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Seuils d'inflation et croissance en CEMAC

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Seuils d'inflation et croissance en CEMAC

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J. YOKA et al Ann. Univ. M.

NGOUABI, 2013-2014 ; 14-15 (4)

Annales de l’Université Marien NGOUABI, 2018; 18(1) : 1-11


Sciences et Economiques et de Gestion
ISSN : 1815 – 4433
[Link]

EFFETS DE SEUILS DANS LA RELATION ENTRE INFLATION ET


CROISSANCE ÉCONOMIQUE DANS LA COMMUNAUTÉ ECONOMIQUE
ET MONÉTAIRE DE L’AFRIQUE CENTRALE (CEMAC) : CAS DU
CAMEROUN ET DU CONGO-BRAZZAVILLE

LOUBASSOU - NGANGA M., TENDELET J. I.


Université Marien N’Gouabi-
Brazzaville – République du Congo
Membre du CREP, LARES et du CRIISEA
Email : maixentloubassou@[Link]

RESUME ABSTRACT

Le but de cette étude est d’estimer un seuil d’inflation dans la The aim of this study is to estimate an inflation threshold in
relation entre l’inflation et la croissance dans la Communauté the relationship between growth and inflation in the Economic
Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale plus and Monetary Community of Central Africa, specifically
précisément du Cameroun et du Congo-Brazzaville. Cameroon and Congo-Brazzaville. The analysis, based on the
L’analyse, faite sur la base du modèle à seuil, a permis de threshold model, showed the existence of a non-linear
montrer l’existence d’une relation non linéaire entre relationship between inflation and economic growth in
l’inflation et la croissance économique au Cameroun et au Cameroon and Congo-Brazzaville. In other words, there is an
Congo-Brazzaville. Autrement dit, il existe un seuil d’inflation inflation threshold in Cameroon and Congo-Brazzaville of 5%
au Cameroun et au Congo-Brazzaville qui est respectivement and 10%, respectively, below which any expansionary
de 5 % et de 10 % en dessous duquel toute mesure de politique monetary policy measure would promote economic growth.
monétaire expansionniste favoriserait la croissance On the other hand, beyond the inflation rate of 5% for
économique. Par contre, au-delà du taux d’inflation de 5% Cameroon and 10% for Congo-Brazzaville, inflation is
pour le Cameroun et de 10 % pour le Congo-Brazzaville, negatively correlated with economic growth. These results
l’inflation est négativement corrélée avec la croissance also indicate that the monetary authorities of CEMAC can
économique. Ces résultats indiquent également que les somewhat relax the constraints of the Community rules of the
autorités monétaires de la CEMAC peuvent un peu relâcher inflation rate <3%.
les contraintes des règles communautaires du taux d’inflation
< 3%. Key words : CEMAC, BEAC, Congo-Brazzaville, Cameroon,
inflation, Economic growth, Threshold, threshold model
Mots-clés : CEMAC, Congo-Brazzaville, Cameroun, .
inflation, Croissance économique, Seuil, modèle à seuil.
.

