Histoire et pédagogie de π en mathématiques
Histoire et pédagogie de π en mathématiques
et
Pédagogie
Sommaire
• J. Navez, Éditorial 2
• J. Mawhin, Si π m’était conté... 3
• H. Capoen, G. Delcroix, S. Glotz, B. Palmieri, 27
S. Soquette, Sur l’équation du second degré
chez Simon Stevin et sur son utilisation des
méthodes géométriques
• P. Paquay et M. Rigo, Quelques cryptosystèmes 33
usuels
• J. Bair, Échos de congrès – CIEAEM 50 50
• C. Villers, Revue des revues 53
• C. Festraets, Olympiades 58
• C. Festraets, Des problèmes et des jeux 66
• C. Rédaction, 13e Championnat International 75
des Jeux Mathématiques et Logiques
Éditorial
J. Navez,
Si π m’était conté...
J. Mawhin, UCL (1 )
1. Introduction
Il était une fois... C’est ainsi que commencent les contes. Celui qui
nous occupe devrait plutôt commencer par “Il était un rapport”, puisque
l’histoire du nombre qui sera appelé π au XVIIIe siècle seulement, commence
par l’étude du rapport qui existe entre la longueur L de la courbe la plus
simple qui soit, le cercle, et son diamètre D.
1. Conférence faite à Namur le 9 mai 1998, à la remise des prix des Olympiades
mathématiques
Faire-part de naissance
3, sa partie entière,
4, son supérieur immédiat,
22/7, sa bonne approximation,
355/113, sa meilleure approximation,
10, son carré (ou presque),
e, son complice réel,
i, son complice imaginaire,
π
né du rapport entre une (quelconque) circonférence et son diamètre.
2. Civilisation préhellénistiques
L’étude de ce rapport préoccupait déjà les Babyloniens il y a environ
4000 ans, et une tablette cunéiforme de l’époque propose, sans explication
et, bien entendu, sans notation algébrique, la formule
1
L= 3+ D,
8
c’est-à-dire
L
= 3, 125.
D
C’est le premier calcul de π avec une décimale exacte.
Un peu plus tard, aux environs de l’an 1800 avant notre ère, le célèbre
papyrus Rhind fournit, pour l’aire du disque de diamètre D, la règle
2
D
A= D− ,
9
4
c’est-à-dire 2
A 1 3, 160 . . .
= 1− = 0, 790 . . . = .
D2 9 4
On ne sait pas comment les Egyptiens sont arrivés à cette formule. Une
explication plausible est la suivante : si l’on inscrit le disque dans un carré
de côté D, que l’on divise en 9 carrés égaux par trisection des côtés, et que
l’on considère l’octogone (irrégulier) obtenu en laissant tomber la moitié des
petits carrés situés aux quatre coins, on obtient une figure peu différente du
disque, d’aire égale à
2 2
D 1 D 7 2
5 +4 = D .
3 2 3 9
D’autre part, 79 = 63 2
92 , et le carré le plus proche de 63 est 8 . En conséquence,
l’aire de l’octogone, et donc du disque, est approximativement égale à
8 2
2
D = D− D
2
9 9 .
L’Ancien Testament (Premier Livre des Rois 2.4) donne une formule plus
simple mais moins exacte puisque qu’on y trouve, au sujet de la construction
d’un bassin, l’information suivante :
“Il fit la Mer en métal fondu, de dix coudées de bord à bord, à
pourtour circulaire (...) ; un fil de trente coudées en mesurait le
tour”,
ce qui équivaut à la formule
L = 3D.
Ces civilisations sont donc bien conscientes du fait que, pour un cercle
de diamètre D, les rapports A/D2 et L/D sont constants.
3. Archimède
Il faut attendre la civilisation grecque pour que ces recettes plus ou
moins empiriques se transforment en assertions démontrées. Les Eléments
d’Euclide, qui datent du 3e siècle avant J.C., nous apprennent déjà, comme
simple conséquence des propriétés des triangles semblables, que
Les périmètres de deux polygones réguliers d’un même nombre
de côtés, inscrits ou circonscrits à deux cercles, sont entre eux
comme le rapport des diamètres de ces cercles, tandis que les
5
aires correspondantes sont entre elles comme le carré de ce rap-
port.
En outre, pour tout polygone régulier circonscrit à un cercle de diamètre
L
D, on a D = 4 DA2 , et l’un des deux rapports détermine l’autre. Pour obtenir,
par exemple, le rapport entre la longueur du cercle et son diamètre, les
savants grecs ont alors l’idée de coincer le cercle entre des polygones réguliers
inscrits et circonscrits (ils savent en mesurer le périmètre), dont le nombre
de côtés est de plus en plus grand. Archimède, au 2e siècle avant J.C., est
le premier à faire de cette idée une méthode effective d’approximation du
rapport souhaité. Pour mesurer la valeur de sa découverte, n’oublions pas
qu’Archimède ne disposait ni de nos chiffres, ni de notre algèbre, ni de notre
trigonométrie.
Si l’on part d’un triangle isocèle inscrit au cercle de diamètre D, et si
l’on désigne par θn l’angle sous-tendu par le polygone régulier de 3 · 2n côtés
obtenu en doublant successivement n fois le nombre de côtés, par ln son
périmètre et par Ln celui du polygone circonscrit correspondant, un calcul
trigonométrique élémentaire montre que
θn θn
ln = 3 · 2n D sin , Ln = 3 · 2n D tan .
2 2
En prenant n = 5 (soit un polygone à 96 côtés), Archimède arrive à l’esti-
mation
223 10 L 1 22
=3 < <3 = ,
71 71 D 7 7
c’est-à-dire, en notations décimales,
L
3, 14084 . . . < < 3, 142857 . . . .
D
C’est le premier calcul de π avec estimation de l’erreur. Il donne
deux décimales exactes. Notons encore que, puisque θn+1 = θ2n , un peu
de trigonométrie montre que
2Ln ln p
Ln+1 = , ln+1 = Ln+1 ln , (1)
Ln + ln
ce qui permet le calcul itératif de Ln et ln pour chaque n à partir des valeurs
de départ (pour le triangle)
√
3 3D √
l0 = , L0 = 3 3D.
2
6
4. Les successeurs d’Archimède
Les Romains, comme on le sait, préfèrent la guerre et les tech-
niques aux sciences et, puisque rien ne se passe à cette époque dans le
développement de π, contentons-nous d’une petite respiration que, pour les
courageux, j’accompagnerai toujours d’un projet.
π-romanes romains
XXII
II = V III
7
Co-π-ons
Signalons pour les chauvins, s’il en reste, que le record du calcul des
décimales de π fut détenu pendant quelques années par un savant belge,
Adrianus Romanus (Adrien Romain pour les francophones et Adriaan van
Roomen pour les néerlandophones), professeur à l’Université de Louvain.
En 1593, il obtint 17 décimales à partir d’un polygone de 230 côtés. Il sera
battu par l’Allemand Ludolph van Ceulen, avec 32 décimales, qu’il fera
graver sur sa tombe, dans l’église Saint-Pierre à Leyden (les Allemands
appellent encore π le nombre de Ludolph). Un tel souhait serait difficilement
réalisable pour l’actuel recordman !
8
5. Des formules aussi belles qu’inutiles
Les temps modernes voient le développement des notations et du
calcul algébrique, et il n’est pas étonnant que le Français François Viète,
le fondateur de l’algèbre, traduise, en 1593, la méthode d’Archimède en une
formule “algébrique” pour π :
2
π= s .
q r q r q
1 1 1 1 1 1 1 1 1
2 2 + 2 2 2 + 2 2 + 2 2 ...
Z u
dx u3 u5 u7
arctg u = 2
= u − + −
0 1+x 3 5 7
n 2n+1 Z u
(−1) u (−1)n+1 x2n+2
+... + + dx.
