0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues7 pages

Phénomène d'Endoréisme et Écologie

Transféré par

Moncef Code
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues7 pages

Phénomène d'Endoréisme et Écologie

Transféré par

Moncef Code
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

3.3.2.

4 L'endoréisme

L'endoréisme est un phénomène rencontré dans certains bassins versants pour lesquels le
réseau hydrographique n'est relié à aucun autre réseau. L'eau est alors acheminée et
concentrée en un point du bassin qui peut être un lac, une mare ou une accumulation
souterraine. Ce phénomène est généralement observé en zones arides (ex : mare d'Oursi au
Burkina Faso, lac Tchad, mer Morte, etc.).

3.3.3 Les caractéristiques agro-pédo-géologiques

[Link] La couverture du sol

♣ La couverture végétale

L'activité végétative et le type de sol sont intimement liés et leurs actions combinées
influencent singulièrement l'écoulement en surface. Le couvert végétal retient, selon sa
densité, sa nature et l'importance de la précipitation, une proportion variable de l'eau
atmosphérique. Cette eau d'interception est en partie soustraite à l'écoulement.

La forêt, par exemple, intercepte une partie de l'averse par sa frondaison. Elle exerce une
action limitatrice importante sur le ruissellement superficiel. La forêt régularise le débit des
cours d'eau et amortit les crues de faibles et moyennes amplitudes. Par contre, son action
sur les débits extrêmes causés par des crues catastrophiques est réduite.

A l'inverse, le sol nu, de faible capacité de rétention favorise un ruissellement très rapide.
L'érosion de la terre va généralement de paire avec l'absence de couverture végétale.
Etant donné l'importance du rôle joué par la forêt, on traduit parfois sa présence par un
indice de couverture forestière K :

On peut calculer ce type d'indice avec d'autres couvertures végétales telle que les cultures.

♣ Les plans d'eau

Parmi les éléments de la couverture du sol qui influencent le comportement hydrologique


d'un bassin versant, on doit prendre en compte la présence de surfaces d'eau libre tels que
les lacs qui jouent un rôle important du fait de leur capacité de stockage temporaire d'un
certain volume d'eau. Ce stockage temporaire a ainsi pour effet de laminer les crue c'est à
dire de réduire le débit de pointe de la crue. Cet effet de laminage est illustré pour le Rhône
(entre son entrée dans le Léman au niveau de la Porte du Scex et sa sortie à Genève) dans la
figure 3.15 dans laquelle on a représenté les valeurs du coefficient mensuel de débit (rapport
entre le débit mensuel et la moyenne annuelle des débits sur une longue période de mesure).
Un indice analogue à celui de la couverture forestière peut-être identifié pour quantifier
l'importance de ces plans d'eau.

On soulignera encore que la surface du cours d'eau constitue aussi un plan d'eau et que le
canal d'une rivière permet aussi de laminer une crue.

Fig. 3.15 - Illustration de l'effet de laminage par un plan d'eau. Le cas du Léman sur le débit du Rhône

♣ La neige et les glaciers

Certains bassins d'altitude peuvent être partiellement ou totalement couvert de neige ou de


glace. Ce type de couverture doit être pris en compte dans l'étude des facteurs de génération
de l'écoulement de l'eau. En effet, le réchauffement printanier de la température peut
entraîner une fonte rapide de la neige et provoquer du même coup un important écoulement
d'eau venant s'ajouter à celui de l'eau des précipitations. De la même manière, la présence de
glaciers ou le gel des cours d'eau durant l'hiver peut, lors des processus de fonte, générer des
crues de débâcle de glace se traduisant par un transport de blocs de glace. Ceux-ci peuvent
localement bloquer l'écoulement de l'eau (embâcle) jusqu'à la rupture de ces barrages
naturels. Il s'ensuit alors des crues rapides et intenses pouvant avoir des conséquences
catastrophiques.

Il est toujours possible de calculer un indice analogue à celui de la couverture forestière pour
les surfaces enneigées et celles des glaciers.

