Sociologie
06/04/2023
Socio du « genre ».
I) Pk le « genre » pose problème ?
Il y a encore qq années, le genre n’était pas considéré comme problématique. Cette question de la «
théorie du genre » est apparue sous forme de débats, lors de la Manif Pour Tous, à l’occasion du
mariage pour tous (il y a à peu près 10 ans). Ce n’est pas un concept, on ne peut le définir.
Les « études sur le genre » servent à mieux comprendre les inégalités hommes-femmes, dans le
monde du travail, des études, en relation de couple … mais s’intéressent également aux genres en
particulier (ex : valeur et représentation du sexe, femmes faisant des métiers d’hommes …).
Le genre est rattaché au mouvement féministe. Le sexe est encore un sujet relativement tabou.
Selon les arguments en défaveur du mariage pour tous (2012), que l’on soit un homme ou une
femme, on aurait pas la même mission, fonction dans les foyers et ménages. Cette question de la
complémentarité assigne une place aux hommes et assigne une place aux femmes qui seraient
indéfectible.
L’homosexualité serait une déviation de sa nature propre car ce n’est pas naturel, du fait que 2
hommes ou 2 femmes ne peuvent pas faire d’enfants.
Un enfant d’un couple homosexuel serait forcément homosexuel, génération après génération,
comme une maladie.
II) « Genre » et « socialisation ».
Le genre renvoie à une identité sexuée et sexuelle mais ne se résume pas au sexe d’un individu, qui
est une variable.
L’identification à un genre est individuelle car elle ne correspond pas tjrs à notre sexe de naissance
mais davantage à notre attitude ou mentalité.
Isabelle Claire dit que le « genre révèle une logique globale qui organise la société jusque dans ses
moindres recoins ».
Les normes de genre nous obligent individuellement à devenir un homme ou une femme. Cela
commence par l’attribution des prénoms, + ou - genrés, par nos parents. En fonction de si on se
reconnaît comme un homme ou une femme, on ne portera pas les mêmes vêtements, on ne jouera
pas aux mêmes jeux …
La représentation de la masculinité et de la féminité évolue, au fil des âges et du temps et diffèrent
en fonction des personnes. Elle dépend également de paramètres sociaux comme la classe sociale.
Le genre est une réalité sociale omniprésente.
Le genre est le résultat d’un processus de socialisation. Cette construction de l’individu dépend des
instances de socialisation.
Joan Scott a dit qu’ un « élément constitutif des rapports sociaux fondés sur des différences perçues
entre les sexes, le genre est une façon 1ère de signifier les rapports de pouvoir ».
Les rapports sociaux qu’entretiennent les hommes et les femmes sont définis par le fait que les
hommes et les femmes existent.
Il y a 4 manières d’appréhender le genre :
- la construction sociale : il y a des choses que l’on autorise à chacun des genres et pas à l’autre (ex
: le maquillage pour les hommes qui est mal vu).
- le processus relationnel : il y a des choses que l’on apprend à un genre en particulier, du fait de
son sexe de naissance (ex : on apprend aux petites filles à cuisiner et faire le ménage).
- le rapport de pouvoir : une hiérarchie se crée en fonction des aptitudes propres à chaque genre
(ex : le petit garçon qui joue le mieux au foot).
- imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir : genre, classe sociale et race.
Edith Maruéjouis a réfléchi à la géo du genre. Par ex, ceux qui ont pensé la cour de récré
élémentaire l’ont pensé pour les jeux de garçons, en priorité.
III) Assignation et incorporation.
Chez la communauté des Moso, ce sont les femmes qui transmettent le nom de famille et l’héritage.
La sexualité est libre. Il n’y a pas d’hommes, de pères mais des « arroseurs ».
Chez les Nyinba, chaque frère de la même famille épouse la même femme. Ainsi, les hommes
conservent l’entièreté de l’héritage familiale. L’idéal est donc d’enfanter un garçon.
IV) Les goûts et les couleurs.
Si aujourd’hui on associe le rose aux filles et le bleu aux garçons, ça n’a pas tjrs été le cas.
La Vierge était représentée en bleu, symbole de pureté, sagesse et croyance. Le rouge pâle (= rose)
reflétait la puissance et la virilité.
St Louis a « lancé une mode » auprès de l’aristocratie et a transformé le bleu en virilité car il voulait
garder la protection de la Vierge.
Au 18ème siècle, Mme de Pompadour, maîtresse officielle de Louis XV va imposer le rose à la
féminité.
Les garçons ont longtemps porté des robes. A 6 – 7 ans, ont commencé à distingué les vêtements
filles – garçons.
On remarque que les matières sont genrées (le scientifique aux garçons et le littéraire aux filles).
V) La domination masculine.
La domination masculine s’inscrit dans les sociétés patriarcales : le pouvoir politique,
économique, religieux est tenu par des hommes. Les femmes sont écartées de ces positions. Cette
domination pèse sur les femmes comme sur les homes.
