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Modulation et Démodulation d'Amplitude

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UTILISATIONS D’UN MULTIPLIEUR / MODULATION D’AMPLITUDE

ET DÉMODULATION
Objectifs :
• savoir utiliser un multiplieur (connexions, alimentations, limites).
• dominer l’utilisation d’un analyseur de spectre pour l’étude de la modulation / démodulation d’amplitude.
Notions à dominer :
• montages de base avec un multiplieur et leur intérêt (détection quadratique, mesure de déphasage, détection
synchrone). Ces montages, ainsi que le type de filtres utilisés, doivent être connus.

1. PRÉSENTATION DU MULTIPLIEUR ET FONCTIONS DE BASE


1.1 Présentation
Un multiplieur est un composant actif, alimenté comme un A.O par un générateur de tension continue délivrant +Vcc = +15 V et
−Vcc = −15 V . La référence de potentiel est le point milieu des deux alimentations.
Un multiplieur admet deux tensions d’entrée : x = X 1 − X 2 et y = Y1 − Y2 .
Il fournit alors en sortie une tension s (t ) = W − Z = k × x(t ) × y (t ) avec k = 0,1 V -1 . On connecte souvent Z à la masse du montage,
mais on peut également y appliquer une tension de décalage.

Le multiplieur est donc un composant non linéaire.

X1 1
+
8 +Vcc
+
X2 2 7 W
k
Y1 3 6 Z
+
Y2 4 5 −Vcc

brochage du multiplieur AD633JN


Le multiplieur présente des défauts similaires à ceux de l’A.O.
i) une bande passante d’environ 1 MHz. Au dessus de ces fréquences, un comportement passe-bas se fait sentir (si x est
sinusoïdale et y continue, l’amplitude de la sortie s chute).
ii) les courants d’entrée sont non nuls. Sensiblement constants, ils restent très faibles (du nA au µA).
iii) il existe une tension de décalage sur chaque entrée, de l’ordre de mV, qui n’entraînent pas de déformation du signal de sortie si
les entrées restent de l’ordre du volt.
iv) le multiplieur possède une résistance de sortie faible Rs ≈ 50 Ω , elle est négligeable devant les résistances de charge usuelles.
v) la tension s de sortie du multiplieur est bornée par des valeurs proches des tensions d’alimentation :
−Vsat ≤ s ≤ +Vsat . La valeur de k est choisie pour ne pas avoir de saturation avec des entrées allant jusqu’à 10 V.

vi) le courant de sortie est limité : I sat − ≤ is ≤ I sat + , courants de l’ordre de 25 mA. Il faut donc que le circuit de charge
présente une résistance d’entrée suffisante pour que le multiplieur fonctionne convenablement.
dV
vii) la pente du signal de sortie est également limitée : σ − ≤ s ≤ σ + (vitesse de balayage limite : slew-rate). La pente maximale
dt
est de l’ordre de 10 mV ⋅ µs -1 .

1.2 Multiplication d’un signal par une tension continue


1) Le G.B.F 1 délivre un signal x(t) sinusoïdal de 1 kHz et d’amplitude 5 V, le G.B.F 2 un signal y continu de 10 V
Observer s(t) à l’oscilloscope et vérifier que son amplitude est de 5 V. Augmenter la fréquence de x(t) et donner l’ordre de grandeur de
la bande passante du multiplieur.
Mesures : ∆f = ............ MHz

2-TSI 1
1.3 Multiplication du signal par lui-même (détection quadratique)

1) On n’utilise qu’un seul G.B.F dont on applique la tension de sortie aux deux entrées du multiplieur. On prend d’abord un signal
sinusoïdal de fréquence 1 kHz et d’amplitude 5 V . On a alors x(t ) = y (t ) = e(t ) = E cos(ωt ) et donc en sortie :

s (t ) = kE 2 cos 2 (ωt ) = kE 2 [1 + cos(2ωt )] . Observer le spectre de la tension de sortie et vérifier la présence de deux raies de même
1
2
amplitude pour les fréquences 0 et 2 kHz.
1 2
Mesurer leurs amplitudes : ............ V, et comparer à la valeur théorique kE = 1,25 V .
2

On se propose de déterminer la valeur efficace (root mean square R.M.S) d’un signal périodique quelconque e(t). Elle est définie
E E
par : E eff = e 2 ( t ) . On a pour un signal de valeur extrémales E et − E : Eeff = si e(t) sinusoïdal sans décalage ; Eeff =
2 3
1
si e(t) triangulaire symétrique (pentes opposées) sans décalage ; E eff = E si e(t) créneaux symétriques (rapport cyclique α = )
2
sans décalage.
Pour déterminer Eeff , il suffit de placer à la sortie du multiplieur dont les deux entrées sont e(t) un filtre passe-bas de fréquence de
s (t )
coupure très inférieure à la fréquence du signal afin de ne conserver que la valeur moyenne de s(t) : on a alors Eeff = .
k

2) On envoie le même signal périodique quelconque (sinusoïdal, triangles ou créneaux) de fréquence 10 kHz et d’amplitude
E = 5 V sur les deux entrées du multiplieur.

