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Généralités sur les fonctions mathématiques

les fonctions

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Chapitre 2

Généralités sur les fonctions

Sommaire
I Rappels et compléments sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1) Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2) Opérations sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
II Continuité, dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1) Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2) Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3) Plan d’étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
III Primitives, intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2) Calculs d’intégrales et de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3) Primitives de certaines fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

Dans ce chapitre, les fonctions considérées sont définies sur un intervalle non trivial de ℝ.

I RAPPELS ET COMPLÉMENTS SUR LES FONCTIONS

Rappels :
a) Une fonction 𝑓 est la donnée de : un ensemble de départ E, un ensemble d’arrivée F, et pour
chaque élément 𝑥 de E, une image dans F, que l’on note 𝑓(𝑥). Le graphe de 𝑓 est l’ensemble des
/
couples {(𝑥, 𝑓(𝑥)) 𝑥 ∈ E}. L’ensemble des fonctions de E vers F est noté ℱ(E, F), ou encore FE .
b) Deux fonctions sont égales lorsqu’elles ont le même ensemble de départ E, le même ensemble
d’arrivée F, et que tout élément de E a la même image par les deux fonctions.
c) Si 𝑓 ∶ I → ℝ est une fonction, on appelle « image de 𝑓 », l’ensemble noté 𝑓(I) et défini par :

𝑓(I) = {𝑦 ∈ ℝ / ∃ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) = 𝑦},

c’est l’ensemble des images par 𝑓 des éléments de I. Celui-ci se détermine en général par l’étude
de la fonction.

1) Vocabulaire
– Représentation graphique. Soit 𝒫 un plan muni d’un repère (O, ⃗⃗ 𝚤 , ⃗⃗
𝚥 ), la représentation gra-
{ }
phique de 𝑓 est l’ensemble 𝒞𝑓 = M(𝑥, 𝑓(𝑥)) ∣ 𝑥 ∈ I . On dit que 𝑦 = 𝑓(𝑥) est une équation de la
courbe représentative de 𝑓 car M(𝑥; 𝑦) ∈ 𝒞𝑓 ⟺ 𝑦 = 𝑓(𝑥).

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Rappels et compléments sur les fonctions Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

𝑓(𝑥) M(𝑥, 𝑓(𝑥))

⃗⃗
𝑗
O ⃗⃗ 𝑥
𝑖

𝒞𝑓

– Sens de variation. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction, on dit que 𝑓 est :


• constante sur I lorsque : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑦).
• croissante sur I lorsque : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, 𝑥 ⩽ 𝑦 ⟹ 𝑓(𝑥) ⩽ 𝑓(𝑦).
• strictement croissante sur I lorsque : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, 𝑥 < 𝑦 ⟹ 𝑓(𝑥) < 𝑓(𝑦).
• décroissante sur I lorsque : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, 𝑥 ⩽ 𝑦 ⟹ 𝑓(𝑥) ⩾ 𝑓(𝑦).
• strictement décroissante sur I lorsque : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, 𝑥 < 𝑦 ⟹ 𝑓(𝑥) > 𝑓(𝑦).
• monotone sur I lorsque : 𝑓 est ou bien croissante ou bien décroissante.
• strictement monotone sur I lorsque : 𝑓 est ou bien strictement croissante ou bien strictement
décroissante.

𝑓 croissante sur I 𝑓 décroissante sur I 𝑓 non monotone sur I

★Exercice 2.1 Étudier le sens de variation de la composée de deux fonctions monotones, puis de la somme, puis du
produit.
– Fonction bornée. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction, on dit que 𝑓 est :
• majorée sur I lorsqu’il existe un réel M tel que ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩽ M. Si c’est le cas, la courbe de 𝑓
est sous la droite 𝑦 = M (ex : la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est majorée sur ]−∞ ; 0[ par M = 0).
• minorée sur I lorsqu’il existe un réel 𝑚 tel que ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩾ 𝑚. Si c’est le cas, la courbe de 𝑓
est au-dessus la droite 𝑦 = 𝑚 (ex : la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est minorée sur ]0 ; +∞[ par 𝑚 = 0).
• bornée sur I lorsque 𝑓 est à la fois minorée et majorée, ce qui équivaut à : |𝑓| est majorée (ex :
la fonction 𝑥 ↦ sin(𝑥) est bornée sur ℝ car pour tout 𝑥, | sin(𝑥)| ⩽ 1).

𝑦=M 𝑦=M

𝒞𝑓
𝒞𝑓

𝒞𝑓 𝑦=𝑚
𝑦=𝑚

𝑓 ⩽ M sur I 𝑚 ⩽ 𝑓 sur I 𝑚 ⩽ 𝑓 ⩽ M sur I

– Parité. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction, on dit que 𝑓 est :


• paire lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, −𝑥 ∈ I et 𝑓(−𝑥) = 𝑓(𝑥). Dans ce cas la courbe représentative de 𝑓 admet
l’axe des ordonnées comme axe de symétrie (ex : la fonction carrée).
Plus généralement, si ∀ 𝑥 ∈ I, 2𝑎 − 𝑥 ∈ I et 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 𝑓(𝑥), alors la courbe de 𝑓 admet la droite
d’équation 𝑥 = 𝑎 comme axe de symétrie (ex : la fonction 𝑓 ∶ 𝑥 ↦ sin(𝑥) vérifie 𝑓(π − 𝑥) = 𝑓(𝑥),
donc la droite d’équation 𝑥 = π2 est un axe de symétrie pour la courbe).

