Université Pierre & Marie Curie Licence de mathématiques 3
Année 2012-2013 Module 323
TD 2
Exercice 1
Enoncé. Montrez que deux espaces affines de même dimension finie n sur un corps k donné sont toujours
isomorphes.
Correction. Soient E , E 0 deux espaces affines sur k de même dimension : il existe un isomorphisme linéaire
φ entre leurs espaces directeurs E, E 0 . On fixe des points P ∈ E , P 0 ∈ E 0 et on définit une application
−−→
f : E → E 0 par f (Q) = P 0 + φ(P Q). Comme φ est bijective f l’est aussi, il reste à vérifier que f est bien une
application affine : c’est évident par sa définition.
Exercice 2
Enoncé. Soit E un R-espace affine de dimension 2 et soit E son espace directeur. Soit O ∈ E , soit (e1 , e2 )
une base de E et soit R le repère (O, e1 , e2 ) de E .
i) Soit f l’application affine de E dans E donnée en coordonnées dans le repère R par la formule
(x, y) 7→ (2x − 3y + 5, 7x − 2y + 3).
Donnez la matrice de f dans R.
ii) Soit O0 le point de E de coordonnées (2, −1) ; posons e01 = e1 − 2e2 et e02 = e1 + e2 . Vérifiez que (e01 , e02 )
est une base de E. Soit R 0 le repère (O0 , e01 , e02 ) de E ; donner la matrice de passage de R à R 0 ; en déduire
la matrice de f dans le repère R 0 , puis une définition de f par une formule en coordonnées dans le repère
R0.
iii) Trouvez le repère R 00 = (O00 , e001 , e002 ) de E caractérisé par la propriété suivante : si M est un point de
E de coordonnées (x, y) dans R, ses coordonnées dans R 00 sont (x − y + 3, 2x + y − 6).
iv) Trouvez un repère R 000 de E dans lequel f peut être définie par une formule sans termes constants.
Correction. i) La matrice de f dans R est :
2 −3 5
(1) 7 −2 3 .
1
1 1
ii) On va calculer la matrice P de passage de R à R 0 . Sa partie linéaire est l’inverse de la matrice ,
−2 1
1 −1
qui est égale à g = 31 . On va maintenant calculer sa partie de translation ; si A = 0 + xe1 + ye2 il
2 1
vient
−−→
A = O0 + O0 O + x0 e01 + y 0 e02
= O0 + (x0 − 1)e01 + (y 0 − 1)e02
−−→
−2 −1
vu que le vecteur O0 O = −2e1 + e2 a pour coordonnées dans R 0 g −1 = . Il suit que la matrice
1 −1
de passage P de R à R 0 est donnée par :
1 −1
3 3 −1
P = 32 1
3 −1 .
1
D’autre part la matrice de passage de R 0 à R est :
1 1 2
P −1 = −2 1 −1 .
1
1
D’après l’expression (1) pour la matrice de f on obtient donc la matrice M 0 de f dans R 0 :
2 −3 5
M 0 = P 7 −2 3 P −1
1
−1 −2 −4
= 9 1 12
1
1 −1 1 2
iii) Les coordonnées de e1 (resp. e2 ) dans R 00 sont (resp. ). L’inverse de la matrice
2 1 −1 1
1 1 −2 1 1 1
est 3 , on a donc que les coordonnées de e1 (resp. e2 ) dans R sont 3
00 00 1
(resp. 3 ). Enfin,
1 1 −2 1
on a O = O00 + 3e001 − 6e002 d’où il suit que
O00 = O − (e1 − 2e2 ) + 2(e1 + e2 ) = O + e1 + 4e2
d’après le calcul de e001 et e002 qui précède.
iv) Si O000 est un point fixe de f , alors f a une expression sans terme de translation dans n’importe quel
→
−
repère d’origine O000 . On sait qu’il existe un unique point fixe de f (parce que f n’a pas de vecteur fixe non
nul : son polynôme caractéristique est égal à
X −2 3
= (X − 2)(X + 2) + 21
−7 X +2
dont 1 n’est pas racine). La résolution du système affine :
2x − 3y + 5 = x
7x − 2y + 3 = y
1/3
donne que le point de coordonnées dans R est le point fixe de f .
