Duel de l'ombre et de la loyauté
Duel de l'ombre et de la loyauté
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- Le première année qui a publiquement juré de te
massacrer.
Je précise, passant la main sous sa cape pour glisser la
première lame dans le fourreau situé à l'extérieur de sa
cuisse.
Elle me regarde, les yeux pleins de rage, mais comme elle ne
fait aucun geste pour me poignarder, je retire le côté de sa
cape pour enfiler l'autre au niveau de ses côtes et je fais
une pause.
Ses cheveux contrastent avec le noir de sa veste en cuir,
ses mèches argentées tressées semblent scintiller au clair
de lune.
Je savais qu'elle avait gardé ses cheveux longs, mais ils
étaient toujours attachés sur sa tête. C'est différent,
comme si c'était un petit morceau d’elle au milieu de tout ce
que cet endroit nous enlève. Elle ressemble à la Violet que
j'imaginais quand Brennan me racontait des histoires à son
sujet. Et maintenant, elle est réelle.
Mais elle reste elle et en même temps n’est plus vraiment
elle. La Violet dans ses histoires était toute gentille et
douce. Cette Violet a un avantage, ses yeux pétillent d'une
intensité qui dit que vous ne saurez pas de quoi elle est
capable tant que vous ne la pousserez pas.
Je regarde ses cheveux prenant une inspiration trop longue,
puis je remets le poignard sur ses côtes.
- Il réfléchirait probablement à deux fois avant de
comploter sur ton meurtre si tu lui lançais quelques
dagues à la tête.
- Parce que l'honneur de me tuer te revient ? Me défie-
elle. Tu voulais ma mort bien avant que ton petit club ne
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choisisse mon arbre pour se réunir. J’imagine donc qu’à
ce stade, je suis déjà enterrée, dans ton esprit.
Son poignard est toujours posé sur mon ventre.
- Tu as l’intention de parler à qui que ce soit de mon
« petit club » ?
Je la regarde, ayant besoin de voir si elle va me dire la
vérité. Si elle le dit à qui que ce soit, elle est morte. Nous le
serons tous.
- Non, dit-elle simplement. Il n’y a aucune peur là-dedans,
elle ne dit pas non parce qu’elle sait que c’est ce que je
veux entendre.
Elle le pense vraiment, j'en suis sûr.
- Pourquoi pas ?
Je penche la tête sur le côté, essayant de comprendre où se
situe sa loyauté, me demandant si elle connaît même les
règles.
- Il est illégal pour les enfants d'officiers séparatistes
de se rassembler en …
- Groupes de plus de trois personnes. Je suis au courant.
Je vis à Basgiath depuis plus longtemps que toi, me
lance-t-elle.
- Et tu ne vas pas courir voir maman, ou ton chère petit
Dain, pour cafter qu’on s’est rassemblés ?
Aetos utiliserait ça contre nous en un clin d'œil, avec son
fichu Codex, comme si c'était tout ce qui comptait au monde.
- Tu les aidais. Je ne vois pas pourquoi ça devrait être
puni.
Et à ce moment-là, je peux sentir au plus profond de moi
qu’elle fait partie des bonnes personnes. Tout comme son
frère, elle peut voir la différence entre la règle et l'ordre,
le bien et le mal. Elle n'a rien à voir avec son serpent
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pleurnicheur de meilleur ami. Et elle n'est certainement pas
là pour une mission pour mère.
- Je ne dirais rien, insiste-t-elle.
Je la crois.
Je la regarde comme si je pouvais lire dans son esprit.
Quelque chose au fond de moi me dit que je vais avoir besoin
d'elle. Peut-être pas aujourd'hui, pas maintenant. Mais
bientôt. Et ce n’est pas parce que j’ai décidé de lui faire
confiance qu’elle me fait confiance. Trop de gens lui
déversent du poison et des préjugés dans la tête. J'aurai du
pain sur la planche pour la garder neutre dans cette guerre,
et encore plus à nos côtés lorsque le monde s'effondrera.
Intéressant, dis-je finalement. On verra si tu tiens parole,
et si c’est le cas, hélas. Je vais avoir la désagréable
impression de te devoir une faveur. Je me retourne et pars
vers la citadelle avant qu'elle ne puisse argumenter.
- Tu ne vas pas « t’occuper de moi » ? me dit-elle.
- Pas ce soir ! Je réponds, l’imaginant bouche bée sur son
visage.
- Qu'est-ce que tu attends ?
Je n'en ai absolument aucune idée.
- Ce n'est pas drôle si tu es prévenue, dis-je du tac au
tac. Maintenant, retourne au lit avant que ton chef
d'aile ne se rende compte que tu es sorti après le
couvre-feu.
- Quoi ? Je peux pratiquement l’entendre, sur le cul.
C’est toi mon chef d'aile !
Je souris discrètement, enveloppant les ombres autour de
moi.
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Chapitre 7 : Défi
Deux jours plus tard, je suis dans la salle des combats et je
regarde deux de nos premières années perdre de façon
spectaculaire sur le tapis. C'est brutal à regarder, et je
peux sentir Garrick se tendre à côté de moi à chaque coup,
comme s'il encaissait chaque coup lui-même.
Je déteste imaginer à quel point cela aurait été pire s'il ne
les avait pas poussés sans relâche ces dernières nuits. Une
première année de la Deuxième Aile s'est déjà gravement
blessée. Je doute qu'elle vivra jusqu'au matin.
Même dos à l’entrée, je suis parfaitement conscient du
moment exact où Violet entre dans la salle. Je ne l'ai
presque pas vue depuis la nuit sous le chêne, et je n'ai
vraiment pas envie de la voir subir le même sort que certains
autres ici.
