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Modèles atomiques et expériences historiques

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Physique-Chimie 2

2024
MP
4 heures Calculatrice autorisée
Ce problème aborde quelques aspects historiques de la description de la structure de la matière telle qu’elle a
été élaborée au XXème siècle.
Il comprend trois parties largement indépendantes entre elles. La première partie porte sur le modèle classique
de l’atome et analyse quelques étapes de sa construction, ainsi qu’une de ses faiblesses principales. La deuxième
partie porte sur une analyse quantique élémentaire de l’atome d’hydrogène et présente une expérience illustrant
la dualité onde-corpuscule. La troisième partie, enfin, présente une preuve macroscopique de l’« hypothèse
atomique » au travers de l’étude du mouvement Brownien.
Certaines questions, peu ou pas guidées, demandent de l’initiative de la part du candidat. Leur énoncé est repéré
par une barre en marge. Il est alors demandé d’expliciter clairement la démarche, les choix et de les illustrer,
le cas échéant, par un schéma. Le barème valorise la prise d’initiative et tient compte du temps nécessaire à la
résolution de ces questions.

Partie A – L’atome classique : réussites et difficultés


I Le modèle « plum pudding » de J. J. Thomson
Dans la foulée de sa « découverte » de l’électron, J.J Thomson proposa en 1904 un modèle d’atome appelé com-
munément modèle du plum-pudding. Dans ce modèle, l’atome est assimilé à une sphère de rayon 𝑎0 contenant
les électrons, particules ponctuelles de charge −𝑞𝑒 et de masse 𝑚. Ceux-ci se déplacent au sein d’une réparti-
tion volumique de charge positive 𝜌 supposée uniforme dans le volume de l’atome et dont la présence assure
l’électroneutralité de l’atome.
Dans la suite nous nous limiterons à un modèle d’atome d’hydrogène pour simplifier.

I.A – Champ électrique de la distribution de charge positive.


Commençons par déterminer le champ électrique engendré par la distribution volumique de charge positive.
Q 1. Justifier par des considérations de symétrie que ce champ électrique est radial (on se placera en
coordonnées sphériques).
Q 2. Utiliser les invariances pour montrer que la distance radiale 𝑟 est le seul paramètre pertinent pour
caractériser le champ électrique.
Q 3. Rappeler tout d’abord le théorème de Gauss en vous appuyant sur un schéma permettant d’illustrer
les notations. Appliquer ce théorème en exploitant les considérations de symétrie et d’invariance au cas de la
distribution de charges considérée, dont la charge totale est notée 𝑄 = +𝑞𝑒 . En déduire que le champ électrique
à l’intérieur de l’atome s’écrit 𝐸
⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑄 3 𝑟 ⃗ où 𝑟 ⃗ = 𝑟 𝑢⃗𝑟 est le vecteur radial et 𝑢⃗𝑟 le vecteur radial unitaire.
4𝜋𝜖 𝑎
0 0

I.B – Étude mécanique.


On cherche à présent à décrire le mouvement d’un électron par rapport à un référentiel relativement auquel la
distribution de charge positive étudiée précédemment est au repos. On supposera ce référentiel galiléen.
À un instant pris comme origine, l’électron est placé dans l’atome à une distance initiale 𝑟0 < 𝑎0 avec une vitesse
𝑣0⃗ telle qu’il reste toujours à l’intérieur de l’atome. On prend comme valeur numérique pour le rayon atomique
𝑎0 = 1, 0 ⋅ 10−10 m.
Q 4. Justifier que le poids de l’électron est négligeable par rapport à la force électrique qu’il subit.
Q 5. Montrer que le mouvement est plan.
Q 6. En prenant un repère cartésien 𝑂𝑥𝑦 de ce plan dont l’origine coïncide avec le centre de l’atome, montrer
que les coordonnées de l’électron obéissent au système d’équations suivant :

𝑥¨ + 𝜔02 𝑥 =0
{
𝑦¨ + 𝜔02 𝑦 =0

où 𝜔0 est une pulsation que l’on exprimera en fonction de la charge élémentaire 𝑞𝑒 , de la masse de l’électron 𝑚,
du rayon atomique 𝑎0 et de la constante diélectrique du vide 𝜖0 .
Q 7. Si on suppose la vitesse initiale dirigée perpendiculairement au rayon vecteur, caractériser la trajectoire
de l’électron dans l’atome.

