infimum caractérisé par la propriété :
∀x ∈ A, i≤x
i = inf A ⇐⇒ (1.13)
∀ ε > 0, ∃ xε ∈ A / i ≤ xε < i + ε.
Remarque 1.3.
1. Si max A existe, alors sup A existe et on a max A = sup A.
2. Si min A existe, alors inf A existe et on a min A = inf A.
1.5 Topologie de R
1.5.1 Intervalle, voisinage, ensemble ouvert et fermé
Définition 1.15. On appelle intervalle de R, toute partie I de R qui contient tout élément compris entre
deux quelconques de ses éléments. Précisément, un ensemble non vide I est un intervalle de R si :
(x ∈ I, y ∈ I et x ≤ z ≤ y) =⇒ z ∈ I.
Exercice 1.8.
1. Soient a et b deux nombres réels tels que a < b. Montrer que [a, b] = {x ∈ R : a ≤ x ≤ b} est un
intervalle de R : c’est l’intervalle fermé borné d’extrémités a et b.
2. Soient a et b deux éléments de R. Montrer que ]a, b[= {x ∈ R : a < x < b} est un intervalle de R :
c’est l’intervalle ouvert d’extrémités a et b.
3. Soient a ∈ R et b ∈ R. Montrer que [a, b[= {x ∈ R : a ≤ x < b} est un intervalle de R : c’est
l’intervalle semi-ouvert à droite d’extrémités a et b.
4. Soient a ∈ R et b ∈ R. Montrer que ]a, b] = {x ∈ R : a < x ≤ b} est un intervalle de R : c’est
l’intervalle semi-ouvert à gauche d’extrémités a et b.
Exercice 1.9. Soient a et b deux nombres rationnels tels que a < b. L’ensemble I = {x ∈ Q : a ≤ x ≤ b}
est-il un intervalle de R ?
Définition 1.16. Soit x0 ∈ R. Un voisinage de x0 est une partie V de R contenant un intervalle ouvert
contenant x. On note V(x0 ) l’ensemble des voisinage de x0 .
1
Exemple 1.6. ]0, 1[ et [0, 1] sont des voisinages de 2 mais [0, 1] n’est pas un voisinage de 1.
Théorème 1.7. Soient x ∈ R et V une partie de R. Les assertions suivantes sont équivalentes :
i) V est un voisinage de x ;
ii) il existe un nombre ε > 0 tel que V (x, ε) =]x − ε, x + ε[⊂ V ;
iii) il existe un entier n > 0 tel que V (x, n1 ) ⊂ V .
Démonstration. Exercice.
Remarque 1.5. Ouvert n’est pas le contraire de fermé. Par exemple, X = [0, 1[ n’est ni ouvert ni fermé.
Théorème 1.8.
— Une intersection finie d’ouverts est un ouvert.
— Une union d’ouverts est un ouvert.
— R et ∅ sont ouverts et fermés.
— Une union finie de fermés est un fermé.
— Une intersection de fermés est un fermé.
Démonstration. Exercice.
On a le résultat suivant appelé axiome de Cantor et connu également sous le nom de la propriété
des segments emboı̂tés.
Théorème 1.9 (Axiome de Cantor). Soit In = [an , bn ] une suite décroissante d’intervalles fermés (c’est-
à-dire In+1 ⊂ In pour tout n ∈ N, on dit aussi que les intervalles In sont emboı̂tés). Alors l’intersection
\ \
In = [an , bn ] = {x ∈ R : x ∈ In , ∀n ∈ N} est un intervalle non vide.
n∈N n∈N
Démonstration. L’ensemble {an , n ∈ N} est majoré par b0 ; il possède donc une borne supérieure s.
L’ensemble {bn , n ∈ N } est minoré par a0 ; il possède donc une borne inférieure i. Pour tout n ∈ N, on
T
a : an ≤ s ≤ i ≤ bn . Il en résulte que n∈N [an , bn ] contient l’intervalle [s, i], et est donc non vide.
L’exemple suivant montre que l’axiôme de Cantor n’est pas vrai dans Q.
Exemple 1.7 (Encore une carence de Q : suite d’intervalles emboı̂tés d’intersection vide). Considérons
les suites de nombres rationnels (an )n∈N et (bn )n∈N définies par
1 1 1 1 1 1 1
an = 1 + + + ··· + et bn = 1 + + + ··· + + (1.14)
2! 3! n! 2! 3! n! n · n!
La suite (an )n est strictement croissante (évident) tandis que la suite (bn )n est strictement décroissante
2
car bn+1 − bn = − (n+1)·(n+1)! < 0. Il est également facile de voir que an < bn , pour tout n ∈ N. On
notera [an , bn ] l’ensemble {r ∈ Q : an ≤ r ≤ bn } et on l’appelera intervalle de Q. Les intervalles [an , bn ]
vérifient la propriétés suivantes : [an+1 , bn+1 ] ⊂ [an , bn ] ⊂ [an−1 , bn−1 ] ⊂ · · · ⊂ [a1 , b1 ] ⊂ [a0 , b0 ] ; on dit
p
qu’ils sont emboı̂tés. Pourtant, leur intersection est vide. Supposons, en effet, qu’il existe l = q ∈ Q tel
que l ∈ [an , bn ] pour tout entier n ∈ N. Alors aq < pq < bq , c’est-à-dire que
1 1 1 p 1 1 1 1
1+ + + ··· + < < 1 + + + ··· + + .
2! 3! q! q 2! 3! q! q · q!
En multipliant par q · q!, on obtient :
1 1 1 1 1 1
q · q!(1 + + + · · · + ) < p · q! < q · q!(1 + + + · · · + ) + 1. (1.15)
2! 3! q! 2! 3! q!
1 1 1 1 1 1
Puisque les nombres q · q!(1 + + + · · · + ), p · q! et q · q!(1 + + + · · · + ) + 1 sont des entiers,
2! 3! Tq! 2! 3! q!
les inégalités (1.15) sont impossibles. Donc n∈N [an , bn ] = ∅.
Remarque 1.6. Si on avait seulement considéré des intervalles In de R tels que In+1 ⊂ In , l’intersection
\
In pourrait être vide. Pour s’en convaincre, faire l’exercice suivant.
n∈N
1
Exercice 1.10. On pose, pour tout n ∈ N∗ , In =]0, [ et Jn = [n, +∞[. Trouver l’ensemble A des réels
n
x tels que x ∈ In , pour tout n ≥ 1. Trouver l’ensemble B des réels x tels que x ∈ Jn , pour tout n ≥ 1.
√ 1 √ 1
Exercice 1.11. Pour tout n ∈ N∗ , on pose In = {x ∈ Q : 2 − ≤ x ≤ 2 + }. Peut-on appliquer à
n n \
la famille (In )n∈N∗ l’axiome de Cantor ? Justifier votre réponse. Expliciter l’ensemble In .
n∈N
Exercice 1.12. Soient (an )n∈N et (bn )n∈N deux familles de nombres rationnels tels que an < an+1 <
\
bn+1 < bn . On pose An = {x ∈ Q : an ≤ x ≤ bn }. Que peut-on dire de l’ensemble de [an , bn ] ? Justifier
n∈N
votre réponse.
Exercice 1.13. Soit (]an , bn [)n∈N une famille d’intervalles ouverts et bornés de R. Expliquer pourquoi
\
on peut avoir ]an , bn [= ∅.
n∈N
Définition 1.19. Soit X une partie de R. On dit que x0 ∈ R est un point adhérent à X, si tout voisinage
de x0 de rencontre X ; autrement dit : ∀ V ∈ V(x0 ), V ∩ X 6= ∅. L’ensemble des points adhérents à
X ⊂ R est appelé l’adhérence (ou la fermeture ou la clôture) de X et est noté X.
Exemple 1.9.
— Pour X ⊂ R, chaque point de X est évidemment un point adhérent à X.
— Soit a et b deux nombres réels tels que a < b. Les points a et b sont adhérents à ]a, b[. En effet,
si ]α, β[ est un intervalle ouvert qui contient a, posons c = min(α, b). L’intervalle ]a, c[ est non
vide et est inclus dans ]α, β[∩]a, b[. Ceci prouve que a est adhérent à ]a, b[. On montre de la même
manière que b est un point adhérent à ]a, b[. Il suit donc que ]a, b[ = [a, b].
Théorème 1.10.
— L’adhérence d’une partie X de R est le plus petit fermé contenant X.
— Une partie X de R est fermé si et seulement si X = X.
— L’interieur d’une partie X de R est le plus grand ouvert contenu dans X.
— Une partie X de R est ouverte si et seulement si X = X̊.
Démonstration. Exercice.
Proposition 1.7. Une partie A de R est dense dans R si et seulement si son adhérence A est égal à R.
Définition 1.20. Soit X une partie de R. On dit que x0 ∈ R est un point d’accumulation de X si
pour tout voisinage V de x0 , (V \ {x0 }) ∩ X 6= ∅. L’ensemble des points d’accumulation de X est appelé
l’ensemble dérivé de X et est noté X 0 .
Exemple 1.10.
a) Le nombre 1 est un point d’accumulation de X =]0, 1[.
b) Le réel 2 n’est pas un point d’accumulation de X =]0, 1[∪{2}.
Remarque 1.7. Un point d’accumulation est un point adhérent, la réciproque est fausse.
Exercice 1.14. Soit A une partie non vide de R et x0 un réel. Montrer que x0 est un point d’accumulation
de A si et seulement si tout voisinage de x0 contient une infinité de points de A.
Remarque 1.8. Seuls les ensembles de nombres réels contenant une infinité d’éléments peuvent avoir des
points d’accumulation. Toutefois, un ensemble infini (non borné) peut ne pas avoir de point d’accumula-
tion dans R. L’ensemble N des nombres entiers naturels en est un exemple.
Exercice 1.15. Montrer que si un point x de R, adhérent à une partie X de R n’est pas point d’accu-
mulation de X, il appartient nécessairement à X.
Définition 1.21. Un point x ∈ R, adhérent à une partie X de R sans être point d’accumulation de X
est dit point isolé de X.
1
Exemple 1.11. On considère l’ensemble X = {−1, 0, 1 + , n ∈ N∗ }. Les points −1 et 0 sont des points
n
isolés de X tandis que 1 est un point d’accumulation de X.
Proposition 1.8. Si X1 et X2 sont deux parties de R, nous avons les relations suivantes :
— X 1 = X1 ∪ X10 ;
— (X1 ∪ X2 )0 = X10 ∪ X20 , (X1 ∩ X2 )0 ⊂ X10 ∩ X20 ;
— X1 ∪ X2 = X 1 ∪ X 2 , X1 ∩ X2 ⊂ X 1 ∩ X 2 ;
˚ {
z }| z }| ˚ {
— X̊1 ∪ X̊2 ⊂ X1 ∪ X2 , X̊1 ∩ X̊2 = X1 ∩ X2 .
Définition 1.23. Dans R, on entend par voisinage de +∞ tout ensemble A ⊂ R contenant un ensemble
de la forme ]a, +∞] avec a ∈ R. Par voisinage de −∞ dans R, on entend tout ensemble A ⊂ R contenant
un ensemble de la forme [−∞, a[ avec a ∈ R.
Définition 1.25. Soit A une partie non vide de R. On dit que A est dense dans R si A rencontre tout
intervalle ouvert ]a, b[, avec a < b. Précisément, A est dense dans R lorsque pour tous réels a et b, on a :
Par contraposée A est une partie non dense dans R s’il existe au moins deux réels x et y tels que :
x < y et ∀a ∈ A, x ≥ a ou y ≤ a.
Démonstration.
1
• Soient a et b deux nombres réels tels que a < b, on pose x = > 0. Soit q un entier strictement
b−a
supérieur à x (un tel entier existe d’après le théorème d’Archimède) et soit p le plus petit entier
strictement supérieur à aq (p existe d’après le théorème d’Archimède). On a donc : p − 1 ≤ aq < p
p 1 p p 1 1 p
et − ≤ a < (puisque q > 0). D’où, a < ≤ a + < a + = b, et ∈ Q.
q q q q q x q
a b
• De même en considérant les réels A = √ et B = √ , il existe un rationnel r tel que A < r < B,
√ 2 2
c’est-à-dire a < r 2 < b.
√ √
(a) Si r 6= 0 alors r 2 est un irrationnel et on a : a < r 2 < b.
(b) Si r = 0 on prend l’intervalle ] √a2 , 0[ qui est inclus dans l’intervalle ] √a2 , √b2 [ ; ] √a2 , 0[ contient
√ √
un rationnel r1 6= 0. Dans ce cas on a r1 2 ∈ R\Q et a < r1 2 < b.
Une conséquence de cette proposition est le résultat suivant.
Corollaire 1.1. Dans tout intervalle non vide de R, différent d’un singleton, il y a une infinité de
nombres rationnels (et de nombres irrationnels).
Proposition 1.10. Tout intervalle de R, différent d’un singleton, et R lui même sont non dénombrables.
Dès lors ils contiennent une infinité non dénombrable de nombres irrationnels.
Théorème 1.11 (Bolzano-Weierstrass). Toute partie infinie et bornée B de R admet un point d’accu-
mulation
Démonstration. Soient x > 0 fixé et Ax = {a ∈ R∗+ : an ≤ x}. On va montrer que Ax est non vide et
admet une borne supérieure.
— Si x < 1 alors x ∈ Ax , car xn ≤ x < 1, par conséquent Ax est non vide. De plus, si y ∈ Ax , alors
y n ≤ x < 1 et donc y < 1. Par conséquent Ax est majoré par 1.
— Si x ≥ 1 alors on a : 1n ≤ x ≤ xn , donc 1 ∈ Ax et par conséquent Ax est non vide. Par ailleurs, si
z ∈ Ax alors z n ≤ x, ce qui implique que z ≤ x. Donc Ax est majoré par x.
On déduit alors que pour tout x > 0, Ax est une partie non vide et majorée de R, donc il existe y ∈ R
tel que y = sup(A). Nous allons montrer que y n = x.
• Supposons par l’absurde que y n < x et posons ε = x − y n > 0. On va chercher h ∈]0, 1[ tel que
(y + h) ∈ A. On a :
n(n − 1) n−2 2
(y + h)n = y n + ny n−1 h + y h + · · · + hn
2
n(n − 1) n−2
= y n + h[ny n−1 + y h + · · · + hn−1 ]
2
n(n − 1) n−2
≤ y n + h[ny n−1 + y + · · · + 1] = y n + h[(y + 1)n − y n ]
2
ε
On choisit h ∈]0, 1[ tel que h < et ainsi on a :
(y + 1)n − y n
(y + h)n < y n + h[(y + 1)n − y n ] < y n + ε = x.
Par conséquent (y + h) ∈ A et y + h > y = sup(A), ce qui est absurde.
yn − x
• Supposons maintenant que y n > x et posons h = , alors on a : 0 < h < y. En utilisant
ny n−1
l’identité
an − bn = (a − b)(an−1 + an−2 b + an−3 b2 + · · · + bn−1 )
valable pour tous réels a et b, et le fait que y − h ≤ y on a :
y n − (y − h)n = h[y n−1 + y n−2 (y − h) + · · · + (y − h)n−1 ] ≤ hny n−1 = y n − x.
Soit t > 0 tel que t ≥ y − h, on a :
y n − tn ≤ y n − (y − h)n ≤ y n − x
et par conséquent x < tn , d’où t 6∈ Ax . En d’autres termes (y − h) est un majorant de Ax et
y − h < y. Ce qui est en contradiction avec le fait que y soit le plus petit des majorants de Ax .
On conclut alors que y n = x et y est unique.
Remarque 1.9.
1. Soit n ∈ N∗ tel que n est pair. Alors pour tout y ∈ R∗+ on a : y n = (−y)n > 0.
(a) Ainsi pour x ∈ R∗+ et pour n ∈ N∗ pair, l’équation y n = x admet deux solutions dans R :
√ √
y1 = n x et y2 = − n x.
(b) Par contre pour x ∈ R∗− et pour n ∈ 2N∗ , l’équation y n = x n’admet pas de solution dans R.
2. Pour n ∈ N impair on a : pour tout y ∈ R∗ , (−y)n = −y n . Ainsi pour x ∈ R et n ∈ N impair,
p
l’équation y n = x, d’inconnue y, admet une solution unique dans R : y = signe(x) n |x|.
Théorème 1.13 (Principe d’Archimède pour la loi + dans R). Soient x, y ∈ R tels que y > 0. Alors il
existe un et un seul entier relatif n ∈ Z tel que ny ≤ x < (n + 1)y.
Proposition 1.12. Quel que soit le réel x, il existe un unique entier relatif p satisfaisant p ≤ x < p + 1.
L’entier p est appelé partie entière de x et on note p = E(x) = [x].
Remarque 1.10.
1. E(x) = max ({n ∈ Z; n ≤ x}).
2. Pour tout nombre réel x, on a : E(x) ∈ Z et E(x) ≤ x < E(x) + 1.
3. Pour tous nombres réels x et y, on a : x ≤ y =⇒ E(x) ≤ E(y).
4. Pour tous nombres réels x et y, on a : x < y =⇒ E(x) ≤ E(y).
5. Le réel m(x) = x − E(x) est appelé mantisse de x et on a : ∀x ∈ R, m(x) = x − E(x) ∈ [0, 1].
D’où 10−p E(x·10p ) ≤ x < 10−p E(x·10p )+10−p . Ainsi, 10−p E(x·10p ) est un nombre décimal approchant
x à 10−p près par défaut et 10−p E(x · 10p ) + 10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p près par
excès.
Exemple 1.14. Donner une approximation de π à 100 près, à 10−1 près, à 10−2 près et à 10−3 près.
pour tous (a, b), (a0 , b0 ) ∈ R2 . Les éléments de C sont appelés nombres complexes. On admet le
Théorème 1.14. C est un corps commutatif et l’application x 7→ (x, 0) est un homomorphisme injectif
du corps R dans le corps C.
Il est claire que si z est un réel, son module se confond avec sa valeur absolue.
Définition 1.27. On appelle argument d’un nombre complexe z = x + iy la classe modulo 2π des
x y
nombres réels θ qui vérifient cos θ = et sin θ = . On note arg z l’un quelconque des éléments de
|z| |z|
cette classe.
Définition 1.28. On appelle conjugé d’un nombre complexe z = x + iy, le nombre complexe z̄ = x − iy.
Ces inégalités sont des égalités si on a bi = λāi (ou ai = λb̄i ), où λ est un réel.
Suites numériques
Sommaire
2.1 Définitions et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Opérations sur les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.4 Valeurs d’adhérence - Sous-suites - limites supérieure et inférieure . . . . . 24
2.5 Suites équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.6 Suites monotones, suites adjacentes et théorème de Cantor . . . . . . . . . . 29
2.7 Suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.8 Limites infinies - Formes indéterminées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Définition 2.3. Une suite (un ) de K est dite bornée s’il existe un réel M tel que |un | ≤ M , pour tout
n ∈ N.
Remarque 2.1. Pour qu’une suite soit bornée, il suffit qu’elle le soit à partir d’un certain rang i.e. qu’il
exsite n0 ∈ N tel que |un | ≤ M , pour tout n ≥ n0 . En effet, dans ce cas la suite (un ) est alors bornée par
le nombre M 0 = sup(|u0 |, . . . , |un−1 |, M ).
Définition 2.4. On dit qu’une suite (un ) de K est convergente (dans K) s’il existe un élément ` ∈ K tel
que :
∀ε > 0, ∃ nε ∈ N / ∀ n ≥ nε , |un − `| < ε. (2.1)
Théorème 2.1. Si une suite (un ) de K est convergente, il existe un unique ` ∈ K qui satisfait (2.1).
Démonstration. Remarquons d’abord que si un élément x ∈ K est tel que |x| < ε, pour tout ε > 0, alors
x = 0. Maintenant, supposons qu’il existe deux éléments ` et `0 de K satisfaisant (2.1), alors pour tout
ε ε
ε > 0, il existe n0 ∈ N tel que |un − `| < , pour tout n ≥ n0 ; et il existe n1 ∈ N tel que |un − `0 | < ,
2 2
pour tout n ≥ n1 . Soit m = max(n0 , n1 ) et soit n ∈ N tel que n ≥ m. On a :
ε ε
|` − `0 | = |un − ` − un + `0 | ≤ |un − `| + |un − `0 | < + = ε.
2 2
On a ainsi établi que |` − `0 | < ε, pour tout ε > 0. Ce qui implique que ` − `0 = 0, c’est-à-dire ` = `0 .
Le Théorème 2.1, nous permet, lorsqu’une suite (un ) est convergente, de dire que l’unique nombre `
qui satisfait la propriété (2.1) est la limite de la suite (un ) et nous poserons ` = lim un . On dira
n→+∞
aussi que la suite (un ) converge ou tend vers ` et on notera parfois un → `.
Définition 2.5. On dit qu’une suite de K est divergente si elle est non convergente dans K.
Exemple 2.2. Toute suite stationnaire (en particulier toute suite constante) est convergente.
Exemple 2.3. Pour tout n ∈ N, posons un = q n avec |q| < 1. Soit ε > 0. Existe-t-il nε ∈ N tel que pour
tout n > nε , |q n | < ε ?
— Si q = 0, d’évidence on peut prendre nε = 1.
ln ε
— Si q 6= 0, alors |q|n < ε est équivalent à n ln |q| < ln ε, i.e. n > (puisque ln |q| < 0). On peut
ln |q|
ln ε
prendre nε = max E + 1; 0 , où E(x) désigne la partie entière du réel x.
ln |q|
1
Une autre méthode consiste à poser |q| = 1+h , avec h > 0 et d’utiliser la formule du binôme pour
n 1
montrer que |q| < nh .
Proposition 2.1. Une suite (un ) de nombres complexes converge vers ` ∈ C si et seulement si les suites
réelles (Re(un )) et (Im(un )) convergent respectivement vers Re(`) et Im(`).
Démonstration. Soit (un ) une suite convergente de K. Notons ` sa limite. Il existe un entier n0 tel que,
pour tout n ≥ n0 , |un − `| < 1. Quel que soit n ≥ n0 , on a : |un | ≤ |`| + 1. Soit s le plus grand élément
de l’ensemble (fini) {|u0 |, . . . , |un0 |}. Pour tout n ∈ N, on a : |un | ≤ max(s, |`| + 1).
Démonstration. Soit M > 0 tel que |vn | ≤ M pour tout n ∈ N. Pour tout ε > 0, il existe nε ∈ N tel que
ε
pour tout n ≥ nε , |un | = |un − 0| < . D’où |un vn − 0| = |un vn | = |un ||vn | < ε, pour tout n ≥ nε .
M
ein
Exemple 2.4. un = .
n2
2. Soit λ ∈ K. Si λ = 0, alors la suite (λun ) est nulle et converge donc vers 0 = λ`. Supposons que
ε
λ 6= 0. Puisque (un ) converge vers `, il existe n3 ∈ N tel que pour tout n ≥ n3 , |un − `| < . Dès
|λ|
ε
lors, pour tout n ≥ n3 , on a |λun − λ`| = |λ||un − `| < |λ| × = ε.
|λ|
3. On peut écrire : pour tout n ∈ N, un vn − ``0 = (un − `)vn + `(vn − `0 ). Les suites (un − `)n et
(vn − `0 )n convergent vers 0 et la suite (vn ) est bornée donc chacune des suites ((un − `)vn ) et
(`(vn − `0 )) converge vers 0 (d’après la Proposition 2.2) et donc (un vn − ``0 ) converge vers 0.
4. La convergence de (un ) vers ` implique l’existence d’un nε ∈ N tel que |un − `| < ε pour tout
n ≥ nε . Dès lors, pour tout n ≥ nε on a ||un | − |`|| ≤ |un − `| < ε ; i.e. (|un |) converge vers |`|.
|`0 |
5. Puisque (|vn |) converge vers |`0 |, il existe un entier n4 tel que, pour tour n ≥ n4 , |vn | ≥ (s’en
2
convaincre). Pour tout n ≥ n4 , on a :
1 1 |`0 − vn |
− =
vn `0 |`0 vn |
2 0
≤ |` − vn |.
|`0 |2
|`0 |2 ε
Puisque lim vn = `0 , il existe un entier n5 tel que, pour tout n ≥ n5 , |vn − `0 | < . Soit
n→+∞ 2
1 1 2 |`0 |2 ε
N = max(n4 , n5 ). Pour tout n ≥ N , on a : − 0 < = ε.
vn ` |`0 |2 2
6. Posons wn = 1
d’après l’assertion 5, la suite (wn ) converge vers `00 =
vn ,
1
`0 . Maintenant, l’assertion
un `
3 implique la suite = (un wn ) converge vers ``00 = 0 .
vn `
Nous allons maintenant prendre les limites dans K = (R ou C).
Définition 2.6. On dit qu’une suite de nombres réels tend vers +∞ (resp. −∞) si pour tout λ ∈ R, il
existe nλ ∈ N tel que pour tout n ≥ nλ on ait un > λ (resp. un < λ).
Définition 2.7. Dans C nous dirons que la suite (zn ) converge vers ∞ (le point à l’infini) si la suite suite
(|zn |) des modules des un converge vers +∞.
