Introduction aux espaces topologiques
Introduction aux espaces topologiques
Espaces topologiques
Définition 1.1.1. Soit X un ensemble non vide. On appelle topologie sur X toute partie
T de P(X) vérifiant les axiomes suivants
(O1 ) ∅ ∈ T , X ∈ T ;
n
T
(O2 ) pour tout (Ai )1≤i≤n ⊂ T , Ai ∈ T (stabilité par intersection finie) ;
i=1
S
(O3 ) pour tout (Ai )i∈I ⊂ T , Ai ∈ T (stabilité par union quelconque).
i∈I
Les éléments de T s’appellent les ouverts ou les parties ouvertes de X.
L’ensemble X, muni de la topologie T , est appelé espace topologique, on le note quelquefois
(X, T ).
Remarque 1.1.1. Dans l’axiome (O2 ), on peut remplacer l’intersection finie par l’intersection
de deux éléments, i.e.,
(O2 )0 pour tout A, B ∈ T , A ∩ B ∈ T .
Exemple 1.1.1.
1. Soit X un ensemble non vide. Alors Tg = {∅, X} est une topologie sur X appelée
la topologie grossière et Td = P(X) est une topologie sur X appelée la topologie
discrète.
7
1.1. Définitions et premières propriétés
2. Soit X = {x, y} un ensemble à deux éléments. Alors les topologies sur X sont T1 =
{∅, X}, T2 = {∅, {x}, X}, T3 = {∅, {y}, X}, T4 = {∅, {x}, {y}, X}.
Définition 1.1.2. Soit T1 et T2 deux topologies définies sur un ensemble X. On dit que T1
est plus faible ou moins fine que T2 si T1 ⊂ T2 . Cela définit une relation d’ordre sur les
topologies de X.
Exemple 1.1.2. Soit (X, T ) un espace topologique, alors la topologie grossière est moins
fine que T et T est moins fine que la topologie discrète.
∀x, y ∈ I, ∀z ∈ R, x ≤ z ≤ y ⇒ z ∈ I.
∀x ∈ R, ∀h > 0, ]x − h, x + h[⊂ R,
d’où R ∈ TR .
(O2 ) Soient A, B ∈ TR et soit x ∈ A ∩ B. Alors x ∈ A et x ∈ B, donc, il existe h1 > 0
et h2 > 0 tels que
]x − h1 , x + h1 [⊂ A et ]x − h2 , x + h2 [⊂ B.
Proposition 1.1.2. Tout intervalle ouvert de R est un ouvert par rapport à la topologie
usuelle.
Proposition 1.1.3. Tout ouvert de (R, TR ) est un intervalle ouvert ou bien union d’inter-
valles ouverts.
Exemple 1.1.3.
1. La famille
T = {∅, X, {a}, {c, d}, {a, c, d}, {b, c, d, e}}
2. Soit X un espace topologique discret. Alors tous les sous ensembles de X sont à la fois
ouverts et fermés.
Proposition 1.1.4. Soit (X, T ) un espace topologique. Alors la famille des ensembles fermés
possède les propriétés suivantes
(F1 ) ∅, X sont des fermés de X ;
T
(F2 ) pour toute (Bi )i∈I famille quelconque de fermés, Bi est un fermé ;
i∈I
n
S
(F3 ) pour toute (Bi )1≤i≤n famille finie de fermés, Bi est fermé.
i=1
9
1.1. Définitions et premières propriétés
Remarque 1.1.2. L’axiome (O2 ) et la propriété (F2 ) ne se généralisent pas à une famille
quelconque.
Donnons deux exemples dans (R, TR ).
T
• ] − n1 , n1 [= {0} n’est pas un ouvert.
n∈N∗
S
• [−1 + n1 , 1 − n1 ] =] − 1, 1[ n’est pas un fermé.
n∈N∗
V(x) = {V ⊂ X, ∃O ∈ T , x ∈ O ⊂ V }.
