Gouvernance et Croissance Économique au Maroc
Gouvernance et Croissance Économique au Maroc
ISSN: 2550-469X
Numéro 10 : Septembre 2019
DADA IBRAHIM
Doctorant et Cadre Supérieur au Ministère de l'Économie et des Finances
Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales (FSJES)
Université Sidi Mohammed Ben Abdellah (USMBA)
Laboratoire de Coordination des Études et des Recherches en Analyse et Prévisions
Économiques (CERAPE)
[Link]@[Link]
Résumé
Dans cet article, nous examinons le lien qui peut exister entre la gouvernance et la croissance
économique. Nous utilisons des séries temporelles pour estimer à l’aide de Modèles
Vectoriels à Correction d' Erreur (MVCE). La méthodologie adoptée est une approche en trois
étapes. La première consiste à vérifier les propriétés statistiques des séries temporelles à l’aide
des tests de racine unitaire de Dickey-Fuller et Phillips-Perron. Dans la deuxième étape on
utilise la théorie de la cointégration en adoptant l’approche multi-variée de Johansen fondée
sur le maximum de vraisemblance. Enfin, dans la troisième étape, le test de causalité de
Granger dans le cadre d’un modèle à correction d’erreur est effectué pour déterminer la
direction de la causalité entre la croissance économique et la gouvernance puis la validation
des modèles estimés à travers les tests de diagnostic. Les résultats montrent un ordre
d’intégration d’ordre un (I(1)) pour chacune des séries. Quant au test de cointégration, le
résultat indique l’existence d’une relation de long terme entre la croissance économique et la
gouvernance. Le test de causalité au sens de Granger révèle l’existence d’une causalité
bidirectionnelle entre la gouvernance et la croissance économique.
Abstract
In this article, we examine the link that may exist between governance and economic growth.
We use time series to estimate using Vector Error Correction Vector Models (EVCM). The
methodology adopted is a three-step approach. The first is to verify the statistical properties of
the time series using the Dickey-Fuller and Phillips-Perron unit root tests. In the second step,
the cointegration theory is used by adopting Johansen's multi-variate approach based on
maximum likelihood. Finally, in the third step, the Granger causality test in an error-
correction model is performed to determine the direction of causality between economic
growth and governance and then the validation of the estimated models through diagnostic
tests. The results show a first order integration order (I(1)) for each series. As for the
cointegration test, the result indicates the existence of a long-term relationship between
economic growth and governance. The Granger causality test reveals the existence of a two-
way causality between governance and economic growth.
Introduction
Ce papier utilise une approche dans l’analyse des interdépendances entre gouvernance et
croissance économique. Elle se base sur les récents progrès de la recherche économétrique
dans l’étude des séries temporelles non stationnaires, qui ont permis de développer une
nouvelle méthodologie autour des concepts clefs de cointégration, de modèle à correction
d’erreurs et de causalité. Si le concept de cointégration introduit par Granger (1981), Granger
et Weiss (1983) puis Engle et Granger (1987) permet de préciser la réalité et la nature des
divergences entre deux séries théoriquement liées entre elles et à modéliser le comportement
de ces variables, le modèle à correction d’erreur (Sargan, (1964) & Davidson, Hendry et ali,
(1978) & Salmon, (1982)) permet d’en expliquer et d’en déduire le mécanisme Njiki, (1998).
Quant à la notion de causalité (Granger, 1969 ; Sims, 1972, 1980), associée à la cointégration
et au modèle à correction d’erreurs, elle offre aujourd’hui un cadre assez rigoureux pour
étudier la direction de la causalité (unidirectionnelle ou bidirectionnelle) entre deux variables,
qu’elle soit de long ou de court terme.
L’un des termes largement débattus, au début des années 1990, est celui de la gouvernance
qui implique une relation causale entre le mode de gouvernement et le niveau de
développement. La nécessité d’améliorer la qualité de la gouvernance est devenue impérative
des bailleurs de fonds étant donné la rareté des ressources de financement et l’exigence de la
compétitivité des économies dans le cadre de la mondialisation. C’est dans ce cadre que ce
travail s’inscrit.
Le Maroc, à l’instar d’autres pays en voie de développement, n’a cessé, depuis le début des
années 80, d’entreprendre des réformes tout azimut pour assurer un cadre institutionnel
favorable à la croissance, mais les performances économiques qu’il a réalisées durant les
vingt cinq dernières années restent en deçà de ses potentialités et inférieures à celles réalisées
par des pays qui avaient le même niveau de développement. Ce paradoxe a poussé les experts
de la Banque Mondiale à qualifier le cas du Maroc d’énigme de la croissance.
L’objectif principal de ce travail est d’étudier les liens existants entre la gouvernance et la
croissance économique pour le cas du Maroc, tant sur le plan théorique que sur le plan
Pour répondre à cette question, nous utiliserons les développements récents de l’économétrie
des séries temporelles. La méthodologie adoptée est une approche en trois étapes : tests de
racine unitaire, tests de cointégration de Johansen, tests de causalité de Granger et étude de la
dynamique de court terme.