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M. LOUBASSOU - NGANGA et al Ann. Univ. M. NGOUABI, 2018; 18 (1)
monétaires ont suivi une politique monétariste,
INTRODUCTION c’est à dire la politique monétaire n’avait pour
objectif que la stabilité des prix, Bikai et Kamga
Au cours des dix dernières années, la relation entre (2011). C’est ainsi que la norme communautaire,
l’inflation et la croissance économique a suscité un dans le cadre du dispositif de surveillance
nouvel intérêt dans le débat économique. Du point multilatérale, exige que le taux d’inflation des pays
de vue théorique, ce débat a lieu entre les membres soit au plus de 3 % afin que la croissance
structuralistes et les monétaristes. Les soit soutenue dans la sous-région. Cet objectif a fait
structuralistes soutiennent que l’inflation serait de la CEMAC l’une des zones les moins
essentielle à la croissance économique alors que inflationnistes au monde et suscite tout aussi une
pour les monétaristes celle-ci serait nuisible au question essentielle à l’heure où la plupart des pays
progrès économique, donc à la croissance de la zone traversent une crise économique
économique. Toutefois, malgré cette divergence, profonde : est-ce que le plafond de 3 %
un consensus général semble s’être dégagé sur le recommandé par les autorités monétaires de la
fait qu’une inflation modérée contribue à la CEMAC est le seuil au-dessus duquel la corrélation
croissance économique Mubarik (2005). Ce entre l’inflation et la croissance économique
consensus entre les partisans et les non partisans de devient négative ? C’est de ce point de vue que le
l’inflation soulève tout de même une autre question présent document tente de discuter.
de politique pertinente, à savoir, qu’il peut exister
un niveau d’inflation au-dessus duquel cette La réponse à cette question va nous permettre de
relation est négative donc capable d’entraver la présenter les effets de seuils dans la relation entre
performance économique, et en dessous duquel la l’inflation et la croissance économique dans la
relation inflation-croissance est positive (Fisher, CEMAC. Il sera soutenu dans ce travail que le seuil
1993). d’inflation sera supérieur au taux actuel
recommandé par les autorités monétaires.
Sur le plan empirique, plusieurs travaux ont vérifié
la théorie sur le seuil d’inflation. Sarel (1996) a été Cette étude suit la méthodologie de Khan et
l’un des premiers à valider cette théorie en utilisant Senhadji (2001) et se concentre exclusivement sur
des ruptures structurelles. Les résultats de son étude les pays de la CEMAC dont la relation entre
ont montré que l’inflation a peu d’impact positif sur l’inflation et la croissance économique est non
la croissance en dessous des 8%. Par contre au-delà linéaire. Parmi ces pays, nous avons le Congo-
de 8 %, la relation entre les deux variables devient Brazzaville et le Cameroun. En plus, ces deux pays
négative. A la suite de ces travaux, d’autres études sont très représentatifs de l’économie de la
ont travaillé sur la question avec des méthodologies CEMAC, car l’économie camerounaise est la seule
différentes (Khan et Senhadji ,2001 ; Kremer et al , économie diversifiée de la CEMAC alors que
2009; Ndoricimpa, 2017; Nazir et al 2017) l’économie congolaise est comme celle des quatre
autres pays est dépendante des matières premières,
Une grande partie de ces études ont utilisé des plus précisément du pétrole, Ndinga et al (2017).
données de panel couvrant des échantillons de
plusieurs pays, parfois mélangeant les pays La suite de l’étude s’articule de la manière suivante
d’Afrique, d’Asie et des Amériques. Ces études ont : dans la deuxième section nous examinerons la
été justifiées par leur capacité à générer des dynamique de l’inflation et de la croissance
résultats empiriques et des implications de économique dans la CEMAC. La troisième section
politique économique. Par contre, comme le sera consacrée à une brève revue de la littérature sur
suggère, Lin et Ye (2009), Espinosa et al (2010), en la relation entre l’inflation et la croissance
raison des facteurs hétérogènes prévalant dans économique. L’approche méthodologique et
différents pays, il est important de mener des études l’interprétation des résultats seront traitées dans la
spécifiques aux pays, ce qui permettrait quatrième section alors que la cinquième section
d’incorporer les caractéristiques propres à chaque portera sur la conclusion et les implications de
pays. A notre connaissance, aucune recherche de ce politique économique.
type n’a été réalisé utilisant des séries
chronologiques pour les pays de la Communauté
Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale
(Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale,
RCA et le Tchad).

Parlant de la CEMAC, depuis la réforme de la


politique monétaire en 1990, les autorités
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Dynamique de l’inflation et de la croissance


dans la Communauté Économique et La relation entre le taux d’inflation et le taux de
Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) croissance économique n’évolue pas toujours dans
le même sens au Congo-Brazzaville. Entre 1986 -
1992 pendant que le taux d’inflation diminue pour
Les économies de six pays de la CEMAC
atteindre son niveau le plus bas soit-3,93%, le taux
(Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale,
de croissance économique de son côté augmente
RCA et le Tchad) dépendent dans leur grande
pour s’arrêter autour de 3 %. A partir de 1994 on
majorité des fluctuations des matières premières à
constate un pic d’inflation de l’ordre de 42,43 %,
l’exception du Cameroun qui dispose d’une
due à la dévaluation du Franc CFA et une chute du
économie diversifiée. Dans son fonctionnement, la
taux de croissance économique, passant de 2,61 %
CEMAC a mis en place depuis janvier 2002, des
à -5,49 %. Entre 1994 et 1996, on constate une
critères de surveillances multilatérales qui
reprise de la croissance économique alors que le
prévoient : le ratio solde budgétaire de base
taux d’inflation diminue pour se stabiliser autour de
rapporté au PIB soit positif ou nul, le taux
3 %. De 1996 à 2015 l’inflation et la croissance
d’endettement ne doit excéder 70% du PIB, les
oscillent autour de 3 %.
pays ne doivent en aucun cas accumuler les arriérés
de paiement sur la gestion courante, et enfin le taux
Au Cameroun, par contre, nous constatons que le
d’inflation maximum admissible est de 3%. C’est
taux de croissance économique et le taux d’inflation
l’évolution de ce dernier (figure 1 et 2) critère que
vont dans le même sens. En effet entre 1986 à 1990
nous allons analyser pour le Congo-Brazzaville et
on constate une baisse de l’inflation et du taux de
le Cameroun.
croissance passant respectivement de 7.77 % à 1.09
Figure 1: Evolution comparée des taux de
croissance et d'inflation – Cas du Congo % et 6.77 % à un taux négatif de 6.10%. Par contre
entre 1990 et1993 on constate une stabilité du taux
d’inflation et de la croissance économique. En
1994, le taux d’inflation connait un pic autour de
35,09 %. Cette forte tension inflationniste est due à
la dévaluation du Franc CFA. Cette poussée
inflationniste s’accompagne d’une hausse du taux
de croissance économique de 2.06 %. De 1994 à
1995, on enregistre une forte baisse du taux
d’inflation qui passe de 35.09 à 9.06 % et une légère
hausse du taux de croissance économique pour
s’établir à 4.12 %. Entre 1995 à 2015 le taux
d’inflation et la croissance économique oscillent
autour d’un taux de 3%.