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Rappels et compléments sur les fonctions Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions
• impaire lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, −𝑥 ∈ I et 𝑓(−𝑥) = −𝑓(𝑥). Si c’est le cas, alors la courbe de 𝑓 admet un
centre de symétrie, l’origine du repère (ex : la fonction cube).
Plus généralement, si ∀ 𝑥 ∈ I, 2𝑎 − 𝑥 ∈ I et 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 2𝑏 − 𝑓(𝑥), alors la courbe de 𝑓 admet le
point A(𝑎, 𝑏) comme centre de symétrie (ex : la fonction 𝑓 ∶ 𝑥 ↦ cos(𝑥) vérifie 𝑓(π − 𝑥) = −𝑓(𝑥),
donc le point de coordonnées ( π2 , 0) est un centre de symétrie pour la courbe).

2𝑏 − 𝑓(𝑥)

𝑏
2𝑎 − 𝑥 𝑥 𝑥
𝑎 𝑎 2𝑎 − 𝑥
𝑓(𝑥) 𝑓(𝑥)
𝒞𝑓 𝒞𝑓

𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 𝑓(𝑥) 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 2𝑏 − 𝑓(𝑥)

– Périodicité. Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction et soit 𝑎 ∈ ℝ∗ , on dit que 𝑎 est une période de 𝑓 lorsque :
∀ 𝑥 ∈ I, 𝑥 ± 𝑎 ∈ I et 𝑓(𝑥 + 𝑎) = 𝑓(𝑥). Si c’est le cas, le courbe de 𝑓 est invariante par les translations
de vecteurs 𝑛𝑎⃗⃗ 𝑖 où 𝑛 ∈ ℤ. Si 𝑓 est périodique, on appelle période fondamentale de 𝑓 la plus
petite période strictement positive si elle existe (ex : les fonctions 𝑥 ↦ sin(𝑥) et 𝑥 ↦ cos(𝑥) sont
périodique sur ℝ ,et de période fondamentale égale à 2π).

𝒞𝑓

𝑥 𝑥+T

−3T −2T −T 0 T 2T 3T

𝑓(𝑥 + T) = 𝑓(𝑥)
– Extremum global : on dit que 𝑓 ∶ I → ℝ admet un :
• maximum global en 𝑥0 ∈ I lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩽ 𝑓(𝑥0 ). Si c’est le cas, on pose 𝑓(𝑥0 ) =
max 𝑓(𝑥).
𝑥∈I
• minimum global en 𝑥0 ∈ I lorsque : ∀ 𝑥 ∈ I, 𝑓(𝑥) ⩾ 𝑓(𝑥0 ). Si c’est le cas, on pose 𝑓(𝑥0 ) = min 𝑓(𝑥).
𝑥∈I

𝑓(𝑥1 )

𝒞𝑓
𝑥0

𝑥1

𝑓(𝑥0 )
𝑓 a un minimum en 𝑥0 et un maximum en 𝑥1

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Continuité, dérivabilité Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

Attention !
Une fonction
𝑥
même bornée n’a pas forcément de maximum ou de minimum. Par exemple, la fonction
𝑥 ↦ 𝑒𝑒𝑥+1
−1
a pour ensemble image ] − 1; 1[, la fonction est donc bornée mais n’a ni maximum, ni minimum.

2) Opérations sur les fonctions

Définition 2.1
Soient 𝑓, 𝑔 ∈ ℱ(I, ℝ) et soit λ ∈ ℝ, on pose :
– 𝑓 + 𝑔 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (𝑓 + 𝑔 )(𝑥) = 𝑓(𝑥) + 𝑔 (𝑥).
– 𝑓 × 𝑔 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (𝑓 × 𝑔 )(𝑥) = 𝑓(𝑥)𝑔 (𝑥).
– λ.𝑓 la fonction de I vers ℝ définie par : ∀ 𝑥 ∈ I, (λ.𝑓)(𝑥) = λ𝑓(𝑥).

Propriétés
a) Pour l’addition :
– elle est commutative, associative,
– elle admet un élément neutre : la fonction constamment nulle (notée 0),
– toute fonction 𝑓 de I vers ℝ admet un opposé qui est la fonction −𝑓 ∶ 𝑥 ↦ −𝑓(𝑥),
b) Pour le produit par un réel : si 𝑓, 𝑔 ∈ ℱ(I, ℝ) et α, β ∈ ℝ :
– 1.𝑓 = 𝑓,
– (α + β).𝑓 = α.𝑓 + β.𝑓,
– α.(𝑓 + 𝑔 ) = α.𝑓 + α.𝑔,
– α.(β.𝑓) = (αβ).𝑓,
c) Pour la multiplication :
– elle associative, commutative,
– elle possède un élément neutre, la fonction constante qui à 𝑥 donne 1 (notée 1),
– elle est distributive sur l’addition,
– seules les fonctions 𝑓 qui ne s’annulent jamais ont un inverse (la fonction 1𝑓 ).

Définition 2.2 (fonctions max et min)


Soient 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℝ deux fonctions, on pose max(𝑓, 𝑔 ) et min(𝑓, 𝑔 ) les fonctions de I vers
ℝ définies par : ∀ 𝑥 ∈ I, max(𝑓, 𝑔 )(𝑥) = max(𝑓(𝑥), 𝑔 (𝑥)) et min(𝑓, 𝑔 )(𝑥) = min(𝑓(𝑥), 𝑔 (𝑥)). En
particulier on pose 𝑓 + = max(𝑓, 0) et 𝑓 − = max(−𝑓, 0), on a alors 𝑓 + − 𝑓 − = 𝑓 et 𝑓 + + 𝑓 − = |𝑓|.