2n + 1 0 1 + x2
Maintenant, si 0 < u 6 1,
Z u Z u
(−1)n+1 x2n+2 u2n+3 1
2
dx 6 x2n+2 dx = 6 ,
0 1 + x 0 2n + 3 2n +3
et dès lors
u3 u5 u7 (−1)n u2n+1
1
arctg u − u − + − + ... + 6 .
3 5 7 2n + 1 2n + 3
Ainsi, l’expression entre parenthèses peut être rendue aussi proche que l’on
veut de arctg u en prenant n suffisamment grand, c’est-à-dire suffisamment
de termes. Cela s’écrit, dans le langage des séries,
∞
u3 u5 u7 (−1)n u2n+1 X u2n+1
arctg u = u− + − +. . .+ +. . . = (−1)n . (3)
3 5 7 2n + 1 n=0
2n + 1
11
QUELQUES FORMULES EN ARCTANGENTE
année auteur formule pour π/4
1 1
1706 Machin 4 Arctg 5 − Arctg 239
1 1 1
1730 Klingenstierna 8 Arctg 10 − Arctg 239 − 4 Arctg 515
1 3
1755 Euler 5 Arctg 7 + 2 Arctg 79
1 1 1
1764 Euler 4 Arctg 5 − Arctg 70 + Arctg 99
1 1
1776 Hutton Arctg 2 + Arctg 3
1 1
1776 Hutton 2 Arctg 3 + Arctg 7
1 1 1
1844 Strassnitzky Arctg 2 + Arctg 5 + Arctg 8
1 1 1
1863 Gauss 12 Arctg 18 + 8 Arctg 57 − 5 Arctg 239
1 1 1
1893 Loney 3 Arctg 4 + Arctg 20 + Arctg 1985
1 1 1
1896 Störmer 6 Arctg 8 + 2 Arctg 57 + Arctg 239
12
π-toyable
13
7. La revanche d’Archimède
La méthode de Machin s’est peu à peu essoufflée et s’est vue sup-
plantée, dans les années 80, par des approches parentes de la méthode d’Ar-
chimède, mais à convergence beaucoup plus rapide, résumées dans le tableau
suivant.
1985 J. et P. π = lim
√ n→∞ an√ quartique
Borwein a0 = 6 − 4 2, y0 = 2 − 1
4 )1/4
1−(1−yn
yn+1 = 4 )1/4
1+(1−yn
an+1 = an (1 + yn+1 )4
−22n+3 yn+1 (1 + yn+1 + yn+1
2
)
Une variante de cette formule est due aux frères Chudnowsky (1994)
∞
!−1
X (−1)n (6n)!(13591409 + 545140134 n)
π = 12 .
n=0
(3n!)(n!)3 6403203n+3/2
L’année passée, les dix milliards de décimales ont été dépassés par Ka-
nada, sur un HITAC S820/80, en utilisant une méthode de type AGM. Ce
record (environ 50 milliards de décimales) tient toujours, de même qu’un
autre, à couper le souffle, mais qu’une respiration nous fait quand même
découvrir.
Jeux olym-π-ques
8. π en binaire
On peut évidemment écrire π en une base autre que 10. Ainsi, les
29 premières “décimales” de l’expression binaire de π sont
11, 00100100001111110110101010001 . . . .
15
Cette occupation peut paraı̂tre bien futile, mais, tout récemment, l’at-
tention a été attirée sur ce développement, grâce à une formule découverte
le 19 septembre 1995, à 0 h. 29 par le Canadien Simon Plouffe
∞
X 1 4 2 1 1
π= − − − . (5)
n=0
16n 8n + 1 8n + 4 8n + 5 8n + 6
La précision de l’instant de la découverte vient de ce que la formule a été
trouvée de manière empirique à l’aide de l’ordinateur. La démonstration
élémentaire que nous donnons ici est postérieure.
Posons 1 √ √ !
√
4 2 − 8x3 − 4 2x4 − 8x5
Z
2
I= dx,
0 1 − x8
√1
xk−1
Z
2
Jk = dx, k = 1, 2, . . . .
0 1 − x8
Comme, pour tout entier n > 1 et tout x 6= 1, on a
1 − x8(n+1)
= 1 + x8 + x16 + . . . + x8n ,
1 − x8
et donc
1 8 16 8n x8(n+1)
= 1 + x + x + . . . + x + ,
1 − x8 1 − x8
on a
n
xk−1 X
8j+k−1 x8(n+1)+k−1
= x + ,
1 − x8 j=0
1 − x8
et dès lors
n Z √1 8(n+1)+k−1
1 X 1 2 x
Jk = √ k j
+ dx.
2 j=0 16 (8j + k) 0 1 − x8
Mais, pour 0 6 x 6 √1 , on a
2
x8(n+1)+k−1 16 8(n+1)+k−1
x8(n+1)+k−1 6 8
6 x ,
1−x 15
et dès lors,
√1
x8(n+1)+k−1
Z
1 1 2
√ k 24(n+1) [8(n + 1) + k] 6 dx
2 0 1 − x8
16 1 1
6 √ k 4(n+1)
.
15 2 2 [8(n + 1) + k]
16
Donc,
∞
1 X 1
Jk = √ k j (8j + k)
,
2 j=0 16
et,
√ √
I = 4 2J1 − 8J4 − 4 2J5 − 8J6
∞
X 1 4 2 1 1
= − − − .
j=0
16j 8j + 1 8j + 4 8j + 5 8j + 6
√
Calculons maintenant l’intégrale I. En posant y = 2x, on trouve
Z 1
16(y 5 + y 4 + 2y 3 − 4)
I= dy.
0 y 8 − 16
et dès lors
y 5 + y 4 + 2y 3 − 4 = (y − 1)(y 4 + 2y 3 + 4y 2 + 4y + 4),
tandis que
En conséquence,
9. π ailleurs
Le nombre π n’apparaı̂t pas seulement en géométrie et en analyse.
Il hante également le calcul des probabilités et la statistique. Par exemple,
2
sous la fameuse courbe en cloche de Gauss, d’équation y = e−x ,
l’aire située√
est égale à π.
Le calcul des probabilités fournit même des moyens expérimentaux – peu
efficaces à vrai dire – pour calculer π. Par exemple, si on lance au hasard
une aiguille de longueur 2b sur un parquet formé de lames de largeur 2a
(b 6 a), le naturaliste français Buffon a calculé en 1777 que la probabilité
pour que l’aiguille coupe l’une des raies du parquet est égale à
2b
.
πa
Par ailleurs, si l’on jette en l’air une pièce de monnaie 2n fois, et si P (n)
désigne la probabilité d’obtenir autant de piles que de faces, alors
√
lim πnP (n) = 1.
n→∞
π2 1 1 1 1
=1+ + + + + ....
6 4 9 16 25
18
π-sticisme
A-π-calypse now
19
10. Faut-il interdire la chasse aux décimales ?
La chasse aux décimales de π ne répond pas à un souhait des utilisa-
teurs, puisque 39 décimales de π suffisent pour calculer, avec une précision
de l’ordre du rayon de l’atome d’hydrogène, la longueur de la circonférence
d’un cercle entourant l’univers connu.
Elle ne répond pas non plus au souhait des hommes politiques ou des
législateurs, qui furent même tentés de fixer la valeur de π par une loi, ainsi
que le montre la respiration suivante.
π-litiquement correct
et le deuxième membre est entier puisque les p(j) (π) et les p(j) (0) le sont.
Or, pour 0 < x < π, on a
π n an
0 < p(x) sin x < ,
n!
et donc π
π n+1 an
Z
0< p(x) sin x dx < ,
0 n!
d’où n
a2
a b
0 < P (π) + P (0) <
b n!
quel que soit n, ce qui est contradictoire puisque le second membre tend
vers zéro lorsque n → ∞.
Ceux que cette démonstration rebute lui préféreront peut-être les argu-
ments buccoliques contenus dans la respiration suivante.