La seule façon de calmer mes nerfs est de penser à
l'étincelle furieuse qui brillait dans ses yeux alors qu'elle se
préparait à me lancer ses poignards. Les gens la sous-
estiment. Si elle peut utiliser cela à son avantage, elle sera
mortelle.
- Va te faire foutre, Barlowe.
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La voix de Violet résonne à travers la salle et je me retourne
pour la regarder faire un doigt d'honneur à Jack. Il est
adossé au mur en bois à quelques pas d'elle, le regard
meurtrier et un sourire sadique.
- J'espère sincèrement que tu gagneras le défi
d'aujourd'hui, lui dit-il d'une voix traînante. Ce serait
dommage que quelqu’un d’autre te tue avant que
l’occasion m’en soit donnée. Enfin ; ça ne m’étonnerait
pas. Les violettes sont des choses si délicates, si
fragiles …
Ce type n'a aucune idée à qui il parle.
La fierté gonfle dans ma poitrine alors qu'elle lui lance deux
poignards, comme je l'ai suggéré. Ils traversent l'espace qui
les sépare pour se loger dans le mur derrière lui, l'un
dangereusement près de ses couilles. Le bruit résonne à
travers la salle, obligeant presque tous les cavaliers qui ne
sont pas sur un tapis à se retourner pour les regarder. Des
ricanements se propagent dans la pièce.
Elle remue les doigts vers lui, un sourire moqueur sur le
visage. Putain, la violence lui va bien.
J'entends Liam renifler depuis les bancs et croiser son
regard ; il lève les sourcils avec un sourire effronté. Je
suppose qu'il est également impressionné par elle.
- Tu vas me le payer.
Jack la désigne du doigt, mais la menace semble ne pas
fonctionner, alors qu'il se fraye un chemin par-dessus de son
poignard entre ses couilles. Je le regarde partir, me
demandant s'il pourra attendre d’avoir franchi la porte
avant de vérifier que tout est intact dans son pantalon.
Aetos est clairement furieux contre elle. Lui disant des
conneries sur le fait de faire profil bas, c'est à peu près le
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pire plan que je n’ai jamais entendu. Les personnes qui
intimident comme Barlowe doivent être rapidement mis à
leurs places, et elle a prouvé qu'elle le tenait par les couilles.
Littéralement.
Je la regarde droit dans les yeux, donc ce n'est pas une
surprise quand ses yeux trouvent les miens. Elle me fait un
petit sourire, qui ressemble énormément à un merci. Mes
sourcils se lèvent et je me tourne pour regarder le prochain
défi commencer après trois autres défis. Mais il est difficile
de cacher ce sourire en réponse au sien. De rien, Violet.
Je suis de l'autre côté de la pièce lorsqu'elle est appelée sur
le tapis pour son premier défi, mais d'une manière ou d'une
autre, elle prend toute la place dans mes pensées. J'ai du
mal à garder mes ombres en place, elles s'efforcent
désespérément de la retrouver et de voir ce qui se passe,
même si je garde les yeux rivés sur le défi qui se présente à
moi.
Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je n'ai pas senti mon
pouvoir m'attirer ainsi depuis que ma première année, encore
en train d’essayer d'apprendre à le manier.
- Les ombres se déplacent où tu veux, chef d’aile, grogne la voix de
Sgaeyl dans ma tête.
- Je veux qu'elles restent à leur place, putain, je
réponds.
- En es-tu sur ? Je peux presque la sentir renifler à travers
le lien. Ou tu veux savoir exactement ce qui se passe avec la fille
Sorrengail ?
Je ne lui réponds pas, je regarde juste résolument dans la
direction opposée, les poings serrés par l'effort de
maintenir mes ombres exactement là où elles sont. Ce n'est
que lorsque j'entends Violet crier à son adversaire de céder
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depuis l'autre bout de la pièce que je réalise que je retiens
moi aussi mon souffle.
Je me permets de leur jeter un rapide coup d’œil. Elle est
sur le dos du première année, un genou dépassant de sa
colonne vertébrale et une lame sous sa gorge. Mais le gars a
des vomissements incontrôlables.
Je penche la tête sur le côté, les sourcils froncés. Je ne sais
pas à quoi est-ce que je m'attendais en regardant dans leur
direction, mais ce n'était certainement pas ça.
Je regarde Emmetterio intervenir enfin, ordonnant à Violet
de le lâcher. Elle balaie le poignard de son adversaire au sol
sans se retourner. Je peux dire, que vu sa tête et comment
elle se tient que quelque chose ne va pas, elle est blessée. Je
me demande si je devrais le lui dire ou si elle le sent déjà.
Le gars sur le tapis vomit toujours excessivement alors
qu'elle retourne aux côtés de Rhiannon.
C'est une réelle chance que son adversaire ait été malade
lors de son premier défi à moins que...
J'étouffe un rire en réalisant ce qu'elle a fait, me rappelant
le sac de baies qu'elle avait noué autour de sa taille dans la
forêt.
Ce n'est pas du tout de la chance.
C'est du poison.
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manière différente de ses adversaires passés. L'un semble à
peine voir droit, une autre frappe dans la mauvaise direction,
comme si son cerveau marchait au ralenti, et l'un trébuche
sur ses propres pieds, qui semblaient parfaitement stables
une semaine auparavant lorsqu'il se battait contre un
deuxième année. L’infirmerie.
Dieux, elle ressemble tellement à Brennan.