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Q 8. Exprimer l’énergie mécanique de l’électron et montrer que si le module de la vitesse initiale 𝑣0 est
inférieure à la valeur 𝜔0 √𝑎20 − 𝑟02 alors l’électron reste bien dans l’atome tout au long de sa trajectoire.
Q 9. On montre en électromagnétisme classique (c’est-à-dire à partir des équations de Maxwell) qu’une
charge animée d’un mouvement périodique de fréquence 𝑓 rayonne une onde électromagnétique de même fré-
quence. Calculer la fréquence de l’onde électromagnétique associée, en déduire la longueur d’onde correspondante.
À quel domaine spectral cela correspond-il ?

II Découverte du noyau (Rutherford)


Après avoir identifié que le rayonnement 𝛼 issu des diverses sources radioactives était en fait constitué d’atomes
d’hélium de charge 2𝑞𝑒 privés de leurs électrons, le physicien1 E. Rutherford eut l’idée d’exploiter ce rayonnement
pour sonder la matière et ainsi tester le modèle de J. J. Thomson étudié à la section précédente.

II.A – Déviation par un feuille de mica


Rutherford observa tout d’abord qu’un faisceau de particules 𝛼 monocinétiques traversant une feuille de mica
d’épaisseur 𝐿 = 0, 003 cm était dévié d’un angle maximal 𝜃𝑑 d’environ 2°. Il en déduisit qu’il devait exister au
sein de la matière un champ électrique transverse 𝐸⊥ d’environ 100 millions de volts par centimètre. L’énergie
cinétique des particules 𝛼 avait pour valeur ℰ𝑐 = 5 MeV où 1 eV = 1, 6 ⋅ 10−19 J.
Q 10. Justifier quantitativement l’ordre de grandeur du champ électrique transverse déduit par Rutherford
à partir des résultats expérimentaux. On détaillera les notations utilisées en s’aidant d’un schéma.

II.B – Déviation des 𝛼 dans le modèle de Thomson


On peut tester plus précisément le modèle de Thomson étudié plus haut (où la charge positive est supposée
diluée dans l’atome) en envoyant un faisceau de particules 𝛼 sur une feuille d’or. L’expérience, réalisée par H.
Geiger, consiste tout d’abord à vérifier que le faisceau dans le vide et en l’absence de cible vient frapper en
ligne droite un scintillateur, puis qu’en interposant la feuille d’or le faisceau s’élargit à cause des interactions
des particules 𝛼 avec la distribution de charges positives dans les atomes.
II.B.1) Déviation par une collision unique
Les atomes étant globalement neutres, on peut considérer qu’il n’y a interaction entre la particule 𝛼 de charge
𝑞 = +2𝑞𝑒 et la charge positive 𝑄 = +𝑍𝑞𝑒 (où 𝑍 = 79 pour l’or) que lorsque la particule rentre dans l’atome
proprement dit. La déviation étant très faible, comme nous allons le vérifier plus loin, on peut calculer l’effet de
l’interaction entre la particule 𝛼 supposée ponctuelle et la distribution de charge positive en considérant que sa
trajectoire est rectiligne (cf. figure 1). On note 𝑣0⃗ la vitesse de la particule 𝛼.
y

b
x

Figure 1 Trajectoire rectiligne de la particule 𝛼 traversant


l’atome rempli d’une densité volumique de charge uniforme

Q 11. En utilisant le champ électrique obtenu à la question Q 3 montrer que la force suivant la direction
2 𝑞2
transverse (axe 𝑂𝑦) vaut 𝐹𝑦 = 2𝑍𝑎3𝑒 𝑏 où 𝑒2 = 4𝜋𝜖𝑒 , 𝑏 est la distance de la trajectoire avec la droite parallèle
0 0
passant par le centre diffuseur (paramètre d’impact).
Q 12. Montrer alors que la variation maximale de la quantité de mouvement de la particule 𝛼 dans la
2𝑍𝑒2
direction transverse vaut Δ𝑝𝑚 = 𝑎 0 𝑣0 .
2
Q 13. En déduire que la déviation angulaire 𝛿𝜃 correspondante vaut 𝛿𝜃 = 𝑎𝑍𝑒ℰ où ℰ𝑐 est l’énergie cinétique
0 𝑐
de la particule 𝛼. Effectuer l’application numérique. On prendra 𝑎0 = 1, 0 ⋅ 10−10 m, ℰ𝑐 = 5 MeV
II.B.2) Collisions multiples
Q 14. La cible constituée d’une feuille d’or d’épaisseur 𝐿 = 1 𝜇m contient 𝑁 atomes sur la trajectoire de la
particule 𝛼. Celle-ci effectue donc 𝑁 collisions dont en moyenne la moitié vont donner une déviation positive
+𝛿𝜃 et l’autre moitié une déviation négative −𝛿𝜃. on peut alors montrer que la déviation totale est une variable