(V ∈ V(x)) ⇔ (∃O ∈ TR , x ∈ O ⊂ V ),
2. Soit l’espace topologique (X, T ) où X = {a, b, c} et T = {∅, X, {a}, {b}, {a, b}}. Alors,
et
V(c) = {X}.
Proposition 1.1.5. Soit (X, T ) un espace topologique. Les familles V(x) de parties de X,
x ∈ X, vérifient les propriétés suivantes, appelées axiomes des voisinages.
4. Pour tout x ∈ X et tout V ∈ V(x), il existe W ∈ V(x) tel que pour tout y ∈ W , on ait
V ∈ V(y).
Preuve.
Pour tout x ∈ X,
∀V ∈ V(x), ∃B ∈ Bx , B ⊂ V.
11
1.1. Définitions et premières propriétés
2. Dans (R, TR ), la famille des intervalles ouverts de R forme une base d’ouverts.
4. Dans un espace topologique discret X, pour tout x ∈ X, Bx = {{x}} est une base de
voisinages de x.
A A
• On appelle extérieur de A, noté extA, l’intérieur de CX , i.e., extA = intCX .
[ ◦
Oi ⊂ A. (1.2)
i∈I
12
1.1. Définitions et premières propriétés
◦ S ◦
De (1.1) et (1.2), on obtient que A = Oi . Donc A est un ouvert et c’est le plus grand des
i∈I
ouverts contenus dans A. ¤
Exemple 1.1.6. 1. Dans (R, TR ), l’intérieur d’un intervalle est l’intervalle ouvert de
◦
◦ ◦ ◦ ÷Q
mêmes bornes, Q = Z = N = CR = ∅.
2. Si X = {1, 2, 3, 4} et T = {∅, {1}, {2}, {1, 2}, X}, T définit une topologie sur X et on
◦ ◦
ø ý
a {1} = {1}, {2, 3, 4} = {2}.
Proposition 1.1.8. Soit A et B deux parties d’un espace topologique (X, T ). Alors, on a
◦
1. A est ouvert si et seulement si A = A ;
◦
◦ ◦
2. A = A ;
◦ ◦
3. si A ⊂ B alors on a A ⊂ B ;
◦
◦ ◦
û
4. A ∩B =A∩B;
◦
◦ ◦
5. A ∪ B ⊂ û
A ∪B
Preuve.
◦ ◦
1. Si A est un ouvert alors A = A. Réciproquement, si A = A, alors A est le voisinage de
chacun de ses points, et par la Proposition 1.1.6, A est un ouvert.
◦
◦ ◦ ◦
2. Comme A est un ouvert, A = A.
◦
3. Soit x ∈ A, alors il existe O ∈ T tel que x ∈ O ⊂ A, d’où on a x ∈ O ⊂ B, et par
◦ ◦ ◦
conséquent x ∈ B, donc on a A ⊂ B.
◦ ◦
◦ ◦
û
4. On a A ∩ B ⊂ A et A ∩ B ⊂ B, donc, par 4., A û
∩ B ⊂ A et A ∩ B ⊂ B, d’où
◦
◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦
û
A ∩ B ⊂ A ∩ B. Réciproquement, soit x ∈ A ∩ B, alors x ∈ A et x ∈ B. Donc, il existe
O, O0 ∈ T tels que x ∈ O ⊂ A et x ∈ O ⊂ B, d’où O ∩ O0 ∈ T et x ∈ O ∩ O0 ⊂ A ∩ B,
◦ ◦
◦ ◦
par conséquent, x ∈ û
A ∩ B. Donc on a A ∩ B ⊂ û
A ∩ B, d’où l’égalité.
◦ ◦
◦ ◦
5. On a A ⊂ A ∪ B et B ⊂ A ∪ B, donc, par 4., A ⊂ û
A ∪B et B ⊂ û
A ∪ B, d’où
◦
◦ ◦
û
A∪B ⊂A ∪ B.