Aussi, cet article est articulé comme suit : une première section sera consacrée à la
présentation de l’approche économétrique (méthodologie d’analyse), la deuxième section fera
l’objet d’une revue de la littérature sur le type de la relation entre la gouvernance et la
croissance économique, la troisième section présentera les résultats empiriques.
1. Cointégration et Causalité
Ici, on veut déterminer le type de processus suivi par chacune des variables soumises à
l’analyse. On distingue deux types principaux de processus temporels :
Ils sont caractérisés par des espérances, variances, autocorrélations et les covariances
indépendantes du temps. Un tel processus stationnaire est dit intégré d’ordre 0 (I(0)).
L’exemple le plus immédiat de variable I(0) est un bruit blanc :
xt t [1]
Un second exemple est celui d’un processus autorégressif d’ordre un (AR (1)) :
xt xt 1 t Avec 1 [2]
D’après Nelson et Plosser (1982) 1 , on peut donner deux contre exemples des séries
stationnaires. Le premier est celui où la variable xt est une fonction explicative de la date t. La
série est dite alors TS (Trend-Stationary). Le deuxième cas est celui d’une série DS
(Difference Stationary) : la variable est stationnaire en différence. Le meilleur exemple dans
ce cas est la marche aléatoire :
xt xt 1 t [3]
xt t xt 1 t [4]
Ou : xt xt 1 t t
Une série non stationnaire xt est dite intégrée d’ordre d xt I (d ) si, après avoir été
1 L
d
xt I (0) . La plupart des séries macroéconomiques sont intégrées d’ordre 1 ; elles
possèdent une racine unitaire. Une différenciation unique suffit pour les rendre stationnaires.
L’exemple le plus simple de variable I(1) est la marche aléatoire (équation [3]). La méthode la
plus performante pour déterminer l’ordre d’intégration d’une série est basée sur les tests de
racine unitaire.
Les tests de racine unitaire permettent de détecter la présence ou non de racine unitaire dans
une série. Deux tests de racine unitaire sont usuellement utilisés, à savoir le test de Dickey-
Fuller augmenté (ADF) et celui de Phillips-Perron (PP).
est basé sur l’estimation des moindres carrés des trois modèles suivants :
1
- NELSON, C.R., PLOSSER, C.I., (1982), “Trends and random walks in macroecomic time series. Journal of Monetary
Economics”, Vol 10, pp 139-162.
k
xt = 1 xt 1 j t j 1 t : Processus sans trend et sans constante [5]
j 2
k
xt = 1 xt 1 j t j 1 t : Processus sans trend et avec constante [6]
j 2
k
xt = 1 xt 1 j t j 1 t t : Processus avec trend et avec constante [7]
j 2
Ce test propose une correction non paramétrique des statistiques de Dickey-Fuller Augmenté
en présence d’une autocorrélation de forme inconnue (AR(p), MA(q) et ARMA(p,q)). On a
les trois modèles suivants :
Comme dans le cas du test de Dickey-Fuller, les hypothèses à vérifier restent les mêmes.
1.3. Cointégration
C’est l’étape qui suit les tests préalables de vérification de non stationnarité des séries.
L’idée de base de la cointégration est que même si deux variables divergent dans le court
terme, elles peuvent converger dans le long terme et garder un écart constant pour se situer sur
le même sentier d’équilibre.
On considère deux séries xt et yt dont les processus sont intégrés d’ordre un (I(1)). Elles sont
dites cointégrées, s’il existe une combinaison linéaire unique des deux variables qui se révèle
intégrée d’ordre 0 (I (0)). Une telle combinaison linéaire peut s’écrire sous la forme suivante :
zt xt a byt [11]
Où a et b ont deux constantes telles que la variable zt soit une variable stationnaire. zt étant
stationnaire, xt et yt vont tendre à varier ensemble dans le temps et peuvent subir des
déviations momentanées, mais ne peuvent diverger sans limites. La relation [11] est par
conséquent une relation de long terme ou d’équilibre et zt mesure la déviation par rapport à la
valeur d’équilibre.
Pour tester l’hypothèse nulle de cointégration, deux approches sont souvent utilisées, la
méthodologie en deux étapes d’Engel et Granger et l’approche multi variée de Johansen.
Selon Engle et Granger (1987), tester la cointégration, revient à opérer un test de racine
unitaire sur les résidus de l’équation de cointégration. Concrètement, il s’agit dans un premier
temps d’estimer par la méthode des MCO la relation de long terme entre xt et yt . On note par
zˆt le résidu d’estimation. Dans un deuxième temps, d’appliquer la méthodologie des tests de
Dickey-Fuller et de Phillips et Perron à ce résidu :
L’approche en deux étapes d’Engle et Granger est très restrictive. En effet, cette approche
n’est applicable que dans le cas d’une seule et unique relation de cointégration (donc un seul
vecteur coïntégrat). En outre, elle pose un problème de normalisation ; elle peut conduire à
des résultats différents selon que l’on considère la combinaison : zˆt xt a byt ou
zˆt yt a bxt .
