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Mariage arrangé : un témoignage amer

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Témoignage : « Mes frères, avant

d’emmener votre compagne en


Europe, réfléchissez par deux
fois ! » conseille Jacques Gouem
Publié le lundi 24 juin 2024 à 21h35min
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Nombreux sont les Burkinabè qui vont à


l’étranger dans un mariage arrangé pour
une vie à deux. L’expérience a montré que
une fois en Occident, les choses se
compliquent et difficile devient
l’accomplissement du rêve qu’on s’était
promis avant le mariage : « vivre ensemble,
pour le meilleur et le pire, et ce, jusqu’à ce
que la mort nous sépare ». Jacques Gouem
(nom d’emprunt), Burkinabè résidant en
Allemagne, se retrouve actuellement dans
une situation dont l’issue est incertaine. Lui
qui croyait au départ se marier pour vivre le
bonheur, se retrouve finalement séparé de
son épouse Safi (nom d’emprunt), qu’il
pensait connaître, mais qui se révèle être,
selon ses dires, la cause de ses pires
cauchemars.
Tout a commencé en 2006, lorsqu’il fait la connaissance
d’une demoiselle du même village que lui. Très vite, le
courant passe. Étant en Allemagne pour le travail, il décide
finalement de rentrer au bercail pour officialiser sa relation.
« Après le mariage, je suis reparti et elle m’a rejoint trois
mois plus tard », nous fait-il savoir. Tout allait bien et les
deux vivaient le parfait amour quand, au bout de six mois,
Jacques commence à essuyer les plaintes incessantes de son
épouse. « Avant de me marier à Safi, j’avais déjà une fille
que j’avais eue avec une allemande. Elle s’appelait Kim (nom
d’emprunt). Elle venait à la maison sans problème. Mais un
jour Safi l’a nattée et elle n’a pas aimé. Donc elle a défait sa
tête. C’est comme ça que les problèmes entre ma fille et elle
ont commencé. Kim n’était pas toujours là, à la maison, avec
nous. Mais quand elle venait, il y avait toujours des disputes.
Elle ne l’aimait pas du tout. Je me rappelle qu’un jour, alors
que Kim était à la maison avec nous, elle l’a menacée. Elle a
eu tellement peur qu’elle a sauté du premier étage et s’est
enfuie. J’ai appelé sa mère plus tard qui m’a dit qu’elle était
revenue chez elle en pleurs et toute apeurée… On a vécu des
situations où les deux ne s’entendaient pas pendant une
bonne dizaine d’années. C’était très tendu entre elles. Le
problème est que ma femme Safi est assez menaçante. Quand
elle s’énerve, elle peut vous faire fuir d’un simple regard. On
a donc vécu comme ça jusqu’à ce qu’un jour, mon ex-femme,
allemande, m’appelle pour me demander de la rejoindre à
l’hôpital pour une urgence. Arrivé, le médecin nous a fait
comprendre que ma fille a vécu un sérieux traumatisme et
qu’elle avait pris des médicaments en l’absence de sa mère
qui l’ont malheureusement emportée. C’est comme ça que
j’ai perdu ma fille. C’est comme ça qu’elle est morte », a
retracé un Jacques complètement dépité.
Quand les difficultés financières s’installent,
le divorce devient la seule porte de sortie
La perte d’un être cher est toujours difficile. Et le plus dur à
supporter, ce sont les souvenirs que l’on garde de ce dernier.
On se sent encore plus mal, quand on se rend compte que tout
cela aurait pu être évité, si les bons choix, les bons mots, les
bonnes attitudes avaient été mis à profit, nous confie Jacques.
« Après le décès de ma fille, j’étais épuisé, fatigué, dégouté
par la vie. J’étais comme une personne nouvelle. J’avais du
mal à supporter sa disparition. Pour remonter la pente, j’ai
décidé de faire un retour aux sources. Je suis reparti au
village et j’y ai passé un peu plus d’un mois. J’ai pris le
temps d’échanger avec les gens sur ce que je vis avec ma