♣ Les surfaces urbanisées

Les surfaces imperméables jouent un très grand rôle en hydrologie urbaine. Elles augmentent
l'écoulement de surface, réduisent les infiltrations et la recharge des nappes, et diminuent le
temps de concentration. On calcule souvent un taux d'imperméabilité qui est le rapport entre
les surfaces imperméables et la surface totale.
♣ Le coefficient de ruissellement
Pour caractériser la capacité d'un bassin versant à ruisseler un indice est très souvent utilisé
en hydrologie de surface : le coefficient de ruissellement (Cr). Son calcul et son emploi sont
simples, mais notons qu'il peut conduire à commettre de grossières erreurs. Ce coefficient est
défini comme suit :

Ce coefficient est fortement influencé par la couverture du sol comme le montre le tableau
suivant dans lequel les quelques valeurs de ce coefficient issues des normes suisses SNV
sont présentées. Ces valeurs reflètent la capacité des sols à ruisseler en fonction uniquement
de la couverture du sol. On remarque notamment le très fort taux du coefficient de
ruissellement donné pour les routes et toitures. Comme on l'a vu, cela s'explique par le fait
que ces surfaces sont pratiquement imperméables.

Tableau 3.1 Valeurs du coefficient de ruissellement pour différentes couvertures du sol


(Tiré des normes suisses SNV 640 351)

Nature superficielle du bassin versant Coefficient de ruissellement Cr

Bois 0,1

Prés, champs cultivés 0,2

Vignes, terrains nus 0,5

Rochers 0,7

Routes sans revêtement 0,7

Routes avec revêtement 0,9

Villages, toitures 0,9

[Link] La nature du sol

La nature du sol intervient sur la rapidité de montée des crues et sur leur volume. En effet, le
taux d'infiltration, le taux d'humidité, la capacité de rétention, les pertes initiales, le
coefficient de ruissellement (Cr) sont fonction du type de sol et de son épaisseur.
Pour étudier ce type de réactions, on peut comparer le coefficient de ruissellement sur
différentes natures de sol (intérêt d'une carte pédologique détaillée dans les études de
prédétermination des crues). La littérature fournit des valeurs du coefficient de ruissellement
pour chaque type de sol et, très souvent, en rapport avec d'autres facteurs tels que la
couverture végétale, la pente du terrain ou l'utilisation du sol. Un exemple est donné dans le
tableau 3.2 pour la Suisse, et en secteur rural.
Tableau 3.2 Différentes valeurs de coefficient de ruissellement pour les cas suisses. Cr est
une fonction de la pente et de la couverture du sol. (Tiré de Sautier, Guide du Service Fédéral
des Améliorations foncières)

Couverture du sol

Culture dans la sens


Pente % Forêts Pré-champ
de la pente

0,5 -- 0,005 0,12

1,0 0,01 0,020 0,13

2,0 0,02 0,040 0,18

4,0 0,04 0,070 0,23

6,0 0,05 0,090 0,27

8,0 0,06 0,110 0,31

10,0 0,07 0,130 0,34

15,0 0,08 0,170 0,40

20,0 0,10 0,190 0,45

25,0 0,12 0,220 0,50

30,0 0,13 0,250 0,55

35,0 0,14 0,270 0,59

40,0 0,15 0,290 0,62

45,0 0,16 0,310 0,65

50,0 0,17 0,330 0,69

On peut introduire, dès à présent, une caractéristique du sol importante : l'état d'humidité du
sol qui est un des facteurs principaux conditionnant les temps de concentration. Cet état est
cependant très difficile à mesurer car très variable dans l'espace et le temps. On a souvent
recours à d'autres paramètres qui reflètent l'humidité du sol et qui sont plus faciles à
obtenir. En hydrologie, on fait souvent appel à des indices caractérisant les conditions
d'humidité antécédentes à une pluie. Il en existe de nombreux qui sont pour la plupart basés
sur les précipitations tombées au cours d'une certaine période précédant un événement. Ils
sont généralement notés IPA, c'est-à-dire Indices de Précipitations Antécédentes (API en
anglais).
La forme la plus classique de cet indice repose sur le principe de décroissance logarithmique
avec le temps du taux d'humidité du sol, au cours des périodes sans précipitations :

Avec :
IPA0 : valeur initiale de l'indice des précipitations antécédentes [mm] ;
IPAt : valeur de cet indice t jours plus tard [mm] ;
K : facteur de récession, K< 1. Il est variable d'un bassin à l'autre, ainsi que d'une saison à
l'autre pour un même bassin ;
t : temps [jour].
L'Institut d'Aménagement des Terres et des Eaux de l'EPFL (IATE/HYDRAM), après différents
travaux de recherche sur parcelles expérimentales, a adopté un indice de la forme suivante :

Où :
IPAi : indice de précipitations antérieures au jour i [mm] ;
IPAi-1 : indice de pluies antécédentes au jour i-1 [mm] ;
Pi-1 : précipitations tombées au jour i-1 [mm] ;
K : coefficient inférieur à 1, en général compris entre 0,8 et 0,9.
La figure 2.16 illustre le calcul de l'IPA au cours d'une année à la station de Payerne (VD).

