ALGÈBRE BILINÉAIRE
- Correction de l’exercice 17 « procédé d’orthonormalisation de Schmidt » -
Exercice 1 :
1. Justifier que le vecteur f1 est bien défini, et vérifier que (f1 ) est une famille orthonormée de E telle
que Vect(f1 ) = Vect(e1 ).
2. Soit k ∈ [[1, n − 1]]. On suppose les vecteurs f1 , . . . , fk construits et vérifiant :
(f1 , f2 , . . . , fk ) est une famille orthonormée de E telle que Vect(f1 , f2 , . . . , fk ) = Vect(e1 , e2 , . . . , ek ).
Xk
On pose alors fk+1 ′ = ek+1 − hek+1 , fi i fi .
i=1
′
(a) Vérifier que la famille f1 , f2 , . . . , fk , fk+1 est orthogonale.
′ →
−
(b) Justifier que fk+1 6= 0 . On pourra raisonner par l’absurde.
1
On pose alors fk+1 = ′ .f ′ .
fk+1 k+1
(c) Montrer que (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est une famille orthonormée de E.
(d) Justifier que dim Vect(f1 , f2 , . . . , fk+1 ) = k + 1, puis vérifier que
Vect(f1 , . . . , fk , fk+1 ) = Vect(e1 , . . . , ek , ek+1 ).
Le principe de récurrence permet alors de conclure que la famille (f1 , f2 , . . . , fn ), dite obtenue par le
procédé d’orthonormalisation de Schmidt à partir de la base (e1 , . . . , en ), est une base orthonormée de
E telle que : ∀k ∈ [[1, n]], Vect(f1 , f2 , . . . , fk ) = Vect(e1 , e2 , . . . , ek ).
Correction :
→
− 1
1. Comme (e1 , . . . , en ) est une base de E, e1 6= 0 , donc ||e1 || =
6 0, ce qui justifie que f1 = e1 existe.
||e1 ||
Par construction le vecteur f1 est normé. Ainsi, (f1 ) est une famille orthonormée.
1
Enfin, f1 = .e1 ∈ Vect(e1 ). D’où Vect(f1 ) ⊂ Vect(e1 ). Puisque e1 et f1 sont non nuls, Vect(f1 ) et
||e1 ||
Vect(e1 ) sont de même dimension égale à 1. D’où Vect(f1 ) = Vect(e1 ).
2. (a) On sait déjà que (f1 , . . . , fk ) est
* une famille orthogonale. + Soit alors i ∈ [[1, k]]. Par bilinéarité du
Pk Pk
′
produit scalaire : fi , fk+1 = fi , ek+1 − hek+1 , fj i fj = hfi , ek+1 i − hek+1 , fj i . hfi , fj i.
j=1 j=1
(
0 si i 6= j
Comme (fℓ )16ℓ6k est une famille orthonormée : hfi , fj i = 2
||fi || = 1 si j = i
On en déduit que la somme se réduit au terme d’indice j = i et alors :
′
fi , fk+1 = hfi , ek+1 i − hek+1 , fi i = 0.
′
On en déduit que la famille (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est bien orthogonale.
k
′ →
− X
(b) Supposons que fk+1 = 0 . Alors : ek+1 = hek+1 , fi i fi . On en déduit que
i=1
ek+1 ∈ Vect(f1 , . . . , fk ) = Vect(e1 , . . . , ek ), ce qui est absurde car la famille (e1 , . . . , ek , ek+1 ) est
libre.
′ →
− ′ 1
On en déduit que fk+1 6= 0 . Par conséquent, fk+1 6= 0 et donc fk+1 = ′ .f ′ est bien
fk+1 k+1
défini.
(c) Par construction, ||fk+1 || = 1 et donc (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est une famille de vecteurs normés.
′
Comme (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est une famille orthogonale, par bilinéarité du produit scalaire, la
!
1
famille f1 , . . . , fk , ′ f′ reste une famille orthogonale.
fk+1 k+1
Finalement, (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est bien une famille orthonormée de E.
(d) Comme (f1 , . . . , fk , fk+1 ) est une famille orthonormée de E, cette famille est libre et donc
dim Vect(f1 , f2 , . . . , fk+1 ) = k + 1.
-1- C. Carchereux, lycée CARNOT
Par construction, fk+1 ∈ Vect(f1 , . . . , fk , ek+1 ), et on a clairement fi ∈ Vect(f1 , . . . , fk , ek+1 ),
pour tout i ∈ [[1, k]]. Vect(f1 , . . . , fk , ek+1 ) étant stable par combinaisons linéaires, on en déduit
que : Vect(f1 , . . . , fk , fk+1 ) ⊂ Vect(f1 , . . . , fk , ek+1 ). Or par hypothèse,
Vect(f1 , . . . , fk ) = Vect(e1 , . . . , ek ). On en déduit que :
Vect(f1 , . . . , fk , fk+1 ) ⊂ Vect(e1 , . . . , ek , ek+1 ).