Une brève revue de la littérature économique


Source: Auteurs à partir des données WDI sur la relation inflation et croissance

Figure 2: Évolution comparée des taux de Dans cette troisième section, la relation inflation
croissance et d'inflation –Cas du Cameroun croissance dans la littérature théorique sera suivie
de la revue empirique.

La relation inflation et croissance dans la


littérature théorique

La littérature théorique de la relation entre


l’inflation et la croissance économique a été mis en
évidence sous deux angles : d’une part sur la
linéarité de l’impact de l’inflation sur la croissance
économique et d’autre part sur la non linéarité de
cette incidence.

Discutant de la linéarité de la relation entre inflation


et croissance économique, les principales théories
Source: Auteurs à partir des données WDI ont fait état d’une relation positive ou négative ou
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encore neutre entre les deux variables. les premiers stock de capital d’équilibre, la production et la
travaux datent de Mundell (1963) et font état d’une croissance.
relation positive. Mundell montre en utilisant la
courbe IS-LM, que l’inflation attendue à un effet Fisher (1993), a renouvelé la réflexion sur cette
relation linéaire et a mis en évidence la non linéarité
économique réel. Il soutient que le taux d’intérêt
de la relation entre l’inflation et la croissance
monétaire augmente moins vite que le taux économique. Il suppose par là qu’il peut exister un
d’inflation, de ce fait le taux d’intérêt réel baisse niveau d’inflation au-dessus duquel cette relation
pendant l’inflation. Ainsi, lorsque les prix devraient est négative, et en dessous duquel la relation
augmenter, le taux d’intérêt monétaire augmente inflation-croissance est positive.
moins que le taux d’inflation donnant l’élan à un Depuis le milieu des années 90 plusieurs études
boom de l’investissement et une accélération de la empiriques ont examiné cette question.
croissance. D’autres auteurs comme Tobin (1965), La relation inflation et croissance dans la
et bien d’autres font également état d’une relation littérature empirique
positive entre les deux variables.
À la suite des résultats de Fischer (1993), un
La deuxième vague des travaux sur la relation entre nombre croissant des travaux empiriques montrent
l’inflation et la croissance est présente dans les que la relation entre l'inflation et la croissance à
modèles théoriques de Stockman (1981). Elle fait long terme était caractérisée par des non-linéarités
état d’une relation négative entre les deux et l'existence d'effets de seuil. Ces travaux ont été
variables. Stockman a développé un modèle de réalisés tant dans les pays développés que pour les
contrainte des transactions anticipées qui considère pays en développement.
que l’argent est un complément du capital. Il
suppose que les entreprises mettent de l’argent dans Des travaux qui concernent les pays développés et
le financement de leurs biens de consommation et les pays en développement, Sarel (1996) a utilisé
d’investissement. Les achats réels de ces biens des données de panel de 87 pays couvrant la période
diminuent avec la diminution de la détention 1970-1990 et testé l'existence d'un effet de seuil
d’argent. Il constate qu’une augmentation du taux entre l'inflation et la croissance. Il a trouvé des
d’inflation se traduit par une baisse de la production preuves d'un point de rupture structurel à un taux
à l’état d’équilibre, puisque l’inflation érode le d'inflation annuel de 8%. En dessous de ce taux,
pouvoir d’achat des soldes monétaires; les agents l'inflation n'a pas d'effet significatif sur la
économiques réduisent leur détention de liquidité et croissance économique, ou peut même montrer un
l’achat de capital lorsque le taux d’inflation impact marginalement positif. Au-dessus de ce
augmente. En conséquence le niveau d’équilibre de niveau, l'effet est négatif, statistiquement
la production diminue en réponse à une significatif et très fort. Ignorer l'existence du seuil
augmentation du taux d’inflation. D’autres auteurs, biaiserait considérablement l'impact de l'inflation
Lucas (1982) et Svensson (1985), avec des modèles sur la croissance.
différents ont abouti à des conclusions similaires en
Ghosh et Phillips (1998) ont constaté que bien que
montrant que le niveau de la production baisse de
l'inflation et la croissance soient positivement liées
façon permanente à mesure que le taux d’inflation
à des taux d'inflation très bas (environ 2% à 3% par
augmente.
an), la relation s'inverse à des taux plus élevés. En
Enfin Sidrauski (1967) analyse la super neutralité outre, la relation est convexe, de sorte qu'une baisse
de la monnaie dans un cadre de contrôle optimal en du taux de croissance associée à une hausse de
considérant les équilibres monétaires réels dans la l'inflation de 10% à 20% est supérieure à la baisse
fonction d’utilité. Il réalise cette étude en faisant un de la croissance suite à une hausse de l'inflation de
travail séminal sur le contexte d’un agent 40% à 50%. Ils ont également constaté que
représentatif à vie infinie. Il obtient comme résultat l'inflation est l'un des déterminants statistiques les
plus importants de la croissance.
que l’augmentation du taux d’inflation n’affecte
pas le stock de capital. Ainsi, à long terme, une
Bruno et Easterly (1998) ont examiné les
augmentation de l’inflation n’a aucun effet sur le
déterminants de la croissance économique en

