Violence envers les enfants : étude approfondie
Violence envers les enfants : étude approfondie
Réaliser par :
• Chabih omar
• Aliya bouthaim
• Asmae bourtal
Encadre par :
• Chadia chikh
• Nouhaila soufi
• Siham Guassaoui
2
Plan :
Introduction
Partie 2 : Etude approfondie des formes et des effets de la violence envers les enfants
Chapitre 1 Les formes et les effets de la violence
Section 1 Les formes de la violence
Section 2 les effets de la violence
Chapitre 2 Chapitre 2 Etat des lieux: Contexte socioculturel et économique
Conclusion
3
Introduction
Les violences à l'encontre des enfants constituent une atteinte manifeste à leurs droits
portant préjudice à leur intégrité physique et mentale.
Avec l'évolution des technologies numériques ces dernières années les enfants ont
désormais accès à des possibilités inédites pour communiquer établir des relations partager
apprendre et exprimer leurs opinions sur des sujets liés à leur vie privée et leur
communauté. Cependant cette facilité d'accès aux services numériques soulève des
préoccupations majeures en ce qui concerne la sécurité des enfants.
Les enfants d'aujourd'hui sont confrontés à divers risques tels que la violation de leur
confidentialité la violence entre pairs l'exposition à des contenus violents ou inappropriés
pour leur âge ainsi que les escroqueries en ligne et les crimes contre les enfants
(manipulation psychologique à des fins sexuelles exploitation et abus sexuels etc.). Ces
menaces se multiplient et leurs auteurs exploitent les frontières compliquant ainsi leur
identification et leur sanction.1
L’article 32 de la Constitution Marocaine dispose que « l’Etat assure une égale protection
juridique et une égale considération sociale et morale à tous les enfants, abstraction faite de
leur situation familiale » et affirme la primauté des traités internationaux ratifiés sur les
législations nationales. 2
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) définit la maltraitance des enfants
comme « Toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalité physique ou mentale,
d’abandon, de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence
sexuelle exercés sur un enfant par ses parents, ses représentants légaux ou toute autre
personne ». 3
Maltraiter un enfant, ce n’est pas que le frapper, On distingue quatre types de maltraitance
infantile : la violence physique, la violence psychologique (ou morale), la violence sexuelle et
la négligence. Néanmoins, ces différentes formes de maltraitance ne peuvent être clairement
séparées. Une forme n’exclut pas nécessairement les autres. Les filles comme les garçons
subissent des violences. Les statistiques disponibles ne permettent pas d’établir de relation
entre les types de violences, les lieux où ils prennent. En effet, la maison est le premier
espace où les enfants assistent des violences et les décrivent, c’est-à-dire, Les foyers
familiaux sont aussi parfois des lieux de violences.
A ce niveau il convient de dire que le rôle des institutions mais aussi de la société civile est
essentiel dans ce contexte. Alors la question qui se pose avec force à savoir :
1
[Link]
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2
L’article 32 de la constitution marocaine,2011.
3
L’article 19 de la convention internationale des droits de l’enfant.
4
Quels sont les effets à long terme de la violence contre les enfants sur leur développement
physique, émotionnel et social ? Et comment pouvons-nous mettre en place des mesures
efficaces pour les protéger et les soutenir ?
La réponse à ces questions nous conduira à traiter d’abord : étude approfondie de la violence
envers les enfants (PREMIERE PARTIE). Etude approfondie des formes et des effets de la
violence envers les enfants (DEUXIEME PARTIE).
Partie 1 : Etude approfondie de La violence envers les enfants au niveau national et
international
Chapitre 1 la violence envers les enfants au niveau national
《La question de la protection contre toutes les formes de violation des droits des enfants
constitue pour nous une préoccupation constante dont témoigne le soutien continu que nous
apportons à l'action de l'Observation national des droits de l'enfant. Le Royaume a ratifié la
convention relative aux droits de l'enfant et les deux Protocoles facultatifs à cette convention,
concernant respectivement l'implication d'enfant dans les conflits armés et la vente d'enfant,la
prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. La protection
constitutionnelle des enfants a aussi constitué un tournant décisif dans le processus de la
consolidation du système national de protection juridique de l'enfance 》.4
4
[Link]
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%20f amilial%20et%20social.
5
l'enfance. De plus, le renforcement des capacités des professionnels travaillant avec les enfants
(enseignants, travailleurs sociaux, policiers, etc.) est nécessaire pour mieux identifier, signaler,
et intervenir dans les cas de maltraitance et d'exploitation.
Axes Stratégiques :
La protection juridique et institutionnelle vise à assurer que les lois et les institutions sont en
place pour protéger les enfants et qu'elles sont appliquées efficacement. Garantir que tous
les enfants ont accès à des services de qualité, y compris la santé, l'éducation et la protection
sociale, est un autre axe stratégique essentiel.
Encourager et permettre aux enfants de participer activement aux décisions qui les concernent
est crucial pour promouvoir leur autonomie et leur prise de conscience de leurs droits.
Renforcer la coopération entre les différents ministères, organisations et acteurs impliqués
dans la protection de l'enfance permet d'adopter une approche intégrée et efficace.
Initiatives et Programmes Spécifiques :
Établir et renforcer des centres de protection pour fournir un refuge et un soutien aux enfants
victimes de violence ou en situation de vulnérabilité est une initiative clé. Mettre en œuvre
des programmes éducatifs et de réinsertion pour les enfants en difficulté, y compris ceux en
conflit avec la loi, est également fondamental.
Lancer des campagnes nationales pour sensibiliser le public aux droits des enfants et aux
dangers de la maltraitance et de l'exploitation permet de mobiliser la société autour de la
protection de l'enfance.
Suivi et Évaluation :
Mettre en place des mécanismes de suivi et d'évaluation permet de mesurer l'impact des
initiatives et d'adapter les stratégies en fonction des résultats obtenus. Publier des rapports
réguliers sur l'état de la protection de l'enfance et les progrès réalisés dans le cadre de la
stratégie assure la transparence et l'amélioration continue des actions mises en œuvre.
Cette stratégie reflète l'engagement du Maroc à protéger les droits des enfants et à créer un
environnement propice à leur épanouissement et à leur développement optimal.5
5
[Link]
6
La CIDE repose sur plusieurs principes fondamentaux. Elle stipule que tous les droits doivent
être garantis à chaque enfant sans discrimination de race, de sexe, de langue, de religion,
d'origine nationale, ethnique ou sociale, de fortune, de handicap, de naissance ou de toute
autre situation. Le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant doit guider toutes les décisions le
concernant. Les États parties s'engagent à garantir à chaque enfant le droit à la vie, à la survie
et au développement. De plus, les enfants ont le droit d'exprimer librement leurs opinions sur
toutes les questions les concernant, et ces opinions doivent être prises en compte de manière
appropriée.
Droits Protégés :
La Convention couvre une vaste gamme de droits. Elle inclut les droits civils et politiques, tels
que le droit à une identité, à une nationalité, à la liberté de pensée, de conscience et de
religion, et à la protection contre toutes formes de violence, d'exploitation et d'abus. Elle
englobe également les droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à
l'éducation, à la santé, à un niveau de vie adéquat, et à la participation à la vie culturelle et
artistique. La CIDE prévoit des protections spécifiques pour les enfants contre l'exploitation
économique, les travaux dangereux, l'enrôlement dans les conflits armés, et les traitements
inhumains ou dégradants.
Mécanismes de Mise en Œuvre :
Les États parties sont tenus de présenter des rapports périodiques au Comité des droits de
l'enfant, qui surveille la mise en œuvre de la Convention. Composé d'experts indépendants, ce
Comité examine les rapports et formule des recommandations. La CIDE est complétée par trois
protocoles facultatifs : l'un sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie
mettant en scène des enfants, un autre sur l'implication d'enfants dans les conflits armés, et
un troisième sur la procédure de communication permettant aux enfants de déposer des
plaintes concernant des violations de leurs droits.
