Introduction à la biostatistique essentielle
Introduction à la biostatistique essentielle
20 octobre 2023
1 Introduction 4
2 La statistique descriptive 5
continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1
3 La statistique inférentielle 26
3.2.2 Théorème central limite (ou théorème de l'approximation normale) pour une moyenne 27
3.2.3 Théorème central limite (ou théorème de l'approximation normale) pour une fréquence 30
3.2.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2.3 Quand les conditions d'utilisation des tests du χ2 ne sont pas respectées . . . . . 53
2
6 Corrélation linéaire et régression linéaire simple 75
6.5 Le modèle linéaire simple, une brique de base pour construire d'autres modèles plus complexes 91
7 Traduction anglaise des termes clefs qui ne sont pas évidents à traduire 92
8 Récapitulatif des principales fonctions R pour mettre en oeuvre les tests et la régression
3
1 Introduction
"La statistique est une méthode et non une science. Elle est une technique. Tantôt elle permet de
préciser certains phénomènes, tantôt elle donne des suggestions. Son rôle suggestif est particulièrement
"Dans notre domaine les méthodes statistiques, qui peuvent être fécondes, peuvent facilement aussi
être dangereuses. Le biologiste doit avant tout rester biologiste, c'est-à-dire poser exactement les éléments
biologiques d'un problème que l'on veut traiter par la méthode statistique. L'appareil mathématique a ses
dangers, car souvent il est articiel en biologie. Les solutions qui résultent de sa mise en jeu découlent
automatiquement des mises en équations initiales. Si ces dernières correspondent vraiment à la réalité, la
solution est adéquate à celle-ci : s'il en est autrement les conclusions auxquelles on aboutit ne concernent
"To consult the statistician after an experiment is nished is often merely to ask him to conduct a
post mortem examination. He can perhaps say what the experiment died of."
Après ces trois citations et avant de préciser les objectifs pédagogiques de cet enseignement de bio-
la méthode statistique est de plus en plus couramment utilisée dans les travaux publiés en médecine
rien n'est plus facile que de tirer des conclusions erronées à partir d'une mauvaise utilisation de la
il est indispensable de rééchir bien en amont d'une collecte de données à leur analyse statistique
future et d'en discuter avec un statisticien si besoin, sans quoi les données risquent d'être peu
utilisables / informatives.
1. vous amener à une compréhension susante de la méthode statistique pour vous permettre d'exer-
2. vous donner une maîtrise susante des outils de base et de leur cadre d'utilisation pour vous
permettre si besoin d'analyser vous-mêmes des données biologiques dans les cas les plus simples et
3. vous donner un recul susant par rapport à l'utilisation de la méthode statistique pour savoir à quel
moment il devient nécessaire de se former à des méthodes plus sophistiquées et/ou de consulter
un statisticien.
4
? ? ? Dans ce polycopié vous trouverez des blocs encadrés en rouge comme celui-ci. Ils correspondent
à des questions auxquelles je vous demande de tenter de répondre au cours de votre lecture ou à des
petits exercices d'entrainement à réaliser pour s'assurer que vous avez bein compris un point clef.
Vous trouverez aussi des blocs sur fond jaune comme celui-ci. Ils soulignent des points importants,
# Enfin les blocs sur fond gris comme celui-ci correspondent à des sorties
# et/ou du code R (code informatique écrit en langage R auquel nous vous initierons en S4
# des données sur ordinateur).
2 La statistique descriptive
Nous aborderons dans ce chapitre essentiellement les méthodes de réduction et de représentation des
données uniquement dans le cas univarié c'est-à-dire lorsqu'on s'intéresse à une seule variable observée. Les
méthodes utilisées dans les cas bivariés seront vues au fur et à mesure des cas étudiés dans les chapitres
suivants.
savoir synthétiser et représenter graphiquement des données observées selon le type de la variable,
être capable d'interpréter les représentations graphiques classiques (dans le cas univarié),
savoir juger de la normalité d'une distribution à partir des représentations graphiques classiques,
savoir calculer et interpréter les paramètres statistiques classiques et connaître leurs limites d'uti-
lisation,
savoir dénir et calculer un intervalle de uctuation (par ex. pour déterminer des valeurs usuelles).
La première étape d'une étude statistique est la collecte des données. Celle-ci implique généralement
un échantillonnage (Figure 1) : seul un échantillon de la population étudié fait l'objet de cette collecte de
données. L'analyse des données se déroule ensuite le plus souvent en deux étapes.
1. La première étape consiste à décrire les données obtenues sur l'échantillon, c'est-à-dire à les repré-
senter graphiquement et éventuellement à les résumer an d'en faciliter la prise de connaissance.