2
-Engle, R.F., Granger, C.W.J., (1987), “Co-integration and error correction: representation, estimation and testing.
Econometrica”, Vol 55, n° 2, March, pp 251-276.
- Si le rang de la matrice est zéro rg () 0 alors toutes les variables dans X t sont
' [15]
Sous l’hypothèse [15], la relation entre et la composante déterministe i est importante dans
i i i [16]
H 1 ( r ) : t 0
H (r ) :
2 t 0
H 3 ( r ) : t 0
H (r ) : t
4 t 0 1
H 5 (r ) : t 0 1t
Où ˆr 1 ,..., ˆp représentent les valeurs propres les plus petites estimées et
r 0,1, 2,..., p 1 .
Les valeurs critiques de ces testes sont tabulées dans Johansen (1988) et Osterwald-Lenum
(1992) pour différentes valeurs de p.
3
- JOHANSEN, S., (1995). “Likelihood-based inference in cointegrated vector autoregressive models”, Oxford University
Press, pp 92-93.
Une relation causale peut être analysée grâce au test de causalité de Granger qui s’appuie sur
le modèle vectoriel à correction d’erreurs (VECM).
Accepter la cointégration, c’est accepter le fait qu’il existe une relation d’état stationnaire
entre les deux séries de variables qui ont une tendance commune à évoluer dans le même sens.
Tout écart momentané par rapport à l’équilibre est considéré comme aléatoire. D’après le
théorème de représentation de Granger, tout système cointégré, implique l’existence d’un
mécanisme à correction d’erreur qui empêche les variables de trop s’écarter de leur équilibre à
long terme. Si la cointégration permet de préciser la réalité et la nature des divergences entre
deux séries théoriquement liées entre elles et à modéliser le comportement de ces variables, le
modèle à correction d’erreurs permet d’en expliquer et d’en déduire le mécanisme. De façon
générale, on peut de façon simple écrire le modèle à correction d’erreur comme suit :
Une version du test de Granger (1969), propose d’estimer par la méthode des moindres carrés
ordinaires les deux équations suivantes, pour deux séries stationnaire xt et yt :
k k
xt i xt i i yt i t [21]
i 1 i 1
k k
yt i yi 1 i xi 1 t [22]
i 1 i 1
Un test d’hypothèses jointes permet de conclure sur le sens de la causalité. Ainsi xt cause yt au
sens de Granger (équation [22]) si l’hypothèse nulle définie ci-dessous peut être rejetée au
profit de l’hypothèse alternative :
De façon analogue, yt cause xt au sens de Granger (équation [21]) si l’hypothèse nulle définie
ci-dessous peut être rejetée au profit de l’hypothèse alternative :
Ce sont donc des tests de Fisher classiques. Par ailleurs, si l’on est amené à rejeter les deux
hypothèses nulles, on a une causalité bidirectionnelle, on parle de boucle rétroactive
(feedback effect).
Engle et Granger (1991) ont montré que si les variables sont intégrées, le test classique de
Granger, basé sur le VAR4, n’est plus approprié. Ils recommandent pour ce faire d’utiliser le
modèle à correction d’erreur. En outre, le test de causalité basé sur le modèle vectoriel à
correction d’erreur présente l’avantage de fournir une relation causale même si aucun
coefficient estimé des variables d’intérêt décalées n’est significatif. Tenant compte des
relations [19] et [20], on peut donc réécrire les équations [21] et [22] de la manière suivante :
k k
xt i xt i i yt i zt 1 t [23]
i 1 i 1
k k
yt i yi 1 i xi 1 zt 1 t [24]
i 1 i 1
En utilisant le modèle vectoriel à correction d’erreur (équation [23] et [24]), xt ne cause pas yt
4
-VAR : « Vector autoregressive Model », le modèle autorégressif rendu populaire par Sims (1980).
Les principaux tests de diagnostic utilisés dans les travaux empiriques sont présentés dans le
tableau suivant :
Les années 90 ont été caractérisées par des réflexions à divers niveaux sur des notions, des
conceptions et des termes ayant en commun des liens avec les questions du développement.
L’apparition de la notion de développement durable, de multiples études et travaux de
recherches menés par des spécialistes en la matière, sont apparus.
C’est en 1989, que la Banque mondiale, dans une étude 5, lança, pour la première fois, la
notion de la bonne gouvernance, notion qu’elle reprendra du reste plus tard avec plus de force
dans un rapport de 1992, « Gouvernance et développement ».
5
-Banque mondiale (1989), « L’Afrique subsaharienne : de la crise au développement durable, une perspective à long
terme », Washington DC, USA.
