2M371 – Algèbre linéaire 2 Université Pierre et Marie Curie
Mathématiques Année 2016/2017
Quelques exercices élémentaires sur la décomposition de Jordan
Notations et rappels
Dans la suite, n désignera un entier naturel non nul et k un corps commutatif.
• On appelle partition de n tout r-uplet p = (p1 , . . . , pr ), où r ∈ N∗ et p1 , . . . , pr ∈ N∗ vérifient p1 > . . . > pr
et n = p1 + · · · + pr ; pour tout i ∈ [1, r], on appelle pi la i-ième part de p. Avec ces notations, on appelle
diagramme de Young de p le tableau à r lignes et p1 colonnes où chaque ligne i ∈ [1, r] est constituée de
pi carrés. Posant s = p1 et notant, pour tout j ∈ [1, s], qj le nombre de carrés dans la j-ième colonne du
diagramme de Young de p, on obtient une partition q = (q1 , . . . , qs ) de n, que l’on appelle partition conjuguée
de p, et que l’on note p.e En particulier, le diagramme de Young de pe s’obtient en inversant le rôle des lignes
et des colonnes dans celui de p, et on constate en outre que la partition conjuguée de pe est p.
• Pour tout k ∈ N∗ , on définit le bloc de Jordan nilpotent Jk = (αij ) ∈ Mk (k) de taille k en posant, pour tous
i, j ∈ [1, k], αij = 1 si j = i + 1, et αij = 0 sinon. Pour toute partition p = (p1 , . . . , pr ) de n, on pose alors :
Jp1
..
Jp = . ∈ Mn (k) ,
Jpr
et on appelle Jp une matrice de Jordan nilpotente de taille n.
• Soit λ ∈ k. Pour tout k ∈ N∗ , on définit le bloc de Jordan Jk (λ) ∈ Mk (k) de taille k associé à λ en posant
Jk (λ) = Jk + λ Ik . Pour toute partition p = (p1 , . . . , pr ) de n, on pose alors :
Jp1 (λ)
..
Jp (λ) = . ∈ Mn (k) ,
Jpr (λ)
et on appelle Jp (λ) une matrice de Jordan de taille n associée à λ.
• Soient r ∈ N∗ , n1 , . . . , nr ∈ N∗ vérifiant n1 + · · · + nr = n, et λ1 , . . . , λr ∈ k deux à deux distincts. Pour
toutes partitions p1 , . . . , pr de n1 , . . . , nr respectivement, on pose :
Jp1 (λ1 )
..
Jp1 ,...,pr (λ1 , . . . , λr ) = . ∈ Mn (k) ,
Jpr (λr )
et on appelle Jp1 ,...,pr (λ1 , . . . , λr ) une matrice de Jordan associée au r-uplet [(λ1 , n1 ), . . . , (λr , nr )].
Exercices
1 On pose n = 5.
1) Déterminer l’ensemble des partitions de l’entier n.
e
2) Pour chaque partition p de l’entier n, dessiner le diagramme de Young associé à p, puis expliciter p.
2 On pose n = 7, on fixe λ ∈ k, et on considère les partitions p1 = (4, 2, 1), p2 = (3, 2, 2), p3 = (2, 2, 1, 1, 1)
de n. Pour tout j ∈ {1, 2, 3}, construire la matrice de Jordan Jpj (λ) associée à λ ; quelle matrice retrouve-t-on
lorsque λ = 0 ?
3 On pose n1 = 2, n2 = 4, n = n1 + n2 , et on se donne deux scalaires distincts λ1 , λ2 ∈ k. Combien existe-t-il
de matrices de Jordan associées au couple [(λ1 , n1 ), (λ2 , n2 )] ?
1
2M371 – Algèbre linéaire 2 Complément : décomposition de Jordan
4 On pose n = 9. Dans Mn (k), on considère les matrices :
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0
0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0
A = 0 0 0 0 0 1 0 0 0 et B = .
0 0 0 0 0 1 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Soient E un k-espace vectoriel de dimension n et u ∈ End(E).
1) On suppose qu’il existe une base de E dans laquelle u a pour matrice A.
a. Justifier que u est nilpotent.
b. Soit d l’indice de nilpotence de u. Déterminer les valeurs de d et de dim(ker ui ), pour tout i ∈ [0, d].
2) Reprendre les questions de 1) dans le cas où u a pour matrice B dans une certaine base de E.
