Généralités sur les fonctions mathématiques
Généralités sur les fonctions mathématiques
Sommaire
I Rappels et compléments sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1) Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2) Opérations sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
II Continuité, dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1) Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2) Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3) Plan d’étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
III Primitives, intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2) Calculs d’intégrales et de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3) Primitives de certaines fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Dans ce chapitre, les fonctions considérées sont définies sur un intervalle non trivial de ℝ.
Rappels :
a) Une fonction 𝑓 est la donnée de : un ensemble de départ E, un ensemble d’arrivée F, et pour
chaque élément 𝑥 de E, une image dans F, que l’on note 𝑓(𝑥). Le graphe de 𝑓 est l’ensemble des
/
couples {(𝑥, 𝑓(𝑥)) 𝑥 ∈ E}. L’ensemble des fonctions de E vers F est noté ℱ(E, F), ou encore FE .
b) Deux fonctions sont égales lorsqu’elles ont le même ensemble de départ E, le même ensemble
d’arrivée F, et que tout élément de E a la même image par les deux fonctions.
c) Si 𝑓 ∶ I → ℝ est une fonction, on appelle « image de 𝑓 », l’ensemble noté 𝑓(I) et défini par :
c’est l’ensemble des images par 𝑓 des éléments de I. Celui-ci se détermine en général par l’étude
de la fonction.
1) Vocabulaire
– Représentation graphique. Soit 𝒫 un plan muni d’un repère (O, ⃗⃗ 𝚤 , ⃗⃗
𝚥 ), la représentation gra-
{ }
phique de 𝑓 est l’ensemble 𝒞𝑓 = M(𝑥, 𝑓(𝑥)) ∣ 𝑥 ∈ I . On dit que 𝑦 = 𝑓(𝑥) est une équation de la
courbe représentative de 𝑓 car M(𝑥; 𝑦) ∈ 𝒞𝑓 ⟺ 𝑦 = 𝑓(𝑥).
⃗⃗
𝑗
O ⃗⃗ 𝑥
𝑖
𝒞𝑓
★Exercice 2.1 Étudier le sens de variation de la composée de deux fonctions monotones, puis de la somme, puis du
produit.
– Fonction bornée. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction, on dit que 𝑓 est :
• majorée sur I lorsqu’il existe un réel M tel que ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩽ M. Si c’est le cas, la courbe de 𝑓
est sous la droite 𝑦 = M (ex : la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est majorée sur ]−∞ ; 0[ par M = 0).
• minorée sur I lorsqu’il existe un réel 𝑚 tel que ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩾ 𝑚. Si c’est le cas, la courbe de 𝑓
est au-dessus la droite 𝑦 = 𝑚 (ex : la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est minorée sur ]0 ; +∞[ par 𝑚 = 0).
• bornée sur I lorsque 𝑓 est à la fois minorée et majorée, ce qui équivaut à : |𝑓| est majorée (ex :
la fonction 𝑥 ↦ sin(𝑥) est bornée sur ℝ car pour tout 𝑥, | sin(𝑥)| ⩽ 1).
𝑦=M 𝑦=M
𝒞𝑓
𝒞𝑓
𝒞𝑓 𝑦=𝑚
𝑦=𝑚
2𝑏 − 𝑓(𝑥)
𝑏
2𝑎 − 𝑥 𝑥 𝑥
𝑎 𝑎 2𝑎 − 𝑥
𝑓(𝑥) 𝑓(𝑥)
𝒞𝑓 𝒞𝑓
– Périodicité. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction et soit 𝑎 ∈ ℝ∗ , on dit que 𝑎 est une période de 𝑓 lorsque :
∀ 𝑥 ∈ I, 𝑥 ± 𝑎 ∈ I et 𝑓(𝑥 + 𝑎) = 𝑓(𝑥). Si c’est le cas, le courbe de 𝑓 est invariante par les translations
de vecteurs 𝑛𝑎⃗⃗ 𝑖 où 𝑛 ∈ ℤ. Si 𝑓 est périodique, on appelle période fondamentale de 𝑓 la plus
petite période strictement positive si elle existe (ex : les fonctions 𝑥 ↦ sin(𝑥) et 𝑥 ↦ cos(𝑥) sont
périodique sur ℝ ,et de période fondamentale égale à 2π).
