Renforcement des Capacités pour la Biodiversité au Tchad
Renforcement des Capacités pour la Biodiversité au Tchad
Janvier 2007
SOMMAIRE
RESUME…...……………………………….……………………………………………..…..3
I. INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………….7
1.1. Contexte et justification de l’étude……………………………………………………..…7
1.2. Objectif et résultats attendus…..…………………………………………………………..8
1.3. Méthodologie……………………………………………………………………………...8
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………..44
2
RESUME
La présente étude a pour objectif de recenser les besoins prioritaires du Tchad en matière de
renforcement des capacités dans le domaine de la diversité biologique afin de contribuer à une
meilleure gestion de l’environnement mondial.
La méthodologie suivie s’est basée sur la recherche documentaire et des entretiens avec des
personnes ressources dans différentes institutions.
Pour combler ces lacunes, des besoins prioritaires ont été définis :
3
SIGLES, ACRONYMES ET ABREVIATIONS
4
FNE Fonds National pour l’Environnement
FONG Fédération des ONG Tchadiennes
FUNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population
GTZ Coopération Technique Allemande
HCNE Haut Comité National pour l’Environnement
HCR Haut Commissariat pour les Réfugiés
IEC Information-Education-Communication
INSH Institut National des Sciences Humaines
ISSED Institut Supérieur des Sciences de l’Education
ITRAD Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement
IUSAE Institut Universitaire des Sciences de l’Agriculture et de
l’Environnement
LRVZ Laboratoire de Recherche Zootechnique et Vétérinaire de Farcha
MAB Man and Biosphère
MEP Ministère de l’Environnement et de la Pêche
MIKE Monitoring Illegal Killing Elephant
OFT Observatoire du Foncier au Tchad
OGM Organisme Génétiquement Modifiés
OMD Objectifs de Développement pour le Millénaire
ONC Office National de la Chasse
ONG Organisation Non Gouvernementales
PAM Programme Alimentaire Mondial
PAN/LCD Plan d’Action Nationale de Lutte contre la Désertification
PAS Programme d’Action Stratégique
PFIE Programme de Formation Information sur l’Environnement
PIDR Plan d’Intervention dans le Développement Rural
PNAE Plan National d’Action pour l’Environnement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement
POPs Polluants Organiques Persistants
PRASAC Pôle Régional de Recherche Appliquée Aux savanes d’Afrique Centrale
PRODALKA Programme de Développement Rural Décentralisé du Mayo-Dallah, du
Lac Léré et de la Kabbia
PSAOP Programme d’Appui aux Services Agricoles et aux Organisations des
Producteurs
RAPAC Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale
SBTTA Subsidiary Body on Scientific, Technical and Technological Advice
SDEA Schéma Directeur de l’Eau et de l’Assainissement
SECADEV Secours Catholique pour le Développement
SNBG Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance
SNPA/BD Stratégie Nationale et Plan d’Action en matière de Biodiversité
SNRP Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté
SODELAC Société de développement du Lac
TDR Termes de Références
UE Union Européenne
UICN Union International pour la Conservation de la Nature
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la
Culture
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
WWF Alliance Mondiale pour la Nature
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LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
Figure 1 : Liens entre les phénomènes traités par les trois conventions
6
I. INTRODUCTION GENERALE
C’est pour combler ces lacunes que le Gouvernement du Tchad entend mettre en oeuvre avec
l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), du Programme des Nations Unies
pour l’Environnement (PNUE) et du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), un projet à l’effet d’évaluer ses capacités nationales à gérer l’environnement
mondial, par l’identification des contraintes et des priorités pour la création, le développement
et le renforcement des capacités individuelles, institutionnelles et systémiques dans le cadre
de sa stratégie de réduction de la pauvreté et de développement durable.
Le présent projet d’Auto – évaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour Gérer
l’Environnement Mondial (ANCR-GEM) doit permettre la formulation d’une stratégie et d’un
plan d’action en vue de renforcer les capacités en matière de mise en oeuvre nationale des
conventions internationales en particulier celles relatives à la biodiversité.
7
I.2. OBJECTIF ET RESULTATS ATTENDUS DE L’ETUDE
I.2.1. Objectif
Conformément au mandat du Consultant, (Cf. TDRs), cette étude a pour objectif de recenser
les priorités et les besoins du Tchad en matière de renforcement des capacités dans le domaine
de la diversité biologique afin de contribuer à une meilleure gestion de l’environnement
mondial.
- Les exigences de la CDB, les obligations du Tchad au titre de cette convention, ainsi que
les possibilités offertes par la CDB sont identifiées ;
- Les activités nationales de renforcement des capacités passées et en cours liées au secteur
de la biodiversité sont inventoriées ;
- Les forces et les contraintes en matière de capacités nationales à répondre aux obligations
de la CDB et à tirer parti des possibilités offertes par cette convention sont analysées ;
- Les besoins prioritaires du Tchad en matière de capacités au plan individuel, institutionnel
et systémique au titre de la CDB analysés ;
- La synthèse des liens entre les priorités nationales environnementales et le développement
durable et le secteur d’intervention de la CDB est faite ;
- Une liste des questions intersectorielles et des synergies entre les trois conventions de RIO
est réalisée.
1.3. METHODOLOGIE
Conformément aux tâches du consultant identifiées dans les termes de références, le travail
s’est déroulé comme suit :
8
II. PRESENTATION DE LA CONVENTION
Les objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique dont la réalisation sera conforme à
ses dispositions pertinentes, sont la conservation de la diversité biologique, l’utilisation
durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de
l’exploitation des ressources génétiques, notamment grâce à un accès satisfaisant aux
ressources génétiques et à un transfert approprié des techniques pertinentes, compte tenu de
tous les droits sur ces ressources et aux techniques, et grâce à un financement adéquat (art. 1).
Il s’agit donc de trois objectifs essentiels, qui représentent l'engagement des nations du monde
pour:
La Convention sur la diversité biologique a été ouverte à la signature le 5 juin 1992 lors de
la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (le Sommet de
Rio). Elle l’est restée jusqu’au 4 juin 1993, période au cours de laquelle 168 signatures ont
été enregistrées. La Convention est entrée en vigueur le 29 décembre 1993, quatre-vingt dix
jours après la trentième ratification. La première réunion de la Conférence des Parties (COP) a
eu lieu du 28 novembre au 9 décembre 1994 aux Bahamas. Le Tchad a ratifié la Convention
sur la Diversité Biologique le 30 avril 1993.