5 Soient E un k-espace vectoriel de dimension n, et u un endomorphisme nilpotent de E d’indice d. Pour
tout i ∈ [0, d], notons ki la dimension de ker(ui ).
1) On suppose que d = 4, k1 = 3, k2 = 5, k3 = 7, k4 = 8.
a. Que vaut l’entier n ?
b. Justifier que u admet une unique réduction de Jordan, puis expliciter cette réduction.
2) Reprendre les questions de 1) dans le cas où d = 3, k1 = 6, k2 = 10, k3 = 11.
6 On suppose k = R, et on s’intéresse au sous-ensemble MP de Mn (R) constitué des matrices ayant pour
polynôme caractéristique P (X) = X 4 + 4X 3 − 2X 2 − 12X + 9.
1) Que vaut l’entier n ?
2) Prouver que P admet deux racines doubles et distinctes λ1 , λ2 ∈ R.
3) Soit JP le sous-ensemble de Mn (R) constitué des matrices J pour lesquelles il existe des partitions p1 et p2
de 2 telles que J = Jp1 ,p2 (λ1 , λ2 ).
a. Déterminer JP .
b. Soit M ∈ Mn (R). Prouver que les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) M ∈ MP .
(ii) M est semblable à une matrice de JP .
7 Dans le Q-espace vectoriel E = Q4 , on s’intéresse à l’endomorphisme φ ayant pour matrice dans la base
canonique :
4 3 4 2
1 3 2 1
M = 0
.
0 2 0
−3 −4 −6 −1
1) a. Prouver que le polynôme caractéristique χφ de φ égale (X − 2)4 .
b. En déduire que φ admet une unique réduction J de Jordan, puis indiquer les formes admissibles pour J.
2) Pour tout i ∈ N, posons Fi = ker(φ − 2 idE )i et ki = dim Fi .
a. Montrer que {0E } = F0 ( F1 ( F2 ( F3 = E, et que k1 = 2, k2 = 3.
b. En déduire l’expression de la matrice J.
3) On se propose maintenant de déterminer une base de E dans laquelle φ a pour matrice J.
a. Soient u3 ∈ F3 rF2 , u2 = (φ − 2 idE )(u3 ), u1 = (φ − 2 idE )(u2 ). Montrer que u2 ∈ F2 rF1 , u1 ∈ F1 rF0 .
b. Justifier l’existence d’un vecteur u4 ∈ F1 tel que Vect(u1 , u4 ) = F1 .
c. Prouver que la famille U = (u1 , u2 , u3 , u4 ) est une base de E.
d. Vérifier que matU (φ) = J, puis expliciter de tels vecteurs u1 , u2 , u3 , u4 .
2
2M371 – Algèbre linéaire 2 Complément : décomposition de Jordan
Correction des exercices
1 1) On a n = 5 = 4 + 1 = 3 + 2 = 3 + 1 + 1 = 2 + 2 + 1 = 2 + 1 + 1 + 1 = 1 + 1 + 1 + 1 + 1. Par suite, n admet
sept partitions, à savoir p1 = (5), p2 = (4, 1), p3 = (3, 2), p4 = (3, 1, 1), p5 = (2, 2, 1), p6 = (2, 1, 1, 1) et
p7 = (1, 1, 1, 1, 1).
2) Les diagrammes de Young D1 , . . . , D7 associés aux partitions p1 , . . . , p7 précédentes sont :
D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7
f1 = (1, 1, 1, 1, 1), p
De fait, p f2 = (2, 1, 1, 1), p
f3 = (2, 2, 1), p
f4 = (3, 1, 1), p
f5 = (3, 2), p
f6 = (4, 1) et p
f7 = (5).
2 Par définition même d’une matrice de Jordan de taille n associée à λ :
λ 1 0 0 0 0 0
λ 1 0 0 0 0 0
λ 1 0 0 0 0 0
0 λ 1 0 0 0 0 0 λ 1 0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0
0 0 λ 1 0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0 0 λ 1 0 0 0
Jp1 =
0 0 0 λ 0 0 0 , J p2 = 0 0 0 λ
1 0 0 , Jp3
=
0 0 0 λ 0 0 0 .
0 0 0 0 λ 1 0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0 0 λ 0 0
0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0 0 λ 1 0 0 0 0 0 λ 0
0 0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0 0 λ 0 0 0 0 0 0 λ
Pour tout j ∈ {1, 2, 3}, Jpj (0) est la matrice de Jordan nilpotente Jpj de taille n = 7 pour la partition pj de n.
