Anatomie et maladies du système nerveux
Anatomie et maladies du système nerveux
Fondements et problèmes
cliniques
MED-1216
AUTOMNE 2019
MED-1216
AUTOMNE 2019
Nous tenons à remercier les quatre étudiantes qui sont à l’origine de ce travail
colossal soit les Dres Catherine Blier, Maude Cameron-Gagné, Claudia LeBlanc
et Justine Rheault pour la version originale de ces notes de cours rédigée en
2017. Nous remercions aussi Olivier Veilleux, David Bergeron et Michaël St-
Gelais pour la rédaction antérieure de matériel pédagogique abordant des
sujets d’ordre neurologique. Un grand merci aux professeurs neurologues et
neurochirurgiens pour leur matériel pédagogique sur lequel nous avons eu la
chance de nous baser (Dr Denis Brunet, Dre Marie-Christine Camden, Dr
Richard Desbiens, Dre Anne Dionne, Dr François Émond, Dre Marie Gourdeau,
Dre Mélanie Langlois, Dre Karine Michaud, Dr Jérôme Paquet, Dr Martin Savard,
Dr Michel Sylvain et la Dre Tina Thomas).
[Link]
a-brain/
Table des matières
3.
2.
o Artère carotide commune gauche
1.
• Chaque artère carotide commune se divise en deux branches au niveau cervical :
Branche atriale o Artère carotide interne (irrigation du cerveau aucune branche intra-cervicale)
4
• Artère basilaire :
o Trajet : Chemine sur la portion ventrale de la protubérance. Se divise au niveau de la
jonction ponto-mésencéphalique pour former les 2 artères cérébrales postérieures.
5
o Artère cérébelleuse supérieure (SCA)
Le nerf oculomoteur Localisation : au niveau de la région rostrale de la protubérance
(NC3) passe entre la Irrigation : pont rostral latérodorsal + portion supérieure du cervelet
SCA et la PCA. o Artère cérébrale postérieure (PCA)
Localisation : Entoure le mésencéphale
Irrigation : mésencéphale + grande portion du thalamus + portion inféro-
médiane des lobes temporaux + portion médiane des lobes occipitaux
(incluant le cortex visuel)
o Artère acoustique
o Branches paramédianes (irrigation de la portion médiane du tronc cérébral)
C. Polygone de Willis
• Polygone qui unit la circulation antérieure à la circulation postérieure.
• Le polygone offre plusieurs opportunités de circulation collatérale qui peuvent compenser
pour une diminution du débit sanguin au niveau d'un vaisseau.
o Toutefois, il y a des variantes anatomiques d’une personne à l’autre. Seulement 34%
de la population possède un polygone de Willis complet et de calibre normal.
• Artères constituant le polygone :
o Artères cérébrales antérieures
o Artère communicante antérieure (anastomose entre les deux ACA)
o Artères cérébrales moyennes
o Artères communicantes postérieures (anastomose entre l'artère carotide interne et
l'artère cérébrale postérieure)
o Artères cérébrales postérieures
Netter FH. The Ciba Collection of Medical Illustrations Volume I (Nervous System); CIBA, 1986.
6
KIM J., MUKOVOZOV I., Toronto Notes 2017
&
7
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1
NEU-002. Décrire le rôle de O2 et de la TA dans l’autorégulation de la circulation cérébrale
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1
8
1.1.2 Les voies motrices
A
2 systèmes moteurs latéraux:
Faisceau corticospinal latéral (voie pyramidale)
- Essentiel pour les mouvements rapides requérant de la
dextérité au niveau des doigts et des articulations.
Faisceau rubro-spinal
- Joue potentiellement un rôle dans la décortication.
Ces 2 faisceaux subissent une décussation (traversent du côté controlatéral
du corps contrôlent les extrémités controlatérales)
o Système moteur médial:
Voyage en antéro-médial dans la moelle épinière.
Contrôle les mouvements axiaux proximaux et les mouvements du tronc
impliqués dans la posture, l'équilibre, les ajustements de la tête et du cou, et
les mouvements automatiques reliés à la démarche.
Ces faisceaux ne subissent pas de décussation.
9
B. Voie pyramidale
• Voie motrice la plus importante d’un point de vue clinique.
• Fonction : contrôle les mouvements des extrémités.
• Une lésion le long du trajet est normalement facile à identifier (déficits caractéristiques).
10
o Divisée en 3 parties :
Bras antérieur : sépare la tête du noyau caudé du globus pallidus et du
putamen.
Genou : au niveau du foramen de Monro.
Bras postérieur : sépare le thalamus du globus pallidus et du putamen.
o Le faisceau corticospinal voyage dans le bras postérieur de la capsule interne
Organisation somatotopique : les fibres pour le visage sont situées plus
antérieurement, alors que celles pour les bras et les jambes sont situées plus
postérieurement.
Malgré l'organisation somatotopique, les fibres sont très condensées. Une
lésion à ce niveau provoque donc une faiblesse de tout le corps controlatéral
(hémiparésie pure, proportionnelle).
o Les fibres poursuivent ensuite leur trajet vers les pédoncules cérébraux du
mésencéphale.
11
4. Protubérance:
o Les fibres corticospinales descendent dans la protubérance ventrale. Il y a alors
formation de fascicules épars qui se rassemblent pour former les pyramides
médullaires (d’où le terme voies pyramidales)
À noter que les pyramides ne contiennent pas uniquement le faisceau
corticospinal latéral.
5. Bulbe rachidien
6. Jonction bulbo-cervicale (au niveau du foramen magnum)
o Décussation pyramidale (85% des fibres) : les fibres nerveuses entrent dans la
matière blanche latérale controlatérale, pour y former le faisceau corticospinal
latéral.
o Les fibres qui n’ont pas décussées (15%) poursuivent leur trajet dans la matière
blanche ipsilatérale pour former le faisceau corticospinal antérieur.
7. Moelle épinière
o Organisation somatotopique préservée (fibres qui contrôlent les membres
supérieurs localisées médialement par rapport à celles qui contrôlent les membres
inférieurs).
o Le motoneurone supérieur établit une synapse avec son motoneurone inférieur dans
la corne ventrale antérieure de la moelle (matière grise) au niveau correspondant.
12
Voie pyramidale
&
10
13
C. Dessiner l’homonculus moteur
• L’homonculus moteur est une représentation topographique des aires motrices et sensitives
au niveau du cortex cérébral. Il est identique dans les deux hémisphères (image miroir).
• La taille des régions est proportionnelle à l'importance motrice de la fonction (certaines
régions du corps sont plus innervées que d’autres).
• De supérieur à inférieur, on retrouve :
o Membres inférieurs
o Membres supérieurs
o Visage
o Langue
o Déglutition
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1
• Faiblesse musculaire
• Tonus musculaire augmenté spasticité
• Hyperréflexie (réflexes ostéo-tendineux augmentés)
• Signe de Babinski :
o Réflexe cutané plantaire : gratter le dessous du pied des talons aux orteils.
Réponse normale : flexion plantaire (flexion des orteils)
Réponse anormale (signe de Babinski) : extension plantaire (extension des
orteils)
11
14
Attention : Lors d’une lésion aigue du motoneurone supérieur, on retrouve initialement une paralysie
flasque (choc spinal), caractérisée par un tonus musculaire diminué et une hyporéflexie. Le
développement de la spasticité et de l’hyperréflexie se développe après des heures ou même des mois.
• Faiblesse musculaire
• Atrophie musculaire
• Tonus musculaire diminué (hypotonie)
• Hyporéflexie (ROT diminués)
• Signe de Babinski négatif (réflexe cutané plantaire = flexion)
• Fasciculations :
o Brève secousse musculaire involontaire correspondant à l'action isolée d'un axone
moteur et de l'ensemble des fibres musculaires qui en dépendent.
« Some Say Marry Money, But My Brother Says Big Brains Matter Most. »
• Fonctions :
o Motrice noyau facial
Innervation des muscles du visage (mimique faciale)
Modulation du volume de l’audition (muscle stapédien)
Fermeture des paupières (muscle orbiculaire)
12
15
o Sensitive viscérale noyau gustatif (solitaire rostral)
Goût 2/3 antérieur de la langue
o Sensitive somatique noyau spinal du trijumeau
Petite région près de l’oreille externe
o Parasympathique noyau salivaire supérieur
Lacrimation
Salivation (glandes sublinguales et submandibulaires)
• Motoneurone supérieur :
o Le motoneurone supérieur part du cortex moteur primaire. Il décusse dans la
matière blanche du cerveau. Il établit ensuite une synapse avec le motoneurone
inférieur au niveau du noyau facial, qui est situé dans la protubérance.
o IMPORTANT :
Partie inférieure du visage : innervée par le motoneurone supérieur
controlatéral.
Partie supérieure du visage (front et une partie du muscle orbiculaire) :
innervée par le motoneurone supérieur ipsilatéral et controlatéral
(reçoit des projections des 2 hémisphères du cerveau).
• Motoneurone inférieur :
o Lorsqu’on fait référence au « nerf facial », on fait habituellement référence à son
motoneurone inférieur.
o Le fascicule nerveux sort du noyau facial et se dirige dorsalement, pour former une
boucle autour du noyau du NC VI.
o Le nerf émerge antérieurement à la jonction bulbo-protubérantielle, pour ensuite
franchir l’angle ponto-cérébelleux (en compagnie du NC VIII).
o Il chemine ensuite dans le conduit auditif interne (avec le NC VIII), pour poursuive
son trajet dans le canal facial, jusqu’au ganglion géniculé (contient le corps cellulaire
des neurones sensitifs du goût et de la région près de l’oreille externe). La majeure
partie du nerf facial sort de la boîte crânienne au niveau du foramen stylo-
mastoïdien. Les fibres passent à travers la glande parotide pour se diviser en 5
branches motrices : une branche temporale, une branche zygomatique, une branche
buccale, une branche mandibulaire et une branche cervicale.
• Certaines particularités anatomiques font en sorte qu’en présence d’une atteinte du nerf
facial, il faut rechercher une atteinte des nerfs adjacents (NC VI et NC VIII).
• Une atteinte combinée du NC VII et du NC VIII suggère une lésion de l’angle ponto-
cérebelleux (ex. schwannome vestibulaire (neurinome acoustique)) ou du conduit auditif
interne.
13
16
NEU-022 Différentier une atteinte centrale du VII nerf d’une atteinte périphérique
• Important cliniquement de distinguer les faiblesses faciales causées par une lésion au
motoneurone supérieur ou inférieur.
• Lésion unilatérale du motoneurone supérieur:
o Destruction du cortex moteur ou des faisceaux situés entre le cortex moteur et le
noyau facial.
o Caractéristiques :
Front épargné (ou atteinte de façon clairement moindre que le bas du visage)
Légère faiblesse du m. orbiculaire de l’œil controlatéral : élargissement de la
fente palpébrale (incapacité de fermer complètement l'œil) : rare
Faiblesse de la partie inférieure du visage controlatéral
Atteintes associées possibles : (présents uniquement lors d’une atteinte du
motoneurone supérieur) :
Faiblesse de la main ou du bras
2
Perte de sensibilité de la main ou du bras
Aphasie
Dysarthrie
o Prototype : ?
>
- pour quoi
AVC
• Lésion unilatérale du motoneurone inférieur :
o Destruction du noyau facial ou du nerf facial n’importe où le long de son trajet.
o Caractéristiques :
Faiblesse de toute la moitié du visage ipsilatéral (n'épargne pas le front et
proportionnelle)
Hyperacousie
Perte de la sensation du goût de la langue antérieure
o Prototypes :
Paralysie de Bell
Avant de conclure à une paralysie de Bell, il faut exclure les autres
causes d’atteinte du 7ème nerf crânien en cherchant des lésions aux
structures adjacentes.
Trauma (particulièrement les fractures de l'os pétreux)
14
17
KIM J., MUKOVOZOV I., Toronto Notes 2017
15
18
Capsule : paralysie de Bell
• Désordre du nerf facial le plus commun
• Paralysie faciale aigue :
o Toutes les divisions du nerf facial sont affaiblies pour quelques jours à semaines, puis
redeviennent graduellement à la normale (dans la majorité des cas).
• Cause inconnue
o L’atteinte inflammatoire du nerf par un mécanisme immun associé au virus herpès simplex
semble être de plus en plus acceptée comme une cause fréquente de paralysie de Bell.
(controverse).
o L’herpès zoster est le second agent étiologique le plus souvent.
o D’autres agents infectieux sont aussi associés à cette maladie.
• Facteurs de risque :
o Pas de prédisposition géographique, raciale ou sexuelle
o Grossesse (risque X 3)
o Diabète (associé à 10-15% des cas)
• Diagnostic : basé sur l’histoire et l’examen physique
o Souvent précédé d’une douleur rétro-auriculaire ou mastoïdienne
o Faiblesse faciale unilatérale classique d'une atteinte du motoneurone INFÉRIEUR
Très souvent sévère (mais peut être légère)
o Hyperacousie
Hypersensibilité de l'ouïe à certaines fréquences
Causé par une faiblesse du muscle tenseur du tympan
o Yeux secs (hyperhémie oculaire) :
Causé par une diminution des sécrétions lacrymales (système parasympathique) et
une fermeture incomplète de l’œil (muscle orbiculaire)
o Diminution du goût sur le 2/3 antérieur de la moitié de la langue ipsilatérale
• Investigation :
o IRM : exclure une lésion structurale
o EMG : déterminer la sévérité de l’atteinte et le potentiel de récupération (pour les cas
sévères seulement)
• Pronostic :
o Les atteintes incomplètes ont tendances à bien récupérer.
o Certains patients garderont cependant des séquelles permanentes de cette maladie.
• Traitement : controversé
o Commencer les stéroïdes oraux (10 jours) tôt après le début des symptômes augmente les
chances de guérison
o Agents antiviraux (possible rôle)
o Gouttes oculaires lubrifiantes et gel pour la nuit
o Occlusion mécanique pour avoir l’œil fermé la nuit
16
19
1.1.4 Les voies visuelles :
Voie géniculo-striée :
1. Informations visuelles entrent dans l’œil à travers la pupille
Elles sont projetées sur la rétine de manière inversée. Cette disposition
topographique est maintenue tout au long des voies visuelles.
La portion supérieure du champ visuel est projetée inférieurement
sur la rétine.
La portion temporale de l'image est projetée sur la portion nasale de
la rétine.
Vice versa
2. Cellules du ganglion rétinien :
Cellules sensitives spécialisées qui transforment les images en signaux
électriques.
Les axones de ces cellules convergent vers le disque optique (extrémité
distale du nerf optique visible sur la rétine).
3. Nerf optique sort de l’orbite via le canal optique de l’os sphénoïdal pour entrer dans
la cavité crânienne.
4. Croisement partiel des fibres au chiasma optique.
Les fibres rétiniennes « nasales » (responsables de la vision temporale de
chaque œil) croisent la ligne médiane au niveau du chiasma optique et
rejoignent la bandelette optique (aussi appelée tractus optique)
controlatérale.
La bandelette optique gauche est constituée des fibres de l’hémi-
rétine gauche de chaque œil.
La bandelette optique droite est constituée des fibres de l’hémi-rétine
droite de chaque œil.
Chiasma optique :
Localisation : sur la face ventrale du cerveau, sous le lobe frontal et
en-avant de l’hypophyse.
Sensible à la compression par une tumeur hypophysaire (adénome)
ou par d’autres lésions aux alentours.
5. Les bandelettes optiques contournent le mésencéphale pour finalement rejoindre
le corps géniculé latéral (LGN) du thalamus
Il y a synapse avec un 2e neurone au LGN (relai entre les bandelettes optiques
et les radiations optiques).
6. Radiations optiques : cheminent du LGN jusqu’au cortex visuel 1° lobe occipital.
Radiations optiques inférieures (dans le lobe temporal) : forment la boucle
de Meyer
Informations provenant de la rétine inférieure (champ visuel
supérieur)
Radiations optiques supérieures (dans le lobe pariétal) : forment la boucle
de Baum
Information provenant de la rétine supérieure (champ visuel
inférieur)
17
20
7. Cortex visuel primaire du lobe occipital :
Subdivisé en deux régions par la fissure calcarine :
Partie supérieure de la fissure (cuneus) : arrivée des radiations
optiques supérieures
Partie inférieure de la fissure (lingula) : arrivée des radiations
optiques inférieures
Représentation disproportionnée de la vision centrale (macula/fovéa) au
niveau du cortex. La macula est donc souvent épargnée lors d’un AVC du lobe
occipital (épargne maculaire).
Voie extra-géniculée
o Quelques fibres rétiniennes ne passent pas par le ganglion géniculé latéral (elles
empruntent un autre trajet).
Certaines se rendent au colliculus supérieur : direction de l’attention visuelle
et du mouvement des yeux vers un stimulus visuel.
Certaines se rendent au mésencéphale : réflexe pupillaire.
Réflexe photomoteur :
Afférences : nerf optique (NC2)
Efférences : nerf oculomoteur (NC3)
Le réflexe photomoteur est atteint uniquement s’il y a une lésion entre la
rétine et le corps géniculé latéral. Ceci s’explique par le fait qu’à partir du
LGN, une proportion des fibres se dirige vers le mésencéphale (noyau
d’Edinger-Westphal) pour le réflexe photomoteur plutôt que de se rendre au
lobe occipital.
[Link]
[Link]
18
21
NEU-032 Décrire (et dessiner) les déficits des champs visuels selon l’endroit où est la lésion
A. Raisonnement clinique
Définitions :
- Scotome : région circonscrite de perte visuelle
- Déficit homonyme : déficit du champ de vision dans la même région pour les 2 yeux
Histoire :
1. Description détaillée de la nature du déficit visuel
2. Description de la région du déficit visuel pour chaque œil
Examen physique :
o Acuité visuelle
Normalement pas affectée si atteinte des voies visuelles
o Évaluation du champ visuel
Déficit monoculaire ou binoculaire
Patients disent souvent qu’un seul œil est atteint alors que les deux le
sont réellement
Si vision s’améliore en cachant un œil déficit monoculaire
La plupart du temps, c’est en examinant le patient qu’on fait la
différence.
B. Localisation de la lésion
- Lésion a/n du chiasma optique problème visuel bitemporal
- Lésion proximale au chiasma optique (œil, rétine ou nerf optique) problème visuel monoculaire
- Lésion distale au chiasma optique (canal optique, noyau géniculé latéral, cortex visuel) problème
visuel dans les zones homonymes de chaque œil
Rétine :
o Habituellement : scotome monoculaire
o Si très sévère : perte de vision monoculaire
o Exemples : ischémie, hémorragie, décollement de la rétine, toxoplasmose, etc.
Amaurose fugace :
Physiopathologie :
o Occlusion transitoire de l’artère rétinienne causée par une embolie. L’embole est
habituellement du matériel athérosclérotique qui provient d'une sténose de l'artère
carotide interne ipsilatérale (embolie artère à artère).
Symptômes :
o Perte de vision monoculaire d’une durée d’environ 10 minutes.
Peut être altitudinal (pire en haut ou en bas), car l’artère centrale de la rétine
se divise en branche inférieure et supérieure.
o Rideau d’ombre qui descend ou monte dans l’œil.
Il s’agit d’un symptôme classique d’ICT. Le patient doit être pris en charge, puisqu’il s’agit
d’un signe d’avertissement pour un infarctus de la rétine ou un AVC imminent.
Nerf optique :
o Scotome monoculaire ou perte de vision complète monoculaire
o Exemples: glaucome, névrite optique, HTIC, gliome optique, ischémie (associé à
l’artérite temporale), etc.
19
22
Chiasma optique :
o Hémianopsie bitemporale :
Perte du champ visuel latéral des 2 yeux (souvent asymétrique)
o Exemples: adénome hypophysaire, craniopharyngiome, gliome hypothalamique, etc.
Bandelette optique :
o Hémianopsie homonyme controlatérale
o Exemples: tumeur, ischémie, démyélinisation (sclérose en plaques), etc.
LGN :
o Hémianopsie homonyme controlatérale
o Exemples : tumeur, ischémie, infections, etc.
Radiations optiques inférieures (lobe temporal)
o Quadranopsie supérieure controlatérale (pie in the sky)
o Exemples: infarctus de la division inférieure de l'ACM, tumeur, démyélinisation, etc.
Radiations optiques supérieures (lobe pariétal) :
o Quadranopsie inférieure controlatérale (pie on the floor)
o Exemples: infarctus de la division supérieure de l'ACM, tumeur, démyélinisation, etc.
Toutes les radiations optiques :
o Hémianopsie controlatérale homonyme
Cortex visuel primaire :
o Partie supérieure à la fissure calcarine : quadranopsie inférieure controlatérale
o Partie inférieure à la fissure calcarine : quadranopsie supérieure controlatérale
o Souvent atteinte les 2 et cause une hémianopsie homonyme controlatérale
o Exemples : infarctus de l’artère cérébrale postérieure, tumeur, infection, hémorragie,
etc.
[Link]
20
23
NEU-033 Identifier les conséquences cliniques d’une lésion au frontal eye field
21
24
Broca
Wernicke
A. Physiologie du langage
Le langage est une fonction latéralisée du cerveau. Elle est située dans l’hémisphère
dominant au sein de 2 aires corticales : l’aire de Wernicke et l’aire de Broca. L’hémisphère
gauche est dominant pour le langage chez 95% des droitiers et 60-70% des gauchers.
Aire de Wernicke :
o Localisation : situé en temporal postéro-supérieur (2/3 postérieur du gyrus
temporal supérieur) dans l’hémisphère dominant. Elle est située proche du cortex
auditif primaire, qui se situe dans le lobe temporal également.
o Rôle : compréhension des mots parlés ou écrits.
o L’aire de Wernicke communique avec le gyrus supramarginal et le gyrus angulaire du
lobe pariétal, ainsi qu’avec d’autres régions du lobe temporal. Ces régions travaillent
en collaboration avec elle pour la compréhension du langage.
Autant au niveau de la production que de la compréhension du langage, ces
régions sont également responsables du lexique (association des sons à une
définition), du langage écrit et de la lecture. L’écriture et la lecture sont des
fonctions médiées par le gyrus angulaire.
Aire de Broca :
o Localisation : situé en frontal postéro-inférieur (portion operculaire et triangulaire
du gyrus frontal inférieur) dans l’hémisphère dominant.
o Rôle : production des mots parlés ou écrits
À différencier de l’articulation des mots, qui elle dépend de la région du
visage du cortex moteur primaire (portion inférieure du gyrus précentral).
o Communique avec d’autres régions du lobe frontal (cortex préfrontal, cortex
prémoteur, aire motrice supplémentaire) qui travaillent en collaboration avec elle
pour la planification et la formulation motrice du langage.
Autant au niveau de la production que de la compréhension du langage, ces
régions sont également responsables de la syntaxe et de la grammaire.
Faisceau arqué (matière blanche)
o Connection entre l’aire de Wernicke et l’aire de Broca la mieux connue.
o Rôle : répéter de l’information (requiert un échange d’information de l’aire de
Wernicke à l’aire de Broca).
Hémisphère non-dominant :
o Des connections via le corps calleux permettent à l’hémisphère non dominant de
participer au langage.
o Rôle : reconnaissance et production des éléments émotifs du langage
o Lésion de l’hémisphère non dominant : le patient peut avoir de la difficulté à
reconnaître l’émotion véhiculé par le ton de voix de son interlocuteur ou avoir de la
difficulté à formuler lui-même un ton de voix approprié à son discours.
Le réseau du langage possède des connections avec des structures sous-corticales (thalamus,
noyaux gris centraux). Une lésion au niveau de ces structures peut produire de l’aphasie (qui
sera confondue avec une lésion corticale).
22
25
[Link]
B. Aphasie
Aphasie : trouble du langage, causé par une dysfonction de l’hémisphère dominant, qui
affecte le langage parlé et le langage écrit.
o Il est important de la différencier de :
Dysarthrie : problème moteur (difficultés au niveau Important de tester
de l’articulation) le langage parlé ET
Mutisme (trouble d’initiation) le langage écrit
Problème d’audition
etc.
o Exemples de causes : AVC, lésion occupant de l’espace (tumeur, abcès, etc.), maladie
démyélinisante (sclérose en plaques), trauma (contusion cérébrale), etc.
Classification des aphasies :
o Examen du langage en 6 étapes :
1. Langage spontané (fluidité) capable de faire des phrases complètes ?
articulation ?
2. Compréhension donner des consignes au patient (ex : lever votre pouce)
3. Répétition faire répéter une phrase au patient
4. Dénomination montrer un objet et demander au patient c’est quoi
(composante la plus importante à tester, car atteinte dans tous les types
d’aphasie)
5. Lecture
6. Écriture
o L’examen du langage permet de classifier les aphasies. Trois éléments sont
importants pour différencier l’aphasie de Broca, l’aphasie de Wernicke et l’aphasie
de conduction (les aphasies couvertes par le cours). Ces éléments sont le langage
spontané (fluidité), la compréhension et la répétition.
23
26
Truc mnémotechnique :
Broca = Broken Boca (boca = bouche en espagnol)
Wernicke is Wordy but makes no sense
o Examen du langage :
1. Langage spontané :
Perte de fluidité du langage spontané :
- Phrases courtes (moins de 5 mots)
- Nombre de mots de contenu (ex : noms) > nombre de mots de
fonction (ex : prépositions, déterminants)
Perte de la prosodie (ton de voix très monotone)
Patient peut avoir plus de facilité à effectuer des tâches semi-
automatiques (ex. : nommer les jours de la semaine).
2. Compréhension :
Relativement intacte. Toutefois, le patient peut avoir de la difficulté
avec certaines phrases syntaxiquement compliquées (ex. : phrases
passives « Le lion a été tué par le tigre. Quel animal est mort ? »).
3. Répétition :
Difficile, car il y a perte de la communication avec l’aire de Wernicke.
4. Dénomination :
Difficile
5. Lecture à voix haute Difficiles : Rythme lent, manque
6. Écriture de structure grammaticale
o Signes et symptômes souvent associés :
Dysarthrie
Hémiparésie droite (surtout visage et bras)
Absence de déficit des champs visuels
Frustration, dépression
Les patients comprennent et savent ce qu’ils veulent dire, mais ils ne
peuvent pas le faire.
Apraxie : affecte l’hémicorps ipsilatéral (non touché par l’hémiparésie)
24
27
o Examen du langage :
1. Langage spontané :
Bonne fluidité, prosodie normale, bonne structure grammaticale.
Problèmes au niveau du lexique : langage dénué de sens, vide, plein
d’erreurs paraphasiques et de non-sens
- Erreurs paraphasiques sémantiques: substitution d’un mot
par un autre qui a une signification semblable (ex. orange au
lieu de citron)
- Erreurs paraphasiques phonémiques : substitution d’un mot
par un autre qui a une prononciation semblable (ex.
hipopame au lieu d’hippopotame)
- Néologismes : inventer des mots
2. Compréhension :
Perte de la compréhension : mauvaises réponses aux questions, ne
comprennent pas les commandes/ordres, etc.
3. Répétition :
Difficile, car il y a perte de la communication avec l’aire de Broca.
4. Dénomination :
Difficile
5. Lecture à voix haute Mêmes difficultés que le langage (fluide, dénué
6. Écriture de sens, interprétations paraphasiques)
o Signes et symptômes souvent associés :
Perte visuelle controlatérale à la lésion surtout dans le quadrant supérieur
droit (atteinte des radiations optiques inférieures)
Apraxie (mais difficile à démontrer en raison de la mauvaise compréhension)
Anosognosie
Absence d’auto-critique par rapport à leur condition.
Aphasie de conduction :
o Physiopathologie :
Lésion dans la région péri-sylvienne, qui touche le faisceau arqué ou toute
autre structure responsable de relier l’aire de Broca et l’aire de Wernicke.
o Examen du langage :
1. Langage spontané :
Bonne fluidité.
2. Compréhension :
Bonne compréhension (unique différence avec l’aphasie de
Wernicke).
3. Répétition :
Très atteinte.
4. Dénomination :
Difficile
5. La lecture et l’écriture peuvent être atteintes à divers degrés
25
28
1.2 SCIENCES CLINIQUES DE L’AVC
NEU-051 Reconnaître le mode de présentation d’un accident vasculaire (Déficit aigu a/n
moteur, sensitif, vision, langage, etc.)
Règle ABCD2 permet d’évaluer le risque d’AVC dans les 7 jours post-ICT :
Âge > 60 ans = 1 point
Blood pressure :
o Hypertension à l’arrivée > 140/90 = 1 point
Clinique :
o Parésie unilatérale = 2 points
o Dysarthrie sans parésie = 1 point
Durée :
o Symptômes ayant durés > 60 minutes = 2 points
o Symptômes ayant durés entre 10-60 minutes = 1 point
Diabète = 1 point
Interprétation du résultat :
< 4 points : 1,2 % risque d’AVC à 7 jours post-ICT
4-5 points : 6%
5 points : 12 %
N.B. Selon une étude récente, avec une prise en charge rapide en centre spécialisé, le
risque de récidive est de 3-4% à 30-90 jours.
o Prise en charge :
TOUS les patients qui présentent un ICT devraient être admis d'urgence à
l'hôpital pour tenter d'en trouver la cause (prévention d’un AVC).
• AVC :
o URGENCE
o Déficits focaux irréversibles d'apparition soudaine. Ces déficits sont provoqués par
des atteintes localisées du parenchyme cérébral, secondaire à un trouble de la
circulation cérébrale.
Les symptômes dépendent du territoire atteint.
Ces dommages irréversibles apparaissent après 5 minutes d’hypoxie.
26
29
> maispossibleantop tot
o Séquelles visibles à l’imagerie. qu'est-ce qui
o Structures les plus vulnérables : peut causer l'hypoxie ?
Hippocampe
·
Truc mnémotechnique : Hypoxie hippocampe est la structure la plus vulnérable
Néocortex
Cervelet
Zones « watershed »
o Épidémiologie :
3e cause de mortalité aux Canada et aux USA (après cancer et maladie
cardiaque)
1re cause de morbidité au Canada (cause majeure d'handicap permanent)
20% requiert une assistance à la marche
16% institutionnalisés
o La gravité de l’AVC peut être évaluée par le NIH Stroke Scale (NIHSS) :
AVC mineur : < 10 points / 42
AVC important : > 20 points / 42
• Cortical :
o Atteintes des grosses et moyennes artères (artères majeures à la surface du cerveau).
o Mécanisme physiopathologique principal : embolie
Toutefois, une thrombose peut aussi se produire (artère vertébrale, basilaire
et carotides)
o Signes corticaux :
Aphasie ATTENTION : certains de ces déficits corticaux
/
Négligence peuvent être vus dans certains cas d'AVC sous
Déficience visuelle homonyme corticaux également
Perte sensibilités corticales
Graphesthésie : reconnaitre un dessin tracé à la surface de la peau les
yeux fermés
Stéréognosie : reconnaitre un objet placé dans une main les yeux
fermés
Discrimination 2 points
• Sous-cortical (AVC lacunaire) :
o Mécanisme physiopathologique principal : thrombose
o Atteinte des petites artères pénétrantes qui irriguent les structures profondes
(ganglions de la base, thalamus, capsule interne, etc.)
Artère lenticulo-striée : localisation commune des infarctus lacunaires
o Deux facteurs de risque classiques:
Diabète
HTA
Tabagisme
o Entraîne généralement des atteintes proportionnelles (tout l'hémicorps
controlatéral) et pures (une seule modalité).
27
30
pourquoi
↑
dans chatgpt
28
31
NEU-054 Distinguer la présentation clinique d’un AVC selon le territoire vasculaire
impliqué :
↑
airemotrice
singulaire
• < 3 % des AVC ischémiques et gyrus
29
32
Quadranopsie controlatérale supérieure si atteinte des radiations optiques
inférieures
o Si atteinte de l’hémisphère dominant :
Aphasie :
Aphasie antérieure (Broca)
- Atteinte du lobe frontal postéro-inférieur
Aphasie postérieure (Wernicke)
- Atteinte du lobe temporal postéro-supérieur
Aphasie de conduction
- Atteinte du faisceau arqué
Syndrome de Gertsmann :
Atteinte du gyrus angulaire (lobe pariétal)
Caractéristiques :
- Acalculie (incapable de calculer)
- Agraphie (incapable d'écrire)
- Agnosie digitale (incapable de nommer les doigts)
- Confusion gauche-droite
o Si atteinte de l’hémisphère non-dominant :
Héminégligence controlatérale
Caractéristique : négligence conceptuelle de tout un côté du champ
visuel ou du corps.
Anosognosie (non-reconnaissance du déficit)
C. Circulation postérieure
• Atteinte de la circulation vertébro-basilaire
• Dépendant du niveau de l’atteinte, l’AVC peut causer des lésions au niveau du tronc cérébral,
des lobes temporaux (médiaux) et des lobes occipitaux.
30
33
Structure du tronc cérébral Signes et symptômes
Mésencéphale - Paralysie du 3e nerf crânien
- Dilatation de la pupille (unilatéral ou bilatéral)
- Ataxie pourquoi ?
- Décortication >
-
voir noyau rouge wikimédica
et
.
7
- Engourdissements péribuccaux
- Picotements du visage (comme des aiguilles)
- Atteinte de la vision supérieure ou inférieure
bilatérale
?
- pq
- Respirations irrégulières
>
- « Ocular bobbing » (yeux descendent vers le bas,
puis remontent rapidement vers une position
médiale)
- Frissons
- Myoclonie palatine (contractions rythmées des
muscles du palais)
- Paralysie 6e nerf crânien
- Petites pupilles réactives bilatérales
- Décérébration
E
- Ataxie
- Nystagmus
- Nausées/vomissements
- Arrêt respiratoire (le centre de la respiration est
dans le bulbe rachidien)
- Instabilité des fonctions contrôlées par le SNA
- Hoquet
31
34
o Ipsilatéral :
Hémianesthésie faciale, parfois douloureuse noyau spinal du nerf
trijumeau
Syndrome de Horner voie sympathique descendante
Truc mnémotechnique : Don’t pick a (PICA) horse (hoarseness) that can’t eat (dysphagia)
32
35
4. Atteinte de l’artère cérébrale postérieure (PCA)
Hémianopsie homonyme controlatérale avec épargne maculaire.
o Acuité visuelle normale
Si atteinte bilatérale : syndrome d’Anton peut survenir
o Cécité + anosognosie le patient complètement aveugle, mais n’en a pas
connaissance et agit comme s’il voyait parfaitement. (confabule)
33
36
NEU-061 Distinguer l’étiologie des AVC hémorragique (20%)
Hypertension artérielle :
L’hypertension entraîne la formation de micro-anévrismes (Charcot-Bouchard) au
niveau des petits vaisseaux profonds. Ces derniers fragilisent la paroi artérielle
(site de l’hémorragie). On note une atteinte préférentielle des noyaux gris centraux
(putamen, noyau caudé), de la protubérance, du thalamus, du cervelet et de la
substance blanche.
Physiopathologie :
o Se produit habituellement au niveau des noyaux gris centraux et de la capsule
interne (anévrysme de Charcot-Bouchard des vaisseaux lenticulo-striés).
o Peut toutefois être lobaire (angiopathie congophile).
Présentation clinique :
o Survient souvent durant l’activité.
o Céphalées : symptôme cardinal qui permet la différentiation de l’AVC ischémique.
MAIS : absente chez 50% des cas (surtout si petit saignement)
Explication : le cerveau manque de place à cause de l’accumulation de sang.
o Diminution de l’état de conscience possible
o Symptômes neurologiques focaux (souvent progressifs)
o Convulsions possibles (les composantes du sang sont irritantes pour le parenchyme
cérébral)
34
37
B. Extra cérébral : hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) spontanée
Épidémiologie : L’hématome sous-dural, l'hématome
o Entre 5% et 10% des AVC épidural et l'HSA traumatique vont être
abordés dans un autre cours.
Lindsay KW & Bone I. Neurology and Neurosurgery Illustrated Third edition. Churchill Livingstone, 1999.
35
38
o Malformation artérioveineuse 5%
Malformation artérioveineuse :
• Anastomose directe entre les artères et les veines (sans lit capillaire entre les deux)
• Présentation clinique :
o HSA 45%
o Convulsions 35%
o Effet de masse local 20%
• Traitement variable :
o Excision chirurgicale
o Radiothérapie
o Embolisation
• Évolution : doit être pris en charge rapidement, car saignement majeure lorsque
survient
o Anticoagulation
o Diathèse hémorragique !
o Syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible < 5%
o Vasculite
o Tumeur
o Angiopathie amyloïde
o Indéterminée 15%
Souvent périmésencéphalique
Investigation négative
Très faible risque de récidive
Présentation clinique :
o Céphalée « explosive » (pire mal de tête de la vie du patient)
o Selon la sévérité du saignement : état éveillé à comateux
o Convulsions (parfois)
o Nausées/vomissements, photophobie
o Peu/pas de signes focaux (à moins d’un hématome intraparenchymateux associé
dans 15% des cas)
o Signes d’irritation méningée :
Raideur nucale
Signe de Kernig et de Brudzinski
2 signes classiques d’atteinte méningée ; inconstants
Absents chez le patient comateux, car réaction à la douleur
36
39
Complications :
o Hydrocéphalie
Sang dans l’espace sous-arachnoïdien peut empêcher la résorption du LCR.
o Hyponatrémie
« Cerebral salt wasting » : facteur natriurétique serait sécrété et causerait la
perte de sodium
o Vasospasme
4 à 14 jours post-HSA
Produits de dégradation de l'hémoglobine sont irritants peut occasionner
un spasme des artères proximales du polygone de Willis
Engendre un syndrome similaire à l’AVC ischémique et/ou une altération de
l’état de conscience.
?
Prévention : nimodipine (BCC) comment
>
-
o Resaignement de l’anévrisme :
4% dans les premières 24h, puis 1%/jour
À 3 semaines : ¼ des patients auront resaigner
C’est d'ici que découle la logique de sécuriser l’anévrisme précocement ; on
veut éviter le resaignement.
Se produit lorsqu’une quantité insuffisante de sang irrigue une portion du cerveau assez
longtemps pour causer une mort cellulaire (nécrose de liquéfaction).
Parfois, suite à un AVC ischémique, les vaisseaux deviennent fragiles et peuvent rupturer pour
occasionner une conversion hémorragique.
A. Thrombotique :
Physiopathologie :
o Un caillot de sang est formé localement (sur les parois du vaisseau sanguin) et cause
l'obstruction du vaisseau. Ceci se produit habituellement par dessus une plaque
d’athérosclérose.
Localisation :
o Mécanisme physiopathologie principal des infarctus lacunaires.
Présentation clinique :
o Déficit souvent d'emblée maximale, mais il peut y avoir une phase de fluctuation
initiale (pas facile de faire la distinction avec une embole sur ce seul point).
37
40
B. Embolique :
Physiopathologie :
o Morceau de matériel (typiquement un caillot de sang) est formé à un endroit, voyage
à travers la circulation sanguine et se loge soudainement dans un vaisseau sanguin
du cerveau.
Localisation :
o Fréquemment au niveau de l’artère cérébrale moyenne
Présentation clinique :
o Déficits maximaux dès le début des symptômes.
o Peut affecter plusieurs territoires cérébraux (emboles multiples).
Évolution :
o La reperfusion est plus fréquente que la thrombose, donc la possibilité de
récupération est plus grande en principe. Toutefois, le risque de transformation
hémorragique est plus élevé par rapport à la thrombose locale.
Divers types d’emboles possibles :
o Déterminer la source de l'embole est important pour prévenir des évènements
semblables futurs.
o Caillot sanguin (matériel thrombotique) PLUS FRÉQUENT
(
o On peut aussi retrouver : embole d'air (plongeurs), embole septique (endocardite), + !
embole graisseuse (ex. fracture du fémur), embole de liquide amniotique
(accouchement), etc.
Cardio-embolique
o Fibrillation auriculaire :
Principale cause d'embolie d'origine cardiaque
L’oreillette gauche se contracte partiellement et rapidement, ce qui favorise
la formation d'une embole par stagnation du sang dans l'oreillette.
Traitement : anticoagulation (prévenir la formation d’un caillot)
o Infarctus du myocarde récent (régions hypokinétiques/akinétiques
développement d'un thrombus dans le ventricule)
o Maladies valvulaires (prothèses, RAA, bicuspidie)
o Endocardite
o Foramen ovale perméable (caillot veineux bypass les poumons et se retrouve au
cerveau)
Après la naissance, le foramen ovale s'obstrue chez la majorité des individus.
Chez 20-25% des individus, le foramen demeure perméable à l'âge adulte, ce
qui peut permettre des embolies paradoxales.
Formation d’une embole au niveau des jambes. L’embole peut
traverser le foramen ovale et aller causer un AVC (et non une embolie
pulmonaire).
Associé au valsalva : augmentation du retour veineux pression
dans l'OD augmente favorise le passage d'emboles de l'OD à l'OG à
travers le foramen.
Facteur de risque significatif d’AVC si couplé à l’anévrysme du septum
interauriculaire.
Efficacité de sa fermeture chirurgicale : nulle (intervention controversée),
intervient parfois chez le patient jeune avec thrombose veineuse associée et
prouvé au moment de l’AVC ischémique artériel
38
41
Embolie artère à artère
o L’athérosclérose se développe préférentiellement dans les carrefours artériels
exposés à des hauts débits, comme les bifurcations artérielles.
Ex : zone de bifurcation entre l’artère carotide interne et externe.
o Lorsque les plaques deviennent très volumineuses, une embole peut se détacher et
aller occlure une artère en amont, ce qui cause un AVC ischémique.
o Sténose de l'artère carotide interne :
Le risque d’AVC concerne surtout les sténoses > 50%.
Risque de récidive précoce élevé
On vise donc une revascularisation précoce pour réduire le risque de
récidive d'AVC (endartérectomie ou tuteur)
C. Hypoperfusion
Débit artériel cérébral insuffisant :
o Faible débit cardiaque
o Sténose carotidienne bilatérale sévère
Tendance à affecter les zones "watershed", soit les zones à la jonction entre les territoires
vasculaires des grandes artères cérébrales
o Territoire jonctionnel des artères ACA et ACM
o Territoire jonctionnel des artères ACM et ACP
Blumenfeld, H. Neuroanatomy
through clinical cases
39
42
Présentation clinique :
o Dissection de l'artère carotide interne extra-crânienne :
Céphalée
Douleur cervicale
Signes neurologiques focaux (territoire de la circulation antérieure)
Syndrome de Horner ipsilatéral possible (atteinte des voies sympathiques
dans la paroi de l’artère carotide interne)
o Dissection de l'artère vertébrale AVC de la circulation postérieure
Douleur au cou postérieur, douleur occipitale
Signes neurologiques focaux (territoire de la circulation postérieure)
Syndrome de Horner possible mais plus rare (syndrome de Wallenberg)
Possibilité de création d'un pseudoanévrysme rupture HSA
Évolution :
o Possible d'avoir un délai de quelques heures jusqu'à quelques semaines entre le
moment de la dissection et les évènements ischémiques
Investigation :
o Angio-CT ou angio-IRM
Traitement :
o Aspirine en première ligne
L’anticoagulation peut être une alternative, surtout s’il y a récidive d’une
embolie sous aspirine.
o Thrombolyse IV peut être donnée en aigu
o Durée du traitement antiplaquettaire : généralement 3-6 mois
Dépend du contrôle de l’imagerie vasculaire
E. Hypercoagulabilité :
Surtout chez les patients jeunes.
