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Narratologie et Discours du Récit

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NARRATOLOGIE

Historique

Dans “Discours du récit“, publié en 1972 dans Figures III, dans Nouveau
Discours du récit, de 1983, et dans toute une série d’autres livres portant
sur des points particuliers, Genette éclaircit et élabore une terminologie
devenue universelle pour décrire le fonctionnement du récit. Et c’est
surtout dans «Discours du récit» (Figures III), que Gérard Genette, a fondé
sa narratologie sur la distinction entre l’histoire (la succession
d’événements qui est rapportée par le récit), le récit (l’énoncé narratif, le
discours oral ou écrit qui assume la relation d’un événement ou d’une
série d’événements) et la narration (l’acte de narrer pris en lui-même, et
par extension la situation dans laquelle il prend place). Et l’objet spécifique
de cette narratologie, c’est le récit, le niveau qui seul «s’offre directement
à l’analyse textuelle», celui à partir duquel les deux autres peuvent être
envisagés.

RECIT

Les origines du récit remontent depuis l’histoire de l’humanité,


finition

Un texte narratif (ou récit) est une histoire, réelle ou fictive, racontée par
un narrateur à la 1re ou 3e personne, selon qu’il est impliqué ou non dans
l’histoire. Il se déroule dans l’ordre de la narration. Il peut s'agir d'un récit
d’aventures, d’un récit historique, d’un récit merveilleux, etc.

[ ] Comment identifier un texte narratif ?


Selon l’importance qu’occupe le concept « récit » Genette lui donne, trois
définitions (1972) :

1. Dans un premier sens, le terme récit désigne l’énoncé narratif, le


discours oral ou écrit qui assume la relation d’un événement ou
d’une série d’événements.

2. Dans un second sens, le mot récit désigne la succession


d’événements réels ou fictifs qui font l’objet de ce discours et leurs
diverses relations d’enchainement, d’opposition, de répétition.

3. Troisièmement, le mot récit désigne encore un événement : non plus


toutefois celui que l’on raconte, mais celui qui consiste en ce que
quelqu’un raconte quelque chose : l’acte de narrer en lui-même.

Définition :

-On definira sans dilficultc lc rccit comme la representation d’un


evenement ou

D’une suite d’événements. Reels ou fictifs, par le moyen du langage.


(Genette,1969 : 49).

- L’idee d’action ou d’evenement [… ] reste au centre de cette


definition [du recit].(Combe, 1990 : 165)

Narrativité et ses marques linguistiques

Un texte narratif décrit une succession de faits qui s’enchaînent. Il est


caractérisé par des verbes d’action et de mouvement qui indiquent la
progression de l’histoire, à laquelle participent un ou des personnages. Le
narrateur peut, aussi, être un personnage de l’histoire qu’il raconte.
La narration se déroule en un temps donné et en un lieu donné.
Les compléments circonstanciels de lieu et de temps sont donc souvent
employés pour définir le cadre spatio-temporel de l’action. Le temps des
verbes suffit parfois à suggérer la durée.

Remarque : lorsque les verbes d’un texte narratif sont conjugués au passé
simple, il s’agit d’un récit ; mais tout récit n’est pas obligatoirement narré
au passé simple. Le point de vue dans un récit

Les instances narratives donnent des perspectives différentes, de trois


types : auctoriel (narrateur) ; actoriel (personnage) ; et neutre (focalisation
d’une caméra) thèse instances narratives

VOIX NARRATIVES

Un personnage doit avoir un nom propre, double si possible : nom tic


famille et prenom. 11 doit avoir des parents, une heredite. II doit avoir une
profession. S’ il a des biens, cela n’en vaudra que mieux. Enfin il doit
posseder un «caractere », un visage qui le reflete, un passe qui a modele
celui-ci et celui-la. Son caractere dicte ses actions, le fait reagir de facon
determinee a chaque evenement. Son caractere permet au lecteur de le
juger, de I’ aimer, de le hall’.C’ est grace ace caractere qu’ il leguera un
jour son nom a un type humain, qui attendait, dirait-on, la consecration de
ce bapteme. (Robbe-Grillet, 1963 : 27)