3 Par définition, une matrice de Jordan associée au couple [(λ1 , n1 ), (λ2 , n2 )] est une matrice de la forme
Jp1 ,p2 (λ1 , λ2 ), où p1 et p2 désignent des partitions respectives de n1 et n2 . Désignons par N1 et N2 le nombre
de partitions de n1 et n2 respectivement. Comme :
n1 = 4 = 3 + 1 = 2 + 2 = 2 + 1 + 1 = 1 + 1 + 1 + 1 et n2 = 2 = 1 + 1,
on constate que N1 = 5, N2 = 2, et qu’il existe ainsi N1 N2 = 5 · 2 = 10 matrices de Jordan associées au couple
[(λ1 , n1 ), (λ2 , n2 )]. On a par exemple, lorsque p1 = (3, 1) et p1 = (2) :
λ1 1 0 0 0 0
0 λ1 1 0 0 0
0 0 λ 0 0 0
Jp1 ,p2 (λ1 , λ2 ) = 1 .
0 0 0 λ 0 0
1
0 0 0 0 λ2 1
0 0 0 0 0 λ2
4 Pour tout i ∈ N, posons ki = dim(ker ui ) ; on a donc k0 = 0.
1) a. Posons p = (3, 3, 2, 1). En remarquant que :
A = diag(J3 , J3 , J2 , J1 ) = Jp ,
on constate que A est une matrice de Jordan nilpotente, donc que u est nilpotent.
b. Nous savons que la partition p précédente est uniquement déterminée par u, au travers de la relation :
pe = (k1 − k0 , . . . , kd − kd−1 ).
En particulier, l’indice de nilpotence d de u correspond donc à la plus grande part de p, d’où d = 3, puis
k3 = n = 9. Par ailleurs, le diagramme de Young de p étant :
on constate que pe = (4, 3, 2), et on en déduit ainsi que k1 = 4 et k2 = 7.
3
2M371 – Algèbre linéaire 2 Complément : décomposition de Jordan
2) Adoptons un raisonnement similaire à celui tenu en 1). Ayant B = diag(J7 , J2 ) = Jp , avec p = (7, 2), u est
nilpotent d’indice d = 7, d’où k7 = n = 9. Par ailleurs, le diagramme de Young de p étant :
on obtient pe = (2, 2, 1, 1, 1, 1, 1), dont on déduit k1 = 2, k2 = 4, k3 = 5, k4 = 6, k5 = 7, k6 = 8.
5 Remarquons tout d’abord que l’on a systématiquement k0 = 0.
1) a. Comme u est nilpotent d’indice d = 4, on a E = ker u4 , donc n = k4 = 8.
b. L’endomorphisme u étant nilpotent, il admet une unique réduction de Jordan de la forme Jp , où p est
une partition de n = 8 entièrement déterminée par u. En effet, considérant la partition :
q = (k1 − k0 , k2 − k1 , k3 − k2 , k4 − k3 ) = (3, 2, 2, 1)
de n = 8, nous savons que pe = q, autrement dit que p = q.
e Le diagramme de Young de q étant :
on obtient ainsi p = (4, 3, 1), et donc :
0 1 0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 0
0 0 0 1 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
Jp =
.
0 0 0 0 0 1 0 0
0 0 0 0 0 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
2) Adoptons un raisonnement analogue à celui tenu en 1). Comme u est nilpotent d’ordre d = 3, on a d’une
part n = k3 = 11, et d’autre part existence d’une unique réduction de Jordan Jp pour l’endomorphisme u,
où p est une partition de n entièrement déterminée par u. Posant :
q = (k1 − k0 , k2 − k1 , k3 − k2 ) = (6, 4, 1),
nous savons que pe = q, i.e. p = q.
e Le diagramme de Young de q étant :
il vient p = (3, 2, 2, 2, 1, 1), et donc :
0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Jp =
0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 .
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
6 1) Par définition, le polynôme caractéristique d’une matrice de Mn (R) est de degré n, d’où n = deg P = 4.
4
2M371 – Algèbre linéaire 2 Complément : décomposition de Jordan
2) Un calcul élémentaire montre que P (X) = (X − 1)2 (X + 3)2 , d’où le résultat avec λ1 = 1, λ2 = −3.
3) a. L’entier 2 admettant pour seules partitions (2) et (1, 1), l’ensemble JP est donc constitué des matrices :
λ1 0 0 0 λ1 1 0 0 λ1 0 0 0 λ1 1 0 0
0 λ1 0 0 0 0 0
, 0 λ1 0 , 0 λ1 0 , 0 λ1 0 .
