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Abolition des châtiments corporels enfants

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Abolition des châtiments

Abolition des châtiments corporels des enfants


corporels des enfants
Questions et réponses

CONSTRUIRE UNE EUROPE POUR ET AVEC LES ENFANTS


Pourquoi interdire légalement le fait de frapper un enfant pour le discipliner? De quel droit l’Etat s’ingère-t-il dans
l’éducation des enfants? Comment peut-on amener la population à adopter une démarche parentale positive et non
Questions et réponses
violente? Ces questions et bien d’autres sont abordées dans cette brochure destinée aux parents, aux responsables
politiques, aux juristes, aux défenseurs et aux professionnels de l’enfance, en bref à tous ceux qu’intéresse le
bien-être des enfants.

Divisée en quatre grandes parties, la brochure définit ce que sont les châtiments corporels, présente des arguments
– fondés sur le droit international – en faveur de leur abolition, étudie comment arriver à l’abolition et démonte les
mythes et craintes populaires qui entourent cette question. Quand on punit physiquement un enfant, on commet un
acte de violence et une violation de ses droits fondamentaux. Tous les pays d’Europe sont légalement tenus de rejoindre
les 17 nations européennes qui ont déjà adopté l’interdiction totale des châtiments corporels.

[Link]

Le Conseil de l’Europe regroupe aujourd’hui 47 Etats membres, soit la quasi-totalité des pays du continent européen. Son
objectif est de créer un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des Droits
de l’Homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu. Créé en 1949, au lendemain de la seconde guerre
mondiale, le Conseil de l’Europe est le symbole historique de la réconciliation.

ISBN 978-92-871-6309-7

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Editions du Conseil de l’Europe
12€/18$US
L’abolition des châtiments
corporels à l'encontre
des enfants

Questions et réponses

«Construire une Europe pour et avec les enfants»


[Link]/children

Editions du Conseil de l'Europe


1
Sommaire

Edition anglaise
Introduction ............................................................................................................................................................................................. 5
Abolishing corporal punishment of children
Questions and answers
ISBN 978-92-871-6310-3
1. Qu’est-ce qu’un châtiment corporel?....................................................................... 7

Tous droits réservés. Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit, enregistré ou
2. Pourquoi faut-il abolir les châtiments corporels? .................... 9
transmis, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit – électronique (CD-Rom, internet,
etc.), mécanique, photocopie, enregistrement ou de toute autre manière – sans l’autorisation
préalable écrite de la Division des éditions, Direction de la communication et de la recherche.
3. Comment parvenir à l'abolition? .................................................................................. 19

4. Questions, réponses et arguments ......................................


Cette brochure a été imprimée grâce à l’aide généreuse du Gouvernement de contre les idées reçues ................................................................................................................................ 31
Finlande.

Notes.................................................................................................................................................................................................................... 43
Couverture et mise en page: Service de la production des documents et des
publications, Conseil de l’Europe
Illustrations: Gabriel Pagonis, © Conseil de l'Europe En savoir plus .................................................................................................................................................................................. 45

Editions du Conseil de l’Europe


F-67075 Strasbourg Cedex
[Link]

ISBN 978-92-871-6309-7
© Conseil de l’Europe, décembre 2007 3
2
Imprimé en France
Introduction

Le Conseil de l'Europe, qui a milité constamment pour éliminer la peine de


mort en Europe, poursuit aussi sa vision d’un continent dont sont bannis tous
les châtiments corporels. On ne frappe pas une personne! Et que sont les
enfants sinon des personnes?
Les enfants ont, au même titre que les adultes, le droit au respect de leur
dignité humaine et de leur intégrité physique, et à la protection de la loi. En
vertu des instruments internationaux et régionaux de droits de l'homme, les
47 Etats membres du Conseil de l'Europe ont l’obligation impérieuse de réformer
leur législation et de prendre des mesures éducatives et autres pour interdire
et éliminer tous les châtiments corporels infligés aux enfants.
En 2006, cet objectif est devenu planétaire. L’Etude du Secrétaire général des
Nations Unies sur la violence contre les enfants, dans un rapport soumis à
l’Assemblée générale de l’ONU, a fixé 2009 comme date butoir pour réaliser
l’abolition universelle.
L’Europe a bien avancé: en octobre 2007, plus d’un tiers des Etats membres
avaient aboli les châtiments corporels, et huit autres au moins s’étaient
engagés à effectuer une réforme complète.

4 5
Les enfants ne sont pas des mini-êtres humains dotés de minidroits.
1. Qu’est-ce qu’un châtiment
corporel?

On peut définir le châtiment corporel comme un acte commis pour punir un


enfant qui, s’il était infligé à un adulte, constituerait une agression illégale.
Les adultes ont le génie d’inventer des mots particuliers qui les font se sentir
moins coupables lorsqu’ils frappent les enfants – smacking, spanking, donner
des fessées, picchiare, dar un azote. Mais le fait est que, pour l’enfant, tout
cela n’est que violence.
Le Comité des droits de l’enfant, organe de contrôle de la Convention des
Nations Unies relative aux droits de l'enfant, a souligné que les droits de
l'homme exigent l’élimination de tout châtiment corporel, même léger, et de
tout autre châtiment cruel et dégradant. Dans une observation générale
parue en 2006, le comité définit les châtiments corporels ou physiques de la
manière suivante:
«tout châtiment impliquant l’usage ou la force physique et visant à
infliger un certain degré de douleur ou de désagrément, aussi léger
soit-il. La plupart de ces châtiments donnent lieu à l’administration
d’un coup (“tape”, “gifle”, “fessée”) à un enfant, avec la main ou à l’aide
d’un instrument – fouet, baguette, ceinture, chaussure, cuillère de bois,
etc. Ce type de châtiment peut aussi consister, par exemple, à donner
un coup de pied, secouer et projeter un enfant, le griffer, le pincer, le
mordre, lui tirer les cheveux, lui tirer les oreilles ou encore à forcer un
enfant à demeurer dans une position inconfortable, à lui infliger une
brûlure, à l’ébouillanter ou à le forcer à ingérer quelque chose (par
exemple, laver la bouche d’un enfant avec du savon ou l’obliger à avaler
des épices piquantes). De l’avis du comité, tout châtiment corporel ne
peut être que dégradant. En outre, certaines formes non physiques
sont également cruelles et dégradantes, et donc incompatibles avec la
convention. A leur nombre figurent, par exemple: les châtiments tentant
Quand on frappe les adultes, c’est une agression. à rabaisser, humilier, dénigrer, prendre pour bouc émissaire, menacer,
Quand on frappe les animaux, c’est de la cruauté. effrayer ou ridiculiser l’enfant1.»
6 7
Quand on frappe les enfants, «c’est pour leur bien».
2. Pourquoi faut-il abolir
les châtiments corporels?

De nombreuses bonnes raisons justifient l'abolition des châtiments corporels


à l'encontre des enfants:
ils constituent une violation des droits fondamentaux des enfants à l’intégrité
physique, à la dignité humaine et à la protection égale de la loi. Dans de
nombreux cas, ils peuvent porter atteinte à leurs droits à l’éducation, au
développement, à la santé et même à la vie;
ils peuvent causer des dommages physiques et psychologiques graves aux
enfants;
ils apprennent aux enfants que la violence est une stratégie acceptable et
juste pour résoudre les conflits ou pour obtenir ce que l’on veut des autres;
ils sont inefficaces comme moyen de discipline. Il existe des moyens positifs
pour instruire, corriger ou discipliner les enfants, qui sont meilleurs pour
l’épanouissement de l’enfant et qui contribuent à construire des relations
fondées sur la confiance et le respect mutuels;
la légitimité des châtiments corporels rend la protection des enfants difficile
car elle suppose qu’il existe des formes ou des degrés de violence acceptables
à l’égard des enfants.
Le Conseil de l'Europe se fonde sur les principes du respect de l’Etat de droit
et de l’exercice par tous des libertés et droits fondamentaux. En ratifiant la
Convention européenne des Droits de l'Homme et la Charte sociale euro-
péenne ou la Charte sociale révisée, les Etats membres contractent des
obligations contraignantes, celles de respecter les droits fondamentaux de
toutes les personnes relevant de leur juridiction, y compris tous les enfants.
Durant les vingt dernières années, les institutions du Conseil de l'Europe se
sont élevées de plus en plus vigoureusement contre les châtiments corporels
8 9
Les droits de l’homme ne s’arrêtent pas à votre porte. infligés aux enfants.
Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a condamné les châtiments
corporels et proposé leur interdiction par une série de recommandations dès
1985: Recommandation sur la violence au sein de la famille (no R (85) 4),
Recommandation sur les mesures sociales concernant la violence au sein de
la famille (no R (90) 2), Recommandation sur les aspects médico-sociaux des
mauvais traitements infligés aux enfants (no R (93) 2), et Recommandation
universelle des droits de l'homme commence d’ailleurs ainsi: «Tous les êtres
sur les politiques visant à soutenir une parentalité positive (Rec(2006)19).
humains naissent libres et égaux en dignité et en droits…» En s’appuyant sur
En 2004, l’Assemblée parlementaire a adopté une recommandation invitant ce principe, le consensus actuel est sans ambiguïté: les instruments interna-
le Comité des Ministres à lancer d’urgence une campagne coordonnée et tionaux et régionaux en matière de droits de l'homme exigent l’abolition et
concertée dans tous les Etats membres pour l’abolition totale des châtiments l’élimination de tous les châtiments corporels des enfants.
corporels infligés aux enfants. Notant les succès du Conseil de l'Europe quant
Les arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme (Cour de Strasbourg)
à l’abolition de la peine de mort, elle demande maintenant à l’Organisation ont condamné progressivement les châtiments corporels, tout d’abord dans
de s’atteler de la même façon à faire de l’Europe, sans tarder, une zone les systèmes pénaux et dans les écoles, et, plus récemment, au sein de la
exempte de châtiments corporels pour les enfants. famille. D’autres décisions énoncent aussi clairement que l’interdiction de
Lors de leur 3e Sommet en 2005, les chefs d’Etat et de gouvernement du tous les châtiments corporels ne viole pas le droit à la vie familiale et aux
Conseil de l'Europe ont réaffirmé leur attachement aux droits des enfants. Le droits religieux. La Cour de Strasbourg applique de plus en plus les normes de
programme «Construire une Europe pour et avec les enfants» répond au la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant dans ses
mandat confié à l’Organisation de garantir une approche intégrée de la arrêts les concernant.
promotion des droits des enfants et à la décision du sommet de lancer un
programme d’action triennal concernant les dimensions sociales, juridiques,
éducatives et sanitaires des diverses formes de violence à l’encontre des
enfants.
En 2006, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a
publié un dossier thématique sur les châtiments corporels: «Le droit à l’intégrité
physique est aussi un droit de l’enfant2». En 2007, dans son allocution à
l’Assemblée parlementaire, il a précisé que «la première mesure indispensable
est que la loi interdise toute sorte de violence contre les enfants, qu’elle ait
lieu à l’école, dans les institutions ou au sein de la famille».