Bourba-π-sme
21
définitivement les espoirs des “quadrateurs de cercles” qui tentaient, depuis
l’antiquité grecque, la construction, à la règle et au compas, d’un carré ayant
la même aire qu’un cercle donné.
Mais il reste bien des questions sans réponse liées à la transcendance
et à l’irrationalité pour les plus célèbres constantes des mathématiques.
Quelques années avant Lindemann, le mathématicien français Hermite
avait démontré la transcendance de e, base des logarithmes népériens. Même
si A. Gelfond et Th. Schneider ont prouvé indépendamment, en 1935,
que eπ est transcendant, on ne sait pas, à ce jour, si e + π, e − π, e · π, π/e
et π e sont irrationnels !
Le calcul de milliards de décimales de π a peu de chances d’aider à
résoudre ces questions, mais constitue un excellent test de qualité pour la
construction d’un ordinateur ou l’élaboration d’un logiciel. Car, même si
une seule erreur survient dans le calcul, il est quasi certain que le résultat
final en sera affecté. En 1986, un programme pour calculer π a permis de
détecter des problèmes bien cachés dans le hardware des super-ordinateurs
Cray 2.
Les mathématiciens, qui savent que π est transcendant, voudraient savoir
s’il est normal, une notion introduite en 1909 par le mathématicien français
Emile Borel pour formaliser la notion de nombre réel pris au hasard. Un
nombre est normal en base b si, dans sa représentation dans cette base, tous
les chiffres pris un à un, tous les couples de deux chiffres, tous les triplets
de trois chiffres, etc. apparaissent avec la même fréquence. Un nombre est
normal s’il est normal en chaque base. Donc, si π est normal en base 10,
on doit constater que, dans son développement décimal, chacun des dix
1
chiffres 0, 1, 2, . . . , 9 est présent dans la proportion de 10 , chacun des cent
1
couples 00, 01, . . . , 99 est présent dans la proportion 100 , et ainsi de suite.
L’examen des décimales connues de π en base 10 semble montrer qu’il est
proche de la normalité, mais ce n’est pas démontré. Kanada et Takahashi
ont découvert que la première apparition de la suite finie 0123456789 dans
les décimales de π n’arrive qu’à la [Link] décimale.
S’il était normal, π serait un nombre univers, c’est-à-dire que la suite
de ses décimales contiendrait toutes les suites finies possibles. S’il est fa-
cile de construire un exemple de nombre-univers en base 10 (le nombre de
Champernowne 0, 123456789101112 . . . en est un), il est autrement plus
difficile de décider si un nombre donné est ou non un nombre univers.
22
11. E-π-logue
J’espère vous avoir convaincu, à travers cette esquisse de l’épopée du
nombre π, de la vitalité et de l’unité des mathématiques, et de ses incessants
progrès. Comme dans les autres sciences, toute question résolue en soulève
d’autres et il en sera toujours ainsi. J’espère aussi vous avoir convaincu,
mais vous le saviez déjà, que faire des mathématiques n’est jamais triste et
toujours passionnant.
Si le malheur voulait que π soit un jour définitivement enterré (six π-eds
sous terre diront les aigre-fins), avec, peut-être, comme é-π-taphe :
4 4
< 2 · 10−2
-2000 Ahmès 3
-250 Archimède 22
7 < 2 · 10−3
√
125 Chang Hing 10 < 3 · 10−2
333
106 < 9 · 10−5
√ √
2+ 3 < 5 · 10−3
√ √
1440 Nicolas de Cues 3
4( 3+ 6) < 6 · 10−3
r 2
1685 Kochansky 4+ 3− √1
3
< 6 · 10−5
√
1828 Specht 13
50 146 < 7 · 10−7
q
27 2
< 8 · 10−6
1879 Chase 9+ 1− 4000
q
1913 Hobson 9
5 + 9
5 < 5 · 10−5
24
QUELQUES FORMULES POUR π
année auteur formule
1593 Viète π = r s2 r
q q q
1 1+1 1 1+1 1+1 1 ...
2 2 2 2 2 2 2 2 2
1657 Brouncker π = 4 1
1+ 1
2+ 9
2+ 25
2+ 49
2+...
1671 Gregory π = 4 1 − 1 + 1 − 1 + ...
3 5 7
√
1666 Newton π = 3 3 + 24 1 − 1 − 1 − 1 − ...
4 12 5·25 28·27 72·29
1700 Sharp π = √6 1− 1 + 1 − 31 + ...
3 3·3 32 ·5 3 ·7
√ n! exp n
1730 Stirling 2π = limn→∞
n− 1
n 2
1736 Euler π2 = 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + . . .
6 4 9 16 25
−1
P∞ (4n)!(1103+26390 n)
1910 Ramanujan π = 9801
√
n=0
8 (n!)4 3964n
1987 J. et P. Borwein
!−1
P∞ (−1)n (6n)!(13591409+545140134 n)
1994 G. et D. Chudnowsky π = 12 n=0 (3n!)(n!)3 6403203n+3/2
P∞ 1
4 2 1 1
1995 Plouffe π = n=0 16n − − −
8n+1 8n+4 8n+5 8n+6
25
RECORDS DE DECIMALES DE π
déc. année auteur calcul méthode
Résumé :
1.1. Introduction
Dans son article [3], Monsieur M. Lartillier indique que dans son étude
des équations du second degré, Simon Stevin remarque que soustraire un
nombre positif a revient à ajouter le nombre négatif (−a). Cette remarque
lui permet de diminuer le nombre de cas d’équations à résoudre. Nous no-
tons ici que dans le même contexte, Stevin argumente l’acceptation du fait
qu’une équation du second degré puisse admettre deux racines. Nous com-
mentons l’usage auquel souscrit Stevin de justifier les procédés de résolutions
d’équations par les méthodes géométriques du Livre II d’Euclide.
1.2. Dans ce texte, nous utilisons une terminologie et des notations contem-
poraines : nous parlerons donc de “résoudre l’équation” là où dans son ou-
vrage “L’arithmétique de Simon Stevin de Bruges”, paru en 1585, [4], Stevin
dit “trouver le quatrief me terme proportionnel” ; nous écrirons “x2 = ax−b”
là où Stevin écrit “troisief me difference de second terme 1− 0 ”. Pour cette
même équation, nous écrirons des formules en a et b là où Stevin indique
une méthode, que l’on comprend générale, sur un cas particulier.
2. Un endroit où Stevin justifie l’existence de deux solutions est la résolu-
tion de l’équation x2 = ax − b, où a et b sont (des nombres rationnels)
positifs ([4] Iib, pp 603-611). Selon son habitude, Stevin présente la théorie
comme ceci :
1. Explication du donné : il énonce l’équation à résoudre, ici x2 = 6x−5 ;
2. Explication du requis : il dit qu’il faut résoudre l’équation ;
3. Construction : il décrit sur cet exemple numérique son procédé de
résolution ;
4. Démonstration arithmétique : il justifie son procédé par des argu-
ments arithmétiques ;
5. Autre démonstration géométrique : le procédé est justifié par des mé-
thodes géométriques du Livre II d’Euclide.
6. Il donne des commentaires dans des Nota ;
7. De l’origine de la construction du précédent problème.
28
Il considère les
qsegments GD et DN comme ci-dessous, de longueurs res-
2
pectives a2 et a
2 − b, puis la figure complétée
où ABCD et GHID sont des carrés. Il constate que le gnomon GM KLIDG
égale le rectangle EF BA. Il en déduit que le rectangle EF CD égale la
somme du carré ABCD et q du rectangle EF BA. On a donc d’une part
a a 2
x = AD = GD + AG = 2 + 2 − b et d’autre part ax = x2 + b.
Puis, il ajoute qu’il y a une autre solution : DN = y est une solution.