La Convention sur la Diversité Biologique est un traité international qui donne aux parties à la
Convention un cadre pour la mise en œuvre de ses trois objectifs.
Dès le début, et dans de nombreuses décisions des Conférences des Parties (COP), la CDB a
établi des normes et principes progressifs pour traiter la conservation et l’utilisation durable
des éléments constitutifs de la diversité biologique de manière à inclure les questions d’équité
et de participation de toutes les parties prenantes.
9
3. identifie et surveille les éléments constitutifs de la diversité biologique importants
pour sa conservation et son utilisation durable, en tenant compte de la liste indicative
de catégories figurant à l'annexe I de la convention ainsi que les processus et
catégories d'activités ayant une influence défavorable sur la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique (art. 7) ;
9. adopte des procédures permettant d'évaluer les impacts sur l'environnement des projets
qu'elle a proposés et qui sont susceptibles de nuire à l'environnement et prend des
dispositions pour réduire les effets nocifs à ces projets (art. 14) ;
10. s’efforce de créer les conditions propres à faciliter l'accès aux ressources génétiques
aux fins d’utilisation écologiquement rationnelle (art. 15) ;
11. s'engage à assurer et/ou à faciliter à d'autres Parties contractantes l'accès aux
technologies nécessaires à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité
biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages sensibles à
l'environnement, et le transfert desdites technologies (art. 16) ;
12. facilite l'échange d'informations, provenant de toutes les sources accessibles au public,
intéressant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins spéciaux des pays en développement (art. 17) ;
14. prend toutes les mesures possibles pour encourager et favoriser l’accès sur une base
juste et équitable des autres Parties en particulier les pays en développement aux
10
activités de recherche biotechnologiques, et aux résultats et avantages découlant de la
biotechnologie (art. 19) ;
15. présente à la Conférence des Parties des rapports sur les dispositions qu'elle a adoptées
en application de la convention (art. 26).
La CDB reconnaît que la biodiversité est répartie inégalement, et que la conservation peut
représenter une charge supplémentaire pour les pays en développement, qui sont souvent
riches en biodiversité mais pauvres en ressources économiques.
Par conséquent, la CDB adopte une approche pratique en reconnaissant que les pays ont
besoin de moyens financiers et de mesures d'incitation afin de pouvoir se développer de
manière durable et conserver leurs ressources biologiques.
En vertu de l'Article 20(1) de la CDB, chaque Partie contractante s'engage à fournir un appui
et des avantages financiers aux activités nationales visant à atteindre les objectifs de la
présente Convention, conformément à ses plans, priorités et programmes nationaux. L'Article
20(2) demande que les Parties qui sont des pays développés fournissent des ressources
financières nouvelles et additionnelles pour permettre aux Parties qui sont des pays en
développement de faire face à la totalité des surcoûts convenus que leur impose la mise en
oeuvre des mesures par lesquelles ils s'acquittent des obligations découlant de la présente
Convention.
Le FEM est un Fonds Multilatéral qui dépend conjointement du Programme des Nations
Unies pour l'environnement (PNUE), du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) et de la Banque mondiale) a été institué en tant que mécanisme de
financement par la COP en vertu de l’article 21 de la CDB. Il assure en majeure partie le
financement des projets entrant dans le cadre de la mise en oeuvre de la Convention. Il est à
relever que l’aboutissement des projets passe par un processus de négociation caractérisé par
sa lenteur et sa complexité.
Des critères définissent les conditions d'attribution des ressources (Décision I/2 de la première
COP): seuls les pays en développement Parties à la Convention peuvent recevoir des fonds.
Les projets qui ont pour objectif la conservation de la diversité biologique et l'utilisation
durable de ses éléments peuvent prétendre à un appui financier de la structure institutionnelle.
11
Il importe de signaler que d’autres directives additionnelles ont été adressées au FEM à
l’occasion des COP suivantes, notamment au sujet des activités habilitantes et des
programmes d’opérations à long terme, et pour la mise en oeuvre des programmes
thématiques de la CDB.
La Convention demande aux Parties de coopérer avec le secteur privé pour assurer l'utilisation
durable des ressources biologiques (Article 10e). Enfin, outre la stratégie financière globale à
l'échelle de la Convention, il est généralement recommandé que chaque Partie utilise le
processus d'élaboration de stratégie et de plan d'action national en faveur de la diversité
biologique pour établir un projet d'entreprise et un plan financier prévoyant une stratégie
cohérente de financement de la mise en oeuvre de la CDB.
Dans l’article 16, chaque Partie contractante à la CDB s’engage expressément «à assurer et/ou
à faciliter» le transfert de «technologies nécessaires à la conservation et à l’utilisation durable
de la diversité biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages
sensibles à l’environnement». Lorsque le transfert a lieu d’un pays développé vers un pays en
développement, il se fait «à des conditions justes et les plus favorables» selon des modalités
respectant les droits de propriété intellectuelle pertinents.
L’article 18 complète les dispositions de l’article 16. Il appelle les Parties à encourager «la
coopération technique et scientifique internationale dans le domaine de la conservation et de
l’utilisation de la diversité biologique»; et à avoir recours et participer au centre d’échange à
cette fin. Toutes ces obligations sont précisément liées aux obligations financières de la
Convention (articles 20 et 21). Lors de la première Conférence des Parties, un Centre
d'échange (CHM, Clearing House Mechanism) pour encourager et faciliter la coopération
technique et scientifique a été mis en place (art. 18-3).
12
gouvernementales et administratives nécessaires à la garantie de l’observation des principes
écologiques comme base de toute planification et de tout développement économique ».
La Conférence des Parties ou COP est l'autorité suprême de la Convention qui réunit les
représentants de toutes les Parties de la Convention, ainsi que des observateurs, telles les
agences des Nations Unies et les organisations internationales et non gouvernementales.
Sa fonction, telle que définie par l’article 23 de la CDB, est de diriger et superviser le
processus entier de mise en oeuvre et de développement de la Convention. La Conférence des
Parties étudie les progrès réalisés et établit des plans de travail pour des actions ultérieures.
