Introduction générale
L’eau est altérée par l’activité humaine qu’elle soit domestique, industrielle,
artisanale ou agricole. En effet, après usage, l’eau est dite « polluée » et se doit
d’être traitée avant de rejoindre le milieu naturel. Sans cela, elle pourrait causer
de graves dommages car la capacité naturelle d’épuration des cours d’eau a
pour effet de consommer l’oxygène de la rivière. Ce qui n’est pas sans
conséquences sur la flore et la faune aquatiques. Lorsque l’importance du rejet
excède la capacité d’autoépuration de la rivière, la détérioration de
l’environnement peut être durable et les zones privées d’oxygène par la
pollution entraînent la mort de la faune et de la flore ou créent des barrières
infranchissables empêchant notamment la migration des poissons. La présence
excessive de phosphates favorise le phénomène d’eutrophisation, soit la
prolifération d’algues nuisible à la faune aquatique, pouvant rendre la baignade
dangereuse et perturber la production d’eau potable
Chapitre I : généralités sur les eaux usée La pollution de l’eau
s’entend comme, une modification défavorable ou nocive des propriétés
physico-chimique et bibliographiques, produite directement ou indirectement
par les activités humaines, les rendant impropre à l’utilisation normale établit
I-2 Définition d’une eau usée
Les eaux usées, aussi appelées « effluents liquides » sont des « eaux polluées
», constituées de toutes les eaux de nature à contaminer, par des polluants
physiques, chimiques ou biologiques, les milieux dans lesquels elles sont
déversées. Ces eaux sont généralement formées du sous-produit d'une
utilisation humaine (usage domestique, industriel, artisanal, agricole ou autre),
d'où l’usage de l'expression « eaux usées ». Elles ont au passage été altérées et
sont considérées comme polluées et devant être traitées avant rejet dans le
milieu naturel.
I-3 Origine des eaux usées :
Les eaux qui transportent des substances solides, liquides ou gazeuses
provenant d'un procédé, d'un établissement ou d'un bâtiment, mélangées ou
non à des eaux souterraines, à des eaux de refroidissement, à des eaux pluviales
ou à des eaux de surface.
Les eaux usées proviennent de trois sources principales :
Les eaux usées domestiques
Les eaux usées industrielle,
Les eaux pluviales
I-3-1. Les eaux usées domestiques :
Elles proviennent des différents usages domestiques de l'eau. Elles sont
essentiellement porteuses de pollution organique. Elles se répartissent en :
Eaux ménagères qui ont pour origine les salles de bains et les cuisines, et sont
généralement chargées de détergents, de graisses, de solvants, de débris
organiques, … etc.
Les eaux de vannes sont les rejets des toilettes, chargés de diverses matières
organiques, azotées et de germes fécaux.
Figure 1:l’eau domestique
I-3-2 Les eaux usées industrielles :
Tous les rejets résultant d'une utilisation de l'eau autre que domestique sont
qualifiés de rejets industriels. Cette définition concerne les rejets des usines,
mais aussi les rejets d'activités artisanales ou commerciales. Ces eaux ont une
grande variété et peuvent être toxiques pour les l'homme et les animaux.
Les eaux résiduaires sont celles qui ont été utilisées dans des circuits de
réfrigération, qui ont servi à nettoyer ou laver des appareils, des machines, des
installations, des matières premières ou des produits d'une usine, elles peuvent
contenir des substances chimiques utilisées au cours des processus de
fabrication.
Dans la plupart des cas, il est nécessaire de produire des analyses d’eau
industrielle réalisées par un laboratoire agréé. Toutefois il vaut mieux discuter
au préalable avec in BW de la liste des paramètres à analyser et de la campagne
d’échantillonnage à mener. Dans certains cas, plutôt rares, in BW peut solliciter,
avant d’accepter de nouveaux rejets vers ses stations d’épuration, que les
effluents soient soumis à des essais de « traitabilité ».
