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Guide sur la création de questionnaires

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CHAPITRE 3 : UN OUTIL DE COLLECTE DES DONNEES : LE QUESTIONNAIRE

I. Définition

Le questionnaire est une technique d’interrogation individuelle, standardisée, composée d’une


suite de questions présentées dans un ordre prédéfini. Pour un bon usage du questionnaire dans
une recherche, il faut bien savoir ce que l’on cherche, et connaitre la nature des informations
qu’il peut fournir en étant conscient que leur qualité dépend de la formulation des questions et
des réponses, de leur organisation en un ensemble cohérent et des conditions d’administration.
On peut décrire la démarche générale conduisant à la mise au point d'un questionnaire comme
la succession de quatre phases principales : la définition des objectifs du questionnaire (et des
besoins en information), la définition du type et la formulation des questions à poser, le nombre
et l'ordre des questions, la rédaction du projet de questionnaire.
II. Les objectifs du questionnaire
L’utilisation d’un questionnaire correspond toujours à la volonté de mesurer quelque chose ;
son usage s’inscrit dans une logique d’études à vocation descriptive ou explicative, et de nature
quantitative pour décrire une population ou un groupe ciblé sur un certain nombre de critères ;
pour estimer une valeur absolue, comme par exemple déterminer le nombre de personnes qui
possèdent un bien, qui partagent une même opinion… pour estimer une valeur relative, comme
la répartition des individus entre différents groupes prédéfinis en fonction de critères objectifs
ou subjectifs; pour tester des relations entre variables afin de vérifier et de valider des
hypothèses préalablement formulé. Cette logique quantitative oblige à recueillir et à traiter une
information homogène quels que soient les individus étudiés, ce qui justifie la standardisation
de l’outil : tous les enquêtés doivent être soumis exactement aux mêmes questions afin que
leurs réponses individuelles soient comparables et cumulables. L’utilisation d’un questionnaire
implique que l’on sache exactement ce que l’on cherche : on ne peut donc l’appliquer que sur
des contenus d’informations déjà connus dont on cherche à vérifier la présence ou apprécier
l’importance (l’étude documentaire et des entretiens préalables peuvent permettre de bien
cerner ces besoins en informations).
III. Les types et la formulation des questions à poser
1. Les types de questions
Globalement, il existe deux grands types de questions : les questions ouvertes et les questions
fermées.
La question ouverte celle qui laisse la personne interrogée totalement libre du choix de sa
réponse, dans sa forme et dans sa longueur. On en distingue deux sous types : celles qui amènent
une réponse sous forme de chiffre (réponse numérique) et celles qui amènent une réponse sous
forme de discours (réponse textuelle). Les premières sont par nature quantitative et ne posent
pas de problèmes ; les secondes par contre sont plus délicates à traiter. Les questions ouvertes
sont donc à manier avec la plus grande précaution dans les enquêtes quantitatives, voire à éviter.
Les questions fermées sont celles pour lesquelles on impose au répondant une forme précise
de réponse et un nombre limité de choix de réponses. La rédaction de ce type de question
implique que le chercheur connaisse les réponses qui peuvent être données, ou qu’il choisisse