Fig. 3.16 - Variation de l'indice IPA en fonction du temps à Payerne (VD) en 1991 (K = 0.9).

[Link] La géologie du substratum

La connaissance de la géologie d'un bassin versant s'avère importante pour cerner l'influence
des caractéristiques physiographiques. La géologie du substratum influe non seulement sur
l'écoulement de l'eau souterraine mais également sur le ruissellement de surface. Dans ce
dernier cas, les caractères géologiques principaux à considérer sont la lithologie (nature de la
roche mère) et la structure tectonique du substratum. L'étude géologique d'un bassin versant
dans le cadre d'un projet hydrologique a surtout pour objet de déterminer la perméabilité du
substratum. Celle-ci intervient sur la vitesse de montée des crues, sur leur volume et sur le
soutien apporté aux débits d'étiage par les nappes souterraines. Un bassin à substratum
imperméable présente une crue plus rapide et plus violente qu'un bassin à substratum
perméable, soumis à une même averse. Ce dernier retient l'eau plus aisément, et en période
de sécheresse, un débit de base sera ainsi assuré plus longtemps. Néanmoins, le substratum
peut absorber une certaine quantité d'eau dans les fissures et diaclases des roches
naturellement imperméables ou dans les formations rocheuses altérées.

Pour ces dernières, la dissolution de certains éléments et leur migration, menant à la


formation de canaux, peut créer une circulation souterraine importante. Ce phénomène se
retrouve sans exception dans les régions karstiques. Dans ce cas, l'étude géologique devra
être beaucoup plus détaillée de manière à localiser les nappes d'eaux souterraines, leur zone
d'alimentation et leurs résurgences. Cette étude devra être réalisée par un hydrogéologue.

Fig. 3.17 - Carte géologique du bassin versant de la Haute-Mentue

3.4 Informations digitales et modèles numériques

La demande de données spatiales s'est accrue ces dernières années car l'on sait désormais
qu'il est essentiel de connaître la distribution spatiale de la réponse hydrologique pour bien
comprendre les processus sous-jacents de la génération de l'écoulement. De plus, la
représentation et la connaissance du terrain sont essentielles pour comprendre les processus
d'érosion, de sédimentation, de salinisation et de pollution via des cartes de risque.
Aujourd'hui, le développement de techniques modernes d'acquisition et de mise à disposition
d'informations digitales a rendu possible la représentation à la fois de la topographie du
milieu par le biais de modèles numériques d'altitude (MNA) et de terrain (MNT) ainsi que la
représentation de l'occupation des sols par le biais de photographies aériennes ou de
données satellitaires. Ces informations servent de plus en plus à la description des
caractéristiques physiques des bassins versants et à la cartographie numérique de leur
couverture.

Nous n'aborderons ici que les modèles numériques d'altitude (MNA) et de terrain (MNT).

3.4.1 Généralités sur les MNA et MNT

A partir de la densité locale de courbes de niveau ou de traitement stéréoscopique d'images


satellitaires, il est possible de produire une spatialisation du milieu (MNA) qui, in fine,
aboutit à l'élaboration de modèles numériques de terrain (MNT). Ce MNT est une expression
numérique de la topographie, sous forme matricielle ou vectorielle. Outre les altitudes (MNA),
les fichiers qui le constituent sont les pentes, l'orientation et l'éclairage simulé.
Schématiquement, on distingue trois types essentiels de découpage spatial du milieu utilisés
pour la génération d'un MNA. Il s'agit respectivement de :

♣ découpage régulier et arbitraire (généralement grille rectangulaire),


♣ découpage à base d'éléments irréguliers (TIN) épousant les discontinuités du milieu,
♣ découpage topographique basé sur une approche hydrologique qui s'appuie sur la
délimitation des lignes d'écoulement et des courbes de niveau.

A partir de ces trois approches, il est possible de déterminer plusieurs attributs du modèle
numérique d'altitude tels que des attributs topographiques (élévation, orientation, pente,
surface, courbure) qui influencent diverses grandeurs intervenant directement dans les
processus d'écoulement.

Vous aimerez peut-être aussi