0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues47 pages

Renforcement des Capacités pour la Biodiversité au Tchad

Bible Thomson

Transféré par

honoremarissou
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues47 pages

Renforcement des Capacités pour la Biodiversité au Tchad

Bible Thomson

Transféré par

honoremarissou
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

REPUBLIQUE DU TCHAD

Projet d’Autoévaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour la Gestion


de l’Environnement Mondial (ANCR-GEM)

BESOINS ET PRIORITES DU TCHAD EN MATIERE


DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DANS LE
DOMAINE DE LA CONVENTION SUR LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE

BOULANOUDJI Edouard, Consultant

Janvier 2007
SOMMAIRE

RESUME…...……………………………….……………………………………………..…..3

Liste des abréviations .………………………………………………………………………....4


Liste des tableaux et figures……………………………………………………………………6

I. INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………….7
1.1. Contexte et justification de l’étude……………………………………………………..…7
1.2. Objectif et résultats attendus…..…………………………………………………………..8
1.3. Méthodologie……………………………………………………………………………...8

II. PRESENTATION DE LA CDB……………………………………….…………………9


2.1. Objectif de la Convention sur la Diversité Biologique……………………………………9
2.2. Exigences de la CDB……………………………………………………………………...9
2.3. Possibilités et avantages offerts par la CDB ………………………………………….....11
2.4. Cadre institutionnel de mise en œuvre de la CDB……………..…………………...........12
2.5. Cadre légal et réglementaire de gestion de l’environnement et de
la diversité biologique…………………………………………………………………....21

III. ETAT DE MISE EN ŒUVRE DE LA CDB AU TCHAD……………………………24

IV. ANALYSE DES BESOINS PRIORITAIRES NATIONALES EN


MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES……………………………...33
4.1. Analyse des insuffisances………………………………………………………………..33
4.2. Les besoins prioritaires et les actions à mener…………………………………………...33

V. LIEN ENTRE LES PRIORITES NATIONALES ENVIRONNEMENTALES


ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE………………………………………………37

VI. INVENTAIRES DES TROIS CONVENTIONS DE RIO ET DES


SYNERGIES
ENTRE ELLES………………………..……………………………………………...
…42
6.1. Similitudes, liens et spécificités des trois
Conventions…………………………..……...42
6.2. Possibilités de synergie entre les trois Conventions………………………..
……………42

REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………..44

ANNEXE : Termes de Référence……………..


……………………………………………...45

2
RESUME

La présente étude a pour objectif de recenser les besoins prioritaires du Tchad en matière de
renforcement des capacités dans le domaine de la diversité biologique afin de contribuer à une
meilleure gestion de l’environnement mondial.

La méthodologie suivie s’est basée sur la recherche documentaire et des entretiens avec des
personnes ressources dans différentes institutions.

L’analyse de l’état de mise en œuvre de la Convention sur la Diversité Biologique au Tchad a


révélé les contraintes suivantes : l’insuffisance de ressources humaines, la faiblesse
institutionnelle et la faible mobilisation des ressources financières.

Pour combler ces lacunes, des besoins prioritaires ont été définis :

1. Renforcement des capacités humaines


- perfectionnement des spécialistes existants ;
- formation des spécialistes dans les domaines qui en manquent (Ornithologie,
mammalogie…);
- encadrement et sensibilisation des utilisateurs et des communautés autochtones.

2. Renforcement des capacités institutionnelles


- Mise à niveau des outils scientifiques et des capacités humaines
- Actualisation des cadres / Instruments législatifs,
- Renforcement des mesures en matière d’IEC.

3. Mobilisation des ressources financières


- Formation des acteurs nationaux sur la formulation des projets, de type FEM ou autres
;
- Mobilisation de l’expertise pour la finalisation des requêtes de financement ;
- Identification des bailleurs de fonds et la stimulation de leur intérêt pour ces projets ;
- Formation sur la gestion des projets sur la biodiversité.

3
SIGLES, ACRONYMES ET ABREVIATIONS

ABN Autorité du Bassin du Niger


AEDE Agence pour l’Energie Domestique et l’Environnement
AFD Agence Française de Développement
AFVP Agence Française des Volontaires de Progrès
AIB African International Business
ANCR-GEM Auto-évaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour la Gestion de
l’Environnement Mondial
AP Aires Protégées
ATE Agent Technique d’Elevage
BAD Banque Africaine de Développement
BADEA Banque Arabe pour le Développement Economique de l'Afrique
BELACD Bureau d'Etude et de Liaison des Actions Caritatives et de
Développement
BID Banque Islamique de Développement
BM Banque Mondiale
CEBEVIRHA Communauté Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources
Halieutiques
CBLT Commission du Bassin du Lac Tchad
CCCP Cellule de Coordination des Conventions et es Projets
CDB Convention sur la Diversité Biologique
CHM Clearing House Mechanism
CILONG Comité d'Information et de Liaison des ONG
CILSS Comité Permanent Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le
Sahel
CITES Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et flore
sauvages Menacées d’extinction
CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CIRAD Centre International de Recherche Agronomique pour le
Développement
CMS Convention sur les Espèces Migratrices
CNAR Centre National d’Appui à la Recherche
CNPT Conseil National du Patronat Tchadien
CONACILSS Comité National du CILSS
COP Conférence des Parties
CREFELD Centre Régional d’Education et de Formation Environnemental pour la
Lutte contre la Désertification
CURESS Conservation et Utilisation Rationnelle des Ecosystèmes Soudano –
Sahéliens (projet de l’Union Européenne au Parc National de Zakouma)
DCFAP Direction de conservation de la Faune et es Aires Protégées
DOND Direction des ONG
DREM Direction des Ressources en Eau et de la Météorologie
DTSEP Division Technique de Suivi Evaluation des Projets
ECOFAC Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale
ENATE Ecole Nationale des Techniques d’Elevage
ETA Ecole Technique d’Agriculture
ESTAF Ecole Supérieure des Sciences et Technologie Agricoles et Forestières
FAO Programme des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation
FEM Fonds pour l’Environnement Mondial

4
FNE Fonds National pour l’Environnement
FONG Fédération des ONG Tchadiennes
FUNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population
GTZ Coopération Technique Allemande
HCNE Haut Comité National pour l’Environnement
HCR Haut Commissariat pour les Réfugiés
IEC Information-Education-Communication
INSH Institut National des Sciences Humaines
ISSED Institut Supérieur des Sciences de l’Education
ITRAD Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement
IUSAE Institut Universitaire des Sciences de l’Agriculture et de
l’Environnement
LRVZ Laboratoire de Recherche Zootechnique et Vétérinaire de Farcha
MAB Man and Biosphère
MEP Ministère de l’Environnement et de la Pêche
MIKE Monitoring Illegal Killing Elephant
OFT Observatoire du Foncier au Tchad
OGM Organisme Génétiquement Modifiés
OMD Objectifs de Développement pour le Millénaire
ONC Office National de la Chasse
ONG Organisation Non Gouvernementales
PAM Programme Alimentaire Mondial
PAN/LCD Plan d’Action Nationale de Lutte contre la Désertification
PAS Programme d’Action Stratégique
PFIE Programme de Formation Information sur l’Environnement
PIDR Plan d’Intervention dans le Développement Rural
PNAE Plan National d’Action pour l’Environnement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement
POPs Polluants Organiques Persistants
PRASAC Pôle Régional de Recherche Appliquée Aux savanes d’Afrique Centrale
PRODALKA Programme de Développement Rural Décentralisé du Mayo-Dallah, du
Lac Léré et de la Kabbia
PSAOP Programme d’Appui aux Services Agricoles et aux Organisations des
Producteurs
RAPAC Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale
SBTTA Subsidiary Body on Scientific, Technical and Technological Advice
SDEA Schéma Directeur de l’Eau et de l’Assainissement
SECADEV Secours Catholique pour le Développement
SNBG Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance
SNPA/BD Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Biodiversité
SNRP Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté
SODELAC Société de développement du Lac
TDR Termes de Références
UE Union Européenne
UICN Union International pour la Conservation de la Nature
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la
Culture
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
WWF Alliance Mondiale pour la Nature

5
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES

Tableau 1 : Les besoins prioritaires et les actions à mener


Tableau 2 : Les axes stratégiques et les actions à mener (SNPA/DB)
Tableau 3 : Possibilité de conservation de la biodiversité d’après le PAN/LCD
Tableau 4 : Possibilité de conservation de la biodiversité d’après le PNAE

Figure 1 : Liens entre les phénomènes traités par les trois conventions

6
I. INTRODUCTION GENERALE

I.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE

En octobre 1998, la Communauté Internationale s’est retrouvée à Genève pour un dialogue


politique avec le gouvernement Tchadien sur les grandes orientations de la conduite du
développement socio-économique du troisième millénaire. Ce fut la Table Ronde de Genève
IV. Le défi écologique a été au centre de ce dialogue, mettant ainsi en relief l’importance des
contraintes climatiques et écologiques auxquelles le pays fait face, mais surtout souligne la
volonté du gouvernement à poursuivre avec la politique de développement durable pour
lequel il s’est engagé lors de la Conférence de Rio en ratifiant les trois Conventions clés. La
Stratégie Nationale et le Plan d'Action en matière de Diversité Biologique (SNPA – DB), le
Programme d'Action Nationale de Lutte contre la Désertification (PAN/LCD), la première
communication nationale présentée à la conférence des parties sur les Changements
Climatiques (COP-7), et le Schéma Directeur de l’Eau et de l’Assainissement (SDEA),
élaboré dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration de Dublin sur l’eau et
l’environnement, le Schéma Directeur Agricole (SDA) et le Schéma Directeur de la Pêche
(SDP), sont parmi les actions entreprises par le gouvernement pour ancrer la protection de
l’environnement dans la politique de développement du Tchad. Sur le plan sous-régional, un
Plan d’Action Stratégique (PAS) a été élaboré par la Commission du Bassin du Lac Tchad
(CBLT) pour engager un plaidoyer en faveur du Lac Tchad menacé par la sécheresse et la
baisse de niveau des fleuves Chari et Logone qui sont ses principaux affluents. Les actions du
Comité Permanent Inter- Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), pour
développer l'Agenda 21, baptisé Sahel 21 renforcent l'engagement du Tchad en faveur d'un
développement durable au niveau mondial.

Le document de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté souligne que le problème


majeur qui se pose actuellement au Tchad pour une gestion durable de son environnement est
celui de la faiblesse des capacités tant institutionnelles qu’individuelles. Les besoins en ce
domaine sont immenses et couvrent beaucoup d’autres secteurs liés à l'environnement. Les
acteurs concernés par le renforcement des capacités en gestion de l'environnement ont relevé
un certain nombre de lacunes.

C’est pour combler ces lacunes que le Gouvernement du Tchad entend mettre en oeuvre avec
l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), du Programme des Nations Unies
pour l’Environnement (PNUE) et du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), un projet à l’effet d’évaluer ses capacités nationales à gérer l’environnement
mondial, par l’identification des contraintes et des priorités pour la création, le développement
et le renforcement des capacités individuelles, institutionnelles et systémiques dans le cadre
de sa stratégie de réduction de la pauvreté et de développement durable.

Le présent projet d’Auto – évaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour Gérer
l’Environnement Mondial (ANCR-GEM) doit permettre la formulation d’une stratégie et d’un
plan d’action en vue de renforcer les capacités en matière de mise en oeuvre nationale des
conventions internationales en particulier celles relatives à la biodiversité.

7
I.2. OBJECTIF ET RESULTATS ATTENDUS DE L’ETUDE

I.2.1. Objectif

Conformément au mandat du Consultant, (Cf. TDRs), cette étude a pour objectif de recenser
les priorités et les besoins du Tchad en matière de renforcement des capacités dans le domaine
de la diversité biologique afin de contribuer à une meilleure gestion de l’environnement
mondial.

I.2.2. Résultats attendus de l’étude

- Les exigences de la CDB, les obligations du Tchad au titre de cette convention, ainsi que
les possibilités offertes par la CDB sont identifiées ;
- Les activités nationales de renforcement des capacités passées et en cours liées au secteur
de la biodiversité sont inventoriées ;
- Les forces et les contraintes en matière de capacités nationales à répondre aux obligations
de la CDB et à tirer parti des possibilités offertes par cette convention sont analysées ;
- Les besoins prioritaires du Tchad en matière de capacités au plan individuel, institutionnel
et systémique au titre de la CDB analysés ;
- La synthèse des liens entre les priorités nationales environnementales et le développement
durable et le secteur d’intervention de la CDB est faite ;
- Une liste des questions intersectorielles et des synergies entre les trois conventions de RIO
est réalisée.