Mes ombres la surveillent presque constamment, semblant
se délecter de chaque nouveau combat. Elles me parlent de
sa sortie nocturne dans le ravin, tremblantes d'excitation
lorsqu'elles la voient saupoudrer quelque chose dans le thé
d'un cadet.
Sgaeyl en profite aussi, chantant pratiquement de joie alors
que je regarde Violet remporter chaque défi discrètement.
- Je savais que j’allais l’aimer, dit Sgaeyl après la quatrième
victoire de Violet.
Je lève simplement les yeux au ciel à dans ma tête pour que
Sgaeyl le voit.
Je n'ai absolument aucune idée de comment elle fait pour
savoir quel adversaire elle va affronter, mais elle semble le
savoir à chaque fois, les effets du poison font toujours leur
apparition lorsqu'elle est déjà sur le tapis.
Mais elle commet encore des erreurs stupides. Sa forme
physique n'est pas bonne, elle s'approche trop prêt de son
adversaire et devient une cible facile. Même empoisonnés,
ses adversaires parviennent à décrocher quelques bons
coups. Je peux dire qu'elle devient négligente, s'appuyant
sur son intelligence comme sur une béquille, ce qui ne l’aidera
absolument en rien dans la vraie guerre.
Elle est là pour apprendre. Et quelqu'un doit lui apprendre.
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Alors, quand mes ombres me disent que Rayma, une
deuxième année de la Première Aile, est la cible de Violet ce
matin-là au petit-déjeuner, il ne m’en faut pas beaucoup pour
l’envoyer à l'infirmerie.
Je me tiens discrètement appuyé contre le mur de la salle
de défi, les bras croisés sur ma poitrine, regardant se
dérouler la petite scène que j'ai créée.
- Désolé, Violet, dit le professeur Emmetterio. Tu étais
censée défier Rayma, mais elle a été emmenée chez les
guérisseurs parce qu'elle n'arrive pas à marcher droit.
Je regarde la panique monter sur son visage.
- C'est … bien dommage, dit-elle, en sortant déjà du tapis
comme si elle allait juste prendre ses affaires et partir.
- Je veux bien prendre sa place. Dis-je depuis le bord,
m'éloignant du mur pour la rejoindre.
Elle est figée sur place, refusant de me regarder.
- Tu es sûr ? dit Emmetterio par-dessus son épaule.
Oh que oui j’en suis sûr, même à 300%.
- Absolument.
Je monte sur le tapis et attends qu'elle me fasse face.
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Chapitre 8 : Le tapis
Lentement, elle pivote pour me regarder, ses yeux brillant
comme l'acier qu'elle a attaché sur sa poitrine. Des mèches
argentées traversent sa tresse, de minuscules mèches de
cheveux s'échappent à son cou. Elle plisse les yeux et sa
mâchoire se serre. Je sens mon pouls s'accélérer en voyant
à quel point elle a l'air délicieusement mortelle.
Je ne me suis pas permis de la regarder de trop près, jetant
toujours des coups d'œil de côté et des coups d'œil furtifs
à travers mes ombres. Maintenant, je ne peux pas
m’empêcher de vagabonder sur son corps, d'observer
chaqu’un de ses mouvements. Ses cuirs s'accrochent à
chaque courbe, les boucles argentées des fourreaux
attachés sur tout son corps attirent mon attention.
Son regard est fixé sur moi aussi, m'observent comme des
serpents qui s'apprêtent à frapper.
- Vous allez vous régaler, dit Emmetterio en frappant
dans ses mains. Xaden est l’un de nos meilleurs
combattants. Regardez et apprenez.
Violet marmonne quelque chose dans sa barbe, sans doute
une petite insulte qui m’est destinée.
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C'est déjà très amusant. Mes lèvres se courbent en un
sourire narquois.
- Un peu en dehors de sa catégorie, vous ne trouvez pas ?
Me défie Aetos depuis le banc de touche, crachant presque
les mots.
Je me fous de ce qu'il pense. Il est son chef d'équipe et
devrait faire bien plus que d’essayer de la sortir d’ici pour
l’aider. Il se contentait peut-être de la regarder prendre
quelques coups sur le tapis chaque semaine, en espérant que
le prochain qui réussira sera celui qui l'enverra finalement
dans le quadrant des Scribes, mais ce n'est pas mon cas.
Elle peut être bien plus qu’une Scribe.
Je le regarde par-dessus l'épaule de Violet.
- Détends-toi, Aetos. Elle sera en un seul morceau quand
j'aurai fini de lui enseigner le combat.
Il n’a même pas les couilles d’avoir honte. En fait, il semble
complètement ignorant de ce que l’on attend de lui à son
poste. Le leadership, ce n'est pas seulement être invité à
des réunions privées, dans des salles plus grandes et avec un
badge supplémentaire sur notre veste de vol. Cela vient avec
des responsabilités. Nous devons faire de notre mieux pour
apprendre à chacun des membres de notre équipe, afin qu’ils
puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. Et il laisse ses
sentiments personnels faire obstacle à ce que pourrait
devenir Violet.
- Je ne pense pas que ce soit juste … grince Aetos.
- Personne ne t’a demandé de penser, chef
d'escouade. Rétorquai-je.
Imogen parvient à peine à contenir son sourire alors que je
ferme son clapet à Aetos en quelques mots. Je m'approche
d'elle, lui remettant toutes mes armes jusqu'à ce que je sois
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complètement désarmé. J'ai besoin que Violet sache qu'elle
n'a rien à craindre de moi.
Mais je dois aussi la motiver et la pousser à apprendre. Aussi
amusant que cela puisse être à regarder, elle ne peut pas
empoisonner tout le monde. Finalement, sa chance va
tourner.