Figure 2:l’eau usée industrielle
I-3-4 Les eaux usées pluviales :
Elles peuvent, elles aussi, provoquer de pollutions importantes des cours d'eau
notamment pendant les périodes orageuses. L'eau de pluie se charge
d'impuretés au contact de l'air (fumées industrielles), puis, en ruisselant, des
résidus déposés sur les toits et les chaussées des villes (huiles de vidange,
carburants, résidus de pneus, métaux lourds, etc.). En outre, lorsque le système
d'assainissement est dit unitaire, les eaux pluviales sont mêlées aux 5 eaux
usées domestiques. Enfin, dans les zones urbaines, les surfaces construites
rendent les sols imperméables et ajoutent le risque d'inondation à celui de la
pollution.
II. Composition et paramètres des eaux usées :
II.1 : composition des eaux usées
Les eaux usées sont généralement constituées de 99,9% d’eau et de 0,1% de matières
diverse. En effet fraîchement déversées, ces eaux contiennent des matières en suspension,
flottantes, décan tables ou colloïdales et des matières dissoutes de nature minérale ou
organique Inerte ou biodégradables. (Figure 4)
Figure 4 : les étapes de la décantation
protéine
Organique
lipides
70%
eau 99.9 %
Carboxy
eau usee
hydrate
solide 0.1 %
Détritus
Inorganique Matiére
30% minérale
Sels
II.2 Paramètres physico-chimique des eaux usées :
Dans toutes les usines de traitement des eaux usées les personnes effectuent
des analysés sur les paramètres physico-chimiques caractérisent la qualité des
eaux et peut déterminer le degré de la Pollution de l’eaux, il y a plusieurs
paramètre s.
[Link] conductivité
La conductivité mesure la capacité de l’eau à conduire le courant
électriques entre deux électrodes. La plupart des matières dissoutes dans se
trouvent sous forme d’ions chargés électriquement. La mesure de la conductivité
permet donc d’apprécier la quantité de sels dissous dans l’eau, La conductivité
est également fonction de l’eau, elle est plus importante lorsque la température
est élevée. Les résultats doivent donc être présent pour une conductivité
équivalemment à 20 ou 25 ℃ Les appareils de mesure utilisés sur le terrain font
généralement la conductivité et la salinité de l’eau ont été mesurées à l’aide d’un
conductimètre.
II.2.2. La température
La température de l’eau joue un rôle important par exemple en ce qui concerne
la solubilité des sels et des gaz, entre autres l’oxygène nécessaire à l’équilibre de
la vie aquatiques. Par ailleurs, La température accroît les vitesses des réactions
chimiques et biochimiques d’un facteur 2 à 3 pour une augmentation de
température de 10 ° C. L’activité métabolique des organismes aquatiques est donc
également accélérée lorsque la température de l’eau s’accroît.
La valeur de ce paramètre est influencée par la température ambiant mais
également par d’éventuels rejets d’eaux résiduaires chaudes. Des changement
brusques de température de plus de 3 ℃ s'aèrent souvient néfastes.
II.2.3. PH
Ce paramètre donne le degré d’acidité ou d’alcalinité d’une eau. L’eau des
cours d’eaux avoisine en général la neutralité représentée par un pH de 7. Le pH
doit être compris entre 6 et 9 pour permettre la vie aquatique. Dans chaque milieu
naturel les eaux ont une valeur de pH propre en fonction du sous-sol de leur
bassin versant : > 7 en régions calcaires où les eaux sont fortement minéralisées.
Une mesure de pH, différente de la valeur habituelle du cours d’eau, peut-être
l’indice d’une arrivée de pollution. Le pH (potentiel hydrogène), est le reflet de
la concentration d’une eau en ions H+ : pH = - log [H+]. Sa valeur, le plus
souvent mesurée à l’aide d’un pH-mètre ou de "papier pH", indique si l’eau est
acide (de 1 à 7 à 14). On dit aussi alcaline. Le pH varie légèrement selon la
température, l’analyse doit donc s’effectuer à 20° C. Pour faire 15 | P a g e
monter le pH d’une eau on lui ajoute des produits alcalins, pour le faire baisser
des produits acides .
II.2.4. L’oxygène dissous
La présence d’oxygène dans l’eau est indispensable à la respiration des êtres
vivants aérobies. En dessous d’un certain seuil de concentration en oxygène c’est
l’asphyxie des poissons par exemple. L’oxygène de l’eau permet également le
processus d’oxydation des matières organiques, mais cette décomposition
appauvrit le milieu aquatique en oxygène. L’oxygénation de l’eau provient
d’abord du contact de sa surface avec l’atmosphère. Elle est la fraîcheur de l’eau.
