MAT431 — PROMOTION 2006
CORRIGÉ DU DEVOIR À RENDRE LE 8 JANVIER 2008
a) Supposons que u0 = f dans D0 (R) avec f ∈ C(R). Définissons
Z x
F (x) := f (z)dz , x ∈ R .
0
On a F ∈ C (R) comme primitive d’une fonction continue, et F 0 (x) = f (x) pour
1
tout x ∈ R. En particulier F est localement intégrable sur R et définit donc un
élément de D0 (R), et, d’après la Proposition 3.3.2 p. 66, F 0 = f dans D0 (R).
Donc la distribution u − F vérifie (u − F )0 = u0 − f = 0 dans D0 (R). D’après la
Proposition 3.3.4 p. 67, u − F = Const. Donc u = Const. + F appartient à C 1 (R).
b) (i) Soit R > 0 et χ ∈ Cc∞ (R) telle que χ = 1 sur B(0, R + 2). On suppose que
supp(ζ ) ⊂ B(0, ) pour tout > 0. Alors, pour tout 0 < < 1, on a
(χ∂j u) ? ζ = (∂j u) ? ζ = ∂j (u ? ζ ) = ∂j f et χ∂j u = ∂j u sur B(0, R + 1) .
En effet, d’après la majoration du support d’un produit de convolution
supp((∂j u−χ∂j u)?ζ ) ⊂ B(0, R+2)c +B(0, ) ⊂ B(0, R+2)c +B(0, 1) = B(0, R+1)c .
Comme d’autre part
(χ∂j u) ? ζ → χ∂j u uniformément sur RN
lorsque → 0+ , d’après le Théorème 1.3.11 p. 18 puisque χ∂j u est continue sur
RN , il s’ensuit que
∂j f → ∂j u uniformément sur B(0, R) lorsque → 0+ .
Ceci vaut pour tout R > 0 et tout j = 1, . . . , N , d’où le (i).
(ii) Pour tout > 0, on a u ? ζ ∈ C ∞ (RN ). Donc d’après la formule de Taylor
à l’ordre 1,
N
Z 1X
f (x) = f (0) + xj ∂j f (tx)dt , x ∈ RN ,
0 j=1
ou autrement dit
N
X Z 1
g (x) = xj ∂j f (tx)dt , x ∈ RN .
j=1 0
Posons
N
X Z 1
g(x) = xj ∂j u(tx)dt , x ∈ RN .
j=1 0
1
2 MAT431 — PROMOTION 2006 CORRIGÉ DU DEVOIR À RENDRE LE 8 JANVIER 2008
Pour tout R > 0 et tout |x| ≤ R, on a
N
X Z 1
|g (x) − g(x)| ≤ |xj | |∂j f (tx) − ∂j u(tx)|dt
j=1 0
Z 1
≤ N R max sup |∂j f (y) − ∂j u(y)|dt
1≤j≤N 0 |y|≤R
de sorte que
sup |g (x) − g(x)| ≤ N R max sup |∂j f (y) − ∂j u(y)| → 0
|x|≤R 1≤j≤N |y|≤R
lorsque → 0+ d’après le (i). Ainsi, g converge uniformément sur tout compact
pour → 0+ .
c) D’après le b) (ii), pour tout > 0, on a
f (0) = f − g .
On sait que g → g uniformément sur tout compact d’après le b) (ii). D’après le
Théorème 4.2.4 p. 122, on a d’autre part
f = u ? ζ → u dans D0 (RN )
lorsque → 0+ . Par conséquent, pour tout φ ∈ Cc∞ (RN )
Z
f (0) φ(x)dx = hf , φi − hg , φi → hu, φi − hg, φi
RN
+
lorsque → 0 . Choisissons φ telle que
Z
φ(x)dx 6= 0 ;
RN
la convergence ci-dessus montre que
Z −1
f (0) → φ(x)dx (hu, φi − hg, φi)
RN
lorsque → 0+ .
d) Pour tout > 0, on a
f = f (0) + g .
Lorsque → 0+ , on a f (0) → C dans R, et g → g uniformément sur tout compact
de RN tandis que f → u dans D0 (RN ). Donc
u = C + g dans D0 (RN ) .
La fonction g est continue sur RN comme limite uniforme sur tout compact de RN
de g qui appartient à C ∞ (RN ) pour tout > 0, car g = u ? ζ − f (0) ∈ C ∞ (R)
(cf. Proposition 4.2.3 p. 122).
Donc u est (la distribution définie par la) fonction continue C + g. Or
N
X Z 1
g(x) = xj ∂j u(tx)dt , de sorte que g(0) = 0 .
j=1 0
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Ainsi C = u(0), de sorte que
N
X Z 1
u(x) = u(0) + xj ∂j u(tx)dt
j=1 0
N
X N
X Z 1
= u(0) + xj ∂j u(0) + xj (∂j u(tx) − ∂j u(0))dt .
j=1 j=1 0
Or Z 1 Z 1
(∂j u(tx) − ∂j u(0))dt ≤ sup |∂j u(tx) − ∂j u(0)|dt
0 0 0≤t≤1
≤ max sup |∂j u(z) − ∂j u(0)| =: (|x|)
1≤j≤N |z|≤|x|
avec (r) → 0 lorsque r → 0+ . Donc
N
X
u(x) − u(0) − xj ∂j u(0) ≤ N |x|(|x|) ,
j=1
ce qui montre que la fonction continue u est différentiable en 0 et admet pour
dérivées partielles en 0 les valeurs en 0 des fonctions continues ∂j u pour j =
1, . . . , N .
On a vient donc de montrer que toute distribution u ∈ D0 (RN ) telle que ∂j u ∈
C(RN ) pour j = 1, . . . , N vérifie u ∈ C(RN ) admet des dérivées partielles d’ordre
1 au point 0 qui sont les valeurs en 0 des fonctions continues ∂j u pour j = 1, . . . , N .
Evidemment, pour tout x0 ∈ RN , la distribution u ? δ−x0 vérifie
∂j (u ? δ−x0 ) = (∂j u) ? δ−x0 = (∂j u) ◦ τx0 ∈ C(RN ) .
Le résultat énoncé ci-dessus montre que la fonction u ∈ C(RN ) admet en tout point
x0 ∈ RN des dérivées partielles d’ordre 1 qui sont les valeurs en x0 des fonctions
continues ∂j u pour j = 1, . . . , N . Comme u est ainsi une fonction continue sur RN
admettant en tout point de RN des dérivées partielles d’ordre 1 qui sont continues
sur RN , il s’ensuit que u ∈ C 1 (RN ).
II
Si ce que l’on cherche à démontrer est vrai, on a
U (φ)(x) = u ? φ(x) = hu, φ(x − ·)i , x ∈ RN ,
de sorte que
hu, φ̃i = U (φ)(0) , pour tout φ ∈ Cc∞ (RN ) .
Posons donc
hu, φi := U (φ̃)(0) , pour tout φ ∈ Cc∞ (RN ) .
Vérifions que la forme linéaire u ainsi définie est bien une distribution à support
compact: dans l’hypothèse de l’énoncé, on choisit K = {0} et p = 0, de sorte qu’il
existe un compact L ∈ RN , q ∈ N et C > 0 tels que
|hu, φi| = |U (φ̃)(0)| ≤ C max sup |∂ β φ(x)|
|β|≤q x∈L
pour tout φ ∈ Cc∞ (RN )
Or ceci est exactement la propriété de continuité des
distributions à support compact sur RN .