Démonstration. Si (un ) est une suite de Cauchy d’éléments de K, il existe n1 > 0 tel que pour tout
n ≥ n1 , |un − un1 | < 1. Comme |un | − |un1 | ≤ |un − un1 |, on a |un | − |un1 | < 1, pour tout n ≥ n1 ;
c’est-à-dire −1 + |un1 | < |un | < |un1 | + 1. Ce qui implique que |un | ≤ 1 + |un1 | = M , i.e. que (un ) est
bornée à partir de n1 . D’après la Remarque 2.1 précédente, elle est bornée.
Théorème 2.4. Dans K pour qu’une suite (un ) soit convergente il faut et il suffit qu’elle soit de Cauchy.
Démonstration. Soit (un ) une suite de K convergente vers ` ∈ K. Pour tout ε > 0 donné, il existe nε > 0
ε ε ε
tel que pour tout n ≥ nε , |un −`| < . Donc pour tous n ≥ nε et p ≥ nε on a : |un −`| < et |up −`| < .
2 2 2
Par suite
ε ε
|un − up | = |un − ` − up + `| ≤ |un − `| + |up − `| < + = ε.
2 2
Réciproquement soit (un ) une suite de Cauchy. L’ensemble B = {un , n ∈ N} de ses valeurs est borné. Il
y a deux cas possibles.
1. Si B est une partie infinie de K, alors comme B est borné, il admet, d’après le théorème de Bolzano-
Weierstrass (valable aussi pour C), un point d’accumulation `. Soit un réel ε > 0. Puisque (un ) est
ε
de Cauchy, il existe n0 ∈ N tel que, pour tous n ≥ n0 , m ≥ n0 , |un − um | < . Comme l’ensemble
2
ε ε
des entiers n tels que |un − `| < est infini, il existe un entier n1 ≥ n0 tel que |un1 − `| < . Pour
2 2
tout entier n ≥ n1 , on a alors : |un − `| ≤ |un − un1 | + |un1 − `| < ε. Puisque ε est quelconque, on
a : lim un = `.
n→+∞
2. Si maintenant B est une partie finie {a1 , . . . , ap } de K. Si B est un singleton {a}, lim un = a.
n→+∞
Sinon soit ε = min{|ai − aj |, 1 ≤ i < j ≤ p}. Comme (un ) est de Cauchy, il existe n0 ∈ N tel
ε
que, pour tous n ≥ n0 et m ≥ n0 , |un − um | < . Soient donc n ≥ n0 et m ≥ n0 . Si un était
2
ε
différent de um , on aurait |un − um | ≥ ε, ce qui contredit le fait que |un − um | < . Ainsi pour
2
tout n ≥ n0 , un = un0 . On en déduit que la suite (un ) est stationnaire : elle est donc convergente
et lim = un0 .
n→+∞
n
X 1
Exemple 2.5. Montrons que la suite (un ) définie par un =est divergente. Pour tout n ≥ 1, on
k
k=1
1 1 1 1 1 1 1
a u2n − un = + ··· + . Comme ≥ ≥ ··· ≥ , on a u2n − un ≥ + ··· + ;
n+1 2n n+1 n+2 2n |2n {z 2n}
n fois
1 1
c’est-à-dire que u2n − un ≥ . Ainsi, si par exemple ε = , pour tout n0 ∈ N∗ , il existe n ≥ n0 tels que
2 2
u2n − un ≥ ε. Donc la suite (un ) n’est pas de Cauchy : elle n’est pas convergente d’après le Théorème 2.4.
L’exemple suivant montre que dans Q, il existe des suite de Cauchy qui divergent.
Exemple 2.6 (Une carence de Q de plus : suites de Cauchy non convergentes). Considérons la suite
(an )n définie par (1.14). En remarquant que, si p ≥ 1, p!1 ≤ 2n−1
1
, on montre que si n et m sont des entiers
tels que m > n, alors :
1 1 1
0 ≤ am − an ≤ n + n+1 + · · · + m−1 ,
2 2 2
d’où
1
1 1 − 2m−n−1 1
0 ≤ am − an ≤ n × 1 ≤ n−1 .
2 1− 2 2
1
Soit un rationnel r > 0. Puisque Q est archimédien, il existe un entier N tel que N < r. Pour tous
n ≥ N + 1 et m ≥ N + 1, on a :
1 1 1
0 ≤ am − an ≤ ≤ ≤ ≤ r.
2n−1 n−1 N
Comme on peut choisir le rationnel r aussi petit que l’on veut, les termes de la suite (an )n s’empilent
lorsque l’indice n devient de plus en plus grand : on dit que la suite (an )n est de Cauchy. On s’attend
donc à ce que la suite (an )n ait une limite dans Q, c’est-à-dire qu’il existe un nombre rationnel l tel
que : pour tout rationnel > 0, il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n0 , |an − l| < . Il n’en est pas
malheureusement ainsi. Pour s’en convaincre, faire l’exercice suivant.
Exemple 2.7.
1. La suite (un ) donnée par un = (−1)n admet −1 et +1 pour valeurs d’adhérence.
1
2. La suite (un ) donnée par un = in + n+1 admet −1, 1, i et −i pour valeurs d’adhérence.
Remarque 2.2. Si une suite (un ) converge vers ` ∈ K, alors ` est une valeur d’adhérence de (un ). Est-ce
alors l’unique valeur d’adhérence ?
Définition 2.10. Soit (un ) une suite d’élément de K. On appelle suite extraite (ou sous-suite) de (un )
toute suite (vn ) de la forme vn = uϕ(n) où ϕ : N → N est application strictement croissante.
Si nous posons ϕ(k) = nk , alors nous noterons (unk ) la suite (uϕ(n) ). L’application ϕ est en fait une
suite strictement croissante de nombres entiers naturels.
Exemple 2.8. Soit un = (−1)n . Les suites (vn ) et (zn ) définies par : vn = u2n = 1 et zn = u2n+1 = −1
sont deux suites extraites de la suite (un ).
Proposition 2.4. Toute sous-suite d’une suite convergente est convergente vers la même limite.
Démonstration. Soit (un ) une suite de K convergente vers une limite ` et soit (unk ) une sous-suite de
(un ). Pour tout ε > 0, il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n0 , |un − `| < ε. Puisque lim nk = +∞,
k→+∞
il existe k1 ∈ N tel que pour tout k ≥ k1 on ait nk ≥ n0 et par suite |unk − `| < ε.
Proposition 2.5. Pour qu’un élément x ∈ K soit une valeur d’adhérence d’une suite (un ) il faut et il
suffit qu’il existe une sous-suite (unk ) de (un ) qui converge vers x dans K.
Théorème 2.5. Une suite (un ) d’éléments de K est convergente si et seulement si toutes ses sous-suites
sont convergentes et ont la même limite.
Démonstration. Puisqu’une suite (un ) est une suite extraite d’elle-même, il est évident que si toutes ses
sous-suites convergent vers la même limite `, alors (un ) converge vers `. Réciproquement supposons que
la suite (un ) soit convergente vers une limite `, alors la Proposition 2.4 affirme que toute sous-suite de
(un ) converge vers `.
Remarque 2.3. Pour montrer qu’une suite numérique (un ) est divergente, il suffit d’exhiber deux sous-
suites de (un ) qui admettent des limites différentes.
Théorème 2.6 (de Bolzano-Weierstrass). De toute suite bornée d’éléments de K on peut extraire une
suite convergente.
Démonstration.
1. Commençons d’abord par établir le résultat pour les suites réelles. Soit donc (un ) une suite réelle
bornée.
(a) Si l’ensemble A = {un , n ∈ N} des valeurs de la suite est infini, alors il possède un point
d’accumulation d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass vu au Chapitre 1 (Théorème 1.11).
Soit a un point d’accumulation de A. Il existe un entier n1 tel que |un1 − a| < 1. Comme
1
l’ensemble des entiers n tels que |un − a| < est infini, il existe un entier n2 > n1 tel que
2
1
|un2 − a| < . On peut ainsi construire une suite strictement croissante (nk ) d’entiers tels que
2
1
|unk − a| < ; on a alors lim unk = a.
k k→+∞
(b) Si A est un ensemble fini {a1 , . . . , am }, il existe un élément a de A et une infinité d’entiers n
tels que un = a. On peut donc construire une suite strictement croissante (nk )k∈N d’entiers
telle que unk = a, d’où lim unk = a.
k→+∞
2. Supposons à présent que (zn ) est une suite bornée de nombres complexes. Comme |Re(zn )| ≤ |zn |,
la suite réelle (Re(zn )) est bornée ; on peut donc en extraire une suite (Re(zϕ(n) )) convergente. Mais
alors, la suite (Im(zϕ(n) )) est bornée et on peut en extraire une suite (Im(zφ◦ϕ(n) )) qui converge.
Dès lors, (Re(zφ◦ϕ(n) )) est une sous-suite de (Re(zϕ(n) )) et est donc convergente. Ainsi, les deux
suites (Re(zφ◦ψ(n) )) et (Im(zφ◦ψ(n) )) sont convergentes ; d’où le résultat.
Nous allons étendre à R la notion de valeur d’adhérence en disant qu’une suite (un ) de nombres réels
admet +∞ (resp. −∞) pour valeur d’adhérence si elle est non majorée (resp. non minorée).
Soit (un ) une suite de réels. Par E nous désignerons l’ensemble des éléments x ∈ R tels qu’il existe
une sous-suite (unk ) de (un ) qui tend vers x.
Définition 2.11. Le nombre u+ = sup E (resp. u− = inf E) est appelé limite supérieure (resp. limite
inférieure) de la suite (xn ) ou bien la plus grande (resp. la plus petite) limite de la suite (un ).
On le désigne assez souvent par lim un (resp. lim un ) ou encore lim sup un (resp. lim inf un ).
Remarque 2.4.
1. Malgré la similitude de terminologie, il ne faut pas confondre valeur d’adhérence d’une suite
et point adhérent à l’ensemble des points de la suite. Toute valeur d’adhérence est un point
adhérent, la reciproque est fausse. Pour la suite (un ) : u3n = 1, u3n+1 = n, u3n+2 = n1 , tous les
entiers naturels sont des points adhérents ; et les valeurs d’adhérence sont 0, 1 dans R et 0, 1, +∞
dans R.
2. Il ne faut pas confondre la notion de lim (resp lim ) d’une suite et la notion de borne supérieure
(resp. inférieure) de l’ensemble des points de la suite. Pour définir la lim et la lim d’une suite
(un ) on ne s’intéresse pas aux sous-ensembles finis de l’ensemble {un , n ∈ N}. On peut modifier
un nombre fini de termes d’une suite (un ), sans modifier lim un et lim un . Considérons la suite
(un ) définie par u1 = 2, u2 = −3, u3 = 2, u4 = 5, un = (−1)n , pour n > 4. On a sup(un ) = 5 ;
inf(un ) = −3, lim un = 1 ; et lim un = −1.
Proposition 2.6. Dans R, pour toute suite (un ) de réels donnée, il existe u+ = lim un et u− = lim un .
Démonstration. Nous allons nous limiter à l’existence de u+ seulement. Pour une telle suite (un ), deux
cas sont possibles :
a) ou bien elle est bornée supérieurement (majorée) ;
b) ou bien non.
Si la suite n’est pas majorée, alors +∞ est une valeur d’adhérence et elle est la plus grande, c’est-à-dire
que u+ = +∞. Si (un ) est bornée supérieurement alors deux cas sont possibles :
a1 ) l’ensemble A de ses valeurs d’adhérence finies est non vide ;
a2 ) l’ensemble A de ses valeurs d’adhérence finies est vide.
Dans le cas a1 ), puisque la suite (un ) est majorée, l’ensemble A est majoré et donc admet une borne
supérieure finie b = sup A. Nous allons montrer que b est une valeur d’adhérence (finie), c’est-à-dire que
b ∈ Ā. Si b ∈/ Ā, il existerait ε > 0 tel que ]b − ε, b + ε[ contienne un nombre fini d’éléments de (un ) et
par suite, aucun élément de (un ) (pourquoi ?). Ce qui contredit la condition que b = sup A et donc b ∈ Ā
et b = u+ .
Dans le cas de a2 ) lim un = −∞ et n’existe qu’une seule valeur d’adhérence −∞ = lim un .
Proposition 2.8.
Démonstration. Prouvons a)
⇒) Supposons dans un premier temps que (un ) converge vers x ∈ R alors : ∀ε > 0, ∃ nε > 0 /
(n ≥ nε ) ⇒ (|xn −x| < ε), c’est-à-dire que x est une valeur d’adhérence de (un ) et par suite u− ≤ x ≤ u+ .
D’après la caractérisation de u+ et de u− et des inégalités x − ε < un < x + ε vraies pour n ≥ nε on a :
u+ ≤ x + ε et u− ≥ x − ε ; c’est-à-dire que x − ε ≤ u− ≤ u+ ≤ x + ε. En vertu du caractère arbitraire de
ε on obtient x ≤ u− ≤ u+ ≤ x ; c’est-à-dire x = u− = u+ .
Si maintenant (xn ) tend vers ±∞ alors (xn ) est ou non bornée supérieurement ou inférieurement et
par suite u+ = x = u− = ±∞.
⇐) Supposons u+ = u− .
— Si u+ = u− = +∞ (resp. −∞) alors xn → +∞ (resp. −∞).
— Si u+ = u− ∈ R, alors d’après la caractérisation de u+ et de u− : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N / ∀n > n0 ,
u− − ε < xn < u+ + ε. Or u− − ε = u+ − ε donc u+ − ε < xn < u+ + ε, c’est-à-dire un → u+ = u− .
L’assertion b) provient de la définition de u+ et de u− .
Exercice 2.5. Calculer sup{uk , k ≥ n}, inf{uk , k ≥ n}, lim un , lim un pour chacune des suites (un )
suivantes :
(−1)n (−1)n
πn
n n n
un = (−1) , un = (−1) 1 + , un = 2 + sin × , un = n(−1) .
n n 2
Soient (un ) et (vn ) deux suites équivalentes de K. Si pour n assez grand on a un 6= 0, alors l’équivalence
vn
de deux suites est équivalente au fait que lim = 1. Cette relation est une relation d’équivalence sur
n→+∞ un
l’ensemble des suites de K. En particulier, la symétrie de cette relation vient du fait que si (λn ) tend 1,
1
la suite ( ) est définie pour n assez grand et tend vers 1.
λn
Proposition 2.9.
1. Si une suite (un ) est convergente, toute suite (vn ) équivalente à (un ) est convergente et a même
limite que (un ).
2. Réciproquement, si (un ) et (vn ) sont deux suites de K convergeant vers la même limite finie, et si
cette limite est non nulle, alors les suites (un ) et (vn ) sont équivalentes.
Définition 2.13. Si (un ) et (vn ) sont deux suites réelles équivalentes qui tendent vers 0, on dit qu’elles
sont deux infiniment petits équivalents.
1 n+1
Exemple 2.11. un = et vn = sont deux infiniment petits équivalents.
n n2
Définition 2.14. Si (un ) et (vn ) sont deux suites équivalentes qui tendent vers ±∞, on dit qu’elles sont
des infiniment grands équivalents.
n2
Exemple 2.12. un = −n et vn = − sont deux infiniment grands équivalents.
n+1
Proposition 2.10. Soient (un ), (vn ), (an ) et (bn ) quatre suites de K telles que un ∼ an et vn ∼ bn .
Alors,
1. (un vn ) est convergente si et seulement si (an bn ) est convergente et, le cas échéant, on a l’égalité
lim un vn = lim an bn ;
n→+∞ n→+∞
un an
2. en cas d’existence, est convergente si et seulement si est convergente et, le cas
vn bn
un an
échéant, on a : lim = lim .
n→+∞ vn n→+∞ bn
Remarque 2.5. Ce résultat ne s’applique pas aux limites de sommes ou de différence de suites. Par
exemple, les suites un = n et vn = n − 1 sont équivalentes mais leur différence ne tendent pas vers 0 !
Définition 2.15. On dit qu’une suite numérique (un ) est périodique s’il existe un entier p ≥ 1 tel que
un+p = un pour tout n ∈ N. On dit le cas échéant que la suite est p-périodique et que p est une période
de la suite.
Exemple 2.13.
1. La suite (un ) définie par un = (−1)n est 2-périodique.
√
2. On rappelle qu’une des racines cubiques complexes de 1 est j = − 1+i2 3
. La suite (vn ) définien
par vn = (−j)n est 6-périodique.
Exercice 2.6. Trouver une condition nécessaire et suffisante pour qu’une suite périodique soit conver-
gente.
vn = o(un ). (2.3)
2. On dit que (vn ) est asymptotiquement dominée (ou bornée) par (un ) ou que (vn ) est un ”grand
O” de (un ) s’il existe une constante A telle que |vn | ≤ A|un |, pour n assez grand. On note alors
vn = O(un ). (2.4)
Dans le cas de deux suites complexes, on étend la définition précédente comme suit.
Définition 2.17. Soient (un ) et (vn ) deux suites complexes. On dit que :
1. (vn ) est asymptotiquement négligeable devant (un ) ou (vn ) est un ”petit o” de (un ) si |vn | =
o(|un |) ;
2. (vn ) est asymptotiquement dominée (ou bornée) par (un ) ou (vn ) est un ”grand O” de (un ) si
|vn | = O(|un |).
Exemple 2.14.
1+ein
1. Si α > 0, ln n = o(nα ) ; pour tout β ∈ R, nβ = o(en ) ; n2
= o( ni ).
2. n2 + ln n = O(n2 ) ; sin n1 = O( n1 ) ;
Démonstration. Soit (un ) une suite réelle convergente telle que un ≥ 0, pour tout n ∈ N et soit ` sa
limite. Si on avait ` < 0, il existerait un entier p ∈ N tel que pour tout n ≥ p on ait |un − `| < −`. Ce qui
impliquerait que 2` < un < 0. Ce qui est une contradiction avec l’hypothèse un ≥ 0, pour tout n ∈ N.
Proposition 2.12. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles convergentes et vérifiant un ≤ vn ne serait-ce
qu’à partir d’un certain rang, alors lim un ≤ lim vn .
n→+∞ n→+∞
Démonstration. Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles convergentes respectivement vers ` et `0 ; et vérifiant
un ≤ vn , pour tout entier n superieur ou égal à un certain rang n0 . Pour tout n ≥ n0 , posons wn =
vn − un ≥ 0. D’après le Théorème 2.3, la suite (wn ) est convergente et lim wn = `0 − `. D’autre part,
n→+∞
la Proposition 2.11 implique lim wn ≥ 0 ; c’est-à-dire que ` ≤ `0 .
n→+∞
Remarque 2.6. D’une manière générale, lorsqu’on passe aux limites, les inégalités stictes deviennent
des inégalités larges : (un < vn ) ⇒ ( lim un ≤ lim vn ). Par exemple, pour n > 1, n12 < n1 mais
n→+∞ n→+∞
1 1
lim 2 = lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ n
Proposition 2.13. Soit (un ) et (vn ) deux suites de nombres réels tendant vers une même limite `. Si
une suite (zn ) vérifie pour n assez grand les inégalités un 6 zn 6 vn , alors lim zn = `.
n→+∞
Démonstration. Sans nuire à la généralité on peut supposer les inégalités un 6 zn 6 vn pour tout n ∈ N.
1. Si ` ∈ R alors pour tout ε > 0, il existe n1 ∈ N tel que quel que soit n ≥ n1 , |un − `| < ε et il
existe n2 ∈ N tel que quel que soit n ≥ n2 , |vn − `| < ε. Par conséquent pour n0 = max(n1 , n2 ) on
a : pour tout n ≥ n0 , ` − ε < un 6 zn 6 vn < ` + ε.
2. Si ` = ±∞, on peut se fixer les idées en prenant ` = +∞. Dans ce cas, pour tout λ ∈ R, il existe
nλ ∈ N tel que pour tout n ≥ nλ , un > λ. Par suite, pour tout n ≥ nλ on a λ < un 6 zn .
1 1 1
zn = √ +√ + ··· + √ .
n2 +1 n2 +2 n2 +n
Puisque pour n ∈ N∗ fixé √n12 +1 ≥ √n12 +k et √n12 +n ≤ √n12 +k pour tout k = 1, . . . , n, on a les inégalités
n n n n
suivantes : √ ≤ zn ≤ √ , pour tout n ∈ N∗ . Or lim √ = lim √ = 1, donc
n2 + n n2 + 1 n→+∞ n2 + n n→+∞ n2 + 1
lim zn = 1.
n→+∞
Démonstration.
a) Soit (un ) une suite croissante c-à-d. un ≤ un+1 , pour tout n ∈ N. Si elle est majorée, il existe
M ∈ R tel que un ≤ M pour tout n ∈ N. Ce qui revient à dire que X = {un , n ∈ N} est majorée
par M . S’il en est ainsi X admet une borne supérieure finie dans R, soit ` = sup X. Par suite pour
tout ε > 0, il existe p ∈ N (c-à-d. up ∈ X) tel que ` − ε < up ≤ `. Or pour tout n ≥ p on a :
` − ε < up ≤ un ≤ ` et donc 0 ≤ ` − un ≤ ε c-à-d. lim un = `.
n→+∞
b) Si (un ) est non majorée, alors pour tout λ ∈ R, il existe p ∈ N tel que up > λ (sinon λ serait un
majorant de la suite) et pour tout n ≥ p on a : un ≥ up > λ ; d’où lim un = +∞.
n→+∞
c) et d) La transformation t −→ −t donne c) et d).
Théorème 2.8. Deux suites réelles (un ) et (vn ) adjacentes convergent vers la même limite. De plus on
a : un ≤ un+1 ≤ vn+1 ≤ vn , pour tout n ∈ N.
®
Démonstration. Observons d’abord que la condition (ii) entraà ne que si (un ) est convergente, (vn )
l’est aussi et les deux suites ont alors la même limite. Posant wn = vn − un , on a : wn+1 − wn =
(vn+1 − vn ) − (un+1 − un ). Les inégalités vn+1 − vn ≤ 0 et un+1 − un ≥ 0 impliquent wn+1 − wn ≤ 0. Donc
la suite (wn ) est décroissante. Comme (wn ) tend vers 0, d’après le Théorème 2.7, lim wn = inf n wn = 0,
n→+∞
d’où wn ≥ 0. Il en résulte que un ≤ vn pour tout n ∈ N ; d’où un ≤ un+1 ≤ vn+1 ≤ vn ≤ v0 pour tout
n ∈ N. Ainsi la suite (un ) est croissante et majorée ; elle est donc convergente.
Théorème 2.9 (de Cantor). Soit In = [un , vn ] une suite décroissante d’intervalles fermés In de R (c’est-
à-dire In+1 ⊂ In , ∀n ∈ N) et dont la longueur vn − un tend vers 0. Alors ces intervalles ont un unique
point commun ` qui est la limite commune des suites (un ) et (vn ).
n
X 1
Exercice 2.7. On considère la suite (un ) définie par un = (−1)k−1 .
k
k=1
1. Montrer que les sous-suites (u2n ) et (u2n+1 ) sont adjacentes. En déduire que la suite (un ) admet
une limite que l’on notera s. (On ne demande pas de calculer la limite).
1
2. Montrer que |s − un | ≤ .
n+1
Théorème 2.10. Soit A une partie de R. Les assertions suivantes sont équivalentes :
1. A est dense dans R ;
2. pour tout réel a, il existe une suite (un ) de points de A qui converge vers a.
Définition 2.20. Soit r ∈ K. On appelle suite arithmétique de raison r toute suite (un ) vérifiant :
un+1 = un + r, ∀n ∈ N. (2.5)
Définition 2.21. Soit q ∈ K. On appelle suite géométrique de raison q toute suite (vn ) vérifiant :
Exercice 2.8. Dans K, soient (un ) une suite arithmétique de raison r et (vn ) une suite géométrique de
n
X Xn
0
raison q. On pose Sn = uk et Sn = vk . Montrer que
k=0 k=0
1. un = u0 + nr, pour tout n ∈ N ;
n(n + 1)
2. Sn = (n + 1)u0 + r, pour tout n ∈ N ;
2
3. vn = v0 q n , pour tout n ∈ N ;
1 − q n+1
4. si q 6= 1, Sn0 = v0 , pour tout n ∈ N.
1−q
Définition 2.22. On appelle suite récurrente affine du premier ordre à coefficients constants toute suite
(un ) de K qui vérifient la propriété suivante :
Soit (un ) une suite récurrente affine du premier ordre à coefficients constants. Calculons un en fonction
de n.
1. Si a = 1, (un ) est une suite arithmétique de raison b, donc un = u0 + nb.
2. Si a 6= 1, soient λ ∈ K et (vn ) la suite définie par vn = un + λ. On a : ∀n ∈ N,
b
En choisissant λ = , on voit que (vn ) est une suite géométrique de raison a. Alors : ∀n ∈ N,
n
a−1
vn = v0 a , d’où : ∀n ∈ N,
n b b
un = a u0 + − . (2.8)
a−1 a−1
Soient a et b deux éléments de K. Notons Ea,b = {(un ) ⊂ K/∀n ∈ N, un+2 = aun+1 + bun }.