Normes européennes en matière de droits de l'homme


et de châtiments corporels
10
La dignité de tout individu est le principe directeur fondamental du droit
11
international en matière de droits de l'homme. L’article 1er de la Déclaration Bonjour! Pouvez-vous me dire ce qu’est la punition raisonnable?
L’abolition ne viole pas les droits de la famille ou la liberté de religion
En 1982, la Commission européenne des Droits de l'Homme a déclaré irrecevable
une requête de parents suédois. Ceux-ci alléguaient que l’interdiction,
introduite par la Suède en 1979, des châtiments corporels par les parents
violait leur droit au respect de la vie familiale et à la liberté de religion.
Appartenant à une congrégation de l’Eglise libre protestante de Stockholm, échoué au motif que le châtiment était «une punition raisonnable». La
ils croyaient en la nécessité des châtiments corporels, justifiant leur croyance en Cour européenne des Droits de l'Homme a estimé que le Gouvernement du
se référant à des textes bibliques. La Commission a conclu que la législation Royaume-Uni était responsable parce que le droit interne qui permet
suédoise sur les agressions n’était nullement inhabituelle ou draconienne: «une punition raisonnable» ne donnait pas une protection adéquate aux
enfants, y compris «les mesures dissuasives efficaces». La Cour a ordonné au
«Le fait qu'aucune distinction n'y est faite entre le traitement des Royaume-Uni de payer 10 000 livres sterling pour dommage à l’enfant qui
enfants par leurs parents et le même traitement appliqué à un adulte avait été frappé à plusieurs reprises avec une canne.
étranger à la famille ne saurait, aux yeux de la Commission, constituer
une “atteinte” au respect de la vie privée et familiale des requérants, L'arrêt A. c. Royaume-Uni cite des articles de la Convention des Nations
puisque les conséquences d'une voie de fait sont mises à égalité dans Unies relative aux droits de l'enfant, en particulier l'article 19 qui demande
les deux cas […] La Commission estime que la législation suédoise sur aux Etats de protéger l'enfant contre toutes formes de violence physique ou
les voies de fait et les molestations est, dans ce domaine, une mesure mentale pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou d'autres.
normale de lutte contre la violence et que son extension au châtiment
La jurisprudence du Comité européen des droits sociaux, qui contrôle le
physique ordinaire des enfants par leurs parents vise à protéger des
respect de la Charte sociale européenne et de la Charte sociale révisée,
éléments réputés faibles et vulnérables dans la société3.»
demande à tous les Etats membres d’interdire tous les châtiments corporels
Dans une décision analogue rendue en septembre 2000, la Cour de et autres traitements ou châtiments humiliants infligés aux enfants, et de
Strasbourg a rejeté à l’unanimité et sans audition la requête de personnes promouvoir d’autres mesures administratives et éducatives énergiques pour
associées à un groupe d’écoles privées chrétiennes du Royaume-Uni, qui reconnaître et réaliser le droit des enfants à la protection.
alléguaient que l’introduction de l’interdiction des châtiments corporels dans
En 2001, dans une observation générale, le comité dit que l’article 17 des
les écoles privées violait le droit des parents à la liberté de religion et au
chartes:
respect de la vie familiale.
«exige une interdiction en droit de toute forme de violence à l’encontre
Contestation de la punition raisonnable par les parents des enfants, que ce soit à l’école ou dans d’autres institutions, à leur
foyer ou ailleurs. Il considère en outre que toute forme de châtiment
La Cour européenne des Droits de l'Homme a contesté la notion de «punition ou traitement dégradant infligés à des enfants doit être interdit en
raisonnable» par les parents. En septembre 1998, la Cour de Strasbourg a droit et que cette interdiction doit être assortie de sanctions pénales
jugé à l’unanimité que la punition corporelle d’un jeune Anglais par son beau-père ou civiles adéquates. [Le comité] considère qu’il ne peut être accepté
était une punition dégradante qui contrevenait à l’article 3 de la Convention “qu’une société qui interdit toute forme de violence physique entre
européenne des Droits de l'Homme (A c. Royaume-Uni, 1998)4. Les poursuites adultes tolère que les adultes infligent les violences physiques aux
12 enfants5…”» 13
engagées contre le beau-père dans un tribunal du Royaume-Uni avaient
Introduction
En 2005, ce comité a rendu ses décisions sur les réclamations collectives
présentées contre les Etats membres par l'Organisation mondiale contre la
torture. Il a constaté que trois Etats violaient leurs obligations au titre des
deux chartes pour n'avoir pas effectivement interdit les châtiments corporels
au sein de la famille. En 2006, il a constaté qu’un quatrième Etat violait
de nouveau son obligation à la suite d’une deuxième réclamation sur le
physique et mentale pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou de
même sujet. Au cours de l'examen des rapports au titre des chartes, il a
toute autre personne (article 19). Selon l’interprétation constante de
conclu que d'autres Etats ne les respectaient pas pour les mêmes raisons.
l'organe de contrôle de la convention, le Comité des droits de l'enfant, tout
châtiment corporel doit être éliminé.
Normes universelles des droits de l’homme
Après examen des rapports des Etats parties à la convention, le comité
et châtiments corporels recommande systématiquement l'interdiction expresse en droit des châtiments
Cent quatre-vingt-treize pays au total, dont tous les Etats membres du corporels, associée à une sensibilisation et à l'éducation de la population.
Conseil de l'Europe, ont ratifié – et accepté sans réserve – la Convention des
En juin 2006, le comité a adopté une observation générale (interprétation
Nations Unies relative aux droits de l'enfant. Cette convention comporte
officielle des obligations des Etats au titre de la convention) sur le droit de
l'obligation de protéger l’enfant contre toutes les formes de violence
l'enfant à la protection contre des châtiments corporels et les autres formes
cruelles ou dégradantes de châtiment. Le comité souligne ceci:
«S’attaquer au problème de la large acceptation ou tolérance à l’égard
des châtiments corporels contre les enfants et les éliminer, tant dans la
famille qu’à l’école ou dans tout autre contexte, est non seulement une
obligation incombant aux Etats parties en vertu de la convention, mais
aussi un moyen stratégique déterminant sur la voie de la réduction et de
la prévention de toutes les formes de violence dans la société […]
Cette visibilité accrue fait clairement apparaître que cette pratique est
une atteinte directe au droit égal et inaliénable des enfants au respect
de leur dignité humaine et de leur intégrité physique. La singularité des
enfants, leur dépendance initiale, leur état de développement de
même que leur potentiel humain unique et leur vulnérabilité sont
autant de considérations militant en faveur d’un supplément de
protection juridique et autres contre toutes les formes de violence6.»
D'autres organes de contrôle des traités internationaux de droits de l'homme
des Nations Unies, et notamment le Comité des droits économiques, sociaux et
culturels, le Comité des droits de l'homme et le Comité contre la torture ont
14 aussi condamné les châtiments corporels des enfants.
15
Frapper ses enfants, c’est donner le mauvais exemple.
L'Etude du Secrétaire Général des Nations Unies sur la violence contre
les enfants
L'Etude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les
enfants vise l'abolition universelle d'ici à 2009. «Aucune violence à l'encontre
des enfants ne peut se justifier; toute violence à l'encontre des enfants peut
«La violence contre les enfants au sein de la famille s'exerce souvent
être prévenue»: tel est le message fondamental du rapport sur l'étude, dans le cadre de la discipline et prend la forme d'un châtiment physique,
présenté à l'Assemblée générale des Nations Unies en octobre 20067. cruel ou humiliant. Les mauvais traitements et les punitions sévères
sont courants dans les familles, tant dans les pays en développement
L'expert indépendant, Paulo Sérgio Pinheiro, désigné par Kofi Annan en 2003
que dans les pays industrialisés. Les enfants, comme le montrent les
pour mener l'étude de l'ONU, note dans son introduction que la violence à études ainsi que les témoignages qu'ils ont eux-mêmes apportés
l'encontre des enfants existe dans tous les pays du monde, quels que soient pendant les consultations régionales menées au cours de l'étude, ont
la culture, la classe, l'éducation, le revenu et l'origine ethnique: souligné la douleur physique et psychologique causée par ces traitements
et proposé d'autres formes de discipline positive et efficace9.»
«Dans toutes les régions, contrairement aux obligations qui découlent
des droits de l'homme et au besoin de développement des enfants, la Le Conseil de l’Europe a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration de
violence à leur encontre est socialement approuvée et souvent légale l’étude de l’ONU et s’est engagé à donner suite à ses recommandations sur
et autorisée par l'Etat. le continent européen. L’initiative du Conseil de l’Europe contre les châtiments
L'étude devrait marquer un tournant: la fin de toute justification par corporels vise à l’interdiction de tous ces châtiments afin de promouvoir
les adultes de la violence à l'encontre des enfants, qu'elle soit une parentalité positive et une culture de la non-violence pour une enfance
sanctionnée par “la tradition” ou déguisée comme étant de la “discipline”. sans violence.
Aucun compromis n'est possible lorsqu'il s'agit de s'attaquer à la violence
à l'égard des enfants. Le caractère unique des enfants – leur potentiel
et leur vulnérabilité, leur dépendance à l'égard des adultes – fait
qu'il est impératif de les protéger davantage – et non pas moins – de
la violence8.» (Traduction non officielle)

Le rapport recommande l'interdiction de toutes les formes de violence à


l'encontre des enfants, au sein de la famille et dans tous les autres contextes, et
notamment tous les châtiments corporels et autres formes cruelles,
inhumaines ou dégradantes de châtiment.
L'étude des Nations Unies examine la violence à l'encontre des enfants
dans les différents contextes où elle se produit, en commençant par le foyer
16 17
et la famille: Horizon 2009: abolition des châtiments corporels.
3. Comment parvenir à l’abolition?