La Convention a conduit à des réformes législatives et politiques significatives dans de
nombreux pays, favorisant l'adoption de lois et de programmes pour la protection et le
bienêtre des enfants. Elle a également sensibilisé l'opinion publique mondiale aux droits des
enfants et renforcé les efforts internationaux pour améliorer leurs conditions de vie.6
6
[Link]
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20 enfants .
7
Engagement des pouvoirs publics,
Discussion franche sur la protection de l’enfant dans les médias et la société civile,
Mais surtout un cadre législatif adéquat et sa mise en œuvre systématique qui sont de
nature à renforcer l’environnement protecteur.
Dans ce sens, le code pénal et le code de procédure pénale marocains prévoient des
mesures relatives à l’enfant victime d’infraction ou de violence.
En effet, depuis 1958, le code pénal protège l’enfant contre tout mauvais traitement,
allant du mauvais exemple que les parents ou les tuteurs peuvent lui donner jusqu’à la
protection contre toute agression à laquelle il peut être exposé c’est-à-dire sa protection
contre tout ce qui peut nuire à son éducation, à sa moralité, à son intégrité physique et à sa
survie.
L’engagement pris par le Maroc à respecter les droits de l’enfant sur la base des principes
de la Constitution et de la loi Islamique et à traduire la CIDE dans les faits a rendu nécessaire
la promulgation de la loi n° 24-03 en 2003, pour compléter le code pénal et renforcer le droit
de l’enfant à la protection contre toutes les formes de violence, de négligence et
d’exploitation7.
La protection des enfants au Maroc est régie par plusieurs dispositions du Code pénal
marocain. Ces dispositions visent à protéger les enfants contre diverses formes d'abus et de
mauvais traitements.
Conformément aux dispositions de l’article 408 du CP, « Quiconque volontairement fait des
blessures ou porte des coups à un enfant âgé de moins de quinze ans ou l'a volontairement
privé d'aliments ou de soins au point de compromettre sa santé, ou commet volontairement
sur cet enfant toutes autres violences ou voies de fait à l'exclusion des violences légères, est
puni de l'emprisonnement d'un an à trois ans ».
Il en est également, L’article 409 du CP dispose que « Lorsqu'il est résulté des coups,
blessures, violences, voies de fait ou privations visées à l'article précédent, une maladie, une
immobilisation ou une incapacité de travail supérieure à vingt jours, ou s'il y a eu
préméditation, guet-apens ou usage d'une arme, la peine est l'emprisonnement de deux à
cinq ans. Le coupable peut, en outre, être frappé pour cinq ans au moins et dix ans au plus
de l'interdiction d'un ou plusieurs des droits mentionnés à l'article 40 du présent code et de
l'interdiction de séjour ».
Il faut ajouter que l’article 410 du CP stipule que « Lorsqu'il est résulté des coups,
blessures, violences, voies de fait ou privations visées à l'article 408, une mutilation,
7
[Link]
8
amputation, privation de l'usage d'un membre, cécité, perte d'un œil ou autres infirmités
permanentes, la peine est la réclusion de dix à vingt ans.
Si la mort en est résulté sans intention de la donner, la peine est celle de la réclusion de
vingt à trente ans.
Si la mort en est résulté, sans intention de la donner, mais par l'effet de pratique
Habituelles, la peine est celle de la réclusion perpétuelle.
Si les coups, blessures, violences, voies de fait ou privations ont été pratiqués avec l'intention
de provoquer la mort, l'auteur est puni de mort ». Lorsque le coupable est un ascendant ou
toute autre personne ayant autorité sur l'enfant ou ayant sa garde, il est puni :
1° Dans le cas prévu à l'article 408, de l'emprisonnement de deux à cinq ans ;
2° Dans le cas prévu à l'article 409, du double de la peine d'emprisonnement édictée audit
article. Dans les cas prévus aux deux paragraphes précédents le coupable peut, en outre, être
frappé pour cinq ans au moins et dix ans au plus de l'interdiction d'un ou plusieurs des droits
mentionnés à l'article 40 du présent code et de l'interdiction de séjour.
3° Dans le cas prévu à l'alinéa 1 de l'article 410, de la réclusion de vingt à trente ans ;
5° Dans les cas prévus aux alinéas 3 et 4 de l'article 410, de la peine de mort.
La loi a prévu d’autres mesures destinées à assurer une meilleure prévention ou détection
des mauvais traitements infligés aux enfants :
Le doublement de la peine (article 299 du code pénal) en cas de non dénonciation de
crime, d’incitation des mineurs à la débauche et à la prostitution,
L’introduction de la récidive de délits commis à l’encontre d’enfants mineurs (art. 158 alinéa
6 du code pénal),
La lutte contre le travail forcé…
Le code de procédure pénale8 a consacré son titre 6 du Livre7 à la protection des enfants
victimes de crimes ou de délits, en particulier les articles 510 et 511.
Le titre VII du livre III du code de procédure pénale (art.512 à 517) est consacré à la
protection des enfants en situation difficile. C’est donc une innovation de ce code. Jusque-là,
8
Dahir n° 1-11-150 du 16 ramadan 1432 (17 août 2011) portant promulgation de la loi n° 36-10 modifiant et
complétant la loi n° 22-01 relative à la procédure pénale.
9
le juge ne pouvait intervenir que lorsque l’enfant était victime d’une infraction qualifiée crime
ou délit ou auteur d’une infraction. Actuellement, la justice peut intervenir plus tôt, dès lors
que l’enfant est en danger. Reste à définir qu’est-ce qu’un enfant en situation difficile.
D’après l’article 513 du code de procédure pénale, « le mineur n’ayant pas atteint l’âge de
16 ans peut être considéré en situation difficile lorsque sa sécurité corporelle, mentale,
psychologique ou morale ou son éducation est en danger à cause de sa fréquentation de
personnes délinquantes ou connues pour leur mauvaise réputation ou ayant des antécédents
judiciaires ; lorsqu’il se rebelle contre l’autorité de ses parents, la personne ayant sa garde,
son tuteur, son tuteur datif, la personne qui le prend en charge, la personne ou
l’établissement à qui il a été confié ; lorsqu’il s’habitue à fuir de l’établissement où il suit ses
études ou sa formation ; lorsqu’il quitte son domicile ou lorsqu’il ne dispose pas d’un lieu
adéquat où s’installer ».
Pour qu’un enfant soit considéré comme étant en situation difficile, il faut donc une
condition préalable, à savoir que sa sécurité corporelle, mentale, psychologique ou morale
ou son éducation soient en danger.
Il faut en outre, que cette situation provienne de causes précises que la loi énumère.
Quatre hypothèses sont prévues :
Lorsqu’il a de mauvaises fréquentations,
Lorsqu’il refuse de se soumettre à l’autorité des personnes qui ont en juridiquement la
charge,
Lorsqu’il fait habituellement des fugues,
Lorsque, abandonné par sa famille, il n’a pas de lieu où résider.
L’article 33 du Code pénal prévoit un autre cas dans lequel l’enfant peut être considéré en
situation difficile, c’est le cas où ses parents sont condamnés à une peine d’emprisonnement
supérieure à un an.
Il en est également, Lorsque l’enfant peut être considéré comme relevant de la définition
légale, d’après l’article 512, le juge des mineurs près le tribunal de première instance, peut
sur réquisition du ministère public, appliquer au mineur une des mesures de protection
prévues aux alinéas 1, 3, 4, 5 et 6 de l’article 471 du code de procédure pénale à savoir :
10
Remise à ses parents, à son tuteur, à son tuteur datif, à la personne qui le prend en charge
ou qui est chargée de sa garde ou toute personne digne de confiance,
Remise à la section d’observation,
Remise à la section d’accueil d’une institution publique ou privée habilitée à cet effet,
Remise au service public ou établissement public chargé de l’assistance à l’enfance ou à un
établissement hospitalier en cas de nécessité d’opérer une cure de désintoxication,
Remise à un établissement ou à une institution scolaire ou de formation professionnelle ou
de soins, relevant de l’Etat ou d’une administration publique habilitée ou à un établissement
agréé,
Remise à une association reconnue d’utilité publique, habilitée à cet effet :
Si le juge des mineurs estime que l’état de santé, l’état psychologique ou le comportement
du mineur nécessite des examens approfondis, il peut ordonner son placement temporaire
pour une période n’excédant pas trois mois, dans un centre agréé habilité. (Article 514).