Remarque 2.7. L’ensemble Ea,b est un K-espace vectoriel de dimension 2.
Soit (un ) un élément de Ea,b . Calculons un en fonction de n. Regardons si Ea,b contient des suites
géométriques. Soit r ∈ K ; la suite géométrique (rn ) est dans Ea,b si et seulement si pour tout n ∈ N,
rn+2 = arn+1 + brn , c’est-à-dire : r2 − ar − b = 0. On a la
— Si ∆ < 0 l’équation admet deux solutions complexes conjuguées r et r̄. Il existe alors λ dans K tel
que : ∀n ∈ N,
un = λrn + λrn . (2.12)
Exemple 2.16 (Suites de Fibonocci). Étudions la suite (φn ) dite de Fibonacci et définie par :
(
φ0 = 0, φ1 = 1,
φn+2 = φn+1 + φn , ∀n ∈ N.
√ √
1+ 5 1− 5
r2
L’équation caractéristique − r − 1 = 0 admet deux solutions réelles et ; il existe donc
2 2
λ1 , λ2 ∈ R tel que : ∀n ∈ N,
√ !n √ !n
1+ 5 1− 5
φn = λ1 + λ2 .
2 2
√ ! √ !
1+ 5 1− 5
Comme φ0 = 0 et φ1 = 1, on a : λ1 + λ2 = 0 et λ1 + λ2 = 1. Ce qui donne
2 2
1
λ1 = −λ2 = √ . D’où, pour tout n ∈ N,
5
" √ !n √ !n #
1 1+ 5 1− 5
φn = √ − .
5 2 2
Exemple 2.17. Calculons un sachant que u0 = 1, u1 = i et un+2 = 4un+1 − 4un . L’équation ca-
ractéristique r2 − 4r + 4 = 0 admet une solution double r0 = 2, il existe donc λ1 , λ2 ∈ C tels que
un = λ1 2n + λ2 n2n−1 ,
un = 2n + 2n−1 (i − 2)n.
1
Comme u0 = 0 et u1 = 1, on a A = 0 et B = √ , d’où : ∀n ∈ N,
3
2n
2nπ
un = √ sin .
3 3
1. Si f (x) − x garde un signe constant sur I alors (un ) est monotone et un+1 − un = f (un ) − un
permet de déterminer le sens de variation de (un ).
— Si (un ) est croissante et majorée, alors elle est convergente.
— Si (un ) est croissante et non majorée, alors elle est divergente et lim un = +∞.
n→+∞
— Si (un ) est décroissante et minorée, alors elle est convergente.
— Si (un ) est décroissante et non minorée, alors elle est divergente et lim un = −∞.
n→+∞
2. Si f est croissante, alors la suite (un ) est monotone. On calcul explicitement u1 .
(a) u0 ≤ u1 : on montre par récurrence que la suite (un ) est croissante.
— Si (un ) est croissante et majorée, alors elle est convergente.
— Si (un ) est croissante et non majorée, alors elle est divergente et lim un = +∞.
n→+∞
(b) u0 ≥ u1 : on montre par récurrence que la suite (un ) est décroissante.
— Si (un ) est décroissante et minorée, alors elle est convergente.
— Si (un ) est décroissante et non minorée, alors elle est divergente et lim un = −∞.
n→+∞
3. Si f est décroissante, on introduit deux suites auxilliaires (an ) et (bn ) données par an = u2n et
bn = u2n+1 . On montre que
Par ailleurs, f ◦ f est croissante, on peut donc étudier le sens de variation de (an ) et (bn ) et leur
convergence comme ci-dessus.
— Si (an ) et (bn ) convergent vers la même limite `, alors la suite (un ) converge aussi vers `.
— Si (an ) et (bn ) convergent vers des limites différentes, alors la suite (un ) est divergente.
— Si (an ) ou (bn ) est divergente, alors la suite (un ) est divergente.
On suppose dans cette sous-section qu’il est déjà établi que la suite (un ) est convergente et on se
propose de déterminer sa limite. Notons ` la limite de (un ). Si la fonction f est continue, en passant à la
limite de l’égalité un+1 = f (un ), on obtient ` = f (`) ; c’est-à-dire que ` est un point fixe de f . Dans ce
cas, on
1. détermine les points fixes de f en résolvant l’équation f (x) = x ;
2. trouve un argument (signe, majoration, etc) pour désigner la limite ` de (un ) parmi les points
fixes de f .
Exemple 2.19.
1. Soient un = n et vn = n1 . On a : lim un = +∞, lim vn = 0 et lim un vn = 1.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
1
2. Soient un = n2 et vn = n. On a : lim un = +∞, lim vn = 0 et lim un vn = +∞.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
(−1)n
3. Soient un = n et vn = n. On a : lim un = 0, lim vn = +∞ mais (un vn ) n’a pas de limite.
n→+∞ n→+∞
Remarque 2.8. La leçon qui ressort des exemples précédents est qu’on ne peut rien dire de la limite
de la suite (un vn ) si lim un = +∞ et lim vn = 0. On ne peut, non plus rien dire la limite de la
n→+∞ n→+∞
suite (un + vn ) si lim un = +∞ et lim vn = −∞. On dit alors qu’on est en présence de formes
n→+∞ n→+∞
indéterminées.
Théorème 2.12 (de O. Stolz). Soit (vn )n une suite de réels strictement croissante (ne serait-ce qu’à
partir d’un
certain rang) tendant vers +∞ et soit (un )n une suite de réels donnée. Alors l’existence de
−un−1
limite de uvnn −v n−1
entraı̂ne celle de uvnn et, le cas échéant, on a :
un − un−1 un
lim = lim = ` ∈ R. (2.15)
n→+∞ vn − vn−1 n→+∞ vn
Démonstration. Sans nuire à la généralité nous allons supposer la stricte croissance de (vn )n à partir des
premiers termes.
un − un−1
1. Supposons l’existence de lim = `.
n→+∞ vn − vn−1
u − u ε
n n−1
(a) Si ` ∈ R, nous avons : ∀ε > 0, ∃nε ∈ N / ∀n > nε , − ` < i.e.
vn − vn−1 2
ε un − un−1 ε
`− < <`+
2 vn − vn−1 2
ε un−1 − un−2 ε
`− < <`+
2 vn−1 − vn−2 2
..
.
..
.
ε u − u ε
` − < nε +1 nε
<`+
2 vnε +1 − vnε 2
Ce que l’on peut encore écrire :
ε ε
(vn − vn−1 )(` − ) < un − un−1 < (` + )(vn − vn−1 )
2 2
ε ε
(vn−1 − vn−2 )(l − ) < un−1 − un−2 < (` + )(vn−1 − vn−2 )
2 2
..
.
..
.
ε ε
(vnε +1 − vnε )(` − ) < unε +1 − unε < (` − )(vnε +1 − vε )
2 2
En faisant la somme membre à membre on obtient
ε ε
(` − )(vn − vnε ) < un − vnε < (` + )(vn − vnε );
2 2
c’est-à-dire que : ∀n > nε , uvnn −unε ε
−vnε − ` < 2 . Nous avons l’égalité facilement vérifiable :
un un − `vnε h vn ih un − unε i
−`= ε + 1− ε −` . (2.16)
vn vn vn vn − vnε
un u − `v u − u
n nε n nε
−` ≤ ε + −` .
vn vn vn − vn ε
unε −`vnε
Puisque unε − `vnε est fini et lim vn = +∞, alors lim vn = 0. Ce qui implique
n→+∞ n→+∞
|unε − `vnε | ε
qu’il existe n1 ∈ N tel que pour n > n1 , < . D’autre part, pour tout n > nε ,
vnε 2
un − unε ε un un
− ` < . Si n2 = sup(nε , n1 ), alors : ∀n > n2 , − ` < ε. Par suite, lim = `.
vn − vnε 2 vn n→+∞ vn
un − un−1
(b) Supposons maintenant ` = lim = +∞, par exemple : ∃ n0 ∈ N / ∀n ≥ n0 ,
n→+∞ vn − vn−1
En faisant, la somme membre à membre, on obtient un − un0 > vn − vn0 ; c’est-à-dire que
un > (un0 − vn0 ) + vn ; d’où lim un = +∞. Maintenant, (2.17) implique que la suite (un )
n→+∞
vn
est strictement croissante à partir du rang n0 et donc on peut appliquer (a) à . Puisque
un
vn − vn−1 vn
lim = 0+ (fini) donc lim = +∞.
n→+∞ un − un−1 n→+∞ un
Pour clore ce chapitre, traduisons la convergence d’une suite avec le langage des voisinages.
Proposition 2.14. Pour qu’une suite (un ) converge vers ` dans R (resp. dans R) il faut et il suffit que
pour tout voisinage V` de ` il existe un entier nV` tel que pour tout n ≥ nV` , un ∈ V` .
Sommaire
3.1 Limites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2 Comparaisons locales de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3 Fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
On rappelle qu’une fonction réelle sur un ensemble X non vide est une application de X dans R. Une
f
fonction sera souvent notée f : X → R ou X 7−→ R. Nous ne considérons ici que les fonctions numériques
définies sur des parties de R, mais les limites sont définies dans R. On rappelle que X̄ désigne l’adhérence
de X dans R.
Proposition 3.1. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie non vide A de R. Si f admet une
limite en un point a ∈ A, cette limite est unique.
La Proposition 3.1 permet lorsque, pour une fonction f : A → R, un réelle ` vérifie la propriété de la
Définition 3.1 de dire que ` est la limite de f en a ∈ Ā. On écrit alors f (x) −−−→ ` ou limx→a f (x) = `.
x→a
Définition 3.2. Soit f une fonction réelle définie sur une partie non vide A de R et soit a ∈ Ā. On dit
que f tend vers +∞ lorsque x tend vers
a si elle vérifie la propriété suivante : pour tout réel b, il existe
un voisinage Ua du point a tel que f Ua ∩ A \ {a} ⊂]b, +∞[.
Définition 3.3. Soit f une fonction réelle définie sur une partie non vide A de R et soit a ∈ Ā. On dit
que
f tend vers +∞ lorsque x tend vers a si pour tout réel b, il existe un voisinage Ua du point a tel que
f Ua ∩ A \ {a} ⊂] − ∞, b[.
( )
n o
f (x) −−−→ −∞ ⇔ ∀λ ∈ R, ∃δ > 0 / x ∈ A et |x − a| < δ ⇒ f (x) < λ .
x→a
( )
f (x) −−−−→ ` ⇔ ∀ε > 0, ∃α ∈ R/ x ∈ A et x < α ⇒ |f (x) − `| < ε .
x→−∞
( )
f (x) −−−−→ −∞ ⇔ ∀λ ∈ R, ∃α ∈ R/ x ∈ A et x > α ⇒ f (x) < λ .
x→+∞
( )
f (x) −−−−→ +∞ ⇔ ∀λ ∈ R, ∃α ∈ R/ x ∈ A et x < α ⇒ f (x) > λ .
x→−∞
( )
f (x) −−−−→ −∞ ⇔ ∀λ ∈ R, ∃α ∈ R/ x ∈ A et x < α ⇒ f (x) < λ .
x→−∞
2. On dit que f admet une limite à droite en a s’il existe un nombre réel ` tel que :
∀ε > 0, ∃δ > 0 / x ∈ A et 0 < x − a < δ ⇒ |f (x) − `| < ε .
Remarque 3.1. Si une fonction f : A → R admet une limite à droite (respectivement une limite à gauche)
en un point a, cette limite est alors unique.
Notations.
1. Si f admet ` comme limite à droite en a, on note lim f (x) = ` ou x→a
lim f (x) = `.
x→a+
x>a
2. Si f admet ` comme limite à gauche en a, on note lim f (x) = ` ou x→a
lim f (x) = `.
x→a−
x<a
|x|
Exemple 3.1. Pour la fonction f : R∗ → R, x 7→ on a lim = 1 et lim = −1.
x x→0+ x→0−
Théorème 3.1. Soit I un intervalle ouvert non vide de R et soit a ∈ I. Une fonction f : I \ {a} → R
admet une limite en a si et seulement si elle admet une limite à droite en a et une limite à gauche en a
et ces deux limites sont égales.
Remarque 3.2. On peut regarder la limite de f lorsque x tend vers +∞ [resp.−∞] comme une limite à
droite [resp. à gauche] lorsque cette limite existe.
La Proposition suivante montre qu’il est possible d’utiliser les suites pour étudier l’existence de la limite
d’une fonction en un point.
Proposition 3.2. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie non vide A de R. Soit a un point
adhérent à A. La fonction f admet une limite ` lorsque x tend vers a si et seulement si pour toute suite
(un ) de points de A tendant vers a, la suite (f (un )) tend vers `.
et
|f (xn ) − `| > ε0 . (3.2)
De (3.1) on obtient lim xn = a et (3.2) signifie que ` ne peut pas être égale à lim f (xn ). Ce qui
n→+∞ n→+∞
contredit le fait que ` = lim f (xn ).
n→+∞
Supposons à présent que : ∀ε > 0, ∃δ > 0 /∀x ∈ A, (0 < |x − a| < δ) ⇒ (|f (x) − `| < ε). Soit donc
ε > 0 fixé et δ = δ(ε) choisi tel que pour tout x ∈ A vérifiant 0 ≤ |x − a| < δ on ait |f (x) − `| < ε.
Pour toute suite (xn )n d’éléments de A tendant vers a il existe un entier n tel que pour tout n ≥ nε ,
|xn − a| < δ. C’est pourquoi, pour tout n ≥ nε on a : |f (xn ) − `| < ε, c’est-à-dire que lim f (xn ) = `.
n→+∞
En se référant à la Proposition 3.2 nous avons les résultats suivants tirés des propositions obtenues
des suites.
Proposition 3.3. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie A de R. Si f admet une limite
(finie) en un point a adhérent à A, alors il existe un intervalle ouvert I contenant a et un réel M > 0
tel que pour tout x ∈ (I ∩ A) \ {a}, |f (x)| ≤ M .
Proposition 3.4. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie A de R. Si f admet une limite
l 6= 0 en un point a adhérent à A, il existe alors un intervalle ouvert I contenant a tel que pour tout
x ∈ (I ∩ A) \ {a}, f (x) 6= 0.
Proposition 3.5. Soient f et g deux fonctions numériques définies sur une même partie non vide A de
R de limites respectives ` et `0 finies, en un point a ∈ Ā, adhérence de A. Alors,
1. lim (f + g)(x) = ` + `0 ;
x→a
2. pour tout réel λ, lim (λf )(x) = λ` ;
x→a
3. lim (f · g)(x) = ``0 ;
x→a
f `
4. si `0 6= 0, alors g(x) 6= 0 sur un certain voisinage de a et lim (x) = 0 ;
x→a g `
5. lim |f (x)| = |`|.
x→a
Cette proposition peut être étendue aux cas où ` et `0 ne seraient pas finies grâce aux conventions :
b
+∞ + (+∞) = +∞; b × (+∞) = +∞ si b > 0; b × (+∞) = −∞ si b < 0; = 0 si b ∈ R
±∞
Définition 3.5. Une fonction f définie sur une partie A de R est dite
— croissante si : ∀x, y ∈ A, (y ≤ x) ⇒ (f (y) ≤ f (x)) ;
— décroissante si : ∀x, y ∈ A, (y ≤ x) ⇒ (f (y) ≥ f (x)) ;
— monotone si elle est croissante ou décroissante (le ”ou” étant exclusif) sur A ;
— strictement croissante si : ∀x, y ∈ A, (y < x) ⇒ (f (y) < f (x)) ;
— strictement décroissante si : ∀x, y ∈ A, (y < x) ⇒ (f (y) > f (x)) ;
— strictement monotone si elle est strictement croissante ou strictement décroissante sur A.
Théorème 3.2. Soit f une fonction définie sur une partie non vide A de R.
a) Si f est croissante, alors f admet une limite à gauche (finie ou égale à +∞) en tout point a ∈ Ā
où cette limite peut être définie ; si a ∈ A, cette limite est finie et vérifie lim f (x) ≤ f (a). Si A
x→a−
est non majoré, f (x) a une limite (finie ou égale à +∞) quand x → +∞.
b) Si f est décroissante, alors f admet une limite à droite (finie ou égale à −∞) en tout point a ∈ Ā
où cette limite peut être définie ; si a ∈ A, cette limite est finie et vérifie lim f (x) ≤ f (a). Si A
x→a+
est non moniré, f admet une limite (finie ou égale à −∞) quand x → −∞.
Exemple 3.2. La fonction partie entière E : x 7−→ E(x) est croissante sur R et pour tout a ∈ R, on a
lim E(x) ≤ E(a) = lim E(x).
x→a− x→a+
x
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1
−2
Définition 3.6. Soit f une fonction définie sur une partie A de R et soit x0 ∈ R un point adhérent à A.
1. La fonction f est dite infiniment petite au voisinage de x0 si lim f (x) = 0.
x→x0
Exemple 3.3.
a) x → sin x, x0 = 0
1. 1 sont des infiniment petits aux voisinages des points considérés.
b) x → , x0 = ±∞
x
)
a) x → sin
x 2
x
, x0 = 0
2. sont des infiniment grands au voisinage des points considérés.
b) x → −x2 , x0 = ±∞
Définition 3.7. Soient f et g deux fonctions définies sur une partie A de R et x0 ∈ Ā, peut-être infini.
1. On dit que f est dominée (ou bornée) par g ou que f est un ”grand O” de g au voisinage de x0
s’il existe un voisinage V du point x0 et une constante c tels que : |f (x)| ≤ c|g(x)|, pour tout
x ∈ (V ∩ A) \ {x0 }. On écrit alors f = O(g) ou par abus d’écriture f (x) = O(g(x)).
x0 x→x0
Exemple 3.4.
1 1 1 1
1. =O puisque ≤ 2 si |x| ≤ 1.
x 0 x2 x x
1 1 1 1
2. 2 = O puisque 2 ≤ 1 × pour |x| ≥ 1.
x ±∞ x x |x|
1
3. f (x) = x et g(x) = x(2 + sin ) sont des infiniment petits de même ordre au voisinage de 0. En
x
effet, d’une part : lim f (x) = lim g(x) = 0 ; et d’autre part,
x→0 x→0
f (x) 1 1
= 1 ≤ ≤1
g(x) 2 + sin x 2 − sin x1
g(x) 1 1
= 2 + sin ≤ 2 + sin ≤ 3,
f (x) x x
Proposition 3.6. Soient f et g deux fonctions définies sur une partie A de R, x0 ∈ R un point adhérent
f (x)
à A et g 6= 0 sur A. Si lim = c ∈ R∗ , alors f et g sont de même ordre.
x→x0 g(x)
Démonstration. Remarquons d’abord que lim f (x) = b ∈ R équivaut à l’existence d’une fonction α telle
x→a
que f (x) = b + α(x) avec lim α(x) = 0. En effet, si lim f (x) = b alors il suffit de poser α(x) = f (x) − b.
x→a x→a
f (x)
Réciproquement, si f (x) = b + α(x) avec lim α(x) = 0 alors lim f (x) = b. Maintenant lim = c 6= 0
x→a x→a x→0 g(x)
f (x) g(x) 1
implique que g(x) = c + α1 (x) et = + α2 (x) avec lim αi (x) → 0, i = 1, 2. Donc au voisinage de
f (x) c x→0
f (x) g(x) 1
x0 , ≤ |c| + 1 et ≤ + 1.
g(x) f (x) |c|
Définition 3.8. Soient f et g deux fonctions définies sur une partie non vide A de R et x0 ∈ R un point
adhérent de A. On dit que f est infiniment petit (ou négligeable) par rapport à g ou que f est un ”petit
o” de g s’il existe un voisinage V de x0 et une fonction ε telle que pour tout x ∈ (A ∩ V ) \ {x0 } on a :
f (x) = ε(x)g(x) avec lim ε(x) = 0. Dans ce cas on écrit : f = o(g) ou f (x) = o(g(x)).
x→x0 x0 x0
x2 x2
x
1
Exemple 3.5. =o et aussi =o .
sin x 0 sin x sin x 0 sin x
Définition 3.9. Soient f et g deux fonctions définies sur une partie A de R et x0 ∈ R un point adhérent
de A. S’il existe une fonction ϕ définie dans un voisinage V du point x0 , à l’exception peut-être de x0 ,
telle que f (x) = ϕ(x)g(x) dans (V ∩ A) \ {x0 } et lim ϕ(x) = 1, on dit que f et g sont équivalentes au
x→x0
voisinage de x0 . On écrit alors f ∼ g ou par abus d’écriture f (x) ∼ g(x).
x0 x0
1
Exemple 3.6. (1 + x4 )x2 ∼ x2 au voisinage de 0 avec ϕ(x) = .
1 + x4
f (x) f1 (x)
Remarquons que si f ∼ f1 et g ∼ g1 alors l’existence de lim entraı̂ne l’existence de lim ;
x0 x0 x→x0 g(x) x→x0 g1 (x)
f (x) f1 (x)
et de plus on a l’égalité lim = lim .
x→x0 g(x) x→x0 g1 (x)
Notons avant de clore ce paragraphe que dans le calcul des limites on rencontre assez souvent les
0 ∞
formes , , 0 · ∞, +∞ − ∞, 00 , ∞0 , 1∞ appelées formes indertiminées. Selon les situations concrètes
0 ∞
en présence, ces cas peuvent avoir tous les comportements possibles au point x0 . Déterminer la limite
éventuelle associée à de telles formes est ce qu’on appelle lever l’indétermination.
Définition 3.10. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie A ⊂ R et soit a un point de A. On
dit que f est continue au point a si pour tout voisinage Vf (a) de f (a), il existe un voisinage Ua de a tel
que f (Ua ∩ A) ⊂ Vf (a) .
Définition 3.11. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie A ⊂ R et soit a un point de A. On
dit que f est continue au point a si : ∀ ε > 0, ∃δ > 0 / ∀x ∈ A, (|x − a| < δ) ⇒ (|f (x) − f (a)| < ε).
Définition 3.12. La fonction f : A → R est dite continue sur A si elle est continue en tout point de A.
S’il existe un voisinage Ua de a tel que Ua ∩ A = {a} c’est-à-dire si a est un point isolé de A, alors
f (Ua ∩ A) ⊂ Vf (a) , pour tout voisinage Vf (a) de f (a). D’où toute fonction f définie sur une partie A ⊂ Z
est continue.
Si f n’est pas continue en un point a0 , on dit que f est discontinue au point a0 ou que a0 est un point
de discontinuité de f .
Remarque 3.3. La continuité est une propriété locale. Par exemple, pour prouver qu’une fonction f
définie sur une partie A de R est continue en un point a de A, il suffit de trouver un intervalle ouvert I
contenant a vérifiant la propriété suivante : il existe une constante M > 0 tel que pour tout x de I ∩ A,
|f (x) − f (a)| ≤ M |x − a|. En effet si J est un intervalle de centre f (a) et de longueur ε, pour que f (x)
ε ε
appartienne à J, il suffit alors que x ∈ A et x ∈]a − M ,a + M [∩I.
Théorème 3.3. Soit f : A → R une fonction définie sur une partie A de R et soit a un point intérieur
à A. Alors f est continue en a si et seulement elle est continue à droite et continue à gauche en a.
Définition 3.14. La fonction f˜ continue au point a définie par (3.3) ou par (3.4), selon le cas, est appelée
le prolongement de f par continuité au point a.
Théorème 3.4. Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle fermé et borné [a, b] ⊂ R. Alors
f est bornée sur [a, b] et y atteint sa borne supérieure M et sa borne inférieure m.
Démonstration. Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle fermé et borné [a, b] ⊂ R.
1. Supposons f non bornée sur [a, b], alors pour tout n ∈ N, il existe un point xn ∈ [a, b] vérifiant
|f (xn )| ≥ n. De la suite bornée (xn ) le théorème de Bolzano-Weierstrass permet d’extraire une
suite convergente (xnk ) et le point x = lim xnk appartient à [a, b] (puisque [a, b] est fermé).
k→+∞
Puisque la fonction f est continue, la suite (f (xnk )) converge vers f (x). Mais ceci entraı̂ne une
contradiction car la suite (f (xnk )) est non bornée. Donc f est bornée.
2. Puisque f est bornée, les bornes M = sup f et m = inf f sont finies. Si f ne prenait pas la valeur
[a,b] [a,b]
1
M , la fonction x 7→ serait définie et par conséquent continue sur tout [a, b]. D’après
M − f (x)
la partie 1) de la démonstration, cette fonction serait donc bornée. Il existerait alors un nombre
1 1
α > 0 tel que ≤ α c’est-à-dire |M − f (x)| ≥ , pour tout x ∈ [a, b]. On aurait donc
M − f (x) α
1 1
M − f (x) ≥ c’est-à-dire f (x) ≤ M − , quel que soit x ∈ [a, b]. Donc M ne serait pas la borne
α α
supérieure de f .
3. On établit de même que f prend la valeur de m au moins en un point de [a, b].
Remarque 3.4. Le Théorème tombe en défaut pour une fonction continue sur un intervalle non fermé ou
non borné. L’application ] − π2 , π2 [→ R, x 7→ tan x est une bonne illustration (Voir Figure 3.2).