Sous une telle acception, la gouvernance comprend trois acteurs fondamentaux: l’État, la
société civile, le secteur productif. « Ces trois composantes sont essentielles pour le
développement humain durable. L’État crée un environnement politique et juridique
favorable. Le secteur privé crée des emplois et produit des revenus. Enfin, la société civile
facilite l'interaction politique et sociale, incitant les groupes à participer aux activités
économiques, sociales et politiques ». L'interaction de ces trois composantes peut déboucher
sur des processus et des actions de gouvernance différenciés. Elles peuvent être constructives
et génératrices de bonne gouvernance, elles peuvent être néfastes et génératrices de mauvaise
gouvernance.
La Banque Mondiale (WBI) : Elle offre une définition large de ce concept : « Nous
définissons la gouvernance comme étant l’ensemble des traditions et institutions par
lesquelles le pouvoir s’exerce dans un pays avec pour objectif le bien de tous ». Cette
définition est intéressante en ce sens qu’elle lie l’exercice du pouvoir à la recherche du bien
commun. Cette idée de l’intérêt général, du bien commun, est donc, dans ce cadre, au cœur de
cette définition de la gouvernance.
L’étude de Kaufman et al. fait appel au moins de 250 indicateurs pour mesurer la qualité des
institutions dans un pays. Les informations collectées proviennent de vingt cinq sources
différentes et sont produites par dix huit organisations internationales. Cette base de données
couvre 199 pays pour les années 1996, 1998, 2000 et 2002. Chaque pays obtient un score qui
varie entre -2,5 et +2,5. Une valeur plus élevée pour un pays donné à une date donnée
correspond à une meilleure gouvernance. Les chercheurs de la Banque Mondiale ont élaboré
six indicateurs qui touchant aux trois dimensions de la gouvernance : politique, économique et
administrative : la participation des citoyens et la responsabilisation (VA); la stabilité
politique et l’absence de violence(PV); l’efficacité des pouvoirs publics (GE); le poids de la
réglementation (RQ); l’état de droit (RL) et l’absence de corruption (CC)6.
De nombreux auteurs reconnaissent les bienfaits d’une bonne gouvernance sur les pays en
développement. Selon ces auteurs, ce sont de bonnes institutions publiques qui permettent une
bonne gouvernance. La question de la bonne gouvernance est alors liée à celle des institutions
6
-Pour en savoir plus, voir [Link]/governance/wgi.
On retrouve aussi les travaux de la théorie de la croissance endogène. Suite aux insuffisances
des modèles de croissance endogène à expliquer une croissance stable à l’équilibre, de
nouveaux modèles de croissance émergent précisant les conditions nécessaires pour garantir
une croissance à long terme, dite croissance endogène. La nouvelle théorie de la croissance
endogène a été développée par plusieurs économistes tels que Lucas (1988), Romer (1986),
McKinnon et Shaw (1973), Barro (1989), Roubini et Sala-I-Martin (1995)… etc. Ces travaux
ont largement exploité les données issues de la sphère pour tenter de justifier les écarts de la
croissance entre les pays. Cependant, les limites des estimations effectuées, et notamment la
nécessité d’ajouter des dummies régionales au sein des modèles pour parvenir à expliquer la
variance des observations, ont suggéré l’incomplétude des modèles se limitant aux indicateurs
économiques pour expliquer les comportements de croissance. Cette réflexion a incité les
économistes à se tourner vers les variables institutionnelles pour tenter de trouver une
justification aux écarts de production entre pays inexpliqués par les seules données
économiques. Plusieurs facteurs politiques et institutionnels ont alors été mis en avant : la
démocratie chez Barro (1996), le respect des droits de propriété chez Clague, Keefer et Olson
(1996), l’instabilité politique chez Alesina et Perotti (1994). Rodrik (1999) soutient l’idée
selon laquelle une bonne gouvernance serait une condition nécessaire pour le succès des
économies de marché. Hall et Jones (1999) montrent que les différences observées dans
l’intensité du capital physique ainsi que dans le niveau d’éducation réalisé, expliquent
7
-Prix Nobel en 1993 sur la recherche relative à l’impact des institutions sur la croissance.
8
-Daron Acemoglu, Simon Johnson, James Robinson, Institutions as the fundamental cause of long-run growth, 2004, p. 12.
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Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
ISSN: 2550-469X
Numéro 10 : Septembre 2019
uniquement une petite fraction dans les différences constatées des niveaux d’output par
travailleur à travers les pays. Ils montrent alors que ce sont les différences dans
l’infrastructure sociale (institutions et politique gouvernementale) à travers les nations qui
expliquent les différences constatées dans l’accumulation du capital, le niveau d’éducation
réalisé et la productivité, lesquelles expliquent la disparité dans le niveau de revenu et de
développement des pays.
Kaufmann, Kraay et Mastruzzi (2004)9 qui emploient un indicateur des règles et de lois pour
montrer que la bonne gouvernance exerce un effet positif sur la croissance économique. Ils
trouvent une forte corrélation positive entre cet indicateur et le niveau du revenu.
Kormendi et Meguire10 (1985), Scully11 (1988), Grier et Tullock12 (1989), Barro (1996) et
Helliwell13 (1994) et Isham, Kaufmann et Pritchett14 (1997) montrent tous l’existence d’une
corrélation positive entre l’indicateur des libertés civiles comme mesure du cadre
institutionnel, et de la croissance économique pour la majorité des pays pris dans leur
échantillon.
