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Introduction au Droit : Concepts Clés

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Introduction au Droit : Concepts Clés

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Cours d’introduction au droit

Il est indispensable, pour que la vie en société soit possible, qu’il existe des règles de conduite. Si
chacun de nous suivait son bon plaisir, chacun deviendrait un ennemi pour son voisin par exemple en
matière de partage de récolte ou d’un animal chassé en groupe, afin d’éviter que les hommes ne
s’entretuent.
Ainsi, le droit est l’institution, l’instrument et l’expression de la civilisation ; le pouvoir qu’il a traduit
demande beaucoup d’humilité ; le droit suppose la présence de l’autre c’est-à-dire que le droit naît dans
les rapports sociaux.
Le droit est un phénomène social, correspond au fait que la société établit des règles destinées à régir le
bon fonctionnement et à organiser les relations économiques ou non des personnes qui la composent.1
Pour cela, il est important de comprendre que signifie le terme « droit » et de répondre à la question
qu’est-ce que c’est le droit ? Le droit désigne en général le droit objectif et le droit subjectif.

Le droit objectif peut être défini comme « l’ensemble de règles de conduite socialement édictées et
sanctionnées, qui s’imposent aux membres de la société »2l’exemple le plus concret est le droit du
travail pour désigner l’ensemble des règles juridiques édictées par la société pour organiser les relations
de travail alors queledroit subjectifle veut dire « une prérogative attribuée à un individu dans son
intérêt lui permettant de jouir d’une chose, d’une valeur ou d’exiger d’autrui une
prestation »[Link] deux définitions du droit ne s’opposent et paraissent plutôt deux présentations d’une
même réalité. Les droits subjectifs n’existent que s’ils sont consacrés par le droit objectif, qui n’est lui-
même qu’une somme de droits subjectifs. On prendra l’exemple que chacun a droit au respect de sa vie
privée, le droit de créance ou un droit de propriété. La distinction entre le droit objectif et les droits
subjectifs est fondamentale et décide du plan qui sera suivi.

Notre cours sera divisé en deux parties comportant des chapitres qui seront étudiés : Première
partie comporte le droit objectif et une seconde partie dont laquelle nous étudierons quelques éléments
des droits subjectifs.

Partie 1 : le droit objectif.

Chapitre 1 : Les caractéristiques de la règle de droit.


Section 1) Les caractères de la règle de droit.
A- règle générale
B- obligatoire
C- Permanente
D- Coercitif
Section 2) La distinction de la règle de droit par rapport autres règles de conduite.
A-Le droit et la religion
B-Le droit et la morale
B-Le droit et la justice
1
Voir le préambule de l’ouvrage introduction au droit Jean Luc Aubert et EricSavaux.
2
Voir la définition le lexique des termes juridiques.
3
Voir la définition le lexique des termes juridiques.
C-Le droit et l’équité
Section 3) Le rôle de la règle de droit.
A-organiser
B-Imposer
C-Proposer
D-Exprimer
Chapitre 2 : Les sources de la règle de droit.
Section 1) Les sources directes.
I)La loi
A-Texte d’ordre interne
a.1) Les lois organiques
a.2) Les lois référendaires
a.3) Les lois ordinaires
a.4) Les ordonnances
a.5) Les règlements administratifs
B-Texte d’origine internationale
B.1-Le droit communautaire
B.2-Les Règlements communautaires
B.3-Les directives
II) La coutume
A- La notion de coutume et ses éléments.
B- Le rôle de la coutume.

Section 2) LES SOURCES INDIRECTES


A) LA JURISPRUDENCE
B) LA DOCTRINE
Chapitre 3 : Les divisions du droit.

Section 1) Distinction entre le droit public et le droit privé


A- Présentation de la distinction.
B- Critique de la distinction.
Section 2) Les principales branches du droit
A) Les branches du droit public
a.1-le droit constitutionnel
a.2-le droit administratif
a.3-le droit international public
a.4-le droit des finances publiques.
a.5-Les libertés publiques
B) Les branches du droit privé
b.1- le droit civil
b.2- le droit commercial
b.3- le droit international privé
C) Les branches mixtes.
c.1- Le droit du travail
c.2- Le droit processuel
c.3-le droit pénal
Chapitre 3 : Le domaine d’application de la règle de droit.
Section1 : le champ d’application de la loi
A- L’application de la loi dans l’espace
B- L’application de la loi pénale dans l’espace
Section 2 :l’application de la loi dan le temps
A- Le principe de la non-rétroactivité
B- Le principe de l’effet immédiat
1- Principe
2- exception

Chapitre 3 :L’organisation juridictionnelle.


Section 1 : les principaux fondamentaux du système judiciaire français
Section 2 : les différentes juridictions
A- juridiction de l’ordre judiciaire
1- juridictions civiles
2- juridictions spécialisées
3- les juridictions pour mineur
4- la Cour de cassation
B- les juridictions administratives
1- Tribunal administratif
2- Cour administrative d’appel
3- Conseil d’Etat
Partie 2 : les droits subjectifs.
Chapitre 4 : la classification des droits subjectifs

Section 1 : le patrimoine

A- Le patrimoine, universalité de Droit


1- Actif du patrimoine
2- Passif du patrimoine
B- Le patrimoine une émanation de la personne
1- La nécessité du patrimoine
2- L’unicité du patrimoine

Section 2 : les droits patrimoniaux

a- Droits personnels
b- Droits réels
c- Droits intellectuels

Section 3 : droits extra-patrimoniaux

1- Les droits politiques et libertés publiques


2- Droits de la personnalité
a- Les droits à l’intégrité physique
b- Les droits à l’intégrité morale

Chapitre 5 : les régimes des droits subjectifs

1- Les actes et faits juridiques, sources des droits subjectifs


2- Les différentes catégories d’actes juridiques
3- Les différentes catégories des faits juridiques
a- Faits juridique involontaires
b- Faits juridique volontaires

Chapitre 6 : La preuve des droits subjectifs.

Section 1 : la charge de la preuve

A- Le principe
B- L’exception

Section 2 : les modes de preuve

I- Présentation des différents modes de preuve


A- Preuve littéral
1- L’acte authentique
2- Acte sous-seing privé
3- Ecrit sous forme électronique
B- Autres moyens de preuve
1- Serment
2- L’aveu
3- Les témoignages
4- Présomptions de fait

Sections 3 :l’admissibilité de moyen de preuve

1- Le principe
2- exception

Chapitre 1 : Les caractéristiques de la règle de droit.

La règle de droit peut être définie comme une règle de conduite sociale dont le respect est assuré par
l’autorité publique. Elle peut s’imposer de façon positive comme par exemple : l’obligation de porter
secours ou de façon négative comme l’interdiction de voler. Elle est donc assortie de sanctions qui
obligent à réparer les conséquences de son infraction (dommages et intérêts, emprisonnement, amende
etc.).

On traitera dans une première section les caractères de la règle de droit et puis dans une seconde la
comparaison avec les autres règles de droit. En dernier lieu, nous examinerons le rôle de la règle de
droit.

Section 1) Les caractères de la règle de droit.

La règle de droit doit être générale, obligatoire, permanente et coercitif.

A) Une règle générale.

Selon Portalis "La loi statue sur tous, elle considère les Hommes en masse, jamais comme
particulier" et l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que, la loi
"doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse".
La règle de droit ne s'applique donc pas à telle ou telle personne nommément désignée, mais à toutes
les personnes sans distinction, ou à une catégorie de personnes déterminées (exemple: le droit de vote
est accordé aux personnes majeures uniquement).
La forme impersonnelle de nombreux textes de loi illustre cette généralité : l’utilisation de pronoms ou
adjectifs indéfinis est fréquent ex : « tout » ou l’article 1382 du code civil « tout fait quelconque de
l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer », « chacun » ex : art 16 C. civil « Chacun a droit au respect de son corps », « on » exemple
l’article 6 du code civil « on ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent
l’ordre public et les bonnes mœurs »4.
La généralité de la règle de droit est une garantie contre les discriminations individuelles. Son but de la
règle est de s'appliquer à un groupe. Le caractère général est de toute façon relatif car la règle
s'applique à des situations déterminées.
En principe, ce caractère général de la règle de droit est une garantie contre l'arbitraire, contre la
discrimination individuelle.
Mais le caractère général de la règle de droit ne signifie pas égalité. La règle de droit peut être
discriminatoire à l'égard d'un groupe de personnes pour des motifs louables (accorder plus de droits
aux personnes âgées, plus de protection aux femmes enceintes, aux enfants ; être plus sévère à l'égard
des automobilistes qui créent un risque pour les non-conducteurs) ou des motifs condamnables (race,
sexe, religion, convictions politiques, etc.).

B) Caractère obligatoire.

La règle de droit est indispensable à la vie en société et elle est dite obligatoire parce qu’elle se traduit
par l’existence d’une sanction, organisée par la société, qui se voit le plus souvent reconnaitre d’un
pouvoir de contrainte. Exemple : la sanction qui caractérise la règle de droit peut êtrepréventive (ex
interdiction de fréquenter certains lieux ou certains catégories de personnes pour éviter la récidive) ou
répressive (ex : la prison)[Link] assurant la justice, elle maintient une certaine sécurité c’est pourquoi elle
ordonne, défend, permet, récompense ou punit. Qu’elle concerne une autorisation ou une interdiction,
elle doit être respectée. Même lorsque la règle de droit est permissive, elle a un caractère obligatoire
parce u moment où une personne viole une règle de droit, elle encourt une sanction car nul ne peut
déroger à la règle de droit qu'elle interdit aux autres de porter atteinte à cette liberté (ex: le droit de
grève est une règle juridique obligatoire et l'employeur ne peut s'y opposer).
A partir d dès lors qu'il entre dans son champ d'application.
Enfin, la règle de droit peut imposer une obligation de moyens (ex: médecin), une obligation de
résultat (ex: livrer un bien) ou laisser une certaine liberté d'action ex : les contrats.

C) Caractère permanente.
La règle de droit est permanente parce qu’elle est constante pendant son existence. Elle a un début et
une fin, mais pendant son existence, elle est appliquée avec constance et de façon uniforme. Son
applicabilité demeure jusqu’à ce qu'elle s’éteigne soit par abrogation, soit par abandon.
L’intérêt pour la loi de ne pas déterminer la durée de la règle, lui permet d’être efficace. Cependant, un
juge ne pourrait pas écarter l'application d'une loi parce qu'elle ne lui paraît pas opportune. Au
contraire, si les conditions prévues par la règle sont réunies, la règle a vocation à s'appliquer.
D) Caractère coercitif.

4
Voir le cours de Rémy Cabrillac « introduction au droit ».
5
Voir le cours d’intro au droit d’EricSavaux et Jean Luc Aubert.
Principe : Pour que le caractère contraignant soit effectif, des sanctions doivent être prévues en cas de
non-respect.
Les pouvoirs publics peuvent utiliser la force publique pour faire respecter une règle de droit et pour
sanctionner un manquement à l'obligation de respecter une règle de droit. Si la puissance publique
refuse de remplir sa mission ou abuse des pouvoirs dont elle dispose, le citoyen ne peut exercer contre
l'Etat qu'une contrainte politique et non juridique.
La règle de droit est extérieure à la volonté des personnes soumises, elle est issue des pouvoirs
exécutifs et législatifs. Au niveau religieux, la règle émane de la volonté divine, de l'église. Au niveau
moral, la règle provient des consciences individuelles, elle est interne à chaque personne.
Exceptions : il existe des dispositions pour lesquelles aucune sanction n’est prévue en cas de
manquement, par exemple :
-en droit civil : l’art.371 du code civil dispose que « l’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses
père et mère ». L’honneur et le respect ne sont pas clairement définis et aucune sanction n’est prévue.
-en droit international: l’Etat qui viole ses obligations n’est pas nécessairement sanctionné. Le
Conseil de sécurité de l’ONU peut prendre une résolution, par 6 Cours Introduction au Droit-
Formation Continue
Exemple : infliger des sanctions économiques (gel des avoirs, boycott) ou militaires (embargo,
intervention armée des Nations unies), mais cela n’est pas systématique.

Section 2) La distinction de la règle par rapport aux autres règles de conduite.

La vie en société conditionne le phénomène juridique de façon à la fois nécessaire (Robinson n’a que
faire du droit) et suffisante (ubisocietas, Ibi jus).La règle juridique n’est pas le seul régulateur du
comportement humain. On essayera de la distinguer par rapport à la religion, à la morale et à la justice et
l’équité.

A) Droit et la religion

Dans les sociétés archaïques ou très religieuses, les deux corps de règles ne se distinguent pas : le
précepte religieux tient lieu de loi civile. Ce phénomène s’observe aujourd’hui dans certains pays
musulmans. Quant au droit français contemporain, il est à la fois distinct de la religion et inspiré par
elle. La distinction du droit et de la religion trouve son expression dans la loi du 9 décembre 19056,
portant séparation des Eglises et de l’État. De là découle une dualité de règles parfois superposées ex : le
mariage religieux et le mariage civil ; la religion interdit le mariage des personnes de même sexe alors
que le droit le permet etc. La plus grande différence entre les deux corps de règle, en effet, tient
essentiellement au but poursuivi ou à la finalité de chacun : tandis que la règle religieuse vise le salut de
l’individu dans l’au-delà, la règle juridique s’intéresse d’assurer l’ordre et la cohésion de la société [Link]
suite, alors que la religion prétend régir les pensées au même titre que les actes, le droit en revanche ne
s’intéresse qu’aux comportements extérieurs .

