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Définition et caractéristiques du bassin versant

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CHAPITRE 3 : HYDROLOGIE DES BASSINS VERSANTS

3.1 Définition du bassin versant

Le bassin versant représente, en principe, l'unité géographique sur laquelle se base l'analyse
du cycle hydrologique et de ses effets.
Plus précisément, le bassin versant qui peut être considéré comme un " système " est une
surface élémentaire hydrologiquement close, c'est-à-dire qu'aucun écoulement n'y pénètre de
l'extérieur et que tous les excédents de précipitations s'évaporent ou s'écoulent par une seule
section à l'exutoire.

Le bassin versant en une section droite d'un cours d'eau, est donc défini comme la totalité de
la surface topographique drainée par ce cours d'eau et ses affluents à l'amont de cette
section. Il est entièrement caractérisé par son exutoire, à partir duquel nous pouvons tracer
le point de départ et d'arrivée de la ligne de partage des eaux qui le délimite.
Généralement, la ligne de partage des eaux correspond à la ligne de crête. On parle alors de
bassin versant topographique.

Fig. 3.1 - Bassin versant topographique de la Haute-Mentue (Suisse) et emplacements sous-bassins

Toutefois, la délimitation topographique nécessaire à la détermination en surface du bassin


versant naturel n'est pas suffisante. Lorsqu'un sol perméable recouvre un substratum
imperméable, la division des eaux selon la topographie ne correspond pas toujours à la ligne
de partage effective des eaux souterraines (voir Fig. 3.2). Le bassin versant est alors différent
du bassin versant délimité strictement par la topographie. Il est appelé dans ce cas bassin
versant réel.
Fig. 3.2 - Distinction entre bassin versant réel et bassin versant topographique
D'après Roche - Hydrologie de surface, Ed. Gauthier-Villars, Paris 1963.

Cette différence entre bassins réel et topographique est tout particulièrement importante en
région karstique. Lorsque l'on s'intéresse au ruissellement, la délimitation du bassin versant
doit aussi tenir compte des barrières artificielles (routes, chemins de fer, etc.). En effet,
l'hydrologie du bassin versant, et notamment la surface drainée, peuvent être modifiées par
la présence d'apports latéraux artificiels (réseaux d'eaux usées ou potables, drainages,
routes, pompages ou dérivations artificielles modifiant le bilan hydrologique).

Fig. 3.3 - Exemples de modifications de la délimitation du bassin versant suite à la mise en place
d'un réservoir et la construction d'une route

Il convient donc également de définir, en plus des délimitations topographiques, les limites
souterraines de ce système. De plus, il est aussi nécessaire de tenir compte des effets
anthropiques relatifs aux eaux du système.
3.2 Comportement hydrologique

L'analyse du comportement hydrologique d'un bassin versant (système hydrologique)


s'effectue le plus souvent par le biais de l'étude de la réaction hydrologique du bassin face à
une sollicitation (la précipitation). Cette réaction est mesurée par l'observation de la quantité
d'eau qui s'écoule à l'exutoire du système. La représentation graphique de l'évolution du débit
Q en fonction du temps t constitue un hydrogramme de crue. La réaction du bassin versant
peut également être représentée par un limnigramme qui n'est autre que la représentation de
la hauteur d'eau mesurée en fonction du temps.

La réaction hydrologique d'un bassin versant à une sollicitation particulière (Fig. 3.4) est
caractérisée par sa vitesse (temps de montée tm, défini comme le temps qui s'écoule entre
l'arrivée de la crue et le maximum de l'hydrogramme) et son intensité (débit de pointe Qmax,
volume maximum Vmax, etc.). Ces deux caractéristiques sont fonction du type et de l'intensité
de la précipitation qui le sollicite mais aussi d'une variable caractérisant l'état du bassin
versant : le temps de concentration des eaux sur le bassin.

Fig. 3.4 - Principes d'analyse du comportement hydrologique du bassin versant et hydrogramme résultant.

