Génétique des populations et parasites
Génétique des populations et parasites
Applications
aux parasites
et à leurs vecteurs
Thierry De Meeûs
Initiation à la génétique
des populations naturelles
Application aux parasites
et à leurs vecteurs
Initiation à la génétique
des populations naturelles
Application aux parasites
et à leurs vecteurs
Thierry
De Meeûs
IRD Éditions
INSTITUT DE RECHERCHE
POUR LE DÉVELOPPEMENT
Collection
Marseille, 2012
Préparation éditoriale
Yolande Cavallazzi
Mise en page
Desk (53)
Maquette de couverture
Michelle Saint-Léger
Maquette intérieure
Pierre Lopez – Aline Lugand/Gris Souris
Coordination, fabrication
Catherine Plasse
Photo de couverture :
©IRD/L. Basco — Séquençage d’ADN.
Retouche graphique : Michelle Saint-Léger
La loi du 1er juillet 1992 (code de la propriété intellectuelle, première partie) n’autorisant, aux termes des alinéas 2
et 3 de l’article L. 122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du
copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations
dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans
le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon
passible des peines prévues au titre III de la loi précitée.
© IRD, 2011
ISBN : 978-2-7099-1732-2
ISSN : 1142-2580
À Soumeïa et Nicolas,
la plus importante partie de ce que je suis.
Sommaire
AVANT-PROPOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Tests statistiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Invasion de la Nouvelle-Calédonie
par la tique du bétail Rhipicephalus microplus :
hétérogénéité locale, dispersion et goulots d’étranglement . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
GLOSSAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313
ANNEXE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325
Sommaire 7
Avant-propos
9
François Rousset pour les échanges parfois animés qui m’ont permis de mieux assi-
miler les statistiques parfois (souvent) non intuitives associées à la génétique des
populations. Les discussions avec Jean-François Guégan et les conseils qu’il a pu me
prodiguer m’ont grandement aidé, en particulier pour les modèles de régression. Un
grand merci également à Éric Elguero, Benjamin Roche et Marc Choisy pour leurs
conseils et astuces toujours utiles. Qu’il me soit permis ici de rendre hommage au
regretté Anatoli Teriokhin, parti beaucoup trop tôt. Cette liste de remerciements, où
les oublis sont obligatoires, serait particulièrement biaisée sans la présence de
Christine Chevillon, grande traductrice de Rousset dans le texte devant l’éternel, et
donc sans qui une grande partie de mes publications auraient été amputées de para-
graphes particulièrement croustillants, voire n’auraient même pas vu le jour. Je me
dois également de remercier les étudiants que j’ai encadrés et dont les remarques,
révoltes et questionnements m’ont particulièrement enrichi, et pas seulement en
termes de titres et travaux. Je pense plus particulièrement à Franck Prugnolle, mais
aussi à Damien Caillaud. Merci aussi à Michel Tibayrenc d’avoir ouvert la voie de
l’épidémiologie moléculaire et de m’avoir accueilli dans son laboratoire en 1999 et
laissé entière liberté d’y mener mes recherches. Merci à tous mes collaborateurs,
chercheurs, étudiants ou post-docs dont la liste exhaustive serait fastidieuse mais
dont les principaux, non encore cités ci-dessus sont : Francisco Ayala, François
Balloux, Anne-Laure Bañuls, Nicolas Barré, Adrien-Marie-Gaston Belem, Jérémy
Bouyer, Bruno Bucheton, Mamadou Camara, Michel de Garine-Wichatitsky, Sylvie
Hurtrez-Boussès, Florent Kempf, Mathurin Koffi, Naférima Koné, Laurent
Lehmann, Annette MacLeod, Karen D. McCoy, François Nébavi, Flobert Njiokou,
Denis Roze, Issa Sidibé, Gustave Simo, André Théron, Sophie Ravel, Virginie
Rougeron et j’en oublie surement.
Cependant, cette liste de personnes à remercier souffrirait d’une carence grave sans
la présence des chercheurs de l’UMR IRD/Cirad 177 Intertryp qui ont la bonté de
tolérer ma présence dans leur équipe. Merci à Gérard Cuny de m’avoir accueilli sans
poser de question. Un tsé-tsé grand merci à Philippe Solano, maintenant vieux com-
plice et à l’origine de mon intégration dans mon équipe actuelle et merci à Vincent
Jamonneau de m’avoir permis de toucher au monde fascinant des trypanosomes
africains. Merci à vous de me permettre de vivre cette expérience enthousiasmante
au Burkina Faso. Merci aussi à tout le personnel du Cirdes et à mes étudiants bur-
kinabè Jacques Kaboré et Modou Séré et merci à tous les étudiants ayant suivi (ou
subi) mes cours et qui par leurs questions m’ont permis d’améliorer la vision que j’ai
de mon travail.
Merci à Tatiana Giraud (TG) d’avoir accepté le travail ingrat et combien fastidieux
de relire ce travail et d’avoir ainsi contribué à une bien meilleure lisibilité de ce
manuel.
Merci à toute l’équipe des Editions de l’IRD pour leur travail et leur infinie patience,
en particulier Yolande Cavallazzi, sans qui un nombre incalculable de coquilles
Avant-propos 11
Introduction
13
malheureusement encore trop peu souvent mis en œuvre. Les quelques études exis-
tantes réalisées soit sur les mêmes individus (W et al., 2004), soit en échan-
tillonnages différés (H et G, 2005 ; V B et al., 2006 ;
H et al., 2006) tendent à montrer, par la différence des résultats obtenus, la
complémentarité des deux approches ou plus rarement une convergence étonnante
(W et al., 2007 ; B et al., 2009 ; D G et al., 2009). Cela étant, pour
les systèmes hôte-parasite-vecteur, le marquage est le plus souvent impossible de
toutes façons (au moins pour le pathogène). Il faut cependant citer ici la tentative
méritoire de C et al. (2002) sur les bulins, hôtes intermédiaires de schisto-
somes et sur les tsé-tsé sur lesquelles nous reviendrons.
L’accès à ce type d’information n’a pas qu’un intérêt académique, il n’est pas non
plus réductible à un simple divertissement intellectuel (M, 1996 ;
T, 1998, 1999 ; T et al., 1999 ; C et al., 2005). « Population
structure and mating system of pathogens are tightly linked biological phenomena with
crucial consequences on the epidemiology of transmissible diseases » (T et
A, 2002). Ces informations peuvent en effet s’avérer cruciales pour le contrôle
de certaines maladies (M, 1996) et pour les recherches de nouveaux traite-
ments et de mesures de prévention (T et al., 1999) ainsi que pour des évalua-
tions et prédictions plus efficaces quant à l’évolution de résistances aux drogues,
antibiotiques et autres biocides (T, 1999). Les recherches utilisant la géné-
tique des populations d’organismes parasites font partie de ce que T (1998)
nomme la génétique épidémiologique ou, d’une manière moins ambiguë, l’épidé-
miologie moléculaire. L’étude de la génétique des populations des parasites, de leurs
vecteurs et hôtes peut, comme je viens de le décrire de façon insistante, donner accès
à des informations clés sur leur écologie et potentiels évolutifs, mais ceci n’est rendu
possible que grâce à une batterie d’outils d’analyses statistiques en perpétuelle crois-
sance et évolution. Le principal objectif de ce manuel est de décrire la plupart des
méthodes disponibles à ce jour, leur mérite, leur puissance ainsi que leur limites, les
concepts et hypothèses biologiques de base qui permettent leur mise en œuvre et ce
de la façon la plus didactique possible. Pour des revues plus générales et techniques,
le lecteur averti pourra se reporter aux excellentes productions de C et
B (2005), C et al. (2005), R (2004) (et les références conte-
nues dans ces travaux).
Ce manuel est organisé en deux parties. La première partie est elle-même constituée
de trois chapitres : le premier chapitre entreprend de décrire très brièvement les
différents types de marqueurs les plus utiles pour les études de génétique des popu-
lations naturelles ; le deuxième chapitre traite des concepts de base en génétique des
populations et des différents outils (paramètres et estimateurs) les plus utiles pour les
études empiriques et le troisième chapitre examine les différentes méthodes statis-
tiques associées à ces descripteurs et estimateurs. Enfin, la seconde partie correspond
à une mise en application des chapitres précédents à l’aide de plusieurs exemples
Introduction 15
PARTIE I
Concepts théoriques
et statistiques
17
1
Qu’est-ce qu’un marqueur
génétique ?
NOTIONS
PRÉLIMINAIRES
19
Figure 1
Exemple schématique chez une espèce à trois chromosomes et où cinq marqueurs génétiques
(ou loci) ont été définis. On notera que dans cet exemple seuls deux loci sont hétérozygotes
(deux allèles différents symbolisés par des couleurs d’intensités différentes) et que les autres
sont homozygotes (deux fois le même allèle).
Les mérites et différences entre les différents marqueurs disponibles ont été large-
ment étudiés et ont fait l’objet de nombreuses revues plus ou moins exhaustives que
l’on pourra consulter pour plus de précisions (R, 1996 ; S, 2000 ;
C et al., 2000). Je ne ferai donc qu’effleurer ce sujet que j’ai choisi de sub-
diviser en trois parties inégales (marqueurs cytoplasmiques, marqueurs nucléaires
dominants et marqueurs nucléaires codominants). Nous ne parlerons donc que
d’organismes eucaryotes.
MARQUEURS
CYTOPLASMIQUES
Encadré 1
L’effectif efficace, noté habituellement Ne, représente une mesure de la vitesse avec laquelle
une population de taille N perd de la variabilité génétique par dérive génétique aléatoire.
En effet, l’inverse de l’effectif efficace (1/Ne ou 1/2Ne pour des diploïdes) donne la pro-
babilité, sur le long terme, que deux allèles d’un même gène (locus) pris au hasard dans la
population sont des réplicas (ou des descendants) d’un allèle unique ancestral. Le fait que
de tels événements de coalescence interviennent régulièrement (plusieurs gènes des-
cendent alors d’un seul) implique que d’autres allèles doivent avoir disparu. Autrement
dit, la diversité génétique s’érode. Le ratio entre l’effectif réel de la population Nc (census
size qui veut dire taille de recensement en anglais) et l’effectif efficace Ne exprime donc
une mesure de la dynamique de quantités associées à la notion de diversité génétique, telle
que l’hétéozygotie de la population considérée, par rapport à une population dite idéale.
Cette population idéale correspondant en fait à une population qui perdrait sa diversité
génétique aussi vite que la population considérée, à la vitesse de 1/Nc (ou 1/2Nc) par
génération, de telle sorte que l’effectif efficace de cette population idéale soit égal à l’effec-
tif recensé. Cette caractéristique nécessite une population de taille constante, à généra-
tions séparées, hermaphrodite avec rencontre au hasard des gamètes pour former les
zygotes et absence de toute forme de sélection, migration ou mutation. À titre d’exemple,
considérons une population de bovins de 100 individus composée de 99 (Nf = 99) vaches
et d’un seul taureau (Nm = 1). La taille efficace d’une telle population sera de Ne = 4NmNf /
Nc ≈ 4 (voir H et C, 1989 : 86), c’est-à-dire 25 fois plus faible qu’une population
de 100 bêtes au sexe-ratio équilibré (Nf = Nm = 50). On comprend bien que dans le pre-
mier troupeau la diversité génétique s’érode rapidement. D’autres facteurs peuvent
influencer l’effritement génétique, parfois en sens inverse comme ce peut être le cas dans
les populations subdivisées (ou structurées). Par exemple, dans le cas extrême d’une sub-
division totale (pas de transfert de gène entre sous-populations), on atteint une taille
efficace infinie, car la diversité génétique se trouve comme gelée au niveau de la popula-
tion totale même si totalement perdue dans chaque sous-population (chaque sous-popu-
lation se retrouve rapidement fixée dans un état génétique). Une excellente revue sur le
calcul des effectifs efficaces chez les parasites peut être consultée pour ceux qui souhaitent
approfondir davantage cette question (C et B, 2005).
MARQUEURS NUCLÉAIRES
DOMINANTS
Avec des marqueurs dominants, les individus hétérozygotes (donc diploïdes) sont vus
comme homozygotes pour un des deux allèles présents chez l’individu. Cet allèle est
alors appelé dominant par rapport à l’autre allèle qui, invisible à l’état hétérozygote,
est qualifié alors de récessif. Ici, le phénotype ne reflète pas fidèlement le génotype.
Une des familles les plus connues de marqueurs dominants correspond aux RAPD
(Randomly Amplified Polymorphic DNA). Des paires d’amorces courtes d’ADN sont
utilisées afin d’amplifier par PCR des portions aléatoires d’un ADN cible chaque fois
qu’une complémentarité est trouvée. Par conséquent, chez les espèces diploïdes, les
individus pour lesquels aucune complémentarité n’existe seront caractérisés par une
absence de produit (ADN) amplifié, alors que les individus présentant une séquence
complémentaire (hétérozygotes) ou deux (homozygotes pour le complément) pré-
senteront le même produit amplifié, et donc le même phénotype. Il résulte de ceci
que seules des fréquences phénotypiques peuvent être estimées avec ce type de mar-
queurs, alors que les fréquences alléliques demeurent inconnues (à moins de faire des
hypothèses très fortes sur la structure des populations). Par ailleurs, la structure
génotypique restant elle-même par définition cachée, ainsi en va-t-il des inférences
possibles sur le système de reproduction que doit refléter la distribution des allèles
dans et entre les individus des mêmes unités de reproduction (sous-échantillons).
Qui plus est, et comme déjà mentionné, il est toujours préférable d’étudier plusieurs
loci de même nature. Il est impossible de savoir à quoi correspondent les différentes
portions d’ADN amplifiées par RAPD de par leur nature aléatoire. On ne peut donc
savoir si ces loci sont dans des gènes ou non, quels sont leur taux de mutation, etc.
C’est pour ces différentes raisons que les marqueurs dominants en général, et les
RAPD en particulier, ne seront pas traités davantage dans ce manuel, car ils sont très
loin d’être idéaux pour les analyses de génétique des populations naturelles.
MARQUEURS NUCLÉAIRES
CODOMINANTS
Les allozymes
Les allozymes sont en fait des enzymes du métabolisme de base des cellules
(comme la Glucose-Phosphate-Isomérase ou GPI qui intervient dans la glycolyse).
Pour visualiser de tels marqueurs, les individus ou une partie de leur corps sont
broyés dans une solution tampon ou de l’eau distillée et ces extraits sont ensuite
déposés soit directement sur gel, soit sur des supports absorbants (comme du
papier whatmann) et ces supports absorbants sont eux-mêmes déposés sur ou dans
un gel (gel d’amidon, polyacrylamide, acétate de cellulose). Un champ électrique
est ensuite appliqué sur le gel. On parle d’électrophorèse des protéines. Les
Figure 2
Représentation d’une enzyme monomorphe.
L’enzyme est dite monomorphe, c’est-à-dire que, au moins pour les individus
typés (on dit génotypés), il y a absence de polymorphisme et le locus codant
pour cet enzyme n’est donc pas utilisable (pas d’information disponible). Tous
les individus produisent une enzyme qui a la même charge. On estime qu’un
tiers seulement des mutations de l’ADN correspondant au gène d’un enzyme va
donner une différence de charge suffisante pour être perçue par électrophorèse
(S, 1970).
1 1
Ligne de dépôt
A B C D E F A B C D E F A B C
Figure 3
Représentation schématique des différents types de profils rencontrés avec des loci
enzymatiques polymorphes. Le Locus I montre trois allèles différents (1, 2 et 3)
et l’enzyme correspondante est monomérique puisque les hétérozygotes présentent
deux bandes (ou taches). Le Locus II correspond à une enzyme dimérique avec trois allèles
également. Dans ce cas, les hétérozygotes présentent trois bandes (ou taches), une tache
pour chacun des deux homodimères et une tache centrale et plus importante correspondant
à la combinaison des deux ou hétérodimère. Le Locus III correspond à une enzyme
tétramérique avec deux allèles. Les taches des hétérodimères sont toujours plus grosses
que celles des homodimères, car statistiquement plus probables (il est facile de le vérifier
en construisant un tableau). L’interprétation génotypique de ces différents loci devrait
donc être 1/1, 2/2, 3/3, 1/2, 1/3 et 2/3 pour A, B, C, D, E et F aux loci I et II ;
et 1/1, 2/2 et1/2 pour A, B et C au locus III.
Autres cas
Une même fonction enzymatique peut être assurée par plusieurs loci (gènes). Dans
le cas de deux loci, il y aura donc deux types de bandes à interpréter. La figure 4
donne un exemple d’une enzyme correspondant à deux loci avec un locus
monomorphe et l’autre, monomérique et polymorphe à deux allèles. Cependant, il
existe des cas où les deux loci sont monomorphes ou polymorphes tous les deux.
Commentaires sur les allozymes
Les lecteurs soucieux d’approfondir leurs connaissances sur les techniques liées à
l’électrophorèse des protéines trouveront beaucoup plus d’informations dans
P et al. (1987) et B A et al. (1993).
Locus 1
Ligne de dépôt
Figure 4
Cas d’une enzyme monomérique codée par deux loci différents, dont un (celui ayant le moins
migré) est monomorphe et l’autre polymorphe avec deux allèles.
Les microsatellites
Les microsatellites correspondent à des courtes séquences d’ADN répétées en tan-
dem. Le plus généralement, sont considérés comme microsatellites les motifs répétés
suivants :
– dinucléotides : exemple …GTGTGTGTGTGT…
– trinucléotides : exemple …CATCATCATCATCAT…
– tétranucléotides : exemple …GATAGATAGATAGATAGATAGATAGATA…
.
-6000
.
-4000
-2000
.
.-6000
.-4000
-2000
Figure 5
Exemple de profils obtenus pour des loci microsatellites dinucléotidiques sur séquenceur
automatique. Les profils montrés correspondent à ceux obtenus à partir d’un oocyste
de Plasmodium falciparum (agent de la forme la plus sévère de la malaria) et pour trois loci
avec trois couleurs différentes, tous trois hétérozygotes. Le locus bleu présente un hétérozygote
avec deux allèles 46 et 168, le noir est 164/176 et le vert est 166/170. Le nom des allèles
correspond ici directement à la taille du produit obtenu après PCR spécifique.
des allèles non nuls (qui sont donc dominants). Nous reviendrons plus tard sur les
allèles nuls.
Les loci microsatellites sont considérés comme étant en général très polymorphes,
codominants, abondants dans (presque) tous les génomes et relativement aisés à
manipuler (L et al., 1996). Grâce à l’utilisation de l’outil PCR et des
derniers progrès faits en la matière, il est possible de travailler à partir de quantités
infimes de matériel biologique, comme le montre le travail de R
et al. (2005) où chaque oocyste de Plasmodium falciparum est analysé au niveau de
sept marqueurs microsatellites. Ces arguments font des marqueurs microsatellites
des outils de choix, sinon les meilleurs, pour les études de génétique de populations
et en particulier, des populations de pathogènes (épidémiologie moléculaire). Le
lecteur désireux de s’informer davantage sur les propriétés des microsatellites et leurs
diverses applications est invité à consulter l’ouvrage édité par G et
S (1999).
CALCUL
DES FRÉQUENCES
ALLÉLIQUES À PARTIR
D’UN ÉCHANTILLON
À partir de maintenant, nous considérerons, sauf si précisé, que nous travaillons sur
un locus codominant (on distingue les hétérozygotes des homozygotes) avec deux
allèles chez un organisme diploïde. Admettons que nous ayons génotypé N indivi-
dus de cet organisme dans un site que nous supposons contenir une population.
Parmi ces N individus, N11 se sont révélés être de génotype 1/1, N12 1/2 et N22 2/2.
Notez que N est nécessairement égal à N11 + N12 + N22. Soit p1 et p2, les fréquences
des allèles 1 et 2 respectivement dans l’échantillon de N ndividus. Il y a 2N allèles
en tout puisque nous sommes chez des diploïdes. Il y a 2N11 et N12 allèles 1 chez les
1/1 et 1/2 respectivement et 2N22 et N12 allèles 2 chez les 2/2 et 1/2 respectivement.
La fréquence des allèles 1 et 2 dans l’échantillon est donc :
1
N11 + N12
2 N11 + N12 2
p1 = = (1)
2N N
et 1
N22 + N12
2 N22 + N12 2
p2 = = (2)
2N N
Notez que ces valeurs sont aussi des estimations des fréquences alléliques de la popu-
lation échantillonnée et que, grâce à la codominance du marqueur, nous n’avons pas
eu à faire d’hypothèse pour estimer ces fréquences alléliques (en fait si, laquelle ? Lire
la réponse 1 en fin de volume).
CONFORMITÉ
AVEC LES PROPORTIONS
D’HARDY-WEINBERG
Les hypothèses d’Hardy-Weinberg
Hardy, mathématicien britannique, et Weinberg, médecin allemand, ont émis le
même modèle de façon indépendante (H, 1908 ; W, 1908). Ce modèle,
29
communément appelé « Équilibre d’Hardy-Weinberg », sert de base à une immense
partie des études de génétique des populations.
Les hypothèses de ce modèle sont les suivantes :
– taille de population infinie ;
– pas de mutation ;
– pas de migration ;
– pas de sélection (neutralité) ;
– reproduction sexuée avec rencontre au hasard des gamètes (panmixie) ;
– pas de chevauchement de générations.
L’équilibre d’Hardy-Weinberg
Soit un locus à deux allèles 1 et 2 de fréquences p1 et p2 dans une telle population.
Alors, puisque les gamètes se rencontrent au hasard, nous pouvons construire le
tableau 1 qui décrit la rencontre des gamètes de la façon suivante :
Tableau I
Tableau de rencontre au hasard des gamètes. Les génotypes formés sont entre parenthèses.
Gamètes de type
1 2
Fréquences p1 p2
Gamètes 1 p1 p1² (1/1) p1 p2 (1/2)
de type
2 p2 p1 p2 (2/1) p2² (22)
Nous attendons donc, dans les zygotes ainsi formés, les proportions de génotypes :
p1², 2 p1 p2 et p2² pour 1/1, 1/2 et 2/2 respectivement. Et puisqu’il n’y a ni sélection,
ni mutation, ni migration et que la population est infinie (pas de dérive aléatoire des
fréquences alléliques), ces proportions resteront les mêmes chez les adultes de la
génération suivante. En se rappelant que la somme p1 + p2 est nécessairement égale
à 1, nous démontrons facilement que les nouvelles fréquences alléliques seront donc,
en appliquant l’équation (1) :
1
p12 + 2 p1 p 2
2 p12 + p1 p 2 p1 ( p1 + p 2 ) p 1 (1)
p '1 = 2 = = = = p1
p 1 + 2 p1 p 2 + p 22 ( p1 + p 2 )2 (1)2 1
et donc
p '2 = p 2
RELAXATION
DES HYPOTHÈSES
DE HARDY-WEINBERG
La population est de taille finie
Il y a mutation
Migration
Les populations naturelles ne sont pas isolées totalement les unes des autres. Elles
reçoivent donc des propagules venant d’autres populations plus ou moins éloignées
Sélection
La sélection est évidemment une force majeure de l’évolution. Elle peut prendre de
multiples formes et peut affecter un, quelques-uns ou plusieurs loci en même temps
et agir à différents niveaux (génomique, individuel, populationnel…) avec différents
effets et interactions. Il s’agit donc d’un domaine d’investigation très large. Nous ne
passerons en revue que quelques exemples parmi les plus simples et les plus utiles à
la suite de notre propos.
Sélection directionnelle
Comme son nom l’indique, la sélection directionnelle tend à augmenter ou
diminuer la fréquence d’un allèle dans la population, en affectant la survie ou la
reproduction des porteurs de cet allèle pour le locus concerné. La vitesse du pro-
cessus dépend de la force de la sélection, de la dominance (ou récessivité) de
l’allèle vis-à-vis de la sélection, du système de reproduction et de la taille de la
population. Sans mutation, l’aboutissement de cette sélection est la fixation de
l’allèle le plus favorable à la survie et/ou reproduction des individus qui le
portent. Cette sélection n’est détectable qu’expérimentalement ou par des
études corrélatives car, seule, elle n’affecte pas ou très peu le schéma génoty-
pique p1², 2 p1 p2 et p2² d’Hardy-Weinberg. Seules les fréquences alléliques
changent. Cette sélection peut cependant modifier le degré de différenciation
entre populations différentes aux loci concernés. En fonction des cas, elle peut
diminuer la différenciation (sélection convergente) quand la direction de la
sélection est la même d’un site à l’autre. Elle peut au contraire augmenter cette
différenciation lorsque la direction de sélection est variable d’un site à l’autre
(sélection divergente ou disruptive) (voir par exemple D M et al., 1993 ;
D M et G, 2000 ; D M, 2000). Normalement, cette forme de
sélection n’est perceptible qu’aux loci (gènes) concernés et à ceux qui leur sont
liés (auto-stop) et pas aux autres marqueurs. C’est donc un phénomène locus
spécifique.
Super-dominance
Là non plus, le terme n’est pas très heureux, mais c’est ainsi. Ici, ce sont les homo-
zygotes qui sont moins favorisés (ou avantage de l’hétérozygote). Dans ce cas, la
population tend à converger vers un équilibre stable des fréquences alléliques au locus
concerné (et seulement lui). Il existe encore une fois peu d’exemples naturels de ce
phénomène. Les plus connus sont la résistance à la malaria des patients hétérozygotes
pour la drépanocytose (ou anémie falciforme) (R, 1996). Il y a deux allèles au
locus responsable. Le premier allèle (+) dit sauvage, et le second (-) dit mutant. Les
individus -/- sont atteints d’une maladie génétique grave (survie et reproduction très
compromises), les individus +/+ sont normaux, mais les individus +/- sont en moins
bonne santé que les +/+ sauf dans les populations soumises à une forte pression par
Plasmodium falciparum (l’agent le plus virulent de la malaria). Dans ce dernier cas, les
+/+ ont des taux de survie inférieurs à celui des +/-, qui eux-mêmes survivent mieux
que les -/- (qui sont très malades, quelles que soient les conditions), il y a super-domi-
nance. Notons que ces modes de résistance sont coûteux en termes de zygotes produits,
puisqu’une grande partie des individus produits à chaque génération sont homo-
zygotes et donc moins bien adaptés. Une échappatoire à ce travers peut provenir du
système de reproduction s’il fait en sorte qu’une majorité d’hétérozygotes soient issus
de la reproduction. Ceci se traduirait par un coût au niveau reproductif (choix du
conjoint) et les individus hétérozygotes produits sont tous condamnés à une descen-
dance imparfaite. La signature de ce phénomène sur des marqueurs génétiques est
bien évidemment la présence d’excès d’hétérozygotes par rapport aux attendus de
La sélection fréquence-dépendante
On l’appelle aussi sélection apostatique (avantage du rare ou apostat) : plus un allèle
est rare et plus l’individu qui le porte a de chances de survivre et/ou de se reproduire.
Les exemples sont multiples. Les plus connus concernent ce qui a trait aux systèmes
immunitaires et à la sélection sexuelle (S et al., 2001). Chez le trèfle, par
exemple, on connaît un locus d’auto-incompatibilité possédant une multitude d’al-
lèles différents (L, 2000). Une fleur de trèfle ne peut être fécondée que par
un pollen ne possédant aucun des deux allèles présents chez la fleur à ce locus. Il en
résulte que les plantes sont nécessairement toutes hétérozygotes à ce locus et que tout
mutant ou migrant possédant un allèle nouveau sera fortement favorisé (il peut fécon-
der, et être fécondé par, tout le monde). Le système MHC (Complexe majeur d’his-
tocompatibilité) des mammifères ou HLA (Antigène lymphocytaire humain) chez
l’homme, fonctionne selon un principe équivalent puisqu’un couple dont le HLA est
trop similaire est stérile, et qu’il y a manifestement des attirances dépendantes de la
différence entre le MHC des deux partenaires (W et P, 2000). Ici, la
signature du phénomène est facile à repérer, puisque les loci impliqués doivent avoir
une hétérozygotie fixée ou au moins très élevée. D’autres exemples peuvent concerner
des systèmes de résistance hôte/virulence parasite. C’est le cas des modèles de gène-
pour-gène (avec coûts sélectifs) où seuls les parasites « virulents » peuvent infecter les
hôtes « résistants », alors que les hôtes susceptibles peuvent aussi être envahis par les
parasites « avirulents » ; c’est le cas aussi des modèles appelés « matching alleles » où
chaque allèle de résistance de l’hôte ne permet l’invasion que d’un type de parasite
porteur d’un allèle de virulence précis (se référer à A et L, 2002 pour une
description plus détaillée de ces deux modèles). On conçoit que si on a par exemple
deux types de parasites P1 et P2 et deux types d’hôtes H1 et H2, si seul H1 est com-
patible pour P1 et H2 pour P2, mais que ce parasite est létal pour l’hôte dans lequel
il parvient à s’installer, on comprend bien que ce système fonctionnera de façon fré-
quence-dépendante. Ici, la signature de ce système au niveau du locus en tant que
marqueur génétique ne sera pas évidente à mettre en évidence autrement que par des
expériences ou des suivis dans le temps de tous les acteurs du système. La fréquence-
dépendance aura souvent tendance à homogénéiser les fréquences alléliques des loci
concernés sur une grande part de l’aire de répartition de l’espèce. Cependant, l’inte-
raction avec les schémas de migration peut potentiellement complexifier ce schéma
(G et al., 1996 ; G, 2002 ; M et al., 2005).
Hétérosis
L’hétérosis (ou vigueur hybride) est un phénomène global qui affecte la totalité du
génome. Il peut provenir d’une superdominance globale répartie sur de très
nombreux loci du génome ou bien il résulte de la présence de nombreux allèles
La sélection gamétique
La sélection gamétique donne un avantage à certains gamètes (spermatozoïdes plus
performants). C’est une forme de sélection souvent négligée mais très puissante,
comme en atteste le maintien de mutations délétères (même sub-létales) à des
fréquences anormalement élevées (N et B, 1993).
Autofécondation
Ceci n’est bien sûr possible que chez des organismes hermaphrodites (Taenia,
Echinococcus, Fasciola, Plasmodium) (nous ne parlerons pas ici de certains cas de
parthénogénèse automictique). Imaginons que chez de tels organismes, une propor-
tion s de gamètes est investie dans l’autofécondation et donc 1-s dans des croise-
ments panmictiques. En reprenant notre locus à deux allèles de tout à l’heure, nous
pouvons poser que Dn, Hn et Rn sont les fréquences des génotypes 1/1, 1/2 et 2/2 à
la génération n respectivement, avec Dn = N11/N, Hn = N12/N et Rn = N22/N. Nous
supposerons ici que N (taille de la population) est très grand. Ces individus se repro-
duisent. Quelles seront les fréquences génotypiques à la génération suivante ?
– Pour Dn+1 : par autofécondation (proportion s des zygotes produits), seuls les 1/1,
en proportion Dn, et les 1/2, en proportion Hn, de la génération n peuvent produire
des 1/1. Dans ce cas, les 1/1 qui s’autofécondent ne produisent que des 1/1 (on
suppose qu’il n’y a pas de mutation) et les 1/2 ne produisent par autofécondation
que ¼ de 1/1 (le reste étant ½ de 1/2 et ¼ de 2/2). Par panmixie (1-s des zygotes),
on a vu que la proportion de 1/1 produite est de p1² (la fréquence de l’allèle 1 chez
les zygotes n’a pas de raison d’être différente de celle de la population). On a donc :
Dn+1 = s [Dn + ¼ Hn] + (1 - s) p1²
Autofécondation 100 %
0,3
0,2
0,1
0
0 10 20 30 40 50
t
Figure 6
Perte d’hétérozygotie (H) en fonction du temps en générations non chevauchantes (t)
pour différents types de croisements consanguins, pour deux allèles et pour une fréquence
d’hétérozygote à t0 de ½. Pour l’homogamie, les résultats sont donnés dans le cas
où le premier allèle est dominant avec différentes fréquences (p) de cet allèle au locus concerné.
Pour l’autofécondation et les croisements frères sœurs, les valeurs concernent l’ensemble
des loci alors que pour l’homogamie, elles ne sont pertinentes que pour les loci concernés
par le phénomène. Dans tous les cas, le phénomène concerne 100 % des gamètes (s = 1).
LA NOTION DE DÉFICIT
EN HÉTÉROZYGOTES,
DÉFINITIONS
2
Les individus les plus hétérozygotes sont probablement ceux qui présentent le plus grand choix d’allèles dis-
ponibles. Dans l’un et l’autre cas, les descendants peuvent espérer une plus grande hétérozygotie.
POPULATIONS
STRUCTURÉES,
EFFET WAHLUND
ET STATISTIQUES F
(F-STATISTICS)
L’exemple du modèle en îles
Les populations naturelles d’êtres vivants ne sont pas distribuées de façon homogène
sur l’ensemble de la biosphère : elles sont subdivisées. Un très grand nombre de
modèles de populations structurées existe. Le but de cette notice n’étant pas de passer
en revue tout ce qui existe en génétique des populations (~ une dizaine de volumes de
500 pages chacun), nous nous focaliserons ici sur le modèle en îles de Wright
(W, 1951). Nous allons supposer que la population qui nous intéresse est sub-
divisée en n sous-populations de taille N chacune, avec n très grand. À chaque généra-
tion, chaque population meurt en envoyant une infinité de propagules dans le milieu.
Chaque sous-population est ensuite recolonisée par ces propagules avec une propor-
tion m qui vient d’ailleurs et (1-m) qui revient à sa population d’origine (ils n’ont pas
bougé en fait). Cela revient à dire que chaque sous-population est constituée, à chaque
génération, de Nm immigrants et de (1-m)N résidents et où les immigrants pro-
viennent de chacune des n sous-populations avec la même probabilité 1/n (elles ont
toutes la même taille et les propagules tombent au hasard). Notons que cette probabi-
lité est cependant faible (car n grand). Ce modèle est illustré dans la figure 7.
Population Population
ij (i+1) j
etc etc
mN (1-m)N mN (1-m)N
Population Population
(i)(j+1) (i+1)(J+1)
etc
etc
mN (1-m)N mN (1-m)N
etc etc
Figure 7
Le modèle en îles de Wright. Chacune des n sous-populations est constituée de N individus
dont une proportion m provient de l’extérieur (migrants) et (1-m) d’autochtones.
(
H eT = 2 p 1 − p ) (13)
On peut alors calculer un déficit global en hétérozygotes :
H eT − H oT
F IST = (14)
H eT
En utilisant (11) et (13), on obtient pour (14) :
1 n
(
2p 1− p − ) ∑ 2 p i (1 − p i )
n i =1
FIST =
2p 1− p ( )
d’où
( )
n
2 1
2 p − p − ∑ p i − p i2
n i =1
FIST =
2p 1− p ( )
en simplifiant et en développant :
2 1 n 1 n
p−p − ∑ p i + ∑ p i2
n i =1 n i =1
FIST =
(
p 1− p )
et donc en utilisant (12) :
2
p − p − p + p2
FIST =
(
p 1− p )
ce qui donne enfin :
2
p2 − p
FIST = (15)
(
p 1− p )
FIST =
( pi − p )
2
p (1 − p )
Il s’agit donc du rapport entre la moyenne du carré des écarts à la moyenne (si cela
ne vous rappelle rien, reportez-vous à la réponse 5) et la valeur que prend cette
moyenne des carrés des écarts à la moyenne quand toutes les sous-populations sont
fixées pour l’un ou l’autre des allèles (à vérifier en réponse 6). Dans le cas de deux
allèles, cela veut dire qu’on a p sous-populations fixées pour l’allèle 1 et 1- p pour
le 2. Nous avons donc :
σ 2 (p )
F IST = 2 i (16)
σ max ( p i )
Cette valeur est nécessairement toujours positive et correspond donc à un déficit
en hétérozygotes dû au fait que l’on calcule le FIS en réunissant des individus qui
n’appartiennent pas aux mêmes unités. On voit bien dans les équations (14), (15)
et (16) que si les sous-populations partagent les mêmes fréquences alléliques
(variance nulle), ce déficit est nul (pas de déviation par rapport à Hardy-Weinberg),
alors que dans les autres cas il est positif, et ce d’autant plus que les fréquences
alléliques diffèrent entre sous-populations, jusqu’à une valeur maximale de 1
quand chaque sous-population est fixée pour un des allèles présents (variance
maximale). On appelle ce phénomène l’effet Wahlund (W, 1928), c’est-à-
dire le déficit en hétérozygotes dû à la structuration de la population. Ce déficit
en hétérozygotes correspond en fait au FST de W (1965), dont la formule en
fonction des hétérozygoties et diversités géniques (N et C, 1983) est la
suivante :
H − Hs
F ST = T (17)
HT
où HT correspond à l’hétérozygotie attendue si tous les individus de toutes les sous-
populations se croisaient au hasard (panmixie globale) et Hs correspond à l’hétéro-
zygotie moyenne attendue si les individus se croisaient au hasard à l’intérieur de
chaque sous-population (panmixie locale). En fait pour le cas le plus général, HT et
Hs correspondent respectivement à la diversité génique de la population totale et à
celle trouvée au sein des sous-populations (moyennée sur l’ensemble).
Il existe d’autres modèles de populations structurées qui permettent d’étudier les consé-
quences génétiques d’autres contraintes de subdivision que celles décrites par le modèle
en îles. Ces modèles font intervenir une composante géographique où l’éloignement des
sous-populations et/ou des individus va influencer les probabilités d’échanges de gènes
et/ou d’individus (flux de gènes et/ou d’individus). En termes de migration formelle, ceci
peut se traduire par un schéma discontinu de migration comme pour les modèles en pas
japonais (stepping stone models) (K et W, 1964 ; S, 1985). Le modèle de
diffusion peut être continu dans le cas de modèles en voisinage (neighbourhood models)
(W, 1965 ; R, 2000 ; L et al., 2004).
Ces modèles de populations peuvent se présenter en une dimension, comme dans le
cas d’espèces inféodées à un écotone bien défini (écosystèmes côtiers, bordures de
chemins, de routes de forêts, etc.), deux dimensions (paysage quelconque) ou trois
dimensions (milieux aquatiques, forestiers, etc.). La figure 8 illustre ces différentes
possibilités pour un modèle en stepping stone. Dans cette figure, les migrants ne
peuvent passer que d’une population directement adjacente à l’autre. Il existe égale-
ment des modèles mixtes entre stepping stone et modèle en îles (voir H et C,
1989 : 317-318). Enfin, le problème des individus ou sous-populations marginales
(en situation de bordure) est souvent résolu par la connexion entre elles de ces bords
libres, aboutissant à l’établissement d’un cercle (modèles en une dimension) ou d’un
tore (modèle en deux dimensions).
Dans de telles configurations de populations, plutôt que d’étudier un FST global, il
est plus informatif d’examiner la corrélation qui relie les distances génétiques avec
les distances géographiques séparant les paires d’individus ou de dèmes (R,
1997, 2000).
Les définitions présentées dans les équations (19) et (21) correspondent aux définitions
paramétriques des F de Wright. Dans la réalité, le nombre de sous-populations et le
nombre d’individus échantillonnés par sous-population sont tous les deux limités. Le
génotypage d’individus sur plusieurs marqueurs génétiques ne peut se faire que sur
quelques sous-populations et sur un échantillon d’individus de ces sous-populations.
Ceci vient du fait que pour calculer la moyenne, nous avons utilisé toute l’informa-
tion concernant la somme des xi. Par conséquent, quand on procède à la somme des
(xi- x )² et que l’on arrive au (n-1)ème terme, on a déjà toute l’information, le
nème terme apporte une information redondante. C’est pour cela que l’on divise par
n-1 (degré de liberté). Si on divise par n au lieu de (n-1), on sous-estime la variance
(estimation biaisée). On voit bien que plus n augmente, moins le biais est important.