Ces mesures sont exécutées selon le régime de la liberté surveillée et leur suivi est assuré
par un délégué à la liberté surveillée conformément aux articles 496 à 500 du code de
procédure pénale. (Article 515).
Le juge des mineurs peut ordonner à tout moment l’annulation ou la modification de ces
mesures conformément à l’intérêt du mineur.
Le juge prend cette décision soit d’office, soit à la requête du Procureur du Roi, du mineur
lui-même, de ses parents, de son tuteur, de son tuteur datif, de la personne ayant sa garde
ou qui le prend en charge ou la personne ou l’établissement qui s’en charge, et ce, sur
rapport du délégué à la liberté surveillée. Si ce n’est pas le Procureur qui a fait la demande,
son avis est obligatoire. (Art 516).
Ces mesures prennent fin à la date prévue dans la décision et dans tous les cas, lorsque le
mineur atteint l’âge de 16 ans révolus.
Dans des cas exceptionnels, si l’intérêt du mineur l’exige, le juge peut décider par avis
motivé, de prolonger les mesures jusqu’à celui-ci atteigne l’âge de 18ans, sous réserve des
alinéas 2 et 3 de l’article 516.(Art 517)
Pour ce qui est des mineurs étrangers isolés, il est à signaler qu’un phénomène s’est
développé au cours des dernières années.
De nombreux migrants subsahariens arrivent au Maroc dans l’espoir d’atteindre l’Europe.
Des milliers d’entre eux sont arrêtés chaque année par les autorités espagnoles et
marocaines. Ils sont de plus en plus nombreux à rester au Maroc dans des conditions très
précaires, depuis que le partenariat euro marocain en matière de surveillance des frontières
a rendu leur passage vers l’Europe très difficile.
En 2003, le Maroc a adopté la loi 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au
Maroc, à l’émigration et l’immigration irrégulières.
Des dispositions de cette loi prévoient de protéger les mineurs du refoulement.
11
En effet, l’article 26 de cette loi stipule que : « ne peuvent faire l’objet d’une décision
d’expulsion l’étranger mineur ». L’article 29 dispose « aucun mineur étranger ne peut être
éloigné ».
L’enfance Délinquance
La délinquance juvénile est un phénomène social qui se retrouve dans toutes les sociétés.
Plusieurs facteurs en sont responsables :
Des facteurs subjectifs : ils sont dus à des considérations d’ordre psychique tel que le
sentiment d’infériorité ou d’instabilité,
Des facteurs liés à l’environnement : ces facteurs sont relatifs à l’environnement familial
et à la famille dans laquelle vit le mineur, qui est souvent en butte à l’éclatement et au
déchirement,
Des facteurs socio-économiques : ces facteurs sont intimement liés au phénomène de la
pauvreté et du chômage du père ou de la mère, ce qui peut pousser les mineurs à s’adonner
au vol pour compenser leur pauvreté et subvenir à leurs besoins. A cela s’ajoute l’exode de la
population rurale vers les villes, ce qui laisse souvent des séquelles psychologiques chez le
mineur, lui faisant perdre confiance en lui-même, suscite en lui un sentiment d’instabilité, et
le pousse à devenir délinquant.
En ce qui concerne la loi marocaine, le nouveau code de procédure pénale consacre plus
de 50 articles aux mesures propres aux mineurs soupçonnés d’avoir commis une infraction ; il
s’agit du Livre III (articles 458 à 509).
Dans ses grandes orientations, cette loi vise à protéger les mineurs se trouvant dans une
situation d’illégalité, et à corriger leur conduite afin de les réintégrer dans la société et non
les punir, le recours à la sanction ne s’appliquera que s’il devient impossible de prendre
d’autres mesures pédagogiques en faveur du mineur.
Cette loi représente un véritable progrès en matière de justice pénale pour les mineurs avec
l’élévation de l’âge de la majorité pénale à dix-huit ans, l’établissement du juge d’application
des peines spécialisé pour mineurs, le remplacement de la garde à vue par la mesure de
rétention des mineurs, l’instauration du système de liberté surveillée et la réduction de la
durée des peines privatives de liberté applicables aux mineurs.
En outre, le CPP prévoit des dispositions propres à l’enfance délinquante destinées à
adapter le fonctionnement de la justice au jeune âge du délinquant9.
9
[Link]
12
Chapitre 2 La violence envers les enfants au niveau international :
La violence envers les enfants ne connaît pas de frontières. La violence ne fait aucune
distinction de race, de classe, de religion ou de culture. Dans tous les pays du monde, il y a
des enfants qui continuent à avoir peur et à subir la violence. Aucun pays, aucune région
n’est épargné. Les parlements et les parlementaires ont la possibilité de jouer un rôle décisif
dans la protection des enfants. Ils ont le pouvoir de légiférer, de contrôler l’action du
gouvernement, d’allouer des fonds et, en tant que responsables de leurs nations et de leurs
communautés, de favoriser la sensibilisation à ces questions. Plus important encore, ils ont la
possibilité d’œuvrer dans leurs circonscriptions à la lutte contre la violence. Ils peuvent
s’opposer aux comportements et aux croyances qui présentent la violence envers les enfants
comme inévitable ou inoffensive. Ils peuvent convaincre l’opinion que la violence envers les
enfants est évitable. Ils peuvent mobiliser la volonté politique nécessaire pour mettre un
terme à cette violence.
SECTION 1 : Violence à l’encontre des enfants : normes internationales et droit
international relatif aux droits de l’homme :
Pier Ferdinando Casini_ Président de l’Union interparlementaire « La violence à l’encontre
des enfants est intolérable. La protection des enfants est une cause qui nous concerne tous.
Il ne sera possible de se libérer de cette violence que si nous, parlementaires, respectons nos
devoirs envers les enfants et agissons en conséquence. Nous avons le pouvoir de légiférer, de
veiller à l’application des lois, d’allouer des fonds et de mobiliser l’opinion publique. En tant
que législateurs, nous avons la possibilité d’influer de façon significative sur la vie des
enfants.»
« Voici des siècles que les enfants subissent de la part des adultes une violence occultée et
passée sous silence. Mais aujourd’hui, alors que l’ampleur et l’impact des violences infligées
aux enfants deviennent visibles, il n’est plus possible de les laisser attendre plus longtemps la
protection efficace à laquelle ils ont un droit inconditionnel. »10
10
Extrait du World Report on Violence against Children
13
« 1. Les Etats11 parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et
éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou
de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou
d’exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu’il est sous la garde de ses parents
ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est
confié.
2. Ces mesures de protection doivent comprendre, selon qu’il conviendra, des procédures
efficaces pour l’établissement de programmes sociaux visant à fournir l’appui nécessaire à
l’enfant et à ceux à qui il est confié, ainsi que pour d’autres formes de prévention, et aux fins
d’identification, de rapport, de renvoi, d’enquête, de traitement et de suivi pour les cas de
mauvais traitements de l’enfant décrits ci-dessus, et comprendre également, selon qu’il
conviendra, des procédures d’intervention judiciaire »
La Convention relative aux droits de l’enfant établit des normes exigeantes de protection de
l’enfant tant dans la sphère publique que dans la sphère privée de la famille. L’article 28(2)
établit, par exemple, le droit de l’enfant à être protégé contre les châtiments corporels à
l’école tandis que les articles 32 à 36 énoncent son droit à être protégé contre l’exploitation,
qu’elle soit économique ou sexuelle. D’autres articles protègent les enfants contre la torture,
la peine capitale, l’emprisonnement à vie et visent à faciliter la réadaptation physique et
psychologique des enfants victimes d’actes de violence.
