Égalité filles / garçons
UE3 : devenir acteur du secteur public, de la communauté éducative
Définitions :
Égalité = principe à valeur constitutionnelle « la loi doit être la même pour tous » (Article
6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Le code pénal sanctionne les
distinctions fondées sur l’origine, le sexe, la situation de famille, la grossesse, l’apparence
physique, la vulnérabilité résultant de leur situation économique, le nom, le lieu de
résidence, l’état de santé, le handicap, l’orientation sexuelle, etc.
En maths : caractère des grandeurs ou qtés qui peuvent se substituer l’une à l’autre sans
qu’il en résulte augmentation ni diminution.
En droit : principe selon lequel tous les individus sont égaux devant la loi, c-à-d sont tenus
par les mêmes obligations légales et jouissent des mêmes droits civils.
En sociologie, égalité sociale : principe selon lequel les charges et avantages sociaux sont
répartis proportionnellement à la capacité, au travail et aux mérites de chacun.
Égalité ≠ équité
Égalité ≠ identité l’égalité n’implique pas l’identité entre les deux sexes.
Est identique ce qui est semblable à autre chose. Or, le mot identité, dans son emploi
politique et social, signifie ce par quoi l’on différencie une communauté d’une autre ou un
individu d’un autre.
Identité biologique :
23 chromosomes du père + 23 chromosomes de la mère 1 individu unique (hormis les
vrais jumeaux)
Dès la fécondation, dès la formation de la cellule-œuf puis de l’embryon, le sexe est
déterminé par les chromosomes sexuels, c’est le sexe génétique encore appelé sexe
chromosomique :
- XX détermine le sexe féminin
- XY détermine le sexe masculin
L’évolution des organes génitaux externes : jusqu’à la 8ème semaine, identique chez la fille ou
le garçon. Les gènes à effet féminisant // la testostérone se définissent à partir de la 12ème
semaine.
Le sexe gonadique est obtenu, il va finir son évolution en sexe de phénotype masculin ou
féminin jusqu’au 9ème mois de grossesse.
La présence d’organes génitaux externes masculins (pénis et testicules) ou féminin (vulve et
vagin) détermine la déclaration de sexe masculin ou féminin à l’état civil.
Caractères sexuels primaires : le phénotype correspond à l’ensemble des caractères
physiques définissant un individu.
Identité biologique : caractères sexuels secondaires (barbe, pomme d’dam, seins…) vont
apparaître sous l’influence d’une imprégnation hormonale pendant la puberté.
Identité sexuée/identité de genre : conscience d’appartenir aux sexe féminin ou masculin :
sphère publique.
= C’est la conscience qu’à chacun d’être du sexe masculin ou féminin.
Identité sexuée seulement à déterminisme biologique ?
C’est le fait de se sentir un homme ou une femme et d’être reconnu socialement comme tel.
Cette identité n’est pas innée, elle s’élabore de l’acquisition du langage. Elle sera confirmée à
l’adolescence.
Elle est le résultat d’une construction dans laquelle interviennent des facteurs biologiques,
sociaux et psychologiques.
Le terme de genre correspond à la dimension sociale. Il concerne les attributs de chaque
sexe mais aussi les rapports sociaux entre les sexes, la partition et la hiérarchie entre les
femmes et les hommes qui traversent toutes les cultures.
Dans sa dimension psychologique : elle est du côté de l’appropriation subjective, en lien avec
la représentation et les attentes de l’entourage. Elle dépend de la façon dont l’individu
adhère aux normes sociales de féminité et de masculinité. La construction de l’identité est
personnelle, évolue au cours de la vie en fonction des échanges entre l’individu et son
environnement social, avec plus ou moins de conformité aux normes socialement édictées.
C’est donc un parcours personnel. Une personne peut s’identifier bien plus tard qu’à
18 ans.
Différentes identités de genre
- Féminin : une personne de genre féminin se reconnaît dans les caractéristiques
féminines définies par la société
- Masculin : une personne de genre masculin se reconnaît dans les caractéristiques
masculines définies par la société
- Non binaire : une personne non binaire ne se reconnaît ni dans le masculin ni dans le
féminin
- Gender queer : une personne qui se décrit comme n’étant ni masculine, ni féminine,
les deux, ou un mélange des deux. Elle peut utiliser aussi le terme « neutrois »
- Gender fluid : quand l’identité et l’expression de genre fluctuent en fonction du
moment de la vie ou des circonstances
En fonction des organes sexuels à la naissance et de l’identité de genre, une personne peut
être :
- Cisgenre : l’identité de genre d’une personne cisgenre correspond au genre donné à
la naissance
- Transgenre : l’identité du genre ne correspond pas au genre donné à la naissance
Exemples : David Bowie et Conchita
Stéréotypes sexuels
Ils désignent les référents et signifiants culturels attribués à chaque sexe. Ce sont des
représentation simplifiées, déformées, des idées préconçues, des croyances largement
partagées qui enferment chaque sexe en l’assujettissant à la norme. Ils peuvent par ailleurs
avoir une fonction discriminatoire : on parlera alors de stéréotypes sexistes qui sont le plus
souvent dévalorisants pour le sexe féminin.