Je me retourne pour faire face à Violet, qui passe ses mains
sur ses propres lames. Elle lève un sourcil et me demande :
- Tu ne penses pas en avoir besoin ?
- Non. Tu en as apporté assez pour nous deux.
Je souris, alors que ses yeux s'enflamment, puis je lui fais
signe avancer avec mes doigts.
- Allons-y.
Ne me refais ce que tu as déjà fait, Violet. Surprends-moi.
Mais elle adopte la même position qu'elle avait pris dans la
forêt. C'est trop prévisible. Elle attrape le poignard qu'elle
lance droit sur ma poitrine.
- Déjà vu ce mouvement.
La charriant, et en appréciant la lueur de fureur dans ses
yeux alors que je retourne le poignard dans ma main pour lui
faire face. Il lui a fallu deux secondes pour perdre son seul
avantage et je sens d'ici à quel point elle est furieuse d'être
tombée dans mon piège.
Elle donne un coup de pied vers moi sans viser. C'est rapide
mais incontrôlé et plus facile que ça ne devrait l'être,
d'esquiver sa prochaine lame et d’attraper sa jambe. Elle
tombe et son dos heurte le sol lui coupant le souffle.
Je lui donne une seconde supplémentaire pour reprendre son
souffle, laissant tomber son premier poignard au sol et le
lançant vers Aetos.
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Mais elle récupère plus vite que prévu, se lève pour me
poignarder à la cuisse et je me demande si ce n'était qu'une
ruse. Je la bloque juste à temps avec mon avant-bras,
saisissant son poignet avec ma main opposée et le serre
jusqu'à ce que sa prise se desserre et qu'elle laisse tomber
la lame sur le sol. La frappe était brutale et sans impact,
mais elle reste impressionnante.
Sa rage crépite presque sur sa peau, je peux sentir son pouls
battre fort au bout de mes doigts. Je me penche et
murmure :
- On cherche le sang aujourd'hui, Violence ?
Le nom lui va si bien que je suis étonné de n'y avoir jamais
pensé auparavant.
Ses yeux brûlent de fureur tandis que je frappe à nouveau
sa lame abandonnée au sol qui traverse le tapis pour atterrir
aux pied d’Aetos.
- Je m'appelle Violet, me dit-elle, les dents serrées.
- Je trouve que ma version te va mieux, dis-je en
relâchant son poignet et en me levant pour lui tendre la
main. Allez, on n’a pas encore fini.
Je ne pense pas qu'elle sera assez stupide pour me faire
confiance, mais qu'est-ce que j’en sais ? Elle met sa main
dans la mienne et je la tire contre moi en lui tordant le bras
derrière son épaule.
- Merde ! crie-t-elle, visiblement furieuse contre elle-
même.
Je prends l'un des poignards rangés au niveau de sa cuisse
et le presse contre son cou, déterminé à ce qu'elle apprenne
correctement cette leçon. Je ne fais pas ça pour l’embêter,
même si je peux sentir les yeux de tous les cavaliers dans la
pièce tournés vers nous.
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- Ne fais confiance à aucun de ceux que tu affrontes sur
ce tapis, je lui chuchote à l'oreille, pour qu'elle seule
puisse l'entendre.
- Même quelqu'un qui me doit une faveur ? marmonne-t-
elle en retour.
Je ressens un frisson à l’idée qu’elle veuille que je la laisse
gagner, mais je ne vais pas gaspiller cette faveur alors
qu’elle doit apprendre à se passer des poisons.
Je laisse tomber le troisième poignard sur le sol et le fais
glisser sur le tapis dans la même direction que les autres,
ignorant le regard qu'Aetos me lance. Cela aurait dû être
toi, Aetos. Mais je suis plus qu'heureux de jouer le méchant
si c'est ce dont elle a besoin pour réussir.
- C'est moi qui décide quand je te rendrais cette faveur.
Je la relâche et je recule.
Elle se retourne immédiatement vers moi, me frappant à la
gorge, mais je suis prêt et je pousse son bras sur le côté.
C'est bien, mais elle peut faire mieux. J’en suis sûr.
Bien, dis-je en souriant, même si je bloque son prochain coup
de poing. Viser la gorge c’est ta meilleure option du moment
qu’elle est exposée.
Elle a déjà réalisé la plupart des mouvements qu'elle a
utilisé. Et recommence son mouvement antérieur qui fait que
j'attrape la même jambe qu'avant, m'arrêtant pour prendre
le poignard rangé à sa cuisse, plutôt que de la laisser tomber
sur le tapis, en espérant que cela la forcera à faire preuve
de créativité.
Je la lâche et repousse le poignard une fois de plus. Les
seuls poignards qui lui restent sont rangés dans à ses côtes,
m'invitant à venir les chercher.
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Violet en dégaine un et commence à me tourner au tour, mais
c’est prévisible. Elle ne bouge pas pour attaquer même
lorsque je la laisse se placer derrière moi, revenant dans ma
périphérie visuelle bien trop tôt.
Elle est à court de mouvements, il lui reste encore cinq
lames.
- Tu comptes danser longtemps ou tu vas frapper ? Je
sais que ça va l'énerver.
Elle frappe par-dessus mon épaule une seconde plus tard, et
je plonge pour y échapper, saisissant son bras et utilisant
son propre élan pour la faire basculer devant moi afin qu'elle
atterrisse face contre terre sur le tapis, ce qui provoque un
bruit sourd.