• On dit qu’un point x ∈ A est un point isolé dans A s’il existe V ∈ V(x) tel que
V ∩ A = {x}.
Proposition 1.1.10. Soit A une partie d’un espace topologique (X, T ). Alors,
◦
◦
A A A ÷A
1. CX = CX et CX = CX ;
2. A est le plus petit fermé qui contient A, c’est l’intersection de tous les fermés contenant
A.
Preuve.
1. Soit x ∈ X. On a
◦ ◦
A
x ∈ CX ⇔ x 6∈ A
⇔ ∀O ∈ T , x ∈ O ⇒ O 6⊂ A
⇔ ∀V ∈ V(x), V 6⊂ A
A
⇔ ∀V ∈ V(x), V ∩ CX 6= ∅
A
⇔ x ∈ CX .
14
1.1. Définitions et premières propriétés
◦
A A
D’où CX = CX .
Soit x ∈ X. On a
A
x ∈ CX ⇔ x 6∈ A
⇔ ∃V ∈ V(x), V ∩ A = ∅
A
⇔ ∃V ∈ V(x), V ⊂ CX
A
⇔ ∃O ∈ T , x ∈ O ⊂ CX
◦
÷A
⇔ x ∈ CX .
◦
A ÷A
D’où CX = CX .
◦ ◦
÷A ÷A
2. De 1., on a A = CX (CX ). Comme CX est ouvert, A est fermé. D’autre part, puisque
◦
÷ A A A
C X = CX ⊂ CX , on aura A ⊂ A.
Montrons que A est le plus petit fermé qui contient A. Soit B un fermé quelconque
◦
B A B B ÷A A
qui contient A, alors CX ⊂ CX et puisque CX est ouvert on a CX ⊂ CX = CX , d’où
◦
÷A
S
A ⊂ B. Donc A est le plus petit fermé qui contient A. De plus, comme CX = Oi
i∈I
A
où (Oi )i∈I est la famille de tous les ouverts qui sont contenus dans CX , on obtient
T Oi Oi
A= CX , où (CX )i∈I est alors la famille de tous les fermés qui contiennent A.
i∈I
Exemple 1.1.7. 1. Dans (R, TR ), l’adhérence d’un intervalle (resp. d’une demi droite)
est l’intervalle fermé (resp. la demi droite fermée) de mêmes bornes, Q = CRQ = R.
Proposition 1.1.12. Soit A et B deux parties d’un espace topologique (X, T ). Alors,
2. A = A ;
3. Si A ⊂ B alors A ⊂ B ;
4. A ∪ B = A ∪ B ;
5. A ∩ B ⊂ A ∩ B.
Preuve.
1. On a ◦
◦
öA A
A ÷ A A CX =CX
(A fermé) ⇐⇒ (CX ouvert) ⇐⇒ CX = CX ⇐⇒ A=A
C A ∩C B û
C A ∩C B ö
C ö
A ∩C B C A ∩CX
B
A∪B = CXX X = CXX X = CXX X = CXX = A ∪ B.
donc ◦ ◦ ◦
û
C A ∪C B ö
C ö
A ∪C B
CXX X ⊂ CXX X
mais ◦ ◦ ◦
û
C A ∪C B A ∪C B ö
C ö
A ∪C B A B
CX X X
=C CX X =A∩B et CXX X = C CX ∪CX = A ∩ B.
Donc A ∩ B ⊂ A ∩ B.
16
1.1. Définitions et premières propriétés
F r([a, b]) = F r([a, b[) = F r(]a, b]) = F r(]a, b[) = {a, b}, ∀a, b ∈ R, a < b,
F r(R) = ∅, F r(Q) = R.
2.
◦
F r(A) ⊂ F r(A); F r(A) ⊂ F r(A); F r(A ∪ B) ⊂ F r(A) ∪ F r(B);
Preuve.