C’est l’incorporation des « bonnes » pratiques, des « bonnes » tenues vestimentaires, des « bonnes »
attitudes : les normes.
Selon la domination masculine, le sexe biologique doit correspondre au genre. En fonction du sexe,
il est attendu de se comporter d’une certaine manière. Par ex, les hommes doivent être de vrais
hommes et des femmes, de vraies femmes.
Historiquement, on a tjrs préféré avoir des petits garçons que des petites filles, pour une question de
rentabilité. En effet, on cédait les entreprises, charges et responsabilités aux fils, alors qu’on devait
chercher à marier les filles et payer la dote.
Dès à présent, les choses ont changé. 60 % des parents disent se ficher du sexe du futur né. Souvent,
le reste préfère les garçons. Dans certains pays, on retrouve des pratiques de sélection, en fonction
des sexes. Cette tendance à la sélection a déséquilibré le rapport hommes-femmes. En 2010, il
manquait sur Terre 116 millions de femmes pour obtenir une démographie de nombre.
L’hétéronormativité montre 2 groupes séparés mais hiérarchisés. Ce terme a pour syn ordre
hétérosexuel.
La domination masculine est une domination des valeurs véhiculées par le groupe des hommes.
Selon cette norme de domination, un homme ne peut qu’aimer et avoir des relations sexuelles avec
une femme, et inversement.
Dans cet ordre, il y a des injonctions hétéronormatives : il faut répondre à des normes masculines
comme le courage, la bravoure.
Cette norme existe majoritairement à l’adolescence et trouve ses fondements à l’école primaire. Elle
tende à disparaître en grandissant et vieillissant mais reste pérenne, même si on peut la déconstruire.
Dans son livre les Jeunes et l’Amour dans les Cités, Isabelle Claire dit que l’insulte repoussoir
chez les hommes est le « pédé » et chez les femmes, la « salope ». Elle note la nécessité de
s’éloigner de ces figures car être identifié de cette manière occasionne des dérives comme le
harcèlement.
Le comportement de nos pairs peuvent avoir des effets sur nos comportements, nous invitent à être
des garçons ou des filles + communément acceptés.
Isabelle Claire travaille aussi sur le port des vêtements à l’adolescence, les façons de s’habiller et
leur impact sur la vie.
De son pdv, il vaut mieux éviter l’excédent de féminité. Dans les 2 cas (soit homme ou femme),
c’est considéré comme négatif.
VI) Les publicités sexistes.
La publicité a contribué à sexualiser les corps. Par ex, les femmes sont souvent dénudées.
Si ces publicités existent et fonctionnent, c’est qu’elles font sens intérieurement. A l’époque, on ne
voyait pas le côté dérangeant. Dorénavant, elles sont controversées.
VII) La virilité.
Selon Érasme, devenir un homme, c’est faire preuve de virilité, de pouvoir, courage, moralité,
d’expériences sexuelles … Elle n’impose pas slmt aux hommes de dominer les femmes mais
impose aux hommes de taire leurs faiblesses, leur individualité, leurs sentiments.
A l’époque, il y avait des manuels pour savoir comment éduquer les jeunes filles, alors que ça
n’existait pas pour les jeunes hommes.
Anne-Marie Sohn a écrit la Fabrique des Garçons, où elle explique que des lieux ont induit une
socialisation masculine comme le pensionnat, le scoutisme, le service militaire, dû aux faits que les
garçons y ont appris à s’endurcir. Ces lieux ont des impacts intériorisés.
De nos jours, il y a de + en + de discours d’« intellectuels » dénonçant la « perte de certains
hommes », du à une dévirilisation sociétale. Ce discours, que l’on pourrait penser récent, a tjrs
existé. Mais la virilité est un mythe, un idéal masculin auquel on ne peut pas entièrement accédé.
Les hommes y tendent slmt.
Cette dévirilisation est due à des pertes de privilèges. Par ex, jusqu’à la 2GM, seul l’homme était
jugé capable de pourvoir aux besoins de son entourage et de sa famille. La mécanisation, l’entrée
des femmes dans le travail, le chômage ont favorisé cette dévirilisation.
Suite à la 1GM, le rapport à la guerre a changé. Les hommes sont rentrés avec des « gueules
cassées » : on a remarqué un manque de salut. De +, la guerre n’est plus l’affaire de tous les
hommes mais l’affaire des militaires.
Les normes et injonctions stigmatisent la vulnérabilité et pousse les hommes à davantage nier la
dépression. Cette course à la virilité entraîne des comportements toxiques pour les hommes eux-
mêmes et les autres :
- 75 % des personnes qui meurent d’un accident de la route sont des hommes.
- 92 % des personnes tuées sur un 2 roues sont des hommes.
- 96 % des détenus sont des hommes.
- 80 % des morts par overdose sont des hommes.
- 97 % des auteurs de violences conjugales sont des hommes.