𝑓+𝑔 +|𝑓−𝑔 | 𝑓+𝑔 −|𝑓−𝑔 |


★Exercice 2.2 Montrer que max(𝑓, 𝑔 ) = 2 et que min(𝑓, 𝑔 ) = 2 .

II CONTINUITÉ, DÉRIVABILITÉ

1) Continuité

Définition 2.3
- Une fonction 𝑓 ∶ I → ℝ est continue en 𝑥0 ∈ I, lorsque lim 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑥0 ).
𝑥→𝑥0
- On dit que 𝑓 est continue sur I si elle est continue en tout point de I, et l’ensemble des fonctions
continues sur I est noté 𝒞 0 (I, ℝ).

Remarque 2.1 :
– Si 𝑓 a une limite à gauche en 𝑥0 égale à 𝑓(𝑥0 ), on dit que 𝑓 est continue à gauche en 𝑥0 .
– Si 𝑓 a une limite à droite en 𝑥0 égale à 𝑓(𝑥0 ), on dit que 𝑓 est continue à droite en 𝑥0 .
– Si 𝑓 est continue à gauche et à droite en 𝑥0 , alors 𝑓 est continue en 𝑥0 .

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Continuité, dérivabilité Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

Théorème 2.1 (théorèmes généraux)


• Les fonctions usuelles vues jusque là, sont continues sur leur ensemble de définition.
• Si 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℝ sont continues sur I alors les fonctions 𝑓 + 𝑔, 𝑓 × 𝑔, λ.𝑓 (λ ∈ ℝ) sont continues
sur I.
• Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur I et ne s’annule pas, alors 1𝑓 est continue sur I.
• Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur I, si 𝑔 ∶ J → ℝ est continue sur J, et si 𝑓(I) ⊂ J, alors la composée
𝑔 ∘ 𝑓 est continue sur I.

★Exercice 2.3 Étudier la continuité de la fonction 𝑓 définie par 𝑓(𝑥) = |𝑥 ln(|𝑥|)|.

Théorème 2.2 (théorème des valeurs intermédiaires)


Si 𝑓 est continue sur l’intervalle I, alors l’ensemble 𝑓(I) est un intervalle de ℝ. Plus précisément,
soient 𝑎, 𝑏 ∈ I, pour tout réel α compris entre 𝑓(𝑎) et 𝑓(𝑏), il existe un réel 𝑐 compris entre 𝑎 et 𝑏
tel que 𝑓(𝑐) = α.

Théorème 2.3 (image d’un segment)


Si 𝑓 est continue sur un segment [𝑎; 𝑏] ( avec 𝑎 < 𝑏), alors 𝑓 a un maximum (M) et un minimum
(𝑚). On a donc 𝑓([𝑎; 𝑏]) = [𝑚; M].

Attention !
Une fonction continue sur un intervalle peut être majorée (ou minorée) sans avoir de maximum (ou de minimum).
Par exemple, la fonction 𝑥 ↦ 1𝑥 est continue sur ]0 ; +∞[, elle est minorée (par 0) mais n’a pas de minimum. La
fonction 𝑥 ↦ 𝑥 et continue sur [0 ; 1[, majorée, mais n’a pas de maximum.

Théorème 2.4 (de la bijection continue)


Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur l’intervalle I et est strictement monotone sur I, alors elle réalise
une bijection entre I et 𝑓(I) (tout élément de 𝑓(I) a un unique antécédent par 𝑓 dans I). De plus,
la bijection réciproque est continue sur l’intervalle 𝑓(I). Dans un repère orthonormé, la courbe
de la réciproque est l’image de la courbe de 𝑓 par la symétrie orthogonale par rapport à la droite
d’équation 𝑦 = 𝑥.

Remarque 2.2 – Ce théorème sera exploité dans le prochain chapitre pour définir de nouvelles fonctions.

2) Dérivation

Définition 2.4
Une fonction 𝑓 ∶ I → ℝ est dérivable en 𝑥0 ∈ I, lorsque le taux d’accroissement 𝑓(𝑥)−𝑓(𝑥 𝑥−𝑥0
0)
admet

une limite finie en 𝑥0 . Si c’est le cas, cette limite est notée 𝑓 (𝑥0 ) et appelée nombre dérivé de 𝑓
en 𝑥0 , et dans le plan muni d’un repère, la droite d’équation 𝑦 = 𝑓 ′ (𝑥0 )(𝑥 − 𝑥0 ) + 𝑓(𝑥0 ) est appelé
tangente à la courbe 𝒞𝑓 au point d’abscisse 𝑥0 .

Attention !
Les fonctions usuelles vues jusque là sont dérivables sur leur ensemble de définition SAUF :
- La valeur absolue qui n’est pas dérivable en 0.
- La racine carrée qui pas dérivable en 0.

Théorème 2.5 (théorèmes généraux)


• Si 𝑓 est dérivable en 𝑥0 alors 𝑓 est continue en 𝑥0 (réciproque fausse).
• Si 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℝ sont dérivables sur I alors les fonctions 𝑓 + 𝑔, 𝑓 × 𝑔, λ.𝑓 (λ ∈ ℝ) sont dérivables
sur I, et on a les formules de dérivation :
(𝑓 + 𝑔 )′ = 𝑓 ′ + 𝑔 ′ ; (𝑓𝑔 )′ = 𝑓 ′ 𝑔 + 𝑓𝑔 ′ ; (λ𝑓)′ = λ𝑓 ′ .
• Si 𝑓 ∶ I → ℝ est dérivable sur I et ne s’annule pas, alors 1𝑓 est dérivable sur I, et on a la formule :

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Continuité, dérivabilité Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions
( )′ −𝑓 ′
1
𝑓= 𝑓2 .
• Si 𝑓 ∶ I → ℝ est dérivable sur I, si 𝑔 ∶ J → ℝ est dérivable sur J, et si 𝑓(I) ⊂ J, alors la composée
𝑔 ∘ 𝑓 est dérivable sur I, et on a la formule :
(𝑔 ∘ 𝑓)′ = 𝑓 ′ × 𝑔 ′ ∘ 𝑓 (ou encore [𝑔 (𝑓)]′ = 𝑓 ′ × 𝑔 ′ (𝑓)).

