0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues48 pages

Minéralogie et Pétrographie Essentielle

Transféré par

Zegue Elisée
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues48 pages

Minéralogie et Pétrographie Essentielle

Transféré par

Zegue Elisée
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

La géologie (du gr. gé, terre, et logos, discours, parole) : Science comprenant l’étude des
parties de la Terre directement accessibles à l’observation, et l’élaboration des hypothèses qui
permettent de reconstituer leur histoire et d’expliquer leur agencement. Les principales disciplines
de la géologie sont :
La pétrographie (ou pétrologie : étude des roches) qui s’appuie obligatoirement sur la minéralogie
(étude des minéraux) et sur la cristallographie (étude des propriétés de l’état cristallin de la
matière). Une branche spécialisée en est la volcanologie (ou vulcanologie : étude des volcans).
La sédimentologie, en effet, étudie la façon dont se déposent les sédiments, et dont se sont
constituées les roches sédimentaires. La géochimie est l’étude du comportement chimique des
éléments, en particulier dans les roches (magmatiques, métamorphiques, sédimentaires), mais aussi
dans les eaux (continentales et marines), et dans l’atmosphère.
La stratigraphie est l’étude de la succession des sédiments. Les conditions de leur dépôt étant
précisées par l’analyse sédimentologique, elle permet une reconstitution des paysages du passé ou
paléogéographie. Cette opération exige que soient remises en place les différentes régions dérangées
par les mouvements de l’écorce terrestre, et doit donc tenir compte de la discipline suivante.
La tectonique est en effet l’étude des déformations de la partie superficielle de la Terre. Elle peut
être envisagée à différentes échelles : centimétrique (microtectonique), régionale (géologie
structurale), mondiale (tectonique globale), La tectonophysique est la branche qui utilise plus
spécialement des méthodes physiques.
La paléontologie étudie les êtres fossiles, soit animaux (paléozoologie) soit végétaux
(paléobotanique). Lorsqu’elle concerne des organismes de très petite taille, on parle de
micropaléontologie. Elle est très en rapport avec la stratigraphie, notamment lorsqu’elle se charge
de dater les couches de terrain par l’examen de leur contenu en fossiles (paléontologie
stratigraphique).
La géomorphologie étudie l’évolution des reliefs de la surface terrestre et les causes de celle-ci.
Elle est à mi-chemin entre la géologie et la géographie.
La géologie appliqué, n’est pas à proprement parler une discipline particulière, mais regroupe les
applications pratiques de toutes les branches de la géologie (mines, pétroles, travaux publics,
hydrogéologie,...).

Ce support réunit des éléments de base de minéralogie et de pétrographie. Il comprend deux


parties. La première concerne les minéraux, et la seconde, les roches. Les roches sont les matériaux
constitutifs de l’écorce terrestre. Elles sont, en général, formées d’associations naturelles et
homogènes de minéraux.
L’objectif principal de ce cours est de conduire l’étudiant à acquisition des notions lui permettant
de définir et de reconnaître les principaux minéraux et les grands types de roches.

La minéralogie est la science qui étudie les substances cristallines que sont les minéraux. Elle a
pour but de recenser, de reconnaître et de définir les propriétés et les conditions physico-chimiques
d’apparition de toutes les espèces minérales. Elle comporte :
- la minéralogie géométrique (étude de la géométrie du réseau et la nature des atomes le
constituant),
- la cristallochimie (détermination des constituants chimiques des cristaux),
- la minéralogie descriptive
- et la géochimie (étude des conditions de formation et de transformation des minéraux).

La pétrographie est l’étude descriptive des roches. Elle a pour but de caractériser les roches, de
les nommer et de les classer. La pétrologie est la recherche des circonstances géologiques et des
mécanismes physico-chimiques qui ont pu présider à la genèse des roches.
Pétrographie et pétrologie sont deux sciences complémentaires puisqu’il serait absurde, par
exemple, de vouloir décrire des roches sans se soucier de leur origine ou bien de rechercher leur
mode de formation sans tenir compte de leur aspect physique.
Première partie

LES MINERAUX
I – Quelques définitions
1- Le minéral
Un minéral est un solide naturel, homogène (présentant les mêmes propriétés dans toutes ses
parties), possédant une composition chimique définie [ex. (Fe, Mg)2SiO4 = olivine] et une structure
atomique ordonnée.

2- L’état cristallin et l’état amorphe


La substance minérale se présente sous deux principaux états qui sont : l’état amorphe et l’état
cristallin. Dans l’état amorphe, les atomes et les ions sont répartis sans périodicité, c’est un état
désordonné. Par contre, dans l’état cristallin, les atomes et les ions ont une répartition périodique
et géométrique dans les trois dimensions de l’espace.
L’état cristallin se manifeste extérieurement par des formes géométriques bien définies, avec des
faces, des sommets et des arêtes (polyèdres).
Un cristal sera défini par la répétition périodique dans l’espace d’un atome ou d’un groupe d’atomes
appelé motif cristallin
Un minéral possédant des formes cristallines bien développées est dit automorphe (quartz
automorphe). Il s’agit généralement de minéraux de grande force de cristallisation ou de minéraux
ayant cristallisé les premiers (ex. les nésosilicates). Au cas contraire, les minéraux sans forme propre
sont dits xénomorphes. Ce sont des minéraux à croissance faibles ou à cristallisation tardive, se
contentant des espaces restés libres (ex. les tectosilicates, les micas).

Opale : État amorphe: la disposition des atomes dans le solide


n’est pas organisée (ou organisée à très courte distance
(quelques nm)
Quartz : État cristallin : la disposition
des atomes dans le solide est organisée
Fig. 1 : Etat amorphe ou état cristallin : exemple de la silice SiO2

3- Le cristal
Un cristal est un solide minéral, naturel ou artificiel homogène limité par des surfaces planes
appelées faces faisant entre elles des angles bien définis, se croisant en arêtes et en sommets.

4 – La maille élémentaire
Si l’on assimile les atomes à des points, on peut représenter l’état cristallin du minéral comme le
montre la figure 2. L’ensemble des points disposés dans l’espace constitue le réseau cristallin. On
constate que ce réseau est la répétition dans les trois dimensions de l’espace et par translation d’un
motif géométrique appelé maille élémentaire (fig. 2). La maille élémentaire est donc l’enveloppe du
plus petit parallélépipède de la matière cristalline conservant toutes les propriétés géométriques,
physiques et chimiques du cristal et contenant suffisamment d’atomes pour correspondre à la
formule chimique (ex. rhomboèdre de calcite).
La maille élémentaire de NaCl est un cube dans lequel les cations Na+ occupent les sommets du
cube et les centre des faces du cube alors que les anions Cl- occupent les milieux des arêtes du cube
et le centre du cube. Donc pour :
- Les Na+, chaque cation de sommet appartient à huit (08) mailles dans le réseau et compte
pour un huitième dans chacune ; nous avons au total un. Chaque cation de centre de face appartient
à deux mailles dans le réseaux et compte pour un demi (1/2) dans chacune, nous avons donc trois
(03). En définitive nous avons quatre (04) cations Na+ dans la maille élémentaire.
- Pour les Cl-, chaque anion de milieu d’arête appartient à quatre mailles dans le réseau et
compte pour un quart dans chacune, nous avons donc au total trois. L’anion de centre du cube
appartient entièrement à la maille. Nous avons en définitive quatre anions Cl-dans la maille.
Ainsi, la maille élémentaire de NaCl contient donc quatre molécules de NaCl.

II- Quelques notions de cristallographie


1- Les systèmes cristallins
Dans un système à trois dimensions (x, y, z), la géométrie de la maille est définie par trois vecteurs
a, b, c, portés respectivement par les dimensions ox, oy, oz et donnant entre eux les angles α, β, γ.
Les longueurs a, b, c des vecteurs sont appelées paramètres linéaires et α, β, γ les paramètres
angulaires.
x

Maille
élémentaire
y

z
Fig. 2 : Réseau cristallin et maille élémentaire

En considérant les paramètres angulaires et linéaires, il existe dans le monde minéral seulement
sept (7) mailles élémentaires possibles définissant les sept (7) systèmes de base ou solides primitifs.
Ce sont les systèmes cubique, quadratique, orthorhombique, hexagonal, rhomboédrique,
monoclinique et triclinique (fig. 3). Ces formes simples ou fondamentales sont caractérisées par 3
opérateurs de symétrie : le centre de symétrie, l’axe de symétrie et le plan de symétrie (figure 3).

– Le centre de symétrie (C)


C’est un point situé à l’intérieur du polyèdre tel que les sommets opposés se correspondent 2 à 2
sur une ligne passant par ce point. Les deux sommets d’un couple doivent être à égale distance de
part et d’autre de ce centre.

– L’axe de symétrie (A)


C’est une ligne qui est telle que si l’on fait tourner le polyèdre d’un certain angle autour, on retrouve
l’aspect initial du polyèdre. On dit qu’il se coïncide avec lui même. Le nombre de fois qu’il y a
coïncidence après une rotation complète (2π) du polyèdre détermine l’ordre de l’axe. Ainsi si pour
une rotation de 2π il y a:
 2 fois coïncidence, on a un axe d’ordre 2 (A2) ;
 3 fois coïncidence, on a un axe d’ordre 3(A3) ;
 fois coïncidence, on a un axe d’ordre 4 (A4);
 6 fois coïncidence, on a un axe d’ordre 6(A6).
L’axe de symétrie passe soit par les milieux de faces opposées, soit par les milieux des arêtes
opposées, soit par les sommets opposés.

- Le plan de symétrie ou miroir (M)


C’est un plan qui divise le polyèdre en deux moitiés qui sont image l’une de l’autre dans un miroir.
Il est noté M et est souvent associé à un axe de symétrie qui lui est perpendiculaire.

Figure 3 : les éléments de symétrie

Dans la pratique, la recherche des éléments de symétrie d’un solide nécessite l’application des lois
de symétrie :
- un axe de symétrie d’ordre pair est toujours associé à un miroir qui lui est perpendiculaire.
En conséquence l’axe de symétrie d’ordre 3 n’a pas de plan correspondant.
- dans le monde minéral il n’existe pas d’axe d’ordre 5.
- il n’existe pas d’axe de symétrie d’ordre supérieur à 6.
- deux axes de symétrie perpendiculaires sont toujours associés à un troisième qui leur est
perpendiculaire.

2- Propriétés des 7 primitifs


– Système cubique
Le primitif est un cube, solide à 6 faces carrées égales et parallèles 2 à 2, avec 12 arêtes et 8
sommets : paramètres linéaires : a = b = c - paramètres angulaires α = β = γ = π /2
3A4 6A'2
Formule de symétrie : 3M ; 4A3 ; 6M' ; C
- Système quadratique
Le primitif est un prisme droit à base carrée, une déformée du cubique parallèlement à un A4 ainsi
conservé : a = b ≠ c, α = β = γ = π /2
A4 2A'2 2A''2
Formule de symétrie : M ; 2M' ; 2M'' ; C
– Système orthorhombique

z
z z

c c c
β α y β α b y
a β α b y a
γ γ
x a γ x
x
Cube Orthorhombique
Quadratique
z z

c
c α
β b
α y a γ y
β b
a γ x
x Rhomboédrique
Hexagonal
z
z

c c
β α
b y β α y
b
γ a γ
a x

x Triclinique
Monoclinique
Fig. 4 : Les sept systèmes cristallins
Prisme droit à base rectangle ou losange, c’est une déformée du quadratique parallèlement à un A2
ainsi conservé : a ≠ b ≠ c, α = β = γ = π /2
A2 A' A''
Formule de symétrie : M ; M' ; M'' ; C
– Système rhomboédrique
Le primitif est un rhomboèdre, solide à 6 faces losangiques égales et parallèles 2 à 2, une dérivée
du cubique parallèlement à un A3 ainsi conservé : a = b = c, α = β = γ = π /2 Formule de
3A2
symétrie : A3 ; 3M ; C

– Système hexagonal
Prisme droit à base hexagone régulier : a = b ≠ c, α = β = π /2 ≠ γ = 2π/3
A6 6A'2
Formule de symétrie : M ; 6M' ; C

– Système monoclinique
Prisme oblique à base rectangle ou losange : a ≠ b ≠ c, α = γ = π /2 ≠ β
A2
Formule de symétrie : M ; C
– Système triclinique
Prisme oblique à base parallélogramme quelconque : a ≠ b ≠ c, α ≠ β ≠ γ
Formule de symétrie : C

3- Les troncatures
Les formes cristallines résultent de la superposition de primitifs ou mailles élémentaires, mais très
rarement elles ressemblent à ces derniers. Dans la nature les cristaux se rencontrent souvent dans
des formes dites dérivées (fig. 5).

B
E
D

F G

Fig. 5 Troncatures. A : cristal primitif du cube (6 faces carrées). B : l’’octaèdre (8 faces triangulaires équilatérales). C : le
rhombododécaèdre (12 faces losangiques). D : le trapézoèdre (24 faces qui rappellent la forme du trapèze), D : le tétraèdre (4 faces
triangulaires équilatérales). E : le pyritoèdre (12 faces pentagonales irrégulières). F = troncatures perpendiculaire aux plans de
symétrie et passant par les arrêtes du cube, G = troncatures perpendiculaires aux axes A3 et passant par les sommets du cube.

Une troncature se définit comme étant le développement d’une face à l’emplacement d’un sommet
ou d’une arête du polyèdre fondamental. Le polyèdre ainsi obtenu est appelé solide dérivé (fig. 4).
Les formes cristallines complexes peuvent être déduites du polyèdre fondamental par troncature
c’est à dire par des découpages soit sur les arêtes soit sur les sommets. Exemples de cristaux qu’on
peut facilement rattacher à un primitif :
- quartz (prisme pyramidé ou non du système rhomboédrique),
- grenat (rhombododécaèdre du système cubique),
- magnétite (octaèdre du système cubique).
III- Quelques critères de reconnaissance des minéraux
Tous les minéraux sont reconnaissables à l’œil nu ou à la loupe grâce à leurs propriétés physiques.
Pour reconnaître les individus minéraux, on considère un ensemble de caractères toujours
constants que possède chaque espèce minérale.

1- forme et habitus
Certains minéraux montrent des formes cristallines très caractéristiques permettant leur
détermination immédiate. La forme cristalline dépend de la structure et des caractéristiques du
milieu de croissance. Le faciès cristallin est la morphologie sous laquelle se présente un individu
minéral. Une même espèce minérale peut exister sous plusieurs formes (le quartz a 112 formes),
mais il existe pour les espèces des faciès prédominants. L’ensemble de ces formes les plus courantes
constitue l’habitus de l’espèce (fig. 6).
Ex : la forme en lamelles (micas, chlorite, talc), la forme en aiguilles (actinote), la forme en prismes
plats ou trapus (feldspaths, pyroxène), la forme en prisme surmonté de pyramides du quartz, la
forme rhomboédrique (calcite), la forme fibreuse (amiante), la forme mamelonnée (malachite).

a b c d
e

f g i
h
Fig. 6 : Quelques formes de minéraux : forme en grain de la galène (a) et de la magnétite (b), forme en aiguille du rutile (c), forme
en prisme pyramidé de la pyrolusite (d) ou plat de l’augite (e), forme fibreuse de l’asbeste (f), forme dendritique de l’argent (g) et
forme massive de la goethite (h), clivages parfaits de la galène donnant une cassure en escalier (i)

2 – Cassure et clivage
Le clivage est la cassure d’un minéral selon des plans privilégiés en liaison avec la structure
cristalline (ex. micas, gypse, feldspaths). Il existe des minéraux à 1 (micas), 2 (feldspaths) ou 3
(calcite, halite ; fig. 6i) plans de clivage. L’angle des clivages respectifs des amphiboles (124°) et des
pyroxènes (87°) sont de bons éléments de reconnaissance.
Lorsque le minéral se brise de façon irrégulière, la cassure est dite conchoïdale (cassure lisse et
courbe du quartz ou du verre), esquilleuse (cassure de l’amphibole) ou quelconque.