L’élimination de tous les châtiments corporels à l’égard des enfants exige une
combinaison de réformes juridiques explicites, des politiques de protection
et de prévention et d’autres mesures, surtout éducatives, pour amener la
société à ne plus accepter les punitions violentes et humiliantes.
L’interdiction en droit est essentielle mais elle n’est pas suffisante pour
respecter les droits fondamentaux des enfants. Les professionnels qui travaillent
avec les enfants, les parents, les enfants eux-mêmes et la société dans
son ensemble doivent être informés des lois et du droit des enfants à la
protection.
L’abolition des châtiments corporels nécessite donc des actions soutenues
dans au moins trois domaines:
réforme juridique;
réforme des politiques, concernant les mesures de prévention et de protection;
sensibilisation.

Réforme juridique
L’abolition des châtiments corporels demande la mise en place d’un cadre
juridique interdisant clairement les châtiments corporels et protégeant les
enfants contre toutes les violences y compris dans le cadre familial.
Tous les Etats membres ont des lois interdisant l’agression délibérée d’autrui.
Le problème est que, dans de nombreuses sociétés, ces lois n’accordent pas
une aussi bonne protection aux enfants qu’aux adultes. Certains Etats
conservent, dans leur législation et/ou leur jurisprudence, des exceptions
spéciales ou justifications permettant de frapper les enfants – «châtiment
raisonnable», «correction licite», etc. Dans d’autres Etats, aucune justification
n’est écrite dans la loi, mais les pratiques d’éducation traditionnelles des
18 19
L’abolition des châtiments corporels, c’est aussi la promotion de la parentalité positive. enfants, qui se reflètent dans les comportements politiques et souvent dans
Introduction
les décisions judiciaires, admettent les voies de fait sur les enfants sous
couvert de discipline. Les châtiments physiques sont pratiqués à l’égard des
enfants dans des cadres variés, dont les écoles, à la maison, les institu-
tions de placement, les familles d’accueil, les garderies, le système judiciaire,
les lieux de travail des enfants…
Tous les Etats ont des législations interdisant la cruauté ou les sévices contre La résistance à l’interdiction des châtiments corporels dans le cadre familial
les enfants dans tous les contextes, mais elles ne sont pas interprétées dans procède parfois de la conviction que cette interdiction débouchera sur des
le sens de l’interdiction de tous les châtiments corporels. Tous les Etats ont poursuites et l’emprisonnement de milliers de parents, ce qui ne jouerait
accepté la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. Dans certainement pas en faveur des enfants. Le Comité des droits de l’enfant
certains pays, ce texte fait partie intégrante du droit interne; mais il ne prodigue d’autres conseils aux Etats:
suffit pas pour garantir l’abolition. «Le principe de protection égale des enfants et des adultes contre les
La réforme juridique doit éliminer toute justification ou exception existante voies de fait, y compris dans la famille, ne signifie pas que tous les cas de
châtiments corporels administrés par des parents à leurs enfants qui sont
pour que le droit pénal sur les agressions s’applique également aux agressions
signalés devraient aboutir à l’ouverture de poursuites contre les parents.
punitives contre les enfants. L’interdiction expresse des châtiments corporels et En vertu du principe de minimis – à savoir que la loi ne s'intéresse pas aux
d’autres formes cruelles ou dégradantes de châtiment est nécessaire pour peccadilles – les voies de fait simples entre adultes ne donnent lieu qu'à
envoyer un message clair aux familles et à l’ensemble de la société: il n’est pas titre très exceptionnel à une action judiciaire; ce même constat s’appli-
plus acceptable ni légal de frapper un enfant que quiconque autre. quera aux voies de fait simples à l’égard d’enfants. Les Etats doivent
mettre au point des mécanismes efficaces de signalement et d’instruction.
Il ne suffit pas non plus que les juridictions suprêmes des Etats estiment que Tous les signalements de violence à enfant devraient donner lieu à des
les châtiments corporels sont illégaux: ces jugements peuvent être remplacés investigations et à une protection de l’intéressé contre tout préjudice
par d’autres acceptant un certain degré de châtiment corporel. L’interdiction notable, le but devant être d’empêcher les parents de recourir à des châti-
doit donc être clairement énoncée dans la législation. ments violents, cruels ou dégradants en mettant en œuvre des interven-
tions d’accompagnement et de soutien plutôt que des mesures punitives.
Le Comité des droits de l’enfant explique ceci dans son Observation générale no 8: Le statut de dépendance des enfants et l’intimité spécifiques unissant
«Face à l’acceptation traditionnelle de l’usage de formes de châtiments les membres d’une famille exigent que la décision de poursuivre les
violents ou humiliants à l’encontre des enfants, un nombre grandissant parents, ou d’intervenir officiellement dans la famille selon d’autres
modalités, soit prise avec le plus grand soin. Dans la plupart des cas, il
d'Etats ont reconnu que la simple abolition de l’autorisation d’administrer
est improbable que l’ouverture de poursuites contre les parents soit
des châtiments corporels et de toutes dispositions les justifiant ne
dans l’intérêt supérieur de leurs enfants. Le comité est d’avis que
suffisait pas et qu’il fallait aller au-delà en interdisant expressément les l’ouverture de poursuites et d’autres types d’interventions officielles
châtiments corporels et les autres formes de châtiments cruels ou (par exemple l’éloignement de l’enfant ou l’éloignement de l’auteur
dégradants, dans leur législation civile ou pénale, afin d’indiquer sans la des faits répréhensibles) ne devraient être envisagés que si pareille
moindre équivoque qu'il est tout aussi illégal de frapper, “gifler” ou mesure apparaît nécessaire pour protéger l’enfant contre un préjudice
“fesser” un enfant qu'un adulte, et que la législation pénale relative aux notable et conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant affecté. Les
voies de fait s’applique également à cette catégorie de violence – qu'elle opinions de l’enfant affecté devraient être dûment prises en considération
20 soit qualifiée de “discipline” ou de “correction raisonnable”10.» eu égard à son âge et à son degré de maturité11.» 21
Introduction
En octobre 2007, plus de la moitié des Etats membres du Conseil de l'Europe
avaient soit adopté l’interdiction soit s’étaient engagés à le faire dans un
futur proche. Il faut donc espérer que tous les autres Etats réviseront
rapidement leur législation et présenteront les réformes nécessaires au
parlement. Le processus de réforme législative a une vertu éducative, les
gouvernements et les dirigeants politiques et communautaires l’utilisant profonds des sociétés auxquels elles doivent s'adapter. Les facteurs économiques
pour insister sur l’importance du droit des enfants à une égale protection de et sociaux, souvent une source de stress pour les parents, peuvent saper les
leur dignité humaine. efforts que ceux-ci font pour s’épanouir en tant qu'individu et en tant que parent.