En effet, le rectangle EF BA égale le rectangle EXKN , donc la somme du
carré DZKN et de ce dernier rectangle est le rectangle EXZD, et donc
y 2 + b = ay.
3. Appendice
29
En l’absence d’un calcul algébrique solidement fondé, la justification
systématique par les méthodes géométriques se comprend. Mais il nous
semble que parfois l’utilisation de ces méthodes, ou simplement du lan-
gage géométrique, s’apparente à une sort de rite. C’est frappant dans le
cas de l’équation du troisième degré dont Stevin commence l’étude par le
théorème ([4], p 612) qu’il attribue à Tartaglia et qu’il a repris de l’Ars
Magna de Cardan :
30
“ Car le nombre du cube AB (posant pour AB 10 et pour
CB 2, comme dessus) est 1000
Qui sera égal au nombre du cube de AC 512
et de 6 quarrez de AC 384
et de 12 lignes AC 96
et du cube de CB 8
Desquels la somme est aussi 1000”
Il a donc vérifié l’énoncé sur le cas particuler énoncé dans le corollaire
III (que nous n’avons pas repris parce qu’il aurait alourdi inutilement ce
texte en ajoutant beaucoup de données). Dans cet énoncé, Stevin dit “veu
que nous posons AC 8”.
Donc une interprétation de la présence de ce corollaire IIII qui permette
de ne pas écrire que Stevin pouvait écrire n’importe quoi, est qu’ayant besoin
de l’égalité numérique
Bibliographie
[1] Bosmans H., Notes sur L’Arithmétique de Simon Stevin, Ann. Soc.
Sci. Bruxelles, 1910-1911, 35, 293-313.
31
[2] Depauw R., Simon Stevin, Bruxelles, Collection Nationale, office de
Publicité, 1942, 127 pages.
[3] Lartillier M., Les tribulations de l’équation du second degré,
Mathématique et Pédagogie, 1997, 115, 43-58.
[4] The Principal works of Simon Stevin, Mathematics, II (deux tomes), ed.
By D.J. Struik, Amsterdam, C.V. Swets Zeitlinger, 1958, 976 p.
Adresse de l’auteur :
Université de Mons-Hainaut
Institut de Mathématique et d’Informatique
Le Pentagone
Avenue du Champ de Mars
7000 MONS
32
Mathématique et Pédagogie n˚119, 33–49, 1998 33
1. Introduction
La cryptographie, science qui étudie les différentes manières de com-
muniquer secrètement, n’est pas une science nouvelle. Ainsi, Jules César y
avait déjà recours pour coder certains de ses messages. Cependant, il y a
peu de temps encore, les techniques de codage n’intéressaient principale-
ment que les militaires ou les entreprises soucieuses de se prémunir contre
l’espionnage industriel.
Depuis quelques années, l’avènement d’Internet nous fournit un nouveau
champ d’applications à la cryptographie. Imaginez que vous désiriez envoyer
des données critiques sur Internet, par exemple, votre numéro de carte VISA.
Il paraı̂t naturel de coder votre message, c’est-à-dire rendre celui-ci secret,
et que seul votre destinataire soit en mesure de le décoder.
On peut distinguer deux catégories de codage : les codages à clé secrète
et les codages à clé publique. Pour le codage à clé secrète, l’expéditeur et
le destinataire choisissent tous deux une même clé qui servira au codage et
au décodage des messages. Dans cet article, nous décrirons le cryptosystème
linéaire et le cryptosystème “one-time pad” qui entrent tous deux dans cette
catégorie. Les systèmes de codage à clé publique se présentent comme suit.
Le destinataire du message possède une paire de clés (c, d). La clé c est
connue de tous et sert à coder les messages que l’on veut envoyer au des-
tinataire. La clé d, quant à elle, n’est connue que du destinataire et sert
au décodage des messages codés avec c. La connaissance de c n’implique
pas, dans ce cas, la connaissance de d. Le codage à clé publique présente un
avantage certain : expéditeur et destinataire ne doivent pas avoir d’accord
préalable sur une clé de codage commune. Dans cet article, nous décrirons
en détail le système RSA.
Traditionnellement, nous appelerons l’expéditeur du message Alice (A),
le destinataire Bob (B) et l’espion éventuel tentant d’intercepter le message,
Oscar (O).
2. Quelques rappels
Il nous paraı̂t utile, et ce afin d’uniformiser notre propos, de rappeler
quelques définitions de base d’algèbre générale.
3. Principes de base
Pour qu’Oscar ne puisse comprendre le message M , appelé message
clair, envoyé par Alice, il faut le rendre illisible pour lui mais pas pour Bob.
Dans ce cas, comment procéder ?
34
Nous voulons transformer le message M en un message M 0 , appelé mes-
sage secret, qui soit incompréhensible pour O. Le réflexe naturel est d’utiliser
une fonction
c : M → M0 ,
c’est-à-dire, une fonction définie sur l’espace M des textes clairs à valeurs
dans l’espace M0 des textes secrets ; que nous appelerons par la suite fonc-
tion de codage, et de définir M 0 par
M 0 = c(M ).
[.] : Σ → Z26
35
Une fonction de codage lettre par lettre, est une fonction
c0 : Σ∗ → Σ∗
c:Σ→Σ
d = c−1 : Σ → Σ
4. Cryptosystème linéaire
Un cryptosystème linéaire est un cryptosystème, c’est-à-dire une fa-
mille F de codages c : M → M0 , dont la fonction de codage est du type
c : Zn → Zn : x 7→ ax + b.
Pour que ce codage soit utilisable en pratique, A doit fournir à B les pa-
ramètres (a, b) qui sont appelés la clé secrète du cryptosystème. Il apparaı̂t
ainsi qu’à chaque clé (a, b) correspond une fonction de codage différente
c(x) = ax + b.
Pour éclaircir notre propos, considérons un exemple.
36
Exemple 4.1 Alice et Bob ont choisi d’un commun accord la clé (3, 4).
Alice désire envoyer le message “BYE”. Nous allons donc coder linéairement
ce message lettre par lettre à l’aide de la fonction de codage,
c : Z26 → Z26 : x 7→ 3x + 4.
car
c(1) = (3 + 4) |2| 6 = 7
c(24) = (72 + 4) |2| 6 = 24
c(4) = (12 + 4) |2| 6 = 16.
Remarquons pour terminer que si la clé de codage avait été (2, 4), il
aurait été impossible de décoder le message puisque 2 ∈
/ U (Z26 ).
37
la fonction de codage c0 est cette fois obtenue à partir d’une fonction de
codage de blocs de k lettres
c : Σk → Σk ,
ainsi
c0 (M ) = c(m1 · · · mk ) c(mk+1 · · · m2k ) · · ·
Le codage linéaire devient alors
c : (Zn )k → (Zn )k : x 7→ Ax + b,
c : (Zn )k → (Zn )k : x 7→ x + b,
Exemple 5.1 Codons le mot “YOU” avec le codage standard sur Z26 ; on
obtient
Y OU → (24, 14, 20).
Si nous prenons comme clé b = (11, 8, 4) ; le message codé est alors
38
L’utilisation de Z2 à la place de Z|Σ| se justifie notamment par le fait que
les ordinateurs codent les caractères en binaire (codage ASCII).
Considérons l’exemple suivant comportant un extrait du codage ASCII.
39
Bien sûr, les deux inconvénients majeurs du cryptosystème demeurent,
c’est pourquoi, en pratique, au lieu d’utiliser des suites de nombres aléatoi-
res, on utilise des suites appelées pseudo-aléatoires. Cette façon de procéder
présente le double avantage que ces suites sont “presque” aléatoires (en fait,
les éléments d’une telle suite sont bien distribués, non-corrélés et imprévisi-
bles) et donc conviennent bien pour être la clé de ce cryptosystème. De plus,
ces suites sont facilement transmissibles car le destinataire ne doit connaı̂tre
qu’un nombre restreint de paramètres pour reproduire la suite.