Car plus l’eau s’échauffe, moins l’oxygène y est soluble
À 10°C : 10,9 mg/l
À 15°C : 9,7mg/l
À 20°C : 8,8mg/l.
À 25°C : 8,1 mg/l.
À 5°C, maximum d’oxygène dissous : 12,3mg/l.
II.2. 5 Matière en suspension (MES)
Les matières en suspension comprennent toutes les matières minérales ou
organiques qui ne se solubilisent pas dans l’eau. Elles incluent les argiles, les
sables, les limons, les matières organique et minérales de faible dimension, le
plancton et autres micro-organismes de l’eau.
La quantité de matière en suspension varie notamment selon les saisons et le
régime d’écoulement des eaux. Ces matières affectent la transparence de l’eau et
diminuent la pénétration de la lumière et par suite, la photosynthèse. Elles
peuvent également gêner la respiration des poissons. Par ailleurs, les matières en
suspension peuvent accumuler des quantités élevées des matières toxiques
(métaux, pesticides, huiles minérales, hydrocarbures aromatiques
polycycliques…). Les matières en suspensions sont exprimées en mg/l.
II.2.6 La matière organique
Les matières organiques sont présentes de manière naturelle dans les cours
d'eau et proviennent de la mort des organismes vivants animaux et végétaux des
cours d'eau et de ses abords. Elles sont aussi issues des rejets liés aux activités
humaines. Elles peuvent être source de pollution pour l'eau au-delà d'un certain
seuil [4].
II.2.7. Les matières azotées
Les formes de l'azote dans les eaux usées sont l'azote total, les nitrates (NO 3 - )
et les nitrites (NO 2 - ). En plus de la toxicité de la forme ammoniacale et nitrique,
l'azote intervient dans le phénomène de l'eutrophisation. Donc, sa caractérisation
et sa quantification sont primordiales pour les rejets liquides dans le milieu
naturel.
II.2.8. L’azote ammoniacal :
L’ammoniaque constitue un des maillons du cycle de l’azote. Dans son état
primitif, l’ammoniac (NH3) est un gaz soluble dans l’eau, mais, suivant les
conditions de pH, il se transforme soit en un composé non combiné, soit sous
forme ionisée (NH4 +). Les réactions réversibles avec l’eau sont fonction
également de la température et sont les suivantes : NH3 +H2O → NH4OH →
NH4 + + OH- (Resjeck, 2002)
II.2.9. Les matières phosphatées
C'est la quantité de phosphore total dans l'eau sous diverses formes
phosphatées, organophosphorées et ortho phosphates. Le phosphore est aussi
responsable de l'eutrophisation du milieu aquatique, d'où l'obligation de sa
détermination.
II.2.10. Les demandes biologique et chimique en oxygène (DBO5 et
DCO).
La DBO5 et la DCO sont deux moyens d’apprécier la teneur en matières
organiques oxydables. La dégradation de celles-ci dans le milieu naturel
s’accompagne d’une consommation d’oxygène et peut entraîner un abaissement
excessif de la concentration d’oxygène dissous.
La demande biochimique en oxygène DBO5 exprime la quantité d'oxygène
nécessaire à la destruction ou à la dégradation des matières organiques par les
microorganismes du milieu. Elle représente la demande biochimique en oxygène
pendant 5 jours.
La demande chimique en oxygène (DCO) est la quantité d'oxygène nécessaire
pour oxyder la matière organique d'une eau à l'aide d'un oxydant fort (bichromate
de potassium).
II.2.11. Matières oxydables (MO) :
Etant donnée la nature très variée de la matière organique dans les eaux usées,
celle-ci n’est pas identifiée mais quantifiées globalement comme on a vu par la
mesure de la DBO 5 et la DCO. Parfois, une autre unité de mesure est employée ;
c’est la matière oxydable (MO). Cette dernière est exprimée par la relation
empirique suivante lié la DBO 5 et la DCO et la matière organique de l’échantillon
d’eau :
MO= (2 DBO 5 + DCO) / 3
II. Les paramètres microbiologiques :
Les eaux usées contiennent des micro-organismes (champignons, helminthes,
protozoaires, bactéries, virus, etc.) dont certains sont pathogènes. La présence de
coliformes et des Streptocoques témoigne d’une contamination fécale de ces eaux
qu’il est impératif d’épurer pour préserver le milieu naturel.