F. AVC cryptogénique
Une cause existe, mais l'investigation n'a pas pu la démontrer
Environ 25% des AVC
• Épidémiologie :
o 3F : 1H
• Facteurs de risque :
o Thrombophilie : contraceptifs oraux, grossesse, facteur V Leiden, etc.
o Infection maxillo-faciale ou intracrânienne
• Physiopathologie:
o Un thrombus se forme dans une veine. L’obstruction occasionne une augmentation
de la pression intracrânienne (AVC ischémique par effet de masse). La veine peut
éclater (AVC hémorragique).
• Présentation clinique :
o Tableau souvent non-spécifique (à l’exception de la thrombose du sinus caverneux).
o Déficits neurologiques focaux (symptômes très variables selon le vaisseau
thrombosé)
o Symptômes d'HTIC (céphalée, papilloedème, no/vo, convulsions, problèmes visuels,
etc.)
o Irritation méningée occasionnelle
40
43
• Investigation :
o TDM ou IRM cérébral
o Angio-TDM ou angio-IRM ou artériographie cérébrale au besoin
o Considérer ponction lombaire au besoin pour éliminer une origine infectieuse
o Bilan de thrombophilie selon la clinique
• Traitement:
o Anticoagulation (même si hémorragie !!!)
Jusqu’à 12 mois post-AVC
o Anticonvulsivants PRN
o Traitement de l’HTIC au besoin
41
44
NEU-065 Décrire les méthodes de prévention en lien avec les facteurs de risque énumérés en
NEU-064.
• Primordial d'insister sur la prévention primaire afin de contrôler les facteurs de risque
modifiables
• Assurer un bon contrôle de HTA, diabète, dyslipidémie
• Encourager l’arrêt tabagique
• Encourager l’activité physique
• Encourager les saines habitudes alimentaires
L’AVC est une urgence médicale. Une prise en charge rapide est de mise.
Lorsqu’on soupçonne un événement ischémique faire une imagerie cérébrale rapidement
pour exclure la possibilité d’un AVC hémorragique
1) Imagerie de l'AVC:
-Pourquoi
o Doit absolument être réalisé avant de donner au patient des agents thrombolytiques.
o TDM cérébral (sans contraste) :
Privilégié à l’IRM dans un contexte aigu :
o Facilement accessible (alors que l’IRM n’est disponible que
dans des centres spécialisés)
o Plus rapide que l’IRM
Sensibilité :
o AVC ischémique : détecte les premiers changements 6-24 h
post-AVC.
o AVC hémorragique : hémorragie pratiquement
toujours visible. Netter FH. The Ciba
Collection of Medical
Permet d’éliminer un AVC hémorragique (contre-indication Illustrations Volume I
absolue aux agents thrombolytiques). (Nervous System); CIBA,
Permet de voir rapidement s'il y a des changements en cas de 1986.
détérioration clinique (ex. transformation hémorragique).
Permet d'éliminer un diagnostic alternatif (ex. tumeur
cérébrale).
Permet d'éliminer un effet de masse d'un AVC massif.
o IRM cérébrale:
Évaluation plus complète.
Permet de visualiser des AVC non vus au TACO, tels que les AVC lacunaires.
Détecte les changements ischémiques 3-30 minutes post-AVC.
Meilleure visualisation de la fosse postérieure (tronc cérébral + cervelet).
42
45
2) Recherche de l'étiologie du présent évènement
o But : prendre en charge la condition sous-jacente et éviter une récidive.
o Imagerie des vaisseaux de la tête et du cou : recherche d’une sténose ou d’une
dissection
Doppler carotidien
À effectuer si on est en présence d’un AVC de la circulation antérieure.
Il est particulièrement important d’effectuer cet examen pour les
patients chez qui on suspecte une sténose carotidienne.
Évalue le flot sanguin dans les vaisseaux majeurs du cou et du crâne.
Si positif, il est habituellement nécessaire de confirmer le résultat
avec une 2e modalité d’imagerie.
Angio-TDM des vaisseaux de la tête et du cou
Angio-IRM des vaisseaux de la tête et du cou
Angiographie conventionnelle (en cas de doute)
o Examen de la structure cardiaque : recherche de thrombus cardiaque ou d’une
valvulopathie
Écho cardiaque
Foramen ovale perméable (surtout si patient < 55 ans)
Maladie valvulaire
Cœur hypokinétique > -
Endocardite
± Écho transoesophagienne
Jeune patient
Forte suspicion de cause cardioembolique
o Surveillance de la fréquence cardiaque : recherche d'arythmies cardiaques
emboligène (dont FA)
ECG-Holter
Holter : monitorer le patient sur 24h à la rechercher d’arythmies
(ex. FA)
Télémétrie
43
46
3) Recherche de facteurs de risque ayant pu y contribuer :
o Tests sanguins : FSC, INR, TCA, temps de saignement, ionogramme sanguin,
créatinine
??
E
o Mesure de la TA
o Glycémie à jeun et HbA1c
o Bilan lipidique (vise LDL moins de 2.0)
o Selon la situation clinique :
Bilan de thrombophilie
Si < 50 ans ou histoire thrombo-embolique
Bilan de vasculite
o IRM cérébrale :
Aspect en résonance magnétique complexe varie dans le temps selon le
niveau de dégradation de l’hémoglobine
Utile pour éliminer/caractériser une lésion sous-jacente :
Tumeur cérébrale primaire/métastatique
Malformation vasculaire
Peut être répété quelques semaines plus tard, suite à la résorption de sang
Peut démontrer une lésion qui aurait initialement pu passer
inaperçue
44
47
!
Hémorragie sous-arachnoïdienne -pourquoi
Tomodensitométrie cérébrale sans contraste :
o Sang hyperdense dans l’espace sous-arachnoïdien
o Sensibilité : 90-95%
La sensibilité du TDM diminue avec le temps écoulé depuis l’événement
initial. Après 3 jours, on considère que l’IRM est plus sensible pour détecter
l’HSA.
Ponction lombaire :
o À effectuer si suspicion clinique et TDM négatif
o Recherche de sang OU de xanthochromie (aspect jaunâtre dû aux produits de
dégradation de l’hémoglobine)
o Répéter au besoin après 6-12h
Rechercher l’anévrisme par angio-tomodensitométrie cérébrale ou par angiographie
cérébrale par cathéter
o Nécessaire d’imager TOUS les vaisseaux car les anévrismes peuvent être multiples
(20% des patients ont plus d’un anévrysme).
45
48
1) Thrombolyse intraveineuse
r-tpa (alteplase) = « tissue plasminogen activator »
Activateur du plasminogène : détruit le caillot
< 4,5h depuis le début des symptômes (le plus tôt = le mieux)
Important de suivre un protocole strict pour éviter des complications
hémorragiques (intracrâniennes ou systémiques) potentiellement
fatales.
Multiples contre-indications :
Critères d’exclusion
- Saignement actif
- TA systolique > 185 mm Hg ou TA diastolique > 110 mm Hg
- Nécessité d’un traitement agressif pour réduire la pression artérielle à des limites
spécifiques
- Symptômes mineurs ou amélioration rapide
- Convulsions au début de l’AVC
- Symptômes d’hémorragie sous-arachnoïdienne
- Hémorragie intracérébrale antérieure prédisposant le patient à un risque élevé de
récidive
- AVC ou trauma dans les 3 derniers mois
- Infarctus du myocarde dans les 3 derniers mois
- Chirurgie majeure ou autre trauma sérieux dans les 2 dernières semaines
- Hémorragie gastro-intestinal ou urinaire dans les 21 derniers jours
- Ponction artérielle sur un site non compressible dans les 7 derniers jours
- Patient anticoagulé ou sous héparine dans les 48 dernières heures
- INR > 1,5 ou PTT élevé
- Plaquette < 100,000/mm3
- Glucose < 50 mg/dL ou > 400 mg/dL
- Grossesse ou allaitement
2) Thrombectomie mécanique
À considérer avec AVC de la circulation antérieure (blocage à la
portion proximale de l’artère cérébrale moyenne : M1 proximale)
Nécessite une équipe spécialisée en neuro-intervention vasculaire
< 6h du début des symptômes
- Permet d’agrandir la fenêtre thérapeutique par rapport à la
voie intraveineuse.
- Délai ad 12-24h si thrombose basilaire ; mortalité et
morbidité > 90%.
Moins de contre-indications systémiques que la thrombolyse IV. (peut
être fait même si patient anticoagulé)
3) Approche combinée
46
49
o Traitement de l’HTA en phase aigu d’un AVC controversé
Augmentation réflexe protectrice de la TA lors d’un AVC protecteur
(augmente la pression de perfusion cérébrale)
Éviter de traiter, sauf si TAS > 220 et/ou TAD > 120.
À partir de ce seuil, on considère que le risque d’hémorragie
hypertensive est trop élevé. On donne donc au patient un traitement
anti-hypertenseur.
o Corriger la glycémie :
Hypoglycémie : peut aggraver les dommages cérébraux.
Hyperglycémie : peut augmenter l’acidose tissulaire, favoriser la formation de
radicaux libres et augmenter la perméabilité de la barrière hémato-
-
encéphalique. blème
pq ? -
o Position de la tête :
Préférable de maintenir la tête du lit entre 0 et 15 degrés, car la pression de
perfusion cérébrale est maximale en position horizontale.
Sauf si contre-indication : HTIC, œdème pulmonaire, etc.
• Traitement des complications
o Œdème cérébral :
implications[
Pic : 3-5 jours post-AVC
Traitement : restriction hydrique, élever la tête du lit à 30 degrés,
hyperventilation, mannitol, furosémide, drain.
o Conversion hémorragique
o Hydrocéphalie
o HTIC
o Convulsions
Prévention secondaire
o But : prévenir les récidives
o Saines habitudes de vie
o Antiplaquettaire : ASA ou clopidogrel (peut réduire le risque d’AVC récurrents)
o Anti-hypertenseurs (IECA ou ARA) :
Cible : < 140/90 mmHg
o Hypolipémiant (statine) :
Cible : cholestérol/LDL < 2 mmol/L
o Contrôle du diabète :
Cible : HbA1c < 7%
o Anticoagulation
Utilisé au lieu de l’antiplaquettaire si :
Fibrillation auriculaire
- Warfarine
- Anticoagulants oraux direct
Autres sources cardioemboliques claires (sauf l’endocardite)
- Warfarine
Thrombophilie
- Warfarine
o Revascularisation carotidienne
Endartériectomie carotidienne :
Méthode : carotide interne temporairement clampée incision
longitudinale matériel athéromateux retiré de la lumière
carotidienne disparition de la sténose
47
50
Indications :
- Sténose carotidienne symptomatique (AVC, ICT, amaurose
fugace) : sténose 50-99% chez l’homme ou de 70-99% chez la
femme, avec un risque chirurgical < 6% et une espérance de
vie à 5 ans > 50%.
- Sténose carotidienne asymptomatique : sténose de 60-99%
chez l’homme, avec un risque chirurgical < 3% et une
espérance de vie d’au moins 5 ans.
Pas indiqué chez la femme
- ATTENTION : ne pas procéder à l’endartérectomie si
occlusion complète (100%) de la carotide interne (risque
de déloger des emboles et bénéfices non-démontrés).
Doit idéalement être fait dans les 2 semaines suivant l’événement
ischémique pour un bénéfice maximal.
Angioplastie par tuteur:
Réservé pour les patients avec haut risque chirurgical
d'endartérectomie.
o Hygiène de vie
Alimentation et perte de poids
Activité physique
Cessation tabagique
Réadaptation
o Si séquelles neurologiques.
o Débute une fois le patient stable au niveau médical.
o Traitement dépend de la partie du cerveau touchée par l’AVC et de l’ampleur des
déficits et séquelles.
o Le cerveau peut s'adapter et remplir les fonctions autrefois effectuées par la zone
infarcie (processus qui peut être très rapide ou prendre jusqu’à 1 an).
48
51
Thérapie hyperosmolaire (mannitol, salin 3%)
Favorise la réabsorption de liquide par les vaisseaux diminution
pression intra-crânienne
Traitement des convulsions (elles augmentent la pression crânienne)
o Hydrocéphalie :
Drainage ventriculaire :
Peut être mis en place si hémorragie est compliquée d’hydrocéphalie
Via compression du système ventriculaire OU
Si hémorragie empêche résorption du LCR
D’abord par drainage externe (DVE) puis par drainage péritonéal
(DVP) si l’hydrocéphalie persiste après quelques jours
49
52
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE
RÉFÉRENCES
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elservier
Saunders (9th edition), 1190 p.
CAMDEN, M-C. (2015). Les accidents vasculaires cérébraux. Québec : cours aux étudiants du pré-
clinique
KIM J., MUKOVOZOV I. (2017). Toronto Notes 2017. Toronto : Type & Graphics Inc., 1362 p.
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1. McGraw Hill Education, 760 p.
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical
(18th edition), 4012 p.
50
53
Chapitre 2 : Anatomie et maladies du systeme
nerveux peripherique
2.1 SCIENCES FONDAMENTALES DES TROUBLES DU SNP
Plexus brachial
Il est constitué des racines nerveuses C5, C6, C7, C8 et T1.
Les racines forment trois troncs :
o Tronc supérieur
o Tronc moyen
o Tronc inférieur
Les troncs forment trois divisions antérieures et trois divisions postérieures.
Sous la clavicule, ces divisions forment des faisceaux :
o Faisceau médial
o Faisceau latéral
o Faisceau postérieur
54
NEU-091 Décrire le trajet du nerf cubital, dessiner son territoire sensitif et identifier un des
muscles qu'il innerve
55
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
NEU-092 Décrire le trajet du nerf médian, dessiner son territoire sensitif et identifier un des
muscles qu'il innerve
Le nerf médian est formé à partir des faisceaux médial et latéral du plexus brachial.
Trajet :
o Il descend le long du bras en compagnie des vaisseaux brachiaux, médialement au
biceps brachial.
o Au niveau de l’avant-bras, il chemine profondément dans la loge antérieure.
o Il devient superficiel au niveau du poignet, juste avant de traverser le canal carpien et
de pénétrer dans la main.
Territoire sensitif :
o Moitié de l’annulaire (face radiale) en palmaire
o Face palmaire du majeur, de l’index et du pouce
o Face radiale de la paume de main
o Face dorsale du majeur, de l’index et du pouce (en excluant le dessus de la main à
partir de l’inter phalangienne proximale) vers le poignet
Muscles innervés :
o Il n’innerve aucun muscle du bras.
o Plupart des muscles antérieurs de l’avant-bras
Sauf le fléchisseur ulnaire du carpe et la moitié médiale du fléchisseur profond
des doigts
o Plupart des muscles de la loge thénarienne
56
Mouvements :
o Flexion du pouce
o Opposition du pouce
o Flexion du majeur et de l’index
o Flexion et abduction du poignet
o Pronation de l’avant-bras
57
NEU-093 Décrire le trajet du nerf radial, dessiner son territoire sensitif et identifier un des
muscles qu'il innerve
58
NEU-094 Décrire le trajet du nerf axillaire, dessiner son territoire sensitif et identifier un des
muscles qu'il innerve
59
Plexus lombo-sacré
Il est constitué des racines nerveuses L1, L2, L3, L4, L5, S1, S2, S3 et S4
NEU-095 Décrire le trajet du nerf fémoro-cutané latéral et dessiner son territoire sensitif
Trajet :
o Il passe sous le ligament inguinal en médial de l’épine iliaque antéro-supérieure.
o Il descend ensuite sur la face antérolatérale de la cuisse.
Territoire sensitif :
o Face latérale de la cuisse
Muscles innervés :
o Aucun
Mouvements :
o Aucun
NEU-096 Décrire le trajet du nerf sciatique (et ses deux divisions, péronier commun et tibial),
dessiner son territoire sensitif et identifier un des muscles qu'il innerve
Trajet :
o Il descend profondément dans la loge postérieure de la cuisse, entre les deux chefs du
biceps fémoral.
o Il se divise ensuite en deux branches au niveau du creux poplité.
Branche 1 : nerf tibial (L4-S3)
Il traverse la fosse poplitée, puis il continue vers le bas jusque dans les
profondeurs de la loge postérieure de la jambe.
Il passe ensuite en arrière de la malléole médiale.
Plus loin, il se sépare en nerfs plantaire médial et plantaire latéral.
Branche 2 : nerf fibulaire commun (L4-S2)
Il contourne la tête de la fibula pour entrer dans la loge latérale de la
jambe.
Il se sépare ensuite en nerfs fibulaire superficiel et fibulaire profond.
60
Territoire sensitif :
o Nerf sciatique avant la division :
Aucun
o Nerf tibial :
Plante du pied
Trois premiers orteils
Moitié du quatrième orteil
o Nerf fibulaire commun :
Nerf fibulaire superficiel : partie antérieure de la jambe et dos du pied
Nerf fibulaire profond : faces adjacentes du premier et deuxième orteil
Muscles innervés :
o Nerf sciatique avant la division :
Ischio-jambiers
o Nerf tibial :
Tous les muscles de la loge postérieure de de la jambe
o Nerf fibulaire commun :
Nerf fibulaire superficiel : tous les muscles de la loge latérale de la jambe
Nerf fibulaire profond : tous les muscles de la loge antérieure de la jambe
Mouvements :
o Nerf sciatique avant la division :
Flexion du genou
o Nerf tibial :
Flexion du pied
Inversion du pied
Flexion des orteils
o Nerf fibulaire commun :
Nerf fibulaire superficiel : éversion du pied
Nerf fibulaire profond : dorsiflexion du pied, extension des orteils
61
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
62
NEU-097 Décrire le trajet du nerf fémoral, dessiner son territoire sensitif et identifier un des
muscles qu'il innerve
Trajet :
o Après son passage dans la cavité pelvienne, il passe sous le ligament inguinal en
compagnie de l’artère et de la veine fémorale.
o Il passe ensuite dans le triangle fémoral avant de se diviser en trois branches : nerf
cutané intermédiaire de la cuisse, nerf cutané médial de la cuisse et nerf saphène.
Territoire sensitif :
o Face antérieure de la cuisse
o Genou
o Face médiale du mollet
Muscles innervés :
o Tous les muscles de la loge antérieure de la cuisse
Mouvements :
o Flexion de la hanche
o Extension du genou
63
2.1.2 La jonction neuromusculaire
[Link]
Définition :
o Une jonction neuromusculaire est la synapse entre l’axone du motoneurone et la fibre
musculaire.
Anatomie :
o Un muscle contient des milliers de fibres musculaires.
o Un motoneurone donne des ramifications dans sa partie terminale pour innerver
plusieurs fibres musculaires.
o Une unité motrice est composée d’un motoneurone et des fibres musculaires qu’il
innerve.
Physiopathologie :
o Un potentiel d’action émis par un motoneurone suffit pour déclencher une décharge
de toutes les fibres qu’il innerve.
o L’unité motrice est donc la plus petite unité qui peut être activée pour produire un
mouvement.
o La subtilité avec laquelle on peut activer un muscle dépend du nombre de fibres
auquel le motoneurone est connecté :
Si le motoneurone est connecté à beaucoup de fibres, le mouvement sera
intense (exemple : mollet).
Si le motoneurone est connecté à quelques fibres seulement, le mouvement
sera fin et précis (exemples : muscles orbiculaires)
o Lorsque l’influx nerveux arrive à l’extrémité de l’axone :
L’entrée de calcium dans la cellule pré-synaptique enclenche le déplacement
des vésicules vers la membrane pré-synaptique.
Les vésicules libèrent par la suite leur acétylcholine (neurotransmetteur) dans
la fente synaptique.
Une fois l’acétylcholine libérée, celle-ci se fixe à la surface de la fibre
musculaire, à des endroits spécialisés où l’on retrouve une grande quantité de
récepteurs.
64
La fixation du neurotransmetteur à son récepteur déclenche alors un potentiel
d’action à la surface de la fibre musculaire, ce qui produit une contraction de
la fibre.
Ce potentiel d’action peut se propager rapidement dans toute la fibre et ainsi
générer une contraction musculaire.
NEU-111 Décrire le trajet du nerf crânien IX, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du IXe nerf crânien
Caractéristiques :
o Il est en étroite relation avec les nerfs X et XI.
o Une atteinte de tous ces nerfs à la fois est donc fréquente.
Trajet :
o Le nerf glosso-pharyngien origine du bulbe rachidien.
o Il sort du tronc cérébral en plusieurs petites racines juste en-dessous de la jonction
ponto –bulbaire et du nerf crânien VIII.
o Il traverse ensuite l'espace sub-arachnoïdien pour finalement sortir du crâne par le
foramen jugulaire.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Muscle stylo-pharyngien
Soulèvement du pharynx
Réflexe nauséeux
o Fibres sensitives :
Responsables de la sensibilité de :
Oreille moyenne
Région du méat auditif
Pharynx, amygdales
Tiers postérieur de la langue
Responsables du goût du tiers postérieur de la langue
o Fibres parasympathiques :
Responsables d’innerver la glande parotide
o Fibres viscérales :
Reçoivent les informations en provenance des chémorécepteurs et des
barorécepteurs de la carotide
Atteinte :
o Conséquences :
Hypoesthésie unilatérale du pharynx, de l’amygdale et du voile du palais
o Causes fréquentes :
Névralgie glossopharyngienne
Cause des épisodes de douleur sévère aux oreilles et à la gorge
65
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
Caractéristiques :
o Le nerf récurrent laryngé (une branche du nerf vague) contrôle toute la musculature
intrinsèque du larynx sauf le muscle crico-thyroïdien.
Trajet :
o Le nerf vague origine du bulbe rachidien.
o Il sort du tronc cérébral sous le nerf IX, sur la partir ventrale du bulbe rachidien.
o Il traverse ensuite l'espace sub-arachnoïdien pour finalement sortir du crâne par le
foramen jugulaire.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Muscles pharyngiens et œsophagiens supérieurs
Déglutition
Réflexe nauséeux
Muscles du larynx voix
66
o Fibres parasympathiques innervent :
Cœur, poumons
Tractus digestif jusqu’à l’angle splénique
o Fibres sensitives :
Responsables de la sensibilité de :
Pharynx, larynx
Méninges de la fosse postérieure
Petite région près du conduit auditif externe
Responsables du goût de l’épiglotte au pharynx
o Fibres viscérales :
Reçoivent les afférences provenant des chémorécepteurs et des
barorécepteurs de l’arc aortique
Atteinte :
o Conséquence :
Élévation asymétrique du voile du palais
Déviation de la luette
Voix enrouée
Bradycardie, syncope
Malaise vagal
o Causes fréquentes :
Lésion du nerf récurrent laryngé lors d’une chirurgie du cou, d’une chirurgie
cardiaque ou en raison d’une tumeur infiltrative apicale du poumon
(syndrome de Pancoast)
Cause une voix rauque et la paralysie d’une corde vocale
67
Cause une voix rauque et la paralysie d’une corde vocale
68
NEU-113 Décrire le trajet du nerf crânien XI, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du XIe nerf crânien
Caractéristiques
o C’est un nerf dont la fonction est purement motrice.
Trajet :
o Le nerf spinal accessoire ne provient pas du tronc cérébral, mais des 5-6 premiers
segments de la moelle épinière.
o Les fibres issues de ce long noyau se rejoignent pour former le tronc du nerf.
o Ce dernier revient ensuite vers le crâne et y entre par le foramen magnum.
o Par la suite, il ressort du crâne en empruntant le foramen jugulaire, en compagnie des
nerfs Ix, X et de la veine jugulaire.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Muscles sterno-cléido-mastoïdiens
Permet de tourner la tête du côté opposé au muscle qui se contracte
Partie supérieure du trapèze
Élévation des épaules
Atteinte :
o Motoneurone inférieur :
Faiblesse dans l’élévation de l’épaule ipsilatérale
Faiblesse de la tête pour tourner du côté opposé à la lésion (mais d’autres
muscles peuvent aider à compenser)
o Motoneurone supérieur :
Faiblesse dans l’élévation de l’épaule controlatérale
Faiblesse de la tête pour tourner du côté opposé à la lésion
69
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
NEU-114 Décrire le trajet du nerf crânien XII, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du XIIe nerf crânien
Trajet :
o Le nerf hypoglosse origine du bulbe rachidien.
o Il quitte la partie ventrale du bulbe via plusieurs petites racines avant de quitter la
boîte crânienne par son propre canal, le canal hypoglosse.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Tous les muscles intrinsèques et extrinsèques de la langue sauf le muscle
palato-glosse.
Atteinte :
o Motoneurone inférieur :
Faiblesse de la langue ipsilatérale
Déviation de la langue du côté ipsilatéral à la lésion
Atrophie, fasciculations
70
o Motoneurone supérieur :
Faiblesse de la langue controlatérale
Déviation de la langue du côté controlatéral à la lésion
Pas d’atrophie ni de fasciculations
71
2.2 SCIENCES CLINIQUES DES TROUBLES DU SNP
A) Faiblesse
À l’histoire, le patient se plaint de lourdeur et se sent moins fort.
Vocabulaire :
o Suffixe –parésie : faiblesse musculaire
o Suffixe –plégie : perte totale de force musculaire
Pour grader la force musculaire, on utilise l’échelle MRC gradée sur 5 :
o 0/5 : Absence de contraction musculaire
o 1/5 : Contraction musculaire visible sans mouvement du membre
o 2/5 : Mouvement actif du membre sans gravité
o 3/5 : Mouvement actif du membre contre la gravité, sans résistance mise par
l’examinateur
o 4/5 : Mouvement actif du membre et maintien d’une certaine résistante
o 5/5 : Force musculaire normale (examinateur incapable de vaincre le patient, sauf
pour certains muscles des mains et des pieds)
Un examen de dépistage systématique est nécessaire pour approfondir l’examen et localiser
la lésion si une faiblesse musculaire est mise en évidence.
o Faiblesse d’origine centrale :
Donne habituellement une faiblesse diffuse d'un ou de plusieurs membres
Tableau typique :
Atteinte du cerveau hémiparésie
Atteinte de la moelle paraparésie
Atteinte du motoneurone supérieur faiblesse prédominante aux
muscles extenseurs et distalement
o Faiblesse d’origine périphérique :
Faiblesse qui origine d’une radiculopathie ou d’une lésion à un nerf
périphérique :
Distribution bien précise de la faiblesse qui correspondra aux muscles
innervés par la racine atteinte ou le nerf atteint
Un muscle très faible peut donc être à proximité d’un muscle
normal
Ce ne serait pas possible avec une atteinte centrale qui serait
plus homogène dans des muscles adjacents
Il faut connaître quel muscle est associé à quelle racine (myotome) et
quel muscle est associé à quel nerf périphérique
Ex : Faiblesse de l’extension du poignet peut être causée par :
Atteinte de C6-C7
Neuropathie radiale
Faiblesse d’origine musculaire :
Généralement proximale
Diffuse
Plutôt symétrique
72
B) Engourdissements
Définition : paresthésie (sensation anormale provoquée ou spontanée, picotements)
Touche les nerfs sensitifs
C) Incoordination motrice
Difficulté à effectuer les mouvements volontaires
Maladresse, sans perte de force ni présence de sensations anormales
Ex : le patient n’est pas capable de bien boutonner sa chemise
D) Fatigue (musculaire)
Sensation de perte d’énergie dans un muscle (moins d’endurance musculaire)
o Ex : suite à une activité prolongée de ce muscle
Causes :
o Endocriniennes (hypothyroïdie)
o Anémie
o Infectieuses
o Néoplasiques
o Psychiques
o etc.
Pas toujours évident à démontrer à l’examen physique mais muscle est moins endurant
Signes et symptômes :
o Faiblesse musculaire Note : La spasticité et
o Spasticité (augmentation du tonus) l’hyperrélexie peuvent
o Réflexes ostéo-tendineux (ROT) vifs apparaître plusieurs
o Réflexe cutané plantaire en extension (signe de Babinski) jours/semaines après la
Localisation de la lésion : survenue de la lésion.
o Cerveau
Hémiparésie/hémiplégie/troubles sensitifs controlatéraux à la lésion
Atteinte faciale fréquente (atteinte du motoneurone supérieur du VIIe nerf
crânien)
Atteinte de l’état de conscience (si atteinte bi-hémisphérique)
Aphasie/confusion/céphalées/troubles visuels/héminégligence
Atteinte suit le territoire vasculaire
o Tronc cérébral
Atteinte des nerfs crâniens : variable selon la région du tronc atteinte
(mésencéphale, protubérance, bulbe)
Atteinte du SNA sympathique : diminution de la fréquence cardiaque, de la
fréquence respiratoire et de la tension artérielle
Syndrome alterne :
Combinaison d’une atteinte motrice/sensitive ipsilatérale à la lésion
au niveau facial et controlatérale à la lésion pour le reste du corps
Rare
73
o Moelle (voir autre cas pour plus de détails)
Atteinte motrice et sensitive bilatérale
La moelle est souvent tranchée au complet lors d'un accident
Paraplégie/quadraplégie selon le niveau de la lésion
Visage épargné
Rechercher des signes nous orientant vers un syndrome de la queue de cheval
(car risque de troubles sphinctériens à long terme) :
Incontinence urinaire
Rétention urinaire
Incontinence fécale
Tonus rectal diminué
Impuissance
Perte de sensation au niveau génital et sacral
Syndrome lésionnel :
Permet de localiser le niveau de la lésion dans la moelle (thoracique,
cervicale ou bulbaire)
Atteinte du motoneurone inférieur au niveau de la lésion
Syndrome sous-lésionnel :
Indique qu'il y a présence d'une lésion sans permettre de la localiser
Atteinte du motoneurone supérieur (atteinte des longs faisceaux
descendants de la moelle)
Signes à distance de la lésion
Indices qui doivent nous faire penser à une atteinte médullaire :
Déficit sensitif au niveau du tronc
Troubles des sphincters
Paraparésie rapide
Réflexes présents ou vifs
Attention : une lésion de la moelle basse ou une lésion aigue
peut abolir les réflexes
Babinski
Atteinte sensitive haute des membres inférieurs (ex : cuisse)
Suggère une lésion de la moelle et non une polyneuropathie
Aucune neuropathie périphérique ne donne des
engourdissements en haut des genoux
Signes et symptômes :
o Faiblesse musculaire
o Hypotonie (diminution du tonus)
o Réflexes ostéo-tendineux (ROT) diminués
o Réflexe cutané plantaire en flexion
o Atrophie
o Fasciculations
Localisation de la lésion :
o Les lésions nerveuses donnent généralement une atteinte motrice et sensitive
(comme l’atteinte à la moelle).
74
o Racine :
Atteinte sensitive et motrice
Sensation de brûlement ou de picotement dans le dermatome de la
racine atteinte.
Sensations peuvent être diminuées.
Faiblesse des myotomes touchés.
Perte des réflexes et de la force musculaire dans la région atteinte.
o Plexus :
Atteinte complète du plexus : membre totalement flasque et insensible.
Atteinte partielle du plexus : perte de fonction des muscles innervés par les
troncs touchés.
Atteinte davantage motrice que sensitive.
Atteinte diffuse car tous les nerfs sont très rapprochés au niveau du plexus
(plusieurs seront touchés).
o Nerf :
Une neuropathie peut atteindre de façon prédominante les axones, la gaine de
myéline ou les deux.
Atteinte sensitive et motrice (si le nerf touché est un nerf mixte)
Mononévrite : lésion unique d’un nerf périphérique (atteinte focale)
Causes : trauma ou pression mécanique prolongée sur un nerf,
maladies auto-immunes, diabète mellitus, etc.
Mononévrite multiple : lésion de plusieurs nerfs périphériques (atteinte
multifocale)
Causes : diabète mellitus, connectivite, vasculite, virus, sarcoïdose,
amyloïdose, paranéoplasie, etc.
Polyneuropathie : atteinte bilatérale, symétrique et synchrone de plusieurs
nerfs périphériques (atteinte généralisée)
Atteinte souvent distale
Sauf dans le cas des polyneuropathies démyélinisantes où il
peut y avoir une atteinte proximale
Réflexes diminués
Déficits moteurs et/ou sensitifs ascendants, généralement au niveau
des jambes (bras rarement atteints)
Troubles sensitifs en gants et chaussettes (diabète, maladies
métaboliques)
Ataxie sensitive
o Jonction neuromusculaire :
Atteinte motrice uniquement (faiblesse)
Faiblesse des muscles du visage, du cou, des paupières et de la
déglutition possible
Faiblesse plus proximale
Faiblesse pire en fin de journée qui augmente avec l’usage répété d’un
muscle (concept de fatigabilité)
Jamais de déficits sensitifs
Réflexes généralement normaux
Exemples : myasthénie grave, botulisme Note : une atteinte musculaire peut être
douloureuse, mais pas une atteinte de la
jonction neuromusculaire.
75
o Muscle :
Atteinte motrice
Fatigue constante
Faiblesse typiquement plus sévère en proximal qu’en distal
Jamais de déficits sensitifs
Réflexes généralement normaux
Douleur spontanée ou à l’effort
Myotonie (relaxation lente du muscle après percussion ou effort bref)
Indolore
Exemple : patient a de la difficulté à ouvrir son poing après l’avoir
fermé
Différents mécanismes possibles :
o Mécanique
o Toxique
o Métabolique
o Infectieux
o Auto-immun
o Inflammatoire
o Dégénératif
o Congénital
A) Généralités
Définition « radiculopathie » : affection caractérisée par une ou plusieurs atteintes des racines
nerveuses de la colonne vertébrale, ayant pour conséquence une dysfonction sensitive et/ou
motrice.
Présentation clinique :
o Atteinte sensitive :
Brûlements/picotements douloureux touchant le dermatome de la racine
atteinte.
Diminution partielle de la sensibilité d’un dermatome (mais pas
nécessairement une perte complète due aux dermatomes adjacents qui sont
encore intacts).
o Atteinte motrice :
Faiblesse motrice touchant le myotome de la racine atteinte.
Atrophie/fasciculations possibles si la radiculopathie est chronique.
o Réflexes diminués dans la distribution radiculaire.
o Particularités selon l’endroit de la lésion :
Une radiculopathie au niveau de T1 peut interrompre la voie sympathique aux
ganglions sympathiques cervicaux et causer un syndrome de Horner.
L’atteinte de plusieurs racines sous L1 peut causer un syndrome de la queue
de cheval.
76
Capsule : Syndrome de la queue de cheval
Il s’agit d’une altération des fonctions des racines sous L1 ou L2.
Présentation clinique :
o Perte de sensibilité S2-S3-S4-S5 : « anesthésie de la selle ».
o Atteinte S2-S3-S4 : incontinence urinaire, constipation, incontinence fécale, perte de l’érection,
baisse du tonus rectal.
Il est primordial de corriger ce syndrome rapidement pour éviter des déficits irréversibles.
77
Capsule : 3 racines nerveuses à retenir au niveau du bras (C5-C6-C7)
C5 :
o Abduction du bras et de l’épaule
o Flexion du coude
o Réflexe du biceps
C6 :
o Flexion du coude
o Réflexe du biceps
o Extension du poignet
C7 :
o Extension du coude
o Réflexe du triceps Blumenfeld, H. Neuroanatomy through clinical cases
78
Capsule : 3 racines nerveuses à retenir au niveau de la jambe (L4-L5-S1)
L4 :
o Extension du genou
o Réflexe patellaire
L5 :
o Dorsiflexion plantaire
S1 :
o Flexion plantaire
o Réflexe achilléen Blumenfeld, H. Neuroanatomy through clinical cases
B) Radiculopathie compressive
Hernie discale
o Physiopathologie :
Une partie du noyau pulpeux sort à partir d’une déchirure dans l’anneau
fibreux et exerce alors une compression de la racine nerveuse.
Peut être causé/exacerbé par un traumatisme ou se produire spontanément.
Les racines les plus fréquemment atteintes sont C6, C7, C8, L5 et S1
Les hernies discales thoraciques sont moins fréquentes, car la colonne
vertébrale est moins mobile et fixée par la cage thoracique.
Au niveau cervical et lombo-sacral, c’est souvent la racine nerveuse inférieure
des deux vertèbres adjacentes qui est impliquée.
Les disques intervertébraux cervicaux sont contraints par le ligament
longitudinal postérieur à faire une hernie latéralement vers les racines
nerveuses, et non médialement vers la moelle épinière.
o Présentation clinique :
Douleur au cou ou au dos
Symptômes sensitifs et moteurs le long d’un dermatome/myotome
79
o Diagnostic :
Manœuvre de la jambe tendue (signe de Lasègue) :
Diagnostique pour une hernie de la région lombo-sacrée causée par
une compression mécanique
Méthode :
Patient en décubitus dorsal
L’examinateur élève lentement la jambe symptomatique du
patient tout en gardant la jambe en extension
Ce mouvement produit une traction sur le nerf sciatique et les
racines nerveuses d’où provient ce nerf (L4-L4-S1-S2)
L’examinateur note l’angle auquel survient la douleur et
effectue ce test pour les 2 jambes
Test positif : reproduction de la douleur souvent accompagnée d’un
blocage antalgique
Interprétation :
Douleur qui survient autour de 45° : hernie discale
Aucune douleur jusqu’à 70° : test négatif
Manœuvre de renforcement (à faire sauf si le Lasègue est clairement
positif) :
Abaisser le membre inférieur (toujours en extension) jusqu’au
point où le patient ne ressent plus de douleur
Procéder ensuite à une dorsiflexion du pied
La manœuvre de renforcement positive si ce mouvement
reproduit la douleur
Manœuvre du tripode :
Diagnostique pour une hernie de la région lombo-sacrée causée par
une compression mécanique
Méthode :
Patient assis les hanches fléchies
L’examinateur prend l’un de ses membres inférieurs et
procède à une extension passive du genou. Il fait ensuite la
même chose pour l’autre membre inférieur
Test positif : reproduction de la douleur avec mouvements du patient
vers l’arrière
Manœuvre du Lasègue fémoral :
Même principe que le Lasègue, mais pour les racines L2-L3-L4
Manœuvre :
Patient en décubitus ventral les jambes allongées
L’examinateur prend la cheville du patient et effectue une
flexion passive du genou tout en appliquant une pression sur
le bassin ipsilatéral pour éviter une surélévation de ce dernier
Test positif : reproduction de la douleur dans le devant de la cuisse
Valsalva
Augmente les symptômes
Tourner la tête
Pour les radiculopathies cervicales, tourner ou faire une flexion
latérale de la tête du côté atteint augmente les symptômes (en raison
de l’augmentation du rétrécissement du foramen intervertébral)
80
Manœuvre de Spurling :
Diagnostique pour un rétrécissement des trous de conjugaison
(arthrose, hernie discale compressive, sténose spinale)
Manœuvre :
Demander au patient d’effectuer des mouvements d’extension,
de flexion latérale et de rotation vers le côté atteint
Si la manœuvre ne déclenche pas de symptômes,
l’examinateur peut maintenir la position en appliquant une
légère pression sur la tête du patient pendant une dizaine de
secondes
Test positif : reproduction des symptômes
o Approche chirurgicale des hernies :
Les patients récupèrent habituellement en quelques mois sans chirurgie.
Indications chirurgicales :
Compression de la moelle ou syndrome de la queue de cheval
Déficit moteur progressif et sévère
Douleur intolérable même avec médication
Radiculopathie clairement présente avec échec du traitement
conservateur (repos, thérapie physique) après 1 à 3 mois
Arthrose
o Physiopathologie :
Dégénérescence du cartilage des articulations qui englobe l’extrémité des os.
Cette destruction s’accompagne d’une prolifération osseuse anarchique
(ostéophytes) pour compenser la perte du cartilage.
Ces ostéophytes peuvent venir comprimer les racines nerveuses, causant ainsi
les mêmes symptômes qu’une hernie discale (en plus de la douleur
occasionnée par l’arthrose elle-même).
o Symptômes :
Douleur progressive au fil des mois (contrairement à une hernie discale qui
est très douloureuse en aigu).
Les premiers symptômes apparaissent généralement autour de 40-50 ans,
bien que l’arthrose progresse depuis déjà plusieurs années
[Link] [Link]
81
2.2.3 Les plexopathies
A) Traumatique
Erb-Duchenne palsy (atteinte du tronc supérieur du plexus brachial) :
o Causes communes :
Traction sur l’épaule d’un enfant lors d’un accouchement difficile
Accident de moto
o Présentation clinique :
Perte de fonction des muscles innervés par les racines C5-C6
Faiblesse du deltoïde, du biceps, de l’infra-épineux et des
extenseurs du poignet.
Les mouvements des doigts et de la main ne sont
normalement pas touchés.
Position du bras : « waiter’s tip »
Bras collé au corps Blumenfeld, H.
Bras en position de rotation interne Neuroanatomy through
Flexion du poignet clinical cases
Klumpke’s palsy (atteinte du tronc inférieur du plexus brachial) :
o Causes communes :
Traction vers le haut
Défilé thoracique
La partie inférieure du plexus brachial est comprimée sur son trajet
vers le bras.
Sites fréquents de compression :
Entre la clavicule et la première côte
Entre les scalènes antérieur et moyen
Sous le petit pectoral
Syndrome de Pancoast (néoplasique)
o Présentation clinique :
Faiblesse des muscles innervés par C8 et T1
Faiblesse des doigts et des mains
Atrophie des muscles hypothénariens de la main
Perte de sensation dans la région C8-T1 de la main et de l’avant-bras
Possible syndrome de Horner (si la racine T1 est atteinte)
B) Néoplasique
Klumpke’s palsy (atteinte du tronc inférieur du plexus brachial) :
o Syndrome de Pancoast
Cause : tumeur pulmonaire apicale qui s’étend jusqu’au tronc inférieur du
plexus brachial. Ultimement, tout le plexus brachial peut être envahi par la
tumeur.
82
Présentation clinique :
Symptômes d’atteinte du plexus brachial inférieur
Parfois syndrome de Horner
Le nerf récurrent laryngé peut être touché, ce qui cause un
changement dans la voix (voix rauque).
C) Inflammatoire ou post infectieux (Syndrome de Parsonage Turner)
Cause : inconnue
o On pense qu’il s’agit d’une inflammation du plexus.
Épidémiologie :
o Plus fréquent chez les hommes
o Débute à l’âge adulte
Présentation clinique :
o Initialement, ce syndrome se présente par une sensation de brûlure à l’épaule ou par
une douleur au cou (douleur très intense et invalidante).
o Une faiblesse dans les muscles innervés par le plexus brachial se développe ensuite.
Évolution :
o La plupart des patients récupèrent après 6 à 12 semaines.
