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Pression osmotique et expérience de Dutrochet

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Chapitre IV : Phénomènes colligatifs

1- Introduction :

Les phénomènes colligatifs sont des propriétés physicochimiques qui font intervenir « le nombre de
particules en solution ». Ces phénomènes tiennent compte du nombre de particules de solutés en
solution indépendamment de la taille et de la forme du soluté(s). En effet, une molécule de glucose
exerce le même effet osmotique qu’une molécule de glycogène alors que la masse moléculaire du
glycogène est largement supérieure à celle du glucose.

À titre d’exemple, une solution molaire de glucose (1M) exercerait la même pression osmotique
définie par : 𝜋𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒 = 𝑅𝑇. 𝐶𝑤𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒 que celle exercée par une solution molaire de glycogène définie
elle aussi par 𝜋𝑔𝑙𝑦𝑐𝑜𝑔è𝑛𝑒 = 𝑅𝑇. 𝐶𝑤𝑔𝑙𝑦𝑐𝑜𝑔è𝑛𝑒 . Donc : 𝜋𝑔𝑙𝑢𝑐𝑜𝑠𝑒 = 𝜋𝑔𝑙𝑦𝑐𝑜𝑔è𝑛𝑒 à la même Cw alors que
Mglucose << Mglycogène.

En définitif, la pression osmotique ne dépend que du nombre de moles du soluté. Par ailleurs, la
pression osmotique de l’organisme humain, définie par : 𝜋𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑚𝑒 = 𝑅𝑇. 𝐶𝑤𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑚𝑒 , avec
R=constante des gaz parfaits = 8,32 J/[Link], T°=37+273= 310°K et CW= 0,3 osmole/L, cette
pression est égale à 𝜋𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑚𝑒 = ??????

Cette pression osmotique doit être maintenue constante pour assurer le bon fonctionnement de
l’organisme. Pour assurer l’homéostasie osmotique, les molécules de glucose qui entrent dans la cellule
doivent se condenser pour faire du glycogène.

2- Étude de la pression osmotique d’un soluté

Le phénomène d’osmose ou pression osmotique d’une solution notée πsolution a été étudié pour la 1ère
fois au XIXème siècle par DUTROCHET à l’aide de l’expérience suivante :

Expérience de DUTROCHET

Tube capillaire

Hauteur de
h
dénivellation

→ ℎ
1 𝑃ℎ

2 →
𝜋𝑠

t=0 t = équilibre
Membrane semi-perméable
vessie de porc
Compartiment 1 = réservoir. Solution aqueuse de
Compartiment 2 = cristallisoir. saccharose
Eau

40
Dutrochet a imaginé un système à 2 compartiments séparés par une membrane semi-perméable
(membrane laissant passer seulement les molécules d’eau du milieu le moins concentré vers le milieu le
plus concentré). Le milieu (1) correspond à un grand récipient contenant de l’eau pure. Dans le
compartiment (1) il a placé un milieu (2) tapissé à sa base par la vessie de porc (sanglier) qui joue le rôle
de membrane semi-perméable. Ce milieu (2) est surmonté d’un tube très fin (tube capillaire) pour
visualiser l’ascension de la solution. Dans le compartiment (2), il a placé une solution aqueuse de
saccharose.

À t = 0, CW2 saccharose >> Cw1

À t > 0, l’eau, par osmose, migre du compartiment (1) vers le compartiment (2), et la solution aqueuse
de saccharose s’élève dans le tube capillaire (dans cette expérience, on ne tient pas en compte le
phénomène de capillarité que subit la solution de saccharose).

Toujours à t > 0, la solution aqueuse s’élève dans le tube capillaire jusqu’à une certaine hauteur "h",
ensuite, elle cesse de monter. Le niveau d’ascension de cette hauteur reste stationnaire ce qui se traduit
par un état d’équilibre statique, donc la somme des forces de pression agissant sur le système est nulle.


∑ 𝑃⃗ 𝑠𝑦𝑠𝑡è𝑚𝑒 = 0

Quelles sont les forces de pression agissant sur le système ?

Tout d’abord, la solution de saccharose de hauteur h constitue une colonne de solution qui exerce à
sa base une pression dite "hydrostatique" due à la pesanteur g. Cette force de pression notée : 𝑃⃗ℎ = 𝜌𝑔ℎ,
s’exerce verticalement sur la solution aqueuse de saccharose, mais aussi horizontalement sur la vessie
de porc. La pression Ph normalement favorise le reflux du volume d’eau vers le milieu (1), mais on ne
constate pas ce cas, de ce fait, on peut prédire qu’il existe une force de pression égale et opposée à Ph.
Cette pression est dite "pression osmotique" due à la solution et notée π solution.

