A
l’instar d’autres segments de la
société, la corporation médicale a
été d’un apport indéniable dans la
Révolution algérienne. Plusieurs
praticiens et étudiants en médecine
ont ainsi écrit de belles pages de la
guerre d'Algérie en s'engageant aux côtés du FLNALN et en abandonnant des carrières
lucratives,
pour apporter assistance aux blessés membres de
l’ALN-FLN, ou aux populations algériennes dans
les campagnes.
L’apport des blouses blanches à la Révolution était
jusque-là inconnu du grand public, mais grâce aux
travaux de recherches effectués par Dahou Ould
Kablia, Ministre de l'Intérieur et président
de l'Association Nationale des Moudjahidine
de l'armement et des liaisons générales (ANMALG), un pan de voile se lève sur le combat des
médecins et des infirmiers dans les maquis durant
la guerre de Libération nationale. Il est possible
aujourd’hui d’établir la liste des médecins, adjoints
techniciens de la santé et étudiants en médecine
(1954-1962), membres de l’ALN, sympathisants de la
cause nationale, ou les médecins étrangers français
ou syriens qui ont fait partie du réseau de soutien
à la Révolution, aussi bien à l’intérieur du territoire
national, au sein des Wilayas historiques, qu'au sein
des bases d’appui de l’Est ou de l’Ouest, en Tunisie et
au Maroc. L’activité de santé de l’organisation FLN,
qui s’improvisa au départ, commença à gagner en
efficacité grâce, d'une part, au schéma organisationnel
adopté par le Congrès de la Soummam en août 1956
et, d'autre part, à l'apport déterminant de médecins
et d'étudiants en médecine qui rejoignirent le maquis
à la suite de la grève de mai 1956.
Selon les données fournies, dans la seule Wilaya V, la
famille médicale a enregistré pas moins de 9 chouhada
membres de l’ALN, entre docteurs, pharmaciens ou
étudiants en médecine. Il s’agit notamment du Dr
Moulay Driss Chérif, tombé au champ d’honneur
en zone 1 en 1957, Abdelkader Damerdji « Tedjini
», chahid en zone 7 en 1957, Issad Hassani «Khaled»
(arrêté et assassiné) en zone 6 en mars 1958, Youcef
Damerdji «Hakim» , chahid en zone 6 en août 1958,
Chérif Ahmed Chérif, chahid en zone 4 à Relizane
en 1958, le docteur pharmacien Lakhdar Ben Seghir les docteurs Mohamed Bensouna, Rachid
Nouar et
Youcef Khatib. On évoquera aussi en Wilaya III les
noms de Mustapha Lalliam, Abdelhalim Benabid
Medjaoui, Aït idir et Khaled Amrane, ces deux
derniers étant tombés au champ d’honneur.
Dans la Wilaya II, la famille de la santé a fourni
à la Révolution d’illustres médecins, notamment
Mohamed Toumi et Lamine Khene, l’un des artisans
de la grève de mai 1956 et responsable du service de la
santé de la Wilaya historique II (Nord-Constantinois)
entre 1956 et 1959, ainsi que Rachid Belhoucine
tombé au champ d’honneur.
Concernant la Wilaya I, les noms de Mahmoud
Atsemana, Abdesslam Benbadis, tombé au champ
d’honneur et Hamou Bouchouareb, sont également
cités.
Sur un autre plan, l’Histoire retiendra
particulièrement le nom des femmes qui ont brillé
non seulement dans leur profession de médecin
mais également dans le maquis. Il s’agit de Néfissa
Hammoud (épouse Mustapha Lalliam), militante
PPA-MTLD et secrétaire générale de l'Association
des femmes musulmanes algériennes (AFMA), quiarrêté en zone 5 et exécuté, Brahim Abbès
(étudiant
en médecine), chahid en 1957 zone 4, et Bachir
Guedi, chahid en zone 7. À retenir aussi les noms
des médecins assassinés ou condamnés pour activités
patriotiques au service de l’ALN, notamment le
docteur Benaouda Benzerdjeb, exécuté à Tlemcen
en janvier 1956, Jean Laribère (Oran) plastiqué par
l’OAS en 1961 et Claude Stephanini (Saïda) arrêté et
condamné à 20 ans de prison.
Quant aux médecins incorporés au sein de l’ALN,
l’on cite les noms de Mourad Benchouk en zone 4
(Relizane), Mohamed Moulay en zone 6 (Saïda),
Sylvain Bret alias «Lamine Ziroud» en zone 5 (Sidi
Bel Abbés), il en est de même pour les étudiants en
médecine, notamment Khaled Damerdji dit «Yacine»
dans la zone 2 et les étudiants de l’École des adjoints
techniciens de la santé, Sabeur Benzaama en zone 5
(Sidi Bel Abbès) et Tayeb Meslem en zone 7 (Tiaret).