NEU-151 Identifier l'endroit habituel où le nerf médian peut être lésé (tunnel carpien) et
décrire la présentation clinique (signes et symptômes)
Causes fréquentes : Note : les neuropathies moins
o Dormir avec la tête de quelqu’un sur sévères peuvent causer uniquement
le bras (« honeymoon palsy ») des déficits sensitifs
o Fracture de l’humérus ou du radius distal
o Compression du nerf médian dans son trajet à-travers du muscle rond pronateur de
l’avant-bras
Présentation clinique :
o Faiblesse de ces mouvements :
Flexion et abduction du poignet
Opposition du pouce
Flexion du 2e et 3e doigt
o Pertes sensitives dans le territoire du nerf médian
o Position : « Preacher’s hand »
Syndrome du tunnel carpien :
o Physiopathologie :
Compression du nerf médian lors de son passage
Blumenfeld, H. Neuroanatomy
avec les tendons de la main dans le canal carpien. through clinical cases
Souvent vu chez les femmes de plus de 30 ans.
Association avec plusieurs activités/pathologies :
Écrire à l’ordinateur
Peinture de maison
Stress répétitifs au poignet qui amène une inflammation/œdème
constants
Travail manuel répétitif
Hypothyroïdie
Diabète
Grossesse
Contraceptifs oraux
83
o Présentation clinique :
Perte de sensation des trois premiers doigts
Paresthésies dérangeantes la nuit qui peuvent irradier dans le bras
Présence du « flick sign » (les patients doivent secouer leur main pour essayer
de diminuer les symptômes).
Atrophie de l’éminence thénar possible dans les cas avancés
o Diagnostic (tests visant à provoquer des paresthésies dans la distribution du nerf
médian) :
Signe de Tinel : la percussion du nerf médian dans le canal carpien reproduit
les paresthésies
Signe de Phalen : coller les faces dorsales de ses deux mains (poignets en
flexion) occasionne des paresthésies et de la douleur
o Traitement :
Cas légers et récents : orthèse au poignet, infiltration de corticostéroïdes
Cas chroniques modérés à sévères : chirurgie pour décompression du canal
carpien
NEU-152 Identifier l'endroit habituel où le nerf radial peut être lésé (fracture de l'humérus) et
décrire la présentation clinique (signes et symptômes) (Saturday night palsy)
Causes :
o Dormir dans une position où le bras est élevé au-dessus de la tête « saturday night
palsy »
o Utilisation de béquilles de façon inadéquate (viennent comprimer
l’aisselle) « crutch palsy »
o Fracture de l’humérus qui vient endommager le nerf alors qu'il
traverse le sillon radial de l'humérus
Présentation clinique :
o Faiblesse de ces mouvements :
Extension du bras, de la main et des doigts
Supination de l’avant-bras
o Pertes sensitives dans le territoire radial
o Position : poignet tombant Blumenfeld, H. Neuroanatomy
o Perte du réflexe tricipital possible through clinical cases
NEU-153 Identifier l'endroit habituel où le nerf axillaire peut être lésé (dislocation de l'épaule)
et décrire la présentation clinique (signes et symptômes)
Causes :
o Luxation d’épaule
o Fracture de l’humérus (partie proximale)
Symptômes :
o Faiblesse du deltoïde
o Sensation d’engourdissement dans la région deltoïdienne
NEU-154 Identifier l'endroit habituel où le nerf sciatique peut être lésé et décrire la
présentation clinique (signes et symptômes)
Causes :
o Luxation postérieure de la hanche
o Fracture acétabulaire
o Injection intramusculaire trop médiale et inférieure par rapport aux fessiers
84
Symptômes :
o Faiblesse de tous les muscles du pied et de la cheville
o Faiblesse de la flexion du genou
o Perte du réflexe achilléen
o Perte de sensibilité du pied et de la face latérale de la jambe sous le genou
NEU-155 Identifier l'endroit habituel où le nerf péronier commun peut être lésé (col du
péroné/fibula) et décrire la présentation clinique (signes et symptômes)
Physiopathologie :
o Ce nerf contourne la tête de la fibula en postéro-latéral du genou.
o La tête de la fibula est très superficielle, ce qui la rend vulnérable aux traumatismes.
Causes :
o Lacérations
o Déchirures musculaires par inversion du pied
o Compression (bas de compression serrés, plâtre, jambes croisées, traumatisme)
Symptômes :
o Faiblesse de ces mouvements :
Dorsiflexion du pied
Éversion du pied
o Position : « Foot drop »
o Perte de sensibilité sur la face dorso-latérale du pied
NEU-156 Identifier l'endroit habituel où le nerf tibial postérieur peut être lésé (tunnel tarsien)
et décrire la présentation clinique (signes et symptômes)
Physiopathologie :
o Après sa descente dans la jambe, ce nerf passe derrière la malléole médiale avant de
changer de direction pour se diriger vers le tunnel tarsien, formé par le rétinaculum
des fléchisseurs les os du pied.
o C’est à cet endroit qu’il peut se faire comprimer et étirer, ce que l’on nomme le
syndrome du tunnel tarsien.
Causes :
o Compression (tumorale, inflammatoire, traumatique)
o Masses
o Traumatismes (fractures)
o Épaississement du rétinaculum des fléchisseurs
Symptômes :
o Hypoesthésies, dysesthésies ou paresthésies dans le territoire du nerf tibial.
o Les symptômes sont augmentés par l’activité physique et calmés par le repos et la
surélévation du pied.
o Signe de Tinel positif (la percussion de la face médiale du calcanéus provoque une
décharge électrique dans le territoire nerveux concerné)
o Signes moteurs très rares
85
2.2.5 Les mononeuropathies multiples
NEU-161 Nommer les deux causes principales d'une mononeuropathie multiple (diabète et
vasculite)
Définition :
o Une mononévrite est causée par une ischémie des petits vaisseaux qui irriguent les
nerfs.
o Elle ne touche qu’un seul nerf périphérique, tandis qu’une mononévrite multiple en
touche plusieurs.
Causes :
o Diabète
Les mononévrites les plus fréquentes touchent le nerf médian au niveau du
poignet et le nerf ulnaire au niveau du coude.
Une atteinte du nerf fibulaire commun, du nerf sciatique, du nerf cutané latéral
de la cuisse et des nerfs crâniens est également fréquente.
o Vasculites
Les mononévrites multiples accompagnent fréquemment la périartérite
noueuse (PAN) et le syndrome de Churg-Strauss.
Le diagnostic d’une vasculite devrait toujours être considéré en présence
d’une mononévrite multiple évolutive accompagnée de symptômes
systémiques (fièvre, anorexie, perte de poids, perte d’énergie, malaise,
douleur non-spécifique)
Définition :
o Il s’agit d’une atteinte de plusieurs nerfs périphériques, la plupart du temps en distal.
o Par exemple, on parlera de mononévrite multiple lorsque le nerf radial droit et le nerf
fibulaire gauche sont atteints.
o Elle se distingue de la polyneuropathie qui elle, cause une atteinte symétrique.
Tableau clinique :
o Déficits sensitifs et moteurs dans la distribution d’un nerf
o Paresthésies douloureuses possibles
Définition :
o Une polyneuropathie est une atteinte bilatérale et synchrone de plusieurs nerfs.
o Une atteinte distale survient habituellement en premier, sauf dans le cas d’une
polyneuropathie démyélinisante (où l’atteinte proximale peut prédominer).
Présentation clinique :
o Diminution des réflexes
o Déficits moteurs et sensitifs ascendants généralement présents au niveau des jambes
o Ataxie
o Symptomatologie « en gant et en chaussettes » (polyneuropathie axonale)
86
NEU-172 Distinguer les polyneuropathies démyélinisantes et axonales & NEU-173 Distinguer
les polyneuropathies héréditaires et acquises
A Polyneuropathies démyélinisantes
Pathophysiologie :
o Ces polyneuropathies sont le plus souvent la conséquence d’une réponse immunitaire
déclenchée par une bactérie.
o Présentation clinique :
Paresthésies
Faiblesse musculaire importante
Réflexes diminués
o La démyélinisation survient habituellement sur toute la longueur du nerf, ce qui
explique l’atteinte distale et proximale
Héréditaires :
o Charcot-Marie-Tooth
Neuropathie héréditaire la plus fréquente
Peut être de forme axonale ou démyélinisante
Déficits moteurs et sensitifs
Acquises :
o Guillain-Barré
o « Chronic Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy » (CIDP)
o Lèpre
Maladie infectieuse chronique causée par Mycobacterium Leprae
Les symptômes touchent principalement la peau, le SNP, les voies
respiratoires supérieures, les yeux et les testicules.
Le tropisme de M. Leprae pour les nerfs périphériques est l’une des principales
sources d’incapacité liée à cette maladie.
o Diphtérie
Infection cutanée et naso-pharyngée causée par Corynebacterium diphteriae.
Cette bactérie produit une toxine protéique qui engendre une toxicité
systémique, une myocardite et une polyneuropathie.
Un vaccin efficace a permis de contrôler cette maladie en Amérique du Nord
et en Europe.
B Polyneuropathies axonales
Pathophysiologie :
o L’atteinte est habituellement distale.
o Elle peut être symétrique ou asymétrique.
o Les polyneuropathies axonales symétriques sont le plus souvent le résultat de
troubles métaboliques ou toxiques.
Héréditaires :
o Charcot-Marie-Tooth
Acquise :
o Diabétique
o Métabolique
o Néoplasique
o Déficit en vitamines B12
o Alcoolisme
o Toxique
87
NEU-174 Énumérer les causes de polyneuropathies autoimmunes (Guillain-Barré, CIDP -
Chronic Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy)
Syndrome de Guillain-Barré
o Définition :
Il s’agit d’une atteinte auto-immune aiguë et fulminante des nerfs
périphériques ainsi que des racines.
Il en existe plusieurs sous types, mais la variante la plus fréquente et la plus
étudiée se nomme « Acute Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy »
(AIDP). C’est de celle-ci dont il sera question dans le présent document.
o Épidémiologie :
Peut survenir à tout âge.
Les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes.
o Cause :
Des anticorps provoquent une démyélinisation auto-immune de la gaine de
myéline des nerfs périphériques
Environ 70% des cas surviennent une à trois semaines après une infection,
habituellement gastro-intestinale ou respiratoire.
Les pathogènes suivants sont souvent associés au syndrome :
Campylobacter jejuni
Cytomégalovirus (CMV)
Epstein-Barr virus (EBV)
Mycoplasma pneumoniae
o Présentation clinique :
Atteinte ascendante : elle commence souvent aux membres inférieurs et
remonte vers le haut.
Déficits moteurs > déficits sensitifs
Faiblesse symétrique progressive sur quelques heures à quelques
jours.
Paresthésie sous forme de picotements au niveau des mains et des
pieds.
Syndrome de Miller Fisher : aréflexie, ataxie.
Possible atteinte des nerfs crâniens.
Symptômes dysautonomiques :
Arythmies
Chutes de tension/hypertension artérielle
Tachycardie
Troubles respiratoires
o Puisque les nerfs crâniens sont touchés, le bulbe rachidien a de la
difficulté à se débarrasser des sécrétions et à maintenir les voies
respiratoires ouvertes
Douleur au dos, au cou, aux épaules
Absence de fièvre
o Évolution :
Les symptômes atteignent leur point culminant une à trois semaines après le
début des symptômes.
La majorité des patients devront être hospitalisés.
La récupération se fait sur des mois.
88
o Diagnostic :
Reconnaître la présentation clinique
Analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR) :
Diminution des cellules
Élévation des protéines qui témoigne d’une dissociation albumino-
cytologique causée par la démyélinisation
Absence d’élévation des globules blancs
EMG (électromyogramme)/ études de conduction nerveuse :
Ralentissement de conduction compatible avec une démyélinisation
o Traitement :
Amélioration spontanée possible même sans traitement
Plasmaphérèse (dialyse pour enlever les anticorps)
Immunoglobulines iv (injecter des anticorps pour diluer les propres anticorps
du patient et ainsi neutraliser leur action auto-immune)
Les cas très sévères peuvent nécessiter :
Intubation
Ventilation mécanique
Monitoring continue
o Pronostic :
85% des patients récupèrent complètement après quelques mois
Certains présenteront encore des symptômes après un an (aréflexie, ataxie)
Taux de mortalité : moins de 5%.
« Chronic Inflammatory Demyelinating Polyneuropathy » (CIDP)
o Définition :
Cette neuropathie est le résultat du même processus physiopathologique que
le syndrome de Guillain-Barré. Elle s’en distingue par son évolution chronique
en général sur plus d’un mois.
o Présentation clinique :
Contrairement au Guillain Barré :
Déficits sensitifs = déficits moteurs
Symptômes sont plus proximaux
o Évolution :
La maladie évolue sous forme polyphasique (périodes de rémission
chevauchent les rechutes).
o Traitement :
Un traitement à long terme à base d’immunosuppresseurs et
d’immunoglobulines peut être nécessaire.
hépatique)
Diabétique
o Définition :
La neuropathie diabétique est la neuropathie la plus fréquente dans les pays
développés.
Plusieurs types de polyneuropathies diabétiques existent, mais la
polyneuropathie distale et symétrique « en gants et en chaussettes » est de
loin la plus fréquente. C’est de celle-ci dont il sera question ici.
89
o Physiopathologie :
Le diabète cause une atteinte vasculaire qui mène éventuellement à une
ischémie des nerfs périphériques. Cette ischémie cause à son tour une
dégénération axonale, une hyperplasie endothéliale et une inflammation
périvasculaire.
L’accumulation de sorbitol dans le sang est également toxique pour les nerfs.
o Présentation clinique :
Perte de sensibilité qui débute aux orteils et qui progresse vers le haut des
jambes, ainsi que vers les doigts et les bras.
Douleur possible
Symptômes dysautonomiques possibles (incontinence, hypotension
orthostatique)
L’atteinte sensitive prédomine, mais des symptômes moteurs sont possibles
(parésie périphérique, aréflexie)
Urémique
o L’accumulation de neurotoxines dans le sang secondaire à l’insuffisance rénale
chronique endommage les nerfs périphériques.
o 60% des patients en insuffisance rénale développent une polyneuropathie.
Hépatique
o En insuffisance hépatique, le shunt porto-hépatique permet le passage de substances
neurotoxiques normalement détruites au foie dans la circulation systémique.
o Ces substances peuvent atteindre les nerfs et causer des atteintes axonales
Alcoolique
o Physiopathologie :
L’alcoolisme chronique peut causer des lésions axonales atteignant
principalement les membres inférieurs.
Cette atteinte résulte d’une carence en vitamine B12, d’une carence en
thiamine (vitamine B1) ou de la toxicité directe de l’alcool.
o Présentation clinique :
Crampes
Hypoesthésie douloureuse
Parésie qui mène ultimement à la paralysie
Stades avancés :
Atrophie musculaire distale
Réflexes achilléens diminués ou abolis
90
Carence en vitamine B12
o Physiopathologie :
Une carence en vitamine B12 affecte principalement les axones des grosses
fibres sensitives, alors que les petites fibres demeurent intactes.
o Causes :
Alcoolise chronique
Chirurgie gastrique
Maladies inflammatoires intestinales
Insuffisance pancréatique
o Présentation clinique :
Crampes, douleur à la pression des mollets
Abolition des réflexes achilléens
Diminution de la vibration et de la proprioception
Ataxie
Engourdissements des mains
NEU-178 Énumérer les causes de polyneuropathies toxiques : métaux lourds (arsenic, plomb,
mercure) et iatrogéniques (agents antinéoplasiques)
Pathophysiologie :
o La plupart du temps, les neuropathies toxiques touchent les axones distaux et sont
progressives.
Causes :
o Métaux lourds : arsenic, plomb, mercure
o Iatrogénique : agents antinéoplasiques
o Autres substances
Présentation clinique :
o Atteinte sensitive et motrice (l’atteinte sensitive précède l’atteinte motrice)
o Aréflexie
o Atteinte distale et symétrique qui progresse vers le haut
o Particularité clinique selon la substance impliquée
Diagnostic :
o Cesser l'agent toxique et vérifier si la condition s'améliore.
o Le niveau de métaux lourds peut être calculé sur les ongles ou les cheveux.
o Les médicaments peuvent être dosés dans le sang.
Définition :
o Groupe de polyneuropathies périphériques qui partagent les mêmes manifestations
cliniques, mais dont le mécanisme pathologique et la mutation génique diffèrent.
o Neuropathie héréditaire la plus fréquente.
Physiopathologie :
o Il existe des formes démyélinisantes et d’autres axonales.
La maladie est généralement transmise de façon autosomale dominante et est
causée par une mutation spécifique dans l’un des gènes responsables de la
formation de la myéline.
o Elle touche le motoneurone inférieur et les fibres sensitives périphériques (atteinte
sensitivo-motrice).
91
o L’atteinte est chronique et distale.
Présentation clinique :
o Atteintes motrices :
Faiblesse distale au niveau des membres inférieurs (jambes, pieds), puis des
membres supérieurs (mains).
Démarche trainante
Faiblesse des extenseurs du pied cause un pied tombant
Difficulté à sauter et à courir
Difficulté à ouvrir des pots, à tenir des clés (mouvements fins)
Maladresse
Déformation du pied en raison de l’atrophie musculaire : pied creux et orteils
« marteau »
Rarement :
Atrophie musculaire proximale
Tremblement essentiel
o Atteintes sensitives
Altération de la sensibilité profonde (diminution de la vibration et de la
proprioception)
Trouble de la sensibilité superficielle (tact léger, douleur, température)
Absence de douleur
o Perte des ROT
o Anomalies pupillaires, nystagmus possibles
Évolution :
o La maladie se manifeste habituellement entre 15 et 30 ans dans les formes légères,
mais peut se manifester dès la naissance dans les formes plus sévères (bébé
hypotonique).
o Évolution lente : atteinte débute en distal et devient plus proximale au fil du temps.
Traitement :
o Aucun traitement spécifique
[Link]
92
o Cela engendre une diminution de la contractilité musculaire, puisque l’acétylcholine
est perdue dans la fente synaptique, où elle se voit dégradée par
l’acétylcholinestérase.
o Différentes formes :
o Oculaire (ptose fluctuante, diplopie intermittente)
o Généralisée avec symptômes bulbaires (fatigabilité de la mastication, langage
altéré, dyspnée)
Prévalence :
o 50-125 cas par million
o Deux pics d’âge :
20-30 ans (surtout les femmes)
60-70 ans (surtout les hommes)
o Accompagne parfois d’autres phénomènes auto-immuns (hypothyroïdie, lupus
érythémateux, arthrite rhumatoïde, vitiligo, etc.)
Présentation clinique :
o Faiblesse généralisée symétrique qui touche surtout : Note : la fatigabilité et les fluctuations
Muscles proximaux des membres sont les éléments qui caractérisent la
Muscles du cou myasthénie grave
Diaphragme (dyspnée)
Muscles extra-oculaires, paupières (ptose, diplopie)
o La faiblesse implique aussi des muscles innervés par les nerfs dont le noyau est situé
dans le bulbe, ce qui a comme conséquence :
Faiblesse faciale
Voix « nasale »
Dysphagie
o La faiblesse est typiquement pire après l’usage répété d’un muscle ou au fil de la
journée (fatigabilité) et diminue au repos.
o Sensibilités préservées
o Réflexes normaux
Diagnostique :
o Présentation clinique
o Différents tests diagnostiques
Ice pack test :
But : démontrer une amélioration de la ptose palpébrale causée par la
myasthénie grave ?
Méthode : placer un sac de glace sur la paupière fermée du patient
pendant 2 minutes et rechercher une amélioration de la ptose
Test positif : la ptose diminue de 2 mm ou plus en raison de l’activité
réduite de l’acétylcholinestérase à faible température
Tensilon test :
But : démontrer une amélioration des symptômes causés par la
myasthénie grave
Méthode : administrer un inhibiteur de l’acétylcholinestérase à courte
action, l’edrophonium chloride (Tensilon), au chevet du patient
- Note : l’edrophonium est présentement discontinué, alors le
futur du test est incertain
Test positif : les symptômes du patient s’améliorent 2 à 5 minutes
après l’injection de Tensilon.
93
Stimulation nerveuse répétitive (3/sec) :
But : démontrer une diminution de l’amplitude du potentiel d’action
musculaire retrouvé dans la myasthénie grave
Méthode : délivrer des chocs électriques au patient à un rythme de
trois par seconde
Test positif : l’amplitude du potentiel d’action baisse de plus de 10 %
Mesure des anticorps anti-récepteur à l’acétylcholine :
But : démontrer la présence d’anticorps
Résultats :
Positif dans 85 % des cas de myasthénie généralisée
Positif dans 50 % seulement des cas de myasthénie oculaire
Note : un test positif permet de confirmer la maladie, mais un test
négatif ne permet pas de l’exclure.
TDM ou IRM :
But : rechercher un thymome
- 12 % des patients atteints de myasthénie grave ont un
thymome et la plupart des autres ont une hyperplasie du
thymus.
Test pour d’autres maladies associées (maladies systémiques) :
Test pour la thyroïde
Tests concernant d’autres désordres auto-immuns
Traitement :
o Thérapie immunitaire :
Immunosuppresseurs (stéroïdes, azathioprine, mycophenolate, cyclosporine)
Prednisone
94
2.2.8 Les myopathies acquises
Endocriniennes :
o Hyperthyroïdie
o Hypothyroïdie
Iatrogéniques :
o Corticostéroïdes
o Statines
Inflammatoires :
o Dermatomyosite
o Polymyosite
o Polymyalgia rheumatica
Hyperthyroïdie :
o Touche le tiers des patients.
o Présentation clinique :
Faiblesse musculaire proximale
Crampes musculaires
Douleur
Raideur
Hypothyroïdie :
o Présentation clinique :
Faiblesse musculaire proximale
Crampes musculaires
Douleur
Raideur
Fasciculations
Corticostéroïdes :
o Cause : grosse dose initiale ou traitement chronique
o Présentation clinique : faiblesse proximale qui peut atteindre le diaphragme et les
muscles intercostaux, causant ainsi une insuffisance respiratoire.
Statines :
o Présentation clinique :
Myalgies proximales
Faiblesse musculaire symétrique
o Complication : rhabdomyolyse
o Les symptômes débutent quelques semaines/mois après le début du traitement
95
NEU-204 Décrire la présentation clinique (signes et symptômes) des myopathies
inflammatoires (dermatomyosite, polymyosite, polymyalgia rheumatica)
Dermatomyosite :
o Définition :
Maladie inflammatoire auto-immune qui touche le collagène des muscles
striés et la peau.
o Présentation clinique :
Éruption cutanée au niveau des extenseurs
Faiblesse et atrophie musculaire diffuses des quatre membres
Faiblesse des muscles du cou (dysphagie)
Atteintes cutanées :
Rash héliotrope
Rash en châle
Érythème au niveau de la face, du cou, du thorax antérieur et des
membres supérieurs
Il existe une forme paranéoplasique important de rechercher un cancer
Polymyosite :
o Définition :
Maladie inflammatoire auto-immune qui touche uniquement le collagène des
muscles striés.
o Présentation clinique :
Myalgies
Faiblesse musculaire
Œdème musculaire
Fièvre
Altération de l’état général
Pas d’atteintes cutanées
Polymyalgia rheumatica :
o Définition :
Syndrome étroitement associé à l’artérite temporale qui survient chez les
adultes de plus de 55 ans.
o Présentation clinique :
Douleur et raideur au niveau des épaules, du cou et des hanches
Douleur plus importante au réveil
Anémie
Définition :
o Myopathie héréditaire progressive causée par des déficits génétiques
o Dystrophie associée aux symptômes cliniques les plus sévères.
o Caractéristique principale : faiblesse
96
Épidémiologie :
o Maladie récessive lié au X
o Touche uniquement les garçons.
o Prévalence : 1/4000 naissances de garçons
Physiopathologie :
o Il se produit une mutation dans le gène qui code pour la protéine musculaire
« dystrophine » localisé sur le chromosome X (dystrophinopathie). Sans cette
protéine, les fibres musculaires dégénèrent.
o Tous les muscles sont touchés, incluant le muscle cardiaque et le diaphragme.
Cardiomyopathie : principale cause de mortalité due à cette maladie
Présentation clinique :
o Symptômes exclusivement moteurs
o Faiblesse musculaire :
Symétrique
Diffuse
Touche les quatre membres
Prédominance proximale (une faiblesse distale survient plus tard)
Touche davantage les membres inférieurs (une atteinte des membres
supérieurs survient plus tard)
Signe de Gowers : le patient doit utiliser ses mains pour passer de la position
agenouillée à la position debout
Difficulté à sauter, courir, jouer
Chutes fréquentes (fractures des bras et des jambes fréquentes)
o Conséquences anatomiques :
Omoplates décollées
Lordose lombaire, scoliose
Rétraction musculaire avec déformations articulaires
Démarche en canard
Pseudo-hypertrophie des mollets et occasionnellement des quadriceps
Tendon d'Achille raccourci
o Autres manifestations :
Cardiomyopathie
Retard cognitif léger
Possible douleur aux membres inférieurs en début de maladie
Dysfonction pulmonaire causée par la scoliose la faiblesse progressive des
muscles respiratoires
Hyporéflexie ou aréflexie
Évolution :
o Maladie présente dès la naissance.
o Elle devient habituellement évidente entre 3 et 5 ans.
o Avant 13 ans, le patient perd la capacité de marcher et doit être confiné à une chaise
roulante.
97
NEU-212 Décrire la présentation clinique de la dystrophie myotonique (maladie de Steinert)
et identifier le mode de transmission génétique
Définition :
o Dystrophie musculaire cliniquement et génétiquement hétérogène
o Deux formes majeures : DM1 et DM2
Épidémiologie :
o Touche 1 personne sur 8000.
o Les femmes sont autant touchées que les hommes.
o Dystrophie musculaire la plus fréquente à l'âge adulte
o Elle serait possiblement associée à un risque de cancer plus élevé (endomètre,
cerveau, ovaire et côlon).
Étiologie :
o Transmission génétique autosomale dominante
o Défaut génétique dans l’élaboration d’un trinucléotide constituant le gène DMPK sur
le chromosome 19.
Présentation clinique :
o Les deux types sont des maladies multisystémiques caractérisées par :
Faiblesse des muscles squelettiques à prédominance distale
Myotonies
Douleur musculaire
Dysphagie
Cataractes
Anomalie de la conduction et de la structure cardiaque
Infertilité chez l'homme (hypogonadisme primaire)
Résistance à l'insuline
Hypogammaglobulinémie
Difficultés à l'accouchement
o Particularités de DM1 :
Symptômes gastro-intestinaux (qui peuvent ressembler à un syndrome du
côlon irritable)
Hypersomnie et somnolence diurne
Alopécie précoce chez l'homme
Diminution de l'audition
Début : naissance, enfance ou âge adulte
o Particularité de DM2 :
Raideur musculaire
Hyperhydrose
Moins sévère que DM1
Début : âge adulte (40 ans)
Complications :
o Pneumonie d'aspiration causée par la dysphagie
o Cholélithiases
o Difficultés respiratoires
o Polyneuropathie sensorimotrice (indépendante de l'intolérance au glucose)
o Grossesses à risque plus fréquentes :
Grossesse ectopique
Accouchement prématuré ou par césarienne
98
NEU-213 Décrire la présentation clinique de la dystrophie oculopharyngée et identifier le
mode de transmission génétique
Définition :
o Dystrophie musculaire héréditaire tardive
o Principales caractéristiques :
Dysfonction oculaire
Dysfonction des muscles du pharynx
Épidémiologie :
o Rare
o Plus fréquent au Québec
Étiologie
o Transmission génétique autosomale dominante
Présentation clinique :
o Atteinte classique :
Ptose (atteinte asymétrique du muscle releveur de la paupière)
Dysphagie (qui survient quelques années après la ptose)
Dysarthrie
o Faiblesse proximale ou distale des membres possible
o Mouvements extra-oculaires épargnés
o Les symptômes ne fluctuent pas au cours de la journée.
Évolution :
o Début : âge moyen (50-60 ans).
o Tous les individus atteints auront exprimé la maladie à 70 ans.
o Lentement progressif.
Complications
o Ptose vision occluse
o Dysphagie sévère perte de poids, mort si non-traité
o ROT diminués ou abolis
99
2.2.10 Pathologie du neurone moteur supérieur et inférieur
NEU-221 Décrire les caractéristiques cliniques et l'investigation de la sclérose latérale
amyotrophique
100
RÉFÉRENCES
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elsevier
Saunders (9th edition), 1190 p.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
GILROY A. M.(2013). Anatomy : an essential textbook. New York : Thieme Medical Publishers (3rd
edition), 760 p.
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical
(18th edition), 4012 p.
NETTER, F. (2014). Atlas of Human Anatomy, Philadephia : Elservier Saunders (6th edition), 576 p.
RATTÉ, F. et THÉRIAULT, J. (2012), Démarche clinique, Québec : Presses de l'Université Laval, 625 p.
REMUL. (2014), Petit précis de médecine : Tome 2, Québec : Presses de l’Université Laval, 536 p.
101
Chapitre 3 : Anatomie et maladies de la moelle
épinière, des racines et des voies sensitives
3.1 SCIENCES FONDAMENTALES DES TROUBLES DES VOIES SENSITIVES
102
NEU-232 Nommer deux muscles innervés par les racines C5, C6, C7, C8, L4, L5 et S1
Attention : Les myotomes ci-dessous sont simplifiés, un muscle peut recevoir une innervation
de 1 à 3 myotomes. Parfois, un myotome prédomine dans son innervation par rapport aux
autres dans un muscle donné.
NEU-233 Nommer les deux ou trois racines qui innervent les muscles deltoïde, biceps, triceps,
interosseux, quadriceps, tibial antérieur (tibialis anterior) et gastrocnemius
Deltoïde C5, C6
Biceps brachial C5, C6
Triceps C6, C7, C8
Interosseux de la main C8, T1
Quadriceps L2, L3, L4
Tibial antérieur (tibialis anterior) L4, L5
Gastrocnemius S1, S2
103
3.1.2 Les voies sensitives afférentes
A) Généralités
Neurone sensitif :
o Il s’agit d’un neurone pseudo-unipolaire.
Les dendrites reçoivent l’information sensitive de la périphérie.
L’axone transmet l’information jusqu’aux terminaisons nerveuses, situées
dans la corne dorsale de la moelle épinière.
Le corps cellulaire est situé dans le ganglion de la racine dorsale (ganglion
spinal). Ce dernier est entre les dendrites et les terminaisons pré-synaptiques.
o Cinq modalités sensitives sont perçues et transmises au système nerveux :
Tact léger (fin ou grossier)
Douleur
Température
Vibration
Proprioception
Deux voies neuronales sensitives transmettent l’information sensitive :
o Voie lemniscale :
Informations transmises : tact léger fin, vibration et proprioception.
Localisation dans la moelle : cordons postérieurs.
Décussation au niveau de la portion inférieure du bulbe rachidien (par les
fibres arciformes internes).
o Voie spinothalamique :
Informations transmises : tact léger grossier, température et douleur.
Localisation dans la moelle : antérolatéral.
Décussation dans la moelle épinière quelques niveaux au-dessus de l’entrée
de la racine conduisant l’influx (par la commissure antérieure).
À noter que le tact est transmis par la voie spinothalamique et lemniscale. Il n’est donc
pas perdu s’il y a une lésion de l’une de ces deux voies.
104
NEU-241 Décrire et dessiner le trajet de la voie spinothalamique (voie antérolatérale) de la
moelle au cortex
Caractéristiques :
o Informations transmises : tact léger grossier, température et douleur.
o Axone : fibres C
Petit diamètre
Transmet l’influx moins rapidement
Non myélinisée
Trois neurones sont impliqués dans la voie spinothalamique :
o 1er neurone :
Entre dans la moelle épinière via la racine dorsale.
Fait une synapse avec un 2e neurone immédiatement dans la substance grise
de la corne dorsale.
o 2e neurone :
Monte dans la substance blanche antérolatérale ipsilatérale pour deux ou
trois segments rachidiens.
Décusse ensuite dans la moelle épinière au niveau de la commissure
antérieure (à peine quelques niveaux au-dessus de l’entrée de la racine
correspondante).
Continue sa montée dans la substance blanche antérolatérale controlatérale
Petit récapitulatif :
Une lésion qui touche la substance blanche antérolatérale de la moelle va avoir pour
conséquences :
o Controlatéral à la lésion : atteinte de la transmission de la douleur, de la température et
du tact léger grossier au niveau des dermatomes situés quelques niveaux sous la lésion
o Ipsilatéral à la lésion : atteinte de la transmission de la douleur, de la température et du
tact léger grossier au niveau des dermatomes situés au niveau de la lésion et 2-3 niveaux
en-dessous.
Symptômes rarement présents en clinique.
105
Voie antérolatérale (spinothalamique)
106
NEU-242 Décrire et dessiner le trajet des cordons postérieurs (voie lemniscale) de la moelle
au cortex
Caractéristiques :
o Informations transmises : tact léger fin, vibration et proprioception.
o Axone :
Large diamètre
Myélinisée
Trois neurones sont impliqués dans la voie lemniscale :
o 1er neurone :
Entre dans la moelle épinière via la racine dorsale.
Monte le long des cordons postérieur jusqu’au bulbe rachidien.
Portion médiale : faisceau gracile
- Influx provenant des jambes et du tronc inférieur
Portion latérale : Faisceau cunéiforme
- Influx provenant du tronc supérieur à partir T6, des bras et du
cou
Fait synapse avec un 2e neurone une fois rendu au bulbe rachidien, au niveau
du noyau gracile ou du noyau cunéiforme.
Faisceau gracile avec le noyau gracile
Faisceau cunéiforme avec le noyau cunéiforme
o 2e neurone :
Décusse via les fibres arquées internes.
Fait ensuite une synapse avec un 3e neurone situé dans le thalamus.
o 3 neurone :
e
107
Voie des cordons postérieurs (lemniscus médian)
108
Cortex sensitif
Les neurones sont plus spécialisés que les autres neurones du système sensitif discutés
précédemment. C’est ici que l’information est combinée et analysée pour former un tout (ex :
percevoir la forme/grosseur/texture d’un objet).
Ces fonctions particulières au cortex sensitif sont appelées sensibilités corticales ou
sensibilités discriminatives
o Il existe trois principaux types de sensibilités corticales :
Stéréognosie : capacité de reconnaître un objet par la manipulation
seulement
Graphesthésie : capacité de reconnaître un dessin (ex : lettre, chiffre) tracé
sur la peau
Discrimination entre deux points : capacité à reconnaître que deux stimuli
rapprochés sont distincts
o S’il y a une atteinte des sensibilités corticales, un patient pourrait être incapable de
reconnaître un objet placé dans sa main sans le regarder, même si ses sensibilités
tactiles seraient assez bien préservées.
Informations transmises :
o Tact léger grossier
o Température
o Douleur
Localisation dans la moelle : Antérolatéral
Décussation dans la moelle épinière par la commissure antérieure, quelques niveaux au-
dessus de l’entrée de la racine conduisant l’influx.
Informations transmises :
o Tact léger fin
o Vibration
o Proprioception
Localisation dans la moelle : Cordons postérieurs
Décussation au niveau de la portion inférieure du bulbe rachidien (par les fibres arciformes
internes).
109
3.1.3 La moelle épinière
NEU-251 Identifier sur un schéma les différents faisceaux et structures de la moelle épinière
110
3.1.4 Le nerf trijumeau (V)
NEU- 261 Décrire le trajet du nerf trijumeau (V) et de ses trois divisions
A) Généralités
Fonctions :
o Sensitive :
Sensibilité générale du visage
Face
Bouche
2/3 antérieur de la langue
Intérieur du nez
Sinus nasaux
Méninges.
5 modalités sensitives : touché fin, douleur, température, proprioception et
vibration.
Attention :
Occiput est innervé par le nerf C2 (névralgie d’Arnold).
La dure-mère de la fosse postérieure est innervée par le nerf vague et
d’autres racines cervicales supérieures.
o Motrice :
Muscles de la mastication :
Muscle temporal
Muscle masseter
Muscle ptérygoïdien latéral
Muscle ptérygoïdien médial
Muscle tenseur du tympan
Le terme « trijumeau » provient du fait que ce nerf a trois branches majeures :
o Branche ophtalmique (V1)
o Branche maxillaire (V2)
o Branche mandibulaire (V3)
Voyage en compagnie d’une petite branche motrice qui est responsable du
contrôle des muscles de la mastication et d’autres petits muscles.
B) Trajet
Partie sensitive du nerf trijumeau :
o Les terminaisons nerveuses de la peau du visage sont le point de départ des trois
branches sensitives du nerf trijumeau.
Branche ophtalmique (V1) :
Voyage dans la partie inférieure du sinus caverneux.
Rentre dans le crâne via la fissure orbitale supérieure.
Branche maxillaire (V2) :
Rentre dans le crâne via le foramen rond.
Branche mandibulaire (V3) :
Rentre dans le crâne via le foramen ovale.
Truc mnémotechnique : Single-room occupancy
V1 : Fissure orbitale supérieure
V2 : Foramen rond
V3 : Foramen ovale
111
o Les trois branches se rejoignent pour entrer dans une fosse, en postérieur du sinus
caverneux, appelée «cavum de Meckel». Cette dernière contient le ganglion du
trijumeau.
Ce ganglion sensitif contient les corps cellulaires des neurones du nerf
trijumeau (ses trois branches).
o Les fibres sensitives entrent dans le tronc cérébral au niveau de la protubérance (côté
ventro-latéral), pour finalement y effectuer une synapse avec le noyau sensitif du
trijumeau.
Partie motrice du nerf trijumeau:
o La partie motrice du nerf trijumeau origine du noyau trijumeau moteur (situé dans la
protubérance)
o Les fibres nerveuses quittent ce noyau pour se rendre au niveau des muscles de la
mastication (temporal, masséter et digastrique), via la branche mandibulaire V 3, et
jusqu’au muscle tenseur du tympan.
NEU-262 Énumérer les conséquences cliniques (signes et symptômes) d’une lésion du nerf
trijumeau
Si atteinte du nerf trijumeau :
o Perte de sensibilité ipsilatérale au niveau des territoires sensitifs de V1, V2 et V3.
Incluant le 2/3 antérieur de la langue
o Perte du réflexe cornéen ipsilatéral
o Faiblesse au niveau des quatre muscles de la mastication ipsilatéraux, avec atrophie
et fasciculations possibles
112
3.2 SCIENCES CLINIQUES DES TROUBLES DES VOIES SENSITIVES
Engourdissement :
o Paresthésie :
Phénomène positif et anormal.
Sensation non douloureuse, mais désagréable.
Habituellement décrite par les patients comme des fourmillements ou des
picotements.
o Hypoesthésie :
Phénomène négatif.
Diminution de la sensibilité par rapport à la normale.
Il s’agit d’une perte partielle de la sensibilité au toucher. S’il s’agissait d’une
perte complète de sensibilité, on parlerait plutôt d’une anesthésie.
Faiblesse :
o Perte de force musculaire.
o À différencier de la fatigue musculaire :
Les patients rapportent souvent de la faiblesse au questionnaire, alors que
cette dernière n’est pas d’origine neurologique (problèmes thyroïdiens,
anémie, cancer, infection, etc.). Il faut donc bien questionner et examiner le
patient pour savoir si le patient présente un problème d’ordre neurologique
ou non.
Douleur :
o Sensation pénible, parfois insupportable.
o Persistante ou intermittente.
o Parfois disproportionnée par rapport à la nature du stimulus qui la provoque.
113
NEU-272 Par l’histoire et l’examen physique (signes et symptômes), déterminer le site de la
lésion (cerveau cortical, cerveau sous-cortical, tronc cérébral, moelle, racine, plexus, nerf
(mononeuropathie, mononeuropathie multiple, polyneuropathie)) d’un patient se présentant
avec des engourdissements (paresthésie ou hypoesthésie)
A) Généralités
Les engourdissements peuvent être causés par une lésion à n’importe quel endroit des voies
somatosensorielles :
o Nerf périphérique
o Racine (racine postérieure)
o Cordons postérieurs (voie lemniscale)
o Moelle antérolatérale (voie spinothalamique)
o Thalamus
o Substance blanche thalamo-corticale
o Cortex primaire somatosensoriel
2. Lésions au thalamus :
Perte des sensibilités primaires de l’hémicorps controlatéral.
o L’atteinte n’est souvent pas parfaitement séparée à la ligne médiane.
o Le visage, les mains et les pieds sont souvent plus atteints que les membres
proximaux et le tronc.
Toutes les modalités sensitives peuvent être impliquées.
Si l’atteinte est restreinte au thalamus, on retrouve une atteinte sensitive pure (syndrome
lacunaire).
Des lésions importantes atteignant la capsule interne, le noyau géniculé latéral du thalamus
ou les radiations optiques (trois structures adjacentes au thalamus) peuvent s’accompagner
d’une hémiparésie ou d’une hémianopsie homonyme controlatérale.
3. Lésion des radiations thalamiques somatosensorielles (3e neurone des voies sensitives) :
Perte des sensibilités primaires de l’hémicorps controlatéral.
Entraîne souvent une hémiparésie associée, car les fibres motrices corticobulbaires et
corticospinales sont situées à proximité dans la capsule interne.
Les infarctus lacunaires peuvent produire un des syndromes lacunaires classiques (p. ex., une hémiparésie motrice pure, une
hémianesthésie pure, un trouble de coordination unilatéral [hémiparésie ataxique], un syndrome dysarthrie-main maladroite); des signes
de dysfonctionnement cortical (p. ex., l'aphasie) sont absents. Des infarctus lacunaires multiples peuvent conduire à une démence par
infarctus multiples.
114
C) Tronc cérébral
Penser à une atteinte du tronc cérébral particulièrement s’il y a présence de symptômes
croisés (tel un syndrome de Wallenberg) ou s’il y a présence de symptômes témoignant d’une
lésion de nerfs crâniens (dysphagie, diplopie, aphasie, etc.).
2. Bulbe médial :
La lésion implique la voie lemniscale
o Perte controlatérale de la vibration et de la proprioception (puisque la décussation a
lieu au niveau du bulbe inférieur).
La voie spinothalamique est épargnée, car elle est située plus en latéral au niveau du bulbe
Le visage est épargné, car les noyaux recevant les influx responsables de la sensibilité du
visage sont situés plus haut dans la protubérance.
D) Moelle
Symptômes habituellement bilatéraux.
o Toutefois, plus rarement, s’il y a atteinte de l’hémi-moelle (Brown-Sequard), les
symptômes peuvent être unilatéraux.
Présentation :
o Symptômes sensitifs :
Niveau sensitif
Lésion des cordons postérieurs (voie lemniscale) :
Picotements
Sensation d’engourdissement
Sensation de serrement (comme un serrement en bandeau autour des
membres ou du tronc)
Lésion voie antérolatérale (voie spino-thalamique) :
Forte douleur sous forme de brûlure
o Symptômes moteurs
o Troubles sphinctériens
o Niveau lésionnel et sous-lésionnel
Lésion de la moelle cervicale :
o Peut être accompagnée du signe de Lhermitte : sensation d’un choc électrique se
dirigeant vers le bas du dos et dans les extrémités lors de la flexion du cou.
E) Racine
Le patient peut présenter des maux de dos (au niveau cervical, dorsal, lombaire ou sacré) à
l’endroit où la racine est comprimée près de la colonne vertébrale.
Perte de sensibilité, douleur, engourdissements et picotements possibles dans le dermatome
correspondant à la racine atteinte.
o Les symptômes sont aggravés par les mouvements qui étirent ou compriment les
racines nerveuses.
