Chapitre 2.
Propagation des ondes électromagnétiques dans les milieux diélectriques
Équation d’ondes (temporel), Onde plane, progressive, monochromatique, Réflexion/transmission entre deux milieux
LHI (incidence normal et oblique).
2.1 Définitions et rappels :
2.1.1 Milieu conducteur et isolant (diélectrique) :
Dans un milieu conducteur les charges libres ou charges de conduction (électrons ou ions)
peuvent se déplacer dans l’ensemble du matériau. Ce déplacement est à l’origine des densités
volumiques de charges libres et de courant libre 𝜌 𝑒𝑡 𝐽qui intervenaient dans les équations de
Maxwell.
Dans un milieu isolant (ou milieu diélectrique) il n’y a pas de charges libres mais les charges
liées (électrons des atomes) ne peuvent se déplacer que légerement ; ils se déplacent autour
des atomes sous l'effet d'un champ électrique. Ces déplacements peuvent provoquer
l’apparition de moments dipolaires induits : le milieu se polarise : chaque volume
mésoscopique dV de matière acquiert un moment dipolaire électrique 𝑑𝑝 ⃗⃗⃗⃗ induit par le
champ, caractérisé par un moment dipolaire volumique 𝑃⃗ appelé vecteur de polarisation et
⃗⃗⃗⃗ = 𝑃⃗ 𝑑𝑉.
défini par 𝑑𝑝
2.1.2 Milieu LHI ;
Un milieu LHI est un milieu linéaire homogene et isotrope :
• Homogène : propriétés du milieu identiques en tout point.
• Isotrope : propriétés du milieu identiques dans toutes les directions
• Linéaire s’il y a une linéarité dans les équations :
⃗⃗ = 𝝁 𝑯
𝑩 ⃗⃗⃗ avec 𝝁 = 𝝁𝟎 𝝁𝒓 𝝁 perméabilité magnétique absolue du milieu
⃗⃗ = 𝜺 𝑬
𝑫 ⃗⃗ Avec 𝜺 = 𝜺𝟎 𝜺𝒓 𝜺 permittivité diélectrique absolue du milieu
𝑱=𝝈𝑬 ⃗⃗ Avec 𝑱 étant le vecteur d’induction ou de déplacement électrique,
𝝈 la conductivité
2.1.3 Ondes planes :
Une onde plane est une onde dont l'amplitude est la meme pour tout point situé dans un plan
normal à la direction de propagation. Les champs électriques ⃗𝑬 et magnétiques ⃗𝑯
⃗⃗ sont
identiques dans en tout points du plan XOY :il n’y a pas de variation de ces champs par
rapport à x et par rapport à y :
⃗
𝝏𝑬 ⃗
𝝏𝑬 ⃗⃗
𝝏𝑩 ⃗⃗
𝝏𝑩
𝝏𝒙
= 𝝏𝒚
= 𝝏𝒙
= 𝝏𝒚
= 𝟎 (1)
En absence de toute charge et dans le vide les équations de mawwell s’écrivent :
𝒅𝒊𝒗 𝑬 ⃗⃗ = 𝟎
𝒅𝒊𝒗 𝑩 ⃗⃗ = 𝟎
𝒅𝑩⃗⃗
⃗ =−
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑬
𝒓𝒐𝒕
𝒅𝒕
⃗
𝒅𝑬
⃗⃗ = 𝝁𝟎 𝜺𝟎
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩
𝒓𝒐𝒕
𝒅𝒕
Puisque 𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ = 0 𝑒𝑡 𝑑𝑖𝑣 𝐵 ⃗ =0⟹
𝝏𝑬𝒙 𝝏𝑬𝒚 𝝏𝑬𝒛 𝝏𝑩𝒙 𝝏𝑩𝒚 𝝏𝑩𝒛
+ + = 𝟎 et + + = 𝟎 (2)
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛 𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
Des deux derniéres relations on en déduit que ;
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𝝏𝑬𝒛 𝝏𝑩𝒛
= 𝟎 et = 𝟎 (3)
𝝏𝒛 𝝏𝒛
⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬 = − 𝒅𝑩
De l’équation de Maxwell :𝒓𝒐𝒕 𝒅𝒕
𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐸𝑥 𝜕𝐸𝑧 𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐸𝑥
( − )𝑢⃗𝑥+( − )𝑢⃗𝑦+( − )𝑢
⃗𝑧
𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝐵 𝜕𝐵𝑦 𝜕𝐵
= − ( 𝜕𝑡𝑥 ) 𝑢 ⃗ 𝑦 − ( 𝜕𝑡𝑧 ) 𝑢
⃗ 𝑥 − ( 𝜕𝑡 ) 𝑢 ⃗𝑧
Il en resulte en tenant compte que les variations de E par rapport à x et à y sont nulles :
𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐵𝑥
=
𝜕𝑧 𝜕𝑡
𝜕𝐸𝑥 𝜕𝐵𝑦
= − (4)
𝜕𝑧 𝜕𝑡
𝜕𝐵𝑧
=0
𝜕𝑡
⃗
De meme de l’équation de Maxwell :𝒓𝒐𝒕 ⃗ = 𝝁𝟎 𝜺𝟎 𝒅𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑩
