Leçon 1 : Mesure d’une grandeur physique à l’aide de l’instrument approprié et
Expression du résultat de la mesure avec l’unité adéquate
Activité 1 : Une drôle de feuille de papier.
1 ère étape : Le professeur distribue à chacun une feuille au format A4 en demandant de
noter sur celle-ci sa longueur L et sa largeur l en utilisant un instrument de leur choix. Il
recense ensuite au tableau tous les résultats proposés :
Longueur L Largeur l Nombres de réponses équivalentes des
élèves
29,7Cm 21Cm
297mm 210mm
29,7Cm 20,9Cm
29,8Cm 21Cm
29,7 21
19,70 21,00
QUESTIONS :
Q1 : quel instrument de mesure aviez-vous utilisé ? (Réponses : règle graduée de 30Cm ;
celle de 15Cm etc . )
Q2 : discuter les résultats inscrits au tableau et essayer d’en éliminer certains en
justifiant votre choix
Q 3 : quels est selon vous l’origine de cette divergence observée au niveau des résultats ?
(Réponses : opérateur (fatigue ; erreur de parallaxe ; œil) ; l’instrument de mesure (la
règle graduée) ; le nombre de fois que la mesure est faite etc.
PROBLEMATIQUES : L’exercice qui leur avait été proposé et qui leur semblait être un
exercice de mesure sans difficulté et dépourvu d’intérêt leur parait maintenant faire
surgir un vrai problème :
Une grandeur physique ne peut être mesurée avec exactitude.
INTRODUCTION
Mesurer une grandeur en sciences expérimentales ne consiste pas uniquement à
lui donner une valeur, mais aussi à lui associer une incertitude afin de qualifier la qualité
de la mesure. Cette incertitude est associée aux erreurs de mesures qui peuvent être
dues à l’instrument de mesure, à l’opérateur ou à la variabilité de la grandeur
mesurée.
En sciences expérimentales, on utilise des instruments de mesure, qui permettent de
déterminer la valeur d’une grandeur. Faire une mesure, c'est comparer une grandeur
physique (ou chimique) inconnue avec une grandeur de même nature prise comme
référence à l'aide d'un instrument.
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1) Les sept unités de bases
ACTIVITES 2 : dresser le tableau ci-dessous et demander aux élèves de compléter
grandeurs Noms Symboles
Longueur Mètre
Masse Kilogramme
Temps Seconde s( minuscule)
Intensité de courant Ampère
Température thermodynamique Kelvin
Quantité de matière Mole
Intensité lumineuse Candela
2) Les unités dérivées
Les unités dérivées sont nombreuses et viennent compléter les unités de base.
Elles peuvent avoir des noms spéciaux (hertz, pascal, becquerel, ...) mais peuvent
toujours être exprimées à partir des unités de base. Il est aussi à noter que ces unités
sont reliées entre elles pour former un système cohérent.
a) En électricité et magnétisme
grandeurs Noms Symboles relation
Différence de potentiel U Volt V V=W/A
Capacité électrique C Farad F F=C/V
Résistance électrique R Ohm Ω Ω=V/A
Inductance L Henri H H=Wb/A
Quantité d’électricité Q Coulomb C C=A.s
Puissance P Watt W W=J/s
Energie W Joule J J=N .m
Induction magnétique B Tesla T T=Wb/m2
Champ électrique E Volt par mètre V/A ou E=V/A
ou Newton par N/C
Coulomb
Conductance électrique Siemens S A/V
G
Flux magnétique Weber Wb
b) En mécanique
grandeurs Noms Symboles
Force F Newton N
Moment M Newton-mètre N.m
Pression P Pascal Pa
Masse volumique ρ Kilogramme par Kg/m3
mètre cube
Volume v Mètre cube M3
Vitesse v Mètre par seconde m/s
Accélération a Mètre par seconde m/s2
carré
ACTIVITES 3 : écrire chacune des valeurs suivantes en notation scientifique puis en
utilisant les préfixes connus. 𝐴 = 0,00012𝑚; 𝐵 = 0,00000045𝐴; 𝐶 = 14,555444𝑚𝑜𝑙
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Qu’a ton pu réduire sur chacune des valeurs ci-dessus ? (Repo : le nombre de zéro ;
l’espace utilisée)
3) Les préfixes du SI et la notation scientifique
Chaque grandeur peut avoir à couvrir une vaste étendue de valeurs. Pour éviter
d'avoir à utiliser des fou des valeurs avec un grand nombre de zéros, on a recourt à des
préfixes. Ces derniers vont permettre de couvrir une gamme allant de 1024 à 10-24 fois
l'unité. Les symboles des préfixes sont écrits en romain, comme les symboles d’unités, Ils
sont attachés aux symboles d’unités, sans espace entre le symbole du préfixe et celui
de l’unité. À l’exception de da (déca), h (hecto), et k (kilo), tous les symboles des
préfixes des multiples sont en majuscules, et tous les symboles des préfixes des
sous-multiples sont en minuscules. Tous les noms de préfixes sont en minuscules,
sauf en début de phrase.