𝒞𝑓
𝑥 𝑥+T
−3T −2T −T 0 T 2T 3T
𝑓(𝑥 + T) = 𝑓(𝑥)
– Extremum global : on dit que 𝑓 ∶ I → ℝ admet un :
• maximum global en 𝑥0 ∈ I lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩽ 𝑓(𝑥0 ). Si c’est le cas, on pose 𝑓(𝑥0 ) =
max 𝑓(𝑥).
𝑥∈I
• minimum global en 𝑥0 ∈ I lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩾ 𝑓(𝑥0 ). Si c’est le cas, on pose 𝑓(𝑥0 ) = min 𝑓(𝑥).
𝑥∈I
𝑓(𝑥1 )
𝒞𝑓
𝑥0
𝑥1
𝑓(𝑥0 )
𝑓 a un minimum en 𝑥0 et un maximum en 𝑥1
Attention !
Une fonction
𝑥
même bornée n’a pas forcément de maximum ou de minimum. Par exemple, la fonction
𝑥 ↦ 𝑒𝑒𝑥+1
−1
a pour ensemble image ] − 1; 1[, la fonction est donc bornée mais n’a ni maximum, ni minimum.
Définition 2.1
Soient 𝑓, 𝑔 ∈ ℱ(I, ℝ) et soit λ ∈ ℝ, on pose :
– 𝑓 + 𝑔 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (𝑓 + 𝑔 )(𝑥) = 𝑓(𝑥) + 𝑔 (𝑥).
– 𝑓 × 𝑔 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (𝑓 × 𝑔 )(𝑥) = 𝑓(𝑥)𝑔 (𝑥).
– λ.𝑓 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (λ.𝑓)(𝑥) = λ𝑓(𝑥).
Propriétés
a) Pour l’addition :
– elle est commutative, associative,
– elle admet un élément neutre : la fonction constamment nulle (notée 0),
– toute fonction 𝑓 de I vers ℝ admet un opposé qui est la fonction −𝑓 ∶ 𝑥 ↦ −𝑓(𝑥),
b) Pour le produit par un réel : si 𝑓, 𝑔 ∈ ℱ(I, ℝ) et α, β ∈ ℝ :
– 1.𝑓 = 𝑓,
– (α + β).𝑓 = α.𝑓 + β.𝑓,
– α.(𝑓 + 𝑔 ) = α.𝑓 + α.𝑔,
– α.(β.𝑓) = (αβ).𝑓,
c) Pour la multiplication :
– elle associative, commutative,
– elle possède un élément neutre, la fonction constante qui à 𝑥 donne 1 (notée 1),
– elle est distributive sur l’addition,
– seules les fonctions 𝑓 qui ne s’annulent jamais ont un inverse (la fonction 1𝑓 ).
II CONTINUITÉ, DÉRIVABILITÉ
1) Continuité
Définition 2.3
- Une fonction 𝑓 ∶ I → ℝ est continue en 𝑥0 ∈ I, lorsque lim 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑥0 ).
𝑥→𝑥0
- On dit que 𝑓 est continue sur I si elle est continue en tout point de I, et l’ensemble des fonctions
continues sur I est noté 𝒞 0 (I, ℝ).
Remarque 2.1 :
– Si 𝑓 a une limite à gauche en 𝑥0 égale à 𝑓(𝑥0 ), on dit que 𝑓 est continue à gauche en 𝑥0 .
– Si 𝑓 a une limite à droite en 𝑥0 égale à 𝑓(𝑥0 ), on dit que 𝑓 est continue à droite en 𝑥0 .