Pour les F de Wright, que l’on peut faire correspondre à des rapports de variance, le
même type de phénomène se rencontre. Imaginons par exemple que je suis très
paresseux et que je n’échantillonne qu’un individu par sous-population. Dans ce cas,
j’aurais un individu soit homozygote, soit hétérozygote dans chacune de mes sous-
populations. Je ne peux calculer alors un FIS que dans les sites polymorphes, c’est-à-
dire ceux où j’ai trouvé un hétérozygote, avec p1 = p2 = 0,5. En appliquant
l’équation (19) on calcule :
H s − H o 2 p1 p 2 − 1
F IS = = = −1
Hs 2 p1 p 2
Le biais est ici énorme : on sous-estime le déficit de 100 % puisque, en effet, on ne
peut s’attendre à rien d’autre que cette valeur de - 1, qui bien évidemment n’a pas
d’autre sens.
L’estimation non biaisée des paramètres F est beaucoup plus complexe que pour une
simple variance. Les estimateurs f, Ô et F de Weir et Cockerham (W et
C, 1984) sont des estimateurs non biaisés des FIS, le FST et le FIT de
Wright respectivement. Ils sont issus d’un modèle d’analyse de variance hiérarchique
(nested analysis of variance) des fréquences alléliques dans les individus des sous-
populations, entre individus des sous-populations et entre sous-populations. En
reprenant les notations originales, les estimateurs de Weir et Cockerham dépendent
donc de σ a2, σ b2 et σ w2 qui sont les composantes inter dèmes (among sub-populations,
a), entre individus de chaque sous-population (between individuals, b) et intra-
Tableau 2
Analyse de variance des fréquences alléliques dans un échantillon subdivisé
en n sous-échantillons tous de taille N chacun.
Il s’agit ensuite de calculer les carrés moyens des fréquences d’allèles de l’échantillon
pour obtenir, avec les carrés moyens attendus, un système de trois équations à trois
inconnues permettant de déduire les différentes composantes de la variance des fré-
quences alléliques. Cela est possible en s’aidant d’un ouvrage traitant en détail de
l’analyse de variance hiérarchique (nested en anglais) (S et R, 1981). Si
nous considérons le cas d’un locus à deux allèles (1 et 2), l’étude de la variation
allélique se fait alors sur un seul allèle (l’allèle 1) qui prend la valeur Í = 1 ou Í = 0
quand il est présent ou absent. Nous avons besoin ensuite de calculer les sommes des
carrés des quantités de l’allèle dans chaque chromosome de chaque individu (SS1),
des individus (SS2), des sous-échantillons (SS3) et de l’échantillon total (SS4).
Notons NT11 le nombre d’homozygotes pour l’allèle 1, NT12 celui des hétérozygotes
et NT22 celui des homozygotes pour l’absence de cet allèle dans l’échantillon total.
De même, considérons Ni11 le nombre d’homozygotes pour l’allèle 1, Ni12 celui des
hétérozygotes et Ni22 celui des homozygotes pour l’absence de cet allèle dans l’échan-
tillon i. Sachant que la quantité mesurée Í prend la valeur 0 ou 1 et en supposant
SS 1 = ∑∑∑ α
2
1 1 1
n N
2
2
∑∑ ∑
SS = 1 1 1
α
2 2
2
n
N 2 (30)
∑1 ∑∑ α
SS 3 = 1 1
2N
2
n N 2
∑∑∑ α
1 1 1
SS 4 =
2 NT
Du système d’équations (30), on peut tirer (en détaillant au maximum) :
[ ( )] [ ( )] [ ( )]
SS 1 = NT11 2 12 + NT12 1 12 + NT 22 2 0 2 = 2 NT11 + NT12
SS = NT11 (2 ) + NT12 (1) + NT 22 (0) = 2 N
2 2 2
NT12
2 T11 +
2 2
n n n
∑ {Ni11 [2 (1)] + Ni12 [1(1)]}2
∑ {2 N p
i i }2
4 N 2
∑ p i2
1 (31)
SS 3 = = 1 = 1
2N 2N 2N
SS =
{NT11[2(1)] + NT12 [1(1)] + NT 22 [2(0)]}2 = {2 NT11 + NT12 }2
4
2 NT 2 NT
Du système (31) on déduit :
SS 1 = 2 NT p
SS 2 = 2 NT p − NT12
2
1 n
SS = 2nN (32)
3 ∑ p i2 = 2 NT p 2
n 1
{2 NT p }2 N p 2
SS
4 = =2 T
2 NT
3
Le détail de cette démonstration n’est pas indispensable, mais je conseille à tous les lecteurs d’essayer de la
comprendre au moins une fois.
d’où on tire :
NT12
SS w =
2
(2 2
SS b = 2 NT σ max ( p ) − σ ( p ) −
NT12
) (36)
2
SS a = 2 NT σ 2 ( p )
Nous pouvons enfin obtenir les moyennes de ces sommes de carrés en les divisant
par leur degré de liberté respectif et ainsi obtenir le système d’équations à trois
inconnues :
2 NT σ 2 ( p )
MS a = = 2 Nσ a2 + 2σ b2 + σ w2
n −1
On a donc :
2 NT12
σ w = 2 N
T
(
2 NT σ max
2
) N
( p ) − σ 2 ( p ) − T12
2 − NT12
σ b =
2
(38)
2n( N − 1) ) 4 NT
NT σ 2 ( p )
(
2 NT σ max2
) N
( p ) − σ 2 ( p ) − T12
2
σ a =
2
−
N (n − 1) 2 Nn( N − 1) )
ce qui donne :
2 NT12
σ w =
2 NT
σ =
(
2 N σ max 2
)
( p) − σ 2 ( p)
−
NT12 N
− T12 (39)
b
N −1 4n(N − 1) ) 4 NT
nσ 2 ( p ) σ max2
( p) − σ 2 ( p) NT12
σ a2 = − −
(n − 1) N −1 4 NT ( N − 1)
La combinaison des systèmes d’équations (39) et (29) permet d’obtenir les estima-
teurs des différentes statistiques F dans le cas de figure présenté.
Ceux qui souhaiteraient plus de détails sont invités à consulter la bibliographie
correspondante, car je n’entrerai pas plus dans les détails ici étant donné que ces
estimateurs sont calculés par la plupart des logiciels disponibles tels que Fstat
2.9.3 (G, 2002) téléchargeable gratuitement à [Link]
softwares/[Link] (voir G, 1995), Genetix 4.03 (B et al., 2004)
téléchargeable gratuitement à [Link]
[Link], ou encore Genepop 3.4 (R et R, 2003) téléchargeable
gratuitement à [Link] (voir R et
R, 1995b), Genepop 4 (R, 2008) ([Link]
A= K
∑σ 2
b ( A)
f WC = A =1
∑ [σ ]
A= K
2
( A) + σ w2 ( A)
A =1
b
A= K
∑σ 2
a ( A)
θ WC =
A =1
(40)
∑ [σ ]
A= K
2
( A) + σ ( A) + σ ( A)
2 2
A =1
a b w
F = σ a2 ( A) + σ b2 ( A)
WC
∑ [σ ]
A= K
2
a ( A) + σ b2 ( A) + σ w2 ( A)
A =1
pour les estimateurs de Robertson et Hill qui donnent un poids maximal aux allèles
les plus rares (pondération par 1 - pA). Les estimateurs de Weir et Cockerham sont
non biaisés, mais sujets à une variance importante, alors que ceux de Robertson et
Hill sont biaisés, mais beaucoup moins variables pour de faibles valeurs des F
(R et R, 1995 ; R et B, 2000), ce qui leur confère
un avantage statistique certain (voir plus loin).
Les estimations multilocus tiennent également compte du polymorphisme des loci
(les plus polymorphes auront en principe le plus de poids) et du nombre d’individus
génotypés (par toujours le même nombre par locus), de même que les estimations
multi-échantillons (pour le FIS).
Différenciation génétique
par paire d’échantillons ou d’individus
Il existe fréquemment des situations où la différenciation génétique doit être
appréciée entre paires de populations ou même d’individus. Plusieurs possibilités
s’offrent à nous. Le FST peut bien entendu être utilisé, mais il a été montré que
dans cette configuration, il est loin d’être le plus performant (R, 1997 ;
B et G, 2002). L’empiriste avisé préférera l’utilisation d’autres outils,
à choisir en fonction de la question posée. Si un isolement par la distance est
recherché, l’utilisation de FST/(1 - FST) ou son estimateur Ô/(1 - Ô) est recomman-
dée par R (1997). Nous verrons plus loin que ce nouvel estimateur est
surtout utile pour inférer les paramètres démographiques de la population inves-
tiguée. Dans les autres situations, la distance harmonique (chord distance) de
Cavalli-Sforza et Edwards (C-S et E, 1967) donne de meil-
leurs résultats (T et N, 1996 ; K, 2002). Cette distance est
obtenue suivant la formule suivante :
2 r
mj
Dc =
rπ
∑ 2 1 − ∑ x ij y ij (42)
j =1 i =1
où r correspond au nombre de loci, j au label du locus (de 1 à r), i au label de l’allèle
(de 1 à mj), mj au nombre d’allèles au locus j, xij et yij les fréquences de l’allèle i au
locus j pour les sous-populations x et y respectivement.
Le problème de l’homoplasie
Comme nous l’avons déjà vu, les marqueurs génétiques polymorphes dont nous
avons besoin pour analyser nos populations naturelles correspondent rarement à des
loci à nombre infini d’allèles. C’est par exemple le cas des allozymes pour lesquels
un grand nombre de mutations différentes sont confondues dans un seul allèle. C’est
aussi vrai pour les microsatellites les plus polymorphes, de par les contraintes issues
du mécanisme mutationnel de ces séquences particulières d’ADN, beaucoup d’al-
lèles sont identiques par état sans être identiques par descendance (ou ascendance en
fonction de la direction vers laquelle nous regardons). On parle alors d’homoplasie.
Pour certains, ce phénomène est rédhibitoire en génétique des populations. Tout
d’abord, en ce qui concerne le FIS, il a été démontré que ce dernier est virtuellement
indépendant du processus de mutation (R, 1996). En ce qui concerne les
mesures de différenciation, nous avons vu avec l’équation (25) que le biais du FST
est proportionnel à K/(K - 1) quand K est le nombre d’allèles possibles. Ce biais est
donc faible pour des nombres raisonnables d’allèles. La figure 9 illustre bien la
modestie de l’influence de l’homoplasie sur les paramètres courants utilisés en géné-
tique des populations.
Cette influence, quasi nulle sur le FIS (notez la faiblesse de l’échelle), devient rapide-
ment négligeable dès que le nombre d’allèles possibles dépasse 5, voire même 2
quand les taux de mutation sont au-dessous de 10-4. Si on ajoute que les variances
des estimateurs de ces paramètres sont telles qu’il n’est pas raisonnable d’espérer une
précision en deçà de deux décimales, l’homoplasie n’est absolument pas un problème
pour le FIS et donc pour les inférences liées au système de reproduction, et ne repré-
sente qu’un problème modeste pour le FST dans les cas à deux allèles (qu’il vaut donc
mieux éviter), de toutes manières assez rares, surtout chez les marqueurs microsatel-
lites. Donc, si les loci homoplasiques sont bien évidemment à éviter pour toute
étude phylogénétique ou assimilée, il n’y a aucune raison valable de les écarter pour
des études de génétique des populations.
FIS
0,073
0,072
0,071
0,07
0 0,002 0,004 0,006 0,008 0,01
0,2
(b)
0,19
0,18
FST IAM
0,17 K=2
K=5
K = 10
0,16
K = 20
0,15
0,14
0 0,002 0,004 0,006 0,008 0,01
Figure 9
Illustration de l’influence du nombre d’allèles possibles (K) sur les valeurs attendues
des F statistiques de Wright, pour différents taux de mutation (u). Les valeurs
sont obtenues pour un modèle en îles infini avec N = 20 individus par sous-population,
un taux d’autofécondation de s = 0,2 et un taux de migration de m = 0,05
(IAM = nombre infini d’allèles).
LES DÉSÉQUILIBRES
DE LIAISON
BASES
L’hypothèse nulle
Comme son nom l’indique, c’est une hypothèse qui stipule qu’il ne se passe rien, ou
que la population est conforme à une norme, un modèle préétabli (ou modèle nul),
par exemple les fréquences génotypiques sont conformes à Hardy-Weinberg, ou les
deux populations ont les mêmes fréquences alléliques, ou encore le FIS (ou le FST)
n’est pas différent de 0. On nomme cette hypothèse sous le diminutif H0. L’hypothèse
alternative, ou H1, peut être indéfinie (par exemple, le FIS est différent de 0) ou au
contraire définie (ou orientée) (exemple, le FIS est plus grand que 0). Dans ce dernier
cas, on parle de test unilatéral qui, comme nous le verrons, est en général plus puis-
sant que le premier (ou test bilatéral), sauf si on se trompe de direction (voir plus
loin).
4
J’utiliserai cet anglicisme tout au long de ce manuel, car il est devenu d’usage courant, comme week-end, mail
ou web.
67
Qu’est-ce qu’un test statistique ?
5
Les valeurs du FIS peuvent s’écarter de 0 en se montrant fortement négatives ou fortement positives.
Tests statistiques 69
LE PRINCIPE
DES RANDOMISATIONS
Dans la plupart des situations rencontrées en génétique des populations naturelles (si
ce n’est toutes), il ne sera pas possible de procéder au calcul des probabilités exactes
telles que dans l’exemple du pile ou face. Cependant, l’utilisation de programmes
informatiques va nous permettre, sans beaucoup d’effort, d’estimer avec une excellente
approximation, ces P-values. Il s’agit de procédures de ré-échantillonnage ou randomi-
sations. Ces procédures se regroupent en deux grands types. Celles du premier type
visent à obtenir un intervalle de confiance de l’estimateur étudié (par exemple, le FIS),
l’autre vise à simuler des populations suivant l’hypothèse nulle afin de pouvoir compa-
rer la valeur observée à celles qu’on peut attendre sous H0 (obtenues par simulation).
La plupart des tests décrits dans ce manuel sont disponibles dans le logiciel
Fstat 2.9.3. (G, 2002, mise à jour de G, 1995), qui est très convivial.
D’autres logiciels sont aussi utiles :
– Genepop 3.4. (R et R, 2003, mise à jour de R et R,
1995b), Genepop 4 (R, 2008), moins convivial, mais qui est le seul à propo-
ser certaines procédures très utiles (comme celles testant des isolements par la dis-
tance entre individus) et leur version web ;
– Genetix 4.03, très convivial, en français qui propose des AFC (analyses factorielles
des correspondances) ;
– MSA (D et S, 2002), pas très convivial, mais qui propose
différents calculs de distances génétiques.
Il en existe bien sûr bien d’autres que nous utiliserons dans la 2e partie de ce manuel
« Applications à des exemples concrets », mais avec ces trois-ci on peut déjà faire
énormément de choses. Ajoutons que ces logiciels sont téléchargeables gratuitement
(voir en annexe les liens), chose à ajouter au crédit de leurs auteurs. Nous revien-
drons sur d’autres logiciels au moment où nous en aurons besoin.
Mais avant tout, il y a Create (C et al., 2008) qui permet, à partir d’un fichier
texte ou Excel avec toutes les données brutes, de convertir ces données dans un for-
mat adéquat pour la plupart des logiciels de génétique des populations. Au moment
où je corrige mon manuscrit, Tatiana Giraud m’apprend qu’il en existe un autre
PGD-Spider (L et E, 2012), apparemment assez convivial, mais que
je n’ai encore jamais utilisé.
Nombre d'observations
d'une valeur donnée
durant le processus
Intervalle de confiance à 95 %
Figure 10
Représentation graphique de l’obtention de l’intervalle de confiance à 95 % d’une mesure
à partir de la technique du bootstrap.
Tests statistiques 71
Dans la figure 10, on voit que la valeur observée n’est pas centrée, car le bootstrap
génère des distributions décalées. Cette procédure sert à comparer des statistiques F
entre différents échantillons ou groupes. Elle n’est pas très puissante, mais fournit la
possibilité de faire des graphiques élégants. En général, on l’accompagne d’un autre
test plus puissant, par exemple un test de Wilcoxon pour données appariées (par loci
si les loci étudiés sont les mêmes) ou un test de Kruskal-Wallis si les loci ne sont pas
les mêmes (les deux tests sont implémentés dans tous les logiciels de statistiques).
Attention, si les loci ne sont pas les mêmes, la différence observée entre groupes
pourra provenir des loci et non des groupes. D’une manière générale, il vaut mieux
s’assurer de travailler avec les mêmes loci et que ces derniers soient en nombre suffi-
sant (au moins sept). De toutes les façons, un bootstrap sur les loci ne commence à
avoir du sens qu’à partir de quatre loci, et est vraiment puissant bien au-delà (voir
R et R, 1995a pour discussion).
Bootstrap sur les populations
C’est exactement le même principe que le précédent sauf que ce sont les populations
(ou ce que l’on considère comme telles, les sous-échantillons) qui sont ici rééchan-
tillonnées. Attention, on ne peut pas faire cela pour le FST6. Seul donc le FIS est
concerné. Cette procédure permet de comparer les loci entre eux. Il est en effet
important de vérifier si les différents loci convergent vers le même signal, car sinon
il sera utile de déterminer les causes responsables des discordances entre loci.
Le jackknife
Jackknife sur les loci
Ici, il s’agit de prendre chaque locus un à un et de calculer la valeur du F sur ceux
qui restent. On obtient ainsi k valeurs sur lesquelles on peut calculer une moyenne
et une variance et donc une erreur standard. L’erreur standard d’une statistique x
évaluée sur n mesures se calcule en fonction de sa variance s²(x) [voir équation (28)]
et de n selon la formule :
s ²(x )
sx = (44)
n
Il est ensuite facile de calculer à partir de là l’intervalle de confiance voulu (IC), en
faisant l’hypothèse que la distribution des jackknives suit une distribution normale
(ce qui n’est probablement pas tout à fait exact, mais passons).
IC = F ± t n −1,α s x (45)
où F est le F de Wright étudié, et tn-1,Í le paramètre de la loi normale pour n-1 degré
de liberté (n correspond ici au nombre de loci) et au seuil Í (Í = 0,05 pour un IC
6
Le bootstrap rééchantillonne avec remise et peut donc dans ce cas rééchantillonner plusieurs fois le même
sous-échantillon. Mesurer la différenciation entre ces échantillonnages strictement identiques n’a aucun sens.
Mise en garde
Comme nous l’avons vu, le nombre de réplicats à rééchantillonner doit respecter une
valeur minimum. Il est nécessaire qu’il y ait au moins cinq loci et/ou sous-échan-
tillons pour que ces procédures soient effectuées. Il est également nécessaire que ces
réplicats soient suffisamment variables, un locus monomorphe ou presque pas
variable ne pourra pas offrir un réplicat digne de ce nom, même si Fstat effectue la
procédure sans problème (c’est-à-dire sans vous prévenir qu’il y a potentiellement un
souci).
Tests statistiques 73
Tableau 3
Valeurs du t pour différents degrés de liberté (n-1) au seuil Í = 0,05.
Les permutations
Il s’agit ici de simuler l’hypothèse nulle un grand nombre de fois avec les données. Le pro-
gramme informatique va utiliser les données (c’est-à-dire les allèles ou les individus des
différents sous-échantillons) pour simuler H0, mesurer la valeur obtenue sous H0, recom-
mencer un très grand nombre de fois afin d’obtenir une distribution des valeurs possibles
sous H0. La P-value du test correspond donc simplement à la proportion des cas où une
valeur aussi grande ou plus grande (unilatéral 1), aussi petite ou plus petite (unilatéral 2),
aussi extrême (bilatéral) que la valeur observée a été obtenue dans cette distribution.
7
I suggested an obvious name for the statistical method-a suggestion not unrelated to the fact that Stan had an
uncle who would borrow money from relatives because he “just had to go to Monte-Carlo.” The name seems to have
endured.
Tests statistiques 75
TESTER
LA PANMIXIE LOCALE
Tester le FIS
La panmixie locale peut se tester en prenant les allèles présents dans chaque sous-
échantillon et en les réassociant au hasard à l’intérieur de ces sous-populations et ce
dans toutes les sous-populations. On mesure alors le FIS global (moyenne sur l’en-
semble des sous-échantillons et des loci) (estimation par f de W et C,
1984). Ce processus est répété un très grand nombre de fois, ce qui permet d’obtenir
la distribution des FIS générés sous l’hypothèse de panmixie locale (H0). Trois tests
sont ensuite possibles (en toute rigueur, il faut choisir lequel avant).
Tester s’il existe un déficit en hétérozygotes
Il s’agit donc d’un test unilatéral avec H1 : le FIS de la population échantillonnée est
plus grand que 0. On teste bien ici si les sous-populations échantillonnées sont pan-
mictiques (H0) et n’utilisent pas un mode fermé de reproduction (du type autofé-
condation ou croisements entre apparentés) qui doit donner une homozygotie
supérieure à celle attendue sous panmixie à tous les loci. La proportion de fois que
l’on obtient, au cours de la randomisation, une valeur aussi grande ou plus grande
que celle observée nous donne la P-value du test. Si le test est significatif, on peut
ensuite essayer d’estimer le taux d’autofécondation ou de croisements frère-sœur qui
permet d’expliquer le FIS observé, ou encore s’il peut être expliqué par un effet
Wahlund (voir plus loin).
Tester s’il existe un excès d’hétérozygotes
C’est le test unilatéral dans l’autre sens avec H1 : le FIS de la population est inférieur
à 0. La proportion de fois que l’on obtient, dans les randomisations, une valeur aussi
faible ou plus petite encore que celle observée nous donne la P-value du test. Ici, ce
qui est recherché c’est si les sous-populations se reproduisent de façon asexuée
(clonalité) stricte, auquel cas on attend un FIS < 0 pour tous les loci.
Tester un écart dans n’importe
quelle direction (excès ou déficit)
Il se peut également que l’on s’attende à ce que les différents sous-échantillons ou les
différents loci répondent dans toutes les directions (configurations de tests bilaté-
raux). Dans ce cas, il y a deux problèmes. Le premier, assez simple à résoudre,
consiste en l’obtention de la P-value bilatérale. Le second correspond à une décision
statistique globale, car il y a en effet autant de P-values obtenues que de loci et/ou
de sous-échantillons testés.
La P-value bilatérale s’obtient comme suit. Il faut faire les deux tests unilatéraux, ce
qui fournit deux P-values. Soit Pmin la plus petite de ces deux probabilités (test
Tester la pangamie
Tous les tests décrits précédemment ne sont en fait que des approches indirectes,
puisque ce n’est que la conséquence de la rencontre aléatoire des gamètes qui est
Tests statistiques 77
testée, mais pas cette rencontre à proprement parler. Dans certaines circonstances, il
est possible de tester la panmixie plus directement, si on a accès aux couples natu-
rellement formés dans le milieu. En génotypant les adultes accouplés (en copula-
tion), on peut tester si ces adultes se sont associés indépendamment de leurs
génotypes, c’est-à-dire on peut tester la pangamie. Pour ce faire, il suffit d’adapter
un test de M (1967), test que nous détaillerons davantage plus loin pour les
tests de corrélations entre matrices de distances, pour tester la corrélation entre la
matrice des distances génétiques (apparentement) entre les individus possibles (entre
les différents individus accouplés) et la matrice d’accouplement (en codant 0 pour
les paires d’individus non accouplés et 1 pour les paires d’individus effectivement
trouvés accouplés). Pour des organismes à sexes séparés, les matrices concernent les
femelles d’un côté contre les mâles de l’autre. Attention, ce test de Mantel ne peut
être effectué par Genepop qui ne gère que des demi-matrices en excluant les valeurs
diagonales (dont on a besoin ici). Il faut donc effectuer le test avec un logiciel qui
utilise des données en colonne (comme Fstat, ou RT de M, 1997). En permu-
tant les cases d’une des deux matrices et en calculant un coefficient de corrélation à
chaque fois, on obtient ensuite la probabilité d’observer une valeur aussi extrême ou
plus extrême que celle observée. Cette procédure, malgré son intérêt évident, n’a à
notre connaissance été utilisée qu’à deux reprises : chez le trématode Schistosoma
mansoni chez les rats de Guadeloupe (P et al., 2004b) et chez la tique du
bétail Rhipicephalus (Boophilus) microplus en Nouvelle-Calédonie (C et al.,
2007a). Dans le premier cas, l’apparentement entre les paires d’individus a été effec-
tué à l’aide du logiciel Kinship V.1.2. (module Relatedness) développé par
K. F. Goodnight ([Link] qui calcule un estimateur
d’apparentement non biaisé équivalent de celui décrit dans Q et G
(1989). Pour les tiques, c’est l’estimateur de W (2002) qui a été préféré, car
particulièrement robuste aux petits échantillons. Ce dernier fut calculé par le logi-
ciel MER V3 ([Link] Nous reverrons
ce dernier exemple dans la seconde partie de ce manuel.
Dans tous les cas, l’information apportée par ce test peut s’avérer précieuse pour
discuter des hypothèses possibles en vue d’expliquer une déviation du FIS par rapport
aux attendus sous panmixie.
TESTER
LA STRUCTURATION
Tester le FST
Il s’agit de simuler la migration libre des individus entre sous-échantillons (H0) en
redistribuant au hasard les individus dans ces différents sous-échantillons. On
mesure alors le FST obtenu avec Ô (sur l’ensemble des loci). La répétition de ce
En fait, certains travaux ont montré que le calcul d’une autre statistique (G) permet-
tait d’avoir une plus grande puissance du test dans la plupart des situations (voir
G et al., 1996). La procédure est rigoureusement identique sauf que l’on
mesure un G (logarithme népérien de la vraisemblance du tableau de contingence
observé) au lieu d’un FST. Cette statistique est calculée à partir d’effectifs alléliques,
mais ce sont bien les individus diploïdes qui sont permutés au cours des randomisa-
tions (d’où le qualificatif de test génotypique). Une description de la formule du G
peut être trouvée dans n’importe quel ouvrage de statistiques (S et R,
1981) (voir aussi la réponse 7). Un avantage supplémentaire de cette statistique
concerne ses propriétés additives, ce qui autorise la mise en place d’un test global sur
l’ensemble des loci, comme on le retrouve dans Fstat.
nl np na
N
G = −2∑∑∑ Nikl ln ikl (46)
l =1 k =1 i =1 Nkl p il
où l indique le locus et nl est le nombre total de loci, k les sous-échantillons et np le
nombre total de sous-échantillons, i l’allèle et na le nombre total d’allèles au locus l
dans la population k, Nikl est le nombre de fois que l’allèle i du locus k est rencontré
dans la population l, Nkl est le nombre d’allèles (deux fois la taille du sous-échan-
tillon chez des diploïdes) du locus l dans le sous-échantillon k et p il est la fréquence
moyenne de l’allèle i du locus l dans tout l’échantillon. C’est donc cette statistique
qui est calculée sur les données observées et pour chaque randomisation des indivi-
dus entre sous-échantillons.
Il existe une autre solution pour tester la différenciation entre dèmes, mise au point
par R et R (1995a). Il s’agit d’un test purement allélique qui fait donc
l’hypothèse d’une indépendance totale des allèles dans les individus (panmixie
parfaite). Pour que ce test soit valide, il est donc indispensable que les génotypes
soient en parfaite conformité avec les attendus sous Hardy-Weinberg, car ce sont les
allèles qui sont ici randomisés entre sous-échantillons. Ce test est proposé comme test
allélique dans Genepop. Une procédure équivalente, le test « assuming HW » est
Tests statistiques 79
proposé dans Fstat (qui utilise un test basé sur le G). C’est le test le plus puissant qui
existe, mais, parce qu’il est probable qu’aucune population ne soit en conformité avec
une panmixie parfaite, je conseillerai de ne jamais appliquer ces procédures et de leur
préférer celles utilisant les génotypes (ne supposant donc pas la panmixie). Par ailleurs,
le test exact ne peut être effectué que locus par locus, ce qui impose une procédure
supplémentaire pour obtenir un test global (voir plus loin le paragraphe sur les tests
multiples). Ajoutons enfin que les logiciels cités traitent les données haploïdes en
dédoublant chaque allèle (homozygotie artificielle totale). Dans ce cas, le test allélique
est impossible ou alors doit être fait sur la moitié des individus si c’est possible.
TESTER
LA PANMIXIE GLOBALE
Ceci est fait en réassociant au hasard les allèles des individus de l’ensemble de
l’échantillon un très grand nombre de fois. On mesure le FIT sur l’ensemble des loci.
Pour le reste, la procédure est identique à celle présentée pour tester la significativité
du FIS.
Il peut sembler redondant de tester le FIT après avoir testé le FIS et le FST, mais dans
certains cas cela peut s’avérer utile. En particulier, un FIT nul associé à d’autres cri-
tères (voir plus loin) peut être diagnostique d’une espèce strictement clonale et for-
tement structurée en de nombreux dèmes (voir D M et B, 2005 ;
N et al., 2006).
TESTER
LES DÉSÉQUILIBRES
DE LIAISON
∑ (P i ≤ Pobs )
P= i =1
i = Rand
(47)
∑ Pi
i =1
C’est ce qui est fait dans Genepop 3.4. (Raymond et Rousset, 2003, mis à jour de
R et R, 1995b). On peut aussi calculer une autre statistique, telle
qu’un G comme dans le logiciel Fstat 2.9.3. (G, 2002, mise à jour de
G, 1995) et Genepop 4 (R, 2008), ou sur un coefficient de corrélation
comme dans Genetix 4.03 (B et al., 2004) ou encore sur un estimateur mul-
tilocus comme dans Multilocus 1.3b (Agapow et Burt, 2003, mis à jour d’A
et B, 2001).
À partir d’ici, plusieurs points importants doivent être précisés.
Nombre de randomisations
Certaines procédures de randomisations peuvent être très gourmandes en nombre de
randomisations. Ce nombre sera fonction du nombre de combinaisons de génotypes
possibles entre les deux loci étudiés. Dans le doute, il faut donc bien veiller à vérifier
que deux procédures de randomisations faites indépendamment sur les mêmes don-
nées donnent le même résultat. Ceci est particulièrement important pour la procé-
dure (chaîne de Markhov) utilisée dans Genepop où le nombre d’itérations devra
atteindre au moins 106, voire 107.
Correction du seuil
Comme nous l’avons vu, les tests par paire de loci génèrent un grand nombre de tests
(autant que de paires de loci). Pour sept loci, par exemple, on a 21 paires de loci
Tests statistiques 81
possibles. Cette répétition de tests va poser un problème statistique important que
nous traiterons dans la section suivante. Ces tests sont par ailleurs non indépendants
puisque chaque locus est comparé à chacun des autres loci restants, ce qui signifie
que l’information contenue dans chaque locus est utilisée de façon redondante, ce
qui pose un problème supplémentaire. Dans le paragraphe qui suit, nous verrons
comment corriger le seuil de décision statistique afin de prendre en compte ces dif-
ficultés.
Comme nous l’avons déjà vu, certaines des procédures que nous utilisons en géné-
tique des populations empiriques requièrent l’utilisation d’un nombre important de
loci (au moins cinq) qui devraient être indépendants statistiquement. C’est-à-dire
que l’information portée par chacun de ces loci est supposée indépendante. Un
déséquilibre de liaison fort risquerait d’apporter une redondance forte conduisant à
un risque d’erreur de décision. En fait, l’indépendance des loci ne peut être certaine
que si les populations échantillonnées sont de tailles infinies, panmictiques et non
structurées et ce depuis un grand nombre de générations, ce qui n’est évidemment
jamais le cas. Il y a donc toujours liaison. Le principal est que cette liaison ne nuise
pas trop à la détection du signal recherché. Le reste est laissé à l’appréciation de
chacun, mais fort heureusement ces tests sont individuellement peu puissants et les
procédures qui y sont le plus souvent associées (Bonferroni) rendent la détection de
tels déséquilibres peu fréquente. De ma propre expérience sur les populations clo-
nales (déséquilibres de liaison forts à totaux), c’est plus une diminution de puissance
des tests (de différenciation, en particulier) qu’une augmentation qu’il faut attendre
(augmentation des variances d’estimation), comme cela peut être illustré par les
immenses intervalles de confiance de FST obtenus par bootstrap sur les loci chez la
levure opportuniste Candida albicans (voir la figure 1 dans N et al., 2006).
LE PROBLÈME
DES TESTS RÉPÉTÉS
Comme nous l’avons déjà vu, le but d’un test statistique est d’évaluer la probabilité
avec laquelle le hasard permet d’expliquer nos données si celles-ci proviennent d’une
population respectant l’hypothèse nulle. Si cette probabilité est inférieure à un seuil
choisi Í, on décide que les données dévient significativement de ce que l’on attend
sous H0. Par conséquent, et par définition, pour un seuil choisi de Í = 0,05 (le plus
classique), on s’attend à ce que sous H0 5 % des tests soient significatifs par hasard.
Autrement dit, si j’échantillonne 100 fois dans une population panmictique et que
Ces tests répétés peuvent correspondre à différents cas de figure dont voici une liste
non exhaustive :
– je voudrais combiner différents tests (de la même H0) trouvés dans la littérature
pour lesquels je n’ai pas les données brutes ;
– je cherche à savoir si le FIS de chaque locus dévie significativement de 0 dans un
sens ou dans l’autre ;
– je dispose de données de structuration de plusieurs sites comparables, sur plusieurs
années et je cherche à combiner les P-values obtenues lorsque j’ai testé la significati-
vité du FST dans chacun de ces jeux de données d’années différentes ;
– je compare la différenciation entre deux catégories d’individus (mâles versus
femelles ; parasites d’hôtes d’espèces différentes ou de sexes différents, etc.) dans
plusieurs sites (je souhaite combiner l’information de tous les sites).
Dans tous les cas, je peux chercher à savoir si un signal global existe ou je peux dési-
rer identifier quels tests sont significatifs.
Tests statistiques 83
complémentaires d’état de l’événement p et q = 1 - p pour significatif et non significatif
respectivement et k’ le nombre de fois où l’événement « significatif » a effectivement
été observé parmi les N essais. Dans notre cas, k correspond donc au nombre de tests
que l’on souhaite combiner, et k’ au nombre de tests significatifs au seuil de 5 % parmi
ces k tests. On souhaite avoir la probabilité d’obtenir par hasard un nombre de tests
significatifs aussi grand ou plus grand que k’. Cette probabilité est :
i=k
k!
P =∑ α i (1 − α ) ( k − i ) (48)
i=k ' i! ( k − i )!
où k! = k(k - 1)(k - 2)…(k - k + 2)
Donc si on a dix tests dont cinq sont significatifs, on a P = 0,00006 (valeur haute-
ment significative donc). Pour un seul test significatif observé sur 10, cette P-value
devient 0,4. Il existe depuis peu une version généralisée (Binomial généralisé) de ce
test (T et al., 2007) implémentée par le logiciel MultiLocus V2.2
(D M et al., 2009). La philosophie de ce test est décrite en détail dans l’aide
qui accompagne le logiciel et je ne reviendrai donc pas dessus.
La procédure de Fisher (F, 1970), qu’il ne faut pas confondre avec le test exact
du même auteur car cela n’a pas de rapport, propose la formule suivante :
i=k
χ obs
2
= −2∑ Log ( Pi ) (49)
i =1
∑Z
k
i
Zs = i
(50)
k
La P-value globale est obtenue en comparant cette statistique à la loi normale, avec
par exemple la commande Excel [Link](Zs).
D’une façon générale, si on combine peu de tests (k < 4) il vaut mieux appliquer le
test Z de Stouffer et, dans les autres cas (k > 3), le binomial généralisé ou le Z
Tests statistiques 85
Tableau 4
Exemple d’application de la procédure du Bonferroni séquentiel sur un jeu de 10 tests.
Les P-values ont été classées par ordre croissant.
C’est typiquement le cas des tests de déséquilibre de liaison par paire de loci. C’est
aussi le cas de tests de différenciation par paire de sous-échantillons. Ici encore, il est
nécessaire de distinguer le cas où une réponse globale est souhaitée du cas où on
recherche quels tests sont significatifs.
Tester si un signal global existe
Nous prendrons l’exemple des tests de déséquilibre de liaison par paire de loci dans
la mesure où des tests globaux existent normalement dans les autres cas (différencia-
tion). On peut alors appliquer le test binomial ou le Z. En cas de signal positif (H1
vraie), il y aura autocorrélation entre les tests (si A et B sont liés ainsi que B et C,
alors A et C seront liés) et donc inflation de la puissance des tests. La précision du
Tests statistiques 87
TESTER LA CORRÉLATION
ENTRE DISTANCES
Ce cas de figure a été étudié en profondeur par R (1997). Ici, les sous-échan-
tillons peuvent être distribués de deux façons différentes qui requièrent chacune une
analyse qui lui est particulière. Cependant, dans les deux cas, la matrice des distances
génétiques doit contenir une mesure corrigée de la différenciation entre paire de
sous-populations, à savoir Ô/(1 - Ô) (voir R, 1997), Ô étant l’estimateur du
FST (voir p. 53). On sait en effet par l’équation (21) que :
QS − QT
FST =
1 − QT
Sachant que, dans le cas d’un isolement par la distance, c’est-à-dire quand la diffé-
renciation augmente avec l’éloignement géographique des individus, et si chaque
dème connaît un fonctionnement raisonnablement similaire (à peu près même taille
et même système de reproduction) on voit bien que QS, la probabilité d’identité de
gènes entre deux individus de la même sous-population, sera à peu près la même
d’une sous-population à l’autre alors que QT, probabilité d’identité entre dèmes, sera
une fonction décroissante de la distance entre dèmes. On voit donc bien que puisque
QT se trouve au numérateur, mais aussi au dénominateur du FST, la relation entre
FST et la distance géographique ne peut pas être linéaire. Par contre, comme on peut
le voir, le rapport FST/(1 - FST) ne subit pas ce problème, en effet :
Tests statistiques 89
Les mêmes procédures peuvent être appliquées entre individus entre lesquels un
équivalent du FST/(1 - FST) appelé ar (calculé dans Genepop) et développé par
R (2000), L et al. (2003) et L et al. (2004) peut être régressé
contre les distances entre individus (directe pour une dimension, en Log pour deux
dimensions), ce qui conduit aux mêmes possibilités d’inférences que celles décrites
ci-dessus. W et al. (2007) proposent une statistique e en principe plus puissante
lorsque le voisinage (4DÞ² ou 4πDÞ²) est grand. Nous verrons cela plus en détail
dans la partie pratique de ce manuel.
Dans le cas particulier de deux dimensions, R (1997) montre que le nombre
d’immigrants présents dans un sous-échantillon peut directement être tiré de la
pente de la régression FST/(1 - FST) ≈ a + bLn(DG), Nm = 1/2πb.
Autres distances
On peut souhaiter vérifier si la différenciation entre sites est corrélée à une différence
écologique entre sites ou tester s’il existe une corrélation entre différenciation géné-
tique des sous-échantillons des hôtes et des parasites qui les infestent. Comme nous
l’avons vu précédemment, le FST a été défini dans le cadre d’un modèle en îles. De
fait, il ne se comporte pas idéalement par paire de populations (fortes variances, voir
B et G, 2002) et on lui préférera d’autres mesures pour les tests de
Mantel telles que la distance harmonique (chord distance) de Cavalli-Sforza et
Edwards (C-S et E, 1967) ou la distance d’allèles partagés (sha-
red allelic distance) (B et al., 1994) (déjà discuté en p. 60). Pour la construc-
tion d’arbres (dendrogrammes), il semble aussi que les distances harmoniques
donnent de meilleurs résultats (T et N, 1996).