π solution est proportionnelle à la hauteur d’ascension de la solution dans le tube capillaire d’une part,
et d’autre part, à trois paramètres : B (facteur de proportionnalité), T (température du milieu) et CW solution.

DE VRIES a montré expérimentalement que : π solution = [Link] solution avec T : température en kelvin
(0°C → 273°K).

Ensuite, VAN’T HOFF a mesuré B, il a déduit que B = R (constante des gaz parfaits) avec R=8,32
J/[Link] (1 J = 1 N.m).

Remarque : en réalité les molécules de saccharose dissoutes dans l’eau se comportent comme les
molécules d’un gaz parfait, elles tendent à occuper l’espace maximum de solvant. On déduit l’équation
des gaz parfaits : P.V = [Link] (solutions gazeuses).
π .V = [Link] (solutions aqueuses). ➔ π = w/V .RT ➔ π solution= [Link]

a) Définition de la pression osmotique d’une solution

La pression d’une solution est la pression exercée sur cette solution pour empêcher son solvant pur
de traverser la membrane semi-perméable séparant les 2 compartiments. Le sens de π solution doit s’exercer
contre cette solution.

Unité de π solution : π solution (N/m2) = R([Link]-1).T(°K).CWsolution (osm.m-3) dans le SI (MKSA).

La pression osmotique peut s’exprimer avec d’autres unités. Sachant que 1 N/m2 = 1 Pa (Pascal)

41
Donc π peut s’exprimer en Pascal (Pa), Atmosphère (at) ou mm Hg (mercure).

Avec : 1 at = 760mm Hg = 105 N/m2 = 105 Pa.

Modification du schéma expérimental de l’expérience de DUTROCHET :

Soit une membrane semi-perméable (laissant diffuser seulement les molécules d’eau), elle sépare
2 solutions aqueuses (1 &2) de glucose, de même volumes mais de concentrations différentes, avec
CW1 > CW2 (la solution 2 est plus diluée que la solution 1). Les 2 solutions sont surmontées par des tubes
capillaires (tubes de faible diamètre) de mêmes dimensions, de la manière suivante :
Tubes capillaires
Δh
mb. Semi-perméable h1
h2

1 2
π1
Ph1 =ρgh1 Ph2 =ρgh2
π2
Solution aqueuse de Solution aqueuse de
t = équilibre
glucose (1) glucose (2)

À t=0 CW1 > CW2

À t=0, les 2 solutions sont au même niveau.


À t >0, les solutions aqueuses de glucose s’élèvent respectivement dans les 2 tubes capillaires.

À t équilibre, la solution aqueuse de glucose cesse de monter dans respectivement dans les 2 tubes
capillaires. Dans le tube capillaire (1), la solution atteint une hauteur h1 et une hauteur h2 dans le tube
capillaire n°2. La colonne de solution dans le tube capillaire (1) exerce une pression hydrostatique Ph1=
ρ.g.h1 dirigée équitablement vers le bas qui s’oppose à la pression osmotique développée par la solution
(1). La solution aqueuse de glucose dans le tube capillaire (2) de hauteur h2, exerce une pression
hydrostatique Ph2= ρ.g.h2 dirigée équitablement vers le bas. Cette Ph2 s’oppose à la pression osmotique
développée par la solution (2) de glucose.


En définitif, à l’état d’équilibre, ∑𝑃⃗ agissant sur le système = 0

𝑃⃗ℎ1 + ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗2 = ⃗0 ou 𝑃⃗ℎ1 + 𝜋


𝜋1 + 𝑃⃗ℎ2 + 𝜋 ⃗⃗⃗⃗1 = 𝑃⃗ℎ2 + ⃗⃗⃗⃗
𝜋2 on écrit : 𝜋 ⃗⃗⃗⃗2 = 𝑃⃗ℎ2 − 𝑃⃗ℎ1
⃗⃗⃗⃗1 − 𝜋

Sachant que : Ph1= ρ.g.h1


Ph2= ρ.g.h2
π1= RT.CW1
π2= RT.CW2
RT.CW1- RT.CW2 = ρ.g.h2 - ρ.g.h1 ou RT.(CW1- CW2) = ρ.g (h2- h1),
Donc : RT.ΔCW = ρ.g.Δh = Δπ = ΔPh

42
3- Étude de l’osmose inverse

3.1 Définition : si l’on exerce sur une solution aqueuse, séparée de son solvant par une
membrane semi-perméable, une pression mécanique P supérieure à sa pression osmotique π,
le solvant de la solution passe alors dans le compartiment du solvant pur. L’osmose inverse est
alors réalisée, ce phénomène physique s’appelle également ultrafiltration.