1.3. METHODOLOGIE

Conformément aux tâches du consultant identifiées dans les termes de références, le travail
s’est déroulé comme suit :

- Recherche documentaire (documents de politique, documents de stratégie, textes de


lois, textes de la Convention sur la Diversité Biologique…) ;
- Entretiens avec des personnes ressources dans différentes institutions;
- Analyse critique des documents collectés et des informations reçues ;
- Rédaction du rapport.

8
II. PRESENTATION DE LA CONVENTION

2.1. OBJECTIFS DE LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Les objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique dont la réalisation sera conforme à
ses dispositions pertinentes, sont la conservation de la diversité biologique, l’utilisation
durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de
l’exploitation des ressources génétiques, notamment grâce à un accès satisfaisant aux
ressources génétiques et à un transfert approprié des techniques pertinentes, compte tenu de
tous les droits sur ces ressources et aux techniques, et grâce à un financement adéquat (art. 1).

Il s’agit donc de trois objectifs essentiels, qui représentent l'engagement des nations du monde
pour:

1. Conserver la diversité biologique ;


2. Utiliser les ressources biologiques de manière durable;
3. Partager de manière juste et équitable les avantages découlant de l'utilisation des
ressources génétiques.

La Convention sur la diversité biologique a été ouverte à la signature le 5 juin 1992 lors de
la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (le Sommet de
Rio). Elle l’est restée jusqu’au 4 juin 1993, période au cours de laquelle 168 signatures ont
été enregistrées. La Convention est entrée en vigueur le 29 décembre 1993, quatre-vingt dix
jours après la trentième ratification. La première réunion de la Conférence des Parties (COP) a
eu lieu du 28 novembre au 9 décembre 1994 aux Bahamas. Le Tchad a ratifié la Convention
sur la Diversité Biologique le 30 avril 1993.

2.2. EXIGENCES DE LA CBD

La Convention sur la Diversité Biologique est un traité international qui donne aux parties à la
Convention un cadre pour la mise en œuvre de ses trois objectifs.

Dès le début, et dans de nombreuses décisions des Conférences des Parties (COP), la CDB a
établi des normes et principes progressifs pour traiter la conservation et l’utilisation durable
des éléments constitutifs de la diversité biologique de manière à inclure les questions d’équité
et de participation de toutes les parties prenantes.

En ratifiant la Convention, chaque pays s'engage à mettre en place une politique de


conservation de la diversité biologique, sous la forme d'une stratégie, d'un plan ou d'un
programme national. Les articles 5 à 19 et l'article 26 de la convention précisent les objectifs
et les modalités de la mise en oeuvre d'une telle politique. A cette fin, chaque Partie
contractante :

1. coopère avec d'autres Parties contractantes directement ou par l’intermédiaire des


organisations internationales compétentes pour assurer la Conservation et l'utilisation
durable de la biodiversité (art. 5) ;

2. élabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant à assurer la


conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique et les intègre dans ses
plans, programmes et politiques sectoriels ou intersectoriels (art. 6) ;

9
3. identifie et surveille les éléments constitutifs de la diversité biologique importants
pour sa conservation et son utilisation durable, en tenant compte de la liste indicative
de catégories figurant à l'annexe I de la convention ainsi que les processus et
catégories d'activités ayant une influence défavorable sur la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique (art. 7) ;

4. conserve in situ et ex situ les éléments constitutifs de la diversité biologique (art. 8 et


9)

5. organise une utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique. A


ce titre, elle intègre les considérations relatives à la conservation et à l'utilisation
durable des ressources biologiques dans son processus décisionnel national et protège
et encourage l’usage coutumier des ressources biologiques conformément aux
pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur
conservation ou de leur utilisation durable (art. 10) ;

6. adopte des mesures incitatives économiquement et socialement rationnelles incitant à


conserver et à utiliser durablement les éléments constitutifs de la diversité biologique
(art.11) ;

7. met en place des programmes de formation et de recherche sur la conservation et


l’utilisation durable de la diversité biologique en tenant compte des besoins
particuliers des pays en développement (art. 12) ;

8. procède à une éducation et sensibilisation du public sur les questions relatives à la


préservation de la Biodiversité (art.13) ;

9. adopte des procédures permettant d'évaluer les impacts sur l'environnement des projets
qu'elle a proposés et qui sont susceptibles de nuire à l'environnement et prend des
dispositions pour réduire les effets nocifs à ces projets (art. 14) ;

10. s’efforce de créer les conditions propres à faciliter l'accès aux ressources génétiques
aux fins d’utilisation écologiquement rationnelle (art. 15) ;

11. s'engage à assurer et/ou à faciliter à d'autres Parties contractantes l'accès aux
technologies nécessaires à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité
biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages sensibles à
l'environnement, et le transfert desdites technologies (art. 16) ;

12. facilite l'échange d'informations, provenant de toutes les sources accessibles au public,
intéressant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins spéciaux des pays en développement (art. 17) ;

13. encourage la coopération technique et scientifique avec d'autres Parties contractantes


en particulier les pays en développement, pour l'application de la présente Convention,
notamment par l'élaboration et l'application de politiques nationales (art. 18) ;

14. prend toutes les mesures possibles pour encourager et favoriser l’accès sur une base
juste et équitable des autres Parties en particulier les pays en développement aux

10
activités de recherche biotechnologiques, et aux résultats et avantages découlant de la
biotechnologie (art. 19) ;
15. présente à la Conférence des Parties des rapports sur les dispositions qu'elle a adoptées
en application de la convention (art. 26).

2.3. POSSIBILITES ET AVANTAGES OFFERTS PAR LA CDB

La CDB reconnaît que la biodiversité est répartie inégalement, et que la conservation peut
représenter une charge supplémentaire pour les pays en développement, qui sont souvent
riches en biodiversité mais pauvres en ressources économiques.

Par conséquent, la CDB adopte une approche pratique en reconnaissant que les pays ont
besoin de moyens financiers et de mesures d'incitation afin de pouvoir se développer de
manière durable et conserver leurs ressources biologiques.

Conformément à l’esprit de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, la


CDB oeuvre à promouvoir un partenariat rénové entre les nations. Le fondement d’un tel
partenariat est mis en évidence à travers ses dispositions portant sur la coopération
scientifique et technique, l’accès aux ressources génétiques et financières, ainsi que le
transfert des technologies écologiquement rationnelles des pays développés aux pays en
développement.

- Ressources financières nouvelles et additionnelles pour la mise en oeuvre de la


CDB

En vertu de l'Article 20(1) de la CDB, chaque Partie contractante s'engage à fournir un appui
et des avantages financiers aux activités nationales visant à atteindre les objectifs de la
présente Convention, conformément à ses plans, priorités et programmes nationaux. L'Article
20(2) demande que les Parties qui sont des pays développés fournissent des ressources
financières nouvelles et additionnelles pour permettre aux Parties qui sont des pays en
développement de faire face à la totalité des surcoûts convenus que leur impose la mise en
oeuvre des mesures par lesquelles ils s'acquittent des obligations découlant de la présente
Convention.

- Le Fonds de l’Environnement Mondial (FEM)

Le FEM est un Fonds Multilatéral qui dépend conjointement du Programme des Nations
Unies pour l'environnement (PNUE), du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) et de la Banque mondiale) a été institué en tant que mécanisme de
financement par la COP en vertu de l’article 21 de la CDB. Il assure en majeure partie le
financement des projets entrant dans le cadre de la mise en oeuvre de la Convention. Il est à
relever que l’aboutissement des projets passe par un processus de négociation caractérisé par
sa lenteur et sa complexité.

Des critères définissent les conditions d'attribution des ressources (Décision I/2 de la première
COP): seuls les pays en développement Parties à la Convention peuvent recevoir des fonds.
Les projets qui ont pour objectif la conservation de la diversité biologique et l'utilisation
durable de ses éléments peuvent prétendre à un appui financier de la structure institutionnelle.

11
Il importe de signaler que d’autres directives additionnelles ont été adressées au FEM à
l’occasion des COP suivantes, notamment au sujet des activités habilitantes et des
programmes d’opérations à long terme, et pour la mise en oeuvre des programmes
thématiques de la CDB.

En outre, indépendamment des Articles 20 (Ressources financières) et 21 (Mécanisme de


financement), la Convention prévoit un certain nombre de possibilités de financement de la
conservation de la diversité biologique. Il s'agit notamment des Articles 8(m) « coopère à
l'octroi d'un appui financier et autre pour la conservation in situ » et 9(e) « coopère à l'octroi
d'un appui financier et autre pour la conservation ex situ » et 21 (d) « envisagent de renforcer
les institutions financières existantes pour qu'elles fournissent des ressources financières en
vue de la conservation et de l'utilisation durable de la diversité biologique ». En outre, les
Articles 12, 13, et 18 demandent aux Parties d'entreprendre des activités spécifiques à l'appui
de la Convention et par conséquent, de fournir l'occasion d'assurer des ressources
additionnelles.

La Convention demande aux Parties de coopérer avec le secteur privé pour assurer l'utilisation
durable des ressources biologiques (Article 10e). Enfin, outre la stratégie financière globale à
l'échelle de la Convention, il est généralement recommandé que chaque Partie utilise le
processus d'élaboration de stratégie et de plan d'action national en faveur de la diversité
biologique pour établir un projet d'entreprise et un plan financier prévoyant une stratégie
cohérente de financement de la mise en oeuvre de la CDB.

- Transfert de Technologie et Coopération Technique

Le transfert de technologie et la coopération technique sont traités par les Articles 16 et 18 de


la Convention.

Dans l’article 16, chaque Partie contractante à la CDB s’engage expressément «à assurer et/ou
à faciliter» le transfert de «technologies nécessaires à la conservation et à l’utilisation durable
de la diversité biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages
sensibles à l’environnement». Lorsque le transfert a lieu d’un pays développé vers un pays en
développement, il se fait «à des conditions justes et les plus favorables» selon des modalités
respectant les droits de propriété intellectuelle pertinents.

L’article 18 complète les dispositions de l’article 16. Il appelle les Parties à encourager «la
coopération technique et scientifique internationale dans le domaine de la conservation et de
l’utilisation de la diversité biologique»; et à avoir recours et participer au centre d’échange à
cette fin. Toutes ces obligations sont précisément liées aux obligations financières de la
Convention (articles 20 et 21). Lors de la première Conférence des Parties, un Centre
d'échange (CHM, Clearing House Mechanism) pour encourager et faciliter la coopération
technique et scientifique a été mis en place (art. 18-3).

2.4. CADRE INSTITUTIONNEL DE MISE EN ŒUVRE DE LA CDB

Comme patrimoine national, l’environnement et la biodiversité doivent être gérés au profit de


l’ensemble des populations du Tchad et surtout pour le bénéfice des générations futures. C’est
pourquoi, dans un manifeste daté du 14 août 1976, et signé par le Président de la République,
« le Gouvernement du Tchad s’engage à promulguer une législation et créer les structures

12
gouvernementales et administratives nécessaires à la garantie de l’observation des principes
écologiques comme base de toute planification et de tout développement économique ».

Le cadre institutionnel de l’environnement et de la biodiversité ne se limite pas seulement aux


institutions publiques et privées tchadiennes mais s’étend au-delà du territoire national aux
organisations régionales et internationales, aux branches spécialisées des Nations Unies et à
des sommets de Chefs d’Etats et de Gouvernements comme celui de Rio de Janeiro en juin
1992 qui avait regroupé les représentants de 155 pays.

2.4.1. Structures internationales en charge de la diversité biologique

 La Conférence des Parties

La Conférence des Parties ou COP est l'autorité suprême de la Convention qui réunit les
représentants de toutes les Parties de la Convention, ainsi que des observateurs, telles les
agences des Nations Unies et les organisations internationales et non gouvernementales.

Sa fonction, telle que définie par l’article 23 de la CDB, est de diriger et superviser le
processus entier de mise en oeuvre et de développement de la Convention. La Conférence des
Parties étudie les progrès réalisés et établit des plans de travail pour des actions ultérieures.
Elle peut également proposer des amendements à la Convention et travailler en collaboration
avec d'autres opérations et traités internationaux.

Le Secrétariat de la CDB a des fonctions définies par l’article 24 de la Convention :

a) Organiser les réunions de la COP et en assurer le service; b) S'acquitter des fonctions qui
lui sont assignées en vertu de tout protocole à la Convention; c) Etablir des rapports sur
l'exercice des fonctions qui lui sont assignées en vertu de la Convention et les présenter à la
COP; d) Assurer la coordination avec les autres organismes internationaux compétents, et en
particulier conclure les arrangements administratifs et contractuels qui pourraient lui être
nécessaires pour s'acquitter efficacement de ses fonctions; e) S'acquitter de toutes autres
fonctions que la COP pourrait décider de lui assigner.