Le Comité des droits de l’enfant surveille la façon dont les pays progressent dans
l’application de la Convention relative aux droits de l’enfant et de ses protocoles facultatifs. Il
étudie les rapports détaillés que les Etats doivent fournir régulièrement après ratification de
la Convention et formule des « observations finales ». Lors de l’examen d’un rapport, le
Comité a le droit d’interroger une délégation gouvernementale et peut encourager les Etats à
revoir les rapports et à débattre des observations finales au parlement. Le Comité se réunit
11
Extraits de la Convention relative aux droits de l’enfant ; article 19.
14
trois fois par an; ses 18 membres sont élus sur une liste de personnes désignées par les Etats
parties à la Convention. Le Comité des droits de l’enfant a formulé d’importantes
recommandations sur les obligations des Etats en matière de violence à l’encontre des
enfants.
Son commentaire général n° 8 (2006) et les recommandations formulées en 2000–2001
détaillent, par exemple, le droit des enfants à être protégés contre les châtiments corporels
et autres formes cruelles ou dégradantes de punition. De nombreux tribunaux nationaux ont
invoqué la Convention et l’interprétation de celle-ci par le Comité pour condamner des
violences à l’encontre d’enfants.
• La Cour d’appel des Fidji défend le droit des enfants à être protégés
« Les enfants ont des droits qui ne sont en rien inférieurs à ceux des adultes. Les Fidji ont
ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. De plus, notre Constitution garantit les
droits fondamentaux de chacun. Le gouvernement se doit d’observer les principes de respect
des droits de tous les individus, communautés et groupes. De par leur qualité d’enfant, les
enfants ont besoin d’une protection spéciale. Nos institutions scolaires doivent être des
sanctuaires de paix et d’apprentissage créatif et non des lieux où règnent la peur et les
mauvais traitements et où l’on fait fi de la dignité humaine des élèves.» 12
En juin 1999, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a reçu une
plainte relative à la condamnation de huit élèves à recevoir 25 ; 40 coups de fouet pour
infractions à «l’ordre public ».
Voici ce qu’a déclaré la Commission :« aucun individu, et encore moins le gouvernement
d’un pays, n’a le droit d’exercer une violence physique sur des individus en raison
d’infractions. Un tel droit reviendrait à approuver une torture cautionnée par l’Etat dans le
cadre de la Charte, en contradiction avec la nature même de ce traité des droits de l’homme.
» La Commission a conclu que la loi autorisant l’usage du fouet violait l’article 5 de la Charte
des droits de l’homme et des peuples et exhorté le gouvernement à modifier sa législation, à
abolir la peine du fouet et à veiller à l’indemnisation des victimes13.
• Engagements mondiaux
La violence à l’encontre des enfants a été traitée dans les conférences mondiales des
Nations Unies et les sessions extraordinaires de l’Assemblée générale des Nations Unies. La
Session extraordinaire de l’Assemblée générale sur les enfants (2002) a consacré une part
importante de son document final intitulé « Un monde digne des enfants14 » à la violence
12
Cour d’appel des Fidji, 2002, in Naushad Ali contre l’Etat, considérant que les châtiments corporels dans les
écoles et le système pénal est inconstitutionnel.
13
– Curtis Francis Doebbler contre le Soudan, 236/2000, 33e session ordinaire, Niger, 2003, § 42.
14
(consultable sur le net à l’adresse [Link]/french/specialsession/wffc/ ) 15 (cf.
[Link]/millenniumgoals/).
15
envers les enfants. La Déclaration du Millénaire adoptée par le Sommet du Millénaire en
2000 ainsi que les conclusions du Sommet mondial de 2005 comprennent également des
accords portant sur l’élimination de la violence à l’encontre des enfants15
Des résolutions et politiques juridiquement non contraignantes ont également été adoptées
par les agences spécialisées et autres entités du système des Nations Unies, notamment les
organes directeurs de l’Organisation mondiale de la santé14 .Le Comité exécutif du Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a également développé des politiques et
des recommandations liées à la protection et aux soins à accorder aux enfants réfugiés 17.
14
(cf. [Link]/fr/ ) et l’UNICEF (cf. [Link]/) . 17
(cf. [Link]/[Link]).
16
la société. Ces recommandations soulignent l'importance de mettre en place des dispositifs
globaux de prévention, de respecter les opinions des enfants, d'évaluer l'impact des
politiques, de sensibiliser la société, de proscrire toute forme de violence familiale, de
soutenir les responsabilités parentales, de cibler les familles en difficulté, de renforcer les
systèmes d'état civil et de mener des recherches nationales sur la violence familiale à
l'encontre des enfants.
Privilégier la prévention : il faut mettre en place des dispositifs globaux pour prévenir
la violence et protéger les enfants au foyer et dans la famille, de manière adaptée et
en veillant à respecter les enfants et leurs familles. Les mécanismes d’intervention
doivent être coordonnés pour privilégier la prévention et l’intervention rapide et être
reliés aux services intégrés transversaux – services juridiques, éducatifs, judiciaires,
sociaux, sanitaires, professionnels, et autres services utiles.
Respecter les opinions des enfants : les opinions des enfants sur la mise en place de
services efficaces de prévention et d’intervention doivent être respectées. Le droit à
la libre expression des enfants doit être consacré par la loi et promu par l’orientation
et la formation.
Evaluer l’impact des politiques en matière de violence à l’encontre des enfants20 : les
pouvoirs publics doivent procéder à l’évaluation de l’impact social des politiques sur
la violence à l’encontre des enfants pour en mesurer l’efficacité. Le résultat de ce
travail doit guider la mise en place de mécanismes de protection sociale et
économique, de centres d’assistance familiale dotés de garderies, de programmes
d’apprentissage préscolaire et de programmes de soutien ponctuel pour les familles
en difficulté.
Mettre en place programmes de sensibilisation sur la prévention de la des violences :
au niveau de la société et au niveau local, les pouvoir publics doivent mettre au point
des stratégies pour sensibiliser l’opinion à la notion de droit des enfants, y compris en
matière d’égalité entre les sexes et de non-discrimination. Ces programmes doivent
être destinés aux personnes qui travaillent avec des enfants et au service d’enfants,
ainsi qu’aux parents et au public en général. Les pouvoirs publics doivent lancer et
soutenir des programmes qui encouragent la communication avec les enfants et une
implication positive des hommes et des garçons dans la vie familiale.
15
Paragraphe 110, et le Rapport mondial, pages 93-96 (anglais seulement).
16
Rapport de l’expert indépendant chargé de l’étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants,
Assemblée générale de l’ONU, 61ème session, 19 août 2006 (A/61/299). Il s’agit du rapport officiel de 34 pages
(version abrégée) qui a été soumis à l’Assemblée générale par le Secrétaire général de l’ONU en octobre 2006.
Disponible sur le web dans les six langues officielles de l’ONU sur : [Link] 20 Les
rapports abrégés des neufs consultations régionales organisées dans le cadre de l’Etude et d’autres documents
sont disponibles sur le web sur : [Link] .
17
Proscrire toute forme de violence dans la famille : les pouvoirs publics doivent mettre
en place un cadre précisément défini de lois et règlements interdisant toutes les
formes de violences à l’encontre des enfants dans la famille, y compris les pratiques
traditionnelles néfastes, les châtiments corporels et la violence sexuelle. Réforme
législative et campagnes de sensibilisation doivent promouvoir des relations positives
et non violentes avec les enfants.
Faire en sorte que les services judiciaires impliqués dans la protection de l’enfance
soient sensibles aux problèmes des enfants : les pouvoirs publics doivent veiller à ce
que les enfants victimes de violences familiales ne soient pas à nouveau victimisés
durant la procédure engagée au titre de la protection de l’enfance. Dans les
enquêtes, le travail policier, les poursuites judiciaires et les procès, on doit tenir
compte des besoins propres aux enfants.
Mettre en place un soutien coordonné à l’exercice des responsabilités parentales : les
pouvoirs publics doivent mettre en place ou développer des programmes
d’assistance aux parents et autres adultes responsables de l’éducation d’enfants.