1 et pourtant prix Nobel de chimie !

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aléatoire dont l’écart type s’écrit Δ𝜃 = 𝛿𝜃 𝑁. Calculer l’ordre de grandeur de cette déviation et conclure quant
à la possibilité d’avoir des déviations angulaires importantes (plusieurs dizaines de degrés)

II.C – Rétrodiffusion des 𝛼 dans le modèle de Rutherford


L’expérience de Geiger montre qu’on observe des angles de déviation importants, pouvant aller jusqu’à la
rétrodiffusion (angles voisins de 180°), ce que Rutherford interprète comme l’existence d’une zone de très petite
taille contenant la totalité de la charge positive et appelée depuis noyau de l’atome. On considère dans le modèle
de Rutherford que la particule alpha ne pénètre jamais dans la distribution de charge positive.
Q 15. On considère le cas extrême d’une collision frontale et on supposera pour simplifier que l’atome est
immobile compte tenu de sa masse importante par rapport aux particules 𝛼. Montrer en utilisant la conservation
2
de l’énergie mécanique que le noyau possède un rayon maximal 𝑟0 vérifiant 𝑟0 = 2𝑍𝑒 ℰ𝑐 où ℰ𝑐 est l’énergie cinétique
initiale des particules 𝛼.
Q 16. Application numérique : on obtient une rétrodiffusion élastique jusqu’à des énergies incidentes
ℰ𝑐 = 40 MeV des 𝛼. Déterminer alors les dimensions du noyau. Commenter.

III Instabilité d’un modèle d’atome « classique »


Le modèle d’atome de Rutherford avec une charge positive concentrée dans une région très petite de l’espace
ayant été établi par les expériences de Geiger, on se propose dans cette partie d’étudier l’instabilité d’un atome
dont les électrons seraient en orbite autour du noyau de façon analogue aux mouvement des planètes autour du
Soleil. On se limitera ici au cas d’un atome d’hydrogène avec une charge positive +𝑞𝑒 et un électron de charge
−𝑞𝑒 en orbite circulaire.

III.A – Puissance électromagnétique rayonnée par une charge accélérée


On peut montrer dans le cadre de l’électromagnétisme de Maxwell qu’une charge 𝑞 animée d’un mouvement
accéléré de vecteur d’accélération (𝑎)⃗ rayonne au point 𝑀 situé à grande distance un champ électrique 𝐸 ⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑀 ) =
4𝜋𝜖0 𝑐2 𝑟 où 𝑎⊥
⃗ est la projection du vecteur accélération sur un plan perpendiculaire à la droite reliant la charge
𝑞 𝑎⃗ ⊥

à l’observateur.

x
Figure 2 Système de coordonnées pour le calcul de la
puissance électromagnétique rayonnée par une charge accélérée

On introduit la base locale des coordonnées sphériques (𝑢⃗𝑟 , 𝑢⃗𝜃 , 𝑢⃗𝜙 ).


Q 17. Exprimer le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗⃗ ⃗⃗ (𝑀 ) associé en admettant que localement l’onde rayonnée a une
structure d’onde plane se propageant dans la direction de 𝑂𝑀. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Q 18. Donner l’expression du vecteur de Poynting, en fonction des champs 𝐸 ⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑀 ) et 𝐵
⃗⃗⃗ ⃗⃗ (𝑀 ), et rappeler son
interprétation physique.
Q 19. En déduire alors que la puissance rayonnée à grande distance dans tout l’espace a pour expression
1 𝑞2 2
6𝜋 𝜖0 𝑐3 𝑎 où 𝑎 est le module du vecteur accélération. On donne l’intégrale ∫ sin3 𝜃 𝑑𝜃 = 43 .
𝜋
𝑃 =
0