Le siège du Secrétariat de la CDB est à Montréal, Canada. Il comporte plusieurs


Divisions: Questions scientifiques, techniques et technologiques, avec des Programmes
thématiques ; Questions sociales, économiques et juridiques (Transfert de technologie et
coopération etc.) ; Mise en oeuvre et Communication (Centre d'échange CHM, Rapports
nationaux, ressources financières, etc.) ; Biosécurité; Gestion des ressources et services des
conférences.

 Le SBSTTA

Le SBSTTA (Subsidiary Body on Scientific, Technical and Technological Advice) est


l'Organe subsidiaire chargé des avis scientifiques, techniques et technologiques (l’acronyme
français est OSASTT). Ce comité est crée par l'article 25 de la CDB. Il est composé d'experts
des Parties contractantes et d'observateurs des agences des Nations Unies et organisations
internationales et non gouvernementales. Son but principal est de fournir des conseils et
recommandations au point de vue scientifique, technique et technologique. L'Organe
subsidiaire agit sous l'autorité de la Conférence des Parties et doit, en conséquence, se
conformer aux instructions adoptées par celle-ci.

13
 Le Centre d'échange

Le Centre d'échange (CHM) a été mis en place lors de la première COP en application de
l’article 18-3. Il s’agit d’un instrument de partage des informations destiné à faciliter les
échanges d'informations scientifiques, techniques et technologiques en vue de réaliser les
objectifs de la Convention. Il opère principalement, mais pas exclusivement, via Internet et est
conçu comme un réseau décentralisé de distribution, développé et dirigé par le Secrétariat de
la Convention, les points focaux nationaux et thématiques et les autres acteurs en matière de
biodiversité.

Ce mécanisme de partage, comme défini par l'article 18.3 de la Convention, reflète la


reconnaissance d'une coopération et le partage d'expertise parmi toutes les communautés et est
essentiel pour le succès de la mise en oeuvre de la Convention.

2.4.2. Structures nationales impliquées dans la gestion de l’environnement et la


diversité biologique au Tchad

L'élaboration et la mise en œuvre de la politique de gestion de l'environnement et de la


diversité biologique au Tchad font intervenir plusieurs institutions : le gouvernement (y
compris les services techniques déconcentrés), les collectivités locales, les organisations
paysannes, les ONG et associations, le secteur privé, les organismes de coopération bilatérales
et multilatérales.

 Le Gouvernement

Le Haut Comité National pour l’Environnement

Créé par décret - n° 822 /PR/MET/95 du 20 octobre 1995- , le HCNE a pour mission
d’impulser, d’harmoniser et de veiller à la mise en œuvre des politiques et stratégies relatives
à la protection de l’environnement en vue de garantir un développement durable au Tchad. Il
est un organe interministériel présidé par le Premier Ministre. Le Ministère de
l’Environnement et de l’Eau (MEE) assure le Secrétariat Exécutif. Seize (16) autres
départements ministériels concernés par les questions de l’environnement et représentés par
leur ministre respectif, en sont membre.
Il s'agit de :

- Ministère de l'Agriculture
- Ministère de l'Elevage
- Ministère des Mines et Energie
- Ministère des Travaux Publics et des Transports
- Ministère de l'Education Nationale
- Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat
- Ministère de l'Administration du Territoire
- Ministère de la Communication
- Ministère de l'Action Sociale et de la Famille
- Ministère de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Victimes de guerre
- Ministère du Pétrole

14
- Ministère des Affaires étrangères et de l'Intégration Africaine
- Ministère de la Culture, Jeunesse et Sports
- Ministère de la Santé Publique
- Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la
o Formation Professionnelle
- Ministère du Développement Touristique
- Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat
-

Le HCNE a pour mission d’impulser, d’harmoniser et de veiller à la mise en œuvre des


politiques et stratégies en matière d'environnement pour un développement durable. Il a pour
tâches spécifiques de :

- Veiller à la mise en application effective des recommandations de la Conférence


Nationale Souveraine concernant l'Environnement et le Développement;
- Veiller à la mise en application effective des recommandations et de l'Agenda 21 issus
de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement de Rio
de Janeiro de Juin 1992;
- Veiller à l'intégration effective de l'Environnement et du Développement;
- Orienter les politiques de Développement Durable et veiller à leur mise en œuvre
concrète;
- Opérer des arbitrages en cas d'options contradictoires entre priorités de développement
et de protection de l'environnement;
- Définir des modalités de mise en place et du fonctionnement d'un Fonds National pour
l'Environnement (FNE) afin de promouvoir les opérations en faveur de
l'environnement;
- Mobiliser les partenaires institutionnels et sociaux afin de promouvoir la protection et
l'amélioration de l'environnement.

Le Ministère de l’Environnement et dd l’Eau

Selon le décret n° 895/PR/PM/2005 du 21 décembre 2005 portant structure générale du


gouvernement et attributions de ses membres, le MEE est chargé de la conception, de la
coordination, de la mise en œuvre et du suivi de la politique du gouvernement en matière
d’environnement.

 Les services techniques centraux du MEE

Au niveau central, le MEE possède cinq directions techniques :

- Direction de la Protection des Forêts et de la Lutte contre la Désertification


- Direction de la Conservation de la Faune et des Aires Protégées
- Direction des Pêches et de l’Aquaculture
- Direction de l’Hydraulique
- Direction des Ressources en Eau et de la Météorologie

Depuis 2001 le MEP organise une division technique de suivi évaluation des projets (DTSEP)
et une cellule de coordination des conventions et des projets (CCCP).

15
Le Point Focal de Convention sur la Diversité Biologique est assurée par la Direction de
Conservation de la Faune et des Aires Protégées du Ministère de l’Environnement et de la
Pêche. Il a pour rôle le suivi des activités de mise en œuvre de la Convention sur la Diversité
Biologique au niveau national.
Le Ministère de l’Agriculture

Le Ministère de l’Agriculture est chargé de la conception, de la coordination, du suivi, et de la


mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière agricole,
Il entreprend les actions suivantes : i) lutte contre les prédateurs des cultures ; ii) recherche
agronomique et production semencière ; iii) conservation et restauration de sols iv)
conception, réalisation et mise en valeur des périmètres irrigués ; v) gestion des grands
aménagements hydro agricoles.

Le Ministère de l’Agriculture est l’un des trois sous-secteurs du secteur prioritaire que
constitue le développement rural. L’impact de l’agriculture sur la biodiversité est à la fois
positif et négatif.

Positivement, le département dispose d’une institution de recherche : l’ITRAD, qui contribue


à la recherche sur la diversité biologique et d’une institution d’appui aux agriculteurs ;
l’Office national de Développement Rural (O.N.D.R), qui contribue à la sauvegarde de la
biodiversité, en sensibilisant les agriculteurs à la plantation d’arbres dans les champs.

Négativement, l’augmentation des superficies cultivées entraînée par l’accroissement de la


population, les techniques culturales telles que les feux de brousse, les défrichages ou coupes
abusives, entraîne la disparition progressive et la mort des forêts.

Le Ministère de l’Elevage

Il s’attelle à la mise en œuvre de la politique nationale du développement de l’élevage par les


actions suivantes : i) gestion des ouvrages d’hydraulique pastorale, aménagement des zones
pastorales ; ii) accroissement de la production fourragère pour une amélioration de
l’alimentation du bétail : iii) promotion de la recherche vétérinaire et zootechnique.

L’élevage est l’un des trois sous-secteurs du secteur prioritaire du développement rural.
L’impact de l’élevage sur la biodiversité est négatif en raison de la dégradation causée par les
éleveurs transhumants résultant des surpâturages, étêtages des arbres, braconnage et au fait
que certains éleveurs deviennent accessoirement exploitants forestiers.
De manière plus positive, le Laboratoire de Recherches Vétérinaires et Zootechniques
instrument de recherche du ministère de l’élevage, aide la recherche sur la biodiversité
(aspects faune et flore).
L’approche développement intégré introduit dans les projets du ministère de l’élevage un
volet environnement, qui contribue à la reforestation.
Il faut aussi noter que les animaux contribuent au maintien de la biodiversité en dispersant les
graines par leurs excréta et en diminuant la hauteur des pailles ce qui limite les feux de
brousse.
Le Ministère de l’élevage a mis en place une méthodologie d’attribution de puits pastoraux
aux éleveurs. Les bénéficiaires sont formés dans le domaine de la sauvegarde de
l’environnement.

Le Ministère du Pétrole

16
Il met en œuvre la politique du gouvernement en matière du pétrole au moyen des actions
suivantes : i) supervision, orientation, coordination et contrôle conformément aux textes en
vigueur des travaux de recherche pétrolière et des activités relevant de son domaine à savoir la
production, le transport et le stockage, le raffinage et la distribution des hydrocarbures
liquides et gazeux.
Les revenus pétroliers seront en partie injectés dans les secteurs prioritaires dont le
développement rural, et par voie de conséquence profiteront à la conservation de la
biodiversité.
Par ailleurs les projets pétroliers sont soumis à l’étude d’impact environnemental, qui permet
de prévenir les atteintes susceptibles de se produire à l’occasion de la production ou du
transport des hydrocarbures, activités à risque pour l’environnement en général et la
biodiversité en particulier.
Dans une étude sur l’impact de la croissance démographique sur les ressources forestières
dans la zone pétrolière, les consultants ont souligné que la construction de l’oléoduc allait
supprimer une partie de la végétation.

Le Ministère des Mines et de l’Energie

Le Ministère des Mines et de l’Energie met en œuvre la politique du gouvernement en matière


de développement énergétique et minier par les actions suivantes : i) élaboration et application
de la législation et de la réglementation en matière de recherche de production,
d’approvisionnement et de la distribution des produits énergétiques ; ii) contrôle de la
production, de l’approvisionnement et de la distribution des énergies conventionnelles en
relation avec le ministère de l’environnement et de l’eau ; promotion des énergies nouvelles et
renouvelables, promotion des économies d’énergies.
D’un point de vue négatif, l’exploitation des mines peut causer des dommages irréparables
aux forêts, c’est pourquoi cette activité est soumise à l’étude d’impact environnemental.
Positivement, la promotion des énergies nouvelles et renouvelables est un apport de première
importance dans la lutte contre la déforestation et la désertification, elle contribue à diminuer
la consommation de bois d’énergie.

Le Ministère de l’Industrie du Commerce et de l’Artisanat

La politique du gouvernement en matière industrielle, commerciale et artisanale se fait à


travers : i) l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de commercialisation des matières
premières agricoles, halieutiques et animales à l’exportation ; ii) la réglementation du secteur
de l’artisanat.
L’activité artisanale est fortement consommatrice de bois et les industries sont une source de
pollutions de toutes sortes. L’impact sur la biodiversité est donc négatif. C’est un secteur
soumis à l’étude d’impact environnemental.

Le Ministère des Travaux Publics et des Transports

Le Ministère des travaux publics et des Transports met en œuvre la politique du


gouvernement en matière de travaux publics et transports par : i) la réalisation et l’entretien
des infrastructures routières ; ii) la réalisation et l’entretien des infrastructures aéroportuaires
et fluviales.

17
En raison de l’enclavement du pays, les transports sont déterminants pour le développement
du Tchad. D’ailleurs les transports ont été retenus comme secteur prioritaire et des projets
d’aménagement des routes sont en cours de réalisation. L’étude d’impact environnemental
s’applique aux tracés des routes.

Le Ministère de l’action sociale et de la famille

La politique de la famille définie par le gouvernement se fait par l’élaboration et la mise en


œuvre, en collaboration avec les ministères techniques concernés, des programmes
d’éducation et de formation des femmes en milieu urbain et rural
Ce ministère contribue à la diffusion des foyers améliorés et à la sensibilisation en matière de
plantation d’arbres et de protection de l’environnement. C’est un partenaire important pour la
politique de conservation de la diversité biologique.

Le Ministère du Développement Touristique

La politique du gouvernement en matière de tourisme consiste à : i) l’établissement d’un


inventaire de toutes les potentialités touristiques dont dispose le pays afin d’en assurer une
exploitation nationale ; ii) la valorisation des ressources touristiques nationales notamment
des parcs nationaux et réserves de faune et des zones cynégétiques en collaboration avec le
ministère chargé de l’environnement ; iii) l’incitation et le soutien des initiatives privées dans
le domaine du tourisme et de l’hôtellerie.

Ce ministère a des liens étroits avec la Direction des Forêts et de Lutte contre la
Désertification et plus particulièrement avec la Direction de Conservation de la Faune et des
Aires Protégées. Il contribue à la conservation de la diversité biologique.