Elle peut également proposer des amendements à la Convention et travailler en collaboration
avec d'autres opérations et traités internationaux.
a) Organiser les réunions de la COP et en assurer le service; b) S'acquitter des fonctions qui
lui sont assignées en vertu de tout protocole à la Convention; c) Etablir des rapports sur
l'exercice des fonctions qui lui sont assignées en vertu de la Convention et les présenter à la
COP; d) Assurer la coordination avec les autres organismes internationaux compétents, et en
particulier conclure les arrangements administratifs et contractuels qui pourraient lui être
nécessaires pour s'acquitter efficacement de ses fonctions; e) S'acquitter de toutes autres
fonctions que la COP pourrait décider de lui assigner.
Le SBSTTA
13
Le Centre d'échange
Le Centre d'échange (CHM) a été mis en place lors de la première COP en application de
l’article 18-3. Il s’agit d’un instrument de partage des informations destiné à faciliter les
échanges d'informations scientifiques, techniques et technologiques en vue de réaliser les
objectifs de la Convention. Il opère principalement, mais pas exclusivement, via Internet et est
conçu comme un réseau décentralisé de distribution, développé et dirigé par le Secrétariat de
la Convention, les points focaux nationaux et thématiques et les autres acteurs en matière de
biodiversité.
Le Gouvernement
Créé par décret - n° 822 /PR/MET/95 du 20 octobre 1995- , le HCNE a pour mission
d’impulser, d’harmoniser et de veiller à la mise en œuvre des politiques et stratégies relatives
à la protection de l’environnement en vue de garantir un développement durable au Tchad. Il
est un organe interministériel présidé par le Premier Ministre. Le Ministère de
l’Environnement et de l’Eau (MEE) assure le Secrétariat Exécutif. Seize (16) autres
départements ministériels concernés par les questions de l’environnement et représentés par
leur ministre respectif, en sont membre.
Il s'agit de :
- Ministère de l'Agriculture
- Ministère de l'Elevage
- Ministère des Mines et Energie
- Ministère des Travaux Publics et des Transports
- Ministère de l'Education Nationale
- Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat
- Ministère de l'Administration du Territoire
- Ministère de la Communication
- Ministère de l'Action Sociale et de la Famille
- Ministère de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Victimes de guerre
- Ministère du Pétrole
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- Ministère des Affaires étrangères et de l'Intégration Africaine
- Ministère de la Culture, Jeunesse et Sports
- Ministère de la Santé Publique
- Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la
o Formation Professionnelle
- Ministère du Développement Touristique
- Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat
-
Depuis 2001 le MEP organise une division technique de suivi évaluation des projets (DTSEP)
et une cellule de coordination des conventions et des projets (CCCP).
15
Le Point Focal de Convention sur la Diversité Biologique est assurée par la Direction de
Conservation de la Faune et des Aires Protégées du Ministère de l’Environnement et de la
Pêche. Il a pour rôle le suivi des activités de mise en œuvre de la Convention sur la Diversité
Biologique au niveau national.
Le Ministère de l’Agriculture
Le Ministère de l’Agriculture est l’un des trois sous-secteurs du secteur prioritaire que
constitue le développement rural. L’impact de l’agriculture sur la biodiversité est à la fois
positif et négatif.
Le Ministère de l’Elevage
L’élevage est l’un des trois sous-secteurs du secteur prioritaire du développement rural.
L’impact de l’élevage sur la biodiversité est négatif en raison de la dégradation causée par les
éleveurs transhumants résultant des surpâturages, étêtages des arbres, braconnage et au fait
que certains éleveurs deviennent accessoirement exploitants forestiers.
De manière plus positive, le Laboratoire de Recherches Vétérinaires et Zootechniques
instrument de recherche du ministère de l’élevage, aide la recherche sur la biodiversité
(aspects faune et flore).
L’approche développement intégré introduit dans les projets du ministère de l’élevage un
volet environnement, qui contribue à la reforestation.
Il faut aussi noter que les animaux contribuent au maintien de la biodiversité en dispersant les
graines par leurs excréta et en diminuant la hauteur des pailles ce qui limite les feux de
brousse.
Le Ministère de l’élevage a mis en place une méthodologie d’attribution de puits pastoraux
aux éleveurs. Les bénéficiaires sont formés dans le domaine de la sauvegarde de
l’environnement.
Le Ministère du Pétrole
16
Il met en œuvre la politique du gouvernement en matière du pétrole au moyen des actions
suivantes : i) supervision, orientation, coordination et contrôle conformément aux textes en
vigueur des travaux de recherche pétrolière et des activités relevant de son domaine à savoir la
production, le transport et le stockage, le raffinage et la distribution des hydrocarbures
liquides et gazeux.
Les revenus pétroliers seront en partie injectés dans les secteurs prioritaires dont le
développement rural, et par voie de conséquence profiteront à la conservation de la
biodiversité.
Par ailleurs les projets pétroliers sont soumis à l’étude d’impact environnemental, qui permet
de prévenir les atteintes susceptibles de se produire à l’occasion de la production ou du
transport des hydrocarbures, activités à risque pour l’environnement en général et la
biodiversité en particulier.
Dans une étude sur l’impact de la croissance démographique sur les ressources forestières
dans la zone pétrolière, les consultants ont souligné que la construction de l’oléoduc allait
supprimer une partie de la végétation.
17
En raison de l’enclavement du pays, les transports sont déterminants pour le développement
du Tchad. D’ailleurs les transports ont été retenus comme secteur prioritaire et des projets
d’aménagement des routes sont en cours de réalisation. L’étude d’impact environnemental
s’applique aux tracés des routes.
Ce ministère a des liens étroits avec la Direction des Forêts et de Lutte contre la
Désertification et plus particulièrement avec la Direction de Conservation de la Faune et des
Aires Protégées. Il contribue à la conservation de la diversité biologique.
18
Programme Formation et Information pour l’Environnement (PFIE) initié en 1986 par le
CILSS.
L’éducation environnementale constitue une stratégie complémentaire de lutte contre la
sécheresse et la désertification.
