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Anatomie et caractéristiques du bois

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2.

1 – GÉNÉRALITÉS : ANATOMIE ET CARACTÉRISTIQUES DU BOIS (RAPPELS)


Se reporter aux modules d’enseignement traitant de l’anatomie, des propriétés et des caractéristiques du bois.

 Un tronc d’arbre est constitué de plusieurs


parties (Figure 1). En partant de l’extérieur
vers l’intérieur, on trouve : l’écorce, le cam-
bium, l’aubier, le duramen et la moelle.
Le bois est composé à 25-30% de lignine et
à 40-50% de cellulose et d’hémicellulose. Le
bois jeune est physiologiquement actif
(couches extérieures : cambium, aubier) et
il assure l’acheminement de la sève et des
autres éléments nutritifs nécessaires à la
croissance de l’arbre. Figure 1 : Illustration des différentes parties d'un tronc d'arbre
Chaque année, les cernes les plus anciens se transforment en duramen (ou bois parfait) au centre du tronc. Progressive-
ment, ce bois cesse de transporter la sève et les autres éléments nutritifs et se charge en tanins, et selon, en résines.
La naissance d’un arbre se produit à travers la germination d’une graine se trouvant normalement dans le sol. C’est à par-
tir de la croissance d’une tige que la moelle se forme et le tronc d’arbre commence à se façonner. La croissance d’un ar-
bre se fait selon deux modes simultanés :
• Croissance primaire : Elle correspond à l’accroissement longitudinal du tronc ainsi que les ramifications des bran-
ches. L’arbre cherche à atteindre une hauteur qui lui permette de profiter au maximum du soleil et d’éviter ainsi la
concurrence de ses voisins.
• Croissance secondaire : Elle correspond à l’accroissement radial du tronc et des branches. Cependant, la formation
des cellules, produites par le cambium, diffère selon la saison dans laquelle le processus a lieu.

Tout au long de la croissance de l’arbre, le tissu cellulaire qui le com-


pose évolue. Dans les premières années le bois est qualifié de « bois
juvénile », puis il entre dans une zone de transition et devient finale-
ment du « bois mature » nommé ou « bois parfait ». Les saisons ont
une importance capitale dans le développement d’un arbre et plus
particulièrement dans les zones tempérées. En effet, au cours de la
saison printanière, l’arbre a besoin d’une quantité importante de subs-
tances nutritives et d’eau dans la mesure où la saison hivernale corres-
pond à une période creuse et inactive. L’ensemble du bois de prin-
temps et d’été créé en une année forme un cerne d’accroissement Figure 2 : Échantillon de mélèze. Le bois formé
(Figure 2). Le bois est constitué d'une alternance de zones poreuses au printemps est plus poreux donc plus clair
formant des vaisseaux (bois de printemps) et de zones plus compactes que le bois formé en été, ce qui permet de
(bois d'été). distinguer les cernes annuels.

 Deux grandes familles d’arbres existent dans les forêts françaises : les feuillus et les résineux. Les bois feuillus étant ap-
parus après les bois résineux dans l'histoire phytogénétique, ils sont plus évolués et présentent une structure anatomi-
que plus complexe que les résineux. Pour certaines essences telles que le chêne, le châtaigner ou le douglas, l’aubier est
généralement plus clair que le duramen, on dit alors qu’il est différencié. Pour d’autres essences comme le sapin ou
l’épicéa, il n’existe pas de différence visuelle, on parle alors d’aubier non différencié. Néanmoins dans les deux cas, il
existe des différences de porosité entre l’aubier et le bois parfait qui rend l’aubier, d’une part plus imprégnable, et
d’autre part moins résistant aux attaques des champignons et insectes que le duramen qui possède une durabilité natu-
relle.

C–1
Les résineux :

• L'épicéa et le sapin entre lesquels on ne fait la plupart du temps pas de distinction dans la construction, car leurs ca-
ractéristiques mécaniques sont pratiquement identiques. Pour ces bois, on n'observe pas de différence de couleur
entre l'aubier et le duramen. Une large majorité des structures sont réalisées avec ces essences.
• Le mélèze, dont les caractéristiques mécaniques sont légèrement supérieures à celles du sapin et de l'épicéa.
L'épaisseur de l'aubier est faible et le duramen est nettement reconnaissable à sa couleur rouge saumon. Cette es-
sence est très appréciée pour les revêtements extérieurs en raison de la bonne résistance du duramen aux attaques
d'insectes et de champignons. Les substances de duraminisation contenues dans le mélèze sont corrosives. II est
donc conseillé d'utiliser des moyens de fixation inoxydables pour la mise en oeuvre.
• Le douglas, est un bois aux caractéristiques voisines du mélèze. II s'agit d'un bois de bonne qualité dont le duramen,
naturellement résistant aux attaques d'insectes et de champignons, a une coloration saumon. Originaire d'Amérique
du Nord et introduit en France en 1842, c'est un arbre à croissance spectaculaire et rapide, à fût droit, pouvant at-
teindre 40 à 55 m et plusieurs mètres de diamètre ; son écorce est épaisse et crevassée.
• Les caractéristiques mécaniques des pins varient en fonction des variétés (pin sylvestre, pin maritime, etc.) mais res-
tent comparables à celles du sapin et de l'épicéa. Le duramen est nettement reconnaissable à sa couleur rouge et sa
résistance aux attaques d'insectes et de champignons est bonne.