En fait, la performance de différentes mesures et leur choix vont dépendre des situa-
tions rencontrées, même si en principe toutes les distances devraient aboutir en théorie
à des résultats concordants. Ceci peut être illustré par la corrélation que P
et al. (2005) ont montrée entre les distances génétiques entre infra-populations8 de
schistosomes et celles mesurées entre les rats qui les portaient (ou leur apparentement
si on préfère) en Guadeloupe. Dans l’article, c’étaient la distance de C-S
et E (1967) qui avait été utilisée entre infra-populations de schistosomes et la
« shared allele distance » (B et al., 1994) entre les individus rats. Le logiciel
MSA (D et S, 2003, téléchargeable à [Link]
[Link]/) calcule cette distance. La corrélation obtenue était très significative
(P-value = 0,0005), mais D M et al. (2007a) ont montré que si le FST est utilisé
pour les deux matrices, la corrélation n’est plus significative (P-value = 0,15) et elle l’est
beaucoup moins (P-value = 0,0113) quand c’est Cavalli-Sforza et Edwards qui est
utilisé pour les deux matrices. Le choix d’une statistique n’est donc pas entièrement
neutre. Ajoutons enfin que d’autres mesures d’apparentement entre individus existent,
8
En parasitologie, une infra-population est le contenu en parasites d’un individu hôte.
Tests statistiques 91
La variance de l’indice d’assignement du sexe le plus dispersant doit être supérieure
à celle du sexe le moins dispersant.
La troisième statistique dépend de la différence des FST estimés pour chaque catégorie :
∆θ = θ ( − ) − θ ( + ) (56)
La différenciation mesurée sur la catégorie d’individus les moins dispersants doit être
plus élevée que celle mesurée pour la catégorie la plus vagile.
Ensuite, l’appartenance à une catégorie (mâle ou femelle) est re-distribuée au hasard pour
chaque individu de chaque sous-échantillon, en gardant les individus dans leur sous-
échantillon, et en conservant la même proportion de chaque catégorie (même sexe-ratio)
et la statistique est mesurée. Cette randomisation est répétée un grand nombre de fois
afin d’obtenir une distribution des valeurs possibles sous H0 (pas de différence de disper-
sion) à laquelle la valeur observée est comparée. Les tests peuvent être unilatéraux ou
bilatéraux. Dans ce dernier cas, ce sont les valeurs absolues des différences [dans (53) et
(55)] ou le ratio de la plus grande sur la plus petite valeur de chaque randomisation qui
sont utilisés. Ces mesures et randomisations sont toutes implémentées dans Fstat (menu
“biased dispersal”). Ces procédures ont été utilisées avec succès pour mettre en évidence,
dans les populations suisses de la tique Ixodes ricinus, un biais de dispersion sexe-spéci-
fique, les femelles représentant le sexe peu ou pas dispersant (D M et al., 2002a),
et un biais de dispersion pathogène spécifique, les tiques infectées par le spirochète
Borrelia afzelii dispersant très peu ou pas du tout (D M et al., 2004b). De même,
P et al. (2002) ont pu mettre en évidence une structure génétique spécifique
du sexe chez le trématode Schistosoma mansoni infectant des rats en Guadeloupe.
Dans certains cas, l’échantillonnage ne permet pas de tester une différence entre
sexes ou entre catégories d’individus, par randomisation, notamment pour tester une
différence de FST. Dans ce cas, une alternative moins puissante existe et permet de
comparer Hs, FIS ou le déséquilibre de liaison entre catégories d’individus dans un
seul échantillon. Il suffit d’utiliser les loci (ou les paires de loci pour les déséquilibres
de liaison) comme des répliquats (plus ou moins indépendants d’ailleurs) et de faire
un test de comparaison pour données appariées, le critère d’appariement correspon-
dant donc au locus (ou la paire de loci). Comme la distribution de telles données a
toutes les chances de ne pas suivre une loi normale, il est conseillé ici de procéder à
un test de rang de Wilcoxon pour données appariées (Wilcoxon signed ranks test for
paired data) (S et C, 1 988).
TESTER LA DIFFÉRENCE
ENTRE GROUPES
Ce cas de figure se présente lorsque différents types de sites doivent être comparés.
C’est typiquement le cas si on souhaite comparer différents paramètres génétiques,
∑ ∑ (x − xj)
2
∆S x = i (57)
i =1 j =i +1
ANALYSES MULTIVARIÉES
Cette analyse, introduite par B (1973), a été adaptée aux données génétiques
diploïdes par S et al. (1987). L’AFC place chaque individu dans un hyper-espace
Tests statistiques 93
à K dimensions (K étant le nombre total d’allèles présents sur l’ensemble des loci) et
les projette sur les plans définis par les axes orthogonaux (donc indépendants) expli-
quant le mieux la dispersion des points (même principe que celui d’une régression).
Une mesure de la pertinence des axes ainsi définis est représentée par le pourcentage
d’inertie de chaque axe. Comme il y a K axes, un axe représentant 100/K % d’inertie
ne veut rien dire. L’inertie est donc proportionnelle non seulement à la quantité
d’information que l’axe correspondant représente, mais est aussi fonction du nombre
total d’axes (plus il y a d’axes et moins chaque axe peut avoir une très forte inertie).
L’AFC est une procédure qui peut s’avérer utile pour classer les individus en fonction
de leur proximité génétique.
Exemples
L’utilisation de l’AFC s’est avérée payante pour analyser la présence de trématodes
parasites dans une zone d’hybridation de leur hôte (moule de bouchot, Mytilus edu-
lis) avec une autre espèce (moule d’Espagne, M. galloprovincialis) incompatible pour
le parasite (C et al., 1991) ou, de façon plus spectaculaire, dans le cas du
monogène Diplozoon gracile, spécifique du poisson Barbus meridionalis, en zone
d’hybridation avec B. barbus, un hôte moins favorable au parasite, comme présenté
dans la figure 11.
Cette technique peut également être utilisée pour détecter une structure cachée dans
un échantillon comme celle qui proviendrait d’un effet Wahlund (déficits en hété-
rozygotes à tous les loci non expliqués par le système de reproduction), comme cela
a été réalisé dans S et al. (2000) (voir le paragraphe suivant). GENETIX 4.05.4
(développé par Belkhir et al. et téléchargeable gratuitement à [Link]
[Link]/~genetix/genetix/[Link]) offre une interface extrêmement convi-
viale, en français qui plus est (assez rare pour être souligné), pour produire des AFC
en deux ou même trois dimensions (pas nécessairement les plus faciles à lire en ce
qui me concerne).
Recommandations et astuces
pour les utilisateurs de l’AFC
Quand on procède à une AFC (FCA ou FA en anglais), le programme génère diffé-
rents fichiers tels que celui contenant les coordonnées des individus sur les différents
axes. On peut être tenté d’utiliser ces coordonnées, qui sont donc des données ordi-
nales continues issues de données qualitatives disjointes, pour procéder à des ana-
lyses de type analyse de variance (Anova) ou régression. Vérifier si les coordonnées
des individus sur le premier axe de l’AFC sont expliquées plus ou moins bien par
telle ou telle autre variable écologique peut en effet représenter une perspective
séduisante. Je sais que beaucoup de personnes considèrent qu’il n’est pas valide de
procéder à ce genre d’analyses à partir d’une AFC (alors qu’ils considèrent que cela
est possible à partir d’une ACP, traitée plus loin) qui transforme des données
Figure 11
AFC d’individus hôtes Barbus sur le plan défini par les deux axes principaux de l’analyse,
faite à partir de données sur neuf loci enzymatiques. Les génotypes B. barbus purs sont cerclés
de rouge, les B. meridionalis purs sont cerclés de bleu et les hybrides de vert. Chaque rond
correspond à un poisson, les ronds noirs étant les poissons parasités par D. gracile.
Les individus superposés (même coordonnées dans le plan) sont cerclés de noir. Le nuage
de points en U inversé est typique de données changeant progressivement d’un état à un autre,
comme les allèles dans une zone hybride, et s’appelle « Effet Guttman » (WOLFF, 1996).
On voit bien que les parasites suivent fidèlement cette forme en devenant de plus en plus
fréquents au fur et à mesure que la fréquence des allèles de B. meridionalis augmente
dans le génotype multilocus des individus hôtes (graphique tiré de DE MEEÛS et al., 2007a).
Tests statistiques 95
Il existe aussi une astuce à connaître par rapport au fait que ce type d’analyse est très
sensible à la présence d’individus porteurs d’un allèle rare (outliers en anglais). En
effet, les individus porteurs d’un allèle rare vont tirer le nuage vers eux. Le résultat
est néfaste, car les autres individus se retrouveront compactés dans un nuage trop
dense pour qu’on puisse y détecter quoi que ce soit. Cela va aussi remettre sérieuse-
ment en cause toute utilisation des coordonnées, car les coordonnées de chaque
individu seront alors conditionnées majoritairement par la position de quelques
individus exceptionnels. Il est souvent nécessaire de retirer plusieurs individus de
l’analyse et parfois même un grand nombre. Dans l’échantillon de Nyafaro (Burkina
Faso) dans S et al. (2000), près de 42 % des individus ont dû être ainsi écar-
tés de l’analyse afin de pouvoir déceler une sous-structure dans les individus restants
(60 sur les 97).
Une ACP (PCA en anglais) suit le même principe que l’AFC sauf que ce sont des
données ordinales continues qui sont utilisées au lieu de données disjonctives. Ici, ce
sont des groupes d’individus (sous-échantillons) qui seront positionnés dans un
hyperespace de K dimensions. Les coordonnées de chaque groupe sur chacun des
axes principaux peuvent être utilisées pour des analyses statistiques supplémentaires
telles que des analyses de variance ou autres régressions comme dans N et al.
(2006). C’est une procédure fort utile pour positionner des sous-échantillons les uns
par rapport aux autres en fonction de leur appartenance à un groupe écologique
particulier comme des sous-échantillons de tiques d’oiseaux marins sur différentes
espèces hôtes, comme on peut le voir dans la figure 12 (voir aussi MC et al.,
2003, 2005).
Le logiciel PCA-GEN ver. 1.2 (développé par J. Goudet librement téléchargeable
à [Link] permet cette analyse à par-
tir de données au format Fstat (mais avec un format limité à deux caractères par
allèle). Ce logiciel, en plus de fournir les graphiques en deux dimensions de la
projection des points selon les axes demandés et leur pourcentage d’inertie, fournit
également des tests de significativité de ces axes selon la méthode du bâton brisé
(broken stick), une technique empirique appliquée à l’ACP (F, 1976 ;
L et L, 1998 ; K et J, 1999) qui correspond davan-
tage à un critère qu’à un test réel. Une explication plus détaillée de cette technique
peut être consultée en réponse 9 à la fin de ce manuel. PCA-GEN propose aussi
une procédure de permutations des génotypes complets entre sous-échantillons
afin de tester la significativité de chaque axe (basé sur le pourcentage d’inertie).
Comme seuls les génotypes complets sont permutés, il est donc important de
disposer de jeux de données suffisamment complets si on souhaite que cette
procédure ait un minimum de sens.
1,5
1,0
Mouette tridactyle
Guillemot de troïl
0,5
PC2
0,0
-0,5
Macareux moine
-1,0
- 1,0 - 0,5 0,0 0,5 1,0
PC1
Figure 12
ACP basée sur le polymorphisme de huit loci microsatellites de la tique d’oiseaux coloniaux
marins Ixodes uriae dans différents sites européens (différents points du graphique)
allant des côtes françaises, écossaises et norvégiennes en passant par les îles Faroë.
Sur le graphique on voit bien que les différents sous-échantillons se regroupent essentiellement
par espèce d’hôtes (points de même couleur) dans le nid desquels les tiques ont été
échantillonnées, et non par la localisation géographique, sauf pour les Guillemenots
d’Hornøya (Norvège septentrionale) qui se retrouvent excentrés des autres sous-échantillons
des tiques de cette espèce (en haut à gauche). Un résultat similaire est également observable
dans l’hémisphère sud pour les tiques de différentes espèces de manchots (consulter
MCCOY et al., 2005). Le pourcentage d’inertie est présenté pour les deux axes,
qui se sont montrés significatifs par permutation.
Tests statistiques 97
L’utilisation de l’ACC est rare, mais peut se montrer efficace ou au moins illustrative
(Š et al., 1999 ; A et al., 1999). Le logiciel ADE-4 permet aussi ce
genre d’approches (C et al., 2004).
Construction d’arbres
TROUVER
UNE SOUS-STRUCTURE
CACHÉE
Dans certaines situations, il n’existe aucun indice visible qui permettrait de subdivi-
ser un échantillon en plusieurs sous-unités objectives. Dans de telles situations, les
stratégies d’échantillonnage peuvent se montrer inefficaces à représenter une réalité
biologique ou écologique existante. En effet, si un facteur biologique et/ou écolo-
gique contribue fortement à l’élaboration de l’architecture génotypique des individus
Tests statistiques 99
Axe 2 (14 %)
1,5
1 A
0,5
- 0,5
B
-1
- 1,5
-2
-2 - 1,5 -1 - 0,5 0 0,5 1
Axe 1 (16 %)
FIS
Échantillon total (A+B) Échantillons A et B séparés
Figure 13
Résultat de l’AFC sur les génotypes microsatellites des Glossina palpalis gambiensis
de Nyafaro au Burkina Faso, après retrait d’un certain nombre d’individus trop excentrés
(voir p. 96). Les deux grands groupes A et B définis selon l’axe 2 de l’AFC permettent
de recalculer le déficit en hétérozygotes (FIS) et de constater une chute entre celui mesuré
pour tous les individus regroupés et celui estimé dans les groupes A et B considérés
séparément. Les pourcentages d’inertie de chaque axe sont aussi représentés
(voir SOLANO et al., 2000 pour plus de détails).
ESTIMER
DES EFFECTIFS EFFICACES
Nous avons déjà vu, à propos des tests d’isolement par la distance en p. 89-90, que
certains paramètres démographiques sont extrapolables à partir des données géné-
tiques. Il existe d’autres situations où certains paramètres, tels que l’effectif efficace
ou le taux de migration, peuvent être inférés à partir de données séparées dans le
temps et/ou dans l’espace (sans isolement par la distance).
Méthodes de calcul
de l’effectif efficace des populations naturelles
Ce paragraphe figure ici car les notions d’effectifs efficaces de goulot d’étranglement
(bottleneck en anglais) et de biologie de la conservation sont étroitement liées. Une
population qui subit une forte réduction d’effectif (goulot d’étranglement) va avoir
tendance à présenter une réduction simultanée du nombre d’allèles par locus et de
LE CAS SPÉCIAL
DES ALLÈLES NULS
Présentation générale
Les allèles nuls correspondent à des allèles qu’on ne peut pas déceler avec la méthode
de détection biochimique utilisée. Ils sont invisibles à l’état hétérozygote, car récessifs
par rapport aux autres allèles, et mal détectés à l’état homozygotes (blancs), car il est
souvent difficile de séparer les cas où la manipulation a échoué (mauvaise amplifica-
tion, matériel dégradé, etc.) des cas où on a réellement à faire à un homozygote nul.
Les allèles nuls sont fréquemment rencontrés dans les études de génétique des popu-
lations naturelles, bien que fréquemment ignorés. Il est même probable que bon
nombre de déficits en hétérozygotes documentés dans de nombreux articles soient
en fait dus à ce phénomène, alors que d’autres causes sont privilégiées dans les articles
en question. Les allèles nuls peuvent être fréquents même dans le cas des allozymes
(G, 1994 ; N et al., 2006), où on ne les attend pourtant guère, car ils
correspondent dans cette circonstance à des enzymes non fonctionnels, bien qu’in-
dispensables à la vie (pour la plupart). On augurerait donc ici une moindre valeur
sélective des allèles nuls, à moins qu’un mécanisme permette de les garder à l’état
hétérozygote le plus fréquemment possible, comme cela peut être le cas chez les
organismes clonaux (N et al., 2006). C’est un problème rencontré typiquement
chez les marqueurs microsatellites (P et S, 1995 ; P et al.,
1995 ; B, 1996). Une mutation dans la séquence flanquante, au niveau
des séquences correspondant à un des primers, empêche la bonne amplification de
cet allèle. Il apparaîtra « blanc » (aucun signal) à l’état homozygote et sera dominé
par les allèles avec lesquels il sera hétérozygote. Les hétérozygotes pour ce type
d’allèles apparaissent donc homozygotes pour l’autre allèle.
Nous savons maintenant que la présence d’allèles nuls à un locus va provoquer des
déficits en hétérozygotes inexplicables biologiquement. Normalement, dans ce cas,
on s’attend à ce que les différents loci donnent une mesure différente (variance
Il est important d’insister encore sur le fait que, si tous les loci convergent vers le
même déficit en hétérozygotes (tous présentent un FIS comparable à celui des
autres), il n’est alors pas nécessaire d’invoquer les allèles nuls, mais plus parcimonieu-
sement une cause biologique (autofécondation, effet Wahlund). Dans ce qui suit,
nous partons donc du principe qu’une forte variance entre loci a été observée.
Il faut tout d’abord savoir que Micro-checker est conçu spécifiquement pour les
microsatellites. Avant de procéder à l’analyse, il est demandé le type de motif pour
chaque marqueur. Si vous n’êtes pas sûr de vos données (quelques mutants atypiques
d’un pas différent du motif de base), il vaut en général mieux adopter l’option
mononucléotidique pour tous les loci. Ensuite, parmi les résultats que propose
Micro-Checker, il faut garder, pour chaque locus et chaque sous-échantillon, la fré-
quence des allèles nuls, ainsi que la présence ou non de stuttering. Il vaut mieux
utiliser la méthode 2 de B (1996) qui tient compte des données man-
quantes (doubles nuls). La fréquence attendue d’homozygotes blancs sera, sous
l’hypothèse de croisement au hasard, égale à pnul². On peut comparer par un test
binomial cette fréquence attendue aux nombres de blancs effectivement observés à
ce locus dans le sous-échantillon concerné. Ce test permet de vérifier si les allèles
nuls expliquent raisonnablement les déficits observés aux loci concernés. On peut
demander à Michel Raymond (Isem, université Montpellier-2) le droit d’utiliser un
petit programme qu’il avait conçu et qui s’appelle Multinom, effectuant tous les tests
multinomiaux possibles, ainsi que, puisque « qui peut le plus peut le moins », le test
binomial. On peut également utiliser le logiciel R qui est gratuit avec la commande
[Link] (solution réellement la plus simple).
MicroChecker ne peut pas travailler avec des sous-échantillons trop petits (il ren-
voie un message d’erreur dans ce cas). Si la plupart de vos sous-échantillons
La dominance des allèles courts, ou « short allele dominance » ou encore « large allele
dropout », est un phénomène rare, mais possible (W et al., 1998 ; D M
et al., 2004a). La logique qui se cache derrière ce terme est la suivante. Si, par un
mécanisme qui reste à mettre en évidence, une compétition existe, au cours de la
PCR, entre les deux portions d’ADN correspondant aux deux allèles d’un même
locus devant être amplifiés, alors il semble logique que ce soit l’allèle le plus court (s’il
y a une différence de taille entre les deux, bien entendu) qui sera le mieux amplifié.
Une tentative de modélisation du phénomène peut être trouvée dans D M
et al. (2004a). Dans ce modèle, on suppose une population panmictique et un locus
pour lequel la PCR favorisera l’amplification de l’allèle le plus court de façon pro-
portionnelle à la différence de taille qui l’oppose à l’autre allèle, ainsi qu’à un para-
mètre Í variant entre 0 (pas de dominance) et 1 (dominance totale des allèles
courts). Si les allèles existant à ce locus se rangent dans un ordre de tailles croissantes
FIS
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
111 115 119 123 127 131 111 115 119 123 127 131
Taille des allèles Taille des allèles
α = 0,5 α = 0,25
pi uniformes pi uniformes
pi en cloche pi en cloche
1 pi décroissants 1 pi décroissants
pi croissants pi croissants
0,8 0,8
pi randomisés pi randomisés
0,6 pi en U 0,6 pi en U
FIS
FIS
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
111 115 119 123 127 131 111 115 119 123 127 131
Taille des allèles Taille des allèles
Figure 14
Évolution du FIS en fonction de la taille des allèles pour une gamme de taille microsatellites
allant de 111 à 131 paires de bases, pour différentes distributions de fréquences des allèles
(voir le tableau 5) et pour différentes valeurs de dominance des allèles courts (a).
la distribution des fréquences des allèles (le tableau 5 décrit les différentes
distributions utilisées), mais globalement on s’attend quand même à observer une
décroissance de FIS en fonction de la taille des allèles.
On constate aussi que ce phénomène modifie également l’estimation des fréquences
des allèles.
Il existe une procédure de détection de la dominance des allèles courts dans le logi-
ciel Micro-Checker, appelée ici « large allele drop-out ». Mais cette procédure ne teste
le phénomène que dans chaque sous-échantillon pris séparément. Il en résulte un
manque de puissance. On peut tester l’existence d’une dominance d’allèles courts
sur l’ensemble des sous-échantillons en utilisant une approche de régression.
Tout d’abord, pour le locus étudié, il faut récupérer le FIS de chaque allèle dans
chaque sous-échantillon. Fstat ne le fait malheureusement pas automatiquement. Il
faut créer autant de fichiers Fstats qu’il y a de sous-échantillons et, dans chacun de
ces fichiers, il faut créer une population fictive fixée (un seul allèle présent) pour les
locus dont on veut les FIS par allèle. Fstat n’aime en effet pas travailler sur une seule
population. Une fois qu’on a fait calculer ces FIS par le logiciel, on a tout ce qui est
nécessaire pour effectuer une régression linéaire généralisée ou GLiM. GLiM
(Generalised Linear Model) est une forme de régression qui permet d’analyser des
données de n’importe quelle forme (gaussiennes, poissoniennes, logistiques pour les
plus utilisées) en fonction de n’importe quel type de variable (facteur catégoriel,
logique, ordinal discontinu ou continu). Cette régression doit donc être de la forme
FIS = S + T + Cte, avec S pour le sous-échantillon, T la taille de l’allèle et Cte une
constante. Une analyse de variance sur le modèle permet ensuite de tester si l’effet
de la taille des allèles, corrigé de l’effet des sous-échantillons, est significatif ou non.
Attention, il faut que la relation entre taille des allèles et FIS soit négative. Les
relations positives doivent donc être ignorées.
Nous verrons tout ceci en détail dans la mise en pratique de toutes ces connaissances
dans la deuxième partie.
Applications
à des exemples concrets
113
Il n’est pas nécessaire de préciser qu’avoir lu la première partie de ce manuel avant
d’attaquer la partie pratique facilitera grandement la lecture et la compréhension de
cette section, même si on peut très bien commencer directement ici. Je considérerai
les notions de génétique des populations et de statistiques utilisées comme un mini-
mum connues. Je ne m’étendrai donc jamais sur un concept ou une notion. Dans le
doute, les lecteurs sont invités à se référer aux chapitres de la partie précédente de ce
manuel.
Tous les jeux de données utilisés dans cette partie sont disponibles sur internet, à
télécharger sur mon site web à [Link]
Tous les logiciels utilisés ou presque sont gratuits. En ce qui me concerne, j’utilise
Excel (Microsoft corporation) pour gérer mes données, faire des calculs (transforma-
tions de données, par exemple) et des graphiques (comme des courbes). Pour les
analyses statistiques classiques, j’utilise des logiciels commerciaux dont j’ai la licence.
Cependant, dans un souci de libre accès à tous, j’ai essayé d’adapter tous les tests
utilisés pour des logiciels gratuits (voir la liste des logiciels et URL de téléchargement
en annexe).
Tous les jeux de données analysés ont fait l’objet d’articles publiés dans des revues
scientifiques. Cependant, toutes les analyses présentées dans ce manuel n’ont pas été
publiées pour des contraintes d’espace et de lisibilité des articles. On ne publie en
général pas les simulations et/ou analyses annexes redondantes que l’on peut être
amené à faire pour vérifier la robustesse de certains résultats. Certaines améliora-
tions, comme l’utilisation d’une méthode plus puissante non disponible à l’époque
de l’article, ou parce que je n’y avais simplement pas pensé à l’époque, sont égale-
ment présentées dans certains traitements des données et donc certaines conclusions
peuvent parfois être quelque peu modifiées par rapport à l’article princeps.
INTRODUCTION
Ce jeu de données, publié dans trois articles (D M et al., 2002a, 2004a,
2004b), représente un excellent exercice, car nous allons y rencontrer bon nombre
de situations décrites dans le chapitre précédent. Nous allons entièrement décorti-
quer une nouvelle fois ce jeu de données avec les mêmes méthodes, mais aussi avec
des outils plus récents que ceux qui avaient été utilisés à l’époque, ce qui sera aussi
intéressant. Nous repartirons de zéro en feignant d’ignorer ce qui a déjà été fait,
comme s’il s’agissait d’un jeu de données non analysé. Le jeu de données complet est
téléchargeable sur mon site web.
Les tiques sont des acariens hématophages qui, au cours de leur repas sanguin,
peuvent transmettre des maladies à leurs hôtes vertébrés. Dans l’hémisphère nord,
ce sont elles qui sont responsables de la très grande majorité des maladies à vecteur
des humains et, en particulier, de la transmission de la maladie de Lyme dont
l’impact économique et en santé publique est reconnu (G, 1998). Encore
aujourd’hui, beaucoup reste à faire pour mieux comprendre l’épidémiologie de
cette maladie et la variabilité des manifestations cliniques qui la caractérise
(H et al., 1998). Les tiques sont typiquement des organismes difficiles à
suivre sur le terrain, et des approches par marqueur moléculaire semblent donc
pertinentes dans ce cas de figure. Après une tentative peu fructueuse avec les allo-
zymes, avec seulement deux loci peu polymorphes (D et al., 1997), des
microsatellites ont été développés (D et al., 1998). Seuls cinq loci poly-
morphes avaient pu être mis au point à l’époque, ce qui était vraiment peu. Nous
allons ensemble voir que, malgré cela et les problèmes rencontrés, on peut quand
même recueillir beaucoup d’informations pertinentes à l’aide des méthodes
décrites dans ce manuel.
En téléchargeant le fichier “[Link]”, vous aurez les données brutes obtenues
sur des tiques adultes échantillonnées sur la végétation (donc non gorgées), sauf pour
115
la Tunisie où les tiques étaient fixées sur des vaches. Le fichier “[Link]” est un
fichier texte mais que l’on peut ouvrir sous Excel si on le souhaite. Le tableau 6
donne un extrait du fichier de données brutes. Le fichier comprend neuf colonnes.
La première colonne donne le nom des sites où les tiques ont été échantillonnées. Il
y a huit sites en Suisse (fig. 15) et un site en Tunisie. La deuxième colonne correspond
à l’année d’échantillonnage, car certains sites ont été prélevés aux printemps 1995
et 1996 et d’autres uniquement au printemps 1996. La troisième colonne correspond
au sexe de la tique (F pour femelle et M pour mâle). La quatrième colonne donne
le nom codé des différents individus tiques. Ce codage individuel peut être utile si
on fait des analyses individus centrées telle qu’une AFC ou une construction d’arbre
sur distances interindividuelles. Enfin, les cinq dernières colonnes correspondent
aux génotypes (en taille d’allèles) aux cinq loci microsatellites polymorphes définis
dans D et al. (1998).
Figure 15
Localisation des sites d’échantillonnage des tiques Ixodes ricinus en Suisse
et abréviations du nom des sites. Les sites marqués avec un astérisque
ont été échantillonnés en 1995 et 1996.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 117
PREMIER RECODAGE
DES DONNÉES
Certains logiciels n’aiment pas les noms longs et encore moins les accents ou autres
signes cabalistiques. Par ailleurs, il est plus commode pour la lisibilité que tous les
noms d’un même niveau aient le même nombre de caractères (alignement des
colonnes). C’est pourquoi j’ai choisi de recoder dans [Link] le nom des sites
qui a été raccourci. Dans les données initiales, certains individus sont apparus avec
trois ou quatre bandes à certains loci. Nous avions codé ces génotypes 333000 et
444000 pour les génotypes à trois et quatre bandes respectivement. Il convient de
recoder ces données en données manquantes (000000). Nous reviendrons sur ces
génotypes bizarres un peu plus tard, car ils s’avéreront utiles pour discuter des résultats
des analyses de pedigrees. Nous allons procéder à une première analyse avec tous les
échantillons afin de tester la panmixie locale et les déséquilibres de liaison entre loci.
Nous allons pour ce faire créer un nouveau fichier où les sites et les dates seront dis-
tingués, mais aussi le sexe des tiques car on ne sait jamais à l’avance si des différences
peuvent exister entre les deux sexes (P et D M, 2002 ; P
et al., 2003), auquel cas les résultats obtenus pourraient s’en ressentir, mais surtout la
discussion serait réorientée. Donc autant distinguer le sexe des individus dès le départ,
quitte à ignorer ce facteur par la suite si on ne voit rien. Nous allons nommer ce fichier
“[Link]” et le mettre au format Fstat qu’il faut donc télécharger et
ouvrir pour voir comment constituer un fichier à ce format. Vous pourrez aussi créer
un fichier contenant le nom des sous-échantillons “[Link]”, car un
fichier de données Fstat ne contient que des chiffres. Ce fichier est constitué d’une
colonne avec le nom des sous-échantillons. Vous pourrez aussi coder les données au
format CREATE (qui n’existait pas au moment de réanalyser ces données) et vous
servir de ce logiciel pour convertir ce fichier au format approprié.
PREMIÈRES ANALYSES :
INDÉPENDANCE ENTRE
ALLÈLES DANS ET ENTRE
LOCI DANS LES SOUS-
ÉCHANTILLONS
Nous allons donc tester s’il existe des déficits en hétérozygotes et des déséquilibres
de liaison. Pour ce faire, il faut ouvrir Fstat. Une fois dans Fstat, il faut ouvrir le
fichier “[Link]” et cocher les cases qui vont nous être utiles ici
(fig. 16). Si vous souhaitez voir apparaître les noms des sous-échantillons, il faut le
Pour tester s'il existe Suffisant pour une très bonne précision
un déficit significatif sans que cela dure trop longtemps
d'hétérozygotes
dans les sous-échantillons
Figure 16
Capture d’écran de Fstat lors de la première analyse.
spécifier par le menu “Options” de Fstat (cf. le premier recodage des données du
chapitre 2 de cette deuxième partie pour une prise en main pas à pas de Create).
Nous n’effectuons pas d’autres analyses pour le moment, car ces dernières pourraient
être remises en cause par les résultats obtenus ici.
La procédure de test de déséquilibre de liaison est assez lente, donc, si vous souhaitez
que votre analyse finisse avant l’âge de la retraite, il vaut mieux dans tous les cas s’en
tenir à l’option 5/100 pour le “Nominal level for multiple testing”. Mon ordinateur
portable, dont l’horloge à 2.13 GHz et la mémoire vive à 2 Go témoignent d’une
performance somme toute raisonnable, a mis quand même quatre heures pour effec-
tuer cette première analyse dont le résultat est consultable dans le fichier
“[Link]”. Que pouvons-nous voir dans ce fichier ?
Les premières lignes donnent les fréquences des allèles pour chaque locus et chaque
sous-échantillon, ainsi que sur l’ensemble (moyennes pondérée, W, et non pondérée,
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 119
UW). Nous pouvons constater à cette occasion que chaque locus, sauf IR27, possède
un très grand nombre d’allèles dont la plupart ne suivent en rien le modèle de muta-
tion attendu de deux pas par deux pas (ce sont tous des dinucléotides). Dans ce cas,
la plupart des allèles proviennent de mutations intervenues en dehors du motif
microsatellite, dans les séquences flanquantes. Ce n’est pas dramatique même si non
idéal. Suivent les estimateurs de Nei, en particulier ceux des diversités géniques
intra-sous-échantillons (Hs) et globale (HT). Ensuite, les résultats des tests de désé-
quilibre de liaison sont donnés par paire de loci et par sous-échantillon et sur l’en-
semble des sous-échantillons (mais toujours par paire de loci). La mention “Adjusted
P-value for 5 % nominal level is : 0,000208” ne doit pas vous inquiéter. C’est le calcul
du seuil de Bonferroni sur l’ensemble des tests réalisés. Comme il y a 24 sous-échan-
tillons, cinq loci et donc 5(5 - 1)/2 paires de loci, cela correspond à 240 tests. Le
seuil corrigé par la procédure de Bonferroni à Í = 0,05 est donc Í’ = 0,05/240
= 0,000208, seuil rarement (jamais ?) accessible, ce qui illustre une discussion que
nous avons déjà eue précédemment. De toutes manières, nous ne regarderons ici que
les tests multi-sous-échantillons (colonne “All”) et donc au pire, le seuil est à diviser
par 10, ce qui est inutile puisque nous pouvons aussi constater qu’aucun déséquilibre
de liaison n’est significatif. Les loci sont donc raisonnablement indépendants statis-
tiquement les uns des autres. Nous pouvons donc sereinement oublier ces derniers
et passer à la suite.
Suivent les estimateurs de Weir et Cockerham dont un seul nous intéresse pour le
moment, f, l’estimateur du FIS, par locus, par allèle et sur l’ensemble des allèles, sur
l’ensemble des loci. Puis suivent les résultats des jackknives et bootstraps et enfin des
permutations. En compilant ces résultats dans le tableau 7 et la figure 17, nous
constatons de très forts et très variables déficits en hétérozygotes (tous très significa-
tifs avec des P-values toutes inférieures à 0,0001, visibles en fin de fichier).
Tableau 7
Valeurs moyennes de f, estimateur du FIS, par locus et intervalle de confiance tels que définis
par Li et Ls (limite inférieure et supérieure) obtenus pour les microsatellites d’Ixodes ricinus.
Pour chaque locus, Li et Ls sont calculées à l’aide de l’erreur standard (StdErrFis) donnée
par le jackknife sur les populations et la valeur du t pour 23 ddl (24 - 1) et Í = 0,05
(soit 2,069, voir le tableau 3) en suivant l’équation (45). Pour la valeur globale,
l’intervalle de confiance est issu du bootstrap sur les loci.
0,7
0,6
0,5
f
0,4
0,3
0,2
IR08 IR25 IR27 IR32 IR39 Global
Loci
Figure 17
Valeurs moyennes de f, estimateur du FIS, par locus et intervalle de confiance
obtenus pour les microsatellites d’Ixodes ricinus. Pour chaque locus,
les intervalles de confiance sont calculés à l’aide de l’erreur standard donnée
par le jackknife sur les populations et la valeur du t pour 23 ddl (24 – 1)
et a = 0,05 (soit 2,069, voir le tableau 3) en suivant l’équation (45).
Pour la valeur globale, l’intervalle de confiance est issu du bootstrap sur les loci.
Ces fortes valeurs sont aberrantes étant donné qu’on sait qu’I. ricinus pratique une
reproduction bi-parentale obligatoire. Des croisements systématiques entre apparen-
tés pourraient-ils expliquer un FIS = 0,5 ? Dans la réponse 11, on décrit comment
obtenir une estimation grossière du taux de croisements frère-sœur b nécessaires
pour expliquer un FIS donné :
4 F IS
b= (66)
1 + 3F IS
Par conséquent, nous avons besoin ici de 4/5, soit 80 % de croisements frère-sœur
pour expliquer nos données, ce qui est possible mais semble peu réaliste. Ixodes rici-
nus est en effet une tique triphasique qui change d’hôte pour chaque stade. Les
adultes dont nous analysons la variabilité génétique ont donc subi deux phases de
dispersion par des hôtes différents. Pour permettre un taux de 80 % de croisements
frère-sœur, il faut admettre que 80 % des individus d’une même ponte restent
ensemble au cours des différents stades (larvaire, nymphal et adulte) de leur vie.
Il se pourrait, contrairement à ce qui est observé en laboratoire où aucun œuf non
fécondé n’a pu éclore, que cette espèce pratique une parthénogénèse automictique
d’un type qui augmente l’homozygotie (pour des descriptions des différents modes
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 121
d’automixie, voir par exemple D M et al., 2007b). Seules les femelles sont en
général capables de parthénogénèse. Il existe cependant une espèce de cyprès et une
espèce de phasme où les mâles se reproduisent asexuellement (voir encore D M
et al., 2007b) et une espèce de fourmi où mâles et femelles sont clonaux chacun de
leur côté (F et al., 2010). Mais ce sont des exceptions. Si parthénogenèse il
y a, les femelles devraient donc présenter de beaucoup plus gros déficits en hétéro-
zygotes que les mâles (tous issus d’une reproduction croisée). Nous allons donc
réanalyser le fichier en demandant à Fstat de nous donner les FIS par sous-échan-
tillon, puisque nous avons fort judicieusement, il faut bien l’avouer maintenant,
d’entrée de jeu distingué les deux sexes.
Sous Fstat vous ouvrez le même fichier “[Link]” et vous décochez
toutes les cases et cochez celle qui indique “Fis” dans le cadre “Per locus and sample
statistics” comme indiqué dans la figure 18. Si vous souhaitez repérer encore une fois
les noms des sous-échantillons, n’oubliez pas de signaler à nouveau l’existence du
fichier “[Link]” dans le menu “Options”.
Figure 18
Capture d’écran de Fstat lors de la deuxième analyse.
Quand vous lancerez “Run”, Fstat ouvrira une boîte de dialogue avec laquelle vous
pouvez décider d’écrire les résultats de cette analyse dans un nouveau fichier. Dans
le cas contraire, et c’est le choix que j’ai fait, le programme écrira les résultats dans
“[Link]” à la suite des analyses précédentes (fin du fichier). Qu’y
découvrons-nous ? Tout d’abord que Fstat tronque les labels plus longs que six
IR08_F IR08_M IR25_F IR25_M IR27_F IR27_M IR32_F IR32_M IR39_F IR39_M
1
0,9
0,8
0,7
0,6
FIS 0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
-0,1
Ber_95 Ber_96 Cen_96 Dor_96 Ecl_96 Gor_95 Gor_9 Mon_96 Neu_96 Sta_95 Sta_96 Tun_96
Échantillons
Figure 19
Estimations des FIS par locus et par sous-échantillon. Les abréviations des échantillons
sont identiques à celles de la figure 15. Les échantillons de femelles sont représentés
par des ronds et ceux des mâles par des carrés.
En fait, pour être précis, le locus IR08 avait été trouvé hétérozygote pour quatre
individus mâles sur l’ensemble du jeu de données. Même si cela pouvait refléter des
duplications toujours possibles (comme évoqué p. 118), nous avons choisi d’élimi-
ner ces individus, car ils pouvaient correspondre à des erreurs de manipulations.
Quoi qu’il en soit, il va donc falloir recoder les données à ce locus. Pour l’analyse des
FIS, les mâles devront en effet être codés en données manquantes (000000) au
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 123
[Link]éerunnouveaufichier“IRTotTestPanmixMalManqIR08.
dat” à partir du précédent et refaire l’analyse globale du FIS. Celle des déséquilibres de
liaison, qui est un test génotypique, n’a aucune raison d’avoir été affectée par ce phé-
nomène. Dans Fstat, nous cocherons donc les mêmes cases qu’en figure 16, à l’excep-
tion de celles concernant les déséquilibres de liaison.
Dans le fichier de sortie “[Link]”, nous constatons
l’image suivante (voir aussi la figure 20) : rien ne change sauf pour le locus R08 qui
montre les plus basses valeurs de FIS, mais qui restent très significativement (toutes
les P-values sont inférieures ou égales au minimum possible 0,0001) au-dessus de la
valeur nulle attendue sous panmixie. Notez au passage que je ne me sers des inter-
valles de confiance que pour illustration. Le FIS global reste donc très élevé (0,39),
inexplicablement variable entre loci et fort variable d’un site à l’autre. Ceci suggère
un rôle possible pour des allèles nuls ou de dominance d’allèles courts. L’étape sui-
vante sera donc de mettre en évidence l’existence de tels allèles et/ou de phénomène
de dominance.