3- Eclat
C’est le comportement des minéraux à la lumière. On peut distinguer deux grands types d’éclat :
- l’éclat métallique qui est généralement celui des minéraux opaques (métaux natifs, sulfures et
oxydes),
- l’éclat non métallique observable sur les cassures fraîches. Il s’agit de l’éclat vitreux du verre et
du quartz, de l’éclat adamantin du diamant, de l’éclat résineux du soufre, de l’éclat soyeux du gypse
et de l’éclat mat ou terreux de minéraux en agrégats fins.

4- Macles
On appelle macle l’association de 2 ou plusieurs cristaux d’un même minéral, suivant un ou
plusieurs plans, pour donner un seul et même édifice de forme caractéristique pour chaque minéral.
ex. : - macle de Carlsbad de l’orthose (2 cristaux accolés), - macle polysynthétique de l’albite
(plusieurs cristaux accolés), - macle en genou du rutile, - macle en fer de lance du gypse, - macle
croisé de staurotide (fig. 7).

a b d
c
e

Fig. 7 : Quelques exemples de macles. a = macle de Carlsbad, b = macle polysynthétique,


c = macle en genou, d = macle en fer de lance, e = macle croisé

Il ne faut pas confondre la macle avec l’épitaxie, croissance orientée d’une espèce minérale à la
surface d’un cristal d’une espèce différente. Ex. croissance de la galène (PbS) cubique sur la pyrite
(FeS2) cubique; du disthène triclinique sur la staurotide orthorhombique.
a b c d
e

f g i
h

Fig. 6 : Quelques formes de minéraux : forme en grain de la galène (a) et de la magnétite (b), forme en aiguille du rutile (c), forme
en prisme pyramidé de la pyrolusite (d) ou plat de l’augite (e), forme fibreuse de l’asbeste (f), forme dendritique de l’argent (g) et
forme massive de la goethite (h), clivages parfaits de la galène donnant une cassure en escalier (i)

2 – Cassure et clivage
Le clivage est la cassure d’un minéral selon des plans privilégiés en liaison avec la structure
cristalline (ex. micas, gypse, feldspaths). Il existe des minéraux à 1 (micas), 2 (feldspaths) ou 3
(calcite, halite ; fig. 6i) plans de clivage. L’angle des clivages respectifs des amphiboles (124°) et des
pyroxènes (87°) sont de bons éléments de reconnaissance.
Lorsque le minéral se brise de façon irrégulière, la cassure est dite conchoïdale (cassure lisse et
courbe du quartz ou du verre), esquilleuse (cassure de l’amphibole) ou quelconque.

3- Eclat
C’est le comportement des minéraux à la lumière. On peut distinguer deux grands types d’éclat :
- l’éclat métallique qui est généralement celui des minéraux opaques (métaux natifs, sulfures et
oxydes),
- l’éclat non métallique observable sur les cassures fraîches. Il s’agit de l’éclat vitreux du verre et
du quartz, de l’éclat adamantin du diamant, de l’éclat résineux du soufre, de l’éclat soyeux du gypse
et de l’éclat mat ou terreux de minéraux en agrégats fins.

4- Macles
On appelle macle l’association de 2 ou plusieurs cristaux d’un même minéral, suivant un ou
plusieurs plans, pour donner un seul et même édifice de forme caractéristique pour chaque minéral.
ex. : - macle de Carlsbad de l’orthose (2 cristaux accolés), - macle polysynthétique de l’albite
(plusieurs cristaux accolés), - macle en genou du rutile, - macle en fer de lance du gypse, - macle
croisé de staurotide (fig. 7).

a b d
c
e

Fig. 7 : Quelques exemples de macles. a = macle de Carlsbad, b = macle polysynthétique,


c = macle en genou, d = macle en fer de lance, e = macle croisé
Il ne faut pas confondre la macle avec l’épitaxie, croissance orientée d’une espèce minérale à la
surface d’un cristal d’une espèce différente. Ex. croissance de la galène (PbS) cubique sur la pyrite
(FeS2) cubique; du disthène triclinique sur la staurotide orthorhombique.
5- Ténacité et dureté
La ténacité est la résistance offerte par un minéral à être cassé, broyé ou coupé (minéraux fragiles,
minéraux friables). La dureté est la résistance à la rayure. Elle peut s’apprécier chez un minéral par
rapport à celle d’un autre puis par rapport à celle d’un objet témoin usuel (ongle, verre, acier). Un
minéral est plus dur qu’un autre s’il est capable de le rayer. MOHS a proposé une échelle de 1 à 10
permettant de mesurer relativement et approximativement la dureté des minéraux :

Echelle de dureté des minéraux (Echelle de Mohs)

Dureté Minéraux
1 Talc Rayés par l’ongle (minéraux très tendres)
2 Gypse
3 Calcite Rayés
Rayéspar
parlelecuivre
cuivre(minéraux assezassez
(minéraux tendres
tendres)
4 Fluorine
5 Apatite
Rayés par l’acier (minéraux assez durs)
6 Orthose
7 Quartz
8 Topaze
Rayent le verre (minéraux très durs)
9 Corindon
10 Diamant

La dureté de l’ongle se situe entre 2 et 3, celle du verre entre 5 et 6, et celle de l’acier entre 6 et 7.
La dureté est bien différente de la ténacité puisqu’un minéral très dur (ex. Diamant) est très peu
tenace devant l’amphibole fibreuse de faible dureté.

6- La couleur
Pour une même espèce minérale la couleur peut varier (ex. le quartz peut être incolore,
blanc, grisâtre, rose ou violet). La couleur est soit liée directement à la composition chimique (ex.
couleur bleue ou verte de certain minéraux de cuivre), soit liée au type de liaisons structurales, soit
due à la présence de défauts, de lacunes ou d’impuretés donnant parfois une couleur caractéristique.
En général, la couleur est beaucoup trop variable pour être un bon critère de reconnaissance. Par
contre la couleur de la poussière, peu influencée par les impuretés ou l’état de surface, peut être un
bon moyen. Elle permet, par exemple, de différencier tout de suite l’hématite (poussière rouge-
brun) de la goethite (poussière jaune d’ocre)

7- La densité
La densité ou masse volumique (d = m/V) est une constante physique caractéristique d’un
minéral. Elle est déterminée par la structure cristalline et la composition chimique. Elle peut
s’apprécier à l’aide de la balance hydrostatique, ou du pycnomètre (sorte d’ampoule de verre
terminée par un capillaire gradué et rempli par un volume d’eau précis), et difficilement à la main.
On distingue des minéraux légers, avec d = 1 à 2,5 (calcite, quartz, micas), des minéraux denses d
= 2,5 à 5 (goethite, rutile) et des minéraux très denses d > 6 (exemple de l’or natif, avec d = 19,3).
La densité de la plupart des minéraux est comprise entre 2 et 3,5.

8- la solubilité
Propriété d’un minéral à se dissoudre dans l’eau ou dans un autre liquide (acide). Cette
caractéristique peut être intéressante pour identifier certains minéraux. Par exemple : sylvite et halite
se dissolvent dans l’eau froide, le gypse dans l’eau chaude. La calcite, elle, se dissout très bien,
provoquant une effervescence forte dans l’acide chlorhydrique à froid (ce qui permet de la
différencier de la dolomite).

9- Autres critères
- flexibilité et l’élasticité
On dit d’un minéral qu’il est flexible quand il se plie sous l’effet d’une contrainte. On dit
qu’il est élastique s’il reprend sa forme quand la contrainte cesse d’agir (lamelles flexibles et
élastiques de micas, les lamelles du talc et de chlorite sont flexibles et non élastiques).
- saveur
C’est l’impression exercée sur l’organe du goût. Certains minéraux sont caractéristiques de part leur
saveur (cas de la halite ou sel gemme ou de la sylvite).
- transparence
C’est l’aptitude d’un minéral à se laisser traverser par la lumière, à des épaisseurs faibles. On
distingue : des minéraux transparents (quartz), des minéraux translucides (opale) et des minéraux
opaques (pyrite).
- magnétisme
Il y a peu de minéraux possédant des propriétés magnétiques bien marquées. Ceux ayant
de faibles propriétés sont dits paramagnétiques et facilement attirés par un aimant. Il existe des
minéraux qui sont eux mêmes des aimants (minéraux ferromagnétiques) et attirent vers eux la
limaille de fer, les épingles et les clous (ex. la magnétite, le ferronickel, le ferroplatine). Enfin, il
existe des minéraux dits diamagnétiques qui sont repoussés par l’aimant (bismuth naturel).
- réaction aux acides
HCl 1/10 agit sur les carbonates : à froid sur la calcite et à chaud sur la dolomite pour
donner un dégagement de CO2 avec effervescence.

IV- Classification des minéraux


La composition chimique des minéraux permet de subdiviser le monde minéral en deux :
- les minéraux non silicatés,
- les minéraux silicatés ou silicates.

1- Les minéraux non silicatés


a- Les éléments natifs
On appelle éléments natifs les minéraux métalliques se trouvant dans la nature à l’état pur.
- le soufre (S) : Système orthorhombique, natif, il est jaune citron. Il se présente en agrégats
de cristaux, densité = 1,5 à 2,5. Trait blanc, éclat vitreux à gras ou résineux. Gisement = fumerolles
volcaniques.
- le graphite (C) : Système hexagonal, couleur noire à gris d’acier, forme en agrégat, éclat
vif, trait noir brillant, dureté 2, minéral de pegmatite et de roches métamorphiques (schistes
graphiteux).
- le diamant (C) : Système cubique, forme octaédrique ou dodécaédrique ou tétraédrique.
Minéral incolore ou faiblement teinté de bleu, jaune, noir. Eclat adamantin. Gisement = kimberlites
« de Kimberley, ville diamantifère d’Afrique du sud ».
- l’or (Au) : Métal précieux, dureté faible (2,5 à 3), densité forte (19,3), le plus malléable et le
plus ductile. Jaune rouge quand il est pur et jaune pâle du fait de la présence de l’argent. Système
cubique, se retrouve en poussière, en paillette ou en masses informes (pépites) dans les gangues de
quartz filonien ou dans les placers.
- l’argent (Ag) : Métal précieux, blanc, du système cubique. A l’état natif, il se présente en
cristaux le plus souvent en fils contournés et minces plaquages, à surface altérée de teinte sombre,
il se rencontre avec de nombreux minéraux dans les filons à gangue siliceuse ou carbonatée.

b – Les corps composés


b1- Les oxydes
- Hématite = oligiste (Fe2O3) : Oxyde de fer du système rhomboédrique, de forme variée
suivant la température de cristallisation, pyramidé (forme de haute température), lenticulaire ou
tabulaire et lamellaire (forme de basse température), noire à gris acier. C’est le principal minerai de
fer, mélangé à des argiles, elle donne l’ocre rouge. Gisement = presque toutes les roches.

- Corindon (Al2O3) : Système rhomboédrique, cristaux en fuseaux, en barillets ou en


prismes aplatis, minéral incolore à diversement coloré, éclat vitreux, nacré ou bronzé, dureté 9 ;
certaines variétés en grain et homogènes sont précieuses (ex. saphir, émeraude). Gisement =
syénites, plagioclasites et leurs pegmatites, granite, gneiss et micaschistes.
On dit d’un minéral qu’il est flexible quand il se plie sous l’effet d’une contrainte. On dit qu’il
est élastique s’il reprend sa forme quand la contrainte cesse d’agir (lamelles flexibles et élastiques de
micas, les lamelles du talc et de chlorite sont flexibles et non élastiques).
- saveur
C’est l’impression exercée sur l’organe du goût. Certains minéraux sont caractéristiques de part leur
saveur (cas de la halite ou sel gemme ou de la sylvite).
- transparence
C’est l’aptitude d’un minéral à se laisser traverser par la lumière, à des épaisseurs faibles. On
distingue : des minéraux transparents (quartz), des minéraux translucides (opale) et des minéraux
opaques (pyrite).
- magnétisme
Il y a peu de minéraux possédant des propriétés magnétiques bien marquées. Ceux ayant de
faibles propriétés sont dits paramagnétiques et facilement attirés par un aimant. Il existe des
minéraux qui sont eux-mêmes des aimants (minéraux ferromagnétiques) et attirent vers eux la
limaille de fer, les épingles et les clous (ex. la magnétite, le ferronickel, le ferroplatine). Enfin, il existe
des minéraux dits diamagnétiques qui sont repoussés par l’aimant (bismuth naturel).
- réaction aux acides
HCl 1/10 agit sur les carbonates : à froid sur la calcite et à chaud sur la dolomite pour
donner un dégagement de CO2 avec effervescence.

IV- Classification des minéraux


La composition chimique des minéraux permet de subdiviser le monde minéral en deux :
- les minéraux non silicatés,
- les minéraux silicatés ou silicates.

1- Les minéraux non silicatés


a- Les éléments natifs
On appelle éléments natifs les minéraux métalliques se trouvant dans la nature à l’état pur.
- le soufre (S) : Système orthorhombique, natif, il est jaune citron. Il se présente en agrégats
de cristaux, densité = 1,5 à 2,5. Trait blanc, éclat vitreux à gras ou résineux. Gisement = fumerolles
volcaniques.
- le graphite (C) : Système hexagonal, couleur noire à gris d’acier, forme en agrégat, éclat vif,
trait noir brillant, dureté 2, minéral de pegmatite et de roches métamorphiques (schistes graphiteux).
- le diamant (C) : Système cubique, forme octaédrique ou dodécaédrique ou tétraédrique.
Minéral incolore ou faiblement teinté de bleu, jaune, noir. Eclat adamantin. Gisement = kimberlites
« de Kimberley, ville diamantifère d’Afrique du sud ».
- l’or (Au) : Métal précieux, dureté faible (2,5 à 3), densité forte (19,3), le plus malléable et le
plus ductile. Jaune rouge quand il est pur et jaune pâle du fait de la présence de l’argent. Système
cubique, se retrouve en poussière, en paillette ou en masses informes (pépites) dans les gangues de
quartz filonien ou dans les placers.
- l’argent (Ag) : Métal précieux, blanc, du système cubique. A l’état natif, il se présente en
cristaux le plus souvent en fils contournés et minces plaquages, à surface altérée de teinte sombre, il
se rencontre avec de nombreux minéraux dans les filons à gangue siliceuse ou carbonatée.

b – Les corps composés


b1- Les oxydes
- Hématite = oligiste (Fe2O3) : Oxyde de fer du système rhomboédrique, de forme variée
suivant la température de cristallisation, pyramidé (forme de haute température), lenticulaire ou
tabulaire et lamellaire (forme de basse température), noire à gris acier. C’est le principal minerai de
fer, mélangé à des argiles, elle donne l’ocre rouge. Gisement = presque toutes les roches.

- Corindon (Al2O3) : Système rhomboédrique, cristaux en fuseaux, en barillets ou en prismes


aplatis, minéral incolore à diversement coloré, éclat vitreux, nacré ou bronzé, dureté 9 ; certaines
9
variétés en grain et homogènes sont précieuses (ex. saphir, émeraude). Gisement = syénites,
plagioclasites et leurs pegmatites, granite, gneiss et micaschistes.

- Rutile (TiO2) : Système quadratique, éclat adamantin plus ou moins métallique, brun-rouge,
rouge, jaune – noir. Il montre une macle dite en genou, se présente en cristaux aciculaires dans les
biotites, dans les feldspaths dans les quartzs et en plus grands cristaux dans les roches fortement
métamorphiques (granulites, éclogites).