𝑓
( 𝑓 )′ 𝑓 ′ 𝑔 −𝑓𝑔 ′
Remarque 2.3 – Si 𝑓 et 𝑔 sont dérivables et si 𝑔 ne s’annule pas, alors 𝑔 est dérivable et 𝑔 = 𝑔2
.

Fonction Dérivée
𝑢α (α constant) α𝑢′ 𝑢α−1
√ 𝑢 ′
𝑢 √
2 𝑢
𝑢′
ln(|𝑢|) 𝑢

𝑒𝑢 𝑢′ 𝑒 𝑢
sin(𝑢) 𝑢′ cos(𝑢)
cos(𝑢) −𝑢′ sin(𝑢)
sin(𝑢) 𝑢′
tan(𝑢) = cos(𝑢) 𝑢′ (1 + tan2 (𝑢)) = cos2 (𝑢)

√1 𝑥 √
★Exercice 2.4 Calculer la dérivée (si elle existe) des fonctions suivantes : 1
1+𝑥 2 ;𝑒 𝑥 ; cos3 ( 𝑒𝑥 ) ; ln(𝑥 + 1 + 𝑥 2 ).

Théorème 2.6 (de la bijection dérivable)


Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue, dérivable sur l’intervalle I et est strictement monotone sur I, alors
elle réalise une bijection entre I et 𝑓(I). On sait déjà que la bijection réciproque est continue
sur l’intervalle 𝑓(I). Si de plus la dérivée de 𝑓 n’annule pas sur I, alors la bijection réciproque
( )′
(notée 𝑓 −1 ) est dérivable sur 𝑓(I), et on a la formule : 𝑓 −1 = 𝑓 ′∘𝑓1 −1 .

Théorème 2.7 (sens de variation)


• Une fonction dérivable 𝑓 sur un intervalle I est constante si et seulement si sa dérivée est
nulle sur I.
• Si 𝑓 est dérivable sur un intervalle I et 𝑓 ′ ⩾ 0 (respectivement 𝑓 ′ ⩽ 0 alors 𝑓 est croissante sur
I (respectivement décroissante), et si de plus 𝑓 ′ ne s’annule pas, alors la monotonie de 𝑓 est
stricte.

3) Plan d’étude d’une fonction


Ensemble de définition, ensemble d’étude

– 𝒟𝑓 est l’ensemble des réels de l’ensemble de départ ayant une image par 𝑓.
– Si 𝒟𝑓 est symétrique par rapport à un réel 𝑎, il se peut que la courbe de 𝑓 présente une symétrie :
• un axe d’équation 𝑥 = 𝑎 lorsque ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 𝑓(𝑥).
• un centre de symétrie de coordonnées (𝑎, 𝑏) lorsque ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(2𝑎 − 𝑥) = 2𝑏 − 𝑓(𝑥).
Dans les deux cas, on peut restreindre l’étude à 𝒟𝑓 ∩ [𝑎 ; +∞[.
– S’il existe un réel T > 0 tel que : ∀ 𝑥 ∈ 𝒟𝑓 , 𝑥 ± T ∈ 𝒟𝑓 , 𝑓(𝑥 + T) = 𝑓(𝑥), alors 𝑓 est T-périodique.
On peut restreindre l’étude à un intervalle de longueur une période : 𝒟𝑓 ∩ [𝑎 ; 𝑎 + T[ (𝑎 peut être
quelconque), on complète ensuite la courbe avec les translations de vecteurs 𝑛T⃗⃗ 𝚤 , 𝑛 ∈ ℤ.

Continuité, dérivabilité

– On cherche à appliquer les théorèmes généraux, pour cela il faut regarder comment est faite la
fonction (somme, produit, composée...).

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Primitives, intégrales Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions
– Il reste parfois des points où ces théorèmes ne s’appliquent as, on étudie alors la continuité en
revenant à la définition (calcul de limite). S’il y a continuité, alors on étudie s’il y a dérivabilité en
ce même point, il y a plusieurs méthodes : le théorème sur la limite de la dérivée, ou la définition
(limite du taux d’accroissement).

Sens de variation

On rappelle que le théorème qui donne le sens de variation en fonction du signe de la dérivée,
n’est valable que sur un intervalle.
– On peut parfois éviter l’étude du signe de la dérivée : sens√ de variation d’une somme, d’une
composée, d’un produit... Par exemple, les fonctions ln(𝑢), 𝑢, 𝑒 𝑢 ont le même sens de variation
que 𝑢.
– Lorsqu’on ne peut pas faire autrement, on étudie le signe de la dérivée (sur un intervalle).
– Les résultats sont consignés dans le tableau des variations, où doivent figurer :
• l’ensemble d’étude,
• les valeurs particulières qui sont intervenues dans l’étude de la continuité, la dérivabilité et
l’étude du signe de la dérivée,
• le signe de la dérivée (si on est passé par là),
• les limites aux bornes de l’ensemble d’étude.

Étude des branches infinies

𝒞𝑓 désigne la courbe de 𝑓 dans un repère orthogonal.