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utilisant des données transversales provenant de 26 de différents pays à différents niveaux de


pays pour la période 1961-1992. Ils ont fait valoir développement. Dans une étude similaire sur
que la relation négative entre l'inflation et la différentes catégories de pays, Pollin et Zhu (2005)
croissance existe seulement dans les données à ont trouvé des fourchettes d'inflation seuil de 14-
haute fréquence et les observations d'inflation 16% pour les pays à revenu intermédiaire et de 15-
extrêmes. Dans leur analyse empirique, ils ont 23% pour les pays à faible revenu.
détecté un seuil de 40% au-dessus duquel la
relation entre inflation et croissance était négative. Travaillant avec les données d'un panel de 124 pays
En outre, ils ont trouvé une relation non concluante industriels et en développement, Kremer, Bick et
entre l'inflation et la croissance économique en Nautz (2009) ont étudié la présence d'effets de seuil
deçà de ce seuil lorsque les pays ayant des crises de l'inflation sur la croissance économique à long
inflationnistes élevées ont été exclus de terme. Leurs résultats empiriques ont montré que le
l'échantillon. seuil d'inflation estimé était d'environ 2,5% pour les
pays industrialisés et de 17% pour les pays en
Khan et Senhadji (2000, 2001) ont étudié développement. Au-dessus de ces niveaux
séparément l'interaction inflation-croissance pour critiques, le taux d'inflation conduit à un taux de
les pays en développement et les pays croissance économique à long terme plus faible
industrialisés, en appliquant la technique dans les deux cas. En outre, l'étude a indiqué qu'en
d'estimation des données de panel de base deçà de ces seuils, l'effet de l'inflation sur la
développée à l'origine par Hansen (1996,2000). Ils croissance économique à long terme était
ont utilisé un ensemble de données de panel de 140 significativement positif dans les pays développés.
pays couvrant la période 1960-1998. Leurs En revanche, il n'y a pas eu d'impact significatif sur
résultats suggèrent fortement l'existence d'un seuil la croissance économique dans les pays en
au-delà duquel l'inflation exerce un effet négatif sur développement lorsque l'inflation était inférieure à
la croissance de la production. Le seuil était de 1 à 17%.
3% pour les pays industrialisés et de 11 à 12% pour
les pays en développement, respectivement. La Aydın et al (2016) analysent la relation être
relation négative et significative entre l'inflation et l’inflation et la croissance en Turquie sur la base du
la croissance au-dessus du seuil était assez robuste modèle dynamique à données de panel. Les
par rapport à la méthode d'estimation et aux résultats de leur étude indiquent qu’il y a une
relation non linéaire entre l’inflation et la
différentes spécifications. Les résultats suggèrent croissance. Le seuil d’inflation est de 7,97%, au-
clairement que le seuil est plus bas pour les pays dessus de ce taux la croissance serait compromise.
industrialisés que pour les pays en développement.
Plus précisément en Afrique, dans une étude
Sepehri et Moshiri (2004) ont également testé les utilisant des données de panel pour la période 1980-
non-linéarités du lien inflation-croissance pour les 2008, Seleteng et al (2011) ont examiné le lien
pays industrialisés et en développement. Utilisant inflation-croissance pour les pays de la
une spécification non linéaire et des données Communauté de Développement de l’Afrique
provenant de quatre groupes de pays à différents Australe (SADC) et ont trouvé qu’il existe des
stades de développement, ils ont constaté que les effets seuils de l'inflation sur la croissance dans ces
tournants variaient considérablement, allant de économies. En appliquant un modèle de régression
15% pour les pays à revenu intermédiaire inférieur de panel, les résultats de l'étude ont révélé un seuil
à 11% pour les pays à faible revenu, et 5% pour les de 18,9% au-dessus duquel l'inflation est
pays à revenu intermédiaire de la tranche préjudiciable à la croissance économique dans la
supérieure. Aucune relation à long terme région de la SADC.
statistiquement significative entre l'inflation et la
croissance n'a été détectée pour les pays de Bikai et kamga (2012) utilisant les données de
l’Organisation pour la Coopération et le panel sur la période 1987-2008, les résultats de
Développement Economique (OCDE). Leurs l'étude ont révélé un seuil de 6 % au-dessus duquel
conclusions ont également souligné le biais la corrélation entre l’inflation et la croissance
potentiel dans l'estimation du lien inflation- économique est négative dans la CEMAC.
croissance qui pourrait résulter de la combinaison
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Yabu et Kessy (2015) utilisant le modèle Approche méthodologique