- Magnétite (Fe2O3FeO) : Système cubique, forme en octaèdre ou en masse granulaire noir


de fer, minéral ferromagnétique agissant sur l’aiguille aimantée. Gisement = roches magmatiques et
métamorphiques.
- Chromite (Cr2O3FeO) : Système cubique, souvent en masses grenues, éclat submétallique,
noir de fer à brun ; elle est présente dans les serpentines et les péridotites. C’est l’unique minerai
exploité pour le chrome.

- Cassitérite (SnO2) : Système quadratique, forme en prismes maclés (macle du bec de


l’étain), à deux clivages peu distincts, éclat adamantin, couleur brun clair à noir, un peu translucide et
à réflexions rouges ; c’est un minéral dur (6 à 7), densité 7, inaltérable. C’est le seul minerai d’étain.
Gisement = roches magmatiques acides.

b2- Les hydroxydes


- Les hydroxydes d’aluminium : gibbsite (Al2O3 3H2O), diaspore et bœhmite (AlOOH). Ils
constituent les bauxites (principaux minerais d’aluminium).
- Les hydroxydes de fer : goethite (Fe2O3 3H2O), limonite ; ils constituent les latérites.

b3- Les sulfates


Les sulfates (environ 200 espèces) sont généralement de faible dureté et densité. Ils ont
généralement peu de couleur et tous sont fragiles et tendres. Ce sont des minéraux secondaires
trouvés dans des zones d’oxydation ou dans des dépôts d’évaporation.

- Anhydrite (CaSO4): Sulfate de CaSO4 du système orthorhombique, en cristaux tabulaires à


3 clivages orthogonaux donnant deux faces à éclat vitreux ou nacré à fine stries parallèles et une face
non striées. N’est pas rayable à l’ongle. Au contact de l’eau elle s’hydrate et donne du gypse
(gypsification)
- Gypse (CaSO4, 2H2O): Système monoclinique, clivage parfait, aspect vitreux translucide,
nacré ou soyeux, souvent en macles simples en fer de lance, incolore, blanc jaunâtre. Il existe des
variétés à grains grossiers (gypse saccharoïde). A la flamme, il décrépite. Il est soluble dans l’eau.
Minéral fréquent dans les roches sédimentaires.
- Barytine (BaSO4) : Système orthorhombique, en cristaux aplatis à clivages nets, souvent
maclés et groupés (barytine crêtée), éclat vitreux, couleur blanche, jaune blond parfois brune,
rougeâtre ou bleutée ; densité 4,5. On la retrouve en masses lamellaires ou grenues dans les filons
hydrothermaux.
- Alun (K, Na)Al (SO4)2 12(H2O): Système cubique, forme octaédrique ou bidodécaédrique,
incolore, éclat vitreux, dureté 2 à 3, saveur piquante, sert à clarifier l’eau.
- Célestine (SrSO4) : système orthorhombique
- Anglésite (PbSO4): système orthorhombique

b4- Les phosphates


- Apatite (PO4) 3Ca5(Cl, F, OH) : Système hexagonal, clivage imparfait, éclat vitreux à résineux,
incolore, blanc vert, bleu violacé et polychroïque. C’est un minéral accessoire en petits cristaux
souvent pyramidés dans les roches riches en Ca et les roches magmatiques alcalines. On le trouve en
formes compactes concrétionnées ou à structure radiée dans les phosphorites ou sous forme
cryptocristalline, brun-jaunâtre dans les roches sédimentaires.
10
b5- Les carbonates
L’élément de base des carbonates est le groupement anionique (CO3)2-triangulaire qui peut se
combiner avec un cation (Ca, Cu, Fe, Mg, Mn)
- Calcite (CaCO3) : Forme tabulaire, rhomboédrique, clivages parfaits, incolore à blanc
laiteux, éclat vitreux, effervescence à l’HCl ; se rencontre souvent dans les roches sédimentaires et
dans les filons hydrothermaux.
- Dolomite (Ca,Mg)(CO3)2 : Se rencontre dans les roches sédimentaires et métamorphiques.
C’est le minéral constitutif des dolomies.
- Sidérose ou sidérite (Fe CO3)
- Azurite (Cu3(OH)2(CO3)2) : Système monoclinique, en cristaux aplatis, il est de couleur
bleu prusse ou bleu azure.
- Malachite (Cu2(OH)2CO3) : Système monoclinique, généralement en masses fibroradiées
de couleur vert émeraude à vert d’herbe ; fait effervescence à l’HCl dilué. Il constitue avec l’azurite
les principaux minerais de cuivre.

b6- Les chlorures


- Halite ou sel gemme (NaCl) : Système cubique, forme en cubes parfaits montrant trois
clivages parfaits orthogonaux par évaporation assez rapide, elle se présente en masses granulaires,
blanc ou coloré par les impuretés. Gisement : minéral répandu dans les roches sédimentaires
(évaporites).

- Sylvine ou sylvite (KCl) : Système cubique, en cubes ou masses granulaires montrant trois
clivages orthogonaux, incolore, jaunâtre à rougeâtre, minéral peu abondant associé à la halite dans
les évaporites.

- b7- Les sulfures


- Pyrite (FeS2) : Système cubique, en cube à faces striées, en dodécaèdres pentagonaux, à
macles fréquentes (macles de la croix de fer), éclat métallique, jaune vif, brun par altération.
Largement répandu en masses, veines, imprégnations et cristaux isolés dans les filons
hydrothermaux et roches diverses.

- Blende (ZnS) : Système cubique, en cristaux souvent maclés, en minces lames, à clivages
parfaits, à cassure lamelleuse ou conchoïdale, à éclat résineux, souvent translucides avec reflets
rouges, incolores, vert plus souvent jaunâtre à brun noir, trait brun clair, souvent associés aux
pegmatites et accompagné de galène surtout aux filons hydrothermaux.

- Galène (PbS) : Sulfure de plomb contenant des traces d’Ag ou de Fe, Zn, etc. Il est du
système cubique, cristaux en cubes ou octaèdres à faces parfois courbes et striées, à macles
fréquentes à clivages très faciles suivants trois directions donnant un aspect à marches d’escalier. Elle
présente un vif éclat métallique et un couleur gris de plomb. Densité forte (7,5), dureté faible (2,5),
présent dans les filons ou imprégnations dans les roches sédimentaires ou volcano-sédimentaires.

b8- Les fluorures


- Fluorine ou fluorite (CaF2) : Système cubique, se présente en cristaux cubiques simples ou
maclés constituant des masses clivables ; éclat vitreux un peu gras et colorations variées (jaune, vert,
bleu violet, noir). Elle est liée à des inclusions radioactives, on la trouve aussi en masses
concrétionnées dans les filons et pegmatites.

11
2- Les minéraux silicatés ou silicates
C’est de loin les plus importants puisqu’ils représentent 95% du monde minéral. Ils se reconnaissent
assez facilement : éclat généralement vitreux, transparent à translucide, forte dureté, densité
moyenne, 2,5 à 3,3, poussière incolore à grise, même pour les silicates fortement colorés.
Le motif fondamental des silicates est un tétraèdre [SiO4]4- dont le silicium occupe le centre
et les quatre oxygènes les sommets. Les charges négatives non saturées font appel à des cations, ce
qui fait que les tétraèdres peuvent être directement regroupés. On obtient ainsi 6 familles principales
de silicates que sont : les nésosilicates, les sorosilicates, les cyclosilicates, les inosilicates, les
phyllosilicates et les tectosilicates (fig. 7).

a- Les nésosilicates (« néso » = île)


Dans leur structure, les tétraèdres (SiO4)4- sont isolés les uns des autres et ne sont reliés entre eux
que par l’intermédiaire de deux cations bivalents (Mg2+, Fe2+), ou un cation tétravalent (Zr4+).

- les péridots
Ce sont des silicates ferromagnésiens. Leur formule générale est SiO4 (Mg, Fe). Il s’agit de : l’olivine
((Fe, Mg)2SiO4), de la fayalite (Fe2SiO4), et de la forstérite (Mg2SiO4). Ces deux derniers constituent
les pôles d’une suite de nésosilicates appelés péridots.
L’olivine a un habitus en cristaux bien formés, rares et se présente en agrégats granulaires à clivages
bons ; dureté 6,5, éclat vitreux et de couleur vert olive, blanc, marron. Au point de vue gisement on
les retrouve souvent dans les roches basiques et ultrabasiques. L’altération des péridots donne les
serpentines.

– les silicates d’alumine


L’aluminium sert de pont entre les tétraèdres. Leur formule commune est : SiO4Al2O. Il
s’agit de : - l’Andalousite (système orthorhombique, parfois pseudo-quadratique, ce minéral
comporte des inclusions charbonneuses en croix), - du disthène (système triclinique), - la sillimanite
(système orthorhombique), - la staurotide et - du topaze. Les silicates d’alumine se rencontrent dans
les pegmatites et les roches métamorphiques.
– les grenats
Leur formule générale est : (SiO4)3RII3RIII2 (RII = cations bivalents - Mg, Fe2+, Mn, Ca ; RIII =
cations trivalents - Fe3+, Al3+, Cr3+). Les grenats sont du système cubique et se présentent en grains
ou en cristaux automorphes à nombreuses troncatures, à cassure conchoïdale ou esquilleuse, le plus
souvent brun rouge, densité 3,5 à 4,3, dureté 6 à 7,5. Leur classification est basée sur leur chimisme.
On distingue 2 séries isomorphes continues :
d les grenats alumineux = Pyralspites (ex. pyrope, Mg3Al2(SiO4)3, almandin Fe3Al2(SiO4)3 et
spersatine Mn3Al2(SiO4)3.
d les grenats calciques = Ougrandites (ex. ouvarovite Ca3Cr2(SiO4)3, grossulaire Ca3Al2(SiO4)3 et
andradite Ca3Fe2(SiO4)3.
On trouve les grenats dans les roches éruptives et les roches métamorphiques. Leur altération donne
des serpentines, des chlorites et du talc.
– autres nésosilicates : Le sphène (SiO4)TiCa et le zircon (SiO4)Zr.

b - Les sorosilicates (« soro » = groupe)


Les tétraèdres s’associent deux à deux en mettant un sommet en commun pour constituer des
groupements (Si2O7)6- et perdant ainsi un anion (O2-). L’oxygène mis en commun par les tétraèdres
est appelé oxygène de coordination.
Un des principaux groupes de sorosilicate est celui des épidotes [Ca2 Fe3+Al2 (SiO4) (Si2O7) O(OH)].
Les épidotes se présentent souvent en grains, parfois en fibres ou encore en prismes allongés, striées
en long et à clivages assez faciles. Les teintes courantes sont vertes, elles sont présentes dans de
nombreuses roches faiblement métamorphiques et légèrement calciques ou dans les pegmatites et
granites.

12
c- Les cyclosilicates (tétraèdres en anneaux)
Ce sont des silicates dans la structure desquels les tétraèdres s’associent pour former des anneaux,
des cycles séparés les uns des autres par des cations ; c’est un cas de polymérisation cyclique. On a
des symétries d’ordre 3 (Si3O9)6- (bénitoïte), 4 (Si4O12)8- (axinite) et 6 (Si6O18)6- (béryl et tourmalines).
Chaque tétraèdre est lié à ses deux voisins par un oxygène de coordination.

- Le béryl (Be3Al2Si6O18) : système hexagonal, en prismes allongés et cannelés ou arrondis, à


cassure conchoïdale ou inégale, à colorations variées liées aux traces de Fe et Cr (bleu et vert), de Li
(rose) d’U (jaune). Minéral commun des pegmatites et présent dans certains micaschistes.
- Les tourmalines (Si6O18)(BO3)3(OH, F)4 Al6Y3Na, ou Y = Mg ou (Fe , Mg) ou (Li, Al)
système rhomboédrique, en prismes allongés, baguettes ou aiguilles, striés ou cannelés à section
triangulaire à faces courbes, sans clivage, à cassure conchoïdale ou inégale, à éclat vitreux, de
couleurs variées souvent noires. C’est des minéraux accessoires des roches magmatiques et
métamorphiques.
- La cordiérite [Al3 (Mg, Fe3+)2Si5AlO18], gisement = roches métamorphiques et les pegmatites.

Nésosilicates [Si3O9]6-
[SiO4]4-

Sorosilicates
[Si2O7]6-

[Si4O12]8-

Inosilicates I
[Si2O6]4-

[Si6O18]12-

Cyclosilicates

Inosilicates II
[Si4O11]6- Phyllosilicates
[Si4O10]4-
Fig. 7 : Structures des silicates

d- Les inosilicates (« inos » = fibre)


13
Les silicates ont une structure formée soit de chaînes simples soit de chaînes doubles ou rubans de
tétraèdres.
- Structures en chaînes simples ou inosilicates I : chaque chaîne est isolée de la voisine par des
cations. Les cristaux sont allongés suivant la direction de la chaîne : ce sont les pyroxènes (Si2O6)4-
ou (SiO3)2-. On distingue : - les pyroxènes monocliniques ou clinopyroxènes (Cpx) ex. augite
Ca,(Mg, Fe, Al)(Al,Si)2O6, diopside CaMg(SiO3)2 et - les pyroxènes orthorhombiques ou
orthopyroxènes (Opx) ex. hypersthène (Mg, Fe)SiO3, enstatite (MgSiO3).
- Les pyroxènes forment une famille complexe de minéraux en prismes plus ou moins
allongés, à section rectangulaire, à angles tronqués, à clivages suborthogonaux, couleur noire, éclat
métallique, gisement = roches magmatiques basiques surtout les gabbros, les roches ultrabasiques et
les roches métamorphiques de haute pression.

- Structures en chaîne double ou rubans ou inosilicates II : elles sont obtenues en juxtaposant


deux des chaînes précédentes séparées par des cations. Ce sont les amphiboles (Si4O11)6- qui sont en
général du système monoclinique et parfois orthorhombique. Ce sont des minéraux hydroxylés et
ferromagnésiens, en prismes plus ou moins allongés, en aiguilles ou en fibres, à section transversales
losangiques. La couleur est noirâtre, vert sombre à vert clair, brune, à éclat vitreux ; ce sont des
minéraux communs de plusieurs roches magmatiques et métamorphiques.
Ex. : l’actinote Ca2(Fe, Mg)5(Si8O22)(OH)2
l’amiante = asbeste (amphibole fibreuse)
la hornblende NaCa2(Mg, Fe ,Al )5(Si, Al)8O22(OH)2
le glaucophane
la trémolite Ca2(Mg)5(Si8O22)(OH)2

e- Les phyllosilicates (Si4O10)4-


Ces silicates de structure lamellaire (« phylum » = feuille) sont constitués de couches de tétraèdres
mettant en commun leurs oxygènes selon deux directions de l’espace pour former des plans, des
feuillets. C’est la structure des micas et des minéraux phylliteux.

- les micas
Les principaux sont : muscovite (KAl2[Si3AlO10(OH, F)2]), biotite K(Mg, Fe)3[(Si3AlO10(OH, F)2] et
séricite. Du système monoclinique, les micas ont un habitus en masse de feuillets à clivages parfaits,
incolores à légèrement teintés en masse (muscovite) et noire (biotite), densité et dureté faibles.
Gisement = roches métamorphiques et éruptives.

- les argiles
La kaolinite (Si2O5)Al2(OH)4, du système monoclinique, présente dans les roches sédimentaires et
provenant de l’altération des feldspaths. Dans la même lignée on peut citer les illites, les
montmorillonites, les vermiculites et l’attapulgite.