L’investissement dans la santé, l’éducation et les services sociaux doit s’appuyer sur
les atouts de la famille et du groupe social pour promouvoir un développement sain
de l’enfant et la détection rapide des familles en difficulté pour les aider.
Mettre en place des programmes d’éducation aux responsabilités parentales qui
soient adaptés sur le plan culturel, et sensibles aux questions de genre : les pouvoirs
publics doivent aider les parents à créer chez eux un climat exempt de violence. Les
éléments constitutifs de ces programmes doivent favoriser une meilleure
compréhension du développement physique, psychologique, sexuel et cognitif des
nouveaux nés, des enfants et des jeunes; renforcer les compétences parentales,
susciter le respect des vues des enfants et de leur évolution; promouvoir des
relations non violentes et des méthodes de disciplines non violentes et non
humiliantes, développer les aptitudes à régler les problèmes et à gérer les conflits
familiaux, et inciter les hommes à s’impliquer dans la vie familiale et dans la
prévention de la violence.
Mettre au point des programmes ciblés pour les familles en difficulté et pour
protéger les enfants particulièrement vulnérables : les pouvoirs publics doivent aider
les familles ayant à leur tête un enfant, et les enfants en butte à la discrimination. Les
pouvoirs publics doivent se concentrer sur les enfants risquant d’être vulnérables à la
violence, comme les enfants handicapés, les enfants réfugiés ou déplacés, les enfants
des minorités et les enfants affectés par le VIH/SIDA. On doit prêter une attention
particulière au fait que filles et garçons peuvent être face à des risques différents.
Mettre en place des systèmes d’état civil : les pouvoirs publics doivent garantir
l’enregistrement universel, accessible et gratuit des naissances, mariages et décès, en
éliminant toute pénalité pour déclaration tardive.
Mettre au point un programme national de recherche sur la violence familiale à
l’encontre des enfants : Les pouvoirs publics et leurs partenaires doivent renforcer les
systèmes d’information qui signalent les cas des violences à l’encontre des enfants.
18
On peut pour cela entendre les enfants, les parents et autres adultes responsables.
La surveillance de blessures dans les services de santé et l’enregistrement
automatique à toutes les étapes des procédures de protection de l’enfant sont une
source d’information précieuse (mais n’indiquent pas, bien entendu, la véritable
ampleur de la violence vécue par les enfants). Des enquêtes rigoureuses sur tous les
décès d’enfants et les blessures graves peuvent également éclairer les dispositifs de
prévention.
Partie 2: Etude approfondie des formes et des effets de la violoence envers les enfants
Chapitre 1 Les formes et les effets de la violence
La violence envers les enfants est un problème grave et multifacette qui peut se manifester
sous plusieurs formes distinctes, chacune ayant des conséquences profondes et durables sur
les jeunes victimes. 17
• Violence physique :
Coups et blessures : Cela inclut les gifles, les coups de poing, les coups de pied, et tout autre
acte qui cause des blessures physiques. Ces actes peuvent entraîner des blessures visibles,
des fractures, et dans les cas extrêmes, la mort.
Brûlures et morsures : Utilisation de sources de chaleur ou morsures pour infliger des
douleurs et des marques permanentes.
Secouage violent : Particulièrement dangereux pour les nourrissons et les jeunes enfants,
pouvant causer des lésions cérébrales graves.
• Violence psychologique :
Insultes et humiliations : Les enfants peuvent être victimes de mots blessants, d'insultes
répétées, et de dénigrement qui affectent leur estime de soi.
Menaces et intimidations : Les enfants peuvent être terrorisés par des menaces de violence,
de punition sévère, ou de séparation familiale.
Isolement et rejet : Ignorer un enfant, l'isoler socialement, ou le rejeter constamment peut
causer des dommages émotionnels importants.
• Le harcèlement :
(Y compris par le biais d’Internet) est le comportement agressif indésirable d’un
enfant ou d’un groupe d’enfants extérieurs à la fratrie ou n’ayant pas de lien amoureux
avec la victime. Il entraîne des préjudices physiques, psychologiques ou sociaux répétés
et se produit souvent dans les écoles et d’autres lieux où se rassemblent les enfants,
ainsi que sur Internet.18
17
UNICEF, "A Familiar Face: Violence in the lives of children and adolescents," 2017,
[Link] .
18
[Link]
19
• Négligence : Négligence physique : Manque de fourniture de besoins de base
comme la nourriture, les vêtements, un logement adéquat, et des soins médicaux.
Négligence éducative : Non-inscription à l'école, manquement à fournir les fournitures
scolaires nécessaires, ou empêcher l’enfant de fréquenter l’école.
Négligence émotionnelle : Manque d’attention, de réconfort, d’affection, et de
soutien affectif essentiel pour le développement émotionnel de l’enfant.
• Abus sexuel :
Contact sexuel inapproprié : Tout acte impliquant un contact physique à caractère sexuel
entre un enfant et un adulte ou un adolescent.
Exploitation sexuelle : Utilisation d'enfants pour la prostitution, la pornographie, ou toute
forme d'exploitation sexuelle commerciale.
Comportements obscènes : Exposer des enfants à des actes sexuels, des contenus
pornographiques, ou des discussions inappropriées sur la sexualité.
• Violence institutionnelle :
Maltraitance dans les institutions : Les enfants peuvent être victimes de violence dans des
institutions comme les écoles, les foyers de soins, ou les centres de détention.
Abus de pouvoir : Lorsque des figures d'autorité utilisent leur position pour maltraiter ou
exploiter des enfants sous leur supervision.
Chacune de ces formes de violence peut avoir des répercussions profondes et durables,
affectant la santé mentale et physique des enfants, leur développement social et émotionnel,
et leur capacité à réussir à l'école et dans la vie en général. La prévention et l'intervention
précoce sont cruciales pour protéger les enfants et leur offrir un environnement sûr et
nourrissant.
Section 2 : Les effets de la violence envers les enfants
La violence fait des ravages sur la santé physique et psychologique de l’enfant. En raison de la
multitude et de la diversité des conséquences, il est souvent compliqué d'identifier les
manifestations de la souffrance de la victime comme étant directement liées à la violence
qu'elle subit. Une victime de violence a des réactions normales à une situation anormale.
Les enfants victimes ou exposés à la violence vivent tous des conséquences à différents
degrés. En général, ils vivent la peur, l’anxiété et le sentiment d’impuissance.
Prenons comme exemple les conséquences de la violence conjugale sur les enfants :
• Pour les bébés, on pourrait être affronter à :
Un retard staturo-pondéral : Il s’agit d’une croissance insuffisante sur le plan de la taille ou du
poids durant l'enfance.
Une perturbation des habitudes de sommeil et alimentaire : C’est un changement négatif
dans les habitudes de sommeil et de manger, généralement liés au stress ou à l'anxiété.
20
Une manifestation de régression : Comme le retour à des comportements plus jeunes en
réponse au stress ou au traumatisme.
Un retard de croissance : C’est un développement physique plus lent que la normale, souvent
dû à des facteurs comme les conditions de vie défavorables.
• Pour les enfants de 2 à 4 ans : on pourrait rencontrer :
Des actes d’agression : Ce sont des comportements hostiles ou violents dirigés
intentionnellement vers une autre personne
De la peur, terreur : Il s'agit d'une émotion intense ressentie en présence d'un danger réel ou
perçu, souvent accompagnée d'une réaction de fuite ou de lutte.
L’anxiété : C'est un état d'appréhension, d'inquiétude ou de nervosité qui peut être
déclenché par des situations stressantes ou menaçantes.
Des cauchemars, terreurs nocturnes : Il s’agit des expériences effrayantes pendant le
sommeil caractérisé par des rêves intenses et terrifiants qui peuvent causer une agitation ou
un réveil soudain.
Des plaintes somatiques : Ce sont des symptômes physiques, tels que des maux de tête, des
douleurs corporelles ou des troubles gastro-intestinaux, qui peuvent être liés au stress
émotionnel ou psychologique.