Utiliser en sortie du multiplieur un filtre passe-bas RC de fréquence de coupure f c égale à 100 Hz, obtenu avec une boîte de
résistance dont on règle la valeur R = 1,6 kΩ et d’une boîte de capacité dont on règle la valeur C = 2 µF : on a alors
1
fc = ≈ 100 Hz . Observer à l’oscilloscope pour chacun des signaux la sortie s(t) du multiplieur et celle s (t ) du passe-bas.
2πRC

s( t )
Mesures de E eff = :
k
E
Eeff = ............ V pour l’entrée sinusoïdale, à comparer à la valeur théorique Eeff = = ............ V
2
E
Eeff = ............ V pour l’entrée en triangles, à comparer à la valeur théorique Eeff = = ............ V
3
Eeff = ............ V pour l’entrée en créneaux, à comparer à la valeur théorique Eeff = E = ............ V

1.4 Mesure de déphasage


On cherche à mesurer le déphasage ϕ entre y (t ) = Y cos(ωt + ϕ) et x(t ) = X cos(ωt ) . Pour cela, on envoie les deux signaux sur les

entrées d’un multiplieur et l’on obtient s (t ) = kXY cos(ωt ) cos(ωt + ϕ) = kXY [cos ϕ + cos(2ωt + ϕ)] . Un filtrage passe-bas permet de
1
2
1
ne garder que le terme Vs = kXY cos ϕ qui donne accès au facteur de puissance cosϕ .
2

2-TSI 1
2. MODULATION ET DÉMODULATION D’AMPLITUDE
Pour toute cette partie, on utilise un boîte réalisant modulation et démodulation.
2.1 Modulation d’amplitude
Considérons d’abord un signal de modulation sinusoïdal : v m (t ) = V m cos(ω m t ) modulant la porteuse v p (t ) = V p cos(ω p t ) qui est la
tension appliquée à l’antenne en l’absence de modulation. En pratique la porteuse est fournie par un oscillateur sinusoïdal haute
ωp
fréquence dont la fréquence d’oscillation f p = , est très supérieure à la fréquence de modulation.

multiplieur (1) de
constante k
EM1
sommateur
EP1 SM
v m (t )
v p (t ) vsm (t )
G.B.F 1
G.B.F 2

La modulation s’effectue à l’aide du circuit ci-dessus comportant un multiplieur de constante positive k = 0,10 V -1 (AD 633 ou AD
734) et un sommateur (alimentés tous deux en +15 V , 0 V, −15 V sur le même circuit). Le signal modulé en sortie vaut
v sm (t ) = kv m (t )v p (t ) + v p (t ) , soit, en posant m = kV m : v sm (t ) = V p [1 + m cos(ω m t )] cos(ω p t ) , où m est le taux de modulation en
amplitude qui ne dépend que de V m :

Vsm (t )
Vsm (t )
V2

V1
0 t 0 t

modulation m<1 surmodulation m>1

— si m < 1 l’enveloppe du signal modulé représente le signal modulant. Le taux de modulation m s’exprime en fonction des valeurs
V − V1
V1 = (1 − m)V p et V 2 = (1 + m)V p : m = 2
V 2 + V1
— si m > 1 l’enveloppe du signal modulé ne représente plus le signal modulant, on dit qu’il y a surmodulation.

1) Le G.B.F 1 est réglé pour délivrer le signal modulant v m (t ) = V m cos(ω m t ) que l’on applique à l’entrée EM1 du multiplieur
ωm
(1). Régler la fréquence correspondante à f m = = 500 Hz . En choisissant V m = 8 V , le taux de modulation a pour valeur

m = kV m = 0,8

2) Le G.B.F 2 est réglé pour délivrer le signal porteur v p (t ) = V p cos(ω p t ) que l’on applique à l’entrée EP1 du multiplieur (1).
ωp
Régler la fréquence correspondante à f p = = 10 kHz et son amplitude à V p = 4 V .

amplitude
1
La sortie du signal modulé est en SM. On a donc en sortie SM :
v sm (t ) = V p [1 + m cos(ω m t )] cos(ω p t ) , soit :
m m
cos[(ωp − ωm )t ] + cos[(ωp + ωm )t ]
mVp mVp
vsm (t ) = Vp cos(ωpt ) + 2 2
2 2 fréquence
0 fp
D’où le spectre de Fourier ci-contre, au facteur V p près. fp − fm fp + fm

2-TSI 1
3) Vérifier la valeur de m en visualisant v sm (t ) en mode balayage de l’oscilloscope :

2V1 = ............ 2V2 = ............ m = ............