Implique souvent des signes d’atteinte du motoneurone inférieur.
115
F) Plexus
Déficits sensitifs dans les dermatomes correspondant aux racines atteintes.
Associé à des symptômes moteurs type motoneurone inférieur dans les myotomes
correspondant aux racines atteintes.
NEU-273 Identifier les signes et symptômes suggérant une lésion médullaire (troubles
sphinctériens, niveau sensitif, syndrome lésionnel et sous-lésionnel)
A) Généralités
Une lésion médullaire est une urgence médicale.
Il ne faut absolument pas manquer un syndrome de la queue de cheval également
(compression des racines lombosacrées dans le canal spinal) (poursuite médicale ++).
Causes :
o La compression extrinsèque de la moelle est la cause la plus fréquente.
o Il peut y avoir une compression extrinsèque lors d’une maladie dégénérative de la
colonne, lors d’un trauma, lors d’un cancer métastatique, etc.
Physiopathologie :
o Atteinte potentielle des voies sensitives, des voies motrices et des voies autonomes
(selon la lésion) situées dans la moelle épinière.
o Le visage est donc toujours épargné (les noyaux des différents nerfs crâniens sont
situés dans le tronc cérébral).
Symptômes typiques :
o Niveau sensitif
o Atteinte motrice
o Troubles sphinctériens
o Syndrome lésionnel et sous-lésionnel
Symptômes atypiques :
o Fièvre :
Ex: abcès épidural
o Pertes sensitives et motrices mineures
o Douleur au dos ou au cou
ATTENTION : Une atteinte sensitive haute (cuisse) suggère une lésion de la moelle et non une
polyneuropathie. Les neuropathies périphériques qui donnent des engourdissements en haut des
genoux sont rares.
B) Niveau sensitif :
Définition : niveau frontière
o Sensibilités primaires diminuées en-dessous de ce niveau.
o Sensibilités primaires redeviennent normales à ce niveau.
Le niveau sensitif n’est pas toujours fiable. Effectivement, la lésion peut être plus haute que
ce dernier. Il est donc indiqué de demander un IRM des niveaux supérieurs au niveau sensitif.
(ex. : niveau D2 cliniquement, imager cervical et dorsal)
116
C) Atteinte motrice :
Atteinte motrice de type motoneurone supérieur sous le niveau de la lésion (par atteinte des
voies) :
o En aigu :
Choc spinal : paralysie flasque, Babinski et diminution des réflexes ostéo-
tendineux (ROT).
o Quelques heures/jours après :
Paralysie, spasticité, réflexes ostéo-tendineux vifs et Babinski
Toutefois, une atteinte de la queue de cheval (compression de racines) occasionne une
atteinte motrice de type motoneurone inférieur sous le niveau de la lésion.
o Cela s’explique par le fait que la moelle épinière se termine au niveau de L1-L2. En-
dessous de ce niveau, ce ne sont que des racines (motoneurones inférieurs) qui
émergent du cône médullaire.
D) Troubles sphinctériens :
Tonus rectal diminué et incontinence fécale
Rétention urinaire ou incontinence urinaire :
o Selon le niveau de la lésion, différents problèmes urinaires sont possibles.
Lésion de la queue de cheval : distension et atonie vésicale entrainent une
rétention urinaire et possiblement de l’incontinence par regorgement
Lésion de la moelle : vessie spastique (incontinence par manque d’inhibition
frontale de la miction).
Capsule urinaire :
- La vessie est sous le contrôle du SNA.
- La région frontale du cerveau envoie tout de même des projections descendantes pour inhiber la
miction.
- Lorsque la moelle est sectionnée, on perd cette inhibition de la miction. Les patients deviennent alors
incontinents (vessie spastique).
117
o Sous la lésion :
Atteinte sphinctérienne.
Atteinte sensitive dans les dermatomes des niveaux sous la lésion.
Atteinte motrice de type motoneurone supérieur dans les myotomes des
niveaux sous la lésion.
Lésion de la moelle épinière latérale (lieu où sont situés les faisceaux
corticospinaux descendants).
Lors du développement, après que la moelle épinière ait atteint sa longueur maximale, les
os de la colonne vertébrale continuent tout de même à croître.
o La moelle épinière se termine au niveau du cône médullaire, à la hauteur des
vertèbres L1-L2.
o Sous les vertèbres L1-L2, le canal vertébral contient uniquement des racines
nerveuses. Cet ensemble de racines est appelé « queue de cheval ». Il est important de
savoir que les fibres motrices appartenant à la queue de cheval sont constituées de
motoneurones inférieurs.
118
B) Syndrome du conus médullaire
Très similaire au syndrome de la queue de cheval décrit plus haut.
Certaines différences sont tout de même possibles entre ces 2 syndromes :
119
3.2.2 Les myélopathies
NEU-281 Distinguer les signes et symptômes des différents syndromes de la moelle : lésion
transverse complète, Brown-Sequard (hémi-moelle), syndrome central (centromédullaire),
moelle antérieure, moelle postérieure, lésion du conus.
120
o Perte de sensibilité à la douleur et à la température au côté controlatéral à la lésion à
partir de 2-3 niveaux sous la lésion :
Les fibres spinothalamiques parcourent deux ou trois segments rachidiens
vers le haut avant de décusser dans la commissure ventrale.
o Perte de sensibilité à la douleur et à la température au côté ipsilatéral à la lésion, au
niveau de la lésion et 2-3 niveaux en-dessous :
Les fibres spinothalamiques originant des racines nerveuses postérieures de
ces segments n’ont pas encore décussées.
Blumenfeld, H. Neuroanatomy
C) Syndrome central (centromédullaire) through clinical cases
1. Petites lésions centrales
Des dommages aux fibres spinothalamiques qui décussent dans la commissure ventrale
causent :
o Perte de sensibilité à la douleur et à la température bilatérale dans le dermatome
correspondant au niveau de la lésion
o Une lésion à la moelle cervicale produit classiquement une distribution en «cape ».
121
Dommages aux cellules nerveuses situées dans la corne antérieure :
o Syndrome lésionnel : atteinte motrice de type motoneurone inférieur au niveau de la
lésion.
Dommages au faisceau corticospinal :
o Syndrome sous-lésionnel : atteinte motrice de type motoneurone supérieur sous la
lésion.
Dommages aux cordons postérieurs possibles :
o Perte de vibration et de proprioception bilatérale au niveau de la lésion et en-dessous.
Dommages à la voie spinothalamique possibles :
o Perte de la sensibilité à la température et à la douleur sous le niveau de la lésion.
o La région sacrée est toutefois épargnée lors des grosses lésions centrales, car les
fibres spinothalamiques l’innervant sont situées plus latéralement dans la moelle
épinière.
D) Moelle antérieure
Exemples de causes :
o Traumatismes
o Sclérose en plaques (mais postérieur plus fréquent)
o Infarctus de l’artère spinale antérieure
Dommages à la voie spinothalamique :
o Perte de la sensibilité à la douleur et à la température sous le niveau de la lésion
Dommages aux cellules nerveuses situées dans la corne antérieure :
o Syndrome lésionnel : atteinte motrice de type motoneurone inférieur au niveau de la
lésion.
Dommages au faisceau corticospinal latéral si la lésion est plus importante :
o Syndrome sous-lésionnel : atteinte motrice de type motoneurone supérieur sous la
lésion.
Cordons postérieurs épargnés
Incontinence urinaire : commun
o Les voies descendantes en provenance du lobe frontal qui inhibent la miction sont
localisées en ventral dans la moelle épinière.
122
E) Moelle postérieure
Exemples de causes :
o Traumatismes
o Compression extrinsèque de tumeurs localisées en postérieur
o Sclérose en plaques
o Déficit en vitamine B12
Affectent préférentiellement
o Syphilis tertiaire
la moelle postérieure
(tabes dorsalis)
Dommages au niveau des cordons postérieurs
o Perte de la vibration et de la proprioception sous le niveau de la lésion
Dommages aux faisceaux corticospinaux latéraux possibles si la lésion est massive :
o Syndrome sous-lésionnel : atteinte motrice de type motoneurone supérieur sous le
niveau de la lésion.
Il n’y a toutefois pas de syndrome lésionnel qui pourrait nous aider à localiser le niveau de la
lésion
123
[Link]
A) Généralités
Une lésion de la moelle épinière est une source d’invalidité, car elle affecte les voies motrices,
sensitives et autonomes
La dysfonction de la moelle épinière est une URGENCE, puisqu’il faut à tout prix éviter les
dommages irréversibles
Les principales causes de lésions à la moelle épinière sont :
o Compression extrinsèque due à une maladie dégénérative de la moelle
o Traumatismes
o Cancer métastatique
Pour localiser la lésion dans la moelle épinière :
o Il est possible de se fier aux signes et symptômes qui accompagnent généralement les
lésions de la moelle épinière :
Présence d’un niveau sensitif
Atteintes motrices correspondant au niveau de la lésion
Réflexes anormaux (ex : Babinski)
o Fonctions sphinctériennes anormales
Toutefois, le contexte peut être subtil et les seuls indices peuvent être :
o Changements moteurs et sensitifs minimes
o Lombalgie ou cervicalgie
o Fièvre (abcès épidural)
En raison des complications irréversibles pouvant survenir avec une lésion de la moelle
épinière, il faut demander un IRM rapidement s’il y a suspicion de lésion médullaire
o ATTENTION : Le niveau sensitif peut suggérer le niveau de la lésion, mais parfois, la
lésion peut être plus haute dans la moelle épinière
o Il est donc important d’imager les niveaux plus haut tels que la moelle thoracique ou
la moelle cervicale et ce, même si l’on suspecte une pathologie au niveau lombosacré
Les pathologies qui suivent sont toutes des causes de myélopathies :
124
B) Myélopathie dégénérative: arthrose, hernie discale
L’arthrose et les hernies discales sont souvent la cause de myélopathies chroniques
o Souvent dans les régions cervicale et lombaire
o Le diagnostic repose sur le TDM ou l’IRM
Parfois, la moelle ET les racines nerveuses sont comprimées.
o Ainsi, il peut avoir une combinaison de symptômes du motoneurone inférieur ET
supérieur (syndrome lésionnel et sous-lésionnel)
o La compression des racines nerveuses provoque souvent une douleur radiculaire
(ex : douleur au niveau du cou qui irradie à l’épaule)
o Le diagnostic différentiel est à faire avec les maladies des neurones moteurs comme
la SLA
A) Myélite transverse
Il s’agit d’une inflammation de la substance blanche et de la substance grise au niveau d’un
ou de plusieurs segments médullaires, le plus souvent au niveau thoracique
Causes :
o Sclérose en plaques
o Infections
o Inflammations auto-immunes ou post-infectieuses
Manifestations cliniques :
o Les patients se présentent souvent avec des dysfonctions de la moelle épinière qui se
développent relativement rapidement (quelques heures à quelques jours)
o Affecte toutes les fonctions médullaires, car l’inflammation touche la moelle entière
et ce, sur plusieurs niveaux.
Déficits sensitifs et moteurs bilatéraux
Troubles génito-sphinctériens (rétention urinaire et incontinence fécale)
Investigation :
o IRM : Montre des aires hyperintenses lors de la séquence T2/Flair à l’IRM
o Autres tests pour déterminer la cause de la myélite transverse
VIH, VDRL (syphilis), Lyme, vitamine B12 et folates
o Ponction lombaire : Une analyse du liquide céphalorachidien peut montrer une
élévation du nombre de globules blancs
125
Manifestations cliniques :
o La douleur est un symptôme précoce (surtout pour les tumeurs extradurales)
Il s’agit d’une douleur lombaire progressive qui peut irradier dans le territoire
sensitif d’un dermatome particulier
La douleur peut être nocturne et est aggravée en décubitus dorsal
o Des déficits neurologiques, habituellement bilatéraux, commencent à s’installer de
façon progressive en raison de l’atteinte de la moelle épinière :
Paraparésie spastique
Incontinence
Diminution des sensibilités de toutes les modalités dans un dermatome précis
situés près de la lésion cancéreuse
o Les symptômes de compression de la moelle épinière peuvent évoluer rapidement et
entrainer une paraplégie et une perte de contrôles des sphincters
o Les racines nerveuses peuvent aussi être comprimées :
Paresthésies
Faiblesse musculaire
Atrophie musculaire
Investigation :
o IRM
Capsule : Drapeaux rouges
Douleur radiculaire évolutive inexpliquée et/ou nocturne
Déficits neurologiques segmentaires
Symptômes neurologiques suggérant une compression de la moelle ou des racines
Douleurs dorsales inexpliquées chez des patients atteints d’un cancer primaire (poumon,
sein, prostate, rein, thyroïde, lymphome)
A) Généralités
Cause rare de myélopathie qui est liée à une carence en vitamine B12 (cobalamine)
Pathophysiologie :
o Atteinte des cordons postérieurs (voie lemniscale) et des cordons latéraux (voies
spinothalamiques et corticospinales)
Manifestations cliniques :
o Atteinte symétrique, bilatérale
o Touche davantage les membres inférieurs
Phase précoce : atteinte des voies lemniscales
o Paresthésies
o Ataxie sensitive
First aid for the USMLE step 1, 2016
o Perte de la vibration et de la proprioception
Phase tardive : atteinte des voies latérales
o Signes d’atteinte du motoneurone supérieur :
Faiblesse, spasticité, Babinski, clonus
o Paraplégie (cas sévères)
o Incontinence fécale et/ou urinaire
126
B) Structures neurologiques atteintes lors d’un déficit en vitamines B12
Cause de myélopathie liée à une carence en vitamine B12 (cobalamine)
Multiples causes peuvent expliquer un déficit en vitamines B12 :
o Fonction gastrique ou iléale déficiente :
Exemple : Anémie pernicieuse, gastrectomie, chirurgie bariatrique, gastrite,
syndrome de malabsorption, résection iléale ou bypass, maladie de Crohn,
pancréatite, insuffisance pancréatique
o Ingestion insuffisante :
Exemple : Végétarien stricte, végétarisme durant la grossesse, malnutrition
o Déficience héréditaire dans le métabolisme de la cobalamine
o Certains médicaments
Ex : IPP, metformine, anesthésie à N2O, néomycine
o Infection au VIH
Fonctions de la vitamine B12 :
o Maturation des globules rouges
o Fonctions neurales
o Synthèse de l’ADN
o Synthèse et réparation de la myéline
127
3.2.3 L’investigation paraclinique de l’engourdissement
NEU-291 Décrire l'utilité des examens sanguins chez un patient avec engourdissement selon
le site de la lésion suspecté cliniquement
NEU-292 Décrire l'utilité de l'EMG chez un patient avec engourdissement selon le site de la
lésion suspecté cliniquement
NEU-293 Décrire l'utilité de l'imagerie (RX colonne cervicale, tomographie axiale, IRM) chez
un patient avec engourdissement selon le site de la lésion suspecté cliniquement
128
Tomographie axiale (TDM)
o Le TDM est moins précis pour évaluer l’intégrité de la colonne cervicale
o Diagnostic différentiel :
Syringomyélie
Myélopathie dues à l’arthrose
Myélopathie dues à des traumas
o Permet d’objectiver les mêmes éléments qu’aux rayons X de façon beaucoup plus
précise (car il permet d’obtenir des images en trois dimensions)
IRM (meilleur examen)
o Visualise :
o Parenchyme médullaire
o Lésions des tissus mous (abcès, hématomes, tumeurs, lésions discales)
o Lésions osseuses (érosions, fractures, subluxations, tumeurs)
o Examen de choix pour les affections de la moelle épinière, mais ATTENTION :
Chez un patient qui présente une lombalgie, il est essentiel de corréler sa
clinique avec l’IRM, car de nombreux patients ont des hernies discales
objectivées à l’IRM qui ne sont pas la cause de leur lombalgie
Ainsi, la trouvaille d’une hernie discale à l’IRM peut tout simplement être une
découverte fortuite qui n’explique pas les symptômes du patient
NEU-294 Décrire l'utilité de la ponction lombaire chez un patient avec engourdissement selon
le site de la lésion suspecté cliniquement
129
RÉFÉRENCES
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elservier
Saunders (9th edition), 1190 p.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
FURGER, P. (2012). Dr-MÉ[Link] Guide de médecine et lignes directrices, Québec : Éditions D&F, 1350
p.
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1. McGraw Hill Education, 760 p.
NETTER, F. (2014). Atlas of Human Anatomy, Philadephia : Elservier Saunders (6th edition), 576 p.
PORTER, R. (2014), Le Manuel Merck de diagnostic et de thérapeutique, New Jersey : Merck Sharp &
Dohme Corp. (5e édition française), 3980 p.
Sites webs :
[Link] consulté en
mai 2017
130
Chapitre 4 : Mouvements involontaires, anatomie
et physiologie des systèmes cérébelleux et
extrapyramidal
NEU-301 Identifier les structures des noyaux gris centraux (noyau caudé, globus pallidus,
putamen, substance noire)
A) Généralités
Système extrapyramidal :
o Constitué par l’ensemble des noyaux gris centraux.
Synonymes :
o Fonctions :
- Ganglions de la base =
Contrôle et régulation de la motricité noyaux gris centraux
Tonus
Posture
Initiation du mouvement
Cognition
Humeur
Noyaux gris centraux:
o Collection de noyaux de matière grise situés profondément dans le cerveau.
o Ils participent à des réseaux complexes qui influencent le système moteur. Toutefois,
ils ne projettent pas directement en périphérie.
o Les mouvements anormaux causés par une atteinte des noyaux gris centraux sont
différents de ceux causés par une lésion au cervelet.
o Les lésions des noyaux gris centraux peuvent causer :
Syndrome hyperkinétique (ex chorée
d’Huntington)
Syndrome hypokinétique (ex Parkinson)
131
o Putamen :
Large noyau qui forme la partie latérale des
ganglions de la base.
Fusionne avec la tête du noyau caudé au niveau antérieur et ventral pour
former le striatum ventral.
o Globus pallidus :
Situé en médial du putamen
2 segments :
Externe, Interne
o Noyau sous-thalamique :
Sous le thalamus
o Substance noire :
2 portions :
Substance noire pars reticulata (ventral)
- Séparée du globus pallidus par la capsule interne
Substance noire pars compacta (dorsal) :
- Contient les neurones dopaminergiques
o Striatum : noyau caudé + putamen
Le striatum reçoit pratiquement tous les influx des noyaux gris centraux.
Noyau caudé et putamen :
Deux structures embryologiquement et histologiquement reliées
Séparés par des fibres pénétrantes de la capsule interne
Reliés par des ponts cellulaires
o Noyau lenticulaire : putamen + globus pallidus
132
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
133
NEU-302 Comprendre la voie directe et indirecte des noyaux gris centraux
A) Généralités
Presque tous les influx qui se rendent aux noyaux gris centraux se rendent initialement au
striatum.
Les efflux quittent les noyaux gris centraux par le segment interne du globus pallidus et par
la substance noire pars reticulata.
INFLUX EFFLUX
134
D) Voie directe
Trajet :
o Départ : striatum
o Arrivée : segment interne du globus pallidus ou
substance noire pars réticulata
Une stimulation par le cortex résulte en une excitation du
thalamus facilite le mouvement (en raison des connexions
avec le cortex moteur et prémoteur).
o 2 synapses avec des neurotransmetteurs inhibiteurs
résultent en une excitation (-1)(-1) = +1
E) Voie indirecte
Trajet :
o Départ : striatum
o Détour : segment externe du globus pallidus suivi par
un détour au noyau subthalamique
o Arrivée : segment interne du globus pallidus ou
substance noire pars reticulata
Une stimulation par le cortex résulte en une inhibition du
thalamus inhibe le mouvement (en raison des connexions
avec le cortex moteur et prémoteur)
o Inhibition car 4 synapses (-1)(-1)(+1)(-1) = -1
Synthèse de la dopamine :
o Tyrosine L-DOPA
Enzyme : tyrosine hydroxylase
Étape limitante dans la synthèse de la dopamine
o L-DOPA dopamine
Enzyme : LAA-décarboxylase
o Dopamine peut ensuite être transformée NE
Enzyme : Dopamine-hydroxylase
Métabolisme de la dopamine :
1- Synthèse.
2- Dopamine stockée dans VMAT (vésicules).
3- Lors d’une stimulation : vésicules fusionnent avec la
membrane synaptique, ce qui libère la dopamine dans la
synapse.
4- La dopamine se lie aux divers récepteurs en post-
synaptique pour faire son effet ou se lie aux auto-
récepteurs en pré-synaptique pour réguler sa libération.
5- Trois mécanismes peuvent mettre fin à l’effet de la
dopamine :
Recapture via pompe de recapture
Dégradation par l’enzyme monoamine Oxydase
(MAO) dans la mitochondrie du cytoplasme
Dégradation par l’enzyme Catéchol-O-Méthyl-
Transférase (COMT) en extracellulaire
Movement disorders, 2e edition. Watts & Koller
135
4.1.2 Les nerfs crâniens III, IV et VI
NEU-312 Décrire le trajet du nerf crânien III, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du IIIe nerf crânien
Caractéristiques :
o Il contient des fibres motrices et parasympathiques.
Trajet :
o Fibres motrices :
Elles partent du noyau oculomoteur situé dans le mésencéphale.
Elles quittent le tronc cérébral antérieurement dans la fosse
interpédonculaire.
Elles traversent ensuite le sinus caverneux.
Elles quittent le crâne par la fissure orbitaire supérieure pour atteindre les
muscles de l’orbite, où elles se diviseront alors en 2 branches :
Division supérieure : innerve le muscle droit supérieur et l’élévateur
de la paupière
Division inférieure : innerve le muscle droit interne, le droit inférieur
et le petit oblique
o Fibres parasympathiques :
Les fibres pré-ganglionnaires originent du noyau d’Edinger-Westphal, situé
dans le mésencéphale.
Elles font synapse dans le ganglion ciliaire situé dans l’orbite.
Les fibres post-ganglionnaires se rendent ensuite au muscle constricteur de la
pupille et aux muscles ciliaires.
136
Fonctions : Blumenfeld, H. Neuroanatomy through clinical cases
o Fibres motrices innervent :
Muscle droit supérieur :
Regard vers le haut
Muscle droit inférieur :
Regard vers le bas
Muscle droit interne (droit médial) :
Adduction de l’œil (mouvement latéral du côté nasal)
Muscle petit oblique (oblique inférieur) :
Regard vers le haut
Extorsion (rotation qui éloigne le pôle supérieur de l’œil de la base du
nez)
Muscle releveur de la paupière :
Élévation de la paupière
o Fibres parasympathiques :
Responsables du myosis pupillaire :
Réflexe photomoteur
Accommodation
Atteinte : Attention : une
o Conséquences : myasthénie grave peut
Diplopie oblique : mimer une atteinte du
Pire si le patient regarde un objet proche. NC3 (diplopie et
Moins pire si le patient regarde un objet éloigné. ptose). À l’histoire,
Pupille en mydriase qui ne réagit pas à la lumière et à rechercher une
l'accommodation. fatigabilité en fin de
Atteinte du muscle releveur de la paupière ptose journée.
Atteinte des quatre muscles extra-oculaires :
Position de repos de l’œil en abduction, dépression et intorsion (down
and out)
o Causes fréquentes d’une atteinte du 3e nerf crânien :
Lésion au niveau du mésencéphale AVC, hémorragie, sclérose en plaque,
tumeur, etc.
Lésion du nerf dans son trajet intracrânien (entre le mésencéphale et l'orbite):
Compression du nerf par un anévrisme intracrânien souvent à la
jonction entre l’artère communicante postérieure et l’artère carotide
interne
- Classiquement : paralysie douloureuse qui implique la pupille
137
Compression du nerf par une hernie de l'uncus au-travers la tente du
cervelet.
Ischémie : atteinte microvasculaire diabète, hypertension, vasculite
Traumatisme
Infection
Thrombose du sinus caverneux
Lésion au niveau de l'orbite :
Infection, tumeur, trauma
NEU-313 Décrire le trajet du nerf crânien IV, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du IVe nerf crânien
Caractéristiques :
o Il est le nerf crânien avec le plus long trajet intracrânien et le plus petit diamètre.
o Il contient uniquement des fibres motrices.
o Il est le seul nerf crânien à décusser (il décusse sur la face postérieure du tronc).
Trajet :
o Nerf trochléaire origine du mésencéphale (noyau sous le noyau oculomoteur).
o Après avoir décussé dans son trajet parenchymateux dans le tronc cérébral, il émerge
à la face dorsale du tronc et contourne le pédoncule cérébral.
o Il traverse ensuite le sinus caverneux.
o Il quitte le crâne par la fissure orbitaire supérieure pour atteindre les muscles de
l’orbite.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Muscle oblique supérieur (grand oblique) :
Regard vers le bas
Intorsion (rotation qui amène le pôle supérieur de l’œil vers le bas du
nez)
Atteinte :
o Conséquences :
Diplopie verticale :
Pire si le patient regarde son nez, regarde vers le bas ou penche la tête
du côté de l’œil atteint.
Moins pire si le patient regarde vers le haut ou penche la tête du côté
opposé à l’œil atteint
Atteinte du muscle grand oblique :
Position de repos de l’œil en élévation légère et en extorsion (très
subtil à l’examen)
o Causes fréquentes d’une atteinte du 4e nerf crânien :
Traumatisme (car nerf de petit calibre + long trajet)
Atteinte microvasculaire (car les vaisseaux qui le nourrissent sont très petits
et facilement obstrués)
138
NEU-314 Décrire le trajet du nerf crânien VI, sa fonction, et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d'une lésion du VIe nerf crânien
Caractéristiques :
o Il contient uniquement des fibres motrices.
o Il est en contact étroit avec les fibres du nerf facial dans le tronc cérébral.
Trajet :
o Nerf abducens origine de la partie inférieure de la protubérance.
o Il émerge de la face ventrale du tronc cérébral au niveau de la jonction bulbo-
protubérantielle.
o Il traverse ensuite le sinus caverneux.
o Il quitte le crâne par la fissure orbitaire supérieure pour atteindre les muscles de
l’orbite.
Fonction :
o Fibres motrices innervent :
Muscle droit latéral
Abduction de l’œil (mouvement latéral du côté temporal)
Atteinte :
o Conséquences :
Diplopie horizontale
Pire si le patient regarde des objets éloignés ou fait une abduction de
l’œil atteint.
Moins pire si le patient regarde des objets rapprochés ou bouge la tête
du côté de l’œil atteint pour minimiser l’abduction nécessaire.
Atteinte du muscle droit latéral
Limitation d’abduction de l’œil atteint.
Position de repos de l’œil en légère déviation vers l’intérieur.
o Cause fréquente d’une atteinte du 6e nerf crânien :
Hypertension intracrânienne (car il a un long trajet au-dessus de la crête
tranchante de l’os pétreux)
Autres (pathologies similaires à celles qui touchent le NC III)
139
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
140
4.2 SCIENCES CLINIQUES DES TROUBLES DU MOUVEMENT
141
B Tremblements
Oscillation d'un membre (ou d’une partie d’un membre) autour d'un axe.
Contractions rythmiques de muscles antagonistes innervés de façon réciproque causent un
mouvement bidirectionnel.
Lents ou rapides
Il existe plusieurs causes de tremblements.
C) Chorée
Mouvements involontaires brefs, irréguliers et imprévisibles qui changent d'articulation ou
de direction.
Prédominance distale
o Toutefois : peut aussi toucher le tronc, le cou et le visage.
Sévérité variable :
o Cas légers : chorée de faible amplitude peut être confondue avec des gigotements.
Patient peut essayer de masquer ses mouvements anormaux en les
incorporant dans ses mouvements volontaires.
o Cas sévères : mouvements de plus grande amplitude qui ressemblent à du «break-
dancing», qui sont constamment présent, qui interrompent les mouvements
volontaires et qui augmentent lorsque le patient est distrait ou pendant l'ambulation.
Étiologie (quelques exemples) :
o Maladie de Huntington
o Chorée de Sydenham (chorée rhumatismale liée au streptocoque)
o Effet secondaire dyskinétique du Levodopa (traitement de la maladie de Parkinson)
D) Athétose
Mouvements involontaires plutôt lents, sinueux et reptiformes (tortillement)
Prédominance distale
Souvent en association avec la chorée (choréathétose)
Étiologie (quelques exemples) :
o Effet secondaire des médicaments antagonistes dopaminergiques (antipsychotique/
antiémetique)
o Effet secondaire dyskinétique du Levodopa
o Autres (anoxie périnatale, maladie de Wilson, ictère nucléaire, etc.)
E) Ballisme
Mouvements involontaires vigoureux et très amples.
Différences par rapport à la chorée :
o Les mouvements du ballisme sont plus rotatoires et plus brusques que la chorée.
o Ceux-ci prédominent à la racine d'un membre (proximal) alors que les mouvements
choréiques sont plus distaux.
Hémiballisme : forme la plus fréquente
o Cause classique : AVC lacunaire du noyau sous-thalamique
o Controlatéral à la lésion
F) Dystonie
Hypertonie musculaire entraînant des postures anormales, des torsions et des mouvements
répétitifs des membres, du tronc ou du visage.
Peut mener à des déformations musculo-squelettiques.
La dystonie peut être généralisée, unilatérale ou focale.
142
Il existe plusieurs types de dystonie (quelques exemples) :
o Dystonie focale :
Torticolis
Crampe de l'écrivain
o Dystonie généralisée :
Effet secondaire d'une utilisation prolongée d’antagonistes dopaminergiques
(antipsychotiques, antiémétiques)
Effet secondaire dyskinétique du Levodopa.
Autres (syndrome héréditaire, maladie de Wilson, etc.)
Les patients ont habituellement un geste antagoniste pour tenter d’empêcher la posture
anormale causée par la dystonie.
o Tous les patients ont un geste antagoniste différent
o Ex : toucher son menton avec sa main peut diminuer le mouvement anormal dans un
cas de dystonie cervicale
G) Myoclonies
Contractions musculaires brèves et soudaines.
Désordre du mouvement le plus rapide et le plus bref; nombreuse étiologies
Localisées ou diffuses (focal/unilatéral/bilatéral).
Rythmiques ou arythmiques.
Spontanées ou provoquées par un stimulus.
Différence avec le tremblement : la myoclonie est irrégulière
143
H) Tics
Mouvements involontaires, stéréotypés, brusques et répétitifs.
Précédés d'un « urge » (sensation prémonitoire) et suivis d’un soulagement
o « Suppressibles » : peuvent être inhibés au prix d'un inconfort croissant (urge)
Tics moteurs : impliquent généralement le visage et le cou (plus rarement les extrémités)
Tics vocaux : grognements brefs, toux, hurlement, aboiement, vocalisations plus élaborées
o Coprolalie : tic vocal qui consiste en des mots obscènes (rare)
Les tics sont distribués le long d’un spectre qui s’étend d'un tic transitoire moteur ou vocal
dans l'enfance jusqu'au syndrome de Gilles de la Tourette.
Étiologies (quelques exemples) :
o Syndrome de Gilles de la Tourette :
Tics moteurs (2 ou plus) et vocaux (au moins 1) et persistants
Se manifeste vers la fin de l'enfance (6-10 ans)
Augmentation de l'incidence des TDAH et des TOC
o Lésions des noyaux gris centraux
I) Stéréotypies
Activité coordonnée, continue et répétitive sans but :
o Exemples :
Mouvements bucco-linguaux masticatoires
Croisement/décroisement des jambes
Une seule partie du corps fait toujours les mêmes mouvements.
Étiologie (quelques exemples) :
o Syndrome tardif aux neuroleptiques (antagonistes dopaminergiques)
A) Tremblement de repos
Plus apparent lorsque les membres sont relaxés.
Le tremblement diminue ou cesse lorsque le patient bouge ses membres.
Plus facile à observer lorsque :
o Le patient est assis, les pieds relâchés dans le vide.
o Les mains du patient sont sur ses cuisses.
o Le patient est distrait (le patient ne doit pas être au courant qu'on l'observe à la
recherche d'un tremblement).
Bien observer les mains, les pieds, la tête et le menton du patient.
Observer le patient lorsqu'il marche. On peut alors voir un tremblement de repos des mains.
144
B) Tremblement d’action
1. Tremblement postural :
o Plus apparent lorsque les membres du patient sont gardés dans une certaine position
(exemple : demander au patient de maintenir la manœuvre du serment).
o Disparait au repos.
o Étiologies :
Tremblement essentiel (le plus typique)
Médicaments/drogues
Anomalies métaboliques
Sevrage d'alcool
Peur intense
Anxiété
Etc.
2. Tremblement cinétique:
o Se produit lorsque le patient bouge son membre vers une cible
o Présent tout au long du mouvement
o Étiologie : caractéristique principale du tremblement essentiel
3. Tremblement d’intention:
o Se produit lorsque le patient va atteindre une cible avec son membre
o Présent en fin de mouvement
o Relié avec une atteinte des voies cérébelleuses
145
o Plusieurs facteurs déterminent l'âge de début de la maladie :
Transmission par le père
La maladie sera plus précoce si elle est transmise par celui-ci.
Anticipation paternelle
Longueur de la répétition du trinucléotide CAG
Plus le nombre de répétitions du trinucléotide est grand, plus les
symptômes se manifesteront tôt.
o Nombre de répétition anormale du trinucléotide CAG :
6 à 26 normal
27-35 instable durant la méiose (zone grise)
La croyance actuelle tend à penser que ces patients ne développeront
pas la maladie.
Cependant, de plus en plus de cas rapportés ont le potentiel de
développer la maladie et de transmettre la mutation.
36-39 prémutation
Pénétrance partielle
60% de chance d'être symptomatique à 65 ans
Enfants à risque
> 39 maladie
> 50 maladie d’apparition juvénile
Pathologie :
o Une atrophie progressive du striatum a lieu, particulièrement au niveau du noyau
caudé
Le noyau accumbens est également touché, mais de façon moins étendue
La dégénération du striatum affecte initialement la voie indirecte (chargée de
l'inhibition du mouvement), ce qui explique les mouvements hyperkinétiques
o Lorsque la maladie progresse : une perte neuronale diffuse du cortex peut être
observée
Symptomatologie :
o Les manifestations cliniques peuvent se développer dans les 4 domaines de fonction
des noyaux gris centraux, soit :
Mouvements du corps (chorée, dystonie, tics)
Mouvements des yeux
Saccades lentes
Atteinte de la poursuite fluide
Nystagmus
Difficulté à initier des saccades sans bouger la tête ou cligner des yeux
Émotions
Cognition
o Triade classique : À noter que des
1. Chorée (90% des patients) mouvements anormaux
Touche initialement les doigts, les orteils autres que la chorée
et le visage peuvent être observés (tics,
Évolution progressive athétose, dystonie, etc.)
2. Démence sous-corticale
Diminution de l'attention
Atteinte du jugement
Diminution des fonctions exécutives
3. Problèmes psychiatriques
Dépression très fréquente (suicide plus fréquent)
146
Trouble obsessif compulsif (jusqu'à 50%)
Irritabilité, anxiété, changement de personnalité, psychose
Personnalité impulsive/destructive de type bipolaire
o Autres symptômes qui peuvent être associés à la triade :
Impersistence motrice
Incapacité du patient de maintenir une action motrice
Exemple : Demander au patient de maintenir une position 10
secondes. Le patient sera incapable de maintenir une contraction
musculaire continue.
Dysarthrie hyperkinétique
Difficulté à la marche (démarche dansante)
Dystonie
Bradykinésie, rigidité
Instabilité posturale, chutes
Plus tardifs
Dysphagie
Imagerie :
o En raison de l’atrophie du striatum, les ventricules latéraux semblent élargis au TDM
et à l'IRM (à ne pas confondre avec une hydrocéphalie)
La tête du noyau caudé ne forme plus le renflement normalement vu au niveau
des murs des ventricules latéraux en coupe coronale
o Avec la progression de la maladie, une atrophie du cortex cérébral apparaît.
Traitement :
o Traitement symptomatique :
Tetrabenazine (déplétion pré-synaptique dopaminergique) : 1er choix
Effets secondaires :
- Sédation
- Akathisie (impatience, agitation)
- Parkinsonisme
- Anxiété, dépression
Contre-indications :
- Dépression active
- Antécédents de tentatives de suicide ou d’idées suicidaires
Bloqueurs dopaminergiques : olanzapine, risperidone, …
o Traitements des manifestations psychiatriques (counseling, psychotropes)
o Équipe multidisciplinaire
o Conseil génétique
147
NEU-324 Identifier les signes et symptômes de la maladie de Parkinson
Étiologie :
o Inconnue
o Hypothèse : cause environnementale + composante génétique
o Sporadique la majorité du temps
Facteurs environnementaux demeurent non identifiés
o Génétique : rare
Tendance familiale assez rare dans la maladie de Parkinson
Minorité des cas sauf « early-onset »
Épidémiologie :
o Prévalence :
1% des > 50 ans
Augmente avec l’âge
o Âge d'apparition: entre 40 et 70 ans (âge moyen 62 ans)
o 4-10% des cas avant 40 ans
o 1,5 H : 1 F
Pathologie :
o Perte des neurones dopaminergiques pigmentés de la substantia nigra pars compacta
(elle apparaît alors pâle)
o Les neurones dopaminergiques restants contiennent des inclusions cytoplasmiques
caractéristiques (corps de Lewy) :
Éosinophiliques
Contiennent de l'ubiquitin et de l'α-synucléine
Halo faible
o Il y a aussi perte de neurones pigmentés dans d'autres régions du système nerveux
Note :
- Le désordre hypokinétique de la maladie peut être expliqué par la physiopathologie décrite ci-haut
Investigation :
o TDM/IRM
o PET scan (seulement dans les cas atypiques)
Évolution et pronostic : Note :
o Initialement, les patients peuvent présenter avec : - Les symptômes se présentent
Difficulté à utiliser un membre initialement de façon
Mouvements plus lents unilatérale ils deviendront
Tremblement de repos asymétrique bilatéraux éventuellement
o Éventuellement, les patients développeront : - Cependant, un côté demeure
Triade classique généralement plus atteint que
1) Bradykinésie(essentiel au diagnostic) l’autre (asymétrie)
2) Tremblement de repos
3) Rigidité
148
o Facteurs prédictifs d’une évolution plus lente :
Jeune âge
Tremblement prédominant
Asymétrie marquée
Absence de démence
Signes et symptômes :
o Tremblement de repos
Pronation-supination du poignet ou
flexion-extension des doigts
Doigts qui font du « pill-rolling »
Fréquence : 4-7 Hz
Plainte initiale dans 60% des cas
Typiquement :
Commence aux doigts d’une main [Link]
Atteint la jambe du côté ipsilatéral
Atteint le côté controlatéral après deux à trois ans
Tremblement d’action aussi possible
o Rigidité
Résistance lors du mouvement passif
Continue durant le mouvement
o Bradykinésie et hypokinésie nombreuses manifestations :
Hypomimie
Diminution du clignement spontané des yeux
Diminution de l'expression faciale (faciès figé)
Voix hypophonique
Micrographie
o Démarche parkinsonienne :
Instabilité posturale apparaissant plus tard dans l’évolution de la maladie
Diminution de l'habileté à faire des ajustements posturaux par réflexe pour
maintenir la balance
Rétropulsion
Besoin du soutien des mains pour se lever d’une chaise
Difficultés à initier la démarche (freezing)
Démarche festinante (petits pas, trainement des pieds, penché vers l’avant)
Diminution du balancement des bras asymétrique
Pivot décomposé (demi-tour plus de 2 pas)
o Démence :
Signe tardif de la maladie de Parkinson
Touche 15 à 40% des patients
Bradyphrénie (ralentissement des fonctions mentales)
Atteinte exécutive et orientation spatiale (attention/concentration,
organisation, planification)
o Dépression/anxiété
o Sialorrhée
o Dysphagie
o Anosmie
Un des symptômes les plus précoces de la maladie
Causé par la dégénération du bulbe olfactif et du noyau olfactif antérieur
149
PRÉSENTATION CLINIQUE
150
Stades cliniques
[Link]
151
« Red Flags » (symptômes qui doivent faire penser à un autre diagnostic parkinsonien) :
o Absence d'asymétrie
o Rigidité axiale prédominante
o Instabilité posturale et chutes précoces
o Parésie du regard
o Ataxie, polygone de sustentation élargi
o Dysautonomie
o Apraxie
o Démence ou hallucinations précoces
o Peu de réponse à la médication
o Progression rapide des symptômes
o Absence de tremblements de repos
ATTENTION : 30% des patients avec la maladie de Parkinson n’ont pas de
tremblements
152
[Link]
Note : les syndromes parkinsoniens suivants diffèrent du Parkinson sur ces points : ils
causent des symptômes relativement symétriques, pas de tremblement de repos, l’instabilité
posturale apparaît tôt dans l’évolution de la maladie et les patients répondent peu aux agents
dopaminergiques.
A) Atrophie multisystème (MSA)
Regroupe deux syndromes neurodégénératifs qui se chevauchent souvent de façon
significative :
o Type parkinsonisme (MSA-P)
Symptômes : parkinsonisme, dysfonction autonome
o Type cérébelleux (MSA-C)
Symptômes : dysarthrie, ataxie
Caractéristiques :
o Patients habituellement > 30 ans
o Maladie progressive et sporadique
153
Physiopathologie :
o Perte de neurones dopaminergiques dans différentes zones du cerveau :
Tronc cérébral
Cervelet
Noyaux gris centraux (substance noire, striatum)
o En raison de la perte neuronale, même si la transmission dopaminergique est
améliorée de façon pharmacologique, il y aura toujours une inhibition du thalamus,
causant ainsi des symptômes parkinsoniens.
Critères diagnostiques probables de MSA :
1) Dysfonction autonome prédominant au début de la maladie
Incontinence urinaire + dysfonction érectile chez l'homme
HTO (30 mmHg systolique ou 15 mmHg diastolique)
2) Parkinsonisme avec faible réponse au levodopa
Bradykinésie, rigidité, tremblement, instabilité posturale
3) Syndrome cérébelleux
Ataxie, dysarthrie, dysmétrie, trouble oculomoteur cérébelleux
154
Symptômes :
o Symptômes précoces :
Diminution de l’équilibre, chutes
Maladie de Parkinson : les chutes surviennent plus tardivement
Rigidité axiale (rigidité du cou)
Maladie de Parkinson : la rigidité est au niveau des membres
Légers changements de personnalité et atteinte cognitive plus précoce
o Au fil de l’évolution de la maladie :
Parésie du regard vertical (vers le bas, puis vers le haut)
Il est important de faire la distinction avec une parésie modérée qui
limite seulement le regard vers le haut. Ce type de parésie est causé
par certaines conditions neurodégénératives et par le vieillissement
normal.