– Si 𝑥0 est un réel de 𝒟𝑓 ou une borne et si 𝑓 a une limite infinie en 𝑥0 , alors on dit que 𝒞𝑓 admet une
asymptote verticale d’équation 𝑥 = 𝑥0 (ex : la fonction inverse en 𝑥0 = 0 à gauche, et à droite).
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , et si lim 𝑓 = ℓ ∈ ℝ, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une asymptote horizontale

d’équation 𝑦 = ℓ (ex : la fonction inverse en ±∞).
𝑓(𝑥)
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , si lim 𝑓 = ∞, et si lim 𝑥 = ∞, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une branche
∞ 𝑥→∞
parabolique de direction O𝑦 (verticale) (ex : la fonction exponentielle en +∞).
𝑓(𝑥)
– Si ∞ est une borne de 𝒟𝑓 , si lim 𝑓 = ∞, et si lim 𝑥 = 0, alors on dit que 𝒞𝑓 admet une branche
∞ 𝑥→∞
parabolique de direction O𝑥 (horizontale) (ex : la fonction ln en +∞).

Représentation graphique

– On commence par placer : les asymptotes, les tangentes remarquables, les points particuliers ;
– on donne ensuite l’allure de la courbe d’après le tableau de variation. Il est parfois nécessaire
d’étudier la position de la courbe par rapport à certaines tangentes ou asymptotes.

III PRIMITIVES, INTÉGRALES

1) Généralités

Définition 2.5
Soit F, 𝑓 ∶ I → ℝ deux fonctions, on dit que F est une primitive de 𝑓 sur I lorsque F est dérivable
sur I et F′ = 𝑓.

Théorème 2.8
• Si F et G sont deux primitives de la fonction 𝑓 sur l’intervalle I, alors il existe une constante
α ∈ ℂ telle que : ∀ 𝑡 ∈ I, F(𝑡) = G(𝑡) + α.
• Si 𝑓 admet des primitives sur l’intervalle I, si 𝑥0 ∈ I et 𝑎 ∈ ℝ, alors il existe une unique
primitive F de 𝑓 sur I telle que F(𝑥0 ) = 𝑎.

Preuve : On a F′ = G′ = 𝑓, d’où (F − G)′ = 0 la fonction nulle, ce qui entraîne que la fonction F − G est constantes
sur l’intervalle I. □
Le théorème clé que nous établirons dans le chapitre sur l’intégration dit la chose suivante :

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Primitives, intégrales Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

À retenir
Toute fonction 𝑓 ∶ I → ℝ continue sur un intervalle I, admet des primitives sur cet intervalle.

Les primitives usuelles se lisent dans le tableau des dérivées usuelles, en faisant une lecture de
droite à gauche.

★Exercice 2.5 Déterminer une primitive (en précisant l’intervalle) de : 𝑥 ↦ tan(𝑥) ; 𝑥 ↦ tan2 (𝑥) ; 𝑥 ↦ 𝑥 1 + 𝑥 2 ;
𝑥 ↦ ln(𝑥) 1
𝑥 ; 𝑥 ↦ 𝑥 ln(𝑥) .

2) Calculs d’intégrales et de primitives


Rappel
Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur l’intervalle I, si F est une primitive de 𝑓 sur I alors pour tous réels 𝑎 et
𝑏
𝑏
𝑏 de I, on a ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = [F(𝑡)]𝑎 = F(𝑏) − F(𝑎) .
𝑎

À retenir
Soient 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℝ continues sur l’intervalle I, et 𝑎, 𝑏 ∈ I :
𝑎 𝑏 𝑎
a) ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = − ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 et ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = 0.
𝑏 𝑎 𝑎
𝑎 𝑏 𝑏
b) ∫ [α𝑓(𝑡) + β𝑔 (𝑡)] d𝑡 = α ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + β ∫ 𝑔 (𝑡) d𝑡, c’est la linéarité de l’intégrale.
𝑏 𝑎 𝑎
𝑏
c) Si 0 ⩽ 𝑓 sur [𝑎; 𝑏] (avec 𝑎 ⩽ 𝑏), alors 0 ⩽ ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡, c’est la positivité de l’intégrale. On en
𝑎
𝑏 𝑏
déduit que si 𝑓 ⩽ 𝑔 sur [𝑎; 𝑏] (avec 𝑎 ⩽ 𝑏) alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 ⩽ ∫ 𝑔 (𝑡) d𝑡 (c’est la croissance
𝑎 𝑎
de l’intégrale).
𝑏 𝑐 𝑏
d) Si 𝑎, 𝑏, 𝑐 sont dans I, alors ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡 + ∫ 𝑓(𝑡) d𝑡, c’est la relation de Chasles
𝑎 𝑎 𝑐
pour l’intégrale.
|| 𝑏 || 𝑏
||∫ |
e) Si 𝑎 ⩽ 𝑏 alors 𝑓(𝑡) d𝑡| ⩽ ∫ |𝑓(𝑡)| d𝑡, c’est la majoration en valeur absolue de l’inté-
| 𝑎 | 𝑎
grale.

|| 1 ||
𝑡𝑛
★Exercice 2.6 Montrer que |∫ 2 d𝑡| ⩽ 2
𝑛+1 .
−1 1+𝑡

Théorème 2.9
Si 𝑓 ∶ I → ℝ est continue sur I, si λ ∈ ℝ et 𝑥0 ∈ I, alors l’unique primitive de 𝑓 sur I qui prend la
𝑥
valeur λ en 𝑥0 est la fonction F définie par : ∀𝑥 ∈ I, F(𝑥) = λ + ∫𝑥 𝑓(𝑡) d𝑡.
0

