1.
4 – ÉLÉMENTS À CONSIDÉRER SUR LES PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
D’une façon générale selon les Eurocodes, on est amené à déterminer une résistance de calcul ( X Rd ) à ne pas dépasser pour
un élément de structure en distinguant les assemblages et les profilés dans le cas d’une sollicitation donnée (traction, com-
pression, cisaillement, flexion, flexion composée, ...). On a :
X Rk
X Rd = ≥ X Ed .
γM
X Rd : Résistance de calcul (effort ou contrainte)
X Rk : Valeur caractéristique de la résistance (effort ou contrainte) considérée
γM : Coefficient partiel de sécurité pour la résistance considérée selon le matériau
X Ed : Effet calculé (effort ou contrainte) selon les sollicitations dans l’élément considéré
X Rd résistant
On définit le rapport ≤ f sécurité qui caractérise et bien sûr le rapport inverse caractérise un taux de travail.
X Ed moteur
– CHAPITRE 10 – Classement Structure
UNE ORIGINE : LES EUROCODES
Les Eurocodes sont des règles de dimensionnement de structure utilisées dans le domaine de la Construction, qui ont été mises en place dans les années 90. Ils ont pour rôle, à
la fois d'harmoniser les règles de calcul au niveau européen, mais aussi d'équilibrer la représentativité de chaque matériau dans le milieu de la Construction.
L'Eurocode dédié au dimensionnement du matériau bois est l'Eurocode 5.
La norme NF EN 338, qui fait directement suite à la rédaction de cet Eurocode, référence les valeurs mécaniques caractéristiques du bois selon des classes données (par
exemple C18 ou C30). Ces valeurs sont issues d'essais effectués au niveau européen. On notera que le nombre associé au "C" correspond à la charge maximale en mégapas-
cals que peut supporter une poutre en flexion.
LE CLASSEMENT STRUCTURE
La norme NF EN 1611-1 de classement visuel d'aspect (présentée dans la rubrique "Infos techniques - Classement d'aspect") n'indique pas les propriétés mécaniques des
sciages. C'est pourquoi un autre type de classement est mis en place.
Les propriétés mécaniques d'un bois dépendent essentiellement de ses singularités (noeuds, pente de fil, flache, etc). Aussi, c'est par un classement visuel (appelé "Classe-
ment Visuel de Structure" ou encore "Classement Structure") que les sciages obtiennent telle ou telle autre classe de résistance visuelle (selon la norme NF B 52-001). Ce
classement garantit précisément la résistance mécanique des sciages.
Actuellement, il est possible de classer suivant trois classes visuelles ST-I, ST-II et ST-III, correspondant respectivement aux classes C30, C24 et C18 (Dénomination de l'Euro-
code 5), exception faite du mélèze. Pour cette essence uniquement, la classe ST-I correspond à une classe de résistance Eurocode C27.
LES CLASSES ET LES USAGES
Chaque classe étant garante d'un certain niveau d'exigence, on peut donc définir des usages propres à chaque classe de résistance :
• C18 : Charpente traditionnelle
• C24 : Charpente industrielle et lamellé-collé
• C30 : Charpente lamellé-collé à haute performance
CARACTÉRISTIQUES MÉCANIQUES DES SCIAGES
Propriétés de résistance (en N/mm²) C18 C24 C30
Flexion 18 24 30
C–39
Propriétés de résistance (en N/mm²) C18 C24 C30
Traction axiale 11 14 18
Traction transversale 0,5 0,5 0,6
Compression axiale 18 21 23
Compression transversale 2,2 2,5 2,7
Cisaillement 2 2,5 3
Propriétés de ridigité (en kN/ mm²)
Module d'élasticité axiale 9 11 12
Masse volumique moyenne (en kg/m3)
Résistance du bois
On mesure les caractéristiques de résistance des bois de différentes espèces au cours d'un grand nombre d'essais sur éprou-
vettes sans défauts de bois séché à l'air. Les chiffres obtenus pour l'épinette blanche montrent par exemple que sa résistance
à la rupture en flexion statique peut atteindre 8 500 liv/po². La résistance à l'écrasement parallèlement au fil, sous pression
maximale, est d'environ 5 000 liv/po². Pour diverses raisons, dont la nécessité de prévoir la variabilité des caractéristiques
des sciages du commerce et la possibilité de défauts tels que les noeuds et les gerces, on emploie en génie civil des valeurs
qui sont cinq fois plus faibles que les précédentes et même moins, en se fondant sur des formules soigneusement établies.
Même en tenant compte de ces réductions, on trouve que l'épinette blanche possède des capacités portantes remarquables
et sûres pour son poids, si on compare ce bois avec l'acier de densité 18 fois plus forte. Il est bon de noter que le bois pos-
sède une bonne résistance à la traction par rapport à sa résistance au flambage, caractéristique qui le rend très utile au sup-
port des charges entraînant fléchissement. C'est pour cette raison que le bois a toujours été considéré comme un matériau
de construction naturel de grande valeur. L'étude des propriétés correspondantes normalement au fil du bois révèle un autre
trait caractéristique, soit la résistance beaucoup plus faible du matériau dans cette direction. La résistance à l'écrasement
perpendiculairement au fil du bois d'épinette blanche n'atteint que 450 liv/po² à la limite de proportionnalité. La résistance
maximale à l'extension perpendiculairement au fil est à peu près la même; la résistance maximale au cisaillement parallèle-
ment au fil atteint 1000 liv/po². Ces valeurs des résistances aux efforts appliqués normalement au fil sont d'un vif intérêt
pour l'ingénieur calculant les charges supportées par des pièces de charpente en bois. Les autres variétés de bois ont des
propriétés semblables, variant selon la densité, l'origine, la vitesse de croissance, et d'autres facteurs encore. Les bois d'es-
sences feuillues montrent une plus faible différence entre les résistances selon la direction de l'effort appliqué par rapport au
fil que les bois d'essences résineuses. Il apparaît maintenant clairement que les différences de résistance selon la direction du
fil, comme les variations dimensionnelles découlant de l'état hygroscopique du bois, dépendent étroitement de l'arrange-
ment unidirectionnel des fibres et des cellules constitutives. Les meilleures qualités de résistance se trouvent heureusement
orientées selon la longueur de la grume. Le bois serait d'une utilité bien plus faible s'il en était autrement.
Conclusion
Il ne nous a été possible d'étudier que de façon succincte les caractéristiques propres au bois, Un Digeste ultérieur traitera de
leur importance pour la construction. Le lecteur intéressé trouvera dans l'excellent ouvrage "Canadian Woods, their Proper-
ties and Uses", en vente chez l'Imprimeur de la Reine à Ottawa, un exposé très complet de la question. Le bois, bien qu'il
constitue un matériau familier et estimé, présente des difficultés spéciales lors de son emploi en raison de la variation de ses
qualités, de sa structure anisotrope, et en conséquence de ses propriétés fondamentales. Elles sont à l'origine de quelques-
unes de ses qualités propres, mais elles nécessitent aussi un traitement et une utilisation convenables du bois. Toutes les
personnes transformant et manipulant le bois devraient être au courant de ses propriétés fondamentales, et spécialement
l'architecte qui devrait toujours établir les plans et prescrire l'utilisation du bois en tenant compte de ses caractéristiques
distinctives pour en obtenir les plus grands services.
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