III.B – Etude énergétique de l’atome « planétaire »


Q 20. Dans un modèle d’atome d’hydrogène « planétaire » où l’électron a un mouvement circulaire uniforme
2
autour du noyau, montrer que l’énergie mécanique s’écrit 𝐸 = − 12 𝑒𝑅 où 𝑅 désigne la distance électron-noyau,
𝑞𝑒2
et où on a posé comme précédemment 𝑒2 = 4𝜋𝜖0 .
Q 21. On tient compte à présent de la puissance électromagnétique rayonnée par l’électron. Par conservation
de l’énergie totale du système, l’émission d’une énergie de rayonnement doit s’accompagner d’une diminution

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de l’énergie mécanique de l’électron. En supposant la trajectoire quasi-circulaire de rayon 𝑅, montrer que la
6
puissance rayonnée par l’électron s’écrit 𝑃 = 23 𝑚𝑒2 𝑐3 𝑅14 .
4
Q 22. En déduire que la rayon moyen 𝑅 obéit à l’équation différentielle 𝑅2 𝑑𝑅
𝑑𝑡 = − 3 𝑚2 𝑐3 .
4 𝑒

Q 23. Estimer alors le temps de vie 𝜏 de cet atome.


Q 24. Effectuer l’application numérique en prenant pour rayon initial 𝑎0 = 1, 0 ⋅ 10−10 m. Commentaires ?

Partie B – L’atome quantique


IV Relations d’Heisenberg
On cherche à déterminer ici l’ordre de grandeur de l’énergie d’un système atomique dans son état de plus basse
énergie (état fondamental) en tenant compte des contraintes quantiques.
On considère un modèle d’atome d’hydrogène où l’électron en interaction avec le proton comme noyau est décrit
par la fonction d’onde suivante :

𝜓 (𝑟)⃗ = 𝐴 pour 𝑟 < 𝑟0


{
𝜓 (𝑟)⃗ = 0 pour 𝑟 > 𝑟0

où 𝑟 = ‖𝑟‖⃗ est le module du vecteur position de l’électron et 𝐴 est une constante. Le noyau, quant à lui, est
supposé localisé en 𝑟 = 0.
Q 25. Rappeler l’interprétation physique de la fonction d’onde 𝜓 (𝑟) et en déduire que la valeur de la constante
𝐴 (à une phase près) vaut 𝐴 = √ 4𝜋𝑟
3
3.
0

Q 26. Calculer la valeur moyenne de la position ⟨𝑟⟩⃗ et du carré de la distance ⟨‖𝑟‖⃗ 2 ⟩. Montrer alors que la
« dispersion en position » définie par la relation Δ𝑟 = √⟨‖𝑟‖⃗ 2 ⟩ − ‖⟨𝑟⟩‖
⃗ 2 vaut Δ𝑟 = √ 35 𝑟0 .
Q 27. Par analogie avec la fonction d’onde spatiale 𝜓 (𝑟),
⃗ on introduit la fonction d’onde en quantité de
mouvement, 𝜒 (𝑝)⃗ pour décrire la densité de probabilité dans l’espace des quantités de mouvement. On admet
que la fonction d’onde en quantité de mouvement, 𝜒 (𝑝)⃗ vérifie :

𝜒 (𝑝)⃗ = 𝐵 pour 𝑝 < 𝑝0


{
𝜒 (𝑝)⃗ = 0 pour 𝑝 > 𝑝0

où 𝑝 désigne le module de 𝑝,⃗ 𝐵 est une constante et 𝑝0 un paramètre ajustable que nous déterminerons un
peu plus loin. Par analogie avec la notion de fonction d’onde spatiale, proposer une interprétation du carré du
module de la fonction d’onde 𝜒 (𝑝).⃗
Q 28. Comme précédemment, calculer la constante 𝐵 et la « dispersion en quantité de mouvement » Δ𝑝.
Q 29. En vous appuyant sur les inégalités spatiales d’Heisenberg, justifier que si l’électron est dans son état
fondamental (c’est-à-dire de plus basse énergie) on doit avoir la relation 35 𝑝0 𝑟0 ∼ ℏ où ℏ = 2𝜋