Nous allons maintenant donner une méthode pour générer des nombres
pseudo-aléatoires. Ce générateur pseudo-aléatoire est basé sur le principe
du système RSA dont nous discuterons dans la section suivante.
pgcd(b, ϕ(n)) = 1
puis
f (s0 ) = (z1 , z2 , · · · , zl )
où
zi = si |2|
40
i si zi mod 11413
0 75634
1 31483 1
2 31238 0
3 51968 0
4 39796 0
5 28716 0
6 14089 1
7 5923 1
8 44891 1
9 62284 0
10 11889 1
11 43467 1
12 71215 1
13 10401 1
14 77444 0
15 56794 0
16 78147 1
17 72137 1
18 89592 0
19 29022 0
20 13356 0
.. .. ..
. . .
6. Le cryptosystème RSA
Le défaut des cryptosystèmes étudiés jusqu’à présent est qu’ils néces-
sitent la communication préalable de la clé entre Alice et Bob. L’objectif
des systèmes à clé publique est de rendre la connaissance de la fonction d
“impossible” même si on connaı̂t la fonction c. Le système RSA, du nom
de ses auteurs Rivest, Shamir et Adleman, date de 1977 et est le premier
cryptosystème à clé publique. Pour construire un tel système, nous devons
41
choisir une fonction de codage c à sens unique, c’est-à-dire une fonction
nécessairement injective mais qui possède la propriété d’être “difficile” à
inverser. Rappelons que c est connu de tous même d’Oscar. Ce dernier ne
doit donc pas pouvoir inverser facilement c. Le destinataire, Bob, doit quant
à lui pouvoir calculer aisément d. Cela est rendu possible car seul Bob
connaı̂t des informations supplémentaires sur la fonction de codage c.
Une des caractéristiques du cryptosystème RSA est qu’il permet à plu-
sieurs utilisateurs de communiquer secrètement. Pour comprendre le fonc-
tionnement du RSA, développons son protocole. Chaque utilisateur choisit
secrètement deux grands nombres premiers distincts p et q (de l’ordre de
10100 ). Posons n = p.q ; nous savons (voir annexe) que la valeur de la fonc-
tion d’Euler en n est ϕ(n) = (p − 1) (q − 1). L’utilisateur choisit ensuite b
invertible dans Zϕ(n) . Posons a = b−1 mod ϕ(n). Les fonctions de codage
et de décodage sont données par
c : Zn → Zn : x 7→ xb mod n
d : Zn → Zn : x 7→ xa mod n.
On démontre en annexe que d = c−1 . Les nombres n et b sont suffisants
au codage et constituent la clé rendue publique. De cette manière, tout uti-
lisateur A peut envoyer secrètement un message M à un autre utilisateur
B, tout simplement en envoyant le message codé cB (M ) (on utilise l’in-
dice B pour spécifier que le codage est réalisé avec la paire (n, b) propre à
l’utilisateur B). Les nombres p, q et a sont eux conservés secrètement par
l’utilisateur concerné. Pour pouvoir effectuer le décodage, il est nécessaire
de connaı̂tre a. Le nombre b étant public, le calcul de a peut être réalisé si
on a sa disposition ϕ(n) ou le couple (p, q). On peut montrer qu’il est aussi
“difficile” d’obtenir ϕ(n) que de factoriser n en p.q.
Le nombre n étant public, essayons de nous convaincre que n est difficile-
ment factorisable, la sécurité du RSA reposant uniquement sur ce fait. Pour
rechercher un des facteurs de n, une méthode rudimentaire appelée crible
d’Eratosthène consiste
√ à tester la divisibilité√de n par tous les nombres im-
pairs de 3 jusqu’à [ n] (la partie entière de n). De cette manière on trou-
vera inévitablement le plus petit des deux facteurs composant√n. Le nombre
n comportant pas moins de deux cents chiffres en base 10, n ∼ 10100 et
si on admet de manière optimiste qu’un ordinateur est capable de réaliser
1010 divisions par seconde, il faudra à cet ordinateur pas moins de cinq fois
l’âge de l’univers avant de factoriser n ! Il existe bien évidemment d’autres
algorithmes plus “performants” mais aucun ne peut factoriser un nombre n
suffisamment grand en des temps raisonnables.
42
Nous ne développerons pas ici comment trouver deux grands nombres
premiers p et q (en pratique, on génère deux nombres aléatoires et on leur ap-
plique un test efficace de primalité). Considérons à présent une application
numérique du RSA avec deux petits nombres premiers. Dans cet exemple,
nous montrons comment obtenir l’inverse modulo ϕ(n) et un exposant mo-
dulo n.
1 = 5 − 2 × 2 = 5 − 2 × (17 − 5 × 3)
= −2 × 17 + 7 × 5 = −2 × 17 + 7 × (73 − 4 × 17)
= 7 × 73 − 30 × 17 = 7 × 73 − 30 × (528 − 7 × 73)
= −30 × 528 + 217 × 73 = −30 × 528 + 217 × (601 − 528)
= 217 × 601 − 247 × 528 = 217 × 601 − 247 × (3533 − 5 × 601)
= −247 × 3533 + 1452 × 601 = −247 × 3533 + 1452 × (11200 − 3 × 3533)
= −4603 × 3533 + 1452 × 11200.
43
codage standard, imaginons qu’Alice souhaite envoyer le nombre 9726 à Bob.
Elle doit calculer 97263533 mod 11413 ; pour ce faire, donnons la méthode
d’exponentiation modulaire square-and-multiply qui présente l’avantage de
pouvoir être réalisée rapidement. Voici l’algorithme général du calcul de xc
mod n : Pl−1
1. décomposer c en base 2, c = i=0 ci 2i .
2. z ← 1
3. pour i allant de l − 1 jusqu’à 0 faire
z ← z2
si ci = 1 alors z ← z.x mod n
Appliquons l’algorithme,
i ci z mod 11413
11 1 12 = 1
1 × 9726 = 9726
10 1 97262 = 4132
4132 × 9726 = 2659
9 0 26592 = 5634
8 1 56342 = 2403
2403 × 9726 = 9167
7 1 91672 = 11383
11383 × 9726 = 4958
6 1 49582 = 9575
9575 × 9726 = 7783
5 0 77832 = 6298
4 0 62982 = 4629
3 1 46292 = 5440
5440 × 9726 = 10185
2 1 101852 = 1468
1468 × 9726 = 105
1 0 1052 = 11025
0 1 110252 = 2175
2175 × 9726 = 5761
44
donc c(9726) = 97263533 mod 11413 = 5761. Alice envoie donc à Bob le
nombre 5761. Pour le décodage, Bob calcule 57616597 mod 11413 et retrouve
9726.
45
avec Bob par courrier électronique. Comment Bob peut-il être certain que le
message qu’il reçoit provient bien d’Alice et pas d’Oscar ayant simplement
signé son message Alice ? Une procédure simple basée sur le principe même
des cryptosystèmes à clé publique peut être employée. Soient cA et cB les
clés publiques de codage d’Alice et de Bob respectivement. Soient dA et
dB les clés de décodage connues uniquement d’Alice pour dA et de Bob
pour dB . Alice procède de la manière suivante, voulant envoyer le message
M , elle code celui-ci avec dA et ensuite avec cB . Elle envoie donc à Bob
le message cB (dA (M )). Bob utilise sa fonction de décodage pour obtenir le
texte dA (M ). La fonction cA étant publique il peut l’appliquer au message
pour retrouver M ; car rappelons que cA et dA sont inverses l’une de l’autre.
Remarquons que seule Alice est capable de générer le texte dA (M ) puisque
la fonction dA n’est connue que d’elle seule. Ceci garantit donc l’authenticité
du message. Alice ne doit pas envoyer à Bob le message dA (M ) car celui-ci
pourraı̂t être décodé par n’importe qui. C’est pour cette raison qu’elle utilise
ensuite cB .