– Si 𝑓 est continue à gauche et à droite en 𝑥0 , alors 𝑓 est continue en 𝑥0 .
Attention !
Une fonction continue sur un intervalle peut être majorée (ou minorée) sans avoir de maximum (ou de minimum).
Par exemple, la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est continue sur ]0 ; +∞[, elle est minorée (par 0) mais n’a pas de minimum. La
fonction 𝑥 ↦ 𝑥 et continue sur [0 ; 1[, majorée, mais n’a pas de maximum.
Remarque 2.2 – Ce théorème sera exploité dans le prochain chapitre pour définir de nouvelles fonctions.
2) Dérivation
Définition 2.4
Une fonction 𝑓 ∶ I → ℝ est dérivable en 𝑥0 ∈ I, lorsque le taux d’accroissement 𝑓(𝑥)−𝑓(𝑥 𝑥−𝑥0
0)
admet
′
une limite finie en 𝑥0 . Si c’est le cas, cette limite est notée 𝑓 (𝑥0 ) et appelée nombre dérivé de 𝑓
en 𝑥0 , et dans le plan muni d’un repère, la droite d’équation 𝑦 = 𝑓 ′ (𝑥0 )(𝑥 − 𝑥0 ) + 𝑓(𝑥0 ) est appelé
tangente à la courbe 𝒞𝑓 au point d’abscisse 𝑥0 .
Attention !
Les fonctions usuelles vues jusque là sont dérivables sur leur ensemble de définition SAUF :
- La valeur absolue qui n’est pas dérivable en 0.
- La racine carrée qui pas dérivable en 0.
𝑓
( 𝑓 )′ 𝑓 ′ 𝑔 −𝑓𝑔 ′
Remarque 2.3 – Si 𝑓 et 𝑔 sont dérivables et si 𝑔 ne s’annule pas, alors 𝑔 est dérivable et 𝑔 = 𝑔2
.
Fonction Dérivée
𝑢α (α constant) α𝑢′ 𝑢α−1
√ 𝑢 ′
𝑢 √
2 𝑢
𝑢′
ln(|𝑢|) 𝑢
𝑒𝑢 𝑢′ 𝑒 𝑢
sin(𝑢) 𝑢′ cos(𝑢)
cos(𝑢) −𝑢′ sin(𝑢)
sin(𝑢) 𝑢′
tan(𝑢) = cos(𝑢) 𝑢′ (1 + tan2 (𝑢)) = cos2 (𝑢)
√1 𝑥 √
★Exercice 2.4 Calculer la dérivée (si elle existe) des fonctions suivantes : 1
1+𝑥 2 ;𝑒 𝑥 ; cos3 ( 𝑒𝑥 ) ; ln(𝑥 + 1 + 𝑥 2 ).
– 𝒟𝑓 est l’ensemble des réels de l’ensemble de départ ayant une image par 𝑓.
– Si 𝒟𝑓 est symétrique par rapport à un réel 𝑎, il se peut que la courbe de 𝑓 présente une symétrie :
• un axe d’équation 𝑥 = 𝑎 lorsque ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 𝑓(𝑥).
• un centre de symétrie de coordonnées (𝑎, 𝑏) lorsque ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 2𝑏 − 𝑓(𝑥).
Dans les deux cas, on peut restreindre l’étude à 𝒟𝑓 ∩ [𝑎 ; +∞[.
– S’il existe un réel T > 0 tel que : ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑥 ± T ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(𝑥 + T) = 𝑓(𝑥), alors 𝑓 est T-périodique.
On peut restreindre l’étude à un intervalle de longueur une période : 𝒟𝑓 ∩ [𝑎 ; 𝑎 + T[ (𝑎 peut être
quelconque), on complète ensuite la courbe avec les translations de vecteurs 𝑛T⃗⃗ 𝚤 , 𝑛 ∈ ℤ.