Réforme des politiques La perception des enfants a également changé. Ils ne sont plus perçus essen-
tiellement comme de «futurs adultes», mais comme des membres poten-
Les Etats ont l’obligation d’apporter une réponse globale et multisectorielle tiellement actifs et utiles à la famille et à l'ensemble de la société. Les enfants
à toutes les formes de violence à l’égard des enfants. L’abolition des châtiments sont des titulaires de droit à part entière, avec une opinion dont il faut tenir
corporels impose la mise en place de politiques et de services visant à prévenir compte selon leur âge dans les questions qui les touchent directement, et qui
la violence, à protéger effectivement les enfants et à aider les victimes. devraient avoir pleinement accès aux informations qui leur sont nécessaires.
Les recherches montrent que la violence peut être prévenue par des inter- Il incombe aux parents de les aider à réaliser ce potentiel.
ventions multiples. Par exemple, on peut faire diminuer considérablement la Nul n’a envie d’être un parent «négatif», mais qu'est-ce exactement qu’un
violence dans le cadre familial en mettant en œuvre des lois, des politiques «parent positif»?
et des mesures renforçant et soutenant les familles, et en agissant sur les
facteurs communautaires et sociaux sous-jacents qui permettent à la La parentalité positive renvoie à un comportement qui privilégie l'intérêt
violence de se développer. supérieur des enfants en les éduquant, en développant leur autonomie, en
leur donnant une reconnaissance et des orientations, tout en leur posant des
Politique de soutien à la parentalité positive limites pour leur permettre de s’épanouir pleinement.
La recommandation du Conseil de l'Europe de 2006 relative aux politiques La parentalité positive suppose le respect des droits fondamentaux des enfants
visant à soutenir la parentalité positive met l’accent sur le rôle fondamental et donc un environnement non violent où les parents n'usent pas de châti-
des autorités locales en matière de promotion de cette parentalité et sur les ments corporels ou psychologiquement humiliants pour résoudre les conflits
droits des enfants. Elle propose des lignes directrices pour aider les Etats ou enseigner la discipline et le respect. Elle offre des alternatives à la violence
membres à mettre en place des politiques d'aide aux parents. selon la maturité de l'enfant et la situation: cela va de calmer de jeunes
La famille contemporaine peut être très différente du modèle passé de enfants en plaisantant jusqu’à demander à des enfants plus âgés de réparer
famille nucléaire traditionnelle. La diversité des modes de vie actuels a leurs fautes ou les dommages qu’ils ont causés. Si les émotions sont trop
engendré de nouvelles manières de concevoir les partenariats et d'avoir des fortes, les parents peuvent faire une pause et discuter de la situation
enfants. Les unités familiales, quelle que soit leur composition, sont soumises ultérieurement. La plupart des châtiments corporels sont le fait de parents
22 23
à de nouveaux types de pression engendrés par les changements rapides et surmenés qui ont tout simplement perdu le contrôle.
De quoi les enfants ont-ils besoin?
Pour aider les enfants à s'épanouir au mieux, les parents doivent donner aux
enfants:
De quoi les parents ont-ils besoin?
une éducation affective: les parents doivent répondre aux besoins d'amour
Tous les parents veulent être de bonnes mères ou de
et de sécurité des enfants; bons pères pour leurs enfants. Mais c'est parfois
des structures et des orientations, autrement dit fixer et respecter des difficile. Etre parent est une expérience heureuse
critères de bon comportement en montrant ce qu'est un mauvais compor- et agréable mais qui peut aussi être stressante.
tement et en donnant le bon exemple aux enfants. Les enfants ont besoin Les parents ont donc besoin d'aide pour
de limites et d'orientations pour leur propre sécurité et pour la maturation surmonter le stress, gérer les conflits et
de leurs propres valeurs; maîtriser leur colère.
une reconnaissance: les enfants ont besoin d'être vus, entendus et De nombreux parents partagent leur
considérés comme des personnes. Les parents doivent manifester temps et leur énergie entre différentes
leur intérêt pour les expériences vécues au quotidien par leurs obligations (mener leur vie profes-
enfants, les écouter et essayer de comprendre leurs points de vue; sionnelle, s’occuper des enfants et
des membres âgés de leur famille).
une autonomisation, autrement dit renforcer le sentiment de Le temps passé avec les enfants est
compétence et de contrôle personnel des enfants et de leur très précieux mais il passe très vite
capacité à modifier les attitudes et les comportements des autres. et ne revient pas. La parentalité
Pour aider leurs enfants à adopter des comportements positifs, les positive demande du temps où
parents peuvent: parents et enfants peuvent être
ensemble. Cela est particulièrement
leur apporter une attention positive et régulière à tout âge. A mesure important dans les premières années
que les enfants grandissent, cela implique aussi de s'intéresser à leurs de la vie de l'enfant, mais n'oublions pas
relations avec leurs pairs et à leurs performances scolaires; que les adolescents ont aussi besoin de
les aider à comprendre les conséquences potentielles de leurs choix; parents disponibles.
Les parents doivent aussi trouver du temps
encourager de bons comportements en étant attentifs et élogieux, et
pour s'occuper d'eux-mêmes, pour combler leurs
ignorer les comportements indésirables mineurs;
propres besoins d'intimité, de vie sociale et de loisirs.
se comporter comme ils l’attendent de leurs enfants, communiquer avec Les parents ont besoin de politiques de l'emploi et de
eux dans le respect et leur montrer comment résoudre les conflits de dispositifs de garde d’enfant qui leur permettent de
24 25
manière constructive. concilier vie familiale et vie professionnelle.
Les parents peuvent apprendre beaucoup en discutant de leurs expériences De nouvelles ressources élaborées au Conseil de l'Europe – la recommandation
avec d'autres parents, avec leurs amis et avec leur famille. Ils peuvent aussi de 2006 sur les politiques de soutien à la parentalité positive, La parentalité
avoir recours à des services professionnels qui les aident soit directement dans l'Europe contemporaine: une approche positive et Views on positive parenting
(par exemple, éducation à la parentalité) soit indirectement (par exemple, and non violent upbringing12 – étudient en détail cette nouvelle forme de
thérapie de couple). Demander de l'aide n’est pas un signe de faiblesse mais parentalité et reflètent l'orientation prise par les travaux dans ce domaine.
de sens des responsabilités. Pour jouer effectivement leur rôle de parent, Même si ces idées sur les enfants n'ont pas encore trouvé leur place dans
pour avoir de bonnes relations, pour offrir du soutien et une orientation aux tous les programmes politiques en Europe, leur influence se fait sentir depuis
enfants, les parents ont besoin de ressources et d’aide. C'est aux Etats de quelque temps dans les milieux professionnels. Elles gagnent constamment
mettre ces ressources à la disposition des parents et des professionnels qui du terrain, en droit et en pratique, à des degrés divers selon les pays.
travaillent avec les enfants, et de les en informer.
Sensibilisation
Les effets bénéfiques de la parentalité positive Les châtiments corporels à l’égard des enfants ne mobilisent guère l’attention
Les enfants s'entendent mieux avec les autres. Les enfants ont moins de des médias en comparaison de questions comme la violence sexuelle et
problèmes comportementaux et affectifs, et expriment plus franchement l’exploitation du travail des enfants. Comme le souligne l’Etude des Nations
leurs inquiétudes et leurs peurs. S'ils sont traités avec respect, il y a de fortes Unies sur la violence contre les enfants, les médias jouent un rôle essentiel
chances qu'ils traitent les autres avec respect, y compris leurs propres pour former les opinions et influencer les normes sociales qui agissent aussi
enfants. La parentalité positive aide les enfants à devenir des parents positifs. sur les comportements. La question des châtiments corporels doit être amenée
dans la sphère publique et il faut créer un espace pour discuter de ces questions
Les parents ont de meilleures relations avec leurs enfants, sont plus positifs
et trouver des solutions. Sans sensibilisation, on parviendra difficilement à
et cohérents, ont plus confiance en eux en tant que parents, sont moins
une prévention large et durable et à des changements de comportements.
stressés, moins déprimés, moins véhéments avec leurs enfants et risquent
moins de les maltraiter. Ils sont capables de trouver un meilleur équilibre
entre leurs responsabilités familiales et professionnelles, et ont moins de
conflits avec leurs partenaires.
Les parents qui sont respectés par leurs enfants parviennent mieux à encourager
les comportements souhaitables et à faire diminuer ceux qui ne le sont pas.
Pour cela, il faut que les parents reconnaissent qu'ils font aussi des erreurs
tout en assumant la responsabilité de leur comportement de parents et la
qualité des relations qu'ils ont avec leur enfant (plutôt que d'en rejeter la
26 27
responsabilité sur celui-ci). Les droits des enfants nous concernent tous.
Les principales étapes de l’abolition – Théorie et pratique
Réforme juridique
• Faire en sorte qu’il n’existe pas d’exception, dans la loi ou dans la juris-
prudence, qui justifie des châtiments corporels infligés par les parents ou
d’autres personnes;
• Veillez à ce que les tribunaux familiaux et d’autres secteurs du système
• Veiller à ce que le droit pénal en matière d’agressions s’applique également judiciaire soient sensibilisés aux besoins des enfants et de leur famille;
aux voies de fait punitives sur les enfants;
• Renforcer les capacités des personnes qui travaillent avec les enfants et
• Adopter une interdiction expresse de tous les châtiments corporels et de leur famille;
tous les autres châtiments ou traitements dégradants ou humiliants des
enfants, généralement dans le droit civil et concernant tous les contextes
• Promouvoir des formes positives et non violentes d’éducation des
enfants, de règlements des conflits et de pédagogie auprès des futurs
de la vie des enfants;
parents, des parents et des autres intervenants, des enseignants et de la
• Apporter une aide sur la bonne application de ces lois privilégiant la protection population en général;
et la promotion des droits fondamentaux des enfants en général et les
intérêts supérieurs des enfants touchés en particulier.
• Veillez à ce que des conseils et un soutien adéquats soient offerts à tous
les parents et en particulier à ceux pour lesquels l’éducation des enfants
Sensibilisation est éprouvante;
• Sensibiliser de manière globale à l’interdiction de tous les châtiments corporels • Veillez à ce que les enfants aient accès à des conseils et de l’aide confidentielle
et autres traitements inhumains et dégradants et humiliants des enfants, ainsi qu’à des avocats pour dénoncer la violence à leur égard;
tous ceux qui vivent et travaillent avec eux ainsi que l’opinion publique;
• Assurerdes formes efficaces et adéquates de protection des enfants
• Sensibiliser de manière globale aux droits humains des enfants, y compris pouvant être particulièrement vulnérables aux châtiments dangereux et
le droit au respect de leur dignité humaine et de leur intégrité physique. humiliants, par exemple les enfants handicapés;
Réforme des politiques • Veillez à ce que les enfants et les jeunes aient la possibilité d’exprimer
• Veillez à ce que des systèmes globaux de prévention de la violence et de leurs opinions et de participer à l’élaboration des actions et à des initiatives
la protection des enfants soient mis en œuvre à différents niveaux; visant à éliminer les châtiments corporels;
• Veillez à ce que les châtiments corporels et toute autre forme de discipline • Contrôler l’effectivité de l’abolition en menant des études régulièrement
dangereuse et humiliante pour les enfants dans le cadre familial entrent sur les expériences de violences vécues par les enfants dans leur cadre
dans la définition de la violence domestique ou familiale, et que les familial, scolaire et dans d’autres cadres, ainsi que sur celles qu’ils
stratégies pour éliminer la violence punitive à l’égard des enfants soient vivent avec les services de protection de l’enfance. Evaluer aussi les
élaborées comme des stratégies de lutte contre la violence domestique conséquences de l’abolition sur les services de protection de l’enfance
ou familiale; et sur les parents.
28 29
4. Questions, réponses et arguments
contre les idées reçues

Est-ce que ça fait vraiment mal?