• Pour les enfants de 5 à 12 ans, on pourrait faire face à :
Une agressivité envers les amis, la fratrie, les parents : Il s’agit des comportements violents
ou hostiles envers les proches.
Un repli sur soi : C’est l’isolement social et émotionnel, évitant les interactions avec autrui.
Un comportement oppositionnel : Comme le refus ou désobéissance face à l'autorité,
caractéristique notamment chez les enfants et les adolescents.
Des difficultés scolaires : liées aux problèmes rencontrés dans le cadre académique, tels que
des difficultés à comprendre ou à suivre les cours.
Une honte : C’est sentiment d'embarras ou de dévalorisation personnelle lié à des actions ou
des situations jugées négativement.
• Pour les adolescents de 12 à 18 ans, on pourrait faire front à :
Une violence dans les relations amoureuses : tels que la manipulation émotionnelle, les
insultes, ou les agressions physiques.
Un manque d’estime de soi : C’est un sentiment de ne pas valoir beaucoup ou de ne pas être
digne d'amour ou de respect, souvent accompagné de doutes sur ses propres compétences
et qualités.
Une consommation de drogue et d’alcool : Comme mécanisme pour faire face au stress ou
aux problèmes personnels.
21
Une Fugue : C’est l’action de quitter son domicile ou son lieu de résidence sans permission,
souvent motivée par des conflits familiaux ou des abus.
Un Décrochage scolaire : Il s’agit de l’arrêt prématuré ou abandon des études avant d'avoir
terminé un programme éducatif.
Des idées suicidaires : Ce sont des pensées ou des intentions de se faire du mal ou de mettre
fin à sa propre vie, liées à des sentiments de désespoir, de détresse émotionnelle ou de
souffrance psychologique.
Section 2 : Les effets de la violence envers les enfants
La violence fait des ravages sur la santé physique et psychologique de l’enfant. En raison de la
multitude et de la diversité des conséquences, il est souvent compliqué d'identifier les
manifestations de la souffrance de la victime comme étant directement liées à la violence
qu'elle subit. Une victime de violence a des réactions normales à une situation anormale.
Les enfants victimes ou exposés à la violence vivent tous des conséquences à différents
degrés. En général, ils vivent la peur, l’anxiété et le sentiment d’impuissance.
Prenons comme exemple les conséquences de la violence conjugale sur les enfants :
22
Des plaintes somatiques : Ce sont des symptômes physiques, tels que des maux de tête, des
douleurs corporelles ou des troubles gastro-intestinaux, qui peuvent être liés au stress
émotionnel ou psychologique.
Plusieurs facteurs de risque ont été détecté, combinés avec des éléments plus structurels. En
prenant en compte la généralisation des violences comme outil disciplinaire, dans la cellule familiale
comme en milieu scolaire, on constate que les facteurs de risque de violences interviennent dans un
23
contexte où les enfants sont déjà structurellement exposés aux violences et qu’ils viennent les
aggraver.
- Enfants sans protection familiale. Étant donnée la faiblesse des systèmes de protection au
Maroc, les enfants ayant une famille défaillante et les enfants abandonnés se trouvent parfois
de facto en situation de rue; différentes études affirment que cela pourrait concerner jusqu’à
25 000 enfants au Maroc
- Enfants non scolarisés. Les enfants non scolarisés ou qui présentent un risque élevé de
décrochage scolaire sont plus exposés au risque de subir des violences, puisqu’ils sont moins
informés sur les situations à risque, qu’ils passent une grande partie de leur temps dans la rue
sans la protection d’adultes, et qu’ils auront moins de ressources pour obtenir cette
protection en cas de violences.
- Enfants en situation de handicap. Les enfants en situation de handicap, physique ou mentale,
sont particulièrement exposés aux risques de subir des violences physiques ou sexuelles. Ils
sont vulnérables en raison de leur santé, et le risque de violences est aggravé lorsqu’ils n’ont
pas pu avoir accès à l’éducation, ou lorsqu’ils ne sont pas intégrés socialement et qu’ils vivent
en situation d’isolement.
- Enfants migrants. Les enfants migrants sont une catégorie d’enfants extrêmement
vulnérables, et surtout ceux qui ne sont pas accompagnés par au moins un adulte. En 2014,
8% de tous les migrants régularisés étaient des enfants.76 Et en 2016 une étude publiée par
Caritas et Médecins du monde Belgique estimait la proportion d’enfants séparés et/ou non
accompagnés à 10% de la population totale des migrants au Maroc
- Les enfants en conflit avec la loi. Les enfants en conflit avec la loi sont des enfants
spécialement vulnérables : loin de leur milieu familial ils sont trop souvent privés de libertés,
en prison ou hébergés dans des centres de protection insuffisamment équipés en termes de
profils d’accompagnants, de ressources humaines et économiques.78 En 2017 et selon les
données du Ministère public, 22 809 affaires judiciaires ont été traitées pour des infractions
commises par des enfants19.
Dans l’ensemble, on parlent d’un niveau élevé de tolérance envers certains types de violence
à l’égard des enfants, et notamment en ce qui concerne les châtiments corporels infligés par les
parents et les éducateurs·trices; la violence est toujours considérée comme un moyen d’encadrer
les garçons et les filles. Au Maroc, il y a une mentalité qui banalise et accepte la violence. Parfois,
lorsqu’on parle de leur politique de protection de l’enfance, les gens réagissent avec surprise. Ils
pensent que la violence c’est nécessaire pour éduquer les enfants.
Cette conception de l’éducation est indissociable de la place occupée par l’enfant dans la
famille, qui est souvent plus celle d’un objet que d’un sujet à part entière. C’est d’autant plus
grave que les enfants eux-mêmes sont conscients des violences mais qu’ils manquent d’outils et
d’instruments pour se protéger.
19
Rapport d’évaluation du programme de coopération Maroc-UNICEF, 2004.
24
La violence économique et psychologique indirectement infligée aux enfants du fait de
l’absence de leur père, problématique directement liée au genre, entraine une forme de violence
indirecte à l’égard des enfants. Il s’agit cependant d’une violence plutôt tolérée. Cependant
d’autres types de violences comme la violence sexuelle sont marquées du sceau de l’exclusion
sociale. Pour les filles c’est une contradiction douloureuse : toute agression est considérée
comme gravissime car la virginité de la fille est en jeu, Il y a une permissivité sociale pour agresser
une fille parce qu’elle doit rester à la maison, bien s’habiller etc., c’est elle la fautive pour être
dans la rue, être pas bien habillée… Par contre, si un garçon est victime de la violence sexuelle il
n’est pas jugé20.
En général les normes sociales sont fortement conditionnées par le sexe des enfants, ce qui
nous conduit à analyser de manière approfondie les relations entre genre et violences à l’égard
des enfants.
L’analyse de la prévalence des violences est limitée d’emblée en raison du manque d’enquêtes
menées à l’échelle nationale en la matière. Les seules données disponibles procèdent des systèmes
de suivi des différents ministères impliqués dans le circuit de protection des enfants, lorsque des
violences sont identifiées et prises en charge. Cet état de fait impacte non seulement la quantité des
données disponibles mais aussi leur qualité : en général de telles données ne permettent pas de faire
de comparaison des prévalences des violences en fonction du sexe, de l’âge ou de la région. En outre,
les critères de collecte de données diffèrent souvent d’une institution à l’autre, et jusqu’à la définition
même du type de violence. Enfin les bases de données ne sont pas toujours renseignées, ni les
données centralisées, et l’accès à ces informations est souvent difficile.
La qualité des données ne dépend pas uniquement d’aspects techniques liés aux modalités de
collecte et de traitement de l’information, elle est aussi affectée par d’autres barrières sociales à la
perception des violences qui agissent comme des filtres limitant leur détection et leur signalement,
avec pour résultat le manque de représentativité des données statistiques. Les informations
qualitatives collectées pendant le travail de terrain suggèrent que les données disponibles
sousévaluent la prévalence des violences pour les raisons suivantes :
25
structure limite les possibilités de détection, de signalement et de comptabilisation de ces
informations. Cette limite est particulièrement visible en milieu rural.