Avant qu'elle ne puisse reprendre son souffle, je suis sur
elle, un genou dans ses côtes et son bras tiré en arrière pour
la bloquer du sol. Elle crie de douleur, laissant tomber le
poignard de sa main sur le tapis. Je relâche légèrement la
pression à son cri, même si je glisse mes mains sous elle pour
dégainer un autre poignard et le glisser jusqu’à Aetos. Je ne
peux pas m'empêcher de sourire alors qu'il s’arrête à ses
pieds, le forçant à reculer d'un petit pas.
Je prends un autre de ses poignards et le tiens contre son
cou, juste en dessous de sa mâchoire. Son visage est pressé
contre le tapis, grâce la pression exercée sur son bras et
ses côtes.
Je me penche et lui murmure à l'oreille :
- C’est très intelligent d’éliminer son ennemi avant la
bataille, je te l’accorde, je lui murmure.
Toute la tension disparaît quand elle s'immobilise, retenant
son souffle.
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- Le problème, c'est que si tu ne te mets pas à l’épreuve
ici… Je frotte doucement le poignard sur son cou, le
touchant à peine, alors tu ne pourras pas t’améliorer.
Elle bouge encore un peu sous moi, avant de me lancer :
- Tu préférerais que je meurs, sans aucun doute.
- Et être privé du plaisir de ta compagnie ?
Je taquine. Mais ça ne va pas du tout, elle est sous moi ! À la
seconde où je le dis, je veux me relever.
- Je te déteste.
Ses paroles contiennent tellement de venin que c’est comme
si je recevais un coup de poignard à la poitrine. Je ne veux
pas qu'elle me déteste.
Mais la haine vaut mieux que la peur.
Je rapproche mon corps d'elle et dis, d'un ton mortellement
bas :
- Tu n’es pas la première.
Je la relâche et me lève, tendant la main vers elle pour
l'aider à se relever. Elle l’évite et recule pour se relever
toute seule.
Je souris, inclinant la tête comme si j'étais impressionné.
- Elle peut apprendre.
- Elle apprend vite, réplique-t-elle.
- Ça reste à voir.
Je recule de quelques pas jusqu'au bord du tapis, le point le
plus éloigné des spectateurs alignés du côté opposé, puis je
lui fais signe à nouveau d'avancer.
- Ce n'est pas fini tant que je ne le dis pas.
- Tu as fait valoir ton point de vue.
Elle est tellement en colère que cela s’entend presque dans
toute la salle, déclenchant une chaîne de halètements et de
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murmures. L’intensité de la rage dans ses yeux me retourne
l’estomac.
Oh, la haine vaut bien mieux que la peur.
- Crois-moi, je croise les bras sur ma poitrine et
j'attends, j’ai à peine commencé.
Elle bouge plus vite que ce à quoi je m'attendais, son
énervement alimente une vitesse de pointe. Elle parvient à
me faire plier les jambes, jetant tout son poids lourd et
solide à l'arrière de mes genoux.
C'est un bon mouvement et elle est sur moi en quelques
secondes, ses cuisses serrées de chaque côté de mon dos,
son bras s'enroulant autour de ma gorge pour la serrer. Mais
son équilibre est précaire et je jette tout mon poids sur elle,
attrapant ses cuisses pour nous faire rouler sur le tapis
jusqu'à ce que je sois au-dessus d’elle.
Elle est coincée sous moi, mon avant-bras contre sa gorge
alors qu'elle inspire profondément et lourdement, sa poitrine
se soulevant. Mais tout ce à quoi je peux penser, c'est à ses
cuisses de chaque côté de mon bassin, à ce que ça ferait si
elle les enroulait autour de moi, à quel point il serait facile
de se pencher...
Mon sang ne fait qu’un tour et je la regarde, la respiration
haletante, identique à la sienne, ne sachant pas vraiment quoi
faire maintenant que j’arrête tout mouvement.
Elle décide pour nous deux, sortant un poignard pour me
percer l'épaule, mais j'attrape son poignet à quelques
centimètres seulement de mon épaule. Je repousse son bras
pour qu'il soit coincé au-dessus de sa tête. Le mouvement
déplace mon visage juste au-dessus du sien.
Son visage rougit et ses lèvres se contractent, comme si elle
avait du mal à se retenir. J'enfonce mes doigts dans son
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poing qui maintient la lame et l'envoie glisser sur le tapis,
puis je me penche légèrement en arrière, relâchant son
poignet.
- Sors ta dague.
Il lui en reste une et je veux lui montrer comment l'utiliser.
Ce n’est pas un exercice pour lui montrer toutes ses
faiblesses ; c'est un exercice pour lui montrer les façons
dont elle peut se servir pour se battre.
- Quoi ?
- Sors. Ta. Dague.
Je répète, en passant mes doigts sur sa main et en la
guidant vers ses côtes pour récupérer la dernière lame. Nos
mains sont si serrées l'une contre l'autre que je peux sentir
son pouls battre.
- Tu es minuscule, dis-je.
Je suis sûr qu'elle y voit une insulte, certain que c'est ce qui
l'a poussée à se servir de son intelligence plutôt que ses
compétences physiques.
Mais être petite et rapide peut être mortel.
Elle ne le sait tout simplement pas encore.
- J’en suis bien consciente.
Ses yeux se plissent en me regardant, d'une manière qui me
dit que qu’elle l’a perçu comme une insulte et que ce n’est pas
la première fois qu’on le lui dit.
- Alors arrête de tenter des coups plus grands qui
t’exposent. Je guide sa main en tenant la lame sur ma
côte. Un coup dans les côtes aurait très bien
fonctionné.
- Vas-tu lui montrer toutes les façons de te tuer ? Intervient Sgaeyl
soudainement.