B) Le droit et la morale

6
Voir la loi sur la laïcité en France de 9 décembre 1905.
7
Voir le cours d’introduction au droit de Bruno Petit page 25 et 26.
Or, ici les deux corps de règles8 font l’objet de distinction classique fondée sur la nature même : le droit
est une règle juridique essentiellement sociale alors que la morale est individuelle 9. Par suite, ils
s’opposent quant à leurs finalités ou objectifs c’est-à-dire que la religion vise la perfection de l’individu
et que le droit quant à lui assure de faire respecter un certain ordre collectif 10. En dernier lieu, leurs
sanctions diffèrent également : la morale est sanctionnée par le tribunal de conscience (comme on dit le
for intérieur) et le respect de droit relève de la mission des autorités publiques 11.
D’un côté, il existe des règle morales non sanctionnées par le droit à savoir les mauvaises pensées ni
même les mauvaises intentions tant que celles-ci ne se matérialisent pas dans des conditions troublant
l’ordre social et d’un autre côté il y a les règles de droit dépourvues de fondement moral ex : les règles
du code de la route. A côté de ces oppositions classiques, il peut avoir des atténuations comme le cas de
certaines règles de droit qui peuvent avoir un fondement moral ex : le droit sanctionne la fraude et la
mauvaise foi. Il faut ajouter aussi que « toute de règle morale peut devenir juridique car il lui suffit, pour
cela de la rendre obligatoire et sanctionnée par l’État »12.

C) Le droit et la justice.

La notion de justice est définie comme suivant : « la justice désigne ce qui est juste et rendre justice
consiste essentiellement à dire ce qui est juste dans l’espèce concrète soumise au tribunal 13 ».On
distingue deux types de justice à savoir la justice commutative et celle de distributive développée par
Aristote. La première justice est fondée sur l’égalité mathématique et tend dans les rapports entre
particuliers dans les échanges et puis la deuxième vise à répartir entre les personnes les biens, les droits
et les [Link] est primordial de rappeler que le rôle de la justice est de fournir un but vers lequel doit
tendre la règle de droit pour cela beaucoup des règles juridiques sont fondées sur la justice commutative
ex : l’interdiction de l’enrichissement sans cause ou distributive ex :la progressivité de l’impôt sur le
revenu ou la redistribution des richesses. Pourtant, il existe double limite de la justice à savoir la notion
elle-même est trop flou et puis l’existence des règles contraire à la justice.

D) Le droit et l’équité.

L’équité se définit comme « une réalisation suprême de la justice, allant parfois au-delà de ce prescrit la
loi »[Link] vise à corriger les imperfections du droit voire concurrencer le droit, les anglais disent
« equity » qui est intervenue pour atténuer les excès du commonlaw.L’équité subjective ou judiciaire se
présente comme l’inspiratrice de solution concrète des règles de droit en ce sens que l’équité s’exprime
dans les décisions des juges « le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui sont

8
Il s’agit ici de comparer le droit et la morale.
9
Ou interne à la personne.
10
A consulter également l’ouvrage « introduction générale au doit » de Bruno Petit page 26.
11
C'est-à-dire l’État qui fait recours à l’autorité judiciaire et à la force publique.
12
Pour l’approfondissement voir l’ouvrage de Jean Luc Aubert et EricSavaux sur « L’introduction au droit ».

13
Voir la définition du lexique des termes juridiques 14 édition Dalloz.
14
VOIR LE COUR DE BRUNO Petit intro au droit page 27.
15
Voir la définition du lexique des termes juridiques 14 édition Dalloz.
applicables » (art 12 NCPC) et aussi l’article 12 al.4 NCPC permet aux parties sous certaines conditions
de conférer au juge de la mission de statuer comme amiable compositeur c'est-à-dire en équité »16.

Section 3) Le rôle de la règle

La règle de droit répond à quatre fonctions à savoir un rôle d’organiser, imposer, proposer et
d’exprimer.

A) Organiser

La fonction première de la règle de droit est d’organiser la société par un tissu de rapports juridiques qui
lui éventuellement peuvent se superposer avec d’autres rapports sociaux, morale ou religieux qui
peuvent être variés : rapports entre personnes (ex : créancier et débiteur, entre mari et femme) ; rapports
entre des actes (ex : la nullité d’une clause entraine la nullité du contrat) ; rapports entre des
biens(l’accessoire suit le sort du principal) …ETC

B) Imposer

La deuxième fonction importante est sans doute d’imposer. Telle est certainement la fonction essentielle
de la loi impérative17, loi à laquelle les individus ne peuvent pas déroger par une manifestation de
volonté contraire l’article 6 du code civil prévoit « On ne peut déroger par des conventions particulières,
aux lois qui intéressent l’ordre public ou les bonnes mœurs » par exemple : le législateur impose qu’une
personne ne puisse se lier par un contrat de travail pour sa vie entière or un contrat de travail qui ne
respecterait pas serait nul18.

C) Proposer

La règle de droit a aussi pour fonction de proposer un modèle de conduite que les intéressés peuvent
choisir exemple : les deux époux qui veulent divorcer pourront opter soit pour le divorce pour faute, le
divorce pour altercation définitive du lien conjugal, le divorce par consentement mutuel ou le divorce
par acceptation du principe de la rupture du mariage19 et de la même manière le code civil propose aux
époux le modèle de régime matrimonial la communauté réduite aux acquêts.

D) Exprimer

Elle a également pour fonction d’exprimer des valeurs de la société qui l’engendre, les meilleurs
exemples sont la déclaration universelle des droits de l’homme ou le préambule de la constitution de
[Link] faut savoir que la république de Djibouti 20adhère à ces principes de la démocratie et aussi la
charte africaine des droits de l’homme, on peut citer l’article 1 de DUDH « tous les êtres humains
naissent libres et égaux en dignité et en droits »21,article 3 de la DUDH prévoit « tout individu a droit à
la vie et à la liberté, à la dignité de sa personne »….ETC.

Chapitre 2 : les sources du droit.


16
La même faculté peut être attribuée à un arbitre privé.
17
Le contraire de la loi impérative est la loi supplétive qui s’applique par défaut.
18
Voir l’article 1780 c. civ. « on ne peut engager ses services qu’à temps, ou pour une entreprise déterminée ».
19
Consulter l’article 229 du code civil français sur les causes du divorce.
20
Consulter la constitution de Djibouti 1992.
21
Djibouti repris ces propos dans sa constitution dans l’article 10 dans le titre 2 de la constitution 1992.
La question des sources du droit est une question classique pour les juristes. Elle consiste à déterminer
quelles sont les autorités habilitées à créer du droit. Les sources du droit sont donc les lieux où il faut
aller puiser lorsque l’on cherche la réponse à une question de droit. Pour répondre à la question des
sources, nous allons traiter d’abord les sources directes et puis les sources indirectes.

Section 1: Les Sources Directes

-Les sources directes, véritablement créatrices, sont la loi (A), au sens large, et la coutume (B), créée
spontanément par le sentiment et le comportement populaire.

Dans le système juridique positif français, l'importance de la loi est beaucoup plus grande que celle de la
coutume (longueur des développements inégale entre les deux §). Il n'en pas toujours été ainsi. Sous
l'Ancien Régime, la coutume était presque la seule source du droit privé (pays de droit coutumier au
Nord de la France, en opposition aux pays de droit écrit, au Sud)22. La rédaction du Code civil, reprenant
de nombreuses coutumes, a presque tari cette source. Au contraire, dans les pays Anglo-Saxons, la
coutume est encore une importante source du droit23.

I) LA LOI
a) Textes d’ordre interne
Le mot "LOI"24 est ici pris dans un sens très large. Il recouvre toutes les dispositions publiques formulées
par écrit, présentant un caractère général, impersonnel et obligatoire. La "LOI" ainsi entendue, est le texte
qui émane des autorités disposant du pouvoir législatif c’est à dire adopté par le Parlement.
Art. 34 Constitution25: « la loi est votée par le Parlement ».
Article 6 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : « La loi est l'expression de
la volonté générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir personnellement ou par leurs
représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.
Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois
publics, selon leurs capacités et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».
Les lois sont également les textes généraux et permanents émanant du Gouvernement ou d’une autorité
administrative (règlements, ordonnances). Nous les classerons par ordre d’importance.

1-Les lois organiques : Les lois organiques complètent la Constitution. Elles ont notamment pour objet
de fixer les modalités d’organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics26. Elles sont adoptées
suivant une procédure particulière, que nous ne détaillerons pas ici, mais sachez simplement qu’elles font
l’objet d’un contrôle préalable systématique par le Conseil constitutionnel.
2-Les lois référendaires : Elles sont prévues par l’article 11 de la Constitution : sur proposition du
Gouvernement ou sur proposition conjointe des deux assemblées, le Président de la République peut
soumettre au référendum populaire tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur
des réformes relatives à la politique économique et sociale, sur les services publics ou sur la ratification
des traités internationaux. Si le référendum conclut à l’adoption du projet de loi, le Président de la
République promulgue la loi correspondante, qui s’intègre alors dans le droit positif. Par exemple : Le 24
22
Voir l’aperçu historique du professeur Bruno Petit sur l’introduction au droit.
23
La principale source dans le système anglo-américain n’est pas la loi mais les décisions de justices appelées
« case law » en anglais.
24
La définition de la loi dans le lexique des termes juridiques est « une règle écrite, générale et permanente,
élaborée par le parlement.
25
Voir l’article 56 de la constitution Djiboutienne.
26
Voir l’article 82 de la constitution Djiboutienne.
septembre 2000, les français inscrits sur les listes électorales ont été consultés par référendum sur le point
de savoir si la durée du mandat du Président de la République devait passer de 7 à 5 ans. Le quinquennat
ayant été approuvé par 73 % des personnes consultées, il a été inscrit dans une loi référendaire du 2
octobre 2000.
3-Les lois ordinaires : Ce sont celles qui correspondent à la définition stricte de la loi (i.e. dans son sens
formel). Elles portent sur des domaines précisément définis à l’article 34 27de la Constitution : droits
civiques et libertés fondamentales, état et capacité des personnes, nationalité, détermination des crimes et
des délits et des peines qui leurs sont applicables, assiette et taux de l’imposition, etc. On distingue
notamment : - les lois de finances qui prévoient chaque année les ressources et les dépenses de l’Etat - les
lois de programme, qui déterminent les objectifs de l’action économique de l’Etat.
4-Les ordonnances : Les ordonnances sont des actes de l’exécutif portant sur des matières qui sont
normalement de la compétence du législatif. Rappel : à l’ origine, en tout cas depuis la Révolution
française, la loi était de la compétence exclusive du Parlement. Cette situation est rapidement apparue
gênante car, dans les périodes d’instabilité parlementaire, l’action législative était paralysée, et l’exécutif
ne pouvait plus gouverner. Ces circonstances ont incité les différents chefs de l’exécutif à outrepasser
leurs pouvoirs en prenant des ordonnances ou des décrets ayant force de loi. Ces mesures n’étaient
généralement pas conformes aux Constitutions de l’époque, mais étaient motivées par des situations
d’urgence : par exemple en 1848, en 1870, ou sous l’occupation allemande entre 1940 et 1944.
La Constitution de 1958 a entériné ces mesures, en autorisant deux types d’ordonnances :
1-L’article 38 permet au Gouvernement, sur autorisation du Parlement (par une loi d'habilitation), de
prendre des ordonnances dans des domaines qui sont normalement réservés à la loi par l’article 34.
Si elles sont ratifiées par le Parlement (par une loi de ratification), ces ordonnances prennent valeur
de loi. Par exemple : L'ordonnance du 4 juillet 2005 réforme assez profondément le droit de la filiation,
qui fait partie de l'état des personnes, et entre à ce titre dans la compétence exclusive du Parlement (art. 34
de la Constitution). Pourtant aucune urgence, ni aucun empêchement législatif ne justifiait
particulièrement que l'on contourne la procédure normale.
2- A titre exceptionnel : l’article 16 de la Constitution permet au Président de la République de prendre
par ordonnances toutes les mesures urgentes lorsque les institutions de la République,
l’indépendance de la Nation, l’intégrité du territoire ou l’exécution des engagements internationaux
sont menacés. Par exemple : Charles de Gaulle a fait usage de ces pouvoirs pendant la Guerre d’Algérie,
entre avril et décembre 1961, après le Putsch des Généraux.
5. Les règlements administratifs : On sait maintenant que l’article 34 de la Constitution fixe les
domaines réservés à la loi. L’article 37 prévoit pour sa part que tout ce qui n’est pas de la compétence
de la loi est de la compétence du pouvoir réglementaire. On peut distinguer les actes administratifs selon
l'autorité dont ils émanent : La Constitution de 1958 attribue le pouvoir réglementaire au Président de
la République et au Premier ministre (voir art. 13 et 21). L'exercice de ce pouvoir s'effectue par voie
de décret.
Il existe deux types de décrets :
- Les décrets sont individuels lorsqu'ils concernent une ou plusieurs personnes nominativement
désignées (par ex. nomination d'un fonctionnaire). Il manque à ces textes le caractère de généralité et
d’abstraction qui font les règles de droit. Ils ne retiendront pas notre attention.
- Certains décrets formulent au contraire des dispositions générales. On les appelle des décrets
réglementaires, qui peuvent être considérées comme des lois, au sens matériel du terme, puisqu'ils
présentent les caractères de généralité et d'abstraction requis. Dans le cadre de leurs attributions,
ministres, préfets et maires exercent aussi un pouvoir réglementaire : ils le font par voie d'arrêté (on
parlera d'arrêté ministériel, préfectoral, municipal).