Oui! Au titre de l'article 12 de la Convention des Nations Unies relative aux
droits de l'enfant, les enfants ont le droit d'exprimer librement leur avis sur
toutes questions les intéressant, leurs opinions étant dûment prises en
considération. Les enfants commencent à nous dire combien ils souffrent des
châtiments corporels. Comme l'explique Paulo Sérgio Pinheiro dans son
rapport présenté à l'Assemblée générale des Nations Unies en octobre 2006:
«Tout au long de l'étude, les enfants n'ont cessé de m'exprimer à quel
point il est urgent de mettre fin à toute cette violence. Les enfants
témoignent de la douleur – non seulement physique mais aussi
intérieure – que cette violence leur cause, alliée à l'acceptation voire
l'approbation des adultes.
Les gouvernements doivent accepter le fait qu'il s'agit véritablement
d'une urgence, bien qu'elle ne soit pas récente. Les enfants souffrent
depuis des siècles de la violence perpétrée par les adultes, une violence
ni vue ni entendue. Mais aujourd'hui où l'échelle et l'impact de cette
violence à l'encontre des enfants deviennent visibles, les enfants
doivent bénéficier sans plus attendre de la protection efficace à
laquelle ils ont un droit inconditionnel13.» (Traduction non officielle)

De nombreuses études ont été menées sur les effets des châtiments corporels,
qui confirment de manière convaincante les dommages potentiels à court et
à long terme. Une méta-analyse, qui concerne 88 études, a été publiée en
2002 et confirme sans conteste ces dangers14. Les conclusions, évidentes,
n’apportent rien de conséquent. En effet, nul besoin d'études sur les effets
des brutalités sur les femmes ou les personnes âgées pour justifier leur
30 31
1669 : un gamin pétulant se révolte et demande au Parlement britannique d’en finir interdiction: c'est une question de droits fondamentaux.
avec la violence à l’école.
Introduction
Jusqu'où l'abolition a-t-elle progressé en Europe?
Loin mais pas assez! L'abolition des châtiments corporels dans les écoles
européennes a commencé il y a des siècles. La Pologne a été le premier pays
à l'interdire en 1783. En 1900, l'Autriche, la Belgique et la Finlande, entre
autres, l’avaient suivie; l'Union Soviétique les a abolis en 1917.
Mais ces réformes «silencieuses» n’étant pas suffisantes, en 1979 la Suède a
Au Royaume-Uni, c’est en 1669 qu’a eu lieu la première tentative documentée été le premier pays au monde à interdire expressément les châtiments
de dénonciation des châtiments corporels à l'école, avec la pétition présentée corporels. Le Code des responsabilités parentales énonce désormais ce qui
au parlement par un «garçon pétulant» «au nom des enfants de cette suit: «Les enfants ont droit aux soins, à la sécurité et à une bonne éducation.
nation», pour protester contre «ce joug intolérable qui pèse sur [la] jeunesse, Les enfants doivent être traités dans le respect de leur personne et de leur
dans la rigueur coutumière de la discipline scolaire de cette nation». Mais il individualité et ne sauraient être soumis à des châtiments corporels ou tout
a fallu plus de trois siècles pour que l'abolition soit mise en œuvre dans autre traitement humiliant.»
toutes les écoles du Royaume-Uni. Ces vingt-cinq dernières années, d'autres pays ont lentement suivi cet
Aujourd'hui, quasiment tous les Etats membres ont pris des mesures pour met- exemple. A la fin du mois d'octobre 2007, dix-sept Etats membres avaient
tre fin aux châtiments corporels dans les écoles. Dans de nombreux pays, ils complété une réforme juridique pour interdire tous les châtiments corporels
des enfants. Dans ces pays, les enfants sont protégés par la loi où qu'ils soient
ont aussi été abolis dans toutes les institutions et formes alternatives de
et quel que soit l'auteur des punitions – au sein de la famille, dans la rue, dans
garde des enfants, organisées par l'Etat et des organismes privés et bénévoles.
les services de garde, en milieu éducatif et dans toutes les institutions. Dans
Mais dans certains cas, l'interdiction a été davantage le fruit de règlements certains Etats, la réforme juridique s'est accompagnée de campagnes de
ou de recommandations administratives que d'une législation explicite. Dans sensibilisation et d'éducation de la population sur la loi et le droit des enfants
de nombreux cas, l'application n'est pas rigoureuse et mérite encore une à la protection, et par la promotion d'une parentalité et d'une prise en charge
grande vigilance. Dans des formes de garde non institutionnelle – comme les positives et non violentes. Compte tenu des mentalités traditionnelles et de
parents nourriciers et les gardes d'enfants en bas âge –, la réglementation l'habitude profondément ancrée de frapper les enfants, il est clair que le
varie et, dans certains Etats, les personnes ayant la garde des enfants sont processus éducatif doit être un processus permanent.
censées avoir le même droit que les parents de recourir aux châtiments
corporels. Pourquoi est-il si difficile de cesser de frapper les enfants?
La réforme visant à supprimer le droit des parents à infliger des châtiments Parce que de nombreux adultes confondent encore puissance et droit! Si
corporels a commencé dans les années 1950. En Suède, une disposition qui cette question était simple pour les adultes, et notamment pour les respon-
absout les parents causant des blessures légères en recourant aux châtiments sables politiques, nous accepterions depuis longtemps que les enfants aient
corporels a été supprimée du Code pénal en 1957 et, en 1966, une autre droit, exactement au même titre que les autres êtres humains, au respect de
disposition autorisant «des réprimandes» a été supprimée du Code des leur dignité humaine, de leur intégrité physique et à la protection de la loi.
responsabilités parentales et des tutelles. Dès lors, le droit suédois n'autorise En fait, nous accepterions probablement que les enfants, qui sont à leur
32
plus les châtiments corporels de la part des parents et le droit pénal sur les naissance tout petits et fragiles, aient droit à une meilleure protection que
33
voies de fait s'applique aussi aux voies de fait «disciplinaires» sur les enfants. les adultes.
Introduction
Mais les adultes semblent avoir quelques difficultés à abandonner ce que
certains perçoivent encore comme un «droit»: frapper et blesser les enfants
au nom de la «discipline» ou du contrôle. La difficulté semble être d’ordre
personnel. La plupart des adultes, presque partout dans le monde, ont été
frappés dans leur enfance par leurs parents. La plupart des parents ont frappé
leurs propres enfants. Aucun d'entre nous n'aime avoir une mauvaise opinion aux adultes, la protection pleine et entière de leur dignité humaine. Presque
de ses parents ou de la manière dont nous-mêmes élevons nos propres tous les Etats membres qui ont interdit tout châtiment corporel l’ont fait
enfants. Or, c'est ce qui rend difficile pour de nombreuses personnes, responsables avant que l’opinion publique y soit favorable, mais celle-ci a fini rapidement
politiques et leaders d'opinions compris, et même pour celles qui travaillent par appuyer ce changement. Dans quelques années, nous regarderons en
dans la protection de l'enfance, de percevoir ce facteur pour ce qu'il est, une arrière en nous étonnant de l’époque où les châtiments corporels étaient
question fondamentale d'égalité et de droits de l'homme. Il ne s'agit pas de considérés comme légaux et qu’il était licite de frapper les enfants.
condamner – les parents agissent conformément aux attentes sociales. Il
s’agit dévoluer pour arriver à avoir des relations positives et non violentes Si les parents sont forcés d’abandonner l’usage des châtiments
avec les enfants. corporels, les enfants ne seront-ils pas gâtés et indisciplinés?
En voulant éliminer les châtiments corporels, nous étendons tout simplement Non! Une authentique discipline ne se fonde pas sur la force, mais sur la
aux enfants la protection pleine et entière contre les voies de fait et autres compréhension et la tolérance. A leur naissance, les enfants sont complètement
châtiments cruels ou dégradants, que nous jugeons normale pour nous en tant dépendants et, à mesure qu’ils grandissent, ils s’appuient sur les adultes –
qu'adultes. particulièrement leurs parents – pour être guidés, soutenus, pour acquérir
une maturité d'autodiscipline. Les châtiments corporels n’enseignent pas aux
Les sondages d’opinion montrent que la plupart enfants la façon dont ils doivent se comporter. Bien au contraire: frapper les
des personnes sont contre une interdiction formelle enfants est une leçon de mauvaise conduite. Les châtiments corporels
des châtiments corporels. apprennent aux enfants que leurs parents, dont on espère qu’ils les aiment et
Les résultats des sondages dépendent généralement de la manière plus ou les respectent, jugent acceptable de faire usage de la violence pour résoudre
moins rudimentaire dont la question est posée, et du degré d’information les problèmes ou les conflits. Les enfants n’apprennent pas seulement des
des personnes interrogées. Si des personnes sont très bien informées sur la paroles de leurs parents mais aussi de leurs actes. Les châtiments corporels
question, sur l’inégalité de la protection accordée aux enfants et sur le but et d’autres formes humiliantes de punition ne sauraient remplacer les formes
d’une interdiction, ils peuvent la défendre. Mais, en tout état de cause, sur positives de discipline qui, loin de gâter les enfants, sont conçues pour qu’ils
cette question comme sur d’autres – la violence à l’égard des femmes, la dis- apprennent à penser aux autres et à réfléchir aux conséquences de leurs actes.
crimination raciale –, les responsables politiques doivent guider et non suivre Les Etats ont l’obligation de soutenir la parentalité positive, et la recommandation
l’opinion publique, en invoquant leur obligation absolue en matière de droits du Comité des Ministres relative aux politiques visant à soutenir une parentalité
34 35
de l'homme, à savoir de veiller à ce que la loi accorde aux enfants, comme positive (Rec(2006)19) leur donne les directives nécessaires pour le faire.
Introduction
«J’ai été frappé dans mon enfance et cela ne m’a pas fait de
mal. En fait, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui si mes
parents ne m’avaient pas infligé des punitions physiques.»
Qu’en savez-vous? Aucun d’entre nous ne sait ce que nous serions devenus
si nos parents ne nous avaient jamais frappés ni humiliés. Combien sont-ils «Il y a une grande différence entre frapper un enfant et une
ces adultes qui, en disant que cela ne leur avait pas fait de mal, nient la gentille tape.»
souffrance qu’ils ont ressentie lorsque les adultes les plus proches d’eux
pensaient qu’ils ne pouvaient les éduquer qu’en leur faisant mal? La différence n’est pas pertinente aux yeux de la loi! Les coups peuvent
être plus douloureux physiquement que les tapes, mais ils s’inscrivent tous
Généralement, on commence à frapper les enfants parce qu’on a été soi-
deux dans une dynamique violente et violant le droit égal de l’enfant au
même frappé dans l’enfance, bien que des études montrent que l’on se sent respect. Les sociétés ne font pas de distinction en tentant de justifier les
très souvent coupable après coup, spécialement lorsqu’on n’en peut plus, niveaux de violence lorsqu’il s’agit de la violence à l’encontre des femmes
tout en persistant à croire que c’est le bon choix. Il est vain de condamner les ou des personnes âgées. Alors pourquoi devraient-elles le faire lorsqu’il s’agit
générations antérieures d'avoir frappé les enfants; elles se comportaient en des enfants? Or, les dangers de lier l’amour et les coups devraient être
effet conformément à la culture dominante de l’époque. Mais les temps changent évidents. Une «gentille tape» est une contradiction de la pire espèce. Ce
et les sociétés évoluent. La reconnaissance des enfants en tant que titulaires terme apparemment inoffensif est un voile derrière lequel les violations des
de droits exige des mesures pour mettre fin à la légalité et à l’acceptation droits peuvent se cacher.
sociale de la violence contre eux, de la même manière que les sociétés ont
fini par mettre fin à l’acceptation de la violence contre les femmes.