femme là-bas et sur ce qui a conduit à la mort de ma fille. On
m’a dit que c’est Dieu qui donne et que c’est lui qui reprend.
On m’a conseillé de repartir sur de nouvelles bases et de faire
table rase du passé. Ce que j’ai essayé de faire, quand je suis
reparti en Allemagne. Mais j’ai été financièrement épuisé par
le décès de ma fille qui est survenu de façon brusque. Là-bas,
l’enterrement coûte extrêmement cher. Ce n’est pas comme
ici où c’est plus quelque chose de social. Là-bas, il faut des
millions pour enterrer quelqu’un. C’était difficile pour moi
de joindre les deux bouts, vu que c’est moi qui m’occupais de
toutes les charges de la famille. Et les charges avaient
augmenté parce que durant les dix ans, j’ai eu deux enfants
avec Safi », nous explique-t-il.
Face à ces difficultés que la vie lui a imposées, Jacques
décide que désormais, les charges devraient être partagées.
Avec sa femme, il tente le dialogue pour parvenir à cette
conclusion, mais tous ses efforts pour lui faire entendre
raison sont balayés du revers de la main, assure-t-il. « Quand
Safi est venue en Allemagne, je l’ai d’abord inscrite au cours
de langue. Après ça, elle a commencé à faire de petits jobs.
Elle a travaillé dans une maison de retraite. Là, elle m’a dit
que c’était difficile et que ce n’était pas le type de travail
qu’il lui fallait. Il fallait donc payer pour qu’elle fasse
d’autres formations. Elle a fait trois à quatre formations.
Mais elle avait un travail. Je lui ai donc demandé de
contribuer désormais pour les charges parce qu’elles étaient
devenues trop lourdes pour moi. Elle a complètement refusé,
alors que c’est comme cela que ça se passe en Europe. Une
seule personne ne peut pas tout supporter. C’est dans ça
qu’elle m’a dit que si telle était ma décision, il était mieux
que chacun prenne sa route. » nous a-t-il confié.
Des démarches entreprises par Safi pour le
divorce
Le fait pour chacun de contribuer pour que le ménage puisse
tenir bon a, des dires de Jacques, suffi à son épouse pour lui
demander le divorce. « J’ai essayé de lui dire que ce n’était
pas la solution ; que ce que je proposais était bel et bien
possible et que c’est comme ça dans presque tous les
ménages, mais elle n’a pas voulu m’écouter. Elle s’est
attaché les services d’un avocat qui me met constamment la
pression pour que je signe les papiers du divorce. Mon
épouse Safi m’a même convoqué deux fois à l’action sociale.
La première fois, on nous a dit de repartir nous entendre
parce que c’était très loin d’être une bonne solution.
La deuxième fois, elle a dit à l’action sociale que j’étais
violent et que je l’avais déjà menacée avec un couteau. J’ai
demandé à ceux qui étaient là-bas de me regarder et de me
dire si je ressemblais à quelqu’un qui pouvait faire du mal à
quelqu’un. Mais comme ils avaient vu son comportement à la
première rencontre, ils ont demandé à ce qu’on se sépare
pour un moment et qu’elle quitte la maison pour se trouver
un autre appartement. Chose qu’elle a faite. Mais en partant,
je l’ai soupçonnée d’emporter avec elle mes papiers. Un jour
je suis venu la surprendre en train de mettre mes papiers dans
des cartons pour les emporter avec elle. Je lui ai dit de tout
vider. J’ai pu récupérer quelques-uns, et je suis allé garder ça
chez un ami », a-t-il expliqué.
Quand un problème d’usurpation d’identité
se mêle au débat
Une fois de retour au village après le décès de sa fille,
Jacques apprend que son épouse n’est pas celle qu’elle
prétend être. En effet, celle-ci utiliserait le nom, le prénom et
la date de naissance d’une de ses cousines avec qui elle est
homonyme (de nom et de prénom). C’est un problème que ses
propres parents savent. Mais jusque-là, personne n’a voulu