- autres phyllosilicates
Le talc (Si4O12)Mg3(OH)2 : monoclinique, en masse de feuillets à clivage parfait donnant des
lamelles flexibles de couleur gris ou vert pâle et au toucher très doux. C’est un minéral de
métamorphisme de roches riches en Mg.
- la chlorite, en cristaux aplatis, à clivage parfait, donnant des lamelles flexibles, peu élastiques et de
teintes vertes. C’est un minéral fréquent dans les roches faiblement métamorphiques.
- les serpentines (Si2O5)Mg3(OH)4 provenant de l’altération des péridots et de certains pyroxènes,
ce sont des phyllosilicates en lamelles donnant des masses vert noirâtre (antigorite) ou en fibres
soyeuses vert jaune (chrysotile).

f- Les tectosilicates (« tectonia » = cadre)

14
c- Les cyclosilicates (tétraèdres en anneaux)
Ce sont des silicates dans la structure desquels les tétraèdres s’associent pour former des anneaux,
des cycles séparés les uns des autres par des cations ; c’est un cas de polymérisation cyclique. On a
des symétries d’ordre 3 (Si3O9)6- (bénitoïte), 4 (Si4O12)8- (axinite) et 6 (Si6O18)6- (béryl et tourmalines).
Chaque tétraèdre est lié à ses deux voisins par un oxygène de coordination.

- Le béryl (Be3Al2Si6O18) : système hexagonal, en prismes allongés et cannelés ou arrondis, à


cassure conchoïdale ou inégale, à colorations variées liées aux traces de Fe et Cr (bleu et vert), de Li
(rose) d’U (jaune). Minéral commun des pegmatites et présent dans certains micaschistes.
- Les tourmalines (Si6O18)(BO3)3(OH, F)4 Al6Y3Na, ou Y = Mg ou (Fe , Mg) ou (Li, Al)
système rhomboédrique, en prismes allongés, baguettes ou aiguilles, striés ou cannelés à section
triangulaire à faces courbes, sans clivage, à cassure conchoïdale ou inégale, à éclat vitreux, de
couleurs variées souvent noires. C’est des minéraux accessoires des roches magmatiques et
métamorphiques.
- La cordiérite [Al3 (Mg, Fe3+)2Si5AlO18], gisement = roches métamorphiques et les pegmatites.

Nésosilicates [Si3O9]6-
[SiO4]4-

Sorosilicates
[Si2O7]6-

[Si4O12]8-

Inosilicates I
[Si2O6]4-

[Si6O18]12-

Cyclosilicates

Inosilicates II
[Si4O11]6- Phyllosilicates
[Si4O10]4-
Fig. 7 : Structures des silicates

d- Les inosilicates (« inos » = fibre)


13
Les silicates ont une structure formée soit de chaînes simples soit de chaînes doubles ou rubans de
tétraèdres.
- Structures en chaînes simples ou inosilicates I : chaque chaîne est isolée de la voisine par des
cations. Les cristaux sont allongés suivant la direction de la chaîne : ce sont les pyroxènes (Si2O6)4-
ou (SiO3)2-. On distingue : - les pyroxènes monocliniques ou clinopyroxènes (Cpx) ex. augite
Ca,(Mg, Fe, Al)(Al,Si)2O6, diopside CaMg(SiO3)2 et - les pyroxènes orthorhombiques ou
orthopyroxènes (Opx) ex. hypersthène (Mg, Fe)SiO3, enstatite (MgSiO3).
- Les pyroxènes forment une famille complexe de minéraux en prismes plus ou moins
allongés, à section rectangulaire, à angles tronqués, à clivages suborthogonaux, couleur noire, éclat
métallique, gisement = roches magmatiques basiques surtout les gabbros, les roches ultrabasiques et
les roches métamorphiques de haute pression.

- Structures en chaîne double ou rubans ou inosilicates II : elles sont obtenues en juxtaposant


deux des chaînes précédentes séparées par des cations. Ce sont les amphiboles (Si4O11)6- qui sont en
général du système monoclinique et parfois orthorhombique. Ce sont des minéraux hydroxylés et
ferromagnésiens, en prismes plus ou moins allongés, en aiguilles ou en fibres, à section transversales
losangiques. La couleur est noirâtre, vert sombre à vert clair, brune, à éclat vitreux ; ce sont des
minéraux communs de plusieurs roches magmatiques et métamorphiques.
Ex. : l’actinote Ca2(Fe, Mg)5(Si8O22)(OH)2
l’amiante = asbeste (amphibole fibreuse)
la hornblende NaCa2(Mg, Fe ,Al )5(Si, Al)8O22(OH)2
le glaucophane
la trémolite Ca2(Mg)5(Si8O22)(OH)2

e- Les phyllosilicates (Si4O10)4-


Ces silicates de structure lamellaire (« phylum » = feuille) sont constitués de couches de tétraèdres
mettant en commun leurs oxygènes selon deux directions de l’espace pour former des plans, des
feuillets. C’est la structure des micas et des minéraux phylliteux.

- les micas
Les principaux sont : muscovite (KAl2[Si3AlO10(OH, F)2]), biotite K(Mg, Fe)3[(Si3AlO10(OH, F)2] et
séricite. Du système monoclinique, les micas ont un habitus en masse de feuillets à clivages parfaits,
incolores à légèrement teintés en masse (muscovite) et noire (biotite), densité et dureté faibles.
Gisement = roches métamorphiques et éruptives.

- les argiles
La kaolinite (Si2O5)Al2(OH)4, du système monoclinique, présente dans les roches sédimentaires et
provenant de l’altération des feldspaths. Dans la même lignée on peut citer les illites, les
montmorillonites, les vermiculites et l’attapulgite.

- autres phyllosilicates
Le talc (Si4O12)Mg3(OH)2 : monoclinique, en masse de feuillets à clivage parfait donnant des
lamelles flexibles de couleur gris ou vert pâle et au toucher très doux. C’est un minéral de
métamorphisme de roches riches en Mg.
- la chlorite, en cristaux aplatis, à clivage parfait, donnant des lamelles flexibles, peu élastiques et de
teintes vertes. C’est un minéral fréquent dans les roches faiblement métamorphiques.
- les serpentines (Si2O5)Mg3(OH)4 provenant de l’altération des péridots et de certains pyroxènes,
ce sont des phyllosilicates en lamelles donnant des masses vert noirâtre (antigorite) ou en fibres
soyeuses vert jaune (chrysotile).

f- Les tectosilicates (« tectonia » = cadre)

14
Ils sont constitués par une charpente tridimensionnelle de tétraèdres liés entre eux par tous leurs
sommets. La formule est donc Si4O8 (= SiO2 en simplifiant). Il n’y a pas de valence négative
disponible. On distingue deux groupes : la silice et les tecto-aluminosilicates (feldspaths et
feldspathoïdes).

f1- Le groupe de la silice

C’est les tectosilicates dans la structure desquels tous les centres de tétraèdres sont occupés par des
cations Si4+; c’est le quartz, la calcédoine, la cristobalite et l’opale.
- Le quartz (SiO2), système rhomboédrique, se présente en cristaux xénomorphes limpides
ou troublés par des inclusions, à cassure conchoïdale un peu grasse (aspect de gros sel), ou en
cristaux automorphes prismatiques et souvent bipyramidés, à éclat vitreux, incolore transparent
(cristal de roche ou quartz hyalin), blanc translucide (quartz laiteux dans les filons ou géodes), gris
(quartz enfumé), violet à rose (améthyste). Le quartz est le minéral le plus commun se retrouvant
dans les roches magmatiques, métamorphiques et sédimentaires détritiques. Il est quasi inaltérable.
- La calcédoine, en sphérolites, nodules ou concrétions, formée de fibres de cristallites de
quartz. Elle est de coloration rouge, brun, vert clair. Diversement colorée en zones, elle prend le
nom d’agate.
- L’opale, en nodules et concrétions, d’aspect amorphe est formé de petits cristaux disposés
sans ordre et contient de l’eau. Elle est translucide à éclat gras résineux, ou incolore et
transparent (hyalite).
- La tridymite et la cristobalite sont des variétés de haute température, en petits cristaux
présents dans certaines laves.

f2 -Le groupe des feldspaths


Dans ce groupe une partie des Si4+ est remplacée par des Al3+ au sein des tétraèdres. On distingue les
feldspaths potassiques et les feldspaths calcosodiques.
- Les feldspaths potassiques : ils sont représentés par l’orthose (Si3AlO8K), la microcline et
la sanidine. L’orthose, monoclinique, habitus en grands cristaux prismatiques en général aplatis,
souvent maclés. Il est blanc ou rose avec un éclat vitreux sauf sur les surfaces de clivage (parfait et
bon).
- Les feldspaths calcosodiques ou plagioclases forment une série de minéraux dont les
pôles sont représentés par l’albite (Ab) Si3AlO8Na (pôle sodique) et l’anorthite (An) Si2Al2O8Ca (pôle
calcique). Entre les deux pôles on a l’oligoclase (30 % à 10% An), l’andésine (50% à 30% An), le
labrador (70% à 50% An), la bytownite (90% à 70% An). Les plagioclases sont acides quand ils
contiennent plus de 50% d ‘albite et basiques quand ils en contiennent moins.
- Les plagioclases (système triclinique), à macle polysynthétique, se présentent en plaquettes,
en prismes ou en masse de grains clivés, à cassure en escalier, transparents ou blanchâtre
(porcelaines, vitreux), souvent grisâtre et parfois colorés par les défauts et inclusions.

Les feldspaths sont les minéraux essentiels de roches éruptives, des minéraux importants de roches
métamorphiques et des minéraux rares de roches sédimentaires, puisqu’ils s’altèrent plus beaucoup
plus facilement que le quartz.

f3 -Le groupe des feldspathoïdes


C’est un groupe sous-saturé ou à déficit de silice. Ce sont la leucite (Si2AlO6K), la néphéline
(SiAlO4)Na3K, la sodalite, etc. Les feldspathoïdes sont des minéraux très rares et ne se rencontrent
que dans les roches éruptives sous saturées (ex. Syénite, néphénilite, phonolite).

15
6Axes 2
4Axes 3 6 Miroirs
3Axes 4
3 Miroirs

16
Deuxième partie

LES ROCHES
I – GENERALITES
1 - Roche
On appelle roche tout matériau constitutif de l’écorce terrestre à part l’eau et la glace, formé en
général d’un assemblage naturel de minéraux, de même nature (roche monominérale) ou de nature
différente (roche polyminérale), et présentant une certaine homogénéité statistique. Le plus souvent
dures et cohérentes, les roches peuvent être : liquides (pétrole) ou gazeuses (gaz naturels), meubles
(sable) ou tendres (argiles), spongieuses et légères (tourbe).

2- Architecture d’une roche


C’est l’ensemble des caractères se rapportant à la fois, à la forme, à la dimension et à la disposition
des diverses parties constitutives. Elle regroupe le débit, la structure, la texture et le grain.
- Le débit est la manière dont les roches se fragmentent naturellement ou sous le choc. Il est
visible en grand sur le terrain.
- La structure est la nature des irrégularités visibles au sein d’un ensemble massif. Elle définit
l’aspect général de la roche.
- La texture définit la nature et le mode de répartition des éléments constitutifs de la roche, la
taille et la disposition naturelle des minéraux notamment essentiels. Elle est généralement
déterminée au microscope (et peut être visible à l’œil nu ou à la loupe). Elle est l’expression des
conditions de mise en place de la roche. Ainsi, l’étude de la texture apporte des renseignements
d’une importance capitale sur le mode de formation des roches et fournit des paramètres précieux
pour leurs classifications.
- Le grain est l’expression de la dimension moyenne des éléments constitutifs d’une roche.

3- Paragenèse
Elle désigne une association minérale d’une roche donnée résultant d’un processus géologique ou
géochimique précis. En métamorphisme, elle correspond à une association de minéraux qui sont
ensembles stables dans certaines conditions de pression et de température et qui caractérisent en
outre le chimisme de la roche.

4- Terrain / affleurement / formation


Un terrain désigne un ensemble de roches ou d’affleurements faisant l’objet d’études géologiques.
L’affleurement est la partie visible d’un terrain à la surface de la terre. On désigne par formation soit
des terrains possédant des caractères communs et représentant un ensemble que l’on juge utile de
distinguer (ex. : formation marno-calcaire, formation gneissique) ; soit un ensemble de strates (ou
couches) formant une unité géologique à laquelle on associe un nom de lieu (ex. la formation de
Tabligbo).

5- Classification des roches


D’après leur origine les roches sont classées en deux grands groupes :
 Les roches d’origine externe ou roches exogènes, formées à la surface du globe. Il s’agit des
roches sédimentaires et résiduelles.
 Les roches d’origine interne ou roches endogènes qui se sont formées à l’intérieur du globe.
Elles regroupent les roches magmatiques (formées à partir du magma) et les roches métamorphiques
qui résultent de la transformation de roches préexistantes sous l’influence de facteurs physico-
chimiques.

6- Techniques d’études pétrographiques


L’étude d’une roche débute sur le terrain et se prolonge au laboratoire à l’aide de divers
appareils de physique ou de chimie.

17
L’étude macroscopique permet d’apprécier la couleur de la roche, d’avoir une idée sur son
architecture et de reconnaître les principaux minéraux visibles à l’œil nu ou à la loupe. Parfois on
apprécie la densité d’une roche, son odeur (soufre, charbons), sa cassure, sa sonorité (cas des
phonolites), sa saveur (roches sédimentaires du groupe des évaporites).
L’étude microscopique se fait à l’aide d’un microscope polarisant. On réalise pour cela des lames
minces (épaisseur de roche = 3/100 mm).
D’autres méthodes complémentaires sont effectuées. L’analyse chimique permet de déterminer la
composition chimique d’une roche. L’analyse spectrale consiste à doser les éléments constitutifs d’un
minéral à l’aide d’un spectromètre à flamme. La diffractométrie donne tous les constituants d’un
minéral ou d’une roche par utilisation des rayons X monochromatiques (diffractomètre ou
microsonde). Cette méthode permet, par exemple, la détermination rapide des minéraux argileux.

7- Les minéraux de roches


Les minéraux sont les éléments constitutifs des roches. Toute roche possède une
composition minéralogique bien définie exprimant la nature fondamentale du magma dont dérive la
roche par cristallisation ou du matériau d’origine de la roche sédimentaire ou métamorphique. Dans
une roche, on distingue : des minéraux dits cardinaux ou essentiels ou constituants majeurs, présents
en cristaux plus gros et plus nombreux, et des minéraux dits accessoires ou constituants mineurs,
moins fréquents et n’intervenant pas dans la définition de la roche, mais pouvant servir pour
distinguer les variétés. La présence de minéraux accessoires peut être révélateur de certains
processus physico-chimiques ou de certaines particularités pétrogénétiques. Il est important de noter
qu’un minéral peut être essentiel dans une roche donnée et accessoire dans une autre.

II - LES ROCHES MAGMATIQUES


1- Généralités
a- Définitions
On appelle roches magmatiques celles qui se sont formées à la suite du refroidissement et
de la cristallisation de matière fondue appelée magma. Ces roches sont aussi dites ignées (= roches
de feu) ou éruptives ou cristallines, termes consacrés par l’usage mais insuffisants.
Les roches magmatiques sont généralement massives et non litées, avec absence de fossiles. Leurs
gisements sont souvent discordants, massifs (batholites) ou en filons (fig. 9)
Le magma est un liquide à haute température (au moins 600°C) qui donne des roches par
solidification en surface ou en profondeur. C’est un mélange de silicates en fusion plus ou moins
poussée provenant du manteau supérieur ou de roches préexistantes. On distingue ainsi le magma
palingénétique, provenant de la fusion anatectique de roches métamorphiques, et le magma juvénile
ou primaire issu de la fusion profonde du manteau supérieur. De part leur composition chimique on
définit les magmas acides (type granitique) ou saturés en silice et les magmas basiques (type
basaltique) sous saturés en silice.
Les magmas ainsi formés et toujours animés d’un fort pouvoir d’ascension quittent leur niveau
d’origine pour atteindre la surface du globe, donnant des édifices volcaniques (fig. 9). Ils peuvent
être arrêtés dans leur ascension et cristalliser à l’intérieur de l’écorce terrestre (roches plutoniques).