Le Ministère de l’Aménagement du Territoire de l’Urbanisme et de l’Habitat

La politique du gouvernement en matière de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de


l’habitat consiste à : i) l’élaboration, le suivi et l’évaluation d’un schéma national et des
schémas régionaux d’aménagement du territoire ; ii) l’assistance aux collectivités locales en
matière d’habitat ; iii) l’élaboration et mise en œuvre de la législation foncière en
collaboration avec les ministères concernés ; iv) la production, mise à jour et conservation des
cartes, plans topographiques et cadastraux ainsi que les données de base nécessaires à la
confection du fichier foncier : v) la centralisation de toutes les données relatives à la
production, aux attributions et à l’exploitation des terrains ; vi) l’aménagement de l’espace
rural en vue d’une meilleure gestion ; vii) la centralisation de toutes les données relatives à la
production, aux attributions et à l’exploitation des terrains viii) l’élaboration et le suivi des
documents d’aménagement urbain et d’urbanisme
Ce ministère procède à l’identification des sites à reboiser dans le cadre de la semaine
nationale de l’arbre. Le service du cadastre octroie les terrains par arrêté.
Ce ministère peut aussi appuyer la Direction des forêts et la Direction des Parcs nationaux
pour les cartographies.

Le Ministère de l’Education Nationale

Les établissements scolaires permettent de propager les notions environnementales et


d’inculquer aux élèves du primaire et du secondaire, le respect des forêts, dans le cadre du

18
Programme Formation et Information pour l’Environnement (PFIE) initié en 1986 par le
CILSS.
L’éducation environnementale constitue une stratégie complémentaire de lutte contre la
sécheresse et la désertification.

Le Ministère du Plan et du Développement

Les réunions interministérielles (notamment à l’occasion de la préparation des Tables Rondes


des bailleurs de fonds sur le développement), présidées par ce ministère sont un cadre de
concertation pour tous les ministères et le lieu d’exprimer les préoccupations en matière de
forêts.

 Les services techniques déconcentrés

Conformément aux actes légaux et réglementaires relatifs à la décentralisation, le Tchad est


divisé en 18 régions, 50 départements. La plupart des ministères ont mis en place des
délégations régionales et des services départementaux. Ces services techniques déconcentrés
jouent un rôle important auprès des populations urbaines et rurales dans le cadre de la gestion
durable de l'environnement.

 Les structures chargées de la recherche :

- le Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) ;


- le Laboratoire de Recherches Vétérinaires et Zootechniques (LRVZ) ;
- le Pôle Régional de Recherche Appliquée Aux Savanes d’Afrique Centrale
(PRASAC) ;
- le Centre National d’appui à la Recherche (CNAR) ;
- l’Institut National des Sciences Humaines (INSH) ;
- l’Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement (ITRAD)
- l’Institut Agronomique de Sarh.

 Les institutions de formation

- l’Université de N’Djaména ;
- l’Institut Universitaire des Sciences et Techniques d’Abéché (IUST) ;
- l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education (ISSED) ;
- le Centre Régional de l’Education et de la Formation Environnemental de Lutte
contre la Désertification (CREFELD) ;
- l’Ecole des Techniques d’Agricultures de Ba-Illi (ETA) ;
- le Centre de Formation Forestière de Milézi ;
- AVD Institut Tchad ;
- Ecole Supérieure des Sciences et Technologie Agricoles et Forestières (ESTAF) ;
- Ecole Nationale des Techniques de l’Elevage (ENATE)
- Ecole Supérieure des Sciences Appliquées de Bongor
- L’université Adam Barka d’Abéché

 Les collectivités locales

19
Aux termes de la Constitution, les Collectivités Territoriales Décentralisées (Communautés
Rurales, Communes, Départements et Régions) sont chargées d'assurer dans les limites de
leur ressort et avec le concours de l'Etat, la protection de l'environnement.

 Les organisations rurales de base

A la base les paysans s'organisent. Les populations rurales (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs,
chasseurs, artisans) ont compris aujourd'hui que même la terre est un bien périssable et qu'il
faille adopter un autre comportement que de se résigner à la fatalité. D'où des initiatives
volontaristes dans la gestion de l'environnement. Les populations, prenant conscience de
l'effet de la dégradation de l'environnement se prêtent à développer depuis un certain nombre
d'années, sous l'impulsion des ONG, des actions de protection de l'environnement.

 Les ONGs et Associations

Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont nationales ou internationales. Elles


mènent des actions d'appui au développement dans de multiples domaines: environnement,
agriculture, élevage, artisanat, santé, éducation. Certaines ONG se sont regroupées en réseaux
ou collectifs. C'est le cas du Comité d'Information et de Liaison des ONG (CILONG) qui
regroupe particulièrement les ONG internationales tandis que les ONG nationales sont
regroupées à la Fédération des ONG Tchadiennes (FONGT). Le gouvernement a mis en place
la Direction des ONG (DONG) pour assurer le suivi des activités de toutes les ONG opérant
au Tchad.

Les ONG internationales impliquées dans la gestion de l'environnement sont le Secours


Catholique pour le Développement (SECADEV), le Bureau d'Etude et de Liaison des Actions
Caritatives et de Développement (BELACD), la GTZ allemande, l'INADES-Formation, la
World Vision.

Malgré toutes les difficultés qu'elles rencontrent, les ONG Tchadiennes sont aujourd'hui des
acteurs reconnus dans la reconstruction socio-économique. Elles sont des entités
incontournables si les objectifs de désengagement de l'Etat, de promotion de la Société Civile
et de responsabilisation des populations sont traduits dans les faits.

 Le secteur privé

L'exploitation, la transformation et la commercialisation des ressources naturelles sont de plus


en plus effectuées par le secteur privé. C'est ainsi que la collecte et l'exploitation de la gomme
arabique (Acacia Sénégal) font l'objet d'une vive concurrence entre les entrepreneurs
Tchadiens associés à des hommes d'affaires étrangers. Le secteur privé Tchadien est dominé
par l’informel. Cependant quelques institutions représentatives du secteur formel sont
opérationnelles. Il s’agit notamment de:
- La Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat
(CCAMA)
- Le Conseil National du Patronat Tchadien (CNPT)
- Le Réseau de l’Entreprise au Tchad
- L’ «African International Business (AIB)

20
Les exploitants de bois, de produits forestiers non ligneux et de produits de pêche s'organisent
de plus en plus en coopératives pour optimiser leurs affaires et professionnaliser leurs
activités. Depuis quelques années, se développent par ailleurs des activités de consultance à
travers des bureaux d'études avec pour ambition de promouvoir et de valoriser l'expertise
nationale.

 Les organismes de coopération

Ce sont les partenaires techniques et financiers non seulement du gouvernement mais aussi
des collectivités locales, des populations et leurs organisations, la société civile et le secteur
privé. Ces organismes sont des institutions régionales et sous régionales, les institutions de
coopération bilatérale et multilatérales.

Les institutions régionales et sous régionales ayant leur siège et/ou leurs correspondants au
Tchad sont les suivantes: la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), la Communauté
Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques (CEBEVIRHA). Le
Comité National du CILSS (CONACILSS), le Centre Régional pour l’Education et la
Formation Environnementales de Lutte contre la Désertification (CREFELD)
Les partenaires de Coopération bilatérales sont entre autres : l'Agence Française de
Développement (AFD), le Service de la Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de
l’Ambassade de France, la Coopération Allemande, (GTZ), la Coopération Suisse.

Les organismes de coopération multilatérales actifs dans l’environnement au Tchad sont :


 Les organismes internationaux de coopération: l'Union Européenne (UE), la Banque
Africaine de Développement (BAD), la Banque Islamique de Développement (BID),
la Banque Arabe pour le Développement Economique de l'Afrique (BADEA)
interviennent en appui à des actions de gestion des ressources naturelles dans la zone
sahélienne (Lac, Salamat, Ouaddaï et Biltine) en zone soudanienne.
 Les organismes du système des Nations Unies: le Programme des Nations Unies pour
le Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement
(PNUE), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), le Fonds des Nations
Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), l'Organisation des Nations Unies
pour la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), le
Programme Alimentaire Mondial (PAM), le HCR.
 Les Institutions de Bretton Woods: la Banque Mondiale (BM), le Fonds Monétaire
International (FMI).
 Le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) gérée principalement par la BM, le
PNUE et le PNUD avec la collaboration d'autres agences multilatérales et les
Secrétariats des Conventions issues de Rio.

2.5. CADRE LEGAL ET REGLEMENTAIRE DE GESTION DE


L’ENVIRONNEMENT ET DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

2.5.1. Au niveau national

Le cadre légal et réglementaire comprend une série de codes, lois, décrets et arrêtés qui
régissent la gestion de l'environnement et des ressources naturelles.

21
 La Constitution du 31 mars 1996, dans ses articles 47, 48 et 52 engage l’Etat, les
collectivités et les individus à contribuer à la conservation de l’environnement ;
 La loi foncière repose sur un régime de droit moderne et sur les droits coutumiers qui
coexistent et sont à l’origine d’une certaine confusion. Cette situation ne permet pas
une responsabilisation individuelle. Les prélèvements sur les ressources naturelles qui
sont facilités par ce vide législatif laisse ouvert l’accès aux biens domaniaux ;

 La loi 36/PR/94 du 3 décembre 1994 portant organisation de la commercialisation et


du transport de bois dans les grandes agglomérations ;

 La loi n° 11/PR/95 du 20 juin 1995 portant création du code minier. La principale


préoccupation du code minier est économique, mais les procédures d’exploitation
impliquent clairement la protection de l’environnement. En outre, ce code est ouvert à
toutes les autres législations. Ce code constitue dans sa présentation une base pour la
définition d’une réglementation mieux adaptée à la protection de l’environnement ;

 Le code forestier révisé portant régime des forêts, de la faune et de la pêche attend
toujours sa promulgation ;

 Le Code de l'Eau (loi 016/PR/99) est liée à l’exploitation de l’eau en particulier aux
adductions d’eau et au forages et devrait être revu et recevoir des compléments
permettant d’élargir son champ d’application ;

 Le code pénal prévoit dans certains de ses articles des mesures contre des délits
nuisant à l’environnement ;

 L'ordonnance n° 14/63 du 28 Mars 1963 réglementant la chasse et la protection de la


nature ;

 L’Ordonnance n°07/PC/TP/MH du 03 février 1962 relative à la recherche, à


l'exploitation, au transport par canalisation des hydrocarbures et au régime fiscal de
ces activités sur le territoire de la République du Tchad.

A ces textes, il faut ajouter les décrets et arrêtés.

2.5.2. Au niveau international

Des conventions régionales et internationales que le Tchad a ratifiées, complètent la gamme


des textes existants.

 La Convention Africaine pour la Conservation de la Nature et des Ressources


Naturelles du 16/09 1968 (Alger) ;
 La Convention Ramsar du 2/2/1971 relative aux zones humides d’importance
internationale ;
 La Convention portant création du CILSS du 19/09/1973 (Ouagadougou) ;
 L'accord sur le règlement commun de la faune et de la flore du 03/12/1977 (Nigeria) ;
 La Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvage
menacées d'extinction du 03/03/1979 (CITES, Washington) ;
 La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune
sauvage du 23/06/1979 (Bonn) ;

22
 La convention de Bamako sur l'interdiction de porter à l'Afrique des déchets
dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontaliers et la gestion des déchets
dangereux produits en Afrique du 30/01/1991 ;
 La Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques du 9 Mai
1992 (New York) ;
 La Convention des nations unies sur la diversité biologique du 5 juin 1992 ;
 La Convention des nations unies sur la lutte contre la Désertification du 17 juin 1994 ;
 Le Protocole de Cartagena sur la biosécurité ;
 Le Protocole de Montréal sur la Couche d’Ozone ;
 La Convention sur les Polluants Organiques Persistants ;
 La convention sur la Procédure de consentement préalable en Connaissance de Cause
Applicable à Certains Produits Chimiques et Pesticides Dangereux qui font l’objet
d’un commerce international (Rotterdam) ;
 La Convention de Bâle sur le Contrôle des Mouvements transfrontaliers de Déchets
dangereux produits en Afrique ;
 La Convention sur la prohibition du développement de la production, du stockage et
de l’utilisation des armes chimiques et de leur destruction.

23
III.. ETAT DE MISE EN OEUVRE DE LA CDB AU TCHAD

Depuis que le Tchad est Partie à la Convention sur la Diversité Biologique,


les efforts du pays, conjugués aux apports de la coopération
internationale, tant au niveau bilatéral que multilatéral, ont permis au
pays d’enregistrer un certain nombre de réalisations importantes qui
rentrent dans le respect de ses engagements vis-à-vis de la Convention
sur la Diversité Biologique et des opportunités qui lui sont offertes dans ce
sens.

Les obligations et opportunités sont reprises et analysées une par une à la lumière des
réalisations accomplies.