4) Effectuer l’analyse spectrale du signal v sm (t ) en utilisant l’oscilloscope numérique . Dans le spectre, on


mV p
doit retrouver une raie à une fréquence f p d’amplitude V p et deux autres aux fréquences f p + f m et f p − f m d’amplitude .
2

Valeurs théoriques attendues :


mVp
f p − f m = ............ kHz amplitude = ............ V
2
f p = ............ kHz amplitude Vp = ............ V
mVp
f p + f m = ............ kHz amplitude = ............ V
2

Valeurs mesurées à l’aide de l’analyseur :


composante de fréquence f p − f m = ............ kHz
composante de fréquence f p = ............ kHz
composante de fréquence f p + f m = ............ kHz

2.2 Démodulation d’amplitude : détection synchrone


Nous supposons de nouveau que le signal modulant du montage précédent est sinusoïdal de fréquence f m . L’antenne d’un récepteur
capte le signal modulé qui est en pratique appliqué à l’entrée d’un amplificateur de commande automatique de gain.

Pour notre étude nous supposerons que cet amplificateur délivre un signal égal à v sm (t ) = V p [1 + m cos(ω m t )] cos(ω p t ) , tension de
sortie du montage précédent. Ce signal est appliqué à l’entrée du démodulateur dont le rôle est de fournir un signal v d (t ) image du
signal de modulation v m (t ) = V m cos(ω m t ) . Le démodulateur utilisé ici comporte :

— un oscillateur local délivrant un signal v 0 (t ) = V0 cos(ω p t ) synchrone de la porteuse ;


— un multiplieur de constante multiplicative k = 0,10 V -1 ;
— un filtre passe-bas F1 de fréquence de coupure f h = f p et de coefficient d’amplification K 1 = 1 dans la bande passante ;
fm
— un filtre passe-haut F2 de fréquence de coupure f b = et de coefficient d’amplification K 2 = 1 dans la bande passante.
10

multiplieur (2) de
constante k
SM ED2 filtre filtre
SX2
passe-bas S F 1 passe-haut S F 2
EP2 F1 F2
vsm (t ) fh = fp fb = m
f
oscillateur u (t ) u′(t ) 10 vd (t )
local
v0 (t )

1) Pour l’oscillateur local synchrone, on se contente de prélever la tension porteuse délivrée par le G.B.F 2 : v 0 (t ) = v p (t ) que
l’on applique à l’entrée EP2 en branchant un fil entre EP1 et EP2 (sur le boîtier, SM est déjà relié à ED2 mais EP1 n’est pas relié à
EP2 : il suffit donc de brancher un fil entre EP1 et EP2). La tension modulée v sm (t ) est directement appliquée à l’entrée ED2 du
multiplieur (2). Visualiser la tension de sortie u(t) du multiplieur en SX2. En effectuer l’analyse de Fourier.

2-TSI 1
1
(Q3) Montrer que l’on s’attend à observer le spectre ci-dessous, avec f m = 500 Hz , au facteur kV 2 près. Expliquer à partir de ce
2 p
spectre quel type de filtrage il faut réaliser afin d’obtenir un signal démodulé.

amplitude
1 1
m
m m
2 2
fréquence
0 fm fp 2 fp
2 fp − fm 2 fp + fm

2) Faire l’analyse spectrale de u(t) à l’aide de l’oscilloscope :

Valeurs d’amplitude mesurées Valeurs d’amplitude attendues

composante continue

composante de fréquence f m

composante de fréquence 2 f p − f m

composante de fréquence 2 f p

composante de fréquence 2 f p + f m

fm
Pour le filtre passe-haut F2 , on prend un simple filtre R ′C ′ passe-haut de fréquence de coupure égale à 10
(les valeurs des composants sont R ′ = 33 kΩ et C ′ = 100 nF ).
1
3) Vérifier qu’à la sortie SF1 du filtre F1 passe-bas d’ordre 4 de fréquence de coupure f h = ≈ f p et de coefficient
2πRC
d’amplification K 1 = 1 dans la bande passante, les composantes de fréquences 2 f p − f m , 2 f p et 2 f p + f m sont affaiblies et qu’il ne

kV 2 [1 + m cos(ω m t )] . Faire
1
reste pratiquement plus que la composante continue et la composante de fréquence f m : u ′(t ) =
2 p
l’analyse spectrale de u(t) à l’aide de l’oscilloscope :