18
L’étude macroscopique permet d’apprécier la couleur de la roche, d’avoir une idée sur son
architecture et de reconnaître les principaux minéraux visibles à l’œil nu ou à la loupe. Parfois on
apprécie la densité d’une roche, son odeur (soufre, charbons), sa cassure, sa sonorité (cas des
phonolites), sa saveur (roches sédimentaires du groupe des évaporites).
L’étude microscopique se fait à l’aide d’un microscope polarisant. On réalise pour cela des lames
minces (épaisseur de roche = 3/100 mm).
D’autres méthodes complémentaires sont effectuées. L’analyse chimique permet de déterminer la
composition chimique d’une roche. L’analyse spectrale consiste à doser les éléments constitutifs d’un
minéral à l’aide d’un spectromètre à flamme. La diffractométrie donne tous les constituants d’un
minéral ou d’une roche par utilisation des rayons X monochromatiques (diffractomètre ou
microsonde). Cette méthode permet, par exemple, la détermination rapide des minéraux argileux.

7- Les minéraux de roches


Les minéraux sont les éléments constitutifs des roches. Toute roche possède une
composition minéralogique bien définie exprimant la nature fondamentale du magma dont dérive la
roche par cristallisation ou du matériau d’origine de la roche sédimentaire ou métamorphique. Dans
une roche, on distingue : des minéraux dits cardinaux ou essentiels ou constituants majeurs, présents
en cristaux plus gros et plus nombreux, et des minéraux dits accessoires ou constituants mineurs,
moins fréquents et n’intervenant pas dans la définition de la roche, mais pouvant servir pour
distinguer les variétés. La présence de minéraux accessoires peut être révélateur de certains
processus physico-chimiques ou de certaines particularités pétrogénétiques. Il est important de noter
qu’un minéral peut être essentiel dans une roche donnée et accessoire dans une autre.

II - LES ROCHES MAGMATIQUES


1- Généralités
a- Définitions
On appelle roches magmatiques celles qui se sont formées à la suite du refroidissement et
de la cristallisation de matière fondue appelée magma. Ces roches sont aussi dites ignées (= roches
de feu) ou éruptives ou cristallines, termes consacrés par l’usage mais insuffisants.
Les roches magmatiques sont généralement massives et non litées, avec absence de fossiles. Leurs
gisements sont souvent discordants, massifs (batholites) ou en filons (fig. 9)
Le magma est un liquide à haute température (au moins 600°C) qui donne des roches par
solidification en surface ou en profondeur. C’est un mélange de silicates en fusion plus ou moins
poussée provenant du manteau supérieur ou de roches préexistantes. On distingue ainsi le magma
palingénétique, provenant de la fusion anatectique de roches métamorphiques, et le magma juvénile
ou primaire issu de la fusion profonde du manteau supérieur. De part leur composition chimique on
définit les magmas acides (type granitique) ou saturés en silice et les magmas basiques (type
basaltique) sous saturés en silice.
Les magmas ainsi formés et toujours animés d’un fort pouvoir d’ascension quittent leur niveau
d’origine pour atteindre la surface du globe, donnant des édifices volcaniques (fig. 9). Ils peuvent
être arrêtés dans leur ascension et cristalliser à l’intérieur de l’écorce terrestre (roches plutoniques).

18
Fig. 9: Diagramme
montrant les divers corps
éruptifs

b- Cristallisation du magma
Les lois fondamentales de cristallisation ont été établies à la suite des travaux de laboratoire
de N. BOWEN (1928). La cristallisation ou la formation des cristaux se fait ou cours du
refroidissement du magma dans un intervalle de température compris entre 1500°C et 600°C. Dans
un magma assez riche en silice, vont cristalliser dans l’ordre, les péridots, les pyroxènes, les
amphiboles et les plagioclases calciques, ensuite les micas, les plagioclases alcalins et le quartz (fig.
10). Au fur et à mesure du refroidissement le magma résiduel s’appauvrit en éléments chimiques
entrant dans la constitution des minéraux de haute température et il s’enrichit, par conséquent, en
éléments qui vont entrer dans la constitution des minéraux de basse température.

Cristallise Quartz
en dernier

Mica, muscovite

Fig. 10 : Ordre de
Feldspath
cristallisation des minéraux
Mica, biotite au cours du refroidissement
lent du magma (d’après
Amphibole hornblende Plagioclase Bowen).
Pyroxène augite
Cristallise Plagioclase calcique
en premier Péridot olivine

c- Notion de suite réactionnelle

19
Les premiers minéraux formés, devenant instables quand la température diminue, peuvent être
dissouts. Leurs constituants entrent dans la structure de nouveaux minéraux. Par exemple l’olivine
en présence d’un excès de silice à basse température se transforme en pyroxène puis les pyroxènes
en amphiboles puis en biotite. Une telle succession est appelée suite réactionnelle.
Par ailleurs, quand la température chute brusquement, les minéraux de haute température peuvent
subsister même à basse température. Ex. : l’olivine, minéral stable dans les roches très basiques se
retrouve dans les roches relativement acides telles que les trachytes.

2- Architecture des roches magmatiques


a- Débit
– Roches plutoniques
Le débit des roches plutoniques est essentiellement lié aux diaclases (plans découpant le gisement et
ayant pour origine les compressions ou les tensions qui s’y développent). Quand les diaclases sont
parallèles on parle de débit en dalle. Si elles sont entrecroisées le débit est dit en bloc. L’influence des
agents atmosphériques sur les blocs donne aux granites un débit en boule typique.

– Roches volcaniques
Les roches volcaniques possèdent un véritable débit qui n’est pas secondaire mais « congénital ».
Elles doivent cette particularité aux conditions spéciales de mise en place. On distingue : le débit en
lauzes, le débit en prismes, le débit en coussins et le débit cordé.
Les lauzes sont des dalles, à surface unie, ayant quelques centimètres d’épaisseur. Ce débit est
fréquent chez les phonolites.
Le débit en prismes (fig. 11a) caractérise les basaltes. La roche est découpée en prismes hexagonaux,
verticaux jointifs de quelques décimètres de section et de plusieurs mètres de haut. Ces prismes sont
appelés orgues basaltiques. Le débit en primes est dû au développement de fissures de retrait
pendant le refroidissement de la lave.
Le débit en coussins (pillow-lavas, fig. 11b) est particulier aux laves sous marines appelées pillow-
lavas. Les coulées successives ressemblent à des sacs de farine empilés les uns sur les autres.
Le débit cordé est obtenu quand la lave dégazée finalement du cratère donne naissance à des coulées
à surfaces lisses ayant un aspect de bitume se plissant en guirlandes.

a b

Fig. 11 : Débit en prismes (a) et en coussins (b) des basaltes

b- Structure
- Roches plutoniques
La structure est dite équante, c’est-à-dire que les minéraux ne présentent pas une orientation
préférentielle. Il existe néanmoins des structures orientées de certains granites, résultant de
mouvements du liquide magmatique lors de la cristallisation.

20
– Roches volcaniques
Elles sont de structure poreuse ou vacuolaire, avec la présence de pores ou de vacuoles liés à la
phase gazeuse du magma (ex. : ponce, andésites). L’absence de pores et de vacuoles leur confère une
structure compacte (ex. : basalte, phonolite).

c- Texture
c1- Roches plutoniques
La texture des roches plutoniques est dite grenue ; elle caractérise une roche entièrement cristallisée
(fig. 12) issue d’un refroidissement lent du magma et dont le grain est compris entre quelques
fractions de millimètres et quelques décimètres. Les minéraux qui les édifient sont subautomorphes
ou bien xénomorphes. Seuls les minéraux ferromagnésiens (amphiboles, pyroxène, biotite) et parfois
le quartz, peuvent être franchement automorphes. Cette texture présente plusieurs variétés :
 Texture grenue normale : tous les cristaux sont tous visibles à l’œil nu et presque
de même taille (millimétrique). Cette texture est la plus fréquente et la plus typique des roches
plutoniques.
 Texture grenue aplitique : caractérisée par des cristaux très fins de taille infra-
millimétrique. Les roches ayant cette texture sont appelées aplites.

Fig.12 : Texture grenue normal (minéraux isogranulaires) et grenue porphyroïde (présence de


phénocristaux d’orthose dans un fond de texture grenue normal)

 Texture grenue pegmatitique : caractérisée par des cristaux tous géants, de taille
centimétrique à métrique. Les roches ayant cette texture sont appelées pegmatites. Une variante est
la texture grenue pegmatitique graphique dans laquelle le quartz et le feldspath s’interpénètrent (le
quartz dessine dans le feldspath des figures cunéiformes ressemblant aux hiéroglyphes).
 Texture grenue porphyroïde : la roche est caractérisée par deux types de cristaux :
de gros cristaux de feldspath appelés porphyroblastes et de petits cristaux constituant un fond grenu
normal. Les granites ainsi obtenus sont appelés granites porphyroïdes.
 Texture microgrenue montre de petits cristaux et des microcristaux visibles qu’au
microscope (ex. : microgranite, microgabbro).

c2– Roches volcaniques


La texture des roches volcaniques peut être microlitique ou vitreuse.
 Texture microlitique : elle caractérise les roches d’épanchement ou roches à
refroidissement rapide. Le brusque refroidissement donne naissance à des cristaux microscopiques
fins allongés et de nature plagioclasique (ce sont les microlites) baignant dans une pâte vitreuse
amorphe (fig. 13). On distingue plusieurs variétés :

21
Fig. 13 : Principales
textures des roches
volcaniques

• la texture microlitique aphanitique (la roche contient uniquement des microlites flottant au sein
d’une matière interstitielle appelée mésostase vitreuse) ;
• la texture microlitique porphyrique (la roche présente des phénocristaux enrobés dans une pâte
microlitique) ;
• la texture microlitique fluidale (les microlites sont tous orientés dans le sens d’écoulement de la
lave) ;
• la texture microlitique trachytique, avec des microlites de feldspath potassique et de plagioclases
très abondants et très serrés si bien qu’il reste peu de mésostase.

 Texture vitreuse ou hyaline : le refroidissement n’a pas laissé le temps aux cristaux de se
former, la roche n’est pas du tout ou très peu cristallisée ; le magma se fige en une masse de verre
(ex. : obsidienne, ponce). On distingue aussi plusieurs variétés :
 la texture vitreuse perlitique caractérisée par des fentes de retrait courbes qui apparaissent au
cours du refroidissement, ce qui délimite des espaces sphériques ressemblant aux perles
(cette texture n’apparaît que dans les coulées sous-marines) ;
 la texture vitreuse fluidale, caractérisée par un alignement de petits cristaux divers ;
 la texture vitreuse sphérolitique, texture de dévitrification, avec des verres métastables et des
tendances à la reconstitution de réseaux cristallins ; il se forme des minéraux très petits dont
certains (quartz et feldspath) se disposent selon les rayons d’une sphère ;
 la texture vitroclastique au sein de laquelle on observe des éclats de verre en forme de X, Y, O
noyés dans une mésostase vitreuse (cas des ignimbrites).

3- Classification des roches magmatiques


a- Classification génétique (selon le mode de gisement)

22
D’après le niveau de mise en place ou mode de gisement les roches magmatiques sont classées en
deux groupes :
- Les roches plutoniques qui ont pris naissance en profondeur et qui ont été amenées en
surface par des soulèvements suivis d’une assez forte érosion.
- Les roches volcaniques ou effusives formées par refroidissement de laves épanchées en
surface.
Les roches volcaniques passent progressivement aux roches plutoniques par des roches de semi-
profondeur que sont les roches hypovolcaniques (proches des roches volcaniques) et les roches
périplutoniques (proches des roches plutoniques). Ces roches se présentent souvent sous forme de
filons (roches filoniennes) de divers types (fig. 9), avec des texture microgrenue, aplitique et
pegmatitique. C’est le cas des filons péribatholitiques représentant des produits de cristallisation des
derniers résidus magmatiques riches en éléments volatiles.

Parmi les roches volcaniques on distingue des agglomérats de débris de roches magmatiques
unis par un ciment et connus sous le nom de roches pyroclastiques ou pyroclastites. Leur
classification est basée sur la taille des éléments (tabl. 1) ou sur le mode de formation permettant de
distinguer : des brèches ignées, des brèches d’explosion interne (produits de cheminée comme les
brèches de kimberlites), des projections aériennes (ex. bombe volcanique, ignimbrites), des
projections sous-marines, sous-lacustres et sous-glaciaires (piperno, pépérites), des coulées de
projections et coulées boueuses, des sédiments volcanodétritiques (grauwackes et cinérites blanches).

Tableau 1: Classification des pyroclastites selon taille des éléments constitutifs.

Taille des éléments Roches meubles Roches cohérentes


> 30mm Blocs Brèches
30 à 2mm Lapillis Tufs
< 2mm Cendres Cinérites

b – Classification minéralogique et chimique


La classification minéralogique concerne les roches entièrement cristallisées. Elle tient compte du
pourcentage exact des différentes sortes de minéraux calculé à partie d’un compteur de point
(norme). De la norme on déduit le pourcentage de minéraux clairs (quartz, muscovite, feldspaths et
feldspathoïdes) et des minéraux colorés (péridots, amphiboles, pyroxènes et biotite). Ces
pourcentages permettent de distinguer :
- les roches hololeucocrates 0 – 5% (minéraux colorés)
- les roches leucocrates 5 – 35%
- les roches mésocrates 35 – 65%
- les roches mélanocrates 65 – 95%
- les roches holomélanocrates 95 – 100%

A l’aide de la composition minéralogique on distingue des familles et des sous familles (tabl. 2).
La classification chimique concerne les roches cristallisées ou non et permet de distinguer :
- des roches acides avec plus de 65% de silice,
- des roches neutres contenant 52 – 65% de silice,
- des roches basiques avec moins de 52% de silice.