Théorème 3.5 (Théorème des valeurs intermédiaires). Soit f une fonction numérique continue sur
un intervalle quelconque (ouvert, fermé, semi-ouvert, borné ou non) I de R ; et soient M = sup f et
I
m = inf f les bornes de f sur I. Alors f prend toute valeur entre m et M .
I
Démonstration. Si m = M (cas où f est constante) le théorème est trivial. Supposons donc m 6= M
et soit y un nombre arbitraire tel que m < y < M . Les propriétés des bornes supérieure et inférieure
entraı̂nent l’existence des points a, b ∈ I tels que m ≤ f (a) < y < f (b) ≤ M . Pour fixer les idées nous
supposerons a < b. L’ensemble C = {x ∈ [a, b] / f (x) ≤ y} est non vide (puisqu’il contient a) et est
majoré par b. Il admet donc une borne supérieure finie c0 . Pour chaque n ∈ N∗ , les propriétés de cette
borne supérieure entraı̂ne l’existence d’un élément xn ∈ C vérifiant c0 − n1 < xn ≤ c0 . Par conséquent
lim xn = c0 et donc lim f (xn ) = f (c0 ) ; et l’inégalité f (xn ) ≤ y (vraie par construction pour tout
n→+∞ n→+∞
x
− π2 0 π
2
−1
−2
−3
−4
f (c0 ) ≤ y. (3.5)
D’autre part, puisque c0 est la borne supérieure de C, on a f (x) ≥ y pour tout x ∈]c0 , b] (car x > c0 ).
Donc la limite à droite de f en c0 , qui est f (c0 ), vérifie
f (c0 ) ≥ y. (3.6)
Remarque 3.5. Ce procédé utilisé nous permet d’avoir la plus grande racine de l’équation f (x) = γ.
Corollaire 3.1. L’image d’un intervalle de R par une fonction continue, est un intervalle de R.
En effet puisque ]m, M [⊂ f (I) ⊂ [m, M ] alors f (I) est une des 4 possibilités : [m, M ], ]m, M [, [m, M [,
]m, M ]. Le théorème suivant précise le résultat lorsque I est fermé et borné.
Théorème 3.6. L’image d’un intervalle fermé borné de R par une fonction continue est un intervalle
fermé et borné.
Corollaire 3.2. Soit f une fonction continue sur un intervalle I ⊂ R, s’il existe deux points a et b de I
tel que f (a)f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet au moins une solution entre a et b.
Corollaire 3.3. Soit f une fonction continue sur un intervalle I ⊂ R. Si f ne prend pas la valeur 0,
alors f garde un signe constant sur I.
Proposition 3.8.
a) Pour qu’une fonction numérique continue sur un intervalle I de R soit injective il faut et il suffit
qu’elle soit strictement monotone.
b) Pour qu’une fonction numérique monotone sur un intervalle I ⊂ R soit continue, il suffit que f (I)
soit un intervalle.
Démonstration.
a) Soit f une fonction numérique continue sur un intervalle I de R. Supposons que f soit strictement
monotone, alors quels que soient x, y ∈ I, tels que x < y, f (x) < f (y) ou f (x) > f (y), c’est-à-dire
f (x) 6= f (y). Donc f est injective.
Supposons à présent, qu’en plus de la continuité, f soit injective sur I. Pour montrer que f est
monotone, il suffit de montrer que pour tous x, y, z ∈ I tels que x 6= y, y 6= z et x 6= z, on a :
f (y) − f (x) f (z) − f (x) f (z) − f (y)
sgn = sgn = sgn ;
y−x z−x z−y
où sgn(t) désigne le signe de t. Pour se fixer les idées nous supposerons x < y < z. Posons
Ix+ = {r ∈ I : r > x}, Iz− = {r ∈ I : r < z}, et
Du fait que Ix+ et Iz− sont des intervalles, que gx et hz sont conitues et que gx (r) 6= 0, quel que soit
r ∈ Ix+ et hz (r) 6= 0, pour tout r ∈ Iz− , alors sgn(gx ) et sgn(hz ) sont constants sur Ix+ et Iz− respec-
f (y) − f (x) f (z) − f (x)
tivement. Donc gx (y)gx (z) > 0 et hz (x)hz (y) > 0, c’est-à-dire que > 0 et
y−x z−x
f (z) − f (x) f (z) − f (y)
> 0. D’où le résultat.
z−x z−y
b) Soit maintenant f une fonction monotone sur un intervalle I de R telle que est monotone et f (I)
est un intervalle. Supposons que x0 ∈ I soit un point de discontinuité de f . D’après les propriétés
des fonctions monotones, les limites lim f (x) et lim f (x) existent et lim f (x) 6= f (x0 ) ou
x→x−
0 x→x+
0 x→x−
0
lim f (x) 6= f (x0 ). Pour se fixer les idées nous allons supposer f croissante et lim f (x) 6= f (x0 )
x→x+
0 x→x−
0
et donc f (x0 ) > lim f (x). Par suite x0 6= sup I et pour x > x0 , on a : f (x) ≥ lim f (x).
x→x−
0 x→x+
0
D’autre part, pour x < x0 , f (x) ≤ f (x0 ). Alors f (I) ne contient aucun point de l’intervalle
]f (x0 ), lim f (x)[. c’est-à-dire f (I)∩]f (x0 ), lim f (x)[= ∅. Puisque f (x0 ) ∈ f (I) est il existe y0 ≥
x→x+
0 x→x+
0
lim f (x) et yo ∈ f (I) alors f (I) n’est pas un intervalle ce qui est une contradiction ; d’où f est
x→x+
0
continue sur I.
Proposition 3.9. Si f est une bijection continue d’un intervalle I sur un intervalle J, sa réciproque
f −1 est continue sur J.
Démonstration. En effet, d’après la partie a) de la Proposition 3.8, nous avons sur I une fonction f
continue et strictement monotone et par suite sa fonction réciproque f −1 est strictement monotone
sur f (I) = J qui est un intervalle de R. Montrons la stricte monotonie de f −1 . Soient y1 < y2 deux
éléments de J. Pour se fixer les idées nous supposons la fonction f strictement croissante, cela donne
f (x1 ) = y1 < y2 = f (x2 ) pour un seul x1 ∈ I et un seul x2 ∈ I et donc x1 = f −1 (y1 ) et x2 = f −1 (y2 ).
Nous avons donc une seule des 3 possibilités ; ou bien x1 < x2 ou bien x1 = x2 ou bien x1 > x2 . Si
x1 = x2 ou si x1 > x2 on aurait en vertu de la stricte croissante de f que y1 = f (x1 ) = f (x2 ) ou
y1 = f (x1 ) > f (x2 ) = y2 ce qui serait en contradiction avec l’hypothèse de départ y1 < y2 et par
conséquent x1 < x2 . D’autre part I = f −1 (J) est un intervalle. Ainsi, f −1 est monotone et I = f −1 (I)
est un intervalle donc f −1 continue sur J.
Démonstration. Pour fixer les idées, supposons f strictement croissante. D’après le Théorème des valeurs
intermédiaires f (A) est un intervalle d’extrémités α et β. Il est évident que α ∈ f (I) (resp. β ∈ f (I)) est
équivalent à a ∈ A (resp. b ∈ A), c’est-à-dire I et f (I) sont de même nature.
Proposition 3.11. Soit f une fonction définie sur un voisinage d’un point x0 ∈ R, à l’exception peut-
être de x0 , telle que lim f (x) = a et soit g une fonction définie sur un intervalle ouvert W de centre a
x→x0
privé du point a et telle que lim g(y) = b ∈ R. Supposons qu’il existe un voisinage Vx0 de x0 tel que
W 3y→a
f (Vx0 \ {x0 }) ⊂ W . Alors la fonction h = g ◦ f est définie sur Vx0 \ {x0 } et lim h(x) = b.
x→x0
Démonstration. Pour tout x ∈ Vx0 \ {x0 } posons y = f (x) ; alors h(x) = g(y). Puisque lim g(y) = b, pour
y→a
tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que : (0 < |y − a| < δ) ⇒ (|g(y) − b| < ε). Par suite (0 < |f (x) − a| <
δ) ⇒ (|h(x) − b| < ε). Mais puisque lim f (x) = a et que quel que soit x ∈ Vx0 \ {x0 } on a f (x) 6= a (voir
x→x0
définition de W ), alors on peut associer au nombre δ > 0, un nombre α > 0 tel que 0 < |x − x0 | < α
implique que 0 < |f (x) − a| < δ et par suite |h(x) − b| < ε.
Proposition 3.12. Si f est une fonction continue au point x0 et g une fonction continue au point
y0 = f (x0 ), alors la fonction h = g ◦ f est continue en x0 .
Démonstration. Soit z0 = h(x0 ) = g[f (x0 )] = g(y0 ) et Vz0 un voisinage quelconque de z0 , alors h−1 (Vz0 ) =
f −1 (g −1 (Vz0 )). Puisque g est continue en y0 , alors g −1 (Vz0 ) est un voisinage de y0 et la continuité de f
en x0 entraı̂ne que f −1 (g −1 (Vz0 )) est un voisinage de x0 .
∀ ε > 0, ∃ δ > 0 / ∀ (x, y) ∈ A2 , (|x − y| < δ) ⇒ (|f (x) − f (y)| < ε). (3.7)
Remarque 3.7.
a) δ = δ(ε) dépend seulement de ε et pas du point.
b) Une fonction uniformément continue est nécessairement continue. En effet, si δ étant le nombre
associé à ε dans (3.7) et si x0 est un point fixé de A, alors pour tout x ∈ A tel que |x − x0 | < δ,
|f (x) − f (x0 )| < ε.
Exemple 3.8.
1
a) La fonction f : x → |x| 2 est uniformément continue sur A = R. En effet soit ε > 0 et δ = ε2 . Pour
1 1 2
tout (x, y) ∈ R2 vérifiant |y − x| < δ = ε2 , on a |f (x) − f (y)|2 = |x| 2 − |y| 2 . Or
1 1
2 1 1
1 1
|x| 2 − |y| 2 ≤ |x| 2 + |y| 2 |x| 2 − |y| 2 = |x| − |y| ≤ |x − y| < ε2
1 1 p
donc |x| 2 − |y| 2 ≤ |x − y| < ε.
1
b) La fonction f :]0, 1[→ R définie par f (x) = est continue sur A, mais non uniformément. En
x
effet, pour tout x > 0 et tout δ > 0 tels que 0 < x + δ < 1, on a :
1 1 δ
0 < f (x) − f (x + δ) = − =
x x+δ x(x + δ)
δ δ δ
et donc f (x) − f (x + δ) > . Or > ε ⇔ x < , il suit alors que pour
x(1 + δ) x(1 + δ) ε(1 + δ)
δ
tous ε et δ des nombres positif fixés quelconques on peut toujours trouver x < tel que
ε(1 + δ)
f (x) − f (x + δ) > ε ; donc f est non uniformément continue sur A.
1 1
c) Soit f : A = R+ → R, x 7→ sin x1 . Considérons les points x0 = π et x00 = 3 . Prenons
2 + 2πn 2 π + 2πn
ε = 1, alors pour tout δ > 0 on a : pour n assez grand, |x0 − x00 | < δ et
π
0 00
3
|f (x ) − f (x )| = sin + 2πn − sin π + 2πn = 1 + 1 = 2 > 1.
2 2
Donc f est non uniformément continue.
d) Soit f : A = R → R, x 7→ x. Pour tous ε > 0 et δ = ε on a :
Théorème 3.7 (de Heine). Toute fonction continue sur un compact [a, b] y est uniformément continue.
Démonstration. Soit un réel ε > 0. Supposons que pour tout n ∈ N∗ , il existe deux points xn et yn de
1
[a, b] tels que |xn − yn | < et |f (xn ) − f (yn )| ≥ ε. D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, on
n
1
peut extraire de la suite (xn ) une suite (xnk ) convergente. Notons ` sa limite. Puisque |xnk − ynk | < ,
nk
la suite (ynk ) tend aussi vers `. Maintenant puisque f est continue en `, les suites (f (xnk )) et (f (ynk ))
ε
tendent vers vers f (`). Par conséquent il existe K ∈ N tel que pour tout k ≥ K, |f (xnk ) − f (`)| < et
2
ε
|f (ynk ) − f (`)| < . On en déduit l’inégalité |f (xnk ) − f (ynk )| < ε pour tout k ≥ K, ce qui contredit
2
l’hypothèse.
Définition 3.18. On dit qu’une fonction f : I → R définie sur un intervalle I de R est lipschitzienne s’il
existe un réel k > 0 tel que : ∀x, y ∈ I, |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|.
Exercice 3.4. Soit f : I → R une fonction lipschitzienne. Montrer que f est uniformément continue.
Sommaire
4.1 Fonction dérivable - Notion de dérivée - Interprétation géométrique . . . . 52
4.2 Opérations algébriques sur les fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3 Théorèmes sur les valeurs moyennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.4 Application à l’étude des variations des fonctions numériques . . . . . . . . 58
4.5 Dérivées d’ordres supérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.6 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.7 Fonctions convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Introduction
La notion de dérivée d’une fonction en un point, issue du taux d’accroissement par passage à la limite lorsque l’accrois-
sement sur la variable tend vers 0, donne une indication sur le comportement de f (x) − f (a) lorsque x est prés de a. La
notion de fonction dérivée permet ensuite d’étudier les variations locales et globales des fonctions d’une variable réelle, de
déterminer des extrema.
Définition 4.1. Soit f : A → R une application définie sur une partie non vide A de R et x0 un point
f (x) − f (x0 )
de A. On dit que f est dérivable au point x0 si l’application x 7→ admet une limite finie au
x − x0
point x0 . Le cas échéant, cette limite est appelée nombre dérivée de f au point x0 , et est notée f 0 (x0 )
df
ou dx (x0 ). Si f est dérivable en chaque point d’une partie D de A, on dit que f est dérivable sur D et
l’application f 0 : D → R, x 7→ f 0 (x) est appelée fonction dérivée de f sur D.
Définition 4.2.
1. Soit f une fonction dont le domaine de définition contient [x0 , x1 ] avec x1 > x0 . On dit que f est
dérivable à droite en x0 si f (x)−f
x−x0
(x0 )
admet une limite à droite en x0 . Le cas échéant, cette limite
est appelée le nombre dérivé à droite de f en x0 et on la noté fd0 (x0 ).
2. Soit f une fonction dont le domaine de définition contient [x1 , x0 ] avec x0 > x1 . On dit que f est
dérivable à gauche en x0 si f (x)−f
x−x0
(x0 )
admet une limite à gauche en x0 . Le cas échéant, cette limite
est appelée le nombre dérivé à gauche de f en x0 et on la noté fd0 (x0 ).
Théorème 4.1. Une fonction f : I → R, définie sur un intervalle I de R, est dérivable au point x0
intérieur à I si et seulement si les limites fd0 (x0 ) et fg0 (x0 ) existent et sont égales.
Exemple 4.1. Pour la fonction f : x 7→ |x|, on a l’existence de fd0 (0) et de fg0 (0) mais pas celle de f 0 (0).
Remarque 4.1. Par dérivabilité d’une fonction f sur un compact [a, b] de R, on entend l’existence de fd0 (a)
0
et de fg (b) en plus de celle de f 0 (x) pour tout x ∈]a, b[.
Théorème 4.2. Si une fonction f est dérivable en un point x0 alors f est continue en ce point.
Démonstration. Par définition, f 0 (x0 ) est la limite, au point x0 du rapport f (x)−f x−x0
(x0 )
. Pour tout ε > 0, il
f (x)−f (x0 ) f (x)−f (x0 )
existe δ > 0 tel que : (0 ≤ |x−x0 | < δ) ⇒ (| x−x0 −f (x0 )| < ε). Or, l’inégalité | x−x0 −f 0 (x0 )| < ε
0
Étendons le précédent résultat. Si on suppose maintenant que f admet une dérivée à droite (resp. à
gauche) en x0 . On démontre, comme précédemment, que lim f (x) = f (x0 ) (resp. lim f (x) → f (x0 )).
x→x+
0 x→x−
0
En d’autre termes, l’existence de fd0 (x0 ) entraı̂ne celle de lim f (x) et la continuité de f à droite en x0 ;
x→x+
0
de même l’existence de fg0 (x0 ) implique celle de lim f (x) et la continuité de f à gauche en x0 . Mais
x→x− 0
l’existence d’une seule des limites fd0 (x0 ) ou 0
fg (x0 ) n’implique pas la continuité de f au point x0 . Pour
(
1, si x ≥ 0,
s’en convaincre, on peut vérifier que la fonction f : x 7→ admet une dérivée à droite en
0, si x < 0
tout point de R, mais n’est pas continue à l’origine.
y
1
x
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
Remarque 4.2. Si une fonction f : I → R est dérivable en x0 ∈ I, le nombre dérivé f 0 (x0 ) vérifie : pour
tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout x ∈ I avec |x − x0 | ≤ δ,
On dit que f est différentiable en x0 . La fonction affine a : x 7→ f (x0 ) + f 0 (x0 )(x − x0 ) donne une
approximation de f dans l’intervalle ]x0 − δ, x0 + δ[ avec une erreur inférieur ou égale à ε relativement à
la variation |x − x0 |.
Faire un dessin
Soit f : I → R, dérivable au point x0 ∈ I et soit C le graphe de f dans I × R. Si on considère un point
M = (t, f (t)) du graphe C de f assez voisin de A = (x0 , f (x0 )), la droite ∆M passant A et M a pour
équation y = f (t)−f
t−x0
(x0 )
(x − x0 ) + f (x0 ). Dire que f est dérivable en x0 signifie que la pente f (t)−f
t−x0
(x0 )
de
0
cette droite tend vers f (x0 ) lorsque t tend vers x0 ou encore que la droite ∆M a pour position limite la
droite T d’équation y = f (x0 ) + f 0 (x0 )(x − x0 ). On dit que T est la tangente à C au point (x0 , f (x0 )).
Par extension, si f admet seulement une dérivée à droite au point x0 , le graphe de l’application
x 7→ f (x0 ) + (x − x0 )fd0 (x0 ), où x ∈ R, est appelé la droite tangente à droite à C au point (x0 , f (x0 )) ; et
la partie de ce graphe correspondant aux valeurs de x ≥ 0 est appelée demi-tangente à droite au point
A = (x0 , f (x0 ) à la courbe C. On définit de même la tangente et la demi-tangente à gauche lorsque fg0 (x0 )
existe.
√
Exemple 4.2. Soit f : x 7→ x2 + x3 . Le domaine de définition de f est D = [−1, +∞[. On a :
√
f (x) = |x| 1 + x et f (0) = 0.
√
— Sur ]0, ∞[, f (x)−f
x−0
(0)
= 1 + x ⇒ lim f (x)−f
x−0
(0)
= 1.
x→0+
√
— Sur [−1, 0[, f (x)−f
x−0
(0)
= − 1 + x ⇒ lim f (x)−f
x−0
(0)
= −1.
x→0+
Donc, au point x0 = 0, fg0 (0) = −1 et fd0 (0) = 1. Les deux arcs qui aboutissent à l’origine sont respecti-
vement tangente à la 1re et à la 2e bissectrice.
y
5
1
x
−2 −1 0 1 2 3
Proposition 4.1 (Dérivée d’une combinaison linéaire). Soient f et g deux fonctions réelles définies sur
I et dérivables au point x0 ∈ I. Pour tout (α, b) ∈ R2 , la fonction h = αf + bg est dérivable au point x0
et on a :
h0 (x0 ) = (αf + bg)0 (x0 ) = αf 0 (x0 ) + bg 0 (x0 ). (4.2)
Proposition 4.2 (Dérivée d’un produit). Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables au point x0 ∈ I.
Alors le produit h = f g est dérivable au point x0 , et on a
Démonstration. On a :
h(x) − h(x0 ) f (x)g(x) − f (x0 )g(x0 )
=
x − x0 x − x0
g(x) − g(x0 ) f (x) − f (x0 )
= f (x) + g(x0 )
x − x0 x − x0
g(x)−g(x0 )
Compte tenu de la dérivabilité de f et g en x0 et de la continuité de f en x0 , on a : lim x−x0 = g 0 (x0 ),
x→x0
f (x)−f (x0 ) h(x)−h(x0 )
lim x−x0 = f 0 (x0 ) et lim f (x) = f (x0 ). Par suite, lim x−x0 = f (x0 )g 0 (x0 ) + f 0 (x0 )g(x0 ).
x→x0 x→x0 x→x0
Puisque f est continue en x0 , lim f (x) = f (x0 ) ; et comme lim ε2 (t) = 0, on a lim ε2 (f (x)) = 0. Il
x→x0 t→f (x0 ) x→x0
h(x) − h(x0 ) g(f (x)) − g(f (x0 ))
suit donc que lim = lim = g 0 (f (x0 ))f 0 (x0 ).
x→x0 x − x0 x→x 0 x − x0
Proposition 4.3 (dérivée d’un rapport). Soit f, g : I → R deux fonctions dérivables en x0 ∈ I avec
g(x0 ) 6= 0. Alors,
1 1
1. la fonction h = : x 7→ , définie sur un voisinage de x0 , est dérivable au point x0 et on a
g g(x)
g 0 (x0 )
h0 (x0 ) = − ; (4.6)
g 2 (x0 )
f f (x)
2. la fonction : x 7→ , définie sur un voisinage de x0 , est dérivable au point x0 et on a
g g(x)
0
f f 0 (x0 )g(x0 ) − f (x0 )g 0 (x0 )
(x0 ) = . (4.7)
g (g(x0 ))2
Démonstration. Comme g(x0 ) 6= 0 et g est continue en x0 , il existe un voisinage V de x0 tel que pour
tout x ∈ V ∩ I, g(x) 6= 0. Soit donc x ∈ V . On a :
1 1
g(x) − g(x0 ) g(x0 ) − g(x) 1
= .
x − x0 x − x0 g(x0 )g(x)
1
On obtient (4.7) en appliquant la Proposition 4.2 aux fonctions f et .
g
Théorème 4.4 (Dérivée d’une fonction réciproque). Soit f une application bijective et continue d’un
intervalle I sur un intervalle J de R. On suppose que f est dérivable au point x0 de I et f 0 (x0 ) 6= 0.
Alors la réciproque h = f −1 de f est dérivable au point y0 = f (x0 ) et on a :
0 1
h0 (y0 ) = f −1 (y0 ) = . (4.8)
f 0 (x 0)
h(y) − h(y0 ) x − x0
= .
y − y0 f (x) − (x0 )
x − x0 1
Puisque f est injective, la fonction ϕ : x 7→ est définie pour x 6= x0 . On a lim ϕ(x) = f 0 (x 0)
f (x) − f (x0 ) x→x0
et nous savons d’autre part que h est continue. Le théorème des applications continues montre que
h(y) − h(y0 ) 1 1
lim = lim ϕ[h(y)] = = .
y→y0 y − y0 y→y0 f 0 [h(y0 )] f 0 (x 0)
y∈J\{y0 } y∈J\{y0 }
Démonstration. Plaçons nous par exemple dans le cas d’un maximum. Soit δ > 0 tel que pour tout
t ∈]t0 − δ, t0 + δ[⊂ I, f (t) ≤ f (t0 ). Alors pour tout t ∈]t0 − δ, t0 [, f (t)−f
t−t0
(t0 )
≥ 0 et par suite en passant à la
0 f (t)−f (t0 )
limite on obtient f (t0 ) ≥ 0. Maintenant, pour t ∈]t0 , t0 + δ[, t−t0 ≤ 0 ; d ’où f 0 (t0 ) ≤ 0. Le résultat
est dès lors clair.
Théorème 4.6 (Théorème des accroissements finis généralisés ou Théorème généralisé de la valeur
moyenne). Soient f et g deux fonctions réelles continues sur [a, b] ⊂ R et dérivables sur ]a, b[. Alors il
existe c ∈]a, b[ tel que :
[f (b) − f (a)]g 0 (c) = [g(b) − g(a)]f 0 (c). (4.9)
Démonstration. Posons h(t) = [f (b) − f (a)]g(t) − [g(b) − g(a)]f (t), t ∈ [a, b]. La fonction h est continue
sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ et h(a) = f (b)g(a) − f (a)g(b) = h(b). Nous allons vérifier qu’il existe
c ∈]a, b[ tel que h0 (c) = 0.
— Si h = cte alors h0 (c) = 0, pour tout c ∈]a, b[.
— Si h 6= cte alors puisque h atteint ses bornes il existe t0 ∈]a, b[ tel que h(t0 ) = sup h ou bien il
[a,b]
existe t1 ∈]a, b[ tel que h(t) = inf h et par suite h0 (t0 ) = 0 ou h0 (t1 ) = 0 d’après le théorème de
[a,b]
Fermat. On peut dès lors prendre t0 = c ou t1 = c.