- l’Université de N’Djaména ;
- l’Institut Universitaire des Sciences et Techniques d’Abéché (IUST) ;
- l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education (ISSED) ;
- le Centre Régional de l’Education et de la Formation Environnemental de Lutte
contre la Désertification (CREFELD) ;
- l’Ecole des Techniques d’Agricultures de Ba-Illi (ETA) ;
- le Centre de Formation Forestière de Milézi ;
- AVD Institut Tchad ;
- Ecole Supérieure des Sciences et Technologie Agricoles et Forestières (ESTAF) ;
- Ecole Nationale des Techniques de l’Elevage (ENATE)
- Ecole Supérieure des Sciences Appliquées de Bongor
- L’université Adam Barka d’Abéché
19
Aux termes de la Constitution, les Collectivités Territoriales Décentralisées (Communautés
Rurales, Communes, Départements et Régions) sont chargées d'assurer dans les limites de
leur ressort et avec le concours de l'Etat, la protection de l'environnement.
A la base les paysans s'organisent. Les populations rurales (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs,
chasseurs, artisans) ont compris aujourd'hui que même la terre est un bien périssable et qu'il
faille adopter un autre comportement que de se résigner à la fatalité. D'où des initiatives
volontaristes dans la gestion de l'environnement. Les populations, prenant conscience de
l'effet de la dégradation de l'environnement se prêtent à développer depuis un certain nombre
d'années, sous l'impulsion des ONG, des actions de protection de l'environnement.
Malgré toutes les difficultés qu'elles rencontrent, les ONG Tchadiennes sont aujourd'hui des
acteurs reconnus dans la reconstruction socio-économique. Elles sont des entités
incontournables si les objectifs de désengagement de l'Etat, de promotion de la Société Civile
et de responsabilisation des populations sont traduits dans les faits.
Le secteur privé
20
Les exploitants de bois, de produits forestiers non ligneux et de produits de pêche s'organisent
de plus en plus en coopératives pour optimiser leurs affaires et professionnaliser leurs
activités. Depuis quelques années, se développent par ailleurs des activités de consultance à
travers des bureaux d'études avec pour ambition de promouvoir et de valoriser l'expertise
nationale.
Ce sont les partenaires techniques et financiers non seulement du gouvernement mais aussi
des collectivités locales, des populations et leurs organisations, la société civile et le secteur
privé. Ces organismes sont des institutions régionales et sous régionales, les institutions de
coopération bilatérale et multilatérales.
Les institutions régionales et sous régionales ayant leur siège et/ou leurs correspondants au
Tchad sont les suivantes: la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), la Communauté
Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques (CEBEVIRHA). Le
Comité National du CILSS (CONACILSS), le Centre Régional pour l’Education et la
Formation Environnementales de Lutte contre la Désertification (CREFELD)
Les partenaires de Coopération bilatérales sont entre autres : l'Agence Française de
Développement (AFD), le Service de la Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de
l’Ambassade de France, la Coopération Allemande, (GTZ), la Coopération Suisse.
Le cadre légal et réglementaire comprend une série de codes, lois, décrets et arrêtés qui
régissent la gestion de l'environnement et des ressources naturelles.
21
La Constitution du 31 mars 1996, dans ses articles 47, 48 et 52 engage l’Etat, les
collectivités et les individus à contribuer à la conservation de l’environnement ;
La loi foncière repose sur un régime de droit moderne et sur les droits coutumiers qui
coexistent et sont à l’origine d’une certaine confusion. Cette situation ne permet pas
une responsabilisation individuelle. Les prélèvements sur les ressources naturelles qui
sont facilités par ce vide législatif laisse ouvert l’accès aux biens domaniaux ;
Le code forestier révisé portant régime des forêts, de la faune et de la pêche attend
toujours sa promulgation ;
Le Code de l'Eau (loi 016/PR/99) est liée à l’exploitation de l’eau en particulier aux
adductions d’eau et au forages et devrait être revu et recevoir des compléments
permettant d’élargir son champ d’application ;
Le code pénal prévoit dans certains de ses articles des mesures contre des délits
nuisant à l’environnement ;
22
La convention de Bamako sur l'interdiction de porter à l'Afrique des déchets
dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontaliers et la gestion des déchets
dangereux produits en Afrique du 30/01/1991 ;
La Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques du 9 Mai
1992 (New York) ;
La Convention des nations unies sur la diversité biologique du 5 juin 1992 ;
La Convention des nations unies sur la lutte contre la Désertification du 17 juin 1994 ;
Le Protocole de Cartagena sur la biosécurité ;
Le Protocole de Montréal sur la Couche d’Ozone ;
La Convention sur les Polluants Organiques Persistants ;
La convention sur la Procédure de consentement préalable en Connaissance de Cause
Applicable à Certains Produits Chimiques et Pesticides Dangereux qui font l’objet
d’un commerce international (Rotterdam) ;
La Convention de Bâle sur le Contrôle des Mouvements transfrontaliers de Déchets
dangereux produits en Afrique ;
La Convention sur la prohibition du développement de la production, du stockage et
de l’utilisation des armes chimiques et de leur destruction.
23
III.. ETAT DE MISE EN OEUVRE DE LA CDB AU TCHAD
Les obligations et opportunités sont reprises et analysées une par une à la lumière des
réalisations accomplies.
Coopération
Réalisations :
- Mise en place des mécanismes et réseaux régionaux et sous régionaux pour appuyer la
mise en œuvre de la Convention sur la diversité Biologique : Commission du Bassin
du Lac Tchad (CBLT), CILSS, ABN, CEMAC CEBEVHIRA, CREFELD..) ;
- Mise en place d’une coopération active avec d’autres Parties pour la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique : Coopération bilatérale et multilatérale,
(AFD, SCAC, GTZ, UE, SCAC, BAD, BID, BADEA, PNUD, FEM, BM, FAO,
Coopération Suisse, Coopération Allemande…) ; programmes internationaux (Mike,
RAPAC, ECOFAC, COMIFAC, OFSA, MNHN) ; des accords internationaux et
régionaux (CITES, CMS, CHM, Biodiversité, Biosécurité) ;
- Création du HCNE (Décret - n° 822 /PR/MET/95 du 20 octobre 1995) pour
harmoniser au niveau national, les politiques et programmes dans le but d’optimiser la
cohérence, les synergies et l’efficacité dans la mise en œuvre avec les autres accords
multilatéraux sur l’environnement et les initiatives régionales pertinentes ;
- Développement du partenariat à travers des projets et programmes.