27
VOIR aussi l’article 57 de la constitution qui fixe le domaine de la loi.
B) Textes d'origine internationale
-Primauté du traité sur la norme interne.
L'article 55 de la Constitution française dispose que "les traités ou accords régulièrement ratifiés ou
approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque
accord ou traité, de son application par l'autre partie". Le traité se voit reconnaître une place
prééminente dans la définition de l'ordre juridique français. La condition de réciprocité n'est pas examinée
par les juridictions. Cette vérification relève de l'autorité du gouvernement. Le principe de supériorité du
droit international ne s’applique qu’aux traités régulièrement conclus.
Article 70 de la Constitution Djiboutienne stipule que "Le président de la République négocie et
approuve les traités et les conventions internationaux qui sont soumis à la ratification de l'Assemblée
nationale.
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des
lois sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie et de sa conformité
avec les dispositions pertinentes du droit des traités.
Sans préjudice du paragraphe précédent, la ratification ou l'approbation d'un engagement international
comportant une clause contraire aux dispositions pertinentes de la Constitution ne peut intervenir que
postérieurement à la révision de celle-ci".
.-On peut se poser la question suivante : Est-ce que le traité a une valeur ou non supérieure à la
Constitution ?
Cependant, il faut remarquer que cette question ne peut pas poser de problème. En effet, la ratification
d'un traité international suppose, s'il est contraire à la Constitution, une modification de celle-ci (ex. Traité
de Maastricht). Il ne pourra, dès lors, être ratifié que s'il est conforme à celle-ci. A défaut, il ne peut
intégrer dans la hiérarchie des normes françaises.
Le droit communautaire
Quant à son origine, c’est le droit issu des différents traités constitutifs des communautés européennes
puis de l’Union Européenne :
 Traité de Rome (25 mars 1957)
 Acte unique européen (14 et 28 février 1986)
 Traité de Maastricht (7 février 1992)
 Traité d’Amsterdam (2 octobre 1997)

Il s’agit non seulement des règles énoncées par les traités eux-mêmes (droit originaire) mais aussi des
règles élaborées par les institutions communautaires de l’union européenne (droit dérivé) mises en place
par les traités. Quant à ses effets, le droit communautaire réalise un transfert partiel de souveraineté qui se
traduit par une double incidence sur l’ordre juridique interne. Certaines dispositions communautaires
bénéficient de l’applicabilité directe et peuvent donc être invoquées par les particuliers tant devant les
juridictions nationales que devant la Cour de justice de l’union européenne, par le biais des questions
préjudicielles.

Les règlements communautaires sont aussi des sources supranationales :


- Il s’agit des actes à portée générale et obligatoire28 , directement applicable dans tout les États: ils ne
visent pas un destinataire en particulier mais tous les États et les ressortissants de l’Union.
- Ils sont obligatoires, en conséquence, ils ne peuvent pas s’appliquer partiellement ou de façon
incomplète.
- Ils ne nécessitent pas de mesure de réception dans l’ordre juridique national : on dit qu’ils sont
directement applicables.
Les directives sont des actes :
- Qui n’ont pas de portée générale et qui ne lient que les États-membres.
28
Voir la définition du mot Règlement dans le lexique des termes juridiques.
-Elles produisent un effet obligatoire : les États-membres sont liés par le résultat que fixe la directive.
Exemple, si une directive enjoint aux États de lutter contre les inégalités de rémunération entre les
hommes et les femmes, ce but doit être atteint et les États n’ont pas le droit de s’affranchir du résultat. En
revanche, ils sont libres des moyens à employer pour atteindre le résultat (ils peuvent recommander aux
syndicats de négocier avec les employeurs ou édicter une loi).

II. - La coutume
La coutume constitue une source directe du droit. D’une part, nous allons étudier la définition et ses
éléments, puis le rôle de la coutume.
A- la notion de coutume et ses éléments.

La coutume est une règle de droit non-écrite, issue d’un usage général et répété, à laquelle les membres
du groupe social se conforment parce qu’ils la considèrent comme obligatoire. Alors, l’existence d’une
coutume suppose en effet de deux éléments ou conditions : à savoir un premier élément matériel qui
consiste un usage ou une pratique présentant quatre caractères, il doit être ancien 29, constant30, général 31et
[Link], le deuxième élément est psychologique (c'est-à-dire la conviction que l’usage présente
un caractère obligatoire) on appelle l’ « opinionecessitatis ».

B-Le rôle de la coutume.

On peut relever trois hypothèses différentes d'application de la coutume :


-celle où la loi renvoie expressément à la coutume (coutume secundumlegem), par exemple : Inspirée
de l’Abbé Pierre, la Loi d’Alurprévoit la trêve hivernale, aucun locataire ne peut être expulsé en période
hivernale. La trêve hivernale 2018 - 2019 a débuté le 1er novembre 2018 et prendra fin le 31 mars 2019,
l’article 663 du code civil renvoie aux usages locaux pour déterminer la hauteur des clôtures, la même
chose pour l’article 1135 du [Link] renvoie lui aussi aux usages pour l’interprétation des contrats.
-celle où la coutume vise à combler une lacune de la loi (coutume praeterlegem), par exemple : avant la
loi 2002 sur le nom de famille, l’enfant légitime né des parents mariés portait le nom du père par
coutume, puisque la loi ne prévoyait rien.
-celle où la coutume est contraire à la loi (coutume contra legem), par exemple: La coutume qui permet
à la femme mariée de porter le nom de son mari implicitement consacrée en 1893 (art. 299 anc. C. civ.).
La coutume est souvent particulière à un groupement professionnel, voire à une seule profession. Elle
n'est parfois que locale, régionale, etc...
-Il existe aussi des adages coutumiers, ou maximes qui ont été consacrés par la Jurisprudence, même si
elle leur assigne un domaine souvent plus restreint qu'il n'était à l'origine
«Accessoriumsequitur principale» : L’accessoire suit le principal
«Nullapoena sine lege» : pas de peine sans loi
«Affectio societatis» : Intention de s’associer
«Actor incumbitprobatio» : La preuve incombe au demandeur
-Ces adages, inscrits nulle part, sont reconnus par la jurisprudence et ont valeur de droit. On ne peut pas
dire qu'il s'agisse de règle jurisprudentielle, car, à l'origine, elles n'étaient que coutumières.
Section II : LES SOURCES INDIRECTES DU DROIT

Les sources indirectes du droit sont la jurisprudence et la doctrine.

29
C'est-à-dire aucun délai minimal ne peut être fixé a priori.
30
C'est-à-dire suivi sans discontinuité.
31
C'est-à-dire suivi par toutes les personnes intéressées.
32
C'est-à-dire connu sinon de tous du moins de la majorité des intéressés.
A. LA JURISPRUDENCE

Au sens large, le mot désigne l’ensemble des décisions rendues par les juridictions dans les litiges qui leur
sont soumis : c’est la jurisprudence.
Au sens étroit, le mot désigne plus précisément la solution habituellement donnée par les juridictions à un
problème de droit particulier. Il s’agit alors d’une jurisprudence, qui peut être commune à toutes les
juridictions considérées ou propre à l’une d’entre elles. On parlera ainsi, par exemple, de la jurisprudence
de la cour d’appel de Paris en matière d’accidents de la circulation33.
La question, controversée, et celle de savoir si ces solutions sont des règles de droit, et donc si la
jurisprudence est une source de droit. Il est cependant nécessaire de décrire l’organisation juridictionnelle
avant de pouvoir se prononcer sur l’autorité de la jurisprudence.

B. LA DOCTRINE

On définit la doctrine comme la littérature juridique ou comme les opinions émises sur le droit par ses
spécialistes : professeurs magistrats, avocats …. Ces opinions (émises dans les traités, les commentaires,
les monographies, les articles etc.) n’ont aucune valeur obligatoire. En revanche, quand elles sont
suffisamment étayées, elles peuvent influencer la conviction du juge et moduler l’œuvre législative.
La doctrine est reconnue comme étant le miroir du droit c'est-à-dire qu’elle l’explique tout entier, toutes
ses sources en dégageant les idées, les facteurs et les principes qui l’animent. Le but étant de montrer
au législateur le défaut de la règle de droit afin que celui-ci intervienne pour la modifier.
Ainsi, Les juristes doivent proposer des règles meilleures qui sont plus adaptées aux besoins sociaux
et économiques.
Exemple : -les projets ou proposition de lois par le législateur, sont rédigés avec la collaboration étroite
de professeurs de droit et de praticiens ;
-Les juges se réfèrent aux travaux de la doctrine lorsqu'ils sont chargés d'appliquer une règle de droit au
contenu obscur c’est à dire que les critiques adressées sont pris en compte par ces derniers qu’ils
parviennent à modifier leurs jurisprudences.
Hans Kelsen est le fondateur de la théorie dite de la pyramide des normes ou théorie pure du droit. Cette
théorie vise l'ordonnancement des différentes normes et sources du droit, assurant ainsi une explication
rationnelle et fonctionnelle au principe de hiérarchie des normes et du droit international public. Le
principe fondamental de cette théorie s'appuie sur l'idée de conformité. Ainsi, la norme inférieure valide
ne peut être contraire à la norme qui lui est immédiatement supérieure. Si tel est le cas, un contentieux
pourra aboutir à l'« annulation » ou la « correction » de la norme inférieure contraire ou invalide.

Chapitre 3 : Les Divisions du Droit

Les règles de droit appréhendent la vie sociale dans tous ses aspects. Or, la vie sociale devient de plus en
plus complexe et les règles deviennent plus nombreuses et plus spécifiques. On distingue donc le droit
public et le droit privé mais aussi le droit mixte.

Section 1 : Distinction entre Droit public et Droit privé

Le droit est scindé en deux par une division fondamentale SUMMA DIVISIO entre droit public et droit
privé. Elle est issue de la civilisation latine, qui sépare nettement la vie privée et vie publique.

33
Voir le cours du professeur Bruno Petit « introduction au droit ».
-Le droit privé règle les rapports entre les personnes privées34 et les relations juridiques entre
l’administration et les particuliers lorsqu’elles ne sont pas exorbitantes du droit commun.
-Le droit public vise à organiser l’Etat et les collectivités publiques et à régir leur relation avec les
particuliers (les administrés)35.

A-Présentation de la distinction

Le droit public se définit comme la branche de droit qui régit l’organisation des pouvoirs publics ainsi que
les rapports entre les pouvoirs publics et les particuliers. Ses règles, orientées vers la satisfaction de
l’intérêt général ou collectif, sont le plus souvent impératives c'est-à-dire qu’elle s’impose de manière
absolue. Ces règles sont sanctionnées par les juridictions de l’ordre administratif, à la tête duquel se
trouve le Conseil d’Etat.
Le droit privé se définit comme la branche de droit qui régit les rapports des particuliers entre eux. Ses
règles, davantage orientées vers la satisfaction d’intérêts individuels, sont en principe supplétives : elles
sont proposées et non imposées. Ces règles sont sanctionnées par les juridictions de l’ordre judiciaire, à la
tête duquel se trouve la Cour de Cassation.

B-Critique de la Distinction

Cette distinction relève d’un certain arbitraire et connaît quelques approximations c'est-à-dire qu’ils
connaissent des similitudes. On reproche aussi cette distinction d’être imprécise 36 et fausse37.
D’une part, le droit privé qui a suivi le développement de l’activité humaine (avancée de la médecine,
développement de l’informatique etc.) ne se désintéresse pas de l’intérêt général. Par exemple : -Le
mariage: concerne les particuliers mais aussi l’Etat. -Le service public, est davantage assuré dans l’intérêt
des usagers que dans celui de l’Etat.
D’autre part, il existe des règles de droit privé non impératives comme le droit de vote et des règles de
droit privé impératives afin de protéger les personnes comme le droit de la consommation, du divorce.
Enfin, on assiste :
- À une privatisation du droit public : de plus en plus de secteurs publics emploient des personnes avec un
statut de droit privé, et non un statut de fonctionnaire.
- À une publicisation du droit privé : certaines entreprises privées (de transport par exemple) sont
investies dune mission de service public pour laquelle l’Etat leur accorde des prérogatives de puissance
publique tout en les soumettant à son contrôle administratif.
Il existe une juridiction spéciale, le Tribunal des conflits, chargé d’indiquer et certains litiges
relèvent du juge administratif ou du juge judiciaire.