Exercice d’application : compléter les cases vides suivantes
Facteur Préfixe Symbole
1024 yotta Y 2,3Cm3 ........m3 ... m3
1021 zetta Z 1Cm 1 ......m 1; 1V / Cm .......V / m
1018 exa E
5000 s 1 .........s 1
1015 péta P
Solution
1012 téra T
2,3Cm3 2,3(Cm)3 2,3(102 m)3 2,3 106 m3 2,3 m3
109 giga G
1Cm 1 1(Cm) 1 1(102 m)1 1(102 )m 1;
106 mega M
1V / Cm .......V / m
103 kilo k
5000 s 1 5000( s )1 5000(106 s )1 5 109 s 1
102 hecto H
Remarque la notation scientifique d’une valeur 𝑥 est de la forme
101 déca Da x a 10 p , p
10-1 déci d
10-2 centi c
10-3 milli m
10-6 micro µ
10-9 nano n
10-12 pico p
10-15 femto f
10-18 atto a
10-21 zepto z
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10-24 yocto y
LECON 2 : LA MESURE, L’ERREUR ET L’INCERTITUDE EN SCIENCES EXPERIMENTALES
ACTIVITES : reprenons l’activité 1 de la leçon 1
Etape 2 : le professeur demande à un élève de mesurer 5 fois de suite à l’aide d’une
même règle graduée la Longueur L et la largeur du Format A4 et de relever les valeurs
dans le tableau
Etape 3 : analyser et discuter sur les résultats obtenus, conclure
Etape 4 : quels sont selon vous les origines des divergences observées dans le tableau
En sciences expérimentales, on utilise des instruments de mesure, qui permettent de
déterminer la valeur d’une grandeur.
1) La mesure
1-1) Définitions
Le mesurande est la grandeur à mesurer. Exemple la Longueur et la largeur
du Format A4
Le mesurage (ou mesure) = ensemble des opérations permettant d’obtenir
expérimentalement la valeur de la grandeur. La mesure peut être directe
(utilisation d’un instrument de mesure) ou indirecte (grâce à une relation).
La valeur vraie ou valeur absolue ou valeur exact noté (𝑽𝟎 ) est la valeur que
l’on obtiendrait si le mesurage était parfait. Un mesurage n’étant jamais
parfait, cette valeur est toujours inconnue.
La mesure ou valeur mesurée ou valeur approchée noté (𝑽) est la valeur
trouvée expérimentalement suite à un mesurage
Le résultat du mesurage est l’ensemble des valeurs attribuées à un
mesurande, assorti d’un intervalle de valeurs possibles.
L'erreur de mesure (𝑽 − 𝑽𝟎 ) est la différence entre la valeur mesurée et la
valeur vraie( inconnu) ou une valeur de référence
2) L’erreur
a) Les sources d’erreurs
Lors d’une série de mesure d’une grandeur, les résultats varient lors de chaque mesure
(mesurage).
Une telle variabilité des résultats obtenus peut s’expliquer de plusieurs raisons :
La grandeur à mesurer n’est pas parfaitement définie,
les conditions expérimentales (température, pression, …) évoluent,
l’instrument de mesure est source d’erreur (temps de réponse, justesse, fidélité,
sensibilité, …),
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l’opérateur ne refait jamais le même mesure dans les mêmes conditions (fatigue,
erreur de parallaxe, …)
le protocole de mesure n’est pas adapté, …
Exemple
On désire connaître la longueur d’un crayon, sachant que le mesurande est la longueur L
du crayon. L’instrument de mesure utilisé est une règle graduée. Le mesurage est
effectué (avec une règle graduée) en millimètres.
La valeur vraie est la longueur L du crayon (inconnue). La mesure est L = 16,6 cm.
Si l’erreur est de 0,1 cm, alors le résultat de la mesure est L = 16,6 ± 0,1 cm.
b) Les types d’erreurs
L’erreur absolue notée 𝑒𝑎= ∆𝑉 = 𝑉 − 𝑉0 est un paramètre associé au mesurage
caractérisant la dispersion des valeurs attribuées au mesurande.