quadratique non linéaire pour les trois États
membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est En se référant à Dukker et al (2005) et Bikai et
(CAE) dans la relation entre l’inflation et la Kamgna (2011), nous utiliserons ainsi la
modélisation des seuils endogènes initialement
croissance économique. Les résultats de la
développée par Hansen 1996 qui consiste à estimer
régression du modèle à effets aléatoires établissent la relation suivante.
que le taux d'inflation moyen au-delà de 8,46% a
un impact négatif et significatif sur la croissance
gPIBt = at +βX + δπ*t * I (δπt ≤ γ) + θπ*t * I(πt >
économique. Pour chaque pays, les résultats de la γ) + εt (1)
Régression apparemment non apparentée (SUR),
qui traite chaque pays séparément, indiquent que La variable à expliquer est le logarithme de
les niveaux d'inflation optimaux pour le Kenya, la l’évolution du PIB et X représente un vecteur de
variables de contrôles.
Tanzanie et l'Ouganda sont de 6,77%, 8,80% et
8,41% respectivement. γ est le seuil du pays

Ndoricimpa (2017) travaillent sur les non linéarités Dans l’équation (1) I(.) est une fonction indicatrice
dans le lien entre l’inflation et la croissance qui prend la valeur 1 si la condition entre parenthèse
économique en Afrique. Les résultats de l’étude est respectée et 0 sinon.
confirment la non linéarité du lien entre les deux
variables. Les résultats montrent qu’un seuil de La spécification met en évidence deux régimes : le
6,7% est trouvé pour l’ensemble de l’échantillon. premier régime pour lequel l’inflation est inférieure
au seuil γ est dit normal. Dans ce cas l’impact de
Il ressort de la revue de la littérature empirique ci- l’inflation sur l’activité économique est supposé
dessus que la plupart des études sur les effets de positif (δ>0) traduisant ainsi un effet keynésien.
seuil de l'inflation sur la croissance économique ont
utilisé des données transversales ou de panel Le deuxième régime pour lequel l’inflation est
couvrant un grand nombre de pays. Toutefois, supérieure au seuil γ, ce régime est dit critique.
quelques études sur les pays émergents et en Dans ce type de régime, l’impact de l’inflation sur
développement appliquant la méthodologie l’activité est supposé négatif (θ<0) traduisant l’effet
développée par Khan et Senhadji (2000, 2001) ont monétariste.
utilisé des séries chronologiques pour estimer le
niveau d'inflation seuil pour les cas spécifiques à un Notre équation peut alors s’écrire de la façon
pays. suivante :
Ceux-ci incluent, entre autres: Salami et Kelikume
(2010) pour le Nigeria; Quartey (2010) pour le
Ghana; Singh pour l'Inde (2010); et Leshoro (2012) gPIBt = a +βX + δπ*t + εt si πt ≤ γ (2)
pour l'Afrique du Sud; Rutayisire (2015) pour le
Rwanda; Tung et Thanh (2015) pour le Vietnam; gPIBt = a +βX + θπ*t + εt si πt > γ (3)
Nazir et al (2017) pour le Pakistan; Divers et L’indice t (t=1…..N) représente la période
Descieux (2017) pour l’Haiti, Ces études ont
d’observation. εt Un bruit blanc indépendamment et
confirmé l'existence d'un effet de seuil d'inflation
sur la croissance économique dans les différents identiquement distribué de moyenne nulle et de
cas par pays. Notre étude rentre également dans variance constante. a représente les effets
cette lignée. spécifiques du pays.
La variable explicative
Approche méthodologique, présentation et
interprétation des résultats πt mesure le taux annuel d’inflation (représenté par
l’indice des prix à la consommation) à la date t.
Dans cette section, l’approche méthodologique sera Pour éviter de biaiser les résultats par les
suivie de la présentation et de l’interprétation des observations extrêmes ou négatives d’inflation,
résultats.
nous utiliserons une approche semi-loi préconisée
par Khan et Senhadji (2001) et Drukker et al
(2005). On aura donc :