- Manque de compréhension sur le concept des violences. Il est particulièrement frappant que
la violence psychologique ou la négligence ne constituent qu’un pourcentage très faible des
violences signalées. Cela découle probablement d’une incompréhension des phénomènes de
négligence et de violence psychologique, et d’une méconnaissance des procédés permettant
de les identifier ou de les signaler. Une hypothèse confortée par les groupes de discussion,
avec des mères qui évoquent des violences psychologiques souvent mises de côté : on oublie
la violence psychologique qui est très importante !
- Tolérance généralisée face à certains types de violence. Les violences commises envers les
garçons et les filles ne sont pas toutes perçues comme telles, et socialement certaines sont
perçues comme moins graves que d’autres. Comme on le verra ci-dessous dans la section
dédiée aux causes des violences, il existe un lien entre l’éducation de l’enfant, l’autorité et la
violence. Les effets de cette dernière ne sont pas toujours pris en compte, ce qui a pour
conséquence une certaine tolérance envers des violences considérées comme instruments
d’éducation. En revanche les données disponibles montrent que les violences physiques
graves et les violences sexuelles ne sont pas tolérées socialement
- Le tabou social envers la violence. Même si les violences ne sont pas tolérées le tabou social
qui pèse sur certains types de violence, et principalement sur la violence sexuelle, rend
difficile la dénonciation de ces actes avec pour conséquence leur sous-représentation dans les
statistiques officielles 21
En 2019, 6 172 affaires judicaires relatives à des violences à l’égard d’enfants ont été
enregistrées, en diminution par rapport au 7 031 cas enregistrés en 2018. Autre variation d’une
année sur l’autre, la représentation selon le sexe des enfants : en 2018 66% des cas correspondaient à
des filles versus 33% à des garçons, tandis qu’en 2019 l’écart semble s’être réduit puisque les
pourcentages étaient respectivement de 58% des cas correspondant à des filles versus 42% à des
garçons.
les données du Ministère public pour l’année 2019 montrent une prévalence majoritaire des
plaintes concernant les violences physiques (53% du total des cas), suivi des violences sexuelles (28%
du total). Cependant, contrairement aux statistiques du Ministère de la Santé les plaintes pour
privation et négligence constituent une part considérable du total des violences à l’égard des enfants
(25%). Quant à la violence psychologique en tant que seule cause de plainte, avec 1% du total des cas
elle constitue une petite part du total des violences enregistrées.
21
[Link]
26
L’analyse de la prévalence des violences par sexe montre des différences pour les filles et pour les
garçons, en particulier dans le cas des violences sexuelles. En effet, si filles et garçons sont exposés de
manière quasi similaire à la violence physique (51% de taux de prévalence pour les garçons contre
50% pour les filles), les garçons sont plus exposés à la négligence (30% du total des violences
dénoncées par les garçons contre 21% pour les filles), et les filles sont davantage exposées à la
violence sexuelle (20% du total des violences dénoncées par les filles contre 10% pour les garçons). Ici
à nouveau les données révèlent que le sexe des enfants influence le type de violence subie, ce qui est
étroitement lié aux stéréotypes de genre décrits dans les sections suivantes.
Cas pratique :
Cas n : 1
Trois hommes qui ont violé une petite fille de 11 ans ont été condamnés à des peines allant
jusqu’à deux ans de prison. Les Marocains ne décolèrent pas ;
la victime n'a que 11 ans lorsqu'elle se fait violer pour la première fois par trois hommes âgés
de 25, 32 et 37 ans, à Tiflet, près de Rabat. emmenée de force par la nièce, du même âge, de l'un des
violeurs. La fillette garde le silence, par peur de représailles ciblant en particulier sa famille, jusqu'au
jour où elle tombe enceinte.
La jeune fille a « subi des viols à répétition sous la menace », ce qui a entraîné une grossesse,
peut-on lire dans un communiqué de l'ONG Jossour Forum des Femmes Marocaines, qui dénonce un
verdict « injuste » et réclame « des peines plus sévères face à ce crime odieux ». 22
Cas n :2
Condamnés en première instance pour attentat à la pudeur avec violence sur mineurs et
complicité, deux hommes et une femme ont écopé de peines de 5 ans et 2 ans d’emprisonnement.
Cas n : 3
22
[Link]
23
[Link]
27
Fatima Z. n’avait que 15 ans lorsqu’elle a été violée par six hommes dans un village près de
Tata, dans le sud-est du Maroc. Ces relations sexuelles forcées et répétées ont provoqué une
grossesse non désirée chez cette mineure, désormais mère d’une fillette de quelques mois. Malgré la
gravité des faits, les bourreaux de l’adolescente, dont son entraîneur de football, ont écopé d’une
peine jugée extrêmement laxiste en première instance, en décembre 2021 : un an de prison ferme
chacun pour «attentat à la pudeur».
Après un premier report, le procès en appel des six accusés, dont l’un est toujours en fuite,
s’ouvre ce mercredi 12 juillet devant le tribunal d’Agadir. Et il aura une valeur de test dans un pays où
la justice est souvent pointée du doigt pour son laxisme dans les affaires de viols commis contre les
mineurs et les femmes. Car le cas de Fatima Z. est loin d’être isolé. En 2016, déjà, le suicide Khadija S.,
qui s’était immolée après la remise en liberté de ses violeurs, avait relancé le débat sur l’impunité
dont jouissent les agresseurs dans ces affaires.
La violence à l’encontre des enfants constitue une atteinte manifeste aux droits de l’enfant,
portant préjudice à son intégrité et occasionnant des répercussions sur sa santé physique et
psychologique. Il s’agit d’un phénomène mondial en constante évolution ainsi Pour garantir la
protection des enfants contre les violences, la Convention relative aux droits de l’enfant à travers ses
articles 19 et 34 oblige les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les
enfants contre toute forme de violence », indiquent à ce sujet les initiateurs de ce projet.
« Concernant les politiques publiques, après le Plan d’action national de l’enfance 2006-2015,
les efforts du Maroc sont déployés pour mettre en place la Politique publique intégrée de la
protection de l’enfance au Maroc (PPIPEM) et son programme d’exécution 2015-2020. Aussi, à travers
le plan gouvernemental ICRAM 2 (2017-2021) et les multiples plans et programmes sectoriels, le
Maroc a montré sa volonté pour la promotion de l’égalité», soulignent les initiateurs, en notant que
«malgré tous ces efforts, la protection de l’enfance contre les différentes formes de violence souffre
encore de certaines lacunes, qui impactent le bien-être des enfants directement ou indirectement».
Le Maroc a mis en place plusieurs mesures pour lutter contre la violence envers les enfants,
intégrant des initiatives juridiques, sociales et éducatives :
Politique Publique Intégrée de la Protection de l’Enfance au Maroc 24(PPIPEM): Lancée en 2015,
cette politique vise à coordonner les efforts de différents secteurs pour mieux protéger les enfants
contre toutes formes de violence. Elle inclut des programmes de prévention et de sensibilisation, ainsi
que des dispositifs pour la prise en charge des enfants victimes de violence.
Améliorations Législatives : Des réformes législatives sont en cours pour mieux encadrer la
protection des enfants. Cela inclut la révision du code de procédure pénale pour mieux traiter les cas
de violences sexuelles contre les enfants et assurer une réponse rapide des autorités dès le
signalement.
24
(Aujourd'[Link]
28
Le Maroc a adhéré à la majorité des traités internationaux relatifs aux droits de l’enfant, y
compris la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et la Convention de Lanzarote
sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels25.
Partenariats avec les ONG : De nombreuses ONG locales et internationales, telles que
l'UNICEF et l'Association Marocaine des Droits de l'Enfant (AMDE), travaillent en étroite collaboration
avec le gouvernement pour mettre en œuvre des programmes de protection et fournir des services
de soutien aux enfants victimes.