Section II -Les principales branches du droit :

Les règles de droit se regroupent en fonction du secteur d’activité auquel elles sont applicables. Il s’agit
de « branches de droit », ensemble cohérent et autonome de règles, adapté à un secteur déterminé
d’activités.
A. Les branches du droit public
Le droit public est l'ensemble des règles qui organisent le fonctionnement d'un État et qui gouvernent les
rapports de l'État et de ses agents avec les particuliers. Il se subdivise en plusieurs branches :

34
Voir la définition donnée par le lexique des termes juridiques, Dalloz.

35
Voir la définition donnée par le lexique des termes juridiques, Dalloz.
36
Une des illustrations de cette imprécision est la difficulté de classer le droit pénal.
37
Il s’agit ici de dire que cette distinction tend à négliger l’unité du droit.
Le droit constitutionnel : Il organise la forme de l’Etat, la Constitution du gouvernement et le
fonctionnement des pouvoirs publics. Il est fondé sur la Constitution de 1958, les lois organiques et les
lois constitutionnelles. Il relève de la Cour de justice de la République, de la Haute Cour et du Conseil
Constitutionnel.
Le droit administratif : Concerne les rapports entre les particuliers et l’administration (santé,
enseignement etc.), ainsi que le rôle et l’organisation des administrations et des services publics (Etat,
régions, communes etc.) Non codifié et essentiellement jurisprudentiel, il relève du tribunal administratif.
Il est né de la pratique même de l’administration, qui s’est dotée d’un ordre juridictionnel pour régler le
contentieux administratif, selon les règles du droit administratif.
Par exemple : Arrêt du Tribunal des conflits du 8 février 1873 Blanco.
Le droit international public : Ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre les Etats. Règles
qui définissent l’organisation, le fonctionnement, la compétence et les pouvoirs des organisations
internationales. Il repose sur des conventions diplomatiques, traités, principes généraux. Il se rapproche
du droit constitutionnel avec la Charte des Nations Unies qui est considéré comme la forme embryonnaire
d’une Constitution mondiale. Il a des aspects du droit administratif quant à la gestion des organisations
internationales et leurs employés. Il existe des juridictions internationales compétentes telle que la Cour
internationale de Justice (CIJ). Cependant l’absence de sanction, en cas de manquement aux règles rend
peu efficace ce droit.
Le droit des finances publiques ou droit fiscal : Il régit les procédures de contribution des particuliers au
budget de l’Etat et des collectivités territoriales ou publiques ainsi que les modalités de calcul de celles-ci.
Il est envisagé dans le code général des impôts et relève du tribunal administratif.
Libertés publiques : Ils correspondent aux droits des individus dans la société, notamment les droits de
l’homme et les droits fondamentaux : liberté d’aller et venir, liberté d’opinion…Etc.
B. Les principales branches du droit privé :
Il garantit des droits, c’est-à-dire qu’il ouvre au particulier la possibilité de bénéficier de certains
avantages, il est tenu de les respecter sous peine de sanctions pénales et civiles.
Le droit civil : Ensemble des règles qui assurent l’individualisation de la personne en tant que sujet de
droit dans la société (nom, domicile, état civil) et qui organisent les principaux rapports de la vie en
société. Il comporte : le droit des obligations (dont le droit des contrats), le droit des personnes, le droit de
la famille, le droit des biens, le droit des successions, le droit de la preuve. C’est le droit dit commun, qui
s'applique par défaut, lorsqu'il n'existe pas de règles spécifiques (relevant d'autres branches du droit
privé). Il est régi par le Code civil et relève du TI, TGI.
Le droit commercial ou Droit des Affaires : Il réglemente l’activité des commerçants et industriels dans
l’exercice de leur activité professionnelle : fonds de commerce, aux actes de commerce etc. Il est
envisagé dans les Codes du commerce, de la consommation, monétaire et financier et relève du tribunal
de commerce.
Le Droit international privé : il s’occupe des relations entre les particuliers, dès lors qu’elles présentent
un élément d’extranéité (étranger) qui leur confère une dimension internationale. Il en est ainsi lorsqu’un
Djiboutien et une française se marient au Canada, puis résident aux USA, où ils souhaitent divorcer. En
principe, dans les contrats d’affaires internationaux, les parties prévoient une clause d’attribution de
compétence.
C. Les branches mixtes

On appelle droit mixte les matières qui se trouvent à la fois au sein du droit public et au sein du droit
privé.
Le Droit du Travail : Le droit du travail est l'ensemble des règles qui régissent les relations entre les
employeurs et les salariés. Le contrat de travail crée un lien de subordination juridique entre employeur et
salarié, dès lors, le droit du travail rassemble tout ce qui est source de droit rétablissant l'équilibre. Le
droit du travail est parfois improprement nommé droit social. Cette seconde discipline est plus large,
puisqu'elle englobe non seulement le droit du travail mais aussi le droit de la protection sociale. Il est régi
par le Code du travail et relève du Conseil de Prud’hommes.
Le droit de la sécurité sociale intéresse les règles applicables aux rapports entre les assurés et les
organismes de sécurité sociale. Il est régi par le Code de la Sécurité sociale et relève pour le contentieux
général du tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS).
Le Droit Processuel ou judiciaire : c’est le droit du procès et il regroupe trois types de procédures, à
savoir la procédure civile, celle administrative et celle pénale et relève de différentes juridictions. Ce droit
fixe l'ensemble des formalités qui doivent être observées dans le déroulement d'une procédure judiciaire.
Le droit pénal ou Droit criminel: Droit de répression ayant pour objet de définir les comportements
constitutifs d’infractions et de fixer les sanctions applicables à leurs auteurs. Aspect droit public :
Intervention de la puissance publique dans la sanction ; infractions déterminées en fonction de l’intérêt
général. Aspect droit privé : Sauvegarde de prérogatives individuelles (ex. : sanctionner le vol = protéger
la propriété ou le bien d’autrui). Il est régi par lecode pénal et de procédure pénale et relève du tribunal
de police en matière de contraventions, du tribunal correctionnel en matière de délits et de la Cour
d’assises en matière de crime, lesquels font partie de l’ordre judiciaire.

Chapitre 4 : Le Domaine d’application de la règle de droit.

La loi n'est pas applicable du seul fait qu'elle a été votée par le Parlement ou par simple ordonnance. Elle
ne
le devient qu'à partir du moment où elle entre en vigueur, ce qui marque sa naissance et jusqu'à son
abrogation, qui constitue son acte de mort.
L'entrée en vigueur de la loi :
Pour qu’une Loi entre en vigueur il faut tout d’abord que deux conditions soient remplies :
- La promulgation : Cette décision appartient au Président de la République qui a seul
pouvoir, en vertu de l'article 10 de la Constitution38, de promulguer les lois émanant du
Parlement. La promulgation des lois est un acte ordonnant l'exécution de la loi. Il donne cet
ordre par décret, dit décret de promulgation. En plus de son rôle d’authentification de la loi, le
décret de promulgation a pour fonction complémentaire de localisation de la loi dans le temps.
C'est en effet la date de ce décret qui devient celle de la loi. Il doit promulguer la loi dans
les 15 jours qui suivent la transmission au gouvernement de la loi définitivement
adoptée. Pour les Ordonnances et les règlements (décrets et arrêtés), il n'est pas nécessaire
de procéder à cette promulgation car ils sont exécutoires par nature puisqu’ils émanent du
pouvoir exécutif.

La publication: Les lois et les règlements doivent être publiés. La nécessité de cette publication
est évidente. Vouée à régir le comportement des citoyens, la règle de droit doit être connue par ceux-
ci. A partir de cette publication, "Nul n'est censé ignorer la loi". C'est cette fin que poursuit
directement l'exigence d'une publication des lois et règlements. Cette publication est faite au Journal
Officiel de la république française39. Ensuite il faut la Date de l'entrée en vigueur : c’est le
lendemain de la date de promulgation.
-A Paris, la loi n'entrera en vigueur, en principe, qu'après un délai d'un jour franc (entier) à compter de
sa parution au J.O. En province, l'entrée en vigueur aura lieu un jour franc après la réception du JO à la
préfecture. Un jour franc est un jour entier de 0h à minuit. (Le jour de publication et de réception n’en
comptent donc pas)
Exemple : Loi votée le 23 octobre et promulguée le 24 octobre. Elle est publiée au J.O. le 25 et le J.O.
est reçu dans les Préfectures le 26 au matin.
38
Voir l’article 34 de la constitution Djiboutienne « le président de la République promulgue les lois adoptées
par l’Assemblée nationale dans un délai de 15 jours ».
39
A Djibouti une loi est publiée dans la Nation.
L'abrogation de la loi
On distingue trois types d'abrogation :
-L'abrogation expresse : lorsque le texte nouveau précise formellement l'abrogation du texte
antérieure;  -L'abrogation tacite ou implicite : lorsque le texte nouveau ne comportant aucune
formule d'abrogation apparaît néanmoins incompatible avec celui-ci. S’il est impossible de concilier
les 2 alors il faut appliquer le nouveau qui correspond à la volonté la plus récente du législateur
puisqu’il abroge l’ancien;
- L'abrogation par désuétude consiste l’inapplication de la loi pendant une longue durée. Section I :

Section 1) Le champs d’application de la loi

A) L’application de la loi dans l’espace

Les principes : La loi française40 s’applique sur l’ensemble du territoire sur lequel s’exerce la
souveraineté française. L’article 3 du code civil apporte deux précisions « les lois de police et de sûreté
obligent tous ceux qui habitent sur le territoire. Les immeubles, même possédés par des étrangers, sont
régis par la loi française ? Les lois concernant l’état et la capacité des personnes régissent les françaises
même résidant en pays étranger.
Les exceptions : Malgré le principe de l’unité, l’histoire et la géographie laissent subsister es
exceptions et des spécificités. Les lois de droit public et de droit pénal s’appliquent généralement
pleinement sur le territoire tandis que les lois du droit privé admettent des exceptions.
B) L’Application de la loi pénale dans l’espace.
Le problème est celui de savoir quelle est la loi, française ou étrangère, applicable à une situation
juridique donnée.
Cette question ne se pose que s’il ya un élément d’extranéité, exemple : le contrat est conclu en France
avec un étranger ou bien l’immeuble vendu est situé à l’étranger. Quant aux éléments de réponse, ils
peuvent très schématiquement, être indiqués en deux temps :
- Il faut tout d’abord, apporter une importante atténuation au principe de l’application territoriale de la
loi. Celui-ci ne joue en effet de manière absolue que dans les matières ou domine le souci de l’intérêt
général : droit public et droit pénal principalement.

C’est ainsi en particulier que, sauf exceptions, le droit pénal français s’applique à tous les faits commis
sur le territoire français même par un étranger et ne s’applique pas aux faits commis à l’étranger même
pour un français. Et, dans ce dernier cas, le juge français ne peut appliquer la loi pénale étrangère. Il en
va en revancher différemment dans les matières où dominent les préoccupations d’ordre privé : droit
civil et droit commercial principalement. Il appartient alors au juge français de faire, le cas échéant,
application de la loi étrangère et, pour cela, de commencer par déterminer la loi applicable.
Ensuite, Pour ce faire, le juge doit alors, user des règles de conflit définies par le droit international
privé. Celles-ci formant un ensemble complexe et nuancé, on se bornera à donner 3 indications
schématiques (chacune comportant de multiples exceptions). D’une part, le statut personnel (l’état
civil, la capacité, le mariage et la filiation) est en principe régi par la loi nationale de l’intéressé ou
qu’il se trouve. D’autre part, à l’opposé, le statut réel (c'est-à-dire les règles relatives aux biens) est en
principe soumis à la loi du lieu de situation du bien. Enfin, les actes juridiques et spécialement les
contrats, obéissent en principe à la loi dite d’autonomie c'est-à-dire la loi désignée par les parties de
façon expresse ou implicite.