Valeurs d’amplitude mesurées Valeurs d’amplitude attendues

composante continue

composante de fréquence f m

1 f
4) Vérifier qu’à la sortie SF2 du filtre F2 passe-haut du premier ordre de fréquence de coupure f b = ≈ m et de
2πR ′C ′ 10
coefficient d’amplification K2 =1 dans la bande passante, seule la composante de fréquence f m subsiste :
1
v d (t ) = kV 2 m cos(ω m t ) . Faire l’analyse spectrale de v d (t ) à l’aide de l’oscilloscope :
2 p

Valeurs d’amplitude mesurées Valeurs d’amplitude attendues


composante de fréquence f m

5) Observer la forme du signal de sortie v d (t ) quand le signal modulant est rectangulaire ou triangulaire de fréquence
f m = 500 Hz et comparer sa forme à celle du signal modulant v m (t ) . Conclure.

2-TSI 1
a. Principe
Le détecteur de crête le plus simple est le suivant :
diode
s(t) est une tension sinusoïdale
i iC iR La diode est supposée idéale.
s(t) = [Link] ( ω.t )
s(t) C R s'(t)

• Lorsque la diode est passante ( i ≥ 0 ), elle est remplacée par un interrupteur fermé. s(t) = s'(t)

• Pour t > t1, la diode devient bloquante, elle est remplacée par un interrupteur ouvert.
Le condensateur se décharge dans la résistance R.

• Lorsque s(t) devient égale à s'(t), il se produit à nouveau la charge du condensateur. Ceci
3.T
se produit pour t = t2 avec < t 2 < T , le processus de charge et décharge se reproduit.
4
4

5 1 0 1 5
- 2

- 4

• L'ondulation de s'(t) est d'autant plus faible que RC >> T


2.3 Démodulation d’amplitude à l'aide d'un détecteur de cretes
On envoie le signal modulé à l’entrée du circuit schématisé ci-dessous.
On choisira pour la porteuse vp une fréquence fp = 100kHz et une amplitude de 8V à 10 V environ; pour le
signal modulant on choisira une fréquence fm = 400Hz , une amplitude de 0,4 V et une tension d'offset de 1 V.
On prendra les valeurs suivantes : R =10 kΩ ; C = 33 nF ; R’ = 100 kΩ ; C’ = 100 nF.
A B B’ C’ D
i

Signal Signal
modulé en R C R’
démodulé
amplitude

Observer à l’oscilloscope les signaux obtenus au point A, en débranchant le fil BB'. Représenter ce que vous
observer sur votre compte rendu. Conclure.
Rebrancher le fil BB. Observer le signal obtenu au point B (ou B') et représenter le sur votre compte rendu.
Conclure.
Observer le signal au point D. Conclure.
Afin de comparer le signal modulant et le signal détecté au point D, on peut envoyer l’un sur la voie X de
l’oscilloscope et l’autre sur la voie Y. Représenter sur votre compte rendu ce que vous observer vous sur
l'écran. La démodulation est-elle satisfaisante ?

Quel est la nature du circuit constitué de la résistance R’ et du condensateur C’ ? Quelle est sa fréquence de
coupure à –3 dB ? A quoi sert-il dans le montage précédent ?
Augmenter la valeur de m jusqu'à 0,8 environ; comment évolue le signal modulé ?
Rm: Conditions pour obtenir une bonne démodulation
Une étude plus poussé montre que la démodulation est satisfaisante si les conditions suivantes sont
vérifiées:
fp
Les fréquences de la porteuse et du signal modulant doivent satisfaire à la condition > 100
fm
10 1 − m2
La constante de temps RC doit satisfaire à l'inégalité ≤ RC ≤
fp 2πmfm

Pour retrouver une enveloppe de porteuse fidèle au signal modulant originel, il faut donc que :
𝑻𝑺
> τ > [Link] soit TS > [Link] soit fp > [Link]
𝟏𝟎
Ces conditions sont elles vérifiées ici ?

La détection d’enveloppe (1) et (2) Filtrage (3)


1er opération : la suppression des alternances négatives : 3emeopération : élimination du composante
la diode bloque les alternances négatives continue

(1)

2emeopération : la suppression (2)


de la porteuse

(3)

2-TSI 1

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