est la constante
de Planck réduite et le signe ∼ signifie « de l’ordre de grandeur de ».
Remarque : on a gardé le facteur 3/5 par cohérence avec les calculs précédents mais celui-ci ne signifie rien d’un
point de vue quantitatif sur le résultat final.
Q 30. On cherche l’expression de l’énergie de l’électron en fonction de 𝑟0 . Rappeler l’expression de l’énergie
𝑞2
potentielle d’un électron dans le champ électrique créé par le noyau. On notera 𝑒2 = 4𝜋𝜖𝑒 où 𝑞𝑒 est la charge
0
élémentaire.
On cherche l’expression de la valeur 𝑎0 du paramètre 𝑟0 qui minimise l’énergie moyenne de l’électron (état
fondamental).
Q 31. Montrer que l’énergie potentielle moyenne ⟨𝐸𝑝 ⟩ de l’électron décrit par la fonction d’onde 𝜓 (𝑟)⃗ s’écrit
2 𝑞𝑒2
⟨𝐸𝑝 ⟩ = − 32 𝑒𝑟 où 𝑒2 = 4𝜋𝜖0 avec 𝑞𝑒 est la charge élémentaire.
0

Q 32. Montrer de même que l’énergie cinétique moyenne ⟨𝐸𝑐 ⟩ de l’électron décrit par la fonction d’onde
2
3 𝑝0
𝜒 (𝑝)⃗ s’écrit ⟨𝐸𝑐 ⟩ = 10 𝑚 .
Q 33. En éliminant 𝑝0 grâce à la relation obtenue à la question Q 29 (on remplacera le signe ∼ par une
égalité pour effectuer ce calcul), établir l’expression de ⟨𝐸𝑚 ⟩ en fonction uniquement de 𝑟0 .
ℏ2
Q 34. En déduire que la « taille » de la l’atome d’hydrogène a pour expression 𝑎0 ∼ 𝑚𝑒2 .
Q 35. Effectuer l’application numérique. Commenter.

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V L’atome quantique : onde ou particule ?
L’observation d’interférences liées aux ondes de « particules » associées aux molécules reste un moyen spectacu-
laire de mettre en évidence le comportement quantique de la matière. En 2012 une collaboration d’équipe de
physiciens et chimistes a réalisé une expérience2 de type « fentes d’Young » avec des molécules de phtalocyanine
(C32 H18 N8 noté par la suite PcH2 .)

Figure 3 Expérience d’interférence de molécules de phtalocyanine. À gauche : le dispositif.


À droite : résultats expérimentaux, les positions horizontales sont mesurées en micromètres.

Le dispositif (cf. figure 3 gauche) est constitué d’un laser bleu qui vient évaporer des molécules de phtalocyanine
déposées sur la fenêtre d’entrée 𝑊1 . Le faisceau moléculaire ainsi produit est ensuite collimaté à l’aide de la fente
𝑆 puis diffracté par le réseau 𝐺 placé à une distance 𝐿1 de 𝑆 et constitué de fentes séparées de 100 nm les unes
des autres. Les molécules sont enfin déposées sur un « écran » placé à la distance 𝐿2 = 564 mm de 𝐺 (fenêtre
de sortie 𝑊2 ) et détectées par fluorescence à l’aide d’un laser rouge et d’une caméra CCD haute résolution.
La répartition spatiale des molécules sur l’écran (cf. figure 3 droite) montre clairement des franges qu’on se
propose d’interpréter par un phénomène d’interférence. L’histogramme dans la fenêtre inférieure correspond à
l’intégration des événements reçus dans l’intervalle de déflexion compris entre les lignes pointillées.
Q 36. À partir de la formule de la molécule de phtalocyanine, calculer la masse d’une molécule de PcH2 .
Q 37. On note un élargissement des franges « vers le bas » que l’on attribue à l’action de la pesanteur sur
la trajectoire initialement horizontale des molécules. Montrer par un calcul simple de mécanique classique que
la trajectoire d’une particule de masse 𝑚 soumise à l’action de la pesanteur 𝑔 et de vitesse initiale horizontale
𝑣0 , présente à une distance 𝐷 de son point de lancement une déviation verticale ℎ donnée par la relation
2
ℎ = − 12 𝑔 ( 𝑣𝐷 ) .
0