Molécule de solvant
Solution
Membrane semi-perméable

Solvant pur

3.2 Application de l’osmose inverse :

Application physico-chimique
Le phénomène d’osmose inverse est d’un intérêt fondamental dans le dessalement de l’eau
de mer. Les recherches entreprises à propos d’extraction d’énergie à partir des différences
entre l’eau pure et l’eau de mer sont également basées sur ce phénomène.

La concentration de NaCl dans l’eau de mer est CW=1,1 osmole/L à la température ambiante
(20°C). La pression osmotique π d’après l’équation π = [Link], avec R = 8,32 J/K est égale à :
𝜋 = 8,32 . 293 .1,1. 103 = 27. 105 𝑃𝑎.
Donc, il faut exercer une pression > 27.105 Pa pour obtenir de l’eau pure.
4- La pression osmotique dans les phénomènes biologiques

En réalité la membrane biologique n’est jamais parfaitement semi-perméable, donc cette


dernière laisse passer des molécules de soluté (le cas des molécules de saccharose) avec un
certain retard. La montée de la solution dans le capillaire est appelée endosmose, et suivie
d’une chute lente de son niveau, appelée exosmose.

La pression osmotique ne dépend ni de la forme ni de la taille ni de la nature, mais seulement


du nombre de molécules de soluté. Ce phénomène est très important en biologie :

a) Lors de la synthèse métabolique appelée anabolisme, les métabolites cellulaires


(substances cellulaires qui s’associent pour donner un produit suivant un modèle réactionnel :
A+B ➔P). Dans ce cas précis, le nombre de substances intracellulaires baisse, ce qui entraine
une diminution de la concentration molaire et par conséquent, on assiste à une diminution de
la pression osmotique. Car cette dernière est directement proportionnelle à la concentration
molaire du soluté au niveau cellulaire. Ce phénomène biologique favorise soit la pénétration

43
des autres métabolites à l’intérieur où la sortie de l’eau du milieu intracellulaire vers le milieu
extracellulaire afin de maintenir la pression osmotique constante au sein de la cellule.
b) Lors de la dégradation métabolique appelée catabolisme, le nombre de particules de
soluté augmente, (exemple : cas de la glycolyse, car à partir d’une molécule de glucose →
formation de 2 molécules de pyruvate), ce qui entraine une augmentation de la pression
osmotique, et par conséquent, les molécules provenant de cette voie sortent de la cellule où
on assiste à une entrée de l’eau à l’intérieur de la cellule.
En conclusion : l’activité métabolique de toute cellule commande le sens des échanges avec
son milieu à l’aide de cette pompe osmotique réversible.
Travail osmotique = travail de dilution et travail contre-osmotique = travail de concentration
4-1. Aspect expérimental du travail osmotique

Soit un cylindre fermé à ses deux extrémités et réparti en 2 compartiments égaux par un
piston mobile semi-perméable. Dans un des deux compartiments on place une solution de
volume V et concentration initiale C = w/V, dans l’autre compartiment on introduit de l’eau
capable de traverser la membrane semi-perméable.

Sous l’action du phénomène d’osmose, l’eau passe vers la solution dont le volume augment
d’une quantité dV ce qui implique le déplacement du piston d’une certaine distance dl sous
l’action d’une force F, et par conséquent, le produit : [Link] constitue le travail de pression
osmotique (W) d’où W = [Link]

4-2. Aspect quantitatif du travail osmotique

Sous l’effet de la pression osmotique π, le volume de la solution cellulaire augmente d’une


certaine quantité dV, autrement dit, le volume de la solution augmente de dV, et la variation
de l’énergie interne de la solution est dE, donnée par la relation suivante : dE = - π.dV

Le signe (-) désigne que la solution fournit de l’énergie au milieu extérieur. Si nous
𝑑𝑉
remplaçons π par la relation π = R.T Cw, avec Cw = w/V donc : 𝑑𝐸 = − 𝑤. 𝑅. 𝑇 𝑉