Continuité, dérivabilité
– On cherche à appliquer les théorèmes généraux, pour cela il faut regarder comment est faite la
fonction (somme, produit, composée...).
Sens de variation
On rappelle que le théorème qui donne le sens de variation en fonction du signe de la dérivée,
n’est valable que sur un intervalle.
– On peut parfois éviter l’étude du signe de la dérivée : sens√ de variation d’une somme, d’une
composée, d’un produit... Par exemple, les fonctions ln(𝑢), 𝑢, 𝑒 𝑢 ont le même sens de variation
que 𝑢.
– Lorsqu’on ne peut pas faire autrement, on étudie le signe de la dérivée (sur un intervalle).
– Les résultats sont consignés dans le tableau des variations, où doivent figurer :
• l’ensemble d’étude,
• les valeurs particulières qui sont intervenues dans l’étude de la continuité, la dérivabilité et
l’étude du signe de la dérivée,
• le signe de la dérivée (si on est passé par là),
• les limites aux bornes de l’ensemble d’étude.
– Si 𝑥0 est un réel de 𝒟𝑓 ou une borne et si 𝑓 a une limite infinie en 𝑥0 , alors on dit que 𝒞𝑓 admet une
asymptote verticale d’équation 𝑥 = 𝑥0 (ex : la fonction inverse en 𝑥0 = 0 à gauche, et à droite).
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , et si lim 𝑓 = ℓ ∈ ℝ, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une asymptote horizontale
∞
d’équation 𝑦 = ℓ (ex : la fonction inverse en ±∞).
𝑓(𝑥)
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , si lim 𝑓 = ∞, et si lim 𝑥 = ∞, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une branche
∞ 𝑥→∞
parabolique de direction O𝑦 (verticale) (ex : la fonction exponentielle en +∞).
𝑓(𝑥)
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , si lim 𝑓 = ∞, et si lim 𝑥 = 0, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une branche
∞ 𝑥→∞
parabolique de direction O𝑥 (horizontale) (ex : la fonction ln en +∞).
Représentation graphique
– On commence par placer : les asymptotes, les tangentes remarquables, les points particuliers ;
– on donne ensuite l’allure de la courbe d’après le tableau de variation. Il est parfois nécessaire
d’étudier la position de la courbe par rapport à certaines tangentes ou asymptotes.
1) Généralités
Définition 2.5
Soit F, 𝑓 ∶ I → ℝ deux fonctions, on dit que F est une primitive de 𝑓 sur I lorsque F est dérivable
sur I et F′ = 𝑓.
Théorème 2.8
• Si F et G sont deux primitives de la fonction 𝑓 sur l’intervalle I, alors il existe une constante
α ∈ ℂ telle que : ∀ 𝑡 ∈ I, F(𝑡) = G(𝑡) + α.
• Si 𝑓 admet des primitives sur l’intervalle I, si 𝑥0 ∈ I et 𝑎 ∈ ℝ, alors il existe une unique
primitive F de 𝑓 sur I telle que F(𝑥0 ) = 𝑎.
Preuve : On a F′ = G′ = 𝑓, d’où (F − G)′ = 0 la fonction nulle, ce qui entraîne que la fonction F − G est constantes
sur l’intervalle I. □
Le théorème clé que nous établirons dans le chapitre sur l’intégration dit la chose suivante :
À retenir
Toute fonction 𝑓 ∶ I → ℝ continue sur un intervalle I, admet des primitives sur cet intervalle.
Les primitives usuelles se lisent dans le tableau des dérivées usuelles, en faisant une lecture de
droite à gauche.
√
★Exercice 2.5 Déterminer une primitive (en précisant l’intervalle) de : 𝑥 ↦ tan(𝑥) ; 𝑥 ↦ tan2 (𝑥) ; 𝑥 ↦ 𝑥 1 + 𝑥 2 ;
𝑥 ↦ ln(𝑥) 1
𝑥 ; 𝑥 ↦ 𝑥 ln(𝑥) .