7. Annexe
Les propriétés suivantes constituent un complément théorique destiné
au lecteur intéressé.
α · m = 1 |n| .
Ainsi, d’une part, si 0 < α < n, α = m−1 |n| convient. D’autre part, si
α > n, on peut écrire
α = α0 + kn
46
avec α0 < n et k ∈ N0 . On obtient alors,
α · m = α0 · m + (k · m)n
= α0 · m |n| ,
Démonstration. On a
Montrons d’abord que ϕ(pq) = ϕ(p)ϕ(q). Nous savons que Zpq est isomorphe
à Zp × Zq ; ainsi, U (Zpq ) est aussi isomorphe à U (Zp ) × U (Zq ). Ces deux
ensembles possèdent dès lors le même cardinal ; ce qui revient à dire
ϕ(pq) = ϕ(p)ϕ(q).
ϕ(p) = p − 1,
47
Démonstration. Nous savons que Zr est isomorphe à Zp1 × · · · × Zpk ;
donc, à un m ∈ Zr , on associe univoquement un k-uple (m1 , · · · , mk ) avec
mi ∈ Zpi , 1 ≤ i ≤ k. Si α = 1 |s|, alors
α = 1 + k 0 ppcm(p1 − 1, · · · , pk − 1)
où k ∈ N. Donc,
α = 1 |(| pi − 1)
pour tout i = 1, · · · , k. Il suffit alors de montrer que
mα
i = mi |p|i .
mα
i = mi |p|i .
http ://[Link]/˜monark/crypto/[Link]
introduction élémentaire à la cryptographie
48
http ://[Link] :8080/[Link]
fichiers sources et information à propos du logiciel PGP
http ://[Link]/
cryptosystème à clé publique RPK
http ://[Link]/
société commercialisant le RSA
http ://[Link]/CryptoWeb/
liste de liens sur la cryptographie
http ://[Link]/˜fermigie/[Link]
informations sur les courbes elliptiques
http ://[Link]/
cryptosystème basé sur le one-time pad
Bibliographie
[1] For all practical purposes, introduction to contempory mathematics,
Freeman, New-York, 1997.
[2] G. Hansoul, Structures discrètes, cours de licence en sciences
mathématiques, Université de Liège, 1993.
[3] B. Schneier, Cryptographie appliquée, International Thomson Publi-
shing France, Paris, 1997.
[4] D. Stinson, Cryptographie - Théorie et pratique, International Thomson
Publishing France, Paris, 1996.
49
50 Mathématique et Pédagogie n˚119, 50–52, 1998
51
“limite”. Elles ont reçu des réponses de ce type : c’est une borne, ça n’a
pas de fin, ou encore c’est un obstacle, selon une handicapée, . . .Dans une
deuxième phase de leur recherche, elles ont demandé à de nombreuses per-
sonnes, dont des élèves des beaux-arts sans connaissance mathématique, de
réaliser un dessin illustrant le concept de limite ; elles se sont alors efforcées
d’interpréter les dessins en fonction des “définitions” reçues, de manière à
classer ces dernières ; elles en concluent que le mot “limite” évoque le plus
souvent une borne soit physique, soit morale. Ensuite, elles ont considéré
le concept mathématique en proposant trois fonctions, définies analytique-
ment et représentées par un graphe, pour lesquelles les personnes interrogées
devaient dire laquelle des assertions suivantes est vraie lorsque la variable
x tend vers l’infini : a) la fonction possède une limite finie, b) la fonction
possède une limite infinie, c) la fonction ne possède pas de limite ; ces trois
fonctions étaient, dans l’ordre, cos x, une fonction homographique (du type
ax+b 2
cx+d ) et une fonction du type ax + b (les deux derniers cas étant donnés
pour des valeurs numériques des paramètres) ; elles ont constaté (fallait-
il une enquête pour cela ?) que le premier cas avait été, de loin, le moins
bien réussi (ce qui avait l’air de les surprendre fortement !) et elles expli-
quaient cela par un seul motif (pas faux, du reste, mais, à mon avis, ce n’est
sûrement pas la seule explication pertinente à donner), à savoir que dans les
deux derniers cas, les élèves pouvaient effectivement calculer numériquement
la limite, ce qui était (et pour cause !) impossible dans le premier cas.
Bien que ces chercheurs aient annoncé qu’elles espèrent prolonger et ap-
profondir leur étude, je me demande si de tels travaux font réellement pro-
gresser l’enseignement des mathématiques ; ces enquêtes auraient d’ailleurs
pu être réalisées au dix-huitième siècle et ne tiennent aucunement compte
des progrès réalisés depuis cette époque ! Il me semble que, pour rester
crédibles et ne pas être critiqués, les mathématiciens-didacticiens doivent
soigneusement sélectionner les sujets de leurs recherches en tenant compte
des dernières découvertes scientifiques et en exploitant les technologies les
plus récentes, en restant rigoureux dans leur approche et ne transformant
pas leurs travaux en de vagues enquêtes sociologiques ou psychologiques.
Ces réflexions (un peu “provocatrices”, je le concède) ont été rédigées “à
chaud” et n’engagent évidemment que moi. Je serais toutefois heureux et
intéressé d’obtenir les réactions des lecteurs de la revue. D’avance Merci.
J. BAIR
52
Mathématique et Pédagogie n˚119, 53–57, 1998 53
54
– Dany-Jack Mercier est l’auteur de “L’algèbre dans la correction
des erreurs”. Il y traite des problèmes des codes correcteurs d’erreurs.
De nombreux codes sont ainsi passés en revue.
– Dans la rubrique “Mathématiques et Société”, Gérard Kuntz pré-
sente un article intitulé : “Point de vue sur l’enseignement des ma-
thématiques”. L’auteur traite de divers thèmes qui ont retenu son
attention lors d’un congrès sur la didactique des mathématiques tenus
en 1997 au Canada.
Ces thèmes sont :
• La crise des programmes et des contenus des mathématiques
• L’enseignement des mathématiques en résolvant des problèmes
(très) consistants
• L’enseignement des mathématiques : une réalité complexe, de na-
ture systémique.
Cette livraison du bulletin de l’APMEP comporte enfin les rubriques
traditionnelles et certainement très instructives
• Les problèmes de l’APMEP
• Les avis de recherche
• Les nouvelles brèves
• Les matériaux pour une documentation
• la vie de l’association
55
Bulletin de l’APMEP, n◦ 416.
Ce bulletin est entièrement consacré aux journées nationales 1997 de
l’Association, à Marseille.
On y trouve le compte-rendu de la séance d’ouverture, les résumés de
4 conférences et des synthèses de certains ateliers.
Les conférences sont :
– La formule de Black et Scholes par Etienne Pardoux
– Quelques modèles peu connus par Pierre Julien
– Mathématiques et informatique graphique par Jean-Louis Mahtret
– Approche mathématique de la notion de complexité par Gerard
Ranzi
16 compte-rendus d’activités en ateliers terminent ce numéro particulier.
56
– Stefan Turnan (Pologne) présente “Puzzles géométriques” où il trai-
te de la décomposition et du réarrangement d’un polygone.
– Deux articles illustrent la rubrique “Mathématique au fil de la plume”
qui souhaite rapprocher deux enseignements (Français et Mathéma-
tiques.
– Les rubriques habituelles complètent ce numéro de la revue de
l’APMEP.
Claude Villers
Le quatrième recueil des questions posées aux Olympiades Mathématiques Belges est
disponible.
Les trois premières brochures (1976-1981, 1982-1987 et 1988-1993) couvraient toutes des
périodes de 6 années. Le détriplement de l’Olympiade depuis 1996 a eu pour conséquences
une augmentation substantielle du nombre des questions proposées. Ce quatrième tome
de la série ne couvre donc que 5 années d’Olympiades Mathématiques Belges.