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
FIS 0,3
0,2
0,1
0
IR08 IR25 IR27 IR32 IR39 Global
Loci
Figure 20
Valeurs moyennes du FIS par locus et intervalle de confiance obtenus
pour les microsatellites d’Ixodes ricinus, avec les mâles codés
comme données manquantes pour le locus IR08. Pour chaque locus,
les intervalles de confiance sont calculés à l’aide de l’erreur standard donnée
par le jackknife sur les populations et la valeur du t pour 11 ddl (12 – 1)
(la moitié des échantillons) et a = 0,05 (soit 2,201, voir le tableau 3)
en suivant l’équation (45). Pour la valeur globale,
l’intervalle de confiance est issu du bootstrap sur les loci.
Nous allons pour ce faire utiliser deux nouveaux logiciels. Micro-Checker va nous
permettre d’estimer la fréquence des allèles nuls susceptibles d’expliquer, dans
chaque sous-échantillon et pour chaque locus, les déficits en hétérozygotes observés.
Micro-Checker permet également d’estimer si les données sont compatibles avec un
bégaiement de la polymérase (stuttering) et/ou une dominance des allèles les plus
courts. Pour la dominance des allèles courts, nous utiliserons également une
méthode plus puissante que celle implémentée par Micro-Checker. Nous allons
procéder à une régression généralisée pour la mise en œuvre de laquelle nous
utiliserons le logiciel R (voir la référence complète dans la bibliographie).
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 125
Figure 21
Capture d’écran de Micro-Checker.
plus à droite). Apparaît alors une fenêtre d’avertissement comme celle présentée en
figure 22. Comme il y a des données manquantes, Micro-Checker vous demande s’il
faut ou non en tenir compte. Autrement dit, les données manquantes corres-
pondent-elles à des homozygotes nuls (blancs) et faut-il les utiliser pour le calcul des
fréquences des allèles nuls par la seconde méthode de B (1996) ? La
réponse étant positive, cliquez donc directement sur “Proceed” sans vous poser plus
de questions.
Figure 22
Cadre d’invite de commande de MicroChecker pour définir la nature des données manquantes
et s’il faut en tenir compte dans le calcul des fréquences des allèles nuls.
Au centre et en bas, cliquez sur le bouton “Next Population” (voir fig. 23) pour
analyser le sous-échantillon suivant en reprenant les mêmes étapes décrites en
p. 125-127, jusqu’au dernier sous-échantillon. N’oubliez pas de copier le tableau des
fréquences d’allèles nuls à chaque fois (dans le menu “Tools” à “Nulls across loci”,
fig. 23). Ensuite, vous ferez la même chose pour le locus lié au sexe, IR08, en
ouvrant le fichier correspondant “[Link]”.
Figure 23
Sortie de MicroChecker vous indiquant, pour le locus et le sous-échantillon mentionné,
la présence ou non de problèmes.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 127
Bilan des analyses avec Micro-Checker
Nous avons constitué un fichier de résultats avec les fréquences d’allèles nuls probables,
l’existence ou non de stuttering et de dominance d’allèles courts. Nous ne gardons que
la méthode 2 de B (1996) qui tient compte des données manquantes (blancs)
comme des homozygotes nul/nul. Dans ce fichier, nous allons également insérer le nombre
d’individus génotypés pour chaque locus (copiés à partir des fichiers de sortie Fstat), la
fréquence attendue sous panmixie (fréquence précédente au carré) des allèles nuls pour
chaque locus dans chaque sous-échantillon et sur l’ensemble des sous-échantillons, le
nombre de blancs observés (compter les 000000 dans chaque sous-échantillon et sur
l’ensemble), l’effectif corrigé (individus génotypés + blancs) et enfin le nombre de blancs
attendus sous la double hypothèse qu’il y a panmixie et que les allèles nuls expliquent les
FIS en totalité. Le tableau 8 donne un aperçu du fichier final pour le locus IR08.
Tableau 8
Synthèse des résultats de Micro-Checker pour le locus IR08 chez les femelles Ixodes ricinus.
La fréquence attendue des blancs pB2² est obtenue en mettant au carré la fréquence estimée
des allèles nuls selon la méthode 2 de BROOKFIELD (1996) et le nombre de blancs
attendus correspondant à cette valeur multipliée par N’. N’ correspond, quant à lui,
à la somme de N (individus génotypés) et des blancs observés. Pour la dernière ligne,
la valeur de pB2² est obtenue en divisant le nombre total de blancs attendus par le N’ total.
Pour vérifier que ces résultats expliquent correctement les FIS observés, on peut
comparer la proportion de blancs observés avec celle attendue sous l’hypothèse que
les allèles nuls expliquent la totalité de ces FIS. Un test binomial unilatéral avec
comme fréquence attendue pB2², un nombre de réussite égal aux blancs observés
pour un nombre d’essais de N’, semble ici approprié. On préfère ici un test unilaté-
ral, car ce qui nous intéresse est de savoir si on a oui ou non moins de blancs
qu’attendus. On peut facilement effectuer ce test sous R.
Il nous faut donc lancer R et dans la fenêtre de commande taper l’instruction :
[Link](Blancs observés, N, p = pB2², alternative = less)
Faites bien attention de respecter strictement le format (en particulier, les majuscules
et minuscules sont reconnues comme des caractères différents sous R). Ici “less”
signifie que le test est unilatéral dans le sens des plus petites valeurs (H1 : il y a moins
de blancs observés qu’attendus) (l’instruction devient “[Link]” pour un bilatéral
et “greater” pour l’autre test unilatéral). Une fois que vous avez tapé cette instruction
dans R, tapez sur la touche “Entrée” et le test se fait. La P-value du test est, pour
IR08, non significative (P-value = 0,4919). Les allèles nuls sont donc bien suffisants
pour expliquer les déficits en hétérozygotes observés à ce locus chez les femelles,
d’autant plus qu’il semble aussi exister des phénomènes de stuttering à ce locus. Pour
les autres loci, on procède de la même façon. On trouve ainsi que pour les loci IR
25, IR27 et IR32, la fréquence des blancs observés est significativement inférieure à
celle des blancs attendus si les allèles nuls devaient expliquer les déficits en hétéro-
zygotes. C’est un problème car, par un phénomène de cercle vicieux, moins les allèles
nuls expliquent un déficit en hétérozygotes, moins le nombre de blancs observés
correspond aux attendus. Pourquoi cela ? Simplement parce que si on attend natu-
rellement plus d’homozygotes en général, alors on devrait observer encore plus
d’homozygotes nuls (blancs), en particulier (ce raisonnement ne marche cependant
pas très bien s’il s’agit d’un effet Wahlund). Par ailleurs, la variance entre loci ainsi
que le fait que les nuls expliquent très bien les déficits observés pour IR08 (voir plus
haut), mais aussi pour IR39 (P-value = 0,312) pourraient nous inciter à exclure des
causes biologiques du type régime de reproduction ou effet wahlund (voir plus loin).
Notons que des phénomènes de stuttering ont été détectés pour IR25, mais seule-
ment dans deux sous-échantillons. Pour IR32 et IR27, Micro-Checker n’a pas
détecté ce phénomène pas plus qu’il n’a détecté de dominance d’allèles courts.
Cependant, Micro-Checker ne travaille que dans chaque sous-échantillon de façon
isolée, ce qui peut représenter une forte perte de puissance. Dans le paragraphe qui
suit, nous allons utiliser une autre technique pour détecter d’éventuelles dominances
d’allèles courts.
Pour ce faire, nous aurons besoin de connaître, pour chaque locus et dans chaque
sous-échantillon, la valeur du FIS pour chaque allèle. On peut demander à Genetix
de le faire en choisissant à chaque traitement le locus et le sous-échantillon à
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 129
analyser, en n’oubliant pas de zapper les mâles au locus IR08. On peut aussi créer
autant de fichiers Fstat qu’il y a de sous-échantillons à analyser, ensuite, et parce que
malheureusement Fstat ne permet pas d’analyser qu’un seul sous-échantillon, il faut
créer dans chaque fichier une deuxième population fictive, de taille identique à celle
à analyser et fixée à tous les loci (par exemple, tous homozygotes 170170, 150150,
123123, 235235, 129129 pour les cinq loci respectivement). Il s’agit ensuite de
récupérer dans chaque sous-population les FIS de chaque allèle pour chacun des cinq
loci et de créer cinq fichiers de données (un par locus) contenant pour chaque allèle
son FIS, sa taille (on s’en doute), le sous-échantillon, sa fréquence allélique p dans ce
sous-échantillon, le produit p(1-p), le nombre d’individus génotypés dans ce sous-
échantillon N et enfin le produit p(1-p)N. Le tableau 9 donne une idée de la forme
de ce fichier pour le locus IR08 que j’ai appelé “IRTotL08MalManqFisAllSizeL08.
txt”. Pour fabriquer ce fichier, une feuille de calcul Excel est idéale, ensuite il suffit
d’enregistrer le fichier en format texte seul.
On peut aussi utiliser Genetix qui permet l’analyse d’un seul sous-échantillon, mais
dont les sorties sont moins commodes à importer dans Excel (à vous de voir).
La colonne Npq, qui donne en fait le résultat du produit Np(1-p), nous servira à
pondérer notre régression par la taille des échantillons, mais en donnant aussi plus
de poids aux allèles de fréquences proches de 0,5 (les plus polymorphes). On fait les
mêmes fichiers avec les quatre autres loci. Nous allons maintenant analyser ces
données avec le logiciel R.
Tableau 9
Aperçu du fichier de données pour le locus IR08 en vue de l’analyse de régression du FIS en
fonction de la taille des allèles et du sous-échantillon.
où loc8 est le nom d’un modèle linéaire généralisé utilisant le tableau “data” et dont
la régression tente d’expliquer la valeur du FIS en fonction de la taille des allèles selon
un polynôme d’ordre 2 ou quadratique (qui s’est avérée plus proche de ce qui se
passe dans le cas qui nous intéresse), du sous-échantillon d’origine et de l’année. Le
sexe n’a ici aucune importance puisqu’il n’y a que des femelles. Nous ne testons
l’effet d’aucune interaction entre variable, car en fait je ne vois aucune raison pour
qu’il en existe. Pensez à respecter les majuscules s’il y en a, car R les reconnaît comme
telles. Tapez enfin :
> anova(loc8, test="F")
qui renvoie à une analyse de variance utilisant la statistique F (se référer à un livre
de statistique pour approfondir ces notions) et donne le résultat suivant :
Ici, on voit que seul le sous-échantillon influence la valeur du FIS (allèles nuls,
stuttering variable dans l’espace ?) qui n’explique que 14,63 % de la dispersion
(100×3,1604/21,616), tout en étant très significatif.
On utilise un test F, car on a supposé que la distribution des FIS suit plus ou
moins une courbe de Gauss (données continues en cloche symétrique), ce qui
est sûrement inexact mais ne risque guère de modifier le résultat dans un sens
dramatique.
Pour les loci suivants, nous aurons besoin de distinguer le sexe des tiques.
9
Entre temps, j’ai découvert l’existence du “Package” R-Commander ou Rcmdr qui, en quelques clics de souris,
permet d’effectuer ces commandes automatiquement.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 131
Avec le locus IR25, l’analyse du fichier “[Link]” est la suivante :
> data<-[Link]("[Link]",header=TRUE)
> attach(data)
> loc25<-glm(data, formula = Fis ~ poly(Allele, 2) + Site + Year + Sex,
family = gaussian, weights = Npq)
> anova(loc25, test="F")
0,8
0,6
0,4
0,2
FIS
- 0,2
- 0,4
- 0,6
- 0,8
109 113 117 121 125 129 133
Taille des allèles
Figure 24
Relation entre taille des allèles et FIS pour le locus IR27 et sur l’ensemble des échantillons.
( )
Les intervalles de confiance à 95 % ont été obtenus avec FIS ± t0,05,N1× Variance FIS .
N
Pour ce faire, les singletons (tailles d’allèles présents une seule fois comme 112 et 131)
ont été réunis à la classe la plus proche.
On voit qu’en plus du site, le sexe des tiques a un effet significatif, ce qui signifie que
nous avons eu raison d’en tenir compte et nous verrons ensuite pourquoi.
Pour le locus IR39, le tableau obtenu est le suivant :
Le site joue une fois encore de façon significative, mais aussi la taille des allèles,
même si cette dernière n’explique même pas 2 % de la déviance et est peu signi-
ficative. Par ailleurs, la figure 25 montre que la relation (augmentation globale du
FIS avec la taille des allèles) n’est pas compatible avec une dominance des allèles
courts. On peut donc attribuer ce résultat au hasard et au nombre de tests effec-
tués qui augmente la probabilité d’obtenir quelque chose de significatif par
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 133
hasard (revoir la première partie de ce manuel, p. 82-87). Rappelons que pour ce
locus, les allèles nuls s’étaient avérés suffisants pour expliquer les déficits en hété-
rozygotes observés. Il est plus raisonnable ici de considérer ce résultat comme
fortuit.
0,8
0,6
0,4
FIS
0,2
- 0,2
- 0,4
110 120 130 140 150 160
Taille des allèles
Figure 25
Relation entre FIS et la taille des allèles au locus IR39 sur l’ensemble des échantillons.
Les intervalles de confiance à 95 % ont été obtenus comme précédemment.
Les sous-échantillons de moins de quatre individus ont été associés au plus proche.
Bilan de l’analyse
des déficits locaux en hétérozygotes
Pour les loci IR08 et IR39, les allèles nuls semblent pouvoir expliquer les forts et
variables FIS observés. Pour IR27, les allèles nuls et la dominance des allèles courts
offrent conjointement une explication satisfaisante. Seul le locus IR32 offre des
déficits énormes et non expliqués par les allèles nuls, le « stuttering » ou la domi-
nance des allèles courts. Cependant, sachant que le « stuttering » n’a pu être testé
que sous-échantillon par sous-échantillon (manque de puissance), que la plupart des
allèles se suivent à un pas sur ce locus et compte tenu de ce que nous trouvons aux
autres loci, il est possible qu’ici aussi les déficits observés proviennent d’un problème
technique.
Je peux ajouter ici qu’un module (package) de R, appelé “R-Commander”, dont je
n’ai appris l’existence qu’après la rédaction de ce chapitre, permet d’accéder aux
analyses effectuées dans ce paragraphe à l’aide de menus déroulants plus conviviaux
que le mode commande strict.
Nous allons dans un premier temps continuer de considérer les femelles et les mâles
séparément. On sait en effet qu’il y a une structure génétique spécifique pour chaque
sexe dans ce jeu de données. Même si nous analyserons ceci plus tard, il n’est pas
inutile de poursuivre la recherche d’explications des déficits en hétérozygotes avant
d’aborder cet aspect. Nous allons donc analyser tous les sous-échantillons (mâles et
femelles séparées) pour obtenir l’information sur le plus grand nombre de réplicas
possibles. Ensuite, nous nous concentrerons sur 1996 en réunissant les mâles et les
femelles pour faire des tests.
Le but du jeu sera ici d’utiliser l’information multilocus de chaque individu, dans
chaque sous-échantillon afin de vérifier à l’aide du logiciel BAPS (voir p. 98-101 en
première partie et le tableau 1 en annexe), si certains individus peuvent être regroupés
sur la base de leur ressemblance génétique. BAPS va ensuite explorer de façon itérative
et répétée, en suivant plusieurs chaînes de Markhov (ou une chaîne stochastique
d’optimisation suivant les versions) afin de trouver la meilleure partition (celle qui
regroupe le mieux les individus) dans le sous-échantillon analysé. La partition définit
un nombre donné de clusters (sous-unités) composés chacun d’un certain nombre
d’individus du sous-échantillon. La qualité d’une partition se définit par un savant
calcul dans le détail duquel je serai bien incapable de rentrer, mais qui dépend de la
distance génétique entre les groupes définis, par rapport aux autres partitions explo-
rées durant le processus. Il est aussi expliqué, dans les articles décrivant le logiciel,
qu’une hypothèse du modèle utilisé dans l’algorithme est que les « clusters » qui com-
posent la partition sont en équilibre de Hardy-Weinberg. Je ne suis pas certain de bien
comprendre ce qui est entendu par là dans la mesure où mon expérience m’a montré
que la plupart des partitions obtenues ne sont pas conformes à cet équilibre, voire
même en sont très éloignées. J’ai également pu observer cela avec STRUCTURE qui
fait la même hypothèse. Comme discuté dans la première partie de ce manuel, beau-
coup reste à explorer concernant le fonctionnement de ces méthodes dans différentes
situations. Il faudra donc vérifier si la partition obtenue (car le logiciel en donne tou-
jours une) correspond à quelque chose de viable et pas seulement une vue de l’esprit.
Si la partition a réellement mis en évidence des groupes cryptiques au sein des sous-
échantillons susceptibles d’expliquer en partie (effet Wahlund) nos fameux déficits
en hétérozygotes, il faudra ensuite trouver et explorer les hypothèses susceptibles
d’expliquer le plus raisonnablement possible (mais en aveugle) ces résultats (espèces
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 135
ou races d’hôtes cryptiques, sous-structures familiales, isolement par la distance
entre individus sur de courtes distances).
Il existe d’autres logiciels qui en principe font la même chose. L’avantage de BAPS
réside dans sa convivialité, dans le fait qu’il accepte des fichiers de type Genepop (un
peu modifiés) et qu’il m’a toujours donné de bons résultats. Le logiciel STRUC
TURE est par exemple beaucoup moins commode à utiliser (et c’est un euphé-
misme) et, sur un même jeu de données (glossines), n’a pas offert de partitions aussi
satisfaisantes que BAPS (R et al., 2007). Des études comparatives de différents
logiciels de clustering sont en cours, mais la longueur et la quantité des analyses font
que des résultats concrets ne seront sans doute pas disponibles avant la sortie du
présent ouvrage. Vous verrez aussi l’application d’un autre logiciel de même nature,
Flock, plus loin dans cette partie.
Vous avez bien entendu installé BAPS sur votre machine et créé tous les fichiers
nécessaires (il y en 24 normalement). Il faut maintenant lancer BAPS en cliquant sur
BAPS4_RUNME.EXE. Le logiciel ouvre deux fenêtres, une fenêtre Dos dont il n’est
pas vraiment nécessaire de se préoccuper maintenant et une fenêtre d’interface type
Windows avec des menus que nous allons utiliser. Il est important de commencer
par créer un fichier résultat. Pour ce faire, cliquez sur “File”, “Output File” et “Set”
et créez un fichier en tapant son nom et en le plaçant dans le répertoire qui vous
convient le mieux (là où sont vos données) (voir fig. 27).
Il vaut mieux garder un nom de fichier qui permette de retourner ensuite au fichier
de données correspondantes. Ici, le premier fichier analysé sera “IRTotBrut1Ber95F.
gen” (femelles de Berne 1995), je choisis donc ici de nommer et créer le fichier
résultat “[Link]”. Ensuite, il faut cliquer sur le bouton
“Clustering of individuals” (fig. 27). Apparaît alors une nouvelle fenêtre de dialogue
qui vous propose différents formats de fichiers de données (fig. 28). Choisissez bien
entendu le format Genepop en cliquant sur le bouton correspondant. Une fenêtre
qui s’ouvre vous permet de naviguer vers le répertoire où se trouve IRTotBrut1Ber95F.
gen que vous sélectionnez (soit en tapant son nom complet, soit en tapant *.gen et
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 137
Figure 27
Sélection dans BAPS du fichier de résultats.
Figure 28
Sélection dans BAPS du format de fichier de données à analyser.
retour chariot et en double cliquant sur le fichier). Une question vous est alors posée
“Do you wish to save pre-processed data?”, cliquez sur “No”.
C’est alors qu’apparaît une petite fenêtre permettant de sélectionner le nombre
maximum de clusters, ainsi que le nombre de chaînes d’itérations à effectuer
(fig. 29), comme expliqué en p. 136. Supprimez le chiffre par défaut (20) et rempla-
cez-le par la chaîne de 30 que vous copiez à partir de “[Link]”, collez cette
chaîne dans la case idoine et cliquez sur “OK”.
Les calculs démarrent et se poursuivent jusqu’à la fin où la meilleure partition est
sauvée dans “[Link]”. Apparaissent un graphique censé
représenter la partition (clusters de différentes couleurs), dont on ne va pas se servir,
ainsi qu’un dialogue final vous demandant si vous souhaitez sauver ces données en
vue d’une analyse ultérieure. Répondez non. Ceux qui souhaitent plus de détails sur
BAPS et ses différentes possibilités et menus sont invités à consulter la documenta-
tion livrée avec le logiciel.
Il s’agit ensuite de répéter le processus avec chacun des sous-échantillons. Ensuite,
on charge le jeu de données brutes afin de le modifier. N’oubliez pas de créer un
nouveau fichier de sortie à chaque fois. Dans chaque fichier de résultat BAPS sont
donnés les clusters avec les individus qu’ils contiennent. Ces individus sont identifiés
par leur rang d’entrée dans le jeu de données (1,2,3...). Par exemple, pour les
femelles de Berne 1995, le fichier de résultat donne (en début de fichier) :
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 139
Cluster 4: {4}
Cluster 5: {6}
Cluster 6: {9, 15, 22}
Cluster 7: {8}
Cluster 8: {7}
Cluster 9: {12, 13, 17}
Cluster 10: {18}
Cluster 11: {10, 19}
Cluster 12: {11, 14, 21}
Site An Sexe Individu IndRang Cluster IR08 IR25 IR27 IR32 IR39
BAPS
Ber 95 F Bern95F_005 1 1 170183 150150 123123 235235 129129
Ber 95 F Bern95F_007 2 2 174174 137146 119119 233250 133133
Ber 95 F Bern95F_011 3 3 177183 000000 119119 243243 000000
Ber 95 F Bern95F_013 4 4 173175 136142 119119 250250 142142
Ber 95 F Bern95F_018 5 2 165178 137146 119119 243248 142142
Ber 95 F Bern95F_020 6 5 165173 145148 119119 241241 129133
Ber 95 F Bern95F_022 7 8 168171 134134 119119 243248 135135
Ber 95 F Bern95F_027 8 7 171175 147147 119119 233233 125125
Ber 95 F Bern95F_028 9 6 169175 140145 119119 233233 135142
Ber 95 F Bern95F_029 10 11 166176 128145 119119 243243 125142
Ber 95 F Bern95F_032 11 12 173183 134134 121121 233233 131137
Ber 95 F Bern95F_037 12 9 175183 147147 119119 235235 134137
Ber 95 F Bern95F_038 13 9 175183 135147 123123 250250 127127
Ber 95 F Bern95F_039 14 12 183183 134134 119119 233243 121128
Ber 95 F Bern95F_040 15 6 168174 141147 119119 233233 135142
Ber 95 F Bern95F_042 16 2 174178 146146 119119 000000 112129
Ber 95 F Bern95F_043 17 9 175175 000000 123123 233235 127134
Ber 95 F Bern95F_044 18 10 174176 130130 119119 233233 128128
Ber 95 F Bern95F_045 19 11 171175 145145 119121 243246 142142
Ber 95 F Bern95F_048 20 3 173183 147147 119119 243243 129142
Ber 95 F Bern95F_049 21 12 168170 000000 119121 233233 131144
Ber 95 F Bern95F_050 22 6 169169 150151 119119 233233 129135
Ber 95 M Bern95M_006 1 7 177177 134147 119119 233233 129129
Ber 95 M Bern95M_008 2 8 172172 137148 119119 000000 000000
Ber 95 M Bern95M_009 3 14 165165 146148 119127 248248 131137
Ber 95 M Bern95M_010 4 3 000000 148148 123123 233233 131133
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 141
Figure 30
Importer les données dans Genetix.
0,3
0,2
0,1
0
- 0,1
IR08 IR08 IR25 IR25 IR27 IR27 IR32 IR32 IR39 IR39 Tous Tous
Brut BAPS Brut BAPS Brut BAPS Brut BAPS Brut BAPS Brut BAPS
Figure 31
Comparaison de FIS avant (données initiales : Brut)
et après clusterisation par BAPS sur l’ensemble des données,
par locus et sur l’ensemble (Tous).
> data<-[Link]("[Link]",header=TRUE)
> attach(data)
> [Link](Delta, alternative="greater")
Le test est unilatéral, car ce que nous recherchons est bien un effet Wahlund. Nous
attendons au départ une chute du FIS, d’où l’instruction “greater”. La P-value
= 0,031 obtenue est significative. Notons aussi que la plupart des loci, mis à part
IR08, gardent un fort FIS qui provient probablement des allèles nuls et autre domi-
nance des allèles courts. Ces déficits restent très significativement au-dessus de 0
(fig. 31), ce qui rend bien compte du fait que “Hardy-Weinberg” n’est pas une
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 143
nécessité pour parvenir à une partition. Par ailleurs, le FIS fait mieux qu’être faible
pour IR08, il est négatif, ce qui est effectivement ce que nous attendons chez une
espèce dioïque pangamique.
Il semble donc bien y avoir un effet Wahlund, contrairement à ce que la variance
du FIS entre loci pouvait laisser prévoir. Reste à déterminer si cet effet provient
d’une micro-structuration (en groupes familiaux, par exemple) ou de la présence
d’espèces (ou races d’hôtes, ou groupes adaptatifs ou écotypes) cryptiques. Afin
d’essayer d’argumenter dans un sens ou l’autre, on peut essayer de regarder l’orga-
nisation de ces différents clusters. En principe, si on a à faire à différentes espèces,
ces dernières devraient apparaître clairement. Si on effectue un arbre à partir d’une
matrice de distance inter-clusters, ces derniers devraient être regroupés selon l’es-
pèce à laquelle ils appartiennent en groupes séparés par des branches relativement
longues comparées aux branches séparant chaque cluster (géographique, en prin-
cipe) à l’intérieur de chaque espèce. Selon T et N (1996), la méthode du
Neighbor-Joining (NJTree) sur distances harmoniques de C-S et
E (1967) est une bonne solution. La matrice est obtenue en important
“[Link]” dans Genetix10, en cliquant sur le menu
“Distances” puis “Sur données réelles” et en sélectionnant “Cavalli-Sforza &
Edwards”. On copie la matrice obtenue afin de l’incorporer dans un fichier de type
MEGA (K et al., 2004) pour matrice de distances (ouvrir le fichier
“[Link]” avec un éditeur de
texte pour voir un exemple). Afin de limiter le nombre de branches et le poids des
clusters ne contenant qu’un seul ou deux individus, je n’ai gardé que les clusters
d’au moins 3 individus. L’arbre obtenu n’en est pas plus lisible pour autant et ce
qui en ressort, c’est que les plus longues branches sont toujours celles séparant les
clusters sans que se dégage une quelconque hiérarchie (on parle de râteau). Ceci
plaide davantage en faveur d’une micro-structuration locale forte avec une diffé-
renciation géographique faible. On peut alors recommencer l’ensemble des opéra-
tions (BAPS->Genetix->MEGA) sur les échantillons de 1996 seuls et en ne
séparant pas les mâles des femelles. Sur l’arbre obtenu, on ne voit pas mieux une
quelconque structure sauf que les clusters tunisiens de plus de deux individus se
retrouvent bien ensemble (fig. 32) avec un cluster du Tessin (Cen16 qui comporte
d’ailleurs deux mâles et une femelle). Ceci ne contredit pas que l’effet Wahlund
pourrait être issu de la présence dans chaque site d’individus issus des mêmes
pontes. Ceci implique une forte variance du succès de survie entre pontes : de
nombreux individus issus seulement de quelques pontes accèdent à l’âge adulte
(voir C et al., 2007a, pour un résultat similaire sur la tique du bétail).
10
Je me suis rendu compte sur le tard que Genetix contenait quelques bugs dans ce module et je conseillerai
d’utiliser plutôt MSA pour le calcul de distances, bien qu’ici cela n’ait pas changé grand-chose, raison pour
laquelle j’ai laissé l’analyse telle qu’elle. Pour l’utilisation de MSA, se référer à la seconde partie de ce manuel,
p. 254.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 145
représente ici qu’un outil d’argumentation et d’orientation de futures investiga-
tions, pas un générateur de vérités.
CONCLUSION
SUR LES DÉFICITS
EN HÉTÉROZYGOTES
À l’occasion de ces premières analyses, nous pouvons constater qu’une analyse d’un
jeu de données de génétique des populations requiert de la patience, de la méthode,
ainsi qu’une bonne batterie de tests. Il était cependant nécessaire d’aller jusqu’au
bout avant d’aller plus loin. Nous savons maintenant que ces tiques sont structurées
à une échelle locale, ce qui explique une grande partie des déficits en hétérozygotes.
Cet effet Wahlund résulte probablement d’une structure en groupes familiaux.
L’existence d’espèces cryptiques n’est en effet pas soutenue par nos analyses NJTREE
ni par l’absence totale de déséquilibre de liaison. Nous savons également qu’une
partie non négligeable de ces déficits provient de l’existence d’allèles nuls (Loci IR25,
IR32, IR39). Pour ces derniers, il y a donc un risque de surestimer la différenciation
entre sous-échantillons, mais seulement pour des niveaux de différenciation attei-
gnant au moins 10 % (FST = 0,1), en dessous de quoi l’effet devient faible (C
et E, 2007). Nous verrons que les niveaux de différenciation entre popula-
tions d’I. ricinus se trouvent bien en dessous de cette frontière. Enfin, un locus
(IR27) a montré des évidences de dominance des allèles courts. Dans la mesure où
ce phénomène modifie l’hétérozygotie et l’estimation des fréquences alléliques, il
faudra être constamment vigilant quant aux résultats obtenus par la suite. Si nous
avions un locus de plus sans allèle nul, j’aurais même conseillé de le supprimer. Ce
n’est malheureusement pas le cas. Il faudra juste vérifier que chaque résultat ulté-
rieur n’est pas sous la dépendance de ce seul locus. L’idéal aurait été d’avoir sept loci
comme IR08, mais non liés à l’X ! Mais on ne choisit pas et les problèmes de
marqueurs chez les parasites et vecteurs représentent un souci récurrent.
Une autre conclusion importante est qu’un déficit en hétérozygotes non entièrement
expliqué par des allèles nuls exclut les causes endogamiques (croisements frère/sœur,
autofécondation…) qui tendent à augmenter l’homozygotie et donc à dévoiler les
homozygotes nuls (blancs), d’une part, et suggère, d’autre part, plutôt un effet
Wahlund, qui augmente la diversité génétique Hs sans augmenter l’hétérozygotie
observée (d’où augmentation du FIS, cf. équation 19 en première partie de ce
manuel, p. 47). Dans le cas d’un effet Wahlund, il est donc normal que les procé-
dures de détection d’allèles nuls ne suffisent pas à expliquer entièrement les déficits
en hétérozygotes, même si ces derniers sont présents, comme l’attestent la présence
fréquente d’individus blancs, ainsi que la forte variance du FIS entre loci.
Nous avons ici une espèce à sexes séparés. La première chose à tester est s’il n’existe
pas une différence entre femelles et mâles tiques, liée par exemple à un biais de dis-
persion spécifique de chaque sexe (G et al., 2002 ; P et D M,
2002). En plus, on sait que c’est probablement le cas ici puisque ce signal fut détecté
précédemment (D M et al., 2002a), mais aussi lors de notre recherche de
dominance des allèles courts. Par ailleurs, il est intéressant de vérifier si le signal
persiste en tenant compte de la microstructure en clusters, même s’il a été montré
que celle-ci a peu (pas) d’effet sur la structure à plus large échelle, si la microstructure
n’est pas trop forte (F et al., 2004).
Comment suspecter qu’un biais de structuration existe entre mâles et femelles ? Soit
en effectuant directement le test “Sex biased dispersal” de Fstat, soit, comme cela a
été le cas pour les données présentes, en testant la différenciation locale entre tiques
mâles et femelles. La justification de ce test est qu’un tel signal avait été suggéré chez
cette espèce en Irlande pour un locus enzymatique (H, 1979). Nous allons donc
mesurer et tester la différenciation entre mâles et femelles de chaque sous-échan-
tillon. Pour ce faire, il faut construire un fichier Fstat (par exemple) où femelles et
mâles de chaque site sont considérés comme appartenant à des échantillons diffé-
rents. Appelons ce fichier “[Link]” et chargeons-le dans Fstat (après
avoir ouvert Fstat il faut aller dans “File”, “Open”, etc.). On coche ensuite dans Fstat
l’option “Fst per pair of samples” et la case “Pairwise tests of differentiation”, ainsi
que la case “5/100” du “Nominal level for multiple tests”. Cette dernière case est
choisie pour gagner du temps. Ici, Fstat donnera le seuil Bonferroni de significativité
corrigé par le nombre de tests (276 ici). À ce seuil, une P-value sera significative si
elle est inférieure ou égale à 0,05/276 = 0,00018 et Fstat ajuste le nombre de per-
mutations nécessaires pour atteindre cette valeur, soit 5 520, ce qui est bien suffisant.
Avec “1/100” on obtient 27 600, ce qui est beaucoup. En plus, à ce niveau, le
Bonferroni est beaucoup trop conservateur. De toutes façons, comme nous n’allons
utiliser que les résultats par paire locale de femelles et de mâles, nous n’appliquerons
pas cette procédure. Après avoir cliqué sur “Run” et attendu la fin des permutations,
deux fichiers sont à consulter. “[Link]” donne les FST par paire et
“[Link]” donne les P-value du test de randomisation des géno-
types par paire de sous-échantillons. Dans ces fichiers, il faut garder les valeurs
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 147
correspondant aux paires femelle-mâle de chaque site-année. Si vous faites cela, deux
probabilités sont significatives sur les 12 tests (17 %). Un test binomial peut alors
être effectué sous R avec la commande suivante :
[Link](2, 12, p=0.05, alternative="greater")
Le test est unilatéral, car on regarde si le nombre 2 n’est pas plus grand qu’attendu
sous l’hypothèse nulle. Le test donne une P-value de 0,12, ce qui n’est pas vraiment
significatif, mais témoigne d’un signal possible. Le test généralisé entrepris avec
MultiTest et un k’ = 6 donne une P-value globale seuil de 0,6015 (La notice d’utili-
sation de ce programme est suffisamment détaillée pour ne pas avoir à reproduire ici
un tuteurage pas à pas).
Pour effectuer le véritable test de structuration sexe-spécifique, il faut remanier
quelque peu le fichier initial des données afin de le mettre au format requis par Fstat
pour l’analyse du biais de dispersion sexe-spécifique (Biased dispersal menu).
Référez-vous à l’aide en ligne de Fstat pour construire ce fichier. Nous allons nous
focaliser sur les échantillons 1996 uniquement. Une fois ce fichier constitué, il faut
lancer Fstat, cliquer sur le menu “Biased dispersal” et y charger le fichier requis. Il
faut ensuite sélectionner le test “Two sided” (on n’a en principe pas de préjugé pour
l’instant) et cocher toutes les options comme dans la figure 33.
Vous remarquerez dans la figure 33 que les cases du FIS et du Ho sont cochées comme
les autres, alors que cela n’a aucun sens. En effet, puisque nous avons codé les mâles
Figure 33
Menu et cases à cocher dans le menu “Biased dispersal”.
Tableau 11
Résultats du test de biais de dispersion spécifique à chaque sexe sur les cinq sites du nord-ouest
de la Suisse. Excepté la variance d’assignement (s²(AIc)), tous les autres paramètres plaident
en faveur d’un biais de dispersion mâle (les femelles dispersent moins), avec une P-value
(tests bilatéraux) très significative pour AIc et FIS et significative pour Hs.
Pour le FIS, le test (unilatéral) a été réalisé en supprimant le locus IR08.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 149
un biais de structuration génétique en faveur de ces femelles). En retirant chaque
locus un à un et en recommençant l’analyse (donc cinq traitements), vous pourrez
vérifier qu’aucun locus n’est responsable à lui seul du signal. On constate même,
pour les données sans IR08, que le FIS est significativement supérieur chez les mâles
(tabl. 11). On pourra ici se contenter de refaire ces analyse sur les échantillons du
Nord-Ouest et en unilatéral pour compenser la perte de puissance. La question qui
se pose ensuite est de savoir si tenir compte des résultats de BAPS (microstructura-
tion) change cette conclusion. Pour ce faire, il faut réanalyser les données en tenant
compte des clusters définis par BAPS.
Nous prendrons ici le fichier de données 1996 de Suisse uniquement et les clusters
obtenus en ne séparant pas les mâles des femelles (évidemment). Il faudra prendre
garde à ne garder que les clusters contenant au moins une femelle et un mâle, car
sinon Fstat va planter (comme on dit). Nous allons dans un premier temps effectuer
l’analyse sur tous les clusters de tous les sites. Le label “Pop” va donc se positionner
entre chaque cluster. On peut faire le test en unilatéral, mais au vu des résultats vous
verrez vite qu’il convient de repartir sur une base de tests bilatéraux. Les résultats
sont en effet spectaculairement divergents des précédents (tabl. 12).
Tableau 12
Résultats du test de biais de dispersion spécifique de chaque sexe d’Ixodes ricinus
dans les cinq sites du nord-ouest de Suisse en tenant compte des clusters obtenus par BAPS
(en ne séparant pas les mâles des femelles) et contenant au moins une femelle et un mâle.
Tous les paramètres plaident fortement en faveur d’un biais de dispersion mâle (ils dispersent
moins), avec des P-values (tests bilatéraux) très significatives sauf pour s²(AIc) et FIS.
Pour le FIS, le test a été réalisé en supprimant le locus IR08.
Ce résultat, très déconcertant au premier abord, est sous très forte influence du
locus IR08, bien que les autres loci répondent dans le même sens (sauf peut-être
IR32). Comme il s’agit peut-être d’un phénomène local, nous allons refaire les
mêmes analyses, mais dans chaque site de 1996 (y compris la Tunisie). Le résultat
Tableau 13
Résultat des tests de biais de dispersion spécifique de chaque sexe sur FST, effectués
dans chaque site, entre les clusters définis par BAPS et contenant au moins une femelle
et un mâle. Le test global est obtenu par une procédure binomiale généralisée
et les tests sans IR08 ont été effectués de façon unilatérale (les mâles dispersent moins).
Utiliser le fichier d’aide de MultiTest V.1.2. pour une description pas à pas
de la procédure à suivre pour combiner les neufs tests.
Il y a donc manifestement un effet cluster que nous essayerons d’interpréter plus loin.
Afin de vérifier quand même si notre biais de dispersion spécifique femelle existe toujours
même en tenant compte de l’effet Wahlund présent au sein de chaque site, la solution
qui nous reste consiste à ne garder qu’un seul représentant ou une femelle et un mâle par
cluster dans chaque site (nord-ouest de la Suisse 1996). On prendra le premier des indi-
vidus ayant le génotype le plus complet de chaque cluster afin de conserver le plus de
puissance possible. Par exemple, si dans un cluster d’un site quelconque, il n’y a que des
mâles on ne prend qu’un individu, si possible génotypé aux cinq loci. Même chose pour
des clusters de femelles. Pour les clusters mixtes, on prend la première femelle la plus
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 151
complète et le premier mâle le plus complet. On obtient ainsi un jeu de données de cinq
sites avec un nombre d’individus fortement réduit par site. C’est aussi la raison pour
laquelle les tests seront unilatéraux (les femelles dispersent moins). Le résultat de cette
analyse figure dans le tableau 14 où on retrouve bien le signal initial suggérant un biais
de dispersion femelle, à la différence que tous les paramètres vont dans le bon sens, même
si c’est toujours AIc qui donne la seule P-value significative.