La valeur 𝑥 d’une grandeur, résultant d’une mesure ou d’un calcul, peut être présentée
comme
une valeur estimée 𝑥𝑒𝑠𝑡𝑖𝑚é associée à son incertitude absolue 𝑥 . 𝑥 = (𝑥𝑒𝑠𝑡𝑖𝑚é ±
∆𝑥) 𝑢𝑛𝑖𝑡é ; 𝛥𝑥 est un nombre positif ; cela revient à donner pour 𝑥 l’encadrement
définissant l’intervalle de confiance,
𝑥𝑒𝑠𝑡𝑖𝑚é − ∆𝑥 ≤ 𝑥 ≤ 𝑥𝑒𝑠𝑡𝑖𝑚é + ∆𝑥
Exemple : Le résultat d’une mesure de tension à l’aide d’un voltmètre peut être sous la
forme U = (4,35 ± 0,03) V. Cela signifie que la tension U est comprise entre 4,32 et 4,38
V.
L’incertitude absolue d’une mesure dépend fortement de l’appareil utilisé. Par
convention, on pose que l’incertitude sur la mesure est égale à la moitié de la plus petite
unité affichée par l’instrument de mesure
(Comme toute convention, il arrive que cette dernière ne s’applique pas lorsque le
constructeur de l’appareil de mesure le signifie).
Par exemple :
Avec une règle graduée au millimètre près, les mesures de la longueur L (ou de la
largeur l) de la feuille sont données jusqu’au millimètre et l’incertitude notée ∆𝐿 sera
d’un demi-millimètre.
𝐿 ± ∆𝐿 = (29,70 ± 0,05) cm et 𝑙 ± ∆𝑙 = (21,00 ± 0,05) cm
NB : Le « virgule zéro » qui apparaît dans l’écriture a un sens physique. C’est une
convention d’écriture, qui indique que l’incertitude porte sur le dernier chiffre écrit.
L’erreur relative
Activité 4
Le professeur pose à présent la question suivante aux élèves : « Quelle est la mesure la
plus précise : la longueur L ou la largeur l de la feuille A4 ».
Les élèves répondent alors : « la précision est la même ».
Sans qualifier cette réponse de fausse ou d’exacte, l’enseignant pose la question
suivante: « Avec une même règle, quelle est la mesure la plus précise : la longueur de la
classe ou l’épaisseur d’une mine de crayon ? »
Faire noter les conclusions suivantes après avoir écouté les élèves
2 conclusions s’imposent alors :
• un instrument de mesure doit être adapté à l’ordre de grandeur de la mesure à
effectuer,
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• pour un même instrument de mesure, la précision sera d’autant plus grande que la
taille de l’objet est importante.
∆𝒙 𝒙
L’erreur relative, notée = 𝒙 − 𝟏 , donne la précision d’une mesure : plus elle
𝒙 𝟎
est petite, plus la mesure est précise. Concrètement, on l’obtient en calculant
∆𝒙
|𝒙𝒆𝒔𝒕𝒊𝒎é |
Le professeur repose alors la question de départ. ∆L/L < ∆l/l donc la mesure de la
longueur est plus précise que celle de la largeur.
Exercice d’application
La largeur d’une feuille de papier peut être mesurée au demi-millimètre près à l’aide
d’une règle graduée L = (21,00 ± 0,05) cm ; Le rayon équatorial de la planète Mars n’est
connu qu’à cent mètres près, R = (3 396,2 ± 0,1) km. Quelle est la mesure la plus
précise ?
∆𝐿 ∆𝑅
Calculer 𝑒𝑡 ; comparer et conclure
𝐿 𝑅
La mesure de R est donc bien plus précise que celle de L
c) Les sources d’erreurs d’une mesure
La difficulté d’obtenir une valeur fiable d’une grandeur est analogue à celle que
rencontre un tireur sur une cible : elle est due soit à des erreurs aléatoires, soit à des
erreurs systématiques, soit aux deux à la fois
• Lorsqu’un même opérateur réalise N mesures dans les mêmes conditions
expérimentales et avec le même instrument de mesure, on estime la valeur du
mesurande par la valeur moyenne 𝑉̅ .
• Un opérateur commet une erreur aléatoire (notée ERa) lorsqu’il commet une erreur de
lecture, une erreur liée à l’appareil, ou une erreur liée aux conditions extérieures…
L’erreur aléatoire est la différence entre une valeur mesurée mi et la valeur moyenne,
soit 𝑬𝑹𝒂 = 𝑽𝒆𝒔𝒕𝒊𝒎é − 𝑽 ̅.