Coopération

Conformément à l’article 5, chaque Partie contractante, dans la mesure du possible et selon


qu’il conviendra, coopère avec d’autre parties contractantes, directement ou, le cas échéant,
par l’intermédiaire d’organisations internationales compétentes, dans des domaines ne
relevant pas de la juridiction nationale et dans d’autres domaines d’intérêt mutuel, pour la
conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. Les mesures prises par le
Tchad dans ce cadre sont :

Réalisations :
- Mise en place des mécanismes et réseaux régionaux et sous régionaux pour appuyer la
mise en œuvre de la Convention sur la diversité Biologique : Commission du Bassin
du Lac Tchad (CBLT), CILSS, ABN, CEMAC CEBEVHIRA, CREFELD..) ;
- Mise en place d’une coopération active avec d’autres Parties pour la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique : Coopération bilatérale et multilatérale,
(AFD, SCAC, GTZ, UE, SCAC, BAD, BID, BADEA, PNUD, FEM, BM, FAO,
Coopération Suisse, Coopération Allemande…) ; programmes internationaux (Mike,
RAPAC, ECOFAC, COMIFAC, OFSA, MNHN) ; des accords internationaux et
régionaux (CITES, CMS, CHM, Biodiversité, Biosécurité) ;
- Création du HCNE (Décret - n° 822 /PR/MET/95 du 20 octobre 1995) pour
harmoniser au niveau national, les politiques et programmes dans le but d’optimiser la
cohérence, les synergies et l’efficacité dans la mise en œuvre avec les autres accords
multilatéraux sur l’environnement et les initiatives régionales pertinentes ;
- Développement du partenariat à travers des projets et programmes.

Contraintes : La mise en œuvre de ces accords internationaux et régionaux se heurte à


plusieurs facteurs : insuffisance de ressources humaines surtout spécialisées dans les
différents domaines concernés, mécanisme de financement non efficient et non durable,
manque de données de base, souvent non harmonisation avec les textes nationaux, manque de
concertation entre les différents ministères qui constituent le HCNE, non pérennisation des
acquis des projets.

24
Mesures générales pour la conservation et utilisation durable

L’article 6 stipule que chacune des Parties contractantes, en fonction des conditions et moyens
qui lui sont propres : a) élabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant à
assurer la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique ou adapte à cette fin
ses stratégies, plans ou programmes existants qui tiendront compte, entre autres, des mesures
énoncées dans la présente convention qui la concernent; et b) intègre, dans toute la mesure
possible et comme il convient, la conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique dans ses plans, programmes et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents.

Réalisations :

Dans le sens de cette obligation, les principaux plans et stratégies élaborés par le Tchad sont :

La Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique (SNPA/DB), la


Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance (SNBG), la Stratégie Nationale de Réduction de la
Pauvreté (SNRP), le Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification (PAN/LCD), le
Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE), le Schéma Directeur de l'Eau et de
l'Assainissement (SDEA), le Schéma Directeur de la Pêche (SDP).

Contraintes : D’une manière générale, les questions de conservation et d’utilisation durable


de la biodiversité sont prises en compte dans ces plans et stratégies. Mais la mise en œuvre de
ces plans et stratégies s’est heurtée à plusieurs contraintes : mécanisme de financement non
efficient et non durable, manque de données de base, non harmonisation des textes nationaux.

Identification et surveillance

L’article 7 stipule que chaque Partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu’il
conviendra, identifie et surveille les éléments constitutifs de la diversité biologique importants
pour sa conservation et son utilisation durable, en tenant compte de la liste indicative de
catégories figurant à l'annexe I de la convention ainsi que les processus et catégories
d'activités ayant une influence défavorable sur la conservation et l’utilisation durable de la
diversité biologique.

Réalisations :
Des écosystèmes et habitats sont identifiés et font l’objet de surveillance : le site d’Archei, le
lac-tchad, le lac ounianga, le lac Fitri, le lac Iro et le lac Léré.

Des programmes d’inventaire et de surveillance:


- Le programme de comptage et suivi des oiseaux d’eau migrateurs. Commencé depuis
1997, ce programme est exécuté chaque année par la Direction de la Faune et des
Aires protégées en partenariat avec l’Office National de la Chasse (ONC) ;
- Le programme MIKE (Monitoring illegal Killing Elephant) de suivi de la mortalité
des éléphants;

25
- Le programme d’inventaire des zones humides dans le cadre de la convention
RAMSAR ;
- L’etude sur la biologie du Varan du Nil (MNHN)
- Le programme de suivi des antilopes saharo-sahéliennes en cours de finalisation. Ce
programme est établi en partenariat avec la CSM ;
- Dans le domaine de l’agro biodiversité, un programme de recherche et de suivi des
ressources génétiques est exécuté par l’ITRAD ;
- Des institutions ont été mises en place pour les collections taxonomiques : Laboratoire
de Farcha, les universités, le CNAR, le Musée National.

Certains programmes et projets spécifiques tels que CURESS (Salamat), Biodiversté Manda
(Moyen Chari), PRODALKA (Mayo Kebbi Ouest), ont mis en place un dispositif de suivi
écologique pour le suivi et l’inventaire de la faune et de la flore ;
Des programmes sont mis en place pour la surveillance des principales activités qui menacent
la diversité biologique :
- Les changements climatiques : DREM
- La pollution/eutrophisation : Pops
- Changements de l’occupation des sols : Observatoire du foncier
- La surexploitation et l’utilisation irrationnelle : AEDE

Contraintes : Le dispositif d’identification et de suivi de la diversité biologique n’est pas


tout à fait opérationnel. Les principales contraintes sont : insuffisance et mauvaise gestion de
ressources humaines ; manque d’infrastructures adéquats ; manque de moyens financiers,
manque de base de données.

Conservation in situ
L’article 8 stipule que chaque Partie contractante établit un système de zones protégées ou de
zones où des mesures spéciales doivent être prises pour conserver la diversité biologique.

Réalisations :

Afin de garantir la conservation de la diversité biologique de nombreux sites ont été classés en
aires protégées à partir des années 60 : 2 Parcs Nationaux, 7 Réserves de Faune 2 Réserves
communautaires, des domaines de chasses, auxquels s'ajoutent 10 Forêts classées Ces AP
totalisent environ plus de 9% du territoire national.

Les zones humides et plans d'eau ont été mis en protection dans le cadre de systèmes
internationaux: classement MAB de l'UNESCO et classement Ramsar pour le lac Fitri,
classement Ramsar pour la partie tchadienne du Lac Tchad, le Lac Léré, et les plaines
d'inondation du Logone. Les superficies concernées s'élèvent à environ 4% du territoire.

On notera que l'aire du Lac Tchad et celle des plaines d'inondation du Logone (zones humides
d'importance internationale classées Ramsar) s'étendent en continuité avec des aires situées

26
au-delà des frontières nationales: autres parties du Lac Tchad, Nord Cameroun, Niger et
Nigeria.
Mais le contexte dans lequel ont évolué les écosystèmes fragiles et les aires protégées du
Tchad au cours des dernières décennies n'a pas été favorable, la plupart ayant été affectés à la
fois par des facteurs naturels et des facteurs anthropiques. La sécheresse a eu des effets
importants, dégradant une bonne partie des milieux terrestres sahéliens et soudano-sahéliens,
et perturbant le fonctionnement des zones humides. Les tensions sociales et les conflits
répétés ont eu, eux aussi, des incidences multiples: i) la prise en compte des contraintes de
protection de l'environnement a été reléguée au second plan, une priorité absolue étant
accordée à la survie et à la sécurisation alimentaire; ii) les potentialités organisationnelles et
normatives des pouvoirs publics ont été paralysées, spécialement vis-à-vis de ces questions;
iii) les actions de chasse avec des armes de guerre se sont multipliées, et ont sévèrement
affecté les populations de grands mammifères; iv) des déplacements de population ont été
induits (famines, guerre etc.), accentuant localement les pressions sur les milieux, la
végétation et la faune.

La conservation des zones humides comme le Lac Tchad reste notamment confrontée au
développement des aménagements hydro-agricoles, en général très contraignants pour ces
milieux. Les aménagements SEMRY (côté camerounais) et les polders du Lac Tchad
(SODELAC) constituent aujourd'hui les prémices des profondes transformations qui
pourraient affecter ce bassin et ses richesses.

D'une façon générale l'appui des populations aux opérations de conservation reste faible; dans
quelques cas il y a hostilité. L’approche purement restrictive de gestion des aires protégées n'a
guère fait évoluer la situation. Braconnage, remise en cause des limites, parcours du bétail,
mise en culture, occupation anarchique des Aires Protégées, prélèvement des charbonniers,
extension des feux de brousse, mauvaises pratiques de pêche … sont autant de pressions
qu'ont eu à supporter la plupart des Aires Protégées.

Contraintes : La faiblesse institutionnelle (inadéquation et non respect des textes législatifs et


réglementaires), l’insuffisance des ressources humaines et financières ne permettent pas de
faire face de manière efficace, aux diverses pressions que subissent les Aires Protégées.

Conservation ex situ

Conformément à l’article 9, chaque Partie adopte des mesures pour conserver ex situ les
éléments constitutifs de la diversité biologique, de préférence dans le pays d’origine de ces
éléments.

Réalisations :

Des sites de conservation ex situ ont été mis en place pour le maintien des espèces et variétés
et leur vulgarisation : le labo de farcha, le Musée national, le CNAR, le Centre régional de
recherche agronomique de Bébedja (ITRAD), les fermes semencières de Delhi, Bekao, la
Société de Développement du Lac (SODELAC).

Contraintes : Les principales contraintes sont : faible appui de la part des partenaires en
développement, une faible mobilisation des ressources financières et humaines qualifiées, le
manque des ressources matérielles et une faible synergie entre les institutions chargées de la
conservation ex-situ.

27
Utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique

Conformément à l’article 10, chaque Partie organise une utilisation durable des éléments
constitutifs de la diversité biologique. A ce titre, elle intègre les considérations relatives à la
conservation et à l'utilisation durable des ressources biologiques dans son processus
décisionnel national et protège et encourage l’usage coutumier des ressources biologiques
conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur
conservation ou de leur utilisation durable.

Le Tchad a souscrit à l’approche du développement durable en 1995, par la création du Haut


Comité National pour l’Environnement (HCNE) pour impulser, harmoniser et veiller à la
mise en œuvre des politiques et stratégies relatives à la protection de l’environnement en vue
de garantir un développement durable.

Réalisations :

- Responsabilisation des populations dans la gestion de leurs ressources naturelles à


travers la décentralisation (Ilods de Mayo kebbi Ouest);
- Mise en place des organisations des producteurs ruraux ;
- Mesures prises par les projets et programmes très favorables pour la conservation de la
biodiversité ;
- Mise en œuvre des activités de récupération et restauration des terres par des projets
et programmes de développement ;
- Création d’emploi et des revenus à travers la micro finance ;
- Appui aux organisations communautaires et tradipraticiens à valoriser leurs
innovations et leur savoir faire traditionnel.

Contraintes: faible mobilisation des ressources financières et humaines, faible application de


la réglementation liée à la biodiversité, le processus de décentralisation n’est pas effectif.

Mesures d’incitation

L’article 11 stipule que chaque Partie adopte des mesures incitatives économiquement et
socialement rationnelles incitant à conserver et à utiliser durablement les éléments constitutifs
de la diversité biologique.

Réalisations :

- Mise en oeuvre des mesures d’accompagnement dans certains projets et programmes


environnementaux ;
- Mesures législatives et réglementaires prises dans le cadre de la stratégie énergie
domestique (loi 36 et décret 107 du 03 décembre 1994);
- Mesures législatives et réglementaires en projet dans le domaine de la faune, pêche et
forêts pour contribuer à la réduction de la perte de la diversité biologique

Contraintes : Insuffisance de mesures explicites d’incitation, faible mobilisation des


ressources financières, lenteur dans l’adoption des textes législatifs, manque de décrets
d’application de certaines lois.

28
Recherche et formation

Conformément à l’article 12, chaque Partie met en place des programmes de formation et de
recherche sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins particuliers des pays en développement.

Réalisations :

Des programmes de recherche et de formation scientifiques et techniques ont été mis en place
dans le domaine de l’environnement et la diversité biologique. Les institutions de recherche et
de formation sont: l’IUSTA, l’IUSAE, l’ISSED, la FSEA, ITRAD, le PFIE, l’OFT, les
universités PSAOP (recherche à base compétitive), le PIDR etc.

Contraintes : insuffisance de structures de recherche et de formation, insuffisance de


ressources humaines qualifiées, et manque de ressources matériels pour la recherche et la
vulgarisation, financement inadéquat, méconnaissance des savoir traditionnelles.

Education et sensibilisation du public

Chaque Partie procède à une éducation et sensibilisation du public sur les questions relatives à
la préservation de la Biodiversité (art.13).