Barro (1991) et Londregan et Poole 15 (1992) montrent que l’instabilité politique et les
16
violences politiques engendrent une faible croissance. Alesina et Perotti (1996) et
17
Svensson (1998) constatent un effet négatif de l’instabilité politique sur l’investissement.
9
- Kaufmann D., Kraay A. & Mastruzzi M. (2004), « Governance Matters III, Governance Indicators for 1996-2002 », World
Bank, Washington, D.C. Processed 2004.
10
- Kormendi R.C., and P.G. Meguire, “Macroeconomic Derterminants of Growth: Cross-Country evidence”, Journal of
Monetary Economics, 141-163 (1985).
11
- Scully G., « The institutional framework and economic development », Journal of Political Economy (1988).
12
- Grier K-B and Tullock G. “And empirical Analysis of cross-national economic growth, 1951-1980”, Journal of Monetary
Economics, vol 24 259-276.
13
- Helliwell J., « Empirical linkages between democracy and economic growth”, British Journal of Political Science, 24
(1994), 225-248.
14
- Isham, J., Kaufmann D. and Pritchett L. “Civil liberties, Democracy, and the performance of government projects”,
World Blank Economic Review, 219-242.
15
- Londregan J-B & Poole K-T, “The Seizure of executive power and economic growth:Some additional evidence”,
Political economy, growth and business cycles, Cambridge, Mass:MIT press (1992)
16
- Alesina A. and Perotti R., “Political Instability and economic Growth”, Journal of economic growth, (1996)
Mauro18 (1995) test trois indices construits par le Business International (BI) : l’indice de la
corruption, l’indice de la qualité bureaucratique et l’indice de la stabilité politique. Il trouve
que ces trois indicateurs sont reliés positivement et significativement à la croissance et à
l’investissement.
Knack et Keefer 19 (1995) utilisent deux indicateurs recueillis dans l’ICRG et BERI. Ils
construisent deux indices pour mesurer la sécurité des contrats et des droits de propriété et
trouvent un effet positif attendu de ces indicateurs sur la croissance. Easterly et Levine 20
(2002) utilisent l’indice global de Kaufmann, Kraay, Zoido-Lobation (2002) pour montrer que
la gouvernance affecte positivement et significativement la croissance.
Dans ce qui suit, nous allons, dans un premier temps, spécifier le modèle à estimer et définir
les variables utilisées. Par la suite, nous présenterons une analyse descriptive qui nous permet
de présenter l’évolution des variables et la méthode économétrique qui se fera en trois étapes :
tests de racine unitaire, test de cointégration de Johansen, test de causalité de Granger dans le
cadre d’un modèle vectoriel à correction d’erreurs.
On suppose que 1 . Le travail brut et le niveau de technologie sont donnés par les
fonctions suivantes :
Lt L0ent [26]
17
- Svensson J., “Investment, Property Rights and political instability-theory and evidence”, European Economic Review
(1998).
18
-Mauro P., “Corruption and Growth”, Quarterly Journal of Economics, (1995).
19
- Knack S. and Keefer O., “Institutions and Economic Performance:Cross country test using alternative international
measures”, Economics and Politics (1995), 207-227.
20
- Easterly W. & Levine R., “Tropics, Germs, and Crops:How Endowment Affect Economic Development”, NBER
Working Paper 9106, National Bureau of Economic Research, Cambridge, Mass (2002).
At A0e gt p [27]
Dans l’état d’équilibre, le rendement par ouvrier augmente à un taux constant g (la
composante exogène du taux de croissance de la variable reflétant le niveau de technologie et
d’efficience d’une économie). Ces résultats peuvent être obtenus directement à partir de la
définition de rendement par ouvrier efficace (productivité moyenne du travail) :
Yt Y
(kt ) .(h t ) t At (kt ) .(h t ) [28]
At Lt Lt
En effet :
Yt K H ( A L )1
t t t t 1
At Lt ( At Lt )
1
Yt K K K
t . t . t (kt ) .(h t )
At Lt At Lt At Lt At Lt
*
Y
Soit : y t
*
Lt
En appliquant le logarithme des deux cotés pour l’équation [28] et pour simplifier le calcul
nous éliminons l’indice temps, nous avons alors :
*
Y
ln t ln A0 g.t . p ln(s k ) ln(s h ) ln(n g ) [29]
Lt 1 1 1
L’équation [29] détermine le produit par ouvrier à l’état d’équilibre, où nous trouvons le
vecteur p regroupant les variables institutionnelles qui seront définies par la suite. En raison
de limitation des données, nous pouvons supposer dans cette étude que s h et g.t ne changent
pas à travers le temps (Demetriades et Law (2006)) 21, alors que s k et n varient. En effet,
ln A0 , g.t et s h peuvent être regroupés dans une constante 0 dans l’équation [30]. Alors, le
produit par ouvrier (appelé aussi productivité moyenne du travail) est donné par :
*
Y
ln 0 .P ln sk ln n g [30]
L 1 1
Après simplification de l’équation [30], nous obtenons une équation d’évaluation pour la
relation entre la qualité des institutions et le produit par ouvrier :
ln y 0 1IGG 2 ln k 3 ln n g [31]
Avec, y : Produit Intérieur Brut par ouvrier (PIB/tête) ; IGG : un vecteur regroupant les
variables de la gouvernance, k : le stock du capital en investissement ou accumulation du
capital physique (obtenue par la variable Formation Brute de Capital Fixe ; n comme taux de
croissance du travail (force de travail) ; g : taux de croissance de la technologie ou du progrès
technologique et : taux de dépréciation. g et sont supposés constantes à travers le temps
et à travers pays et leur somme est égale à 0,05 (Mankiw et al. 1992). 0 , 1 , 2 et 3 sont des
coefficients à estimer.