A A CAA
1. On a F r(CX ) = CX ∩ CXX = A ∩ CX = F r(A).
◦ ◦
A
Supposons que A = F r(A) = A ∩ CX . Puisque A ⊂ A, on a
◦ ◦ ◦ ◦ ◦
A A
A = (A ∩ CX ) ∪ A = (A ∪ A) ∩ (CX ∪ A) = A ∩ X = A.
◦ ◦
Donc A est fermé, alors F r(A) = A \ A = A, d’où A = ∅. Réciproquement, si A est
◦
fermé et A = ∅, alors A = A et donc F r(A) = A \ ∅ = A.
17
1.1. Définitions et premières propriétés
◦ ◦ ◦ ◦
2. On a A ⊂ A ⊂ A, d’où (A \ A) ⊂ (A \ A). Par conséquent, on a F r(A) ⊂ F r(A).
◦ ◦ ◦ ◦ ◦ ◦
On a A ⊂ A ⊂ A, d’où (A \ A) ⊂ (A \ A). Par conséquent, on a F r(A) ⊂ F r(A).
On a
A∪B
F (A ∪ B) = A ∪ B ∩ CX
A B
= (A ∪ B) ∩ CX ∩ CX )
A B
⊂ (A ∪ B) ∩ CX ∩ CX
A B A B
= (A ∩ CX ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX ∩ CX )
A B
⊂ (A ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX )
= F r(A) ∪ F r(B).
A B
3. Puisque A ∩ B = ∅, on a A ∪ B = A ∪ B = ∅, alors B ⊂ CX et A ⊂ CX , d’où
A B A B A B
A ∪ B ⊂ CX ∪ CX . Comme CX et CX sont ouverts, CX ∪ CX est ouvert. Donc on a
◦
û
A ∪B A
⊂ CX B
∪ CX .
D’où
◦ ◦ ◦
û
A û
∪B = A A
∪ B ∩ CX û
∪ A B
∪ B ∩ CX .
Or
◦
û
A A
∪ B ∩ CX A
⊂ (A ∪ B) ∩ CX
A A
= (A ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX )
= ∅ ∪ B = B.
et
◦
û
A ∪B B
∩ CX B
⊂ (A ∪ B) ∩ CX
B B
= (A ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX )
= A ∪ ∅ = A.
◦ ◦
Donc U = û
A ∪B ∩ A
CX (resp. V = û
A ∪B B
∩ CX ) est un ouvert de X contenu dans B
◦
◦ ◦ ◦ ◦
(resp. A), alors on a U ⊂ B et V ⊂ A, d’où û
A ∪B ⊂ A ∪ B. Par conséquent, on a
18
1.1. Définitions et premières propriétés
◦
◦ ◦
û
A ∪ B = A ∪ B, d’où
◦
û
F (A ∪ B) = A ∪ B \ A ∪B
◦ ◦
= (A ∪ B) \ (A ∪ B)
◦ ◦
A∪B
= (A ∪ B) ∩ CX
◦ ◦
A A
= (A ∪ B) ∩ (CX ∩ CX )
◦ ◦ ◦ ◦
A A A A
= (A ∩ CX ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX ∩ CX )
◦ ◦
A B
= (A ∩ CX ) ∪ (B ∩ CX )
= F r(A) ∪ F r(B).
◦
4. Si A est ouvert dans X, alors A = A, d’où F r(A) ∩ A = (A \ A) ∩ A = ∅. Inversement,
◦ ◦
supposons que F r(A) ∩ A = ∅. Comme on a A ⊂ A = A ∪ F r(A), alors A ⊂ A. Donc
A est ouvert dans X.
◦
5. On a F r(A) ⊂ A et A = A ∪ F r(A) ⊂ A ∪ F r(A). Si A est fermé dans X, alors A = A,
d’où F r(A) ⊂ A. Réciproquement, si F r(A) ⊂ A, alors A ⊂ A, donc A est fermé dans
X.