Corollaire 4.1 (Formule des accroissements finis ou théorème sur la valeur moyenne). Soit f une fonction
numérique continue sur [a, b] ⊂ R et dérivable sur ]a, b[. Alors il existe c ∈]a, b[ tel que
Donnons une autre écriture de (4.10) comme suit : a < c < b ⇔ 0 < ( c−a c−a
b−a ) < 1. Posons b−a = θ, i.e.
c − a = θ(b − a) avec θ ∈]0, 1[. Si nous posons b = a + h alors la formule (4.10) prend la forme
Corollaire 4.2 (Théorème de Rolle). Soit f une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ telle
que f (a) = f (b). Alors il existe c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.
Corollaire 4.3. Soit f : I → R une fonction continue sur un intervalle I de R et dérivable sur l’intérieur
˚
I de I. Si f 0 (x) 6= 0 pour tout x ∈ I, f est alors injective.
Corollaire 4.4 (Inégalité des accroissements finis). Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b]
et dérivable sur ]a, b[. On suppose qu’il existe M ≥ 0 tel que |f 0 (x)| ≤ M pour tout x ∈]a, b[. On a alors
|f (b) − f (a)| ≤ M (b − a).
Corollaire 4.5. Soit f une fonction continue sur un intervalle ouvert I de R. Soit x0 un point de I.
Si f est dérivable sur I \ {x0 } et f 0 admet une limite finie ` en x0 , alors f est dérivable en x0 et on a
f 0 (x0 ) = `.
. .f(a)=f(b) .
a b
.
.
Remarque 4.3.
1. Une telle proposition reste vraie si x → b ou bien g(x) → −∞.
2. Attention ! La règle n’est utilisable que dans les situations d’indetermination. Par exemple,
3. La règle ne donne que des conditions suffisantes d’existence de la limite. Il existe des cas où la
limite du quotient des dérivées n’existe pas et pourtant la limite du quotient des fonctions existe :
x2 sin( x1 ) 2x sin( x1 ) − cos( x1 )
lim = 0 alors que n’admet pas de limite en 0.
x→0 x 1
f (x)
Exercice 4.2. Peut-on appliquer la règle de l’Hôpital pour déterminer la limite en +∞ du rapport g(x) ,
où f (x) = x + cos(x) sin(x) et g(x) = esin(x) [x + cos(x) sin(x)] ?
2. f est décroissante au sens large sur I si et seulement si sa dérivée est négative ou nulle sur ˚
I;
3. f est constante si et seulement si sa dérivée est nulle sur ˚
I.
Démonstration. Que les conditions soient nécessaires résulte de la définition de la dérivée. Pour montrer
qu’elles sont suffisantes, considérons deux points quelconques u, v de I tels que u < v. La fonction f étant
continue sur [u, v] et dérivable sur ]u, v[, il existe un point c ∈]u, v[ tel que f (v) − f (u) = (v − u)f 0 (c).
Si donc f 0 (t) ≥ 0 pour tout t ∈ ˚ I, on a f 0 (c) ≥ 0 et par suite f (v) ≥ f (u) ; si f 0 (t) ≤ 0 pour tout t ∈ ˚
I,
on a f 0 (c) ≤ 0 et par conséquent f (v) ≤ f (u), enfin si f 0 (t) = 0 pour tout t ∈ ˚ I on a f 0 (c) = 0 et alors
f (v) = f (u).
Si dans la démonstration qui précède, on suppose f 0 (x) > 0 [resp. f 0 (x) < 0] sur ˚
I, on a f (v) > f (u)
[resp. f (v) < f (u)]. Nous pouvons compléter par la
Proposition 4.5. Pour qu’une fonction continue sur un intervalle I de R et dérivable sur l’intérieur
˚
I soit strictement croissante (resp. strictement décroissante) il suffit que sa dérivée soit strictement
positive (resp. strictement négative).
Remarque 4.4. Cette condition n’est pas nécessaire. En effet, l’application t 7→ t3 montre que la dérivée
d’une fonction strictement croissante peut s’annuler.
Théorème 4.8 (Existence de fonctions réciproques). Soit f : I → R une fonction continue sur un
intervalle I de R et dérivable sur l’intérieur ˚ I de I. Si f 0 (x) 6= 0 pour tout x ∈ ˚
I, alors f réalise une
−1
bijection de I sur un intervalle J de même type que I. De plus la fonction f est dérivable sur J et on
a, pour tout y0 ∈ J,
1
(f −1 )0 (y0 ) = 0 −1 . (4.12)
f (f (y0 ))
D’autre part, f et f −1 ont le même type de monotonie.
Démonstration. Posons J = f (I). Comme f est continue, J est un intervalle d’après le Corollaire 3.1 du
Chapitre 3. Supposons f 0 (x) 6= 0 pour tout x de ˚ I. D’après le Corollaire 4.3, f est injective et réalise
donc une bijection de I sur J = f (I). La monotonie de f entraı̂ne que J est un intervalle de même type
que I ; de plus la fonction f −1 : J → I est continue d’après le la Proposition 3.9 du Chapitre 3. Soient y0
et y deux points de J. Posons x = f −1 (y). Comme f −1 est continue, si y tend vers y0 , alors x tend vers
f −1 (y0 ). Puisque f 0 (f −1 (y0 )) 6= 0, le Théorème 4.4 achève la preuve.
Remarque 4.5. L’existence de f p (x0 ) exige l’existence de f (p−1) (x) dans un voisinage x0 et la continuité
de f (p−1) au point x0 .
Exemple 4.3.
1. Toute fonction polynomiale est de classe C ∞ .
2. Toute fonction rationnelle est de classe C ∞ sur son domaine de définition.
Proposition 4.6. Soient f et g deux fonctions dérivables au moins jusqu’à l’ordre n en un point x0 .
Alors la fonction produit f · g est dérivable à l’ordre n en x0 et on a la formule suivante dite de Leibniz :
n
X
(n)
(f · g) (x0 ) = {in f (n−i) (x0 )g (i) (x0 ). (4.13)
i=0
Exemple 4.4. Calculons la dérivée d’ordre n ∈ N de la fonction f définie par f (x) = (3x2 + 2x − 2)e4x .
Théorème 4.9 (Formule de Taylor-Lagrange). Soient n ∈ N et f une fonction réelle de classe C n sur
un intervalle I de R et admettant une dérivée d’ordre n + 1 en tout point de ˚ I. Pour tous points a et b
de I tels que a < b, il existe un point c ∈]a, b[ tel qu’on ait la formule suivante dite de Taylor-Lagrange :
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
f (b) = (b − a)k + (b − a)n+1 . (4.14)
k! (n + 1)!
k=0
Démonstration. Posons
n
X f (k) (a)
Pn (t) = (t − a)k . (4.15)
k!
k=0
et soit g la fonction
g(t) = f (t) − Pn (t) − M0 (t − a)n+1 ; a ≤ t ≤ b. (4.17)
Nous devons prouver qu’il existe c ∈]a, b[ tel que (n+1)!M0 = f (n+1) (c). Mais (4.15) et (4.17) entraı̂nent :
pour tout t ∈]a, b[. Ainsi donc, la preuve sera achevée si l’on vérifie que g (n+1) (c) = 0 pour un certain c
(k)
entre a et b. Puisque Pn (a) = f (k) (a) pour tout k = 0, . . . , n, alors g(a) = g 0 (a) = · · · = g (n) (a) = 0,
d’après (4.17). On a aussi g(b) = 0 d’après le choix de M0 (voir (4.16)). Le théorème de Rolle nous donne
l’existence de c1 ∈]a, b[ tel que g 0 (c1 ) = 0, et puisque g 0 (a) = 0 alors il existe c2 ∈]a, c1 [ tel que g 00 (c2 ) = 0.
Après n + 1 opérations nous aboutissons à l’existence d’un certain cn+1 ∈]a, cn [ tel que g (n+1) (cn+1 ) = 0.
Il suffit donc de prendre c = cn+1 ∈]a, b[.
Remarque 4.6. Pour n = 0 on a la formule des accroissements finis. En général ce théorème montre que
la fonction f peut être approchée par un polynôme de degré n. L’égalité (4.14) permet d’évaluer l’écart
d’erreur si l’on connaı̂t une valeur majorante de |f (n+1) (t)| sur ]a, b[.
Dans (4.14) ou (4.19) la formule obtenue dans le cas particulier où a = 0 est dite formule de Mac-Laurin :
n
X f (k) (0) f (n+1) (c) n+1
f (b) = bk + b . (4.20)
k! (n + 1)!
k=0
ou
n
X f (k) (0) tn+1
f (t) = tk + f (n+1) (θt); 0 < θ < 1. (4.21)
k! (n + 1)!
k=0
Corollaire 4.6. Soit f : [a, b] → R une fonction de classe C n+1 . Alors, en posant M = supt∈[a,b] |f (n+1) (t)|,
on obtient l’inégalité de Lagrange :
n
X f (k) (a) M
f (b) − f (a) − (b − a)k ≤ (b − a)n+1 . (4.22)
k! (n + 1)!
k=1
La formule de Taylor-Young n’a qu’un caractère local. Elle ne pourra donc être utile que pour résoudre
des problèmes locaux. Par exemple, on peut s’en servir dans :
— la détermination de limites ;
— l’étude de la position de la courbe représentative d’une fonction au voisinage d’un point par rapport
à sa tangente en ce point.
Théorème 4.10 (Formule de Taylor-Young). Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I
de R. Soit a un point de I. On suppose que f est dérivable jusqu’à l’ordre n en a, c’est-à-dire que f 0 (a),
f 00 (a),..., f (n) (a) existent. Alors on a la formule suivante dite de Taylor-Young :
n
X f (k) (a)
f (t) = (t − a)k + (t − a)n ϕ(t), (4.23)
k!
k=0
Démonstration. Soit t un point de I différent de a. On peut supposer, sans perte de généralité, que a < t.
Soit toujours g(t) = f (t) − Pn−1 (t) − M0 (t − a)n comme dans (4.17), où M0 peut être choisi comme on
veut. On a
g (n−1) (t) = f (n−1) (t) − f (n−1) (a) − M0 n!(t − a).
La fonction g (n−1) prend la valeur 0 pour un certain c = cn−1 ∈]a, t[ (voir la preuve du Théorème 4.9) et
f (n−1) (c) − f (n−1) (a)
donc = n!M0 . Pour chaque t, on peut choisir M0 telle que g(t) = 0, c’est-à-dire tel
c−a
que f (t) = Pn−1 (t) − M0 (t − a)n ; alors à chaque t est associée une constante M0 (t) et ainsi est définie
une fonction t 7→ M0 (t). Puisque c ∈]a, t[ alors lim c = a et en vertu de la dérivabilité de f (n−1) au point
t→a
a on a :
f (n−1) (t) − f (n−1) (a) f (n−1) (c) − f (n−1) (a)
f (n) (a) = lim = lim = lim M0 (t)n!.
t→a t−a c→a c−a t→a
Il suit donc que M0 (t)n! = f (n) (a) + γ(t) avec lim γ(t) = 0. On obtient alors la formule suivante en
t→a
remplaçant M0 (t) et P (t) dans l’expression g(t) = f (t) − Pn−1 (t) − M0 (t − a)n :
n−1
X f (k) (a) (t − a)n (n)
(t − a)k +
f (t) = f (a) + γ(t)
k! n!
k=0
n
X f (k) (a) γ(t)
= (t − a)k + (t − a)n
k! n!
k=0
n−1
X f (k) (a)
= (t − a)k + (t − a)n ϕ(t), (4.24)
k!
k=0
γ(t)
où ϕ(t) = .
n!
Si h est un nombre réel tel que a + h ∈ I et si on pose x = a + h, la formule de Taylor-Young s’écrit
sous la forme :
n
X f (k) (a)
f (x + h) = + hn ϕ(h), (4.25)
k!
k=0
avec lim ϕ(h) = 0.
h→0
On peut encore dire que f : I → R est convexe si pour tous x, y ∈ I et tout λ ∈ [0, 1], on a
f λx + (1 − λ)y ≤ λf (x) + (1 − λ)f (y). (4.27)
A
f(x)
f(y) B
x y
Exemple 4.5.
1. Toute fonction affine est convexe.
2. La fonction x 7→ x2 est convexe.
Définition 4.5. Soient I un intervalle de R et f une fonction de I dans R. On appelle taux de variation
de f en un point a ∈ I la fonction notée ∆a f définie sur I \ {a} par x 7→ ∆a f (x) = f (x)−f
x−a
(a)
.
Proposition 4.7. Une f : I → R, définie sur un intervalle I de R, est convexe sur I si et seulement si
pour tout a ∈ I, la fonction ∆a f est croissante sur I \ {a}.
Démonstration.
⇒) Supposons f convexe sur I et prenons a un point arbitraire de I.
a−y y−x
— Si x < y < a, alors nous posons λ = a−x et donc 1 − λ = . On a alors λ ∈ [0, 1] et
a−x
f (y) = f (a + y − a) = f a + λ(x − a) = f [(1 − λ)a + λx] ≤ (1 − λ)f (a) + λf (x),
⇐) Supposons maintenant que pour tout a ∈ I, ∆a f soit croissant sur I \ {a}. Nous devons prouver que
f [(1 − λ)x + λy] ≤ (1 − λ)f (x) + λf (x) pour tout x, y ∈ I et λ ∈ [0, 1].
— Si x = y ou λ = 0 ou λ = 1, l’inégalité est triviale. C’est pourquoi il nous faut seulement la prouver
pour x 6= y et λ ∈]0, 1[.
— Si x < y et λ ∈]0, 1[ on a : x + λ(y − x) < y et dans ce cas (∆x f )(x + λ(y − x) ≤ (∆x f )(y) pour
[(1 − λ)x + λy] − f (x) f (y) − f (x)
tout y ∈ I tel que x < y ; c’est-à-dire ≤ . D’où les inégalités
λ(y − x) y−x
f [(1 − λ)x + λy] ≤ (1 − λ)f (x) + λf (y).
— Si x > y et λ ∈]0, 1[ nous posons µ = 1 − λ ∈]0, 1[ et ce que nous venons de montrer donne
f [(1 − λ)x + λy] = f [(1 − µ)y + µx] ≤ (1 − µ)f (y) + µf (x) = (1 − λ)f (x) + λf (y).
Proposition 4.8. Soit f une fonction convexe sur un intervalle I de R. Alors, f est continue en tout
point a intérieur à I et fg0 (a) et fd0 (a) existent et vérifient fg0 (a) ≤ fd0 (a).
Démonstration. Soit a ∈ ˚ I. L’existence des limites en question et l’inégalité fg0 (a) ≤ fd0 (a) sont une
conséquence de la croissance de ∆a f et des propriétés des fonctions croissantes. D’autre part, en passant
f (x) − f (a)
à la limite lorsque x tend vers a, on a : lim [f (x) − f (a)] = lim (x − a) = 0 × fg0 (a) = 0. De
x→a− x→a− x−a
même, lim [f (x) − f (a)] = 0. D’où f continue en a.
x→a+
Remarque 4.8. Ce résultat ci-dessus n’est pas vrai si a n’est pas intérieur. Prenons I = [0, 1] et f (0) = 1
et f (x) = 0 si x 6= 0. La fonction f est convexe sur [0, 1] mais n’est pas continue en 0.
Proposition 4.9. Soit f une fonction convexe sur un intervalle I de R. Si a et b sont deux points de I
tels que a < b, et fd0 (a) et fg0 (b) existent (c’est le cas si a et b sont intérieurs) alors,
f (b) − f (a)
fd0 (a) ≤ ≤ fg0 (b). (4.28)
b−a
f (a) − f (x) f (b) − f (x)
Démonstration. Si a < x < b, avec a, b ∈ ˚ I, on a : ≤ . En faisant tendre x vers
a−x b−x
a et b on obtient fd0 (a) ≤ f (b)−f
b−a
(a)
≤ fg0 (b).
Proposition 4.10. Pour qu’une fonction f , continue sur un intervalle ouvert I soit convexe il faut et il
suffit qu’elle admette sur I une dérivée à droite (respectivement à gauche) croissante.
Proposition 4.11. Pour qu’une fonction f , définie sur un intervalle ouvert I et admettant sur I une
dérivée seconde, soit convexe, il faut et il suffit que l’on ait f 00 (x) ≥ 0, pour tout x ∈ I. Le graphe de f
est alors située au dessus de ses tangentes.
Proposition 4.12 (Caractérisation des fonctions convexes dérivables). Soit f une fonction définie sur
un intervalle I de R, dérivable en chaque point de I. Alors, les assertions suivantes sont équivalentes :
1. f est convexe sur I ;
2. pour tous x, y ∈ I on a : f (y) ≥ f (x) + f 0 (x)(y − x) ;
Définition 4.6. Une fonction f : I → R est dite concave si la fonction −f est convexe sur I.
D’autre part, on dit que le graphe d’une fonction convexe [respectivement concave] tourne sa concavité
vers le haut [respectivement vers le bas]. Le sens de la concavité donne une information utile lorsqu’on
construit des graphes de fonctions numériques. Si la fonction étudiée f est de classe C 2 , le sens de la
concavité est fourni par le signe de f 00 (x). On dit que le point (x, f (x)) est un point d’inflexion du graphe
de f si on a f 00 (x) = 0 et si f 00 (t) change de signe lorsque t traverse la valeur x.
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons étudier la dérivabilité d’une fonction et si une fonction est dérivable sur
un intervalle, nous savons ce qu’est sa dérivée. Des questions naturelles sont les suivantes. Étant donnée
une fonction f définie sur un intervalle I de R, existe-t-il des fonctions F sur I qui admettent f comme
fonction dérivée. Quelles sont les conditions pour que de telles fonctions F existent ? Peut-il en avoir
plusieurs ? Le chapitre suivant apportera des réponses à ces questions parmi d’autres.
Sommaire
5.1 Intégrales des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.2 Fonctions intégrables au sens de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
5.3 Construction et définition de l’intégrale d’une fonction intégrable . . . . . . 74
5.4 Propriétés générales de l’intégrale de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
5.5 Calcul de l’intégrale d’une fonction continue - Primitivation . . . . . . . . . 76
5.6 Formules de la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5.7 Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5.8 Formule de Taylor avec reste intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5.9 Quelques inconvénients de l’intégrale de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . 85
Les deux précurseurs de la théorie réciproque de la dérivation qu’est l’intégration sont Isaac Newton a qui le développa
sous le nom de fluxion et Gottfried Leibniz b qui développa une approche géométrique fondée sur le calcul d’aire. La théorie
de l’intégration s’est donc développée avec la nécessité de calculer les aires et les volumes. Elle est liée à la notion de mesure
et part du principe que l’intégration d’une fonction constante sur un ensemble est égale au produit de cette constante par
la mesure de l’ensemble. Le nom de calcul intégral est dû à Jean Bernoulli c vers 1695. Vers 1854, Bernhard Riemann d ,
poursuivant les travaux Augustin Cauchy e , a élaboré la théorie rigoureuse de ce qu’on appelle aujourd’hui l’intégrale de
Riemann.
Dans ce chapitre, nous traitons des intégrales des fonctions définies sur R à valeurs réelles. L’ordre sur R confère à
l’intégrale des propriétés particulières et permet d’établir un lien entre les opérations de dérivation et d’intégration. Dans
R, le calcul des intégrales se ramène à la recherche de primitives.
Dans tout le chapitre [a, b] est un intervalle fermé et borné de R avec a < b.
Une subdivision de [a, b] sera notée σ = (x0 = a, x1 , x2 , . . . , xn = b). Une telle subdivision détermine
n intervalles [xi−1 , xi ], i = 1, 2, . . . , n.
— Les intervalles [xi−1 , xi ] sont appelés intervalles de la subdivision.
— On appele pas de la subdivision le nombre p = max (xi − xi−1 ).
1<i≤n
A chaque subdivision σ de [a, b], nous associerons l’ensemble S(σ) constitué par les points de la suite σ.
Inversement, à chaque ensemble finie S de points de [a, b] contenant a et b, nous associerons la subdivision
σ obtenue en rangeant ces points dans l’ordre naturel de R. Cette correspondance bijective entre ensembles
et subdivisions nous permet de définir un ordre partiel sur l’ensemble des subdivisions de [a, b].
Définition 5.2. Soient σ et σ 0 deux subdivisions de [a, b]. On dit que σ 0 est plus fine que σ (ou consécutive
à σ) si les ensembles S(σ) et S(σ 0 ) respectivement associé à σ et σ 0 vérifient S(σ) ⊂ S(σ 0 ).
Exemple 5.2. Dans l’Exemple 5.1, la subdivision σ 0 est plus fine que σ.
On obtient donc une subdivision plus fine que σ en lui ajoutant de nouveaux points. Par ailleurs,
étant donnés deux subdivisions quelconques σ et σ 0 de [a, b], la réunion de σ et de σ 0 est la subdivision
σ 00 = σ ∪ σ 0 dont l’ensemble associé est la réunion des ensembles associés à σ et σ 0 . Bien sûr, σ ∪ σ 0 est
plus fine que chacune des subdivisions σ et σ 0 .
Remarque 5.1. Une telle fonction ne prend qu’un nombre fini de valeurs : ses valeurs f (xi ) aux (n + 1)
points de la subdivision, et les valeurs constantes qu’elle prend sur les intervalles ]xi−1 , xi [. Donc une
fonction en escalier sur un intervalle de R est nécessairement bornée.
Exemple 5.3.
1. La fonction partie entière est une fonction en escalier sur tout intervalle fermé et borné de R.
2. La fonction f définie ci-dessous est en escalier sur [0, 5] :
−3 si 0 < x < 21
1
2 si 2 <x<1
0 si 1≤x<2
f (x) = 4 si 2<x≤3
2
si 3<x<5
√
2 si x ∈ {0, 12 , 2}
−1 si x = 5.
Définition 5.4. Soit f une fonction en escalier sur [a, b]. On dit qu’une subdivision σ de [a, b] est associée
(ou adaptée) à f , si la fonction est constante à l’intérieur de chaque intervalle de σ.
Si σ est une subdivision associée à f , alors toute subdivision plus fine que σ est encore associée à f .
Il existe donc une infinité de subdivisions associées à f ; la moins fine de toutes est formée des points a,
b et des points de discontinuité de f appartenant à ]a, b[.
où fi désigne la valeur constante de f sur l’intervalle ouvert ]xi−1 , xi [. Alors I(f, σ) ne dépend que de f
et non de la subdivision σ associée à f .
Démonstration. Prouvons que si σ et σ 0 sont deux subdivisions associées à f , alors I(f, σ) = I(f, σ 0 ).
Considérons d’abord le cas particulier où la subdivision σ 0 est plus fine que σ = (x0 , x1 , . . . , xn ). La
subdivision σ 0 s’obtient alors en ajoutant des points à σ ; ce qui revient à subdiviser chacun des intervalles
[xi−1 , xi ]. Désignons par xi,k , (k = 0, 1 . . . , αi ) les points de la subdivision σ 0 appartenant à [xi−1 , xi ] et
rangés dans l’ordre naturel ; ce qui éxige que xi,0 = xi−1 et xi,αi = xi . La valeur prise par f dans chaque
Xαi
intervalle ]xi,k−1 , xi,k [ est fi . On a l’égalité (xi,k − xi,k−1 ) = xi,αi − xi,0 = xi − xi−1 et donc
k=1
n αi n
!
X X X
0
I(f, σ ) = (xi,k − xi,k−1 ) fi = (xi − xi−1 )fi = I(f, σ).
i=1 k=1 i=1
D’une manière général, soient σ et σ 0 deux subdivisions quelconques associées à f et soit σ 00 leur réunion.
La subdivision σ 00 étant plus fine que σ et σ 0 , la première partie de la démonstration nous donne les
relations : I(f, σ) = I(f, σ 00 ) = I(f, σ 0 ).
Le Théorème 5.1 permet donc d’écrire I(f, σ) = I(f ), puisque cette quantité ne dépend pas de σ.
Définition 5.5. Soit f une fonction en escalier sur [a, b]. On appelle intégrale de f sur [a, b] le nombre
Rb
réel noté a f (x)dx et défini par
Z b n
X
f (x)dx = I(f ) = (xi − xi−1 )fi , (5.2)
a i=1
où (x0 = a, x1 , . . . , xn = b) est une subdivision associée à f et fi la valeur constante de f sur ]xi−1 , xi [.
Remarque 5.2. On notera que l’intégrale de f ne dépend que des valeurs prises par f à l’intérieur des
intervalles de la subdivision et non des valeurs prises par f aux points de la subdivision.
Exemple 5.5.
Rb
1. Si f (x) = 1, pour tout x ∈ [a, b], on a a f (x)dx = b − a.
2. Si f est nulle sauf en un nombre fini de points de [a, b], alors son intégrale est nulle.
Démonstration. Ce résultat est évident si on choisit une subdivision associée à f contenant le point c (ce
qui est toujours possible, en ajoutant au besoin le point c).
Proposition 5.2 (Linéarité). Soient f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b], alors quels que
soient λ, µ ∈ R, la fonction λf + µg est en escalier sur [a, b] et on a :
Z b Z b Z b
λf (x) + µg(x) dx = λ f (x)dx + µ g(x)dx. (5.4)
a a a
Proposition 5.3 (Croissance). L’intégrale d’une fonction positive en escalier sur [a, b] est positive.