La figure 3.5 fourni un exemple d'hydrogramme de crue résultant d'un hyétogramme donné.
Le hyétogramme est la courbe représentant l'intensité de la pluie en fonction du temps.
Fig. 3.5 - Exemple de réaction hydrologique pour le bassin versant de Bois-Vuacoz (Haute-Mentue)

3.2.1 Le temps de concentration

Le temps de concentration tc des eaux sur un bassin versant se définit comme le maximum
de durée nécessaire à une goutte d'eau pour parcourir le chemin hydrologique entre un point
du bassin et l'exutoire de ce dernier. Il est composé de trois termes différents :

♣ th : Temps d'humectation. Temps nécessaire à l'imbibition du sol par l'eau qui tombe
avant qu'elle ne ruisselle.
♣ tr : Temps de ruissellement ou d'écoulement. Temps qui correspond à la durée
d'écoulement de l'eau à la surface ou dans les premiers horizons de sol jusqu'à un
système de collecte (cours d'eau naturel, collecteur).
♣ ta : Temps d'acheminement. Temps mis par l'eau pour se déplacer dans le système de
collecte jusqu'à l'exutoire.

Le temps de concentration tc est donc égal au maximum de la somme de ces trois termes,
soit :

Théoriquement on estime que tc est la durée comprise entre la fin de la pluie nette et la fin du
ruissellement. Pratiquement le temps de concentration peut être déduit de mesures sur le
terrain ou s'estimer à l'aide de formules le plus souvent empiriques.

3.2.2 Les courbes isochrones

Les courbes isochrones représentent les courbes d'égal temps de concentration des eaux sur
le bassin versant. Ainsi, l'isochrone la plus éloignée de l'exutoire représente le temps mis
pour que toute la surface du bassin versant contribue à l'écoulement à l'exutoire après une
averse uniforme (Fig. 3.6). Le tracé du réseau des isochrones permet donc de comprendre en
partie le comportement hydrologique d'un bassin versant et l'importance relative de chacun
de ses sous-bassins.

Fig. 3.6 - Représentation d'un bassin avec ses lignes isochrones et diagramme surface-temps de
concentration du bassin par élément de surface. On remarquera la forme des isochrones au
voisinage des éléments constitutifs du réseau hydrographique.

Ces courbes permettent de déterminer, en faisant certaines hypothèses, l'hydrogramme de


crue résultant d'une pluie tombée sur le bassin.

3.3. Caractéristiques physiques et leurs influences sur l'écoulement des


eaux.

Les caractéristiques physiographiques d'un bassin versant influencent fortement sa réponse


hydrologique, et notamment le régime des écoulements en période de crue ou d'étiage. Le
temps de concentration tc qui, on l'a vu, caractérise en partie la vitesse et l'intensité de la
réaction du bassin versant à une sollicitation des précipitations, est influencé par diverses
caractéristiques morphologiques : en premier lieu, la taille du bassin (sa surface), sa forme,
son élévation, sa pente et son orientation. A ces facteurs s'ajoutent encore le type de sol, le
couvert végétal et les caractéristiques du réseau hydrographique. Ces facteurs, d'ordre
purement géométrique ou physique, s'estiment aisément à partir de cartes adéquates ou en
recourant à des techniques digitales et à des modèles numériques.

3.3.1 Les caractéristiques géométriques

[Link] La surface

Le bassin versant étant l'aire de réception des précipitations et d'alimentation des cours
d'eau, les débits vont être en partie reliés à sa surface.
La surface du bassin versant peut être mesurée par superposition d'une grille dessinée sur
papier transparent, par l'utilisation d'un planimètre ou, mieux, par des techniques de
digitalisation.