À retenir
Soient 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℝ continues sur l’intervalle I, et 𝑎, 𝑏 ∈ I :
𝑎 𝑏 𝑎
a) ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 et ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 0.
𝑏 𝑎 𝑎
𝑎 𝑏 𝑏
b) ∫ [α𝑓(𝑡) + β𝑔 (𝑡)] d𝑡 = α ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + β ∫ 𝑔 (𝑡) d𝑡, c’est la linéarité de l’intégrale.
𝑏 𝑎 𝑎
𝑏
c) Si 0 ⩽ 𝑓 sur [𝑎; 𝑏] (avec 𝑎 ⩽ 𝑏), alors 0 ⩽ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡, c’est la positivité de l’intégrale. On en
𝑎
𝑏 𝑏
déduit que si 𝑓 ⩽ 𝑔 sur [𝑎; 𝑏] (avec 𝑎 ⩽ 𝑏) alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 ⩽ ∫ 𝑔 (𝑡) d𝑡 (c’est la croissance
𝑎 𝑎
de l’intégrale).
𝑏 𝑐 𝑏
d) Si 𝑎, 𝑏, 𝑐 sont dans I, alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡, c’est la relation de Chasles
𝑎 𝑎 𝑐
pour l’intégrale.
|| 𝑏 || 𝑏
||∫ |
e) Si 𝑎 ⩽ 𝑏 alors 𝑓(𝑡) d𝑡| ⩽ ∫ |𝑓(𝑡)| d𝑡, c’est la majoration en valeur absolue de l’inté-
| 𝑎 | 𝑎
grale.
|| 1 ||
𝑡𝑛
★Exercice 2.6 Montrer que |∫ 2 d𝑡| ⩽ 2
𝑛+1 .
−1 1+𝑡
Théorème 2.9
Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur I, si λ ∈ ℝ et 𝑥0 ∈ I, alors l’unique primitive de 𝑓 sur I qui prend la
𝑥
valeur λ en 𝑥0 est la fonction F définie par : ∀𝑥 ∈ I, F(𝑥) = λ + ∫𝑥 𝑓(𝑡) d𝑡.
0
Preuve : Soit G une primitive de 𝑓 sur I, on a F(𝑥) = λ + G(𝑥) − G(𝑥0 ) = G(𝑥) + λ − G(𝑥0 ), donc F est une primitive
de 𝑓 car λ − G(𝑥0 ) est une constante, et F(𝑥0 ) = λ. □
Les deux outils fondamentaux pour le calcul d’intégrales, sont : le théorème de l’intégration par
parties et le théorème du changement de variable dont voici les énoncés :
𝑏
Preuve : Soit F une primitive de 𝑓 sur I, alors F ∘ 𝑢 est une primitive de 𝑢′ 𝑓(𝑢) et donc ∫ 𝑓(𝑢(𝑡))𝑢′ (𝑡) d𝑡 =
𝑎
𝑢(𝑏)
[F(𝑢)]𝑏𝑎 = F(𝑢(𝑏)) − F(𝑢(𝑎)) = ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥. □
𝑢(𝑎)
′ ′
Dans la pratique on rédige ainsi : posons 𝑥 = 𝑢(𝑡) alors 𝑑𝑥
𝑑𝑡 = 𝑢 (𝑡) d’où 𝑑𝑥 = 𝑢 (𝑡)𝑑𝑡 et 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑢(𝑡)).
Pour les bornes : lorsque 𝑡 = 𝑎 on a 𝑥 = 𝑢(𝑎) et pour 𝑡 = 𝑏 on a 𝑥 = 𝑢(𝑏), puis on remplace dans
𝑏 𝑢(𝑏)
l’intégrale, ce qui donne : ∫ 𝑓(𝑢(𝑡))𝑢′ (𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥.