6. Ceci résulte de 3 et 4.
7. On a
◦ ◦
F r(A) ∩ A = (A \ A) ∩ A = ∅,
◦
A ÷ A A A
F r(A) ∩ ext(A) = (A ∩ CX )∩CX = A ∩ CX ∩ CX = ∅
et
◦
◦ ◦
÷ A
A ∩ ext(A) = A ∩ CX = ∅.
De plus
◦ ◦ ◦ ◦ ◦
A A A A A
A∪F r(A)∪ext(A) = A∪(A∩CX )∪CX = (A∪A∪CX )∩(A∪CX ∪CX ) = X ∩X = X.
◦
Donc {A, F r(A), ext(A)} forme une partition de X.
Définition 1.1.11. Une partie A d’un espace topologique X est dite dense dans X si A = X.
19
1.1. Définitions et premières propriétés
2. Soit X = {1, 2, 3, 4} et T = {∅, {2}, {1, 2}, X} une topologie sur X. Soit A = {1, 2},
alors A = X, donc A est dense dans X.
Définition 1.1.12. On dit qu’un espace topologique (X, T ) est séparable s’il admet une
partie dénombrable et dense.
Preuve.
(i) ⇒ (ii). Supposons A dense dans X, i.e. A = X. Alors pour tout x ∈ X et tout
voisinage V de x dans X, on a A ∩ V 6= ∅. Soit O un ouvert non vide de X. Comme O est
voisinage de chacun de ses points, on en déduit que A ∩ O 6= ∅.
L’implication (ii) ⇒ (iii) est triviale.
(iii) ⇒ (i). Supposons que pour tout B ∈ B tel que B 6= ∅, on a A ∩ B 6= ∅. Si A 6= X, alors
A A
CX est un ouvert non vide de X et on a CX ∩ A = ∅. Donc il existe B ∈ B tel que B 6= ∅,
A
B ⊂ CX et A ∩ B = ∅, ce qui contredit l’hypothèse, donc on a A = X. ¤
Exemple 1.1.11.
1. (R, TR ) est séparé.
2. Soit X = {a, b, c} muni de la topologie discrète, alors X est séparé.
Proposition 1.1.15. Un espace topologique X est séparé si et seulement si pour tout point
x ∈ X, l’intersection de tous les voisinages fermés de x se réduit à {x}.
Preuve.
T
⇒) Soit X une espace topologique séparé et soit x ∈ X, montrons que {x} = Vx .
Vx ∈V(x)
Vx fermé
T
On suppose le contraire, alors il existe y ∈ Vx et y 6= x, et comme X est séparé, il
Vx ∈V(x)
Vx fermé
O O
existe deux ouverts Ox ∈ V(x) et Oy ∈ V(y) tels que Ox ∩ Oy = ∅, donc Ox ⊂ CXy . CXy est
O O
un fermé qui contient un ouvert qui contient x, donc CXy ∈ V(x) et y 6∈ CXy , contradiction
T
avec la supposition. D’où {x} = Vx .
Vx ∈V(x)
Vx fermé
T
⇐) On suppose que {x} = Vx , pour tout x ∈ X, et on montre que X est séparé.
Vx ∈V(x)
Vx fermé
T
Soit x, y ∈ X tels que x 6= y. Alors y 6∈ Vx , c’est à dire, il existe un fermé Vx ∈ V(x),
Vx ∈V(x)
Vx fermé
Vx Vx
tel que y 6∈ Vx donc y ∈ CX , et comme CX est ouvert, c’est un voisinage de y. De plus,
Vx
comme Vx ∈ V(x), il existe un ouvert Ox tel que x ∈ Ox ∈ Vx , et en posant Oy = CX , on
ait Oy ∩ Ox = ∅. D’où le résultat. ¤
Corollaire 1.1. Soit (X, T ) un espace topologique séparé et soit x ∈ X. Le singleton {x}
est fermé.