La Wilaya IV, quant à elle, comptait les docteurs
Harmouche Arezki « Said « et Farès Mohamed, tous
deux tombés au champ d’honneur, alors que, Ismail
Dahlouk a été arrêté. Le docteur Djillali Rahmouni,
qui, blessé, a été évacué en base arrière, ainsi que
les docteurs Mohamed Bensouna, Rachid Nouar et
Youcef Khatib. On évoquera aussi en Wilaya III les
noms de Mustapha Lalliam, Abdelhalim Benabid
Medjaoui, Aït idir et Khaled Amrane, ces deux
derniers étant tombés au champ d’honneur.
Dans la Wilaya II, la famille de la santé a fourni
à la Révolution d’illustres médecins, notamment
Mohamed Toumi et Lamine Khene, l’un des artisans
de la grève de mai 1956 et responsable du service de la
santé de la Wilaya historique II (Nord-Constantinois)
entre 1956 et 1959, ainsi que Rachid Belhoucine
tombé au champ d’honneur.
Concernant la Wilaya I, les noms de Mahmoud
Atsemana, Abdesslam Benbadis, tombé au champ
d’honneur et Hamou Bouchouareb, sont également
cités.
Sur un autre plan, l’Histoire retiendra
particulièrement le nom des femmes qui ont brillé
non seulement dans leur profession de médecin
mais également dans le maquis. Il s’agit de Néfissa
Hammoud (épouse Mustapha Lalliam), militante
PPA-MTLD et secrétaire générale de l'Association
des femmes musulmanes algériennes (AFMA), qui
Saliha Ould Kablia
Nekkarejoindra le maquis en Wilaya III
où elle sera arrêtée et condamnée.
Il y avait aussi la chahida
Zoubida Ould Kablia (étudiante
en médecine), sœur de Dahou
Ould Kablia, tombée au champ
d’honneur le 19 septembre 1955
en zone 6 de la Wilaya V.
D’autres médecins, qui étaient
déjà installés, à titre privé dans
leurs cabinets, se sont mis au
service de la cause algérienne. Il
s’agit des docteurs Roche Stoppa et
Chaulet à Alger. À retenir aussi que
nombre de médecins français ont
partagé la cause du peuple algérien,
comme c’est le cas de Sylvain Bret,
futur ambassadeur d'Algérie à
Cuba, de Frantz Fanon, psychiatre
et militant anticolonialiste,
Michel Géronimi (neurologue),
Belkhodja, Michel Martini et
Annette Roger (psychiatre), Pierre
Chaulet, arrêté, condamné et
expulsé d'Algérie connu pour avoir
hébergé Abane Ramdane lors de
la bataille d'Alger. Il ne faut pas
omettre la contribution d’autres
médecins étrangers, notamment
syriens, tels les Nouredine Atassi,
Ibrahim Makhos et Zaïm.
Nombre de médecins se sont
mis à la disposition de l’ALNFLN, en dehors du territoire
national, aux frontières marocaine
et tunisienne. En Tunisie, l’on
cite Mohamed-Seghir Nekkache,
Tedjini Haddam, Mohamed
Toumi, Bachir Mentouri, Oucharef
(dentiste), Lakhdar Brahimi,
Mohamed Redjimi, Bachir Ould
Rouis, Saïd Chibane, Abdelkader
Hassani, Mohamed Ferradi,
Belabbès Boudraa, Mourad Taleb.
Au niveau de la base d’appui de
l’Ouest, à la frontière marocaine,
l’on a recensé 27 membres de la
corporation médicale à Oujda,
Meknès, Rabat et Casablanca,
notamment Abdesslam
Haddam, Naït, Barkat Lazreg,
Omar Boudjellab, Abdelkader
Boukhroufa, Stambouli
Boudghène, Guenniche Driss
affecté au MALG Rabat, ainsi
qu’une psychiatre, Mme Miccuci
à Oujda, et des pharmaciens dont
Ahmed Belkherroubi, Abdelkader
Laïdi et Saad Rahal qui a été
assassiné à la suite du plasticage
de son officine à Meknès.
Cette synthèse a l'avantage de
souligner concrètement l'apport
de cette famille du service public
à la lutte de Libération nationale
quand on sait que le nombre total
de médecins algériens exerçant
dans ce domaine n'excédait pas
trois cents en 1956, soit un taux de
participation de plus de 70%.
Djamel Belbey El-Djazaï[Link] El-Djazaï[Link] . MÉMORIA . Supplément N° 06 .Octobre
2012.