II.1. Les métaux lourds :
Les métaux lourds se trouvent dans les eaux usées urbaines à l’état de trace.
Ils englobent l’ensemble des métaux lourds dont certains sont essentiels pour
l’organisme vivant telle que le cuivre, le zinc, le chrome… en petite quantité
alors que d’autres ont souvent un effet toxique, même à l’état de traces comme le
plomb, le mercure, l’arsenic et le cadmium … Leur présence, est nuisible pour
l’activité des micro-organismes, donc perturbe le processus d’épuration
biologique.
II.2. Les nitrites :
L’azote nitreux (NO 2 - ) provient d’une oxydation incomplète de l’azote
ammoniacal ou par une réduction des nitrates par dénitrification. Les nitrites sont
instables et se transforment rapidement en nitrates. Les nitrites sont toxiques
pour l’organisme humain, sa présence en quantité importante dégrade la qualité
de l’eau, ils sont dosés suivant la méthode colorimétrique.
II.3. Les nitrate :
Les nitrates se trouvant naturellement dans les eaux provenant en grande partie
de l’action de l’écoulement des eaux sur le sol constituant le bassin versant dont
sa nature joue un rôle essentiel dans leur présence et l’activité humaine accélère
le processus d’enrichissement des eaux en nitrates. Leurs concentrations
naturelles ne dépassent pas 3 mg /l dans les eaux superficielles et quelques mg/L
dans les eaux souterraines. Ces dernières années la teneur en nitrates est en
augmentation, de l’ordre de 0,5 à1 mg/l/, dans certaines régions égale à 2
mg/l/an. Cette augmentation a plusieurs origines :
Agricole : agriculture intensive avec utilisation massive d’engrais azoté ainsi que
rejets d’effluents d’élevage. Cette source représente les 2/3 de l’apport en
nitrates dans le milieu naturel.
Les paramètres organoleptiques :
La Turbidité : C’est la réduction de la transparence d’un liquide due à la présence
de matières non dissoutes. Elle est causée, dans les eaux, par la présence de
matières en suspension (MES) fines (argiles, limons, microorganismes.) Une
faible part de la turbidité peut être due également à la présence de matières
colloïdales d’origine organique ou minérale. Elle est mesure à l’aide d’un
turbidimètre(Bontoux1993)
La couleur de l’eau : d’égout d’origine domestique est normalement grisâtre ou
de couleur noire indiquant une décomposition partielle. Les autres teintes
indiquent un apport d’eau résiduaire industrielle.
L’odeur L’eau : d’égout fraiche a une odeur fade qui n’est pas désagréable, par
contre en état de fermentations, elle dégage une odeur nauséabonde [13].
Chapitre II : Les procédés de traitements des eaux usées
Le traitement des eaux usées a pour objectif de diminuer suffisamment la
quantité des substances polluantes contenues dans les eaux pour que l’eau
finalement rejetée dans le milieu naturel ne dégrade pas ce dernier. Le traitement
des eaux usées obéit donc à une logique de préservation des ressources en eau et
de protection de l’environnement.
La dépollution des eaux usées nécessite une succession d’étapes faisant appel à
des traitements physiques, physico-chimiques et biologiques. En dehors des plus
gros déchets présents dans les eaux usées, l’épuration doit permettre, au
minimum, d’éliminer la majeure partie de la pollution carbonée.
Il existe un grand nombre de procédés de traitement des eaux usées dont
l’application dépend à la fois des caractéristiques des eaux usées à traiter et du
degré d’épuration désiré. Le traitement le plus approprié est celui qui produira un
effluent respectant les normes de qualité à la fois microbiologique et chimique
avec un coût minimal tout en réduisant les exigences de fonctionnement et
d’entretien au minimum. Une filière complète de traitement des eaux usées
comprend un ou plusieurs prétraitements, un traitement primaire, un traitement
secondaire un (ou plusieurs) et un traitement tertiaire s’il y a nécessité. Le
schéma général des procédés d’épuration comportera le plus souvent :
Un prétraitement.
Un traitement primaire.