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- Ce n'est pas elle l'ennemi ici, je réponds en déplaçant la
main de Violet autour de mon dos.
C'est un angle contre nature pour mon propre bras et cela
déséquilibre mon poids.
- Les reins sont atteignables sous cet angle aussi. Si elle
voulait me tuer maintenant, elle pourrait le faire.
Elle avale sa salive et je la sens bouger un peu sous moi,
ramenant mon attention vers l'endroit où mon entrejambe
est pressé entre ses cuisses. Mes yeux sont fixés sur les
siens dont le bleu glacé semble briller … d’excitation ?
- Ah je vois, dit Sgaeyl d'une voix soyeuse. Elle apprécie un peu
trop ça.
Je porte nos mains jointes à ma taille.
- Si ton adversaire porte une armure, il y a de fortes
chances qu’elle ait une faiblesse ici. Voilà trois endroits
faciles où tu aurais pu frapper avant que ton adversaire
n’ait eu le temps de t’arrêter.
Elle cligne des yeux et j'aimerais savoir à quoi elle pense. Si
elle réalise que je lui montre toutes les façons dont elle peut
me blesser.
- Tu m’entends ? Je demande, avec une voix que je veux
douce et attentionnée.
Elle acquiesce.
- Bien. Dis-je un peu plus fermement. Je me penche vers
elle et murmure : Parce que tu ne peux pas empoisonner
tous les ennemis que tu croiseras. Tu n'auras pas le
temps d'offrir du thé à un griffonnier Braevi quand il
te tombera sur le râble ?
- Comment tu l’as su ?
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Sa voix est haletante et je sens ses cuisses se resserrer
autour de moi d'une manière qui me fait frissonner le long de
ma colonne vertébrale.
- Oh, Violence, tu es douée, mais j'ai connu de meilleurs
maîtres du poison.
La vérité est sortie de ma bouche avant que je puisse
l'arrêter. J'ai peut-être passé les dernières minutes à la
désarmer, mais elle a abattu tous les murs que je gardais
autour de moi et de mes secrets pendant que je la
désarmais.
J'avale difficilement ma salive, mon esprit s'emballe en
pensant à Brennan et à ce qu'il penserait de tout ça, et
j'ajoute :
- Le truc c’est de faire en sorte que ce soit moins visible.
Aetos intervient soudainement depuis le côté du tapis, me
rappelant que nous avons un public pour ce petit « combat ».
- Je pense qu’on lui a enseigné assez de choses pour
aujourd’hui.
Une petite partie de moi se demande pourquoi il lui a fallu
autant de temps pour intervenir.
- Il est toujours aussi surprotecteur ? Je demande en me
penchant un peu.
- Il se soucie de moi, réplique-t-elle d'une manière qui
laisse entendre que ce n'est pas vraiment ça.
- Il t’empêche de progresser.
J'espère qu'elle pourra le voir aussi, j'espère que ma petite
leçon lui a montré ce qu'elle peut accomplir.
- Ne t'inquiète pas. Ton petit secret d'empoisonneuse
est bien gardé avec moi, j'ajoute avec un regard
complice.
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Nous pouvons tous les deux garder les secrets de l’autre
maintenant.
Ma main est toujours verrouillée dans la sienne, serrée
fermement autour du poignard et je la remets dans son
fourreau au niveau de ses côtes, l’intimité de cela ne
m'échappant pas. Son pouls s'emballe contre le mien et je
me demande si elle est affectée par notre proximité autant
que moi. Je me lève d'un mouvement rapide, me redressant.
- Tu ne vas pas me désarmer ? me défie-t-elle en se
dressant sur ses avant-bras pour me regarder depuis le
sol.
- Non. Les femmes sans défense n’ont jamais été mon
genre. Nous en avons terminé pour aujourd'hui.
Je me tourne vers Imogen, essayant de penser à autre chose
que ce que je ressentais avec le corps de Violet sous le mien,
le feu ardent dans ses yeux.
Je me concentre sur le rangement de chaque poignard que je
range un par un, en prenant des respirations lentes et
régulières. Je sens Imogen me regarder attentivement, mais
je refuse de croiser son regard.
Quand je reprends le contrôle de moi-même, je me tourne
vers Violet, dont les doigts tremblent légèrement aussi alors
qu'elle rengaine tous ses poignards, qu'Aetos tient.
Il lui caresse la joue et je dis :
- Aetos.
Sa tête se tourne dans ma direction, sa main retombant
inutilement sur son côté.
- Elle aurait besoin d'un peu moins de protection et d'un
peu plus d'instruction, dis-je froidement, soutenant son
regard jusqu'à ce que je voie Rhiannon passer un bras
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amical autour de Violet et la ramener vers le côté des
tapis.
Il hoche la tête, et se retourne vers le tapis pour regarder
le prochain défi.
Je regarde Imogen et lui fais signe de me suivre.
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Chapitre 9 : Promesses
Imogen et Garrick sont assis de part et d'autre de la table
de ma chambre, résolus à ne pas se regarder. Au lieu de cela,
leurs yeux sont rivés sur moi pendant que je marche, Imogen
avec un air sombre et impatient et Garrick avec ses sourcils
froncés, l'expression la plus perplexe que j'ai jamais vue sur
son visage. Il ne m'a certainement jamais vu comme ça. Mais
je ne sais pas quoi faire, et j'ai finalement conclu que j'allais
avoir besoin d’une putain d'aide.
- Aetos est un problème, dis-je en me tournant pour leur
faire face.
Imogen haussa les sourcils, mais ne dit rien.