2. La seconde étape consiste à tenter de tirer des conclusions sur la population étudiée à partir des
résultats obtenus sur l'échantillon, c'est-à-dire à voir si l'on peut tirer des conclusions généralisables.
5
Il s'agit là de la statistique inférentielle. Nous nous intéresserons dans ce premier chapitre
Population
Echantillon
Echantillonnage
Inférence statistique
Conclusions sur Résultats
la population observés sur
l’échantillon
Une variable aléatoire est un caractère qui est susceptible de varier d'un animal à l'autre, d'une
unité expérimentale à l'autre, d'un groupe à l'autre . . .. Ce caractère est parfois quantiable ou parfois
uniquement qualiable.
Une variable est dite qualitative si elle est décrite par une famille de modalités possibles. Lorsque
les modalités sont ordonnées, on parle de variable qualitative ordinale (ex. : variable évolution de la
l'état ). Lorsque les modalités ne sont pas naturellement ordonnées, on parle de variable qualitative
nominale (ex. : variable couleur du poil de l'animal , variable sexe de l'animal ).
peut prendre qu'un nombre ni de valeurs (généralement entières), on parle de variable quantitative
discrète (ex. : variable nombre de chiots par portée , variable nombre d'animaux domestiques par
foyer ). Lorsque ce caractère peut en théorie prendre une innité de valeurs prises dans une série continue
de nombres réels, on parle de variable quantitative continue (ex. : variables taille , poids ,
âge , taux d'hémoglobine ). Lorsque l'on se demande si une variable quantitative est discrète ou
continue, on considère bien la nature même de cette variable et non la précision de sa mesure. Par exemple
une variable âge est une variable par nature continue, même si les âges observés ont été arrondis à l'année.
6
Certaines variables sont dites semi-quantitatives soit parce qu'elles sont quantiables uniquement
sur une partie de leur domaine de dénition (par exemple du fait d'une limite de quantication de la
méthode de mesure, ce qui induit une censure d'un certains nombre de mesures : on sait qu'elles sont
situées en dessous de la limite de quantication, mais on ne sait pas à quelle valeur exactement) soit parce
qu'elles sont créées à partir d'observations qualitatives (comme un score clinique par exemple, qui sera
souvent considéré soit comme une variable quantitative discrète soit comme une variable qualitative
litative et quatitative semble assez triviale, il n'est pas rare que des erreurs soient commise lors de cette
étape préliminaire. An d'éviter ces erreurs, la bonne question à se poser est : quelle est la variable
Lors de l'étude du poids de chiots à la naissance, si l'unité d'observation est le chiot, la variable
Lors de l'étude du taux de mortalité des chiots à la naissance dans divers élevages, si l'unité d'ob-
servation est l'élevage, la variable observée est le taux de mortalité qui est une variable quantitative
continue.
Lors de l'étude du taux de mortalité liée à une pathologie donnée sur un groupe de malades, si
l'unité d'observation est l'individu, la variable observée le statut de l'individu (mort / vivant) est
Au vu des deux derniers exemples on comprend bien qu'il est nécessaire de bien rééchir à la situation
pour savoir si on travaille sur une variable qualitative ou quantitative et que le seul repérage de mots
clefs (ex. taux de mortalité) ne permet pas de répondre à la question. Ce commentaire vaut pour
bien des étapes d'une analyse statistique. Il est bien plus important de comprendre le cas étudié que
Partons d'un exemple d'étude de la reproduction de chiens de race sur 423 élevages, extrait de la
thèse vétérinaire de Mathilde Poinssot (Maisons Alfort, 2011). Une des variables étudiées était le type de
fécondation, variable qualitative nominale à trois modalités : 1/ monte naturelle avec un mâle de
l'élevage, 2/ monte naturelle avec un autre mâle ou 3/ insémination articielle (cf. Table 1).
7
ELEVAGE FECONDATION
elevage_1 autre_male
elevage_2 insemination
elevage_3 insemination
elevage_4 male_elevage
elevage_5 male_elevage
elevage_6 insemination
elevage_7 autre_male
elevage_8 insemination
elevage_9 insemination
elevage_10 male_elevage
Table 1 Dix premières lignes du chier des données brutes observées pour la variable "type de fécon-
dation".
##
## autre_male insemination male_elevage
## 197 102 124
ou les fréquences correespondantes obtenues en divisant les eectifs par l'eectif total.
##
## autre_male insemination male_elevage
## 0.466 0.241 0.293
Une représentation bien connue de la distribution en fréquences d'une variable qualitative est le dia-
gramme en secteurs appelé communément camembert (cf. Figure 2 pour les données précédentes).