0 0 λ2 0 0 0 λ2 0 0 0 λ2 1 0 0 λ2 1
0 0 0 λ2 0 0 0 λ2 0 0 0 λ2 0 0 0 λ2
b. (i) ⇒ (ii) : Si M ∈ MP , on a χM (X) = P (X) = (X − λ1 )2 (X − λ2 )2 , et M admet ainsi une réduction de
Jordan du type Jp1 ,p2 (λ1 , λ2 ), où p1 et p2 désignent des partitions de 2. On a donc existence de J ∈ JP
et P ∈ GL4 (R) telles que P −1 M P = J. D’où (ii).
(ii) ⇒ (i) : Supposons (ii), i.e. qu’il existe J ∈ JP et P ∈ GL4 (R) telles que M = P JP −1 . Il est alors
clair que χM (X) = χJ (X) = P (X), ce qui prouve que (i) est vérifiée.
7 Notons E la base canonique de E.
1) a. Puisque M = matE (φ), on a χφ (X) = χM (X). Or :
X −4 −3 −4 −2
X −4 −3 −2
−1 X −3 −2 −1
χM (X) = = (−1)3+3 · (X − 2) · −1 X −3 −1 ,
0 0 X −2 0
3 4 X +1
3 4 6 X +1
avec, faisant C2 ← C2 + (X − 3)C1 et C3 ← C3 − C1 dans le déterminant de taille 3 précédent :
X −4 −3 −2 X −4 X 2 − 7X + 9 −(X − 2)
−1 X −3 −1 = −1 0 0
3 4 X +1 3 3X − 5 X −2
X 2 − 7X + 9 −(X − 2)
= (−1)2+1 · (−1) ·
3X − 5 X −2
= (X − 2)[(X 2 − 7X + 9) + (3X − 5)]
= (X − 2)3 .
Par suite, χφ (X) = (X − 2)4 .
b. D’après 1.a, φ admet une unique réduction de Jordan J de la forme Jp (2), où p désigne une partition de
l’entier 4. Les partitions de 4 étant p1 = (4), p2 = (3, 1), p3 = (2, 2), p4 = (2, 1, 1), p5 = (1, 1, 1, 1), on
en déduit que J est égale à une et une seule des matrices suivantes :
2 1 0 0 2 1 0 0 2 1 0 0
0 2 1 0 0 2 1 0 0 2 0 0
Jp1 (2) =
0 0 2 1 , Jp2 (2) = 0 0 2 0 , Jp3 (2) = 0 0 2 1 ,
0 0 0 2 0 0 0 2 0 0 0 2
2 1 0 0 2 0 0 0
0 2 0 0 0 2 0 0
Jp4 (2) =
0 0 2 0 , Jp5 (2) = 0 0 2 0 .
0 0 0 2 0 0 0 2
2) a. D’après le théorème de Cayley-Hamilton, on a 0 = χφ [X := φ] = (φ − 2 idE )4 , ce qui montre que
(φ − 2 idE ) est nilpotent. Notant d ∈ N∗ son indice de nilpotence, nous savons que :
{0E } = F0 ( · · · ( Fd = E.
Ayant M = matE (φ), avec :
2 3 4 2 2 3 0 0
1 1 2 1 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
M − 2 I4 −3 −4 −6 −3 C ←C −2C −3 −4 0 0
=
−−−−−−−−→
3 3 1 ,
I4 1 0 0 0 C ←C
4 4 1 −C 1 0 −2 −1
0 1 0 0 0 1 0 0
0 0 1 0 0 0 1 0
0 0 0 1 0 0 0 1
5
2M371 – Algèbre linéaire 2 Complément : décomposition de Jordan
on constate que rg(φ− 2 idE ) = rg(M − 2 I4 ) = 2, d’où k1 = 2 en vertu du théorème du rang. En outre, les
calculs précédents montrent que les vecteurs (−2, 0, 1, 0) et (−1, 0, 0, 1) engendrent F1 . Enfin, puisque :
1 1 2 1 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
(M − 2 I4 )2 =
0
,
(M − 2 I4 )3 = 0 0 0 0 ,
0 0 0
−1 −1 −2 −1 0 0 0 0
on constate que rg(φ − 2 idE )2 = rg(M − 2 I4 )2 = 1, d’où k2 = 3, puis que d = 3.
e nous savons que J = Jp (2). Ayant clairement k0 = 0, on
b. Posant q = (k1 − k0 , k2 − k1 , k3 − k2 ) et p = q,
obtient q = (2, 1, 1) en vertu de 2.a. Le diagramme de Young q étant :
on en déduit que p = (3, 1). Reprenant les notations de 1.b, on a ainsi obtenu J = Jp2 (2).