Réalisations : Le Tchad a mis en place des programmes d’éducation et de sensibilisation.

- Introduction de l’éducation environnementale dans les programmes scolaires ;


- Stratégie de communication pour le développement (radio rurale, presse privée) ;
- Création des groupes des enseignants et élevés pour la sensibilisation à l’éducation
environnementale

Contrainte : Insuffisance de programme d’éducation, dépendance des financements


extérieurs, insuffisance de moyens humains, matériels et financiers pour étendre l’action à
tous les niveaux, manque de traduction de manuels de vulgarisation, faible implication des
médias (radio, télé…) dans les programmes d’éducation et de sensibilisation, manque de
motivation des acteurs (communautés, enseignants, élèves…).

Etude d’impact et réduction des effets nocifs

Chaque Partie adopte des procédures permettant d'évaluer les impacts sur l'environnement des
projets qu'elle a proposés et qui sont susceptibles de nuire à l'environnement et prend des
dispositions pour réduire les effets nocifs à ces projets. (art. 14).

Réalisations : Le Tchad a développé une législation pour exiger l’évaluation des impacts sur
l’environnement des projets proposés qui sont susceptibles de nuire à la diversité biologique :
Loi 014/PR/98 définissant les principes généraux de la protection de l’environnement en son
titre VI.

29
Les contraintes : manque des décrets d’application pour rendre les mesures et textes
réglementaires effectifs, manque des structures spécialisées en la matière, manque de
ressources humanes et matériels.
Accès aux ressources génétiques

Conformément à l’article 15, chaque Partie s’efforce de créer les conditions propres à faciliter
l'accès aux ressources génétiques aux fins d’utilisation écologiquement rationnelle.

Réalisations : Les Institutions de recherche telles que l’ITRAD et le LRVZ procèdent à la


sélection des variétés de culture et des races d’animaux et à la diffusion des semences
agricoles et forestières

Contraintes : Manque de banques de gènes, non opérationnalisation des structures de


conservation, manque du personnel qualifié, vieillissement du personnel disponible, non prise
en compte du savoir faire local, manque de vulgarisation des résultats, , insuffisance de
structures de recherche.

Accès à la technologie et transfert de technologie

L’article 16 stipule que chaque Partie s'engage à assurer et/ou à faciliter à d'autres Parties
contractantes l'accès aux technologies nécessaires à la conservation et à l'utilisation durable de
la diversité biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages
sensibles à l'environnement, et le transfert desdites technologies.

Réalisation : Le cadre national de la biosécurité en cours d’élaboration va permettre de


répondre à cette obligation.

Contraintes : absence de législation nationale en la matière, faible mobilisation des


ressources financières et humaines, insuffisance de structures et personnel qualifié.

Echange d’information

Chaque Partie facilite l'échange d'informations, provenant de toutes les sources accessibles au
public, intéressant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins spéciaux des pays en développement (art. 17) ;

Réalisations :

Un Centre d’Echange d’Information sur la Biodiversité (CHM) a été mis en


place. Le CHM est un mécanisme d’échange de l’information à travers
Internet au niveau national, régional et international. Le CHM n’est pas
opérationnel depuis sa création malgré les formations reçues par ses points focaux.

Les informations relatives à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique


sont diffusées par la CITES, CMS, RAMSAR, le CNAR, les Radios (nationales et
communautaires) et la presse écrite.

Contraintes : Faiblesse institutionnelle, insuffisance des programmes spécifiques à la


conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité à la radio et dans la presse écrite,
insuffisance des ressources humaines et matériel.

30
Coopération technique et scientifique

Conformément à l’article 18, chaque Partie encourage la coopération technique et scientifique


avec d'autres Parties contractantes en particulier les pays en développement, pour l'application
de la présente Convention, notamment par l'élaboration et l'application de politiques
nationales.

Réalisations : Le Tchad a développé des programmes de recherche conjoints et de


coentreprises pour le développement de technologies en rapport avec les objectifs de la
Convention : ITRAD, ABN, CBLT, LRVZ, Universités.

Contraintes : Faible mobilisation des ressources financières et humaines, insuffisance de


personnel qualifié, non versement de la contrepartie du Tchad.

Gestion de la biotechnologie et répartition de ses avantages

L’article 18 stipule que chaque Partie prend toutes les mesures possibles pour encourager et
favoriser l’accès sur une base juste et équitable des autres Parties en particulier les pays en
développement aux activités de recherche biotechnologiques, et aux résultats et avantages
découlant de la biotechnologie.

Réalisations :

Le Tchad a signé le 24 mai 2000 le Protocole de Cartagena sur la


prévention des risques biotechnologiques. Ce Protocole est un accord
subsidiaire à la Convention, qui traite des risques potentiels que
présentent le commerce transfrontalier et la libération non intentionnelle
des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Adopté en janvier 2000,
le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques
permet aux gouvernements de manifester leur volonté d'accepter, ou non,
les importations de produits agricoles contenant des OGM. L’atelier de
lancement officiel du Protocole a eu lieu en novembre 2006. Dans le
cadre renforcement des capacités en matière de biosécurité un appui
financier du PNUE/FEM est attendu pour l’élaboration d’un cadre législatif
et réglementaire sur l’utilisation des OGM.

Contraintes : Insuffisance de personnel qualifié, faible mobilisation de ressources financières


et matérielles et manque d’infrastructures.

Ressources financières

Conformément à l'Article 20(1) de la CDB, chaque Partie contractante s'engage à fournir un


appui et des avantages financiers aux activités nationales visant à atteindre les objectifs de la
présente Convention, conformément à ses plans, priorités et programmes nationaux. L'Article
20(2) demande que les Parties qui sont des pays développés fournissent des ressources
financières nouvelles et additionnelles pour permettre aux Parties qui sont des pays en
développement de faire face à la totalité des surcoûts convenus que leur impose la mise en

31
oeuvre des mesures par lesquelles ils s'acquittent des obligations découlant de la présente
Convention.

Réalisations :

Par l’entremise du programme des Nations-unies pour le Développement (PNUD), le Fonds


pour l’Environnement Mondial (FEM), a accordé au Gouvernement de la République du
Tchad un don pour lui permettre d’élaborer une Stratégie Nationale et un Plan d’Action en
matière de Diversité Biologique (SNPA-DB) afin d’honorer ses engagements au titre de la
Convention sur la Diversité Biologique. Cette activité habilitante a permis au Tchad
d'élaborer sa Stratégie et Plan d'Action en matière de Diversité Biologique.

Trois fiches de projets ont été élaborées et annexées à la SNPA/ DB mais ces projets n’ont pas
été réalisés par manque de financement.

Grâce à l’appui financier des partenaires le projet de conservation de la diversité biologique


de Manda (financé par le FEM) et le projet conservation et utilisation rationnelle des
écosystèmes soudano-sahéliens (financé par l’Union Européenne) sont en cours d’exécution.
Certaines ONG telles que, PRODALKA, PRODABO, BELACD, SECADEV etc.
interviennent directement sur le terrain avec des programmes sur la conservation de
l’environnement et la gestion des ressources naturelles.

Contraintes : Faible mobilisation des ressources financières due à la faiblesse institutionnelle


et à l’insuffisance d’expertise nationale sur les questions liées à la diversité biologiques.

De l’analyse de l’état de mise en oeuvre de la CBD au Tchad, il ressort que les principales
contraintes en matière de diversité biologiques sont : insuffisance de ressources humaines,
faiblesse institutionnelle, faible mobilisation des ressources financières.

32
IV. ANALYSE DES BESOINS PRIORITAIRES NATIONALES EN
MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES

Les principales contraintes en matière de diversité biologiques ont été identifiées lors de
l’analyse de l’état de mise en oeuvre de la CBD au Tchad. C’est autour de ces contraintes
principales que seront analysées et définies les besoins prioritaires du pays.

4.1. ANALYSE DES INSUFFISANCES

4.1.1. Insuffisance de ressources humaines

L’analyse de la situation des ressources humaines au niveau des structures montre une grande
insuffisance de personnel tant quantitative que qualitative.

Certes, il existe des ressources humaines de très haute qualification (Main d'œuvre qualifiée,
techniciens supérieurs, Ingénieurs, docteurs et autres spécialisations), dans certaines structures
intervenant dans la conservation des ressources biologiques. Mais, au vu des programmes
ambitieux établis par chacune de ces structures, les besoins exprimés demeurent largement
supérieurs. Beaucoup de domaines sont encore très faiblement pourvus (ornithologie,
mammalogie …), ou même n’ont pas du tout de spécialistes (taxidermie, limnologie…).

L’aspect quantitatif est fortement lié à la disponibilité des ressources financières nécessaires
pour le recrutement du personnel (qualifié ou d'appui). L’insuffisance de personnel s'observe
dans toutes les structures. Elle se pose avec beaucoup plus d'acuité dans les structures du
Ministère de l’Environnement et de la Pêche (Direction de la Faune, Direction des Forêts,
Direction de la Pêche), mais également dans les structures de formation et les structures de
recherche où se trouvent la plupart des ressources destinées à la connaissance, à la
conservation et à l’utilisation des éléments de la diversité biologique.

4.1.2. Faiblesse institutionnelle

Face aux difficultés économiques et financières de l’Etat, et malgré l’assistance internationale,


les institutions concernées par la conservation et l’utilisation durable de la diversité
biologique n’arrivent pas toujours à réaliser les programmes identifiés. Nous pouvons relever
comme faiblesses :

- L’inadéquation et non harmonisation des textes législatifs et réglementaires;


- l’insuffisance de la coordination entre les différents ministères concernés par
l’environnement ;
- l’insuffisance de la prise en compte de la diversité biologique dans les différentes
directions du Ministère de l’Environnement et de l’Eau;
- l’absence d’incitation pour encourager les comportements favorables à la conservation
de la biodiversité ;
- la négligence dans le versement des contributions financières ;
- l’insuffisance de recherche scientifique ;
- le manque d’archivage de la documentation relative à la biodiversité.

33
4.1.3. Faible mobilisation des ressources financières

Le suivi des multiples négociations et de la mise en oeuvre nationale des décisions de la COP
relatives aux différents aspects thématiques et multisectoriels nécessite :
- la disponibilité d’équipes spécialisées au sein de la coordination de la convention sur
la diversité biologique, ce qui n’est pas toujours assuré à l’échelle nationale ;
- La mobilisation des ressources financières nécessaires, aussi bien nationales qu‘à
travers la coopération internationale. Et cette dernière n’est pas toujours bien
exploitée.

4.2. LES BESOINS PRIORITAIRES ET LES ACTIONS A MENER

4.2.1. Renforcement des capacités humaines

On ne peut mener des actions sans un personnel qualifié et de bon niveau. Il faudra mettre en
place un plan de formation des ressources humaines comme priorité nationale :

- perfectionnement des spécialistes existants ;


- formation des spécialistes dans les domaines qui en manquent (Ornithologie,
mammalogie…);
- encadrement et sensibilisation des utilisateurs et des communautés autochtones.

4.2.2. Renforcement des capacités institutionnelles

Afin de mener à bien la mise en oeuvre de la CDB, il y a lieu de créer / renforcer les capacités
relatives aux aspects suivants :

1. Mise à niveau des outils scientifiques et des capacités humaines, afin de disposer de plus
de connaissances et plus de compétences en matière de biodiversité, mais aussi gérer de façon
optimale l'information scientifique disponible. La mise à niveau comprend plusieurs types
d’action, parmi lesquelles :

- Le renforcement de la recherche scientifique dans divers domaines de la biodiversité.


En priorité, il y a lieu de stimuler des programmes de recherche visant à combler les
lacunes en matière de connaissances des milieux et de valorisation de la biodiversité
ainsi que les recherches portant sur l'application de certaines technologies modernes et
sur les connaissances traditionnelles liées aux composantes de la biodiversité et de
leurs milieux ;
- Le renforcement de la formation en matière de Recherche et de gestion de la
biodiversité à travers l’élaboration / actualisation et la mise en œuvre de programmes
de formation ciblés pour les cadres et spécialistes, et des programmes de formation
spécifiques au profit de techniciens spécialisés en matière de gestion et de
vulgarisation/sensibilisation sur la biodiversité ;
- La dynamisation de l’échange d’information scientifique à travers les réseaux
spécialisés et la mise en place d’un Système National d'Information Géographique
(SIG) sur la biodiversité, prenant en considération les SIG existants.