Preuve : Soit G une primitive de 𝑓 sur I, on a F(𝑥) = λ + G(𝑥) − G(𝑥0 ) = G(𝑥) + λ − G(𝑥0 ), donc F est une primitive
de 𝑓 car λ − G(𝑥0 ) est une constante, et F(𝑥0 ) = λ. □
Les deux outils fondamentaux pour le calcul d’intégrales, sont : le théorème de l’intégration par
parties et le théorème du changement de variable dont voici les énoncés :

Théorème 2.10 (IPP)


Si 𝑓 et 𝑔 sont dérivables sur I avec leur dérivée continue (on dit qu’elles sont de classe 𝒞 1 ), alors
on a la formule d’intégration par parties (IPP) :
𝑏 𝑏
𝑏
∀(𝑎, 𝑏) ∈ I2 , ∫ 𝑓 ′ (𝑡)𝑔 (𝑡) d𝑡 = [𝑓(𝑡)𝑔 (𝑡)]𝑎 − ∫ 𝑓(𝑡)𝑔 ′ (𝑡) d𝑡.
𝑎 𝑎

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. □

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Primitives, intégrales Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

Théorème 2.11 (changement de variable)


Soit 𝑓 ∶ I → ℝ une fonction continue, 𝑢 ∶ [𝑎; 𝑏] → I une fonction dérivable à dérivée continue,
on a :
𝑏 𝑢(𝑏)
∫ 𝑓(𝑢(𝑡))𝑢′ (𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥
𝑎 𝑢(𝑎)

𝑏
Preuve : Soit F une primitive de 𝑓 sur I, alors F ∘ 𝑢 est une primitive de 𝑢′ 𝑓(𝑢) et donc ∫ 𝑓(𝑢(𝑡))𝑢′ (𝑡) d𝑡 =
𝑎
𝑢(𝑏)
[F(𝑢)]𝑏𝑎 = F(𝑢(𝑏)) − F(𝑢(𝑎)) = ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥. □
𝑢(𝑎)
′ ′
Dans la pratique on rédige ainsi : posons 𝑥 = 𝑢(𝑡) alors 𝑑𝑥
𝑑𝑡 = 𝑢 (𝑡) d’où 𝑑𝑥 = 𝑢 (𝑡)𝑑𝑡 et 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑢(𝑡)).
Pour les bornes : lorsque 𝑡 = 𝑎 on a 𝑥 = 𝑢(𝑎) et pour 𝑡 = 𝑏 on a 𝑥 = 𝑢(𝑏), puis on remplace dans
𝑏 𝑢(𝑏)
l’intégrale, ce qui donne : ∫ 𝑓(𝑢(𝑡))𝑢′ (𝑡) d𝑡 = ∫ 𝑓(𝑥) d𝑥.
𝑎 𝑢(𝑎)
ZExemples :
1√
– Calculer ∫ 1 − 𝑥 2 d𝑥. On pose 𝑥 = sin(𝑡) avec 𝑡 ∈ [0; π2 ], sin est bien de classe 𝒞 1 sur [0; π2 ]. On
0
𝑑𝑥
a 𝑑𝑡 = cos(𝑡), d’où 𝑑𝑥 = cos(𝑡)𝑑𝑡. On a 𝑥 = 0 lorsque 𝑡 = 0, et 𝑥 = 1 pour 𝑡 = π2 , d’où :
1√ π/2 √
∫ 1− 𝑥 2 d𝑥 =∫ 1 − sin2 (𝑡) cos(𝑡) d𝑡
0 0
π/2
=∫ cos2 (𝑡) d𝑡
0
π/2
1 + cos(2𝑡)
=∫ d𝑡 (car cos(2𝑡) = 2 cos2 (𝑡) − 1)
0 2
[ ]π/2
𝑡 sin(2𝑡) π
= + = (car sin(0) = sin(π) = 0)
2 4 0
4

– Calculer une primitive de la fonction ln sur ]0 ; +∞[. Une primitive est (par exemple) 𝑥 ↦
𝑥
∫ ln(𝑡) d𝑡 pour 𝑥 > 0, cette intégrale se calcule par parties en posant 𝑓(𝑡) = 𝑡 et 𝑔 (𝑡) = ln(𝑡), ces
1
fonctions sont de classe 𝒞 1 sur ]0 ; +∞[, d’où :
𝑥 𝑥 𝑥
∫ ln(𝑡) d𝑡 = [𝑓(𝑡)𝑔 (𝑡)]𝑥 − ∫ 𝑓(𝑡)𝑔 ′ (𝑡) d𝑡 = [𝑡 ln(𝑡)]𝑥 − ∫ 1 d𝑡
1 1
1 1 1
= 𝑥 ln(𝑥) − (𝑥 − 1) = 𝑥 ln(𝑥) − 𝑥 + 1

donc une primitive de la fonction ln sur ]0 ; +∞[ est la fonction 𝑥 ↦ 𝑥 ln(𝑥) − 𝑥 (on peut évidem-
ment ajouter n’importe quelle constante).

★Exercice 2.7
1/ Déterminer une primitive de 𝑥 ↦ 𝑥 2 𝑒 𝑥 à l’aide d’IPPs.
2/ Déterminer une primitive de 𝑥 ↦ cos5 (𝑥) avec la changement de variable 𝑢 = sin(𝑥).

3) Primitives de certaines fractions rationnelles


1 ∗
– Fractions du type 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎) 𝑛 avec 𝑎 ∈ ℝ et 𝑛 ∈ ℕ .