Nos données sont trimestrielles et couvrent la période allant de 2002 à 2016. Elles ont été
extraites respectivement de la base des données de la Banque Mondiale.
-Le PIB par habitant : est le produit intérieur brut divisé par la population au milieu de
l'année. Le PIB est la somme de la valeur ajoutée brute de tous les producteurs résidents de
l'économie plus les taxes sur les produits et moins les subventions non incluses dans la valeur
des produits. Il est calculé sans déduction pour dépréciation des actifs fabriqués ou pour
21
-Demetriades, P. & Law S. H., (2006), « Finance, institutions and economic development », International Journal of
Finance & Economics, (2006), 245-260.
épuisement et dégradation des ressources naturelles. Les données sont en dollar américain
constant de 2010.
-Voix et responsabilité (VA - voice and accountability) : Mesure la possibilité des citoyens
d’un pays à participer et à choisir le gouvernement. Il est basé sur un certain nombre
d’indicateurs mesurant différents aspects du processus politique, des libertés civiles et des
droits humains et politique.
-Qualité de régulation (RQ – regulatory quality) : Concentre sur les politiques elles-mêmes
incluant des mesures de l’incidence des politiques anti-marchés comme le contrôle des prix ou
supervision et surveillance bancaire inadéquate ainsi que la perception du blocage imposée
par une régulation excessive et le climat des affaires.
-L’autorité de droit (RL - Rule of Low) : Inclut plusieurs indicateurs qui mesurent la
confiance de citoyens dans le respect des lois et règles de la société. Ceci inclut les
perceptions de l’incidence des crimes, l’efficacité et la prévisibilité du système judicaire et
l’applicabilité des contrats judiciaire.
-.16 -.05
-.05
-.20
-.10
-.10
-.24
-.15
-.28 -.15
-.20
-.32
-.20
-.25
-.36
-.25 -.30
-.40
RQ VA PV
.0 -.45 -.2
-.50
-.1
-.3
-.55
-.2 -.60
-.4
-.65
-.3
-.70
-.5
-.4
-.75
LPIB
8.2
8.0
7.8
7.6
7.4
7.2
7.0
2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016
Les caractéristiques de tendance centrale et de dispersion des variables sont présentées dans le
tableau suivant :
Le tableau ci-dessus permet de remarquer que les écarts type sont globalement faibles pour les
différentes séries. Cette observation peut s’expliquer par la transformation logarithmique de
nos séries qui a pour effet d’atténuer les variances entre les valeurs des variables. Le modèle
empirique, les variables et les données étant à présent spécifiés, il convient à présent
d’adopter la méthode d’estimation appropriée.
Il s’agit ici de tester si les séries, prises individuellement, présentent au moins une racine
unitaire. Autrement dit, si elles ne sont pas stationnaires lorsqu’elles sont considérées en
niveau. Cette étape est d’une grande importance dans cette recherche du fait que les résultats
qui en seront obtenus vont nous permettre de déterminer les variables qui feront l’objet des
tests de cointégration par la suite.
Les tests ADF et PP ont corroboré le constat de non stationnarité des séries étudiées. En effet,
ces tests ont permis de rejeter l’hypothèse de stationnarité pour les différentes séries en niveau
comme le montre le tableau suivant :
D’après les résultats de tests ADF et PP appliqués aux différentes variables étant inférieur en
niveau à toutes les valeurs critiques aux seuils de 1 %, 5 %, et 10 %, ces sept variables n’ont
donc pas stagné entre 2002 et 2016. Elles sont dites non-stationnaires, d’où la nécessité pour
les rendre stationnaires de procéder à une transformation en différence première.
Ces résultats nous a permis à continuer l’analyse et tester l’existence de deux racines unitaires
dans ces séries. Pour cela, les deux tests seront mis en œuvre dans le point qui suit.