2. Actualisation des cadres / Instruments législatifs, dans le but de mettre en diapason la


législation nationale avec les engagements internationaux du pays. Il s’agit, entre autres, des
actions suivantes :

34
Renforcer les textes existants par de nouvelles dispositions qui permettraient au Tchad de
répondre favorablement à ses engagements vis à vis de la CDB; en veillant à harmoniser les
textes d’application avec les dispositions des autres traités comme la CITES, Convention de
Bonn, Convention d’ Alger, etc;

- Inventorier les espèces les plus menacées de notre pays pour les protéger contre le
commerce illicite dans le cadre de la CITES (liste rouge nationale);

- Élaborer des manuels d'investissements et des réglementations pour inciter le secteur


privé à investir dans les activités de développement de la biodiversité;

- Elaborer une loi cadre sur l'accès aux ressources génétiques nationales et le partage
équitable des avantages découlant de leur exploitation, afin de mieux en tirer bénéfice
pour l'économie nationale ;

- Elaborer une loi cadre sur la biosécurité, pour réglementer les mouvements
transfrontières, l'utilisation, le contrôle et le commerce dans le pays des organismes
génétiquement modifiés (OGM);

3. Renforcement des mesures en matière d’IEC : correspondant à des dispositifs


d'Information, d'Education et de Communication dont l'objectif est de constituer des
programmes pour une meilleure approche participative des populations. Cet aspect comprend
notamment les actions suivantes:

- Vulgariser les textes sur l’IEC en langues nationales ;

- Assurer la diffusion et la valorisation de l'information sur la biodiversité, à travers le


CHM et des revues spécialisées; en particulier les données générales pour le grand
public et les résultats applicables de la recherche ;

- Élaborer des programmes de sensibilisation et d'éducation au profit des différentes


populations cibles sur les valeurs de la biodiversité et l'utilisation rationnelle des
ressources naturelles ;

- Créer, dans diverses régions du Tchad, des centres d'éducation environnementale, des
musées, des parcs zoologiques et botaniques, des aquariums ;

- Élaborer des guides pour des besoins d'éducation et de sensibilisation (guides


éducatifs de vulgarisation sur des espèces nationales menacées, rares ou en voie de
disparition, guide éco - touristique national; guides éco - touristiques régionaux) ;

- Renforcer et soutenir le rôle, les actions et les capacités des ONG dans la prise de
conscience, chez le grand public, de l'importance actuelle et future de la conservation
et l’utilisation rationnelle de la biodiversité ;

4.2.3. Mobilisation des ressources financières

Le renforcement des capacités, et plus généralement la mise en oeuvre ne peuvent être assurés
sans la disponibilité de ressources importantes. Afin d’y parvenir, Il est important de
s’organiser pour accéder davantage aux moyens et ressources financières prévues par les

35
décisions des COP, et plus généralement, pour renforcer la coopération et le partenariat avec
les autres pays détenteurs de technologies et avec les organismes internationaux.
A ce niveau, il est important de procéder à :
- La formation des acteurs nationaux sur la formulation des projets, de type FEM ou
autres ;
- La mobilisation de l’expertise pour la finalisation des requêtes de financement ;
- L’identification des bailleurs de fonds et la stimulation de leur intérêt pour ces
projets ;
- La formation sur la gestion des projets sur la biodiversité.

Tableau 1: les besoins prioritaires et les actions à mener

BESOINS PRIORITAIRES ACTIONS A MENER


- perfectionnement des spécialistes existants
- formation des spécialistes dans les domaines qui
Renforcement des capacités en manquent (Ornithologie, mammalogie…)
humaines - encadrement et sensibilisation des utilisateurs et
des communautés autochtones

- Mise à niveau des outils scientifiques et des


capacités humaines
Renforcement des capacités - Actualisation des cadres / Instruments législatifs,
institutionnelles - Renforcement des mesures en matière d’IEC

- Formation des acteurs nationaux sur la


formulation des projets, de type FEM ou autres
- Mobilisation de l’expertise pour la finalisation
Mobilisation des ressources des requêtes de financement
financières - Identification des bailleurs de fonds et la
stimulation de leur intérêt pour ces projets
- Formation sur la gestion des projets sur la
biodiversité

36
V. LIEN ENTRE LES PRIORITES NATIONALES
ENVIRONNEMENTALES ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
ET LE SECTEUR D’INTERVENTION DE LA BIODIVERSITE

Le Tchad a souscrit au processus de développement durable par l’élaboration et la mise en


œuvre des stratégies et plans d’action : la Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de
Diversité Biologique (SNPA/DB), la Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance (SNBG), la
Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP), le Plan d’Action National de Lutte
Contre la Désertification (PAN/LCD), le Plan National d’Action pour l’Environnement
(PNAE), le Schéma Directeur de l'Eau et de l'Assainissement (SDEA). Ces stratégies et plans
s’articulent bien avec le Plan d’Intervention pou le Développement Rural, la Stratégie
National de Réduction de la Pauvreté et les objectifs de Développement du Millénaire.

 La Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique


(SNPA/DB)

La SNPA/DB fait suite à l’activité habilitante du Tchad dans le cadre de la Convention sur la
Biodiversité (CBD). Le Tchad a signé cette convention le 30 avril 1993 et l'a ratifiée le 07
juin 1994. La SNPA/DB a été élaboré pendant la période 1997-1998, et adoptée par le
gouvernement en septembre 2000. Elle s’ouvre par une vision : une stratégie pour une nation
forte dans toutes ses composantes socioculturelles, qui aspire à vivre en harmonie avec son
milieu naturel en y prélevant l’essentiel pour son développement tout en laissant un héritage
riche en diversité biologique. L‘objectif de développement est l’exploitation durable de la
diversité biologique. Il est assorti d’un objectif spécifique qui est la gestion et l’exploitation
durable de la DB. Les résultats attendus sont au nombre de cinq : i) connaissance et
surveillance de la DB améliorées, ii) écosystème et espèces menacées inventoriées,
conservées et restaurées, iii) utilisation des ressources de substitution accrue, iv) pratiques
d’exploitation durables adoptées, et enfin v) partage juste et équitable des ressources de la
diversité biologique.

37
Tableau 2 : les axes stratégiques et les actions à mener (SNPA/DB)

Axes stratégiques Activités


1. Connaissances et surveillance de 1.1. Etablir une documentation appropriée
la diversité biologique améliorées
1.2. Concevoir et mettre en œuvre une stratégie appropriée d’Information Education Communication
(IEC)
1.3. Identifier et exploiter les connaissances des populations en diversité biologique
1.4. Identifier les domaines de recherche et les réaliser
1.5. déterminer l’impact des activités des groupes socioprofessionnels sur la diversité biologique
1.6. Faire le diagnostic institutionnel et renforcer les capacités
1.7. Adapter les textes les appliquer (notamment le contrôle des flux de transhumance, de l’utilisation
des pesticides, les exportations des ressources biologiques…)
1.8. Redéfinir et appliquer une politique appropriée de gestion des couloirs de transhumance
1.9. Désarmer les populations et contrôler l’utilisation des munitions
1.10. Protéger / restaurer les gènes locaux
1.11. Mettre en place un dispositif fonctionnel de veille sur les évolutions des ressources de la diversité
biologique
1.12. Accélérer le processus de mise en œuvre d’un observatoire sur le foncier
2. Ecosystèmes et espèces menacées 2.1. Compléter les études sur les écosystèmes et les espèces, notamment celles menacées
inventoriés et restaurés
2.2. Elaborer et mettre en œuvre des stratégies de conservation / restauration des écosystèmes et espèces
2.3. Informer et sensibiliser les populations
2.4. Améliorer la gestion des Aires Protégées existantes
2.5. Faire des études d’impacts environnemental et accompagner la mise en œuvre des
recommandations pour toute action de développement d’envergure
2.6. faire un diagnostic institutionnel et renforcer les capacités
2.7. Accélérer le processus de mise en place d’un observatoire sur le foncier
2.8. Mettre en place des organes de gestion des conflits
2.8. Accélérer la mise en place des textes constitutionnels

38
3. Ressources de substitution 3.1. Promouvoir les énergies renouvelables et de substitution par la subvention ou la péréquation
accrue (pétrole, gaz)
3.2. Promouvoir la valorisation énergétique des déchets animaux et végétaux et de certains sous produits
et déchets agroindustriels (bagasse, coque de coton, et d’arachide, tourteaux de coton et autres
substances)
3.3. Accélérer la cimenterie de Pala
4. Pratiques d’utilisation durables 4.1. Intégrée la pratique agro-sylvo-pastorale
adoptées
4.2. Pratiquer les techniques de cultures protégeant et restaurant les sols
4.3. Pratiquer la lutte intégrée
4.4. Améliorer la productivité des techniques de carbonisation
4.5. Accélérer la réforme et la mise en œuvre des textes fonciers
4.6. Maintenir in situ les espèces à intérêt économique et scientifique
4.7. Rationaliser la gestion des cours d’eau
4.8. Créer des ranchs à gibier
4.9. Adapter et appliquer la réglementation en matière ressources biologiques
4.10. Développer la pisciculture
4.11. Développer et diversifier les techniques appropriées de production halieutique, animale et
floristique
5. Partage juste et équitable 5.1. Transférer la gestion foncière aux paysans
5.2. Equilibrer le pouvoir entre le moderne et le traditionnel
5.3. Promouvoir et renforcer les organisations rurales, socioprofessionnelles et les ONG crédibles
5.4. Promouvoir la gestion et le contrôle communautaire des ressources biologiques
5.5. Faire partager les résultats des recherches sur la biodiversité du Tchad
5.6. Valoriser les compétences nationales dans les institutions internationales
5.7. Accélérer la réforme et l’application du régime foncier
5.8. Réinvestir une partie des bénéfices tirés des ressources de la diversité biologique dans la zone
d’exploitation au profit des populations locales
5.9. Mettre en place un mécanisme de gestion transparente.

39
 Le Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification (PAN/LCD)

La lutte contre la désertification a toujours été constante dans les actions politiques et
diplomatiques du Tchad. Membre fondateur du Comité Inter Etats de Lutte contre la
Sécheresse et la Désertification (CILSS), le Tchad a en effet activement participé aux
négociations ayant abouti à l'adoption de la Convention des Nations Unies pour Combattre la
Désertification (UN/CCD), qu’il a ratifié en 50e position, permettant son entrée en vigueur.
Grâce à un partenariat international et à une mobilisation nationale, le PAN/LCD a été élaboré
en l’an 2000, suivant un processus très participatif (campagnes d'information et de
sensibilisation ; ateliers régionaux de concertation avec les populations ; forums nationaux sur
la lutte contre la désertification…).
L’objectif global a été formulé comme un objectif de développement et s’énonce comme suit :
«lutter contre la désertification et atténuer les effets de la sécheresse en vue d’une production
soutenue et durable ». Quatre objectifs spécifiques ont été retenus comme des ensembles
d’actions que les acteurs à tous les niveaux doivent réaliser pour atteindre l’objectif global. Il
s’agit de : 1) protéger, restaurer et mettre en valeur les potentiels productifs ; 2) protéger et
sauvegarder les écosystèmes d’importances capitale et menacés ; 3) renforcer les capacités
institutionnelles en matière de lutte contre la désertification et 4) gérer les risques.
La réalisation des objectifs spécifiques, est elle-même fonction de la mise en œuvre d’un
certain nombre d’axes stratégiques. Chaque axe stratégique représente une piste à suivre pour
la mise en œuvre des actions et à ce titre, est un paquet d’actions.

Tableau 3: possibilités de conservation de la biodiversité d’après le PAN/LCD


Axes
Résultats Stratégiques
Une agriculture productive et durable Conservation et restauration des sols
Conservation et valorisation des eaux
Conservation et valorisation de la flore et de la faune
Un élevage durable et respectueux de l’environnement Conduite opportuniste de l’élevage
L’intensification de l’élevage
Filière pêche/aquaculture promue et protégée Renforcement du potentiel naturel de production
Organisation de la filière
Urbanisation respectueuse de l’homme et de l’environnement Lutte contre la pauvreté et l’exode rural
Création d’un meilleur cadre de vie et protection
efficace de l’environnement
Industrialisation qui protège et valorise la nature Adoption des mesures de protection
Adoption des mesures de valorisation

 Le Plan National d’Action Environnemental (PNAE)

Le PNAE est le cadre de la planification nationale des actions prévues par l’Agenda 21. A ce
titre, il a pour objectif de poser un diagnostic en vue de promouvoir le développement durable
au Tchad. Ses mandats spécifiques sont : i) recenser les grands problèmes environnementaux
du pays ii) identifier les mesures de correction nécessaires ; iii) formuler ces mesures sous
forme d’axes stratégiques et d’actions à mener sur le long terme ; iv) définir les mécanismes
institutionnels ainsi que les modalités techniques et financières de mise en œuvre et de suivi
évaluation.