16/9
Exercice 3
Enoncé. Soit k un corps, soient E et F deux espaces affines sur k d’espaces directeurs respectifs E et F ,
et soit f une application affine de E dans F . Si u ∈ E et si v ∈ F , montrez que les conditions suivantes sont
équivalentes :
i) tv ◦ f = f ◦ tu ;
ii) il existe M ∈ E tel que tv (f (M )) = f (tu (M )) ;
→
−
iii) f (u) = v.
Cas particulier. On suppose (seulement pour cette question) que E = F . À quelle condition sur u la
translation de vecteur u commute-t-elle à f ?
Question subsidiaire. Démontrer directement l’équivalence entre i) et ii) sans le moindre calcul, en vous
fondant sur un résultat du cours.
→
−
Une application. Soit g une application affine de E dans F telle que f = → −g . Montrez que f est surjective
si et seulement si g est surjective ; si c’est le cas, montrez qu’il existe u dans E tel que f = g ◦ tu . Cela
reste-t-il vrai en général sans hypothèse de surjectivité ?
Correction. L’implication i)⇒ii) est tautologique. Montrons que ii)⇒iii) : l’hypothèse signifie que f (M ) +
→
− →
− →
−
v = f (M + u) ; par définition de f ceci donne encore f (M ) + v = f (M ) + f (u), i.e. v = f (u).
Il reste à voir que iii)⇒i), ce qui se voit immédiatement en renversant le calcul précédent : pour tout
M ∈ E on a
→
−
f ◦ tu (M ) = f (M + u) = f (M ) + f (u) = f (M ) + v = tv ◦ f (M ).
En particulier, si E = F et u = v on voit que f commute à la translation tv si et seulement si v est un
point fixe de f , i.e. f (v) = v
2
Comme indiqué dans l’énoncé on peut déduire i)⇔ii) directement du résultat du cours suivant : si deux
applications affines ont la même application linéaire associée et s’il existe un point en lequel elles ont la même
−−−→ → − −−−→
valeur alors elles sont égales. En effet, on sait que f ◦ tu = f = tv ◦ f et ii) affirme que ces deux applications
ont même valeur en M .
Une application : Pour montrer l’équivalence il suffit de montrer qu’une application affine h de E dans F
→
−
est surjective si et seulement si h l’est. On fixe un point base M ∈ E . Supposons que h soit surjective et soit
− −−−→
→ −−−−−→
v ∈ F . Soit N = h(M ) + v ; il existe un M 0 ∈ E tel que h(M 0 ) = N et on a alors h (M M 0 ) = h(M )N = v,
→
− →
−
ce qui montre que h est surjective. Réciproquement, si h est surjective et N ∈ F , il existe un u ∈ E tel
→
− −− − −−→ →
− −−−−−→
que h (u) = h(M )N ; en posant M 0 = M + u on a alors h(M 0 ) = f (M ) + h (u) = h(M ) + h(M )N = N .
→
− →
−
Si f = → −g il existe (sans hypothèse sur f ) un vecteur v ∈ F tel que f = tv ◦ g : en effet il suffit de prendre
−−−−−−−→
g(M )f (M ) pour n’importe quel M ∈ E (on a alors f (M ) = tv (g(M )) et comme f et tv ◦ g ont la même prtie
→
−
linéaire il suit que f = tv ◦ g). D’après ce qui précède, si de plus f est surjective alors f = → −
g l’est aussi
et il existe donc un u ∈ E tel que g (u) = v. On a alors, pour tout M ∈ E , g ◦ tu (M ) = g(M ) + →
→
− −
g (u) =
→
−
tv ◦ g(M ) = f (M ). Bien sûr ce résultat n’est pas vrai si f n’est pas surjective : on sait alors que f n’est
→
−
pas non plus surjective, et si v est n’importe quel vecteur de F − f (E) on voit que l’espace image de E par
tv ◦ f est disjointe de f (E ) qui est aussi l’image de f ◦ tu pour tout u ∈ E : en particulier f ◦ tu 6= tv ◦ f .