Si la transformation s’effectue de manière isotherme (T° constante) et réversible et que l’on


arrête le déplacement du piston lorsque le volume de la solution devient V2 ➔ la concentration
de la solution qui a reçu le solvant sera diluée avec C2 = w/V2 et V2 > V1 alors qu’initialement V2
= V1, sous l’effet du déplacement du piston de la position 1 à 2, il y a dilution de la solution de
manière spontanée. Ou encore, quand la solution reçoit du solvant (eau), le piston se déplace
et fournit de l’énergie :
𝑉 𝑑𝑉 𝑉 𝑉
𝑑𝐸 = ∫𝑉 1 −𝑛. 𝑅𝑇 d’où 𝑑𝐸 = −𝑛. 𝑅𝑇 𝐿𝑜𝑔 𝑉2 ou 𝑑𝐸 = 𝑛. 𝑅𝑇 𝐿𝑜𝑔 𝑉1
2 𝑉 1 2

On sait que V1 et V2 sont respectivement inversement proportionnels à C1 et C2 Donc,


𝐶
lorsque n molécules passent d’une osmolarité C1 à une osmolarité C2 ➔ 𝑑𝐸 = 𝑛. 𝑅𝑇 𝐿𝑜𝑔 𝐶2 ,
1
par ailleurs, C1 et C2 sont respectivement proportionnelles à π1 et π2.

44
Piston mobile
À l’état initial semi-perméable À l’état final

C1 C2 C’1 C’2
V1 V2 V’1 V’2

Cpt (1) : solution Cpt (2) : eau

C1 > C2 en soluté C’1 < C1 dl


C2 > C1 en solvant V’2 < V2
V1 = V 2 V’1 > V1

5- La cryoscopie

5-1. Définition : à 0°C, un cristal de glace est en équilibre quand il est plongé dans l’eau
pure (dans ce cas précis, il n’y a pas d’échange de matière entre les deux phases : eau/glace).
Par contre, placé dans une solution, le cristal de glace se décompose ou fond. À température
de congélation d’une solution est plus basse que celle du solvant pur. L’abaissement dT du point
de congélation est donnée par la loi RAOULT : dT = - [Link].

Cw = osmolarité totale de tous les solutés.


Kc = constante cryoscopique qui dépend de la nature du solvant (Kc eau = -1,86°[Link]-1).

Exemple : pour le plasma dT = -0,56°C, la concentration totale est donc Cw = -05,6/-1,86 = 0,301
osmole/L.

Remarque : la concentration osmolaire protéique du sang Cw=1 mmole/L → dT = -2.10-3 °C


environ. Donc la contribution des protéines est négligeable.

5-2. Interprétation : dans le phénomène cryoscopique, c’est l’interface glace-liquide qui


joue le rôle de membrane semi-perméable. L’équilibre eau-glace à 0°C est un équilibre
dynamique où se composent deux flux moléculaires opposés : de l’eau liquide vers la glace, et
de la glace vers l’eau. Si l’eau liquide contient un soluté, le flux eau→glace est diminué et
l’équilibre est rompu. Ce déséquilibre se traduit par un flux net de solvant à travers l’interface
glace-eau. Autrement dit, la glace fond.

Exercice d’application : déterminer l’osmolarité du plasma en solution aqueuse sachant


que l’abaissement cryoscopique dT=-0,56°C et Kc = - 186°[Link]-1.L pour l’eau.

Solution : dT = [Link] soit Cw = dT/Kc = -0,56/-186 ➔ Cw = 0,301 osmole/L

45
6- Élévation de la température d’ébullition d’une solution vis-à-vis de celle de son
solvant pur

6.1 Expériences :
Surface libre de l’eau

Eau pure

a) A l’air libre et sous la pression atmosphérique, l’eau pure bout à 100°C, c’est-à-dire, le
passage des molécules d’eau de la phase liquide à la phase gazeuse est maximum à 100°C, d’où
l’écriture Teb eau pure = 100°C.