Traitements secondaire et tertiaire.
[Link] d’épuration
Le rôle d’une station d’épuration (STEP) est :de retirer au maximum les
déchets, les huiles et les matières sableuses qui chargent les eaux usées, ainsi que
de dégrader les souillures d'origine naturelle et synthétique. Mais une STEP ne
peut pas débarrasser l'eau de toutes les substances qui peuvent la polluer. La
plupart des stations d'épuration fonctionnent selon les mêmes processus de base,
mais des différences plus ou moins importantes peuvent exister dans la manière
de mettre en place ces processus.
[Link]érentes STEP du Maroc
Malgré que la construction des stations de traitement des eaux usées ait débuté
au Maroc depuis les années cinquante, le nombre de stations d’épuration qui sont
en fonction reste faible. En effet, l'épuration des eaux usées, reste la composante
qui connaît le plus de retard. Bien d’autres stations ont été lancées après 2003
d’après le plan national d’assainissement et dont le nombre n’est pas identifié, le
nombre de STEP reste en deçà des besoins réels [16]. L’analyse de la situation
révèle que les problèmes rencontrés par les stations d’épuration peuvent être de
deux natures :
D’ordre technique, de par l'inadaptation de la filière de traitement aux moyens
et aux besoins locaux ou encore par le défaut de conception des ouvrages.
D’ordre institutionnel du fait que l'institution chargée de gérer l'assainissement
se trouve confronter à, l'absence de budget, un manque d'information des élus
locaux et à l'absence de planification à court et à long terme. Actuellement,
plusieurs types de systèmes de traitement des eaux usées existent au Maroc
(lagunage, boues activées, percolation filtration…etc)..
[16] Fouad Dimane, Khadija Haboubi, Issam Hanafi, Abdelouahad El Himri,
European Scientific Journal June 2016 edition vol.12
Figure5 : Station d’épuration de Kenitra
I.2. Prétraitements
Quel que soit le procédé de traitement retenu, classique (station compacte) ou
extensif (lagunage, traitement par le sol, …), les opérations de prétraitement sont
indispensables.
Les prétraitements ont pour but d’éliminer la fraction grossière des particules
entraînées et de retirer de l’effluent les matières susceptibles de gêner les
traitements ultérieurs.
II. Le prétraitement des eaux résiduaires est composé de :
➢Dégrillage
➢ Dessablage / déshuilage
➢Décantation primaire (selon les origines des eaux résiduaires)
II.1.Dégrillage :
Le dégrillage et le tamisage permettent de retirer de l'eau les déchets
insolubles tels que les branches, les plastiques, serviettes hygiéniques, etc. En
effet, ces déchets ne pouvant pas être éliminés par un traitement biologique ou
physico-chimique, il faut donc les éliminer mécaniquement. Pour ce faire, l'eau
usée passe à travers une ou plusieurs grilles dont les mailles sont de plus en plus
serrées.
Celles-ci sont en général équipées de systèmes automatiques de nettoyage pour
éviter leur colmatage, et aussi pour éviter le dysfonctionnement de la pompe
(dans les cas où il y aurait un système de pompage).
Figure 6 : Dégrillage
Un dégrillage grossier
L’eau brute passe à travers une première grille qui permet l'élimination des
matières de diamètre supérieur à 50mm.
Un dégrillage fin
Après le relevage il passe par deux grilles à câble composées de barreaux
placés verticalement ou inclinés de 60 à 80° sur l'horizontale. L'espacement des
barreaux est de 20mm, la vitesse moyenne de passage entre les barreaux est
comprise entre 0,6 et 1 m/s.
II.2.Dégraissage :
Les opérations de dégraissage et de déshuilage consistent à séparer des produits
de densité légèrement inférieure à l'eau, par effet de flottation, naturelle ou
assistée Figure 8. Cette technique est basée sur l'injection de fines bulles d'air
dans le bassin de déshuilage, permettant de faire remonter rapidement les graisses
en surface [29)
II.3. Le dessablage :
Le dessablage a pour but d’extraire, les graviers, les sables et autre matières
minérales dense de façon à éviter les dépôts dans les conduites et canaux et à
protéger les pompes conte l’abrasion.