Tableau 14
Résultat du biais de structuration femelle (unilatéral) sur le jeu de données réduit
à un individu ou deux (une femelle et un mâle) par cluster BAPS pour les cinq sites
du nord-ouest de la Suisse. Cette fois-ci, tous les paramètres vont dans le même sens
(les femelles dispersent moins). Pour le FIS, le test a été réalisé sans le locus IR08.
Paramètres F M P-value
AIc 0,496 - 0,520 0,0097
s²(AIc) 6,377 9,350 0,3341
FST - 0,008 - 0,016 0,1307
Hs 0,824 0,847 0,1221
FIS 0,470 0,511 0,2220
Il semble bien y avoir un biais de dispersion biaisé pour les femelles (elles disperseraient
moins) à l’échelle du plateau Suisse (ou même de régions plus restreintes), mais le
signal est brouillé par une micro-structuration qui existe localement. Le fait que dans
chaque site, les clusters trouvés par BAPS contiennent des femelles beaucoup plus
hétérogènes que les mâles à l’intérieur de chaque cluster, mais beaucoup moins diffé-
rentes d’un cluster à l’autre peut être interprété de deux façons. La première suggérerait
que le biais de dispersion spécifique à chaque sexe s’inverse à petite échelle, mais on ne
voit pas bien comment. La seconde suppose que les clusters correspondent plus ou
moins à des frères et sœurs issus d’une même ponte et que les femelles ont une réussite
beaucoup plus homogène que les mâles. Ne parviendraient à l’âge adulte, selon cette
hypothèse, que beaucoup de mâles par ponte, mais de peu de pontes, alors que les
femelles représenteraient un échantillon plus aléatoire des pontes (moins de sœurs que
de frères dans chaque site). Pour confirmer cette interprétation, une approche théo-
rique de modélisation/simulation serait nécessaire, mais dépasserait alors le cadre
ambitionné par cet ouvrage. Enfin, ces clusters pourraient correspondre à des cohortes
différentes (chevauchement de générations), très différenciées (dérive forte) et cela
surtout pour les mâles dont beaucoup viennent d’ailleurs. Ici aussi, une approche
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 153
(Monte-Ceneri) ou la Tunisie (3) qui n’est pas plus subdivisée, mais doit être aussi codée
dans cette colonne. La troisième colonne (NrdWNS) correspond à l’appartenance ou
non au nord-ouest (1) ou au sud-ouest (Gorges-du-Trient, Dorénaz = 2) de la zone du
nord des Alpes suisses. Le Tessin et la Tunisie étant codés 3 et 4 respectivement dans cette
colonne. La quatrième colonne (Site) correspond aux sites eux-mêmes (1 à 9). Les cin-
quième à neuvième colonnes correspondent aux cinq loci, le premier, IR08, étant codé
homozygote pour les tiques mâles. Appelons le fichier ainsi construit “IRTot96HierFstat.
txt”. L’analyse va se faire sous HierFstat 0.04-4 (Goudet, 2006, mis à jour de G,
2005) comme décrit dans D M et G (2007). N’oubliez pas de remplacer les
données manquantes “000000” par “NA”. Lancez le logiciel R. Chargez le package
HierFstat (Menu “Package”, “Chargez le package”, “hierfstat”). Changez de répertoire
pour travailler dans celui où le fichier de données “[Link]” se trouve (Menu
“Fichier”, “Changer le répertoire courant”). Dans la console R, tapez la succession de
commandes (chaque ligne correspond à une commande devant être suivie d’un retour
charriot), en respectant les majuscules et minuscules (distinctes en langage R):
$overall
Cont NrdWTessin NrdWNS Site Ind Error
0.478159253 0.022900541 0.009954088 0.011283221 1.829055277 2.153889149
$F
Cont NrdWTessin NrdWNS Site Ind
Total 0.1061340 0.111217077 0.113426523 0.115930989 0.5219148
Cont 0.0000000 0.005686634 0.008158420 0.010960256 0.4651490
NrdWTessin 0.0000000 0.000000000 0.002485923 0.005303783 0.4620901
NrdWNS 0.0000000 0.000000000 0.000000000 0.002824882 0.4607495
Site 0.0000000 0.000000000 0.000000000 0.000000000 0.4592219
> levels<-[Link](Cont,NrdWTessin,NrdWNS)
> [Link](levels,loci)
$loc
[,1] [,2] [,3] [,4] [,5]
IR08 0.01232344 0.000808808 -1.444965e-03 0.4355876 0.4906015
IR25 0.01077746 -0.002368730 2.440097e-03 0.4535566 0.4658385
IR27 0.29269212 -0.001654562 -8.948516e-05 0.2579981 0.2624521
IR32 0.17763798 -0.014577719 1.316236e-02 0.4309008 0.3006536
IR39 -0.01487489 0.043906268 -6.184974e-05 0.2575165 0.6343434
$overall
Cont NrdWTessin NrdWNS Ind Error
0.47855610 0.02611407 0.01400616 1.83555962 2.15388915
$F
Cont NrdWTessin NrdWNS Ind
Total 0.1061541 0.11194680 0.115053669 0.5222206
Cont 0.0000000 0.00648061 0.009956456 0.4654790
NrdWTessin 0.0000000 0.00000000 0.003498519 0.4619924
NrdWNS 0.0000000 0.00000000 0.000000000 0.4601036
> [Link](loci, test=NrdWNS, within=NrdWTessin, nperm=1000)
$[Link]
[1] 0.121
> levels<-[Link](Cont,NrdWTessin)
> [Link](levels,loci)
$loc
[,1] [,2] [,3] [,4]
IR08 0.01229331 -0.0003464944 0.4351133 0.4906015
IR25 0.01083164 -0.0004024918 0.4543119 0.4658385
IR27 0.29269022 -0.0017259148 0.2579689 0.2624521
IR32 0.17789976 -0.0042513096 0.4354972 0.3006536
IR39 -0.01487632 0.0438573712 0.2574958 0.6343434
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 155
$overall
Cont NrdWTessin Ind Error
0.47883861 0.03713116 1.84038709 2.15388915
$F
Cont NrdWTessin Ind
Total 0.1061668 0.11439947 0.5224453
Cont 0.0000000 0.00921047 0.4657228
NrdWTessin 0.0000000 0.00000000 0.4607561
> [Link](loci, test=NrdWTessin, within=Cont, nperm=1000)
$[Link]
[1] 0.058
Si on élimine le facteur NrdWTessin, il faut alors repasser par Fstat. Il n’y a en effet
plus que trois niveaux hiérarchiques avec deux sous-populations représentées par
l’ensemble des tiques suisses, d’une part et par celles de Tunisie, d’autre part. On
aboutit à un FST = 0,113 très significatif (P-value < 0,0001) entre les tiques de Suisse
réunies en une seule population et la Tunisie.
Avec un Hs = 0,832, cela correspond à un FST’ = FST/FSTmax = 0,113/(1 - 0,832)
= 0,673, ce qui est relativement considérable et témoigne du peu de migration entre
les deux pays. Par contre, à l’échelle de la Suisse, cette migration est forte et même
si les Alpes apparaissent comme un facteur limitant, tout semble se passer comme si,
génétiquement au moins, on avait à faire à une seule unité à cette échelle.
Qu’en est-il si nous tenons compte des clusters trouvés par BAPS ?
Figure 34
Présentation du fichier pour tester l’isolement par la distance
entre sites de prélèvement d’Ixodes ricinus en Suisse en 1996 sous Genepop.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 157
Tableau 15
Distances géographiques en km et différenciation génétique mesurée par le FST (Theta)
par paire de sites d’échantillonnage d’Ixodes ricinus (abréviations comme dans la figure 15).
Theta
Site Ber Ecl Mon Neu Sta Dor Gor
Ecl 0,0002
Mon 0,0080 0,0012
Neu - 0,0003 - 0,0049 0,0072
Sta 0,0040 - 0,0015 0,0049 0,0015
Dor 0,0040 0,0085 0,0224 0,0078 0,0143
Gor - 0,0005 - 0,0033 0,0042 - 0,0015 0,0014 0,0059
Cen 0,0116 0,0058 0,0136 0,0132 0,0042 0,0209 0,0089
Distance en kilomètres
Ecl 85,53
Mon 50,00 46,05
Neu 43,42 52,63 7,89
Sta 19,74 65,79 26,32 19,74
Dor 105,26 78,95 102,63 102,63 102,63
Gor 115,79 82,89 110,53 111,84 113,16 11,84
Cen 171,05 218,42 213,16 207,89 190,79 160,53 165,79
L’étape suivante consiste à lancer Genepop 3. Éviter de double cliquer sur le fichier
[Link], mais préférez ouvrir une session DOS en lançant une “Invite de com-
mandes” dans le menu “Accessoires” de Windows. Dans la fenêtre DOS, et si
Genepop est dans le répertoire “Genepop” du disque D, tapez “D:”, puis “Entrée”,
puis “cd Genepop”, puis “Entrée”. Vous êtes dans le répertoire Genepop. Tapez alors
“isolde”, puis “Entrée” pour lancer le programme d’isolement par la distance. À
l’invite, tapez le nom complet du fichier de données puis “Entrée”. Le logiciel vous
demande ensuite quel type de distance (non transformée ou Log) et quel type de
mesure de différenciation vous souhaitez tester (X, qui figure dans la matrice ou
X/(1 - X) ). À vous de choisir la méthode appropriée. Genepop vous demande
ensuite la distance minimale en deçà de laquelle la mesure de corrélation ne tient
plus compte des données, car en deçà d’un certain niveau la réponse a en effet ten-
dance à ne plus suivre un modèle clair (R, 1997). Réfléchissez à ce que devrait
0,02
FST/(1-FST)
0,015
0,01
0,005
- 0,005
- 0,01
2 3 4 5 6
Ln distance en km
Figure 35
Représentation de l’isolement par la distance entre sites suisses
pour les tiques récoltées en 1996. La distance minimale de 2 km a été choisie.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 159
Un ou deux individus par cluster BAPS
FST/(1-FST) = - 0,01 + 0,006 Ln (distance)
P - value = 0,003
0,05
0,04
0,03
FST/(1-FST)
0,02
0,01
- 0,01
- 0,02
2 3 4 5 6
Ln distance en km
Figure 36
Représentation de l’isolement par la distance entre sites suisses
pour les tiques récoltées en 1996 en ne gardant qu’un ou deux individus
des clusters définis par BAPS dans chaque site. La distance minimale de 2 km a été choisie.
R (1997) décrite en première partie (p. 88-90), ce qui donne DÞ² = 1/
(4π0,00577) = 13,78. On peut aussi estimer le nombre d’immigrants présents dans
une sous-population (R, 1997), Nm = 1/2πb = 28 individus par génération.
Il serait dommage de s’arrêter ici et nous allons donc essayer d’appréhender, même
grossièrement, dans quelle gamme de valeurs se situe la densité de tiques afin d’en
pouvoir extraire la surface de dispersion de ces tiques.
Il faut ensuite lancer le programme NeEstimator (après l’avoir installé sur votre
machine, bien entendu). Une fenêtre d’avertissement sur le copyright et sur la
manière idoine de citer ce logiciel apparaît. Cliquez sur OK pour accéder au pro-
gramme qui apparaît dans une fenêtre comme dans la figure 38. Comme indiqué
sur la figure 38, cliquez sur le menu déroulant “File” et “Open”, ce qui permet
d’ouvrir la fenêtre “Analysis”.
Dans la fenêtre “Analysis”, une série d’onglets apparaît et vous positionne sur celui
du format de vos données “Data Format” où il n’y a rien à changer, car vous avez
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 161
Figure 38
Menu à l’ouverture de NeEstimator.
Figure 39
Onglet “Data File” avec le bouton “Load” qu’il faut clicker.
choisi le format par défaut. Allez à l’onglet “Data Files”. Là il n’y a qu’un seul bouton
“Load” qui vous permet de charger votre jeux de données, ce que vous faites
(fig. 39). Une fois que vous avez choisi le fichier, le logiciel vous demande à quelle
génération ces données correspondent-elles. Laissez la valeur par défaut “0”, car nous
n’utiliserons pas ici la méthode des moments de W (1989) (cf. p. 102 en pre-
mière partie) et cliquez sur “OK”. Dans le menu déroulant “NeEstimator”, cliquez
sur “Run” (fig. 40). Ce qui fait apparaître un message qui vous avertit qu’avec un
seul échantillon, on ne peut utiliser les méthodes temporelles “Moment based” et
vous demande si vous souhaitez continuer avec les méthodes à un seul échantillon.
Vous répondez “Oui” bien entendu. Le résultat est affiché sous forme de tableau que
je vous conseille de sauvegarder au format NeEstimator (NeA). Je conseille aussi de
transcrire tous les résultats dans un tableur au fur et à mesure afin de disposer de
l’ensemble dans un seul fichier. C’est ce qui est représenté dans le tableau 16.
Ici, bien que nous disposions d’échantillons espacés dans le temps (Bern, Gorges-du-
Trient et Staadswald), ces échantillons ne sont séparés que d’une année, soit environ
1/3 du temps de génération d’I. ricinus. Ici, les adultes présents d’une année sur
l’autre font partie de cohortes séparées et qui, même à long terme, auront du mal à
échanger des gènes. La différenciation entre ces cohortes, déjà remarquée par
D M et al. (2002a), va tendre à être très supérieure à celle qui existe réellement
entre deux générations d’adultes reproducteurs. L’utilisation des méthodes tempo-
relles sur nos données aboutira donc à de fortes sous-estimations des effectifs effi-
caces. Faites-le et vérifiez qu’effectivement, compte tenu qu’il n’y a qu’un tiers de
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 163
Tableau 16
Résultats synthétiques obtenus pour le calcul des effectifs efficaces (Ne) et leur intervalle
de confiance à 95 % (Li et Ls) par la méthode des déséquilibres de liaison dans NeEstimator.
Les valeurs infinies sont ignorées pour le calcul des moyennes. Les échantillons de 1995
sont considérés comme indépendants, car appartenant à des cohortes de tiques génétiquement
isolées de celles de 1996 (le cycle d’Ixodes ricinus dure environ trois ans).
Échantillon Ne Li Ls
Berne 1996 73 45 182
Berne 1995 222 79 Infini
Monte-Ceneri 1996 Infini 288 Infini
Dorénaz 1996 700 124 Infini
Eclépens 1996 Infini 81 Infini
Gorges-du-Trient 1995 177 10 601
Gorges-du-Trient 1996 75 43 219
Montmollin 1996 338 87 Infini
Neuchâtel 1996 398 93 Infini
Staadswald 1995 161 84 1 164
Staadswald 1996 Infini 374 Infini
Moyenne totale 268 119 541
11
Sur ces mêmes données, l’estimation avec un logiciel alternatif, LDNe (W et D, 2008), non encore
connu au moment de la rédaction de ce chapitre et dont l’utilisation est détaillée plus loin, donne une moyenne
de Ne = 223.
CONCLUSIONS
SUR LA BIOLOGIE
ET LA GÉNÉTIQUE
DES POPULATIONS
D’I. RICINUS EN SUISSE
Il existe un déficit important en hétérozygotes dans les populations d’I. ricinus (FIS
= 0,39) dont une majeure partie (64 %) est expliquée par un effet Wahlund important.
Le FIS = 0,14 résiduel correspondrait à du « stuttering », à de la dominance
d’allèles courts et à des allèles nuls. Pour tester les allèles nuls dans les clusters
de BAPS, on ne peut pas utiliser Micro-Checker (échantillons trop petits). Nous
pouvons néanmoins tester s’il existe une relation positive entre le nombre de
blancs à un locus et le FIS à ce locus. En effet, en reprenant les données cluste-
risées et en séparant les mâles des femelles en deux fichiers, il est facile de comp-
ter les blancs pour chaque locus avec la fonction “SI” d’Excel. Il suffit de créer
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 165
autant de nouvelles colonnes qu’il y a de loci et de remplir chacune avec les
instructions de type “= SI(G2 = “000000”) ; 1;0)” pour inscrire “1” quand on a
un blanc. À la fin de chacune de ces colonnes, on tape une instruction du type
“= somme(L2:L147)” pour obtenir la totalité des blancs à ce locus sur l’ensemble
des clusters. Le FIS de chaque locus est récupérable dans les deux fichiers de
sortie Fstat de l’analyse des deux jeux de données (un pour le femelles et un pour
les mâles) avec les données clusterisées par BAPS, que j’ai personnellement nom-
més [Link] et IRTotBAPSClustMalManq
[Link] respectivement, et où on aura pris soin d’éliminer le locus IR08
du fichier des mâles. Quand on a fait ceci pour les femelles et les mâles, on
obtient le jeu de données présenté dans le tableau 17. La corrélation entre le
nombre de blancs et le FIS peut être analysée par un test de corrélation de
Spearman (test non paramétrique). Ce test est facile à réaliser sous R. Si le
fichier de données correspondant au tableau 17 s’appelle “AllelesNulsClustersBAPS.
txt”, alors il suffit de lancer R, et de se placer dans le répertoire contenant ce
fichier (menu déroulant “Fichier”, “Changer le répertoire courant”).
Tableau 17
Données pour la régression entre le nombre de données manquantes (génotypes « blancs »)
et la valeur des FIS pour les différents loci (chez les mâles et les femelles pris séparément).
> data<-[Link]("[Link]",header=TRUE)
> attach(data)
> [Link](data$NBlancs, data$FIS, alternative="[Link]",
method="spearman")
0,3
0,2
FIS
0,1
- 0,1
0 20 40 60 80
Nombre de blancs
Figure 41
Relation entre le nombre de génotypes blancs trouvés
par locus et le FIS mesuré à ce locus sur l’ensemble des clusters de BAPS
de l’ensemble des données microsatellites d’Ixodes ricinus (1995-1996, Tunisie et Suisse).
> data<-[Link]("[Link]",header=TRUE)
> attach(data)
> loc27<-glm(data, formula = Fis ~ poly(Allele, 2) + Sexe, family = gaussian)
> anova(loc27, test="F")
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 167
R2 = 0,52, P - value = 0,008
0,4
0,2
- 0,2
FIS
- 0,4
- 0,6
- 0,8
-1
111 115 119 123 127 131
Taille des allèles
Figure 42
Régression entre taille des allèles et FIS observés au locus IR27 dans les clusters d’I. ricinus
définis par BAPS. Il n’y avait pas assez de données pour calculer des intervalles de confiance.
INTERACTIONS
AVEC LES
MICROPATHOGÈNES
TRANSMIS
Introduction
La tique I. ricinus transmet un très grand nombre de pathogènes à ses multiples hôtes,
dont la borréliose de Lyme qui, dans les régions boréales, représente un poids écono-
mique et en santé publique important (G, 1998). Les agents de la borréliose de
Lyme appartiennent au complexe d’espèces Borrelia burgdorferi sl. Il existe actuelle-
ment 12-13 espèces (ou génoespèces) reconnues dans le complexe dont 4, B. burgdor-
feri, B. garinii, B. afzelii et B. spielmanii, sont pathogènes pour l’homme (borréliose de
Lyme) et deux autres, B. valaisiana et B. lusitaniae, sont de pathogénicité incertaine
(R et al., 2006 ; P et al., 2007). Ces différentes espèces ne sont d’ailleurs
pas responsables de symptômes identiques et présentent des spécificités d’hôtes réser-
voirs différentes (D M et al., 2004b). En Europe de l’Ouest, B. burgdorferi est
préférentiellement retrouvée chez l’écureuil roux, B. afzelii chez des campagnoles, des
mulots et aussi l’écureuil roux, B. garinii plutôt chez des oiseaux et B. spielmanii uni-
quement chez le loir (R et al., 2006). Quant à B. valaisiana, elle se montre
spécifique des oiseaux, alors que B. lusitanaiae n’a été trouvée, en dehors de la tique
I. ricinus, que chez un lézard (P et al., 2007). L’épidémiologie de ces pathogènes
reste largement mal connue et les résultats obtenus précédemment par nos analyses
suscitent un certain nombre de questions. S’il y a spécificité différente des tiques
immatures, sachant que les borrélies sont spécifiques des hôtes, les tiques des deux
sexes devraient présenter des prévalences différentes pour les différentes espèces de
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 169
borrélies. En particulier, les femelles devraient porter davantage de borrélies d’hôtes
peu mobiles (B. burgdorferi, B. afzelii) et les mâles celles d’hôtes plus mobiles (B. gari-
nii, B. valaisiana). Ensuite, il est possible que l’infection par les borrélies puisse modi-
fier le schéma de migration. Enfin, dans la mesure où un conflit/coopération pourrait
exister au sein des tiques, existe-t-il une corrélation entre la présence des différentes
espèces de borrélies au sein de tiques ?
afin de faire lire l’ensemble du jeu de données à R (NB le > est automatiquement
inséré par R). On spécifie ensuite le modèle en tapant la commande (sur une ligne) :
On remarque que l’interaction entre facteurs est codée avec un “:” et que la régres-
sion est logistique, car on spécifie bien qu’elle appartient à la famille binomiale avec
Le test est en effet un Chi2, car nous comparons des fréquences. Cette commande
renvoie au résultat suivant :
Nous constatons que seuls les termes “Site” et “Year” semblent importer et que le
logiciel n’est apparemment pas très satisfait de la qualité des données. Pour simplifier
ce modèle, une commande pratique est la commande “step” qui permet d’analyser
la qualité de différents modèles plus simples en retirant et ajoutant des termes l’un
après l’autre en commençant par les interactions d’ordre supérieur (celles faisant
appel au plus grand nombre de facteurs). Ceci est évalué à l’aide d’un critère appelé
AIC (Akaike Information Criterion) (A, 1974) dont la valeur, qui doit être
minimisée, est une mesure de la qualité d’ajustement du modèle statistique estimé
par rapport aux données. Il ne s’agit pas d’un test, mais d’un outil d’aide à la sélec-
tion du modèle le plus simple permettant d’expliquer au mieux les données, le
modèle doté du plus petit AIC étant le meilleur (cf. réponse 12 pour plus de
précisions). En tapant donc la commande :
> step(Bba)
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 171
nous obtenons les résultats pour une série de différents modèles de plus en plus simples
où les différents termes sont retirés un à un en commençant par l’interaction la plus
complexe (Sex:Site:Year), qui est éliminée, l’AIC obtenu (338,69) s’avérant inférieur à
celui du modèle complet (343,81), puis les interactions plus simples (Sex:Site et
Sex:Year), jusqu’à ce que le retrait des facteurs conduisent à une augmentation de l’AIC
par rapport au précédent. Ci-dessous sont présentés le début et la fin du processus :
Start: AIC=343.81
Bba ~ Sex + Site + Year + Sex:Site + Sex:Year + Sex:Site:Year
Df Deviance AIC
- Sex:Site:Year 4 302.69 338.69
<none> 299.81 343.81
Step: AIC=338.69
Bba ~ Sex + Site + Year + Sex:Site + Sex:Year
Df Deviance AIC
- Sex:Site 7 312.31 334.31
- Sex:Year 1 303.51 337.51
<none> 302.69 338.69
etc.
Step: AIC=332.1
Bba ~ Site + Year
Df Deviance AIC
<none> 314.10 332.10
- Year 1 322.96 338.96
- Site 7 345.43 349.43
Call: glm(formula = Bba ~ Site + Year, family = binomial(link = logit),
data = data)
La dernière ligne présentée ci-dessus donne le meilleur modèle. Suivent des informa-
tions sur les coefficients associés aux différents facteurs que nous n’allons pas utiliser,
ainsi que des messages d’alertes sur la mauvaise qualité des données (on ne fait pas
de miracles). Il s’agit maintenant d’analyser en détail ce meilleur modèle avec la série
d’instructions (pour gagner du temps on peut copier le modèle ci-dessus et le coller
après avoir tapé "Bba2<-") :
La conclusion est donc qu’en ce qui concerne Bba, seuls le site et l’année importent.
Ils expliquent respectivement 100×35,72/358,68 = 10 % et 100×8,86/358,68 =
2 % de la déviance totale. En procédant d’une manière identique pour Bbg, nous
observons qu’aucune des variables n’explique les données alors que pour Bbss, en
plus du site qui explique 28 % de la déviance totale (P-value < 0,001), le sexe des
tique explique 3 % de la déviance (P-value = 0,007). Enfin, pour Bbundet le site seul
explique 15 % de la déviance totale (P-value < 0,001).
Comme je l’ai déjà signalé plus haut, la dispersion des résidus ne suit probablement pas
une loi binomiale et la variance est probablement différente de P/(1 - P). Pour vérifier
cela, il faut calculer le paramètre â = Var(µ )×(1-µ)/µ qui est ici inférieur à 1 (sous-dis-
persion) en particulier pour Bbss. On peut le calculer facilement avec la fonction "qua-
sibinomial" (voir réponse 13). Comme seul Bbss a donné quelque chose de significatif
pour le sexe des tiques, nous allons vérifier cela sur cette bactérie. Sous R, après avoir
chargé le fichier de données si ce n’est déjà fait, nous allons taper les instructions suivantes :
ce qui renvoie au résultat suivant (je ne garde que ce qui est le plus utile) :
Coefÿcients:
Estimate Std. Error t value Pr(>|t|)
(Intercept) -20.31649 1194.11613 -0.017 0.9864
SexM -0.76071 0.31416 -2.421 0.0157 *
SiteCeneri 0.07671 2020.60021 3.80e-05 1.0000
SiteDorenaz 19.46080 1194.11614 0.016 0.9870
SiteEclepens 19.00830 1194.11616 0.016 0.9873
SiteGorges-du-Trient 16.48119 1194.11620 0.014 0.9890
SiteMontmollin 17.47997 1194.11624 0.015 0.9883
SiteNeuchâtel 17.08337 1194.11618 0.014 0.9886
SiteStaadswald 0.10793 1486.92130 7.26e-05 0.9999
---
Signif. codes: 0 *** 0.001 ** 0.01 * 0.05 . 0.1 1
(Dispersion parameter for quasibinomial family taken to be 0.5155861)
Nous voyons donc que le le coefficient de dispersion est petit (0,52), il y a donc bien
sous-dispersion (pour Bba φ = 0,93, il n’y a pratiquement pas de sous-dispersion
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 173
pour cette espèce-ci). Nous voyons également que le sexe des tiques est important
(significatif ) avec une estimation négative pour les mâles (les données partielles,
corrigées des autres effets, sont centrées sur 0). Ceci est vérifiable en tapant la
commande anova(Bbss, test="F") (les modèles quasi se testent avec un F), ce qui
donne :
Sachant que le comportement des modèles quasi en régression logistique peut s’avé-
rer étrange quand l’événement étudié (présence de Bbss) est rare, ce qui est notre cas,
on est en droit de chercher à renforcer ce résultat. En fin de compte, nous cherchons
juste à vérifier si nous n’avons pas plus de Bbss chez les tiques femelles que chez les
mâles, puisque ces borrélies sont spécifiques de petits rongeurs peu dispersants, sup-
posés être davantage parasités par les larves et nymphes femelles que mâles, quel que
soit le site ou l’année. On peut donc calculer parmi les tiques infectées par Bbss, la
proportion de tiques femelles et mâles et comparer cette proportion à ½ par un test
binomial. Sur 34 tiques infestées par Bbss, 26 étaient femelles, ce qui conduit à la
P-valuedutestbinomial(sousR, [Link](26, 34, p=0.5, alternative="greater"))
Pbino_26/34,0.5 = 0,0015, ce qui est équivalent aux résultats précédents. Vous vous
demandez alors pourquoi vous ai-je cassé les pieds avec toutes ces régressions, alors
qu’il était si simple de commencer par le test binomial ? La réponse est simple.
D’abord, il n’est pas inutile d’apprendre à taquiner les régressions linéaires générali-
sées qui servent très souvent et, ensuite, dans une publication, une régression logis-
tique en « quasi-likelihood » va avoir beaucoup plus de classe (en apparence) qu’un
petit test binomial et impressionner beaucoup plus facilement ces referees désobli-
geants qui empoisonnent si souvent nos soumissions d’articles.
Donc Bbss, borrélie d’écureuil en Suisse, est plus fréquente chez les tiques adultes
femelles que mâles, suggérant ainsi une prédisposition de ces femelles à se nourrir
sur cet hôte quand elles sont aux stades larvaire et/ou nymphal.
Figure 43
Début du fichier « [Link] ».
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 175
Figure 44
Menu Link. Dis.
Figure 45
Choix à faire dans le menu de Black et Krafsur.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 177
binomiale) de tirer une seule fois Bbss-Bbg-Bba dans 73 tirages et où la probabilité
de tirer Bbss-Bbg-Bba une fois (un tirage aléatoire) est de 0,00006169, soit
(cf. n’importe quel manuel de statistiques) :
N N!
PBinomiale = p k (1 − p ) p k (1 − p )
(N −k ) (N −k )
= , soit
k k! ( N − k ) !
Tableau 18
Valeurs (moyennes pondérées par les tailles de sous-échantillons) de corrélation entre
la présence de chacune des deux bactéries considérées (ligne 2-2 dans la sortie de Genetix,
colonne R(IJ)) et P-value (test G multi-échantillon de Fstat) correspondante. Une valeur de R(IJ)
positive indique une association positive, alors qu’une valeur négative indique une répulsion.
Cette corrélation est donc très forte. Elle peut être due au fait que les tiques infectées
correspondent à des individus sensibles et que les autres individus sont résistants.
Cette corrélation peut également provenir du fait qu’être infecté par une des trois
borrélies tend à favoriser l’infection par les deux autres (par immunosuppression, par
exemple). Ceci peut être testé en ne regardant que les tiques infectées. La corrélation
existe-t-elle toujours ?
Nous allons donc recommencer la même opération, mais avec un fichier ne contenant
que les tiques infectées par au moins une borrélie (donc sensibles). Le résultat de cette
analyse est présenté dans le tableau 19. L’image qui en ressort est totalement différente
puisque les associations sont presque toutes négatives, témoignant d’une exclusion entre
espèces de borrélies au sein des tiques avec deux exclusions très significatives entre
Bbundet (vraisemblablement composée de Bbg et Bbv) et les deux borrélies les plus
fréquentes Bbss et Bba (R(IJ) ≈ - 0,6, P-value ≤ 0,003). Il y a donc dans les populations
d’I. ricinus des tiques plus sensibles ou plus exposées que d’autres aux borrélies de toutes
espèces où ces dernières s’accumulent. Par contre, au sein de ces tiques plus sensibles, ou
davantage exposées, les différentes espèces de borrélies tendent à « s’éviter », en particulier
Tableau 19
Valeurs (moyennes pondérées par les tailles de sous-échantillons) de corrélation
entre la présence de chacune des deux bactéries considérées (ligne 2-2 dans la sortie
de Genetix, colonne R(IJ)) et P-value (test G multi-échantillon de Fstat) correspondante,
mais avec les tiques infectées par au moins une borrélie uniquement (tiques saines exclues
du test). Une valeur de R(IJ) positive indique une association positive, alors qu’une valeur
négative indique une répulsion.
Dans cette partie, nous rechercherons s’il existe une relation entre la génétique des
tiques et leur probabilité d’infection par chacun des quatre types de borrélies. On peut
répondre à cette question de trois manières. Soit en testant la différenciation génétique
entre tiques infectées et non infectées dans chaque sous-échantillon, soit en testant la
différenciation, dans chaque sous-échantillon, entre tiques infectées par des borrélies
différentes, enfin en procédant à un test de biais de structuration, comme nous l’avons
fait pour le sexe des tiques, mais avec le statut infecté/non infecté à la place.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 179
Figure 47
Exemple des premiers individus du fichier de données
pour tester la différentiation entre tiques infectées (I)
et non infectées (U) par Bbss. Nous voyons ici les tiques de Dorénaz 1996 femelles.
Figure 48
Exemple des cases à cocher pour une analyse de différenciation
par paire d’échantillons, exemple des tiques infectées ou non par Bbss.
Tableau 20
Compilation des résultats obtenus lors de l’analyse de la différenciation entre paires
de sous-échantillons infectés et non infecté par Bbss. La combinatoire est obtenue
par la moyenne non pondérée des FST et un test binomial généralisé pour les P-values.
Vous remarquerez que la combinaison des cinq tests disponibles a été effectuée à
l’aide de la procédure binomiale généralisée de T et al. (2007) effectuée à
l’aide du logiciel MultiTest (D M et al., 2009). En effet, à partir de quatre
tests, je préfère utiliser cette procédure plutôt que le test Z de Stouffer (W,
2005). Pour effectuer ce dernier, chaque P-value individuelle est transformée en son
équivalent de la distribution Z centrée sur 0 et d’écart-type 1. Sous Excel, on tape
=SI(B2="NA";"";SI(B2>0.9999;[Link](0.9999;0;1);[Link].
INVERSE(B2;0;1))). B2 correspond aux coordonnées de la case du tableau Excel où
la P-value à transformer se trouve. Cette commande renvoie une absence de résultat
quand “NA” est rencontré et tient compte du fait qu’une P-value de 1 n’est pas
transformable et la P-value = 0,9999 est choisie comme limite supérieure. Enfin,
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 181
l’équivalent de la P-value en Z centrée réduite de moyenne 0 et d’écart-type 1 est
calculé. Les valeurs Zi obtenues sont ensuite combinées dans la formule (W,
2005) :
∑Z
k
i
Zs = i
, où k est le nombre de tests (= 0,3266 ici).
k
La P-value globale s’obtient ensuite par un retour à la loi normale, soit sous Excel :
=[Link](Zs)(=0,628 ici). Vous trouverez un argumentaire plus
détaillé dans D M et al. (2009) pour les situations où la procédure binomiale
généralisée ou le test Z doivent ou peuvent être utilisés.
Si on procède de la même façon pour Bba et Bbundet, le même type de résultat
émerge, même quand on ne distingue pas le sexe des tiques (échantillons plus
grands) puisque pour ces deux catégories de borrélies, nous avons vu que le sexe des
tiques n’importait pas. Ce résultat est rassurant car, étant donné que les marqueurs
sont non codants (donc neutres) et indépendants, il eut été difficile d’interpréter une
différenciation entre tiques infectées et non infectées, à moins d’évoquer l’existence
d’espèces cryptiques de tiques et une spécificité des borrélies.
Différenciation entre tiques infectées
par différentes borrélies
Ici, il faut ne garder que les tiques infectées et définir comme sous-population les tiques
du même sexe, échantillonnées la même année, dans le même site et ayant le même
statut infectieux. Notons qu’une tique infectée par Bba et Bbss ne fera pas partie de la
même sous-population qu’une tique infectée par Bbss seule. On met ensuite le fichier
au format Fstat et on lance la procédure de FST par paire. Ce faisant, vous constaterez
que la plupart des tests sont infaisables, c’est normal. Les résultats sont compilés dans
le tableau 21. En toute rigueur les tests, qui ne sont pas tous indépendants, devraient
subir la correction de Bonferroni. Cependant, étant donné la faiblesse des échantillons
(manque total de puissance), nous nous abstiendrons de le faire. Le seul FST positif est
obtenu entre Bba et Bbundet, mais il n’est pas significativement plus grand que 0. Eu
égard à la faiblesse des tailles de sous-populations ici, nous décidons que rien ne permet
d’affirmer l’existence d’une différence génétique entre tiques infectées par différentes
bactéries et rien ne permet de l’exclure formellement au moins pour ce qui concerne
le couple Bba/Bbundet. S’il existe des races d’hôtes chez I. ricinus, ce n’est pas avec ces
données qu’on peut le montrer.
Biais de structuration spécifique associé au pathogène
Ici, il faut reprendre les données pour chaque espèce de bactérie et créer un fichier de
type Genepop comme ce qui a été fait en p. 147-150, sauf qu’ici les tiques sont distin-
guées en fonction de leur statut infectieux et non par leur sexe, tel que dans la
figure 49. Notons que nous ne traitons que les sites prélevés en Suisse et où au moins
une tique infectée est trouvée. Parce qu’il y a un biais de structuration sexe-spécifique,
ainsi que des différences d’infection, les femelles et les mâles sont analysés séparément.
Cependant, parce que la taille des échantillons est très faible (peu de borrélies trouvées
et identifiées), nous combinerons le tout dans un seul fichier (gain de puissance). On
prendra soin de distinguer les tiques d’années et de sexe différents comme appartenant
à des populations différentes (séparées par un “pop” dans le fichier).
Quand le fichier est constitué, il faut ensuite lancer Fstat et cliquer sur le menu
“Biased dispersal”. La fiche correspondante apparaît alors. Il faut ensuite charger le
fichier à analyser en cliquant le menu “File” et “Open” et cocher les cases comme en
figure 50 puis sur le bouton “Go!”. Pour une raison que j’ignore, il faut cocher tous
les paramètres si on souhaite obtenir le résultat du test sur Hs, en particulier FIS et
Ho qui ne sont guères utiles ici, car nous avons codé les mâles homozygotes pour
IR08.
Le résultat est contenu dans un fichier de type [Link] (un fichier par
espèce de borrélie). Le résultat principal concerne le test du FST (et aussi la rela-
tedness, ce qui est normal si on regarde sa définition dans la documentation de Fstat)
et est présenté dans le tableau 22.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 183
Figure 49
Type de données pour le test de biais de structuration pathogène spécifique.
Les tiques infectées sont notées avec un I et les saines avec un U.
Se référer à l’aide de Fstat pour plus de détails sur la constitution d’un tel fichier.
Il est important de ne pas oublier que les allèles doivent être à deux chiffres
et que les colonnes sont séparées par des espaces et non des tabulations.
Tableau 22
Résultat du test basé sur le FST de biais de structuration génétique
pathogène spécifique des tiques pour les différentes espèces de borrélies
pour lesquelles assez de données étaient disponibles (Bbg exclue).
On remarque une structuration significativement plus forte
pour les tiques infectées (I) par Bba par rapport aux tiques
non infectées par cette borrélie (U).
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 185
La première est que les tiques mâles et femelles qui en principe n’ont pas la même
dispersion (les femelles dispersent en principe peu ou pas, cf. p. 147-153) ne sont
pas infectées différemment par Bba (p. 173). Par ailleurs, c’est le partenaire le plus
mobile des deux qui doit en théorie être le mieux adapté localement (G
et al., 1996 ; G, 2002). Or ici, les tiques sont modestement structurées
alors que l’on pense que les borrélies le sont beaucoup plus (Q et al., 1997).
C’est donc l’hôte (la tique) qui devrait être adapté localement et non l’inverse.
La quatrième hypothèse implique une survie plus faible des tiques migrantes quand
ces dernières sont infectées par Bba. Comme les tiques femelles sont moins mobiles
que les mâles, ce sont ces derniers qui devraient être les plus affectés par ce phéno-
mène. Ceci est testable en refaisant l’analyse sur les tiques femelles et mâles séparé-
ment. Cela suppose une survie au stress moins bonne des larves et/ou nymphes
infectées par Bba.
La cinquième hypothèse est la plus séduisante. Elle implique une manipulation des
larves et nymphes par la borrélie. Cette borrélie est spécifique de petits rongeurs. Il
est donc plus intéressant pour elle d’être injectée dans un petit rongeur, peu disper-
sant, que dans un oiseau ou un grand mammifère, hôtes beaucoup plus mobiles. Les
Bba capables de manipuler les tiques qu’elles infectent de sorte que ces dernières
préfèrent se fixer sur un petit rongeur plutôt que sur d’autres hôtes seraient donc
avantagées. Cette hypothèse est testable en laboratoire, mais cela n’a malheureuse-
ment jamais été fait. Cela implique aussi, comme pour l’hypothèse précédente, que
les femelles, déjà très peu mobiles, seront moins affectées par le biais de structuration
Bba-spécifique que les mâles.