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parmi l’ensemble des réponses possibles celles qui l’intéressent par rapport aux objectifs de
l’étude.
Il existe globalement trois types de questions fermées: - Questions dichotomiques: n’offrent
que deux choix de réponse, celle-ci devant être unique; - Questions à choix multiples
(multichotomiques) et réponse unique: offrent un choix supérieur à deux modalités, mais la
réponse du répondant doit être unique; dans ce type de question, il est impératif que les
modalités proposées soient exhaustives (c’est-à-dire couvrir tout le « domaine » concerné par
l’enquête) et mutuellement exclusives (le choix de l’une des modalités exclue toutes les autres);
- Questions multichotomiques à réponses multiples: le répondant est autorisé à sélectionner
plusieurs des possibilités proposées.
2. La formulation des questions
Chaque question doit être formulée de manière à être comprise par l’enquêté exactement dans
le sens souhaité par le chercheur et l’enquêté doit pouvoir y répondre sincèrement et sans
problème.
Pour maitriser la compréhension des questions, il faut :
- Utiliser une seule et unique idée par question ;
- Utiliser des termes précis pour éviter toute ambigüité dans la compréhension de la question et
des réponses ;
- Utiliser un vocabulaire adapté et accessible au public visé, en utilisant ses expressions
habituelles ;
- Utiliser une formulation brève, grammaticalement simple, en évitant les subjonctifs, les
doubles négations, etc.;
Utiliser une formulation aussi neutre que possible, n’incitant pas à l’acquiescement.
Pour maitriser la qualité et la sincérité des réponses, il faut :
- utiliser (si possible) des aides visuelles (listes, photos, etc.) pour favoriser la mémoire ou
l’identification de ce dont on parle ;
- chercher à être exhaustif dans l’énumération des modalités de réponse ; prévoir une modalité
« autres (précisez):….. »;
- Proposer des modalités de réponses socialement recevables et publiquement acceptables pour
le répondant, en sachant que certaines réponses sont plus valorisantes que d’autres (risque de
désirabilité sociale) ;
- Savoir que la formulation de la question peut influencer la réponse donnée (risque
d’induction), en renseignant sur l’information recherchée, en suggérant des réponses ignorées,
en incitant à répondre positivement (attractivité du oui et tendance à l’acquiescement).
IV. Nombre et ordre des questions
1. Le nombre
Il faut prendre en compte la longueur du questionnaire qui a un effet sur son coût et sur sa
validité : trop long, il peut lasser l’enquêté, entrainant son abandon ou diminuant la fiabilité de

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ses réponses. Le chercheur doit donc s’interroger sur la réelle utilité de chaque question
introduite dans le questionnaire.
2. La progressivité des questions
Dans un questionnaire, l’ordre des questions est très important et doit suivre la logique bien
précise : le questionnaire doit être organisé selon la logique intellectuelle du répondant et non
celle du concepteur. Les thèmes abordés sont ordonnés en allant du plus général au plus
spécifique : il s'agit de commencer le questionnaire en posant des questions générales
(relativement neutres et faciles) et de centrer progressivement l'interrogation sur des questions
plus précises et plus difficiles ou engageantes. Cette progressivité permet à la personne
interrogée de se familiariser avec le format du questionnaire ainsi que de l'amener à réfléchir
sur le sujet de l'enquête. Il est également recommandé de poser les questions « embarrassantes»
(concernant la vie privée, l'opinion politique...) dans la seconde partie du questionnaire. Les
questions d'identification telles que la CSP, l'âge, la fonction, l'ancienneté… sont toujours à la
fin du questionnaire.
Globalement, quatre grandes parties peuvent être trouvées dans un questionnaire :
1 ère partie : introduction : il faut présenter dans les grandes lignes l’objet du questionnaire et
remercier l’enquêté pour sa collaboration. Il faut également préciser la durée approximative
pour répondre au questionnaire.
2ème partie : Questions de contacts (ou qualifiantes) : si besoin est, il faut déterminer si la
personne est éligible. Les questions de contact permettent donc de vérifier l’appartenance de
l’individu à la population.
3ème partie : Corps du questionnaire : le concepteur du questionnaire doit adopter la logique
de l’entonnoir, c’est-à-dire du plus général au plus particulier. Il doit commencer par des
questions faciles pour amener progressivement le répondant vers les thèmes plus précis de
l’étude. Dans les questions spécifiques qui abordent le cœur de l’étude, il doit aménager des
temps de repos (questions faciles) au milieu des temps forts (questions impliquantes).
4ème partie : Questions d’identification : c’est la fiche signalétique qui sera très utile lors du
traitement des données. Les questions ici permettent d’identifier le répondant (âge, profession,
sexe, situation de famille, revenus, etc.). Elles sont donc toujours à la fin du questionnaire.
V. Administration du questionnaire
Le choix du mode d’administration d’un questionnaire, par enquêteur ou auto-administré,
dépend des objectifs de l’étude et de la qualité de l’information recherchée ; il influence aussi
sa conception.
L’administration par enquêteur : Sa présence permet de motiver le répondant, d’élucider les
réponses confuses, de limiter les erreurs de réponses et les non-réponses, de contrôler en temps
réel la constitution de l’échantillon. Cependant cette présence risque d’influencer l’enquêté dans
ses réponses (la formation et le contrôle des enquêteurs permettent de réduire ce risque).
L’auto-administration : Se fait sans enquêteur : le répondant remplit lui-même le questionnaire
reçu (envoyé par poste, déposé par le chercheur, par Internet, Fax, dans la presse…). Ce mode
permet d’atteindre aisément et à moindre coût des prospects géographiquement dispersés. Il
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permet aussi d’étudier des sujets sensibles ou tabou (argent, religion, hygiène corporelle,
opinion politique…) que les prospects hésitent à traiter devant un enquêteur (l’anonymat facilite
une expression plus spontanée). L’auto-administration présente cependant quelques limites :
nécessité de disposer d’un fichier d’adresses pour les envois postaux, absence de contrôle des
conditions de réponse et du respect des consignes, taux de retour faible…