24
Mesures générales pour la conservation et utilisation durable
L’article 6 stipule que chacune des Parties contractantes, en fonction des conditions et moyens
qui lui sont propres : a) élabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant à
assurer la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique ou adapte à cette fin
ses stratégies, plans ou programmes existants qui tiendront compte, entre autres, des mesures
énoncées dans la présente convention qui la concernent; et b) intègre, dans toute la mesure
possible et comme il convient, la conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique dans ses plans, programmes et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents.
Réalisations :
Dans le sens de cette obligation, les principaux plans et stratégies élaborés par le Tchad sont :
Identification et surveillance
L’article 7 stipule que chaque Partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu’il
conviendra, identifie et surveille les éléments constitutifs de la diversité biologique importants
pour sa conservation et son utilisation durable, en tenant compte de la liste indicative de
catégories figurant à l'annexe I de la convention ainsi que les processus et catégories
d'activités ayant une influence défavorable sur la conservation et l’utilisation durable de la
diversité biologique.
Réalisations :
Des écosystèmes et habitats sont identifiés et font l’objet de surveillance : le site d’Archei, le
lac-tchad, le lac ounianga, le lac Fitri, le lac Iro et le lac Léré.
25
- Le programme d’inventaire des zones humides dans le cadre de la convention
RAMSAR ;
- L’etude sur la biologie du Varan du Nil (MNHN)
- Le programme de suivi des antilopes saharo-sahéliennes en cours de finalisation. Ce
programme est établi en partenariat avec la CSM ;
- Dans le domaine de l’agro biodiversité, un programme de recherche et de suivi des
ressources génétiques est exécuté par l’ITRAD ;
- Des institutions ont été mises en place pour les collections taxonomiques : Laboratoire
de Farcha, les universités, le CNAR, le Musée National.
Certains programmes et projets spécifiques tels que CURESS (Salamat), Biodiversté Manda
(Moyen Chari), PRODALKA (Mayo Kebbi Ouest), ont mis en place un dispositif de suivi
écologique pour le suivi et l’inventaire de la faune et de la flore ;
Des programmes sont mis en place pour la surveillance des principales activités qui menacent
la diversité biologique :
- Les changements climatiques : DREM
- La pollution/eutrophisation : Pops
- Changements de l’occupation des sols : Observatoire du foncier
- La surexploitation et l’utilisation irrationnelle : AEDE
Conservation in situ
L’article 8 stipule que chaque Partie contractante établit un système de zones protégées ou de
zones où des mesures spéciales doivent être prises pour conserver la diversité biologique.
Réalisations :
Afin de garantir la conservation de la diversité biologique de nombreux sites ont été classés en
aires protégées à partir des années 60 : 2 Parcs Nationaux, 7 Réserves de Faune 2 Réserves
communautaires, des domaines de chasses, auxquels s'ajoutent 10 Forêts classées Ces AP
totalisent environ plus de 9% du territoire national.
Les zones humides et plans d'eau ont été mis en protection dans le cadre de systèmes
internationaux: classement MAB de l'UNESCO et classement Ramsar pour le lac Fitri,
classement Ramsar pour la partie tchadienne du Lac Tchad, le Lac Léré, et les plaines
d'inondation du Logone. Les superficies concernées s'élèvent à environ 4% du territoire.
On notera que l'aire du Lac Tchad et celle des plaines d'inondation du Logone (zones humides
d'importance internationale classées Ramsar) s'étendent en continuité avec des aires situées
26
au-delà des frontières nationales: autres parties du Lac Tchad, Nord Cameroun, Niger et
Nigeria.
Mais le contexte dans lequel ont évolué les écosystèmes fragiles et les aires protégées du
Tchad au cours des dernières décennies n'a pas été favorable, la plupart ayant été affectés à la
fois par des facteurs naturels et des facteurs anthropiques. La sécheresse a eu des effets
importants, dégradant une bonne partie des milieux terrestres sahéliens et soudano-sahéliens,
et perturbant le fonctionnement des zones humides. Les tensions sociales et les conflits
répétés ont eu, eux aussi, des incidences multiples: i) la prise en compte des contraintes de
protection de l'environnement a été reléguée au second plan, une priorité absolue étant
accordée à la survie et à la sécurisation alimentaire; ii) les potentialités organisationnelles et
normatives des pouvoirs publics ont été paralysées, spécialement vis-à-vis de ces questions;
iii) les actions de chasse avec des armes de guerre se sont multipliées, et ont sévèrement
affecté les populations de grands mammifères; iv) des déplacements de population ont été
induits (famines, guerre etc.), accentuant localement les pressions sur les milieux, la
végétation et la faune.
La conservation des zones humides comme le Lac Tchad reste notamment confrontée au
développement des aménagements hydro-agricoles, en général très contraignants pour ces
milieux. Les aménagements SEMRY (côté camerounais) et les polders du Lac Tchad
(SODELAC) constituent aujourd'hui les prémices des profondes transformations qui
pourraient affecter ce bassin et ses richesses.
D'une façon générale l'appui des populations aux opérations de conservation reste faible; dans
quelques cas il y a hostilité. L’approche purement restrictive de gestion des aires protégées n'a
guère fait évoluer la situation. Braconnage, remise en cause des limites, parcours du bétail,
mise en culture, occupation anarchique des Aires Protégées, prélèvement des charbonniers,
extension des feux de brousse, mauvaises pratiques de pêche … sont autant de pressions
qu'ont eu à supporter la plupart des Aires Protégées.
Conservation ex situ
Conformément à l’article 9, chaque Partie adopte des mesures pour conserver ex situ les
éléments constitutifs de la diversité biologique, de préférence dans le pays d’origine de ces
éléments.
Réalisations :
Des sites de conservation ex situ ont été mis en place pour le maintien des espèces et variétés
et leur vulgarisation : le labo de farcha, le Musée national, le CNAR, le Centre régional de
recherche agronomique de Bébedja (ITRAD), les fermes semencières de Delhi, Bekao, la
Société de Développement du Lac (SODELAC).
Contraintes : Les principales contraintes sont : faible appui de la part des partenaires en
développement, une faible mobilisation des ressources financières et humaines qualifiées, le
manque des ressources matérielles et une faible synergie entre les institutions chargées de la
conservation ex-situ.