Dysarthrie pseudobulbaire
Dysphagie
C) Dégénérescence corticobasale
Parkinsonisme pharmacorésistant au levodopa
Symptômes : tableau asymétrique
o Combinaison d’atteinte corticale (apraxie, agraphesthésie, astéréognosie)
o Et
o de troubles du mouvement (parkinsonisme akinéto-rigide, dystonie, myoclonie)
A) Tremblement essentiel
Exemple typique de tremblement postural et cinétique
Désordre du mouvement le plus commun, souvent familial
Voir objectif ci-haut pour plus de détails
B) Hyperthyroïdie
Tremblements fins des extrémités
155
C) Tremblement médicamenteux
Sympathomimétiques :
o Adrénaline posture
o Bronchodilatateur posture, cinétique
o Théophylline posture
Agents avec action centrale :
o Neuroleptique posture, repos
o TBZ posture, repos
o Métoclopramide posture, repos
o Antidépresseur (surtout tricyclique et ISRS) posture
o Lithium posture, repos, intention, myoclonies
Antiarythmiques :
o Amiodarone posture, repos
o Mexilétine, procaïnamide posture
Hormones :
o Synthroïd, stéroïdes posture
Autres :
o Valproate, cyclosporine posture
o Vincristine, citosinarabinoside posture, intention
D) Sevrage ROH
Tremblement postural ou d'intention
E) Tremblement physiologique
Tremblement postural
Fréquence : 8 à 13 Hz (un petit peu plus élevée que celle du tremblement essentiel)
Présent chez tous les individus
Invisible sans équipement spécial
156
NEU-329 Énumérer deux causes de chorée (déficience motrice cérébrale, chorée de
huntington)
B) Chorée de Huntington
Voir objectif 323
A) Médicaments disponibles
Levodopa : médicament le plus efficace
o Maladie de Parkinson s'améliore presque toujours lorsque traitée avec ce médicament
o Mécanisme d’action :
Levodopa est convertie en dopamine au cerveau et emmagasinée dans les
neurones pour pallier la perte de dopamine
o Effets secondaires de la dopamine :
Effets gastro-intestinaux (nausées, vomissements)
Hypotension orthostatique
Levodopa + carbidopa : médicament le plus utilisé
o Association de 2 médicaments
o La majorité des préparations médicamenteuses contiennent maintenant ces deux
composantes (ex : Sinemet®)
o Mécanisme d’action :
Carbidopa = inhibiteur de la dopa décarboxylase (DDC) périphérique
Carbidopa inhibe la transformation du levodopa dans les tissus périphériques,
ce qui augmente la quantité de levodopa disponible pour la conversion en
dopamine au niveau du SNC
o L’ajout du carbidopa réduit les effets secondaires associés à la dopamine
Levodopa + carbidopa + entacapone : utilisés comme traitement d’appoint (Stalevo)
157
Capsule : pourquoi utiliser une combinaison de médicaments
1961 : introduction du levodopa 1% est converti en dopamine dans le cerveau
1962 : ajout d’un inhibiteur de DCC (carbidopa) 10% du levodopa est converti en
dopamine dans le cerveau
2001 : ajout d’entacapone diminue la dégradation de la dopamine
Autres traitements :
o Agents anticholinergiques (benztropine mesylate, trihexyphenidyl)
Traitement des tremblements
o Agent antiviral (amantadine)
Traitement de la dyskinésie ou traitement initial
Effet anticholinergique, dopaminergique et antiglutamatergique
Augmente la libération de dopamine dans le striatum
o Agonistes dopaminergiques (ropinirole, pramipexole, rotigotine)
Traitement initial ou d’appoint
o Inhibiteur MAO-B (rasagiline, selegiline)
Inhibiteur de la dégradation de la dopamine
Traitement initial ou d’appoint
Pourrait modifier l’évolution clinique de la maladie
o Inhibiteur COMT (entacapone)
Inhibiteur de la dégradation de la dopamine
Traitement d’appoint
158
Benjamin, I. Andreoli and Carpenter’s Cecil essentials of medicine
159
o Peu de temps entre ces périodes où les patients sont fonctionnels
o Causé par deux facteurs :
Régulation anormale des niveaux de dopamine
Réponse anormale physiologique au dosage intermittent exogène de la
dopamine
o Peut être amélioré par des libérations prolongées de dopamine
Jama 2000
NEJM 2000
160
o Symptômes incapacitants
Lévodopa/carbidopa
161
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE :
Mélanie Langlois MD, FRCPC
Anne-Marie Dufresne MD, FRCPC
Pierre Duranleau-Gagnon B. Pharm, MSc
RÉFÉRENCES :
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elsevier
Saunders (9th edition), 1190 p.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
LANGLOIS, M. (2015). Troubles du mouvement et maladie de Parkinson. Québec : cours aux étudiants
du pré-clinique
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical
(18th edition), 4012 p.
NETTER, F. (2014). Atlas of Human Anatomy, Philadephia : Elservier Saunders (6th edition), 576 p.
RATTÉ, F. et THÉRIAULT, J. (2012), Démarche clinique, Québec : Presses de l'Université Laval, 625 p.
162
Chapitre 5 : Troubles cognitifs
5.1 SCIENCES FONDAMENTALES DES TROUBLES COGNITIFS
Ces fonctions cognitives sont localisées de manière diffuse à travers les structures
anatomiques suivantes :
o Tronc cérébral
o Thalamus
o Aire préfrontale :
Lieu : Située en antérieur du lobe frontal, devant les aires motrices.
Fonctions : En plus des différentes fonctions cognitives ci-haut, elle est
également le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieurs
(langage, mémoire de travail, raisonnement et fonctions exécutives)
163
[Link]
Broca
Wernicke
NEU-352 Identifier les structures anatomiques impliquées dans le langage (aire de Broca, aire
de Wernicke, faisceau arqué)
Voir Chapitre 1
A) Généralités
Les structures anatomiques impliquées dans la mémoire sont :
o Lobes temporaux médiaux :
Lieu : Situé derrière l’os temporal, dans la partie latérale et inférieure du
cerveau.
Fonctions : En plus de la mémoire, elle est également le siège de d’autres
fonctions cognitives (audition, langage et vision des formes complexes).
o Hippocampe :
Appartient au système limbique
Lieu : Au niveau de la partie inférieure du fornix, près du lobe temporal
Fonction : Rôle central dans la mémoire.
Andreoli and Carpenter., Essentials of medicine Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
164
Netter, F.H., Atlas d’anatomie humaine
B) Circuits de la mémoire
165
Mémoire explicite :
o Fonction : Permet de se souvenir consciemment de faits ou d’expérience.
o Comprend :
Mémoire à court terme (mémoire de travail)
Situé dans les structures temporales médianes (hippocampe, cortex
entorhinal, gyrus parahippocampique) et les structures
diencéphaliques médianes (noyau antérieur et dorsomédian du
thalamus, corps mamillaire)
Ces structures médient un processus où la mémoire explicite à court
terme est graduellement consolidée dans le néocortex en mémoire à
long terme.
Mémoire implicite :
o Fonction : Permet l’apprentissage inconscient de compétences, d'habitudes et de
comportements
o L’apprentissage de nouvelles compétences ou d'habitudes dépend d’une certaine
plasticité dans plusieurs aires :
Ganglions de la base
Cervelet
Cortex moteur
Noyau caudé (particulièrement important dans l'apprentissage d'habitudes)
o Les atteintes sont donc rares, puisque cette mémoire se retrouve dans plusieurs aires
cérébrales.
166
La mémoire est souvent décrite comme un processus à 3 étapes:
o Encodage Prouvé difficile chez l'humain de montrer un déficit
o Entreposage dans une seule de ces 3 étapes
o Récupération
Blumenfeld, H.
Neuroanatomy
through clinical
cases
C) Amnésie
Définition : Terme utilisé pour décrire une perte de la mémoire explicite.
Causes :
o Lésion bilatérale aux lobes temporaux (amygdales et hippocampe) ou une lésion
bilatérale médiale diencéphalique
o Une lésion unilatérale à l’une de ces deux structures ne produit habituellement pas de
perte de mémoire significative.
Si lésion à l'hémisphère dominant (ie, gauche), déficits en mémoire verbale.
alors que si non-dominant (ie, droit), déficits en mémoire visuelle-spatiale.
Types :
o Amnésie antérograde
Déficits dans la formation de nouveaux souvenirs
Suite Monsieur HM
Après sa chx, jusqu'à la fin de sa vie, il n’a jamais été capable d'apprendre de nouvelles informations
(telle une nouvelle adresse), mais il se rappelait tout de même de l'adresse de son enfance
En effet, sa mémoire à long terme est intacte alors que sa mémoire à court terme est atteinte.
o Amnésie rétrograde :
Perte de souvenirs d'une période de temps avant la lésion cérébrale
167
NEU-354 Identifier les structures anatomiques impliquées dans les fonctions exécutives (i.e.,
comportement adaptatif, pensée abstraite, flexibilité mentale, résolution de problème,
planification, motivation, inhibition, initiative, comportement social).
Délirium Démence
168
Activité Souvent augmentée : Souvent normale
psychomotrice Agressivité, désordonné
Ou elle peut être diminuée :
Apathie, somnolence
Discours Désorganisé, incohérent Normal au début, puis :
Paraphrases
Manque du mot
Dysnomies
Humeur Souvent apeuré ou hostile Souvent normale en début de maladie
Prodrome dépressif possible avant le
début de la maladie d’Alzheimer
Délires Mal systématisés, passagers Parfois présents, thème stable
Signes d’atteinte Souvent présents Souvent absents sauf dans les phases avancées
neurologique
diffuse
B) Description de la plainte:
Premiers symptômes observés :
o Atteinte de la mémoire?
o Atteinte du comportement?
o Changement de l’humeur?
Évolution :
o Subite / Rapide / Insidieuse
Présence de malaises physiques récents qui accompagnent la confusion :
o Infection
o DRS
o Palpitations
o Symptômes neurologiques (céphalées, troubles d’équilibre, chutes)
169
Explorer la sphère psychiatrique :
o Humeur :
Changement de personnalité
Symptômes anxio-dépressifs
Irritabilité
o Comportement :
Apathie, méfiance, retrait social
Délires, hallucinations
Agressivité verbale/physique
Errance / fugue / désinhibition
Est-ce que les symptômes représentent des changements par rapport au niveau de
fonctionnement antérieur?
Répercussions sur les AVD :
o Gestion de la médication
o Préparation des repas
o Entretien ménager
o Lessive
o Finances
o Conduite automobile
o Loisirs
Répercussions sur les AVQ :
o Alimentation / hygiène / habillage
o Déplacements / transferts
o Contrôles sphinctériens
o Habitudes sexuelles
Répercussions sur le fonctionnement social ou professionnel
Est-ce que la personne reconnaît les difficultés cognitives et les répercussions dans le
quotidien?
C) Examen physique :
Aucune particularité
Rechercher une atteinte des autres fonctions cognitives
Examen neuro
NEU-362 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités de
l'évaluation d'un trouble de l'attention/concentration/orientation
A) Questionnaire :
Voir : «Questionnaire général des atteintes cognitives»
Attention-Concentration :
o Capacité de suivre une activité ainsi qu’une conversation à une ou à plusieurs
personnes.
o Fluctuations dans l’attention.
o Se laisse facilement distraire par une stimulation qui n’a pas de lien avec l’activité en
cours.
170
Orientation :
o Personnelle :
Nom, date de naissance, âge, identification du conjoint et des enfants
o Temporelle :
Date, mois, année, jour, saison
Besoin d’utiliser un agenda ou de se référer au calendrier
Se tromper de jour pour certaines activités
Arriver à l’avance pour les heures de repas à la résidence
o Spatiale :
Connaître son adresse
Se reconnaitre dans les lieux familiers et les lieux publics
S’égarer en voiture
NEU-363 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités de
l'évaluation d'un trouble du langage
Voir Chapitre 1
NEU-364 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités de
l'évaluation d'un trouble de la mémoire
A) Questionnaire :
Voir : «Questionnaire général des atteintes cognitives»
Important de bien questionner les différents types de mémoire.
L’attention doit être intacte pour encoder de l'information avec succès dans la mémoire
explicite.
Évaluer la mémoire récente :
o Oublis de rendez-vous
o Lectures, films, évènements de l’actualité, émissions ou informations récentes
o Propos répétitifs
o Tendance à se chercher
o Tout noter dans un agenda/calendrier
171
Évaluer la mémoire à long terme :
o Date et lieu de naissance
o Nom des parents/fratrie/enfants
o Date de mariage
o Noms des enfants
o Métier / âge de retraite
o Évènements politiques, culturels ou sportifs
NEU-365 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités de
l'évaluation d'un trouble des fonctions exécutives
A) Définition :
Les fonctions exécutives correspondent aux gestes et techniques nécessaires pour effectuer
de nouvelles tâches ou des tâches complexes.
Incluent la capacité à :
o Anticiper
o Commencer une tâche
o Planifier une tâche
o Organiser cette tâche
Les fonctions exécutives nécessitent :
o Capacité d’abstraction
o Capacité de passer d’une tâche à l’autre pour faire évoluer le projet
o Capacité d’auto-évaluer la tâche effectuée et d’apporter les modifications nécessaires
à la réalisation de la tâche de façon convenable
B) Questionnaire :
Voir : «Questionnaire général des atteintes cognitives»
Questionner la planification et organisation
o Difficulté à planifier un repas, un voyage, prendre des décisions
Questionner la capacité d’abstraction
o Discours concret, diminution de la compréhension
Observer la vitesse à laquelle le patient effectue des tâches simples
o Patient démontre souvent une important lenteur
172
Observer si le patient a de la difficulté à évaluer le résultat d’une tâche et à adapter le
comportement en conséquence
NEU-366 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités de
l'évaluation d'un trouble des praxies
A) Questionnaire :
Voir : «Questionnaire général des atteintes cognitives»
Praxie : coordination normale d’une séquence de mouvements simples
Apraxie : Incapacité de faire un geste ou un ensemble de gestes en l’absence d’un trouble
moteur
Ex : Difficulté à se brosser les dents
o Le patient connaît le geste à faire et peut l’expliquer.
o Il a les capacités motrices pour le faire
o Mais il est incapable de le faire
Autres exemple : Difficultés à s’habiller/se laver, difficulté à faire fonctionner un nouvel
appareil …
173
Atteinte du lobe gauche :
o Apraxie idéatoire/idéomotrice : demander au patient de mimer une action
Se brosser les dents avec une brosse à dents Si patient est atteint d’apraxie, il fera mal
Se peigner les cheveux avec un peigne le mouvement mimé (ex : oublie le
Clouer un clou avec un marteau peigne, ne tient pas le clou et frappe
seulement avec le marteau etc.)
Autres exemples de gestes à faire pour évaluer les praxies idéomotrices :
[Link]
NEU – 367 Décrire, tant au questionnaire qu'à l'examen physique, les étapes et particularités
de l'évaluation d'un trouble des gnosies
A) Définition :
Gnosies : Capacité à reconnaître quelque chose qui était connu auparavant en l’absence de
déficits sensoriels primaires (vision, audition, toucher = intacts)
o Ex : Objet ou visage
Plusieurs types de gnosies :
o Graphestésie reconnaissance des lettres/chiffres dans la paume de main
o Stéréognosie reconnaissance des objets
o Chromatognosie reconnaissance des couleurs
Plusieurs types d’agnosie :
o Astéréognosie incapacité à reconnaître les objets
o Achromatognosie incapacité à reconnaître les couleurs
o Anosognosie inconscience de sa condition
o Propasognosie trouble de reconnaissance des visages
B) Questionnaire :
Voir : «Questionnaire général des atteintes cognitives»
Demander au patient de nommer des objets familiers dans la pièce
Patient rapporte souvent avoir de la difficulté à reconnaitre les visages ou objets
174
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE :
Notes cliniques du Dr Robert Jr. Laforce MD, PhD
Julie Thériault MD
François Ratté MD
RÉFÉRENCES :
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elsevier
Saunders (9th edition), 1190 p.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
NETTER, F. (2014). Atlas of Human Anatomy, Philadephia : Elservier Saunders (6th edition), 576 p.
RATTÉ, F. et THÉRIAULT, J. (2012), Démarche clinique, Québec : Presses de l'Université Laval, 625 p.
175
Chapitre 6 : Céphalées et tumeurs cérébrales
6.1 SCIENCES CLINIQUES DES CÉPHALÉES ET TUMEURS CÉRÉBRALES
A) Anamnèse :
ATCD :
o ATCD médicaux :
ORL (otite, sinusite, IVRS), neurologiques (TCC), traumatismes
o ATCD chirurgicaux :
Neurochirurgie, intervention maxillo-faciale ou ORL
o ATCD familiaux :
Migraine
Médication :
o Ergots, triptans, opiacés (morphine, codéine)
o Analgésiques simples (advil, tylenol ; et leur fréquence d’utilisation)
o Anticoagulant (peut-il y avoir un hématome sous-dural post-chute?)
Habitudes de vie : alcool/drogues (sevrage)
HMA : approche PQRST
o Provoqué :
Activité physique, relations sexuelles, toux/valsalva, cycle menstruel,
contraceptif oral, consommation de certains aliments, mastication/parole,
rotation tête, matin, composante posturale, stress, fatigue
o Pallié :
Repos, pièce sombre et silencieuse, médication
o Qualité :
Pulsatile, serrement/oppression, choc électrique
o Quantité :
Quantifier la douleur : sur une échelle 1 à 10 ; la fréquence : combien de jours
par mois?
o Région/irradiation :
Unilatérale/bilatérale, bandeau, derrière l'oeil, etc.
o Symptômes associés :
Généraux : symptômes B
Neurologiques : aura, déficits focaux (parésie, paresthésie, ...), photo-sono-
osmophobie, nausées/vomissements, convulsions, symptômes
dysautonomiques, etc.
ORL : perte d'audition, acouphène, écoulement auriculaire, congestion nasale,
rhinorrhée, toux, pathologie dentaire, etc.
Ophtalmologiques : douleur oculaire, oeil rouge, perte de vision, etc.
Psychiatriques : symptômes dépressifs, somatisation
o Temps : mode d’installation (subit en qq sec vs progressif), évolution (sous forme
d’attaque vs constant), durée, périodicité (cycles).
176
B) Caractéristiques des céphalées primaires :
Les critères diagnostiques de l’IHS (International Headache Society) concernant ces céphalées
sont énumérés à l’objectif 4.
177
Symptômes associés : nausées/vomissements,
photo/phono/osmophobie, aura (20% des cas ; visuelle, sensitive
ou dysphasique)
Temps :
o Début : atteint son apogée en 1-2 h
o Durée : 4-72 h
o Récurrence très variable : 1-2 aux quelques années à
plusieurs fois par semaines
Horton - Épidémiologie :
Plus fréquent chez les hommes (5H : 1F)
- Caractéristiques :
Provoqué : alcool
Qualité : douleur profonde, continue
Quantité : intensité sévère - très sévère
Région :
o Unilatérale
o Orbitale, supraorbitale et/ou temporale
Symptômes associés :
o Symptômes autonomiques du côté ipsilatéral à la douleur :
injection conjonctivale, lacrimation, oedème paupière,
congestion nasale, rhinorrhée, sudation du front et du visage,
myosis, ptose palpébrale
o Sentiment d'agitation (contrairement à la migraine)
Temps :
o Début : atteint son apogée en quelques minutes
o Durée : 15 à 180 minutes
o Fréquence : 1 aux 2 jours jusqu'à 8/jour
o Évolution «clusters» :
Multiples attaques par jour pour 4-8 semaines
Suivi d'une période de rémission de 6-12 mois
o Toutefois, 5 à 10% des patients ont des symptômes
chroniques sans période de rémission
178
NEU-403 Énumérer les drapeaux rouges qui suggèrent une céphalée secondaire plutôt que
primaire.
SNOOPP = investiguer ...
Systemic sx
Neurologic sx
Onset
Older
Previous headache
Postural
179
Composante posturale (céphalée lorsque le patient - Hypotension intracrânienne (fuite
passe de la position couchée à debout) de LCR)
- Complication post-ponction
lombaire
- Brèche spontanée ou post-trauma
Facteurs déclenchant particuliers (toux, effort, activité - Hémorragie sous-arachnoïdienne
sexuelle, Valsalva) (rupture d’anévrisme cérébral)
- Lésion occupant de l’espace
NEU-411 Énumérer les critères diagnostiques de l’IHS (International Headache Society) pour
la migraine.
Critères diagnostiques :
A. Au moins 5 attaques remplissant les critères B - C- D
B. Attaques de céphalées durant 4-72 h (non traité ou traité sans succès)
C. Céphalée a au moins 2 des 4 caractéristiques suivantes
Unilatéral
Pulsatile (palpitant ou variant avec le battement cardiaque)
Douleur d'intensité modérée-sévère
Douleur aggravée par l'activité physique de routine OU douleur cause le
patient à éviter ses activités physiques de routine (ex. marcher, monter les
escaliers)
D. Pendant la céphalée, au moins 1 caractéristique suivante
Nausée et/ou vomissements
Photophobie et phonophobie
E. Pas attribuable à une autre maladie
Note :
o Chez les enfants et adolescents, les attaques peuvent durer 2 à 72 h
NEU-412 Énumérer les critères diagnostiques de l’IHS (International Headache Society) pour
la migraine avec aura.
Critères diagnostiques :
A. Au moins 2 attaques remplissant les critères B - C - D
B. Aura consistant d'au moins 1 des symptômes suivants, mais sans faiblesse motrice
Symptômes visuels complètement réversibles incluant des phénomènes
positifs (lumières clignotantes, lignes, points) et/ou des phénomènes négatifs
(perte de vision)
Symptômes sensitifs complètement réversibles incluant des phénomènes
positifs (aiguilles) et/ou des phénomènes négatifs (perte de sensation,
engourdissement)
Dysphasie complètement réversible
C. Au moins 2 des faits suivants
Déficits visuels homonymes et/ou symptômes sensitifs unilatéraux
Au moins 1 symptôme d'aura se développe graduellement sur ≥ 5 minutes
et/ou des symptômes d'aura différents se développant en succession sur ≥ 5
minutes
Chaque symptôme d'aura dure entre 5 et 60 minutes
180
D. Céphalée qui remplit les critères B-C-D pour la migraine sans aura et qui commence
pendant l'aura ou suit l'aura dans les 60 minutes suivantes
E. Pas attribué à une autre maladie
Note : Symptômes se suivent habituellement : visuel sensitif dysphasie
- Migraine chronique : attaque ≥ 15 jours/mois pour ≥ 3 mois
- Status migraineux : attaque > 72 h
NEU-413 Énumérer les critères diagnostiques de l’IHS (International Headache Society) pour
la céphalée de tension.
Critères diagnostiques :
A. Au moins 10 épisodes se produisant pour ≥1 mais <15 jours par mois pour au moins
3 mois (≥12 et <180 jours par année) et remplissant critères B-D
B. Céphalée durant de 30 minutes à 7 jours
C. Céphalée avec au moins 2 des caractéristiques suivantes :
1. Localisation bilatérale (bandeau)
2. Qualité serrative/compressive (non-pulsatile) (douleur constante, sourde)
3. Intensité légère ou modérée
4. Pas accentuée par activité physique de la vie quotidienne (comme marcher ou
monter des marches)
D. Ces deux caractéristiques :
1. Pas de nausées ou de vomissements (anorexie possible)
2. Photophobie et phonophobie : maximum un des deux symptômes
E. Pas attribué à une autre étiologie (autres diagnostics moins probables)
181
NEU-414 Énumérer les critères diagnostiques de l’IHS (International Headache Society) pour
la céphalée de Horton (cluster headache).
Critères diagnostiques :
A. Au moins 5 attaques remplissant les critères B - C - D Note : Toujours faire un IRM
pour éliminer une lésion
B. Douleur unilatérale orbitale, supraorbitale et/ou temporale
hypophysaire, car ceci peut
sévère ou très sévère qui dure 15 à 180 minutes si non traitée mimer un Horton
C. Céphalée est accompagnée d’au moins 1 des symptômes
suivants :
Injection conjonctivale ou larmoiement ipsilatéral
Congestion nasale ou rhinorrhée ipsilatérale
Œdème de la paupière ipsilatérale Symptômes du système
Sudation du front et du visage ipsilatéral nerveux autonome
Myosis et/ou ptose ipsilatérale
Sentiment d’agitation (Ex : patients incapables de s'allonger, marchent sans
arrêt)
D. Fréquence : d’une attaque aux 2 jours, à 8 par jour
E. Non attribuable à une autre maladie
182
Personne âgée : garder l’artérite temporale dans le diagnostic différentiel
devant une paralysie d'un nerf crânien, surtout si elle s'accompagne de
céphalées et de douleur
o Polymyalgia rheumatica
Lien étroit entre l'artérite temporale et la polymyalgie rheumatica
Fatigue
Douleur aux ceintures scapulaires et pelviennes (épaules et aux hanches)
Signes à l'examen physique :
o Artère temporale : élargie, ferme, non pulsatile, augmentée de volume et sensible à la
palpation
o Fièvre inexpliquée
o Fond d'oeil :
Papille pâle et oedématiée + hémorragies en flammèche
Papille atrophique et blanche une fois l'oedème résorbé
Investigation :
o Recherche d’une anémie inflammatoire (faire une FSC)
o Vitesse de sédimentation (VS) doit être demandée en urgence
Habituellement très élevée
Toutefois, si la vitesse de sédimentation est basse, on ne peut pas exclure
d'emblée une artérite temporale (surtout si le patient prend des AINS)
o Protéine C réactive élevée (toujours demander la Prot C car il y a des artérites à VS
normales)
o Biopsie de l'artère temporale :
Essentielle lorsque l'artérite temporale est suspectée
Cellules géantes
Traitement :
o Urgence médicale début du traitement (corticothérapie) dès que le diagnostic est
suspecté (ne pas attendre les résultats de la biopsie)
Le traitement rapide permet d’éviter une cécité bilatérale
o Prévention d’un AVC potentiel
183
6.1.3 Les céphalées secondaires
Cause :
o Rupture d'un anévrysme artériel dans l'espace sous-arachnoïdien grande majorité
des cas (75-80%)
Caractéristiques :
o Céphalée « explosive » (s’installe en ½ sec et le pire mal de tête de sa vie)
o État éveillé à comateux (selon la sévérité du saignement)
o Convulsions (parfois)
o Peu/pas de signes focaux
o Signes d’irritation méningée
184
Infection intracrânienne Caractéristiques
Méningite - Triade :
Céphalée
Fièvre
Signes d'irritation méningée
Encéphalite - Céphalées
- Convulsions
- Altération de l'état de conscience
- Symptômes neurologiques focaux
- Absence de signes d'irritation méningée (sauf si méningo-
encéphalite)
Abcès - Tableau clinique peu spécifique
- Triade (< 50% des cas) :
Céphalées
Fièvre/frissons
Déficit neurologique localisé
- Lésion occupant de l'espace sans fièvre ni leucocytose (50% des
cas)
Masse : n'importe quoi d'anormal qui occupe un certain volume dans la boîte crânienne
o Exemples : tumeur, hémorragie, abcès, oedème
Physiopathologie :
o Peuvent causer des symptômes neurologiques par 3 mécanismes :
1. Compression et destruction des régions adjacentes du cerveau
2. Augmentation de la pression intracrânienne
3. Herniation : lésion occupant de l'espace peut déplacer les structures
nerveuses de façon tellement sévère qu'elles se déplacent d'un compartiment
à un autre (pour plus d'information se référer au Chapitre 7)
Hypertension intracrânienne
Pour les mécanismes de compensation de l'HTIC se référer au Chapitre 7
Signes et symptômes d'HTIC :
o Céphalée (matinale) :
o Altération de l'état de conscience
Diminution de l'attention et du niveau de vigilance
Souvent l'indicateur le plus important d'HTIC
o Nausées et vomissements
Vomissements en jet (surviennent subitement sans beaucoup de nausées)
185
o Papilloedème
HTIC transmise à travers l'espace sous-arachnoïdien à la gaine du nerf
optique obstruction du transport axonal et du retour veineux dans le nerf
optique
Fond d'oeil :
Papilloedème engorgement et élévation du disque optique
Hémorragies rétiniennes (parfois)
Prend plusieurs heures/jours à se développer donc souvent absent en
contexte aigu
o Pertes visuelles
Causes :
Lésion transitoire ou permanente du nerf optique
Papilloedème
Vision brouillée ou perte de vision
o Diplopie binoculaire (unilatérale ou bilatérale)
Souvent causée par une atteinte du nerf abducens (traction vers le bas)
o Triade de Cushing :
Hypertension : Mécanisme réflexe pour conserver la pression de perfusion
cérébrale
Bradycardie : Réponse réflexe à l'hypertension
Respirations irrégulières : Atteinte du tronc cérébral
En réalité, plusieurs changements des signes vitaux autres que la triade de
Cushing peuvent être observés lors d'une dysfonction du tronc cérébral, incluant
une hypotension et une tachycardie
NEU-425 Énumérer les caractéristiques cliniques suggestives d'une céphalée d'origine non
neurologique (otorhinolaryngologique, ophtalmologique, systémique)
Otorhino-laryngologique
o Sinusite, allergies, rhume :
o Otite externe :
Douleur, prurit, otorrhée, sensibilité tragus et pavillon, sensation de plénitude,
surdité, rougeur et œdème du conduit auditif externe
o Otite moyenne aigue :
Douleur, sensation de plénitude, surdité, acouphène, tympan hyperhémié,
fièvre
186
Ophtalmologique
o Glaucome aigu (angle fermé) : céphalées frontales, pupille en semi-mydriase, douleur
marquée d'un œil, œil dur à la palpation, hyperhémie conjonctivale, vision
embrouillée, halos autour des lumières, nausées/vomissements
o Erreur de réfraction :
Céphalée peut être présente chez un patient hypermétrope ou astigmate (pas
chez un patient myope)
Céphalée est pire après une utilisation prolongée des yeux
(particulièrement lorsque la vision de près est nécessitée)
Autres symptômes : fatigue oculaire, sensation de corps étranger dans l’œil,
hyperémie conjonctivale
Systémique
o Il s’agit d’une céphalée qui peut avoir les caractéristiques de la céphalée de tension.
A) Méthode de classification
1) Origine :
o Tumeurs primaires du SNC :
Prolifération anormale de cellules provenant du SNC (parenchyme cérébral,
ventricules, nerfs, vaisseaux ou méninges)
o Tumeurs métastatiques :
Néoplasie qui prend son origine ailleurs dans le corps et qui s’étend au cerveau
2) Localisation (imagerie) :
o Intra-axial :
Tumeur est située dans le parenchyme cérébral ou dans le système
ventriculaire
o Extra-axial :
Tumeur est située dans l'espace sous-arachnoïdien ou dans les méninges
Comprime les structures nerveuses de l'extérieur
3) Histologique (OMS) :
o Cellule d'origine :
Tumeur d’origine neuroépithéliale :
Astrocytaire, oligodendrogliale, épendymaire
Glioblastome (GBM)
Tumeur des méninges
Méningiomes
187
Tumeurs des nerfs crâniens et paraspinaux
Schwannome, neurofibrome
Lymphomes et néoplasies hématopoïétiques
Tumeurs des cellules germinales
Tumeurs de la région sellaire
Tumeurs métastatiques
o Infiltration/malignité :
Grade 1 à 4
4) Moléculaire :
o Hétérogénéité biologique au sein d’un même type de tumeur :
Également au sein d'une tumeur chez un même patient
Particulièrement chez le glioblastome
o Objectif :
Permet un sous-groupage des tumeurs à l'aide de marqueurs objectifs
diagnostiques, pronostiques, prédictifs
o Perspective future :
Analyse systématique de multiples marqueurs tumoraux
Traitements sur mesure avec des molécules ciblées, selon les mutations/
anomalies identifiées
Biomarqueurs
Diagnostiques
Suivi réponse longitudinale aux traitements
188
OMS grades 2, 3 et 4 (il n'y a pas de grade 1 pour ce type de tumeur)
Grades :
4) Classification moléculaire :
Marqueurs :
IDH 1/2
- Présence de mutation meilleur pronostic de survie
- Absence de mutation prédit comportement agressif (GBM)
Co délétion 1p/19q
- Rencontré chez les oligodendrogliomes
- Meilleure réponse à la chimiothérapie
- Meilleur pronostic de survie
TP53
- Utilisé comme marqueur diagnostique : muté chez les tumeurs
astrocytaires (et non chez les oligodendrogliomes)
Méthylation du promoteur du MGMT
- Meilleure réponse à la chimiothérapie
Tendance :
Pronostic et traitement selon le niveau d'agressivité présumé par les
anomalies des marqueurs présentes
Glioblastome multiforme (GBM) :
1) Origine :
Tumeur primaire du SNC
2) Localisation :
Hémisphères cérébraux (90%)
40% frontal
25% temporal
25% pariétal
Autres localisations (10%)
Corps calleux
Noyaux gris centraux
Tronc cérébral
Cervelet
Moelle épinière
189
3) Histologie :
Il s'agit d'un gliome grade 4
Assez fréquent 45 à 50% des gliomes
Tumeur diffuse, extrêmement agressive
Mauvais pronostic (malgré une résection chirurgicale maximale, de la
radiation et de la chimiothérapie)
4) Classification moléculaire :
Méningiomes :
1) Origine :
Tumeur primaire du SNC
2) Localisation :
Extra-axial
Sites les plus fréquemment atteints :
Convexités latérales
Faux du cerveau
Base du crâne
3) Histologie :
Cellule d'origine : méninge
Infiltration/malignité :
Évolution lente (considérée bénigne)
Toutefois, 5 à 10% des méningiomes possèdent un comportement
atypique ou malin
Métastases (tumeurs secondaires du SNC)
1) Origine :
Tumeur secondaire du SNC
Pathogenèse : surtout dissémination hématogène
20 à 30% des patients avec cancer systémique
> 2/3 ont des lésions multiples à l'IRM
2) Localisation :
Jonction substance blanche et grise typique
80% supratentorielles
20% infratentorielles
190
NEU-432 Reconnaître la présentation clinique des tumeurs cérébrales.
191
Les métastases pulmonaires sont les tumeurs qui causent le plus souvent des
hémorragies surtout à cause de leur fréquence épidémiologique élevée
Bénignes :
o Tumeurs qui n’infiltrent pas et qui ne se disséminent pas largement dans le SNC
o Peuvent être incurables et ultimement fatales si elles se développent dans des régions
vitales du cerveau ou si l’excision chirurgicale n’est pas possible
Malignes :
o Tumeurs qui ont le potentiel de s’étendre
o Contrairement aux tumeurs malignes systémiques, les tumeurs cérébrales s’étendent
rarement à l’extérieur du SNC
Les métastases systémiques d'une tumeur cérébrale primaire sont rares
NEU-434 Énumérer les néoplasies primaires pouvant donner des métastases cérébrales
Métastases cérébrales :
o Prévalence :
20 à 30% des patients avec cancer systémique
o Pronostic :
Survie :
Sans traitement 6 semaines
Corticostéroïdes 3 mois
Radiothérapie 4-6 mois
Chirurgie/RC + RT 9-12 mois
Survie médiane d'un patient avec métastase cérébrale unique
40% à 1 an
20% à 2 ans
Taux de récidive
Métastases uniques 10-20%
Métastases multiples taux de récidive plus élevé
192
Tumeurs primaires du SNC :
o Incidence :
Diagnostiquées chez 14/100 000 personne par année
6-8/100 000 malignes
10 000 cas de GBM/année aux USA
1,4% de tous les cancers aux USA
Responsables de 2,4% des décès reliés au cancer aux USA
o Survie moyenne :
Gliome de bas grade 6-8 ans
Glioblastome 12-18 mois
Gliomes 26%
Méningiomes 12%
Autres 7%
Adénome hypophysaire
3%
Schwanomes 3%
193
NEU-437 Énumérer les principales méthodes d'investigation.
Imagerie de la tête :
o TDM :
Examen de dépistage (dès la présence d'une suspicion clinique de tumeur
cérébrale)
Modalités d'utilisation :
Sans contraste : visualisation des structures hétérogènes
Avec contraste (iode) : visualisation de la néovascularisation de la
tumeur
o IRM :
Plus sensible que le TDM
Évaluation du nombre de lésions (métastases)
Permet de planifier notre conduite face au traitement
Modalités d'utilisation :
Injection de contraste (gadolinium)
o IRM fonctionnelle (tractographie) :
Surtout utilisée pour planifier une approche chirurgicale
Permet de voir des faisceaux dans le cerveau (ex : faisceaux cortico-spinaux,
faisceaux sensitifs, voies optiques, capsule interne)
Permet de visualiser l'aire de Broca et l'aire de Wernicke
Investigation systémique :
o Selon le diagnostic différentiel
o Recherche de la tumeur primaire :
TDM thorax/abdomen/pelvis Peut nous empêcher d'avoir à
TEP scan effectuer une biopsie cérébrale
pour trouver le diagnostic
Mammographie
Examen dermatologique
o Permet d'établir le staging du cancer et d'évaluer le pronostic du patient
Autres :
o EEG (si suspicion de crise convulsive)
o Évaluation en endocrinologie (ex : adénome hypophysaire)
o Évaluation de l’axe cranio-spinal au besoin
Examen ophtalmique Ex : les lymphomes du SNC ont tendance à se propager dans
IRM spinal les méninges, dans la moelle et dans les yeux
NEU-438 Énumérer les différents traitements disponibles pour les tumeurs.
A) Introduction
Traitements dépendent du type histologique, de la localisation et de la grosseur de la tumeur
Principe habituel :
o On souhaite habituellement retirer d'abord chirurgicalement le plus de tumeur
possible sans causer de déficits sérieux
Données récentes suggèrent que l’on devrait retirer plus de 90% de la tumeur
pour avoir un effet positif sur le résultat
o Ensuite (selon la lésion) :
Radiothérapie
Chimiothérapie
Radiochirurgie
Stéroïdes
194
Petites tumeurs qui ont une apparence bénigne :
o Possible d'être seulement suivies par des IRM en série, tout dépendant de la situation
clinique (surtout chez des patients âgés)
B) Traitements disponibles
Chirurgie :
o Indications :
Chirurgie ne risque pas de causer des déficits sérieux
Métastase cérébrale solitaire
o Si possible résection maximale (totale ou subtotale) par craniotomie
o Si impossible on peut au moins faire une biopsie stéréotaxique pour avoir un
diagnostic histologique (nous permettra d'offrir des stratégies de traitement
alternatives)
Localisation de la lésion dans des coordonnées X, Y, Z
Grâce à un système de navigation, on peut ensuite aller effectuer une biopsie
de la lésion avec une aiguille
Radiothérapie fractionnée (RT)
o Conventionnelle (2 rayons passent à travers le crâne)
o Conformationnelle (changer la forme du faisceau)
Radiochirurgie (RC)
o Technique d’irradiation stéréotaxique externe utilisant de multiples faisceaux pour
donner une dose élevée de radiothérapie, en une seule fraction, à une petite cible qui
est bien délimitée radiologiquement
o Plusieurs systèmes :
X-Knife®, Gamma-Knife®, Nocalis®, Cyberknife®
o Avantages :
Procédure externe
Absence d'incision
Utile pour les lésions inaccessibles chirurgicalement
Patients très malades avec mauvais état général
o Inconvénients :
Absence de diagnostic étiologique
Lésion demeure en place
Oedème persistant ou progressif (corticodépendance)
Risque de radionécrose
Chimiothérapie
o Agents alkylants (peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique)
o PO ou IV
Médical
o Corticostéroïdes
Dexaméthasome : le plus fréquemment donné
Diminue l’œdème vasogénique
Dose minimale pour contrôler les symptômes
Associé avec une protection gastrique (pour éviter la formation d'ulcères
peptiques)
o Anticonvulsivants
Au besoin si crises convulsives
Non-utilisés en prophylaxie
195
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE :
Notes de cours sur les tumeurs par Dre Tina Thomas, MD, MSc
RÉFÉRENCES :
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elsevier
Saunders (9th edition), 1190 p.
BERGER MS, PRADOS MD, eds. Textbook of Neuro-oncology. Elsevier Inc., 2005.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
BICKLEY, L. (2013). Guide to physical examination and history taking. Philadelphie : Wolters Kluwer
Health | Lippincott Williams & Wilkins (11th édition), 994 p.
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical
(18th edition), 4012 p.
LOUIS DN, OHGAKI H, WIESTLER OD, CAVENEE WK. WHO Classification of Tumors of the Central
Nervous System, 4th edition. WHO Press, 2007.
RATTÉ, F. et THÉRIAULT, J. (2012), Démarche clinique, Québec : Presses de l'Université Laval, 625 p.
RENGACHARY SS, ELLENBOGEN RG, eds. Principles of Neurosurgery, 2nd edition. Elsevier Ltd., 2005.
TANNOCK IF, HILL RP, BRISTOW RG, HARRINGTON L. The Basic Science of Oncology, 4th edition.
McGraw-Hill Co. Inc., 2005.
THOMAS, T. (2015). Les tumeurs du système nerveux. Québec : cours aux étudiants du pré-clinique
196
Chapitre 7 : Altération de l’état de conscience et
traumatologie
7.1 SCIENCES FONDAMENTALES DES ALTÉRATIONS DE L'ÉTAT DE CONSCIENCE
A) Formation réticulée
1. Généralités
Formation réticulée : structure centrale, située dans le tegmentum, s’étendant sur toute la longueur
du tronc cérébral. Elle envoie des projections très organisées à plusieurs régions du cerveau.
Rôles :
o Vigilance, attention, état de conscience
o Fonctions motrices, réflexes et autonomiques (centre cardiorespiratoire)
[Link]
[Link]
[Link]
197
Extrémité inférieure de la formation réticulée formation réticulée caudale
o En contact avec la moelle épinière.
o Le bulbe rachidien et la formation réticulée caudale travaillent avec les noyaux des nerfs
crâniens et avec la moelle épinière pour exercer des fonctions motrices, autonomes et
réflexes fonctions motrices, réflexes, autonomiques
2. Rôles
Respiration :
o Le rythme respiratoire est géré de façon automatique par plusieurs circuits du bulbe
rachidien.
o Le complexe pré-Bötzinger a été décrit comme le pacemaker de la respiration. Toutefois,
plusieurs autres noyaux du bulbe semblent contribuer également à générer le rythme
respiratoire. Ultimement, ces noyaux projettent des influx nerveux aux motoneurones
inférieurs dans différents segments de la moelle épinière :
Segments cervicaux C3 à C5 : les motoneurones inférieurs se regroupent et forment
le nerf phrénique (contracte le diaphragme lors de l’inspiration).
Segments thoraciques : les motoneurones inférieurs contrôlent l’inspiration et les
muscles expiratoires.
o D’autres noyaux du tronc cérébral (notamment le noyau solitaire) modulent le type de
respiration selon les influx qu’ils reçoivent de la périphérie :
Chémorécepteurs périphériques (taux d’oxygène, pH)
Récepteurs d’étirements des poumons
Blumenfeld, H. Neuroanatomy
through clinical cases
198
Lésions du mésencéphale ou d’autres régions :
Hyperventilation neurogénique centrale
199
o Physiopathologie des nausées et vomissements :
Les substances endogènes et les toxines exogènes du sang peuvent stimuler la zone
gâchette chémoréceptrice.
La sérotonine libérée par les cellules de l’estomac et du petit intestin en réponse à
des agents émétiques peut venir stimuler les fibres afférentes du nerf vague qui
atteindront à leur tour le noyau solitaire et l’area postrema.
Miction :
o Avec d’autres structures de la formation réticulée, la protubérance joue un rôle dans le
contrôle des sphincters génito-urinaires.