«Les parents ont le droit d’élever leurs enfants comme bon


leur semble. Ils ne devrait être mis en cause que dans des
cas extrêmes, comme les sévices contre les enfants.»
Les droits de l'homme ne s’arrêtent pas à votre porte. Les enfants ont le
même droit que tous les autres membres de la famille à la protection contre
les coups et il est tout aussi logique de protéger les enfants dans leur maison
que de protéger les femmes de la violence domestique. La Convention des
Nations Unies relative aux droits de l’enfant a introduit le concept de
«responsabilité parentale», l’intérêt supérieur des enfants étant la
préoccupation essentielle de leurs parents. Les enfants ne sont pas la
36 37
propriété de leurs parents. Les enfants ne sont pas la propriété des parents!
«Je ne tape mes enfants que pour les empêcher de se faire
du mal.»
Taper n’est pas protéger! Les parents doivent prendre des mesures physiques
pour protéger les enfants – particulièrement les bébés et les jeunes enfants.
C’est un aspect naturel de la parentalité. Si un enfant rampe vers un feu ou
court sur une route dangereuse, les parents doivent naturellement utiliser Les extrémistes religieux qui défendent les coups rituels donnés aux enfants
des moyens physiques pour les arrêter – les saisir, leur montrer et leur expliquer avec des instruments peuvent être condamnés par l’opinion religieuse générale.
le danger qu’ils courent. Comme le Comité des droits de l’enfant l’explique Il y a aujourd’hui des personnalités religieuses de premier plan qui s’associent
dans son Observation générale no 8: à la campagne pour l’abolition de tous les châtiments corporels. Lors de
«Le comité reconnaît que l’exercice des fonctions parentales et l’admi- l’Assemblée mondiale des religions pour la paix à Kyoto (Japon) en 2006, plus
nistration de soins aux enfants, en particulier aux bébés et aux jeunes de 800 dirigeants religieux ont approuvé «un engagement religieux à lutter
enfants, exigent fréquemment des actions et interventions physiques contre la violence à l’encontre des enfants», exhortant les gouvernements à
destinées à les protéger, mais elles sont très différentes du recours
adopter des lois conformes à la Convention relative aux droits de l’enfant et
délibéré à la force en vue d’infliger un certain degré de douleur, de
désagrément ou d’humiliation à des fins punitives. En tant qu’adultes, à interdire toute forme de violence, y compris les châtiments corporels.
nous connaissons par nous-mêmes la différence entre une action physique
de protection et des voies de fait punitives; il n’est pas plus difficile «Si les châtiments corporels des enfants sont criminalisés,
d’établir une distinction en ce qui concerne les actions mettant en jeu
des enfants. Dans tous les Etats, la loi autorise, expressément ou non, le des milliers de parents seront poursuivis, et un nombre
recours à la force non punitive nécessaire pour protéger les gens15.» encore plus important d’enfants seront placés en institution.»
Il ne s’agit pas de mettre les parents en prison. Il s’agit de leur apprendre la
«Ma religion m’impose de faire usage des châtiments
parentalité positive. Rien ne prouve que les poursuites de parents aient
corporels.»
augmenté dans le nombre croissant de pays qui criminalisent les châtiments
La liberté religieuse ne peut aller à l’encontre des droits de l'homme. Comme corporels. L’interdiction des châtiments corporels répond aux obligations
l’affirme le Comité des droits de l’enfant dans son Observations générale no 8: qu’ont les Etats membres en matière de droits de l'homme pour les enfants.
«Certains avancent des arguments liés à la foi pour justifier les châtiments Son objectif premier est éducatif. Envoyer le message clair dans l’intimité du
corporels, faisant valoir que certaines interprétations des textes religieux foyer qu’il n’est pas plus acceptable, ou légal, de frapper un enfant que de
non seulement justifient leur usage mais imposent le devoir d’en faire
usage. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques frapper n’importe qui d’autre. Des conseils pour toutes les personnes concernées
(article 18) garantit à chacun la liberté de conscience religieuse, mais dans la protection de l’enfance, y compris la police et le ministère public,
la pratique d’une religion ou d’une conviction doit être compatible devraient permettre d’axer l’application de la loi sur les intérêts supérieurs de
avec le respect de la dignité humaine et de l’intégrité physique
l’enfant. Les poursuites et d’autres interventions officielles ne sont guère
d’autrui. La liberté de pratiquer sa religion ou ses convictions peut être
légitimement restreinte dans le souci de protéger les libertés et droits susceptibles de bénéficier aux enfants sauf si elles sont les seules possibilités
38 39
et fondamentaux d’autrui16.» pour leur assurer la protection nécessaire contre les préjudices notables.
«L’interdiction des châtiments physiques ne fera que faire
empirer les traitements que subissent les enfants – sévices
psychologiques, humiliation ou enfermement.»
Les enfants ont le droit à la protection non seulement contre les châtiments
corporels mais aussi contre toutes les autres formes de punition ou de sensibilisation et à la promotion de relations positives et non violentes avec
traitements cruels ou dégradants. La réforme juridique doit être associée à la les enfants. Les parents souhaitent que leurs enfants aient le meilleur départ
possible dans la vie. Les parents qui frappent les enfants se sentent mal – ils
se sentent généralement perturbés et coupables. La plupart des parents sont
friands de conseils sur la manière d'éviter ou de résoudre les conflits avec
leurs enfants. Les politiques de parentalité positive aident les parents à faire
en sorte que leurs enfants comprennent, acceptent et respectent les règles
(discipline) sans user de violence, quelle qu'elle soit, physique ou psycholo-
gique. Dès lors que l'on cesse de frapper ou d'humilier les enfants pour les
considérer comme des personnes titulaires de droits au même titre que tout
un chacun, la vie familiale s'en trouve régénérée pour tous ses membres.

«Pourquoi faire intervenir la loi? Pourquoi ne pas éduquer


les parents à ne pas faire usage de châtiments corporels?
L’abolition impose les deux. Ce n’est pas une question de choix; les droits de
l'homme exigent que les enfants bénéficient au moins de la même protection
juridique que les adultes – au sein de la famille et partout ailleurs – dès
maintenant. En tout état de cause, la loi est en elle-même un outil pédagogique
efficace; naturellement, la réforme juridique interdisant les châtiments
corporels doit s’accompagner de l’éducation de l’opinion publique et des
parents. Une interdiction incitera les parents à rechercher des méthodes
positives pour éduquer leurs enfants et motivera les professionnels, les
responsables politiques et les médias à accorder les ressources nécessaires à
cette éducation. Le Conseil de l'Europe est prêt à aider les parents et les
professionnels à relever ce défi.
40 41
La criminalisation du châtiment corporel n’a pas pour but de mettre les parents en prison.
Notes

1. Comité des Nations Unies des droits de l'enfant, Observation générale no 8, 2006, paragraphe 11.

2. Les enfants et les châtiments corporels: «Le droit à l'intégrité physique est aussi un droit de
l'enfant», document de Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de
l'Europe, 6 juin 2006 ([Link] (discours, Hammarberg)).

3. Voir Commission européenne des Droits de l'Homme: décision de recevabilité, Sept personnes
c. Suède, 1982; Requête no 8811/79 ([Link]

4. Cour européenne des Droits de l'Homme, A. c. Royaume-Uni, 1998 ([Link]

5. Conseil de l'Europe, Comité européen des droits sociaux, observations générales concernant les
articles 7 (paragraphe 10) et 17, Conclusions XV-2, vol. 1, «Introduction générale», p. 26.

6. Comité des Nations Unies des droits de l'enfant, op. cit., paragraphes 3 et 21.

7. Rapport de l’expert indépendant sur l’Etude du Secrétaire général des Nations Unies sur la
violence contre les enfants, in «Introduction», paragraphe 1 ([Link]

8. Ibid., in «Introduction», paragraphes 1 et 2.

9. Ibid., paragraphe 41.

10. Comité des Nations Unies des droits de l'enfant, op. cit., paragraphe 34.

11. Ibid., paragraphes 40 et 41.

12. Editions du Conseil de l'Europe, 2007.

13. Paulo Sérgio Pinheiro, World Report on violence against children (Rapport mondial sur la
violence à l'encontre des enfants), Nations Unies, Genève, 2006, p. 5.

14. Elizabeth Thompson Gershoff, «Corporal punishment by parents and associated child behaviors
and experiences: A meta-analytic and theoretical review», in Psychological Bulletin, 128, 4, 2002,
pp. 539-579.