40
L’article 1 du nouveau code Djiboutien « Les lois sont exécutoires dans le territoire djiboutien en vertu de
la promulgation qui en est faite par le Président de la République, et entrent en vigueur le jour qu’elles fixent ou,
à défaut, le lendemain de leur publication au Journal Officiel de la République de Djibouti.
La publication au sens de ce texte s’entend de la première publication en date réalisée par l’Imprimerie
Nationale ou par voie dématérialisée. »
SECTION II- L’APPLICATION DE LA LOI DANS LE TEMPS

L'entrée en vigueur d'une loi nouvelle peut créer un problème de conflit de lois dans le temps. Il faut
organiser cette succession pour éviter l’instabilité juridique. Lorsque deux lois se succèdent, il faut
déterminer à quels faits s'appliquent la loi nouvelle.
Les individus ont besoin de sécurité juridique : ils accomplissent les actes de la vie juridique en
fonction de la législation en vigueur à l'époque où ils agissent. Mais la loi nouvelle est supposée
réaliser une amélioration par rapport à la loi ancienne. Nous verrons dans cette section les 2
principes énoncés par l’article 2 du code civil à savoir donc en premier lieu, le principe de la non-
rétroactivité des lois et en second lieu le principe de l’effet immédiat de la loi nouvelle.
A-LE PRINCIPE DE LA NON-RETROACTIVITE DES LOIS

Le principe : la non rétroactivité de la loi nouvelle.


La règle est que la loi nouvelle ne peut s’appliquer à des faits survenus antérieurement à son entrée en
vigueur mais s’applique que pour les situations à venir ou futures. Elle est consacrée non seulement
par l’article 2 du code civil Djiboutienqui stipule que « la loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a
point d’effet rétroactif» mais aussi par l’article 112-1 du code pénal Français « sont seuls
punissables les faits constitutifs, d’une infraction à la date à laquelle ils ont été commis ».
La justification de la règle se trouve dans le double souci d’assurer la sécurité des individus et
l’autorité de la loi : aucun de ces deux objectifs ne serait en effet atteint si l’individu pouvait avoir l
mauvaise surprise de voir sa conduite appréciée en fonction d’une règle différente de celle à laquelle il
s’était conformé. Ces impératifs s’imposent en outre d’une manière particulièrement impérieuse en
matière pénale, où l’on ne concevrait pas que la loi puisse frapper sans avertissement. Par exemple :
Une personne contracte un contrat de prêt en 2014 avec un taux d’intérêt de 9% qui prendra fin
en 2017. En janvier 2017, l’intérêt passe à 7%, l’emprunteur ne peut se prévaloir de la nouvelle
loi.
La loi ne peut pas remettre en cause des situations juridiques valablement créée sous l’empire de la loi
en vigueur au moment de leur constitution.
La loi ne peut pas remettre en cause des situations juridiques valablement créée sous l’empire de la loi
en vigueur au moment de leur constitution.
Les exceptions :
Il est en premier lieu, des lois expressément rétroactives. On estime en effet, classiquement, que le
principe de non rétroactivité, étant inscrit dans les codes, est de valeur législative et non
constitutionnelle. Par suite, s’il s’impose au juge et au pouvoir réglementaire, il ne lie pas en revanche
le législateur, ainsi autorisé à formuler des règles rétroactives sous la seule condition de le prévoir
formellement.
Ce raisonnement est cependant condamné aujourd’hui en matière pénale, le Conseil constitutionnel
ayant en ce domaine, reconnu la valeur constitutionnelle du principe. Il n’est plus possible d’édicter
une loi expressément active lorsque la loi est plus sévère (nouvelle incrimination, aggravation de la
peine, suppression de circonstances atténuantes…) Il s’agit d’un principe constitutionnel inscrit dans la
Déclaration des droits de l’homme de 1789. Le Conseil Constitutionnel veille à son respect et annule
les lois qui y porteraient atteinte.
-Des lois rétroactives peuvent en revanche se rencontrer en matière civile précisément contractuelle
et c’est ainsi par exemple : la loi du 5 juillet 1985 relative aux accidents de la circulation comportant
un article 47 disposant : «les dispositions des articles 1er à 6 s’appliqueront dès la publication de la
présente loi, même aux accidents ayant donné lieu à une action en justice introduite avant cette
publication, y compris aux affaires pendants devant la Cour de cassation». La disposition donnant un
caractère rétroactif à la loi est bien expressément exprimée.
Il est en second lieu, des lois rétroactives par nature, tel est le cas :
Des lois interprétatives qui ont pour objet de préciser le sens d’un texte antérieur, elles prennent
très logiquement effet à la date du texte interprété (elle s’incorpore à la loi obscure qu’elle interprète);
Des lois pénales plus douces ; en matière pénale, la loi nouvelle s’applique en effet aux faits
antérieurs (n’ayant pas encore fait l’objet d’un jugement irrévocable) dès lors qu’elle apparaît plus
favorable, au prévenu que la loi ancienne. Par exemple : la peine de mort abolit en 1981 a aussitôt
cessé d’être encourue même en raison de crimes antérieurs. Cette rétroactivité dite in mitius ou la loi
pénale la plus douce, est aujourd’hui consacrée par la loi (article 112-1 al3 du code pénal français) et
constitue également selon le Conseil constitutionnel, un principe de valeur constitutionnelle auquel
le législateur ne peut par conséquent déroger41.
B-LE PRINCIPE DE L’EFFET IMMEDIAT DE LA LOI NOUVELLE

Le principe : La règle est que la loi ancienne ne peut s’appliquer à des faits postérieurs à son
abrogation, c.à.d. l’entrée en vigueur de la loi nouvelle. A la différence de la précédente, cette règle
n’est pas expressément consacrée par aucun texte. Elle trouve cependant une justification suffisante
non seulement dans le fait que la loi nouvelle est présumée meilleure mais surtout dans la nécessité
d’assurer l’uniformité des situations juridiques. Celle-ci interdit en effet de distinguer selon la date à
laquelle la situation s’est créée. L’application de la règle fait cependant l’objet de nuances qui
imposent de distinguer entre deux hypothèses. La première est celle où la loi nouvelle vient modifier
les conditions de constitution ou d’extinction d’une situation juridique. Il faut alors sous-distinguer. Si,
en premier lieu, les conditions requises par la loi ancienne étaient d’ores et déjà satisfaites, la situation
ainsi créée ne peut être remise en cause par la loi nouvelle. Par exemple, une loi qui porterait l’âge de
la majorité à 21 ans ne rendrait pas mineurs les individus d’ores et déjà âgés de plus de 18 ans; de
même une loi allongeant le délai de prescription acquise antérieurement : ces solutions sont à vrai dire,
impliquées par le principe de non-rétroactivité. Mais si, en second lieu, les conditions exigées par la loi
ancienne n’étaient pas encore remplies, la loi nouvelle s’applique immédiatement. Par exemple, la
loi augmentant l’âge de la majorité diffère l’obtention de celle-ci pour les individus âgés de moins de
18 ans ; de même, la prescription est désormais soumise au délai nouveau, même si elle a commencé à
courir antérieurement.
La seconde hypothèse est celle de la loi nouvelle vient modifier les effets d’une situation juridique.
La règle est alors que les conséquences futures des situations en cours sont exclusivement régies par la
loi nouvelle. Il ya donc lieu d’appliquer immédiatement la loi qui, par exemple, modifierait les
obligations entre époux même mariés antérieurement ou les

41
Voir l’ouvrage l’introduction au droit de Bruno Petit.
Prérogatives issues du droit de propriété même acquis antérieurement. La non-rétroactivité interdirait
en revanche de remettre en cause les effets passés des situations considérées.

L’exception

Elle est relative aux effets futurs des contrats en cours. Par dérogation à la règle générale, ceux-ci
restent en effet régis par la loi qui était en vigueur lors de la conclusion du contrat : la loi ancienne
survit ainsi à son abrogation. Cette solution dérogatoire repose sur une double justification. D’une part,
la liberté contractuelle, en autorisant les parties à modeler à leur gré le contenu de leur accord,
implique une grande diversité des situations contractuelles : l’uniformité n’est pas ici nécessaire.
D’autre part, le rôle primordial reconnu à la volonté privée des contractants exige que soient respectées
les prévisions des parties, dont les textes en vigueur constituent l’un des éléments essentiels. La loi
nouvelle est donc, en principe, sans application aux contrats en cours, sans qu’il y ait lieu de distinguer
selon qu’il s’agit d’une loi supplétive ou impérative.
L’exception, cependant, comporte elle-même des exceptions. D’abord, la loi nouvelle s’applique
immédiatement lorsqu’elle le prévoit elle-même de manière expresse : par exemple, la loi de 1966,
relative à l’usure, a été déclarée applicable aux contrats de prêt conclus antérieurement. Ensuite, il en
est de même, selon la jurisprudence, lorsque la loi nouvelle s’inspire d’un ordre public
particulièrement impérieux : c’est ainsi, notamment, que la nullité des clauses de paiement en or a été
appliquée à des contrats antérieurs à la loi prohibant ces stipulations, ou que les lois de protection des
salariés sont couramment appliquées aux contrats de travail en cours.
CHAPITRE 5 : L’Organisation Juridictionnelle Française.

Section I : Les Principes Fondamentaux qui régissent le système judiciaire français

L’organisation des juridictions françaises repose sur plusieurs principes qui garantissent le respect des
libertés fondamentales.
-Le Principe de la gratuité de la justice : le justiciable qui saisit la justice n’a pas payer le juge. S’il
doit engager des frais, c’est uniquement pour organiser son action ou sa défense (frais d’avocats….).
Pour renforcer encore ce principe, un mécanisme d’aide juridictionnelle est mis en place assurant la
prise en charge totale ou partielle de ces frais.
-Le Double degré de juridiction : en principe, une décision de justice peut faire l’objet d’un recours
devant une autre juridiction. Des exceptions sont prévues par le droit français, notamment quand la
décision est rendue en premier et dernier ressort en raison de la faiblesse des sommes en jeu.
-La Publicité des décisions de justice : En principe, la procédure est publique, tant en ce qui concerne
les audiences que le rendu de la décision.
Par exception, pour certaines affaires, ce principe peut être écarté.
-Le Droit à un procès équitable : En vertu de ce principe, affirmé dans l’article 6-1 de la CEDH,
toute personne a le droit d’être jugée par un tribunal indépendant et impartial.
Ce principe inclut, notamment, le principe du contradictoire et du respect des droits de la défense.
Les autres principes du système judiciaire :
-Le principe de collégialité prévoit qu’en principe les décisions de justice sont rendues par une
formation de jugement comprenant au moins trois juges.
-La motivation des décisions de justice permet à la fois au justiciable de comprendre la décision
rendue et à la Cour de Cassation (ou au Conseil d’Etat) d’exercer son contrôle.
Section II- LES DIFFERENTES JURIDICTIONS
Les juridictions se répartissent en deux ordres : un ordre judiciaire42et un ordre administratif.
Les juridictions de l’ordre judiciaire sont compétentes pour régler les litiges opposant les personnes
privées et pour sanctionner les auteurs d’infractions aux lois pénales. Les juridictions de l’ordre
administratif sont compétentes dès qu’une personne publique est en cause (une municipalité ou un
service de l’État par exemple).
Pour veiller à cette séparation, le Tribunal des conflits a été institué. Il tranche les conflits de
compétence entre les juridictions administratives et judiciaires.
A) Les juridictions de l’ordre judiciaire.
L’ordre judiciaire est compétent pour les litiges relevant du droit privé. Il est divisé en trois degrés :
-les juridictions du 1er degré ;
-les juridictions d’appel ;
-la Cour de cassation.
Ces juridictions du premier degré peuvent être séparées en juridictions civiles, pénales et
spécialisées.
1. Les juridictions civiles :

Elles sont compétentes pour connaitre les affaires en fait et en droit.


-Il existe le TGI43 qui tranche les litiges civils opposant des personnes privées (physiques ou morales)
qui ne sont pas spécialement attribués par la loi à une autre juridiction civile (tribunal d’instance,
conseil de prud’hommes, etc.) ainsi que les litiges civils qui concernent des demandes supérieures à 10
000 euros. Au pénal, il est dénommé tribunal correctionnel pour connaître des délits et tribunal de
police pour connaître les contraventions.
Le tribunal de grande instance statue en formation collégiale, composée de trois magistrats du siège,
juges professionnels, assistés d’un greffier.
Ensuite, il y a le Tribunal d’instance(TI), Juridiction de proximité, le tribunal d’instance traite la
plupart des petits litiges civils de la vie quotidienne.
Ce tribunal juge toutes les affaires civiles pour lesquelles la demande porte sur des sommes inférieures
à 10 000 euros : litiges liés aux accidents de la circulation, conflits relatifs au paiement des charges de
copropriété, dettes impayées, livraisons non conformes, travaux mal exécutés, demandes de dommages
et intérêts ou de remboursement d’un produit ou d’un service… Il est également chargé des affaires
relatives aux tutelles. Le tribunal d’instance comprend un ou plusieurs juges professionnels. Les
affaires sont toujours jugées par un seul juge d’instance qui préside les audiences et prend seul sa
décision, assisté d’un greffier.