40
Tableau 4: Possibilités de conservation de la biodiversité d’après le PNAE
DOMAINES BIOCLIMATIQUES ZONES
Saharien Sahélien Soudanien URBAINES
1. Protection des 1. Lutte contre l’érosion 1. Reboisement et mises en 1. Gestion prévisionnelle
sols par les débris hydrique défens du foncier
végétaux 2. Augmentation de la 2. Utilisation des résidus 2. Adoption de la
durée des jachères agricoles pour fertiliser les sols législation
3. Reboisement et/ou 3. Augmentation de la durée des environnementale
PRINCIPALES mise en défens des zones jachères pour éviter la
PRATIQUES dégradées surexploitation des sols
4. Protections des bas- 4. Respect des techniques
fonds et des ouaddis culturales conservatrices de la
5. Augmentation de la fertilité des sols (rotation des
productivité des sols cultures, engrais verts)
pauvres des plateaux 5. Création et respect des
couloirs de transhumance pour
limiter les compactages des sols
par le bétail
6. L’intégration des systèmes
agrosylvopastoraux

 La Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP)

La situation de déficit social et de pauvreté de la population tchadienne constitue un handicap


majeur à toute initiative de développement durable. C'est pourquoi le gouvernement de la
République du Tchad a décidé avec la participation de tous les acteurs de la vie nationale que
sont l'administration publique, le secteur privé, la société civile et les partenaires extérieurs,
d'élaborer un document de Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP). Ce
document a été préparé entre 2000 et 2002, suivant une démarche globale, participative et
conformément au "Plan d'Orientation Révisé pour préparer le Tchad au défi du 21 e siècle -
Genève IV".

L'objectif global de la SNRP est de «créer un environnement politique, économique et social


en vue d’assurer une croissance soutenue et forte dont la distribution des fruits permettra
d’améliorer les conditions de vie des populations, notamment celles les plus démunies, tout en
protégeant et préservant l’environnement pour garantir la durabilité ». Pour atteindre cette
objectif, La SNRP est construite autour de cinq axes prioritaires d’intervention : (1)
promouvoir la bonne gouvernance; (2) assurer une croissance économique forte et soutenue;
(3) améliorer le capital humain; (4) améliorer les conditions de vie des groupes vulnérables
et/ou marginalisés et (5) restaurer et préserver l’environnement et les écosystèmes naturels.
Pour traduire cette stratégie en programmes opérationnels, les axes stratégiques d’intervention
ont été décomposés en plusieurs objectifs nationaux qui sont des sommes des sous objectifs
composés des actions prioritaires à mettre en œuvre. La SNRP se termine par les mécanismes
de mise en œuvre et de suivi-évaluation et s’inscrit dans un horizon temporaire de 10 ans
(2015). La SNRP est à tout point de vue conforme aux OMD fixés par les Nations Unies

41
VI. INVENTAIRES DES TROIS CONVENTIONS DE RIO ET DES SYNERGIES
ENTRE ELLES

6.1. SIMILITUDES, LIENS ET SPECIFICITES DES TROIS CONVENTIONS

Les trois Conventions de Rio traitent de trois questions d’environnement global qui
constituent des préoccupations fondamentales communes de l’humanité : impacts des
changements climatiques, perte de la diversité biologique et désertification constituent en
effet de sérieuses menaces pour la vie sur Terre, sans des interventions énergiques immédiates
et concertées de tous les pays.

Ces trois Conventions, bien qu’elles traitent de sujets spécifiques très différents, sont
cependant caractérisées par des similitudes à différents niveaux.

Les problématiques qu’elles traitent ont toutes pour origine l’activité anthropique : pressions
démographiques localisées, surexploitation des ressources, utilisation croissante de
technologies à impacts négatifs sur l’homme et sur l’environnement, etc. La philosophie
commune sous-jacente à ces trois Conventions repose sur deux idées de base acceptées de
tous : responsabilité commune mais différenciée des pays, et équité intra et inter générations.
Les politiques et mesures que ces Conventions proposent pour atténuer les impacts des
phénomènes traités, chacune dans son cadre, ont fondamentalement comme base commune le
changement de comportement, d’attitude et de vision du monde de la part des acteurs
humains.

Par ailleurs, les problématiques traitées par les trois Conventions sont liées : la perte de la
diversité biologique est en partie due au réchauffement global de la planète ; les deux
phénomènes aggravent la désertification. Inversement, la désertification contribue à la perte
de la diversité biologique et affecte les changements climatiques.

Figure 1. Liens entre les phénomènes traités par les trois Conventions

Perte de la Changements Désertification


diversité biologique climatiques

Activités humaines Activités humaines Activités humaines

6.2. POSSIBILITES DE SYNERGIE ENTRE LES TROIS CONVENTIONS

S’il y a peu de communication entre les Secrétariats des trois Conventions


et entre les points focaux nationaux correspondants, les phénomènes

42
traités sont par contre très liés (cf. fig. 1). Les textes des trois Conventions
montrent également des similitudes.
A partir de là, on peut dégager quelques domaines de synergie possible
entre les trois Conventions. On peut notamment citer :

 Les politiques, mesures et programmes nationaux

Par exemple, un programme de restauration forestière inscrit dans le


cadre de la Convention sur la biodiversité, peut également être inscrit
comme mesure d’atténuation des changements climatiques par
accroissement des puits de carbone ; il peut également l’être dans le
programme de lutte contre la désertification.

 L’éducation et la sensibilisation du public

Cette activité est menée séparément dans les domaines des trois
Conventions. Etant donnée l’interdépendance des trois phénomènes
traités, il serait plus efficace d’informer et de sensibiliser le public
simultanément, de façon intégrée.

 Les communications nationales

Les trois Conventions élaborent régulièrement des communications


nationales, chacune dans son domaine. Or, les parties générales de ces
rapports (présentation du pays, de son économie, de ses ressources, etc.)
sont pratiquement les mêmes d’une part ; les études spécifiques
présentées dans ces rapports reposent souvent sur les mêmes
événements climatiques (sécheresse, inondations, décalage des saisons,
etc.) ou utilisent les mêmes bases de données (températures,
précipitations, intensités et durées d’ensoleillement, etc.), d’autre part.

 Le développement et la mise oeuvre de projets

Des projets d’intérêt commun aux trois Conventions peuvent être


développés dans différents secteurs et créer ainsi des synergies à
différents niveaux, depuis la conception jusqu’à la mise en œuvre.

43
REFRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. Aché Nabia Seid, 2005. Harmonisation des politiques, institutions, législations,


normes et fiscalités forestières.
2. Abdéramane Mahamat Adel Aziz et Abakar Mahamat Zougoulou. 2002. Protection de
la biodiversité du Tchad.
3. Dolmia Malachie, 2005. Etude de la diversité biologique de la partie tchadienne du
bassin du Lac-Tchad.
4. Plan National d’Actions Environnementale, Volume 1 et 2. Novembre 2003.
5. Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté. Juin 2003.
6. Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Diversité Biologique. Mars 1999.
7. Plan d’Action Nationale de Lutte Contre la Désertification
8. Programme d’action national de lutte contre la désertification volume I. Synthèse.
Juillet 1999.
9. Plan National d’Action pour l’Environnement Tome II.
10. Profil environnemental du Tchad. Juillet 2006.
11. Mission de pré identification du développement Rural. Aide mémoire. Mai 2000.
12. Table Ronde de Genève IV. Réunion sectorielle sur le Développement Rural :
Diagnostic et stratégie. Avril 1999.
13. Livre blanc du Ministère de l’Environnement et la Pêche.
14. 3ème rapport national sur la diversité biologique.
15. Convention sur la diversité biologique. Textes et annexes. Avril 1998.
16. Document de projet/ANCR Tchad.
17. Kit des ressources pour l’autoévaluation des capacités à renforcer.
FEM/PNUD/PNUE. Septembre 2005.
18. Guide de l’autoévaluation nationale des capacités à renforcer pour gérér
l’environnement mondial. GEF. Septembre 2001.

44
ANNEXE : Termes De Références

ANCR
FEM

TERME DE REFERENCE DES CONSULTANTS SUR LES EVALTIONS


THEMATIQUES DU PROJET AUTO-EVALUATION NATIONALE DES
CAPACITES A RENFORCER POUR LA GESTION DE L’ENVIRONNEMENT
MONDIAL (ANCR)

1-CONTENTE ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE

L'Unité de Coordination du projet Auto-évaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour


la Gestion de l'Environnement Mondial (ANCR) chargée d'assurer l'identification, l'évaluation
et la planification des besoins en renforcement de capacités en vue de renforcer davantage, la
mise en œuvre des conventions internationales, des cadres stratégiques et plans d'actions déjà
en place pour la protection de l'environnement et le Développement Durable, recrute quatre
consultants nationaux pour la réalisation des évaluations thématiques en matière de capacités
et de renforcement de Capacités dans la gestion de l'environnement au Tchad. Il s'agit des
spécialistes des conventions sur la biodiversité, les changements climatiques, la lutte contre la
désertification, la gestion intégrée des ressources en eau et à l’assainissement ainsi que la
couche d'Ozone et les Polluants Organiques Persistants(Pops).

Ce projet, financé par le Fonds Mondial pour l'Environnement (FEM) et exécuté par le
Programme des Nations Unies Pour le Développement au Tchad a pour objectifs:

 Identifier et évaluer les priorités nationales en matière de renforcement des capacités


nécessaires à une meilleure gestion de l'environnement mondial;
 Identifier et évaluer des capacités intersectorielles et renforcer les synergies entre les
Accords Multilatéraux sur l'Environnement
 Formuler une stratégie et un plan d'action pour le renforcement des capacités.

2- MISSIONS DES CONSULTANTS:

Les consultants nationaux sont chargés, sous la responsabilité du coordinateur du projet(CNP)


en étroite collaboration avec le Directeur National du projet(DNP) :

 Identifier les exigences des Conventions et les obligations des pays au titre des
Conventions, ainsi que les possibilités offertes par chaque convention y compris la

45
gestion intégrée des ressources en l’eau et à l’assainissement;

 Inventorie les activités nationales passées et en cours, liées aux secteurs d'intervention
des Conventions; Une analyse détaillée des forces et des contraintes en matière de
capacités nationales à répondre aux obligations des Conventions et à tirer partie des
possibilités offertes par les Conventions;

 Analyser les besoins prioritaires du pays en matière de capacités aux plans individuel,
institutionnel et systémique au titre de chaque Convention;

 Synthétiser les liens entre les priorités nationales environnementales et de


développement durable et les secteurs d'intervention des Conventions, tout en insistant
sur les questions des capacités;

 Lister les questions de capacités intersectorielles (forces, contraintes, besoins et


possibilités) qui doit être examinée plus en profondeur au cours de la Phase suivante.

 Définir les actions possibles de renforcement des capacités pour répondre aux besoins
prioritaires au titre de chaque Convention;

 Décrire les objectifs du cadre et les méthodes de préparation des Evaluations


Thématiques.,.

Le consultant pourra recourir aux informations contenues dans: les Tableaux 3.1 et 3.2
du Kit des Ressources de l'ANCR comme point de départ pour analyser les besoins en
matière de capacités nécessaires pour la mise en œuvre des Conventions;
. Examiner les résultats de la Phase Préliminaire et du Bilan de Situation;.

3-QUALIFICATION ;

 Etre titulaire d'un diplôme universitaire (au moins niveau bac+5) dans l'une des
spécialités suivantes ; Environnement, Biologie, Climatologie, Génie sanitaire ou
Ressources en Eau;

 Avoir une bonne connaissance des questions de renforcement de capacités en relation


avec les conventions suscitées;

 Avoir une expérience avérée dans le secteur de l'Environnement;

 Bonne connaissance de la langue Française et Anglaise ;

 Maitrise de la micro-informatique indispensable ;

 Avoir un esprit de synthèse et de responsabilité.

4- COMPOSITION ET DEPOT DES CANDIDATURES :

46
Une demande manuscrite exposant les motivations du candidat, une copie certifiée conforme
des derniers diplômes ainsi qu'un CV détaillé doivent être déposés sous pli fermé portant la
mention 'UC-ANCR' et le titre du poste sollicité, adressé à Monsieur le Représentant Résident
du PNUD au Tchad, Avenue du Colonel d’Ornano, Immeuble ex-UEAC, BP 960
N’Djamena(Tchad).
Cet appel à la candidature est valable pour une période de dix jours à compter du 10 au 20
Octobre 2006.

5- DUREE DE LA CONSULTATION: Un(01) mois

N.B: les Termes de Références sont disponibles à la réception du Bureau PNUD, à la


Coordination nationale du projet (PNAE) et au niveau des points focaux des Conventions
(Biodiversité, Changements Climatiques, la Lutte Contre la Désertification, la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau et à l’Assainissement ainsi que la Couche d'Ozone et les
Pops).

47

Vous aimerez peut-être aussi