III. Le traitement primaire des eaux usées
Les traitements primaires sont des traitements physico-chimiques des eaux
usées ou résiduaires ont pour objectif la séparation des particules solides, des
huiles des acides gras... Le traitement physico-chimique de l'eau est souvent une
étape intermédiaire, suivie la plupart du temps par un traitement biologique.
III 1.Décantation :
La décantation est une technique de séparation des matières en suspension et
des colloïdes rassemblés en flocs, après l'étape de coagulation floculation. Cette
technique est très répandue dans les usines d'épuration et de traitement des eaux.
Lors de la décantation, les particules, dont la densité est supérieure à l'eau, vont
s'accumuler au fond du décanteur sous l'effet de la pesanteur. la décantation est
accélérée grâce au passage sur les lamelles et tombent en fond d’ouvrage Les
particules seront éliminées du fond du bassin périodiquement par raclage, ou par
des vannes à manchons L'eau clarifiée se situant à la surface du décanteur est
ensuite redirigé vers un filtre ou la filière d’épuration biologique. Master
Specialisé SEMU_2ER, Eaux Usées : Procédés d’Epuration Année 2019/2020
III. 2- Flottation
Contrairement à la clarification (coagulation et floculation) la flottation est un
processus de séparation liquide-liquide ou solide-liquide que l'on applique à des
particules dont la densité est inférieure à celle du liquide dans lequel elles sont
contenues. Trois types de flottation : flottation naturelle, aidée et induite
Flottation naturelle : Applicable si la différence de densité est naturellement
suffisante pour la séparation.
Flottation aidée : On utilise ce terme lorsque des moyens extérieurs sont utilisés
pour faciliter la séparation de particules qui flottent naturellement.
Flottation induite : Lors d'une flottation induite on diminue artificiellement la
densité des particules pour leur permettre de flotter. Cette opération est basée sur
la capacité qu'ont certains liquides ou solides à se lier avec des bulles de gaz
pour former des particules gazeuses ayant une densité inférieure au liquide.
La décantation associée à l’utilisation d’un coagulant-floculant
Ce processus physico-chimique aide à favoriser l’agglomération de MES et des
Colloïdes par ajout d’un coagulant et d’un floculant, de façon à augmenter la
sédimentation
Par l’obtention de flocs plus gros.
A la fin du traitement primaire, une quantité de charge polluante est éliminée
dont la
Composition est la suivante :
90 % de MES,
35 % de DBO5,
70 % de DCO.
Les boues issues de ce traitement sont "les boues primaires". Ce sont des boues,
non
Stabilisées donc fermentescibles [10].
[10] DERRAG, Y. (2019). Conception & Réalisation d’un Banc de Traitement des
Eaux Usées (BTEU).
VI. Le traitement secondaire
Le traitement secondaire se fait en générale par voie biologique, il permet
d'éliminer des composés solubles d'origine organique. Ce traitement utilise une
grande variété de microorganisme notamment les bactéries pour convertir la
matière organique biodégradable en produit simple et en biomasse [5]. [5] Y.
Libes, (2010) : «Les Eaux Usées Et Leur Epuration».
VI.1 La clarification (décantation secondaire)
A l'issue des traitements, une ultime décantation permet de séparer l'eau épurée
et les boues ou résidus secondaires issus de la dégradation des matières
organiques. Cette décantation est opérée dans des bassins spéciaux, les
[clarificateurs]. L’eau épurée peut alors être rejetée dans le milieu naturel.
Les boues récupérées en fond d'ouvrage sont pour partie renvoyées vers le bassin
d'aération pour maintenir la concentration voulue en micro-organismes -
épuratoire pour partie extraites et envoyées sur la ligne de traitement des boues
(lits de séchage, silos).