Sur l’intervalle I = ]−∞ ; 𝑎[ (ou ]𝑎 ; +∞[), 𝑓 est continue et admet donc des primitives. Si 𝑛 = 1
−1
alors une primitive est F(𝑥) = ln(|𝑥 − 𝑎|) et si 𝑛 ⩾ 2, une primitive est F(𝑥) = (𝑛−1)(𝑥−𝑎)𝑛−1 .
α𝑥+β
– Fractions du type 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎)(𝑥−𝑏) avec α, β, 𝑎 et 𝑏 des réels tels que 𝑎 ≠ 𝑏 .

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Solution des exercices Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions

À retenir
α𝑥+β 𝑐 𝑑
Il existe 𝑐 et 𝑑 réels tels que (𝑥−𝑎)(𝑥−𝑏) = 𝑥−𝑎 + 𝑥−𝑏 , ce qui nous ramène au cas précédent.

En effet : en réduisant au même { dénominateur, on a au numérateur


{ (𝑐 + 𝑑)𝑥 − (𝑏𝑐 + 𝑎𝑑), il suffit
𝑐+𝑑=α 𝑐+𝑑=α
donc de choisir 𝑐 et 𝑑 tels que ce qui équivaut à et on voit que
𝑏𝑐 + 𝑎𝑑 = −β (𝑏 − 𝑎)𝑑 = β + 𝑏α
ce système a une unique solution puisque 𝑎 ≠ 𝑏.
α𝑥+β
– Fractions du type 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎)2 avec α, β et 𝑎 des réels.

À retenir
α(𝑥−𝑎+𝑎)+β α 1
On écrit 𝑓(𝑥) = (𝑥−𝑎)2
= 𝑥−𝑎 + (α𝑎 + β) (𝑥−𝑎) 2 , ce qui s’intègre ensuite facilement (on un
𝑢′ 𝑢′
terme en 𝑢 et un autre en 𝑢2
).

– Fractions du type 𝑓(𝑥) = 𝑥 2𝑎𝑥+𝑏


+𝑝𝑥+𝑞
avec 𝑎, 𝑏, 𝑝 𝑞 des réels tels que 𝑝 2 − 4𝑞 < 0. Le dénominateur n’a
pas de racine réelle, 𝑓 est donc définie sur ℝ. La méthode est la suivante :

À retenir
• on fait apparaître la dérivée du trinôme 𝑥 2 + 𝑝𝑥 + 𝑞 au numérateur et on compense les 𝑥
en multipliant par un facteur adéquat, puis on compense les constantes en ajoutant ce
qu’il faut, ce qui donne :

𝑎𝑥 + 𝑏 𝑎 2𝑥 + 𝑝 𝑎𝑝 1
= + (𝑏 − ) 2 .
𝑥2 2
+ 𝑝𝑥 + 𝑞 2 𝑥 + 𝑝𝑥 + 𝑞 2 𝑥 + 𝑝𝑥 + 𝑞

La première de ces deux fractions est facile à intégrer puisqu’elle est du type 𝑢𝑢 .
• Pour la deuxième fraction : on met le trinôme 𝑥 2 + 𝑝𝑥 + 𝑞 sous forme canonique afin de
𝑢′
mettre la fraction sous la forme : α 1+𝑢 2 où α est une constante et 𝑢 est une fonction de 𝑥,
cette fonction s’intègre en α arctan(𝑢) a.
a. La fonction arctan sera étudiée dans le chapitre suivant.

𝑥−2
Par exemple, soit 𝑓(𝑥) = 𝑥 2 −𝑥+1
:

𝑥−2 1 2𝑥 − 1 3 1
𝑓(𝑥) = = −
𝑥2 2 2
−𝑥+1 2𝑥 −𝑥+1 2𝑥 −𝑥+1
et : √
1 1 2 2/ 3
= =√ ( )2 .
𝑥 2 − 𝑥 + 1 (𝑥 − 12 )2 + 3
4 3 2𝑥−1
√ +1 3
1 2

On en déduit qu’une primitive de 𝑓 sur ℝ est F ∶ 𝑥 ↦ 2 ln(𝑥 − 𝑥 + 1) − 3 arctan( 2𝑥−1
√ ).
3

IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 2.1
1/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ et 𝑔 ∶ J → ℝ sont monotones et si 𝑓(I) ⊂ J, alors on vérifie que 𝑔 ∘ 𝑓 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 ont le même sens de variation ;
– décroissante dans le cas contraire.
2/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ et I ∶ J → ℝ sont monotones, alors on vérifie que 𝑓 + 𝑔 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 sont croissantes ;
– décroissante si 𝑓 et 𝑔 sont décroissantes.
On ne peut rien dire en général sinon.
3/ Si 𝑓 ∶ I → ℝ+ et I ∶ J → ℝ+ sont monotones et positives, alors on vérifie que 𝑓 + 𝑔 est :
– croissante si 𝑓 et 𝑔 sont croissantes ;

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Solution des exercices Chapitre 2 : Généralités sur les fonctions
– décroissante si 𝑓 et 𝑔 sont décroissantes.
On ne peut rien dire en général sinon.

𝑓(𝑥)+𝑔 (𝑥)+|𝑓(𝑥)−𝑔 (𝑥)| 𝑓(𝑥)+𝑔 (𝑥)−𝑓(𝑥)+𝑔 (𝑥)


Solution 2.2 Simple vérification. Soit 𝑥 ∈ I, supposons 𝑓(𝑥) ⩽ 𝑔 (𝑥), alors 2 = 2 = 𝑔 (𝑥)
et c’est bien le maximum entre 𝑓(𝑥) et 𝑔 (𝑥). L’autre cas se traite de la même façon en échangeant les rôles de 𝑓 et de 𝑔,
𝑓+𝑔 +|𝑓−𝑔 |
d’où max(𝑓, 𝑔 ) = 2 .
L’autre égalité se traite sur le même principe, ou bien en remarquant que pour tous réels 𝑎 et 𝑏, min(𝑎, 𝑏) =
− max(−𝑎, −𝑏).