2. Les juridictions spécialisées

Conseil de prud’hommes : Institués en 1806, les conseils de prud'hommes sont en quelque sorte les «
juges du travail ». Représentant les salariés et les employeurs, les conseillers prud'hommes sont eux-
mêmes issus du monde du travail, c’est une juridiction mixte. Cette dernier juge sur les matières
comme Salaires, congés payés, primes, licenciements individuels... Le conseil de prud’hommes règle
les litiges qui surviennent entre les salariés ou apprentis et leurs employeurs à l’occasion du contrat de
travail ou d’apprentissage. Il n’intervient pas en revanche pour régler les conflits mettant en jeu les
intérêts collectifs (par exemple en ce qui concerne les élections professionnelles). Lorsqu’il est saisi
d’une affaire, le conseil des prud’hommes tente obligatoirement de concilier les parties adverses. Si la
conciliation échoue, il rend alors un jugement.
Le conseil de prud’hommes est composé de juges non professionnels. Dans le cadre du renouvellement
des conseils de prud’hommes, les conseillers sont désignés sur proposition des organisations
42
Voir la partie sur « l’organisation juridictionnelle » de l’ouvrage du professeur Bruno Petit.
43
Veut dire Tribunal de grand instance, à Djibouti on parle du TPI (tribunal de première instance).
syndicales et patronales représentatives en fonction de leur audience respective. Ils sont nommés pour
un mandat de 4 ans.
Le tribunal de commerce : règle les litiges entre particuliers et commerçants ou entre commerçants et
sociétés commerciales. Il tranche également les conflits qui portent sur les actes de commerce entre les
entreprises, mais aussi entre les personnes. Il peut conclure des actions de prévention ou des
procédures collectives. Le tribunal de commerce est composé de juges non professionnels
(commerçants), appelés « juges consulaires », qui sont élus par leurs pairs.
Ce sont des bénévoles, choisis parmi des commerçants ou des dirigeants d’entreprises et élus par eux.
La formation de jugement doit comporter au moins trois juges, sauf dispositions contraires. Le
ministère public représente les intérêts de la société devant le tribunal de commerce. Il s’exprime
obligatoirement dans les dossiers d’entreprises en difficulté (redressement ou liquidation judiciaire).

Tribunal des affaires de sécurité sociale : Ce tribunal tranche les litiges entre les assurés sociaux et
les caisses de sécurité sociale, après un recours amiable exercé devant la commission de la sécurité
sociale. Il est compétent en cas de contestation portant sur l'assujettissement, le calcul et le
recouvrement des cotisations et des prestations sociales, le remboursement des frais médicaux… Il
statue, selon le cas, en premier ressort, c'est-à-dire à charge d'appel (l'appel est possible), ou en premier
et dernier ressort (sans possibilité d'appel).
Ce tribunal est composé de deux juges non professionnels représentant, l'un les salariés, l'autre les
employeurs ou les travailleurs indépendants, sous la présidence d'un juge du tribunal de grande
instance (le président du tribunal ou un juge qu'il délègue).

Tribunal paritaire des baux ruraux : juge les litiges entre un propriétaire et l'exploitant de terres ou
de bâtiments agricoles ; par exemple, un litige portant sur l'existence d'un bail rural ou sur le montant
du loyer du fermage, la durée du louage d'une terre d'exploitation…
Selon l'importance du litige, il statue en premier ressort et dernier ressort (sans possibilité d'appel), ou
en premier ressort à charge d'appel.

3. Les juridictions pénales

Cour d’assises : est une juridiction répressive compétente en premier et en appel , elle juge les
personnes accusées de crime, de tentatives et de complicités de crime : meurtre, viol, vol à main
armée…etc.
Elle est compétente pour tous les crimes de droit commun commis par des majeurs. Elle siège
également en formation de cour d’assises des mineurs avec des jurés, quand il s’agit de crimes commis
par des mineurs de plus de 16 ans. Certains crimes relatifs aux crimes terroristes, militaires ou relatifs
au trafic de drogue sont jugés par la cour d’assises spéciale. Dans ce cas, les jurés sont remplacés par
des magistrats professionnels. C’est une juridiction non permanente. Elle est départementale et
présente une originalité par sa composition et son fonctionnement. C’est en effet la seule juridiction
qui soit composée de juges professionnels (au nombre de trois) et d’un jury (six citoyens tirés au sort).
Les arrêts rendus par une cour d’assises sont susceptibles d’appel devant une cour d’assises d’appel.
Composée de trois magistrats professionnels et de neuf jurés, elle réexamine l’affaire dans son
intégralité. Son arrêt peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation.

Tribunal correctionnel : juge les délits (vol, escroquerie, abus de confiance, coups et blessures
graves…) commis par des personnes majeures.
Il peut prononcer des peines allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement (20 ans en cas de récidive), mais
aussi des peines alternatives à l’emprisonnement (travail d’intérêt général, stage de citoyenneté...), des
amendes ou encore des peines complémentaires (interdiction d’exercer une activité professionnelle,
retrait de permis…).
Chambre du tribunal de grande instance, le tribunal correctionnel est composé de trois magistrats
professionnels assistés d’un greffier. L’un des trois juges préside le tribunal. Cependant, certains délits
énumérés dans le Code de procédure pénale peuvent être jugés par le tribunal correctionnel statuant à
juge unique.

Tribunal de police : Le Code pénal distingue cinq classes de contraventions, selon la gravité de la
sanction qui leur est appliquée. Ces contraventions sont les infractions pénales les moins graves,
comme le tapage nocturne, la chasse sans permis, les coups et blessures légers... C’est le tribunal de
police qui juge les contraventions des cinq classes44. Ce tribunal siège au tribunal de grande instance et
statue toujours à juge unique. Il est assisté d’un greffier.

4. Les juridictions pour mineurs

Cour d'assises des mineurs : juge les crimes commis par des mineurs âgés de 16 à 18 ans au moment
des faits. Elle peut prononcer les mesures de protection, d'assistance, de surveillance et d'éducation qui
lui semblent appropriées. Elle ne peut prononcer de peine privative de liberté supérieure à la moitié de
la peine encourue par un majeur. Si la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité, elle ne
peut pas prononcer une peine supérieure à vingt ans de réclusion criminelle. La cour d'assises des
mineurs est composée de trois magistrats professionnels (dont deux juges des enfants), d'un jury
populaire de citoyens tirés au sort et du greffier de la cour d'assises.
Les fonctions du ministère public sont remplies par le procureur général ou par un magistrat
du ministère public spécialement chargé des affaires de mineurs.

LES JURIDICTIONS DU SECOND APPEL

Si le justiciable n’est pas d’accord avec la première décision rendue, il peut faire appel. L’affaire est
alors jugée une deuxième fois : c’est le principe du double degré de juridiction.
La cour d’appel contrôle en fait et en droit : elle examine les éléments matériels de l’affaire et vérifie
qu’il n’y a pas eu d’erreurs de droit. Elle peut soit confirmer la décision rendue par les premiers juges,
soit l’infirmer (c’est-à-dire l’annuler, la réformer) totalement ou partiellement.
Une cour d’appel est composée uniquement de magistrats professionnels : un premier président, des
présidents de chambre et des conseillers. Le ministère public est représenté aux audiences de la cour
d’appel par le procureur général, ou l’un de ses avocats généraux ou substituts généraux.
Le dernier recours possible contre une décision est le pourvoi en cassation

LES JURIDICTIONS DU TROISIEME DEGRE

La Cour de Cassation est placée au Sommet de la hiérarchie de l’ordre judiciaire : elle a pour mission
de contrôler la bonne application du droit par les juges du 2ème degré.
C'est la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire. Elle siège à Paris et exerce sa compétence sur
l'ensemble du territoire français. Elle ne juge pas les faits une nouvelle fois. Elle vérifie seulement que
la loi a été correctement appliquée et de la même manière par tous les tribunaux et cours d'appel. Elle
est saisie sur recours, le pourvoi en cassation, exercé par une personne qui a fait l'objet d'une décision
de justice ou par le ministère public. Lorsque la Cour estime que la décision attaquée n'a pas été prise
conformément aux règles de droit, elle casse la décision. L'affaire est alors renvoyée devant une
juridiction pour y être rejugée.

B-LES JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES

44
Voir le code pénal Djiboutien partie du livre 4 « sur les contraventions ».
Leur existence est la conséquence du principe de la séparation des pouvoirs : elles évitent de juger les
pouvoirs publics devant les juridictions judiciaires.
Ces juridictions comprennent essentiellement les tribunaux administratifs, les cours administratives
d’appel et le Conseil d’Etat.
Tribunal administratif

Les tribunaux administratifs sont les juridictions compétentes de droit commun en première instance.
Ils sont notamment compétents en cas de contestation d’un acte administratif ou d’une action en
responsabilité dirigée contre les services publics. C’est à eux que les requérants doivent d’abord
s’adresser. Créés en 1953 par un décret du 30 Septembre 1953, il en existe 27 tribunaux administratifs
répartis sur le territoire français. C’est une juridiction en principe collégiale composée d’un président
et des conseillers. Le TA est un juge de droit commun au premier degré en matière administrative et
ses jugements sont susceptibles d’un appel porté devant la cour administrative d’appel.
La cour administrative d’appel.

Cette juridiction a été instituée par la loi du 31 décembre 1987, il existe actuellement 7 cours
administratives d’appel établies à Bordeaux, Douai, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes et Paris. La cour
administrative d’appel est en principe juge d’appel des décisions rendues en toutes matières par le
tribunal administratif.

Chapitre 4 : la classification des droits subjectifs

La classification consiste à distinguer selon que les droits ont une valeur
appréciable en argents, où selon qu’ils entrent ou non le patrimoine de
leur titulaire.

Section 1 : le patrimoine

Dans une première définition, le patrimoine regroupe l’ensemble de droits


et d’obligations pécuniaires d’une personne, autrement dit c’est
l’ensemble des actifs (des droits) et passifs (obligations) d’un individu. On
compare très fréquemment le patrimoine à une enveloppe, un sac, une
bouteille.

En droit français, la théorie classique du patrimoine est celle qui


a été élaborée à la fin du XIX siècle par Aubry et Rau. C’est cette
construction doctrinale qui malgré sn excès d’abstraction en
dépit de nombreuse critique, inspire encore la plupart des
solutions de notre droit positif. Dans la théorie d’Aubry et Rau, le
patrimoine présente trois caractères. D’une part il ne contient
que les droits et obligations ayant une valeur appréciable en
argent, d’autre part il est une universalité de droit et une
émanation de la personne.
A- Le patrimoine, universalité de Droit

La notion de patrimoine : universalité de droit et personnalité


juridique C'est une notion différente de la version issue du langage
courant. En droit le patrimoine est une poche qu'on accroche à une
personne dès sa naissance quand elle nait vivante et viable (jusqu'à
la mort). On peut même élever le patrimoine comme un attribut de
la personne. Le patrimoine a vocation à évoluer dans un sens positif
comme négatif. Il existe jusqu'au décès de la personne concernée.
La notion de patrimoine en droit des biens et bien différente de la
notion commune de patrimoine qui considère que le patrimoine est
constitué de biens familiaux ou acquis au fil d'une vie et transmis à
ses héritiers.

1- L’actif du patrimoine

L'actif permet de combler le passif donc il y a toujours une addition à


faire. L'article 2284 du Code civil issu d'une ordonnance du 23 mars
2006 dispose que quiconque s'est obligé personnellement est tenu de
remplir son engagement sur tous ces biens mobiliers et immobiliers
présents et à venir. Cela signifie que le prix de revente d'un bien est
intégré au patrimoine et peut être remployé à l'achat d'un nouveau
bien. Le texte dit plusieurs choses : Les biens d'une personne forment
un tout. Tout le patrimoine actif répond de tout le passif.

2- le passif du patrimoine
Le passif du patrimoine Il s'agit des dettes. Au sens juridique du terme,
un patrimoine ne peut être composé que d'élément passif. En matière
de successions le droit civil applique un système de succession à la
personne ou au patrimoine. Cela veut dire que l'héritier à vocation à
succéder à l'actif et au passif. Il continue la personne par
l'intermédiaire de son patrimoine c'est la raison pour laquelle le droit
permet de renoncer à la succession. On peut aussi accepter, mais cela
oblige à combler le passif.

B- Le patrimoine une émanation de la personne


Le patrimoine est rattaché avec la personne, autrement dit il est un
attribut de la personne qui est une conception subjective, il en résulte
que les personnes physiques et morales sont le seules à avoir un
patrimoine. La personne apparait en effet comme le seul lien
permettant de regrouper les différents éléments d’actif et de passif.
D’une part il n’y a pas de patrimoine sans personne (physique ou
morale) qui en soit titulaire.D’autre part, il n’y a pas davantage, à
l’inverse, de personne sans patrimoine : c’est le principe de la nécessité
du patrimoine(1). Enfin, à une personne ne peut correspondre qu’un
seul patrimoine : c’est la règle de l’unicité du patrimoine (2).

1- La nécessité du patrimoine
Il est nécessaire dans la mesure où il est indépendant de son contenu
(vide ou plein). Il exprime la situation économique de la personne
autrement dit la solvabilité de l’individu. Le patrimoine est
intransmissible, il vit et meurt avec la personne et ne peut en principe
être transféré à un tiers .il est certes possible de céder les éléments
du patrimoine voire même de le vider sn contenu, mais il est
impossible de céder le patrimoine lui-même, en tant que contenant,
car ce serait dépouiller une personne d’un attribut nécessaire .le
patrimoine est incessible entre les vifs. Au décès du titulaire, cela
entraine une disparition de la personne, il ne serait donc admissible
de détacher l’actif du passif, et ainsi priver les créanciers du droit de
saisir les biens ayant appartenu à leur débiteur. La règle est que les
héritiers recueillent non seulement le droit mais aussi les dettes du
défunt. Celles-ci les obligent personnellement, éventuellement sur les
biens propres au-delà de la succession.