Figure 3: clarificateur. (STEP boues activées, Salamandre,
Mostaganem)
Procédé à boues activées
Pour dégrader les matières biodégradables présentes dans les eaux usées, les
stations d’épuration à boues activées utilisent les bactéries contenues dans les
eaux usées. Celles-ci une fois concentrées et aérées possèdent la propriété de se
regrouper en flocons (boues activées) qui dégradent facilement les composés
carbonés. Lorsqu'ils décantent, il est alors possible de les séparer de l’eau
épurée. L'épuration par boues activées consiste à mettre en contact les eaux
usées avec un mélange riche en bactéries par brassage pour dégrader la matière
organique en suspension ou dissoute. Il y a une aération importante pour
permettre l'activité des bactéries et la dégradation de ces matières, suivie d'une
décantation à partir de laquelle on renvoie les boues riches en bactéries vers le
bassin d'aération. La boue activée est composée essentiellement de micro-
organismes hétérotrophes (se nourrissent de constituants organiques
préexistants) qui ont dégradé les matières organiques, et des produits de
dégradation, dont les matières azotées, dégradées en nitrates. L'introduction
d'oxygène par aération est donc indispensable à leur action. Les micro-
organismes sont maintenus en mélange intime avec Page 20 l’eau à traiter et
ainsi, entrent constamment en contact avec les polluants organiques des eaux
résiduaires.
Figure 7: des boues activées
V Traitement tertiaire
Appelées aussi les traitements complémentaires qui visent l’élimination de
la pollution azotée et phosphatée ainsi que la pollution biologique des eaux
usées domestiques, ayant déjà subi au préalable des traitements primaires et
secondaires qui s’avèrent insuffisants pour arriver bout de ces polluants.
Pour cela les traitements tertiaires s’imposent et deviennent plus que
nécessaires, afin de garantir une meilleure protection des milieux naturels
récepteurs [37, 38]. Leur utilisation s’impose lorsque la nature des milieux
récepteurs recevant l’eau dépolluée l’exige. On y distingue généralement les
opérations suivantes :
La nitrification-dénitrification et dé phosphatation biologique ou mixte
(biologique et physicochimique).
La désinfection bactériologique et virologique .
[37] Cardot.G, 2005 Génie de l'environnement; Les traitements de l'eau procédés physicochimiques
et biologiques cours et problèmes résolus, Edition Ellipse, février 2005. 27 [38] Hernàndez De Leon
H.R; 2006: Supervision et diagnostic des procédés de production d'eau potable, Mémoire pour
l'obtention de diplôme de Docteur de l'Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse
Traitement Baro-membranaire
Les techniques de filtration membranaire sont des procédés en plein
développement dans le traitement des eaux usées, car ils permettent d'élargir
l'éventail des possibilités de réutilisation de ces eaux.
Les membranes sont des médias filtrants possédant une barrière sélective, qui
selon le diamètre de ses pores retiendra des particules de tailles et de poids
moléculaires différents. Sous l’effet d’un gradient de pression et d’une vitesse
de circulation tangentielle variable de 0 à quelques mètres par seconde, seront
obtenus alors, un permet (fluide ayant traversé la membrane) et un retentât
(fluide contenant la ou les substances retenues par la membrane).
Selon le diamètre de leurs pores, et donc des particules retenues, on trouve
des membranes de microfiltration (MF), des membranes d'ultrafiltration (UF),
des membranes de nano-filtration (NF) et des membranes d'osmose inverse (OI).
La figure suivante montre la classification des procédés membranaires.
Cours destiné aux étudiants de Master 1 et Master 2 de
Génie des Procédés de l’environnement Traitements
Physico-Chimique et Biologique des eaux usées
BOUHENT MOHAMMED MUSTAPHA Maitre de
Conférences Classe « B (
14- GOMELLA C. ; GUERREE H., 1983 Les eaux usées dans les agglomérations urbaines ou rurales : le
traitement.- 2e édition.- Paris : EYROLLES.- 260 p.
(23)[ROYAUME DU MAROC, 2002 Traitement et réutilisation des eaux usées urbaines. Marrakech : CNRST.- 82 p
6- BOUHOUM K., 1987 Devenir des œufs d’helminthes au cours d’un traitement expérimental
d’épuration par bassin de stabilisation – MARRAKECH. Thèse 3ème cycle en Sciences de la vie :
Marrakech ; 159.
[10] livre «Traitement des pollutions industrielles : eau, air, déchets, sols, boues», KOLLER.
E, édition Dunod, 2004.
[11] mémoire de master, «évaluation de la pollution des eaux usées domestiques collectés et
traité à la station d’épuration de camberene (DAKAR)».faculté des sciences et techniques,
Yao AKPO, 2006.
[13] Techniques de l'ingénieur, « Déchets et risques pour la santé »,KECK G. et VERNUS.E,
paris, 2000.