0,4
0,35
0,3
0,25
FST
0,2
0,15
0,1
0,05
- 0,05
Femelles infectées Femelles saines Mâles infectés Mâles sains
Figure 51
Différence comparée entre tiques mâles et femelles du FST mesuré
entre tiques infectées par Bba et celles qui ne le sont pas.
infectées et non infectées chez les femelles et les mâles. Le fichier à tester contiendra
donc les différences des différences appariées : (FSTMI-FSTMU)-(FSTFI-FSTFU). Le test
unilatéral (FSTMI-FSTMU>FSTFI-FSTFU) montre que la différence n’est pas significa-
tive, même si la P-value reste relativement faible (0,17). Ceci illustre les limites de
notre jeu de données (beaucoup trop de données manquantes).
CONCLUSIONS
SUR LES BORRÉLIES
ET I. RICINUS EN SUISSE
Au cours de nos analyses, nous avons constaté que Bbss, borrélie d’écureuil, était
plus souvent retrouvée chez les tiques mâles que femelles, ce qui est attendu si,
comme le suggérait le biais de dispersion sexe-spécifique détecté chez ces tiques,
les larves et nymphes femelles préfèrent se nourrir sur des rongeurs (peu disper-
sants). Rien de tel n’a pu être trouvé pour Bba pour laquelle ceci était attendu
également, peut-être parce qu’une certaine quantité de tiques infectées par cette
borrélie fait partie du stock Bbundet. Quant à Bbg, trop rarement détectée,
d’autres études seront requises afin de déterminer si, comme attendu, elle est plus
souvent retrouvée chez les tiques mâles.
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet 187
Certaines tiques sont plus sensibles ou plus exposées à l’infection par les borrélies en
général, comme l’attestent les fortes corrélations positives observées sur les co-occur-
rences des trois espèces Bbss, Bba et Bbg. En se concentrant sur ces tiques sensibles
(infectées par au moins une borrélie), il y a un évitement manifeste. Les corrélations
deviennent toutes négatives, exception faite de l’association Bbss×Bbg, pour qui le
faible nombre de Bbg détectées rend les choses difficiles à interpréter, et très signifi-
catives pour les couples Bba×Bbundet et Bbss×Bbundet. Cette dernière observation
peut laisser spéculer que ces borrélies indéterminées soient majoritairement des
borrélies d’oiseaux (Bbg et Bbv) très déficitaires dans notre jeu de données. Dans ce
cas, nous pourrions proposer que les larves et nymphes sensibles se subdivisent en
tiques ne se nourrissant que sur une gamme limitée d’hôtes réservoirs de borrélies
spécifiques. Tout dépend de l’identité spécifique de ces Bbundet. Les données ne
permettent pas d’exclure l’existence d’une telle spécificité en races d’hôtes. La mani-
pulation de la spécificité des tiques par les borrélies ne peut pas non plus être exclue.
C’est aussi cette manipulation qui expliquerait le biais de structuration des tiques
infectées par Bba. D’une manière générale, on ne peut que regretter le nombre de
données manquantes qui limite nos conclusions mais aussi remarquer que, malgré
cela, de nombreuses perspectives nouvelles de recherche ont émergé qui illustrent la
puissance des outils offerts par la génétique des populations.
INTRODUCTION
Ce jeu de données a fait l’objet d’un article (B et al., 2009). Il permettra de
réviser plusieurs notions et de mettre en pratique de nouvelles méthodes d’analyse
telles que l’isolement par la distance entre individus. Comme pour les tiques, ce jeu
de données est téléchargeable, mais dans un format différent. Ce fichier s’appelle
“TsetseJerCoordGeo&Trap&[Link]”. Dans ce chapitre, nous ne détaille-
rons que les analyses nouvelles et irons la plupart du temps très vite sur les notions
déjà illustrées dans le précédent chapitre.
Les trypanosomoses africaines figurent parmi les plus sérieuses des maladies tropicales
négligées (S et K, 2008). L’OMS estime que le nombre total de cas de
maladie du sommeil avoisine les 300 000 personnes (WHO, 2006a). Par ailleurs,
d’après la FAO, le coût économique des trypanosomoses animales (nagana) atteint
4,74 milliards de dollards US par année (FAO, 2000). En 2001, plusieurs pays afri-
cains ont lancé le Pan African Tsetse and Trypanosomosis Eradication Campaign
(PATTEC) afin d’établir une lutte concertée contre cette plaie à l’origine de nombreux
problèmes de faim, d’appauvrissement et de frein au développement d’une agriculture
durable dans les zones rurales d’Afrique subsaharienne ([Link]
Structure_of_the_Commission/[Link]). Glossina palpalis s.l. (une des espèces
de mouches tsé-tsé) est un des plus importants vecteurs de trypanosomoses humaine
et animales en Afrique de l’Ouest. En Guinée, la sous-espèce Glossina palpalis gambien-
sis (Gpg) transmet la maladie du sommeil avec une prévalence relativement élevée
(C et al., 2005). Au Burkina Faso, c’est un vecteur majeur de nagana, en parti-
culier dans le bassin de la rivière Mouhoun où se situent les échantillons que nous
allons analyser (B et al., 2006). La connaissance des schémas de dispersion et de
tailles de populations est un pré-requis nécessaire au développement d’une lutte raison-
née pour le contrôle des populations de vecteurs (T et B, 1995). Pour
les mouches tsé-tsé, comme pour les autres espèces de vecteurs, les estimations directes
par marquage-recapture sont fastidieuses et coûteuses et pas nécessairement très fiables
dans le cas des mouches tsé-tsé (T et C, 2007). Comme nous allons
189
2(T16)
D 1
3
3
Mouhoun river 2
2
Boromo
1(T10)
1
Bobo
Dioulasso
C 1
3
3
1 2
3
1
1(T1)
N H
0 1,5 km
0 15 30 km A
1 1(T20)
1(T18)
1 2
A
1
2
1(T11) 2
1(T18) 11
1
1(T13) 2 1 2
0 1,5 km 1 11 2
1 1
3 3 1
3(T1)
2 1
1 2(T9)
4 2 3(T11)
4 1
4 1 1 River course
1 3
2 2 3
1(T1) Swamp forest
2 1(T1) 1221
Trapping sites
Figure 52
Les quatre zones d’échantillonnages (A, H, C et D)
et la localisation précise de chaque piège
dans chaque zone de captures de Gpg le long du Mouhoun.
Pour chaque piège (bicone bleu), le nombre
de glossines génotypées est donné.
Le rang des pièges de chaque zone est donné
entre parenthèses pour les premier, dernier pièges
et intermédiaire (d’après BOUYER et al., 2009).
PREMIER RECODAGE
DES DONNÉES
Les données brutes se présentent comme dans le tableau 23. La première colonne
indique le site de prélèvement (A, H, C ou D, comme dans la figure 52). Les deu-
xième et troisième colonnes correspondent aux coordonnées GPS des pièges suivies
du nom du piège en quatrième colonne, du sexe et du nom des individus glossines
génotypés en colonnes cinq et six respectivement. Suivent les génotypes des allèles
aux sept loci étudiés avec une colonne par allèle et donc 14 colonnes (colonnes 7
à 21). Vous remarquerez que les loci liés à l’X possèdent cette lettre dans leur nom
(comme pour PgpX11, par exemple) et que les mâles ont été codés homozygotes
pour ces loci, ce dont il faudra se souvenir au moment de tester la panmixie. Les
données manquantes sont, quant à elles, codées par des “0”. Pour tous les tests liés
à l’hétérozygotie locale, il faut créer un second fichier “TsetseJerCoordGeo&Trap&
[Link]” où les mâles sont manquants aux loci liés à l’X.
Ensuite, nous allons utiliser un nouveau logiciel très pratique qui peut convertir
facilement nos deux fichiers dans des formats variés, y compris pour les programmes
dont nous avons besoin. Ce programme s’appelle Create v 1.1 (C et al.,
2008). Vous lancez Create et remplissez la fiche comme dans la figure 53.
Quand vous sélectionnez le fichier Excel, le programme vous demande dans quelle fiche
Excel12 se trouvent les données. Cliquez sur celle qui convient (la 1 en principe). Cliquez
ensuite sur “Proceed”. Le programme vous demande de vérifier qu’il a bien pris en
compte ce qu’il fallait en vous montrant l’exemple du premier individu. Répondez oui si
ça colle. Un second menu apparaît qu’il vous faut remplir comme en figure 54. Vous
obtenez ainsi quatre fichiers, deux pour les données en format Genepop et Fstat, et deux
pour le nom des populations. Faites la même chose pour “TsetseJerCoordGeo&Trap&S
[Link]”. Nous allons dans un premier temps tester les déséquilibres de
liaison avec “[Link]” et les FIS avec “DataTsetseMouhoun
[Link]”, fichiers Fstat que vient de créer Create. Vous pouvez renommer
ces fichiers avec des noms moins longs. Vous pouvez aussi éditer les fichiers *.lab et sup-
primer les colonnes supplémentaires qu’a créé Create (je ne sais pas pourquoi il fait ça)
12
On peut aussi charger un fichier de données au format texte seul.
192
Extrait du jeu de données brutes des génotypes des individus Gpg capturées le long de la Mouhoun. Le tableau est tronqué pour les derniers loci.
Notez qu’un locus occupe deux colonnes.
Site Longitude Latitude Piège Sexe Individu PgpX11 PgpX11 PgpX13 PgpX13 Pgp24
Site Longitude Latitude Piège Sexe Individu PgpX11 PgpX11 PgpX13 PgpX13 Pgp24
193
Figure 53
Fiche Menu pour Create pour convertir le fichier
de données brutes de mouches tsé-tsé de la Mouhoun au format désiré.
Figure 54
Second menu de Create pour convertir les données en format Fstat et Genepop.
PREMIÈRES ANALYSES :
INDÉPENDANCE
ENTRE ALLÈLES
DANS ET ENTRE LOCI
Déséquilibres de liaison au sein des quatre zones
Test de la panmixie
dans les quatre zones d’échantillonnage
ANALYSE
PAR MICRO-CHECKER
Il faut ici traiter les femelles seules pour les loci hétérosomaux du site A (un fichier
de plus), pour les autres sites il n’y pas de problème (pas de mâle). En passant par
Create, vous transformez vos deux fichiers Excel en format Micro-Checker, le pre-
mier pour les loci liés à l’X en A, le second pour toutes les données (et on ne regar-
dera pas le résultat des loci liés au sexe en A). Lancez micro-Checker. N’oubliez pas
de préciser le pas de mutation correct. Bon je vous aide, mis à part BX104 et GpCag
(mononucléotides) et C102 (trinucléotides), tous les loci sont dinucléotidiques. Les
analyses montrent que les allèlles nuls expliquent très bien tous les résultats, y com-
pris pour les mâles. En effet, pour les femelles et loci autosomaux de A, et pour tous
les loci en H, C et D, il y a plus de blancs observés qu’attendus par la méthode de
Brookfield. Pour les loci liés à l’X chez les mâles du site A, les différences ne sont pas
significatives. Il semble même y avoir du « stuttering » pour le locus C102 en D.
Cependant, l’effet Wahlund ne peut non plus être totalement écarté, ainsi que nous
allons pouvoir le vérifier. Vous pourrez aussi vérifier qu’il ne semble pas exister de
dominance d’allèles courts ici.
Vous pouvez tester en zone A s’il existe un biais de structuration spécifique au sexe
entre pièges, à titre d’exercice, et constater qu’il n’y a aucune signature d’un tel
> data<-[Link]("[Link]",header=TRUE)
> attach(data)
> [Link](data$Blancs, data$Fis, alternative="greater",
method="spearman")
0,1
0
- 0,1
- 0,2
- 0,3
0 2 4 6 8 10 12 14
Nombre de blancs
Figure 55
Corrélation entre nombre de blancs observés et valeur du FIS par locus et piège-site.
Clusters BAPS
Ici, en ce qui concerne mon analyse, les clusters trouvés par BAPS semblent expli-
quer une très grande partie du déficit en hétérozygotes, voire la totalité, puisque
nous passons d’un FIS = 0,175 à un FIS = 0,031 non significativement différent de 0
cette fois (~ panmixie locale). Il semble donc bien que l’effet Wahlund soit respon-
sable de la plus grande part du déficit en hétérozygotes. Il semble aussi que les pièges
eux-mêmes capturent des mouches issues de voisinages différents puisque le FIS
intra-piège, même s’il baisse, reste fortement positif. La correspondance entre les
clusters BAPS et pièges est à cet égard mauvaise (vérifiez-le), même s’il arrive fré-
quemment que des mouches du même piège se retrouvent dans le même clus-
ter BAPS. Les allèles nuls jouent peut-être, quant à eux, un petit rôle également,
comme semblent le montrer les analyses de MicroChecker et de corrélation avec le
nombre de blancs. Cependant, une régression du nombre de blancs trouvés dans les
2
α
-1
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000
Distance géographique (en m)
Figure 57
Représentation graphique de l’isolement par la distance
entre individus des mouches tsé-tsé le long du Mouhoun en zone A.
Nous avons maintenant besoin d’estimer des effectifs efficaces pour essayer d’obtenir
une idée (mais ce sera à la louche) des densités.
b Nb DÞ² P-value
Effectifs efficaces
Les seules méthodes disponibles ici sont celles basées sur l’hétérozygotie et les
déséquilibres de liaison, où nous serons obligés de considérer l’absence d’allèles
nuls et d’effet Wahlund. Ces phénomènes (que nous savons probables pour ces
échantillons de mouches tsé-tsé) auront tendance à produire des surestimations
de Ne pour les méthodes basées sur l’hétérozygotie, et des sous-estimations pour
les méthodes basées sur les déséquilibres de liaison. Nous utiliserons trois
méthodes. La méthode d’identité intra et inter locus de Vitalis et Couvet
(V et C, 2001a, b, c) est implémentée par le logiciel Estim qui
accepte le format Genepop pour le fichier de données. La méthode des déséqui-
libres de liaison de B et al. (1992) est modifiée comme décrit dans l’aide
du logiciel NeEstimator. La méthode des excès en hétérozygotes se fait très sim-
plement en utilisant l’estimateur de Weir et Cockerham du FIS dans la for-
mule Ne = 1/(- 2FIS) - FIS/(1 + FIS) (B, 2004) qui ne donne bien entendu
un résultat valide que si FIS < 0.
Pour ce faire, les effectifs par piège étant bien insuffisants, nous allons devoir
regrouper les mouches de différents pièges en fonction de leur proximité (voir
fig. 52). Ceci ne va pas arranger l’effet Wahlund, mais nous n’avons pas le choix.
Ces regroupements sont synthétisés dans le tableau 27 (trois premières colonnes).
Les pièges isolés ne contenant qu’une seule mouche ne sont pas représentés dans
ce tableau. Vous pouvez essayer avec une autre stratégie de regroupement pour
vérifier si on retrouve des valeurs équivalentes. Pour Estim, il faut recoder les
données de départ au format Genepop, avec données manquantes pour les mâles
aux loci hétérosomaux, et les regroupements du tableau 27. Pour NeEstimator
Tableau 27
Stratégie de regroupements par piège de Gpg le long du Mouhoun,
en se basant sur la figure 52 et estimation des effectifs efficaces.
Les résultats sont donnés pour les trois méthodes utilisées
pour des résultats autres que l’infini, 0 ou NA (not available) (cases vides).
Le nombre d’individus génotypés par piège est donné (NTraps).
tout à fait dans les critères orthodoxes de cette méthode. Il vaut mieux considérer
chaque zone (A, H, C, D) séparément, car cela influence les résultats (comme vous
pourrez le vérifier). Notez que la stratégie de regroupement diffère quelque peu de celle
de l’article de B et al. (2009) avec des résultats légèrement différents. On peut
donc charger le fichier contenant tous les groupes de pièges de la zone A dans Estim.
Mon fichier s’appelle “[Link]”. N’oubliez
pas de supprimer les pièges isolés ne contenant qu’une mouche, car Estim ne va pas
apprécier. On lance donc Estim et on charge son fichier. Pour qu’il apparaisse, on tape
*.gen dans la case appropriée comme dans la figure 58 ou alors on change l’extension
du fichier de .gen à .txt et on clique dessus deux fois.
Ensuite, on appelle la commande “Identity measures” du menu “Analysis” (fig. 59).
On obtient alors une fenêtre résultat dont on fait descendre le curseur pour pouvoir
enregistrer (cliquer sur “Save”) (fig. 60). Je l’ai enregistrée sous le nom “[Link]”
Cliquez ensuite sur l’option “Ne inferences” du menu “Analysis” et sauver en gardant
le même nom, car ces nouveaux résultats sont écrits à la fin de la fenêtre précédente.
Vous pouvez ouvrir le fichier résultat avec un éditeur de texte. Recommencez la même
opération pour chacune des zones restantes. Les résultats sont que seules deux collec-
tions de pièges donnent des valeurs exploitables : le piège 8 de la zone A (Ne = 3,19,
m = 0,27) et le groupe de pièges (16, 17) de la zone H (Ne = 2,08, m = 0,55) (tabl. 27).
La méthode de Waples et Do, pour laquelle il suffit de charger le fichier Genepop
avec toutes les données en appuyant sur le bouton “Search”, ne donne aucun résultat
ici (pas d’estimation possible) comme c’est très souvent le cas, mais la plupart des
limites inférieures paramétriques disponibles indiquent de très faibles valeurs de Ne.
Néanmoins, et sans garde-fou solide pour la méthode implémentée, il faudra bien
garder à l’esprit qu’on aura peut-être ici des valeurs très sous-estimées par la méthode
des déséquilibres de liaison de Bartley. La méthode des déséquilibres de liaison de
Bartley est implémentée par NeEstimator comme pour les tiques (un fichier par
groupe de piège ici) (voir p. 160-164 dans la seconde partie de ce manuel). Enfin,
Figure 60
Cadre de première sortie et de création du fichier de sauvegarde de l’analyse par ESTIM.
Densités efficaces
Nous allons utiliser une autre méthode que celle de B et al. (2009), pour
changer. Nous allons simplement pour chaque méthode prendre l’effectif efficace
moyen par piège (pondéré pour le nombre d’individus et de pièges) Ne et diviser
cette valeur par la distance minimale (en m) entre deux pièges (tabl. 28). Cette dis-
tance minimale se trouve en zone A (facile à trouver dans le fichier que vous avez
créé pour la figure 56) et est de Dmini = 71 m. Le calcul de pondération est assez
particulier. Pour ce faire, j’ai multiplié le Ne par le nombre d’individus Nind capturés
dans les pièges correspondants : NeP = Ne × Nind. Pour chaque Ne, j’ai calculé le
produit du nombre de mouches par le nombre de pièges correspondant npièges :
NP = Nind × npièges. J’ai ensuite fait la somme des NeP = ∑NeP et des NP = ∑NP.
L’effectif efficace moyen est ensuite calculé par le rapport de ces deux valeurs.
Ne = ∑N eP
∑N P
La densité Dc est ensuite obtenue en divisant cette valeur par Dmini = 71, ce qui permet
ensuite de déduire les dispersions Þ à partir des valeurs de DÞ² du tableau 26 :
Dσ 2
σ=
Dc
On comprend bien que les valeurs obtenues (tabl. 28) ne pourront être que très
approximatives.
Par conséquent, à partir des données génétiques et de leur analyse (isolement par la
distance) et de calculs de densités efficaces, nous pouvons inférer que le long du
Mouhoun les tsé-tsé ont des densités comprises entre 12 et 176 mouches par km et
une dispersion (distance entre adultes reproducteurs et leurs parents) comprise entre
131 m et 1 620 m. Ces inférences sont remarquablement convergentes avec celles
du papier de B et al. (2009) (tabl. 29) et donc avec les données issues de mar-
quage-relâchage et recapture (MRR) de tsé-tsé marquées en zone A. Dans la mesure
où la stratégie de regroupement fut ici légèrement différente, de même que le choix
de calcul des densités, ce résultat confirme la robustesse des résultats du papier. La
convergence avec les données de marquage-recapture souligne également l’efficacité
des outils de génétique des populations, en particulier la méthode de R
(1997) pour estimer DÞ².
Ne
Zone Estim Bartley Balloux Dmini (m)
Þ (dispersion)
Zone Estim Bartley Balloux
A 131 244 179
H 1 459 421
C 1 222
D 1 620 537
Conclusions : isolement
par la distance intra-zone (rolling on the river)
Nous avons bien mis en évidence une sous-structure au sein des zones A, H, C et D. Le
fait que les déficits en hétérozygotes persistent au sein de chaque piège, auquel s’ajoute
la non-correspondance parfaite entre clusters BAPS et pièges alors qu’un isolement par
la distance existe bel et bien, plaide pour deux interprétations complémentaires. Il
semble bien y avoir quelques allèles nuls, mais ces derniers n’expliquent qu’une faible
partie des déficits en hétérozygotes observés. L’effet Wahlund explique probablement la
majeure partie des déficits. Il provient de deux causes. La première est inhérente aux
systèmes d’isolement par la distance, d’une nature plus ou moins continue, et de la
nature nécessairement discrète du piégeage des tsé-tsé. La seconde raison, qui dépend de
Site DÞ² Dc Þ
A 776,277 0,033 153
H 31 210,986 0,128 493
C 39 936,102 0,036 1053
D 30 413,625 0,086 596
All 29 02,421 0,071 574
MRR 0,2 [1 245, 2 392]
DIFFÉRENTIATION ENTRE
LES QUATRE ZONES
Analyse HierFstat
du jeu de données total partitionné par BAPS
Nous savons qu’une différenciation existe bien à une mini (voire micro) échelle à l’inté-
rieur de chacune des zones A, H, C et D. Nous devons donc tenir compte de ce niveau
de structuration à micro-échelle avant d’estimer et tester l’existence d’une différencia-
tion entre zones. Cette information est utile, car elle pourrait permettre d’estimer le
temps nécessaire à une recolonisation d’une zone éliminée par la zone la plus proche.
Nous allons devoir utiliser HierFstat une nouvelle fois. Considérant que les regrou-
pements définis par BAPS pourraient mieux regrouper les individus de la même
unité populationnelle par rapport aux pièges et pour faire autre chose que dans le
papier initial, nous allons prendre comme niveau le plus imbriqué les clusters BAPS
de chaque zone définis en p. 199. Le niveau suivant sera la zone (A, H, C, D) et
enfin la totalité. Il y aura ainsi quatre niveaux définis avec leur F, l’individu (FIS), le
Comprendre le manque
de structure inter-zones avec un peu de théorie
Quand nous avons, comme c’est le cas ici, quatre niveaux hiérarchiques (indivi-
dus, sous-populations, archipels et totalité), quatre paramètres d’identité peuvent
être définis : Qi, la probabilité que deux allèles d’un locus d’un individu pris au
Qi Qa
Individu
Total
Archipel
QS QT Sous-population
Figure 61
Représentation schématique d’une population structurée en quatre niveaux hiérarchiques,
individu, sous-population, archipel et population totale (d’après ROUGERON et al., 2009).
Qs − Qa
FSA = 1 −Q
a
Qi − Qa
FIA = 1 − Q
a (66)
F = Qa − QT
AT 1 − QT
F = Qs − QT
ST 1 − QT
F = Qi − QT
IT 1 − QT
Si nous nous concentrons maintenant sur les indices de fixation qui reflètent la dif-
férenciation génétique entre sous-populations du même archipel et entre archipels,
il n’y a alors plus que FSA et FAT qui nous intéressent. Si pour une raison quelconque,
Qa est très petit (migration très faible entre sous-populations), il est alors facile de
voir par l’équation (66) que FSA sera très grand (~ Qs si Qa ~ 0). Si la migration est
très faible entre sous-populations d’un même archipel, il est alors probable que celle
entre archipels soit au moins aussi faible et donc que QT ~ 0 et FAT ~ Qa. À partir
de là, il est facile de voir que, quand la différenciation est extrême entre les sous-
populations celle-ci sera nécessairement faible (en apparence) entre archipels. En
Pour effectuer ces simulations, nous allons utiliser Easypop v 2.0.1 (B, 2006,
mise à jour de B, 2001). Le problème avec les simulations, c’est de choisir un
jeu de paramètres pertinent, car il y a une infinité de combinaisons possibles. Pour
limiter notre travail, nous allons utiliser encore une fois les résultats de l’article de
R (1997) où l’on peut lire que dans un dispositif en une dimension on peut
démontrer que, si N est le nombre d’individus d’un dème, m la proportion de
migrants, De la densité efficace d’individus par km², Þ la dispersion efficace (dis-
tance entre individus reproducteurs et leurs parents) et la distance entre deux
dèmes adjacents :
Nmε = Deσ 2 (67)
La distance entre deux dèmes sera :
De σ 2
ε= (68)
Ne m
En explorant les possibles (qui collent le mieux aux données), on peut obtenir
DeÞ² = 700, N = 30 et m = 0,5 et donc = 50. Ce qui voudrait dire que la distance
entre deux dèmes serait de l’ordre de 50 m. On va donc supposer que nos estima-
tions étaient les meilleures dans la zone A et que nous y avons sous-estimé la taille
des sous-populations. La distance entre les zones A et H est d’environ 70 km. Ces
zones font environ 3 km chacune et nous allons simuler deux zones de même nature
de 3 000 m, soit 3 000/50 ( = 50, distance entre deux dèmes), 60 sous-populations
chacune environ, séparées de 70 km, soit 1 400 sous-populations environ. Nous
avons donc besoin de simuler 1 520 populations de taille 30 et échangeant
0,5 proportion de migrants dans un « stepping-stone » en une dimension.
13
Dans un modèle en « stepping-stone » ouvert, les populations marginales ne reçoivent des migrants que des
sous-populations qu’elles touchent (une seule en une dimension), alors que les sous-populations centrales
reçoivent des migrants de tous les côtés.
Nous pouvons remarquer que le FIS est négatif, ce qui est normal puisque nous avons des
sexes séparés. Ensuite, on a un fort FSZ et un FZT beaucoup moins fort, comme prévu,
mais cependant beaucoup plus important que celui observé entre zones pour nos données
réelles de tsé-tsé. Nous allons refaire un fichier HierFstat en prenant deux zones adjacentes :
sous-populations 5-15-25-35-45-55 (Zone 1) et 65-75-85-95-105-115 (Zone 2).
On diminue certes de beaucoup le FZT, mais pas autant que celui avec les sous-
groupes définis par BAPS. Les clusters BAPS ne sont donc sans doute pas très au
point. Il reste d’ailleurs un FIS > 0 dans les clusters au lieu d’un excès. Il se peut donc
que d’une part un effet Wahlund, combiné à des allèles nuls ainsi qu’à un isolement
encore trop récent entre zones, expliquent le manque de différenciation observé
entre zones, alors que l’on sait que les passages de mouches d’une zone à l’autre sont
quasi impossibles (en principe). En fait, une analyse HierFstat en prenant les pièges
comme sous-populations donne :
CONCLUSIONS
Le jeu de données que nous allons analyser maintenant fait partie d’un projet finalisé
en 2010 et publié dans quatre articles (K et al., 2006a ; K et al., 2006b ;
C et al., 2007a, b ; D M et al., 2010). Nous allons refaire une partie
de ces analyses et en ajouter quelques-unes. Nous pouvons ajouter ici que l’extrac-
tion d’ADN s’est montrée extrêmement délicate chez cette espèce et que nous avons
dû travailler en aveugle (en ignorant s’il y avait effectivement des molécules dans nos
extraits) avant d’obtenir les profils (pics). J’ai jugé cette précision importante pour
les collègues qui décideraient de se lancer dans le génotypage de cette espèce. Notons
que l’espèce Rhipicephalus microplus était communément nommée Boophilus micro-
plus avant d’être remise en synonymie avec son nom actuel (M et B,
2003). Le fichier de données se nomme “[Link]”.
Rhipicephalus microplus est une tique dure originaire du Sud-Est asiatique (Indonésie,
Malaisie, Inde) (L et al., 2009). Cette tique a colonisé les zones intertropicales
du monde entier en suivant l’introduction des bovins d’élevage et est aujourd’hui
devenue une peste majeure des élevages de races européennes dans les agro-écosys-
tèmes tropicaux et subtropicaux (F, 1999 ; J et U, 2004).
Rhipicephalus microplus est considérée comme la tique la plus importante du monde
du point de vue économique (G et al., 2006) en y étant responsable de
pertes de production directes (perte de poids par spoliation sanguine, surinfections
et transmissions de maladies), ainsi qu’indirectes de par l’utilisation massive d’acari-
cides comme moyen de lutte (F, 1999 ; C et al., 2007b). Ajoutons
que les coûts indirects se voient aggravés par l’évolution récurrente et extrêmement
rapide de résistance aux différentes molécules utilisées dans les différentes parties de
son aire de distribution (F, 1999 ; C et al., 2007b). Cette tique est
dite monophasique, c’est-à-dire qu’elle accomplit son cycle de mues sur un seul
individu hôte (en théorie). La femelle gravide, une fois son repas sanguin achevé,
tombe au sol et meurt en libérant quelques milliers d’œufs sur le sol (environ 3 000)
(G et M, 1999). Les larves qui éclosent attendent un hôte (un bovin
217
préférentiellement) pour s’y fixer et effectuer un premier repas sanguin, pour ensuite
muer en nymphe sans quitter l’individu hôte et muer encore, après un second repas
sanguin, en adulte. Le gardiennage pré-copulatoire peut s’établir dès que les femelles
sont au stade nymphe (F-V et al., 1994), mais semble inefficace à empêcher
les paternités multiples (C et al., 2010). Après fécondation, les femelles se
gorgent et se détachent ensuite de l’hôte pour tomber au sol et y mourir en y laissant
leurs œufs. Bien que plutôt spécifique du genre Bos (O et al., 1999), on
retrouve également R. microplus sur quelques autres hôtes (surtout Bovidae)
(H et A, 1982), ainsi que sur le cheval (U et al., 2008) et
sur le cerf rusa en Nouvelle-Calédonie (D M et al., 2010).
En Nouvelle-Calédonie, l’espèce R. microplus a été introduite à partir de quelques
individus en provenance d’Australie en 1942 (V, 1944 ; R et V,
1959), à la suite de quoi une quarantaine stricte a été instaurée. L’absence de l’espèce
avant cette date et l’unicité de l’introduction est bien documentée (B, 2004)
et son origine australienne confirmée par analyse phylogénétique de l’ADN mito-
chondrial (L et al., 2009). Rhipicephalus microplus a ensuite rapidement
colonisé tous les élevages de Bos taurus de l’île et est devenue résistante à tous les
acaricides utilisés contre elle depuis (D et al., 2005 ; C et al.,
2007b). Elle semble aussi commencer à s’adapter à un nouvel hôte, le cerf rusa
(B et al., 2001 ; D M et al., 2010), lui même envahissant en Nouvelle-
Calédonie, mais ceci est une autre histoire que nous n’aborderons pas ici.
Plusieurs questions se posent que la génétique des populations peut aborder sous un
certain angle. Nous avons pour ce faire réalisé un échantillonnage, datant de 2003,
de 698 tiques adultes prélevées sur vaches et génotypées au niveau de six loci (deux
loci ont été rejetés, car donnant des résultats aberrants ; voir K et al., 2006a)
dans huit élevages répartis sur l’île (fig. 62).
Le cycle spécial de cette tique permet de prédire une forte consanguinité à l’intérieur
des individus hôtes due à la colonisation massive par une ou plusieurs pontes de
tiques (frères et sœurs de la même ponte hautement apparentées entre elles et hété-
rogènes entre pontes différentes). On s’attend donc à une forte homozygotie relative
moyenne intra-hôte (fort FIS), mais très variable d’un hôte à l’autre (en fonction du
nombre de fratries présentes) corrélée à une forte hétérogénéité inter-hôte dans
chaque élevage (fort FSE, avec S pour sous-population et E pour élevage). On com-
prend qu’ici, c’est l’individu hôte qui caractérisera la sous-population de tique ou,
pour suivre la terminologie parasitologique, l’infra-population de tiques au sein de
laquelle nous attendons une consanguinité importante.
Cette forte consanguinité conduit-elle à un biais de dispersion spécifique au sexe
(P et D M, 2002) ou/et à un évitement des conjoints apparentés ?
La diffusion apparemment rapide de la résistance (mais voir C et al.,
2007b) peut-elle être expliquée par les capacités dispersives de cette tique ?
O
L
YN
PN
G
N
ÉS
Java
IE
Samoa
Îles Cook .
Î
Nouvelle- Tonga
Calédonie
Austr
AUSTRALIE
OCÉAN
160° E
Koumac
Kaala-Gomen
Canala
Pouembout 106
Sarraméa
Poquereux
24
Bourail
107
117
166
Gadji Païta
0 100 200 km 71
Nouméa
Figure 62
Sites et nombres de Rhipicephalus microplus adultes échantillonnées sur bétail
en Nouvelle-Calédonie en 2003 et génotypées aux six marqueurs microsatellites.
ANALYSE
DE LA CONSANGUINITÉ
RELATIVE INTRA-HÔTE
Ce que nous allons rechercher ici, c’est la part prise par les infra-populations14 de
R. microplus dans la répartition de l’information génétique. Le paramètre à mesurer
et à tester est donc le FSE ou probabilité de fixation (homozygotie) dans les sous-
populations (infra-populations) relative à celle des élevages. Nous aurons donc aussi
besoin de mesurer le FIS. C’est ce que nous ferons en premier, suivi des tests de
déséquilibre de liaison, pour se débarrasser de ces derniers. Comme certains ont déjà
dû le remarquer, j’ai en effet pris l’habitude de regarder d’abord ce qui se passe le
plus localement avant d’essayer de comprendre ce qui se passe à des échelles plus
globales.
14
Voir la définition dans le glossaire.
Nous allons convertir ce fichier au format Fstat par l’entremise de CREATE (comme
au chapitre précédent). Une fois cela fait, et avant de lancer Fstat, il faut éditer le fichier
“BoophilusAdultsDataCattleIndivHostFisLD-FSTAT-POPULATION [Link]”
(nom des sous-populations) que vient de créer CREATE pour supprimer les deux
dernières colonnes (je ne sais pas pourquoi CREATE fait ça). Profitons-en pour rac-
courcir le nom des fichiers en “[Link]” et
“[Link]”. On lance Fstat, on charge
0,16
0,12
0,08
FIS
0,04
- 0,04
B12 C07 D12 D10 A12 C03 A11
(0,0783) (0,1576) (0,0001) (0,0003) (0,1806) (0,4014) (0,0001)
Loci
Figure 65
Résultat des analyses d’homozygoties relatives des individus (FIS) au niveau
des infra-populations (dans chaque individu hôte) de R. microplus sur bovins
en Nouvelle-Calédonie. Les intervalles de confiance (95 %) sont issus de jackknives
sur populations où le FIS est calculable (33 infra-populations) avec la méthode décrite
en p. 72-73 (1re partie), sauf pour la valeur moyenne (All) dont l’intervalle de confiance
correspond à 5 000 bootstraps effectués par Fstat. La probabilité de dévier de 0 sous H0
(P-value obtenue après 10 000 permutations des allèles entre individus de la même
infra-population) est donnée entre parenthèses.
méthode de régression des FIS en fonction du nombre de blancs par locus et sous-
population, que nous avons déjà utilisée en p. 197-199 de cette partie, peut être
aisément réalisée. Ici, nul test n’est nécessaire étant donné que la corrélation est très
faible et de toutes manières négative entre les deux variables. Les allèles nuls ne
semblent pas pouvoir expliquer nos résultats. Nous allons laisser cela de côté et véri-
fier tout d’abord que le niveau infra-population est pertinent.
Analyse hiérarchique
Nous allons donc avoir besoin de HierFstat et de coder un fichier en ce sens, avec
comme facteurs (du moins inclusif au plus inclusif ) : la Nouvelle-Calédonie (T),
l’élevage E), l’infra-population (S) et l’individu tique (I). Reprenons donc le fichier
“[Link]” et recodons-le afin d’obtenir quelque chose de la
forme (fig. 66).
Remarquez que j’ai recodé les génotypes avec deux chiffres au lieu de trois, car sinon
HierFstat me retournait un message d’erreur (mais je ne sais pas pourquoi, car nor-
malement ça doit marcher avec trois chiffres par allèle). N’oubliez surtout pas de
recoder les données manquantes “0000” en “NA”. Il faut ensuite ouvrir R, on charge
data<-[Link]("[Link]", header=TRUE)
attach(data)
loci<-[Link](B12,C07,D12,D10,A12,C03)
> levels<-[Link](Farm,Host)
> [Link](levels,loci)
ANALYSES INTRA
ET INTER-FERME
Homozygotie, déséquilibre
de liaison intra-ferme et différentiation globale
Vous allez donc recréer un fichier Fstat, mais uniquement avec les fermes (locali-
tés). Ce fichier, [Link], nous allons l’analyser
comme indiqué en figure 67. Il en ressort qu’aucun test de déséquilibre de liaison
n’est significatif (P-value > 0,079), ce qui confirme que le résultat avec les infra-
populations n’était pas dû à un manque de puissance causé par les faibles tailles de
ces infra-populations. Le FIS est toujours très significativement (P-value = 0,0001)
au dessus de 0 à FIS = 0,044, soit sensiblement la même valeur qu’avant, ce qui
Figure 67
Cadre de Fstat avec les analyses à effectuer
pour les données des marqueurs microsatellites de Boophilus microplus.
Trois types d’analyses sont possibles ici. Soit une analyse par élevage pour tester le
biais de dispersion spécifique au sexe entre infra-populations (huit analyses), soit une
analyse sur l’ensemble des infra-populations où il y a des mâles et des femelles
(33 infra-populations en tout), soit une analyse sur l’ensemble des fermes sans dis-
tinguer les infra-populations, soit donc 10 analyses Fstat en tout. Il faut repartir du
fichier source pour recoder les données au format requis (fig. 68). Notez que les
allèles doivent être codés avec deux chiffres pour ces analyses.
Figure 68
Exemple d’un fichier pour l’analyse de biais de dispersion sexe-spécifique
entre infra-populations de B. microplus dans l’élevage de Bouloupari.
Vous lancez Fstat et vous choisissez le menu déroulant “Biased dispersal”. Cochez les
paramètres “Mean assignment” (AIc), “Variance of assignment” (vAIc) et “Fst” (FST)
qui sont les plus performants, comme discuté ailleurs (p. 91-92 de la première partie
et p. 147-153 de la seconde partie). Les tests doivent être bilatéraux et on procédera
à 10 000 permutations. Les résultats des analyses par élevage sont présentés dans le
tableau 30.
On y voit bien qu’aucun signal n’existe. Il n’y a que deux tests significatifs sur les
24 effectués, ce qui n’est pas significativement différent des 5 % attendus sous
l’hypothèse nulle (test binomial, P-value = 0,34). De plus, il y a de nettes contra-
dictions entre paramètres pour un même site ou entre sites pour un même para-
mètre. Les analyses sur l’ensemble des infra-populations ou sur l’ensemble des
fermes en ignorant les infra-populations confirment l’absence de tout signal
(P-value > 0,27). Il n’y a donc aucune trace d’un biais de dispersion spécifique au
sexe chez cette tique.
Ces données ne sont disponibles que pour quatre sites et c’est pourquoi elles sont
disponibles dans un fichier à part “[Link]” dans lequel figure le nom
du couple auquel appartiennent chaque femelle et chaque mâle. Il s’agit de tester si
les couples s’associent de façon consanguine, ce qui pourrait expliquer le déficit en
hétérozygotes observé. Rappelons que selon l’équation 66 (voir aussi réponse 11), le
taux de croisement frères-sœurs nécessaire à expliquer un FIS = 0,044 se déduit de :
4 FIS
b= = 0,16
1 + 3FIS
Pour explorer le rôle possible d’un appariement entre apparentés, nous allons tester
s’il y a pangamie (appariement au hasard dans nos données). Nous allons utiliser
pour ce faire la même technique que celle développée par P et al., 2004b.