27
Utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique
Conformément à l’article 10, chaque Partie organise une utilisation durable des éléments
constitutifs de la diversité biologique. A ce titre, elle intègre les considérations relatives à la
conservation et à l'utilisation durable des ressources biologiques dans son processus
décisionnel national et protège et encourage l’usage coutumier des ressources biologiques
conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur
conservation ou de leur utilisation durable.
Réalisations :
Mesures d’incitation
L’article 11 stipule que chaque Partie adopte des mesures incitatives économiquement et
socialement rationnelles incitant à conserver et à utiliser durablement les éléments constitutifs
de la diversité biologique.
Réalisations :
28
Recherche et formation
Conformément à l’article 12, chaque Partie met en place des programmes de formation et de
recherche sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins particuliers des pays en développement.
Réalisations :
Des programmes de recherche et de formation scientifiques et techniques ont été mis en place
dans le domaine de l’environnement et la diversité biologique. Les institutions de recherche et
de formation sont: l’IUSTA, l’IUSAE, l’ISSED, la FSEA, ITRAD, le PFIE, l’OFT, les
universités PSAOP (recherche à base compétitive), le PIDR etc.
Chaque Partie procède à une éducation et sensibilisation du public sur les questions relatives à
la préservation de la Biodiversité (art.13).
Chaque Partie adopte des procédures permettant d'évaluer les impacts sur l'environnement des
projets qu'elle a proposés et qui sont susceptibles de nuire à l'environnement et prend des
dispositions pour réduire les effets nocifs à ces projets. (art. 14).
Réalisations : Le Tchad a développé une législation pour exiger l’évaluation des impacts sur
l’environnement des projets proposés qui sont susceptibles de nuire à la diversité biologique :
Loi 014/PR/98 définissant les principes généraux de la protection de l’environnement en son
titre VI.
29
Les contraintes : manque des décrets d’application pour rendre les mesures et textes
réglementaires effectifs, manque des structures spécialisées en la matière, manque de
ressources humanes et matériels.
Accès aux ressources génétiques
Conformément à l’article 15, chaque Partie s’efforce de créer les conditions propres à faciliter
l'accès aux ressources génétiques aux fins d’utilisation écologiquement rationnelle.
L’article 16 stipule que chaque Partie s'engage à assurer et/ou à faciliter à d'autres Parties
contractantes l'accès aux technologies nécessaires à la conservation et à l'utilisation durable de
la diversité biologique, ou utilisant les ressources génétiques sans causer de dommages
sensibles à l'environnement, et le transfert desdites technologies.
Echange d’information
Chaque Partie facilite l'échange d'informations, provenant de toutes les sources accessibles au
public, intéressant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique en tenant
compte des besoins spéciaux des pays en développement (art. 17) ;
Réalisations :
30
Coopération technique et scientifique
L’article 18 stipule que chaque Partie prend toutes les mesures possibles pour encourager et
favoriser l’accès sur une base juste et équitable des autres Parties en particulier les pays en
développement aux activités de recherche biotechnologiques, et aux résultats et avantages
découlant de la biotechnologie.
Réalisations :
Ressources financières
31
oeuvre des mesures par lesquelles ils s'acquittent des obligations découlant de la présente
Convention.
Réalisations :
Trois fiches de projets ont été élaborées et annexées à la SNPA/ DB mais ces projets n’ont pas
été réalisés par manque de financement.
De l’analyse de l’état de mise en oeuvre de la CBD au Tchad, il ressort que les principales
contraintes en matière de diversité biologiques sont : insuffisance de ressources humaines,
faiblesse institutionnelle, faible mobilisation des ressources financières.
32
IV. ANALYSE DES BESOINS PRIORITAIRES NATIONALES EN
MATIERE DE RENFORCEMENT DES CAPACITES
Les principales contraintes en matière de diversité biologiques ont été identifiées lors de
l’analyse de l’état de mise en oeuvre de la CBD au Tchad. C’est autour de ces contraintes
principales que seront analysées et définies les besoins prioritaires du pays.
L’analyse de la situation des ressources humaines au niveau des structures montre une grande
insuffisance de personnel tant quantitative que qualitative.
Certes, il existe des ressources humaines de très haute qualification (Main d'œuvre qualifiée,
techniciens supérieurs, Ingénieurs, docteurs et autres spécialisations), dans certaines structures
intervenant dans la conservation des ressources biologiques. Mais, au vu des programmes
ambitieux établis par chacune de ces structures, les besoins exprimés demeurent largement
supérieurs. Beaucoup de domaines sont encore très faiblement pourvus (ornithologie,
mammalogie …), ou même n’ont pas du tout de spécialistes (taxidermie, limnologie…).
L’aspect quantitatif est fortement lié à la disponibilité des ressources financières nécessaires
pour le recrutement du personnel (qualifié ou d'appui). L’insuffisance de personnel s'observe
dans toutes les structures. Elle se pose avec beaucoup plus d'acuité dans les structures du
Ministère de l’Environnement et de la Pêche (Direction de la Faune, Direction des Forêts,
Direction de la Pêche), mais également dans les structures de formation et les structures de
recherche où se trouvent la plupart des ressources destinées à la connaissance, à la
conservation et à l’utilisation des éléments de la diversité biologique.
33
4.1.3. Faible mobilisation des ressources financières
Le suivi des multiples négociations et de la mise en oeuvre nationale des décisions de la COP
relatives aux différents aspects thématiques et multisectoriels nécessite :
- la disponibilité d’équipes spécialisées au sein de la coordination de la convention sur
la diversité biologique, ce qui n’est pas toujours assuré à l’échelle nationale ;
- La mobilisation des ressources financières nécessaires, aussi bien nationales qu‘à
travers la coopération internationale. Et cette dernière n’est pas toujours bien
exploitée.