VI. Pré-test du questionnaire


Il faut penser à effectuer un pré-test du questionnaire afin de bien tester la fiabilité des mesures
quantitatives. Tout indicateur utilisé doit vérifier trois critères :
- La fidélité, qui exprime la stabilité de l'indicateur. En effet, si on mesure un phénomène
identique plusieurs fois, on doit obtenir le même résultat ;
- La sensibilité qui indique la finesse de la mesure des variations du phénomène observé ;
- La pertinence, c'est-à-dire :
• Sa convergence, pour que toute observation à partir des mêmes hypothèses donne des résultats
semblables,
• Discrimination, ainsi pour des hypothèses différentes l'indicateur doit produire des résultats
différents,
• Prédictibilité, pour mesurer la propension du questionnaire ou de l'indicateur à éclairer
d'autres horizons, d'autres études ou d'autres recherches.
VII. Les stratégies d’analyse
L’analyse des données n’est pas une fin en soi ; elle a pour objectif d’aider à prendre une
décision sur la base d’une information fiable et valide. Une stratégie d’analyse doit donc être
définie afin de procéder à la modélisation d’un ou de plusieurs phénomènes. Cette stratégie
repose sur la mise en lumière progressive des résultats et la complémentarité des techniques
utilisées, dues à la nature des données et aux propriétés des tests envisagés. Les hypothèses qui
sous-tendent les différents tests doivent être vérifiées : certaines techniques seront utiles pour
étudier les différences entre variables, d’autres pour mettre en évidence leur dépendance,
d’autres encore visent à classer les individus, etc. Toutes ces hypothèses seront abordées lorsque
nous détaillerons l’ensemble de ces tests dans les chapitres suivants.
D’une manière générale, il est possible de représenter l’ensemble de ces techniques d’analyse
en trois phases successives :
L’analyse univariée consiste à examiner la distribution des modalités de réponse pour une
variable : dans le cas d’une variable nominale, par exemple, il s’agit d’un tri à plat, c’est-à-dire
le dénombrement des observations correspondant à chaque modalité de la variable.
L’analyse bivariée consiste à étudier les relations entre deux variables. Dans le cas de variables
nominales, il s’agira d’un tableau croisé dénombrant les nombres d’observations correspondant
à chaque combinaison possible des deux variables, ou plus généralement de mesures
d’association quantifiant la relation (par exemple coefficient de corrélation pour des variables

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