Enfin, la famille (e1 , . . . , ek , ek+1 ) étant libre, on en déduit que dim Vect(e1 , . . . , ek , ek+1 ) = k + 1.
Nous avons déjà montré que dim Vect(f1 , . . . , fk , fk+1 ) = k + 1. On peut désormais conclure
que : Vect(e1 , . . . , ek , ek+1 ) = Vect(f1 , . . . , fk , fk+1 ).
Le principe de récurrence permet alors de conclure que la famille (f1 , f2 , . . . , fn ), dite obtenue par le
procédé d’orthonormalisation de Schmidt à partir de la base (e1 , . . . , en ), est une base orthonormée de
E telle que : ∀k ∈ [[1, n]], Vect(f1 , f2 , . . . , fk ) = Vect(e1 , e2 , . . . , ek ).
Exercice 2 :
1. On munit R3 de son produit scalaire canonique.
Déterminer une base orthonormée du sous-espace vectoriel F = Vect((1, 1, 0), (2, −1, 1)) de R3 .
Z 1
2. On munit l’espace vectoriel R2 [X] du produit scalaire ψ : (P, Q) ∈ R2 [X] × R2 [X] 7−→ P (t)Q(t) dt.
0
Déterminer une base orthonormée de l’espace euclidien (R2 [X], ψ). (On pourra orthonormaliser la
base canonique de R2 [X] à l’aide du procédé de Schmidt.)
Correction :
1. On peut construire une base orthonormale de F en orthonormalisant une base de F , en s’inspirant du
procédé de Schmidt.
Les vecteurs (1, 1, 0) et (2, −1, 1) ne sont pas colinéaires, et forment une famille génératrice de F . Par
conséquent, ((1, 1, 0), (2, −1, 1)) forme une base de F .
1 1
Posons u = .(1, 1, 0) = √ (1, 1, 0).
||(1, 1, 0)|| 2
Déterminons un vecteur v ′ de F de la forme v ′ = (2, −1, 1) + αu tel que u ⊥ v ′ .
1 1
On a : u ⊥ v ′ ⇐⇒ hu, v ′ i = 0 ⇐⇒ √ + α = 0 ⇐⇒ α = − √ .
2 2
1 1 3 3
On pose alors v = (2, −1, 1) − √ u = (2, −1, 1) − (1, 1, 0) =
′ , − , 1 , et
2 2 2 2
1 1 3 3 1
v = ′ v′ = q , − , 1 = √ (3, −3, 2).
||v || 11 2 2 22
2
Par construction, (u, v) est une famille orthonormée de F , donc une famille libre maximale de F
(dim F = 2), et finalement, (u, v) est une base orthonormée de F .
2. Dans ce second exemple, nous allons utiliser directement la formule donnée par le procédé
d’orthonormalisation de Schmidt pour construire une base orthonormée de R2 [X].
Construction de P0
Z 1
2 Q0
On pose Q0 = 1. ||Q0 || = 12 dt = 1. On pose alors : P0 = = 1.
0 ||Q0 ||
Construction de P1
Z 1
1
On pose Q1 = X − ψ(X, P0 )P0 = X − t dt.1 = X − .
2
Z 1 2 " 0 3 #1
1 1 1 1
On a : ||Q1 ||2 = t− dt = t− = .
0 2 3 2 12
0
√
Q1 1
On définit alors P1 par : P1 = =2 3 X− .
||Q1 || 2
Construction de P2
On pose :
√ √
2 2 2 2 2 1 1
Q2 = X − ψ(X , P1 )P1 − ψ(X , P0 )P0 = X − ψ X , 2 3 X − .2 3 X − − ψ(X 2 , 1).1.
Z 1 2 2
t2
2 1 3 1 1 1 1
Or ψ X , X − = t − dt = − = et ψ(X 2 , 1) = . D’où
2 0 2 4 6 12 3
-2- C. Carchereux, lycée CARNOT
1 1 1
Q2 = X2 − X− − = X 2 − X − . Et :
2 3 6
1 2 1 2
1 1
Z Z
2 2 2
||Q2 || = t −t+ dt = t − t− dt
0 6 0 6
Z 1
t2
t 1 1 1 1 1 1 1
= t4 − 2t3 + + t2 − + dt = − + + − +
0 3 3 36 5 2 9 3 6 36
36 − 18 × 5 + 4 × 5 + 12 × 5 − 6 × 5 + 5 36 − 7 × 5 1
= = =
36 × 5 36 × 5 36 × 5
√ √
2 1 2 1
On pose enfin P2 = 36 × 5 X − X + =6 5 X −X + .
6 6
D’après le procédé d’orthonormalisation de Schmidt, la famille (P0 , P1 , P2 ) est une base orthonormée
de R2 [X].
-3- C. Carchereux, lycée CARNOT