4- Principales roches magmatiques


a- Les granites ou granitoïdes
Les granitoïdes sont des roches entièrement cristallisées. Les minéraux ont une taille moyenne de 2 à
5 mm. Le granite renferme trois minéraux obligatoires : quartz (au moins 20%), feldspath alcalin
(orthose ou microcline), plagioclase (moins abondants que les feldspaths alcalins) auxquels s’ajoutent
des minéraux ferromagnésiens dont les plus fréquents sont la biotite, la hornblende (amphibole) et la
muscovite. Plus rarement, on rencontre du pyroxène, de la cordiérite ou du grenat. Il est usuel de
23
qualifier un granitoïde par son ou ses minéraux mafiques (ex. granite à amphibole, granite à biotite,
granite à deux micas (biotite + muscovite), etc. Les minéraux accessoires les plus fréquents sont
l’apatite, le zircon, la tourmaline ou la topaze.
La texture classique des granites montre les minéraux mafiques automorphes ou subautomorphes,
les feldspaths subautomorphes et du quartz xénomorphe.
Il existe de nombreuses classifications pour les granites dont la plupart impliquent des conceptions
génétiques. Distinguons deux grands types de granitoïdes sur la base de leur minéralogie :
- Les granites ayant une origine au moins partiellement mantellique : ils sont riches en Na et Ca et se
caractérisent par la présence d’hornblende (ferromagnésien le plus abondant), pyroxène, biotite ainsi
que la présence d’enclaves basiques. Ces roches se rencontrent dans des contextes de marges
continentales actives, d’arcs insulaires et également en domaine anorogénique.
- Les granites d’origine crustale : ils se distinguent des précédents par une composition chimique et
minéralogique très différente. Ce sont des roches peralumineuses qui contiennent communément
des minéraux riches en aluminium comme la muscovite, le grenat et la cordiérite. Elles ne
contiennent jamais d’hornblende ni de magnétite. Ces granites, qui s’observent uniquement dans les
zones de collision continentale, sont liés à l’anatexie des matériaux sédimentaires matures
(peralumineux).

b- Les rhyolites
Les rhyolites sont des roches sursaturées en silice (entre 20 à 60% de quartz). Ce sont des
équivalents volcaniques des granites. Elles ont une texture microlitique et laissent apparaître des
phénocristaux de quartz, d’orthose, de biotite sur un fond finement grenue et vitreux. Les
phénocristaux de quartz formés à une température supérieure à 575°C sont des prismes bipyramidés
souvent corrodés ou éclatés. Les phénocristaux de feldspath sont généralement représentés par la
sanidine, variété d’orthose de haute température (> 800°C).
Ces roches affleurent principalement dans les domaines de marge continentale active au-dessus des
zones de subduction où elles résultent de la fusion partielle de la croûte.

c- Les syénites
Ce sont des roches, assez peu abondantes, se trouvent généralement en association avec leur
équivalents volcaniques. Les syénites sont grenues avec comme minéraux essentiels : feldspath
alcalin et plagioclase. Elles peuvent contenir soit du quartz (moins de 20%) soit du feldspathoïde
(moins de 10%). La texture de ces roches est semblable à celle des granitoïdes.

d- Les diorites
La diorite est un roche grenue constituée essentiellement de feldspaths calco-sodiques plus sodiques
que calciques (albite, oligoclase, andésine) et d’amphibole, avec parfois un peu de pyroxène, à
l’équilibre ou déficit de silice (moins de 60%), ne renfermant donc pas de quartz libre.
Les andésites à structure vacuolaire et à rares phénocristaux (andésine, amphibole et pyroxène) sont
les équivalents microlitiques des diorites.

e- Les gabbros
Les gabbros sont des roches formées de plagioclases calciques (labrador, bytownite, anorthite)
associés à un pyroxène. Les gabbros peuvent renfermer de l’amphibole, de l’olivine et des oxydes de
fer. Du point de vu textural, les textures de type granitique et de type cumulatif sont communes. Les
roches gabbroïques sont également qualifiées d’ophitiques (cristaux de plagioclases disposés de
manière aléatoire sont partiellement ou complètement englobés par des monocristaux de pyroxène.
Ce sont des plutonites répandues dans la croûte océanique.

f- Les basaltes
Equivalents microlitiques des gabbros, les basaltes sont des roches sombres (noires) et
denses, essentiellement composés de plagioclase (microlites de labradorite, bytownite et plus

24
rarement anorthite) et pyroxène (généralement augite) avec ou sans olivine. A noter la présence de
magnétite, minéral accessoire important. On distingue deux grands types de basaltes :
- Les basaltes tholéiitiques, pauvres en alcalins (K2O et Na2O) et en titane (Ti), riches en silice
exprimée généralement dans la phase vitreuse ; la présence d’olivine est exceptionnelle, le pyroxène
peu calcique et le plagioclase toujours du genre labradorite proche bytownite.
- Les basaltes alcalins, pauvres en silice et riches en alcalins et titane, ils se caractérisent par
l’abondance d’olivine et de feldspathoïdes. Le pyroxène est calcique et le plagioclase de composition
labradorite, mais tendant vers l’andésine.
Les basaltes et les roches associées (trachytes, latites) sont des volcanites les plus répandues dans la
nature. Elles se rencontrent dans les zones de frontières de plaques distensives (rides médio-
océaniques) ou compressives (zones de subduction) ainsi qu’en domaines intraplaques (océanique et
continentales).

g- Les roches ultramafiques


Ce sont des roches holomélanocrates de composition ultrabasique contenant de 90% ou plus
de mélanges d’olivine, pyroxène (Cpx ou Opx) et hornblende et éventuellement de biotite. Les noms
génériques de ces roches sont : péridotite (plus de 40 % d’olivine), pyroxénite ou hornblendite.
Les péridotites constituent la partie supérieure du manteau. Ces roches d’origine profonde se
rencontrent sous forme d’enclaves dans les roches volcaniques, au sein de la croûte océanique
fracturée, à la base des complexes ophiolitiques obductés.
Les équivalents volcaniques de ces roches sont rares, sauf dans les ceintures de roches vertes
archéennes (komatiites).
Les roches ultrabasiques recèlent souvent de précieuses minéralisations (Cr, Ni, Co, Pt).

25
Tabl. 2 : Classification simplifiée des roches magmatiques (en majuscules, les roches grenues et en minuscules, les roches microlitiques)

Roches magmatiques Roches saturées Roches sous-saturées


avec quartz et feldspaths avec feldspaths avec feldspaths et avec feldspathoïdes
sans quartz ni feldspathoïdes sans feldspaths
feldspathoïdes

Roches leucocrates
Roches à feldspaths GRANITE SYENITE SYENITE
alcalins seuls ou NEPHELINIQUE
dominants
Rhyolite Trachyte Phonolite IJOLITE
(avec néphéline)
MONZOGRANITE MONZONITE ESSEXITE
Roches à feldspaths Rhyolite latitique Néphélinite
alcalins et plagioclases Téphrite
(Roches calco-alcalines) GRANODIORITE Trachyandésite (sans olivine)
Rhyodacite
Roches mésocrates
An < 50

DIORITE DIORITE THERALITE MISSOURITE


Roches à plagioclases seuls

QUARTZIQUE (avec leucite)


Basanite
Dacite Andésite (avec olivine) Leucitite
Roches mélanocrates

GABBRO GABBRO
QUARTZIQUE
An > 50

Basalte tholéiitique Basalte


PERIDOTITE – AMPHIBOLITE – PYROXENITE

Picrite

26
III - LES ROCHES SEDIMENTAIRES ET RESIDUELLES
1- Généralités
a- Définition
Les roches sédimentaires et résiduelles sont celles dont la matière provient directement, en
totalité, de l’extérieur de l’écorce terrestre. Les agents qui leur donnent naissance (mers, rivières,
lacs, glaciers vents, etc.) agissent à la surface de l’écorce terrestre ou du moins à faible profondeur
(eaux d’infiltration). Ces roches sont ainsi dites exogènes.
Les roches exogènes (plus particulièrement les roches sédimentaires) forment des couches
presque toujours plus étendues en surface qu’en épaisseur. Elles sont stratifiées. Souvent, elles ne
contiennent pas de minéraux visibles et parfois renferment des fossiles.

b- Genèse des roches exogènes


Les roches exogènes résultent de processus géodynamiques externes que sont l’altération,
l’érosion, le transport et la sédimentation.
- Sous l’effet des écarts de température et d’humidité atmosphériques, et de chocs
d’origines diverses (ex. vagues, vents chargés de particules, actions biologiques), toutes les roches
à surface du globe se fragmentent en débris plus ou moins gros : c’est la désagrégation
mécanique. Leurs minéraux au contact de l’eau d’infiltration se désagrègent pour donner des
sols : c’est l’altération chimique. Elle libère des cations (Na+, Ca2+, K+, Mg2+, Al3+, Si4+, Fe2+, Fe3+,
etc.) et permet l’élaboration de minéraux dits néoformés (argiles) à côté des minéraux résiduels ou
hérités (quartz). Les cations mobiles (Na+, Ca2+, K+ Mg2+) s’éloignent du site d’altération par
lessivage. Les cations relativement immobiles (Fe3+, Al3+, Ti4+) et tous les minéraux résiduels
peuvent s’accumuler sur place pour donner des roches résiduelles (latérites, bauxites).
- L’érosion est l’ensemble des processus mécaniques qui désagrègent rapidement les roches
en les décapant. Quand elle est intense (en terrain accidenté, sous climat aride), elle domine
l’altération et empêche le développement des sols.
- L’ensemble des produits d’altération et les éléments mobilisés par l’érosion sont évacués
par les agents de transport (eaux sauvages, cours d’eau, vents, glaciers) vers les milieux de
sédimentation.
- La sédimentation conduit à l’accumulation des dépôts en strates à partir des particules et
solutés transportés. Les particules solides se déposent suivant les lois de la gravité. Les solutés par
contre, s’accumulent soit par des mécanismes purement physico-chimiques (précipitation), soit
suite à des interventions biologiques.
Les sédiments accumulés, sous le poids des strates sus-jacents, sont compactés et cimentés pour
donner des roches cohérentes. Cette transformation s’accompagne de phénomènes de
recristallisation (ex. recristallisation de l’aragonite des coquilles en calcite, nourrissage des grains
de quartz par la silice interstitielle) et de métasomatose (ex. transformation de la calcite CaCO3 en
dolomite (Ca, Mg)(CO3)2 = dolomitisation des calcaires). L’ensemble de ces phénomènes
physico-chimiques par lesquels les sédiments frais sont transformés en roches cohérentes
constitue la diagenèse.

2- Architecture des roches exogènes


a- Architecture des roches sédimentaires
- Le débit : Il est dû à l’existence d’un litage (alternance de minces couches qui diffèrent
par leur composition ou par leur granulométrie). Selon l’épaisseur des lits, le débit peut se faire en
bancs (décimétriques à métriques), en dalles (centimétriques à décimétriques), en lits
(millimétriques) ou en lamines. L’empilement d’un grand nombre de lits donne des strates.
- Le débit des roches chimiques, sans impuretés détritiques, est massif. On peut toutefois
noter l’existence de débits accidentels comme le débit stylolitique des calcaires caractérisé par des
surfaces de décollement irrégulier et indenté.

27
- La structure : Elle est peu variée. Chez les roches détritiques, elle est compacte ou
poreuse. Les roches d’origine chimique sont compactes surtout quand elles sont saines (sans
phénomènes tardifs de dissolution, de recristallisation et de concrétionnement).

- La texture : Elle est aussi peu variée et dite isogranulaire (grains bien calibrés) ou
hétérogranulaire (fig. 13), à grains arrondis ou à grains anguleux, à grains jointifs (à ciment
minimum) ou à grains dispersés (à ciment important) et de recristallisation (cas des calcaires).

- Le grain : C’est le caractère architectural le plus apparent et le plus important. Il permet


de faire une large classification granulométrique des roches détritiques (tabl. 4). Cette
granulométrie reflète indirectement la composition minéralogique des roches. Ainsi les
conglomérats sont de nature pétrographique quelconque, les sables et grès, à forte proportion de
quartz, et les pélites, des concentrations de minéraux micacés ou argileux.

Tabl. 3 : Architecture des roches exogènes

Roches détritiques Roches d’origine chimique Roches résiduelles

- en bancs
- en dalles - Massif
DEBIT - en plaquettes - Stylolitique Massif
- en lamines
- Compacte - Caverneuse
- Compacte - Poreuse - Scoriacée
STRUCTURE - Poreuse - Vacuolaire - Vacuolaire
- Fausse brèche - Concrétionnée
- Graveleuse - Compacte
- Oolithique
- Concrétionnée
- Microgranulaire - microgranulaire
- Granulaire - granulaire
• isométrique • oolithique
TEXTURE • hétérogranulaire • de recristallisation
• à grains jointifs
• à grains non jointifs

b- Architecture des roches résiduelles :


Les résidus restés sur place sont essentiellement représentés par des argiles (dites résiduelles) et
les divers oxydes et hydroxydes constituant les latérites ou sols tropicaux. Ces matériaux meubles
ou indurés présentent des particularités architecturales liées à leur genèse. Ils sont massifs. Les
altérites proches du substratum peuvent présenter des fantômes de structure de la roche-mère.
On peut aussi citer les structures compacte, bréchique et pisolitique des bauxites et les structures
caverneuse, vacuolaire et scoriacée des cuirasses ferrugineuses.

3- Classification
Elle tient compte de la composition chimique et minéralogique et de l’origine des roches.
- D’après la composition chimique et minéralogique, on distingue les roches siliceuses, les
roches silico-alumineuses, les roches alumineuses, les roches carbonatées, les roches phosphatées,
les roches ferrifères, les roches salines ou évaporites et les roches carbonées.
- D’après leur origine ou mode de formation, on définit les roches résiduelles (restées sur
place après action des phénomènes d’altération), les roches détritiques (issues de l’action
mécanique des agents divers et essentiellement constituées de débris sélectionnés et classés de

28
roches mères), les roches chimiques (obtenues à partir de précipitation et cristallisation de solutés
chimiques) et les roches organiques ou biochimiques (produits de l’action des êtres vivants sur les
solutions et colloïdes ; ex. : construction de calcaires récifaux, intervention directe des bactéries
dans la formation du pétrole).
La majorité des roches est d’origine mixte (ex. : craie à silex), ce qui conduit souvent à
incommodité de la classification d’après l’origine.
4- Les principales roches exogènes
a- Les roches sédimentaires détritiques
Elles sont formées de deux parties : les éléments ou grains et le ciment. D’après la forme et la
taille des éléments constitutifs, on distingue plusieurs types (tabl. 4)

Tabl. 4 : Classification granulométrique des roches détritiques


Classe Noms de formation Description des éléments
Roches meubles Consolidées Taille des grains Forme
RUDITES Blocs Conglomérat Variable
Fragments Brèches > 2 mm Anguleux
Cailloux Conglomérat Interm.
Galets Poudingues Arrondi
ARENITES Sables Grès Variable
Sablon (sandstone) 2 mm à 63 µm
Silts Siltites 63 µm à 4 µm Anguleux
(siltstone) -----------
LUTITES Argiles Argilite < 4 µm Anguleux
(shale)

Fig. 14 : Textures
hétérogranulaires
(grès ferrugineux et
calcaire oolitique)

– Les conglomérats
Ce sont des roches formées de galets ou fragments réunis par un ciment naturel gréseux ou
argileux. On les appelle poudingues lorsque les éléments sont arrondis et brèches dans le cas
contraire. La tillite est un conglomérat d’origine glaciaire formé d’éléments polygéniques et
hétérométriques emballés dans une matrice fine. La gompholite est un poudingue à ciment
calcaire.
– Les sables
Issus de la désagrégation naturelle des roches siliceuses, ils se distinguent suivant la nature des
minéraux qu’ils contiennent en plus du quartz (sable micacé, grenatifère, feldspathique,
ferrugineux, argileux, calcaire, bitumineux).

– Les grès
Ce sont des sables consolidés dont les éléments sont réunis par un ciment naturel. La cassure
respecte le grain ou la tranche. Elle est grenue ou lisse mais non esquilleuse. Suivant la nature du

29
ciment, on définit les grès calcaires (effervescence à l’HCl), argileux, ferrugineux (brun ou
rougeâtre), glauconieux (vert), siliceux.
La présence de minéraux permet aussi de différencier les grès micacés, grenatifères, sériciteux,
feldspathiques. Si le quartz prédomine on a un grès quartzeux. On appelle arkose un grès
feldspathique (F> 20%) et psammite un grès fortement micacé (M>20%)
Le quartzite diffère du grès en ce que le quartz du ciment fait corps avec le quartz des grains ; la
cassure tranche toujours les grains, elle est esquilleuse et parfois lustrée.

- Les siltites
Ils sont constituées de grains très fins de quartz (silts) plus des argiles.