Solution 2.3 La fonction 𝑓 est paire et définie sur ℝ∗ . Sur ]0 ; +∞[ on a 𝑓(𝑥) = 𝑥| ln(𝑥)| donc 𝑔 est continue sur
]0 ; +∞[ (en appliquant les théorèmes généraux) ; 𝑓 étant paire, elle continue sur ℝ∗ . On a lim 𝑓(𝑥) = 0, il y a donc un
𝑥→0
prolongement par continuité en 0 en posant 𝑓(0) = 0, ainsi prolongée, 𝑓 est continue sur ℝ.

Solution 2.4
[ ]
d 1 −2𝑥
1/ d𝑥 1+𝑥 2 = (1+𝑥 2 )2 , sur ℝ.
[ √1 ] √1
d
2/ d𝑥 𝑒 𝑥 = − 2𝑥1√𝑥 𝑒 𝑥 , sur ℝ∗+ .
[ 𝑥 ] 𝑥 𝑥 𝑥
d
3/ d𝑥 cos3 ( 𝑒𝑥 ) = − 𝑒 (𝑥−1)𝑥2 sin( 𝑒𝑥 ) cos2 ( 𝑒𝑥 ), sur ℝ∗+ .
[ √ ]
d
4/ d𝑥 ln(𝑥 + 1 + 𝑥 2 ) = √ 1 2 , sur ℝ.
1+𝑥

Solution 2.5
1/ Une primitive sur ]− π2 ; π2 [ est F(𝑥) = − ln(| cos(𝑥)|).
2/ Une primitive sur ]− π2 ; π2 [ est F(𝑥) = tan(𝑥) − 1.
3
3/ Une primitive sur ℝ est F(𝑥) = 13 (1 + 𝑥 2 ) 2 .
4/ Une primitive sur ]0 ; +∞[ est F(𝑥) = 12 ln2 (𝑥).
5/ Une primitive sur ]0 ; 1[ est F(𝑥) = ln(− ln(𝑥)).
|| 1 𝑛 || | 𝑛 | | 𝑛 |
Solution 2.6 |∫ 1+𝑡 𝑡
2 d𝑡| ⩽
∫1 | 𝑡 2 | d𝑡 (majoration en valeur absolue), or | 𝑡 2 | = |𝑡|𝑛
⩽ |𝑡|𝑛 car 1
⩽ 1, d’où
1+𝑡 1+𝑡 1+𝑡 2 1+𝑡 2
|| 1 𝑛 | −1 −1
∫ 𝑡 2 d𝑡| ⩽ ∫1 |𝑡|𝑛 d𝑡 = ∫1 𝑡 𝑛 d𝑡 + ∫0 (−1)𝑛 𝑡 𝑛 d𝑡 = 2 .
| −1 1+𝑡 | −1 0 −1 𝑛+1

Solution 2.7
1/ Soit 𝑓(𝑥) = 𝑥 2 𝑒 𝑥 , 𝑓 est continue sur ℝ, elle admet donc des primitives sur ℝ, la primitive qui s’annule en 0 (par
𝑥
exemple) est F définie par F(𝑥) = ∫ 𝑡 2 𝑒 𝑡 d𝑡. On fait une IPP en posant 𝑢′ = 𝑒 𝑡 et 𝑣 = 𝑡 2 , d’où 𝑢 = 𝑒 𝑡 et 𝑣 ′ = 2𝑡 (𝑢
0
𝑥 𝑥
et 𝑣 sont bien dérivables à dérivée continue), on a F(𝑥) = [𝑢𝑣]𝑥0 − ∫ 𝑢𝑣 ′ = 𝑥 2 𝑒 𝑥 − 2 ∫ 𝑡𝑒 𝑡 d𝑡. Pour la deuxième
0 0
intégrale on refait une IPP en posant 𝑢′ = 𝑒 𝑡 et 𝑣 = 𝑡, d’où 𝑢 = 𝑒 𝑡 et 𝑣 ′ = 1 (𝑢 et 𝑣 sont bien dérivables à dérivée
𝑥 𝑥 𝑥
continue), on a ∫ 𝑡𝑒 𝑡 d𝑡 = [𝑢𝑣]𝑥0 − ∫ 𝑢𝑣 ′ = 𝑥𝑒 𝑥 − ∫ 𝑒 𝑡 d𝑡 = 𝑥𝑒 𝑥 − 𝑒 𝑥 + 1, d’où F(𝑥) = (𝑥 2 − 2𝑥 + 2)𝑒 𝑥 − 2.
0 0 0
2/ La fonction est continue sur ℝ, elle admet donc des primitives. La primitive qui s’annule en 0 (par exemple) est F
𝑥 𝑥
définie par F(𝑥) = ∫ cos5 (𝑡) d𝑡 = ∫ cos4 (𝑡) cos(𝑡) d𝑡. On pose 𝑢 = sin(𝑡) (continue dérivable, à dérivée continue
0 0
sur ℝ), d’où d𝑢 = cos(𝑡) d𝑡 et donc :
sin(𝑥) sin(𝑥) 4 [ ]sin(𝑥) sin5(𝑥) 2 sin3(𝑥)
F(𝑥) = ∫ (1 − 𝑢2 )2 d𝑢 = ∫ (𝑢 − 2𝑢2 + 1) d𝑢 1 𝑢5 − 2 𝑢3 + 𝑢
5 3 = − 5 + sin(𝑥). 3
sin(0) 0 0

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