Les feuillus :
• Le chêne est riche en tanin et sa résistance aux attaques de champignons et d'insectes est très bonne. Le chêne est
couramment utilisé pour réaliser des filières de support d'une structure en bois sur une base en béton, ou pour exé-
cuter des cales servant à l'introduction de charges concentrées importantes. Autrefois utilisé à grande échelle en
charpente navale, il a perdu de son importance structurelle, sauf dans les régions où il abonde. Notons que dans un
domaine voisin des structures, les traverses de chemin de fer sont le plus souvent en chêne (parfois en hêtre), no-
tamment dans les gares, pour les aiguillages ou dans des lieux difficiles en raison de leurs excellentes propriétés
acoustiques et de leur résistance/souplesse.
• Le hêtre est principalement utilisé pour exécuter des cales servant à l'introduction de charges concentrées impor-
tantes. Par contre, bien qu'il présente des caractéristiques mécaniques voisines de celles du chêne transversalement
aux fibres, un processus de duraminisation différent le rend sensible à la dégradation par les micro-organismes. II ne
peut donc pas être employé en extérieur.
• Le châtaignier, qui présente des caractéristiques voisines du chêne, tant au niveau mécanique qu'en ce qui concerne
la durabilité. C'est un bois très riche en tanin et par là même durable. Ces fruits, les châtaignes, sont comestibles et
riches en amidon, ce qui lui a valu parfois la dénomination d' « arbre à pain ». Souvent cultivé en taillis, il était dans
ce cas limité à la confection de petites sections (menuiserie, piquets). Bois relativement nerveux, il est sujet à la rou-
lure.
• Le robinier (faux acacia) est un arbre originaire d'Amérique du Nord et planté pour la première fois en France en
1601. Naturellement très durable et de croissance rapide, ce bois n'est guère utilisé en structure à cause de sa
grande nervosité et de sa tendance au gauchissement. Par contre, sa grande durabilité en fait un bois idéal pour les
piquets de vigne ou de clôture. Le développement de sections en lamellé-collé devrait ouvrir de nouvelles perspecti-
ves à cette essence à haute durabilité.
Bien que leur haute résistance aux agents biologiques prédestine le chêne ou le châtaignier aux applications extérieu-
res, leur mise en oeuvre dans ce cas conduit souvent à des coulures dues au délavage des tanins. Celles-ci peuvent
être inesthétiques, par exemple lorsqu'elles se marquent sur les éléments de support tels que murets ou façades infé-
rieurs. II est possible de pallier cet inconvénient en délavant préventivement les tanins avant le montage des élé-
ments.

2.2 – PRINCIPAUX DÉFAUTS NATURELS ET ALTÉRATIONS (RAPPELS)


Le bois un matériau naturel qui n’est pas un matériau homogène. Par conséquent, les éléments en bois peuvent présenter un
grand nombre d’anomalies et de singularités qui influencent les possibilités d’emploi dans la construction. Le noeud est le
défaut le plus commun rencontré sur une pièce de bois, mais il en existe de nombreux autres (fentes, …). L’ensemble des
défauts doit être pris en compte pour juger des performances mécaniques d’une pièce de bois.