Pour tester l’existence de deux racines unitaires dans les variables étudiées, les deux tests
seront appliqués sur celles-ci différenciées une seule fois. C'est-à-dire que les tests porteront
sur les variations des séries. Les résultats obtenus sont reportés dans le tableau n°4 :
Tableau 4 : Résultats des tests ADF et PP sur les séries en différence première
Test ADF Test PP
Variables
t-statistique Retard Conclusion t-statistique Conclusion
DLPIB -9,695 1 I(0) -9,694 I(0)
DCC -9,904 1 I(0) -9,926 I(0)
DGE -6,234 9 I(0) -10,178 I(0)
DRL -6,280 5 I(0) -10,000 I(0)
DRQ -7,913 5 I(0) -10,171 I(0)
DVA -5,478 4 I(0) -9,667 I(0)
DPV -6,975 9 I(0) -10,085 I(0)
Source : Calcul des auteurs
D’après le tableau 4 ci-dessus, on remarque que toutes les statistiques ADF et PP calculées
sont inférieures aux valeurs théoriques correspondantes. La conclusion en est que toutes les
séries sont stationnaires en différence première.
L’étape suivante aura comme objectif, donc, de tester l’existence d’une ou plusieurs relations
de long terme entre la gouvernance et la croissance économique.
Après l’étude de la matrice de corrélation et des relations causales22, nous avons retenu deux
modèles candidats.
On constate d’après ce tableau, que la plupart des critères, spécialement LR, FPE, AIC, SC et
HQ suggère de prendre le retard 6.
22
-voir l’annexe pour plus de détails sur la matrice de corrélation et les relations causales au sens de Granger.
On constate d’après les tableaux ci-dessus alors que la statistique de la trace et celle de la
valeur propre maximale rejettent l’hypothèse nulle de l’absence de relation de long terme
entre les variables étudiées en faveur de l’hypothèse d’existence d’une seule relation de
cointégration. En effet, la statistique de la trace excède les valeurs critiques correspondantes et
ce pour le seuil 5%. Alors que le test de Maximum Eigenvalue rejette cette hypothèse au seuil
de 5%. Ainsi, même si ces variables présentent des tendances divergentes dans leur évolution
à court terme, à long terme elles se situent sur un même sentier d’équilibre représenté par
l’équation estimée suivante:
Les chiffres entre parenthèses représentent les écarts types des coefficients de long terme
estimés. En calculant les t-Student23, on constate que la constante et la qualité de régulation
sont significatives et les autres variables ne sont pas significatives (la stabilité politique et le
contrôle de corruption).
D’après le tableau ci-dessus, on constate que les critères d’informations conduisent à un choix
de retard optimal du modèle est égale à 2.
ˆi i
23
-Les t-Student sont calculés en divisant les coefficients par leurs écarts types ( T Student ).
ˆ i
Ce tableau montre que l’hypothèse nulle (d’au plus) r=0 (pour le test de la trace) ou
exactement r=0 (pour le test de la valeur propre maximale) est rejetée au seuil de 5%. Cela
découle du fait que les valeurs calculées à partir de ces deux statistiques (59,25 pour la
statistique de la trace et 29,60 pour la statistique de la valeur propre maximale) sont
supérieures aux valeurs critiques qui leur sont associées (47,85 et 27,58 respectivement).
Les deux tests de cointégration de Johansen confirment donc l’existence d’une seule relation
de cointégration. L’estimation de cette relation a donné l’équation suivante :
La valeur entre parenthèse représente les écarts types des coefficients de long terme estimé.
En calculant les t-Student, on constate que ces derniers sont tous significatifs.
Nous pouvons donc conclure du fait de l’existence d’une relation de cointégration entre les
variables, toutes intégrées d’ordre un, I(1). Et de plus, le PIB et la gouvernance entretiennent
une relation de long terme, ce qui suggère la pertinence du recours à un modèle à correction
d’erreur pour mettre en évidence les relations de court et de long terme entre la croissance
économique et la gouvernance. Ceci fera l’objet de la section suivante.
Avec :
Après plusieurs simulations, le modèles estimé, par la méthode des moindres carrées
ordinaires, et retenu est le suivant :
ARCH :
ARCH (2) : 2 1.162 0.321
DCC(-4) 0.363433 0.064751 5.612789 0.0000
2
Les différents tests économétriques effectués montrent que notre modèle est bien spécifié et
que le modèle est structurellement et conjoncturelle stable donc la robustesse économétrique
du modèle est satisfaisante.
Le coefficient ECM2(-1) est le coefficient de correction d’erreur, il doit être inférieur à l’unité
et négatif. Ce dernier indique la vitesse d’ajustement de la variable endogène le PIB, pour
retourner à l’équilibre, suite à un choc de long terme. Autrement dit, il correspond aux
stabilisateurs automatiques de l’économie. Les résultats issus de ce tableau montrent que le
terme à correction d’erreur associé à la force de rappel ECM2(-1) est négatif (-0.0008). Il
existe donc un processus de rattrapage vers la valeur d’équilibre autrement dit, un mécanisme
à correction d'erreur de long terme des déséquilibres du PIB au Maroc. En effet, il s’est avéré
que tout déséquilibre entre le niveaux désiré et effectif du PIB au Maroc, est résorbé au
environ de 0.08% par l’efficacité gouvernementale (GE), voix et responsabilité (VA) ainsi
que la qualité de régulation. Une telle vitesse de stabilisation des fluctuations de l’économie
Marocaine est très faible, Ce qui se traduit par une persistance de l’effet du choc, qui se
traduit par la volatilité des principaux agrégats macroéconomiques.
