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Exercices d'Algèbre Bilinéaire et Applications

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Novembre 2021

ALGEBRE BILINÉAIRE Semestre 1



Feuille d'exercices n 3
- Étude de l'espace euclidien Mn (R) -

Exercice 1 :
Adapté de ECRICOME 2003

Dans cet exercice, n désigne un entier naturel non nul, et on adopte les notations suivantes :
Mn (R) : ensemble des matrices carrées d'ordre n, à c÷cients réels,
Sn (R) : le sous-espace vectoriel de Mn (R) des matrices symétriques,
An (R) : le sous-espace vectoriel de Mn (R) des matrices antisymétriques.
On rappelle qu'une matrice A de Mn (R) est antisymétrique si tA = −A, tA étant la transposée de A.
Pour toute matrice A de Mn (R), on note Tr(A) la trace de la matrice A. Enn, on dénit l'application ϕ par :
∀(A, B) ∈ Mn (R) × Mn (R), ϕ(A, B) = Tr( tAB).

1. Prouver que ϕ dénit un produit scalaire dont la norme associée, notée || ||, vérie :
n X
X n
∀A = (ai,j ) 16i6n ∈ Mn (R), ||A||2 = a2i,j .
16j6n
i=1 j=1


2. Établir que : ∀A ∈ Mn (R), |Tr(A)| 6 n ||A|| .
3. Soient A et B deux matrices de Mn (R).
Montrer que si Tr(AM ) = Tr(BM ) pour toute matrice M de Mn (R), alors A = B .
4. Démontrer que Sn (R) et An (R) sont deux sous-espaces supplémentaires orthogonaux de Mn (R) pour ϕ.
5. Soit A = (ai,j ) 16i6n ∈ Mn (R).
16j6n
On note (M, N ) l'unique couple de matrices de Sn (R) × An (R) tel que A = M + N .
(a) Établir, pour toute matrice S de Sn (R), l'inégalité ||A − S||2 > ||A − M ||2 , et préciser le cas d'égalité.
(b) Exprimer la matrice M en fonction de A.
(c) Pour tout matrice S ∈ Sn (R), on pose : S = (si,j ) 16i6n .
16j6n
n X
n n n
1 XX
Conclure que : min (ai,j − aj,i )2 .
X 2
(ai,j − si,j ) =
S∈Sn (R) 4
i=1 j=1 i=1 j=1

- Applications linéaires dénies sur un espace euclidien -

Exercice 2 :
D'après ECRICOME 1997

On désigne par n un entier naturel supérieur ou égal à deux. E est un espace vectoriel euclidien de dimension n.
On note idE l'application identité de E dans lui-même. Lorsque x et y sont deux vecteurs de E , le produit
scalaire de x par y s'écrit hx, yi et ||x|| représente la norme de x. Quand u est un vecteur non nul de E , on dénit
hx, ui
l'application ϕu de E dans lui-même par ∀x ∈ E ϕu (x) = 2 u − x.
||u||2
1. Montrer que ϕu est un endomorphisme involutif de E (c'est-à-dire un endomorphisme de E tel que
ϕu ◦ ϕu = idE ).
2. Démontrer que u est un vecteur propre de ϕu associé à une valeur propre que l'on précisera.
3. Établir que ϕu conserve le produit scalaire, c'est-à-dire que : ∀(x1 , x2 ) ∈ E 2 hϕu (x1 ), ϕu (x2 )i = hx1 , x2 i.
En déduire que ϕu conserve la norme, c'est-à-dire que : ∀x ∈ E ||ϕu (x)|| = ||x||.
4. On désigne par Du la droite vectorielle de base (u), et par Hu l'ensemble des vecteurs de E orthogonaux à
u (autrement dit, Hu = Du⊥ est le supplémentaire orthogonal de Du ).
(a) Montrer que Hu est le sous-espace propre associé à la valeur propre −1 pour ϕu .
(b) ϕu est-il diagonalisable ?
(c) t étant un réel non nul, comparer les applications ϕu et ϕtu .
C. Carchereux, lycée CARNOT
5. Etude d'une réciproque.