Douleur :
o La matière grise périaqueducale, reliée à la formation réticulée, module la transmission de
la douleur.
B) Système de la conscience
Les réseaux corticaux et sous-corticaux du cerveau assurent les fonctions majeures du système de
la conscience.
Principales composantes du système de la conscience :
o Cortex d’association fronto-pariétal médial et latéral
o Circuits d’éveil du tronc cérébral supérieur et du diencéphale
Division de la conscience :
o Contenu de la conscience (contrôlé par d’autres systèmes du cerveau) :
Fonctions sensitives, motrices et émotionnelles
Mémoire
o Niveau de conscience (contrôlé par le système de la conscience) :
Vigilance (Alertness)
Dépend du fonctionnement normal du tronc cérébral, du circuit d’éveil
diencéphalique et du cortex
Attention :
Utilise plusieurs circuits de la vigilance
Conscience (Awareness)
Prend en compte l’expérience personnelle et subjective de la conscience
Lésions pouvant provoquer un coma :
1- Lésion de la formation réticulée ponto-mésencéphalique (extrémité rostrale de la formation
réticulée) et des structures qui y sont reliées
2- Lésions étendues de régions bilatérales du cortex cérébral
3- Lésions bilatérales du thalamus
Blumenfeld, H. Neuroanatomy
through clinical cases
200
Des lésions situées dans d’autres régions du tronc cérébral n’affectent pas le niveau de conscience,
par exemple :
o Lésions localisées plus caudalement dans le tronc cérébral, notamment au niveau de la
protubérance inférieure ou du bulbe (extrémité caudale de la formation réticulée).
o Lésions du mésencéphale ventral ou de la protubérance épargnant la formation réticulée.
NEU-452 Décrire le trajet des nerfs crâniens I et VIII, leur fonction et énumérer les conséquences
cliniques (signes et symptômes) d’une lésion de ces nerfs crâniens.
201
Branche vestibulaire du NC VIII
[Link]
Trajet :
o Branche cochléaire :
Les récepteurs auditifs (organe de Corti) de la cochlée perçoivent les ondes sonores
transmises à l’oreille interne.
Les fibres issues de ces récepteurs franchissent l’angle ponto-cérébelleux de la fosse
postérieure (en compagnie de la branche vestibulaire du NC VIII et du NC VII).
Les fibres pénètrent ensuite dans le tronc cérébral à la jonction bulbo-
protubérantielle et se distribuent bilatéralement aux noyaux cochléaires où elles
effectuent une première synapse.
Note : les stimuli sonores de chaque oreille sont donc transmis
simultanément aux 2 lobes temporaux
Les fibres post-synaptiques quittent le tronc cérébral pour gagner les corps
genouillés internes du thalamus où elles effectuent une deuxième synapse.
Les fibres projettent ensuite vers l’aire auditive primaire du lobe temporal.
o Branche vestibulaire :
Lors des mouvements de la tête, les récepteurs vestibulaires du labyrinthe
membraneux de l’oreille interne (macules et crêtes ampullaires) sont stimulés par
les déplacements de l’endolymphe.
Les fibres issues de ces récepteurs franchissent l’angle ponto-cérébelleux de la fosse
postérieure
Les fibres pénètrent ensuite dans le tronc cérébral à la jonction bulbo-
protubérantielle et se distribuent bilatéralement aux noyaux vestibulaires où elles
effectuent une synapse.
À partir de ces noyaux, de multiples projections nerveuses se dirigent vers le
thalamus pour y effectuer une autre synapse.
Ces projections nerveuses se dirigent ensuite vers la moelle épinière, la formation
réticulée, le faisceau longitudinal médian et le lobe temporal.
202
Fonctions :
o Branche cochléaire :
Transmission des informations auditives en provenance de la cochlée.
o Branche vestibulaire :
Transmission des renseignements sur l’équilibre et la proprioception provenant de
l’oreille interne. Ces informations permettront d’ajuster le mouvement des yeux, la
posture et le tonus musculaire lors des mouvements de la tête.
Atteinte :
o Branche cochléaire :
Conséquences :
Acouphènes (bourdonnement/sifflement dans les oreilles)
Hypoacousie unilatérale (surdité neurosensorielle)
Surdité neurosensorielle VS surdité de conduction
Surdité neurosensorielle : provoquée par une atteinte de la cochlée ou du nerf crânien VIII
Surdité de conduction : provoquée par une atteinte du canal auditif externe ou de l’oreille moyenne
o Cérumen dans le conduit auditif externe
o Otite
o Perforation du tympan
o Sclérose des osselets de l’oreille moyenne
o Etc.
Causes :
Exposition sonore importante
Méningite
Médicaments ototoxiques
Infection virale
Vieillesse
Maladie de Ménière
TCC
Neurinome acoustique
Tumeur la plus fréquente de l’angle ponto-cérébelleux
Se développe lentement à l’endroit où le nerf VIII entre dans le canal
auditif externe (CAE).
Touche d’abord la branche vestibulaire du nerf VIII
Avec le temps, la tumeur s’étend et touche les nerfs VI et VII
Etc.
Angle ponto-cérébelleux
[Link]
203
Examen physique lors d’une perte d’audition
Otoscopie
Test de l’audition à différentes fréquences
Test de Weber :
o Placer un diapason activé sur le sommet du crâne du patient pour tester la conduction osseuse
o Résultats :
Normalement : le patient entend le bruit de façon égale des deux côtés
Surdité de conduction : le son est latéralisé vers l’oreille atteinte
Surdité neurosensorielle : le son est latéralisé vers l’oreille saine
o Exemple : un patient se plaint d’une diminution de l’audition à droite
Si le patient entend mieux le son du côté de son oreille atteinte (à droite) surdité de
conduction
Si le patient entend mieux le son du côté de son oreille saine (à gauche) surdité
neurosensorielle
Test de Rinne :
o Comparaison de la conduction aérienne avec la conduction osseuse pour chaque oreille
Placer un diapason activé sur la mastoïde pour tester la conduction osseuse et demander au
patient de mentionner lorsqu’il n’entend plus le son.
Lorsque le patient n’entend plus le son, placer le diapason devant son conduit auditif pour
tester la conduction aérienne. Normalement, il devrait entendre le son à nouveau.
Lorsque le patient n’entend encore une fois plus le son, porter le diapason à notre oreille pour
comparer l’audition du patient avec la nôtre.
o Résultats :
Normalement : la conduction aérienne est trois fois supérieure à la conduction osseuse
Surdité de conduction : la conduction osseuse est meilleure que la conduction aérienne du côté
atteint.
Surdité neurosensorielle : la conduction aérienne est meilleure que la conduction
osseuse du côté atteint, mais diminuée par rapport à notre audition.
Autres tests pour aider à localiser la lésion :
o IRM
o Audiométrie
o Branche vestibulaire :
Conséquences :
Vertige (sensation de mouvement de l’environnement autour de soi)
Nystagmus
Nausées, vomissements
Causes :
VPPB (vertige positionnel paroxystique bénin)
Diagnostiqué à l’aide de la manœuvre de Dix-Hallpike
Traitement : manœuvre d’Epley
Maladie de Ménière
Triade : vertige + acouphène + perte d’audition
Neuronite vestibulaire
Vertiges aves symptômes auditifs
Labyrinthite virale ou bactérienne
Vertiges sans symptômes auditifs
Neurinome acoustique
Lésions de la fosse postérieure
Il s’agit d’une catégorie de pathologies pouvant être très
morbides/mortelles qu’il faut toujours chercher à éliminer chez un
patient qui se présente pour des vertiges vrais
204
Les patients qui ont ces symptômes accompagnants le vertige ont
une lésion de la fosse postérieure : ataxie, diplopie ou autres
changements visuels, paresthésies, parésie, faiblesse, dysarthrie,
dysmétrie, dysphagie, dysphonie, diminution de l’état de conscience.
Atteinte centrale VS atteinte périphérique du système vestibulaire
Atteinte périphérique : labyrinthe, nerf crânien VIII
Atteinte centrale : tronc cérébral, cortex temporal, cervelet
o Infarctus/hémorragie du tronc cérébral ou du cervelet
o Tumeur du tronc cérébral ou du cervelet
o Drogues et toxines
o Sclérose en plaques
Lésion périphérique Lésion centrale
Nystagmus Horizontal ou rotatoire, mais jamais Peut être horizontal, rotatoire ou vertical
vertical Peut changer de direction
Ne change jamais de direction La phase rapide du nystagmus se dirige du
La phase rapide du nystagmus se dirige du même côté que la lésion
côté opposé à la lésion Nystagmus moins intense, mais persistant
Épuisable avec le temps (adaptation) (inépuisable)
Il y a seulement un nystagmus s’il y a un Le nystagmus peut être présent sans
vertige vertiges associés
Description de la Vertiges aigus débutant souvent Vertiges moins intenses, mais persistants
crise brusquement avec une très forte intensité La fixation du regard n’améliore pas les
vertigineuse Aggravation des symptômes lors des symptômes
changements de position
La fixation du regard diminue les
symptômes
Symptômes Nausées et vomissements Nausées et vomissements
accompagnateurs Symptômes auditifs possibles : Symptômes d’alarme cruciaux à rechercher
o Acouphènes qui orientent vers une atteinte centrale :
o Perte d’audition o Ataxie / Dysmétrie
Pas d’autres symptômes neurologiques o Céphalée postérieure
o Diminution de l’état de conscience
o Diplopie
o Dysarthrie / Dysphagie / Dysphonie
o Paresthésies ou parésies des membres
NEU-453 Intégrer l’anatomie du tronc cérébral et de l’ensemble des nerfs crâniens (mésencéphale,
protubérance, bulbe)
A) Généralités
Tronc cérébral :
o Transporte l’information entre le cerveau et le reste du corps.
Corridor pour toutes les voies majeures sensitives, motrices, cérébelleuses et nerfs
crâniens.
o Contient plusieurs noyaux qui contrôlent :
Nerfs crâniens
Niveau de conscience
Circuits cérébelleux
Tonus musculaire
Posture
Cœur/respiration
205
o Une petite lésion dans le tronc cérébral peut engendrer des déficits importants touchant
souvent des modalités multiples (système moteur, sensitif et modalités neuro-régulatrices).
Le tronc cérébral comporte 4 groupements fonctionnels :
1- Noyaux des nerfs crâniens et structures associées
2- Longs faisceaux
Faisceaux corticospinaux et corticobulbaires
Faisceau spinothalamique
Faisceau longitudinal médian
Faisceau du lemnisque médian
3- Formation réticulée et structures associées
4- Circuits cérébelleux
À l’examen physique, lorsqu’on suspecte une lésion du tronc
cérébral, il faut donc rechercher :
o Anomalie des nerfs crâniens
o Atteinte des longs faisceaux
Exemple : faiblesse de l’hémicorps Blumenfeld, H. Neuroanatomy through
o Dysfonction de la formation réticulée : clinical cases
Altération de l'état de conscience
Dérèglement du système nerveux autonome
o Atteinte des circuits cérébelleux
Exemple : ataxie à la marche
Coupe d’un mésencéphale
B) Anatomie du tronc cérébral
1. Vocabulaire
Le tronc cérébral est composé de 3 sections :
o Mésencéphale
Tectum :
Seulement présent au niveau du
mésencéphale
Situé en postérieur de l'aqueduc de
Sylvius
Blumenfeld, H. Neuroanatomy through
Composé des colliculi supérieur et inférieur clinical cases
Tegmentum :
Au niveau du mésencéphale : situé en antérieur de l'aqueduc de Sylvius
Pédoncules cérébraux :
Partie antérieure du mésencéphale
Contient la substance noire ainsi que le basis pedunculi
- Basis pedunculi : contient les voies corticospinales (pyramidales) et
corticobulbaires (voies motrices du visage)
o Protubérance
Tegmentum :
Au niveau de la protubérance : situé en antérieur du quatrième ventricule.
Le quatrième ventricule sépare donc le cervelet du tegmentum pontique.
o Bulbe rachidien
Tegmentum :
Au niveau de la protubérance : situé en antérieur du quatrième ventricule.
Le quatrième ventricule sépare donc le cervelet du tegmentum pontique.
2 Sections du tronc cérébral (rostral caudal)
Mésencéphale :
o Relativement court.
o La face dorsale contient :
Colliculi supérieur (où l’on retrouve les noyaux oculomoteurs et les noyaux rouges)
206
Colliculi inférieur (où l’on retrouve les noyaux trochléaires)
o La face ventrale contient :
Pédoncules cérébraux (où l’on retrouve la substance noire et les basis pedunculi
séparés par la fosse interpédonculaire)
o Autres structures importantes du mésencéphale :
Aqueduc de Sylvius
Substance grise périaqueducale (PAG)
Formation réticulée du mésencéphale
Lemnisque médian
Système antérolatéral
Protubérance :
o La face ventrale contient :
Voies corticospinales et corticobulbaires
o La face latérale contient :
Pédoncules cérébelleux moyens (envoient des connexions au cervelet).
o La partie centrale de la protubérance (tegmentum pontique) contient :
Plusieurs noyaux de nerfs crâniens
o À noter que le cervelet est attaché à la face dorsale de la protubérance et du bulbe rostral
par les pédoncules cérébelleux supérieurs, moyens et inférieurs.
Bulbe :
o Le bulbe rostral contient :
La fin du 4e ventricule (celui-ci est absent dans le bulbe caudal)
o Le bulbe caudal contient :
Cordons postérieurs (faisceaux gracile et cunéiforme)
Noyaux des cordons postérieurs (noyaux gracile et cunéiforme)
Fibres arquées (lieu de décussation des fibres sensitives des cordons postérieurs)
o Autres points de repère importants du bulbe :
Pyramides bulbaires : lieu de décussation de la voie corticospinale
Système antérolatéral (voie spinothalamique)
4e ventricule :
o S’étend de la protubérance jusqu'à la moitié rostrale du bulbe rachidien.
o Situé sous l’aqueduc cérébral.
o Se termine au niveau de l’obex (structure qui marque l’entrée dans le canal central de la
moelle épinière et qui est normalement fermée chez l’adulte).
207
Blumenfeld, H.
Neuroanatomy through
clinical cases
Face latérale du tronc
cérébral
208
3. Faisceaux
Faisceau longitudinal médian (MLF) :
o Faisceau fortement myélinisé qui voyage de chaque côté du tronc cérébral, près de la ligne
médiane
o Voie importante qui relie les noyaux vestibulaires aux noyaux impliqués dans les
mouvements extra-oculaires
o Cette voie relie notamment le noyau du NC VI situé dans la protubérance au noyau du NC III
situé dans le mésencéphale
Important cliniquement chez certains patients atteints de sclérose en plaques
BUT : Générer les réflexes vestibulo-oculaires
4. Tractus longs
Le tronc cérébral comprend aussi plusieurs sections regroupant les axones de nerfs en provenance
de la périphérie.
o Voie motrice descendante
o Voies somatosensorielles ascendantes : voie des cordons postérieurs (lemnisque médian) et
voie spinothalamique (antérolatérale)
o Voie sympathique descendante :
Descend le long du tronc cérébral, à proximité des systèmes antérolatéraux pour la
douleur et la température
Une lésion au niveau de cette voie cause un syndrome de Horner
209
C. Anatomie des nerfs crâniens
1. Noyaux
Localisation des noyaux :
o Noyaux moteurs : situés en antérieur dans le tronc cérébral.
o Noyaux sensitifs : situés en postérieur dans le tronc cérébral.
o Ces noyaux sont situés dans le tegmentum du tronc cérébral :
Mésencéphale :
Contient les noyaux des NC III et IV
Protubérance :
Contient les noyaux des NC V, VI, VII et VIII
Bulbe :
Contient les noyaux des NC IX, X, XI, XII
Le tableau suivant représente les différents noyaux reliés aux nerfs crâniens
o Attention : certains nerfs crâniens, dont le nerf trijumeau, ont des projections vers plusieurs
noyaux.
210
Parmi tous ces noyaux, trois ont une fonction parasympathique :
o Noyau d’Edinger-Westphal (NC III)
o Noyaux salivaires supérieur (NC VII) et inférieur (NC IX)
o Noyau dorsal moteur du nerf vague (NC X)
Plusieurs noyaux reçoivent des influx afférents de différents organes :
o Afférences du goût (NC VII, IX et X)
Atteignent le noyau solitaire rostral (noyau gustatif)
o Afférences des systèmes cardiorespiratoire et gastro-instestinal (NC IX et X)
Atteignent noyau solitaire caudal (noyau cardiorespiratoire)
2. Nerfs crâniens
Les nerfs crâniens sont décrits individuellement dans les cas, s’y référer.
NEU-454 Expliquer les différents réflexes du tronc cérébral : réflexe photomoteur, réflexe cornéen,
réflexe oculocalorique et oculocéphalique, réflexe nauséeux (gag).
A) Réflexe photomoteur
Évalue le nerf optique (II) et le nerf oculomoteur (III)
o Afférence du réflexe : nerf optique
o Efférence du réflexe : nerf oculomoteur
Description du réflexe :
o Lors d’un stimulus lumineux unilatéral, une constriction bilatérale des pupilles a lieu :
Réflexe direct constriction pupillaire ipsilatérale
Réflexe consensuel constriction pupillaire controlatérale
Voie impliquée :
o La lumière entre dans l'oeil éclairé via la rétine. Ce signal afférent est transmis par le nerf
optique ipsilatéral jusqu’au noyau d’Edinger-Westphal dans le mésencéphale. Le
mésencéphale distribue ensuite un signal efférent via les 2 nerfs oculomoteurs. Ces influx
atteignent les ganglions ciliaires, puis les muscles constricteurs de la pupille, qui
effectueront une constriction bilatérale des pupilles.
Évaluation du réflexe :
1. Projeter un faisceau lumineux vers l’un des yeux du patient et observer la réaction des
pupilles.
2. Projeter le faisceau lumineux vers l’autre œil.
3. Alterner rapidement le faisceau lumineux d’un œil à l'autre afin d’objectiver un déficit
pupillaire afférent relatif (pupille de Marcus-Gunn).
4. Répéter les étapes précédentes dans un environnement sombre et dans un environnement
éclairé.
Anomalies :
o Atteinte complète de la voie afférente par une lésion unilatérale sévère du nerf optique :
Lorsque l'œil atteint est éclairé : absence bilatérale de myosis
Lorsque l'œil sain est éclairé : myosis bilatéral normal
o Atteinte de la voie efférente par une lésion du nerf oculomoteur :
Lorsque l'oeil atteint est éclairé : absence de myosis du côté atteint + myosis
unilatéral du côté sain
Lorsque l'oeil sain est éclairé : absence de myosis du côté atteint + myosis unilatéral
du côté sain
211
Exemple : atteinte du nerf oculomoteur droit
Œil gauche éclairé :
- Myosis à gauche
- Absence de myosis à droite
Œil droit éclairé :
- Myosis à gauche
- Absence de myosis à droite
Blumenfeld, H.
Neuroanatomy through
clinical cases
B) Réflexe cornéen
Évalue le nerf trijumeau (V) et le nerf facial (VII) :
o Afférence du réflexe : branche V1 ou V2 du nerf trijumeau
o Efférence du réflexe : nerf facial
Description du réflexe :
o Lorsqu’un stimulus tactile est appliqué sur la cornée du patient, l'oeil ipsilatéral cligne.
Évaluation du réflexe :
o Demander au patient de retirer ses lentilles cornéennes s'il en porte.
o Demander au patient de regarder d’un côté
o Appuyer délicatement l’extrémité d’un coton-tige sur la cornée de chaque œil et rechercher
un clignement réflexe.
Attention :
Il faut s’assurer de bien stimuler la cornée (couleur de l’œil) et non la
conjonctive (blanc de l’œil)
Il faut stimuler la cornée au-dessus de l’iris et non vis-à-vis la pupille pour
éviter toute égratignure qui pourrait affecter la vision du patient
1. Réflexe oculocéphalique
Évaluation du réflexe (manœuvre des yeux de poupées) :
o Tenir la tête du patient entre nos mains.
o Ouvrir les yeux du patient.
o Effectuer un mouvement de rotation rapide de la tête d’un côté, puis de l’autre.
But : stimuler les canaux semi-circulaires du système vestibulaire
Réflexe normal :
o Les yeux bougent dans le sens opposé au mouvement de la tête. Si on effectue une flexion
concomittante de la tête, la paupière s’élève (yeux de poupées).
o Attention : Chez les patients réveillés, la fixation visuelle volontaire masque le réflexe.
212
2. Réflexe oculocalorique
Évaluation du réflexe : Truc mnémotechnique
o Procéder préalablement à un examen tympanique pour s’assurer de pour la phase rapide du
son intégrité. nystagmus :
o Le patient doit être placé en décubitus dorsal, la tête élevée à COWS
30 degrés. Cold Opposite
o Injecter de l’eau froide dans une oreille et observer le mouvement
Warm Same
des yeux (il est possible de tester avec de l'eau chaude également).
o Répéter de l’autre côté
Réflexe normal :
o Un nystagmus, dont la phase rapide est dans le sens opposé à l’oreille remplie d’eau,
survient.
Réflexe anormal :
o Chez les patients comateux, la phase rapide est souvent absente et le seul élément observé
sera une dérivation lente des yeux vers l’oreille remplie d’eau.
213
o Patients plus sérieusement atteints :
Retirent leur membre lors de la stimulation douloureuse.
Orientent leur tête du côté du stimulus douloureux.
Ne localisent pas la douleur avec l’autre membre.
Attention : Bien distinguer le retrait volontaire du membre des réflexes posturaux
(décérébration et décortication)
Retrait volontaire : souvent une abduction et un retrait du membre du côté
opposé au stimulus douloureux.
- Exemple : le patient effectuera une extension du coude lorsque
l’examinateur le pincera en position de flexion.
o Patients végétatifs :
Incapable de mouvements volontaires.
Peuvent tourner et orienter leur tête en direction du stimulus douloureux.
Réflexes posturaux (décérébration et décortication) :
o Peuvent être vus chez les patients avec des dommages aux motoneurones supérieurs. La
présence des réflexes suggère une lésion des voies motrices descendantes avec préservation
de quelques fonctions du tronc cérébral.
o Décortication (posture de flexion) :
Tronc cérébral lésé au-dessus du noyau rouge (lésion haute mésencéphale)
Lors de la stimulation douloureuse :
Extension des jambes
Flexion des membres supérieurs sur le thorax
o Décérébration (posture d'extension) :
Tronc cérébral lésé sous le noyau rouge (lésion basse protubérance et bulbe)
Moins bon pronostic
Lors de la stimulation douloureuse :
Extension des jambes et des bras
Extension des coudes
Rotation interne du bras
Triple flexion :
o Ne requiert pas le tronc cérébral
o Dépend uniquement de l’intégrité des circuits spinaux
o Lors de la stimulation douloureuse :
Flexion réflexe des membres inférieurs (dos, genoux et hanches)
Décortication
Blumenfeld, H.
Neuroanatomy
Triple flexion through clinical cases
Décérébration
214
7.1.2 Pathophysiologie des traumatismes crâniens.
NEU-461 Décrire la pathophysiologie du traumatisme cranio-cérébral léger.
Les traumatismes à la tête sont une cause fréquente de mortalité et de morbidité, particulièrement
chez l'adolescent, le jeune adulte et la personne âgée.
Traumatisme cranio-cérébral léger est synonyme de « commotion cérébrale »
Définition :
o Altération réversible des fonctions mentales et neurologiques, avec ou sans perte de
conscience, débutant immédiatement ou quelques heures après un traumatisme à la tête.
o La perte de conscience doit durer moins de 30 minutes et l’amnésie post-traumatique moins
de 24h.
o Le score de Glasgow initial doit être entre 13-15.
Mécanisme :
o Inconnu.
o Pourrait impliquer une dysfonction neuronale transitoire diffuse.
Imagerie (CT/IRM) : toujours normale
À noter qu'occasionnellement, une dissection des artères carotides ou vertébrales est possible,
causant ainsi un ICT ou un AVC.
215
o Finalement, lorsque la pression intracrânienne dépasse la tension artérielle moyenne, la
perfusion cérébrale cesse et l’herniation cérébrale se poursuit dans le foramen magnum.
Il est possible de mesurer la pression intracrânienne avec la ponction lombaire et même de la suivre
en temps réel en salle d’opération.
o Valeurs normales de pression intracrânienne chez l’adulte : 10-15 mmHg
T + S+ L + P T + S+ L + P T + S+ L + P
216
Métaboliques Hormonal :
o Hyperglycémie / Hypoglycémie
o Coma hyperosmolaire
o Acidocétose diabétique
o Coma myxoedémateux
o Tempête thyroïdienne
Électrolytes :
o Hypernatrémie
o Hyponatrémie
Hypercalcémie
Pathologies méningées HSA
Méningite bactérienne
Encéphalite
Empyème sous-dural
Toxines exogènes Médicaments sédatifs et barbituriques
Stimulants
Lithium
Opioïdes
Anticonvulsivants
Pénicilline
Anticholinergiques
Intoxications Monoxyde de carbone
Cyanure
Alcool
Insuffisance organique Encéphalopathie hépatique
Encéphalopathie urémique
Insuffisance rénale
Insuffisance pulmonaire
Convulsions Status epilepticus
État post-ictal prolongé
Néoplasie Néoplasie intra-crânienne
Métastases cérébrales
HTIC
Autres Hypothermie ou hyperthermie
Syndrome paranéoplasique
Insuffisance surrénalienne (hypo-
adrénergisme)
Hydrocéphalie
Conditions neuro-dégénératives avancées
217
A) Coma et troubles de l’état de conscience
1. Mort cérébrale
Définition :
o Cessation irréversible de toute activité cérébrale, incluant les fonctions du tronc cérébral
La « mort » de l’organisme peut donc être déterminée par la mort cérébrale
o La cause du coma doit être connue et les critères d’exclusion ne doivent pas être rencontrés
Critères d’exclusion :
Convulsions
Hypothermie (<32.2°C)
Décérébration ou décortication
Médicaments sédatifs
Choc
Bloqueurs neuromusculaires
Défini sur la base d'un examen clinique ne démontrant aucune évidence de fonction du
prosencéphale ou du tronc cérébral
o Absence de tous les réflexes du tronc cérébral
o Seuls les réflexes de la moelle épinière peuvent demeurés présents
EEG :
o Inactivité électrique cérébrale
Tracé plat moins de deux microvolts d’amplitude
o Pas nécessaire à la confirmation de la mort cérébrale
2. Coma
Définition :
o État d’absence d’éveil et de réponse du patient.
o Durée minimum : 1h
Permet de le différentier des troubles de conscience passagers (syncope, commotion
cérébrale).
Urgence neurologique :
o Plusieurs causes sont réversibles si adressées rapidement.
La lésion peut se situer à deux endroits :
1. Régions étendues bilatérales du cortex cérébral :
Anoxie globale
Troubles toxiques/métaboliques
Traumatisme à la tête
Infarctus ischémiques bilatéraux
2. Formation réticulée du tronc cérébral :
Compression extrinsèque provenant d’une masse cérébrale ou cérébelleuse
Lésion intrinsèque du tronc cérébral (infarctus ou hémorragie)
Contrairement à la mort cérébrale :
o Réflexes simples ou même complexes du tronc cérébral peuvent être présents.
Mais les réponses psychologiquement significatives et réfléchies médiées par le
cortex demeurent absentes.
o Métabolisme cérébral typiquement réduit d’au moins 50%.
EEG :
o Tracés variables
Tracé le plus fréquent : tracé monotone (peu de variations dans le temps)
Généralement pas une condition permanente
o Après 2 à 4 semaines, les patients se détériorent OU émergent dans d’autres états d’éveil.
218
3. État végétatif
Définition :
o État survenant à la suite d’une insulte majeure au cerveau (trauma, anoxie) qui induit un
coma.
o État pouvant survenir au stade final de certaines démences, de troubles congénitaux ou
neurodégénératifs.
Caractéristique :
o Cycle éveil-sommeil maintenu
o Quelques réponses primitives
o Préservation des réflexes médiés par le tronc cérébral et le diencéphale
o Patients inconscients
o Incontinence
Durée :
o > 1 mois état végétatif persistant
o > 3 mois suite à une cause non-traumatique OU >12 mois suite à un trauma mauvais
pronostic
Similitudes avec les patients dans le coma :
o Absence de réponse significative aux stimuli
o Dysfonction corticale diffuse (réduction d’au moins 50% du métabolisme cérébral)
Contrairement aux patients dans le coma :
o Ouverture des yeux possible.
o Éveil en réponse à la stimulation.
Exemple : les patients tournent leurs yeux en direction de stimuli auditifs ou tactiles,
mais ne peuvent pas suivre des yeux un stimulus visuel
o Production de sons inintelligibles et mouvements des membres possibles (mais absence de
discours ou de mouvements significatifs).
219
« Locked-in syndrome »
o Distinctions avec le coma :
Les patients sont conscients.
Les patients peuvent comprendre et communiquer avec des mouvements oculaires
verticaux ou avec le clignement des yeux.
Plusieurs états de profonde apathie (à l’extrême) peuvent ressembler à un coma ou à un état
végétatif :
o Ces troubles ont en commun :
Dysfonction des circuits impliquant les lobes frontaux, le diencéphale et les
projections dopaminergiques ascendantes.
Ces circuits sont importants dans l’initiation de l’activité motrice et cognitive.
o Mutisme akinétique :
Patients semblent être complètement éveillés :
Ils peuvent suivre l’examinateur des yeux (contrairement à l'état végétatif).
Ils ne répondent à aucune commande.
Le déficit primaire est dans l’initiation motrice.
Forme extrême d'aboulie.
o Aboulie :
Résulte souvent d’une lésion frontale.
Patients s’assoient passivement et peuvent occasionnellement répondre à des
questions/commandes après un long délai.
L’aboulie peut parfois être renversée avec des agonistes dopaminergiques.
o Catatonie :
Dysfonction dopaminergiques touchant les lobes frontaux.
État akinétique similaire au mutisme.
Peut être vu dans les cas avancés de schizophrénie.
Autres états dans lesquels la vigilance est touchée : démence, délirium
220
o Le moyen le plus utile de suivre les changements est de documenter le niveau de conscience
et la réponse spécifique aux stimuli au fil des jours, par exemple
Jour 1 : Patient somnolent, grogne lorsqu’on lui pince la main
Jour 2 : Patient somnolent, ouvre ses yeux et retire sa main lorsqu’on lui pince
A : Airway S’assurer que le patient respire et qu’il n’y pas d’obstruction respiratoire
B : Breathing Aider le patient à respirer au besoin
o Lunette nasale, masque d’O2, intubation
C : Circulation S’assurer que le patient perfuse bien :
o Installer 2 voies IV pour donner des bolus de salin ou injecter des médicaments selon la cause
Thiamine, dextrose, naloxone, flumazenil etc.
o Transfusions sanguines au besoin
o Bilan sanguin de base :
FSC, Ions (Na-K-Cl), Urée, Créatinine, Glucose, lactates
Groupé-Croisé
Gaz capillaire
D : Disability
o Échelle de Glasgow
o Examen neurologique complet incluant :
Réflexes du tronc cérébral et réactivité des pupilles pouvant nous orienter sur la cause du coma
Causes toxiques/métaboliques : pupilles réactives de grosseurs normales
Compression du mésencéphale ou herniation transtentorielle : pupilles non-réactives et
dilatées (bilatéralement ou asymétriquement)
Lésions de la protubérance : petites pupilles réactives bilatérales
Overdose d’opiacés : pupilles bilatérales en tête d’épingle
E : Examen physique complet de la tête aux pieds et examens para-cliniques :
o TACO : si nécessaire
o Ponction lombaire : si suspicion d'une cause bactérienne
o EEG : si cause du coma inconnue
o Bilan sanguin avancé : drogues de rue, bilan hépatique, bilan rénal etc.
A) Statistiques
Épidémiologie aux États-Unis :
o Prévalence : deux millions de personnes par année
o Hommes > Femmes
o 2 Pics d’incidence :
15-24 ans (accidents de la route, sports, alcool)
> 65 ans (chutes)
Épidémiologie à l’hôpital l’Enfants-Jésus à Québec :
o Depuis 1992 : augmentation de 154 % du nombre de cas de TCC
Sévérité des TCC :
o 75% : légers
o 25% : modérés ou sévères
221
Grande association entre les TCC et les polytraumatismes :
o Jusqu’à 50 % des patients qui ont un TCC, surtout un TCC sévère, ont aussi une fracture
ailleurs :
30% : fractures bassin-os longs
25% : trauma thoracique
20% : fractures massif facial
10% : trauma abdominal
5% : trauma colonne cervicale
2% : trauma moelle épinière
B) Définition
Traumatisme cranio-cérébral léger est synonyme de « commotion cérébrale »
o Altération réversible des fonctions mentales et neurologiques, avec ou sans perte de
conscience, débutant immédiatement ou quelques heures après un traumatisme à la tête
o S’il y a une perte de conscience, elle doit durer moins de 30 minutes et l’amnésie post-
traumatique doit durer moins de 24h
o Le score de Glasgow initial doit être entre 13-15
Mécanisme :
o Inconnu
o Impliquerait probablement une dysfonction neuronale transitoire diffuse
Signes cliniques :
o Perte de conscience
o Céphalées, étourdissements, somnolence
o Nausées et vomissements
o Vision floue
o Impulsivité, irritabilité
o Amnésie antérograde et rétrograde pour une période de plusieurs heures entourant le
trauma
Plus l’étendue de l’amnésie rétrograde est importante, plus la blessure primaire est
sévère.
La mémoire à long terme revient en premier.
La mémoire à court terme peut prendre plusieurs semaines avant de revenir.
o TCC sévère : convulsions, bradycardie, hypotension, pupilles dilatées et peu réactives
C) Classification du TCC
1- Classification clinique :
o Permet d’uniformiser l’évaluation initiale
Ex : L’échelle de Glasgow permet de déterminer la sévérité initiale du TCC :
Glasgow 13-15 : TCC léger
Glasgow 9-12 : TCC modéré
Glasgow 3-8 : TCC sévère
o Permet d’utiliser des algorithmes de traitement
o Utile pour prédire le pronostic de récupération
2- Classification anatomique :
o Permet de classer le TCC selon la structure anatomique touchée
Scalp
Os du crâne (voûte et base) et massif facial
Méninges
Tissu veineux
222
3- Classification pathophysiologique :
o Blessure primaire : celle qui se produit au moment du traumatisme.
Fractures-lacérations :
Assez fréquentes
Quelques fois impressionnantes (hémorragies externe)
Traitement habituellement médical avec points de suture
Conséquences graves sont rares si la blessure est isolée
Hématome épidural
Hématome sous-dural
Contusion cérébrale
Commotion cérébrale (TCC léger)
Dommage axonal diffus
o Blessure secondaire : évènements physiologiques et biochimiques se produisant quelques
minutes, heures ou jours après la lésion primaire et pouvant mener à des lésions
supplémentaires du tissu nerveux.
Œdème cérébral
HTIC
Ischémie (et les conséquences associées)
D) Évaluation d'un traumatisme cérébral
Évaluation de l’état de conscience (échelle de Glasgow).
Évaluation des fonctions mentales supérieures (orientation – attention – mémoire – jugement).
Examen neurologique complet à la recherche de déficits neurologiques focaux :
o Puisque les symptômes d'hémorragie intracrânienne après un traumatisme peuvent
survenir après un délai de quelques heures post-trauma, tous les patients avec des déficits
neurologiques (même transitoires) devraient avoir un TDM cérébral et être gardés sous
observation durant les premières 24h.
Examen de la colonne vertébrale :
o TOUJOURS faire un examen de la colonne vertébrale en entier. Le patient peut avoir une
fracture de la colonne cérébrale sans s’en plaindre s’il a une douleur plus importante ailleurs
ou s’il est confus.
o Radiographie ou TDM de la colonne vertébrale : habituellement nécessaires dans les
traumatismes crâniens (particulièrement lorsque le patient est confus)
Hospitalisation si :
o Glasgow < 15
o Convulsions
o Histoire antérieure de saignements ou prise d’anticoagulants/antiplaquettaires
o TDM anormal
E) Investigation
Indications :
o Habituellement non nécessaire avec les TCC légers
o Tout patient présentant ces caractéristiques devraient être investigué :
Glasgow < 15 2h post-TCC
Suspicion de fracture du crâne
Signes de fracture de la base du crâne :
Hémotympan
Racoon eyes (ecchymoses péri-orbitaire)
Battle’s sign (ecchymoses rétro-auriculaires)
Otorrhée ou rhinorrhée (perte de LCR par le nez ou les oreilles)
≥2 épisodes de vomissements
Âge ≥ 65 ans
Prise d’antiplaquettaires/anticoagulants
223
Modalité utilisée en premier lieu : TDM cérébral
o Examen de base dans l’évaluation radiologique du traumatisé cranio-cérébral
o Il faut rechercher :
Phénomènes pathologiques intra ou extra parenchymateux
Signes d’HTIC
F) Pronostic
Bon pronostic si ces deux facteurs sont évités en tout temps :
o Hypotension systémique
o Hypoxie
Guérison :
o Habituellement complète.
o Certains patients présentent occasionnellement le syndrome post-commotion même si leur
TCC était léger.
Symptômes :
Céphalées
Léthargie
Humeur maussade
Diminution de l’attention et de la concentration
Peut durer jusqu'à plusieurs mois après le trauma.
G) Traitement
Repos et observation
Réveiller le patient à toutes les heures
Éviter toute stimulation non nécessaire (cellulaire, ordinateur, activité physique)
Utilisation judicieuse des analgésiques (tylénol, advil)
Sensibiliser le patient au « second impact syndrome » :
o Si le patient subit un 2e TCC de façon rapprochée, des complications neurologiques et un
œdème cérébral fatal pourraient suivre.
H) Prévention
Chez les jeunes :
o Sécurité routière-alcool au volant
o Port du casque à vélo et à ski-snowboard
Chez les personnes âgées :
o Éducation
o Programme d’exercices
o Aménagement de l’environnement
o Gestion des médicaments et suivi médical
224
NEU-473 Différentier les types de saignements intracrânien traumatique : l'hématome épidural,
l'hématome sous-dural (aigu, subaigu et chronique), contusion cérébrale, DAI (Diffuse Axonal
Injury).
A) Hématome épidural
1-4% des TCC
Physiopathologie :
o Survient suite à un traumatisme important à la tête.
Toujours accompagné d’une fracture du crâne (os temporal).
o Artériel OU veineux
85% : artériels (rupture de l’artère méningée moyenne)
Trauma à la tête fracture de l'os temporal rupture
de l'artère méningée moyenne
15% : veineux (rupture de la veine méningée moyenne ou des sinus duraux)
o Localisation de l’hématome :
Dans l’espace étroit entre la dure-mère et le crâne.
Signes cliniques :
o Présentation clinique classique : « Talk and deteriorate »
Trauma primaire +/- perte de conscience
Reprise de conscience, jusqu’à fonctionnement normal (talk)
Il est donc possible que le patient n'ait aucun symptôme initialement après
le trauma intervalle lucide
Diminution progressive de l’état de conscience jusqu’au coma en 4 à 12h
(deteriorate)
L'hématome commence à comprimer le cerveau après quelques heures. La
pression intracrânienne augmente alors et mène à une herniation
transtentorielle de l’uncus du lobe temporal avec hémiparésie et paralysie
du NC III. C’est à ce moment que l’état du patient se détériore rapidement.
Le décès, souvent du à un arrêt respiratoire suite à l’herniation qui a
compromis le tronc cérébral, survient en absence de traitement chirurgical
rapide.
Apparence radiologique :
o Hématome biconvexe en forme de lentille
Hémorragie rapidement progressive sous pression artérielle dissociation de la
dure-mère de la surface interne du crâne
Élément clé : l’hématome ne s'étend pas au-delà des sutures crâniennes (endroit où
la dure-mère est accolée fermement au crâne).
Pronostic :
o Bon pronostic : si chirurgie rapide
o Mauvais pronostic : si Babinski bilatéral ou décérébration pré-opératoire
Traitement :
o Chirurgie (craniotomie)
+ = =
225
B) Hématome sous-dural (aigu, subaigu et chronique)
Physiopathologie :
o Rupture des veines ponts (situées entre les méninges et le cortex)
Ces veines sont vulnérables aux forces de cisaillement lorsqu'elles passent de
l'arachnoïde vers la dure-mère.
o Localisation de l’hématome :
Espace entre la dure-mère et l'arachnoïde
Apparence radiologique :
o Hématome en forme de croissant
Le sang veineux dissèque relativement facilement entre la dure-mère et
l'arachnoïde. L'hématome s'étend donc sur un large territoire.
L'hématome peut entraîner un déplacement de la ligne médiane du cerveau.
Élément clé : contrairement à l’hématome épidural, l’hématome sous-dural s'étend
sur une grande distance. Il peut s’étendre au-delà des sutures crâniennes.
o Densité : dépend de l'âge du sang
Sang aigu hyperdense (blanc sur le CT)
1-2 semaines isodense
Le caillot commence à se liquéfier.
3-4 semaines (s'il y a absence de saignement supplémentaire) hypodense (gris
sur le CT)
L'hématome est complètement liquéfié.
3-4 semaines (si le saignement continu) densité mixte
Sang liquéfié chronique mélangé à du sang hyperdense sous forme de caillot.
Le sang plus dense (aigu) peut sédimenter vers le fond, occasionnant un effet
hématocrite.
226
1. Hématome sous-dural aigu
25 % des TCC sévère
Physiopathologie :
o Pour qu'un hématome sous-dural significatif se développe immédiatement après un trauma,
la vélocité de l'impact doit être élevée. L’hématome sous-dural aigu est donc souvent associé
à d'autres lésions cérébrales importantes, telles que :
Hémorragie sous-arachnoïdienne traumatique
Contusion cérébrale
Œdème cérébral
Signes cliniques :
o Absence de période lucide (vs hématome épidural)
o Hémiparésie
o Irrégularité pupillaire
Apparence radiologique :
o Sang hyperdense
Pronostic :
o Puisque plusieurs autres lésions y sont souvent associées, le pronostic est définitivement
moins favorable qu’un hématome épidural et qu’un hématome sous-dural chronique.
Traitement :
o Évacuation chirurgicale (craniotomie) :
Monitoring et suivi serré aux soins intensifs
Parfois l’œdème cérébral est trop important et on ne peut pas remettre l’os retiré
directement après l’opération.
227
o Déficits neurologiques focaux possibles (si dysfonction focale du cortex sous l'hématome_
o Convulsions focales occasionnelles
Apparence radiologique :
o Aspect hypodense (gris).
o L'hématome apparaît ≥ 15 jours après le début du saignement.
Pronostic :
o Bon pronostic avec traitement médical ou chirurgical.
Traitement :
o Drainage ou craniotomie si hématome récidivant.
o Les petits hématomes chroniques peuvent être suivis cliniquement selon la sévérité des
symptômes (certains peuvent se résorber spontanément).
C) Contusion cérébrale
20-30 % des TCC
Physiopathologie :
o Coup : au moment du traumatisme, il se produit une contusion du côté de l'impact.
o Contrecoup : au même moment, il se produit un impact rebond du cerveau du côté opposé à
l’impact
o Les forces de cisaillement peuvent causer des saignements dans la
matière blanche :
Petites pétéchies ou hémorragies intra-parenchymateuses
plus importantes.