Néanmoins cette représentation est peu recommandée par les statisticiens. Il convient au moins d'éviter
les camemberts en trois dimensions, qui peuvent être très trompeurs (cf. Figure 3).
préfèrent généralement les diagrammes en bâton que les diagrammes en secteurs, et pourquoi
Dans les écrits scientiques on aura donc tendance à privilégier des représentations de type diagrammes
en bâtons, notamment pour les variables qualitatives ordinales (cf. Figure 4). Dans un diagramme en bâtons
Une représentation très proche du diagramme en secteur, mais qui reste sur une échelle linéaire plus
simple à lire que l'échelle angulaire, est la représentation dite en barres ou encore en bandes. Cette
représentation est souvent utilisée pour visualiser facilement plusieurs distributions sur un même graphe
8
autre mâle 47%
Figure 3 Distribution des animaux domestiques en France en 2014 sous diérentes formes, a) dia-
9
50
effectifs
30
0 10
passable AB B TB
Figure 4 Diagramme en bâtons représentant la distribution des mentions au baccalauréat des étudiants
ayant intégré le campus vétérinaire de Lyon en 2016.
chats chiens
autre
AVP
Cause du traumatisme
bataille
chute
inconnue
Espèce
10
2.3.2 La représentation classique de la distribution d'une variable quantitative discrète
Toujours dans la thèse vétérinaire (Mathilde Poinssot, Maisons Alfort, 2011) étudiant la reproduction
de chiens de race sur divers élevages, prenons l'exemple de la taille de la portée, i.e. le nombre de
chiots par portée, qui est une variable quantitative discrète (cf. Table 2).
PORTEE TAILLE
portee_1 6
portee_2 4
portee_3 13
portee_4 9
portee_5 7
portee_6 7
portee_7 7
portee_8 11
portee_9 5
portee_10 10
Table 2 Dix premières lignes du chier des données brutes observées pour la variable "taille de portée".
Comme pour une variable qualitative il est naturel de résumer ces données brutes par
les eectifs pour chacune des valeurs observées (qui vont ici de 1 à 17 animaux par portée),
##
## 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
## 39 66 80 119 118 122 131 108 86 52 33 21 17 3 1 0 2
ou les fréquences correspondantes obtenues en divisant les eectifs par l'eectif total.
##
## 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
## 0.03908 0.06613 0.08016 0.11924 0.11824 0.12224 0.13126 0.10822 0.08617 0.05210
## 11 12 13 14 15 16 17
## 0.03307 0.02104 0.01703 0.00301 0.00100 0.00000 0.00200
Le graphe le plus souvent utilisé pour représenter la distribution d'une variable quantitative discrète
On utilise aussi assez couramment, pour représenter la distribution d'une variable discrète, notamment
observée sur plusieurs groupes d'eectifs pas très grands mais avec beaucoup d'ex aequos, un graphique en
points (dit de type "stripchart" ou "dotplot" en anglais). Cela est notamment conseillé pour représenter
des scores cliniques observés pour deux groupes d'animaux ayant subi des traitements diérents. Dans la
gure 7 vous trouverez un exemple issu d'une enquête réalisée auprès d'étudiants vétérinaires en 2017.
11
100
effectifs
60
0 20
1 3 5 7 9 11 13 15 17
Figure 6 Diagrammes en bâtons de la distribution de la taille des portées de chiots observée sur 998
8
6
4
2
0
femme homme
genre
Figure 7 Représentation de la distribution du nombre d'UEs pour lesquelles les étudiants ayant intégré
le campus vétérinaire de Lyon en 2016 avaient suivi au moins 75% des cours en amphi au second semestre
2016-2017.
continue
En ce qui concerne la représentation d'une variable aléatoire quantitative continue, quelques rappels
théoriques préliminaires s'imposent. Soit X une variable quantitative continue et a une valeur quantitative
quelconque, P r(X = a) = 0. Lorsque l'on dénit la fonction de densité de probabilité f de la variable
X, celle-ci ne permet donc pas de quantier la probabilité d'une valeur unique a, mais la probabilité d'un
intervalle [a; b], et cette probabilité correspond à l'aire sous la courbe de densité de probabilité entre a et
Rb
b (P r(a ≤ x ≤ b) = a f (t)dt, illustré Figure 8).
Toujours dans la thèse vétérinaire (Mathilde Poinssot, Maisons Alfort, 2011) étudiant la reproduction
de chiens de race sur divers élevages, prenons l'exemple de la durée de la gestation, qui est une variable
quantitative continue même si elle est exprimée en jours (cf. Table 3).