Pour réduire (limiter l’impact) l’erreur aléatoire, il faut augmenter le nombre
d’observations ; il faut reproduire la mesure afin de réduire l’influence des fluctuations à
l’aide d’une moyenne
• Un opérateur commet une erreur systématique (notée ERs) lorsqu’il commet une
erreur liée au réglage du zéro, une erreur de méthode, …
L’erreur systématique est la différence entre la mesure vraie et la valeur moyenne, soit
: 𝑬𝑹𝒔 = 𝑽𝟎 − 𝑽 ̅
Plus l’erreur systématique de mesure est petite, plus la justesse de la mesure est grande.
Il existe de nombreuses sources d’erreurs « systématiques »:
- effet des grandeurs d’influences (température, pression, ….),
- erreur de justesse de l’instrument de mesure (instrument décalibré),
- perturbation due à la présence d’instrument d’observation,
Il est important de détecter et de corriger une erreur systématique.
Pour cela on peut :
- mesurer la même grandeur avec des instruments différents,
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- mesurer la même grandeur avec des méthodes différentes,
- mesurer une grandeur étalon (contrôle de justesse de l’instrument),
NB : Une erreur de mesure est constituée d’une erreur aléatoire et d’une erreur
systématique.
Par exemple, lorsque l’opérateur mesure la longueur du crayon, il peut utiliser une règle
déformée ( on a ERs), ou se tromper en lisant les graduations ( on a ERa).
3. Expression et acceptabilité d'un résultat
a. Notation scientifique et ingénieur
Un résultat numérique peut s’écrire de plusieurs façons :
• En notation scientifique: le nombre s’écrit sous la forme ± 𝒂 × 𝟏𝟎𝒏 , avec 𝑎 ∈ ID dont
la partie entière est comprise entre 1 et 9 et 𝑛 ∈ ℤ
• En notation ingénieur: le nombre s’écrit sous la forme ± a × 10n, avec a un nombre
décimal dont la partie entière est comprise entre 1 et 999 ( et, n un nombre entier
multiple de 3 ).
b. Chiffres significatifs et précision
Dans un nombre, les chiffres à partir du premier chiffre différent de zéro sont TOUS
significatifs.
Exemples: m = 60 g contient 2 chiffres significatifs ; L = 0,603 m contient 3 chiffres
significatifs.
Par convention, le dernier chiffre significatif est donné avec une précision de ± 0,5.
Exemple: R = 47 Ω signifie que la valeur de la résistance est comprise entre 46,5 Ω et
47,5 Ω.
c. Résultat d'un calcul
ACTIVITES
Le professeur demande alors aux élèves de calculer le périmètre P et l’aire S de la feuille
A4 à partir des mesures retenues et des mesures qu’ils ont fait au départ.
Après avoir calculé, le professeur demande aux élèves de discuter de la signification et
même de la réalité des chiffres des résultats trouvés.
Apres avoir écouter les élèves, les règles suivantes sont retenues :
Le résultat d’un calcul ne peut pas être plus précis que la grandeur.
Le résultat ne peut donc pas contenir plus de chiffres significatifs que la grandeur.
Le résultat d’un calcul résulte donc d’un arrondi (valeur approchée du nombre
en réduisant le nombre de chiffres significatifs).
Après une multiplication ou une division, le résultat ne doit pas comporter plus
de chiffres significatifs que la donnée la moins précise.
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Après une addition ou une soustraction, le résultat ne doit pas avoir plus de
décimales que le nombre qui en comporte le moins
Exemple
Une feuille est mesurée avec une règle graduée de 30 cm.
Sa largeur est l = 29,7 cm ; pour connaître sa longueur, il faut utiliser la règle deux fois,
ce qui n’autorise pas la même précision : une manipulation peu soigneuse donne L = 42
cm.
L’aire de la feuille est 𝑆 = 𝐿 × 𝑙 = 42 × 29,7 = 1,2.103 𝑐𝑚² : il n’y a
que deux chiffres significatifs au résultat, puisque la longueur en comporte
deux.
Le périmètre de la feuille est 𝑃 = 2𝐿 + 2𝑙 = 2 × 42 + 2 × 29,7 = 143 𝑐𝑚.
Le plus petit chiffre exprimé est celui des millimètres pour la largeur, mais
celui des centimètres pour la longueur : le résultat comporte trois chiffres
significatifs, et non deux comme on pourrait s’y attendre avec la règle pour les
multiplications/divisions
EXERCICES
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