Donc, si f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b] vérifiant f (x) ≤ g(x), pour tout x ∈ [a, b], on a :
Z b Z b
f (x)dx ≤ g(x)dx. (5.5)
a a
Démonstration. Cela résulte immédiatement de la définition de l’intégrale car dans la formule (5.2), les
coefficients (xi − xi−1 ) sont tous positifs.
Proposition 5.4 (Majoration). Soit f une fonction en escalier sur [a, b] alors la fonction x 7→ |f (x)|
est en escalier sur [a, b] et on a :
Z b Z b
f (x)dx ≤ f (x) dx. (5.6)
a a
En conséquence, si f vérifie |f (x)| ≤ k, pour tout x ∈ [a, b], on a :
Z b
f (x)dx ≤ k(b − a). (5.7)
a
Rb
De plus a kdx = k(b − a), d’où l’inégalité (5.7).
Remarque 5.3. De la définition, on tire que toute fonction intégrable sur [a, b] est bornée sur [a, b].
Donnons à présent les principaux exemples de fonctions intégrables.
• Fonctions en escalier
Il est claire que les fonctions en escalier sont Riemann-intégrables.
• Fonctions monotones
Démonstration. Pour fixer les idées, supposons f croissante sur [a, b] et considérons une subdivision de
[a, b] de la forme (a, a + p, . . . , a + np), l’entier n ∈ N∗ étant quelconque et le nombre p défini par p = b−a
n .
k(b−a)
Les points de la subdivision sont alors xk = a + n . Nous définissons deux fonctions e et E en escalier
sur [a, b] en posant, pour tout x ∈ [xk−1 , xk [= [a + (k − 1)p, a + kp[, k = 1, . . . , n,
e(x) = f (xk−1 ) = f a + (k − 1)p , E(x) = f (xk ) = f (a + kp) et e(b) = E(b) = f (b).
D’où,
b
b−a
Z
[E(x) − e(x)]dx = p[f (a + np) − f (a)] = [f (b) − f (a)]
a n
b−a
et pour tout ε > 0, il est possible de choisir n assez grand de sorte à avoir n [f (b) − f (a)] ≤ ε.
Définition 5.7. On dit qu’une fonction f : [a, b] → R est monotone par morceaux s’il existe une
subdivision σ = (x0 , ..., xn ) de [a, b] telle que la restriction de f à chaque intervalle ]xi−1 , xi [ soit monotone.
Exercice 5.2. Prouver que si f : [a, b] → R est une fonction monotone par morceaux et bornée, elle est
alors intégrable au sens de Riemann.
• Fonctions continues
Démonstration. Soit ε > 0. La fonction f étant continue sur l’intervalle fermé borné [a, b] y est uni-
ε
formément continue : ∃δε > 0 / ∀x, y ∈ [a, b], (|y − x| < δε ) =⇒ (|f (y) − f (x)| < . Considérons
4(b − a)
alors une subdivision (a = x0 , x1 , . . . , xn = b) de [a, b] de pas inférieur à δε ; par exemple la subdivision
régulière (a, a+p, . . . , a+np), l’entier n étant choisi assez grand pour que le nombre p = b−a n soit inférieur
à δε . Nous obtenons deux fonctions e et E en escalier sur [a, b] en posant
— e(xi ) = E(xi ) = f (xi ) pour tout i = 0, . . . , n ;
ε ε
— e(x) = f (xi ) − et E(x) = f (xi ) + pour tout x ∈]xi−1 , xi [, 1 ≤ i ≤ n.
4(b − a) 4(b − a)
Pour tout x ∈ [a, b], on a e(x) ≤ f (x) ≤ E(x). En effet, si x ∈]xi−1 , xi [, alors |x−xi | ≤ |xi−1 −xi | ≤ p < δε
ε ε ε
et donc |f (x) − f (xi )| < , c’est-à-dire que f (xi ) − < f (x) < f (xi ) + . De plus,
4(b − a) 4(b − a) 4(b − a)
Z b Z b
ε ε
[E(x) − e(x)]dx = = ≤ ε.
a a 2(b − a) 2
Définition 5.8. On dit qu’une fonction f : [a, b] → R est continue par morceaux s’il existe une subdivision
σ = (x0 , . . . , xn ) de [a, b] telle que, pour tout i = 1, . . . , n, il existe une fonction hi : [xi−1 , xi ] → R continue
dont la restriction à l’intervalle ]xi−1 , xi [ coı̈ncide avec celle de f .
Exercice 5.3. Prouver que si f : [a, b] → R est continue par morceaux, elle est alors Riemann-intégrable.
Démonstration. Soit f : [a, b] → R une fonction réglée et Soit ε > 0, il existe une fonction ϕ en escalier sur
ε ε ε
[a, b] telle que pour tout x ∈ [a, b], |f (x)−ϕ(x)| < 3(b−a) , c’est-à-dire ϕ(x)− 3(b−a) ≤ f (x) ≤ ϕ(x)+ 3(b−a) .
ε ε
Les fonctions e : x 7→ ϕ(x) − 3(b−a) et E : x 7→ ϕ(x) + 3(b−a) sont en escalier sur [a, b] et
Z b
2
[E(x) − e(x)] dx = ε ≤ ε.
a 3
Comme exemples de fonctions réglées on peut citer les fonctions continues comme le précise la
Démonstration. En effet, le nombre ε > 0 étant donné, la continuité uniforme de f sur [a, b] entraı̂ne
l’existence d’un réel δ > 0 tel que pour tout (x, y) ∈ [a, b]2 vérifiant |y − x| < δ, alors |f (y) − f (x)| < ε.
Soit σ0 = (x0 = a, x1 , . . . , xn = b) une subdivision de [a, b] telle que le pas p = sup (xi − xi−1 ) ≤ δ.
1≤i≤n
Définissons ϕ : [a, b] → R par ϕ(xi ) = f (xi ) et ϕ(x) = f (xi−1 ) pour x ∈]xi−1 , xi [, 1 ≤ i ≤ n. D’après
cette subdivision on a : pour tout x ∈ [a, b],
(
0 si x = xi
|f (x) − ϕ(x)| =
|f (x) − f (xi )| < ε si x ∈]xi−1 , xi [ pour un certain i.
Proposition 5.8. Pour qu’une fonction f : [a, b] → R soit réglée il faut et il suffit qu’elle admette une
limite à droite en tout point de [a, b[ et une limite à gauche en tout point de ]a, b].
Corollaire 5.1. Toute fonction numérique monotone sur un compact [a, b] est réglée.
Proposition 5.9. Une fonction f : [a, b] → R est Riemann-intégrable si et seulement s’il existe deux
suites (ϕn ) et (θn ) de fonctions en escalier de [a, b] → R telles que :
1. pour tout x ∈ [a, b] et tout n ∈ N, |f (x) − ϕn (x)| ≤ θn (x) ;
Z b
2. lim θn (x) dx = 0.
n→+∞ a
Démonstration. En effet, si f est intégrable sur [a, b], il existe pour chaque n ∈ N un couple (en , En ) de
fonctions en escalier telles que
Posons ϕn (x) = en (x) et θn (x) = En (x) − en (x), pour tout x ∈ [a, b]. Alors d’après (5.9),
ε ε
a<α<a+ et b − < β < b. (5.12)
3M 3M
La fonction f étant intégrable sur [α, β], il existe deux fonctions ϕ et θ en escalier sur [α, β] telles que :
Rβ ε
quelque soit x ∈ [α, β], |f (x) − ϕ(x)| ≤ θ(x) et α θ(x) dx < . Prolongeons les fonctions ϕ et θ à
3
tout [a, b] en posant ϕ̃(x) = 0 et θ̃(x) = M si x ∈ [a, α[ ou si x ∈]β, b]. On a pour tout x ∈ [a, b],
|f (x) − ϕ̃(x)| ≤ θ̃(x) et
Z b
ε ε ε ε
θ̃(x) dx < + M (α − a) + M (b − β) < + + = ε
a 3 3 3 3
Corollaire 5.2. Si f : [a, b] → R est une fonction bornée sur [a, b] et continue sur l’ouvert ]a, b[, alors f
est Riemann-intégrable sur le compact [a, b].
Démonstration. En effet pour tous α, β ∈ R tels que a < α < β < b, la fonction f est continue sur [α, β]
donc intégrable sur cet intervalle. Le Lemme 5.1 permet de conclure.
Plus généralement, on a le
Théorème 5.3. Pour qu’une fonction f : [a, b] → R soit Riemann-intégrable sur [a, b], il suffit qu’elle
soit bornée et que l’ensemble de ses points de discontinuité soit fini.
Démonstration. En effet désignons par x1 , x2 , . . . , xn les points de discontinuité de f dans l’ordre croissant
et posons x0 = a et xn+1 = b. D’après le Corollaire 5.2, f est intégrable sur chacun des intervalles [xi−1 , xi ],
1 ≤ i ≤ n + 1, donc intégrable sur [a, b].
Cette fonction est intégrable car bornée et elle admet l’origine pour seul point de discontinuité, cependant
elle n’est pas réglée puisque f n’admet pas de limite à gauche ni de limite à droite en 0.
Exemple 5.7 (Exemple de fonction non intégrable au sens de Riemann). Soit f la fonction définie sur
le compact [0, 1] par (
0 si x ∈ Q,
f (x) =
1 si x ∈
/ Q.
Désignons par (e, E) un couple de fonctions en escalier sur [0, 1] vérifiant e(x) ≤ f (x) ≤ E(x) pour tout
x ∈ [0, 1] et soit σ = (x0 = a < x1 < · · · < xn = b) une subdivision de [0, 1], associé à la fois à e et
E. Chaque intervalle de ]xi−1 , xi [ de σ contient des valeurs rationnelles et des valeurs irrationnelles. A
l’intérieur de tout intervalle de σ on a donc e(x) ≤ 0 et E(x) ≥ 1 ; d’où
Z 1
[E(x) − e(x)]dx ≥ 1.
0
Théorème 5.4. Pour qu’une fonction bornée f : [a, b] → R soit Riemann-intégrable il faut et suffit que
l’on ait I− (f ) = I+ (f ).
Remarque 5.4. Si f est en escalier, les ensembles E+ (f ) et E− (f ) ont en commun l’élément f , on a alors :
Rb
I− (f ) = I+ (f ) = a f (x)dx. La fonction f est donc intégrable et son intégrale est égale au nombre
I− (f ) = I+ (f ).
Définition 5.10. L’intégrale d’une fonction Riemann-intégrable f sur [a, b] est le nombre I− (f ) = I+ (f ).
Rb
On la note a f (x)dx.
Figure 5.1 – Interprétation de l’intégrale d’une Figure 5.2 – Interprétation de l’intégrale d’une
fonction en escalier fonction
Si f est une fonction positive en escalier sur [a, b], l’ensemble plan D défini par a ≤ x ≤ b et
0 ≤ y ≤ f (x) est une réunion régulière de rectangles ; l’intégrale de f sur [a, b] est égale à la somme des
aires de ces rectangles.
Rb
Nous pouvons convenir de dire que a f (x)dx est égale à l’aire de l’ensemble D (voir Figure 5.1). Nous
admettons provisoirement ce résultat et posons la définition.
Définition 5.11. Soit D un ensemble plan (Figure 5.2) défini par a ≤ x ≤ b et 0 ≤ y ≤ f (x), où f
Rb
désigne une fonction positive intégrable sur [a, b]. L’aire de D est le nombre a f (x)dx.
Proposition 5.10 (Positivité). Si f est une fonction positive et intégrable sur [a, b], son intégrale est
positive ou nulle.
Proposition 5.11 (additivité par rapport aux intervalles). Soit f une fonction définie sur un intervalle
[a, b] de R et soit c ∈ [a, b] ; f est intégrable sur [a, b] si et seulement si f est intégrable sur chacun des
intervalles [a, c] et [c, b]. Le cas échéant, on a :
Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx. (5.13)
a a c
Proposition 5.12 (Linéarité). Soient f et g deux fonctions intégrables sur [a, b], alors pour tous réels
λ et µ, la fonction λf + µg est intégrable sur [a, b] et on a :
Z b Z b Z b
(λf + µg)(x)dx = λ f (x)dx + µ g(x)dx. (5.14)
a a a
Proposition 5.13 (Croissance). Soient f et g deux fonctions intégrables sur [a, b] vérifiant, pour tout
x ∈ [a, b], f (x) ≤ g(x). Alors,
Z b Z b
f (x)dx ≤ g(x)dx. (5.15)
a a
Remarque 5.5 (Importante). Si f et g sont deux fonctions numériques intégrables sur [a, b] et si leurs
valeurs ne diffèrent qu’en un nombre fini de points de [a, b] alors leurs intégrales sont égales. En effet,
leur différence f − g est une fonction en escalier nulle sauf en un nombre fini de points, son intégrale est
donc nulle. Cet exemple montre que l’inégalité (5.15) peut se réduire en égalité sans que l’on ait f = g.
Le théorème suivant montre cependant que ce n’est pas possible si les fonctions f et g sont continues.
Théorème 5.5. L’intégrale d’une fonction f continue et positive sur [a, b] ne peut être nulle que si f est
partout nulle.
Démonstration. Si f n’est pas la fonction nulle, il existe un point x0 de [a, b] tel que f (x0 ) > 0. La
continuité de f au point x0 entraı̂ne l’existence d’un intervalle [α, β] contenant le point x0 et contenu
dans [a, b] sur lequel on a f (x) ≥ 21 f (x0 ) ; d’où
b β β
β−α
Z Z Z
1
f (x)dx ≥ f (x)dx ≥ f (x0 )dx ≥ f (x0 ) > 0.
a α α 2 2
Proposition 5.14. Si f est une fonction intégrable sur [a, b] alors sa valeur absolue est intégrable sur
[a, b] et on a :
Z b Z b
f (x)dx ≤ |f (x)|dx. (5.16)
a a
Remarque 5.6. Soient f et g sont deux fonctions Riemann-intégrables sur [a, b]. Alors, les fonctions
sup(f, g) : x 7→ sup(f (x), g(x)) et inf(f, g) : x 7→ inf(f (x), g(x)) sont intégrables. Cela résulte de :
1 1
sup(f (x), g(x)) = [f (x) + g(x) + |f (x) − g(x)|] et inf(f (x), g(x)) = [f (x) + g(x) − |f (x) − g(x)|].
2 2
Théorème 5.6. Si f et g sont deux fonctions intégrables sur [a, b], leur produit f g est intégrable sur
[a, b] et en plus on a :
Z b 2 Z b Z b
f (x)g(x)dx ≤ |f (x)|2 dx |g(x)|2 dx (Inégalité de Schwarz) (5.17)
a a a
Z b 21 Z b 12 Z b 12
2 2 2
|f (x) + g(x)| dx ≤ |f (x)| dx + |g(x)| dx (Inégalité de Minkowski) (5.18)
a a a
Exercice 5.4. Prouver le Théorème 5.6
Démonstration. Soit k = sup|f (x)|. Par définition du nombre k, pour tout x ∈ [a, b], |f (x)| ≤ k. Mainte-
Rv
nant, pour tout (u, v) ∈ [a, b]2 , |F (v) − F (u)| = | u f (x)dx| ≤ k|v − u| ; d’où le résultat.
Rt
Théorème 5.7. Soit f une fonction Riemann-intégrable sur [a, b]. Alors la fonction F : t 7→ a f (x)dx
admet lim f (u) pour nombre dérivée à droite (resp. lim f (u) pour nombre dérivée à gauche) en tout
u→t+ u→t−
point t où cette limite existe.
Démonstration. Supposons que la limite ` = lim f (u) existe. Pour tout ε > 0, il existe un nombre h > 0
u→t+
tel que si t < u ≤ t + h alors |f (u) − `| ≤ ε. Pour tout u ∈ [t, t + h] on a alors :
Z u
[f (x) − `]dx ≤ ε(u − t). (5.20)
t
En effet |f (x) − `| ≤ ε est vérifiée pour tout x ∈ [t, u], sauf peut-être au point x = t ; mais on ne modifie
Ru
pas la valeur de t f (x)dx en modifiant la valeur f au seul point t et en supposant que l’on a f (t) = `.
F (u)−F (t)
L’inégalité (5.20) équivaut à |F (u) − F (t) − (u − t)`| ≤ ε(u − t) ; soit pour u ∈]t, t + h], u−t − ` ≤ ε.
F (u)−F (t)
Puisque ε est arbitraire, cela montre que lim u−t = `, c’est-à-dire que Fd0 (t) = ` = lim f (u). On
u→t+ u→t+
démontrerait de même que Fg0 (t) = lim f (u) lorsque f (t) existe.
u→t−
Rt
Corollaire 5.3. Si f est intégrable sur [a, b], la fonction F : t 7→ a f (x)dx admet f (t) pour dérivée en
tout point t de [a, b] où f est continue.
Définition 5.12. Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R. On appelle primitive de f toute
fonction F : I → R vérifiant pour tout t ∈ I, F 0 (t) = f (t).
Il découle de la Définition 5.12 que la différence de deux primitives de f est constante sur I.
Rt
Théorème 5.8. Soit f : [a, b] → R une fonction continue. Alors la fonction F : t 7→ a f (x)dx est une
primitive de f sur [a, b]. De plus, si G est une primitive quelconque de f sur [a, b], on a :
Z b
f (x)dx = G(b) − G(a). (5.21)
a
Démonstration. La première partie de ce théorème est une conséquence immédiate du Corollaire 5.3
et la deuxiéme partie résulte du fait que la différence G − F est une constante sur [a, b]. On a donc :
G(b) − F (b) = G(a) − F (a), soit G(b) − G(a) = F (b) − F (a), c’est-à-dire (5.21).
Théorème 5.9. Toute fonction continue définie sur un intervalle quelconque de R admet une primitive.
Démonstration. Si I est un compact [a, b] alors le théorème n’est qu’une conséquence du Théorème 5.8.
Rt
Si I n’est pas un compact, soit c un point quelconque de I. L’intégrale indéfinie F : t → c f (x)dx est
une primitive de f sur I.
La relation (5.21) fournit le moyen le plus élémentaire pour calculer une intégrale ; elle est donc
b h ib
extrêmement importante et utile. Par convention, nous noterons G(x) ou G(x) la variation d’une
a a
fonction G entre les points a et b, soit
b h ib
G(x) = G(x) = G(b) − G(a). (5.22)
a a
Z
D’autre part, si f désigne une fonction continue sur un intervalle I de R, on note f (x)dx toute primitive
Z
de f sur I. La relation f (x)dx = G(x) + C te signifie simplement que G est une primitive de f .
Exemple 5.8.
Z Z Z
1 2 1 3 1
1. xdx = x + C , x dx = x + C , xn dx =
te 2 te
xn+1 + C te , pour tout n ∈ Z∗ \ {−1}.
2 3 n+1
(x − a)α+1
Z
2. Pour tout α ≥ 0 et tout a ∈ R, (x − a)α dx = + C te .
α+1
Z 1 Z − √2 Z 9
dx
Exercice 5.5. Calculer xdx, x2 dx, 7
0 2 0 x
Démonstration. L’ensemble ϕ([a, b]) est un compact car c’est l’image d’un compact par une fonction
Z ϕ(t) Z t
continue. D’après les hypothèses, les fonctions F : t 7→ f (x)dx et G : t 7→ f [ϕ(x)]ϕ0 (x)dx
ϕ(a) a
sont toutes deux définies sur [a, b]. Les fonctions f ◦ ϕ et ϕ0 étant continues, on a G0 (t) = f [ϕ(t)]ϕ0 (t),
pour tout t ∈ [a, b]. ZD’autre part F est de la forme F = H ◦ ϕ, où H est la fonction définie sur
u
ϕ([a, b]) par H(u) = f (x)dx et on a H 0 (u) = f (u), pour tout u ∈ ϕ([a, b]). D’où l’existence de
ϕ(a)
F 0 (t) = H 0 [ϕ(t)]ϕ0 (t) = f [ϕ(t)]ϕ0 (t) = G0 (t), pour tout t ∈ [a, b]. Les fonctions F et G ont donc même
dérivée sur [a, b], et puisque F et G s’annulent au point a, on a : F (t) − G(t) = F (a) − G(a) = 0, pour
tout t ∈ [a, b]. Donc F (t) = G(t) pour tout t ∈ [a, b] et, en particulier F (b) = G(b), c’est-à-dire (5.23).
Remarque 5.7. On notera qu’il n’est pas nécessaire que ϕ soit une bijection. Par contre, il faut s’assurer
que la fonction f est bien définie et continue sur tout ϕ([a, b]) (intervalle qui n’admet pas nécessairement
ϕ(a) et ϕ(b) pour extrémités).
Z √3
dx √
Exemple 5.9. Soit à calculer I = 1 . On fait le changement de variable u = 1 + x2 pour
1 x(1 + x2 ) 2 √ √
se débarrasser de la racine carrée (ce qui revient à prendre ϕ(t) = t2 − 1, t ∈ [ 2, 2]). On obtient alors
Z 2
1 2
Z
du 1 1 1 2
I= √ 2 = √ − du = (ln |u − 1| − ln |u + 1|) √ .
2 u −1 2 2 u−1 u+1 2 2
5.5.3 Cas où l’intervalle d’intégration est symétrique par rapport à l’origine
Soit f une fonction intégrable sur [−a, a] (a > 0). Par un raisonnement direct, on démontre que la
fonction x 7→ f (−x) est intégrable sur [−a, a] et qu’elle vérifie :
Z a Z −a Z 0
f (−x)dx = − f (x)dx = f (x)dx. (5.24)
0 0 −a
Cela revient à faire le changement x → −x, sans supposer f continue. On en déduit la formule :
Z a Z a
f (x)dx = [f (x) + f (−x)]dx. (5.25)
−a 0
et si f est impaire, on a Z a
f (x)dx = 0. (5.27)
−a
Exercice 5.6. Calculer x sin xdx, x2 cos xdx, (x2 + 1)e3x dx.
R R R
D’où,
n
In+1 = In−1 . (5.31)
n+1
π π
π
R 2
Partant de I0 = 2 et I1 = 2
0 sin(x)dx = − cos x = 1, on a selon la parité de n :
0
1 × 2 × 3 × · · · × (2p − 1) π 2 × 4 × 6 × · · · × 2p
I2p = ; I2p+1 = . (5.32)
2 × 4 × 6 × · · · × 2p 2 1 × 2 × 3 × 5 × 7 × · · · × (2p + 1)
Du fait que 0 ≤ sin(x) ≤ 1 pour tout x ∈ [0, π2 ], alors lasuite(In ) est positive et décroissante ; on a donc
pour tout n ∈ N, 1 ≥ In+1 In+1 n
In > In−1 = n+1 donc la suite
In+1
In converge vers 1 ; d’où
I2p+1 (2 × 4 × 6 × · · · × 2p)2 2
1 = lim = lim ×
p→∞ I2p p→∞ [1 × 3 × 5 × 7 × · · · × (2p − 1)]2 (2p + 1) × π
soit,
1 √ 1 × 3 × 5 × · · · × (2p − 1)
√ = lim p × (formule de Wallis) (5.33)
π p→∞ 2 × ×4 × 6 × · · · × 2p
Z b Z b Z b
m g(x) dx ≤ f (x)g(x)dx ≤ M g(x) dx. (5.36)
a a a
L’égalité (5.37) est appelée formule généralisée (ou première formule) de la moyenne.
Démonstration. Les inégalités (5.36) résultent du fait que mg(x) ≤ f (x)g(x) ≤ M g(x), pour tout x dans
[a, b]. De plus,
Rb Rb
— si a g(x) dx = 0 alors (5.36) entraı̂ne a f (x)g(x) dx = 0 et (5.37) est vraie quelque soit c ∈ [a, b] ;
Rb
— si a g(x) dx 6= 0, alors
Rb
f (x)g(x) dx
m ≤ aR b = λ ≤ M.
a g(x) dx
La continuité de f (Théorème des valeurs intermédiaires pour f continue) entraı̂ne l’existence d’un
Rb Rb
c ∈ [a, b] tel que f (c) = λ c’est-à-dire a f (x)g(x) dx = f (c) a g(x) dx.
Si g ≡ 1 sur [a, b], la relation (5.37) donne la formule dite de la moyenne :
Z b
f (x) dx = f (c)(b − a), c ∈ [a, b]. (5.38)
a
Proposition 5.16. Soient f et g deux fonctions numériques définies sur [a, b]. On suppose que :
Il existe alors un point c ∈ [a, b] tel qu’on ait la formule suivante dite 2eme formule de la moyenne :
Z b Z c
f (x)g(x) dx = lim f (x) g(x) dx. (5.39)
a x→a+ a
Rt
Démonstration. Soit G : [a, b] → R, t 7→ a g(x)dx. Désignons par m et M respectivement inf G et sup G.
[a,b] [a,b]
Puisque la fonction G est continue sur [a, b] et f (a+ ) := lim f (x) > 0, l’existence d’un nombre c vérifiant
+
R b x→a
(5.39) équivaut à la double inégalité : mf (a+ ) ≤ a f (x)g(x)dx ≤ M f (a+ ).