Solutés

Solution aqueuse (soluté non volatil)

b) Si on ajoute à cette eau pure une quantité « m » d’un soluté non volatil (soluté qui ne
s’évapore pas quand on augmente la T° de la solution), la solution aqueuse ainsi obtenue ne
bout pas à 100°C, mais à une température de 100°C+ dT (°C) ➔ [Link] = 100°C+dT

dT (°C) = [Link] – [Link] (eau pure)


dT (°C) est la température d’élévation de la solution vis-à-vis de celle de son solvant pure.
dT peut être déterminée à l’aide de l’équation de RAOULT : dT= [Link] solution.
dT est proportionnel à Cw solution puisque Keb est spécifique au solvant donné (Keb dépend
seulement de la nature du solvant) ➔ si un soluté en solution augmente, dT s’élève dans le
même sens.

6.2 Interprétation de dT :

La variation de la Teb (dT) de la solution s’explique par le fait que la présence des molécules
de soluté à la surface de la solution freine ou empêche le passage des molécules d’eau de la
phase liquide à la phase gazeuse.

En conclusion : la surface libre de la solution se comporte comme une membrane semi-


perméable.

46
1- Etude de la pression osmotique des solutions macromoléculaires en présence de
membrane sélective (membrane dialysante) : Effet DONNAN-NERNST

L’existence d’une pression osmotique d’une solution macromoléculaire en présence d’une


membrane dialysante peut être mise en évidence à partir de l’une des expériences suivantes :

a) Expérience (1) : une membrane dialysante sépare 2 milieux :


✓ Milieu (1) : contient une solution aqueuse de CaCl2 à la concentration Cm1>0.
✓ Milieu (2) : contenant de l’eau pure Cm2 = 0.

A t=0, Cm1 >> Cm2.


A t > 0, Cm1 >> Cm2. Les ions Ca2+ et Cl- diffusent du milieu (1)
vers le milieu (2) jusqu’à atteindre un état d’équilibre.
A t équilibre, [Ca2+]1= [Ca2+]2 et [Cl-]1= [Cl-]2
Chaque milieu se caractérise par une pression osmotique π.

Le milieu (1) : π1= RT.CW1, avec : CW1= Cm1 = [Ca2+]1 + [Cl-]1


Cette pression s’exerce du milieu (2) vers le milieu (1).

Le milieu (2) : π2= RT.CW2, avec : CW2= Cm2 = [Ca2+]2 + [Cl-]2


Le sens de cette pression s’exerce de (1 ) vers (2).
A l’équilibre, π1 s’oppose à π2, d’où la naissance d’une pression
osmotique résultante πr avec : πr = π1 – π2 = RT.ΔCm

Par ailleurs, à t = équilibre, [Ca2+]1= [Ca2+]2 et [Cl-]1= [Cl-]2


ΔCW = ([Ca2+]1 + [Cl-]1) - ([Ca2+]2 + [Cl-]2) = 0 ➔ πr = 0
En outre, chaque milieu se caractérise par un potentiel électrochimique noté par « V »
Le milieu (1) : a pour potentiel électrochimique V1.
𝑅𝑇
Par rapport au calcium : 𝑉1 /𝐶𝑎2+ = − 𝑙𝑛 [𝐶𝑎2+ ]1
𝑍𝐹𝑎
𝑅𝑇
Par rapport au chlore : 𝑉1 /𝐶𝑙− = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑙 − ]1
𝑎

Le milieu (2) : a pour potentiel électrochimique V2


𝑅𝑇
Par rapport au calcium : 𝑉2 /𝐶𝑎2+ = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑎2+ ]2
𝑎
𝑅𝑇
Par rapport au chlore : 𝑉2 /𝐶𝑙− = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑙 − ]2
𝑎

La différence de potentiel électrochimique entre les 2 milieux est alors :


𝑅𝑇 [𝐶𝑎2+ ]1
Par rapport au Ca : 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑎2+ = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑎2+ ]2
➔ 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑎2+ = 0, car [Ca2+]1= [Ca2+]2
𝑎

𝑅𝑇 [𝐶𝑙− ]1
Par rapport au Cl : 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑙− = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑙− ]2
➔ 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑙− = 0, car [Cl-]1= [Cl-]2
𝑎
Conclusion : si un système à 2 compartiments séparés par une membrane sélective et dont l’un
des 2 compartiments contient des micro-ions (diffusibles) et l’autre en contient de l’eau
(solvant pure), ou les 2 milieux contiennent des solutions micromoléculaires à des
concentrations différentes, à l’état d’équilibre du système la pression osmotique résultante πr
et la différence de potentiel électrochimique ΔV sont NULLES.