Dans ce recueil n◦ 4, toutes les questions des Olympiades des années 1994 à 1998 ont été
regroupées par sujet et présentées, autant que faire se pouvait, selon un ordre croissant
de difficultés.
Toutes ont été réparties selon les trois catégories Mini, Midi et Maxi. Les questions des
deux seules catégories existant en 1994, 1995 ont été distribuées au mieux dans les trois
catégories actuelles. Des notations évidentes indiquent à l’utilisateur à quel stade de
l’épreuve les questions furent proposées. Des tableaux fournissent les réponses attendues.
Tout cela doit donc permettre d’exploiter cette brochure aussi bien dans le cadre d’une
préparation à l’Olympiade que dans celui du cours de mathématique dispensé dans les
classes. Les Professeurs et leurs élèves tireront le plus grand profit de cette brochure
utilisable pendant toutes les années de l’enseignement secondaire.
Les énoncés des problèmes proposés aux finales terminent cet ouvrage.
57
58 Mathématique et Pédagogie n˚119, 58–65, 1998
Olympiades
C. Festraets,
n(n − 1) x2 + 3x + 2
m= = .
2 2
m−8 x2 + 3x − 14
y= = .
x 2x
Comme x et y appartiennent à N,
x+3 7
− ∈ N.
2 x
1. Soit x est impair (pour obtenir un nombre pair de demis) et diviseur
de 7 ;
pour x = 1, on a y = −5, à rejeter car y ∈ N,
pour x = 7, on a y = 4.
2. Soit x est pair et alors x+3
2 est un nombre impair de demis et la
fraction x7 doit se simplifier en un nombre impair de demis. Ceci
n’est possible que si x vaut 2 ou 14 ;
pour x = 2, on a y = −1, à rejeter car y ∈ N,
pour x = 14, on a y = 8.
59
Solution de Ming-Koon HSU, Lycée Michel Rodange, Luxembourg.
60
Donc, b1 = b2 = b3 = b4 et a1 = a2 = a3 = a4 puisque a1 b1 = a2 b2 =
a3 b3 = a4 b4 .
Le quadrilatère est donc un carré.
61
Aucun élève n’a réussi à faire une démonstration complète. Vous trou-
verez ci-dessous la démonstration “officielle”.
Ajoutons que 16 candidats (sur 38) n’ont pas lu attentivement l’énoncé,
ont tracé les médiatrices de quatre côtés du quadrilatère et démontré plus
ou moins laborieusement qu’elles se coupaient au centre du cercle circonscrit
au quadrilatère ! ! !
Comme on peut supposer que les 38 élèves participant à la finale de
l’OMB sont de bons, voire de très bons élèves (tout au moins en ce qui
concerne les mathématiques), il est vraiment regrettable de constater qu’ils
sont incapables de trouver une démonstration en géométrie.
62
Si on désigne par Y le point d’intersection des perpendiculaires menées
de N et P sur AD et AB respectivement, Y est aussi le symétrique de O
par rapport à S.
D’où X = Y et les quatre droites sont bien concourantes.
· · · · · · ·
63
39ème Olympiade Internationale de Mathématique
Premier jour - Taı̈pei - 15 juillet 1998
Problème 1
Problème 2
k b−1
> .
a 2b
Problème 3
64
Problème 4
Trouver tous les couples (a, b) d’entiers strictement positifs tels que
ab2 + b + 7 divise a2 b + a + b.
Problème 5
Problème 6
65
66 Mathématique et Pédagogie n˚119, 66–74, 1998
avec a, b, c, d ∈ N.
Solution de J. FINOULST de Diepenbeek
Multipliant membre à membre les relations
c2 − b2 = a2
c2 + b2 = d2
on trouve
c4 − b4 = (ad)2 (1)
Nous allons montrer que cette équation n’a pas de solution non triviale
en nombres naturels.
Dans ce but, nous suivons le raisonnement de Oysteyn Ore dans son livre
“Number Theory and its History”, Mc Graw-Hill Book Company, inc., New
York, 1948, où il démontre que l’aire d’un triangle primitif de Pythagore
n’est jamais un carré (le terme “primitif” suppose que les nombres a, b et c
avec b2 + c2 = a2 sont premiers entre eux).
On sait que les côtés peuvent s’écrire
b = 2mn, c = m2 − n2 , a = m2 + n2 .
L’aire de ce triangle est
1
A= bc = mn(m2 − n2 ). (2)
2
mn(m − n)(m + n) = t2 .
m, n, m − n, m+n
v = 2w.
u2 = (r2 )2 + (2k 2 )2 .
r2 , 2k 2 , u.
x2 y 2 (x4 − y 4 ) = x2 y 2 z 2 = (xyz)2 .
x4 − y 4 = z 2
68
La relation (1) étant de cette forme, on conclut que le système proposé
n’a pas de solution non triviale.
Le trapèze (abcd) étant isocèle, cela entraı̂ne que ses angles opposés (a
et c, d et b) sont supplémentaires. On peut donc en déduire que ce trapèze
est inscriptible.
Le cercle circonscrit à ce trapèze est aussi le cercle circonscrit au triangle
(abc). De plus, le point d appartient aussi à ce cercle.
Par d, considérons la perpendiculaire do à cb (avec o sur cb).
Les points m, n et o sont alignés (droite de Simpson ou de Wallace). Par
conséquent, les quatre points m, n, p et o sont alignés.
Dans les triangles rectangles (doc) et (cdn), p étant le milieu de l’hypo-
ténuse [dc], les médiales [po] et [pn] ont une longueur qui est la moitié de
celle de l’hypoténuse [dc] : donc |po| = |pn| = |dp| = |pc|.
Le point p est donc centre de symétrie du quadrilatère convexe (docn) :
celui-ci est donc un parallélogramme.
69
Comme dans ce parallélogramme l’angle n est droit, ce parallélogramme
est un rectangle et l’angle nco est droit, ce qui permet de conclure que
l’angle acb est droit également.
Il en résulte que la base [ab] du trapèze est un diamètre du cercle cir-
conscrit au trapèze.
La figure est donc la suivante :
Pour que les solutions non négatives forment une progression arithméti-
que, il faut que
k 1
∃k ∈ N0 tel que = .
16m + 1 2(m − 2)
On en déduit
4k + 1
m= .
2(k − 8)
On en déduit
4k − 1
m= .
2(k + 8)
1
La condition 6 6 m < 2 est vérifiée ∀k ∈ N0 .
71
2.2 0 6 m 6 16 .
Pour que les solutions non négatives forment une progression arithméti-
que, on doit avoir
k 1
∃k ∈ N0 tel que = .
2(2 − m) 16m + 1
On en déduit
4−k
m= .
2(2k + 1)
1
La condition 0 6 m 6 6 est vérifiée si k ∈ {1, 2, 3, 4} .
Réponse :
4k + 1
m = où k ∈ N0 et k > 8,
2(k − 8)
4k − 1
m = où k ∈ N0 ,
2(k + 8)
4−k
m = où k ∈ {1, 2, 3, 4}.
2(8k + 1)
Je n’ai eu qu’une seule autre solution complète, avec toutefois une petite
erreur, 16m + 1 a été remplacé par 16m + 2 dans l’une des solutions de
l’équation.
72
Considérons deux carrefours x et y et, pour chacun de ces carrefours,
une rue passant par ce carrefour et desservie par une ligne d’autobus. Si
par hasard ces deux rues sont confondues, on peut passer d’un carrefour à
l’autre en prenant un seul bus ; si ces deux rues ont un point d’intersection,
que ce soit un point intérieur au polygone (carrefour) ou un sommet du
polygone, on peut passer d’un carrefour à l’autre en prenant deux bus : un
premier du premier carrefour à ce point d’intersection, un second du point
d’intersection au second carrefour. Enfin, si ces deux rues ne se coupent pas
à l’intérieur du polygone, on peut étiqueter leurs sommets A, B, C, D de
façon que la première rue soit AB et la seconde CD et que ABCD soient
rencontrés dans cet ordre sur le contour du polygone :
(le polygone est figuré par une ellipse : c’est une image. Mais en réalité,
le problème est essentiellement topologique, et on pourrait en donner un
énoncé en termes d’arcs qui ne supposerait ni que les rues sont droites, ni
que la ville est convexe).