6
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𝝅𝒕 − 𝟏𝒔𝒊𝝅𝒕 ≤ 𝟏 Hansen (1999) suggère de construire un intervalle


π*t = ! (4)
𝒍𝒏(𝝅𝒕) 𝒔𝒊𝝅𝒕 > 𝟏 de confiance à partir du ratio de maximum de
Dans cette étude, nous allons nous focaliser que sur vraisemblance calculé pour tout γ afin d’établir un
intervalle de « non rejet » de la significativité du
deux variables : l’inflation et la croissance
seuil :
économique.
ˇ
L’estimation du modèle se fait en plusieurs étapes. LR1(γ)=(S1(γ)-S1(𝜸) / δ2 (8)
Il s’agit de déterminer le seuil optimal, puis de
Cette statistique est différente de l’équation (7) car
tester la linéarité du processus et enfin donner un
ici, pour LR1(γ0) on teste l’hypothèse
intervalle de confiance.
H0 : γ = γ0 , Avec γ0 la vraie valeur de γ. De
Détermination du seuil optimal
même, pour la valeur du seuil endogène
ˇ
Chan (1993) et Hansen (1999) recommandent de identifiée𝛾, le ratio du maximum de vraisemblance
minimiser la somme des carrés des résidus ˇ
LR1 (𝛾) est égal à zéro et tend vers une variable
concentrés à l’aide des moindres carrés. Le seuil aléatoire ξ dont la fonction de distribution est :
optimal sera donc celui qui minimisera la somme
des carrés des résidus tel que : P (ξ ≤x ) = (1- e –x/2 ) 2 (9)
ˇ
𝜸 = argmin γ S1(γ) (5) L’inversion de cette distribution permet de dériver
l’expression :
ˇ
𝛾 représente le seuil optimal
C(α) = -2 log (1-√𝟏 − 𝜶) (10)
Test de linéarité et intervalle de confiance
La deuxième étape consiste à tester l’hypothèse de Cette expression est nécessaire pour construire
linéarité contre celle de non linéarité à savoir : l’intervalle de confiance qui correspond pour tout
risque de α% à toutes valeurs de γ tel que :
H0 : δ = θ
LR1(γ) ≤ C(α) (11)
H1 : δ≠ θ
La statistique utilisée par Hansen est : Présentation et interprétation des résultats
S0 + S1
Dans cette section, nous allons présenter et discuter
F1 =------------------- (6) les résultats de notre étude qui se sont appuyés sur
la méthodologie décrite dans la section précédente.
δ2 Pour mieux vérifier rigoureusement la relation
entre l’inflation et la croissance, nous avons opté
Où S0 représente la somme des carrés des résidus
pour une analyse bivariée entre l’inflation et la
sous H0 et S1 la somme des carrés des résidus sous croissance. Le but recherché est de déterminer la
H1. vraie relation entre ces deux variables et de trouver
Cette statistique de test ne suit pas une loi normale. le niveau de seuil de l’inflation pour la croissance
des pays de la CEMAC. Avant d’estimer le modèle,
Ce problème peut être résolu en stimulant la
nous avons présenté la statistique descriptive et
distribution asymptomatique du test de ratio de
réalisé un test de causalité entre l’inflation et le PIB
vraisemblable pour déterminer la p-value de la pris en logarithme népérien.
statistique. Cette dernière peut être générer en
utilisant une fonction de distribution de Hansen
(2000). Statistique descriptive

p-value = 1-(1-exp (-1/2F1) (7)