On suppose un axe vertical orienté en sens opposé à la direction de 𝑔 ⃗ conformément à la convention adoptée
dans l’article de façon à avoir des déflexions négatives comme indiquées sur la figure 3 droite.
Q 38. Comme indiqué sur la figure 3 droite, on sélectionne des molécules dont la déflexion se situe dans l’inter-
valle [−240, −160] 𝜇m. En déduire la vitesse moyenne 𝑣0 et la dispersion (indétermination) Δ𝑣 correspondante.
On prendra 𝐷 = 0, 96 m.
Q 39. Définir puis calculer la longueur d’onde de de Broglie 𝜆𝐵 des molécules de phtalocyanine.
Q 40. En interprétant le phénomène observé comme résultant d’interférences entre des ondes de longueur
d’onde 𝜆𝐵 , établir simplement que l’on observe des interférences constructives (et donc des densités de proba-
bilités de présence maximales des molécules) dans les directions 𝜃𝑘 données par la relation 𝑎 sin 𝜃𝑘 = 𝑘𝜆𝐵 où 𝑎
est la distance entre deux fentes consécutives et 𝑘 est un nombre entier.
Q 41. Montrer alors que l’interfrange 𝑖 que l’on définira vaut 𝑖 = 𝜆𝐵𝑎𝐿2 où 𝐿2 est la distance entre le réseau et
l’écran. Effectuer l’application numérique, puis estimer la dispersion Δ𝑖 compte tenu de la dispersion en vitesse
obtenue plus haut. On négligera les incertitudes sur les mesures de 𝐿2 et de 𝑎.
Q 42. Comparer avec la valeur obtenue expérimentalement. Conclure.

2 «Real-time single-molecule imaging of quantum interference» Th. Juffmann et al, Nature nanotechnology 7 (2012) p.297

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Partie C – Préhistoire du concept d’atome : le mouve-
ment brownien
On appelle mouvement brownien l’agitation spontanée de particules de tailles micrométriques plongées dans un
fluide sous l’action des fluctuations thermiques. Ce phénomène n’a été correctement décrit qu’à partir des travaux
d’Einstein en 1905. Ce dernier montra tout d’abord qu’il existe une relation entre la diffusion des particules
browniennes, la température et la viscosité du fluide dans lequel ces particules sont plongées. Quelques années
plus tard, en 1908, Jean Perrin réalisera avec Léon Brillouin une célèbre série d’expériences qui confirmera
la validité de l’interprétation einsteinienne du mouvement brownien et confortera définitivement la réalité de
l’hypothèse atomique.

VI Présentation de l’expérience de Brillouin et Perrin


Cette expérience3 consiste tout d’abord à préparer une solution de grains colloïdaux (appelés par la suite
simplement grains) de rayon 𝑟 = 0, 52 𝜇m dans un mélange eau-glycérol de viscosité 𝜂 = 0, 165 Pa ⋅ s. On place
alors cette solution colloïdale, pour laquelle le nombre de grains par unité de volume est initialement uniforme
et vaut 𝑛0 = 7, 9 ⋅ 1014 m−3 , entre deux lames de microscope séparées d’un millimètre (cf. figure 4 gauche).
Cette distance entre les deux lames est suffisante pour considérer que l’évolution de la densité de grains au
voisinage des parois se fait dans un milieu semi-infini (cf. figure 4 droite). Le tout est placé dans un thermostat
de température 𝜃 = 38, 7∘ C.
Perrin remarqua que les particules qui viennent en contact avec les parois du récipient y restent collées, ce qui
entraîne une déplétion en particules des régions proches des parois. Il comprit alors qu’on pouvait déterminer
le coefficient de diffusion de ces particules en enregistrant au cours du temps, le nombre de particules par unité
de surface qui se déposent sur le couvre-objet.
On admet que, dans le système de coordonnées de la figure 4 (à droite), le nombre 𝑛 (𝑥, 𝑡) de grains colloïdaux
par unité de volume obéit à l’équation de diffusion :
∂𝑛 ∂2 𝑛
= 𝐷 2. (VI.1)
∂𝑡 ∂𝑥
où 𝐷 représente le coefficient de diffusion des grains au sein du milieu.
couvre-objet

O
x

Figure 4 Dispositif expérimental. À gauche : schéma de la cuve contenant les grains


colloïdaux plongés dans une solution d’eau glycérinée, extrait de la publication de L.
Brillouin. À droite : représentation du système de coordonnées 𝑂𝑥 permettant de repérer les
grains par rapport à leur position en référence à la paroi couvre-objet située à l’origine.