Les résultats d’estimation de la relation de long terme montrent que toutes les variables sont
d’un point de vue statistique et économique significatives sauf la qualité de régulation,
puisque la t-statistique est supérieur à 1.96 au seuil de 5%. Le modèle estimé indique
l’existence de la causalité à long terme, au sens de Granger, entre le PIB et les variables
explicatives puisque le coefficient à correction d’erreur est significativement différent de zéro
au sens de t-Student.
Enfin, on remarque que le modèle estimé passe avec un succès tous les tests de diagnostic
considérés. Notre modèle est ainsi validé sur le plan statistique.
Concernant des capacités prédictives des deux modèles a été faite sur la base de la prévision
au sein de l’échantillon étudié. Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau suivant :
Selon les critères de comparaison (Erreur quadratique moyenne, Erreur absolue moyenne et la
proportion de biais) des deux modèles économétrique, on constate que le modèle 1 est plus
significatif que le modèle 2.
CONCLUSION
Nous avons tenté dans cette étude de traiter la relation entre la gouvernance et la
croissance économique moyennant des techniques de cointégration de Johansen. Nous avons
utilisé les techniques économétriques récentes, notamment, le modèle VAR. Cette méthode,
prenant en considération la non stationnarité et la cointégration des séries, nous a permis de
distinguer les relations de court terme et celles de long terme, pour explorer la liaison causale
entre la gouvernance et la croissance économique au Maroc. Empiriquement, l’application de
cette théorie nécessite la démarche suivante (Jacquinot, 1989):
- De tester l’ordre d’intégration des séries (tests de racine unitaire) pour s’assurer
qu’elles suivent une marche aléatoire (seul domaine d’application du théorème de
représentation de Granger) ;
- De tester la cointégration pour déterminer l’existence d’une relation d’état stationnaire
entre les variables ;
- D’estimer le modèle à correction d’erreur qui vise à rendre compte dans une même
équation d’un écart éventuel par rapport à un équilibre de long terme et du processus
d’ajustement à court terme de cet équilibre.
Les résultats ont montré que les séries de la gouvernance et de la croissance économique sont
stationnaire en premier différence. Nos résultats plaident en faveur d’une relation de long
terme entre la gouvernance et la croissance économique au Maroc.
L’approche du modèle à correction d’erreur montre que la causalité est à double sens, ce qui
diffère, c’est l’intensité de cette causalité (causalité de la gouvernance vers la croissance plus
forte que la réciproque). Ces résultats concernant le Maroc pourraient être expliqués par la
faiblesse des systèmes économiques et le système politique de ce pays et la grande
intervention de l’Etat dans ces systèmes. En effet, une telle intervention rend la contribution
de la croissance au processus de la gouvernance non optimal.
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
Les graphiques des séries étudiées exprimées en différence premières :
DLPIB DPV DRL
.10
.08
.04
.05
.00 .04
.00
-.05
.00
-.10
-.04
-.04
-.15
.20 .3 .15
.15 .10
.2
.10
.05
.05 .1
.00
.00
.0
-.05
-.05
-.1
-.10 -.10
DGE
.10
.05
.00
-.05
-.10
-.15
2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016
.6 0.4
1.0
.0
.4 0.0
0.5
-.1 .2 -0.4
0.0
.0 -0.8
-.2
-0.5
-.2 -1.2
Recursive C(1) Estimates Recursive C(2) Estimates Recursive C(3) Estimates Recursive C(4) Estimates
± 2 S.E. ± 2 S.E. ± 2 S.E. ± 2 S.E.
1.5 15 8 8
4
1.0 4
10
0
0.5 0 -4
5
0.0 -4 -8
-12
0
-0.5 -8
-16
Recursive C(5) Estimates Recursive C(6) Estimates Recursive C(7) Estimates Recursive C(8) Estimates
± 2 S.E. ± 2 S.E. ± 2 S.E. ± 2 S.E.
20 .04
15
.02
10
5 .00
0 -.02
-5
-.04
-10
-15 -.06
07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
Modèle 2
.002 2.0 1
.000 1.5
0
-.002
1.0
-.004
0.5 -1
-.006
0.0
-.008
-2
-.010 -0.5
-.012 -1.0 -3
05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
2.0 .6 .12
1.5
.4 .08
1.0
0.5
.2 .04
0.0
-0.5
.0 .00
-1.0
.04 0.5 .4
0.0 .2
.00
-0.5 .0
-1.5 -.4
-.08
-2.0 -.6
15
10
10
5
0
-10
-5
-10
-20
-15
-20 -30
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
-0.2 -0.2
-0.4
-0.4
05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
CUSUM of Squares 5% Significance
CUSUM of Squares 5% Significance