Il s’agit d’un test de Mantel de corrélation entre deux matrices : une matrice décri-
vant l’apparentement entre chaque paire d’individus de sexes différents et une
matrice décrivant le statut apparié (1) ou non apparié (0) des individus. Étant donné
qu’il y a une différenciation génétique substantielle entre fermes, nous devrons
entreprendre quatre tests séparés (un par ferme). Cependant, comme certaines
fermes possèdent énormément d’individus génotypés (Port-Laguerre) où le test de
Mantel de Fstat ne marchera pas et par souci d’homogénéité, nous travaillerons par
individu hôte (autant de tests que d’hôtes disponibles sur l’ensemble de l’échan-
tillonnage). Nous allons mesurer l’apparentement entre individus avec le logiciel ML
Relate (K et al., 2006) (téléchargeable librement à [Link]
edu/kalinowski/[Link]). Ce logiciel prend directement des fichiers Genepop.
Construisez autant de fichiers qu’il y a d’infra-populations comme dans l’exemple
qui suit (fig. 69).
Ensuite, il faut lancer le logiciel ML-Relate, aller au menu déroulant “File” et charger
votre fichier, ce qui fait apparaître les fréquences alléliques. Puis vous cliquez sur le
Figure 69
Exemple de données pour ML-RELATE
pour mesurer l’apparentement entre tiques adultes du premier bovin à Canala.
menu déroulant “Relatedness” et choisissez “List Output” (fig. 70), car votre matrice
ne sera pas carrée, il faudra donc présenter les données au format colonnes à Fstat.
C’est un détail qui a son importance, la procédure de Fstat est issue de RT de Manly
(M, 1997) qui permet d’effectuer des tests de Mantel entre matrices non carrées
(impossible avec Genepop, par exemple), ce qui est bien commode.
Ceci vous donne toutes les paires d’apparentement que vous devez sélectionner avec
la souris comme dans la figure 71. Copiez ces données et collez-les dans un logiciel
qui vous permettra de trier ces données. Vous allez en effet devoir ne garder que les
couples réalisés et potentiels. La première colonne ne contiendra donc que les
femelles et la seconde que les mâles.
Votre fichier intermédiaire doit donc ressembler à la figure 72. On y voit bien que les
données ont été triées par sexe pour le premier et le deuxième individu de la paire et que
seules les femelles ont été gardées pour le premier et les mâles pour le second membre
de chaque paire. Une dernière colonne a été créée pour donner le statut accouplé (1) ou
non accouplé (0) de la paire. Ceci est facilement obtenu sous Excel par une formule
conditionnelle “si(coordonnées case 1=coordonnées case 2; 1; 0)” (fig. 73).
Il faut ensuite mettre ce fichier au format acceptable pour le test de Mantel de Fstat.
Ceci est très bien expliqué dans l’aide en ligne du logiciel et je ne m’y attarderai donc
pas. Lancez Fstat et allez directement dans le menu “Mantelize it” et dans le menu
“File”, chargez votre fichier. Le logiciel vous demande alors un fichier de sortie (résul-
tats). Personnellement, je prends le même nom, mais je mets l’extension “.man”. Une
nouvelle fenêtre apparaît. Il vous faut choisir la variable dépendante qui est ici le
statut du couple. Sélectionnez donc “Couple” et mettez-le dans la case “Dependant”
avec le bouton “>” comme indiqué dans la figure 73. Apparaît alors la case de la
variable explicative qu’il faut remplir avec “R” le coefficient d’apparentement. Tapez
10 000 pour le nombre de randomisations et sur “Run” comme dans la figure 74.
Dans les résultats, ne gardez ici que la valeur de corrélation (0,18 ici) et celle de la
P-value (0,28). Constatez que cette P-value est une P-value bilatérale. Or nous
Figure 74
Seconde étape pour le Mantel avant de cliquer sur “Run”.
0,1
0,05
- 0,05
FIS
- 0,1
- 0,15
- 0,2
- 0,25
Non BAPS Flock Flock Fratrie
modifiées optimisé
Traitement
Figure 75
FIS obtenus pour le jeu de données non modifiées (par ferme), pour le jeu de données
clusterisées par BAPS, par Flock (nombre maximum de clusters) et Flock optimisé (K estimates
based on plateau analysis), ainsi que pour l’attendu pour une structure en fratrie (modèle
de la Réponse 15) avec les fréquences alléliques par ferme. Les intervalles de confiance (95 %)
sont obtenus par bootstrap sur les loci sauf pour le FIS des fratries obtenu avec la valeur maximale
et minimale observées sur les moyennes (pondérées sur l’ensemble des fermes) par locus.
CONCLUSION
DES ANALYSES
INTRA-FERMES
L’ensemble de nos résultats suggère une libre circulation des tiques entre hôtes de la
même ferme, mais un isolement des fermes qu’il convient d’analyser plus en détail
(voir plus bas). Cette libre circulation contredit le modèle classique de fidélité stricte
des individus tiques vis-à-vis de l’individu hôte colonisé par les larves et explique
bien comment, malgré une transmission transovarienne négligeable, R. microplus
reste un vecteur majeur d’Anaplasma marginale, une bactérie très pathogène du
bétail en zones intertropicales (U, 1976) (pathogène absent de Nouvelle-
Calédonie). Du stade larvaire aux adultes, des échanges de tiques ont donc proba-
blement lieu entre individus hôtes, vraisemblablement lors de contacts physiques
entre bêtes. Ce phénomène est couplé avec une structure en fratries combinée à des
accouplements légèrement assortis génétiquement. Ceci provient possiblement du
fait que les larves issues d’une même ponte ont plus de chances d’atteindre la matu-
rité sexuelle en même temps ce qui, couplé avec une variance de survie importante,
crée un léger, mais très significatif effet Wahlund.
ISOLEMENT
PAR LA DISTANCE
Comme nous disposons des coordonnées GPS des sites, nous allons les utiliser dans
le logiciel Genepop 4 (R, 2008). Les données (fichier texte) doivent se pré-
senter comme dans la figure 76. Genepop 4 doit être copié dans le répertoire de
travail. Cliquez deux fois sur le logiciel. Une fenêtre s’ouvre où il vous est demandé
de taper le nom du fichier de données. En ce qui me concerne, il s’agit de
“[Link]”. Si tout se passe bien, il vous demande de
cliquer sur la touche “Return” ou “Entrée” en français. Il vous faut ensuite choisir le
menu 6 puis le sous-menu 6. Nous sommes en deux dimensions, donc il faut choi-
sir le logarithme naturel des distances géographiques. Tapez donc “l”. On vous
demande la distance minimale. Comme cela n’a pas beaucoup d’importance, ainsi
que nous l’avons déjà vu, et que de toutes façon le test de Mantel n’en tiendra pas
compte, tapez une toute petite valeur (0 étant exclu à cause de la transformation
log). J’ai pour ma part tapé 0,01 puis “Entrée”. Pour le nombre d’itérations de la
chaîne de Markhov tapez 1 000 000.
Genepop génère plusieurs fichiers. Le premier à regarder (sinon le seul) est celui
portant l’extension “iso”. On y voit que la régression de pente b = 0,00362341 est
marginalement significative selon le test de Mantel (P-value = 0,066394). Cette
pente est cependant significativement différente de 0 selon l’intervalle de confiance
issu de bootstraps IC 95 % = [0,00039310987 ; 0,0078657635]. Ce résultat est en
fait similaire à ce qui avait été trouvé dans K et al. (2006a) (b = 0,00054) ou
Figure 77
Extrait du jeu de données des génotypes microsatellites
des tiques Rhipicephalus microplus au format Genepop pour Genetix, LDNe et Estim.
EFFECTIFS EFFICACES
Ici trois méthodes sont disponibles : la méthode de B (2004) sur les FIS, la
méthode de W et D (2008) (en principe plus fiable que la méthode de Bartley
et plus commode à implémenter) basée sur les déséquilibres de liaison et celle de
V et C (2001a-c) basée sur les corrélations alléliques intra et inter loci.
Pour les trois méthodes, nous allons utiliser le fichier complet avec un sous-échan-
tillon par ferme sous un format Genepop (extension .gen) comme dans la figure 77.
Pour estimer les FIS par sous-échantillon avec leur bootstrap, nous allons utiliser
Genetix (B et al., 2004) qui offre une procédure directe par menu déroulant.
Ouvrez Genetix, allez dans le menu “Fichier” puis “Importer”. Cliquez dans le bou-
ton “Genepop” et tapez “*.gen” dans la case “Nom du fichier”, comme indiqué en
figure 78.
Figure 78
Menu Genetix pour importer le fichier des données microsatellites de Rhipicephalus microplus
au format Genepop.
Le fichier apparaît alors dans le cadre. Cliquez deux fois dessus et il s’ouvre sous
Genetix. Sélectionnez le menu “Fstats”, “Test sur Fis” et Bootstrap sur Fis par
pop.”15, comme indiqué dans la figure 79.
Un menu s’ouvre où vous n’avez que deux choses à faire. Augmentez le nombre de
bootstraps (en ce qui me concerne 10 000 j’aime bien), et cliquez ensuite sur “OK”.
Le résultat est disponible dans un fichier *.fis. Il faut ensuite appliquer la formule de
l’équation 12 de B (2004) :
−1 FIS
Ne = −
2 FIS 1 + FIS
et de taper “Infinity” pour les valeurs négatives (quand le FIS > 0).
Étant donné la tendance aux déficits en hétérozygotes, peu de valeurs exploitables
ressortent de cette analyse (un seul Ne = 6 pour Bouloupari), mais on peut estimer
que la limite inférieure (à 95 %) des Ne est en moyenne de 208 individus.
Pour la méthode de W et D (2008), lancez LDNe. Cliquez sur le bouton
“Search” et allez chercher votre fichier. Sélectionnez votre fichier et cliquez sur le bou-
ton “OK” puis sur “Run LDNe”. Attention, prenez garde que le fichier ne soit pas
resté ouvert dans une autre application, auquel cas LDNe ne produit qu’un fichier de
résultat *[Link] vide. Sinon, après un travail rapide dans une fenêtre DOS, les calculs
sont disponibles dans ce fichier. Nous allons prendre les valeurs calculées avec tous les
allèles de fréquences au moins égales à 0,01 (valeurs les plus à droite) et prendre
15
Je me suis aperçu sur le tard que les bootstraps de Genetix se font ici sur individus et non sur loci, ce qui peut
poser des problèmes, surtout dans les petits échantillons (risque de rééchantillonner trop de fois le même indi-
vidu) (je ne sais pas pourquoi les auteurs ont préféré cette option hétérodoxe). Ici, ça ne change rien eu égard
aux résultats obtenus.
DENSITÉ EFFICACE
ET DISTANCE
DE DISPERSION PARENTS-
DESCENDANTS ADULTES
En prenant la moyenne des différentes valeurs obtenues sur l’ensemble des méthodes,
on obtient Ne = 605. La surface d’une exploitation est en moyenne d’environ 3 km²
(Barré, communication personnelle). La densité efficace devient donc De = 202 tiques
par km². En utilisant la taille de voisinage calculée plus haut, ainsi que son intervalle
de confiance de Bootstrap à 95 %, nous obtenons une dispersion entre adultes
reproducteurs et leurs parents de Þ = 0,33 km [0,22 ; 1]. En utilisant le modèle de
R (1997), on obtient une estimation du taux de migration entre dèmes adjas-
cents de m = 2DÞ²/Ne = 0,07.
RECHERCHE
DE LA SIGNATURE
D’UN GOULOT
D’ÉTRANGLEMENT
Le logiciel Bottleneck (P et al., 1999) (voir aussi C et L, 1996),
que vous pouvez télécharger gratuitement à [Link]
bottleneck/[Link], utilise des fichiers au format Genepop et implémente
son algorithme dans chaque sous-échantillon (fermes) identifié. Nous allons donc
réutiliser le fichier “[Link]” (le même que pour les
analyses LDNe et Estim).
Figure 80
Panneau d’entrée de Bottleneck.
Tableau 33
Résultat des tests de signature de goulot d’étranglement récent
chez les tiques Rhipicephalus microplus dans les différents élevages échantillonnés
en Nouvelle-Calédonie. Les P-values correspondent aux tests de Wilcoxon unilatéraux.
CONCLUSIONS
Nos analyses ont permis de montrer que l’unité démographique de R. microplus n’est
pas l’individu hôte (avec son infra-population) comme pressenti, mais plutôt l’éle-
vage ou troupeau d’une ferme. Cette tique passe donc, du stade larve à adultes,
librement d’une bête à l’autre d’un troupeau et est donc parfaitement susceptible de
propager des maladies telles que l’anaplasmose si cette dernière était introduite sur
l’île.
Il apparaît que les populations locales de R. microplus (troupeau) sont structurées en
fratries, ce qui suppose une réussite hétérogène entre pontes, compatible avec les
traitements acaricides réguliers : la ponte des femelles tombées au sol juste avant
traitement n’est pas affectée, les autres disparaissent presque toutes. Cette structure
génétique particulière est accompagnée d’une légère signature d’appariement assorti
qui peut très bien en être une conséquence : les membres d’une même fratrie étant
plus synchrones ensemble qu’avec les autres. Ceci explique les légers déficits en hété-
rozygotes significatifs observés.
Il existe un isolement par la distance dont le modèle nous permet d’inférer un voi-
sinage de taille 276 individus, notion particulièrement difficile à comprendre s’il en
est, mais qui permet d’estimer la surface de dispersion entre adultes et les parents
leur ayant donné naissance. Cette dernière s’avère relativement modeste avec un
rayon de l’ordre des 300 m par génération (entre 200 m et 1 km), soit au plus
1,2 km par an en moyenne (si quatre générations par an et pas de retour en arrière).
Cette dispersion découle de l’estimation de densités efficaces relativement importantes
INTRODUCTION
Le jeu de données que nous allons analyser a fait l’objet d’une publication en 2009
(K et al., 2009). Il va nous permettre d’explorer comment adapter les outils de
la génétique des populations aux organismes à reproduction majoritairement
asexuée.
247
Glandes salivaires Trypomastigotes Intestin moyen
Épisodes sexués procycliques Multiplication asexuée Trypomastigotes
mésocycliques
Trypomastigotes Épimastigotes
Trypomastigotes
métacycliques
Trypomastigotes
Trypomastigotes
métacycliques
Multiplic
ation asexuée
Figure 81
Le cycle de Trypanosoma brucei. La tsé-tsé injecte à l’hôte des trypomastigotes
métacycliques lors d’un repas sanguin qui se transforment en stades trypomastigotes
sanguins. Après une phase de multiplication asexuée, les trypomastigotes raccourcissent
et peuvent alors être ingérés par une nouvelle tsé-tsé lors d’un nouveau repas sanguin
sur l’hôte. Dans l’intestin moyen de la glossine, les trypomastigotes se transforment
en trypomastigotes procycliques qui se multiplient par fission binaire. Dans l’intestin
moyen antérieur, les trypomastigotes procycliques se transforment en trypomastigotes
mésocycliques qui migrent alors dans les glandes salivaires où ils se transforment
en épimastigote puis enfin en trypomastigotes métacycliques de nouveau.
Schéma inspiré d’une figure du TDR Wellcome/Trust
([Link]
2005 ; G et al., 2006). En 2000, il a été estimé qu’environ 300 000 personnes
étaient infectées et que seulement 10 à 15 % des 60 millions de personnes vivant
dans les zones à risque étaient sous surveillance médicale (G et al., 2006).
Grâce aux mesures de contrôle, il semble que nous soyons aujourd’hui dans un
contexte d’élimination (Jamonneau, communication personnelle).
La trypanosomiase animale africaine (TAA ou nagana) est causée par différentes
espèces de trypanosomes, classiquement : T. brucei brucei (Tbb), T. congolense (Tc) et
T. vivax (Tv) qui affectent gravement la santé du bétail. La TAA représente un frein
majeur au développement en Afrique subsaharienne et son coût annuel a été estimé à
hauteur de 4,75 milliards de dollars américains (FAO, 2000 ; B et al., 2009).
SÉNÉGAL MALI
Bamako
GUINÉE
BISSAU BURKINA FASO
Boffa GUINÉE
Dubréka
Conakry
SIERRA
Freetown LEONE CÔTE D'IVOIRE
Bonon GHANA
LIBERIA
Monrovia
15° O
5° N Abidjan
Océan atlantique
Figure 82
Localisation géographique des foyers de THA étudiés (marqués d’une étoile).
LE JEU
DE DONNÉES BRUTES
Les informations générales concernant les données sont présentées dans le tableau 34.
Les données brutes sont contenues dans le fichier “[Link]”
qui, en plus des données des 90 isolats cités plus haut, donne les génotypes d’un
certain nombre de souches de référence de Tbg1, de Tbb, de Tbg2 (des Tbb trouvés
chez l’homme en Côte d’Ivoire (G, 2007) et de Tbr. Les données se présentent
comme suit (fig. 83).
Nous avons besoin de rajouter une information manquante à ces données, les géno-
types multilocus (MLGs), qui est une information extrêmement utile en génétique
des populations clonales (T et al., 1990 ; T et al., 1991 ;
T, 1998 ; 1999 ; T et A, 2002 ; D M et al., 2006). En
ce qui me concerne, je le fais sous Excel. Je charge le fichier sous Excel. Je crée une
Figure 83
Extrait du fichier de données de Trypanosoma brucei. En ligne figurent les différents isolats
(comme d’habitude). Les deux premières colonnes donnent les coordonnées GPS des patients
(pour Bonon 2000 seulement), suivent le nom de l’isolat, le pays, le foyer, la méthode
d’isolement des souches et les huit loci microsatellites sur lesquels ces isolats ont été génotypés.
TESTER L’EFFET
DE LA TECHNIQUE
D’ISOLEMENT
DES SOUCHES
Création d’un fichier Fstat et MSA
Nous allons utiliser ici les procédures FST par paire de sous-échantillons et les tests de
différenciation par paire de sous-échantillons sous Fstat et aussi créer un dendrogramme.
Nous ne pouvons pas utiliser HierFstat ici car le facteur « technique d’isolement » est
Il faut charger ensuite le fichier .dat sous Fstat. Il faut sélectionner les loci (pas le
locus MLG dans un premier temps) et les sous-échantillons pertinents (pas les
souches de références ni les sous-échantillons où il n’y a eu qu’une seule méthode de
prélèvement). Ceci se fait avec le menu déroulant “Options” de Fstat et les sous-
menus “Label file for pops” pour indiquer le fichier contenant le nom des sous-
échantillons (plus facile pour la suite), “Loci to use” (on sélectionne tout sauf MLG)
et “Samples to use” (on sélectionne les sous-échantillons de Bonon en 2002 et 2004
qui sont les seuls où plusieurs méthodes de prélèvements sont disponibles). Dans le
cadre principal du menu Fstat, cochez “Fst per pair of samples”, “Pairwise tests of
differentiation” et activez le bouton “1/1000” de “Nominal level to multiple tests”
(pour avoir suffisamment de permutations). Enfin, cliquez sur “Run”. Nommez le
nouveau fichier ([Link]) (nous avons en effet sélec-
tionné des loci et sous-échantillons particuliers pour ce test) et cliquez sur
“Enregistrer” pour lancer l’analyse Fstat. Deux fichiers de sortie Fstat nous inté-
ressent, celui qui possède les FST par paire de sous-échantillon et qui porte l’exten-
sion “fst” et celui qui donne les P-values avec l’extension “pvl”. Les seules paires qui
nous intéressent sont celles qui comparent deux méthodes dans un même sous-
échantillon. Comme on le voit dans le tableau 35, nous obtenons quatre comparai-
sons qui toutes présentent un estimateur de FST < 0 non significatif.
Tableau 35
Résultats des mesures et tests de significativité par paire de méthodes d’isolement des souches
de Trypanosoma brucei gambiense 1 à Bonon en 2002 et en 2004. Données avec les loci individuels.
Tableau 36
Résultats des mesures et tests de significativité par paire de méthodes d’isolement des souches
de T. brucei gambiense 1 à Bonon en 2002 et en 2004. Données MLG.
Analyse NJTree
Nous allons pour cela créer un fichier MSA avec Create. N’oubliez pas de retirer le
locus MLG, ainsi que les souches de référence qui n’ont pas lieu d’être ici. Quand votre
fichier est prêt, copiez-le dans le répertoire de MSA (ou copiez MSA dans votre réper-
toire de travail). Lancez MSA, tapez “i” pour choisir le nom de votre fichier de données
et tapez le nom complet de ce fichier (celui que vous venez de créer avec Create). Tapez
ensuite “d” pour le menu des distances, puis “p” pour choisir le type de distance.
Ensuite, tapez “c” pour sélectionner le calcul par paire de sous-échantillons, puis les
chiffres correspondant aux distances à sélectionner ou à désélectionner. En principe,
on garde la distance harmonique de Cavalli-Sforza et Edwards (chord distance) qui est
réputée produire les meilleurs NJTree, eux-mêmes réputés donner les arbres dotés de
la meilleure topologie (T et N, 1996). Donc on va garder l’option correspon-
dant à cette distance “on” (option 7, indissociable de l’option 8, pour une raison qui
m’échappe). Tapez enfin “!” pour lancer les calculs. MSA crée un répertoire plein de
sous-répertoires pleins de trucs inutiles. Intéressez-vous à ce qu’il y a dans le répertoire
“Distance_data” dans le quel se trouve le fichier “CAS_Pop.txt” qui nous intéresse. Il
faut ouvrir ce fichier avec un tableur ou un bon éditeur de texte. Il contient la matrice
des distances harmoniques de Cavalli-Sforza et Edwards entre toutes les paires de sous-
échantillons. Il faut ensuite ouvrir un fichier type MEGA (K et al., 2004),
comme décrit dans la figure 84. Le résultat obtenu est présenté en figure 85. On voit
bien que la méthode d’isolement n’est pas un paramètre très important. Notez que le
dendrogramme obtenu diffère de celui publié par K et al. (2009), car ce dernier
était basé sur six des loci (Micbg6 et Trbpa avaient été éliminés pour des raisons que
nous verrons plus loin) et sur des distances évaluées par Genetix qui calcule en fait une
autre distance que la distance harmonique de Cavalli-Sforzza et Edwards (contraire-
ment à ce qui est dit). Mais la conclusion générale ne change pas.
Nous pouvons donc désormais ignorer le facteur méthode d’isolement dans les ana-
lyses qui vont suivre.
Déséquilibres de liaison
Nous ne regardons que les tests sur l’ensemble des sous-échantillons et par paire de
loci. Sur les 21 tests possibles, 18 paires de loci sont significativement en déséquilibre
de liaison au seuil 5 %. Cela est largement au-dessus des 5 % attendus (même pas
besoin de faire un test binomial, mais bon cela donne une P-value < 0,0001). Treize
tests restent significatifs au seuil Bonferroni séquentiel et chaque locus est impliqué
au moins une fois dans une liaison significative à ce seuil. Nous pouvons conclure
qu’une liaison statistique très significative existe entre tous les loci, c’est-à-dire que
cette association concerne l’ensemble du génome des trypanosomes.
0,4
0,2
0
FIS
- 0,2
- 0,4
- 0,6
- 0,8
-1
micbg1 micbg5 micbg6 msatg4 msatg9 m6c8 mt3033 trbpa All
Figure 86
Valeurs de FIS par locus et sur l’ensemble (All), intervalles de confiance à 95 % de jackknife
sur les sous-échantillons (pour les loci) ou de bootstrap sur les loci
(pour la moyenne globale : All).
de récupérer les valeurs de FIS (smallf ) par locus sur l’ensemble des sous-échantillons,
leur erreur standard de jackknife (StrdErrFis) sur les sous-échantillons (over popula-
tions). Pour six sous-échantillons (donc 6 - 1 = 5 ddl), le paramètre t ≈ 2,57 au seuil
5 % (cf. p. 72-74 de la 1re partie de ce manuel). Pour chaque locus, l’intervalle de
confiance se calcule donc avec les formules FIS-2,57xStrdErrFis pour la limite infé-
rieure, qui ne peut dépasser - 1, et FIS-+2,57xStrdErrFis pour la limite supérieure,
qui ne doit pas dépasser + 1. Les valeurs d’intervalle de confiance qui dépassent les
valeurs - 1 et + 1 doivent donc être artificiellement ramenées à ces valeurs frontières.
En faisant cela, nous supposons que les FIS suivent la loi normale, ce qui est sans
doute faux. D’un autre côté, nous n’utiliserons pas ces intervalles de confiance pour
une décision statistique, mais pour illustrer le comportement des différents loci dans
un graphique. Nous pouvons ainsi réaliser le graphe de la figure 86. On notera que
toutes les P-values = 0,0001 sauf pour trbpa (P-value = 0,0011). On peut aussi noter
que deux loci sortent du lot, micbg6 qui est en fait fixé hétérozygote 182/266 dans
tous les échantillons et trbpa dont la variance est anormalement élevée. Ce locus est
d’ailleurs situé dans une zone codante (R et al., 1998) et nous avons là typi-
quement une bonne raison d’éliminer une source d’information qui apporte plus de
confusion qu’autre chose.
Pour recommencer cette analyse sans le locus trbpa, il suffit de recharger le fichier
dans Fstat et de sélectionner les sept autres loci. Fstat crée un autre fichier que j’ai
personnellement nommé “T-BruceiFoyAnCI&[Link]”. En regardant
- 0,3
- 0,4
- 0,5
FIS
- 0,6
- 0,7
- 0,8
- 0,9
-1
micbg1 micbg5 micbg6 msatg4 msatg9 m6c8 mt3033 All
Figure 87
Valeurs de FIS par locus et sur l’ensemble (All) sans le locus trbpa,
intervalles de confiance à 95 % de jackknife sur les sous-échantillons
(pour les loci) ou de bootstrap sur les loci (pour la moyenne globale : All).
- 0,3
- 0,4
(HS -1)/HS
- 0,5
- 0,6
- 0,7
- 0,8
- 0,9
-1
- 1 - 0,9 - 0,8 - 0,7 - 0,6 - 0,5 - 0,4 - 0,3 - 0,2 - 0,1 0
FIS
Figure 88
Résultat de la régression entre les valeurs de FIS aux différents loci
et dans les différents sous-échantillons et la valeur attendue
en fonction de Hs sous l’hypothèse d’une clonalité absolue.
La droite d’ajustement parfait est en pointillé.
Dans la figure 88, on remarque une relation quasi parfaite entre les deux paramètres,
hormis quatre apostats (cherchez dans le dictionnaire !) dus à quelques individus
homozygotes (un pour msatg9, quatre pour m6c8) rencontrés ça et là et très vrai-
semblablement dus à des allelic dropouts, ou à de l’homoplasie (homozygoties for-
tuites dues au nombre limité d’allèles). Tous les autres points sont en effet
parfaitement alignés sur la droite d’ajustement parfait.
La clonalité pure est donc ici certaine.
DIFFÉRENCIATION
GÉNÉTIQUE
ET STRUCTURE
DES POPULATIONS
En général, je préconise les approches globales plutôt que par paire de sous-échan-
tillons. En effet, les mesures et tests par paire ne sont pas les plus efficaces pour
appréhender la structure d’une population. Il vaut mieux alors utiliser des distances
génétiques. Cependant ici, il n’y a que trois sous-populations subdivisées, parfois en
deux ou trois périodes (années) d’échantillonnage. J’ai donc créé un nouveau fichier
contenant les sept loci ne présentant pas de problème et les MLG (“T-BruceiFoyer
AnCleanLoci&[Link]”). Il faut mettre ces données au format Fstat et ana-
lyser les différenciations par paire de sous-échantillons en sélectionnant les loci de
façon pertinente (ne pas laisser MLG avec les loci normaux !). En fait, les données
“loci” sont déjà dans “T-BruceiFoyAnCI&[Link]”. Pour les MLG, il
suffit d’ouvrir le fichier global et sélectionner le locus MLG avec le menu “Options”
et “Loci to use”. Pour ces deux nouveaux fichiers, l’analyse se fait sous Fstat avec la
procédure “Pairwise test of differentiation” avec 10 000 permutations des individus
entre sous-populations et les “Fst per pair of samples”. Le résultat de ces deux ana-
lyses, si vous ne vous êtes pas trompés, à extraire des fichiers *.fst et *.pvl, sont
compilés dans le tableau 37.
La différenciation temporelle est plus facile a détecter avec les MLGs. Substantielle
au bout de deux années, elle devient très importante au bout de quatre ans. La dérive
Nous allons utiliser ici une pirouette dont nous vérifierons la pertinence ensuite à
l’aide de quelques simulations. Comme nous avons des échantillons des mêmes
foyers échantillonnés dans le temps pour Bonon et Dubréka, nous allons tenter
d’estimer la taille de dérive des MLGs à l’aide de méthodes temporelles et spatio/
temporelles. Pour Bonon et pour Dubréka, nous utiliserons la méthode de W
(1989) avec NeEstimator. Pour les foyers guinéens, nous pourrons aussi essayer
d’estimer conjointement la taille efficace et le taux de migration à l’aide de la
méthode de W et W (2003) avec le logiciel MLNe. Il nous faut donc
dans un premier temps convertir les données MLG au format approprié.
Construction des fichiers pour NeEstimator et pour MLNe
Pour la méthode de Waples (NeEstimator), il faut faire un fichier de type Genepop
pour chaque année de chaque site pertinent, soit cinq fichiers (Bonon en 2000,
2002, 2004, Dubréka 1998 et Dubréka 2002), comme en figure 89.
Pour MLNe nous allons passer par Create, car le formatage du fichier est horrible (je
ne remercierai jamais assez Jason Coombs16). Le fichier a donc la forme de la
figure 90.
Il convient ensuite sous Create de charger ce fichier et de lui donner les informa-
tions, comme indiqué dans la figure 91.
Create vous demande si c’est bon en vous montrant ce qu’il a fait et vous dites oui.
Un nouveau cadre apparaît où vous allez cocher “MLNE” dans “Specialized gene-
16
Notez que comme PGD-Spider ne prend pas en charge cette conversion, CREATE est donc à ma connais-
sance le seul logiciel utilisable pour convertir un jeu de données au format MLNe.
tic programs” et cliquer ensuite sur “Create”. On vous demande ensuite de choisir
les populations focales (pour laquelle le Ne et le m seront calculés) et sources
(d’immigrants). Nous choisissons d’abord Bonon comme population focale (pour
laquelle nous essayerons d’obtenir m et Ne) et les deux autres comme source
(fig. 92).
Renommez le fichier de telle sorte qu’il soit identifié comme focalisé sur Bonon,
comme par exemple “[Link]”. Faites
ensuite la même chose pour Boffa et Dubréka. Pour Boffa ça ne marche pas, car il
n’y a qu’un seul échantillon temporel. Nous n’obtenons donc que deux fichiers ana-
lysables par MLNe, un pour Bonon et un pour Dubréka. N’oubliez pas d’identifier
le fichier de Dubréka.
Analyses avec NeEstimator
Lancez NeEstimator et après avoir lu l’avertissement, cliquez sur OK. Après avoir
cliqué sur “File” et choisi “New”, vous obtenez un cadre de menu où vous allez
sélectionner les mêmes options que celles indiquées en figure 93. En particulier,
choisissez le format de fichier Genepop et ignorez la première ligne avec un format
de délimitation entre données “Tab” (tabulations).
Cliquez ensuite sur l’onglet “Data file” puis sur “Load”. Allez chercher les fichiers
contenant les données de Bonon 2000 auxquelles vous affecterez la génération 0 et
Bonon 2002 auxquelles vous affecterez la génération 19 (10 générations par an,
comme indiqué plus haut), comme représenté dans la figure 94.
Il s’agit ensuite de lancer le calcul en cliquant sur “File” et “Run”, comme sur la figure 95.
Les résultats apparaissent sous forme d’un tableau (fig. 96). Seule l’analyse par la
méthode temporelle de Waples (celle qui nous intéresse ici) donne un résultat avec
95 % d’intervalle de confiance. Cet intervalle de confiance est calculé selon la for-
mulation complexe décrite dans W (1989) qui utilise la loi du Chi-2 avec un
degré de liberté égal au nombre total d’allèles indépendants ayant servi à l’estimation
et un seuil Í = 0,05.
Figure 92
Définir la population focale et les populations sources pour MLNe dans CREATE.
Figure 94
Cadre de menu de NeEstimator pour choisir les fichiers à analyser pour un calcul
d’effectifs efficaces pour deux échantillons du même site prélevés à deux dates différentes.
Figure 96
Résultats de l’analyse NeEstimator pour le calcul du Ne temporel de Waples à Bonon.
Vous pouvez (et je le conseille) sauvegarder ces résultats avec le menu déroulant
“File” et “Save” (fig. 97). Nommez votre fichier de façon appropriée et NeEstimator
y ajoutera l’extension NeA. J’ai personnellement nommé ce fichier
“[Link]”.
Refaites la même chose pour tous les sous-échantillons temporels. Les résultats sont
synthétisés dans le tableau 38.
Analyses avec MLNE
Après avoir créé un répertoire pour Bonon et pour Dubréka et y avoir déplacé les
fichiers correspondants créés par Create, copiez dans chacun de ces deux répertoires
le logiciel MLNE “[Link]”. Lisez bien la notice, qui n’est pas des plus didactiques,
afin d’effectuer les modifications nécessaires dans les fichiers sources. Prenez le
fichier pour Bonon. La première ligne doit indiquer “1”, car vous souhaitez estimer
à la fois m et Ne. La deuxième ligne indique la taille efficace maximale autorisée
(pour économiser de la mémoire), et est par défaut 5 000, ce qui est largement suf-
fisant. Si le résultat est proche de cette valeur, vous pourrez éventuellement recom-
mencer avec une valeur plus élevée. La troisième ligne n’a pas d’intérêt et on ne s’en
occupe pas. La quatrième ligne est destinée aux informaticiens experts dont nous ne
faisons malheureusement pas partie, donc nous zappons. La cinquième ligne désigne
le nombre de loci (vérifiez que le nombre indiqué est bien “1”). La sixième ligne
Ici, les allergiques aux formules mathématiques vont souffrir, mais il n’y a guère
d’autres moyens d’expliquer comment obtenir des valeurs d’effectifs clonaux. Ceux
pour lesquels la cause est perdue peuvent se référer directement aux résultats finaux.
Cependant, si vous lisez ce chapitre c’est que vous comptez travailler sur des orga-
nismes à reproduction clonale. Je crois alors indispensable d’avoir compris au moins
une fois ce qui suit, ou au moins de comprendre la démarche permettant d’aboutir aux
résultats finaux.
Cas général
Dans un modèle en île subdivisé en n sous-populations, chacune composée de
N individus diploïdes à générations non chevauchantes avec un taux de mutation u
dans un modèle IAM (infinite allele model), soit QI la probabilité de prendre au
hasard deux fois le même allèle au sein d’un même individu, QS la probabilité de
prélever au hasard le même allèle dans deux individus de la même sous-population
et QT la probabilité de prendre deux allèles identiques dans deux sous-populations
différentes de la population totale, soit = (1 - u)² la probabilité qu’aucun des deux
allèles pris au hasard n’ait muté d’une génération à l’autre, c la proportion de zygotes
formés de façon clonale (asexuée) et s la proportion, parmi les (1 - c) qui se forment
suite à une autofécondation, soit qs la probabilité de tirer au hasard deux individus
de la même sous-population qui soient originaires tous les deux d’une seule et même
sous-population avant migration et qd la probabilité que deux individus pris au
hasard dans deux sous-populations différentes parmi les n disponibles soient issus,
n −1 n −1
alors que le premier individu soit un immigrant et pas l’autre ou l’inverse (2m(1 -
m)) et que l’immigrant provienne d’une autre des (n - 1) sous-populations (1/(n - 1))
avec n - 1 possibilités, donc P6 = 2m(1 - m)(n - 1)/(n - 1) = 2m(1 - m). Par consé-
quent, nous pouvons écrire que qd = P4×(P5 + P6), ou encore :
1 m 2 (n − 2)
qd = + 2m(1 − m )
n −1 n −1
Nous pouvons réarranger cette équation :
1 n − 1 − 1
qd = 2m(1 − m ) + m 2
n −1 n − 1
⇔
1 1
qd = 2m(1 − m ) + m 2 1 −
n −1 n − 1
⇔
1 m2
qd = 2 m (1 − m ) + m 2
−
n − 1 n − 1
⇔
1 m2
qd = 2 m − 2 m 2
+ m 2
−
n − 1 n − 1
⇔
1 m2
qd = 2m − m 2 −
n −1 n − 1
⇔
(n − 1)
et
1 − qs
qd = ≈0
n −1
Le système de trois équations (73) devient :
Q I = 0
[ ]
2 1 1
QS = γ (1 − m ) + 1 − .QS + 1 − (1 − m )2 .QT
2 N N
QT = γ QT
Il y apparaît clairement que la solution pour QT est QT = 0 et donc :
2 1 1
QS = γ (1 − m ) + 1 − QS
2N N
À partir de là on peut poser :
2 1 2 1
QS 1 − γ (1 − m ) 1 − = γ (1 − m )
N 2N
d’où il est facile d’extraire :
1
γ (1 − m )2
QS = 2N
2 1
1 − γ (1 − m ) 1 −
N
Nous pouvons réarranger cette équation :
γ (1 − m )2
2N γ (1 − m ) 2
QS = =
2 N − γ (1 − m ) (2 N − 2) 2 N − γ (1 − m ) (2 N − 2 )
2 2
2N
QS =
(1 − u )2 (1 − m)2
2 N − 2 N (1 − u ) (1 − m ) + 2(1 − u ) (1 − m )
2 2 2 2
Nous allons considérer maintenant que tous les termes en u² et m² sont négligeables
devant 1. L’équation précédente peut donc s’écrire :
QS =
(1 − 2u )(1 − 2m)
2 N − 2 N (1 − 2u )(1 − 2m ) + 2(1 − 2u )(1 − 2m )
En développant nous obtenons :
QS =
(1 − 2m − 2u + 4um)
2 N − 2 N (1 − 2m − 2u + 4um ) + 2(1 − 2m − 2u + 4um )
Nous pouvons également négliger les termes en um devant 1, ce qui donne :
QS =
(1 − 2m − 2u )
2 N − 2 N (1 − 2m − 2u ) + 2(1 − 2m − 2u )
QS =
(1 − 2m − 2u )
2 N − 2 N + 4 N (m + u ) + 2(1 − 2m − 2u )
QS =
(1 − 2m − 2u )
4 N (m + u ) + 2(1 − 2m − 2u )
Nous allons maintenant considérer que le taux de migration est faible (c’est le cas
ici) et le taux de mutation aussi. Le taux de mutation moyen des microsatellites est
en effet de l’ordre de u = 10-3 d’après la littérature sur cette question (E,
2000 ; B et L-M, 2002 ; E, 2004). Si nous négligeons
les termes en u et m devant 1 nous obtenons pour QS :
1
QS ≈ (74)
4 N (m + u ) + 2
Nous pouvons maintenant nous servir de ces valeurs d’identité à l’équilibre pour
calculer les FIS et FST à l’équilibre mutation, migration et dérive en utilisant l’équa-
tion (21) du chapitre 2 de la première partie de ce manuel :
1
0−
F = QI − QS ≈ 4 N (m + u ) + 2
IS 1
1 − QS 1−
4 N (m + u ) + 2
1
−0
F = QS − QT ≈ 4 N (m + u ) + 2
ST
1 − QT 1−0
Deux sous-populations
Avec seulement deux sous-populations, comme on peut raisonnablement penser
que ce soit le cas en Guinée avec Boffa et Dubréka et en Côte d’Ivoire avec
Bonon et Sinfra (K et al., 2006), les équations (70), (71) et (73) deviennent :
q s = (1 − m ) + m 2 = 1 − 2m + 2m 2 = 1 − 2m(1 − m )
2
(77)
qd = 1 − q s = 1 − 1 + 2m(1 − m ) = 2m(1 − m ) (78)
Il n’y a cependant pas de façon simple de résoudre le système d’équations (73)
ici et il faut passer par une résolution matricielle avec un logiciel de mathéma-
tiques. Ceci avait déjà été fait dans B et al. (2003) et donne pour FIS et
FST (après correction des erreurs dans les formules) (K et al., 2009,
Appendice) :
γ [q s − γ (q s − q d )]
F =
IS
2 N (1 − γ )[γ (q s − q d ) − 1] − γ [q s − γ (q s − q d )]
F = γ (1 − γ )(q s − q d )
ST
2 N (1 − γ )[1 − γ (q s − q d )] + γ [q d (2γ − 1) − 2q s (γ − 1)]
Si on remplace qd par 1 - qs (dans le cas où n = 2 sous-populations) :
γ [q s − γ (2q s − 1)]
F IS =
2 N (1 − γ )[γ (2q s − 1) − 1] − γ [q s − γ (2q s − 1)]
γ (1 − γ )(2q s − 1)
FST =
2 N (1 − γ )[1 − γ (2q s − 1)] + [(1 − q s )(2γ − 1) − 2q s (γ − 1)]
Sachant que les termes en u² sont négligeables par rapport à 1, on peut considérer
que ≈ 1 - 2u et donc :
(1 − 2u )[q s − (1 − 2u )(2q s − 1)]
FIS =
2 N (1 − 1 + 2u )[(1 − 2u )(2q s − 1) − 1] − (1 − 2u )[q s − (1 − 2u )(2q s − 1)]
(1 − 2u )(1 − 1 + 2u )(2q s − 1)
F ST =
2 N (1 − 1 + 2u )[1 − (1 − 2u )(2q s − 1)] + [(1 − q s )(2 − 2u − 1) + 2q s (1 − 2u − 1)]
Tableau 38
Récapitulatif de l’estimation de la taille des populations (N) et taux de migration (m)
de Trypanosoma brucei gambiense en Côte d’Ivoire et en Guinée. FST’ provient du calcul
décrit auparavant et présenté dans le tableau 37. Les intervalles de confiances à 95 % (Li et Ls)
sont obtenus par bootstrap sur les loci sauf pour l’estimation de m avec le modèle à deux îles
où la méthode du jackknife a été utilisée sur les quatre loci disponibles. Les valeurs de FIS
et de FST utilisées figurent dans le tableau 39.