2- L’unicité du patrimoine
Une personne ne peut avoir qu’un seul patrimoine, par conséquent le
droit français interdit le patrimoine d’affectation, on concevra ainsi,
qu’un commerçant puisse regrouper dans un patrimoine commerciale
les biens affectés à son activité qui répondent aux dettes commercial
à l’exclusion de ses biens personnels. Cette formule a été prohibé apr
le principe de l’unicité du patrimoine et par l’article 2092 du Code
civil. Celle-ci a été remsi en cause par la loi de 2010 qui crée l’EURL, à
cet effet l’entrepreneur pourra avoir la possibilité d’affecter ses biens
professionnels à son patrimoine d’activité de-là donc les créanciers
pourront les saisir et les biens personnels à son patrimoine privé.

Section 2 : les droits patrimoniaux

Les droits patrimoniaux sont les droits subjectifs ayant une valeur
pécuniaire. Ils constituent l’actif du patrimoine d’une personne. Ils
peuvent être classés en trois grandes catégories : les droits personnels,
les droits réels, et les droits intellectuels.
a. Les droits personnels

On les appelle aussi droits de créance. Un droit personnel établit une


relation entre deux personnes : c’est un droit exercé par une personne,
appelée créancier, à l’encontre d’une autre personne, appelée débiteur.
Le créancier a un droit de créance, qui constitue une obligation pour le
débiteur.

Ce droit personnel donne au créancier le droit d’exiger du débiteur


l’exécution d’une prestation.

Par exemple, Martin a emprunté 2 000 € à Victor. Le créancier, Victor, a un


droit personnel : une créance de 2 000 € sur Martin.
b. Les droits réels

Un droit réel établit une relation entre une personne et une chose. Il
donne à son titulaire un pouvoir direct et absolu sur cette chose. Le droit
de propriété en est la meilleure illustration.
Alphonse Lebret, parce qu’il est propriétaire d’une villa à Cannes, a un
droit réel sur ce bien.
c. Les droits intellectuels

Un droit intellectuel établit une relation entre une personne et une


œuvre de l’esprit. Une œuvre de l’esprit est une création
originale, qui est source de droits d’auteur quand il s’agit d’une création
littéraire ou artistique, ou source de brevets d’invention quand il s’agit
d’une création industrielle.

Les droits intellectuels sont des droits patrimoniaux dans la mesure


où ils ont une valeur pécuniaire et peuvent être vendus. Mais ils ont
également un caractère extrapatrimonial : un auteur, en vertu de son
droit moral sur son œuvre, peut s’opposer, par exemple, à toute
modification de celle-ci.

Section 3 : droits extra-patrimoniaux

Les droits extra-patrimoniaux, comme leur nom l’indique, ne font pas


partie du patrimoine de la personne qui en est titulaire. Ils ne
peuvent pas être vendus, ils sont intransmissibles et insaisissables.
1. Les droits politiques et de libertés publiques
Les droits politiques sont les droits qui permettent à une personne de
participer à l’exercice du pouvoir. Il s’agit notamment du droit de vote et
du droit de se présenter à une élection.

Les droits relevant des libertés publiques se décomposent en


droits individuels et droits collectifs.
Les droits individuels incluent le droit à la liberté d’opinion, le droit à
la liberté d’aller et venir…
Les droits collectifs comprennent notamment le droit syndical, le droit
de grève...
2. Les droits de la personnalité
Les droits de la personnalité sont les droits extra-patrimoniaux que la loi
reconnaît à tout être humain pour préserver son intégrité (droit de « rester
intact »). Ils se composent des droits à l’intégrité physique et des
droits à l’intégrité morale.
a. Les droits à l’intégrité physique

Les droits à l’intégrité physique protègent le corps humain. Il s’agit


d’une protection contre les coups et blessures provenant d’autres
personnes, ou provenant de la personne elle-même (interdiction de la
vente d’organes, par exemple).

Dans l’intérêt de la personne, ces droits à l’intégrité physique peuvent


connaître quelques limitations : opération chirurgicale, autopsie, par
exemple.
b. Les droits à l’intégrité morale

Les droits à l’intégrité morale préservent des attributs de la personne


qui ne sont pas corporels. Ces droits regroupent le droit au nom, le
droit à l’honneur (droit de s’opposer aux injures, aux diffamations
publiques), le droit au respect de la vie privée, le droit à l’image.

Le droit au respect de la vie privée inclut le droit au respect du


domicile (l’article 9 du Code civil garantit l’inviolabilité du domicile), au
respect du secret de la correspondance, du secret professionnel. Le droit
au respect de la vie privée permet à une personne de s’opposer à la
divulgation publique de ses données privées.

La loi du 6 janvier 1978 a pour objectif de limiter les effets contraires à ce


droit au respect de la vie privée, en réglementant l’usage de
l’informatique. Elle reconnaît le droit à tout individu de connaître les
informations collectées le concernant, et de s’opposer à la conservation et
au traitement de celles-ci. La CNIL (Commission nationale de
l’Informatique et des Libertés) est chargée de veiller à l’application de
cette loi.

Le droit à l’image est le droit de s’opposer à la publication de son


image : toute personne, qu’elle soit connue ou non, dispose sur son image
et sur l’utilisation qui en est faite d’un droit exclusif, elle peut donc
s’opposer à la diffusion et à la reproduction de son image.

Ce caractère exclusif du droit à l’image peut être limité pour favoriser la


liberté de la presse et le droit à l’information : les personnages
publics ou célèbres peuvent voir leur image diffusée, dans l’exercice de
leur fonction ou de leur activité professionnelle, dans un but d’information
ou de travail historique. L’autorisation n’est alors pas nécessaire, mais la
dignité humaine doit bien sûr être respectée.

Les droits patrimoniaux dits intellectuels sont les droits qui attachent
une personne à une œuvre de l’esprit. Les droits intellectuels sont des
droits patrimoniaux dans la mesure où ils ont une valeur pécuniaire et
peuvent être vendus.

Mais ils ont également un caractère extrapatrimonial, faisant ainsi


partie des droits de la personnalité. En effet, le droit d’auteur vise
également à protéger la personnalité de l’auteur. Celui-ci a un droit de
divulgation sur son œuvre : il peut décider quand l’œuvre est terminée et
peut être divulguée au public. Il a un droit de paternité : cela se traduit en
général par la mention de l’auteur lors de l’exploitation de l’œuvre. Il a
droit à l’intégrité de son œuvre : il peut s’opposer à toutes modifications,
déformations ou mutilations de son œuvre.
3. Les droits de la famille
Les droits de la famille sont les droits de l’individu dans le cadre de
sa famille. Il s’agit des droits liés au mariage : droit de se marier, fidélité
et assistance au conjoint, droit au divorce, droit de succession…

Les droits de la famille comportent également les droits entre parents


et enfants : droit d’entretien et d’éducation, droit d’autorité parentale,
droit de filiation…

Chapitre5 : les régimes des droits subjectifs

1. Les actes et les faits juridiques, sources des droits subjectifs


Les droits subjectifs sont les prérogatives dont peut se prévaloir une
personne, sujet de droit. Ce sont les pouvoirs reconnus à cette
personne, qui lui permettent de faire ou d’exiger quelque chose. Mais
pour qu’un droit subjectif existe, il faut qu’il se produise un événement
particulier, et que cet événement ait des conséquences juridiques.
La plupart des événements de la vie courante n’ont pas d’effet
juridique : la pluie qui tombe, un individu qui fait la cuisine, qui lit un
livre… En revanche, l’achat d’une voiture est un événement qui a des
conséquences juridiques : l’acheteur devient propriétaire de la voiture et
doit en payer le prix, le vendeur doit délivrer le bien et en touchera le prix.
De même, un événement tel qu’un accident, à l’occasion duquel un
cycliste blesse un piéton, a des effets juridiques, sources de droits et
d’obligations : le piéton a le droit d’être indemnisé du dommage subi, et le
cycliste a l’obligation de réparer le dommage qu’il a causé.

L’achat d’une voiture et l’accident du cycliste sont deux exemples


d’événements à l’origine de droits subjectifs, mais ils sont de nature
différente : l’achat de la voiture est un comportement voulu dont
les conséquences juridiques sont voulues, alors que l’accident du
cycliste est un événement non voulu dont les conséquences juridiques
ne sont pas voulues.

On distingue ainsi :
• les actes juridiques, comportements accomplis avec la volonté de
modifier une situation juridique, il s’agit donc de comportements
volontaires dont les conséquences juridiques sont voulues ;
• les faits juridiques sont des événements (accident de voiture,
naissance, tempête abattant votre arbre sur la maison du voisin…) dont
les conséquences juridiques ne sont jamais voulues.

2. Les différentes catégories d’actes juridiques

L’acte juridique est donc l’engagement volontaire et consenti d’une ou


plusieurs personnes, dans l’objectif de modifier une situation juridique.

On peut classer les actes juridiques en fonction du nombre de personnes


impliquées dans l’acte.
L’acte juridique peut être unilatéral : une seule personne ne manifeste
sa volonté. Le testament, la reconnaissance d’un enfant naturel en sont
des exemples.

L’acte juridique peut être conventionnel : il exprime l’accord des


volontés de deux personnes (acte juridique bilatéral) ou de plusieurs
personnes (acte juridique multilatéral). Il nécessite donc un échange
de consentements. C’est le cas du contrat (contrat de vente, contrat de
location, contrat d’assurance…), ou de la convention collective (accord
entre employeurs et salariés).

Un acte juridique peut prendre la forme d’un document écrit, mais l’écrit
n’est pas nécessaire pour qu’un acte juridique soit valable : il suffit du
consentement des parties, sauf pour les contrats solennels. Un contrat est
appelé solennel lorsque la loi exige qu’il soit formalisé par un écrit. C’est
le cas du contrat de vente d’un immeuble ou du contrat d’assurance, par
exemple.
3. Les différentes catégories de faits juridiques
Le fait juridique est un événement qui entraîne des conséquences
juridiques non voulues. Les faits juridiques sont très variés, mais on peut
les classer en deux grandes catégories : les faits juridiques
involontaires et les faits juridiques volontaires.
a. Les faits juridiques involontaires

Ce sont des événements indépendants de la volonté de l’homme :


• événements de la vie de l’individu, tels la naissance, la maladie, la
majorité, le décès ;
• événements physiques tels la foudre, une tempête, une inondation ;
• événements sociaux tels une guerre, une grève ;
• comportements non voulus, que sont les événements
accidentels (une personne blesse un passant en le bousculant, par
exemple).
b. Les faits juridiques volontaires
Ce sont des comportements qui ont été voulus par leur
auteur (comportement intentionnel), mais qui ont des effets juridiques
que l’auteur n’a pas recherchés. C’est par exemple la publication de
propos mensongers pour nuire à une personne : le comportement est
volontaire, mais les conséquences juridiques ne sont pas voulues
(versement de dommages-intérêts).

Une personne commet un vol : c’est un comportement volontaire, mais la


peine de prison qui en est la conséquence n’est jamais voulue.

Chapitre 6 : La preuve des droits.

Comme disait professeur André Nayer « le droit n’est rien du tout mais peut être un tout petit quelque
chose d’utile en cas de conflit, si vous avez des moyens de preuve, des institutions et des procédures
pour défendre vos droits »45.
La question de la preuve est, dans la pratique, souvent déterminante ; il est obligatoire de prouver toute
prérogative contestée ; on affirme souvent « avoir un droit et ne pas pouvoir le prouver, équivaut à ne
pas en avoir ».La preuve est le moyen utilisé pour établir l’existence d’un fait ou d’un droit dont on se
prévaut.
Le code civil établit les règles générales de preuve dans les articles 1315 à 1369. Le mécanisme de la
preuve soulève trois questions principales :-Qui doit prouver ? C’est la charge de la preuve, -Que
prouver ? C’est l’objet de la preuve, -comment prouver ? C’est le problème des différents moyens de
preuve et de leur admissibilité.

Section1) La charge de la preuve.

La charge de la preuve est de répondre à la question posée suivante qui est : « qui doit prouver ? ».