1 : Narrateur

Définition ; Selon C. Tisset c’est «la voix scripturale que le lecteur entend
conter une

Histoire. Cette voix textuelle n’est pas celle de l’auteur car elle appartient
à la fiction (Carole TISSET, P. 9)

Selon PATRON Sylvie : « le narrateur est une voix et puisque c’est une
voix ; il parle ; affirmer que personne ne parle dans un récit, C’est par
conséquent être sourd ; personnellement, quand je lis un récit. J’entends
quelqu’un me parler.» PATRON Sylvie, [Link]., p. 13
- Narrateur hétérodiégétique : Selon

Francis Berthelot dans Parole et dialogue dans le roman : «La situation la


plus simple est celle où la narrateur n’apparaît comme un personnage

Caractérisé, mais comme l’invisible énonciateur d’une parole écrite, à


savoir le texte romanesque lui-même. Sa parole devient alors, à l’intérieur
du

Roman, le niveau de référence du discours». (BERTHELOT, Parole et


dialogue dans le roman, Paris, Nathan, 2001, P. 117)

SelonJean-François JEANDILLOU : « Seule la troisième personne qui est


alors utilisée puisqu’il y a hétérogénéité absolue entre l’instance narrative
et l’univers représenté»

(JEANDILLOU, L’analyse textuelle, Paris, A. Colin, 1997, P. 165)

- Narrateur homodiégétique : Selon la définition de F. Berthelot :


«Lorsque le narrateur se trouve

Etre un des personnages de l’histoire, le problème de sa parole se pose de


manière plus aiguë, puisqu’il exprime à deux niveaux : écrit en tant
quenarrateur, et oral en tant que personnage. Une certaine cohérence doit
être assurée entre ces deux niveaux» (Francis BERTHELOT, P. 12)

- Narrateur autodiégétique : selon Francis BERTHELOT, «Lorsque le


narrateur est le héros de l’histoire qu’il raconte – cas particulier
précédent – le problème de la correspondance entre son langage en
tant que narrateur et ses propos en tant que personnage apparaît de
façon plus nette encore. Puisqu’il est constamment amené à
retransmettre ses propos paroles au lecteur»(BERTHELOT, P. 126)

Changement du narrateur

F. Berthelot à écrire : «[…], on trouve dans de nombreux des changements


de narrateur, ou même de mode de narration, d’une partie à une autre,
d’un chapitre à un autre, voire à l’intérieur d’un même chapitre. En
montrant événements et situations sous des éclairages différents, ils
permettent de relativiser le point de vue de ceux qui les rapportent, en les
éclairant eux-mêmes de façon indirecte.» BERTHELOT, P. 130)

Comment repérer les voix narratives :

Marques de la subjectivité du narrateur

La subjectivité du narrateur se manifeste dans la narration selon la


perspective et le mode choisi. Dans le mode de narrer, le narrateur peut
intervenir directement dans la narration en prenant d’autres fonctions
complémentaires et plus variées. Le narrateur possède deux fonctions
obligatoires selon le point de vue d’Yves Reuter : «[…], la fonction
narrative(il raconte et évoque un monde) et la fonction de régie ou de
contrôle (il organise le discours dans lequel il insère les paroles des
personnages)».

(REUTER, Introduction à l’analyse du roman, Paris, Dunod, 1996, P. 64)

a- Fonction metanaŕative : Elle est illustrée par «un discours en


quelque sorte métalinguistique» (Gérard GENETTE, Figures III, Paris,
Seuil, 1972, P. 261)

Yves Reuter : «La fonction métanarrative consiste à commenter le texte et


àsignaler son organisation interne (c’est une fonction de régie explicite,
[…])» Yves REUTER, [Link]., P. 64

La fonction testimoniale ou modalisante : Selon Yves Reuter : «La fonction


testimoniale exprime le rapport que le narrateur entretient avec l’histoire
qu’il raconte. Elle peut être centrée sur l’attestation […], sur l’émotion […],
ou encore sur l’évaluation […]» Yves REUTER, [Link]., P. 64

Mais sur le plan évaluatif, la fonction testimoniale pourrait être

Illustrée par des adjectifs épithètes, des commentaires ou des


comparaisons.

