Université Mohamed Boudiaf M’Sila
Faculté des Sciences, Département SNV
Cours de Génétique quantitative et dynamique des populations pour Licence Dr YAHIAOUI Merzouk
2.2 Mécanismes de l’évolution, des éléments du milieu participant
à l’évolution des populations
La comparaison de populations, d’espèces ou de groupes variés montre une grande diversité :
différence de résistance au milieu, d’ accès à la nourriture, de potentiel reproducteur … .
Ces différences peuvent, selon les conditions de milieu, favoriser certains d’entre eux ce qui
conduit à une survie différentielle des individus (certains individus survivent mieux que les
autres) ce qui aboutit à une reproduction différentielle (certains individus se reproduisent
plus que les autres) d’où une évolution du groupe d’êtres vivants concerné.
2.2.1 Évolution par une pression de sélection négative du milieu sur certains individus
[Link] Évolution et prédation
Le milieu de vie peut exercer une pression négative (directe) sur certains êtres vivants. Ainsi
en est il pour les différents phénotypes de la phalène du bouleau (noires ou blanches) sous la
pression de la pré dation et selon la pollution de leur milieu. En période de pollution, les
troncs d’arbres sont noirs, les phalènes blanches subissent une prédation forte par les oiseaux
d’ ou le développement de populations de phalènes noires (et inversement en période sans
pollution).
[Link] Évolution et concurrence (pression indirecte du milieu)
La concurre nce à l’intérieur de l’espèce ou entre espèces, par exemple pour une même
ressource alimentaire, peut également conduire à une pression sélective négative (indirecte).
Ainsi pour le caractère phénotypique « taille du bec » de certains pinsons des îles Galapagos.
En raison de la concurrence entre les différents pinsons pour la même nourriture (les graines),
des types d’individus différents ont été sélectionnés sur chaque île selon les caractéristiques
de leur bec et les graines disponibles.
2.2.2 Évolution par une pression de sélection positive du milieu sur certains individus
[Link] Coopération et évolution
Des mécanismes de coopé ration existent à l’intérieur des espèces. Pour ne prendre que
cet exemple, l’espèce humaine, compte tenu de la fragilité de ses individus, n’aurait
certainement pas pu avoir le développement qu’elle a eu sans les mécanismes de
coopération intraspécifiques.
Des mécanismes de coopération ont également lieu entre espèces différentes, on parle de
symbiose (exemple de la coopération abeille/fleurs ayant conduit à une coévolution).
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[Link] Sélection sexuelle et évolution
Certaines différences entre mâles et femelles favorisent la reproduction de certains individus:
couleurs et chants de nombreux oiseaux mâles, motifs sur le pelage de certains mammifères
… Ce mécanisme de sélection sexuelle aboutit donc de fait à une évolution de la population.
2.2.3 Évolution par l’intervention du hasard
Le hasard peut également conduire à une modification de la diversité génétique des
populations au cours du temps, on parle de dérive génétique.
[Link] Isolement d’une population
Les populations isolées ne se reproduisent plus entre elles et continuent à accumuler des
différences dues à des mutations qui ont lieu au hasard. L’accumulation de ces mutations
peut rendre les 2 populations assez différentes pour qu’elles ne soient génétiquement plus
capables de se reproduire (isolement reproducteur). 2 espèces sont alors définitivement
formées. L’isolement de départ peut être géographique (mer, montagne, glaciers…),
comportemental (chants différents) … .
Ainsi, selon la définition biologique de l’espèce (définition classique), la population de lions
indiens (Panthera leo persica) ressemble phénotypiquement et est interféconde avec les lions
africains (Panthera leo leo). Panthera leo persica et Panthera leo leo peuvent donc être
considérés comme appartenant à la même espèce. Mais, les 2 groupes sont totalement isolés
géographiquement et ne peuvent donc plus se reproduire entre eux, Il n’y a donc plus
d’échanges génétiques entre les 2 populations. Selon cette définition génétique de l’espèce,
Panthera leo persica peut être considérée comme une espèce à part entière dans la mesure où
elle se trouve génétiquement isolée (elle ne se croise plus avec la population Africaine du fait
de leur isolement géographique).
[Link] Effet fondateur
Lorsqu’une sous-partie d’une population se sépare de la population initiale de taille beaucoup
plus vaste, lors d’une migration pour coloniser un nouveau milieu par exemple, la population
pionnière, ou fondatrice, n’est pas le reflet exact de la population de départ. Cette sous
population ne va "prendre" qu'un échantillon du pool d'allèles disponible dans la population
mère « dans ses bagages » et ce de manière aléatoire. Elle peut donc avoir des fréquences
alléliques fort différentes de la population initiale. C’est ce que l’on appelle « l’effet fondateur
» (fait que la proportion des gènes dans une population est le reflet de celle des membres
fondateurs de la population.).
Plusieurs exemples types d’effet fondateur ont été décrits dans l’histoire humaine, comme lors
de la colonisation de l’Islande ou de la région québécoise du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le
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hasard de la constitution de la population initiale a, dans ce cas, eu un fort impact sur
l’évolution ultérieure de la population.
2.2.4 Une définition génétique de l’espèce
Compte tenu des éléments maintenant à notre disposition, une espèce peut donc être définie
comme « une population d’individus suffisamment isolés génétiquement des autres
populations ». L’isolement génétique (absence d’échanges génétiques entre les populations)
peut être géographique, comportemental … . Dans le cadre de cette nouvelle définition, la
spéciation est envisagée de manière dynamique. Une espèce ne peut être définie qu’au cours
d’un laps de temps bien défini :
- Une espèce disparaît
* si l’ensemble des individus concernés disparaît.
* si elle cesse d’être isolée génétiquement (les 2 groupes de lions pourraient redevenir une
seule espèce s’ils étaient à nouveau assez proches géographiquement pour se croiser).
- Une espèce supplémentaire est définie si un nouvel ensemble s’individualise génétiquement
quellequ’en soit la cause.
En conclusion, sous l’effet de la pression du milieu (sélection naturelle) et du
hasard (dérive génétique), la diversité des populations change au cours des
générations.
L’évolution est la transformation des populations qui résulte de ces différences de
survie et du nombre de descendants.
Noter qu’une population adaptée à un milieu donné peut ne plus l’être si le milieu
change. L’adaptation doit donc toujours s’évaluer par rapport à un milieu donné
Mais, pour que ce modèle fonctionne il faut une certaine variabilité de la population et donc
une création de diversité importante. la diversité est une des caractéristiques du vivant,
diversité entre espèces différentes (interspécifique) ou entre individus de la même espèce
(intraspécifique) . nous chercherons à déterminer les causes de cette diversité. nous
développerons : Les modalités du brassage génétique à l’intérieur d’une espèce
Les modalités de la diversification des êtres vivants conduisant à de nouvelles espèces