• Supposons f en escalier sur [a, b] et soit σ = (x0 , . . . , xn ) une subdivision de [a, b] telle que f = λi
sur ]xi−1 , xi [, 1 ≤ i ≤ n. Alors,
Z b n Z
X xi
f (x)g(x)dx = f (x)g(x)dx
a i=1 xi−1
Xn Z xi
= λi g(x)dx
i=1 xi−1
Xn Z xi Z xi−1
= λi g(x)dx − g(x)dx
i=1 a a
Xn Z xi Z x0
= λi Gi − Gi−1 avec Gi = G(xi ) = g(x)dx ⇒ G0 = g(x)dx = 0
i=1 a a
Xn n
X
= λ i Gi − λi Gi−1
i=1 i=1
n−1
X n
X
= λ i Gi + λ n Gn − λi+1 Gi
i=1 i=2
n−1
X
= (λi − λi+1 ) Gi + λn Gn .
i=1
La fonction f étant décroissante on a pour tout x ∈ [a, b], en (x) ≤ f (x) ≤ En (x). Ce qui entraı̂ne
Z b Z b
|en (x) − f (x)| dx ≤ (En (x) − en (x))dx
a a
n Z xk
X b−a
≤ |En (x) − en (x)| dx, où xk = a + k
xk−1 n
k=1
n
X b−a b−a b−a
≤ f a + (k − 1) −f a+k
n n n
k=1
(n−1 X n )
b−a X b−a b−a
≤ f a+k − f a+k
n n n
k=0 k=1
b−a
≤ [f (a) − f (b)] .
n
Z b Z b
où ` = sup |g|. Par conséquent lim (en − f ) (x)dx = f (x)g(x)dx.
[a,b] n→+∞ a a
Les fonctions en sont positives et décroissantes sur [a, b] et en (a+ ) = f a + b−a
n et (5.40) de la
première partie (cas d’une fonction en escalier) de la démonstration donne pour tout n ∈ N∗ :
Z b
b−a b−a
mf a + ≤ f (x)g(x)dx ≤ M a + .
n a n
Rb
En passant à la limite quand n tend vers +∞, on obtient : mf (a+ ) ≤ a f (x)g(x)dx ≤ M f (a+ ), c’est-à-
Z b Z c
dire qu’il existe c ∈ [a, b] tel que f (x)g(x)dx = f (a+ ) g(x)dx.
a a
Proposition 5.17. Soient f et g deux fonctions numériques définies sur [a, b]. On suppose que :
1. la fonction g est intégrable sur [a, b] ;
2. la fonction f est positive et croissante sur [a, b].
Alors il existe un élément c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
f (x)g(x)dx = f (b− ) g(x)dx, (5.41)
a c
Corollaire 5.4 (Formule de O. Bonnet). Soient f et g deux fonctions numériques définies sur [a, b]. On
suppose que :
1. la fonction g est intégrable sur [a, b] ;
2. la fonction f est monotone sur [a,b].
Alors il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b Z c Z b
f (x)g(x)dx = f (a+ ) g(x)dx + f (b− ) g(x)dx. (5.42)
a a c
Théorème 5.13. Soit f : [a, b] → R une fonction continue. Les sommes de Riemann relatives à f
Z b
convergent toutes vers f (x)dx lorsque le pas de la subdivision tend vers 0, c’est-à-dire : pour tout
a
ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour toute subdivision σ de [a, b] de pas inférieur à δ, et pour toute famille
(ak )1≤k≤n telle que ak ∈ [xk−1 , xk ], on ait
Z b n
X
f (x)dx − (xk − xk−1 )f (ak ) ≤ ε. (5.44)
a k=1
Démonstration. Soit ε > 0. Puisque f est continue sur [a, b], elle est
uniformément continue sur [a, b].
0 2 0 0 ε
Il existe donc δ > 0 tel que : ∀(x, x ) ∈ [a, b] , (|x − x | ≤ δ) =⇒ |f (x) − f (x )| ≤ b−a . Soit σ une
subdivision de [a, b] de pas inférieur à δ, on a pour tout x ∈ [xk−1 , xk ], |x − ak | ≤ δ, donc pour tout
ε
x ∈ [xk−1 , xk ], |f (x) − f (ak )| ≤ . On a dès lors,
b−a
Z xk Z xk
f (x)dx − (xk − xk−1 )f (ak ) = [f (x) − f (ak )]dx
xk−1 xk−1
Z xk
≤ |f (x) − f (ak )|dx
Zxk−1
xk
ε
≤ dx
xk−1 b−a
ε
≤ (xk − xk−1 ) . (5.45)
b−a
Z b n
X n Z
X xk
On en déduit : f (x)dx − (xk−1 − xk )f (ak ) = (f (x) − f (ak ))dx ≤ ε.
a k=1 k=1 xk−1
b−a k(b−a)
En particulier, si on prend une subdivision régulière de pas et ak = a + n , on obtient le
n
Corollaire 5.5. Soit f : [a, b] → R une fonction continue. On a :
n b
b−aX k(b − a)
Z
lim f a+ = f (x)dx. (5.46)
n→+∞ n n a
k=0
Ce résultat est parfois très utile pour déterminer des limites de suites.
n n
X 1 X n
Exemple 5.11. On se propose de calculer les limites suivantes : lim et lim .
n→+∞ n+k n→+∞ n2 + k 2
k=1 k=1
• Pour tout n ∈ N∗ , on a :
n n
X 1 1X 1
= k
.
n+k n 1+ n
k=1 k=1
1
On considère la fonction f : x 7→ 1+x sur [0, 1]. Elle est continue sur [0, 1]. Soit σ la subdivision régulière
de [0, 1] de pas n = n et ak = n = 0 + k(1−0)
1 1−0 k
n . D’après le Corollaire 5.5, on a :
n n
X 1 1X 1
lim = lim
n→+∞
k=1
n+k n→+∞ n
k=1
1 + nk
n
1−0X k
= lim f
n→+∞ n n
k=1
n
1−0X k(1 − 0)
= lim f 0+
n→+∞ n n
k=1
Z 1
= f (x)dx
0
= ln 2.
Théorème 5.14 (Formule de Taylor avec reste intégrale). Soit n ∈ N. Si f est une fonction à valeurs
réelles définie et de classe C n+1 sur un intervalle compact [a, b], alors pour tout x ∈ [a, b], on a :
n Z x (n+1)
X f (k) (a) k f (t)
f (x) = (x − a) + (x − t)n dt (5.47)
k! a n!
k=0
Démonstration. Montrons le résultat par récurrence sur n.
• La propriété est vraie au rang 0. En effet, selon le théorème fondamental de l’analyse, si f est de
Z x
classe C 1 sur [a, b] alors pour tout x ∈ [a, b], f (x) = f (a) + f 0 (t)dt.
a
• Supposons la formule vraie jusqu’au rang n et considérons une fonction f de classe C n+2 sur [a, b] ;
qui est donc de classe C n+1 . D’après l’hypothèse de récurrence, pour tout x ∈ [a, b],
n Z x (n+1)
X f (k) (a) k f (t)
f (x) = (x − a) + (x − t)n dt,
k! a n!
k=0
Une intégration par parties donne :
Z x x Z x
(x − t)n (n+1) (x − t)n+1 (n+1) (x − t)n+1 (n+2)
f (t)dt = − f (t) + f (t)dt
a n! (n + 1)! a a (n + 1)!
Z x
(x − a)n+1 (n+1) (x − t)n+1 (n+2)
= f (a) + f (t)dt. (5.48)
(n + 1)! a (n + 1)!
On obtient donc
n Z x
X f (k) (a) (x − a)n+1 (n+1)
k (x − t)n+1 (n+2)
f (x) = (x − a) + f (a) + f (t)dt
k! (n + 1)! a (n + 1)!
k=0
n+1
X f (k) (a) Z x
k (x − t)n+1 (n+2)
= (x − a) + f (t)dt
k! a (n + 1)!
k=0
Ce qui montre que notre propriété est vraie au rang n + 1.
Fonctions usuelles
Sommaire
6.1 Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
6.2 Fonctions Logarithmes, exponentielles et puissance . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.3 Fonctions circulaires réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
6.4 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Dans un plan muni d’un repère orthonormé (O,~i, ~j), le cercle trigonométrique est le cercle de centre
\ −−→
O et de rayon 1. Si M (x, y) est un point du cercle, alors on a le cosinus et le sinus de l’angle (~i, OM ) :
\ −−→ \ −−→
cos (~i, OM ) = x et sin (~i, OM ) = y. (6.1)
Les mesures des angles positifs sont lues dans le sens trigonométrique, contraire à celui des aiguilles
d’une horloge, et les angles négatifs dans le sens horaire. Une demi-droite qui fait un angle θ avec la
demi-droite positive Ox de l’axe des abscisses coupe le cercle en un point de coordonnées (cos θ, sin θ).
Géométriquement, cela provient du fait que l’hypoténuse du triangle rectangle ayant pour sommets les
points de coordonnées (0, 0), (cos θ, 0) et (cos θ, sin θ) est égale au rayon du cercle donc à 1. Le cercle unité
peut être considéré comme une façon de regarder un nombre infini de triangles obtenus en changeant les
longueurs des côtés opposés et adjacents mais en gardant la longueur de leur hypoténuse égale à 1. On a
donc : sin θ = y1 = y et cos θ = x1 = x. On définit aussi les grandeurs suivantes :
sin θ
— tangente de θ : tan θ = cos θ ;
— cotangente de θ : cotan θ = cot θ = cos θ
sin θ ;
— sécante de θ : sec θ = cos1 θ ;
— cosécante de θ : cosec θ = csc θ = sin1 θ .
De l’équation x2 + y 2 = 1 du cercle unité, nous déduisons la relation
Exercice 6.2. En utilisant les formules ci-dessus, calculer sin π4 , cos π4 , sin π6 , cos π6 , sin π3 , cos π3 .
La fonction tangente notée tan ou tg est définie sur R \ { π2 + kπ, k ∈ Z} par tan x = sin x
cos x ; et la
fonction cotangente, notée cotan ou cot est définie sur R \ {kπ, k ∈ Z} par cotan x = cos x
sin x .
Proposition 6.4.
1. Les fonctions tan et cotan sont impaires et π-périodiques.
tan x+tan y
2. Pour tous x, y ∈] − π2 , π2 [ tels x + y 6= π
2 + kπ, k ∈ Z, tan(x + y) = 1−tan x tan y .
Etudions maintenant les variations des fonctions sin et cos. Comme sin est impaire et périodique de
période 2π, on peut restreindre son étude à l’intervalle [0, π]. La fonction sinus est dérivable sur R donc
sur [0, π] et pour tout x ∈ [0, π], sin0 x = cos x. Or cos x > 0 si x ∈ [0, π2 [ et cos x < 0 si x ∈] π2 , π] donc
la fonction sin est strictement croissante sur [0, π2 ] et strictement décroissante sur [0, π2 ]. De même, la
fonction cos est paire et 2π-périodique, on peut donc restraindre son étude à l’intervalle [0, π]. Elle est
dérivable sur R donc sur [O, π] et pour tout x ∈ [0, π], on a cos0 x = − sin x. Comme sin x > 0 pour tout
x ∈]0, π[, on a cos0 x < 0 pour tout x ∈]0, π[ et donc la fonction cos est décroissante sur pour tout [0, π].
1
cos x
sin x
x
−2π − 3π
2 −π − π2 0 π
2 π 3π
2 2π
−1
Proposition 6.6. On note D := R \ { π2 + kπ, k ∈ Z}. La fonction tangente est dérivable sur D et pour
tout x ∈ D, on a :
1
tan0 x = 1 + tan2 x = . (6.4)
cos2 x
Démonstration. Les fonctions sin et cos sont dérivables sur D et cos x 6= 0 sur D, donc la fonction tan
sin x 0 2 x+sin2 x
est dérivable sur D et pour tout x ∈ D, on a : tan0 x = cos = cos cos = 1 + tan2 x = cos12 x .
x 2x
La fonction tan est donc strictement croissante sur D puisque sa dérivée est strictement positive.
Comme elle est impaire, sa courbe représentative admet l’origine pour centre de symétrie. La parité de tan
permet de l’étudier seulement sur [0, π2 [. Puisque lim sin x = 1 et lim = 0+ , on a lim tan x = +∞.
x→ π2 − x→ π2 − x→ π2 −
[
La fonction cotangente notée cot ou cotan est définie sur D0 = R \ {kπ, k ∈ Z} = ]kπ, (k + 1)π[.
k∈Z
Proposition 6.7. La fonction cotan est continue et dérivable sur chaque intervalle de son domaine de
définition, et on a :
1
cotan0 x = −(1 + cotan2 x) = − 2 . (6.5)
sin x
Sur ]0, π[, elle est strictement décroissante. Le point de coordonnées ( π2 , 0) est centre de symétrie de
la courbe représentative de la fonction cotan. Des limites lim sin x = 0+ et lim cos x = 1 entraı̂nent que
x→0+ x→0
lim cotan x = +∞ ; et donc lim cotan x = −∞. Les droites d’équations x = kπ, k ∈ Z, sont asymptotes
x→0 x→π −
à la courbe représentative de la fonction cotangente.
Définition 6.1. On appelle fonction logarithme népérienne, la fonction ln :]0, +∞[→ R (également notée
log ou Log) définie pour tout x > 0 par Z x
dt
ln x = . (6.6)
1 t
y
5
x
− 3π
2 −π − π2 π
2 π 3π
2
−1
−2
−3
−4
−5
Proposition 6.8. La fonction ln est dérivable sur ]0, +∞[ et pour tout x ∈]0, +∞[,
1
ln0 x = . (6.7)
x
1 a
ln(ab) = ln a + ln b; ln = − ln b; ln = ln a − ln b; ln an = n ln a.
b b
Proposition 6.10.
ln x
lim ln x = +∞; lim ln x = −∞; lim = 0; lim x ln x = 0.
x→+∞ x→0 x→+∞ x x→0
y
5
x
−π − π2 π
2 π
−1
−2
−3
−4
−5
Démonstration. Puisque ln0 x = x1 > 0 pour tout x > 0, la fonction ln est strictement croissante sur
]0; +∞[. Les assertions 1. et 2. de la proposition se déduisent alors du fait que ln 1 = 0. Par ailleurs,
pour tout n ∈ N, ln 2n = n ln 2 et donc lim ln 2n = +∞ puisque ln 2 > 0. La croissante de ln entraı̂ne
n→+∞
1
alors que lim ln x = +∞. Maintenant, si nous posons t = x, la relation ln x = − ln t antraı̂ne que
x→+∞
lim ln x = lim (− ln t) = −∞.
x→0 t→+∞
Z x Z x
1 1 dt dt
Pour tout t ≥ 1, on a t ≤ √
t
et donc ≤ √ pour tout x ≥ 1. Il suit alors les inégalités
1 t 1 t
√ √ ln x 2
ln x ≤ 2( x − 1) ≤ 2 x. Dès lors, 0 ≤ ≤ √ pour tout x ≥ 1. Il est maintenant claire que
x x
ln x 1 ln t ln t
lim = 0. Enfin, posant x = t , on a x ln x = − et lim x ln x = lim − = 0.
x→+∞ x t x→0 t→+∞ t
La fonction ln est continue et strictement croissante de ]0, +∞[ dans R, est donc bijective. Ce qui
implique qu’il existe un unique réel qui admet 1 comme image par ln. Cette unique élément sera noté e.
Par ailleurs, puisque ln est bijective, il admet donc une réciproque.
Définition 6.2. On appelle application exponentielle népérienne, la réciproque exp : R →]0, +∞[ de la
fonction ln.
Proposition 6.12. La fonction exponentielle népérienne est dérivable sur R est pour tout x ∈ R,
Démonstration. Puisque le logarithme est dérivable et sa dérivée ne s’annule jamais, exp est dérivable
sur R et pour tout x ∈ R, on a : exp0 (x) = ln0 (exp(x))
1
= 11 = exp(x).
exp(x)
exp(x)
lim exp(x) = +∞; lim exp(x) = 0; lim = 0; lim x exp(x) = 0.
x→+∞ x→−∞ x→+∞ x x→−∞
y
5
1
exp x
ln x
x
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6
−1
−2
−3
−4
−5
Définition 6.3. Soit a un nombre réel strictement positif et différent de 1. On appelle logarithme de
base a, la fonction loga définie sur ]0, +∞[ par : pour tout x ∈]0, +∞[,
ln x
loga x = . (6.9)
ln a
Proposition 6.14. La fonction loga possède les propriétés algébriques suivantes héritées du logarithme
népérien : pour tous x > 0, y > 0 et n ∈ Z,
1 x
loga (xy) = loga x + loga y; loga = − loga y; loga = loga x − loga y; loga xn = n loga x.
y y
ln x ln x ln a ln a
Soit a, b ∈ R∗+ \ {1}, on a : logb x = = × = loga x. On en déduit la formule du
ln b ln a ln b ln b
changement de base :
logb x = (logb a)(loga x). (6.10)
Définition 6.4. Soit un réel a > 0. Pour tout x ∈ R, on appelle ”a puissance x” le nombre réel
Définition 6.5. Soit a > 0. On appelle fonction exponentielle de base a l’application expa : R → R∗+
définie par : pour tout x ∈ R,
expa (x) = ax = exp(x ln a). (6.12)
Une fonction puissance est donc une composée de la fonction logarithme et de la fonction exponentielle.
C’est donc une fonction continue dans son domaine de définition. De cette définition nous avons :
Démonstration.
ax
• Examinons d’abord pour a > 1, la fonction f : x 7→ m , m ∈ R∗+ . On est intéressé par la limite de f (x)
x
quand x → +∞.
1. Cas où m ∈ N∗ et a = 2.
2n
(a) Supposons que x = n ∈ N et montrons que mn −
−−−−→ +∞. Soit n > m. Alors,
n→+∞
2n (1 + 1)n
=
nm nm
c0n + c1n + · · · + cm+1
n + · · · + cnn
=
nm
cm+1
n
>
nm
(n − 1)(n − 2) . . . (n − m)
>
(m + 1)nm−1
(n − 1)[(1 − n2 )(1 − n3 ) . . . (1 − mn )] n
> ∼ −−−−−→ +∞.
(m + 1)! (m + 1)! n→+∞
2n
Par conséquent, nm −
−−−−→
n→+∞
+∞.
(b) Soit x ∈ R∗+ et x assez grand. Prenons n = E(x) ; on alors n ≤ x ≤ n+1, donc lim n = +∞ :
x→+∞
2x 2n 1 2n+1
> = −−−−→ +∞.
xm (n + 1)m 2 (n + 1)m x→+∞
2x
Par suite xm −−−−→
x→+∞
+∞.
2x 2x
2. Cas m ∈ R∗+ , a = 2. Pour n ∈ N∗ tel que n > m on a (puisque x > 1) : xm > xn −−−−→ +∞ et
x→+∞
2x
donc xm −−−−→ +∞.
x→+∞
ax 2x log2 a 2y
m
= m
= m logm
2 a−−−−→ +∞
x x y x→+∞
• Considérons maintenant 0 < a < 1. La limite lim ax xm (m ∈ R∗+ ) est une forme indéterminée du
x→+∞
1 xm xm
type 0 × ∞. Posons a = (⇒ b > 1), alors ax xm = x et lim = 0 (se ramenant au cas précédent).
b b x→+∞ bx
x0 m
• Supposons maintenant que x < 0. Posons x = −x0 (x0 > 0) ; de l’égalité |x|m ax = x0 , il résulte que
a
m x ax 1 ax
pour a > 1, lim |x| a = 0 et de l’égalité m = ax0 x0 m , il resulte que 0 < a < 1, lim |x| m = +∞.
x→−∞ |x| x→−∞
xm
2. Si 0 < a < 1, lim = −∞.
x→+∞ loga x
3. lim xm loga x = 0.
x→0+
m
Démonstration. Soit a > 1. La limite en +∞ de la fonction f : x →
7 x ∗
loga x (m ∈ R+ ) présente une
indétermination du type +∞ y
+∞ . Posons y = loga x, d’où x = a et lim y = +∞. Il vient alors que x→+∞
xm = (ay )m = (am )y . Si nous posons b = am , alors puisque a > 1, on a b > 1 et on est ramené au cas
y xm
lim by avec b > 1. Donc lim log x = +∞.
x→+∞ x→+∞ a
m
x
Soit maintenant 0 < a < 1. La limite de f : x 7→ log (m ∈ R∗+ ) en +∞ présente une intermination
ax
xm xm
du type +∞ 1
−∞ . Posons a = b , alors b > 1 et loga x = − logb x. Il suit donc que loga x = − logb x . On est
xm
ramené au cas précédent et on peut conclure que lim log x = −∞.
x→+∞ a
Enfin lim xm log a x, m∈ R∗+ est une forme indéterminée de la forme 0 × ∞. Posons x = 1
y, alors
x→0+
loga y
y → +∞ lorsque x → 0+ et donc lim xm loga x = lim m . On est ramené aux cas précédents suivant
x→0+ y→+∞ y
que a > 1 ou 0 < a < 1. On conclut que lim xm loga x = 0.
x→0+
π π
(− ≤ y ≤ et x = sin y) ⇔ (−1 ≤ x ≤ 1 et y = arcsin x).
2 2
Proposition 6.16. La fonction arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[ et pour tout x ∈] − 1, 1[, on a :
1
arcsin0 x = √ . (6.15)
1 − x2
Démonstration. La fonction sin est dérivable sur − π2 , π2 et pour tout x ∈ − π2 , π2 , sin0 x 6= 0 si et
seulement si x ∈ / {− π2 , π2 }. Donc arcsin est dérivable sur ] − 1, 1[= {y ∈ [−1, 1]/ sin0 (arcsin x) 6= 0}. Par
1 1 1
ailleurs, pour tout x ∈] − 1, 1[, on a : arcsin0 x = =p 2
=√ .
cos(arcsin x) 1 − sin (arcsin x) 1 − x2
y
π
2
x
−1 0 1
− π2
Ainsi arccos : [−1, 1] → [0, π] est strictement décroissante avec arccos 0 = 1 et arccos π = −1.
Proposition 6.17. La fonction arccos est dérivable sur ] − 1, 1[ et pour tout x ∈] − 1, 1[, on a :
1
arccos0 x = − √ . (6.17)
1 − x2
y
π
π
2
x
−1 0 1
lim f (x) = +∞, lim f (x) = −∞ et donc f − π2 , π2 = R. Elle admet donc une fonction réciproque
π+ π+
y→ 2 y→− 2
notée arctan : R → − π2 , π2 . On a :
π π
(− < y < et x = tan y) ⇔ (−∞ < x < +∞ et y = arctan x)
2 2
π π
lim arctan x = + et lim arctan x = − . (6.18)
x→+∞ 2 x→−∞ 2
Proposition 6.18. La fonction arctan est dérivable sur R est pour tout x ∈ R, on a :
1
arctan0 x = . (6.19)
1 + x2
Démonstration. La fonction tan est dérivable sur − π2 , π2 et tan0 y = 1+tan2 y > 0 pour tout y ∈ − π2 , π2 ,
donc arctan est dérivable sur R et pour tout x ∈ R, arctan0 x = tan0 (arctan
1 1 1
x) = 1+tan2 (arctan x) = 1+x2 .
y
π
2
x
−7 −6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 7
1
(arccothx)0 = − . (6.21)
1 + x2
Démonstration. La fonction cotan est dérivable sur ]0, π[ est cotan0 y = −(1 + cotan2 y) > 0, quelque soit
y ∈]0, π[. Donc la fonction arccotan est dérivable sur R tout entier. De plus, pour tout x ∈ R, on a :
arccotan0 x = cotan0 (arccotan(x))
1
= −(1+cotan21(arccotan x) = − 1+x
1
2.
y
π
π
2
x
−7 −6 −5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 6 7
ex − e−x ex + e−x
sh x = sinh x = et ch x = cosh x = . (6.22)
2 2
Ces fonctions sont évidemment dérivables, et même de classe C ∞ et vérifient les relations :
sh x
On associe aux fonctions sh et ch les fonctions x 7→ tanh x = ch x (tangente hyperbolique de x) et
ch x
x 7→ coth x = sh x (cotangente hyperbolique de x, avec x 6= 0) dont les dérivées sont :
1 1
tanh0 x = ; coth0 x = − . (6.26)
ch2 x sh2 x
Les quatres fonctions ainsi définies sont appelées fonctions hyperboliques.
1. Pour tout x ∈ R, on a sh0 x = ch x > 0 donc sh x est une fonction continue strictement croissante ;
et les propriétés connues de l’exponentielle montrent que lim sh x = +∞ et lim sh x = −∞.
x→+∞ x→−∞
Cette fonction admet une réciproque notée Argsh x (argument de sh x) définie et dérivable sur R.
On peut exprimer cette nouvelle fonction à l’aide de la fonction logarithme :
ey − e−y 1
x = sh y = ⇒ 2x = ey − e−y = ey − y .