[Link] La forme

La forme d'un bassin versant influence l'allure de l'hydrogramme à l'exutoire du bassin


versant. Par exemple, une forme allongée favorise, pour une même pluie, les faibles débits de
pointe de crue, ceci en raison des temps d'acheminement de l'eau à l'exutoire plus
importants. Ce phénomène est lié à la notion de temps de concentration.
En revanche, les bassins en forme d'éventail (bv1), présentant un temps de concentration
plus court (tc1), auront les plus forts débits de pointe, comme le montre la figure suivante :

Fig. 3.7 - Influence de la forme du bassin versant sur l'hydrogramme de crue

Il existe différents indices morphologiques permettant de caractériser le milieu, mais aussi de


comparer les bassins versants entre eux. Citons à titre d'exemple l'indice de compacité de
Gravelius (1914) KG , défini comme le rapport du périmètre du bassin au périmètre du cercle
ayant la même surface :

Avec :
KG est l'indice de compacité de Gravélius,
A : surface du bassin versant [km2],
P : périmètre du bassin [km].

Cet indice se détermine à partir d'une carte topographique en mesurant le périmètre du


bassin versant et sa surface. Il est proche de 1 pour un bassin versant de forme quasiment
circulaire et supérieur à 1 lorsque le bassin est de forme allongée, tel qu'illustré par la figure
3.8.

Fig. 3.8 - Exemples d'indices de compacité


[Link] Le relief

L'influence du relief sur l'écoulement se conçoit aisément, car de nombreux paramètres


hydrométéorologiques varient avec l'altitude (précipitations, températures, etc.) et la
morphologie du bassin. En outre, la pente influe sur la vitesse d'écoulement. Le relief se
détermine lui aussi au moyen d'indices ou de caractéristiques suivants :

1. La courbe hypsométrique

La courbe hypsométrique fournit une vue synthétique de la pente du bassin, donc du


relief. Cette courbe représente la répartition de la surface du bassin versant en
fonction de son altitude. Elle porte en abscisse la surface (ou le pourcentage de
surface) du bassin qui se trouve au-dessus (ou au-dessous) de l'altitude représentée
en ordonnée (Fig. 3.9). Elle exprime ainsi la superficie du bassin ou le pourcentage de
superficie, au-delà d'une certaine altitude.

Fig. 3.9 - Courbe hypsométrique du bassin versant de la Haute-Mentue


Ajoutons que lorsqu'on désire caractériser des bassins versants de haute montagne,
on a l'habitude de tracer des courbes hypsométriques glaciaires, en planimétrant les
surfaces recouvertes de glace.
Les courbes hypsométriques demeurent un outil pratique pour comparer plusieurs
bassins entre eux ou les diverses sections d'un seul bassin. Elles peuvent en outre
servir à la détermination de la pluie moyenne sur un bassin versant et donnent des
indications quant au comportement hydrologique et hydraulique du bassin et de son
système de drainage.

2. Les altitudes caractéristiques

a. Les altitudes maximale et minimale

Elles sont obtenues directement à partir de cartes topographiques. L'altitude


maximale représente le point le plus élevé du bassin tandis que l'altitude
minimale considère le point le plus bas, généralement à l'exutoire. Ces deux
données deviennent surtout importantes lors du développement de certaines
relations faisant intervenir des variables climatologiques telles que la
température, la précipitation et le couvert neigeux. Elles déterminent
l'amplitude altimétrique du bassin versant et interviennent aussi dans le calcul
de la pente.

b. L'altitude moyenne

L'altitude moyenne se déduit directement de la courbe hypsométrique ou de la


lecture d'une carte topographique. On peut la définir comme suit :

Avec :
Hmoy : altitude moyenne du bassin [m] ;
Ai : aire comprise entre deux courbes de niveau [km2] ;
hi : altitude moyenne entre deux courbes de niveau [m] ;
A : superficie totale du bassin versant [km2].
L'altitude moyenne est peu représentative de la réalité. Toutefois, elle est
parfois utilisée dans l'évaluation de certains paramètres hydrométéorologiques
ou dans la mise en œuvre de modèles hydrologiques.

c. L'altitude médiane

L'altitude médiane correspond à l'altitude lue au point d'abscisse 50% de la surface


totale du bassin, sur la courbe hypsométrique. Cette grandeur se rapproche de

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