- Xaden ? dit Garrick, comme s'il ne m'avait pas bien
entendu.
- Il est trop proche d'elle.
Cela sort trop vite, trop colérique et je suis parfaitement
conscient que cela ressemble un peu trop à de la jalousie.
Mes yeux se tournent vers eux, espérant que l'un d'eux me
donnera une solution que je ne trouve pas.
Mais Garrick est toujours perdu. Il se tourne vers Imogen
qui dit :
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- Sorrengail.
- Ah.
Il se retourne lentement vers moi, ses mains levées en l'air
comme s'il essayait de ne pas effrayer un dragon. Il
s'éclaircit la gorge.
- Et pourquoi est-ce un problème ?
Je fronce les sourcils.
Comment peut-il ne pas voir le risque ?
- Aetos a la rétro cognition.
Lorsqu'il me regarde d'un air absent, je lui fais un signe de
la main. Je vais avoir besoin qu’il comprenne, et je dis :
- Et Sorrengail en sait trop.
Garrick se penche en arrière et demande :
- Qu’est-ce qu’elle sait ?
En même temps qu'Imogen avance, ses mains sur ses genoux
et dit :
- Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Merde. Le silence s'éternise entre nous, le seul bruit étant
la forte pluie sur ma fenêtre et le grondement lointain du
tonnerre sur les montagnes entourant la citadelle.
Finalement, j'avoue :
- Elle a entendu la réunion sous le chêne il y a un mois.
Les yeux de Garrick brillent de compréhension.
Imogen reste exactement là où elle était, parfaitement
immobile. Puis elle saisit un poignard dans le fourreau qui lui
recouvre les côtes et se lève, tous les muscles enroulés et
tendus.
- Je vais la tuer, putain.
Elle se dirige vers la porte, puis s'arrête à trois pas comme
si elle heurtait un mur.
- Assieds-toi. Putain. Mon ton est mortel.
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Les ombres sont verrouillées autour de ses pieds, serpentant
autour du poignet qui tient le poignard et la tournant vers
nous dans la pièce. Imogen penche la tête sur le côté,
réalisant que lutter serait inutile et s'affaisse légèrement
contre les liens. Je pourrais la tuer avant que sa main ne
touche la porte. Mes ombres la repoussent vers son siège, la
forçant à s'y asseoir. Ils la maintiennent en place alors
qu'elle lance un regard meurtrier dans ma direction, prenant
de profondes inspirations de colère.
Garrick nous observe attentivement tandis qu'une de mes
ombres force la main d'Imogen à s'ouvrir, laissant tomber la
lame sur le sol. Elle est toujours armée jusqu'aux dents,
mais le cliquetis du métal me rappelle exactement ce dont je
suis capable lorsqu'on me pousse.
- De toute façon, tu ne peux pas tuer un coéquipier. Tu
serais exécutée.
Lui dit Garrick, mais ses yeux suivent les ombres.
- Je préfère mourir que se soient vous qui mourriez.
Elle ne le regarde pas, ses yeux rivés sur moi, son ton
venimeux.
- Tu n'écoutes pas, dis-je, relâchant l'emprise des
ombres jusqu'à ce qu'elles replongent dans l'obscurité.
Elle a entendu la réunion près des arbres il y a un mois. Et
nous respirons tous encore. Elle n'est pas avec eux.
La bouche d'Imogen se crispe pour ne pas balancer tout ce
qu’elle veut dire.
Garrick secoue la tête, confus.
- Alors pourquoi est-elle ici ? Elle est censée être dans le
quadrant des Scribes.
La question me ronge. Pourquoi est-elle ici ? Aetos a proposé
de la faire sortir, de l'amener là où elle est censée être,
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mais elle n'a pas accepté. Elle reste par choix, trouvant ses
propres moyens de survie dans cet enfer.
Un grondement de tonnerre résonne dans le quadrant, plus
fort cette fois à mesure que la tempête se rapproche. Je
repense à Violet traversant le parapet, et à la tempête dont
j'étais convaincu qu'elle serait une impasse à ses
motivations. Et peut-être que c’était le cas, mais pas comme
je le pensais ?
La dernière pièce du puzzle s’enclenche.
- Sa mère l'a envoyée ici pour mourir, dis-je, pour moi-
même comme pour les autres.
Les yeux d'Imogen s'écarquillent.
- T’es devenu fou, dit Garrick en me regardant comme si
j’avais perdu la tête. Je lève mes mains en l'air.
- Putain, j’en sais rien, Garrick ! D’accord ? Je ne sais pas.
Je recommence à faire les cent pas sans m'en rendre
compte.
- Est-ce que le pourquoi est important ? Elle est là. C'est
la petite sœur de Brennan. Et elle en sait déjà plus
qu’elle ne le devrait.
- Pourquoi n'as-tu rien dit ? Demande Imogen, ses yeux
suivant mes mouvements à travers la pièce.
- J’aurais pu réparer ça ; c'est trop tard maintenant.
Je marche toujours, je leur tourne le dos tandis que je dis :
- C'était un test. Elle a réussi.
Je ne veux pas voir le regard qu'ils échangent dans mon dos.
La pause s'étend sur un temps, deux.
- C'était un peu risqué, mon frère, dit doucement
Garrick.
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- Ouais, dis-je en me tournant finalement vers lui,
m'attendant à voir le jugement dans ses yeux, mais ce
n'est que la compréhension que j’y trouve.
C'est l'un des plus gros paris que je n’ai jamais faits, un pari
sur toute leurs vies et c'est seulement maintenant, en le
disant à haute voix, que je réalise à quel point c'était un
risque. À l'époque, en regardant Violet, et en voyant la
vérité et la bonté dans ses yeux, cela ne constituait pas du
tout un grand risque.