Dans le tableau 1 et 2, sur la base des données
La règle de décision est la suivante : si la p-value annuelles de la Banque Mondiale de 1986 à 2015
de F1 est plus petite que la valeur critique retenue soit 30 observations, nous avons décrit le résumé
(1%, 5% ou 10%), alors on rejette l’hypothèse nulle des données des variables et constaté que :
de linéarité.
Au Congo-Brazzaville, pendant la période sous
revue, le taux de croissance moyen du PIB est de
7
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2.69 % et celui de l’inflation moyenne est de 4,93 croissance du PIB. En effet, au seuil de 5 %, nous
%. Alors qu’au Cameroun, pendant la même relevons que l’inflation influence le taux de
période, le taux de croissance moyen du PIB est de croissance économique et inversement le taux de
2.09 % et celui de l’inflation moyenne est de 3,88 croissance économique influence l’inflation. Ainsi
%. Nous constatons que le taux de croissance nous pouvons relever que la relation entre
moyen des deux pays est inférieur au taux l’inflation et le taux de croissance économique est
d’inflation moyen. En plus, toujours dans les deux directe pendant la période sous revue.
pays, le taux d’inflation est au-dessus de 3 %, taux
fixé par les critères communautaires de la CEMAC.
Tableau n* 3: Test de causalité de Granger – Cas
Nous avons également constaté qu’au cours de du Cameroun
cette période, la croissance du Congo-Brazzaville a
connu des taux de croissance extraordinaire de près
de 8,75 % en 2010, mais l’économie a aussi souffert Equation Excluded F df df_r Prob>F
avec un taux de croissance négatif -6,86 % en 1986. gdp_gr ipc 12.912 7 8 0.0009
Au Cameroun également, l’économie a souffert en
1993 avec des taux de -7,93 % mais par contre gdp_gr ALL 12.912 7 8 0.0009
l’économie a connu le taux de croissance le plus ipc gdp_gr 42.648 7 8 0.0000
élevé soit 6,77 % en 1986.
ipc ALL 42.648 7 8 0.0000
S’agissant de l’inflation, le Congo-Brazzaville a
Source : Calculs effectués par les auteurs sur Stata à partir des
connu une inflation élevée à deux chiffres, soit données WDI
42,44 % en 1994 et une inflation négative de 3,94
% en 1992. Le Cameroun a eu en 1994 un taux
d’inflation de 35,09 % et un taux négatif de 3,21 en IV-2-3 Détermination du seuil optimal
1993.
Revenons sur les estimations du modèle. Après
avoir estimé le modèle de manière itérative, en
Tableau n*1 Statistiques descriptives considérant l’ensemble des seuils potentiels, nous
Statistiques sommaires - Cas du Congo-Brazzaville allons retenir un seuil d’inflation pour le Cameroun
et pour le Congo-Brazzaville. Ces valeurs vont
Variables count mean sd min max correspondre à la valeur qui minimise la somme des
carrés des résidus estimés par la méthode des
gdp_gr 30 2.685843 3.723695 -6.861526 8.751656
Moindres Carrés Ordinaires (MCO).
ipc 30 4.926326 8.234029 -3.935468 42.43967
Source : Calculs effectués par les auteurs sur Stata à
partir des données WDI

Tableau n*2 Statistiques descriptives


Statistiques sommaires - Cas du Cameroun
Variables count mean sd min max

gdp_gr 30 2.089781 4.122404 -7.932066 6.771663

ipc 30 3.87633 6.688116 -3.206555 35.09446


Source : Calculs effectués par les auteurs sur Stata à
partir des données WDI

IV-2-2 Test de causalité de (Granger)


Avant d’estimer le modèle, nous allons réaliser un
test de causalité entre l’inflation et le PIB pris en
logarithme sur la période de l’étude. Les résultats
obtenus pour les deux pays à savoir le Congo et le
Cameroun figurent dans les tableaux ci-dessous.
Au Cameroun, il y a une relation de causalité
bidirectionnelle entre l’inflation et le taux de

8
M. LOUBASSOU - NGANGA et al Ann. Univ. M. NGOUABI, 2018; 18 (1)

A l’aide de ce modèle de détermination du seuil (2001) qui mettent respectivement en évidence un


optimal, nous avons pu obtenir la valeur qui taux compris entre 7 % et 11 % pour les pays en
minimise la somme des carrés des résidus pour le développement et de Bikai et Kamgna (2011) pour
Cameroun, soit 5% et 10 % pour le Congo- les pays de la Communauté Economique et
Brazzaville. Monétaire de l’Afrique Centrale.

Les estimations montrent que l’effet d’une Nous constatons, comme Bikai et Kamgna (2011)
accélération de l’inflation sur la croissance lorsque ayant obtenu un taux de 6 % en travaillant sur la
celui-ci se trouve en dessous de 5 % pour le Communauté Economique et Monétaire de
Cameroun et de 10 % pour le Congo-Brazzaville ne l’Afrique Centrale avec des données de panel, que
peut être déterminé concrètement. En d’autres les taux d’inflation du Cameroun et du Congo-
termes, on ne peut pas savoir avec précision quel Brazzaville sont supérieurs à ceux fixés par les
serait l’effet d’une hausse des prix sur l’activité règles communautaires (un taux d’inflation < 3 %).
économique. Ce qui est important à soulever, c’est Cela nous laisse penser que les contraintes des
qu’au-delà de 5 % pour le Cameroun et 10 % pour règles communautaires appliquées par la Banque
le Congo-Brazzaville toute politique monétaire des Etats de l’Afrique Centrale des pays de la
inflationniste devant générer des poussées CEMAC peuvent être relâchées car ces pays
inflationnistes devrait avoir un impact négatif sur disposent encore d’une marge de manœuvre sur la
l’activité économique. politique monétaire.