La contusion cérébrale est donc une « ecchymose »
cérébrale.
o Localisation de l’hématome :
Parenchyme cérébral
Régions où les gyrus corticaux sont situés près du crâne :
Fréquents : pôle temporal et frontal
Moins fréquent : pôle occipital
Tiré du Toronto notes 2016
Apparence radiologique :
o Aires de haute densité avec effet de masse au TDM souvent retrouvées au niveau des
proéminences osseuses (lobe temporal, partie inférieure du lobe frontal).
Traitement :
o Rarement chirurgical
228
D) DAI (Diffuse axonal injury)
Commotion cérébrale « extrême »
Physiopathologie :
o TCC sévère avec accélération-décélération-rotation. Les forces de cisaillement sont
tellement importantes que les axones se rompent, occasionnant la mort irréversible des
neurones cérébraux touchés.
Signes cliniques :
o Coma
Apparence radiologique :
o Imagerie souvent peu éloquente
Pronostic :
o Les séquelles peuvent être importantes (état végétatif).
A) Facteurs de risque
Les embolies graisseuses surviennent à la suite d’un traumatisme impliquant des fractures osseuses
(souvent fémur ou bassin) ou d’une chirurgie orthopédique.
o Les emboles proviennent de la moelle osseuse.
o Lors d’une fracture ou d'une chirurgie orthopédique, des gouttelettes graisseuses peuvent
se retrouver dans la circulation sanguine et se rendre à différents endroits (surtout aux
poumons). Si le patient possède un foramen ovale perméable, les emboles peuvent se rendre
au cerveau et provoquer de multiples AVC cérébraux avec œdème cérébral important.
Cette complication ne peut pas être prévenue.
B) Signes cliniques
Atteinte pulmonaire :
o Dyspnée
o Désaturation
o Insuffisance respiratoire dans les cas sévères
Atteinte cérébrale :
o L'oedème cérébral survient quelques heures après la blessure primaire. L'oedème peut
occasionner des blessures secondaires par effet de masse (compression de structure
adjacente, HTIC, ischémie, etc.).
NEU-475 Expliquer l’engagement de l’uncus et les autres types d’engagement ainsi que le concept
de détérioration rostrocaudal.
A) Généralités
Le crâne est rigide dès la fin de la petite enfance.
Effet de masse :
o Les masses intracrâniennes apparaissant de façon aigue (hémorragies, hématomes)
peuvent augmenter la pression intracrânienne et ainsi causer un déplacement des
structures (effet de masse).
o Si l’effet de masse est assez sévère, il peut déplacer les structures intracrâniennes d’un
compartiment à l’autre et provoquer l’engagement (herniation) du tissu cérébral à travers
l’une des barrières intracrâniennes rigides :
Tente du cervelet
Faux du cerveau
Trou occipital
Il existe plusieurs types d’engagement et selon les structures comprimées, les signes et symptômes
diffèrent :
o Herniation transtentorielle/ engagement de l’uncus/ herniation tentorielle
o Herniation centrale
o Herniation subfalcine
o Herniation amygdalienne (tonsillar)
B) Herniation transtentorielle
Lors de lésions supratentorielles importantes (ex : hématome épidural), il peut y avoir une
herniation du lobe temporal médial, plus particulièrement l'uncus, inférieurement au-travers de
l'incisure tentorielle. Ce phénomène peut être unilatéral ou bilatéral.
Répercussions cliniques :
o Compression du NC III ipsilatéral :
Pupille ipsilatérale dilatée (mydriase) et fixe
Parésie oculomotrice ipsilatérale
230
o Compression du NC III controlatéral
Pupille ipsilatérale dilatée (mydriase) et fixe
Parésie oculomotrice controlatérale
o Compression de l’artère cérébrale postérieure :
Ischémie dans son territoire d’irrigation
Hémianopsie homonyme controlatérale
Absence de clignement à la menace
o Compression des pédoncules cérébraux du mésencéphale ipsilatéraux ou controlatéraux
Rappel : La voie corticospinale décusse au niveau des pyramides dans le bulbe
rachidien
Hémiparésie ipsilatérale ou controlatérale
o Si l’engagement est très avancé, il peut se produire une compression de la partie supérieure
du tronc cérébral et du thalamus, puis de la protubérance et du bulbe rachidien
Troubles de la conscience
Rythme respiratoire anormal
Pupilles fixes, non réactives à la lumière, inégales
Perte des réflexes cornéens/oculocalorique/oculocéphalique
Posture de décérébration
Triade la plus fréquemment rencontrée :
o « Blown pupil »
Signe qui apparaît le plus précocement.
Habituellement ipsilatéral à la lésion (dans 85% des cas)
Causée par la compression du nerf oculomoteur ipsilatéral
Initialement : pupille dilatée qui ne répond pas à la lumière (blown pupil)
Plus tard : atteinte des mouvements oculaires
o Hémiplégie (controlatérale, puis ipsilatérale) :
Initialement : hémiplégie controlatérale
L’herniation de l'uncus comprime la voie corticospinale ipsilatérale dans le
mésencéphale entraîne une hémiplégie controlatérale à la lésion
Plus tard : hémiplégie ipsilatérale
Phénomène de Kernohan : l'herniation de l'uncus pousse le mésencéphale
jusqu'à ce qu'il soit comprimé du côté opposé de l'incisure tentorielle, ce qui
entraîne une hémiplégie ipsilatérale à la lésion
o Coma :
Lésion de la formation réticulée du mésencéphale
First aid for the USMLE step 1, 2016 Toronto notes (2017)
231
C) Herniation centrale
Cause :
o Lésion supratentorielle adjacente à la ligne médiane
o Œdème cérébral diffus
Physiopathologie :
o Les deux lobes temporaux (uncus) sont refoulés vers le bas à travers l’incisure tentorielle.
Répercussions cliniques :
o Herniation légère :
Traction sur le nerf abducens (NC VI)
Paralysie du regard latéral
Unilatéral ou bilatéral
o Si l’herniation se poursuit :
Lésions bilatérales plus ou moins symétriques du mésencéphale :
Pupilles fixes en position médiane
Posture de décérébration
Autres signes et symptômes quasi identiques à ceux de l’engagement
transtentoriel
Atteinte des structures plus caudales du tronc cérébral :
Perte de tous les réflexes du tronc cérébral
Disparition de la posture de décérébration
Arrêt respiratoire
Mort cérébrale
D) Herniation subfalcine
Cause :
o Lésion supratentorielle unilatérale
Physiopathologie :
o Herniation du gyrus cingulaire et d’autres structures du cerveau sous la faux du cerveau
(d'un côté du crâne à l'autre).
Habituellement aucun signe clinique
o Parfois, la compression d’une artère cérébrale antérieure provoque un infarctus du cortex
paramédian, occasionnant une paralysie de la jambe controlatérale à l’artère cérébrale
antérieure touchée.
o Si l’herniation n’est pas adressée correctement, l’extension de la zone infarcie peut
causer un oedème cérébral (augmentation de la pression intracrânienne augmentation
du risque d’herniation transtentorielle et/ou centrale)
232
o Obstruction de l’écoulement du LCR
Hydrocéphalie aigue :
Troubles de la conscience
Céphalées
Vomissements
Signes méningés
o Arrêt respiratoire brutal suivi d’un arrêt cardiaque
L’échelle de Glasgow est utile pour évaluer l’état neurologique des patients avec une altération de
l’état de conscience :
o Bon indicateur de la sévérité de la lésion et bon indice pronostic
o Très utile s’il est répété : les changements de réponse du patient sont plus révélateurs que
le chiffre lui même
Un patient dont le score de Glasgow se détériore doit être pris en charge
immédiatement
Caractéristiques :
o Échelle sur 15 points
Minimum : 3/15
Coma : généralement < 8
o Si le patient est intubé mettre le score sur 10
Car absence de réponse verbale
233
NEU-477 Énumérer les signes cliniques et le traitement de l’hypertension intracrânienne.
A) Signes cliniques
Altération de l’état de conscience
Pattern respiratoire anormal
Réflexe de Cushing :
o Respiration irrégulière
o HTA systolique
o Bradycardie
Signes de latéralisation :
o Paralysie d’un nerf crânien
o Hémiparésie
Convulsions
Nausées et vomissements en jet First aid for the USMLE step 1, 2016
Céphalées matinales
Papilloedème (signe tardif)
o Augmentation de la tâche aveugle
B) Traitement
** Objectif : maintenir la pression intracrânienne ≤ 20 mmHg
S’assurer de l’homéostasie du patient
o Intubation au besoin
o Équilibre électrolytique
Incliner la tête de lit à 30° et maintenir la tête du patient en position médiane
o Favorise le drainage veineux vers le cœur
Traitement hyperosmolaire (Mannitol IV, salin 3%)
o Les diurétiques osmotiques, comme le mannitol, peuvent être administrés pour diminuer la
pression intracrânienne et pour maintenir l’osmolalité sérique, car ils ne traversent pas la
barrière hémato-encéphalique.
o L’osmolalité sérique doit être maintenue entre 295 et 320 mOsm/Kg.
Hyperventilation
o Entraîne une hypocapnie qui provoque à son tour une vasoconstriction des vaisseaux
cérébraux.
o PCO2 visée : 34-36 mmHg
Chirurgie de décompression au besoin
o Traitement définitif si toutes les mesures ci-haut n’ont pas été suffisantes pour diminuer la
pression intracrânienne
A) Définition
Perte de fonction du cerveau et du tronc cérébral.
Se traduit par un coma avec perte de la respiration spontanée et de tous les réflexes du tronc
cérébral.
Les réflexes spinaux (ostéotendineux, cutanés plantaires et retrait) peuvent être maintenus.
La guérison est impossible. L’assistance respiratoire et les médicaments peuvent maintenir
indéfiniment les fonctions cardio-pulmonaires malgré l’arrêt complet de l’activité cérébrale
234
B) Diagnostic
Le diagnostic de mort cérébral est un diagnostic clinique aucun test de confirmation n'est
nécessaire.
o Les diagnostics alternatifs de coma doivent tous avoir été éliminés
Détermination de critères cliniques (voir objectif 8.3)
Test d’apnée
Parfois EEG et/ou imagerie vasculaire cérébrale
235
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE :
Power point sur les traumatismes crâniens du Dr Jérôme Paquet
RÉFÉRENCES :
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elsevier Saunders
(9th edition), 1190 p.
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
FURGER, P. (2012). Dr-MÉ[Link] Guide de médecine et lignes directrices, Québec : Éditions D&F, 1350 p.
JIEUN, K et al., (2017). Toronto notes, comprehensive medical reference. Toronto : Jieun, K & Mukuvozov I.
1362 p.
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1. McGraw Hill Education, 760 p.
NETTER, F. (2014). Atlas of Human Anatomy, Philadephia : Elservier Saunders (6th edition), 576 p.
PORTER, R. (2014), Le Manuel Merck de diagnostic et de thérapeutique, New Jersey : Merck Sharp & Dohme
Corp. (5e édition française), 3980 p.
Sites web :
236
Chapitre 8 : Infections du système nerveux central
8.1 SCIENCES FONDAMENTALES DES INFECTIONS DU SNC
BLUMENFELD, Hal. Neuroanatomy through clinical cases, 2nd edition, Sunderland, Sinauer, 2010.
A) Les méninges
Les méninges sont des membranes qui enveloppent le système nerveux central (encéphale et
moelle épinière).
Il existe 3 couches de méninges (de l’intérieur vers l’extérieur) :
o Pie-mère
o Arachnoïde Truc mnémotechnique: PAD
o Dure-mère
1. Pie-mère:
Fine lame de tissu conjonctif qui adhère étroitement à la surface du cerveau au travers de tous
les gyrus et sulcus.
Entoure la portion initiale de chaque vaisseau sanguin alors qu'il pénètre la surface du
cerveau.
2. Arachnoïde:
Membrane fine, clairsemée et avasculaire. On dit qu’elle ressemble à une toile d’araignée.
Comprise entre la pie-mère et la dure-mère.
o Adhère directement à la surface interne de la dure-mère.
3. Dure-mère :
Membrane fibreuse, dure et rigide.
237
Constituée de 2 couches fibreuses :
o Couche périostée :
Adhère à la surface interne du crâne.
À noter : il existe une couche de gras entre le périoste et la dure-mère au
niveau de la moelle, mais non au niveau de l’encéphale.
o Couche méningée :
Fusionne généralement avec la couche périostée, sauf à certains endroits où
elle fait des replis dans la cavité crânienne, formant ainsi la faux du cerveau et
la tente du cervelet.
Faux du cerveau :
Membrane verticale située dans la fissure inter-hémisphérique,
séparant par le fait même les hémisphères cérébraux gauche et droit.
Tente du cervelet:
Membrane horizontale qui sépare l’encéphale du cervelet, divisant
ainsi la cavité intra-crânienne en zones supra-tentorielle et infra-
tentorielle.
- Versant supérieur : les lobes occipitaux et une partie des lobes
temporaux repose sur la tente.
- Versant inférieur : le cervelet est situé directement en-dessous
BLUMENFELD, Hal. de la tente.
Neuroanatomy through
À noter : Il existe une petite ouverture étroite qu’on appelle l’incisure
clinical cases, 2nd edition,
Sunderland, Sinauer, tentorielle par laquelle passe le mésencéphale. Cette incisure est
2010. particulièrement importante dans la physiopathologie de
l’engagement de l’uncus.
Contient les sinus veineux duraux entre ses deux couches.
o Ceux-ci drainent le sang principalement via les sinus sigmoïdes et la veine jugulaire
interne.
1 Espace sous-arachnoïdien:
Situé entre la pie-mère et l’arachnoïde.
S'élargit à quelques endroits, créant ainsi des citernes.
o Citerne lombaire :
Contient la queue de cheval.
Lieu où la ponction lombaire est effectuée.
Les artères cérébrales majeures et le liquide céphalo-rachidien (LCR) y circulent.
2. Espace sous-dural:
Situé entre l’arachnoïde et la couche méningée de la dure-mère.
Les veines perforantes circulent dans cet espace.
o Elles drainent le sang des hémisphères cérébraux dans les sinus veineux duraux.
3. Espace épidural:
Situé entre la surface interne du crâne et la couche périostée de la dure-mère (qui est
habituellement adhérente au crâne).
On y retrouve quelques artères, dont l’artère méningée moyenne.
239
3. Réabsorption :
Le LCR est ultimement réabsorbé par les granulations arachnoïdiennes, qui le conduiront vers
les sinus veineux duraux, et finalement vers la circulation sanguine.
240
Ventricule de l’encéphale : Netter, Planche 107
[Link]
A) Indications
Analyse du LCR :
o Méningite/Encéphalite
o Sclérose en plaques
o Carcinomatose méningée (métastases dans le LCR)
o Hémorragie sous-arachnoïdienne
o Guillain-Barré (dissociation albumino-cytologique)
Mesure de la pression du LCR
Enlever du LCR lorsqu’il y en a trop (ex : peut améliorer les symptômes dans l’hydrocéphalie)
Introduire des médicaments (antibiotiques, chimiothérapie)
Introduire des produits de contraste (myélographie)
B) Contre-indications
Hypertension intracrânienne (HTIC)
o Définition : syndrome clinique qui consiste en l’augmentation de volume d’au moins
un des 3 compartiments physiologiques suivants :
Parenchyme cérébral (ex : tumeur)
Volume sanguin (ex : hématome)
Liquide céphalorachidien (ex : hydrocéphalie)
Il y a donc un risque d’engagement.
241
o Symptômes :
Pupilles inégales
Papilloedème
Signe de latéralisation
o Afin d’éviter un engagement, il faut faire un TDM avant la ponction lombaire pour
évaluer les évidences d’HTIC chez notre patient.
o Contre-indication presque ABSOLUE à la ponction lombaire.
Troubles de la coagulation
o Risque d’hématome épidural qui pourrait comprimer la queue de cheval
o Thrombopénie < 40 000 ou prise de médicament anticoagulant.
Infection au site de ponction
NEU-502 Interpréter les résultats d’une ponction lombaire pour les pathologies suivantes
> 60%
Méningite Positive Positive
Trouble > 100-1000 polynucléaires
bactérienne (> 80) (50-90%) (> 90%)
neutrophiles
Positive
Méningite Prédominance
** Clair (bacille Positive
tuberculeuse lymphocytaire
tuberculeux)
Prédominance
lymphocytaire
Encéphalite2 ** ** ** ou lymphocytes Normal/ ** **
et
polynucléaires
Liquide
Hémorragie sous- Nég : pas de
xanthochromique ** ** ** ** Négative
arachnoïdienne4 bactérie
ou rouge clair
242
1. Méningite bactérienne chez un patient qui prend déjà des antibiotiques.
2. On peut y retrouver des globules rouges.
3. On peut y retrouver des bandes oligoclonales.
4. On peut y retrouver des globules rouges.
Microbiologique Chronologique
Bactérienne Aigue (10%) : < 24h bactérienne
Aseptique : Sub-Aigue : 1-7 jours
o Infectieuse Chronique : > que 4 semaines
o Non-infectieuse
1. MÉNINGITE BACTÉRIENNE
1.1 Pathogenèse :
Microorganismes pénètrent le SNC par différentes voies :
o Hématogène > contigu > inoculation directe
Dissémination hématogène:
o Infection à distance bactériémie pénétration de la barrière hémato-
encéphalique ensemencement du LCR (zone d’immunodéficience relative)
243
o Facteurs favorisants la bactériémie :
Virulence du germe
Immunité de l’hôte
Foyer contigu
o Essentiellement ORL :
Sinus
Mastoïdes
o Crâne (très rare)
Inoculation directe :
o Post-op
o Post-traumatique
1.2 Étiologie :
Bactérienne (germe démontré à l’examen gram et/ou à la culture)
Le choix du traitement vise les germes les plus fréquemment rencontrés Toujours
commencer l’antibiothérapie empirique à large spectre
Le choix est déterminé en fonction de :
o Âge
o Présence ou non de facteurs cliniques prédisposants (souvent absents)
Trauma crânio-facial avec fistule du LCR
Pneumocoque
Récidives
Post-op de neurochirurgie
Bâtonnets Gram –
Staphylococcus aureus
Dérivation ventriculo-péritonéale/cardiaque
Staphylococcus sp
Immunosupprimés
Listeria monocytogenes
2. MÉNINGITE ASEPTIQUE :
Culture bactérienne négative
Examen direct (GRAM) : Aucune évidence de bactéries
244
Autres infections : tuberculose, syphillis
o Sans thérapie spécifique :
Virale
Caractère saisonnier (entérovirus) : survient surtout l’automne
Retrouvée surtout chez les patients jeunes (< 1 an ; < 40 ans) ne
présentant aucun facteurs de risque (immunosuppression, trauma
crânien, shunt, etc.)
Prodrome > 24h
Évolution bénigne (sans complications neurologiques)
Analyse du LCR très suggestive d’une infection virale
Non Infectieuses (rare)
o Néoplasique
o Collagénose
o Chimique
D) Investigation
Biologie générale :
o FSC bactérienne :
GB > 15 000/mm3
Prédominance de polynucléaires
o Protéine C réactive aug.
Hémocultures :
o Positivité élevée dans la méningite bactérienne (50-70%)
Analyse du LCR :
o Pression d’ouverture : Généralement élevée
o Aspect visuel : Souvent d’apparence trouble
o Examen direct (GRAM) – Décompte cellulaire – Biochimie
o Culture
o Tests spéciaux (lactates, bandes oligoclonales etc.)
Imagerie :
o Imagerie cérébrale par tomodensitométrie devrait être pratiquée avant d’effectuer
une ponction lombaire à la recherche d’indices d’hypertension intracrânienne ou de
lésion occupant de l’espace tel un abcès cérébral.
245
ATCD : Maladie SNC, immunosuppression?
Papilloedème? Déficit neurologique localisé? Délai de la PL?
NON OUI
TDM cérébrale
Effectuer PL
Résultat positif
Poursuivre le traitement
Choisir antibiothérapie spécifique selon sensibilité du pathogène
246
Généralités sur l’encéphalite
A) Définition
Inflammation sans suppuration d’une partie du parenchyme cérébral
Peut être associée à une atteinte des méninges (méningo-encéphalite)
Origine infectieuse ou «allergique»
Foyer primaire ou secondaire à un processus généralisé
B) Présentation clinique :
Signes et symptômes de dysfonction du parenchyme cérébral isolés
Patient peut présenter en addition à la fièvre et aux céphalées :
o Convulsions
o Altération de l’état de conscience
o Troubles du comportement/cognitifs
o Atteintes motrices locales ou généralisées
o Signes d’irritation méningée (si méningo-encéphalite)
C) Étiologie :
Diagnostic spécifique établi uniquement dans < 50 % des cas
Virale
o Invasion directe
Herpès simplex 1 ou 2 (HSV)
Il s’agit de 20% des encéphalites dont l’étiologie est identifiée
Aucun caractère saisonnier ni épidémique
La présence de feu sauvage n’a aucun lien avec l’étiologie
Aucun facteur prédisposant, sauf dans la forme néo-natale où il y a un
risque de transmission :
- Nouvelle infection période péri-natale : 30-50%
- Réactivation pendant la grossesse : < 1%
- Prévention : césarienne si lésions cliniques lors de l’accouchement
Autres virus : (sans traitement spécifique)
Entérovirus (méningite plus fréquente)
Oreillons (méningite plus fréquente)
Virus Nil Occidental
o Post-infectieuse (ADEM)
o Post-vaccinale (ADEM)
Non-virale
1. Encéphalite herpétique :
Seule étiologie traitable d’encéphalite
Début brusque
Sévère
Il y a souvent présence de signes localisés particulièrement en fronto-temporal d’où l’importance
de l’imagerie (Excepté nouveaux-nés)
Localisation temporale peut prendre quelques jours à apparaître sur les examens
Tableau clinique pas toujours aussi typique et diagnostic différentiel peut demeurer large
En PRATIQUE un traitement empirique de l’HSV est recommandé en attendant les résultats de
l’investigation d’une encéphalite
247
D) Investigation
1. Imagerie :
Rôle essentiel dans l’investigation précoce
Buts :
o Éliminer d’autres diagnostics
o Préciser si :
Atteinte diffuse vs localisée
Atteinte substance grise/blanche
o Orienter une approche chirurgicale éventuelle
TDM :
o Initialement normal
Dans la grande majorité des cas (premier 48-72h)
o Utile pour détecter les complications des méningites non virales et éliminer d’autres
diagnostics
IRM :
o Premier choix pour le diagnostic d’encéphalite
2. Laboratoire :
Bilan de base
Ponction lombaire :
o Étude du LCR habituellement anormale
o Anomalies variable et peu spécifiques
Cytologie 0-500 GB (L)
Protéines modérément élevés
o Possibilité de bandes oligoclonales dans l’encéphalomyélite aigue disséminée
PCR (tes de détection des acides nucléiques):
o Nouveau standard
o Disponible assez rapidement
HSV/ autres virus herpes/entérovirus
o Sensibilité accrue
o Excellente spécificité dans laboratoire expérimenté
o Grande utilité clinique pour le diagnostic des infections SNC à herpes virus et entérovirus
Toutefois, en pratique, seul le résultat du PCR HSV aura un impact sur le
traitement.
EEG :
o Indicateur sensible de dysfonction cérébrale, mais non spécifique.
o Souvent anormal précocement (> 80% des HSV)
o Présence de PLEDS (periodic lateralised epileptiform discharges)
Localisation temporale suggestive d’HSV mais non diagnostic
Intermittent (peut donc être absent lors de l’enregistrement EEG)
Surtout présent entre les jours 5 et 10
IRM :
o Apparition plus précoce des lésions que sur le TDM
o La localisation des lésions est suggestive de l’agent étiologique, mais non-spécifique.
HSV non néo-natal : la présence de signes localisés particulièrement fronto-
temporaux épargnant les ganglions de la base est caractéristique
248
8.2.1 Approche clinique aux infections du SNC
NEU-511 Différencier par l’histoire et l’examen physique les symptômes et les signes de méningite
et d’encéphalite. Les différencier des autres causes de céphalées avec hyperthermie
particulièrement les infections systémiques ou crâniennes autres (sinusite, otite, etc.)
Méningite Encéphalite
* Il n’y a pas de signes d’irritation méningée dans l’encéphalite sauf s’il y a méningo-encéphalite.
* Voir objectif 3 pour les autres causes de céphalées avec hyperthermie particulièrement les infections
systémiques ou crâniennes (sinusite, otite, etc.)
Définition :
o Les signes d’irritation méningée se caractérisent par des spasmes musculaires douloureux
lorsque les structures en état d’inflammation (racines nerveuses et méninges) sont mises
sous tension ou sont étirées.
o Les étiologies courantes sont la méningite infectieuse et l’hémorragie sous-arachnoïdienne.
Raideur de nuque
o Contraction involontaire des muscles de la nuque à la mobilisation.
En temps normal, le patient devrait être capable d’appuyer son menton sur son
thorax.
o Résistance passive et active à la flexion de la tête (les autres mouvements d’extension et de
rotation sont préservés).
Signe de Brudzinski
o Patient en décubitus dorsal.
o Effectuer une flexion passive du cou du patient. Observer si cette manœuvre produit une
flexion réflexe des hanches et des genoux du patient, en plus d’occasionner de la douleur.
249
Signe de Kernig
o Patient en décubitus dorsal.
o Effectuer une flexion passive de la hanche et du genou, puis extension du genou. Cette
manœuvre est positive si le patient a de la douleur et qu’il fléchit la nuque.
o L’extension du genou doit être > 135 degrés
[Link]
250
NEU-514 Identifier les signes cliniques, l’étiologie selon l’âge du malade et selon l’examen du LCR
des méningites
Signes méningés :
o L’absence de signes méningés n’exclue pas le diagnostic de méningite. Ces derniers sont
souvent absents chez les enfants, les personnes âgées et les immunosupprimés.
Le tableau clinique est beaucoup moins spécifique chez les immunosupprimés et aux extrêmes de
vie (vieillard + nouveau-né).
N. meningitidis + +
S. pneumoniae + + +
H. influenzae +
Strepto. gr B +
Bacilles Gram – + Contexte nosocomial
Staphylococcus Contexte nosocomial
Listeria + Immunosuppression / Grossesse
251
Particularité du nouveau-né :
Culture
Pression Nombre de Type de Glucose Protéines Coloration
Diagnostic Aspect bactérien
(mmH2O) leucocytes leucocytes LCR/sang mg % de Gram
ne
Normale Normal
LCR normal Limpide 0-5 Lymphocytes < 50 Ø Négative
(80-150) (0,5-0,6)
> 60%
Méningite Positive Positive
Trouble > 100-1000 polynucléaires
bactérienne (> 80) (50-90%) (> 90%)
neutrophiles
Méningite > 60%
+ / – de façon Positive Positive
bactérienne > 100-1000 polynucléaires de façon
trouble variable (60%) (65%)
décapitée neutrophiles variable
252
C) Choix d’antibiothérapie empirique en fonction de l’âge du patient
Âge Traitement empirique
< 1 mois Ampicilline1 + Céphalosporine de 3e génération2 ou Aminoglycoside
E) Résumé de la conduite à tenir si soupçon de méningite bactérienne : Éléments qui font qu’on
ne peut pas faire une PL
tout de suite et qu’il faut
faire un TDM avant
253
Prévention de la méningite bactérienne
NEU-518 Expliquer le tableau clinique, les causes, le traitement et les complications des abcès
cérébraux
Généralités:
Diagnostic clinique difficile au stade précoce (cérébrite).
Antibiothérapie précoce réduit la mortalité et la morbidité de façon significative.
Progrès technologiques récents dans investigation radiologique.
o Diagnostic plus précoce
o Visualisation foyers contigus
o Suivi non invasif de l’évolution
254
A) Tableau clinique :
Peu spécifique :
Signes / Symptômes Fréquence (%)
Fièvre / Frissons 40-50% seulement
Céphalées 65-80%
Altération de l’état de conscience 30-80%
Nausées / Vomissements 30-80%
Convulsions 25-35%
Signes neurologiques focaux 40-65%
Papilloedème 5-10%
Signes méningés 5-40%
Facteur prédisposant / Foyer infectieux primaire 70-80%
B) Les causes :
255
2. Agents étiologiques des abcès cérébraux :
Bactéries anaérobies isolées très fréquemment
o Flore polymicrobienne : si secondaire à un foyer contigu
o Mono-microbien : si secondaire à une bactériémie ou méningite
Agents nosocomiaux si post-opératoire :
o Staph aureus
o Bâtonnets GRAM négatif
Entérobactéries
Pseudomonas aeruginosa
Déduction des agents étiologiques selon la localisation anatomique Foyer infection primaire
C) Traitement :
Antibiothérapie empirique
o Selon la localisation de l’abcès, foyer d’origine présumée
o Doit pénétrer la BHE
o Durée moyenne : 4-6 semaines
o Ajustée selon les cultures per-opératoires
o Exceptionnellement, régression abcès avec ATB seule (cérébrite précoce)
La chirurgie est nécessaire dans la grande majorité des cas
o L’abcès doit être mur et bien encapsulé
o Aspiration par stéréotaxie bcp mieux que l’excision en bloc
D) Complications :
Engagement du cerveau
Atteintes neurologiques focales
Empyème sous-dural
Épilepsie
Majorité des abcès cérébraux se présentent comme des LOE sans fièvre
Diagnostic est établi par imagerie
Ponction lombaire contre-indiquée
Localisation d’un abcès peut nous orienter sur le foyer d’origine présumée et les agents
étiologiques
Traitement consiste en une approche médicale et chirurgicale
o Antibiothérapie empirique pour plusieurs semaines
o Ajustée selon culture per-opératoires
o Chirurgie au moment opportun
NEU-519 Énumérer et identifier les signes cliniques des différentes complications aigues et
subaigües des infections du système nerveux
HTIC
Oedème cérébral
Atteinte des nerfs crâniens
AVC
Effusion sous-durale infectieuse
Hydrocéphalie
256
NEU-520 Énumérer et identifier les signes cliniques des différentes complications à long terme
(séquelles) des infections du système nerveux :
Causées par une compression, une ischémie ou une destruction des aires du cerveau
Séquelles motrices, séquelles mentales, séquelles épileptiques, l’hydrocéphalie et mort
Traumatisme
Rupture de malformation artério-veineuse
Dyscrasie sanguine
Traumatisme
Rupture d’anévrysme
Rupture de malformation artérioveineuse
Typiquement gouttelettes
Transmission
Nouveau-né : transmission verticale OU horizontale
257
RÉFÉRENCES :
BLUMENFELD, Hal. Neuroanatomy through clinical cases, 2nd edition, Sunderland, Sinauer, 2010.
FAUCI et al. Harrison’s principles of internal medicine, 17th edition, New York, McGraw-Hill, 2008.
GOURDEAU, Marie. Infections du système nerveux. Notes de cours MED-1216, Université Laval, Québec,
2016.
H. NETTER, Frank, MD (2011). Atlas of human anatomy 5th edition, [format électronique] Philadelphie :
Saunders, Elsevier.
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical (18th
edition), 4012 p.
RATTÉ, F. et THÉRIAULT, J. (2012), Démarche clinique, Québec : Presses de l'Université Laval, 625 p.
ROPPER, Allan H. & Martin A. SAMUELS. Adams and Victor’s principles of neurology, 9th edition, New York,
McGraw-Hill, 2009.
TAO LE et al (2016), USMLE STEP 1, New York : Mc Graw Hill education, 761 p.
258
Chapitre 9 : La neurologie du développement
Généralités :
259
[Link]
260
o Présentation :
Bébés sourds, aveugles, inconscients de leur environnement et incapables de
ressentir la douleur.
Bébés non-viables
o Facteurs de risque :
Déficience en acide folique
Diabète type 1 chez la mère
Prise de certains anticonvulsivants chez la mère
Histoire familiale
[Link]
l
Encéphalocèle :
o Physiopathologie :
Hernie de l’encéphale et de méninges au travers une malformation de la boîte
crânienne (fermeture incomplète de la voûte crânienne).
Situé sur la ligne médiane, le plus souvent dans la région occipitale.
o Dépistage :
Échographie fœtale
Dosage maternel élevé d’alpha-foetoprotéine
o Présentation :
Environ 50% des enfants atteints ont d’autres anomalies congénitales.
Signes et symptômes neurologiques divers accompagnateurs : épilepsie,
atteinte cognitive (retard intellectuel et développemental), etc.
o Le pronostic dépend de la taille et de la localisation de la lésion
[Link]
261
Spina bifida (dysraphisme) :
o Anomalie de fermeture du tube neural la plus fréquente.
o Physiopathologie :
Fermeture incomplète des vertèbres de la colonne vertébrale.
Herniation du contenu (moelle épinière et méninges) à travers le défaut
osseux
Touche plus souvent la région lombosacrée.
Affecte souvent de trois à six vertèbres.
o Dépistage :
Échographie pré-natale
Dosage maternel élevé d’alpha-foetoprotéine
o Présentation clinique : varie selon le niveau de l’anomalie de fermeture.
Signes et symptômes neurologiques :
Hydrocéphalie pré-natale
- Fréquent, car plusieurs enfants ont une malformation
d’Arnold-Chiari type 2 associée.
- Peut-être peu problématique ou bien être accompagné de
manifestations d’hypertension intra-crânienne.
- L’hydrocéphalie pré-natale peut nuire au développement du
cerveau et occasionner une déficience intellectuelle.
Troubles sensitivo-moteurs et sphinctériens sous le niveau de la lésion
- S’il y a atteinte de la moelle épinière ou bien de racines
nerveuses lombosacrées.
Signes et symptômes orthopédiques :
Atrophie des membres inférieurs
- Causée par le manque d’innervation aux jambes.
Malformations orthopédiques à la naissance
- Puisque la paralysie se produit chez le fœtus, des problèmes
orthopédiques peuvent être présents dès la naissance.
- Pied bot, luxation congénitale de la hanche, arthrogrypose des
jambes, cyphose, etc. à rechercher à l’examen du n-né.
Signes et symptômes urologiques :
Vessie neurogène (reflux vésico-urétral hydronéphrose, infections
urinaires fréquentes, insuffisance rénale)
o Évolue selon un spectre :
Spina bifida occulta :
Fermeture incomplète d’une ou plusieurs vertèbres, mais aucune
herniation de tissu nerveux (moelle épinière ou méninges).
Habituellement vu aux niveaux vertébraux inférieurs.
Associé à une touffe de cheveux ou une anomalie cutanée au niveau de
la ligne médiane à la hauteur du défaut osseux.
Spina bifida cystica (protrusion d’un sac) :
Méningocèle :
Risque élevé de - Herniation des méninges à travers le défaut osseux.
méningite
Myéloméningocèle :
- Herniation des méninges et de tissu nerveux (ex. queue de
cheval) à travers le défaut osseux.
Rachischisis :
Colonne vertébrale complètement ouverte
Déficit neurologique sévère + décès
262
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1
[Link]
o Investigation :
IRM : même les enfants avec des anomalies cutanées minimes peuvent avoir
une anomalie spinale sous-jacente.
o Traitement :
Réparation chirurgicale de la lésion spinale
Sans traitement chirurgical précoce, les dommages neurologiques
peuvent progresser.
Shunt ventriculaire (parfois si hydrocéphalie)
Traitement des complications orthopédiques et urologiques
263
o Télencéphale
Subi un clivage formation des 2 hémisphères cérébraux
o Diencéphale
o Mésencéphale
o Métencéphale
o Myélencéphale
264
[Link]
[Link]
265
Agénésie du corps calleux :
o Absence (totale ou partielle) de corps calleux défaut d’union des deux hémisphères
o Quand le suspecter ? tout patient avec retard de développement
Surtout si associé à :
Épilepsie
Hypertélorisme (augmentation de la distance entre les deux yeux)
[Link]
266
Lissencéphalie (pachygyrie-agyrie) :
o Pathophysiologie :
Défaut de migration neuronale vers la périphérie :
Présence de matière grise péri-ventriculaire
Surface corticale lisse (pas beaucoup de gyrus et de circonvolutions)
o Mauvais pronostic peu importe le type
o Présentation clinique :
Retard mental important
Paralysie cérébrale
Épilepsie réfractaire
Polymicrogyrie :
o Peut être relié à une insulte ischémie pré-natale
o Plusieurs petits gyri (en nombre excessif)
Schizencéphalie :
o Fente uni ou bilatérale entre la surface piale (méningée) et l’épendyme ventriculaire
o Une section n’a pas migré et est remplacé par du LCR qui relie la surface du cerveau
et celle du ventricule
o À fente ouverte ou à fente fermée
Hétérotopie :
o Isolé ou étendue
Souvent dans les régions péri-ventriculaires
o Groupes de cellules qui n’ont pas migrées
o Cas extrêmes : double cortex
F) Myélinisation (naissance …)
Commence durant la grossesse et se poursuit pendant l’enfance.
A) Définition
Ensemble de troubles moteurs non évolutifs qui constituent la Attention : La paralysie cérébrale
séquelle d’une insulte survenue sur un cerveau en est considérée comme une
développement. Il ne s’agit pas d’un désordre spécifique ou d’un encéphalopathie statique (la lésion
syndrome unique, mais la résultante d’une atteinte dont la cause ne progresse pas). Toutefois, la
peut varier. présentation clinique de la condition
varie dans le temps avec la
o Parésie
maturation du système nerveux de
o Anomalie du tonus (spasticité ou hypotonie) l’enfant.
o Troubles du mouvement ou de la coordination
Première cause d’handicap chez l’enfant affectant la fonction et le développement.
267
B) Étiologies
La paralysie cérébrale est restreinte aux lésions touchant le cerveau uniquement.
Multifactorielle : une cause spécifique peut être difficile à établir.
Prénatale : 90%
o Malformation, ischémie, infection congénitale, anomalie chromosomique, syndrome
génétique, embryopathie environnementale, etc.
Périnatale :
o Asphyxie, AVC, infection du SNC, etc.
Postnatale (avant l’âge de 3 ans) :
o AVC, kernictère, infection, trauma, etc.
C) Épidémiologie
Incidence dans la population générale : 1-2 / 1000 naissances vivantes
o Poids inférieur à 2500 g (prématurés) : 30%
Incidence chez les enfants prématurés : 15%
D) Facteurs de risque
Prématurité +++
Chorioamnionite (infection du placenta) ou autre infection associée à la prématurité
E) Présentation clinique
Le diagnostic est clinique.
Avant qu’un syndrome spécifique se développe, on peut trouver plusieurs symptômes chez
l’enfant, tels que :
o Retard du développement moteur (grossier et fin)
o Persistance des réflexes primitifs
o Hyperréflexie
o Tonus musculaire anormal (hypertonie > hypotonie)
o Retard de croissance
o Préférence pour l’usage d’une main avant l’âge de 1 an (red flag pour l’hémiplégie)
o etc.
Syndromes spastiques : (type de paralysie cérébrale le plus fréquent)
o Physiopathologie :
Atteinte du motoneurone supérieur
o Signes et symptômes :
ROT augmentés
Hypertonie musculaire
Clonus
Babinski
Faiblesse musculaire
Contractures articulaires articulations désalignées
o 4 types :
Hémiparésie
Atteinte prédominante d’un côté du corps bras > jambes
Physiopathologie : AVC sylvien
- Se produit habituellement in utero : petit morceau de cordon
ombilical embolise dans l’artère sylvienne
Quadriparésie
Atteinte des 4 membres bras > jambes
Physiopathologie : ischémie diffuse
268
- Une hypoperfusion cérébrale atteint les zones « watershed »
corticales. Les noyaux gris centraux peuvent également être
atteints (syndrome dyskinétique).
- Souvent associé à l’asphyxie péri-natale.
Diparésie
Atteinte des 2 jambes surtout
Fréquent chez les enfants prématurés.
Physiopathologie : leucomalacie périventriculaire
- Avant la fin du terme, la distribution de la circulation cérébrale
chez le fœtus résulte en une tendance à l’hypoperfusion de la
matière blanche périventriculaire.
- Bébés prématurés : entre 26 et 34 semaines, la matière
blanche périventriculaire proche des ventricules latéraux est
la plus susceptible aux dommages. Puisque cette région
contient des fibres responsables du contrôle moteur et du
tonus musculaire des jambes, une insulte peut résulter en une
diparésie spastique.
Syndromes dyskinétiques (athétose, choréoathétose, dystonie) :
Physiopathologie :
- Atteinte des noyaux gris centraux : kernictère, asphyxie péri-
natale, prématurité, maladie métabolique, maladie
dégénérative, etc.
Signes et symptômes :
- Mouvements anormaux
- Hypertonie souvent associée
Syndromes hypotoniques : (rares)
o Physiopathologie :
Anomalie de développement du système pyramidal
o Signes et symptômes :
Hypotonie du tronc et des extrémités
Hyperréflexie
Persistance des réflexes primitifs
Syndromes ataxiques :
o Physiopathologie :
Atteinte du cervelet ou de ses faisceaux associés
o Signes et symptômes :
La présence de faiblesse, d’incoordination et d’un tremblement d’intention a
pour conséquence un élargissement du polygone de sustentation, une
instabilité à la marche et de la difficulté avec les mouvements fins ou rapides.
Syndromes mixtes :
o On retrouve souvent un mélange de spasticité et d’athétose.
269
[Link]
Problèmes associés : 25% des enfants (surtout ceux avec un syndrome spastique) présentent
d’autres manifestations
o Troubles cognitifs
o Retard intellectuel
Enfants à terme : 30%
Enfants avec poids inférieur à 2500 g : 18%
À retenir que beaucoup d’enfants avec une hémiparésie ou une paraparésie
spastique ont une intelligence normale. Toutefois, les enfants avec une
quadraparésie spastique ou un syndrome mixte peuvent présenter une
déficience intellectuelle.
o Problèmes de comportement
o Troubles du langage ou de la parole
o Épilepsie : 30%
Si hémiparésie : 50%
o Problème visuel et/ou auditif
o Troubles sensoriels
o Problèmes sphinctériens
F) Diagnostic
Le diagnostic est clinique. Il faut toutefois de demander un IRM cérébral pour tenter de
découvrir la cause.
S’il n’est pas possible de trouver la cause avec la clinique et l’IRM, il faut demander des tests
sanguins pour dépister certaines maladies héréditaires ou métaboliques.
G) Traitement
Voir traitement de la spasticité
270
NEU-543 Définir l’hypotonie et énumérer les localisations possibles de la lésion.
Objectifs de traitement :
o Améliorer la fonction
o Diminuer l’inconfort ou la douleur relié à la spasticité
o Rendre les soins plus faciles
o Prévenir ou retarder les anomalies de posture, contractures ou même les chirurgies
orthopédiques
Modalités thérapeutiques :
o Réadaptation :
Physiothérapie, ergothérapie
Habituellement utilisés comme première modalité de traitement. On
peut y ajouter les modalités décrites ci-dessous.
But : étirement, renforcement musculaire, etc.