Définition 1.1.15. Soit X un espace topologique séparé. X est dit espace normal si pour
tous ensembles fermés et disjoints A et B dans X, il existe deux ouverts disjoints OA et OB
dans X tels que A ⊂ OA et B ⊂ OB .
21
1.2. Exemples de topologies
TA = {V = O ∩ A, O ∈ T }.
Preuve.
1. Soit B un fermé dans (A, TA ), alors CAB ∈ TA donc il existe O ∈ T tel que CAB = O ∩ A,
d’où
O∩A
B = CAO∩A = A\(O ∩A) = A∩CX O
= A∩(CX A
∪CX O
) = (A∩CX A
)∪(A∩CX O
) = CX ∩A
O
et CX est fermé.
O
Inversement si F est un fermé dans X alors il existe O ∈ T tel que F = CX et
O
F ∩ A = CX ∩ A = CAO∩A fermé dans (A, TA ).
22
1.2. Exemples de topologies
O∩A⊂W W ⊂A
V ∩ A = (W ∪ O) ∩ A = (W ∪ A) ∪ (O ∩ A) = W ∩ A = W.
1. A est un ouvert dans X si et seulement si tout ouvert dans (A, TA ) est un ouvert dans
X.
2. A est un fermé dans X si et seulement si tout fermé dans (A, TA ) est un fermé dans
X.
A
3. Soit B ⊂ A. On note B l’adhérence de B dans l’espace topologique (A, TA ), alors
A
B = B ∩ A.
Proposition 1.2.3. Les intersections finies des éléments de A forment une base d’ouverts
de TA .
Définition 1.2.3. Soit (X1 , T1 ), (X2 , T2 ) deux espaces topologiques. On appelle ouvert élé-
mentaire ( ou premier) de X = X1 × X2 toute partie de la forme O1 × O2 où O1 ∈ T1 et
O2 ∈ T2 .
[
TX = { Ok , Ok = O1k × O2k , O1k ∈ T1 , O2 ∈ T2 }
k∈I
Remarque 1.2.2. La topologie produit est la topologie engendrée par la famille des ouverts
élémentaires, donc, de la Proposition 1.2.3, les ouvert élémentaires forment une base d’ou-
verts.
Exemple 1.2.2. Soit X = {1, 2, 3} muni de la topologie TX = {∅, {1}, X} et soit Y = {a, b}
muni de la topologie TY = {∅, {b}, Y }.
On a
X × Y = {(1, a), (1, b), (2, a), (2, b), (3, a), (3, b)},
et les ouverts élémentaires sont ∅, {(1, b)}, {(1, a), (1, b)}, {(1, b), (2, b), (3, b)} et X × Y .
Donc
¦ ©
TX×Y = ∅, {(1, b)}, {(1, a), (1, b)}, {(1, b), (2, b), (3, b)}, {(1, a), (1, b), (2, b), (3, b)}, X × Y .
Proposition 1.2.5. Soit (X1 , T1 ), (X2 , T2 ) deux espaces topologiques et soit x = (x1 , x2 ) un
point de l’espace produit (X, TX ). Alors V ∈ VX (x) si et seulement s’il existe V1 ∈ VX1 (x1 )
et V2 ∈ VX2 (x2 ) tels que V1 × V2 ⊂ V .
Proposition 1.2.6. Si (X1 , T1 ), (X2 , T2 ) sont deux espaces topologique séparés alors l’espace
topologique produit est séparé.
Preuve.
Soit (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) ∈ X1 × X2 tels que (x1 , y1 ) 6= (x2 , y2 ), alors x1 6= x2 ou bien y1 6= y2 .
Si x1 6= x2 et puisque X1 est séparé, il existe O1 , O2 ∈ T1 tels que x1 ∈ O1 , x2 ∈ O2 et
O1 ∩ O2 = ∅. On a donc O1 × X2 , O2 × X2 ∈ TX1 ×X2 , (x1 , y1 ) ∈ O1 × X2 , (x2 , y2 ) ∈ O2 × X2
et (O1 × X2 ) ∩ (O2 × X2 ) = (O1 ∩ O2 ) × X2 = ∅.