Les médias, la publicité, les lieux de socialisation, le domaine commercial ont tendance à
renforcer ces stéréotypes, dans lesquels les adolescents se confortent pour se structurer et
se rassurer dans leur identité sexuelle.
Les filles aiment le rose et les paillettes.
Les garçons aiment le bleu.
Les filles qui portent des mini jupes sont faciles…
Égalité fille/garçon est un héritage du passé :
Historique
Politique
Social
Le droit à l’éducation des femmes
Date de mixité à l’école : 1975
Responsable de l’enseignement mixte obligatoire dans l’enseignement public français : René
Haby en 1975
Date de l’idée d’égalité dans la société : 1791 déclaration des droits de l’homme et du
citoyen : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits »
Qui a permis l’instruction au sein des écoles de filles : François Guizot
Date et responsable de l’enseignement public, laïc, gratuit pour tous : Jules Ferry
Obtention du droit de vote pour les femmes en : 1944
Inscription des femmes à l’université sans l’autorisation de leur mari : 1938
Les femmes perçoivent un salaire pour une activité pro sans l’autorisation du mari en : 1966
Disposition de la contraception pour les femmes : 1967
Disparition de la notion de chef de famille dans le code civil régissant la loi relative à
l’autorité parentale conjointe : 1970
Légalisation de l’IVG : 1975
Date de la délivrance sans ordonnance des contraceptifs d’urgence : 2000 (5134-1 du code
de la santé publique autorisant les infirmières scolaires à administrer une contraception
d’urgence aux élèves mineures et majeures ainsi que de la délivrance à titre gratuit dans les
pharmacies d’une contraception d’urgence aux mineures).
Contraception
Gratuite pour les moins de 26 ans (au lieu des 15/18 ans), puis moins de 15 ans. À partir
du 1er janvier 2022.
Une consultation remboursée par an avec sage-femme ou médecin. L’accès gratuit et
confidentiel à la contraception n’était jusqu’alors garanti que pour les mineures.
Dès le 1er janvier 2023, tous les jeunes âgés de moins de 26 ans, quel que soit le sexe,
pourront obtenir des préservatifs masculins gratuitement en pharmacie.
Contraception d’urgence gratuite pour les majeurs et plus seulement pour les mineurs
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d’urgence est intégralement prise en charge par
l’Assurance maladie ou par l’AME (Aide Médicale de l’État) et disponible sans prescription
médicale en pharmacie pour toutes et tous, majeurs et mineurs.
Violences faites aux femmes
1975 : premier lieu d’accueil des femmes battues à Clichy.
2004 : loi relative à l’éviction du conjoint violent du domicile conjugal
2005 : obligation du choix d’un statut pour le conjoint collaborateur
Photographies 2021
Filles et garçons : sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement supérieur, 2021
Objectifs :
- Mesurer les différences entre les résultats des filles et des garçons dans deux
champs : maths et français
- Observer si les filières d’orientation sont genrées
Au CP (rentrée 2020) la maîtrise est plus ou moins égale entre les filles et les garçons en
mathématiques. En français, les filles présentent une maîtrise légèrement supérieure (61%
filles contre 55% garçons pour un domaine en particulier).
Au DNB, les filles obtiennent des résultats nettement meilleurs que les garçons. En général,
les filles réussissent mieux au DNB (taux en 2019).
Les filles ont consacré davantage de temps à leurs activités scolaires, et de manière plus
autonome lors du confinement.
Les déterminants des inégalités fille/garçon
Les déterminants sont nombreux et présents partout, visibles ou non, souvent bien
antérieurs aux choix d’orientation : dans la configuration et l’appropriation de l’espace
scolaire (toilettes, cour de récréation, etc.), dans les relations entre élèves, dans la trop faible
place faite aux femmes dans les programmes, dans les représentations genrées des
disciplines, des formations et des métiers portées consciemment ou non par les enseignants,
personnels, parents…et inévitablement par les élèves…
Les interactions avec les enseignants
Les deux tiers des interactions enseignant-e/apprenant-e-s seraient consacrés aux garçons
contre seulement un tiers aux filles.
La nature des interactions est différente, communication davantage verbale vers les filles, et
non verbale envers les garçons.
L’analyse de la réussite des élèves selon les enseignants varie également : garçon/talent,
fille/travail.