changer les choses. « Le procès-verbal de la police confirme
cela après investigation. J’ai personnellement été approché
par la victime, qui m’a dit de dire à ma femme de venir régler
ce problème parce qu’elle en souffrait. Elle m’a dit qu’elle a
constaté cela en allant renouveler sa pièce. A la police, on a
dit que la pièce n’avait pas encore expiré et qu’elle était
toujours valable. A la mairie aussi, il est dit qu’elle est
mariée à moi, alors qu’elle n’est pas encore mariée et pire
encore, je ne suis pas son mari.
Donc elle marche sans document et ne peut pas faire
certaines choses parce que son identité est détenue par une
autre. De mon côté, je suis dans une procédure judiciaire
pour demander la nullité du mariage car j’estime que celle
que j’ai épousée m’a menti sur son identité. Avec ce
document, je peux repartir en Allemagne et montrer que notre
mariage n’est pas valable parce qu’on lui a mis plein de
choses dans la tête. On lui a dit qu’en divorçant, vu qu’elle
partira avec les deux enfants, je vais payer beaucoup. Ce qui
est vrai d’ailleurs. Aussi, elle a menti en disant à l’avocat que
j’ai beaucoup de biens. Là, une fois le divorce prononcé, on
les vend pour la payer. Avec ce que l’action sociale va lui
reverser et ce que la ville aussi va lui donner, c’est beaucoup,
beaucoup d’argent », nous assure-t-il.
« Je note que ma femme a reçu trois
convocations de la justice suite à une plainte de
la victime, sa cousine, et ce, depuis 2021elle n’a
pas réagi », Jacques Gouem
Le tribunal a refusé d’annuler le mariage
Le mercredi 8 mai 2024, Jacques nous apprenait qu’il n’avait
pas obtenu gain de cause auprès d’un Tribunal de grande
instance du Centre-est. Pourtant, selon ses dires, les choses
étaient suffisamment claires en ce sens où le procès-verbal et
le rapport de l’Office national d’identification sont en faveur
de la victime. Pour l’heure, la procédure de divorce du côté
de l’Allemagne suit toujours son cours. Avec son épouse, ils
sont toujours en froid. Et pour que son cas soit réexaminé, il
dispose de deux mois pour faire appel.
« Au début de l’affaire, je me suis attaché les services d’une
avocate, qui m’avait rassuré de régler l’affaire en peu de
temps. Les honoraires et frais de déplacement ont été payés.
Malheureusement à l’heure où je vous parle, l’avocate en
question a rompu le contact. Ma dernière conversation avec
elle date de mai 2023, et cela, après une dizaine de messages.
Elle m’a dit au téléphone que si elle tire beaucoup sur
l’affaire, le procureur risque de bloquer ses dossiers car elle
en a beaucoup dans la zone ; que c’était à chacun de
comprendre… Je me suis demandé où sommes-nous ? Quand
un service est à moitié honoré, que fait-on de l’argent déjà
payé ? »
Faites attention à qui vous voulez emmener
en Europe
La situation que vit Jacques serait monnaie courante en
Europe. Elles seraient nombreuses ces personnes qui ont
souffert de ce type de cas. Et en s’épanchant sur notre média,
Jacques veut attirer l’attention de ses frères africains, car,
comme on le dit : un conseil n’est jamais de trop. « Chacun
doit vraiment réfléchir avant d’emmener, sa compagne qu’il a
mariée, en Europe. Il faut bien réfléchir avant de faire cela
parce que ça peut mal tourner. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de
couples du même village, de la même localité, ou même
africain qui vivent à l’aise et qui se comprennent là-bas. Mais
je vous assure que c’est très rare. Je suis là-bas depuis
longtemps, je sais de quoi je parle. Donc mon dernier mot est
que si vous épousez une femme ici, avant de l’emmener en
Europe, mes frères, réfléchissez par deux fois ! », a-t-il
conseillé.

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