2 e
e2y−1 2y y
2x = ⇔ e − 2xe − 1 = 0.
ey
Dès lors,
1
Argsh0 x = √ . (6.28)
1 + x2
2. De même, la restriction à R+ de ch est une bijection strictement croissante positive de R+ sur la
demi-droite x ≥ 1, dont la dérivée est strictement positive pour x > 0. Cette fonction admet une
réciproque notée Argch (argument de ch) définie sur la demi-droite x ≥ 1 et dérivable pour x > 1.
y −y
(y = arg ch x et x ≥ 1) ⇔ x = ch y. Pour x ≥ 1, y = Argch x est équivalente à x = ch y = e +e 2 .
e2y +1 2y y y
Ce qui entrı̂ne que 2x = ey , c’est-à-dire e − 2xe + 1 = 0. Donc e est racine de l’équation
f (t) = t2 − 2xt + 1 = 0. On a f (1) = 2(1 − x) ≤ 0 (puisque x ≥ 1). Donc le nombre 1 est entre les
racines de cette équation. D’autre part pour y > 0, ey > 1 c’est-à-dire que ey est la plus grande
√ √
des racines de l’équation f (t) = 0 : ey = x + x2 − 1 ⇔ y = log(x + x2 − 1). Ce qui donne
p
Argch x = log(x + x2 − 1). (6.29)
et donc
1
Argcoth0 x = , |x| > 1. (6.34)
1 − x2
Sommaire
7.1 Quelques primitives usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
7.2 Primitives de polynôme en cos t et en sin t . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
7.3 Intégrales de fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
7.4 Intégrales de fractions rationnelles de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
xα+1 e(a+ib)t
Z Z Z
α 1
x dx = + c (α 6= −1) dx = log |x| + c e(a+ib)t dt = +c
Z α+1 Z x Z a + ib
dx x
cos x dx = sin x + c sin x dx = − cos x + c = log | tan | + c
Z Z Z sin x 2
dx π x
tan x dx = − log | cos x| + c = log | tan( + )| + c cot x dx = log | sin x| + c
Z Z cos x 4 2 Z
1 1
2
dx = tan x + c 2 dx = − cot x + c sh x dx = cosh x + c
Z cos x Z sin x Z
ch x dx = sh x + c tanh tdt = ln(ch t) + c coth tdt = ln | sh t| + c
Z Z Z
dt t dt dt
= ln tanh +c = 2 arctan(et )+c 2 = tanh(t) + c
Z sh t 2 ch t Z ch (t)dt
x−a
Z
dt dt dx 1
2 = − coth(t) +c = ln | tanh t| +c 2 2
= ln | |+c
Z sh (t)dt Z cos t sin t Z x −a 2a x +a
dx 1 x dt t dt t
2 2
= arctan + c √ = arg sinh +c √ = arg cosh +c
x +a a a 2
t +a 2 |a| 2
t −a 2 |a|
Ainsi on se ramène au calcul d’une primitive du polynôme Q. Pour intégrer la partie P (cos t), il suffit
de connaı̂tre les primitives des fonctions cosn t (n ∈ N), qui s’obtient par la formule de linéarisation des
fonctions trigonométriques. On se ramène donc au calcul de primitives des fonctions sin(pt) et cos(pt)
qui sont respectivement − p1 cos(pt) et p1 sin(pt).
Exemple 7.1.
Z Z
2 1 t sin(2t)
1. sin tdt = (1 − cos(2t))dt = − + c.
2 2 4
Z Z
1 t sin(2t)
2. cos2 tdt = (1 + cos(2t))dt = + + c.
2 2 4
cos3 t
Z Z Z
3
3. sin tdt = (1 − cos t) sin tdt = − (1 − u2 )du (avec u = cos t) = − cos t +
2
+ c.
3
Z Z
4 1 sin(4t) sin(2t) 3t
4. cos tdt = cos(4t) + 4 cos(2t) + 3 dt = + + + c.
8 32 4 8
• Pour calculer l’intégrale Z
sinp x × cosq x dx, (7.1)
Proposition 7.1. Il existe des réels Aij , Bij et Cij tels que :
i l m i k n
P (x) X X Aij + Bij x XX Cij
= 2 + .
Q(x) 2
[(x − αi ) + βi ] j (x − γi )j
i=1 j=1 i=1 j=1
Exemple 7.2. Décomposer en éléments simples puis déterminer les primitives des fonctions suivantes :
2x − 1 x3 + x + 1
f (x) = dx, g(x) = dx.
x(x + 1)2 (x2 + x + 1)2 x2 + 1
Z b
dx
7.3.2 Intégrales du type
a x2 + ux + v
Rb dx
1. Si u = 0 et v > 0, en posant v = s2 avec s > 0, l’intégrale devient I = a x2 +s2 . Le changement
de variable t = xs donne alors :
b
Z b s
1 s dt 1
I= 2
= arctan t (7.2)
s a t +1 s a
s
s
Rb dx
2. Si u = 0 et v < 0, en posant v = −a2 avec a > 0, l’intégrale devient I = a x2 −s2 . Ce qui donne
b
x−a b
Z
dx 1
I= = ln .
a x2 − a2 2a x+a a
où A et B sont des constantes à déterminer. On remarquera que B = −A. Dès lors,
Z b Z b Z b b
dx d dx
2
=A − = A ln |x − α| − ln |x − β| (7.3)
a x + ux + v a x−α a x−β a
Z b
cx + d
7.3.3 Intégrale du type dx, c 6= 0
a x2 + ux + v
En posant p(x) = x2 + ux + v, on écrit l’intégrale sous la forme
Z b 0
λp (x) + µ
. (7.4)
a p(x)
Dès lors,
Z b Z b
cx + d b dx
2 + ux + v
dx = ln |p(x)| + µ 2 + ux + v
. (7.5)
a x a a x
x−6 −3x + 1
Z Z Z
7x + 2
Exercice 7.3. Calculer les intégrales 2
dx, 2
dx, 2
.
3x + 2 −x + 2x + 3 x + 2x + 3
Z √
7.4.3 Intégrale du type R(x, ax2 + bx + c)dx, avec a 6= 0
Exercice 7.8.
ex − 1 e−x
Z Z
f (x) = dx, g(x) = dx.
ex + 1 ex + 1
Développements limités
Sommaire
8.1 Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
8.2 DL d’une primitive et d’une dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
8.3 Développement limité des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
8.4 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
8.5 DL au voisinage de l’infini et Généralisation de la notion de DL . . . . . . . 112
8.6 Étude de courbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Introduction
Il est bien connu que les fonctions les plus faciles à manipuler sont les polynômes. Nous formalisons donc dans ce chapitre
un moyen d’approximer des fonctions par des polynômes.
On peut aussi dire, de façon équivalente, que f admet en x0 un développement limité d’ordre n en x0
s’il existe un polynôme pn de degré inférieur ou égal à n et une fonction ε définie sur V de limite nulle
en x0 tel que pour tout x ∈ V ,
Remarque 8.1. Une fonction prise au hasard n’admet pas néccessairement de développement limité. Par
exemple la fonction (
x2 log x si x > 0
x→
0 si x = 0
est continue et dérivable à l’origine, mais n’admet pas de développement limité d’ordre > 1 en ce point
(justifier cette affirmation).
Soit p le plus petit entier naturel tel que ap 6= 0, s’il existe. Alors f (x) ∼x0 ap (x − x0 )p .
Proposition 8.2. Supposons que f admette pour développement limité d’ordre n au voisinage de x0 :
f (x) = a0 +a1 (x−x0 )+· · ·+an (x−x0 )n +o[(x−x0 )n ]. Alors, pour tout p ≤ n, f admet pour développement
limité d’ordre p au voisinage de a : f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + · · · + an (x − x0 )p + o[(x − x0 )p ].
Proposition 8.3. Soit f une fonction admettant un développement limité à l’ordre n au voisinage de 0.
1. Si f est paire, alors les coefficients de rang impair du DL sont nuls.
2. Si f est impaire, alors les coefficients de rang pair du DL sont nuls.
Par contre, l’existence au voisinage de x0 d’un développement limité d’ordre n > 1 n’entraı̂ne pas
l’existence de f (n) (x0 ), ni même l’existence d’autres dériées que f 0 (x0 ). L’exemple suivant en est une
illustration.
Théorème 8.3 (DL d’une primitive). Soit f une fonction définie sur un intervalle I admettant une
n
X
primitive F sur I. Soit x0 ∈ I. On suppose que f admet un DLn (x0 ) : f (x) = ak (x−x0 )k +o[(x−x0 )n ].
k=0
Alors F admet un DLn+1 (x0 ) :
n
X (x − x0 )k+1
F (x) = F (x0 ) + ak + o[(x − x0 )n+1 ]. (8.10)
k+1
k=1
Théorème 8.4. Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. Soit x0 ∈ I. On suppose que f admet
n
X
un DLn (x0 ) : f (x) = ak (x − x0 )k + o[(x − x0 )n ]. Si f 0 admet un DL d’ordre n − 1 en x0 , alors
k=0
celui-ci est le suivant :
n
X
f 0 (x) = kak (x − x0 )k−1 + o[(x − x0 )n−1 ]. (8.11)
k=1
Remarque 8.2. Il est absolument nécessaire de savoir que f 0 admet un DLn−1 (x0 ) car une fonction peut
admettre un DL d’ordre n sans que sa dérivée admette un DL d’ordre n − 1. Un exemple est fournit
par la fonction f définie par f (x) = x + x3 sin x12 si x 6= 0 et f (0) = 0. On peut montrer que f admet
un DL2 (0) qui s’écrit f (x) = x + o(x2 ). Mais f 0 n’admet pas de DL d’ordre 1 en 0 puisqu’elle n’est pas
continue en 0.
Corollaire 8.1 (Dérivée d’un DL). Soit f une fonction de classe C n+1 sur un internvalle I. Soit x0 ∈ I.
Alors f et f 0 admettent des DL d’ordres respectifs n + 1 et n au voisinage de x0 et le DL de f 0 s’obtient
en dérivant terme à terme le DL de f .
Remarque 8.3. Terminons cette section en signalant que si une fonction admet un DL d’ordre n en un point
n
X n
X
x0 : f (x) = ak (x−x0 )k +o[(x−x0 )n ]; alors on peut aussi écrire f (x) = ak (x−x0 )k +O[(x−x0 )n+1 ].
k=0 k=0
”Grand O” met en avant que le reste est dominé par (x − x0 )n+1 tandis que ”petit o” met en avant que
le reste est petit par rapport (x − x0 )n . Précisément,
— O[(x − x0 )n+1 ] peut être remplacé par (x − x0 )n+1 η(x − x0 ), où η est une fonction bornée ;
— o[(x − x0 )n ] peut être remplacé par (x − x0 )n ε(x − x0 ) avec lim ε(x − x0 ) = 0.
x→x0
On peut passer de l’une des écritures à l’autre via la relation ε(x − x0 ) = (x − x0 )η(x − x0 ).
Exemple 8.3. f (x) = sin(x) et g(x) = cos(x). En remarquant que cos(α) = sin(α + π2 ) nous pouvons
montrer par recurrence que pour tout n ∈ N,
π π
(sin(x))(n) = sin(x + n. ) et (cos(x))(n) = cos(x + n. ).
2 2
Il suit alors que
(
π 0 si p = 2k
f (p) (0) = sin(p. ) = k ∈ N.
2 (−1)k si p = 2k + 1
(
(p) π 0 si p = 2k + 1
g (0) = cos(p. ) = k ∈ N.
2 (−1)k si p = 2k
Dès lors,
x3 x5 x2n+1
sin(x) = x − + + · · · + (−1)n + o(x2n+2 ).
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos(x) = 1 − + + · · · + (−1)n + o(x2n+1 ).
2! 4! (2n)!
n
X xk
(e) ln(1 + x) = (−1)k−1 + o(xn ) ;
k
k=1
n
X xk
(f) ln(1 − x) = − + o(xn ) ;
k
k=1
(g) ∀α ∈ R,
n k−1
!
α
X xk Y
(1 + x) = 1+ (α − i) + o(xn ) (8.12)
k!
k=1 i=0
α(α − 1)x2 α(α − 1)(α − 2)x3
= 1 + αx + + + ···+
2 6n
α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1)x
+ + o(xn ). (8.13)
n!
2. Fonctions circulaires et circulaires réciproques
n
X x2k+1
(a) sin x = (−1)k + o(x2n+1 ) ;
(2k + 1)!
k=0
n
X x2k
(b) cos x = (−1)k + o(x2n ) ;
(2k)!
k=0
n
X x2k+1
(c) arctan x = (−1)k + o(x2n+1 ) ordre 2n + 1 ;
2k + 1
k=o
n
X 1.3.5 . . . (2k − 1) x2k+1
(d) arcsin x = x + + o(x2n+1 ) ordre 2n + 1 ;
2.4.6 . . . (2k) 2k + 1
k=1
n
X 1.3.5 . . . (2k − 1) x2k+1
π π
(e) arccos x = − arcsin x = − x − + o(x2n+1 ) ordre 2n + 1.
2 2 2.4.6 . . . (2k) 2k + 1
k=1
3. Fonctions hyperboliques et hyperboliques réciproques
n
X x2k+1
(a) sinh x = + o(x2n+1 ) ;
(2k + 1)!
k=0
n
X x2k
(b) cosh x = + o(x2n ) ;
(2k)!
k=0
n
X x2k+1
(c) Argth x = + o(x2n+1 ) ;
2k + 1
k=0
n
X 1.3.5 . . . (2k − 1) x2k+1
(d) Argsh x = (−1)k + o(x2n+1 ).
2.4.6 . . . (2k) 2k + 1
k=1
Remarque 8.4. On n’effectue que des combinaisons linéaires et des produits de DL de même ordre.
Si deux DL sont d’ordres différents, leur combinaison linéaire ou leur produit donne un DL d’ordre le
minimimum des deux ordres. En pratique, on tronque les deux DL au minimum des deux ordres avant
d’effectuer leur combinaison linéaire ou avant de faire leur produit.
Au lieu d’appliquer le Théorème 8.5 de façon mécanique, il est souvant plus rapide et plus sûr de
procéder par étape et d’utiliser les lemmes suivant.
Lorsqu’on fait le DL d’un produit, le lemme suivant évite de faire des calculs inutiles.
u2 x3 x4
exp u = 1 + u + + O(u3 ); x log(1 + x) = x2 − + + O(x5 ).
2 2 3
1
Il vient alors que (1+x)x = 1+x log(1+x)+ x2 log2 (1+x)+O(u3 ). Par ailleurs, x2 log2 (1+x) = x4 +O(x5 ),
2
x3 5 4
donc toute simplification faite on obtient : (1 + x)x = 1 + x2 − + x + O(x5 ).
2 6
f
Remarque 8.5. Pour calculer le DL d’un rapport , on peut :
g
— déterminer le DL de l’inverse g1 en utiliser une composition par 1±x
1
: g1 = α 1±u
1
, où u est une
fonction de limite nulle au point considéré ;
— déterminer le DL du produit f × g1 .
f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + o[(x − x0 )2 ].
Équations différentielles
Sommaire
9.1 Équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
9.2 Équations différentielles du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
9.3 Équation différentielles linéaires du second ordre à cœfficients constants . . 121
Introduction
Équations différentielles du premier et du second ordres à coefficients constants
Exemple 9.1. Les expressions F (x, y, y 0 ) = 0 et F (x, y, y 0 , y 00 ) = 0 sont des équations différentielle
d’ordre 1 et 2 respectivement.
Exemple 9.2.
1. (1 + x2 )y 0 − xy 2 + 1 − x = 0 est une équation différentielle d’ordre 1
2. (1 + x2 )y 00 y 0 − 2xy 2 + y 0 = 0 est une équation différentielle d’ordre 2.
3. y 5 + 2xy 2 + y 0 − xy (3) + x2 = 0 est une équation différentielle d’ordre 3.
Définition 9.2. Intégrer l’équation différentielle (9.1), c’est trouver une fonction y = ϕ(x) vérifiant (9.1).
Dans ce cas, y = ϕ(x) est appelé une intégrale ou une solution de (9.1).
Exemple 9.3. Les équations différentielles suivantes sont du premier ordre et sont à variables séparables :
2
x + yy 0 = 0, (1 + x2 )y 0 − (1 + y 2 ) = 0, y 2 + y 0 x = y, y 3 y 0 e−x = x2 .
Théorème 9.1. Si les fonctions P et Q sont continue, l’équation (9.2) admet pour intégrales les solutions
en y de l’équation
F (x) = G(y) + c, (9.3)
où F (x) et G(y) sont des primitives quelconques de P (x) et Q(y) respectivement, et c une constante
arbitraire.
Démonstration. La preuve est simple. Il suffit de remarquer que d(F (x) − G(y)) = 0.
Remarque 9.1. Il n’est pas toujours possible dans une équation à variables séparées de donner la forme
explicite de la fonction y en fonction de x.
z 0 x + z = f (z) (9.5)
qui est une équation à variable séparables que l’on peut écrire sous la forme
1 z0
= . (9.6)
x f (z) − z
Si z est une solution de l’équation (9.6), alors y : x 7→ xz est solution de l’équation homogène (9.4).
z2
Posons z = xy . Alors dy
dx = 2z−1 ; d’où dx
x = − x2z−1
2 −z .
dy z2
1. Si z = 0 ou z = 1, l’équation dx = 2z−1 est vérifiée : les droites y = 0 et y = x sont solutions
(passant par l’origine) de l’équation.
2. Supposons z(z −1) 6= 0, alors l’équation dx 2z−1 2
x = − x2 −z s’intègre sous la forme ln |x| = − ln |z −z|+c.
D’où x = z 2c−z
1
avec c1 une constante non nulle. Comme z = xy , on a alors y(y − x) = c1 x. Ainsi,
une solution de l’équation est une fonction y de la variable x telle que y(y − x) = λx avec λ une
réel quelconques puisque pour λ = 0, on retrouve y = 0 et y = x.
x2 + y 2 dy dt
Exercice 9.1. Résoudre l’équation différentielle y 0 = 2
. =t+x et l’équation différentielle
x + xy dx dx
devient
où a, b et c sont des fonctions continues de la variable x. L’expression c(x) est appelée le second membre
de l’équation tandis que
a(x)y 0 + b(x)y = 0, (9.8)
est appelée équation différentielle homogène ou encore équation sans second membre associée à (9.7).
Remarque 9.2. Le membre de gauche de (9.7) est linéaire en y et y 0 , d’où le qualificatif linéaire.
1. Si on connaı̂t une solution particulière y1 (x) de (9.8) autre que la solution banale y = 0, alors la
solution générale de (9.8) est
yH (x) = λy1 (x), (9.9)
et
y 0 + A(x)y = 0, (9.12)
b(x) c(x)
où A(x) = a(x) et B(x) = a(x) . Pour résoudre (9.12), on peut séparer les variables :
dy
+ A(x)dx = 0. (9.13)
y
Ce qui donne
yH = λe−F (x) , (9.14)
b(x)
où λ ∈ R∗ et F est une primitive de la fonction x 7→ A(x) = a(x) .
L’égalité (9.14) montre qu’en fait toutes les solutions de (9.8) sont proportionnelles à x 7→ e−F (x) .
Théorème 9.2. Supposons connue une solution particulière yp de l’équation générale (9.7) ; alors la
solution générale de l’équation (9.7) est donnée par
Démonstration. En effet, si f1 et f2 sont deux solutions de l’équation (9.7), leur différence f1 − f2 est
une solution de l’équation homogène (9.8). Par conséquent toutes les solutions de (9.7) sont obtenues en
ajoutant à celles de (9.8) une solution particulière de (9.7).
• Cherchons à présent une solution particulière de l’équation générale par la variation de la constante :
√ √
yp (x) = λ(x) 1 − x2 , où λ est une fonction à déterminer. On a alors yp0 (x) = λ0 (x) 1 − x2 − √xλ(x)
1−x2
. En
0
reportant yp (x) et yp (x) dans l’équation (9.18) on obtient :
arcsin x x
λ0 (x) = √ +√ .
1−x 2 1 − x2
En intégrant, on obtient :
1 p
λ(x) = (arcsin x)2 − 1 − x2 .
2
Il suit alors que p
1 2
p
2
yp (x) = (arcsin x) − 1 − x 1 − x2
2
et la solution générale de (9.18) est :
p
1 2
p
2
y(x) = yH (x) + yp (x) = (arcsin x) − 1 − x + λ 1 − x2 ,
2
y 0 + xy = x, y 0 + y = 2ex + 4 sin x.
Définition 9.6. On appelle équation de Bernoulli, toute équation différentielle du premier ordre non
linéaire pouvant se ramener sous la forme
Remarque 9.3.
1. Si α = 0 on a une équation différentielle linéaire avec second membre : y 0 + p(x)y = q(x).
Exemple 9.7.
1. Soit à intégrer l’équation y 0 − 2xy = −2xy 2 . C’est une équation de Bernoulli avec α = 2. On
1 1 z 0 (x)
pose alors z = y 1−α = , c’est-à-dire y(x) = et donc y 0 (x) = − . En remplaçant dans
y z(x) [z(x)]2
l’équation on obtient, toute simplification faite, z 0 (x) + 2xz(x) = 2x. La solution générale de cette
2
dernière équation est z(x) = 1 + µex (µ ∈ R) et par conséquent la solution de l’équation de départ
1
est y(x) = .
1 + µex2
4 √ 4
2. Considérons l’équation y 0 = y + x y. Elle s’écrit y 0 − y = x[y(x)]1/2 et est donc une équation
x x
1
de Bernoulli avec α = . Posant y(x) = u(x)v(x), on a y 0 (x) = u0 (x)v(x) + u(x)v 0 (x). L’équation
2
4u(x)v(x)
peut donc s’écrire : u (x)v(x) + u(x)v 0 (x) −
0
p
= x u(x)v(x) soit
x
4
v(x)[u0 (x) − u(x)] + u(x)v 0 (x) = x u(x)v(x).
p
x
4
On cherche la solution y(x) = u(x)v(x) telle que u0 (x) − u(x) = 0, c’est-à-dire u(x) = x4 .
x
v 0 (x) 1
En remplaçant u(x) par x4 on obtient : x4 v 0 (x) = x3 v(x) soit
p
= . On déduit que
[v(x)]3/2 x
2 2
1 4 1
v(x) = ln |x| + µ et par conséquent y(x) = x ln |x| + µ , µ ∈ R.
2 2
2 ex
3. Examinons maintenant l’équation y 0 (x) + y(x) = p . C’est une équation de Bernoulli avec
x y(x)
1 1
α = − . On pose alors z(x) = [y(x)]1−(− 2 ) = [y(x)]3/2 et après transformation on obtient
2
2 2
l’équation différentielle satisfaite par z : z 0 (x) + z(x) = ex .
3 x
Définition 9.7. On appelle équation différentielle de Riccati, toute équation différentielle (non linéaire)
du premier ordre pouvant se ramener sous la forme
On peut ramener une équation différentielle de Riccati à une équation différentielle de Bernoulli via
la démarche suivante :
• Chercher une solution particulière y0 de l’équation de Riccati ;
• faire le changement de variable z(x) = y(x) − y0 (x) pour aboutir à une équation différentielle de
Bernoulli de la forme
z 0 (x) + A(x)z(x) = b(x)[z(x)]2 ,
Exercice 9.3. Résoudre l’équation différentielle suivante : y 0 (x) − y(x) + [y(x)]2 = 4x2 + 2x + 2.
Exercice 9.4 (Quelques exercices sur les équations différentielles de Bernoulli et Riccati). Résoudre les
équations différentielles suivantes : y 0 + 2y = 4y 3 , xy 0 + y = y 2 ln x, y 0 + 2xy + xy 4 = 0, y 0 +
√
y − (cos x − sin x)y 2 = 0, xy 0 − 2x2 y = 4y, y 0 − 2xy + y 2 = 2 − x2 , x2 y 0 + xy + x2 y 2 = 1,
3 1 1
2y 0 + y 2 − 2 = 0, xy 0 − (2x + 1)y + y 2 = −x2 , y 0 − y = y 2 + 1.
x 2x x
où a, b, c sont des constantes telles que a 6= 0 et d(x) est une fonction continue. On appelle équation sans
second membre ou équation homogène associée à (9.26), l’équation
ay 00 + by 0 + cy = 0. (9.27)
Définition
9.9. On dit que deux solutions
y1 et
y2 de l’équation (9.27) sont linéairement indépendantes
si : λ1 y1 (x) + λ2 y2 (x) = 0, ∀x ⇒ λ1 = λ2 = 0 .
Théorème 9.3. Si y1 et y2 sont deux solutions linéairement indépendantes de (9.27), alors l’intégrale
générale de cette équation est de la forme y = λ1 y1 + λ2 y2 , où λ1 et λ2 sont des constantes arbitraires.
Exemple 9.8. Les fonctions y1 (x) = sin x et y2 (x) = cos x, sont deux solutions linéairement indépendantes
de l’équation y 00 + y = 0 ; donc la solution générale de l’équation est y = λ sin x + µ cos x, où λ et µ sont
des réels quelconques.
L’équation (9.28) est appelé l’équation caracteristique de (9.26). On a les cas suivants.
1. Si l’équation caracteristique (9.28) admet deux solutions réelles distinctes r1 et r2 , alors la solution
générale de l’équation homogène est
y = (a + bx)er0 x , (9.30)