- Les argiles sédimentaires et argilites


Elles correspondent aux anciennes boues argileuses et proviennent essentiellement de dépôts
d’argiles résiduelles transportées par divers agents. Ce sont des roches tendres (rayables à l’ongle),
fragiles à l’état sec avec une cassure conchoïdale et douées d’un pouvoir absorbant. A l’eau, elles
deviennent plastiques. Elles sont composées de minéraux argileux (kaolinite, montmorillonite,
illite, glauconie, chlorite, attapulgite), de grains de quartz détritique très fins, de matières
organiques, des électrolytes et des oxydes de fer, d’aluminium, de manganèse etc. On peut
distinguer les argiles kaoliniques (kaolin = argile blanche très pure) les argiles glauconieuses, les
argiles à attapulgite.

b- Les roches sédimentaires d’origine chimique et biochimique


- Les calcaires : Le minéral principal qui constitue les calcaires est la calcite (CaCO3). Deux
mécanismes principaux conduisent à la formation des calcaires.
* La précipitation chimique : elle est traduite par l’équation
CaCO3 + H 2O + CO2 Ca ( CO3H )2 ( so lub le)
A partir de cet équilibre, tout facteur qui provoque le départ de CO2 ou de H2O conduit à la
précipitation de la calcite. C’est par exemple l’élévation de la température, la diminution de la
pression, l’absorption du CO2 par les plantes ou par action bactérienne (augmentation de pH), et
la concentration par évaporation ou par gel. Ces facteurs sont à l’origine des calcaires chimiques
et organo-chimiques que sont les calcaires lacustres (tufs et travertins), les stalactites et
stalagmites, les calcaires oolithiques ou pisolitiques, noduleux ou marneux.
* La fixation du calcium par des organismes qui libèrent la calcite après leur mort. Certains
animaux et végétaux (cœlentérés, rudistes, bryozoaires, algues) édifient de véritables récifs
donnant ainsi des calcaires construits. D’autres (foraminifères, lamellibranches, gastéropodes) par
contre donnent des calcaires d’accumulation de leurs tests et coquilles.
On peut distinguer les calcaires dits détritiques, issus du démantèlement de calcaires préexistants.
Ce sont par exemple les poudingues et brèches calcaires et les calcaires lithographiques (formés
de particules très fines et renfermant 5% d’argile).
La dénomination des calcaires tient compte de nombreux paramètres.
d la structure : ex. calcaire microgranulaire (calcaire lithographique), calcaire oolitique ou
pisolitique (formé de grains plus ou moins ovoïdes unis par un ciment calcaire ; chaque grain
comprend un nucléus qui peut être un débris minéral ou organique entouré d’enveloppes
concentriques de précipitation calcaire), calcaire bréchique (constitué de débris anguleux).
d l’organisme fossile présent dans la roche : ex. calcaire à entroques, calcaire à gryphées,
calcaire à polypiers, calcaire coquillier (essentiellement formé de débris de lamellibranches et de
gastéropodes).
d les impuretés contenues dans la roche : ex. calcaire gréseux, calcaire ferrugineux, calcaire
argileux. Les calcaires argileux sont les plus abondants et les plus variés. Suivant le pourcentage
d’argile, on distingue : les calcaires (0 à 5%), les calcaires argileux (5 à 35%), les marnes (35 à
65%), les argiles calcaires (65 à 95%) et les argiles (95 à 100%).

30
- Les dolomies : Le principal constituant est la dolomite (Mg,Ca(CO3)2). Ce sont des roches plus
dures que les calcaires. Généralement impures, elles se mélangent aux calcaires pour donner des
calcaires magnésiens ou dolomitiques.
- Les roches phosphatées : Le principal constituant est l’apatite sous forme de colophane. Les
sédiments phosphatés on trois origines : la précipitation chimique du phosphore comme dans le
cas des carbonates ; l’accumulation d’os, de tests et de coprolithes phosphatés dans un milieu
marin suite à une « hécatombe » ; concentration continentale secondaire provenant de phosphates
sédimentaires ou de l’apatite des roches magmatiques (phosphorites). Les roches phosphatées
sont de textures variées. Les phosphates en grains (phospharénites) sont des roches jaunâtres
contenant en moyenne 70% de phosphates tricalciques.
- Les roches siliceuses d’origine chimiques et biochimiques : Le principal minéral
constitutif est la silice cryptocristalline appelée opale. Ces roches sont mises en place par
floculation de la silice ou par fixation de la silice par les organismes à proximité de manifestation
volcanique sous marines.
Les diatomites sont des roches formées de carapaces microscopiques d’algues marines
unicellulaires appelées diatomées. Elles sont blanchâtres, très légères et rayables à l’ongle. Les
radiolarites contiennent des traces microscopiques de squelettes de radiolaires. Les jaspes sont
des radiolarites rouges sombres, à éclat cireux, dont la couleur témoigne d’une diagenèse en
milieu oxydant. Les silexites ou cherts sont des silex (formées de calcédoine et d’opale sous forme
de rognons) opaques et à cassure courbe.
- Les roches ferrifères : Elles contiennent au moins 10% d’oxydes et d’hydroxydes de fer sous
forme d’hématite, de limonite, de goethite. On peut citer les hématitites, le fer oolitique ou
pisolitique.
- Les roches salines ou évaporites : Elles résultent de l’évaporation de l’eau de mer en milieu
saturé. Ce sont donc des dépôts physico-chimiques de climats secs. Souvent plastiques et
facilement solubles (à des degrés divers), elles sont essentiellement représentées par trois roches
d’importance géologique et économique considérables correspondant à trois minéraux : le sel
gemme (halite), la pierre à plâtre (gypse) et les sels de potasse (sylvine et carnallite).
- Les roches charbonneuses : Les principales sont les houilles et les pétroles. On peut citer
aussi les tourbes, les lignites, les schistes bitumeux et les ambres. La teneur en carbone de ces
roches est très variable (tourbe 50%, lignite 55%, houille 60 - 90%, anthracite 95%, pétrole très
peu). En général, ce sont des roches de couleur noire.
Les houilles sont constituées de matières organiques carbonées de nature amorphe riches en
carbone et de fossiles végétaux.
La tourbe est un charbon quaternaire ou actuel, spongieux, léger, à carbonisation peu avancée,
avec des débris végétaux reconnaissables.
Les pétroles sont des mélanges complexes d’hydrocarbures issus de l’évolution de la matière
organique enfouillie en milieu réducteur et sous l’influence de bactéries anaérobies.

- Les roches résiduelles : Elles représentent le résultat ultime de l’altération superficielle des
roches. Elles sont formées de résidus demeurés sur place après le départ de produits solubles par
lessivage. Leur genèse implique ainsi l’accumulation sur place d’hydrates d’aluminium et
d’hydroxydes de fer. Ces roches sont en général de couleur rouge caractéristique. Il s’agit :
* des latérites, matériaux meubles ou indurés constituant les sols tropicaux et intertropicaux et
composés d’argiles, de quartz hérité, d’hydroxydes de fer, d’aluminium, de manganèse et de
titane.
* des bauxites, roches cohérentes, de structure variée et essentiellement composées d’hydrate
d’aluminium (gibbsite, diaspore, bœhmite) de kaolinite, de silice, d’hydroxydes de fer et de titane.
Ils représentent le principal minerai d’aluminium.

III - LES ROCHES METAMORPHIQUES


1- Généralités

31
- Les dolomies : Le principal constituant est la dolomite (Mg,Ca(CO3)2). Ce sont des roches plus
dures que les calcaires. Généralement impures, elles se mélangent aux calcaires pour donner des
calcaires magnésiens ou dolomitiques.
- Les roches phosphatées : Le principal constituant est l’apatite sous forme de colophane. Les
sédiments phosphatés on trois origines : la précipitation chimique du phosphore comme dans le
cas des carbonates ; l’accumulation d’os, de tests et de coprolithes phosphatés dans un milieu
marin suite à une « hécatombe » ; concentration continentale secondaire provenant de phosphates
sédimentaires ou de l’apatite des roches magmatiques (phosphorites). Les roches phosphatées
sont de textures variées. Les phosphates en grains (phospharénites) sont des roches jaunâtres
contenant en moyenne 70% de phosphates tricalciques.
- Les roches siliceuses d’origine chimiques et biochimiques : Le principal minéral
constitutif est la silice cryptocristalline appelée opale. Ces roches sont mises en place par
floculation de la silice ou par fixation de la silice par les organismes à proximité de manifestation
volcanique sous marines.
Les diatomites sont des roches formées de carapaces microscopiques d’algues marines
unicellulaires appelées diatomées. Elles sont blanchâtres, très légères et rayables à l’ongle. Les
radiolarites contiennent des traces microscopiques de squelettes de radiolaires. Les jaspes sont
des radiolarites rouges sombres, à éclat cireux, dont la couleur témoigne d’une diagenèse en
milieu oxydant. Les silexites ou cherts sont des silex (formées de calcédoine et d’opale sous forme
de rognons) opaques et à cassure courbe.
- Les roches ferrifères : Elles contiennent au moins 10% d’oxydes et d’hydroxydes de fer sous
forme d’hématite, de limonite, de goethite. On peut citer les hématitites, le fer oolitique ou
pisolitique.
- Les roches salines ou évaporites : Elles résultent de l’évaporation de l’eau de mer en milieu
saturé. Ce sont donc des dépôts physico-chimiques de climats secs. Souvent plastiques et
facilement solubles (à des degrés divers), elles sont essentiellement représentées par trois roches
d’importance géologique et économique considérables correspondant à trois minéraux : le sel
gemme (halite), la pierre à plâtre (gypse) et les sels de potasse (sylvine et carnallite).
- Les roches charbonneuses : Les principales sont les houilles et les pétroles. On peut citer
aussi les tourbes, les lignites, les schistes bitumeux et les ambres. La teneur en carbone de ces
roches est très variable (tourbe 50%, lignite 55%, houille 60 - 90%, anthracite 95%, pétrole très
peu). En général, ce sont des roches de couleur noire.
Les houilles sont constituées de matières organiques carbonées de nature amorphe riches en
carbone et de fossiles végétaux.
La tourbe est un charbon quaternaire ou actuel, spongieux, léger, à carbonisation peu avancée,
avec des débris végétaux reconnaissables.
Les pétroles sont des mélanges complexes d’hydrocarbures issus de l’évolution de la matière
organique enfouillie en milieu réducteur et sous l’influence de bactéries anaérobies.

- Les roches résiduelles : Elles représentent le résultat ultime de l’altération superficielle des
roches. Elles sont formées de résidus demeurés sur place après le départ de produits solubles par
lessivage. Leur genèse implique ainsi l’accumulation sur place d’hydrates d’aluminium et
d’hydroxydes de fer. Ces roches sont en général de couleur rouge caractéristique. Il s’agit :
* des latérites, matériaux meubles ou indurés constituant les sols tropicaux et intertropicaux et
composés d’argiles, de quartz hérité, d’hydroxydes de fer, d’aluminium, de manganèse et de
titane.
* des bauxites, roches cohérentes, de structure variée et essentiellement composées d’hydrate
d’aluminium (gibbsite, diaspore, bœhmite) de kaolinite, de silice, d’hydroxydes de fer et de titane.
Ils représentent le principal minerai d’aluminium.

III - LES ROCHES METAMORPHIQUES


1- Généralités

31
Lorsqu’une roche, d’origine magmatique, sédimentaire ou même métamorphique, est soumise à
de nouvelles conditions de température et/ou de pression différentes de celles ayant présidé à sa
formation, elle se transforme à l’état solide pour donner une roche métamorphique. Cette
transformation est caractérisée par la recristallisation de nouveaux minéraux, dits néoformés et
l’acquisition de textures et structures particulières. Les processus métamorphiques sont des plus
difficiles à comprendre à cause :
- de la variabilité minéralogique et donc chimique des roches transformées,
- des modifications variables selon l’intensité des phénomènes pour une même
composition chimique et
- des paramètres fondamentaux (température et pression) agissant dans de vastes domaines
et pas forcément simultanément.

a- Les limites du métamorphisme


Les processus métamorphiques n’incluent, ni l’altération météorique, qui se fait à température
standard, ni la diagenèse. C’est au-delà de cette dernière que l’on parle de métamorphisme.
Minéralogiquement et théoriquement la limite inférieure du métamorphisme est fixée aux rayons
X. Pour le géologue « de base », il y a métamorphisme si les minéraux de recristallisation (à partir
des argiles) sont déterminables au microscope. A la limite supérieure, le métamorphisme exclut
les phénomènes d’anatexie ou de magmatisme.

b- Le métamorphisme isochimique
Le métamorphisme, c’est la transformation minéralogique des roches à l’état solide et par
conséquent sans passer par l’état de fusion. Les transferts d’éléments chimiques (ions, groupes
d’ions ou molécules) se font grâce à des fluides dont les principaux sont H2O et CO2. Ces
recristallisations s’effectuent dans les profondeurs du globe terrestre, là où sont entrainées les
roches sédimentaires, magmatiques ou métamorphiques, grâce aux mouvements tectoniques
(subduction, collision). Les roches se trouvent dans de nouvelles conditions de température et de
pression et par conséquent leur minéralogie devient instable et s’adapte plus ou moins
complètement aux nouvelles conditions plus rigoureuses.
Comme dans le cas des roches magmatiques, c’est la composition chimique qui détermine la
composition minéralogique. La plupart du temps, les réactions s’effectuant en milieu fermé, la
composition chimique de la roche métamorphique est la même que celle de la roche de départ
appelée protolithe. Le métamorphisme est dit isochimique. Ceci n’est pas le cas du
métamorphisme métasomatique (métasomatisme) qui est défini par des transferts importants
d’éléments chimiques en relation avec la mise en place d’intrusions qui libèrent une phase gazeuse
ou liquide riche en ces éléments (métamorphisme de contact).

c- Quelques définitions
- Paragenèse : c’est la composition minéralogique d’une roche constituée de minéraux
présents dans un climat défini par une fourchette de température et de pression.
- Séquence : c’est l’ensemble des roches métamorphiques, de degré variable, ayant une
composition chimique moyenne et provenant de protolithes magmatiques ou sédimentaires
proches.
- Minéraux index : minéraux qui apparaissent dans des conditions thermodynamiques
précises et qui sont donc très utiles pour déterminer ces conditions, c’est-à-dire le climat
caractérisé par une température T et une pression P, dans lequel la roche s’est formée. Un bon
minéral index est un minéral qui a un champ de stabilité restreint : il n’est présent que dans un
intervalle réduit de température et de pression.
- Isogrades et zones métamorphiques : ces deux notions découlent de la précédente car
sur le terrain, on peut suivre l’apparition puis constater la disparition d’un minéral index et donc
de tracer des lignes qui matérialisent ces fluctuations, ce sont des isogrades. Entre l’apparition
d’un minéral et sa disparition, existe une zone où il est présent, zone dénommée par le minéral

32
caractéristique. On parle ainsi de zone à chlorite, zone à grenat etc. ordonnées en fonction de
l’intensité croissante du métamorphisme.
- Faciès métamorphique : c’est le climat dans lequel les roches de différentes séquences
ont évolué. Il est défini par une fourchette de température et une fourchette de pression
identifiable grâce aux minéraux index spécifiques de chaque séquence. La précision des minéraux
index permet de définir des sous-faciès. Les deux principaux faciès du métamorphisme général
sont : le faciès schiste vert (300-520°C), le faciès amphibolite (520-750°C).
- Zones métamorphiques : on a constaté une progression dans l’intensité du
métamorphisme en allant de l’extérieur vers l’intérieur où elle est maximale. L’étude du champ de
stabilité des minéraux en laboratoire a permis de connaître les conditions d’apparition et de
disparition des minéraux au profit de nouvelles paragenèses. Des coupures ont été établies en
fonction de l’association des minéraux observés donc en fonction de la profondeur (zones
métamorphiques. La zone transitoire, située entre le domaine de la diagenèse et celui du
métamorphisme proprement dit est l’anchizone. La zone métamorphique la moins profonde est
donc l’épizone (200 à 500°C). La catazone (650 à +700°C) est la zone la plus profonde après la
mésozone (500 à 650°C). L’ultrazone correspond à la profondeur exceptionnelle où sont réunies
des conditions les plus sévères.
Ce découpage est pratique mais présente un inconvénient majeur. C’est le fait de relier
l’intensité du métamorphisme à la profondeur alors que l’augmentation de la température est
fonction du gradient géothermique qui varie fortement d’un contexte à l’autre.