Exercice 4
−−→0
0 OA
6 O, on se permettra de noter −→
Enoncé. Si O, A et A sont trois points d’une droite affine et si A =
−−→ OA
−→
l’unique scalaire λ tel que OA0 = λOA.
Soit E un plan affine sur un corps k et soit O, A et B trois points affinement indépendants de E . Soit
A0 (resp. B 0 ) un point de la droite (OA) (resp. (OB)) qui diffère de O. On note h l’unique homothétie de
centre O qui envoie A sur A0 (justifiez brièvement l’existence et l’unicité de h). On suppose que A, B, O ne
sont pas alignés. Montrez que les assertions suivantes sont équivalentes.
−−→0 −−→0
OB OA
i) −−→ = −→ ;
OB OA
ii) h(B) = B 0 ;
iii) les droites (AB) et (A0 B 0 ) sont parallèles.
Remarque. L’équivalence entre i) et iii) est ce qu’on appelle usuellement le théorème de Thalès.
−−→0
→
− OA
Correction. On remarque que le rapport λ de l’homothétie vectorielle h est égal à −→ : en effet il est
−−→0 OA
→
− −→ −→ OA −→ −−→ −− −−− −→ →
− −→
uniquement caractérisé par l’égalité h (OA) = λOA et on a −→ OA = OA0 = h(O)h(A) = h (OA).
OA
i)⇒ii) : On a :
−−→0
→
− −−→ OA −−→
h(B) = h(O) + h (OB) = h(O) + −→ OB.
OA
−−→0 −−→0 −−→0
OB OA −−→0 OB −−→ −−→
Par hypothèse −−→ = −→ et comme d’autre part OB = −−→ OB il suit que h(B) = h(O) + OB 0 = B 0 .
OB OA −−−−−−→ OB
−−−→
−−→
ii)⇒iii) : Si h(B) = B 0 alors h(AB) = h(A)h(B) = A0 B 0 . L’image de la droite (AB) est donc égale à
−−−→
A0 + k A0 B 0 = (A0 B 0 ).
iii)⇒ii) : Il existe une unique droite parallèlle à (AB) passant par le point A0 : par hypothèse elle est égale
→
− −−→ −−→ →
−
à (A0 B 0 ). D’autre part on a h (AB) ∈ k × AB et la droite h((AB)) = h(A)+k h (AB) qui passe par A0 = h(A)
est donc parallèle à (AB) : on en déduit que h((AB)) = (A0 B 0 ). On a enfin h(B) ∈ h((OB)) = (OB 0 ) et
h(B) ∈ h((AB)) = (A0 B 0 ) d’où il suit que h(B) ∈ (OB 0 ) ∩ (A0 B 0 ) = {B 0 } (cette dernière égalité vient de ce
que les points A, B, O ne sont pas alignés : les droites (OB) et (AB) ne sont alors pas parallèles, d’où il suit
3
que (OB 0 ) = (OB) et (A0 B 0 )//(AB) ne le sont pas non plus et donc qu’elles se coupent en exactement un
point).
−−→0 −−→0
OB OA
ii)⇒i) : Comme h(B) = B 0 le rapport de h est égal à −−→ ; mais par définition il est aussi égal à −→
OB OA
d’où suit l’égalité entre ces deux quantités.
Exercice 5
Enoncé. Soit E un espace affine sur un corps k d’espace directeur E. Soit h une homothétie de E dont on
note O le centre et λ le rapport ; on suppose que λ 6= 1. Soit v ∈ E ; décrire aussi précisément que possible
les applications h ◦ tv et tv ◦ h.
Correction. Ces deux applications sont des homothéties de rapport λ, il reste è déterminer leurs centres.