3) a. Comme u3 ∈ F3 , on a (φ−2 idE )2 (u2 ) = (φ−2 idE )2 [(φ−2 idE )(u3 )] = (φ−2 idE )3 (u3 ) = 0E , i.e. u2 ∈ F2 .
Comme u3 ∈ / F2 , on a par ailleurs (φ − 2 idE )(u2 ) = (φ − 2 idE )[(φ − 2 idE )(u3 )] = (φ − 2 idE )2 (u3 ) 6= 0E ,
/ F1 . Ainsi, u2 ∈ F2 rF1 , et on a dès lors (φ − 2 idE )(u1 ) = (φ − 2 idE )2 (u2 ) = 0E , i.e. u1 ∈ F1 ,
i.e. u2 ∈
et (φ − idE )0 (u1 ) = (φ − 2 idE )(u2 ) 6= 0E , i.e. u1 ∈
/ F0 , donc u1 ∈ F1 rF0 .
b. Comme u1 ∈ F1rF0 = F1r{0E }, la famille (u1 ) est une famille libre de F1 . F1 étant de dimension k1 = 2,
le théorème de la base incomplète assure l’existence d’un tel vecteur u4 .
c. Montrons que U est libre. Soient α1 , α2 , α3 , α4 ∈ Q tels que :
α1 u1 + α2 u2 + α3 u3 + α4 u4 = 0E . (1)
Ayant u1 , u4 ∈ F1 , u2 ∈ F2 et F1 ⊂ F2 , on a (φ − 2 idE )2 (ui ) = 0E pour tout i ∈ {1, 2, 4}. En appliquant
(φ − 2 idE )2 à (1), il vient ainsi :
0E = α3 (φ − 2 idE )2 (u3 ) = α3 u1 .
Comme u1 ∈
/ F0 = {0E }, la relation précédente entraine α3 = 0. Ainsi, (1) implique :
α1 u1 + α2 u2 + α4 u4 = 0E . (2)
Ayant u1 , u4 ∈ F1 , i.e. (φ − 2 idE )(ui ) = 0E pour tout i ∈ {1, 4}, en appliquant (φ − 2 idE ) à (2), il vient :
0E = α2 (φ − 2 idE )(u2 ) = α2 u1 ,
donc α2 = 0 puisque u1 6= 0E . Par suite, (2) implique :
α1 u1 + α4 u4 = 0E . (3)
D’après 3.b, la famille (u1 , u4 ) étant une base de F1 , on déduit de (3) que α1 = α4 = 0. Par conséquent,
la famille U est bien libre, et étant constituée de 4 = dim E vecteurs, il s’agit bien d’une base de E.
d. D’après 2.b, dire que φ a pour matrice J dans une base B = (b1 , b2 , b3 , b4 ) de E signifie que :
• φ(b1 ) = 2b1 et φ(b4 ) = 2b4 , i.e. b1 , b4 ∈ F1 ,
• φ(b2 ) = b1 + 2b2 , i.e. b1 = (φ − 2 idE )(b2 ),
• φ(b3 ) = b2 + 2b3 , i.e. b2 = (φ − 2 idE )(b3 ).
Par définition même des vecteurs u1 , u2 , u3 , u4 , il est donc clair que matU (φ) = J. Explicitons à présent
de tels vecteurs u1 , u2 , u3 , u4 . Posons tout d’abord u3 = (1, 0, 0, 0) ∈ E = F3 ; d’après 2.a, ayant :
1 2 1 2 1
0 1 0 1 0
(M − 2 I4 )
0 = 0 ,
(M − 2 I4 )2
0 = (M − 2 I4 ) 0 = 0 ,
0 −3 0 −3 −1
on remarque que u3 ∈ / F2 , donc que u3 ∈ F3 r F2 , puis que u2 = (2, 1, 0, −3) et u1 = (1, 0, 0, −1)
conviennent. D’autre part, la base de F1 déterminée en 2.a nous permet d’affirmer que les vecteurs u1 et
(−2, 0, 1, 0) forment une base de F1 , et qu’il suffit donc de poser u4 = (−2, 0, 1, 0).