Q 43. Citer deux autres phénomènes de la physique dont l’évolution est modélisée par une équation de ce
type.

VI.A – Résolution numérique


La résolution analytique de l’équation equation VI.1 avec les conditions spécifiques de l’expérience (adhésion
des grains sur la paroi couvre-objet) n’étant pas élémentaire, nous nous proposons de modéliser la situation par
une analyse numérique basée sur un modèle probabiliste.
Pour cela, on étudie la densité de grains dans une boîte de longueur 𝐿 telle que la paroi absorbante soit localisée
en 𝑥 = 0 et l’autre extrémité en 𝑥 = 𝐿 suffisamment loin pour que la densité reste à sa valeur initiale 𝑛0 au
cours de l’évolution temporelle considérée.
— On discrétise alors l’espace dans la direction 𝑂𝑥 en 𝑁𝑒 intervalles de longueur 𝑎 suffisamment petits pour
que la densité de grains ne varie pas de façon significative sur cette distance ; et de même, pour étudier

3 en réalité conduite par Léon Brillouin alors jeune normalien sous la supervision de Jean Perrin.

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l’évolution temporelle de cette densité sur une durée 𝑇, on discrétise l’intervalle [0, 𝑇 ] en 𝑁𝑡 intervalles de
durée 𝜏 telle que 𝑇 = 𝑁𝑡 𝜏.
— Soit 𝑀 (𝑥, 𝑡) = 𝑛 (𝑥, 𝑡) × 𝑎 la densité surfacique de particules dans une tranche d’épaisseur 𝑎 . Introduisons
la densité surfacique normalisée 𝑢 (𝑥, 𝑡) = 𝑀(𝑥,𝑡)
𝑛0 𝑎 , on notera alors 𝑢𝑘,𝑚 ≡ 𝑢 (𝑥 = 𝑘𝑎, 𝑡 = 𝑚𝜏 ) la densité
surfacique entre les abscisses 𝑥𝑘 = 𝑘𝑎 et 𝑥𝑘+1 = (𝑘 + 1) 𝑎 prise à l’instant 𝑡𝑚 = 𝑚𝜏.
— Enfin, on notera 𝑝 la probabilité qu’une particule dans la tranche numéro 𝑘 passe dans une tranche voisine
(𝑘 + 1) pendant l’intervalle de temps 𝜏 et de même la probabilité 𝑝 identique pour qu’elle passe dans la
tranche voisine (𝑘 − 1) pendant ce même intervalle de temps. Remarque : la couche en 𝑘 = 0 correspondra
donc ici à la paroi « adhésive » du couvre objet.
Q 44. Montrer que pour tout 𝑚 et pour 𝑘 ⩾ 2, on a la relation 𝑢𝑘,𝑚+1 = 𝑢𝑘,𝑚 + 𝑝 (𝑢𝑘+1,𝑚 + 𝑢𝑘−1,𝑚 − 2𝑢𝑘,𝑚 )
Q 45. Montrer que par passage à la limite continue (𝜏 → 0 et 𝑎 → 0) on retrouve bien l’équation equation VI.1
𝑝𝑎2
à condition de poser 𝐷 = 𝜏 .
Q 46. Justifier que compte tenu des conditions aux limites dues au comportement des particules sur la paroi,
on a pour tout 𝑚 ⩾ 0 en 𝑘 = 0 et 𝑘 = 1 les relations :

𝑢0,𝑚+1 = 𝑢0,𝑚 + 𝑝𝑢1,𝑚 ,


𝑢1,𝑚+1 = 𝑝𝑢2,𝑚 + (1 − 2𝑝) 𝑢1,𝑚 .

L’ensemble des valeurs numériques 𝑢𝑘,𝑚 est déterminé à l’aide d’un programme Python non demandé.
Comportement de u02 aux temps longs
50 données
ajustement linéaire
normalisée au niveau de la paroi
u02 carré de la densité surfacique

40

30

20

10

0 100 200 300 400


temps t en unité de

Figure 5 Résultats de la simulation numérique de l’équation de diffusion en prenant :


𝑎 = 1, 𝜏 = 1 et 𝑝 = 0, 1. Tracé du carré de la densité surfacique normalisée de
particules sur la paroi en fonction du temps (en unité de 𝜏), dans le cas 𝑝 = 0, 1.