On suppose que ψ est un endomorphisme de E tel qu'il existe une droite vectorielle ∆ de E vériant
∀y ∈ ∆ ψ(y) = y et ∀z ∈ ∆⊥ ψ(z) = −z
(a) Montrer que ψ est involutif et conserve le produit scalaire.
(b) Établir qu'il existe au moins un vecteur u non nul de E tel que l'on ait : ψ = ϕu .
(c) Soit M la matrice de ψ dans une base orthonormale (e1 , e2 , . . . , en ) de E . Soit ai,j (où i et j désignent
des entiers compris entre 1 et n) le coecient de la i-ième ligne et j -ième colonne de la matrice tM M .
Montrer que ai,j = hψ(ei ), ψ(ej )i.
En déduire que : tM M = In où In désigne la matrice unité d'ordre n.
Exercice 3 :
D'après les oraux de l'ESCP 2007

Soit n un entier tel que n > 2. Dans tout l'exercice, on considère E = Rn , muni de son produit scalaire canonique
h , i. On note k k la norme euclidienne associée.
Soit a, b deux vecteurs de E de norme 1 et orthogonaux. On dénit un endomorphisme u de E par : pour tout
x ∈ E, u(x) = ha, xib − hb, xia
Soit A la matrice canoniquement associée à u.
1. (a) Déterminer Ker u. Déterminer la dimension de Imu ainsi qu'une base de cet espace.
(b) Montrer que E = Ker u ⊕ Imu et que les sous-espaces Ker u et Imu sont orthogonaux.
2. Montrer que pour tout (x, y) ∈ E 2 , hu(x), yi = −hx, u(y)i.
3. Déterminer les valeurs propres (réelles) de u. L'endomorphisme u est-il diagonalisable ?
4. Montrer que pour tout (x, y) ∈ E × E , hu ◦ u(x), yi = hx, u ◦ u(y)i.

Exercice 4 :
D'après les oraux de l'ESCP 2012

On considère un espace euclidien (E, h., .i). Pour tout a ∈ E , on note ϕa l'application dénie sur E par :
∀x ∈ E, ϕa (x) = hx, ai.
1. Montrer que, pour tout a ∈ E , ϕa est une forme linéaire sur E .
2. Le but de cette question est de montrer que, réciproquement, pour toute forme linéaire f dénie sur E , il
existe un unique vecteur a ∈ E tel que f = ϕa , et ce par deux méthodes diérentes.
(a) Première méthode
On considère l'application Φ dénie sur E par : ∀a ∈ E, Φ(a) = ϕa .
i. Montrer que Φ est une application linéaire.
ii. Montrer que Φ est injective.
iii. En déduire que Φ est un isomorphisme de E sur L(E, R), et conclure.
(b) Seconde méthode
On considère (ε1 , ε2 , . . . , εn ) une base orthonormale de E et f une forme linéaire sur E . Montrer qu'il
n
existe une unique application ϕa telle que f = ϕa , et que a est donné par a = f (εk )εk .
P
k=1
3. Pour tout entier naturel n non nul, montrer qu'il existe un unique polynôme P de Rn [X] tel que pour tout
Z 1
polynôme Q de Rn [X], on ait : P (t)Q(t) dt = Q(0).
0
1 1

3 2 1
4. Soit A la matrice A = 1
4
1
3 2 .
1
1 1 1
5 4 3
   
a 1
(a) Montrer que l'équation A b = 0 admet une unique solution.
  
c 0
(b) En déduire que A est inversible.
5. ZOn suppose qu'il existe un polynôme P de R[X] tel que pour tout polynôme Q de R[X], on ait :
1
P (t)Q(t) dt = Q(0).
0 Z 1
M
Justier l'existence d'un réel M tel que : ∀n ∈ N, P (t)(1 − t)n dt 6 .
0 n+1
En déduire que notre hypothèse est absurde. Ce résultat est-il en contradiction avec les résultats
précédents ?
C. Carchereux, lycée CARNOT

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