15. Comité des Nations Unies des droits de l'enfant, [Link]., paragraphe 14.
42 43
Les enfants sont ceux qui ont le plus besoin de protection. 16. Ibid., paragraphe 29.
En savoir plus

Sur le Conseil de l'Europe, ses organes et ses institutions


Le Conseil de l'Europe est la plus ancienne organisation paneuropéenne de
droits de l'homme en Europe; elle a été fondée en 1949. Elle cherche à
développer les principes communs et démocratiques fondés sur la
Convention européenne des Droits de l'Homme et d’autres textes de
référence sur la protection des personnes. Consulter la page d’accueil du site
pour plus de détails sur ses membres, son histoire, ses organes, ses institutions
et ses activités en cours ([Link]
«Construire une Europe pour et avec les enfants» est un programme global créé
pour promouvoir les droits des enfants et protéger ceux-ci contre toutes
les formes de violence. Son site web fournit des informations sur les principales
activités du Conseil de l'Europe, ses documents, ses textes juridiques et
l’actualité concernant les droits des enfants, dont la campagne d’information
contre les châtiments corporels (2008). On peut y trouver des informations
sur le statut juridique des châtiments corporels dans les 47 Etats membres,
régulièrement mises à jour par l’Initiative internationale pour mettre fin à tous les
châtiments corporels infligés aux enfants (voir [Link]
Le Comité des Ministres est l’organe décisionnaire du Conseil de l'Europe,
composé des ministres des Affaires étrangères des Etats membres ou de leurs
délégués. Il s’occupe des problèmes auxquels est confrontée la société
européenne, mais il est aussi le gardien des valeurs fondamentales de
l’Organisation et vérifie que les Etats membres s’y conforment (voir
[Link]
Recommandations du Comité des Ministres
Recommandation Rec(2006)19 sur les politiques visant à soutenir une
44 45
La protection des enfants exige une approche stratégique. parentalité positive et son rapport explicatif;
Recommandation Rec(2005)5 relative aux droits des enfants vivant en
institution;
Recommandation no R (93) 2 sur les aspects médico-sociaux des mauvais
traitements infligés aux enfants;
Recommandation no R (90) 2 sur les mesures sociales concernant la
violence au sein de la famille; Parmi les grands partenaires intergouvernementaux du Bureau du commissaire,
citons l’Organisation des Nations Unies et ses agences spécialisées, l’Union
Recommandation no R (85) 4 sur la violence au sein de la famille.
européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Le
Tous les textes juridiques du Comité des Ministres sont accessibles sur son site Bureau coopère aussi étroitement avec les grandes ONG de droits de l'homme,
web ou sur celui de «Construire une Europe pour et avec des enfants» des universités et des groupes de réflexion (voir [Link]
([Link] (textes juridiques).
missioner).
L’Assemblée parlementaire est composée de représentants des parlements
La Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fon-
nationaux des 47 Etats membres de l’Organisation. Ils se réunissent quatre
fois par an pour débattre de questions d’actualité, demander aux gouvernements damentales (STE no 5), connue sous son titre abrégé, Convention euro-
européens de prendre des initiatives et rendre compte de leurs travaux. péenne des Droits de l'Homme (CEDH), est entrée en vigueur en septembre
Les parlementaires abordent les sujets de leur choix et les gouvernements 1953. Elle énonce les droits civiques et politiques et les libertés qui consti-
des pays d’Europe – représentés au Conseil de l’Europe par le Comité tuent le fondement des droits de l'homme en Europe. Contrairement à la
des Ministres – sont tenus de leur apporter des réponses. Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, la Convention
(voir [Link] européenne des Droits de l’Homme de 1950 ne contient pas de disposition
Recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe spécifique relative aux enfants et aux jeunes, même si certains droits, comme
Recommandation 1778 (2007) «Enfants victimes: éradiquons toutes les le droit à l’éducation, s’appliquent de manière particulière aux enfants. En
formes de violence, d’exploitation et d’abus». revanche, l’article 1er de la Convention dispose que les Etats «reconnaissent» –
et pas simplement «s’engagent à reconnaître» comme dans la plupart des
Recommandation 1666 (2004) «Interdire le châtiment corporel des
enfants en Europe». traités internationaux – à «toute personne» les droits et libertés définis par
la Convention. Les droits des enfants sont donc des droits de l’homme ou,
Tous les textes juridiques sont accessibles sur son site ou sur celui de «Construire encore, les droits de l’homme appartiennent pleinement aux enfants. Tous
une Europe pour et avec les enfants» ([Link] (textes
les Etats membres du Conseil de l’Europe sont liés par cette Convention. Le
juridiques).
texte de la Convention est disponible sur le site [Link]
Le commissaire européen aux droits de l'homme est une institution indépen-
dante au sein du Conseil de l’Europe chargée de promouvoir la sensibilité aux La Cour européenne des Droits de l'Homme (la Cour) a été créée en 1959.
droits de l'homme et leur respect dans les Etats membres. Le commissaire Elle assure le respect de la Convention européenne des Droits de l'Homme.
coopère avec un large éventail d’institutions internationales et nationales Ses 47 juges (correspondant au nombre d'Etats membres) siègent à titre
46 47
ainsi qu’avec les mécanismes de contrôle des droits de l'homme. individuel et ne représentent aucun Etat. L’article 34 de la Convention
dispose que la Cour peut être saisie d’une requête par «toute personne» qui
se prétend victime d’une violation des droits reconnus par la Convention.
Aucune distinction donc dans le texte entre les hommes et les femmes, les
étrangers et les nationaux, les adultes et les mineurs: un mineur peut saisir
directement la Cour européenne des Droits de l’Homme. La Cour a rendu des
décisions historiques sur la violence contre les enfants, et notamment sur les L’Organisation des Nations Unies
châtiments corporels. On trouve sur le site du programme «Construire une
Europe pour et avec les enfants» (ci-dessus) des extraits de la jurisprudence L’Organisation des Nations Unies (ONU), fondée en 1945, regroupe presque
de la Cour sur les droits des enfants. Hudoc, la base de données en ligne de tous les Etats reconnus de la planète. Depuis l’adoption de la Déclaration uni-
verselle des droits de l’homme en 1948, l’ONU a élaboré plus de 60 traités
la Cour, donne accès aux décisions et arrêts, et les audiences peuvent
sur des questions comme l’esclavage, l’administration de la justice, le géno-
être suivies par webcast. Pour toute information sur la Cour, son histoire,
cide, le statut des réfugiés et des minorités, et les droits de l’homme. Chaque
son organisation, le traitement des affaires et sa jurisprudence, voir traité se fonde sur les concepts de non-discrimination, d’égalité et de recon-
[Link] naissance de la dignité de chacun. Leur application à tous, y compris aux
La Charte sociale européenne (1961, STE no 35) et la Charte sociale euro- enfants, est donc garantie. Les enfants bénéficient ainsi des droits et protec-
péenne révisée (1996, STE no 163) garantissent les droits économiques et tions consacrés dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de
sociaux, et viennent compléter la Convention européenne des Droits de l’enfant et dans huit autres traités concernant les droits de l’homme.
l'Homme. Ces grands traités européens garantissent de nombreux droits aux La Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (UNCRC) est
enfants et les protègent de la naissance à l’âge adulte, avec des dispositions le premier instrument juridiquement contraignant qui intègre tout un éventail
sur le droit de la famille à la protection sociale, juridique et économique, et de droits fondamentaux pour les enfants: politiques, civils, sociaux, culturels
la protection des enfants en tant que membres de la famille. Les Chartes sont et économiques. Les quatre principes fondamentaux de la convention sont la
accessibles sur le site [Link] non-discrimination, la défense de l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à la
vie, à la survie et au développement, et le respect de l’opinion de l’enfant.
Le Comité européen des droits sociaux (CEDS) contrôle la conformité du Chaque droit consacré dans la convention est inhérent à la dignité humaine
droit et de la pratique des Etats membres avec les Chartes sociales. Il adopte et au développement harmonieux de l’enfant. Traité international le plus
des conclusions portant sur des rapports nationaux et des décisions sur les ratifié, c’est aussi celui dont on dit souvent qu’il est le plus violé.
réclamations collectives. Depuis un protocole de 1995, des réclamations
Le Comité des Nations Unies des droits de l'enfant (CRC) est un organe
collectives peuvent être déposées auprès du CEDS par certaines organisations d’experts indépendants qui contrôle la mise en œuvre de la Convention
internationales d’employeurs et de travailleurs, certaines ONG et les organi- relative aux droits de l’enfant par les Etats Parties. Il publie son interpré-
sations d’employeurs et les syndicats de l’Etat concerné. Les procédures de tation du contenu des dispositions des droits de l'homme sous la forme
plainte collective sont d’autant plus efficaces qu’elles peuvent être faites au d’observations générales sur des questions thématiques, adopte des
nom des enfants. Pour de plus amples informations sur le CEDS, consulter observations de conclusion sous forme de recommandations et tient tous
son site web par le biais de la rubrique «droits de l'homme» du site du les ans une journée de débat général pour mieux faire connaître la convention
48 49
Conseil de l'Europe ([Link] et ses implications.
L’Etude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les
enfants est une initiative globale dont l’objet est de dresser un tableau
détaillé de la nature, de l’étendue et des causes de la violence à l’égard des
enfants, et de proposer des recommandations claires de mesures visant à la
prévenir et à y répondre (voir [Link]
parentalité positive et sur la discipline non violente, etc. D’autres liens sont
Initiatives gouvernementales et non gouvernementales également donnés.
En octobre 2007, les Etats membres du Conseil de l’Europe qui avaient modifié Le Réseau d'information des droits de l'enfant (CRIN) est un réseau mondial
leur législation et interdit tous les châtiments corporels, dans toutes les qui diffuse des informations sur la Convention des Nations Unies relative aux
circonstances et quel qu’en soit l’auteur, étaient au nombre de 17: l’Autriche, droits de l’enfant et des renseignements dans ce domaine aux organisations
la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, non gouvernementales, aux agences de l’ONU, aux organisations gouverne-
la Hongrie, l’Islande, la Lettonie, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la mentales, aux institutions éducatives et autres spécialistes des droits de l’enfant
Roumanie, la Suède et l’Ukraine. (voir [Link]
Les gouvernements de ces pays ont été nombreux à lancer des campagnes Le Réseau européen des médiateurs pour enfants (ENOC) est une association
d’information et de sensibilisation pour détacher l’opinion publique de ces à but non lucratif d’institutions indépendantes qui défendent les droits des
formes de discipline et faire accepter les nouvelles lois. Un travail de fond a
enfants. Sa mission est de faciliter la promotion et la protection des droits
été effectué par les organisations non gouvernementales (ONG), les médiateurs
des enfants, conformément à la Convention des Nations Unies relatives aux
pour enfants, les gouvernements eux-mêmes et bien d’autres acteurs.
droits de l’enfant. Elle soutient le lobbying collectif pour les droits des
Certains pays ont même mis en place des services d’assistance téléphonique
enfants, communique des informations, des approches et des stratégies, et
pour les parents et les enfants. De nombreuses activités et campagnes
défend la mise en place de services indépendants pour les enfants (voir
ciblent les pays où la législation n’a pas encore changé. C’est ainsi que s’est
[Link]
constitué tout un ensemble de ressources pour les parents et les enfants, et
pour tous les professionnels travaillant avec les enfants, quel que soit le The Global Initiative to End All Corporal Punishment of Children est une
statut juridique des châtiments corporels dans tel ou tel pays. ONG qui donne des informations sur les normes de droits de l’homme, les
jugements importants et les avancées vers l’abolition, les recherches et les liens
«Construire une Europe pour et avec les enfants» nous invite à découvrir
aux ressources documentaires sur les relations positives et non violentes
certaines des ressources disponibles dans chaque pays. Les principaux partenaires
avec les enfants. Elle a mis en place, pour les parents et les enseignants,
du Conseil de l’Europe énumérés ci-dessous peuvent servir de point de
des ressources web sur la discipline sans châtiments corporels (voir
départ. Par le mot-clé «corporal punishment/châtiment corporel», il est pos-
[Link]
sible d’accéder à tous leurs sites et d’obtenir une documentation variée:
opinions, campagnes, dossiers pour éducateurs, mise à jour des textes Save the Children est une organisation mondiale indépendante qui milite
50 51
juridiques, publications, boîtes à outils, statistiques, informations sur la pour les changements à long terme et l’amélioration de la vie des enfants.
Active dans plus de 120 pays, elle encourage ses sympathisants à faire
pression sur les décideurs et les guides d’opinion pour changer les politiques
et les pratiques, aux plans local et mondial, pour que les droits des enfants
deviennent une réalité. Save the Children milite contre les châtiments corporels
dans de nombreux pays et a mis au point un matériel de campagne très utile.
(voir [Link] Hart, Stuart (ed.), Eliminating corporal punishment – the way forward to
constructive child discipline, Unesco, France, 2005.
La National Society for the Prevention of Cruelty to Children (NSPCC), fon-
dée en 1884, est une organisation caritative britannique. Ses valeurs fonda- Hindberg, Barbro, Ending corporal punishment: Swedish experience of efforts to
mentales s’inspirent de la Convention des Nations Unies relative aux droits prevent all forms of violence against children – and the results, Ministry of
de l’enfant et elle a pour mission de mettre fin à la cruauté envers les enfants Health and Social Affairs and the Ministry for Foreign Affairs, Sweden, 2001.
grâce à des lignes d’assistance téléphonique, d’aider les familles vulnérables, L’abolition des châtiments corporels: un impératif pour les droits de l’enfant
de militer pour les modifications de la loi et de sensibiliser l’opinion contre en Europe, 2e édition révisée, Editions du Conseil de l'Europe, Strasbourg,
les sévices. La NSPCC a mené une excellente campagne contre l’abus des 2007.
enfants et publie une revue Your Family à destination des parents (voir Manuel pour l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant,
[Link] 2e version intégralement révisée (comprend une analyse détaillée de la
jurisprudence du Comité des droits de l’enfant (3e édition en préparation),
Publications Unicef, 2002.
Daly Mary (ed.), La parentalité dans l'Europe contemporaine: une approche Pinheiro, Paulo Sérgio, World report on violence against children (Rapport
positive, Editions du Conseil de l'Europe, Strasbourg, 2007. mondial sur la violence contre les enfants) (il s’agit d’une publication plus
Ending legalised violence against children – Global report 2006, Global élaborée du rapport précité, qui contient davantage de renseignements,
Initiative to End All Corporal Punishment of Children, 2006. d’études de cas, de bonnes pratiques et des recommandations), Genève, 2006.