Méthode Sous-échantillon N Li Ls m Li Ls Nm Li Ls
FST’ Boffa-Dubréka 0,21
Waples Bonon 2000-2002 32 11 90
Bonon 2000-2004 169 69 422
Bonon 2002-2004 97 37 287
Bonon (moyenne) 100 39 266
Dubréka 1998-2002 96 28 342
MLNE Bonon 7 6 13 0,365 0,112 0,836 2,71 0,63 11,01
Maximum Dubréka 5 16 3 0,315 0,918 0,052 1,65 14,66 0,17
likelihood
MLNE Bonon 42 0,050 2,12
Moment Dubréka 77 0,036 2,72
Bonon 0,13 0,05 0,22
Modèle
infinité Boffa 0,05 0,01 0,10
d’îles
Dubréka 0,23 0,10 0,45
Bonon 64 27 109
Modèle
deux Boffa 25 7 50 0,016 0,005 Infini 0,39 0,26 Infini
îles
Dubréka 117 49 223 0,010 0,003 Infini 1,15 0,73 Infini
Bonon 127 53 218
Modèle
îles Boffa 50 14 100
isolées
Dubréka 234 98 446
Moyennes Bonon 68 31 152 0,207 0,112 0,836 1,65 0,34 5,61
Boffa 38 10 75 0,016 0,005 Infini 0,22 0,14 0,10
Dubréka 106 48 254 0,010 0,003 Infini 1,19 5,16 0,31
Tableau 39
Récapitulatif des valeurs utilisées pour le calcul des effectifs clonaux à partir des modèles.
Les FIS ont été calculés avec les données des sept meilleurs loci et en séparant les méthodes
d’isolement (plus d’échantillons). Les intervalles de confiance des FIS correspondent aux
bootstraps sur les loci, ceux du FST à un jackknife sur les quatre loci disponibles dans ce cas
(trois ne varient pas d’un locus à l’autre et donnent un Ô de Weir et Cockerham indéfini.
Sous-échantillon FIS Li Ls
Bonon - 0,663 - 0,825 - 0,534
Boffa - 0,833 - 0,947 - 0,714
Dubréka - 0,517 - 0,719 - 0,359
FST Li Ls
Boffa/Dubréka 0,051 - 0,054 0,156
Dans le cas des estimations effectuées à partir des modèles de populations clonales,
c’est un effectif clonal que l’on estime (population clonale d’une taille Na dérivant à
la même vitesse que celle observée), en principe assez proche de Nc sauf si la popu-
lation n’est pas totalement clonale, auquel cas on risque de surestimer l’effectif réel.
Mais ce n’est pas le cas ici comme on l’a vu.
La première chose que l’on remarque est que les effectifs efficaces et clonaux sont
du même ordre de grandeur et correspondent assez bien aux nombres de per-
sonnes infectées, tels qu’estimés pour chaque foyer dans le tableau 34. Ceci est
étonnant, car on sait que les Ne devraient être très petits par rapport au nombre
réel de souches présentes. Par ailleurs, comme cela avait été montré dans l’article
initial (K et al., 2009), si un taux de mutation de 10-4 est utilisé au lieu de
0,001 comme ici, les effectifs clonaux se trouvent multipliés par 10, suggérant
une sous-estimation du nombre de souches circulantes estimé par les prospec-
tions médicales. Ceci ne devrait cependant pas changer beaucoup l’estimation du
Nm. Or dans ce cas, nous observons une variation entre 0,2 et 2 individus échan-
gés par génération. Si nous prenons un maximum de 10 générations de trypano-
somes par année (comme discuté ailleurs), nous obtenons un maximum
d’individus échangés de l’ordre de 2 à 20 par an. Cela signifie, si une éradication
séquentielle devait être envisagée (idéalement couplée d’ailleurs à une lutte vec-
torielle), qu’il faudrait d’abord s’occuper des plus gros foyers (Dubréka en
Il ne nous reste plus maintenant qu’à étudier comment s’organisent les différentes
souches de cette étude entre elles et comment elles se positionnent par rapport à des
souches de référence des différentes sous-espèces du complexe T. brucei. Nous allons
effectuer pour ce faire une analyse NJTree qui est, à mon avis, la plus illustrative.
Vous connaissez maintenant la procédure par cœur. En prenant le jeu de données
complet, vous le faites passer à la moulinette Create pour obtenir un jeu de don-
nées MSA. Avec ce dernier, vous obtenez une matrice de distances harmoniques de
Cavalli-Sforza et Edwards entre individus (isolats) que vous faites passer dans
MEGA pour dessiner l’arbre. Cet arbre est représenté en figure 98. On peut tout
d’abord y voir une certaine disparité avec l’arbre présenté en figure supplémentaire
de K et al. (2009). Ceci est dû au fait que nous avons utilisé MSA pour calculer
les distances harmoniques de Cavalli-Sforza et Edwards. Je me suis aperçu récem-
ment que Genetix ne calcule en fait pas la distance harmonique, mais une version
plus ancienne. Ensuite, on peut également remarquer que les souches Tbg1 sont
toutes ensemble y compris celles de référence, avec une souche de notre échantillon
très divergent par rapport aux autres. Nous remarquons également que les souches
de référence Tbg1, qui proviennent du Congo et du Cameroun, se groupent avec les
souches de Côte d’Ivoire et jamais avec la Guinée. Ceci est à mettre en parallèle avec
la très forte divergence déjà mise en évidence plus haut entre les souches guinéennes
et les autres. Enfin, on voit nettement que les autres sous-espèces, Tbb, Tbr ne cor-
respondent à rien de concret génétiquement et qu’en particulier Tbg2, lui-même très
hétérogène, n’a aucun rapport génétique avec Tbg1.
CONCLUSION
Après avoir exclu un locus manifestement défectueux, nous avons pu démontrer que
la technique d’isolement ne sélectionne pas des génotypes très particuliers en ce qui
concerne les génotypes obtenus avec les microsatellites. Il apparaît donc que l’appa-
rente sélection de génotypes isoenzymatiques prend davantage sa source dans la
sélection de cellules trypanosomiales à différents stades de développement exprimant
différents loci (régulation de l’expression). Cela confirme, si besoin était, que l’utili-
sation de marqueurs non codants comme les microsatellites est toujours souhaitable
pour effectuer des analyses de génétique des populations inférentielle.
L’analyse de l’hétérozygotie relative (FIS) démontre que la recombinaison sexuée est
suffisamment rare pour n’avoir laissé aucune signature sur les échantillons examinés.
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loci: experimental evidence at the dinucleotide Bandilla W. (eds) : SoftStat ’95 Advances in
locus Gv1CT in Gracilaria gracilis (Rhodophyta). Statistical Software 5, Lucius & Lucius,
Mol. Ecol., 7 : 1569-1573. Stuttgart : 139-151.
Bibliographie 301
Réponses aux questions
Réponse 1 : L’hypothèse faite est que l’échantillonnage ne modifie pas les fréquences
alléliques dans la population, ce qui suppose que cette dernière est suffisamment grande.
Réponse 2 : Les taux de mutation d’une base vers une autre ne sont pas identiques
selon que l’on s’adresse à une transversion ou à une transition (voir le glossaire). Une
telle propriété interférera nécessairement avec les effets d’ordre démographique.
D’ailleurs, la différence est telle qu’on considère en général qu’un site variable ou
SNP ne possède que deux allèles possibles A/G ou C/T.
Réponse 3 : Si s = 1 alors nous obtenons pour les homozygotes 1/1, les hétérozygotes
1/2 et les homozygotes 2/2, en se souvenant que p1 + p2 = 1, des fréquences génoty-
piques respectivement égales à :
1
De = p 12 + p 1 p 2 = p 12 + p 1 p 2 = p 1 ( p 1 + p 2 ) = p 1
2 −1
1
He = 2 p 1 p 2 1 − = 2 p 1 p 2 (1 − 1) = 0
2 − 1
1
R e = p 22 + p 1 p 2 = p 22 + p 1 p 2 = p 2 ( p 1 + p 2 ) = p 2
2 −1
Réponse 4 :
1 1
( p i − p ) 2 = n ∑ ( p i − p ) 2 = n ∑ ( p i2 + p 2 − 2 p i p )
i i
1 1 2p
= n ∑ p i2 + n ∑ p 2 − n ∑ p i
i i i
Et donc
n 2
( pi − p)2 = p 2 + p − 2 p 2 = p 2 − p 2 (CQFD).
n
Réponse 5 : C’est la définition de la variance.
Réponse 6 : Dans un modèle en îles infini, s’il n’existe que des sous-populations
fixées pour l’un des deux allèles présents à un locus, cela signifie que pour une pro-
portion p de populations nous avons p = 1 et pour 1 - p nous avons p = 0. La
variance de p dans ce cas sera égale à :
σ max
2 1 2 1
[ 2 2
]
( p ) = n ∑ ( p i − p ) = n ∑ np (1− p ) + n(1− p )(0 − p ) = p (1− p ) + p 2 (1− p )
2
i i
303
d’où l’on tire facilement :
σ max
2
( p ) = p (1 − p )(1 − p + p ) = p (1 − p ) (CQFD)
Réponse 7 : Détails du calcul d’un G
Supposons que nous avons échantillonné N individus dans deux localités différentes
(échantillons 1 et 2 de tailles respectives N1 et N2). Ces individus ont été génotypés
pour un locus qui présente deux allèles de fréquences p1 et q1 dans l’échantillon 1 et
p2 et q2 dans l’échantillon 2 respectivement. Ces informations nous donnent les
effectifs d’allèles suivants :
Si on considère que les individus des deux échantillons proviennent d’une seule et
même population (pas de différence réelle de leurs fréquences alléliques) alors, la
meilleure estimation de la fréquence des allèles dans la population correspond à la
moyenne des fréquences des deux échantillons. Par conséquent, les effectifs attendus
des allèles deviennent :
Échantillon 2 2 N1 p 1 + 2 N2 p 2 2 N1 p 1 + 2 N2 p 2
2 N2 2 N2 2N2
2N 2N
Soit PMO la probabilité multinomiale d’observer les effectifs du premier tableau si les
fréquences alléliques de chaque échantillon sont correctes et PME la probabilité mul-
tinomiale d’observer ces effectifs si ce sont les effectifs attendus qui sont corrects :
2 N1 (2 N1 p 1 + 2 N2 p 2 ) 2 N1 (2 N1 q1 + 2 N2 q 2 )
2 N1 p1 2 N1q1
(2 N) 2 (2 N) 2
(2 N1 p 1 + 2 N2 p 2 )N2 (2 N1 q1 + 2 N2 q 2 )N2
2 N2 p 2 2 N2 q 2
× 2
(2 N) (2 N) 2
Le ratio du logarithme népérien de la vraisemblance ou G correspond à deux fois le
logarithme népérien du ratio de vraisemblance, soit :
G = 2 ln(PMO/PME), ce qui peut s’écrire (cf page 736 et Box 17.6 dans S et
R, 1981) :
G = 2N1p1 ln(2N1p1) + 2N1q1 ln(2N1q1) + 2N2p2 ln(2N2p2) + 2N2q2 ln(2N2q2)
+ 2N ln(2N) – 2N1 ln(2N1) – (2N1p1 + 2N2p2) ln(2N1p1 + 2N2p2) – (2N1q1
+ 2N2q2) ln(2N1q1 + 2N2q2) – 2N2 ln(N2).
Cette quantité possède des propriétés additives, ce qui signifie que les différents G
calculés pour différents loci peuvent s’additionner, permettant ainsi d’obtenir un G
global offrant donc la possibilité d’un test global.
Réponse 8 : Détails du test de Mantel
Soit M1 et M2 deux matrices de distances entre les mêmes paires d’objets :
m111 m112 m113 m114 m211 m212 m213 m214
m122 m123 m124 m2 22 m2 23 m2 24
M1 = et M 2 =
m133 m134 m2 33 m2 34
m144 m2 44
Une mesure de la corrélation entre ces deux matrices peut par exemple être fournie par :
Z = ∑∑ m1ij m2 ij
i j
Z peut alors être utilisé comme statistique du test de Mantel. Il s’agit de randomiser
un grand nombre de fois (106 pour Genepop) les objets contenus dans une des deux
matrices en mesurant le Z entre la matrice randomisée et l’autre matrice (non ran-
domisée), pour chaque randomisation. La valeur observée du Z peut ensuite être
comparée à la distribution des Z randomisés. D’autres statistiques, telles que le
classique coefficient de corrélation de Pearson ou, comme dans Genepop, le coeffi-
cient de corrélation de rang de Spearman, peuvent également être utilisées à la place
du Z pour le test de Mantel.
ce qui donne :
PId/même grand-parent = 1/2[1/2 + 1/2Ft-2]
Pour le cas où ces gènes proviennent chacun d’un grand-parent différent, ces gènes ne
peuvent être identiques par ascendance que si les deux grands-parents sont apparentés.
Sachant que la probabilité de tirer deux gènes identiques par ascendance chez les
deux grands-parents est égale à l’apparentement entre ces deux grands-parents et
correspond très exactement à la consanguinité de leurs descendants (t - 1) Ft-1 on
obtient alors :
PId/grands-parents différents = Pgrands-parents différents × Ft-1 = 1/2Ft-1
À partir de là, il est facile de poser :
Ft = PId/même grand-parent + PId/grands-parents différents = 1/2[1/2 + 1/2Ft-2] + 1/2Ft-1
Soit, de manière plus compacte :
Ft = 1/4[1 + 2Ft-1 + Ft-2]
est la somme des carrés des résidus (part de la dispersion des points non expliquée
par le modèle) pour un échantillon de taille N, alors on peut écrire que :
AIC = 2k + N[Ln(2πRSS/N) + 1]
où k est le nombre de paramètres dans le modèle.
On voit bien qu’augmenter le nombre de paramètres, même s’il permet un meilleur
ajustement aux données (en diminuant RSS), augmente par ailleurs la valeur de AIC
(k augmente).
Réponse 13 : La famille « quasi » des modèle linéaires généralisés
L’estimation dite quasi-likelihood permet de procéder à une régression sans connaître
entièrement la distribution des résidus de la variable à expliquer, il faut spécifier le
La probabilité de fabriquer des ii dans cette fratrie est égale à pi ou probabilité que
la femelle reçoive un spermatozoïde i. La proportion attendue d’hétérozygotes sous
Hexp/ ii =
1
∑
2 i
pi2 1 − pi2 ( )
Si la mère est hétérozygote ij avec la probabilité 2pipj, elle produit ½ de ij si elle
reçoit du i ou du j avec la probabilité pi et pj respectivement et d’autres hétérozygotes
si elle reçoit d’autres allèles avec la probabilité 1 – pi - pj (voir le tableau).
Mère i j
Père 1/2 1/2
i pi ii 1/2pi ij 1/2pi
j pj ij 1/2pj jj 1/2pj
autre 1-pi-pj autre hétérozygote ½(1 - pi - pj) autre hétérozygote ½(1 - pi - pj)
En tout, nous obtenons dans ce type de fratrie 1/2pi + 1/2pj + 1 - pi - pj, soit 1 -
(p i+ pj)/2 hétérozygotes. Sur l’ensemble, nous obtenons la moyenne pondérée :
p + pj
H obs / ij = ∑2p p i j 1 − i
i, j ≠i 2
La fréquence de i est égale à la fréquence des homozygote ii plus ½ de celle des hété-
rozygotes contenant cet allèle dans ce type de fratries. Donc 1/2pi + 1/2[1/2pi + 1/2pj
+ ½(1 - pi - pj)], soit ½(pi + 1/2). De la même façon, la fréquence de j sera de ½(pj
+ 1/2) et enfin celle des autres allèles, tous hétérozygotes, sera de ½(1 - pi - pj).
Par conséquent, on attend comme hétérozygotes, sous l’hypothèse de panmixie :
ij en fréquence 2½(pi + 1/2)½(pj + 1/2)
i-autre en fréquence 2½(pi + 1/2)½(1 - pi - pj)
j-autre en fréquence 2½(pj + 1/2)½(1- pi- pj)
autre-autre en fréquence
(
∑ 2 1 1 1 − p i − p j 1 − 1 1 1 − p i − p j ) ( )
k ≠ i, j K − 2 2 K − 2 2
ADN
Acide désoxyribonucléique, molécule de base de l’hérédité. En anglais DNA. Pour
plus de détails, consulter n’importe quel manuel de biochimie.
AIC3
Akaike Information Criterion, de son auteur Hirotsugu Akaike (A, 1974), est une
mesure de la qualité d’ajustement d’un modèle statistique estimé par rapport aux don-
nées. Sa valeur dépend à la fois du nombre de paramètres du modèle et de la dispersion
des données autour des valeurs attendues du modèle. Le meilleur modèle est celui qui
présente le plus petit AIC. Plus de détails sont donnés en réponse 12.
Allèle
État héréditaire dans lequel un locus se présente. Chez les diploïdes, chaque individu
présente deux allèles à chaque locus. Ces allèles peuvent être identiques (homo-
zygote) ou différents (hétérozygote).
Allelic dropout (pas de traduction simple)
Phénomène qui fait qu’un allèle n’est pas vu en face d’un autre à cause, par exemple,
d’une compétition pour la Taq polymérase lors d’une PCR avec peu d’ADN. Dans
ce cas, un seul allèle se trouve amplifié et l’individu est erronément interprété homo-
zygote.
Améiotique
Processus de reproduction qui se déroule sans intervention de la méiose.
Apostatique (sélection)
Processus sélectif qui avantage les génotypes ou phénotypes les plus rares. Par défi-
nition une sélection qui maintient une diversité stable.
Arithmétique
Voir Moyenne.
Assortative mating
Processus d’appariement préférentiel des partenaires sexuels qui se ressemblent le
plus phénotypiquement (voir aussi homogamie).
ARN
Acide ribonucléique, normalement transcrit de l’ADN et ensuite traduit en protéine.
313
Autoincompatibilité
Système interdisant l’autofécondation.
Autosome
Désigne un chromosome ordinaire présent en paire dans chaque zygote ou individu
diploïde normal (antonymique de hétérosome).
Auto-stop
Hitchhiking en anglais. Phénomène sélectif au cours duquel la sélection à un locus
entraîne des modifications de la distribution des fréquences génotypiques à un autre
locus lié physiquement (proche sur le même chromosome) ou statistiquement
quand le mode de reproduction est fermé (clonalité, autofécondation…).
Bottleneck
En français goulot d’étranglement. Désigne un processus démographique durant lequel
une population subit une chute brutale d’effectif (nombre d’individus reproducteurs).
Cline
Généralement géographique, il correspond à l’augmentation ou la diminution gra-
duelle des fréquences alléliques à un ou plusieurs loci le long d’un axe géographique
et/ou d’un gradient écologique.
Clonalité
Reproduction asexuée où la descendance est produite sans subir ni ségrégation ni
recombinaison (améiotique) et se retrouve donc génétiquement strictement iden-
tique à l’individu parental, à la mutation somatique près.
CMH (MHC en anglais)
Complexe majeur d’histocompatibilité. Complexe de gènes qui détermine (entre
autres) la reconnaissance du soi et du non soi. Voir aussi HLA.
Coalescence
Phénomène qui décrit l’ascendance commune de deux gènes d’une population. Le
temps de coalescence décrit, par exemple le nombre de générations qu’il est néces-
saire de remonter pour atteindre le gène ancêtre commun de deux gènes pris au
hasard dans la population étudiée.
Codominant
Décrit un marqueur génétique pour lequel tous les hétérozygotes sont distinguables
des homozygotes (ni dominant, ni récessif ).
Consanguinité
Indique la proportion de loci identiques par descendance au sein des individus,
résultant d’un système de reproduction fermé (autofécondation, croisement entre
Dème
Unité démographique d’individus appartenant à la même unité de reproduction ou
partageant les mêmes paramètres de régulation démographique (par exemple, entre
lesquels la compétition intra-spécifique est maximale), synonyme de sous-
population.
Dérive génétique
Décrit le processus par lequel les fréquences alléliques changent d’une génération à
l’autre à cause d’un échantillonnage aléatoire des individus (gamètes, zygotes,
adultes) devant survivre pour participer à la reproduction de la génération suivante
dans une population de taille finie.
Déséquilibre de liaison
Exprime une association non aléatoire entre différents loci (souvent pris par paire).
Beaucoup de facteurs différents peuvent influencer le déséquilibre de liaison (struc-
ture de la population, système de reproduction, sélection, etc.).
Déviance
Terme utilisé en régression linéaire généralisée (GLiM) qui décrit la dispersion de
résidus autour des valeurs attendues définies par le modèle. Consulter des ouvrages
spécialisés pour des définitions plus strictes.
Dioïque
Synonyme de gonochorique (terme un peu désuet aujourd’hui) et signifiant que
l’espèce étudiée est séparée en deux sexes (femelles et mâles) (antonymique de
monoïque).
Diploïde
Caractérise un organisme ou une cellule possédant un matériel génétique (chromo-
somes) en double, à l’exception des chromosomes sexuels quand ces derniers
existent.
Glossaire 315
Directionnelle (sélection)
Processus sélectif tendant à accroître ou décroître (une seule direction) la fréquence
d’un allèle (ou d’un phénotype) dans une population.
Disruptive (sélection)
Sélection directionnelle dans chaque sous-population, mais divergente d’une sous-
population à l’autre.
Dominant
Caractérise un marqueur génétique pour lequel un des allèles masque à l’état hété-
rozygote les autres allèles. Caractérise aussi un tel allèle (antonymique de récessif ).
Dropout
Voir Allelic dropout.
Gamète
Cellule sexuelle normalement haploïde. Chez les animaux, les gamètes femelles sont
appelés ovules et les gamètes mâles spermatozoïdes.
Gaussienne
Se dit d’une distribution de données ordinales continues en forme de cloche (voir
aussi Poissonienne et Logistique).
Gène
Une portion d’ADN qui code pour une fonction, c’est-à-dire transcrite en ARN de
transfert et ensuite en ARN messager (ou mRNA). L’ARN messager devant lui-
même être traduit en molécule active tel un enzyme.
Génotype
Donne la composition allélique complète d’un individu à un locus donné ou à une
série de loci spécifiques (quand précisé).
Haploïde
Caractérise un organisme ou une cellule avec un matériel génétique (chromosomes)
présent en un seul exemplaire. Les cellules sexuelles (gamètes) sont typiquement
haploïdes.
Harmonique
Voir Moyenne.
Hermaphrodite
Se dit d’une espèce à reproduction sexuée où chaque individu peut assurer les deux
fonctions femelle et mâle (antonymique de gonochorique).
Hétérogamie
Processus de reproduction sexuée au cours duquel les individus ou leurs gamètes
sont d’autant plus attirés l’un par l’autre (pour la reproduction) qu’ils diffèrent géné-
tiquement (antonymique de l’homogamie).
Hétérosis
Phénomène sélectif concernant l’ensemble du génome au cours duquel les individus les
plus hétérozygotes (en nombre de loci) sont favorisés (survie et/ou reproduction accrues).
Hétérosome
Synonyme de chromosome sexuel. Chez les espèces dioïques, le déterminisme du
sexe peut être chromosomique. Dans ce cas, la composition en chromosome sexuel
diffère entre les deux sexes (chromosomes XY des mammifères, chromosomes ZW
des oiseaux) (antonymique d’autosome).
Hétérozygote
État d’un locus chez un individu diploïde présentant deux allèles différents (antony-
mique d’homozygote).
Glossaire 317
Hitchhiking
Voir Auto-stop.
HLA
Human Leukocyte Antigen, équivalent du MHC des vertébrés pour l’homme.
Homogamie
Processus de reproduction sexuée au cours duquel les individus ou leurs gamètes
sont d’autant plus attirés entre eux (pour la reproduction) qu’ils se ressemblent géné-
tiquement (antonymique de l’hétérogamie, voir aussi assortative mating).
Homoplasie
Phénomène décrivant l’identité entre deux allèles ne résultant pas d’une parenté
commune récente, qui sont alors qualifiés d’identiques par état. Les microsatellites,
et plus encore les SNP, sont par nature homoplasiques.
Homozygote
État d’un locus chez un individu diploïde présentant deux fois le même allèle (anto-
nymique d’hétérozygote).
Linkage disequilibrium
Voir Déséquilibre de liaison.
Locus
Décrit une portion de l’ADN située dans une position spécifique du génome. Un
locus ne correspond pas nécessairement à un gène.
Logistique
Se dit d’une distribution de données disjointes en vrai et faux (ou 0 et 1) (voir aussi
Gaussienne et Poissonienne).
Métapopulation
Une population composée de plusieurs unités (sous-populations ou dèmes). Chaque
sous-population peut être caractérisée par une probabilité d’extinction ou de recolo-
nisation. Les dèmes peuvent aussi être stables (comme dans un modèle en îles).
Méiose
Processus de production des cellules de la reproduction sexuée ou gamètes. C’est au
cours de ce processus qu’ont lieu la ségrégation des allèles à chaque locus et la recom-
binaison entre loci, pour aboutir à la formation de cellules haploïdes.
Microsatellite
Élément constitutif de l’ADN des eukaryotes. Il s’agit de courtes séquences répétées
d’ADN réparties dans le génome et, la plupart du temps, sans fonction connue.
Mutation
Erreur héréditaire intervenant lors de la duplication de l’ADN.
Monoïque
Synonyme d’hermaphrodite (antonymique de dioïque).
Glossaire 319
Moyenne
Valeur unique x que devraient avoir les N individus i d’une population (ou d’un
échantillon) pour que leur total soit inchangé. Il en existe trois types la moyenne
1 N
arithmétique (la plus courante) x Ari = ∑i =1 xi ; la moyenne géométrique
N
xGeo = N Π iN=1 xi ou racine Nième des N produits x1×x2×…×xi ; la moyenne
1
harmonique x Har = .
1
∑i =1 x
N
Neighbourhood model
Modèle en voisinage. Un modèle théorique de population structurée où la migration
de chaque individu est limitée par la distance, de telle sorte que l’apparentement
entre individus devient une fonction décroissante de la distance qui les sépare, même
en l’absence de toute barrière ou délimitation visible.
Neutre
Définit un locus ou un caractère dont le polymorphisme n’est soumis à aucune
pression sélective d’aucune sorte (antonymique de sélectionné).
Ordinales
Qualifie des données que l’on peut ordonner (comptages ou mesures).
Overdominance
Superdominance. Processus sélectif au cours duquel la survie et/ou le succès repro-
ducteur d’un individu se trouve augmentés si cet individu est hétérozygote à un
locus donné.
Ovule
Gamète femelle.
Pangamie
Décrit un mode d’accouplement aléatoire (indépendant du génotype) des individus
d’une population à reproduction sexuée.
Panmixie
Décrit un mode de reproduction sexuée où les zygotes sont formés par rencontre
aléatoire de tous les gamètes de la population.
Parthénogenèse
Du grec παρθενος (partenos = vierge) and γένεσις (genèse), quand une mère pro-
duit des filles à partir d’ovules non fécondés.
Glossaire 321
l’adénine (A) complémentaire de la thymine (T dans l’ADN) et de l’uracile (U dans
l’ARN) et la guanine (G) complémentaire de la cytosine (C).
Pyrimidines
Base, constituant essentiel des nucléotides eux-mêmes éléments de base des
acides nucléiques (ARN et ADN), complémentaires des purines. Il en existe
trois : la thymine (T), l’uracile (U qui prend la place de T dans l’ARN) et la
cytosine (C).
Récessif
Caractérise un allèle qui est masqué quand hétérozygote avec un autre allèle (anto-
nymique de dominant).
Recombinaison
Processus durant lequel les allèles de loci différents, auparavant associés, se retrouvent
dissociés et réassociés à d’autres allèles. C’est ce qui se passe durant la méiose entre
loci de chromosomes différents ou du même chromosome après crossing-over.
Ségrégation
Processus intervenant lors de la méiose et durant lequel les deux allèles de chaque
locus se trouvent séparés pour devenir indépendants (dans des gamètes différents).
Sélection
Processus durant lequel la survie et/ou le succès reproducteur d’un individu dépend
de son phénotype ou de son génotype d’une manière plus ou moins directe.
Sélectionné
S’applique pour un locus ou un caractère soumis à sélection (antonymique de
neutre).
Self ing
Voir autofécondation.
Sex-ratio
Ratio du nombre de mâles sur le nombre de femelles dans une population. Égal à
un quand il est équilibré.
Somatique
Ce qui vient du soma, c’est-à-dire n’impliquant pas les cellules de la lignée dite ger-
minale (antonymique de germinal).
Sous-dominance
Processus sélectif au cours duquel les individus hétérozygotes à un locus donné
montrent une survie et/ou un succès reproducteur réduit.
Sous-population
Voir Dème.
Spermatozoïde
Gamète mâle.
Stepping-stone model
Voir Pas japonais.
Superdominance
Voir Overdominance.
Taq polymérase
Enzyme : DNA polymérase extraite de l’extrémophile Thermophilus aquaticus
capable de synthétiser de l’ADN à très hautes températures et utilisée pour les réac-
tions de PCR.
Tore
Définit la surface d’une figure géométrique en trois dimensions ayant la forme d’une
bouée ou d’un donut (pour les plus gourmands).
Transition
Mutation ponctuelle consistant au remplacement d’une purine par une autre purine
(A<=>G) ou d’une pyrimidine par une autre pyrimidine (C<=>T) (antonymique de
transversion).
Glossaire 323
Transversion
Mutation ponctuelle consistant au remplacement d’une purine par une pyrimidine
ou d’une pyrimidine par une purine (A<=>T, A<=>C, G<=>C, G<=>T) (antony-
mique de transition).
Underdominance
Voir Sous-dominance.
Végétative
Mode de reproduction purement asexuée où un individu donne naissance à plusieurs
autres individus par simple division (mitose ou scissiparité).
Vigueur hybride
Voir Hétérosis.
Voisinage (Modèle en)
Voir Neighbourhood model.
Wahlund (Effet)
Diminution de l’hétérozygotie observée que produit le mélange dans un même
échantillon d’individus hétérogènes génétiquement.
Zygote
Résultat de la fusion de deux gamètes. Le terme œuf est aussi parfois usité.
Tableau 1
Liste des logiciels cités et/ou utilisés, leur lien pour téléchargement
et références bibliographiques quand elles existent.
325
Tableau 1 (suite)
Annexe 327
Tableau 2 (suite)
AVANT-PROPOS ........................................................................................................................................ 9
INTRODUCTION...................................................................................................................................... 13
329
Hétérosis ........................................................................................................................................... 35
La sélection gamétique ....................................................................................................................... 36
Le régime de reproduction n’est pas panmictique ........................................................................ 36
Autofécondation ................................................................................................................................ 36
Les croisements systématiques entre apparentés .................................................................................... 38
L’homogamie ..................................................................................................................................... 38
L’hétérogamie .................................................................................................................................... 38
La clonalité ........................................................................................................................................ 40
Les générations se chevauchent..................................................................................................... 40
La notion de déficit en hétérozygotes, définitions .................................................................... 40
Populations structurées, effet Wahlund et statistiques F (F-statistics) ................................... 43
L’exemple du modèle en îles .......................................................................................................... 43
Le déficit en hétérozygotes dû à la structuration (effet Wahlund) ............................................... 44
Les statistiques F de Wright (1965)................................................................................................ 46
Définitions classiques .......................................................................................................................... 46
Définitions en fonction des probabilités d’identité .................................................................................. 48
Inférer Nm à partir du FST dans un modèle en îles .................................................................................. 49
Pertinence du modèle en îles ............................................................................................................... 50
Autres modèles de populations structurées................................................................................... 51
Estimateurs non biaisés des statistiques F...................................................................................... 51
Mesures de différenciation génétique alternatives au FST ............................................................. 59
Les R-Statistiques ............................................................................................................................... 59
Le FST maximum possible..................................................................................................................... 60
Différenciation génétique par paire d’échantillons ou d’individus ............................................................. 60
Espèces haploïdes et loci liés au sexe .................................................................................................... 61
Le problème de l’homoplasie ......................................................................................................... 62
Structuration à plus de trois niveaux ............................................................................................. 62
Probabilités (ou indices) d’assignement ......................................................................................... 64
Les déséquilibres de liaison ............................................................................................................ 65
Tests statistiques................................................................................................................................. 67
Bases ................................................................................................................................................... 67
L’hypothèse nulle ............................................................................................................................ 67
Qu’est-ce qu’un test statistique ? .................................................................................................. 68
Risques de première et de seconde espèce ................................................................................... 69
Le principe des randomisations ..................................................................................................... 70
Intervalles de confiance de bootstrap et jackknife ........................................................................ 70
Le bootstrap ...................................................................................................................................... 70
Le jackknife ....................................................................................................................................... 72
Mise en garde.................................................................................................................................... 73
Les permutations ............................................................................................................................ 74
Tester la panmixie locale ................................................................................................................. 76
Tester le FIS ...................................................................................................................................... 76
Tester s’il existe un déficit en hétérozygotes .......................................................................................... 76
La tique Ixodes ricinus et les pathogènes (Borrelia sp.) qu’elle transmet................................... 115
Introduction ..................................................................................................................................... 115
État des lieux ................................................................................................................................... 115
Premier recodage des données ................................................................................................... 118
Premières analyses : indépendance entre allèles
dans et entre loci dans les sous-échantillons ........................................................................... 118
Recherche d’allèles nuls et de dominance d’allèles courts .................................................... 125
Convertir le fichier pour Micro-Checker et ouverture du logiciel ................................................ 125
Analyses des loci autosomiques du premier sous-échantillon par Micro-Checker...................... 125
Analyses des autres sous-échantillons, des autres loci autosomiques et du locus IR08 ............. 127
Bilan des analyses avec Micro-Checker ........................................................................................ 128
Détection de dominance d’allèles courts par la méthode de régression multiple ...................... 129
Bilan de l’analyse des déficits locaux en hétérozygotes .............................................................. 134
Recherche d’une structure cachée (effet Wahlund) ................................................................ 135
Introduction .................................................................................................................................. 135
Construction des fichiers BAPS .................................................................................................... 136
Analyse des fichiers par BAPS ...................................................................................................... 136
Commentaires sur l’analyse des fichiers par BAPS....................................................................... 145
Conclusion sur les déficits en hétérozygotes............................................................................ 146
Structure des populations et schémas de différenciation ...................................................... 147
Structure génétique spécifique à chaque sexe des données brutes
(sans tenir compte de BAPS) ........................................................................................................ 147
Structure génétique spécifique à chaque sexe des données clusterisées par BAPS.................... 150
Interpréter l’ensemble des résultats sur les biais de structuration............................................... 152
Différenciation globale et isolement par la distance ................................................................... 153
Définir différents niveaux de subdivision pour l’analyse hiérarchique ...................................................... 153
Analyse hiérarchique sur données brutes (pas de cluster BAPS) .............................................................. 153
Analyse hiérarchique sur données clusterisées par BAPS ....................................................................... 156
Test d’isolement par la distance ......................................................................................................... 157
Estimation d’effectifs efficaces, extrapolation des densités et de la dispersion.......................... 160
Conclusions sur la biologie et la génétique des populations d’I. ricinus en Suisse .......... 165
Interactions avec les micropathogènes transmis...................................................................... 169
Introduction .................................................................................................................................. 169
Présentation des données ............................................................................................................ 170
Distribution des différentes borrélies dans les femelles et mâles d’I. ricinus .............................. 170
Co-occurrence des différentes espèces de borrélies.................................................................... 174
Occurrence des différentes espèces de borrélies et génétique des tiques.................................. 179
Différenciation entre tiques infectées et non infectées .......................................................................... 179
Différenciation entre tiques infectées par différentes borrélies ............................................................... 182
Biais de structuration spécifique associé au pathogène ......................................................................... 182
Biais de structuration spécifique au pathogène et au sexe..................................................................... 186
Glossina palpalis gambiensis le long de la rivière Mouhoun au Burkina Faso ........................... 189
Introduction ..................................................................................................................................... 189
État des lieux ................................................................................................................................... 189
Premier recodage des données ................................................................................................... 191
Premières analyses : indépendance entre allèles dans et entre loci..................................... 195
Déséquilibres de liaison au sein des quatre zones....................................................................... 195
Test de la panmixie dans les quatre zones d’échantillonnage..................................................... 195
Analyse par Micro-Checker .......................................................................................................... 196
Mise en évidence d’une sous-structuration à l’intérieur des zones A, H, C et D ............. 196
Analyse par piège ......................................................................................................................... 197
Clusters BAPS................................................................................................................................ 199
Isolement par la distance entre individus..................................................................................... 200
Effectifs efficaces .......................................................................................................................... 203
Densités efficaces ......................................................................................................................... 208
Conclusions : isolement par la distance intra-zone (rolling on the river) .................................... 209
Différentiation entre les quatre zones........................................................................................ 210
Analyse HierFstat du jeu de données total partitionné par BAPS ............................................... 210
Comprendre le manque de structure inter-zones avec un peu de théorie ................................. 211
Comprendre le manque de structure inter-zones avec un peu de simulations........................... 213
Conclusions ..................................................................................................................................... 216
IRD
35 € 44, bd de Dunkerque
13572 Marseille cedex 02
ISBN 978-2-7099-1732-2 editions@[Link]
ISSN 1142-2580 [Link]