Fonction explicative : selon Yves Reuter : «La fonction explicative consiste


à donner au
Narrateur des éléments jugés nécessaires pour comprendre l’histoire»
Yves REUTER, [Link]., P. 65.

La fonction généralisante ou idéologique : Yves Reuter veut affirmer


lorsqu’il dit que : «La fonction généralisant ou idéologique se situe dans
des fragments de discours plus abstraits ou didactiques, qui proposent des
jugements plus généraux sur le monde, la société, les hommes, …» Yves
REUTER, [Link]., P. 65.

2- Narrataire

Définition

G. Genette dans Figures III affirme : «Comme le narrateur, le narrataire est


un des éléments de la situation narrative, et il se place nécessairement au
même niveau diégétique ; c’est-à-dire qu’il ne se confond pas plus a priori
avec le lecteur (même virtuel) que le narrateur ne se confond
nécessairement avec l’auteur» GENETTE, [Link]., P. 265

Le narrateur peut s’adresser à son narrataire employant tous les types des
modalités d’énonciation puisque le texte dénote une véritable
conversation. Voyons quelques exemples relatifs aux différentes modalités
d’énonciation.

Quelques modalités

Modalités déclarative, interrogations, injonctive, exclamative.

3- Focalisation ou Perspectives narratives

Pour rapporter une histoire, le narrateur peut se placer à l’extérieur de la


scène. Le lecteur ne dispose alors que d’un foyer de perception restreint,
limité aux dialogues, aux faits et gestes des personnages : la narration est
neutre et objective. On parle alors de focalisation externe.

Si le narrateur rapporte la scène à travers les yeux d’un personnage (ou


de lui-même s’il est impliqué dans l’histoire), il s’agit d’une focalisation
interne (narration à la 1re personne).
Si le narrateur donne une vision complète des personnages et de la
situation – son point de vue est omniscient –, on parle de focalisation zéro.
La narration est alors riche en explications psychologiques et en détails
sur les événements antérieurs ou sur ceux qui se produisent dans des
lieux différents.

Attention ! Un texte peut combiner différents points de vue.

La focalisation est un point de vue adopté par l’auteur dans le conduit de


son récit ; la perspective de l’histoire dépend du narrateur choisi par
l’auteur. Le narrateur externe, le narrateur témoin, et le narrateur interne ;
ne se place pas au même endroit, ne voient pas les mêmes choses, et ne
partagent pas la même attitude face à ce qu’ils racontent, alors nous

Pouvons distinguer trois points de vue narratifs « focalisation »,


conceptualises par le théoricien de la littérature GENETTE Gérard la
focalisation interne et la focalisation omnisciente, la focalisation externe.

Selon GENETTE : « Pour éviter ce que le terme de vision, de champ, et


point de vue ont de trop spécifiquement visuel, je rependrai ici le terme un
plus abstrait de focalisation, qui répond d’ailleurs à l’expression de Brook
et Warren : (focus of narration).». GENETTE Gérard, Figure III, [Link]., p.
206

TEMPORALITÉ

Ordre du recit

Étudier l’ordre temporel d’un récit, résume Genette (1972, 78-79),


Bibliographie

- TISSET Carole, Analyse linguistique de la narration, Paris, Sedes,


2000.

- Francis BERTHELOT, Parole et dialogue dans le roman, Paris, Nathan,


2001.

- Jean-François JEANDILLOU, L’analyse textuelle, Paris, A. Colin, 1997.

- Yves REUTER, Introduction à l’analyse du roman, Paris, Dunod, 1996.

- Gérard GENETTE, Figures III, Paris, Seuil, 1972


DUCROT Oswald, Le dire et le dit, Paris, Minuit, 1984

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