Je retire la dernière chaise à côté d'eux à la table et
m'assois, posant ma tête dans mes mains. Je les sens tous
les deux pivoter pour me faire face.
- Est-ce que c'était ce qu'il s’est passé sur le tapis
aujourd'hui ? demande Imogène.
- Un autre de tes tests ?
Je lève légèrement la tête, mes mains glissent vers le bas
pour que mes doigts s'appuient sur mes tempes et
maintiennent son regard.
- Non. Elle avait besoin d’enseignements, alors je lui ai
enseigné.
Imogen me regarde comme si elle pouvait voir à travers moi.
- Je pourrais toujours la tuer sans transpirer.
Je sais qu'elle dit ça pour m'énerver. Je ne lui donne pas
cette satisfaction, je lui souris simplement comme si je
pensais qu'elle plaisantait.
- Personne ne la tue, dit Garrick. Nous allons informer
Brennan à Aretia. Voyons ce qu’il pense de tout cela.
Il regarde entre nous comme s'il attendait que nous
protestions. Quand personne ne le fait, il ajoute :
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- Nous pourrons rentrer chez nous avec les lettres dans
quelques jours, lorsque nous retrouverons les
griffonniers près d’Athebyne.
Enfin quelqu'un avec un putain de plan.
J'acquiesce un peu trop souvent.
- Oui ok. Bien. Donne-moi un stylo. Je fais signe à
Garrick, la main tendue.
- Maintenant ? Il est incrédule.
Ma main tombe.
- Qu'est-ce qui ne va pas maintenant ?
- Qu'est-ce que tu vas dire ? demande Imogène. « Hé
Brennan, Violet est une cavalière, pas une scribe. As-tu une idée de ce que
fait ta salope de mère ? »
- PS, je pense que ta sœur a l'air sexy dans ses cuirs. plaisante
Sgaeyl.
- Pas maintenant, je réponds, déversant des ombres dans
le lien pour essayer de la bloquer.
Mais mon esprit est soudainement préoccupé par la beauté
de Violet sur le tapis plus tôt dans la journée, les lames
attachées autour de sa taille, les nervures du cuir
accentuant chaque courbe.
- On ne l'écrit pas maintenant, dit Garrick. En plus, nous
aurons besoin de Bodhi pour le coder de toute façon.
- OK OK. Dis-je en m'appuyant sur ma chaise. Garrick
pousse un grand soupir.
- Imogen… je commence.
- Non, Xaden.
Elle lève les deux mains comme si elle pouvait arrêter cette
série de questions avant qu'elle ne commence.
- Je sais ce que tu vas demander, et la réponse est non.
- Je… Commençais-je.
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Je ne veux pas lui ordonner de faire ça. J’ai besoin qu’elle
comprenne à quel point c’est nécessaire, qu’elle veuille le
faire. C'est le seul moyen d'être sûr qu'elle n'échouera pas.
- Non ! Elle claque ses mains sur la table, faisant
sursauter Garrick sous la force de son coup. Je ne vais
pas aider cette salope de Sorrengail.
Elle finit sa phrase en serrant les dents.
- Je ne te demande pas de l'emmener pique-niquer sur le
terrain de. vol, je réplique. J’ai juste besoin que tu
surveilles Aetos. Interviens quand tu le peux. Essuye
quand tu ne peux pas.
- Ou tu sais, tu pourrais simplement arrêter de lui donner
des informations qui pourraient tous nous tuer. Réplique
Imogen, d'un ton vicieux. Cela atterrit comme un coup
dans mon ventre.
- Je ne transmets pas ses informations, dis-je, les poings
serrés sur la table, les ombres se dessinant autour de
nous.
Garrick tend les mains, une devant chacun de nous en guise
d'intervention.
- Je pense qu'elle dit simplement que tu dois garder tes
distances.
Lorsqu'il est convaincu qu'aucun de nous n'est sur le point de
tuer l'autre, il ajoute :
- Nous abordons ce problème des deux côtés. Imogen
surveille Aetos. Et toi, Xaden tu évites Sorrengail.
Simple.
- Très bien, dit Imogen, affalée sur sa chaise, les bras
croisés sur sa poitrine.
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- Très bien, dis-je, mais ma poitrine se serre lorsque je
pense aux yeux furieux et brûlants de Violet sous moi
sur le tapis.
Cela ne me semble pas bien du tout.
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Chapitre 10 : Dépliants
- Re-dis-moi le encore, dit Sgaeyl, alors que nous nous
rapprochons de notre point de rendez-vous à
l'extérieur d'Athebyne.
Cela fait déjà des heures que nous volons, mais c'est une
belle nuit ; le clair de lune scintille sur la neige des sommets
et les ombres dansent à travers la cime des arbres alors
qu'elles se balancent sous le battement des ailes des
dragons.
Je l'ai lu tellement de fois cette lettre, qu'elle est gravée
dans mon cerveau.
- La Générale Sorrengail a envoyé Violet dans le
Quadrant des Cavaliers. Nous veillons sur elle pour toi.
Pouvons-nous lui faire confiance ?
Bodhi l'a finalement écrit, ignorant les demandes insistantes
d'Imogen de supprimer la deuxième ligne qui impliquait
qu'elle était sous protection.
C'est factuel, rassurant et donne à Brennan le pouvoir de
décider dans quelle mesure nous pouvons lui faire confiance.
Je ne veux certainement pas passer cet appel.
- Je préfère toujours ma version. Renifle Sgaeyl.
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