Unités Spécialisées de Police Le Maroc a restructuré ses unités de police pour mieux
répondre aux besoins des victimes de violences, en particulier des enfants. Ces unités, présentes dans
les principaux commissariats, sont formées pour offrir une approche centrée sur les victimes,
garantissant leur sécurité et leur soutien tout au long du processus judiciaire .26
Projets Associatifs : Diverses associations travaillent sur des projets spécifiques pour
renforcer la protection des enfants. Par exemple, le projet REDIP, financé par l'Agence Catalane de
Coopération au Développement, vise à améliorer les dispositifs de protection contre la violence
sexuelle dans les villes de Fès et Meknès.
Collaboration internationale
Partenariats avec les organisations internationales : Le Maroc collabore avec des organisations
telles que l'ONU Femmes et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) pour renforcer
ses initiatives de lutte contre la violence et bénéficier des meilleures pratiques internationales27.
La lutte contre la violence nécessite une approche multidimensionnelle et implique des
interventions à plusieurs niveaux, y compris les politiques gouvernementales, les actions
communautaires et les efforts individuels. Voici quelques-unes des principales mesures de lutte
contre la violence :
1. Politiques et législations
• Renforcement des lois : Adoption de lois strictes contre la violence, y compris la violence
domestique, le harcèlement et les crimes violents.
• Application de la loi : Assurer que les forces de l'ordre appliquent ces lois de manière
rigoureuse et équitable.
• Programmes de protection des victimes : Établir des programmes pour protéger les victimes,
comme des refuges pour femmes battues et des lignes d'assistance.
25 (UNICEF)
26 (UN Women)
27
(UNFPA Maroc)27.
29
2. Prévention et éducation
• Campagnes de sensibilisation : Organiser des campagnes pour sensibiliser le public aux effets
de la violence et aux moyens de la prévenir.
3. Intervention communautaire
• Médiation communautaire : Mettre en place des services de médiation pour résoudre les
conflits avant qu'ils ne deviennent violents.
• Groupes de soutien : Créer des groupes de soutien pour les victimes de violence et pour ceux
qui cherchent à changer leur comportement violent.
4. Approches socio-économiques
• Réduction de la pauvreté : Mettre en œuvre des politiques pour réduire la pauvreté et les
inégalités, qui sont souvent des facteurs sous-jacents de la violence.
• Soutien aux familles : Fournir des services de soutien aux familles, y compris la garde
d'enfants, des conseils en matière de parentalité et des programmes de renforcement des
liens familiaux.
• Services de santé mentale : Assurer l'accès à des services de santé mentale pour traiter les
traumatismes et les comportements violents.
• Counseling et thérapie : Offrir des services de counseling et de thérapie aux victimes et aux
auteurs de violences pour traiter les causes profondes de ces comportements.
6. Technologie et innovation
• Analyse de données : Utiliser l'analyse de données pour identifier les zones à haut risque et
allouer les ressources de manière plus efficace.28
30
En combinant ces mesures, il est possible de créer un environnement plus sûr et de réduire la
prévalence de la violence dans la société. L'implication de tous les secteurs de la société, y compris le
gouvernement, les organisations non gouvernementales, les communautés et les individus, est
essentielle pour réussir ces efforts.29
Cadre Juridique :
• Loi n°2019-721 du 10 juillet 2019 : Cette loi interdit les violences éducatives ordinaires, y
compris les punitions corporelles, et réaffirme le droit des enfants à une éducation sans
violence.
• Code Pénal et Code Civil : La législation française prévoit des sanctions sévères pour les actes
de violence envers les enfants, qu'il s'agisse de violences physiques, sexuelles ou
psychologiques.
• Plan de lutte contre les violences faites aux enfants (2017-2019) : Ce plan inclut des mesures
spécifiques pour lutter contre toutes les formes de violence, y compris les violences
intrafamiliales et les violences sexuelles.
Initiatives Institutionnelles :
• 119 - Allô Enfance en Danger : Un numéro d'appel national gratuit, accessible 24h/24 et 7j/7,
pour signaler les situations de maltraitance et obtenir des conseils.
31
CONCLUSION
La violence envers les enfants est un problème grave et répandu à l'échelle mondiale, qui
a de profondes conséquences négatives sur leur développement physique, mental et
émotionnel. Ce projet a mis en lumière les différentes formes de violence dont les enfants
peuvent être victimes, ainsi que les lourds dommages qu'elles causent, allant des retards de
croissance aux troubles du comportement en passant par les idées suicidaires.
Heureusement, il existe des normes internationales et des lois nationales pour protéger les
enfants contre la violence. La Convention relative aux droits de l'enfant et d'autres traités
établissent clairement que les enfants ont le droit d'être protégés contre toute forme de
violence, d'abus et de négligence. Les parlements et les parlementaires jouent un rôle crucial
pour faire respecter ces droits, en légiférant, en allouant des fonds et en sensibilisant le public.
Mais il reste encore beaucoup à faire pour mettre fin à ce fléau. Briser le silence et le
tabou entourant la violence envers les enfants est essentiel pour pouvoir y remédier. Chacun a
un rôle à jouer : les gouvernements, les institutions, les communautés et les individus doivent
s'unir pour protéger les enfants et leur garantir un environnement sûr et bienveillant.
Ensemble, nous pouvons et nous devons construire un monde où tous les enfants peuvent
grandir et s'épanouir à l'abri de la violence
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Références :
OUVRAGES
• Extrait du World Report on Violence against Children
• Paragraphe 110, et le Rapport mondial, pages 93-96 (anglais seulement).
• Les rapports abrégés des neufs consultations régionales organisées dans le cadre de l’Etude et d’autres
documents
• UNICEF, "A Familiar Face: Violence in the lives of children and adolescents," 2017,
ARTICLES
• L’article 32 de la constitution marocaine,2011.
• L’article 19 de la convention internationale des droits de l’enfant.
• Dahir n° 1-11-150 du 16 ramadan 1432 (17 août 2011) portant promulgation de la loi n° 36-10
modifiant et complétant la loi n° 22-01 relative à la procédure pénale.
• Extraits de la Convention relative aux droits de l’enfant ; article 19.
• Cour d’appel des Fidji, 2002, in Naushad Ali contre l’Etat, considérant que les châtiments corporels
dans les écoles et le système pénal est inconstitutionnel.
WEBOGRAPHIE
• [Link]
• [Link] sont disponibles sur le
web. sur : [Link]
• Aujourd'[Link]
• UNICEF)
• (UN Women)
• (UNFPA Maroc)
• (cf. [Link]/millenniumgoals/).
• (cf. [Link]/fr/ ) et l’UNICEF (cf. [Link]/ ).
• [Link]
• (cf. [Link]/[Link]).
• Propositions de politiques pour la lutte contre la violence
• Plan national de lutte contre la violence
• Curtis Francis Doebbler contre le Soudan, 236/2000, 33e session ordinaire, Niger, 2003, § 42. •
(consultable sur le net à l’adresse [Link]/french/specialsession/wffc/ )
• [Link]
A9s%20sur%20les%20l%C3%A9gislations%20nationales
• [Link]
conferenceislamiquedes#:~:text=Nous%20avons%20conscience%20que%20la,meilleur%20e
nvironnement%20familial%20et%20social
• [Link]
• Rapport de l’expert indépendant chargé de l’étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des
enfants, Assemblée générale de l’ONU, 61ème session, 19 août 2006 (A/61/299). Il s’agit du rapport
officiel de 34 pages (version abrégée) qui a été soumis à l’Assemblée générale par le Secrétaire général
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de l’ONU en octobre 2006. Disponible sur le web dans les six langues officielles de l’ONU sur :
[Link]
• [Link]
etchallenges/#:~:text=Le%20Maroc%20a%20ratifi%C3%A9%20la,am%C3%A9liorer%20la%20sit
uation%20des%20enfants .
• [Link]
• [Link]
• [Link]
laffaire-de-tanger/
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2515217_3826.php#11
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