C–2
 Les nœuds : Les noeuds (Figure 3, Figure 4, Figure 5) sont les traces des branches
englobées dans le tronc au cours de la croissance de l’arbre. C’est le défaut le plus
apparent dans le bois d’oeuvre et c’est celui qui peut être le plus préjudiciable si
l’on n’y prête pas attention. Il faut avant tout considérer que les noeuds sont des
anomalies de structure du bois et que ces anomalies inévitables sont parfois sans
inconvénients. L’influence des noeuds sur le comportement du bois est prise en
compte lors du classement des bois (voir la partie suivante). A priori, les noeuds ont
peu d’influence sur les propriétés mécaniques lorsque le noeud est sollicité en
compression. L’influence est beaucoup plus importante lorsque le noeud est soumis
à de la traction. Le noeud peut alors être vu comme un trou du fait de la disconti-
nuité des fibres à son voisinage. Les noeuds ont donc une forte influence pour les
pièces de bois soumises à de la traction et lorsqu’ils sont situés dans la zone tendue
des pièces soumises à de la flexion. Figure 3 : Noeud

La branche, incluse dans le tronc, croît périodiquement. Le Dans ce cas, la branche est morte et son cambium disparaît et ne pro-
cambium de la branche génère des cellules en continuité duit ainsi plus de nouvelles cellules. La branche est englobée par
avec celles du tronc. Ce phénomène donne lieu à une meil- l’accroissement du tronc et il n’y a plus de continuité entre les deux
leure cohésion entre le nœud et le bois formé autour. structures.
Figure 4 : Nœud adhérent Figure 5 : Nœud non adhérent

 Les fentes : Il y a lieu de distinguer deux catégories de fentes ; celles qui existent dans les arbres sur pied, de celles qui se
produisent après l’abattage. Les fentes survenant après l’abattage de l’arbre sont décrites au paragraphe 2.6.4 –
Variations dimensionnelles et déformations.

Les roulures, qui sont des décollements des cercles d’accroissement de l’arbre,
elles peuvent être totales ou simplement partielles et sont provoquées par des
grands coups de vent qui soumettent l’arbre à des flexions exagérées ou sont
les conséquences des gélivures.

Les cadranures, qui sont des fentes rayonnantes partant du cœur, et qui cou-
pent le bois perpendiculairement aux cernes d’accroissement. Ce sont des dé-
fauts d’arbres âgés. En effet, quand l’arbre est jeune et vigoureux, toutes les
couches annuelles sont vivantes et humectées de sucs ; quand il vieilli le cœur
se dessèche et ainsi le bois est soumis à un retrait produisant ces fentes en
étoile.
Les gélivures, qui sont des fentes radiales orientées selon le plan radial, et qui
pénètrent assez profondément dans l’arbre. Elles sont dues à un grand froid
survenu subitement. L’éclatement se fait suivant un rayon médullaire, après un
gonflement dû au gel de constitution de l’arbre.
Tableau 1 : Fentes dans les arbres sur pied
Les fentes qui existent dans les arbres sur pied sont toujours à rejeter car elles proviennent de défauts de croissance des
arbres et consistent en un décollement des fibres, se qui signifie une discontinuité dans le matériau. Les fentes de ce type
les plus fréquentes sont présentées Tableau 1.

C–3
Figure 6 : Photos de fentes de pied
Si ces défauts ne sont pas détectés au sciage, ils fragiliseront le produit réalisé (Figure 7).

Figure 7 : Fente dans les produits de sciage

 Les anomalies de croissance : Il existe d’autres défauts dans le matériau bois qui sont dues, la plupart du temps, au cli-
mat, au voisinage d’arbres entre eux, ou éventuellement aux hommes. Le Tableau 2 présente les anomalies les plus fré-
quentes. Dans l’ensemble, tous ces défauts sont à proscrire pour l’utilisation du bois dans la construction.

Les fils tors, qui correspondent à une disposition des fibres


en hélices plus ou moins inclinées par rapport à la direc-
tion longitudinale du bois. Ils sont dus à la présence de
vent dominant tendant à les faire pivoter sur eux-mêmes.
On rencontre ce défaut assez fréquemment chez l’épicéa,
le pin et parfois le chêne. Cette anomalie entraîne un voi-
lement des éléments de sciage. En effet au séchage, leurs
fibres ont tendance à reprendre une position rectiligne et
les sciages rectangulaires débités dans des bois tors et
humides se gauchissent.
Les broussins qui sont des excroissances de forme irrégu-
lière, présentant un aspect rugueux, formées de bois aux
fibres enchevêtrées, qui proviennent de l’agglomération
de bourgeons qui ne se sont pas développés et ont fini par
se souder.
Les loupes sont aussi des excroissances mais présentant un
aspect lisse. Elles sont parfois de dimension importante et
elles proviennent d’une activité désordonnée du cambium.
La cause peut être des traumatismes répétés, la taille, les
attaques d’insectes …

Les entres-écorces correspondent à la soudure par greffe


naturelle de deux tiges qui ont poussé à partir de la même
base. On retrouve alors la présence d’écorce à l’intérieur
de la masse de bois.

Tableau 2 : Anomalies de croissance

C–4

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