λ
On a pour a ∈ k h(O + (a + 1)v) = O + λ(a + 1)v doù il suit que si P = O + 1−λ v on a h(P + v) =
λ λ
O + λ(1 + 1−λ )v = O + 1−λ v = P .
1
De la même manière on voit que le point fixe de tv ◦ h est Q = O + 1−λ v.
Exercice 6
Enoncé. Soit E un espace affine sur un corps k et soit E son espace directeur. Soient F et G deux sous-
espaces vectoriels de E tels que E = F ⊕ G. Soit π la projection de E sur G parallèlement à F et soit p une
application affine de E dans E dont l’application linéaire associée est π.
a) Déterminez Ker (π − Id) et Im (π − Id) et vérifiez que
E = Ker (π − Id) ⊕ Im (π − Id).
Qu’en déduit-on à propos de l’application p ?
b) Montrez qu’une application linéaire ` de E dans lui-même est une projection (vectorielle) si et seulement
si `2 = ` ; montrez qu’une application affine f de E dans lui-même est une projection si et seulement si f 2 = f .
Correction.
a). On rappelle que F = Im(π −Id) et G = ker(π −Id) (je ne redémontre pas les résultats d’algèbre linéaire),
d’où il suit que E = ker(π) ⊕ ker(π − Id) et donc π(π − Id) = 0, i.e. π 2 = π. On fixe une origine O ∈ E ; on
−−−−→
pose v = Op(O), de sorte que p2 (O) = p(O) + π(v). On va montrer :
(i) le vecteur u = π(v) ne dépend pas du point O ;
(ii) on a p2 = tu ◦ p.
−−→
Soit O0 un point de E ; on a p(O0 ) = p(O) + π(OO0 ) d’où il suit que :
−−0−−−→ −−→ −−−−→ −−→ −−−−→ −−→
O p(O0 ) = O0 O + Op(O) + π(OO0 ) = Op(O) + (π − Id)(OO0 )
−−−−−→ −−−−−→
En appliquant π à cette égalité on obtient π(O0 p(O0 )) = π(O0 p(O0 )) vu que π(π − Id) = 0, ce qui prouve le
point (i).
Soit M ∈ E ; on veut montrer que p p(M ) = p(M ) + u. La partie linéaire de p2 est π 2 , d’où il suit que :
−−→ −−−−−−−→ −−→
p2 (M ) = p2 (O) + π 2 (OM ) = p(O) + p(O)p2 (O) + π(OM )
−−−−→ −−→ −−→
= p(O) + π(Op(O)) + π(OM ) = p(O) + u + π(OM )
= p(M ) + u,
ce qui prouve le point (ii).
4
b). Soit p une application affine telle que p2 = p ; soit V le noyau de sa partie linéaire et F son image. On
→
−
note π = → −
p ; on a π 2 = p2 = π d’où il suit que π est une projection vectorielle et donc en particulier que
E = V ⊕ F . On va montrer que p est la projection sur F parallèlement à V : on remarque que cette dernière
−−−−−→
est l’unique application f de E dans F telle que M f (M ) ∈ V pour tout point M . Soit M ∈ E ; comme la
−−−−−→
partie linéaire π de p est une projection vectorielle, le point (ii) ci-dessus implique que l’on a π(M p(M )) = 0.
−−−−−→
Il suit que l’on a M p(M ) ∈ V pour tout M , et on conclut que p est bien la projection souhaitée.
Réciproquement, si p est la projection affine sur F parallèlement à V sa partie linéaire π est la projection
vectorielle sur F parallèlement à V et vérifie donc en particulier π 2 = π. Pour obtenir p2 = p il suffit donc de
montrer qu’il existe un point M ∈ E tel que p2 (M ) = p(M ) : mais ceci est vrai trivialement pour M ∈ F .