𝒅𝒕
en procédant de la meme maniére ;Il en resulte :
𝜕𝐵𝑦 𝜕𝐸𝑥
= −𝝁𝟎 𝜺𝟎
𝜕𝑧 𝜕𝑡
𝜕𝐵𝑥 𝜕𝐸𝑦
= 𝝁𝟎 𝜺𝟎 𝜕𝑡 (5)
𝜕𝑧
𝜕𝐸𝑧
=0
𝜕𝑡
𝜕𝐸 𝜕𝐵
Ainsi donc : 𝜕𝑡𝑧 = 0; 𝜕𝑡𝑧 = 0 ,on pourra dire alors en tenant compte de la relation (3) que 𝐸𝑧
et 𝐵𝑧 sont constants par rapport à z et à t et si aux conditions initiales 𝐸𝑧 = 0 𝑒𝑡 𝐵𝑧 =0 ;on
en déduit que les champs ⃗𝑬
⃗ 𝒆𝒕 ⃗𝑩 ⃗ sont contenus dans le plan d’onde et ils sont
perpendiculaires à la direction de propagation, on dit alors que l’onde est [Link]
on remarque d’après 4 et 5 que les composantes Ex et Ey du champ électrique sont
indépendants ainsi qu les composantes Bx et By du champ magnétique, par contre
𝜕𝐵𝑦 𝜕𝐸𝑥
= −𝝁𝟎 𝜺𝟎 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝐵𝑦 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑖é à 𝐸𝑥
𝜕𝑧 𝜕𝑡
𝜕𝐸𝑦 𝜕𝐵𝑥
= 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝐸𝑦 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑖é à 𝐵𝑥
𝜕𝑧 𝜕𝑡
Autrement dit l’onde plane se compose de deux ondes indépendantes (𝐸𝑥 , 𝐵𝑦 ) 𝑒𝑡 (𝐸𝑦 , 𝐵𝑥 )
2. 2 ondes monochromatiques ,ondes progressives:
Une onde monochromatique, ou onde harmonique, est une onde qui peut être décrite par une
fonction sinusoïdale du temps. Sa densité spectrale d'énergie ne présente qu'une
seule fréquence, et donc qu'une seule longueur d'onde. On parle également d'onde
monoénergétique2 ou simplement d'onde sinusoïdale.
Une vibration harmonique ou sinusoidale c’est la variation sinusoidale d’une grandeur :
𝜓(𝑡) = 𝐴. cos (𝜔𝑡 + 𝜑)
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En notation complexe :
𝜓(𝑡) = 𝐴. 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜑) = 𝐴. 𝑒 𝑗𝜑 𝐴. 𝑒 𝑗𝜔𝑡
Et on a 𝜓(𝑡) = ℛ𝑒(𝜓(𝑡))
0nde progressive : c’est une perturbation périodique et qui se se déplace dans l’espace, tels
que le son ; les vagues à la surface de l’eau, ou les ondes électromagnétiques.
Les ondes progressives ont, en un point donné de l’espace, une périodicité temporelle T. Les
ondes progressives ont également à un instant donné, une périodicité spatiale. Au point
d’émission la perturbation du milieu se reproduit à l’identique après une durée T. Mais
pendant cette durée, l’onde s’est déplacée à la vitesse v , elle a donc parcouru au terme de
cette durée une distance vT qui est la longueur d’onde λ.
(pour la lumière, v = c)
Considérons une onde progressive sinusoidale et Soit 𝜓(0, 𝑡) la pertubation de l’onde
EM(par 𝜓(0, 𝑡) on note soit le champ 𝐸(0, 𝑡) ou 𝐵(0, 𝑡) au point d’emission
x=0(propagation selon ox).
𝜓(0, 𝑡) = 𝐴. cos (𝜔𝑡 + 𝜑)
après une durée t l’onde a progressé de la distance x = v.t dans l’espace.
On peut l’exprimer d’une autre façon, équivalente:
à la distance x de la source et au temps t, l’onde a la valeur qu’avait la source au temps 𝑡 −
𝑥
:
𝑣
𝑥 𝜔𝑥
𝜓(𝑥, 𝑡) = 𝜓 (0, 𝑡 − 𝑣) = 𝐴. cos (𝜔𝑡 − + 𝜑) or 𝜆 = 𝑣𝑇
𝑣
2𝜋𝑥
𝜓(𝑥, 𝑡) = 𝐴. cos (𝜔𝑡 − + 𝜑)
𝜆
2𝜋
posons k= 𝜆 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑′𝑜𝑛𝑑𝑒(𝑟𝑎𝑑. 𝑚−1) 𝝍(𝒙, 𝒕) = 𝑨. 𝐜𝐨𝐬 (𝝎𝒕 − 𝒌. 𝒙 + 𝝋)
Si l’onde se deplace dans le sens inverse dans le sens vers x’ ,le meme calcul donne ;
𝝍(𝒙, 𝒕) = 𝑨. 𝐜𝐨𝐬 (𝝎𝒕 + 𝒌. 𝒙 + 𝝋)
Ondes stationnaires :
On appelle onde stationnaire le phénomène vibratoire résultant de la superposition de deux
ondes progressives sinusoïdales de même pulsation se propageant en sens contraire.