Alors, les rues BD et AC se coupent nécessairement en un point intérieur
au polygone, donc en un carrefour, et l’une des rues AC et BD est néces-
sairement desservie par un bus. Par symétrie, on peut supposer que c’est
BD. On peut donc passer du premier carrefour x au second y en prenant le
bus de x à B, puis un second bus de B à D et un troisième enfin de B à y.
Il est donc possible de passer de tout carrefour à tout autre en changeant
au plus deux fois de bus.
Remarque : Si on retire l’hypothèse que par chaque carrefour passent
exactement deux rues, il faut supposer que de toutes les rues passant par
un carrefour donné, toutes sauf au plus une sont desservies par un bus. Le
raisonnement ci-dessus reste alors valable.
73
Bonne solution de J. JANSSEN de Lambermont.
∗ ∗ ∗∗
a1 = a3 = 1
a2 = a4 = −1
an = an−1 .an−2 .an−4 , n ∈ {5, 6, 7, . . .}
Déterminer a1999 .
74
Mathématique et Pédagogie n˚119, 75–82, 1998 75
LES PARTICIPANTS
Tous les élèves de votre établissement peuvent disputer les quarts de
finale scolaires. Sept participants au minimum par catégorie sont requis
pour organiser un quart de finale. Si ce minimum n’est pas atteint, les
élèves concourent individuellement.
Même s’il a participé à des quarts de finale scolaires, un élève peut
néanmoins participer individuellement à l’aide des bulletins se trouvant
dans Math-Jeunes pour les catégories CM, C1, C2 et L1. Des bulletins sont
également disponibles auprès de la FFJM–B.P. 157 - 7700 MOUSCRON.
LES CATEGORIES SCOLAIRES
CL : écoliers de 5ème et 6ème primaire
C1 : élèves de 1ère secondaire
C2 : élèves de 2ème et 3ème secondaire
L1 : élèves de 4ème, 5ème et 6ème secondaire
LE CALENDRIER
Phase 1 : quarts de finale jusqu’au 31 janvier 1999
Phase 2 : demi-finales régionales le 13 mars 1999
Phase 3 : finales régionales le 15 mai 1999
Phase 4 : finale internationale fin août ou début septembre 1999
LES MODALITES
Il vous suffit de demander un dossier de participation à :
Vous y trouverez une information plus détaillée, les questions (celles ci-
dessous), les réponses, le bordereau de retour . . .
Dans la revue Math-Jeunes, vous trouverez le questionnaire individuel
de participation. N’oubliez pas d’abonner ou de réabonner vos élèves.
76
13ème Championnat International des Jeux
Mathématiques et Logiques 1/4 de finale
Collèges et Lycées (sujets confidentiels)
3. LE GRAND TRIANGLE
A l’aide de petits triangles noirs, on veut recouvrir
un triangle blanc de dimensions deux fois plus
grandes. Les triangles noirs étant disposés comme
sur le dessin, on doit les déplacer en les faisant
glisser sans les retourner, mais ils peuvent se
chevaucher.
Combien de triangles noirs faudra-t-il uti-
liser, au minimum, pour que toute la surface du
triangle blanc soit recouverte ?
4. CONCOURS
77
Huit concurrents, élèves d’une classe de 6ème et d’une classe de 5ème, parti-
cipent au concours “Je sais tout” organisé dans leur collège. Les huit concur-
rents obtiennent des nombres de points tous différents, le vainqueur ayant
obtenu 8 points et le dernier 1 point. Les élèves de 6ème ont totalisé 18
points. Dans le classement, entre deux élèves de 6ème, il y avait toujours
au moins un élève de 5ème. Par contre, Jean et Dominique étaient les seuls
élèves de 5ème à ne pas être séparés par un élève de 6ème.
Combien de points Jean et Dominique ont-ils obtenu, à eux deux ?
5. LES TRIANGLES
Combien de vrais triangles non superposables,
même avec retournement, peut-on tracer en utilisant
trois points quelconques du réseau ci- contre ?
Note : un “vrai” triangle est un triangle non aplati.
6. LES TROIS NOMBRES
Trois nombres à deux chiffres sont écrits avec les six chiffres 2, 3, 4, 5, 6
et 7. La somme des trois nombres est égale à 171, et la différence entre les
deux plus petits est égale à 11.
Trouvez les trois nombres. Donnez-les dans l’ordre croissant.
78
Quel chiffre doit-il écrire pour être sûr de gagner, quel que soit
le jeu de Bernard ? Répondez 0 si vous pensez qu’une stratégie gagnante
n’existe pas pour le premier joueur.
9. LES CUBES
Mathias dispose de 120 petits
cubes : 80 cubes entièrement
bleus et 40 cubes entièrement
blancs. Il veut utiliser ces
120 cubes et de la colle
pour construire un grand
parallélépipède rectangle. La
surface du parallélépipède sera
entièrement formée de faces des
petits cubes.
Combien de faces visibles de petits cubes, au minimum, seront
bleues ?
12. DIVISEURS
Le produit de tous les diviseurs d’un certain nombre entier naturel supérieur
à 1 est égal à la puissance 5ème de ce nombre.
Combien de diviseurs ce nombre possède-t-il ?
79
13ème Championnat International des Jeux
Mathématiques et Logiques 1/4 de finale
Scolaires
1. LA CASQUETTE A JOJO
Jojo est sympa, il m’a prêté sa cas-
quette ! Mais comme il a la grosse
tête, il a fallu que je décale les pi-
cots d’un cran pour la régler à ma
taille. Une fois ce décalage effectué,
le nombre de trous libres était de-
venu plus petit que le nombre de
trous occupés par les picots.
Avant que Jojo ne prête sa casquette, combien y avait-il de picots
dans les trous ?
3. LE RECTANGLE À SECRETS
Mathilde et Mathias ont inventé un moyen de com-
munication secret. L’expéditeur écrit le texte dans
le rectangle, ligne par ligne, puis le recopie colonne
par colonne, en séparant les lettres en trois “mots”
de six lettres. Celui qui reçoit le message a vite
fait de décoder. Mathilde, pendant le contrôle de
mathématiques, a oublié sa calculette. Angoissée, elle
adresse à Mathias le message suivant :
“S T I U O E E F S A R ? P O Q T Z”.
Quelle doit être la réponse de Mathias (en clair) ?
80
4. DECOUPAGE
Les trois figures ci-contre sont
formées de treize petits carrés.
Partagez la première de ces
trois figures en deux morceaux,
de telle sorte qu’en réarrangeant
différemment ces deux morceaux, on
puisse reconstituer les deux autres
figures.
7. LE GRAND TRIANGLE
81
A l’aide de petits triangles noirs, on veut recouvrir
un triangle blanc de dimensions deux fois plus
grandes. Les triangles noirs étant disposés comme
sur le dessin, on doit les déplacer en les faisant
glisser sans les retourner, mais ils peuvent se
chevaucher.
Combien de triangles noirs faudra-t-il uti-
liser, au minimum, pour que toute la surface du
triangle blanc soit recouverte ?
8. EMBALLEZ LE CUBE !
On veut emballer le cube représenté à
droite à l’aide de la bande de papier
dessinée en-dessous. Pour cela, on ap-
plique le carré 1 de la bande sur la face
A du cube, puis le carré 2 sur la face B,
le carré 3 sur la face C, et on continue
ainsi, sans jamais froisser ni déchirer
la bande de papier, un carré de papier
s’appliquant toujours exactement sur
une face du cube.
Quelle est la somme des carrés appliqués sur la face E ?
82