𝑎 𝑢(𝑎)
ZExemples :
1√
– Calculer ∫ 1 − 𝑥 2 d𝑥. On pose 𝑥 = sin(𝑡) avec 𝑡 ∈ [0; π2 ], sin est bien de classe 𝒞 1 sur [0; π2 ]. On
0
𝑑𝑥
a 𝑑𝑡 = cos(𝑡), d’où 𝑑𝑥 = cos(𝑡)𝑑𝑡. On a 𝑥 = 0 lorsque 𝑡 = 0, et 𝑥 = 1 pour 𝑡 = π2 , d’où :
1√ π/2 √
∫ 1− 𝑥 2 d𝑥 =∫ 1 − sin2 (𝑡) cos(𝑡) d𝑡
0 0
π/2
=∫ cos2 (𝑡) d𝑡
0
π/2
1 + cos(2𝑡)
=∫ d𝑡 (car cos(2𝑡) = 2 cos2 (𝑡) − 1)
0 2
[ ]π/2
𝑡 sin(2𝑡) π
= + = (car sin(0) = sin(π) = 0)
2 4 0
4
– Calculer une primitive de la fonction ln sur ]0 ; +∞[. Une primitive est (par exemple) 𝑥 ↦
𝑥
∫ ln(𝑡) d𝑡 pour 𝑥 > 0, cette intégrale se calcule par parties en posant 𝑓(𝑡) = 𝑡 et 𝑔 (𝑡) = ln(𝑡), ces
1
fonctions sont de classe 𝒞 1 sur ]0 ; +∞[, d’où :
𝑥 𝑥 𝑥
∫ ln(𝑡) d𝑡 = [𝑓(𝑡)𝑔 (𝑡)]𝑥 − ∫ 𝑓(𝑡)𝑔 ′ (𝑡) d𝑡 = [𝑡 ln(𝑡)]𝑥 − ∫ 1 d𝑡
1 1
1 1 1
= 𝑥 ln(𝑥) − (𝑥 − 1) = 𝑥 ln(𝑥) − 𝑥 + 1
donc une primitive de la fonction ln sur ]0 ; +∞[ est la fonction 𝑥 ↦ 𝑥 ln(𝑥) − 𝑥 (on peut évidem-
ment ajouter n’importe quelle constante).
★Exercice 2.7
1/ Déterminer une primitive de 𝑥 ↦ 𝑥 2 𝑒 𝑥 à l’aide d’IPPs.
2/ Déterminer une primitive de 𝑥 ↦ cos5 (𝑥) avec la changement de variable 𝑢 = sin(𝑥).
Sur l’intervalle I = ]−∞ ; 𝑎[ (ou ]𝑎 ; +∞[), 𝑓 est continue et admet donc des primitives. Si 𝑛 = 1
−1
alors une primitive est F(𝑥) = ln(|𝑥 − 𝑎|) et si 𝑛 ⩾ 2, une primitive est F(𝑥) = (𝑛−1)(𝑥−𝑎)𝑛−1 .
α𝑥+β
– Fractions du type 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎)(𝑥−𝑏) avec α, β, 𝑎 et 𝑏 des réels tels que 𝑎 ≠ 𝑏 .
À retenir
α𝑥+β 𝑐 𝑑
Il existe 𝑐 et 𝑑 réels tels que (𝑥−𝑎)(𝑥−𝑏) = 𝑥−𝑎 + 𝑥−𝑏 , ce qui nous ramène au cas précédent.
À retenir
α(𝑥−𝑎+𝑎)+β α 1
On écrit 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎)2
= 𝑥−𝑎 + (α𝑎 + β) (𝑥−𝑎) 2 , ce qui s’intègre ensuite facilement (on un
𝑢′ 𝑢′
terme en 𝑢 et un autre en 𝑢2
).