On ne peut mener des actions sans un personnel qualifié et de bon niveau. Il faudra mettre en
place un plan de formation des ressources humaines comme priorité nationale :
Afin de mener à bien la mise en oeuvre de la CDB, il y a lieu de créer / renforcer les capacités
relatives aux aspects suivants :
1. Mise à niveau des outils scientifiques et des capacités humaines, afin de disposer de plus
de connaissances et plus de compétences en matière de biodiversité, mais aussi gérer de façon
optimale l'information scientifique disponible. La mise à niveau comprend plusieurs types
d’action, parmi lesquelles :
34
Renforcer les textes existants par de nouvelles dispositions qui permettraient au Tchad de
répondre favorablement à ses engagements vis à vis de la CDB; en veillant à harmoniser les
textes d’application avec les dispositions des autres traités comme la CITES, Convention de
Bonn, Convention d’ Alger, etc;
- Inventorier les espèces les plus menacées de notre pays pour les protéger contre le
commerce illicite dans le cadre de la CITES (liste rouge nationale);
- Elaborer une loi cadre sur l'accès aux ressources génétiques nationales et le partage
équitable des avantages découlant de leur exploitation, afin de mieux en tirer bénéfice
pour l'économie nationale ;
- Elaborer une loi cadre sur la biosécurité, pour réglementer les mouvements
transfrontières, l'utilisation, le contrôle et le commerce dans le pays des organismes
génétiquement modifiés (OGM);
- Créer, dans diverses régions du Tchad, des centres d'éducation environnementale, des
musées, des parcs zoologiques et botaniques, des aquariums ;
- Renforcer et soutenir le rôle, les actions et les capacités des ONG dans la prise de
conscience, chez le grand public, de l'importance actuelle et future de la conservation
et l’utilisation rationnelle de la biodiversité ;
Le renforcement des capacités, et plus généralement la mise en oeuvre ne peuvent être assurés
sans la disponibilité de ressources importantes. Afin d’y parvenir, Il est important de
s’organiser pour accéder davantage aux moyens et ressources financières prévues par les
35
décisions des COP, et plus généralement, pour renforcer la coopération et le partenariat avec
les autres pays détenteurs de technologies et avec les organismes internationaux.
A ce niveau, il est important de procéder à :
- La formation des acteurs nationaux sur la formulation des projets, de type FEM ou
autres ;
- La mobilisation de l’expertise pour la finalisation des requêtes de financement ;
- L’identification des bailleurs de fonds et la stimulation de leur intérêt pour ces
projets ;
- La formation sur la gestion des projets sur la biodiversité.
36
V. LIEN ENTRE LES PRIORITES NATIONALES
ENVIRONNEMENTALES ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
ET LE SECTEUR D’INTERVENTION DE LA BIODIVERSITE
La SNPA/DB fait suite à l’activité habilitante du Tchad dans le cadre de la Convention sur la
Biodiversité (CBD). Le Tchad a signé cette convention le 30 avril 1993 et l'a ratifiée le 07
juin 1994. La SNPA/DB a été élaboré pendant la période 1997-1998, et adoptée par le
gouvernement en septembre 2000. Elle s’ouvre par une vision : une stratégie pour une nation
forte dans toutes ses composantes socioculturelles, qui aspire à vivre en harmonie avec son
milieu naturel en y prélevant l’essentiel pour son développement tout en laissant un héritage
riche en diversité biologique. L‘objectif de développement est l’exploitation durable de la
diversité biologique. Il est assorti d’un objectif spécifique qui est la gestion et l’exploitation
durable de la DB. Les résultats attendus sont au nombre de cinq : i) connaissance et
surveillance de la DB améliorées, ii) écosystème et espèces menacées inventoriées,
conservées et restaurées, iii) utilisation des ressources de substitution accrue, iv) pratiques
d’exploitation durables adoptées, et enfin v) partage juste et équitable des ressources de la
diversité biologique.
37
Tableau 2 : les axes stratégiques et les actions à mener (SNPA/DB)
38
3. Ressources de substitution 3.1. Promouvoir les énergies renouvelables et de substitution par la subvention ou la péréquation
accrue (pétrole, gaz)
3.2. Promouvoir la valorisation énergétique des déchets animaux et végétaux et de certains sous produits
et déchets agroindustriels (bagasse, coque de coton, et d’arachide, tourteaux de coton et autres
substances)
3.3. Accélérer la cimenterie de Pala
4. Pratiques d’utilisation durables 4.1. Intégrée la pratique agro-sylvo-pastorale
adoptées
4.2. Pratiquer les techniques de cultures protégeant et restaurant les sols
4.3. Pratiquer la lutte intégrée
4.4. Améliorer la productivité des techniques de carbonisation
4.5. Accélérer la réforme et la mise en œuvre des textes fonciers
4.6. Maintenir in situ les espèces à intérêt économique et scientifique
4.7. Rationaliser la gestion des cours d’eau
4.8. Créer des ranchs à gibier
4.9. Adapter et appliquer la réglementation en matière ressources biologiques
4.10. Développer la pisciculture
4.11. Développer et diversifier les techniques appropriées de production halieutique, animale et
floristique
5. Partage juste et équitable 5.1. Transférer la gestion foncière aux paysans
5.2. Equilibrer le pouvoir entre le moderne et le traditionnel
5.3. Promouvoir et renforcer les organisations rurales, socioprofessionnelles et les ONG crédibles
5.4. Promouvoir la gestion et le contrôle communautaire des ressources biologiques
5.5. Faire partager les résultats des recherches sur la biodiversité du Tchad
5.6. Valoriser les compétences nationales dans les institutions internationales
5.7. Accélérer la réforme et l’application du régime foncier
5.8. Réinvestir une partie des bénéfices tirés des ressources de la diversité biologique dans la zone
d’exploitation au profit des populations locales
5.9. Mettre en place un mécanisme de gestion transparente.
39
Le Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification (PAN/LCD)
La lutte contre la désertification a toujours été constante dans les actions politiques et
diplomatiques du Tchad. Membre fondateur du Comité Inter Etats de Lutte contre la
Sécheresse et la Désertification (CILSS), le Tchad a en effet activement participé aux
négociations ayant abouti à l'adoption de la Convention des Nations Unies pour Combattre la
Désertification (UN/CCD), qu’il a ratifié en 50e position, permettant son entrée en vigueur.
Grâce à un partenariat international et à une mobilisation nationale, le PAN/LCD a été élaboré
en l’an 2000, suivant un processus très participatif (campagnes d'information et de
sensibilisation ; ateliers régionaux de concertation avec les populations ; forums nationaux sur
la lutte contre la désertification…).
L’objectif global a été formulé comme un objectif de développement et s’énonce comme suit :
«lutter contre la désertification et atténuer les effets de la sécheresse en vue d’une production
soutenue et durable ». Quatre objectifs spécifiques ont été retenus comme des ensembles
d’actions que les acteurs à tous les niveaux doivent réaliser pour atteindre l’objectif global. Il
s’agit de : 1) protéger, restaurer et mettre en valeur les potentiels productifs ; 2) protéger et
sauvegarder les écosystèmes d’importances capitale et menacés ; 3) renforcer les capacités
institutionnelles en matière de lutte contre la désertification et 4) gérer les risques.