Q 47. L’évolution du carré de la densité surfacique normalisée en surface en fonction du temps (valeurs de
𝑢20,𝑚 ) est représenté sur la figure 5, pour la valeur 𝑝 = 0, 1, du paramètre de probabilité de saut. On note 𝑀0 (𝑡)
la densité surfacique sur la paroi (pour rappel, on a 𝑀0 (𝑡) = 𝑛0 × 𝑎 × 𝑢 (0, 𝑡)). Vérifier à l’aide de ce graphe
que, passés les premiers instants, la densité surfacique 𝑀0 (𝑡) suit la relation 𝑀02 (𝑡) ≃ 𝛼𝐷𝑛20 𝑡 où 𝛼 est est un
coefficient numérique voisin de 1 à déterminer à partir du graphe.

VI.B – Comparaison avec les résultats de Brillouin/Perrin


Les résultats expérimentaux obtenus par Léon Brillouin sont représentés sur la figure 6) dans laquelle le carré
du nombre de grains 𝑁𝑝2 comptés sur une surface d’aire 𝑆 = 2, 1.10−4 cm2 est représenté en fonction de la durée
de ses expériences exprimées en heures.
Q 48. En utilisant les données numériques précisées plus haut dans la description de l’expérience et en vous
appuyant sur le résultat de la question précédente, extraire de la figure 6 la valeur du coefficient de diffusion 𝐷
des grains colloïdaux dans cette solution. On indiquera la procédure mise en œuvre et on prendra soin d’exprimer
ce résultat en unité du système international (SI).
Une relation, due à Einstein, établit un lien très général entre le coefficient de diffusion des grains colloïdaux de
rayon 𝑟, 𝐷, et la viscosité du fluide 𝜂, à la température 𝑇 :

6𝜋𝜂𝑟𝐷 = 𝑘𝐵 𝑇 . (VI.2)

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700

600

500

Nombre de grains 400

300

200

100

0
0 2 4 6 8 10 12
t (avec t compté en heures)
Figure 6 Courbe représentant le carré du nombre de grains déposés sur une aire
𝑆 = 2, 1.10−4 cm2 de la paroi couvre-objet en fonction du temps exprimé en heures.

Q 49. En exploitant le résultat précédent et la relation d’Einstein (eq equation VI.2) déduire une estima-
tion de la constante de Boltzmann 𝑘𝐵 , puis de la constante d’Avogadro. On indiquera précisément les dif-
férentes valeurs numériques et leurs unités utilisées dans ce calcul. On donne la constante des gaz parfait
𝑅 = 8, 31 J ⋅ K−1 ⋅ mol−1 . Commenter le résultat.

Données et formulaire

— vitesse de la lumière dans le vide : c = 3, 0 ⋅ 108 m ⋅ s−1


— champ de gravitation à la surface de la Terre : g = 9,81 m ⋅ s−2
— charge élémentaire : 𝑞𝑒 = 1, 6 ⋅ 10−19 C
— masse de l’électron : 𝑚 = 9, 1 ⋅ 10−31 kg
— permittivité du vide : 𝜖0 = 8, 85 ⋅ 10−12 F ⋅ m−1
— constante de Planck réduite ℏ = 2𝜋 ℎ
= 1, 05 ⋅ 10−34 J ⋅ s
— constante d’Avogadro : 𝑁𝐴 = 6, 02 ⋅ 1023 mol−1 .
— masses molaires : du carbone 𝑀 (𝐶) = 12 g ⋅ mol−1 , de l’azote 𝑀 (𝑁 ) = 14 g ⋅ mol−1 et de l’hydrogène
𝑀 (𝐻) = 1 g ⋅ mol−1
— électron-volt : 1 eV = 1, 6 ⋅ 10−19 J
𝑞2
— on notera 𝑒2 = 4𝜋𝜖𝑒 dont la valeur numérique vaut 𝑒2 = 2, 3 ⋅ 10−28 J ⋅ m en unité du système international
0
ou en unité atomiques 𝑒2 = 1, 4 eV ⋅ nm

• • • FIN • • •

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