47
b) Expérience (2) : dans l’expérience précédente, l’eau pure dans le compartiment (2) est
remplacée par une solution aqueuse macromoléculaire d’une protéine et de chlore
monovalent de type PCl (α=1) avec une concentration Cm2. PCl → P+ + Cl-.
On pose Cm1 > Cm2
Nous raisonnerons de la même façon que pour l’expérience (1)
A t=0, Cm1>Cm2, le milieu (1) est électroneutre (𝛴𝐶𝑒𝑞𝐶𝑎2+ = 𝛴𝐶𝑒𝑞𝐶𝑙− ).
Cette électroneutralité doit être maintenue quelque soit le temps « t ».
A t > 0, les ions Ca2+ et Cl- diffusent du milieu (1) vers (2).
A t = équilibre, la même quantité « x » en Ca2+ et Cl- a diffusé de (1) vers
(2) pour préserver l’électroneutralité des 2 compartiments.
Les concentrations initiales deviennent alors :
[Ca2+]’1 = Cm1 – x et [Ca2+]’2 = 0 + x
[Cl-]’1 = Cm1 – x et [Cl-]’2 = Cm2 + x
[P+] = Cm2
Puisque l’électroneutralité est conservée, donc : [Ca2+]’1 = [Cl-]’1 et [Ca2+]’2 + [P+] = [Cl-]’2

Par contre, dans le compartiment (2), [Cl-]’2 > [Ca2+]’2, il y a donc plus d’ion Cl- diffusibles que
de Ca2+. Cette inégalité en ions diffusibles est due à la présence de la macromolécule P non
diffusible dans le compartiment (2). Ce phénomène s’appelle « effet DONNAN », il engendre
une différence de potentiel (ddp) électrochimique soit par rapport aux ions Ca2+ ou par rapport
aux ions Cl- et qui sont égales.

𝑅𝑇 [𝐶𝑎2+ ]1
ddp électrochimique par rapport à Ca2+ : 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑎2+ = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑎2+ ]2
𝑎

𝑅𝑇 [𝐶𝑙− ]2
ddp électrochimique par rapport à Cl- : 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑙− = − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑙− ]1
car : (z = -1)
𝑎

Nous savions au préalable que : 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑎2+ = 𝑉1 − 𝑉2 /𝐶𝑙−

𝑅𝑇 [𝐶𝑎2+ ]1 𝑅𝑇 [𝐶𝑙− ]2
Donc : − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑎2+ ]
= − 𝑍𝐹 𝑙𝑛 [𝐶𝑙− ]1
𝑎 2 𝑎

[𝐶𝑎2+ ]1 [𝐶𝑙 − ]2
Simplifions : = Rapport Donnan-Nernst
[𝐶𝑎2+ ]2 [𝐶𝑙 − ]1

Ce rapport peut s’écrire : [𝐶𝑎2+ ]1 . [𝐶𝑙 − ]1 = [𝐶𝑎2+ ]2 . [𝐶𝑙 − ]2 Equation Donnan-Nernst


De cette équation découle la loi suivante :
« Le produit des concentrations des ions diffusibles dans le milieu (1) est égale au produit des
concentration des ions diffusibles dans le milieu (2) » c’est la loi de Donnan-Nernst.

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Par ailleurs, à t=équilibre, [Ca2+]’1 = [Cl-]’1 et [Ca2+]’2 + [P+] = [Cl-]’2
Donc : ([Ca2+]’2 + [Cl-]’2) > ([Ca2+]’1 + [Cl-]’1)

Cette différence dans la concentration en ions diffusibles ΔCm peut s’écrire :

ΔCm = [(𝐶𝑎2+ )2 + (𝐶𝑙 − )2 ] − [(𝐶𝑎2+ )1 + (𝐶𝑙 − )1 ]

ΔCm est appelé « excès en ions diffusibles », il se trouve toujours du côté de la macromolécule,
qui est responsable de cet excès appelé effet Donnan.

L’effet Donnan engendre une ddp électrochimique V1-V2≠ 0, soit par rapport au Ca2+ soit au Cl,
d’où la polarité de la membrane.

Si : V1 - V2 > 0 → V1 > V2 →

Si : V1 - V2 < 0 → V1 < V2 →

L’excès en ion diffusible ΔCm et la macromolécule exercent ensemble une pression dite
« oncotique » symbolisée par 𝜋𝑒 sachant que : 𝜋𝑒 = 𝑅𝑇 (∆𝐶𝑚 + 𝐶𝑚𝑃 )

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