Si y1 6= y2 , on procède de la même manière en utilisant le fait que X2 est séparé. Donc
l’espace topologique produit est séparé. ¤
24
1.3. Limite et continuité
Une suite de points d’un ensemble non vide X est une application f de N dans X. L’image
f (n) d’un n ∈ N par f sera notée xn et sera appelée terme d’ordre n de la suite f . La suite
elle-même f sera représentée par la notation (xn )n∈N ou (xn )n≥0 , ou simplement (xn )n . Il
importe cependant de ne pas confondre une suite avec l’ensemble de ses valeurs.
Une suite (yn )n≥0 de points de X est appelée sous suite ou suite extraite de (xn )n≥0
s’il existe une application strictement croissante ϕ de N dans lui-même telle que, pour tout
n ∈ N, on ait yn = xϕ(n) . En général, on note une telle sous suite (xnk )k≥0 , où nk = ϕ(k).
Définition 1.3.1. Soit (X, T ) un espace topologique. Soit (xn )n∈N une suite d’éléments de
X et ` ∈ X.
1. On dit que ` est une limite de la suite (xn )n∈N quand n tend vers l’infini si pour tout
voisinage V de ` dans X, il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ∈ N et n ≥ n0 , xn ∈ V .
Cela se résume en
∀V ∈ V(`), ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ xn ∈ V.
2. On dit que ` est une valeur d’adhérence de la suite (xn )n∈N si tout voisinage V de
` contient une infinité de termes de (xn )n∈N , i.e.,
∀V ∈ V(`), ∀n ∈ N, ∃p ≥ n, xp ∈ V.
3. La suite (xn )n∈N est dite convergente si elle a une (ou plusieurs) limite, divergente
si elle n’a pas de limite.
1
Exemple 1.3.1. 1. Dans (R, TR ) on pose xn = n+1
, ∀n ∈ N.
(xn )n∈N admet une seule valeur d’adhérence qui est la limite x = 0. En effet, pour tout
25
1.3. Limite et continuité
1
V ∈ V(0), il existe ε > 0, tel que ] − ε, ε[⊂ V . Or, il existe n0 ∈ N tel que n0 +1
<ε
1 1
et pour tout n ∈ N, n ≥ n0 on a n+1
≤ n0
< ε ce qui implique que xn ∈] − ε, ε[, d’où
xn ∈ V . Donc 0 est la limite de (xn )n∈N (car R est séparé, voir la Proposition 1.3.3)
et valeur d’adhérence. De plus, pour tout ` ∈ R on a :
Si ` < 0, il existe V =] − ∞, 0[∈ V(`) et n0 = 0 tels que pour tout n ≥ n0 , xn 6∈ V ,
alors ` n’est pas un point d’adhérence.
Si ` > 1, il existe V =]1, ∞[∈ V(`) et n0 = 0 tels que pour tout n ≥ n0 , xn 6∈ V , alors
` n’est pas un point d’adhérence.
Si 0 < ` < 1, il existe m ∈ N tel que xm+1 ≤ ` ≤ xm . Donc il existe V =]xm+2 , xm−1 [∈
V(`) et il existe n0 = m + 2 ∈ N tels que pour tout n ≥ n0 , xn 6∈ V , donc ` n’est pas
un point d’adhérence.
Si ` = 1, il existe V =] 12 , ∞[∈ V(`) et n0 = 1 tels que pour tout n ≥ n0 , xn 6∈ V , alors
1 n’est pas un point d’adhérence.