Exercice 7
Enoncé. Soit E un espace affine sur un corps k de caractéristique différente de 2 et soit E son espace
directeur. Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E tels que E = F ⊕ G. Soit σ la symétrie par
rapport à G et parallèlement à F et soit s une application affine de E dans E dont l’application linéaire
associée est σ.
a) Déterminez Ker (σ − Id) et Im (σ − Id) et vérifiez que
E = Ker (σ − Id) ⊕ Im (σ − Id).
Qu’en déduit-on à propos de l’application s ?
b) Montrez qu’une application linéaire ` de E dans lui-même est une symétrie (vectorielle) si et seulement
si `2 = Id ; montrez qu’une application affine f de E dans lui-même est une projection si et seulement si
f 2 = Id.
Correction.
(a). On suppose car(k) 6= 2. On a G = ker(σ − Id) = Im(σ + Id) et F = Im(σ − Id) = ker(σ + Id), d’où
il suit que E = ker(σ − Id) ⊕ ker(σ + Id) et (σ − Id)(σ + Id) = 0, i.e. σ 2 = Id. D’autre part, ceci implique
que 21 (σ − Id) est la projection de noyau G et d’image F , 12 (σ + Id) celle de noyau F et image G . On note
−−−−→
π cette dernière projection. On fixe une origine O, on pose v = Os(O) ; on va montrer :
(i) le vecteur u = π(v) ne dépend pas du point O ;
(ii) on a s2 = t2u .
−−→
Soit O0 un point de E ; on a s(O0 ) = s(O) + σ(OO0 ) d’où il suit que :
−−0−−−→ −−→ −−−−→ −−→ −−−−→ −−→
O s(O0 ) = O0 O + Os(O) + σ(OO0 ) = Os(O) + (σ − Id)(OO0 )
−−−−−→
On rappelle que F = Im(σ − Id) = ker(π) ; en appliquant π à cette égalité on obtient donc π(O0 s(O0 )) =
−−−−−→
π(O0 s(O0 )), ce qui prouve le point (i).
Soit M ∈ E ; on veut montrer que s s(M ) = M + 2u. La partie linéaire de s2 est Id, d’où il suit que :
−−→ −−−−→ −−→ −−−−→ −−→
s2 (M ) = s2 (O) + OM ) = s(O) + σ(Os(O)) + OM = O + (Id + σ)(Os(O)) + OM = M + 2u
ce qui prouve le point (ii).
(b). Je ne fais que le sens s2 = s ⇒ s est une projection affine ; la réciproque est laissée au lecteur. Dans
→
−
ce cas σ := →
−s est une symétrie vectorielle car →
−
s 2 = s2 = →
−
s . On note, comme dans la question (a), G son
espace fixe et F son espace propre pour -1. Soit O ∈ E , alors le point mileu Q de O et s(O) est fixé par
s : une manière rapide de voir ceci est de remarquer que l’ensemble {O, S(O)} est préservé par s et que s
envoie le milieu de deux points sur le milieu de leurs images (c’est vrai de toute application affine, et facile
5
−−−−→
à montrer). Une preuve plus ad hoc est la suivante : le vecteur 1/2Os(O) est dans F à cause du point (ii)
de la question (a) ci-dessus, et on a donc :
−−−−→ −−−−→
s(Q) = s(O + 1/2Os(O)) = s(O) + σ(1/2Os(O))
−−−−→
= s(0) − 1/2Os(O))
−−−−→ −−−−→ −−−−→
= O + Os(O) − 1/2Os(O)) = O + 1/2Os(O) = Q.
Il suit en tout cas que le sous-espace G = Q + G est fixé par s. (On remarque que cet espace ne dépend pas
−−→
du point O choisi : si O0 est un autre point, Q0 le milieu de O0 , s(O0 ) alors QQ0 est fixé par σ (car Q, Q0 sont
−−→0
fixés par s) et il suit que QQ ∈ G, i.e. Q + G = Q0 + G.) On va donc montrer que s est la symétrie S0 par
rapport à ce sous-espace parallèlement à F . Comme s et s0 ont la même partie linéaire σ il suffit de montrer
qu’il existe un point M de E tel que s(M ) = s0 (M ), ce qui est évidemment vrai pour M ∈ G .