Nous avons également observé que le coefficient En estimant les effets de seuils séparément pour
de la variable indicatrice, intégrée dans le modèle chaque pays comme le suggère Ye (2009) et
permettant de tenir compte d’un changement de Espinosa et al (2010), cela nous a permis d’intégrer
régime de la relation entre l’inflation et la les facteurs hétérogènes prévalant dans chaque pays
croissance économique est statistiquement et de constater, que le Cameroun peut augmenter
significatif et négatif. Ainsi, nous pouvons accepter son niveau d’inflation jusqu’à 5 % sans que
au risque de 5 % l’hypothèse qu’il existe un certain l’inflation ne nuise à la croissance. Par contre, la
seuil au-delà duquel la relation entre l’inflation et marge est encore plus importante pour le Congo-
la croissance économique change de sens en Brazzaville. L’activité économique peut donc
d’autres termes il existerait un niveau d’inflation de continuer à se développer, dans ce pays, sans effet
5 % pour le Cameroun et de 10 % pour le Congo- négatif sur la croissance économique, car son seuil
Brazzaville au de la desquels les poussées de taux d’inflation est de 10 % et ne peut pas la
inflationnistes auraient un impact négatif sur compromettre. Ce constat nous permet de dire que
l’activité économique. la croissance économique dans cette situation
semble peut-être être impactée par d’autres
Parallèlement, nous savons que l’effet de l’inflation déterminants qui ne sont pas l’inflation. En plus,
au-dessus du seuil est donné par la somme des ces résultats nous enseignent que l’objectif du taux
coefficients. Sur la base de ces estimations tenant d’inflation < 3 % semble être plus avantageux pour
compte de la période allant de 1986 - 2015, nous le Cameroun que pour le Congo-Brazzaville.
pouvons dire que l’inflation et la croissance
économique évoluent de manière non linéaire. Conclusion et implications de politique
Ainsi toute mesure de politique expansionniste qui économique
ramènerait l’inflation au-delà du seuil optimal de 5
% pour le Cameroun et de 10 % pour le Congo- L’objectif de ce travail était d’estimer un seuil
Brazzaville induirait respectivement une baisse de d’inflation dans la relation entre l’inflation et la
croissance pour une accélération de l’inflation de 1 croissance dans la Communauté Economique et
%. Monétaire de l’Afrique Centrale plus précisément
au Cameroun et du Congo-Brazzaville, d’une part,
Interprétation des résultats et, d’autre part de proposer des implications de
politique économique.
Le principal enseignement que nous tirons de ces L’analyse utilisée, sur la base du modèle à seuil de
résultats est qu’au-delà des 5 % de taux d’inflation Khan et Senhadji (2001), a permis de montrer
pour le Cameroun, et au-delà de 10 % pour le l’existence d’une relation non linéaire entre
Congo-Brazzaville, toute politique monétaire l’inflation et la croissance économique au
expansionniste qui génère des poussées Cameroun et au Congo-Brazzaville. Autrement dit,
inflationnistes devraient avoir un impact négatif sur il existe un seuil d’inflation au Cameroun et au
l’activité économique. Ces résultats sont assez Congo-Brazzaville qui est respectivement de 5 % et
proches de ceux obtenus par Khan et Senadji de 10 % au-dessous duquel toute mesure de
9
M. LOUBASSOU - NGANGA et al Ann. Univ. M. NGOUABI, 2018; 18 (1)

politique monétaire expansionniste favoriserait la Faria J. R., et Cerneiro, G.F. (2001), “Does High
croissance économique. Par contre, au-delà du taux Inflation Affect Growth in the Long and Short
d’inflation de 5% pour le Cameroun et de 10 % Run?" Journal of Applied Economics, N°1 May,
pour le Congo-Brazzaville toutes poussées pp 89-105.
inflationnistes auraient un impact négatif sur
l’activité économique. Fischer, S. (1993), “The role of macroeconomic
S’agissant de la politique économique, ces résultats factors in growth”. Journal of Monetary Econo
nous renseignent que les autorités monétaires de la mics, 32: 485–512.
CEMAC disposeraient encore d’une marge de
manœuvre sur la politique monétaire de la sous- Fischer, S., R. Sahay and C. Vegh(1996),
région. Elles pourraient avoir une politique “Stabilization and growth in transition
monétaire accommodante en relâchant un peu la economies: The early experience”. Journal of
règle communautaire du taux d’inflation < 3 %. Economic Perspectives, 10: 46–66.
Ainsi, cette recommandation. sera d’avantage
pertinente si les pays de la CEMAC respectent le Ghosh, A. and S. Phillips (1998), “Warning:
triangle d’incompatibilité de Mundell, qui stipule Inflation may be Harmful to your Growth”.
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