∀V ∈ V(1), ∀n ∈ N, x2n = 1 ∈ V
et
∀V ∈ V(−1), ∀n ∈ N, x2n+1 = −1 ∈ V,
Proposition 1.3.1. Soient (X, T ) un espace topologique et (xn )n∈N une suite d’éléments de
T
X. Pour tout n ∈ N, soit An = {xp , p ≥ n}. Alors l’intersection An est l’ensemble des
n∈N
valeurs d’adhérence de la suite (xn )n∈N . En particulier, l’ensemble des valeurs d’adhérence
d’une suite quelconque est fermé dans X.
Preuve.
26
1.3. Limite et continuité
On a
⇔ ∀V ∈ V(`), ∀n ∈ N, V ∩ An 6= ∅
⇔ ∀n ∈ N, ` ∈ An
\
⇔ `∈ An .
n∈N
Proposition 1.3.3. Soit (X, T ) un espace topologique séparé, alors toute suite (xn )n∈N a au
plus une limite.
Si une telle limite ` ∈ X existe, on dit que ` est la limite de la suite (xn )n∈N ou que la suite
(xn )n∈N converge vers ` quand n tend vers l’infini et on note n→∞
lim xn = `.
Preuve.
Par l’absurde, supposons que la suite (xn )n∈N ait deux limites distinctes `1 6= `2 . Comme
X est séparé, il existe V1 ∈ V(`1 ) et V2 ∈ V(`2 ) tels que V1 ∩ V2 = ∅. D’après la Définition
1.3.1, il existe deux entiers n1 et n2 de N tels que
(∀n ≥ n1 , xn ∈ V1 ) et (∀n ≥ n2 , xn ∈ V2 ),
1.3.2 Continuité
Définition 1.3.2. Soient (X, T ) et (Y, Θ) deux espaces topologiques, f : X → Y une appli-
cation et x0 ∈ X.
On dit que f est continue au point x0 si elle vérifie l’une des conditions équivalentes sui-
vantes.
27
1.3. Limite et continuité
1. Les projections
πX : X × Y → X πY : X × Y → Y
et
(x, y) 7→ x (x, y) 7→ y
sont continues.
IdX : X → X
.
x 7→ x
Définition 1.3.3. Un homéomorphisme d’un espace topologique (X, T ) sur un autre es-
pace topologique (Y, Θ) est une application f : X → Y bijective continue et dont l’inverse
f −1 : Y → X est continue.
On dit que deux espaces topologiques X et Y sont homéomorphes s’il existe un homéomor-
phisme entre eux, et on note X w Y .
Preuve.
28
1.3. Limite et continuité
(i) ⇒ (ii). Supposons que f est continue et soit A ⊂ X. Soit x ∈ A et soit W ∈ V(f (x)).
Comme f est continue en x, on a f −1 (W ) ∈ V(x) et donc f −1 (W ) ∩ A 6= ∅. D’où f (f −1 (W ) ∩
A) 6= ∅. Or,
f (f −1 (W ) ∩ A) ⊂ f (f −1 (W )) ∩ f (A) ⊂ W ∩ f (A).
Il s’ensuit que W ∩ f (A) 6= ∅, et donc f (x) ∈ f (A). Par conséquent, f (A) ⊂ f (A).
(ii) ⇒ (iii). Soit S un fermé de Y , alors S = S.
Soit x ∈ f −1 (S), alors
d’où x ∈ f −1 (S). Donc, f −1 (S) ⊂ f −1 (S) et comme f −1 (S) ⊂ f −1 (S), on obtient l’égalité.
f −1 (O)
(iii) ⇒ (iv). Soit O and ouvert de Y , alors CYO est fermé. Donc f −1 (CYO ) = CX est
fermé ce qui implique que f −1 (O) est ouvert.
(iv) ⇒ (i). Soit x ∈ X. Pour tout W ∈ V(f (x)), il existe O ∈ Θ tel que f (x) ∈ O ⊂ W ,
alors x ∈ f −1 (O) ⊂ f −1 (W ), et comme f −1 (O) est ouvert, on obtient f −1 (W ) ∈ V(x). D’où
f est continue en x et puisque x est arbitraire, f est continue sur X. ¤
29