À retenir
• on fait apparaître la dérivée du trinôme 𝑥 2 + 𝑝𝑥 + 𝑞 au numérateur et on compense les 𝑥
en multipliant par un facteur adéquat, puis on compense les constantes en ajoutant ce
qu’il faut, ce qui donne :
𝑎𝑥 + 𝑏 𝑎 2𝑥 + 𝑝 𝑎𝑝 1
= + (𝑏 − ) 2 .
𝑥2 2
+ 𝑝𝑥 + 𝑞 2 𝑥 + 𝑝𝑥 + 𝑞 2 𝑥 + 𝑝𝑥 + 𝑞
′
La première de ces deux fractions est facile à intégrer puisqu’elle est du type 𝑢𝑢 .
• Pour la deuxième fraction : on met le trinôme 𝑥 2 + 𝑝𝑥 + 𝑞 sous forme canonique afin de
𝑢′
mettre la fraction sous la forme : α 1+𝑢 2 où α est une constante et 𝑢 est une fonction de 𝑥,
cette fonction s’intègre en α arctan(𝑢) a.
a. La fonction arctan sera étudiée dans le chapitre suivant.
𝑥−2
Par exemple, soit 𝑓(𝑥) = 𝑥 2 −𝑥+1
:
𝑥−2 1 2𝑥 − 1 3 1
𝑓(𝑥) = = −
𝑥2 2 2
−𝑥+1 2𝑥 −𝑥+1 2𝑥 −𝑥+1
et : √
1 1 2 2/ 3
= =√ ( )2 .
𝑥 2 − 𝑥 + 1 (𝑥 − 12 )2 + 3
4 3 2𝑥−1
√ +1 3
1 2
√
On en déduit qu’une primitive de 𝑓 sur ℝ est F ∶ 𝑥 ↦ 2 ln(𝑥 − 𝑥 + 1) − 3 arctan( 2𝑥−1
√ ).
3
Solution 2.1
1/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ et 𝑔 ∶ J → ℝ sont monotones et si 𝑓(I) ⊂ J, alors on vérifie que 𝑔 ∘ 𝑓 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 ont le même sens de variation ;
– décroissante dans le cas contraire.
2/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ et I ∶ J → ℝ sont monotones, alors on vérifie que 𝑓 + 𝑔 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 sont croissantes ;
– décroissante si 𝑓 et 𝑔 sont décroissantes.
On ne peut rien dire en général sinon.
3/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ+ et I ∶ J → ℝ+ sont monotones et positives, alors on vérifie que 𝑓 + 𝑔 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 sont croissantes ;
Solution 2.3 La fonction 𝑓 est paire et définie sur ℝ∗ . Sur ]0 ; +∞[ on a 𝑓(𝑥) = 𝑥| ln(𝑥)| donc 𝑔 est continue sur
]0 ; +∞[ (en appliquant les théorèmes généraux) ; 𝑓 étant paire, elle continue sur ℝ∗ . On a lim 𝑓(𝑥) = 0, il y a donc un
𝑥→0
prolongement par continuité en 0 en posant 𝑓(0) = 0, ainsi prolongée, 𝑓 est continue sur ℝ.
Solution 2.4
[ ]
d 1 −2𝑥
1/ d𝑥 1+𝑥 2 = (1+𝑥 2 )2 , sur ℝ.
[ √1 ] √1
d
2/ d𝑥 𝑒 𝑥 = − 2𝑥1√𝑥 𝑒 𝑥 , sur ℝ∗+ .
[ 𝑥 ] 𝑥 𝑥 𝑥
d
3/ d𝑥 cos3 ( 𝑒𝑥 ) = − 𝑒 (𝑥−1)𝑥2 sin( 𝑒𝑥 ) cos2 ( 𝑒𝑥 ), sur ℝ∗+ .
[ √ ]
d
4/ d𝑥 ln(𝑥 + 1 + 𝑥 2 ) = √ 1 2 , sur ℝ.
1+𝑥
Solution 2.5
1/ Une primitive sur ]− π2 ; π2 [ est F(𝑥) = − ln(| cos(𝑥)|).