Gershoff, Elizabeth Thompson, «Corporal punishment by parents and Views on positive parenting and non-violent upbringing, Editions du Conseil de
l'Europe, Strasbourg, 2007.
associated child behaviours and experiences: A meta-analytic and theoretical
review», in Psychological Bulletin, 128, 4, 2002, pp. 539-579. Willow, Carolyne, et Hyder, Tina, It hurts you inside – children talking about
smacking: National Children’s Bureau and Save the Children, Londres, 1998.
Goicoechea Pepa, Horno, Love, power and violence – a comparative analysis of
physical and humiliating punishment patterns, Save the Children, Espagne.
Harper, Kate et al., Ending physical and humiliating punishment of children –
Manual for Action, Save the Children Suède et the International Save the
52 53
Children Alliance, 2005.
Notes personnelles

54 55
Les droits de l’enfant font grandir l’Europe.
56 57
Sales agents for publications of the Council of Europe
Agents de vente des publications du Conseil de l’Europe
BELGIUM/BELGIQUE Librairie Kléber POLAND/POLOGNE
La Librairie Européenne - 1 rue des Francs Bourgeois Ars Polona JSC
The European Bookshop F-67000 STRASBOURG 25 Obroncow Street
Rue de l’Orme, 1 Tel.: +33 (0)3 88 15 78 88 PL-03-933 WARSZAWA
B-1040 BRUXELLES Fax: +33 (0)3 88 15 78 80 Tel.: +48 (0)22 509 86 00
Tel.: +32 (0)2 231 04 35 E-mail: [Link]@librairie-kle- Fax: +48 (0)22 509 86 10
Fax: +32 (0)2 735 08 60 [Link] E-mail: arspolona@[Link]
E-mail: order@[Link] [Link] [Link]
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Jean De Lannoy UNO Verlag GmbH Livraria Portugal
Avenue du Roi 202 Koningslaan August-Bebel-Allee 6 (Dias & Andrade, Lda.)
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E-mail: [Link]@[Link] E-mail: bestellung@[Link] Fax: +351 21 347 02 64
[Link] [Link] E-mail: info@[Link]
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1-5369 Canotek Road RUSSIAN FEDERATION/
GR-105 64 ATHINAI FÉDÉRATION DE RUSSIE
OTTAWA, Ontario K1J 9J3, Canada Tel.: +30 210 32 55 321
Tel.: +1 613 745 2665 Ves Mir
Fax.: +30 210 32 30 320 9a, Kolpacnhyi per.
Fax: +1 613 745 7660 E-mail: ord@[Link]
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E-mail: [Link]@[Link]
[Link] Fax: +7 (8)495 625 4269
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1137 Bp. Szent István krt. 12.
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E-mail: euroinfo@[Link]
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Tel.: +420 2 424 59 204 E-28001 MADRID
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ITALY/ITALIE
E-mail: import@[Link] Fax: +34 915 75 39 98
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[Link] E-mail: libreria@[Link]
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DENMARK/DANEMARK Tel.: +39 0556 483215
GAD Fax: +39 0556 41257
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FRANCE [Link]
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Fax: +33 (0)1 40 15 68 00 Tel.: +47 2 218 8100 Tel.: +1 914 271 5194
E-mail: Fax: +47 2 218 8103 Fax: +1 914 271 5856
commande@[Link] E-mail: support@[Link] E-mail: Info@[Link]
[Link] [Link] [Link]

Council of Europe Publishing/Editions du Conseil de l’Europe


F-67075 Strasbourg Cedex
Tel.: +33 (0)3 88 41 25 81 – Fax: +33 (0)3 88 41 39 10 – E-mail: publishing@[Link] – Website: [Link]
Abolition des châtiments
Abolition des châtiments corporels des enfants
corporels des enfants
Questions et réponses

CONSTRUIRE UNE EUROPE POUR ET AVEC LES ENFANTS


Pourquoi interdire légalement le fait de frapper un enfant pour le discipliner? De quel droit l’Etat s’ingère-t-il dans
l’éducation des enfants? Comment peut-on amener la population à adopter une démarche parentale positive et non
Questions et réponses
violente? Ces questions et bien d’autres sont abordées dans cette brochure destinée aux parents, aux responsables
politiques, aux juristes, aux défenseurs et aux professionnels de l’enfance, en bref à tous ceux qu’intéresse le
bien-être des enfants.

Divisée en quatre grandes parties, la brochure définit ce que sont les châtiments corporels, présente des arguments
– fondés sur le droit international – en faveur de leur abolition, étudie comment arriver à l’abolition et démonte les
mythes et craintes populaires qui entourent cette question. Quand on punit physiquement un enfant, on commet un
acte de violence et une violation de ses droits fondamentaux. Tous les pays d’Europe sont légalement tenus de rejoindre
les 17 nations européennes qui ont déjà adopté l’interdiction totale des châtiments corporels.

[Link]

Le Conseil de l’Europe regroupe aujourd’hui 47 Etats membres, soit la quasi-totalité des pays du continent européen. Son
objectif est de créer un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des Droits
de l’Homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu. Créé en 1949, au lendemain de la seconde guerre
mondiale, le Conseil de l’Europe est le symbole historique de la réconciliation.

ISBN 978-92-871-6309-7

-:HSTCSH=V[XU^\: [Link]
Editions du Conseil de l’Europe
12€/18$US

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