Remarque. Si car(k) = 2 le point (b) est faux : dans ce cas , pour tout n ≥ 2 il existe des endomorphismes
linéaires s de k n qui vérifient s2 = s mais qui ne sont pas des symétries (c’est parce que le polynôme s2 − 1
est égal sur k à (s − 1)2 dont les racines ne sont pas simples : il est ainsi facile de voir
quela seule symétrie
2 1 1
est l’identité). Un exemple simple est l’endomorphisme de k donné par la matrice .
0 1
Exercice 8
Enoncé. Soit ` l’application linéaire de R3 dans lui-même dont la matrice dans la base canonique est égale
à
0 1 0
1 0 0 .
0 0 −1
a) Déterminez Ker (` − Id) et Im (` − Id) ; montrez que R3 est la somme directe de ces deux sous-espaces.
b) Soit f l’application affine de R3 dans lui-même donnée par la formule
(x, y, z) 7→ (y + 1, x + 2, −z + 3).
Déterminez l’unique couple (u, g), où u ∈ Ker (` − Id) et où g est une application affine ayant un point fixe,
tel que f = tu ◦ g ; donnez un point et l’espace directeur de l’ensemble des points fixes de g.
Correction.
3 2
directe R = R × R ; il suffit donc de diagonaliser
(a). L’application ` préserve la décomposition ensomme
0 1
sa restriction au sous-espace R2 × 0. La matrice se diagonalise comme suit :
1 0
√ √ ! √2 √ !
2 2 2
2√ √2
0 1 √2
− √2
1 0
=
− 22 2 1 0 2 2 0 −1
2 2 2
(c’est la symétrie d’axes {x = y}, {x = −y}). Il suit que :
1
V := ker(` − Id) = R 1
0
1 0
W := ker(` + Id) = R −1 ⊕ R 0 .
0 1
Il est clair que ces deux sous-espaces sont en somme directe ; c’est de toute façon clair sans faire de calcul
puisque ` est une symétrie.
6
(b). On pose
1
v = 2 ;
3
on a donc f = tv ◦ `. L’application fw := tw ◦ f a un point fixe si et seulement si fw2 = Id, et on calcule que :
fw2 = (tw+v ◦ `)2 = tv+w+`(v+w) = t2π(v+w)
où π est la projection sur V . L’unique w ∈ V tel que π(v + w) = 0 est w = −π(v), on en déduit que :
3
1 −2
1
u = − (` + Id)( 2 ) = − 32 .
2
3 0
On a alors g = tu ◦ f ; l’espace V des point fixes de g est une droite affine dont la direction est V . Puisque
g = tu0 ◦ ` où u0 = π 0 (v), π 0 = 21 (` − 1), on a en fait V = tu0 /2 (V ), d’où :
1
−2
V = 12 .
− 23
(On aurait aussi pu calculer un point fixe en utilisant l’expression de g en coordonnées).
Exercice 9
Enoncé. Soit ` l’application linéaire de R2 dans R2 qui envoie (x, y) sur (x + y, y).
a) Déterminez Ker (` − Id) et Im (` − Id) ; l’espace R2 est-il somme directe de ces deux sous-espaces ?
b) Donnez un exemple d’une application affine f de R2 dans R2 dont l’application linéaire associée est `
et telle que pour tout u ∈ Ker (` − Id) l’application tu ◦ f soit sans point fixe.
Corrigé.
(a). On voit immédiatement que ker(` − Id) = R × 0 = Im(` − Id). Ces deux espaces ne sont pas en somme
directe.
(b). On cherche f sous la forme tv ◦` ; il est clair que la propriété demandée ne dépend que de la projection de
v sur un complémentaire de ker(`−Id), on va donc vérifier que v = (0, 1) marche. On a f (x, y) = (x+y, y+1),
donc f (x, y) = (x, y) implique y = y + 1, i.e. 0 = 1 ce qui n’est pas possible.