2/ Une primitive sur ]− π2 ; π2 [ est F(𝑥) = tan(𝑥) − 1.
3
3/ Une primitive sur ℝ est F(𝑥) = 13 (1 + 𝑥 2 ) 2 .
4/ Une primitive sur ]0 ; +∞[ est F(𝑥) = 12 ln2 (𝑥).
5/ Une primitive sur ]0 ; 1[ est F(𝑥) = ln(− ln(𝑥)).
|| 1 𝑛 || | 𝑛 | | 𝑛 |
Solution 2.6 |∫ 1+𝑡 𝑡
2 d𝑡| ⩽
∫1 | 𝑡 2 | d𝑡 (majoration en valeur absolue), or | 𝑡 2 | = |𝑡|𝑛
⩽ |𝑡|𝑛 car 1
⩽ 1, d’où
1+𝑡 1+𝑡 1+𝑡 2 1+𝑡 2
|| 1 𝑛 | −1 −1
∫ 𝑡 2 d𝑡| ⩽ ∫1 |𝑡|𝑛 d𝑡 = ∫1 𝑡 𝑛 d𝑡 + ∫0 (−1)𝑛 𝑡 𝑛 d𝑡 = 2 .
| −1 1+𝑡 | −1 0 −1 𝑛+1
Solution 2.7
1/ Soit 𝑓(𝑥) = 𝑥 2 𝑒 𝑥 , 𝑓 est continue sur ℝ, elle admet donc des primitives sur ℝ, la primitive qui s’annule en 0 (par
𝑥
exemple) est F définie par F(𝑥) = ∫ 𝑡 2 𝑒 𝑡 d𝑡. On fait une IPP en posant 𝑢′ = 𝑒 𝑡 et 𝑣 = 𝑡 2 , d’où 𝑢 = 𝑒 𝑡 et 𝑣 ′ = 2𝑡 (𝑢
0
𝑥 𝑥
et 𝑣 sont bien dérivables à dérivée continue), on a F(𝑥) = [𝑢𝑣]𝑥0 − ∫ 𝑢𝑣 ′ = 𝑥 2 𝑒 𝑥 − 2 ∫ 𝑡𝑒 𝑡 d𝑡. Pour la deuxième
0 0
intégrale on refait une IPP en posant 𝑢′ = 𝑒 𝑡 et 𝑣 = 𝑡, d’où 𝑢 = 𝑒 𝑡 et 𝑣 ′ = 1 (𝑢 et 𝑣 sont bien dérivables à dérivée
𝑥 𝑥 𝑥
continue), on a ∫ 𝑡𝑒 𝑡 d𝑡 = [𝑢𝑣]𝑥0 − ∫ 𝑢𝑣 ′ = 𝑥𝑒 𝑥 − ∫ 𝑒 𝑡 d𝑡 = 𝑥𝑒 𝑥 − 𝑒 𝑥 + 1, d’où F(𝑥) = (𝑥 2 − 2𝑥 + 2)𝑒 𝑥 − 2.
0 0 0
2/ La fonction est continue sur ℝ, elle admet donc des primitives. La primitive qui s’annule en 0 (par exemple) est F
𝑥 𝑥
définie par F(𝑥) = ∫ cos5 (𝑡) d𝑡 = ∫ cos4 (𝑡) cos(𝑡) d𝑡. On pose 𝑢 = sin(𝑡) (continue dérivable, à dérivée continue
0 0
sur ℝ), d’où d𝑢 = cos(𝑡) d𝑡 et donc :
sin(𝑥) sin(𝑥) 4 [ ]sin(𝑥) sin5(𝑥) 2 sin3(𝑥)
F(𝑥) = ∫ (1 − 𝑢2 )2 d𝑢 = ∫ (𝑢 − 2𝑢2 + 1) d𝑢 1 𝑢5 − 2 𝑢3 + 𝑢
5 3 = − 5 + sin(𝑥). 3
sin(0) 0 0