Des ondes stationnaires se produisent par exemple par la superposition d’une onde incidente
et de son onde réfléchie par un obstacle.
Exemple le plus simple de deux ondes planes se propageant en sens inverse :
𝝍𝟏 (𝒙, 𝒕) = 𝑨. 𝐜𝐨𝐬 (𝝎𝒕 − 𝒌. 𝒙)
𝝍𝟐 (𝒙, 𝒕) = 𝑨. 𝐜𝐨𝐬 (𝝎𝒕 + 𝒌. 𝒙)
𝝍(𝒙, 𝒕) = 𝑨. 𝐜𝐨 𝐬(𝝎𝒕 − 𝒌. 𝒙) + 𝑨. 𝐜𝐨 𝐬(𝝎𝒕 + 𝒌. 𝒙) = 𝟐𝑨. 𝐜𝐨 𝐬(𝝎𝒕). 𝒄𝒐𝒔(𝒌. 𝒙)
Ce type de phénomène est particulièrement étudié en mécanique, en acoustique ou dans le
domaine des transmissions.
Equation d’onde ,Propagation dans les milieux isotropes :
𝜀𝑑𝑖𝑣 𝐸⃗ = 𝜌
⃗ =0
𝑑𝑖𝑣 𝐵
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⃗
𝑑𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = −
𝑟𝑜𝑡
𝑑𝑡
𝑑𝐸⃗
⃗ = 𝜇𝑗 + 𝜇𝜀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑟𝑜𝑡
𝑑𝑡
Equation du champ electrique :
Des equations de Maxwell on peut é
Equations d’onde :
Supposons également que ces deux coefficients et la densité de charge électrique ne
dépendent pas des variables spatiales (ni temporelles).
Rappelons les equations de Maxwell :
crire :
⃗ ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝐵) = − 𝑑 ( 𝜇𝑗 + 𝜇𝜀 𝑑𝐸 )
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = −𝑟𝑜𝑡(
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Or : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ − Δ𝐸⃗
𝑑 𝑑𝐸⃗
Ainsi ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗ − Δ𝐸⃗
− 𝑑𝑡 ( 𝜇𝑗 + 𝜇𝜀 𝑑𝑡 ) = 𝑔𝑟𝑎𝑑
𝑑 2 𝐸⃗ 𝑑𝑗
Δ𝐸⃗ − 𝜇𝜀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗
= 𝜇 + 𝑔𝑟𝑎𝑑
𝑑𝑡 2 𝑑𝑡
Et en tenant compte des relations de maxwell on tire :
𝑑 𝐸 2⃗
𝑑𝑗 𝜌
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Δ𝐸⃗ − 𝜇𝜀 𝑑𝑡 2 = 𝜇 𝑑𝑡 + 𝑔𝑟𝑎𝑑 (1A)
𝜀
Equation du champ electrique :
⃗
De l’equation 𝑟𝑜𝑡 ⃗ = 𝜇𝑗 + 𝜇𝜀 𝑑𝐸 on tire :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑑𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 + 𝜇𝜀 𝑑𝑟𝑜𝑡𝐸
⃗ = 𝜇 . 𝑟𝑜𝑡
𝑑𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗
𝑑𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑑𝑖𝑣𝐵 ⃗ − Δ𝐵
⃗ = 𝜇 . 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 + 𝜇𝜀
𝑑𝑡
𝑑2𝐵⃗
⃗ = 𝜇 . 𝑟𝑜𝑡
−Δ𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 − 𝜇𝜀
𝑑𝑡 2
Il vient alors :
2⃗ 2⃗
⃗ − 𝜇𝜀 𝑑 𝐵2 = −𝜇 . 𝑟𝑜𝑡
Δ𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 ⃗ − 𝜇𝜀 𝑑 𝐻2 = −𝑟𝑜𝑡
et Δ𝐻 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑗 (1B)
𝑑𝑡 𝑑𝑡
Dans les isolants ,ou dans le vide en absence du courant j et de densité charge totale
nulle,les équations d’onde deviennent :
𝑑 𝐸 2⃗
Δ𝐸⃗ − 𝜇𝜀 𝑑𝑡 2 = 0 (2A)
2⃗
⃗ − 𝜇𝜀 𝑑 𝐻2 = 0 (2B)
et Δ𝐻 𝑑𝑡
1
on aboutit donc aux equations d’Alembert avec v vitesse de propagation 𝑣 2 = 𝜇𝜀 ;dans le
vide v=c :
1 𝑑 𝐸 2⃗
Δ𝐸⃗ − 𝑣2 𝑑𝑡 2 = 0 (3A)
𝑑2 𝐻
⃗
⃗ − 12 2 = 0
Δ𝐻 (3A)
𝑣 𝑑𝑡
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Toutefois les champs magnétique et électriques restent liés par les équations de Maxwell.
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