Tabl. 5 : Définition des zones métamorphiques


Température Zones Faciès
350°C Epizone Schiste vert

520°C Mésozone Amphibolite

750°C Catazone Granulite

Ultrazone Granulite
Eclogite

d- Les facteurs de métamorphisme


Les facteurs les plus importants du métamorphisme sont la température et la pression.
Les pressions (pression lithostatique, pressions orientées, pression de la phase fluide)
jouent un rôle fondamental aussi bien dans la formation des minéraux que des structures.
La pression lithostatique est celle exercée par les roches sus-jacentes à la zone métamorphique.
Elle dépend de la densité des roches et de la profondeur à laquelle elle s’exerce. Elle est dite
isotrope parce qu’elle n’induit aucune déformation dans les roches concernées.
Les pressions orientées résultent des déformations orogéniques qui se produisent dans les zones
de subduction et d’hypercollision. Elles sont toujours présentes dans le métamorphisme général
et déterminent les structures orientées caractéristiques (schistosité, linéation et microplis).
Au cours du métamorphisme, les réactions chimiques sont rendues possibles grâce à la présence
de fluides (H2O et CO2 majoritairement) qui sont les vecteurs de transport. Les recristallisations
qui affectent les roches métamorphiques sont considérablement accélérées par la présence d’eau
et, sans cette dernière, beaucoup de réactions ne pourraient avoir lieu.
Le rôle de la température dans la transformation métamorphique des roches est
incontestable. Dans les conditions standard de température les vitesses de réactions sont
extrêmement faibles ou nulles. Ceci explique qu’aucune réaction ne soit possible dans les roches
sédimentaires et magmatiques malgré que leurs minéraux ne soient pas en équilibre entre eux.
Avec l’augmentation de la température, les vitesses et l’ampleur des réactions sont accélérées.
La montée de la température est liée à la mise en place d’un pluton, à l’enfouissement des roche
en grande profondeur, c’est l’effet du gradient géothermique (3°C/100m).

33
e- Les différents types de métamorphisme.
Les facteurs responsables des transformations métamorphiques ont des rôles inégaux et par
conséquent les roches formées ont des caractéristiques différentes en fonction du type de
métamorphisme subi. Il existe six métamorphismes différents :
- Le métamorphisme général (régional), ainsi dénommé à cause de son ampleur. Les roches
subissent une augmentation de température et de pression et sont presque toujours orientées.
- Le métamorphisme de contact (thermique), dans lequel le facteur principal est une forte
augmentation de température autour d’une intrusion magmatique granitique ou gabbroïque. Il
affecte des enclaves et les terrains encaissants en formant des zones concentriques successives
appelées auréoles de métamorphisme de contact.
- Le métamorphisme océanique intéresse la croûte océanique, ultrabasique et basique. Le
facteur principal est ici l’eau qui induit un métamorphisme hydrothermal avec recristallisation des
minéraux sans modification des structures magmatiques primaires.
- Le pyrométamorphisme se développe grâce à de très fortes augmentations de
température. Ces conditions sont réalisées lors de la mise en place de coulées basaltiques sur des
sols qui subissent un recuit important alors que les basaltes eux-mêmes sont hydratés et envahis
par des zéolites.
- Le métamorphisme dynamique (cataclastique) intéresse de faibles volumes de roches le
long de surfaces tectoniques. Les températures sont généralement faibles alors que les pressions
orientées sont très importantes.
- Le métamorphisme d’enfouissement se produit lorsque les roches se retrouvent à grande
profondeur dans les géosynclinaux et donc soumises à la seule pression lithostatique qui induit
des transformations minéralogiques sans transformations structurales.
Le ou les paramètres essentiels pour ces différents types de métamorphisme sont résumés dans le
tableau 6.
Tabl. 6 : Importance des paramètres dans les différents métamorphismes.
Métamorphisme Température P. orientée P. lithostatique Fluides
Général *** *** *** *
Contact *** *
Océanique * ***
Pyrométam. ***
Cataclastique * ** *
Enfouissement * *** *

2- Architecture des roches métamorphiques


Les roches métamorphiques montrent généralement une orientation des différents minéraux ce
qui leur donne une organisation en feuillets (effets de la pression orientée).

a- Débit
A l’affleurement les roches du métamorphisme général, qui sont de loin les plus abondantes,
montrent un aspect stratifié lié à la nature sédimentaire de la protolithe et à la pression orientée
qu’elles ont subit. Le plan de débit correspond au plan de foliation ou schistosité. En fonction de
l’épaisseur des feuillets les roches se débitent en plaquettes, en bancs ou en dalles (cas des
quartzites, et des gneiss). Dans le paysage, les micaschistes à nu donnent des rochers déchiquetés,
gris, gris bleuté, parfois gris verdâtre et fournissent des dalles médiocres et inégales. Les marbres,
les roches hautement métamorphiques (granulites, éclogites) et celles issues du métamorphisme
de contact sont massifs et présentent un débit en blocs ou parfois en boules suite à l’altération.

b- Structure
La foliation est l’alternance de feuillets de composition minéralogique et de couleurs différentes.
Les feuillets sont généralement sombres, à micas et minéraux ferromagnésiens, ou clairs, et

34
quartzo-feldspathiques. La schistosité correspond à une superposition de feuillets de même
composition.
Les principales structures des roches métamorphiques sont :
- structure foliée ou rubanée (ex. gneiss, amphibolites, quartzites),
- structure schisteuse ou feuilletée (ex. schistes, micaschistes, quartzites),
- structure massive (ex. marbres, pyroxénites, amphibolites)
- structure œillée (ex. gneiss), liée à la présence des yeux de feldspath et de quartz.

c- Texture
On distingue :
- la texture granoblastique dans laquelle le quartz et les feldspaths sont grenus et indentés, mais
les micas restent disposés en lits parallèles (ex. gneiss) ;
- la texture lépidoblastique, avec des minéraux phylliteux (micas, chlorite) particulièrement
abondants et disposés dans le plan de schistosité (ex. micaschistes) ;
- la texture nématoblastique au sein de laquelle les minéraux en aiguille (amphiboles = actinote
et hornblende) sont dominant (ex. amphibolites) ;
- la texture porphyroblastique est caractérisée par l’apparition de cristaux géants
(porphyroblastes de feldspath, de quartz, de grenat, etc.) sur un fond de texture
granoblastique ou lépidoblastique (ex. gneiss œillés ; fig. 14).

Fig. 15 : Quelques textures


de roches métamorphiques.
Texture granoblastique (a)
dans un gneiss,
lépidoblastique (b) dans un
micaschiste,
porphyroblastique (c et d)
a b dans un gneiss œillé et un
micaschiste à grenat.

c d

3- Classification des roches métamorphiques


Les roches métamorphiques ne sont pas aussi faciles à dénommer et à classer que les roches
magmatiques car les paramètres susceptibles d’interférer sont nombreux et variables :
- multiples séquences aux compositions chimiques complexes,
- pression et température variables,
- métamorphisme différents dans un même contexte géodynamique.
On distingue :
- des roches métamorphiques d’origine magmatique, dites orthodérivées (selon leur mode
de gisement primaire, plutonique ou volcanique et leur famille chimique, elles appartiendront aux
séquences orthodérivées plutoniques acide (granite) ou basique (gabbro), ou orthodérivées
volcaniques acide (rhyolite) ou basique (basalte) ;

35
- des roches métamorphiques d’origine sédimentaire, dites paradérivées, variant selon la
nature du sédiment de départ (tabl. 7).
Le préfixe méta, associé à un nom de roche, traduit le fait que cette roche a subi un faible
métamorphisme qui n’a pas complètement oblitéré sa nature antémétamorphique.
Enfin, à la suite d’un broyage tectonique (mylonitisation) associé à une recristallisation plus ou
moins faible la roche est appelée brèche tectonique ou mylonite.

4- Principales roches métamorphiques


a- Les schistes
Les schistes (sériciteux, chloriteux, graphiteux, etc.) sont peu métamorphisées et donc à grain fin,
à schistosité très marquée permettant de débiter la roche en feuillets. Les schistes sériciteux et
schistes chloriteux, à éclat lustré, sont les faciès schisteux les plus communs, avec chlorite, séricite
et quartz comme minéraux les plus courants. Les prasinites sont des schistes chloriteux à
épidote et actinote, contenant de l’albite et parfois du glaucophane.

b- Les micaschistes
Ce sont des roches déjà fortement métamorphiques, avec des paragenèses très variées qui sont
fonction de la nature chimico-minéralogique de la roche-mère pélitique. Elles ont une schistosité
bien marquée. Les minéraux phylliteux qui recouvrent les surfaces de débit sont assez largement
développés pour être visibles individuellement à l’œil nu (degré de cristallisation important, en
mésozone avec T>520°C). Leur éclat n’est plus lustré, mais brillant. Ils sont caractérisés par
l’association de micas noirs et/ou blancs et de quartz. Les feldspaths (albite ou oligoclase) sont
également présents, ainsi qu’un minéral rougeâtre (souvent porphyroblastique) qui est du grenat.

c- Les Gneiss
Le faciès pétrographique auquel on donne le nom de gneiss est caractérisé par l’empilement de
feuillets sombres, riches en minéraux ferromagnésiens (micas) et de feuillets clairs, riches en
quartz et feldspath. La texture est granoblastique à grano-lépidoblastique ou œillée.
Par définition, un gneiss est une roche métamorphique qui à une paragenèse granitique : quartz,
biotite et/ou muscovite, feldspath alcalin et/ou plagioclase. Les variations de composition
observées caractérisent les différentes familles. Le gneiss rose est l’équivalent métamorphique
d’un granite à feldspath alcalin. Le gneiss gris est l’équivalent métamorphique d’une granodiorite.
Le gneiss œillé est l’équivalent métamorphique d’un granite porphyroïde dans lequel les gros
cristaux de feldspath potassique ont été tectonisés avant de recristalliser moulé par la schistosité.

d- Les amphibolites
Le terme amphibolite désigne une roche métamorphique dont le principal constituant est
une amphibole (actinote, hornblende, glaucophane), reflétant un chimisme et des conditions
thermodynamiques spécifiques. Les amphibolites à hornblende sont des roches sombres
disposées en lits, lentilles ou massifs dans un encaissant de nature variable. De structure massive,
leur grain est en général fin et la schistosité est peu marquée. La texture est typiquement
nématoblastique déterminée par l’abondance des hornblendes prismatiques plus ou moins
allongés. Quatre autres minéraux sont présents, en quantité variable en fonction du type
échantillonné : plagioclase, quartz, sphène et biotite. L’analyse chimique permet de rattacher une
origine magmatique basique.

e- Les quartzites
Elles sont constituées essentiellement de quartz, avec très accessoirement micas, calcite et
feldspath. Ce sont des roches dures, claires, blanchâtres, mais aussi parfois sombres lorsqu’elles
renferment des minéraux comme la magnétite ou l’hématite (quartzites ferrifères ou itabirites).
Elles sont de texture granoblastique.

36
f- Les marbres
Les marbres sont des roches claires, plus ou moins largement cristallisées. De structure massive et
de texture granoblastique, ils sont réputés pour leur beauté et leur utilisation dans le domaine de
l’architecture et de la décoration. On appelle marbre, une roche calcitique et/ou dolomitique
formée dans les conditions du métamorphisme général ou de contact. Généralement, on
distingue les marbres et les cipolins. Ces derniers renferment des veines de serpentine ou d’autres
minéraux qui permettent un débit en pelure.

g- Les cornéennes
Il existe plusieurs variétés de cornéennes, qui sont difficiles à déterminer macroscopiquement, car
elles ressemblent fortement aux roches magmatiques. Ce sont des roches sombres, massives, à
grain fin et à cassure conchoïdale, dans lesquelles on ne distingue bien souvent aucun minéral à
l’œil nu, sauf la biotite qui brille et l’andalousite en taches ou automorphe. Elles sont de texture
granoblastique.

h- Les roches hautement métamorphiques


Elles renferment des minéraux particuliers qui traduisent un climat caractérisé par des
températures et/ou pressions très élevées. Ce sont essentiellement les éclogites et les granulites.
- Les éclogites sont des roches remarquables par leur composition minéralogique et leur
signification pétrogénétique. Le faciès normal est une roche verdâtre parsemée de grenats rouges,
eux-mêmes souvent ceinturés d’une couronne vert foncé (auréoles réactionnelles). La roche se
distingue par sa densité et surtout sa dureté. Elle ne possède aucune schistosité et la texture est
granoblastique. L’essentiel de la paragenèse est : grenat et pyroxène, avec accessoirement rutile,
quartz et disthène, en fonction du type.
- Les granulites affleurent exceptionnellement et leur aspect macroscopique dépend de la
composition minéralogique. Leur grain rappelle celui des roches plutoniques. Elles sont de
texture granoblastique ou gneissique. Leur paragenèse regroupe : quartz, grenat, Opx, sillimanite
et plagioclase.

i- Les migmatites
Le mot migmatite vient du grec « migma » qui signifie mélange. Une migmatite est en effet
caractérisée par l’association d’une phase métamorphique et d’une phase granitique. Elle
représente donc le stade intermédiaire entre la roche métamorphique initiale et la roche
magmatique finale.
Le caractère migmatitique se voit préférentiellement à grande échelle, c’est-à-dire sur le terrain.
Les roches métamorphiques sont parcourues par des filons sécants ou parallèles à la schistosité.
Ces filons, plutôt leucogranitiques, illustrent les différents stades de fusion, les plus riches en
biotite étant les plus tardifs.
La partie métamorphique est micaschisteuse ou gneissique ; elle possède donc encore une
schistosité ou foliation. La partie magmatique est représentée par :
- du granite semblable au granite d’anatexie ;
- du leucogranite résultant des premiers stades de fusion ;
- des pegmatites et des aplites qui ont, respectivement, une composition d’un granite à très
grands cristaux et d’un granite à grain fin.
Les migmatites sont classées en fonction de leur structure en migmatites homogènes ou
hétérogènes. Leur genèse est facile à comprendre lorsqu’elles sont observées en place car on
passe progressivement des roches métamorphiques aux roches magmatiques de composition
granitiques : elles sont donc en relation avec le phénomène d’anatexie, c’est-à-dire la fusion
partielle.

37
Tabl. 7: Classification des roches métamorphiques
Séquences PARA (roches paradérivées) ORTHO (roches orthodérivées)
Calco- Acide Basique
Pélitique Arénacée Carbonatée
pélitique Volcanique Plutonique Volcanique plutonique
Pélite Grès Calcaires et
Protolithe Marnes Rhyolite Granite Basalte Gabbro
(argilite) feldspathiques dolomies
Epizone Calcaires et
Schistes Schistes Métagranites
Quartzites dolomies à
sériciteux et lustrés Métarhyolite ou Prasinites
chlorite- micacés minéraux
chloriteux Prasinites Protogine
séricite-albite Cipolins
Mésozone Micaschistes
Quartzites
à 2 micas
Amphibolites
Ms – Bt - Gneiss à 2 Amphibolites
Hbl- Feld micas
Catazone Leptynites Orthogneiss
Gneiss à
Leptynites Marbres Pyroxénites Pyroxénites
Sill – Pyr - sillimanite
Grt
Ultrazone
Granulites Granulites pyroxénites Granulites Granulites Pyroxénites
Pyr - Grt-
Cord.

38

Vous aimerez peut-être aussi