Pour chaque enseignant(e)
Un des principaux leviers de l’enseignement de l’égalité entre les filles et les garçons réside
dans le travail sur les stéréotypes : il s’agit de repérer en quoi certains de ces stéréotypes
peuvent, pour les élèves, constituer des obstacles à la construction d’une personne
épanouie, au développement des compétences psychosociales, sociales et citoyennes, voire
devenir des freins en termes de parcours scolaire et de choix d’orientation, tant pour les
filles que pour les garçons.
Un cadre réglementaire légal nous invite à travailler ces questions
Objectif : L’École compte parmi ses missions fondamentales celle de garantir l’égalité des
chances des filles et des garçons. C’est le sens des articles L.121-1 et L.312-17-1 du code de
l’éducation qui disposent que l’École contribue, à tous les niveaux, à favoriser la mixité et
l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment en matière d’orientation, ainsi qu’à la
prévention des préjugés sexistes et des violences faites aux femmes.
Déclinaison
Code de l’éducation, Article L.121-1 :
« Les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur sont
chargés de transmettre et de faire acquérir connaissances et méthodes de travail. Ils
contribuent à favoriser la mixité et l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en
matière d’orientation. Ils concourent à l’éducation à la responsabilité civique et participent à
la prévention de la délinquance. Ils assurent une formation à la connaissance et au respect
des droits de la personne ainsi qu’à la compréhension des situations concrètes qui y portent
atteinte […]. Les écoles, les collèges et les lycées assurent une mission d’information sur les
violences et une éducation à la sexualité. »
Les enfants aussi ont des cours d’égalité filles/garçons, les stéréotypes…
Les enjeux forts Déconstruction des stéréotypes
Égalité des chances L’orientation
Prévention violences sexistes
Violences
La nature des violences n’est pas la même entre les filles et les garçons. Les filles sont
davantage mises à l’écart ou victimes de violences à caractère sexuel tandis que les garçons
sont concernés par plus de violences physiques.
Augmentation de la mise à l’écart, pas de raisons particulières « c’est ton tour ».
Cybersexisme
Constat violences sexistes : le Centre Hubertine Auclert et l’Observatoire régional des
violences faites aux femmes ont coordonné la 1ère étude en France portant sur le
phénomène du cybersexisme, auprès de 1200 élèves franciliens. Les résultats ont été publiés
en septembre 2016.
Définition : le cybersexisme désigne les violences qui se déploient à travers le cyberespace
(« en ligne ») dans le but d’insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs, ostraciser,
exercer une coercition externe et qui contaminent l’espace en présentiel (« hors ligne ») ou
inversement.
Le cybersexisme touche majoritairement les filles mais contribue à imposer les normes de
féminité et de masculinité aux deux sexes, garçons et filles.
Le cybersexisme réduit ainsi les filles à leur apparence physique et vise à contrôler leur
sexualité tout en survalorisant la virilité et la sexualité des garçons.
Le cybersexisme est d’autant plus violent qu’il bénéficie d’une double invisibilité :
- Il se déroule dans un espace virtuel, favorisant l’anonymat, la dissémination et
échappant au contrôle, en particulier des adultes.
- Il s’inscrit dans un système de contraintes liées aux rôles assignés aux filles et aux
garçons qui sont intériorisées, et rendent difficile son repérage.
3 filles et 2 garçons par classe sont victimes de cybersexisme…
Le climat en ligne
En ligne : les violences sexistes et sexuelles se poursuivent et s’amplifient…
Rumeurs et insultes : le sexisme sur les écrans :
- Plus d’une fille sur 5 (20%) rapporte des insultes en ligne sur son apparence
physique : poids, taille ou tout autre particularité physique, pour 1 garçon sur 8 (13%
des garçons).
- Les rumeurs qui circulent en ligne concernent deux fois plus les filles (13,3%) que
les garçons (6,3%).
Envoi et partage de textos, photos ou vidéos : les violences à caractère sexuel sont
démultipliées :
- Plus d’une fille sur 6 (17%) a été confrontée depuis le début de l’année à des
cyberviolences à caractère sexuel en lien avec des photos, vidéos ou textos, pour 1
garçon sur 10 (11%).
La charte de la laïcité
La charte de la laïcité présentée le 9 septembre 2013 a pour objectif de définir et d’expliquer
la laïcité. Les articles 4, 6, 8, 9 et 12 de la charte de la laïcité abordent la thématique de
l’égalité. Abdennour Bidar, chargé de mission sur la laïcité au ministère de l’Éducation
nationale, détaille en vidéo le contenu des articles de la charte de la laïcité à l’école.
+ Possibilité de consulter le référentiel de compétences attendues chez les enseignants.
[Link]