Orthèses
o Médication orale :
Benzodiazépine
Agonistes GABA (par ex, Baclofen)
271
o Médication injectée :
Botox
Peut être injecté dans certains muscles :
- Prévention des contractures fixes
- Diminution de leur traction inégale au niveau d’une
articulation
Baclofen intra-thécal (via pompe)
o Chirurgie :
Radicellectomie partielle
Chirurgies orthopédiques
272
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE
Notes de cours du Dr Michel Sylvain MD, FRCPC
RÉFÉRENCES
LE T., BRUSHAN V., SOCHAT M. (2016). First aid for the USMLE step 1. McGraw Hill Education, 760 p.
273
Chapitre 10 : La sclérose en plaques
Généralités :
A) Description :
Présentation :
o Épisodes récurrents de dysfonction neurologique, partiellement ou complètement
réversibles (poussées).
Physiopathologie :
o Maladie inflammatoire auto-immune dégénérative.
o La maladie attaque la myéline entourant les axones du système nerveux central
(atteinte démyélinisante). Elle détruit secondairement les axones à un degré variable.
La perte axonale et l’atrophie débutent tôt dans la maladie.
Les lésions causées par la maladie se nomment «plaques».
À noter qu’il y a beaucoup plus de plaques (radiologiques et/ou
pathologiques) que de poussées.
o Atteinte de tout le système nerveux central :
Touche la substance blanche (de manière prédominante)
Touche la substance grise (de manière moindre)
La SEP est associée à une atrophie cérébrale au long cours.
B) Épidémiologie :
Cause la plus fréquente d'handicap neurologique chez les jeunes adultes.
o Prévalence très importante au Canada : environ 2/1000
Maladie débute généralement entre 20 et 40 ans.
2 femmes : 1 homme
Gradient latitudinal
o Plus on s’éloigne de l’équateur, plus il y a de cas de SEP. On pense que cela a un lien
avec le métabolisme de la vitamine D.
274
D) Facteurs pronostiques
Démyélinisation : Variable
Il y a des plaques qui se rajoutent ou qui
grossissent.
Il y a des plaques qui disparaissent ou qui
diminuent.
Les variations sont maximales au début de la
maladie et vont progressivement en diminution.
275
B) Forme rémittente / cyclique :
90% des patients débutent leur maladie avec cette forme.
Alternance de poussées et de rémissions.
o Les poussées peuvent être spontanées ou déclenchées par une infection, telle que
l’influenza.
La rémission est complète ou partielle (les poussées peuvent laisser des séquelles).
Les patients sont stables entre les poussées.
276
D) Forme primaire progressive :
Touche environ 5-10% des patients.
Contrairement à la forme rémittente / cyclique : il n’y a pas de poussée claire.
Contrairement à la forme secondaire progressive : les patients se détériorent dès le début de
la maladie.
La maladie progresse graduellement, sans rémission. Il peut toutefois y avoir des plateaux
temporaires où la maladie ne progresse pas.
Pourrait différer des autres formes de SEP sur le plan pathologique.
Ne répond pas aux traitements connus.
Diagnostic différentiel vaste.
A) Symptômes initiaux
3 syndromes classiques :
1. Névrite optique rétrobulbaire
2. Myélite transverse incomplète
3. Syndrome du tronc cérébral
B) Poussées
Description :
o En moyenne : une poussée aux 2 ans
Toutefois, la fréquence des poussées varie grandement d’un patient à l’autre.
o Épisode de dysfonction neurologique « compatible »
Nouveau(x) symptôme(s)
Récidive après stabilité de plus d'un mois
o Installation sur quelques heures/quelques jours
Si symptômes débutent subitement il faut penser à une atteinte vasculaire
(et non à la SEP)
Si symptômes se développent sur plusieurs mois il faut penser à une
pathologie tumorale, à une carence, etc. (et moins à la SEP-à l’exception de la
forme primaire progressive)
o Dure souvent autour de 14 jours (mais nécessairement plus de 24-48h)
Continu ou paroxysmes répétés
Résolution sur quelques semaines/quelques mois
277
Les symptômes dépendent de l'endroit où se forme la plaque dans le SNC : La présentation clinique varie donc
énormément d’un patient à l’autre.
Névrite optique rétrobulbaire :
o Présentation : perte de vision, perte de vision des couleurs (désaturation du rouge), douleurs aux
mouvements oculaires, DPAR, etc.
Myélite transverse :
o Inflammation d’un segment de la moelle épinière
o Présentation : faiblesse motrice, troubles de sensibilité (niveau sensitif), dysfonctions
autonomiques, signe de Lhermitte, atteinte des sphincters (urinaire et anal)
Syndrome du tronc cérébral :
o Ophtalmoplégie internucléaire :
Lésion au niveau du faisceau longitudinal médian (MLF), soit les fibres internucléaires
entre le noyau du NC3 et du NC6, dans la protubérance.
Présentation : limitation de l’adduction de l’œil atteint + nystagmus de l’œil situé du côté
sain.
o Atteinte des nerfs crâniens
Perte sensitive : paresthésies
o Plainte souvent précoce
Symptômes moteurs :
o Spasmes musculaires
o Faiblesse
Symptômes dysautonomiques :
o Constipation
o Troubles urinaires
o Troubles sexuels
Symptômes cérébelleux :
o Ataxie
o Nystagmus
o Dysarthrie
o Tremblements
o etc.
Troubles cognitifs légers possibles (mémoire de travail, attention/concentration)
etc.
C) Questionnaire :
Rechercher la présence de symptômes témoignant d’une dysfonction neurologique (voir
encadré).
Rechercher les symptômes plus typiques/spécifiques à la SEP :
o Intolérance à la chaleur (appelé phénomène de Uthoff)
Augmentation des symptômes lorsque la température du corps monte.
Phénomène physiologique : si la température du corps augmente, les
influx nerveux circulent moins vite.
Si le patient a des plaques (endroit où l’influx nerveux circule très
lentement), l’influx peut bloquer. Le patient aura alors des symptômes.
Fièvre, bain chaud, sport, été, etc.
278
o Signe de Lhermitte
Secondaire à une atteinte de la moelle épinière cervicale.
Une flexion du cou provoque une décharge électrique du cou jusqu’aux fesses.
Suggestif, mais pas pathognomonique de la SEP (déficit en vit B12, arthrose
cervicale, etc.).
o Fatigue
o Trouble attentionnel (sx non spécifique)
Survient précocement dans la maladie.
o Phénomène paroxystique
Ex : spasmes qui surviennent brusquement et qui se répètent fréquemment
dans la journée.
D) Examen physique :
Permet d'objectiver les anomalies mentionnées ci-haut.
Plusieurs patients, même au début de leur maladie, ont un examen qui reste légèrement
anormal.
o ROT vifs
o Perception vibratoire diminuée
o Funambule instable
279
NEU-554 Décrire les investigations permettant de poser le diagnostic de la sclérose en
plaques.
A) IRM
IRM du cerveau bon test de confirmation
o Avec le vieillissement (à partir de 40 ans), une bonne proportion de la population
générale peut avoir des hyperintensités T2/FLAIR à l’IRM, pouvant mimer parfois les
plaques de la SEP. Leur origine peut être difficile à différencier chez un patient
présentant des symptômes non-spécifiques. La localisation des lésions et leur taille
peut permettre de distinguer des lésions non spécifiques à celles reliées à la SEP.
IRM de la moelle peut aider au diagnostic différentiel
o Le vieillissement ne donne pas de lésions dans la moelle cervicale. S’il y a à la fois des
taches blanches dans la moelle cervicale et dans le cerveau, il s’agit d’un bon argument
pour une maladie inflammatoire démyélinisante.
Il existe des critères (Barkhof, McDonald) qui ne sont pas à apprendre pour le cours du
préclinique.
280
B) Potentiels évoqués visuels :
Aident à objectiver des lésions sur le trajet des nerfs optiques.
C) Ponction lombaire :
Changement de la composition du LCR en SEP.
Synthèse d'IgG intra-thécale
o Bandes oligoclonales :
Anticorps de type IgG synthétisés dans le LCR (ne se retrouvent pas dans le
sérum).
On fait une électrophorèse des protéines du LCR et du sérum. S’il y a des
différences entre les deux, on conclue à la présence de bandes oligoclonales
surnuméraires et d’un processus inflammatoire du SNC.
o Dans la SEP, l’index IgG du LCR est augmenté (ratio des IgG du LCR et du sang)
NEU-555 Expliquer le traitement d’une poussée aiguë et énumérer les traitements disponibles
pour la prévention des poussées.
Le traitement d’une poussée peut se faire en externe si les symptômes sont discrets et non
invalidants (ex : une légère faiblesse). On donne de la métyhlprednisolone IV à raison de 1g
par jour pendant 3 à 5 jours consécutifs (ou une dose équivalente de Prednisone oral : 1250
mg po die).
On cherche à initier un traitement de fond (immunomodulateur) tôt dans la maladie.
Il faut aussi considérer les autres sx (infection urinaire, chute, dépression)
281
o Négatif (déficit)
Exemples :
Parésie
Ataxie
Hypoesthésie
Peu/pas de médicaments efficaces
Prise en charge de certains symptômes spécifiques :
o Fatigue :
Fréquent : touche 85-90% des patients
Invalidant : impact fonctionnel 66%
Rechercher autres causes possibles de fatigue :
Trouble du sommeil, dépression
Médicaments (effets secondaires : sédation)
Thyroïde, anémie, foie, surrénales, ménopause/andropause
Approches non pharmacologiques
Médicaments décevants
Amantadine
Stimulants : méthylphénidate, modafinil
Anti-dépresseur : bupropion, ISRS
o Dépression :
50% des patients
Psychothérapie
Médicaments : si possible synergie / effets sur autres symptômes comme la
douleur
o Troubles cognitifs :
Sous-diagnostiqué et précoce le patient adopte des stratégies de
compensation
Aménagement du milieu de travail
Médicaments :
Stimulants ?
Inhibiteurs de l’acétylcholinestérase ? (études avec résultats mitigés)
o Douleur :
50% des patients
Présentation variable
PAS TOUTES NEUROPATHIQUES
Il faut donc bien évaluer le type de douleur avant d’entamer un
traitement
o Spasticité :
Aspects bénéfiques on ne veut pas toujours la traiter car avoir les jambes
spastiques permet à certains patients de se déplacer debout. Si on ramollit les
jambes avec un anti-spastique comme le Baclofen, les jambes sont molles et
les patients peuvent tomber.
o Troubles vésicaux :
Incontinence vs rétention urinaire
Impact variable peut mener à des infections urinaires
Traitement :
Anticholinergique
Parasympathomimétique
Bloqueur alpha-adrénergique
282
o Dysfonction sexuelle :
Si la dysfonction a une origine spinale :
Traitement : inhibiteur PDE-5
o Constipation :
Attention aux laxatifs
Favoriser la prise de fibres avec des liquides
C) Traitement de fond
Traitement précoce important
Applicable à :
o Formes rémittentes
o Forme secondaire progressive précoce (transitionnelle)
o Syndrome clinique isolé
o Forme primaire progressive (un médicament approuvé récemment)
Toujours pas de traitement de fond pour :
o Forme secondaire progressive établie
Options disponibles :
o Immunomodulateurs :
Interféron β (5 formulations)
Acétate de glatiramer (Copaxone)
Fingolimod (Gilenya)
Diméthyle de fumarate (Tecfidera)
Tériflunomide (Aubagio)
Natalizumab (Tysabri)
Alemtuzumab (Lemtrada)
Ocrelizumab (Ocrevus)
Cladribine oral (Mavenclad)
o Immunosuppresseurs
Que font-ils ?
o Diminuent le nombre de poussées
o Diminuent la sévérité des poussées
o Diminuent la « progression de l’incapacité » (accumulation de handicaps suite aux
poussées)
o Diminuent la détérioration à l’IRM
Nouvelles lésions
Progression des lésions existantes
283
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE
RÉFÉRENCES
ÉMOND, F. (2015). Sclérose en plaques : introduction. Québec : cours aux étudiants du pré-clinique
284
Chapitre 11 : L’épilepsie et la perte de conscience
11.1 SCIENCES FONDAMENTALES DANS LA PATHOPHYSIOLOGIE DE L'ÉPILEPSIE
A) Définitions
Crise épileptique :
o Épisode d’excitabilité hypersynchrone et anormale de haute fréquence des
neurones dans le cerveau qui se traduit par un comportement ou une expérience
anormale
o Symptôme qui témoigne d’une fonction cérébrale anormale, propre à la région du
cerveau d’où origine la crise épileptique
o Causes multiples (génétiques, structurelles, métaboliques, inconnues)
Épilepsie :
o Trouble caractérisé par des crises épileptiques récurrentes et non provoquées
Types d’épilepsie :
o Épilepsie focale (partielle) : activité électrique paroxystique anormale survenant
dans une région localisée du cerveau
o Épilepsie généralisée : décharges électriques anormales impliquant le cerveau en
entier
B) Pathophysiologie
Neurone :
o Membranes neuronales normales :
Semi-perméables : elles laissent passer quelques rares substances qui
voyagent principalement par des canaux transmembranaires
2 types de canaux :
Voltage-dépendant (activés par la dépolarisation de la membrane)
Ligand dépendant (activés par la liaison d’un neurotransmetteur à
son récepteur membranaire)
o Membranes neuronales épileptiques :
Hyperexcitables et instables : elles déchargent de façon répétée en réponse à
un stimulus dépolarisant. Le phénomène s’appelle paroxysmal
dépolarisation shift (PDS).
Effet d’entraînement : Les décharges neuronales mènent au recrutement
d’autres neurones environnants, qui en recrutent d’autres et s’étendent,
jusqu’à interrompre l’activité normale de ces neurones.
Neurotransmetteurs :
o Principaux impliqués dans l’épilepsie :
Glutamate (excitateur)
GABA (inhibiteur)
o Dans l’épilepsie, il y aurait un débalancement en faveur de l’excitation (trop
d’excitation ou pas assez d’inhibition)
Activité épileptique :
o 2 phases :
1- Phase d’initiation
285
2- Phase de propagation
286
11.2 Approche clinique de l'épilepsie et des pertes de conscience.
NEU-567 Élaborer un diagnostic différentiel des pertes de conscience selon les éléments
retrouvés à l’histoire et à l’examen physique : épilepsie, neurocardiogénique (syncope
vasovagales, hypersensibilité du sinus carotidien, situationnelle (toux, miction,
défécation)), vol de la sous-clavière, syncope d’origine cardiaque (trouble du rythme,
obstructive (cardiomyopathie hypertrophique, sténose aortique ou pulmonaire, embolie
pulmonaire)), hypotension orthostatique, désordre métabolique (hypoglycémie,
désordres électrolytiques, hypoxémie), psychiatrique (conversion, factice,
hyperventilation)
Cardiogénique :
o Arythmies (bradyarythmies, tachyarythmies)
o Valvulopathies cardiaques
o Infarctus du myocarde
o Embolie pulmonaire
o Dissection aortique
o Tamponnade cardiaque
o Cardiomyopathie hypertrophique
o Insuffisance cardiaque
o Hypertension pulmonaire
Lipothymie (hypotension orthostatique) :
o Trouble du SNA
o Neuropathie diabétique
o Parkinson
o Parkinson atypique (atrophie multisystème, démence à corps de Lewy)
o Médicamenteux (bêta-bloqueurs, diurétiques, alcool)
o Hypovolémie
Métabolique :
o Hypoglycémie (diabète)
o Insuffisance surrénalienne
o Troubles électrolytiques
o Hypoxémie
o Anémie
Neurologique :
o AVC
o Migraine avec aura
o Vol de la sous-clavière, sténose carotidienne, insuffisance vertébro-basilaire
o Épilepsie
o Cataplexie/narcolepsie
Psychiatrique :
o Attaque de panique
o Hyperventilation
o Trouble de conversion
o Trouble factice
Réflexe :
o Vasovagale (chaleur inhabituelle, stress émotionnel)
o Situationnelle (toux, miction, défécation, valsalva)
o Hypersensibilité du sinus carotidien
287
NEU-568 Rechercher à l’histoire et à l’examen physique les symptômes et signes
permettant de distinguer les différentes causes de perte de consciences.
Cardiogénique :
o Douleur thoracique
o Palpitations
o Dyspnée
o Orthopnée, dyspnée paroxystique nocturne
o Œdème des membres inférieurs
Lipothymie (hypotension orthostatique) :
o Survient lorsque le patient se lève debout
Métabolique :
o Diabète : polyurie, polyphagie, polydipsie
o Insuffisance surrénalienne : fatigue, faiblesse musculaire, nausées, vomissements,
douleur abdominale
Neurologique :
o Déficits neurologiques focaux (vertige, diplopie, troubles moteurs, troubles sensitifs,
ataxie, troubles visuels, amaurose fugace)
o Céphalée
o Photophobie, sonophobie, osmophobie
o Nausées, vomissements
o Épilepsie :
Phase pré-ictale : aura, sons inhabituels, sensation de « déjà-vu»,
automatismes moteurs
Phase ictale : convulsions, écume buccale, altération de la conscience,
incontinence, morsure latérale de la langue
Phase post-ictale : confusion, amnésie, paralysie, faiblesse musculaire
Psychiatrique :
o Tachypnée
o Tête légère
o Palpitations
Réflexe :
o Diaphorèse
o Pâleur
o Chaleur
o Nausées, vomissements
o Tête légère
o Faiblesse musculaire
288
11.3 Notions spécifiques sur l'épilepsie
289
NEU-576 Énumérer les étiologies possibles selon l’âge et le type de crise
A) Âge
Très utile de considérer l’étiologie d’une crise convulsive selon l’âge, puisque l’âge est l’un
des facteurs déterminants pour l’incidence et la cause de convulsions ou d’épilepsie
2 pics d’incidence d’épilepsie :
o Enfance Note : Les désordres métaboliques
o Adultes plus âgés (hypoglycmie, hyperglycémie,
Période néonatale : insuffisance rénale, insuffisance
o Encéphalopathie ischémique-hypoxique hépatique) peuvent causer des
o Traumatisme convulsions à n’importe quel âge.
o Infection du SNC
o Anomalies congénitales du SNC
o Troubles métaboliques
o Sevrage de drogues (si la mère consommait des drogues)
o Hypoglycémie
o Hypocalcémie
o Déficience en vitamine B6
o Convulsions bénignes idiopathiques du nouveau-né
Petite enfance :
o Convulsions fébriles
Capsule : Convulsions fébriles
Convulsions associées à une fièvre sans évidence d’infection du SNC
Patients ont souvent une histoire familiale de convulsions fébriles
Surviennent typiquement entre 3 mois et 6 ans
Scénario typique : un enfant fait une crise convulsive tonico-clonique généralisée au cours
d’une maladie fébrile typique de l’enfance (otite, infection respiratoire, gastroentérite)
Convulsions fébriles simples : crise convulsive unique, isolée, brève et symétrique
Convulsions fébriles complexes : un ou plus d’un des 3 critères : plus d’une crise en 24h ; crises
de plus de 15 minutes ; crises avec des symptômes focaux
Fin de l’enfance :
o Plusieurs syndromes épileptiques bien décrits
o Épilepsie du lobe temporal
o Traumatisme crânien
o Infection SNC
o Épilepsie myoclonique juvénile
o Absence juvénile
Adolescence et début de l’âge adulte :
o Période de transition
Syndromes épileptiques génétiques ou idiopathiques deviennent moins
communs
Épilepsie secondaire à des lésions du SNC deviennent plus fréquent
o Traumatisme crânien, infection SNC, tumeur SNC
o Drogues, sevrage alcoolique
290
Adultes plus âgés :
o Maladie cérébrovasculaire (responsable d’environ 50% des nouveaux cas
d’épilepsie chez les plus de 65 ans)
o Tumeur du SNC
o Maladies dégénératives
B) Types de crises
1. Crises focales
Simples VS dyscognitives :
o Crises focales simples : l’état de conscience n’est pas altéré
Ex : un patient a des mouvements convulsifs rythmés de la main gauche
causés par une crise épileptique focale simple dans la région de la main du
cortex moteur droit. Il demeure alerte, parle normalement et se souvient
clairement de l’épisode une fois celui-ci terminé.
Souvent aucun déficit post-ictal
o Crises focales dyscognitives : l’état de conscience est altéré
Probablement dû au fait que l’activité épileptique affecte une région plus
large du cortex ou la partie profonde du tronc cérébrale ainsi que des
régions diencéphaliques
L’altération de l’état de conscience peut être légère ou importante
Le plus souvent dû à une atteinte au niveau du lobe temporal
Types de symptômes possibles :
o Symptômes positifs (ex : mouvements convulsifs de la main)
o Symptômes négatifs (ex : altération du langage)
Souvent présence d’une aura
Manifestations cliniques dépendent de la région anatomique du cerveau touchée par
l’activité épileptique :
o Ex : hallucinations visuelles
Une activité épileptique dans le cortex visuel primaire peut causer des
formes géométriques simples et des éclairs de lumière dans le champ visuel
controlatéral.
Une activité épileptique dans le cortex visuel d’association peut produire des
hallucinations visuelles plus élaborées (visages de personnes, scènes
complexes).
291
Lobe touché Manifestations cliniques Commentaires
Temporal Médial « Papillons dans le ventre » Durée : 1-2
Nausées minutes
« Déjà-vu » Période post-
Peur, panique ictale : amnésie,
Odeur désagréable fatigue, céphalée,
Phénomènes autonomiques (tachycardie, dilatation changements
pupillaire, piloérection, pâleur, etc.) émotifs ou autres
Regard fixé dans le vide sans aucune réaction déficits focaux
Automatismes oro-alimentaires (pourléchage, Cause la plus
mastication, déglutition) fréquente de crise
Gestes automatiques unilatéral ou bilatéral épileptique focale
Dystonie controlatérale avec automatismes dyscognitive
ipsilatéraux
Latéral Vertiges
Perte de l’audition
Hallucinations auditives simples ou élaborées
Aphasie, incapacité de comprendre ce que les gens
disent (si lobe dominant)
Répétition du même mot ou de la même phrase,
hallucinations musicales (si lobe non dominant)
Frontal Convexité Activité clonique/tonique controlatérale (cortex Crises épileptiques
dorsolatérale moteur primaire) souvent brèves
Déviation de la tête, des yeux et du corps vers le côté Période post-
opposé à l’activité épileptique (cortex préfrontal et ictale : retour
frontal eye field) rapide est possible
Aphasie (si lobe dominant) Exacerbation
Région motrice « Posture d’escrime » avec extension du membre nocturne
supplémentaire supérieur controlatéral fréquente
Autres postures toniques
Arrêt du discours
Sons inhabituels
Région Automatismes moteurs élaborés
orbitofrontale Sons inhabituels
et gyrus Changements autonomiques
cingulaire Hallucinations olfactives (cortex orbitofrontal)
Pariétal Vertiges
Paresthésies, brûlements controlatéraux
Sensation de mouvement ou besoin de bouger
Aphasie (si lobe dominant)
Héminégligence controlatérale (si lobe non
dominant)
Occipital Scintillements, éclats de lumières, lumière colorée Crises peuvent être
pulsatile, scotomes, hémianopsie controlatérale précipitées par des
(cortex visuel primaire) changements de
Hallucinations visuelles élaborées (cortex luminosité
d’association temporo-occipital inférieur)
Nystagmus, mouvements brusques des paupières
Clignement des yeux
292
2. Crises généralisées
Crise généralisée la plus fréquente : crise tonico-clonique (grand mal)
o Peut être généralisée dès le départ ou débuter par une crise focale qui se
généralisera par la suite
o Débute typiquement par une phase tonique :
Perte de conscience
Contraction généralisée de tous les muscles qui dure 10 à 15 secondes
Résulte souvent en une extension crispée des extrémités
Le patient peut tomber au sol « comme un arbre » et se blesser
Il peut émettre un souffle expiratoire ou un gémissement qui témoigne du
passage forcé de l’air à travers la glotte fermée
o Suivie d’une phase clonique :
Contractions saccadées rythmiques bilatérales des extrémités
habituellement en flexion
Elles diminuent lentement, pour finalement cesser
Phénomènes fréquents : incontinence urinaire, morsure de la langue, écume
à la bouche, cyanose
Symptômes autonomiques (tachycardie, hypertension, hyper salivation,
dilatation pupillaire)
Durée : 30 secondes à 2 minutes
Période post-ictale :
Patient est allongé de façon immobile, flaccide, sans réaction, les
yeux fermés
Il respire profondément pour compenser l’acidose mixte
(respiratoire et métabolique) causée par la crise
Il commence à bouger et à réagir quelques minutes après la crise
Déficits post-ictaux peuvent durer quelques minutes à quelques
heures : fatigue profonde, confusion, amnésie, céphalée, etc.
Crises généralisées d’absence typique (petit mal) :
o Épisodes brefs d’une dizaine de secondes pendant lesquels le patient n’a aucune
réaction et fixe son regard dans le vide. Mouvements des paupières ou pourléchage
possibles
o Période post-ictale :
Aucun déficit
Le patient ne se souvient pas de ce qui s’est passé autour de lui durant la
crise épileptique
o Peuvent être provoquées par l’hyperventilation, des lumières stroboscopiques ou
un manque de sommeil
o Plus fréquent chez les enfants
Peuvent se produire plusieurs fois par jour et mener à une performance
scolaire médiocre
70 à 80% des enfants avec ce type de crises épileptiques s’en remettent
spontanément
« Status epilepticus » :
o Définition : lorsque des crises épileptiques se produisent de façon continue pour
plus de 5 minutes ou répétitive (au moins 2 épisodes dans retour à un état de
conscience normal entre les épisodes).
o Status epilepticus d’une crise généralisée tonico-clonique : urgence médicale
293
NEU-577 Définir et identifier une aura épileptique
Définition :
o Sensation qui accompagne le début d’une crise et reflète la fonction de la zone
corticale impliquée dans le foyer épileptique
o Peuvent se produire de façon isolée (crise partielle simple) ou agir à titre
d’avertissement qu’une crise épileptique généralisée s’en vient
o Les patients avec des crises épileptiques originant des structures limbiques
temporo-médiales rapportent souvent une aura.
Types d’aura épileptique :
o Sensation viscérale dans la région épigastrique (parfois accompagné de nausée et de
vomissements)
o Sensation psychique (peur, angoisse, mal-être indéfini, nervosité)
o Sensations auditives, visuelles, gustatives ou olfactives
o Sentiment de « déjà-vu »
294
NEU-579 Déterminer l’investigation d’une première convulsion
Initialement, le but est de distinguer une cause neurologique (épilepsie) d'une cause
cardiaque (syncope).
Le point de départ de l’évaluation est un interrogatoire minutieux.
A) Histoire :
VERRET,L. (2013). Formation continue, L’épilepsie à travers les âges, consulté en juillet 2017.
B) Examen physique :
Sera guidé par les données de l’interrogatoire
Recherche d’une cause cardiogénique :
o TA aux deux bras (vol de la sous-clavière ?)
o TA couchée et debout (hypotension orthostatique ?)
o Auscultation du cœur et des artères cervicales
o Surveillance du rythme cardiaque (recherche d’arythmie)
Recherche de causes neurologiques :
o Signes d’un accident neurologique récent ou ancien (hémiparésie, aphasie)
o Signes d’une infection du système nerveux (méningisme, fièvre)
o Signes d’hypertension intracrânienne (œdème papillaire, parésie du VIe nerf crânien)
295
C) EEG :
Chez une 1re convulsion non provoquée, des études ont prouvé que l'EEG était probablement
utile.
Permet de confirmer le diagnostic et aide à définir le type de crise.
EEG normal n'exclut pas l'épilepsie, et des anomalies minimes et non spécifiques ne
confirment pas le diagnostic.
D) Imagerie cérébrale
Elle est essentielle dans évaluation initiale d'une première convulsion.
Elle permet de déterminer la cause de l’épilepsie et des convulsions tout en permettant
d’éliminer les causes les plus graves.
IRM
o Examen de 1er choix s'il est accessible
o Avantage :
Plus sensible que le TDM pour la détection de certaines lésions.
Meilleure résolution
Met en évidence des étiologies plus subtiles (Ex : Sclérose mésio-temporale)
Représente une perte neuronale avec remplacement des neurones
disparus par des cellules de soutien (cellules gliales)
o Désavantage :
Dispendieuse
Délai d’obtention plus long
TDM :
o Demeure un examen de dépistage utile et fort acceptable dans un premier temps, à
défaut d'IRM
o Permet d’éliminer les tumeurs et les malformations veineuses et artérielles de même
que les abcès
SPECT : Single Photon Emission Computed Tomography
PET : Positron Emission Tomography
F) Autres :
Ponction lombaire : À moins d'un contexte clinique particulier (fièvre, méningisme), ponction
lombaire systématique n'est absolument PAS indiquée pour une 1ère crise.
Dépistage toxicologique : Peut être utile dans certaines circonstances.
296
NEU-580 Expliquer le traitement de l’épileptique au moment de la crise, le traitement de
la cause si possible et le traitement préventif des crises épileptiques à l’aide
d’anticonvulsivants
297
Monothérapie #2 :
o Remplacer le premier anticonvulsivant par un autre type si :
Contrôle inadéquat
Apparition d’effets secondaires importants
Thérapie combinée :
o Si les deux premières monothérapies n’ont pas fonctionné.
Partielle Généralisée
Simple Complexe Tonico- Absence Status Mécanismes
clonique epilepticus
Ethosuximide [X]* Blocage des canaux
calciques type-T
Benzodiazepine [X]** Stimulation des
récepteurs GABA
Phénobarbital [X] [X] [X] Stimulation des
récepteurs GABA
Phénytoin [X] [X] [X]* [X]*** Blocage des canaux
sodiques
Carbamazepine [X]* [X]* [X] Blocage des canaux
sodiques
Acide valproïque [X] [X] [X]* [X] Augmentation de la
disponibilité du
GABA et blocage des
canaux sodiques
Vigabatrin [X] [X] Augmentation de la
disponibilité du
GABA
Gabapentin [X] [X] Blocage des canaux
calciques
Topiramate [X] [X] [X] Blocage des canaux
sodiques et
Stimulation des
récepteurs GABA
Lamotrigine [X] [X] [X] Blocage des canaux
sodiques
Levetiracetam [X] [X] [X] Récepteur SV2A
Tiagabine [X] [X] Augmentation de la
disponibilité du
GABA
* : 1ère ligne
** : 1ère ligne en aigue
*** : 1ère ligne en prophylaxie
298
NEU-581 Énumérer les principaux mécanismes d’action des anticonvulsivants
Généralité :
o Existe une vaste panoplie d’agents anti-épileptique dont le mode d’action est
différent.
o Spectre d’action des agents-épileptiques est également différent d’un agent à l’autre.
Mécanismes d’action : (voir tableau ci-haut)
o Blocage des canaux sodiques
o Blocage des canaux calciques
o Stimulation des récepteurs GABA
o Augmentation de la disponibilité du GABA
o Blocage des canaux glutaminergiques AMPA
o Blocage des canaux potassiques
Il faut considérer les traitements chirurgicaux lors d’épilepsie réfractaires aux traitements
pharmacologiques, c’est-à-dire un contrôle sous-optimal des crises malgré l’utilisation
continue d’au moins 2 médicaments, seul ou en combinaison.
2 types :
o Chirurgies d’exérèse :
Consistent à retirer le foyer épileptique (tumeur cérébrale, abcès cérébral,
malformation artério-veineuse, dysplasie corticale, etc.)
o Chirurgies de déconnexion :
Consistent à prévenir la généralisation des crises convulsives à l’ensemble
du cortex. Les chirurgies de déconnexion incluent la trans-section corticale
et la callosotomie.
299
MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE :
RÉFÉRENCES :
BLUMENFELD (2010). Neuroanatomy through clinical cases. Massachussetts : Sinauer Associates, Inc.
Publishers (2th édition), 1006 p.
LONGO, D. L. et al. (2012). Harisson’s principles of internal medicine. Toronto : McGraw-Hill Medical
(18th edition), 4012 p.
TAO LE et al (2016), USMLE STEP 1, New York : Mc Graw Hill education, 761 p.
BENJAMIN, I. (2016). Andreoli and Carpenter's Cecil essentials of medicine. Philadelphia : Elservier
Saunders (9th edition), 1190 p.
VERRET, L. (2013). Formation continue, L’épilepsie à travers les âges, consulté en juillet 2017.
300
Chapitre 12 : Tests diagnostiques en neurologie
1. Techniques donnant des informations physiologiques
A) Électroencéphalogramme (EEG) :
Définition :
o Examen non invasif qui donne des informations sur l’activité électrique du cerveau.
Méthode :
o Présence d’une série d’électrodes positionnées sur le cuir chevelu du patient à des
endroits prédéterminés.
o Les différences de potentiel électrique entre les électrodes sont mesurées, analysées
par ordinateur et retranscrites sous forme d’un tracé nommé
électroencéphalogramme.
o Les caractéristiques du tracé EEG normal varient selon :
Yeux du patient sont ouverts ou fermés
État d’éveil
Âge
Indications :
o Épilepsie (SURTOUT)
o Altération de l’état de conscience, coma
o Comportement anormal récent
o Encéphalopathie
o Encéphalite
o Trouble du sommeil
o Mort cérébrale
[Link]
301
o Polyneuropathies
Puisqu’il y une prédominance et une précocité d’apparition des symptômes
sensitifs par rapports aux symptômes moteurs, l’ECN serait plus utile.
La plupart des polyneuropathies sont axonales (diabète, alcool, etc.); les
causes démyélinisantes sont plus rares (syndrome de Charcot-Marie-Tooth,
syndrome de Guillain-Barré, etc.).
o Myopathies
Une atteinte des muscles peut démontrer à l’EMG à l’aiguille des potentiels de
petite amplitude avec recrutement précoce.
o Désordre de la jonction neuro-musculaire
Enregistrement de conductions motrices après stimulation répétée ou après
un effort
Des stimulations répétitives à faible ou à haute fréquence peuvent mettre en
évidence un désordre pré-synaptique (syndrome myasthénique de Lambert-
Eaton) ou post-synaptique (myasthénie grave) de la jonction
neuromusculaire.
302
Quelques trouvailles à l’EMG selon le type d’atteinte
EMG normal
Au repos : aucune activité électrique.
À l’effort : unités motrices de 2 à 3 phases; plus la contraction musculaire est forte, plus le
nombre d’unités motrices recrutées augmente.
EMG anormal
En phase aigüe : présence de fibrillations au repos
En phase subaigüe : unités motrices polyphasiques de durée
Profil dit augmentée secondairement à la réinnervation progressive des
‘neuropathique’ unités motrices lésées par les axones sains
(atteinte du nerf) En phase chronique : les potentiels tendent à redevenir plus
simples mais possèdent une grande amplitude. Le recrutement
demeure pauvre à l’effort mais les potentiels sont géants.
Unités motrices parfois polyphasiques mais de courte durée et
Profil dit ‘myopathique’
de petite amplitude. Recrutement précoce : plein de petites
(atteinte du muscle)
unités motrices déchargent pour un effort léger
Ex : Réinervation sub-aigue, potentiels polyphasiques
[Link]
mme-emg-definition-fonctionnement-et-risques-de-
cet-examen-neurologique_art39336.html
Collection personnelle, Dr Brunet, HEJ
303
o Généralement, on stimule un nerf mixte.
Exemple : nerf médian (moteur et sensitif)
On enregistre la réponse motrice en enregistrant la dépolarisation du
muscle par une électrode collée sur le ventre du muscle
- Calcul du temps entre la stimulation (décharge) et la dépolarisation
du muscle
On enregistre la réponse sensitive par des électrodes autour du doigt
- Elles captent l’influx nerveux dans les branches nerveuses
directement sous la peau
Trouvailles à l’ECN
Conduction motrice anormale
Neuropathie Perte modérée à sévère des amplitudes motrices et sensitives
axonale Vitesse de conduction légèrement ralentie
Perte modérée à sévère des amplitudes motrices et sensitives
CONDUCTION MOTRICE NORMALE
Neuropathie
également, mais présence de dispersion; perte d’amplitude
pire lorsque la stimulation se fait proximalement à la lésion
démyélinisante
Collection personnelle, D Brunet
démyélinisante (bloc de conduction)
Vitesse de conduction très ralentie
Conduction motrice normale NEUROPATHIE DÉMYÉLINISANTE,BLOC MOTEUR
Collection personnelle, D Brunet
Neuropathie démyélinisante : Bloc de conduction
[Link]
304
2. Ponction lombaire
A) Définition :
La ponction lombaire est un examen médical consistant à recueillir du liquide
céphalorachidien par une ponction dans le dos, entre deux vertèbres.
Utilité :
o Mesurer la pression intracrânienne par l’utilisation d'un manomètre
Valeur normale : moins de 20 cmH20
La technique est fiable si le patient est en position couché sur le côté et
détendu, puisque la position assise implique la pression de toute la colonne
de LCR.
Prendre la première pression, soit celle d'ouverture.
o Analyse du liquide céphalorachidien :
Examen direct
Décompte cellulaire (GB) et types cellulaires
Protéines
Glucose
Coloration de Gram
Culture
Cytologie (carcinomatose méningée
Bandes oligoclonales
B) Méthode :
Le patient est assis ou couché sur le côté.
Se fait sous asepsie et anesthésie locale
Avec une aiguille, on fait une ponction au niveau de L3-L4 ou L4-L5, donc au niveau de la
queue de cheval et plus précisément au niveau de la citerne lombaire. Les racines nerveuses
de la queue de cheval sont habituellement déplacées sans dommage.
Il se peut qu’on touche à une racine et que le patient ressente des engourdissements.
[Link]
C) Indications :
Analyse du LCR :
o Méningite
o Sclérose en plaques
o Carcinomatose méningée (métastases dans le LCR)
o Hémorragie sous-arachnoïdienne
o Guillain-Barré (dissociation albumino-cytologique)
Mesure de la pression du LCR
o Céphalées
o Papilloedème
Enlever du LCR s’il y en a trop (ex : peut améliorer les symptômes dans l’hydrocéphalie)
Introduire des médicaments (antibiotiques, chimiothérapie)
Introduire des produits de contraste (myélographie)
305
D) Contre-indications :
Hypertension intracrânienne (HTIC)
o Définition :
L’hypertension intracrânienne est un syndrome clinique qui consiste en
l’augmentation de volume d’au moins un des 3 compartiments
physiologiques suivants :
Parenchyme cérébral (ex : tumeur)
Volume sanguin (ex : hématome)
Liquide céphalorachidien (ex : hydrocéphalie)
Il y a donc un risque d’engagement (transfert du contenu cérébral d’une
région à haute pression à une région à basse pression, soit dans la portion
haute de la moelle épinière, à travers le foramen magnum).
o Symptômes :
Pupilles inégales
Papilloedème
Signe de latéralisation
Inconscience
o Afin d’éviter un engagement, il faut faire un TDM avant la ponction lombaire dans
certaines situations où on a des indices d’HTIC :
o Papilloedème
o Signes focaux
o Inconscience
o Immunosuppression
o Contre-indication ABSOLUE à la ponction lombaire.
Troubles de la coagulation
o Risque d’hématome épidural qui pourrait comprimer la queue de cheval
o Thrombopénie < 40 000 ou anticoagulation
Infection au site de ponction
A) Tomodensitométrie (TDM)
Définition :
o L’appareil est constitué d’un scanner en forme d’anneau et d’une table mobile sur
laquelle le patient se positionne.
o Il exsite plusieurs dénominations dont la popularité varie essentiellement selon le
milieu de pratique : tomodensitométrie (TDM), TACO, CAT-scan, CT-scan, scan, etc.
Méthode :
o Reconstruction d’images par rayons X permettant de voir les tissus mous (cerveau)
et non seulement les os.
o Il est possible de faire une injection d’un agent de contraste iodé pour mieux
visualiser les vaisseaux/tumeurs/infections.
Une acquisition précise pour les vaisseaux sanguins s’appelle une angio-TDM
(cet examen est de plus en plus utilisé pour l’AVC aigu dans le contexte de la
thrombectomie – expression qui veut dire retirer le caillot mécaniquement –
lorsqu’un caillot se situe dans une artère intracrânienne).
Attention si allergie ou insuffisance rénale
306
Avantages vs désavantages :
o Avantages :
Rapide (quelques secondes)
Permet de bien voir les saignements aigus
o Désavantages
Forte dose de radiation
Attention aux examens récurrents chez les jeunes
Certaines structures osseuses font des artéfacts et peuvent donc nuire à la
qualité de l’image (ex : cervelet).
Indications :
o Altération aiguë de l’état de conscience
o Trouvailles neurologiques focales
o Traumatisme crânio-cérébral ou médullaire aigu
o Hémorragies cérébrales suspectées (effectuer l’examen sans contraste)
o Accidents vasculaires cérébraux ischémiques suspectés
o Avant de procéder à une ponction lombaire chez un patient avec hypertension
intracranienne
307
Indications :
o Utiles pour une panoplie de lésions
o Surtout indiquée lorsqu’une image précise des tissus nerveux est nécessaire :
Tumeurs cérébrales
Processus démyélinisant
Hémorragies non aïgues
Contre-indications :
o Pacemaker (les modèles récents sont compatibles), objet métallique
Angio-IRM
ferromagnétique, anciennes valves et clips
o Pas de gadolinium si insuffisance rénale sévère
Angio-IRM
C) Angiographie
Définition :
o Méthode d’imagerie qui a pour but d’étudier la vascularisation du cerveau.
o Souvent appelée : angiographie conventionnelle
Méthode :
o Cathéter introduit dans une artère (souvent fémorale) dirigé jusque dans la carotide
ou l’artère vertébrale afin d’y injecter de l’iode. Des films radiologiques sont ensuite
• Détection d’anévrismes, thrombose artérielle ou
pris pour pouvoir étudier l’anatomie artérielle.
o Il existe également des techniques d’angiographie non-invasives, effectuées par TDM
veineuse, dissections artérielles…
et IRM (angio-TDM et angio-IRM).
Avantages et désavantages:
o Avantages :
Excellente visualisation
Permet de voir les artères même si le flot est réduit (alors que les vaisseaux
semblent thrombosés dans l’angio-TDM)
Permet de voir les irrégularités des petits vaisseaux (vasculites, fistules
durales)
o Désavantages :
Techniques invasives
Complications possibles :
Hématome local
Traumatisme artériel (dissection, perforation)
Thrombose ou embolie à partir du cathéter AVC
308
Nouveaux développements en thérapie endo-vasculaire (angio-intervention) :
o Thrombolyse intra-artérielle
o Thrombectomie mécanique
o Dilatation par ballonnet des sténoses et mise en place de tuteurs (stent)
o Oblitération par filaments de platine d’anévrisme
Angiographie cérébrale
309
ECHO
Collection personnelle, D Brunet, HEJ
310
RÉFÉRENCES :
BLUMENFELD, Hal. Neuroanatomy through clinical cases, 2nd edition, Sunderland, Sinauer, 2010.
BRUNET, Denis. Méthodes d’investigation clinique. Notes de cours MED-1220, Université Laval,
Québec, 2015.
DUPRÉ, Nicolas. Les paresthésies d’origine périphérique. Présentation PowerPoint pour la FMOQ.
FAUCI et al. Harrison’s principles of internal medicine, 17th edition, New York, McGraw-Hill, 2008.
311