A) Le principe

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Citation du professeur ordinaire André Nayer enseignant à l’université libre de Bruxelles.
Le principe est formulé par l’article 131546 alinéa 1 du code civil français « celui qui réclame
l’exécution d’une obligatoire doit la prouver » c’est à celui qui réclame ( le demandeur) quelque chose
de faire la preuve qu’il y a droit ou encore c’est donc celui se prétend titulaire d’un droit qui doit
l’établir : actoriincumbitprobatio. Réciproquement le second alinéa de ce même article prévoit « celui
se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation », par
exemple le demandeur à l’instance a prouvé l’existence d’un contrat de vente donc c’est au défendeur
à l’instance qui doit prouver qu’il a déjà exécuté le contrat. L’article 1315 du code civil permettrait de
déterminer que le risque de la preuve pèse sur celui allègue un fait nouveau, la majorité de la doctrine
considère que celui sur lequel pèse le risque de la preuve est celui qui voudrait établir une situation
anormale, contraire à une situation établie ou vraisemblable.

B) Exception : les présomptions légales


L’article 1349 du code civil dispose que « les présomptions sont des conséquences que la loi ou le
magistrat tire d’un fait connu à un fait inconnu ». La présomption légale dispense une partie au procès
de l’administration de la preuve, les présomptions légales : - sont limitativement énumérées par la loi -
lient le juge. Le demandeur à une allégation qui peut se prévaloir d’une présomption n’aura pas à
établir cette allégation. Par exemple, la présomption de bonne foi (art.2268 [Link] : « La bonne foi est
toujours présumée, et c’est à celui qui allègue la mauvaise foi à prouver ») dispense tout individu de
prouver sa bonne foi. L’exemple de présomption simple : si l’enfant né d’une femme mariée est
présumé être l’enfant du mari de la mère. Les présomptions légales sont de deux types : la présomption
relative ou simple peut être combattue par la preuve contraire alors la présomption absolue ou
irréfragable ne peut être renversée par aucun moyen de preuve.

Section 2) Les modes de preuve.

Il nous faudra présenter les différents modes de preuve puis, ces différents modes de preuve ne
pouvant avoir la même force probante. On distingue la preuve littérale ou preuve par écrit, parfois
appelée preuve préconstituée, parce que la preuve a été constituée avant la naissance d’un éventuel
litige, et les autres moyens.

A) Preuve littérale (preuve par écrit).

L’article 131647 du code civil français définit la preuve par écrit comme « une suite de lettres, de
chiffres, de caractères ou autres symboles, suite qui doit être compréhensible, déchiffrable dotés d’une
signification intelligible, quels que soient leur support et leurs modalités de transmission ».
-L’acte authentique : selon l’article 1317 du code civil 48« L’acte authentique est celui qui a été reçu
par les officiers publics ayant le droit d’instrumenter dans le lieu ou l’acte a été rédigé et avec les
solennités requises ».L’acte authentique est un acte dressé par un notaire ou officier d’état civil et sa
rédaction est soumise a de multiples exigences, notamment de forme( mentions obligatoires, indication
de la date, signature de l’officier public, des parties).L’acte authentique a une force probante parce que
il est non seulement effectué par une personne habilités de compétence( notaire) et aussi le respect de
certaines formalités exigées par la loi. En ce sens que l’article1600 du code civil djiboutien admet «
que l’acte authentique fait foi jusqu'à inscription de faux de l’officier ».

46
Article 1586 du code civil djiboutien « La charge de la preuve incombe à celui qui réclame la
reconnaissance d’un droit ou l’exécution d’uneobligation. Réciproquement, celui qui se prétend libéré
doit justifier le fait qui a produit l’extinction du droit qui lui
est opposé ».
47
Voir l’article 1594 du code civil djiboutien.
48
Voir 1598 du code civil djiboutien.
-L’acte sous seing privé : un acte sous-seing privé est un acte écrit établi par les parties. Il obéit à une
condition de forme unique, la signature des parties qui s’obligent en cas d’un contrat synallagmatique.
La jurisprudence a précisé que la signature est une condition de validité nécessaire est aussi suffisante.
A cette condition générale s’ajoute des conditions supplémentaires à savoir pour le contrat
synallagmatique, il faut « autant d’originaux qu’il y a de parties ayant un intérêt distinct49….. ».
-Les autres écrits :- les lettres missives ne sont pas à l’origine écrites dans un but probatoire, leur
utilisation comme moyen de preuve est subordonnée a deux conditions : elles doivent être en
possession régulière de celui qui les invoque, ne pas heurter le principe de confidentialité de la
correspondance.
-La copie ou la photocopie: la copie est la reproduction d’un original préexistant. La copie d’un acte
authentique fait foi comme la minute sauf si elle est authentifiée par un officier public alors que la
copie d’un acte sous seing prive est sans valeur. La photocopie quand à elle n’a pas de force probante
(commercial 15 février 1992).La chambre civile de la cour de cassation (30 mai 2000) a admis qu’une
photocopie pouvait constituer « une copie sincère et fidèle » au sens de l’article 1348 al.2 [Link].
-Ecrit sous forme électronique : La définition de l’article 1316 du code civil issue de la loi du 13
mars 2000 permet d’admettre l’écrit sous forme électronique comme moyen de preuve. Pour cela,
l’écrit électronique doit remplir 2conditions à savoir que la personne dont il émane puisse être
identifiée et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité 50.L’écrit
électronique a la même force probante que l’écrit sur papier.

B) Autres moyens de preuve.

Les moyens de preuve sont dite imparfaite et d’autres parfaites : le serment, l’aveu sont parfaits alors
que les témoignages et les présomptions de fait sont quant à eux imparfaites.

-Le serment : peut être défini comme l’affirmation solennelle par une partie d’un fait qui lui est
favorable. L’article 1622 du code civil djiboutien distingue deux sortes de serments : « Celui qu’une
partie défère à l’autre pour en faire dépendre le jugement de la cause » : il est appelé décisoire,
concrètement une des parties qui ne peut démontrer un fait décide de demander à son adversaire de
jurer que ce fait n’existe pas. On a trois possibilités –si le défendeur jure : il gagne le procès, -s’il
refuse de jurer : il perd le procès et il peut référer le serment au demandeur qui se trouvera alors dans
la même situation.
« Celui qui est déféré d’office par le juge à l’une ou à l’autre des parties »51 est appelé supplétoire. Ce
dernier permet au juge de compléter son information lorsqu’il n’est pas convaincu par les preuves
produites. La partie à qui le serment a été déféré ne peut que jurer ou refuser de jurer : elle ne peut
référer le serment à son adversaire (art.1631 du code civil djiboutien)52. La force probante du serment
supplétoire est moindre que celle du serment décisoire qu’il ait été prêté ou refusé car il est laissé par
l’appréciation des juges qui ne sont pas liés.
-L’aveu : il est cité dans le chapitre 5 du code civil djiboutien de l’article 1619 alinéa 1 du
code « L’aveu est la déclaration par laquelle une personne reconnaît pour vrai un fait de nature à
produire contre elle des conséquences juridiques ».Ce même article de son alinéa 2 distingue deux
types d’aveu à savoir l’aveu judiciaire et extrajudiciaire. L’aveu judiciaire est définit dans l’article
1621 du code civil djiboutien « L’aveu judiciaire est la déclaration que fait en justice la partie ou son

49
Voir l’article 1325 du code civil français.
50
Voir 1595 du code civil djiboutien.
51
Voir l’Article 1629 du code civil djiboutien :
«Le juge peut déférer à l’une des parties le serment, ou pour en faire dépendre la décision de la cause,
ou seulement pour déterminer le montant de la condamnation ».
52
Voir l’article 1631 du code civil djiboutien « Le serment déféré d’office par le juge à l’une des parties ne peut
être par elle référé à l’autre ».
représentant spécialement mandaté », l’aveujudiciaire lie le juge et reste indivisible ; par exemple : je
reconnais que l’on m’a prêté cette somme d’argent, mais je l’ai remboursé.Par contre, l’aveu
extrajudiciaire est un aveu fait lors d’une enquête de police ou à un huissier.
-Le témoignage :il peut êtredéfinit comme « l’affirmation par une personne de l’existence d’un fait
dont elle a eu personnellement connaissance ».53
C’est une déclaration émanant d’un tiers par laquelle il relate les faits dont il a eu personnellement
connaissance, ça peut être oral ou écrite. Les témoins doivent prêter serment de dire la vérité or
délivrer un faux témoignage constitue un délit. Le témoignage est un procédé de preuve imparfaite
c'est-à-dire sa force probante est laissé à l’appréciation souverain du juge54 qui peut la rejeter si son
intime conviction n’est pas faite.
-Les présomptions de fait :il s’agit ici des divers indices retenus par le juge pour établir un fait ; les
présomptions de fait sont les conséquences que le magistrat tire d’un fait connu à un fait inconnu
(article 1614 code civil djiboutien), par exemple de la présence d’un des époux au domicile d’une
tierce personne( fait connu) régulièrement constatée par huissier, le juge en déduit l’adultère( fait
inconnu).La force probante de des présomptions dépend de la force conviction qu’ils peuvent exercer
sur l’esprit du juge.

Section 3) L’admissibilité des moyens de preuve.

Deux systèmes sont théoriquement possibles pour apprécier la recevabilité des différents modes de
preuve.
Dans le système dit « preuve libre » tous les moyens de preuve sont admis et le juge est libre
d’apprécier. Alors que le système de preuve légale, c’est la loi fixe les seuls moyens de preuve
admissibles selon le type de litige soit d’un acte juridique ou d’un fait juridique.

A) Principe

Tout d’abord, il faut distinguer les actes juridiques55 et les faits juridiques56 afin de les soumettre à
deux régimes de preuve différents.
Les faits juridiques sont, en principe soumis à un système de preuve libre ou (morale) : tous les modes
de preuve sont admis pour établir la vérité d’un fait juridique sauf il y a une exceptions pour l’état
civil et la filiation qui sont soumis à un système de preuves déterminés.
Concernant les actes juridiques, la loi consacre un système dominant qu’est la preuve écrite 57 c'est-à-
dire que les parties doivent rapporter par écrit. Ce principe est cité dans l’article 1588 alinéa 1 du
code civil djiboutien « L’acte juridique portant sur une somme ou une valeur excédant la somme ou la
valeur de 100 000 FD, doit être prouvé par écrit sous signature privée ou authentique », le seuil de
montant est 100 000 franc si l’acte juridique est supérieur à cette somme d’argent la preuve doit être
écrite or si l’acte est inferieur ou égale à cette somme d’argent elle se fera par tous les moyens de
preuve.
53
Ducharme, « la preuve par ouï-dire en droit québécois ».
54
L’article 1613 du code civil djiboutien « La valeur probante des déclarations faites par un tiers dans
les conditions du code de procédure civile est laissée à l’appréciation du juge ».
55
L’acte juridique est défini comme une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit ;
Exemple : acte authentique, le contrat….etc.
56
Un fait juridique se définit une manifestation involontaire et volontaire destinée à produire des effets
juridiques, ex : fait involontaire le décès, le mariage et ex : fait volontaire le quasi contrat ou quasi délit, le
délit.
57
En France c’est l’article 1359 du code civil qui s’applique pour les actes juridiques, le seuil du montant est
15.000 euro c'est-à-dire si l’acte est supérieur à la somme de 15 000 euro la preuve doit être écrite or si c’est
inférieur ou égale elle se fait par tous les moyens de preuve.
B-L’exception
L’exception au principe de la preuve d’un acte juridique est prévue par l’article 1589 du code civil
djiboutien « Les règles prévues à l’article 1588 reçoivent exception : «
- en cas d’impossibilité matérielle ou morale de se procurer un écrit,
- s’il est d’usage de ne pas établir un écrit,
- ou lorsque l’écrit a été perdu par suite d’une cause étrangère ».
On peut déduire de cette article trois possibilités d’écarter la preuve écrite :-le premier cas est
l’impossibilité matérielle et morale (relation familiale) de se procurer un écrit, le deuxième consiste la
perte de l’écrit à la suite d’un force majeur ou d’une cause étrangère et les troisième est l’existence
d’un commencement de preuve. Ce dernier possède trois conditions et il est définit par l’article 1591
du code civil djiboutien « constitue un commencement de preuve par écrit58 toute par écrit qui est
émané celui contre laquelle la demande est formée, ou celui qu’il représente, et qui rend
vraisemblable le fait allégué59 ».

Bibliographie :
- Introduction générale au droit 5eme édition de professeur Bruno Petit.
- Introduction au droit et thèmes fondamentaux 14eme édition Jean Luc Aubert et Eric
Savaux.
- Cours d’introduction au droit de l’université Numérique juridique Francophone
Professeur Rémy Cabrillac.
- Aide-mémoire droit civil Brigitte Hess-Fallon et Anne Marie Simon.
- Manuel de DGE1 d’introduction au droit Jean Francois Bocquillon et Martine
Mariage.
- Lexique des termes juridiques Dalloz 14eme édition.
- Cours d’introduction au droit 2014-2015 DCG1 Jean Francois Bocquillon et
Martine Mariage.
- Une introduction au droit d’ Agustin Gordillo.
- Code civil Djiboutien de 2018.
- Code civil français.

58
La jurisprudence a élargi la notion ca peut une lettre missive, papiers domestique).
59
La loi du 9 juillet 1975 a admis que les déclarations faites par une partie lors d’une comparution personnelle
pouvaient être considérés par le juge comme un commencement de preuve.

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