La réalisation des objectifs spécifiques, est elle-même fonction de la mise en œuvre d’un
certain nombre d’axes stratégiques. Chaque axe stratégique représente une piste à suivre pour
la mise en œuvre des actions et à ce titre, est un paquet d’actions.
Le PNAE est le cadre de la planification nationale des actions prévues par l’Agenda 21. A ce
titre, il a pour objectif de poser un diagnostic en vue de promouvoir le développement durable
au Tchad. Ses mandats spécifiques sont : i) recenser les grands problèmes environnementaux
du pays ii) identifier les mesures de correction nécessaires ; iii) formuler ces mesures sous
forme d’axes stratégiques et d’actions à mener sur le long terme ; iv) définir les mécanismes
institutionnels ainsi que les modalités techniques et financières de mise en œuvre et de suivi
évaluation.
40
Tableau 4: Possibilités de conservation de la biodiversité d’après le PNAE
DOMAINES BIOCLIMATIQUES ZONES
Saharien Sahélien Soudanien URBAINES
1. Protection des 1. Lutte contre l’érosion 1. Reboisement et mises en 1. Gestion prévisionnelle
sols par les débris hydrique défens du foncier
végétaux 2. Augmentation de la 2. Utilisation des résidus 2. Adoption de la
durée des jachères agricoles pour fertiliser les sols législation
3. Reboisement et/ou 3. Augmentation de la durée des environnementale
PRINCIPALES mise en défens des zones jachères pour éviter la
PRATIQUES dégradées surexploitation des sols
4. Protections des bas- 4. Respect des techniques
fonds et des ouaddis culturales conservatrices de la
5. Augmentation de la fertilité des sols (rotation des
productivité des sols cultures, engrais verts)
pauvres des plateaux 5. Création et respect des
couloirs de transhumance pour
limiter les compactages des sols
par le bétail
6. L’intégration des systèmes
agrosylvopastoraux
41
VI. INVENTAIRES DES TROIS CONVENTIONS DE RIO ET DES SYNERGIES
ENTRE ELLES
Les trois Conventions de Rio traitent de trois questions d’environnement global qui
constituent des préoccupations fondamentales communes de l’humanité : impacts des
changements climatiques, perte de la diversité biologique et désertification constituent en
effet de sérieuses menaces pour la vie sur Terre, sans des interventions énergiques immédiates
et concertées de tous les pays.
Ces trois Conventions, bien qu’elles traitent de sujets spécifiques très différents, sont
cependant caractérisées par des similitudes à différents niveaux.
Les problématiques qu’elles traitent ont toutes pour origine l’activité anthropique : pressions
démographiques localisées, surexploitation des ressources, utilisation croissante de
technologies à impacts négatifs sur l’homme et sur l’environnement, etc. La philosophie
commune sous-jacente à ces trois Conventions repose sur deux idées de base acceptées de
tous : responsabilité commune mais différenciée des pays, et équité intra et inter générations.
Les politiques et mesures que ces Conventions proposent pour atténuer les impacts des
phénomènes traités, chacune dans son cadre, ont fondamentalement comme base commune le
changement de comportement, d’attitude et de vision du monde de la part des acteurs
humains.
Par ailleurs, les problématiques traitées par les trois Conventions sont liées : la perte de la
diversité biologique est en partie due au réchauffement global de la planète ; les deux
phénomènes aggravent la désertification. Inversement, la désertification contribue à la perte
de la diversité biologique et affecte les changements climatiques.
Figure 1. Liens entre les phénomènes traités par les trois Conventions
42
traités sont par contre très liés (cf. fig. 1). Les textes des trois Conventions
montrent également des similitudes.
A partir de là, on peut dégager quelques domaines de synergie possible
entre les trois Conventions. On peut notamment citer :
Cette activité est menée séparément dans les domaines des trois
Conventions. Etant donnée l’interdépendance des trois phénomènes
traités, il serait plus efficace d’informer et de sensibiliser le public
simultanément, de façon intégrée.
43
REFRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
44
ANNEXE : Termes De Références
ANCR
FEM
Ce projet, financé par le Fonds Mondial pour l'Environnement (FEM) et exécuté par le
Programme des Nations Unies Pour le Développement au Tchad a pour objectifs:
Identifier les exigences des Conventions et les obligations des pays au titre des
Conventions, ainsi que les possibilités offertes par chaque convention y compris la
45
gestion intégrée des ressources en l’eau et à l’assainissement;
Inventorie les activités nationales passées et en cours, liées aux secteurs d'intervention
des Conventions; Une analyse détaillée des forces et des contraintes en matière de
capacités nationales à répondre aux obligations des Conventions et à tirer partie des
possibilités offertes par les Conventions;
Analyser les besoins prioritaires du pays en matière de capacités aux plans individuel,
institutionnel et systémique au titre de chaque Convention;
Définir les actions possibles de renforcement des capacités pour répondre aux besoins
prioritaires au titre de chaque Convention;
Le consultant pourra recourir aux informations contenues dans: les Tableaux 3.1 et 3.2
du Kit des Ressources de l'ANCR comme point de départ pour analyser les besoins en
matière de capacités nécessaires pour la mise en œuvre des Conventions;
. Examiner les résultats de la Phase Préliminaire et du Bilan de Situation;.
3-QUALIFICATION ;
Etre titulaire d'un diplôme universitaire (au moins niveau bac+5) dans l'une des
spécialités suivantes ; Environnement, Biologie, Climatologie, Génie sanitaire ou
Ressources en Eau;
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Une demande manuscrite exposant les motivations du candidat, une copie certifiée conforme
des derniers diplômes ainsi qu'un CV détaillé doivent être déposés sous pli fermé portant la
mention 'UC-ANCR' et le titre du poste sollicité, adressé à Monsieur le Représentant Résident
du PNUD au Tchad, Avenue du Colonel d’Ornano, Immeuble ex-UEAC, BP 960
N’Djamena(Tchad).
Cet appel à la candidature est valable pour une période de dix jours à compter du 10 au 20
Octobre 2006.
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