12
0.4
0.3
0.2
f
0.1
a b
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3
PORTEE DUREE
portee_1 57
portee_2 62
portee_3 69
portee_4 61
portee_5 61
portee_6 66
portee_7 62
portee_8 63
portee_9 60
portee_10 62
Table 3 Dix premières lignes du chier des données brutes observées pour la variable "durée de la
gestation".
13
Pour une variable continue, on ne peut résumer les données sous forme d'eectifs et/ou de fréquences
qu'en dénissant au préalable des classes. Dans cet exemple, sur les classes ]45, 50] ]50, 55] ]55, 60] ]60,
65] ]65, 70] ]70, 75] ]75, 80] ]80, 85] nous pouvons calculer
## ]45, 50] ]50, 55] ]55, 60] ]60, 65] ]65, 70] ]70, 75] ]75, 80] ]80, 85]
## 2 4 292 577 50 1 1 1
ou les fréquences correspondantes obtenues en divisant les eectifs par l'eectif total.
## ]45, 50] ]50, 55] ]55, 60] ]60, 65] ]65, 70] ]70, 75] ]75, 80] ]80, 85]
## 0.00216 0.00431 0.31466 0.62177 0.05388 0.00108 0.00108 0.00108
A partir de ces eectifs ou fréquences on réalise un histogramme de fréquences (cf. Figure 9) qui
donne grossièrement la forme de la fonction de densité de probabilité estimée à partir des données.
600
400
effectifs
200
0
50 60 70 80
Figure 9 Histogramme de fréquences de la durée de gestation en eectifs, avec des classes de largeur
5 jours, à partir de l'observation de 928 portées dans le cadre de la thèse de Mathilde Poinssot, Maisons
Alfort, 2011
Il est très tentant sur ces données de dénir des classes plus petites an de visualiser plus nement la
forme de la distribution, ce que l'on peut se permettre de faire ici car l'eectif est grand mais qui poserait
souvent des histogrammes de fréquences dans les articles publiés dans le domaine des sciences de
l'animal.
Dans un histogramme de fréquences, qui est une représentation de la fonction de densité de probabilité,
sur chaque classe est représenté un rectangle d'aire proportionnelle à la fréquence ou à l'eectif de la classe.
An que cette fréquence (ou cet eectif ) puisse être lue sur l'axe des ordonnées on choisit généralement
des classes de taille identique de sorte que la surface des rectangles soit proportionnelle à leur hauteur.
Il est néanmoins possible de tracer un histogramme avec des classes de diérentes largeurs, mais celui-ci
ne pourra par être présenté classiquement avec l'axe des Y gradué en eectifs ou fréquences, mais sera
représenté avec l'axe des Y gradué en densité de probabilité (cf. Figure 11).
14
a) b)
150
250
effectifs
effectifs
100
150
50
0 50
0
50 60 70 80 50 60 70 80
7
c) d)
8
6
5
6
effectifs
effectifs
4
4
3
2
2
1
0
50 60 70 80 50 60 70 80
Figure 10 Histogramme de fréquences de la durée de gestation en eectifs, avec des classes de largeur
diérentes 2.5 jours pour a) et c) et 1 jour pour b) et d), à partir de l'observation des 928 portées pour
0.15
0.10
0.05
0.00
50 60 70 80
15
? ? ? Dans une représentation d'une distribution sous forme de fonction de densité de probabilité,
comme dans la gure 8 ou l'histogramme 11, on ne peut donner aucune interprétation simple
aux ordonnées des points sur la courbe (ou des hauteurs des rectangles pour un histogramme),
qui dépendent de la gamme des valeurs de la variable étudiée. Pourquoi les valeurs de densité de
Le terme histogramme est souvent utilisé à tort pour désigner d'autres graphes, alors
qu'il doit être réservé uniquement à ce type de graphe visant à représenter, à partir de
de probabilité.
Par ailleurs, une erreur courante, consiste à réaliser un diagramme en batons à partir d'une
variable quantitative (discrète ou continue) comme s'il s'agissait d'une variable qualitative,
comme dans la gure 12. Cette erreur peut induire des conclusions erronées sur la forme de
la distribution.
effectifs
100
50
0
45 50 55 60 65 70 75 80
50
0
46 53 56 58 60 62 64 66 68 70 77
vation des 928 portées au diagramme en batons réalisé sur les mêmes données sans prendre en compte, à
? ? ? Prenez le temps d'analyser la gure 12 pour comprendre en quoi les deux graphes dièrent et
en quoi la non prise en compte de la nature quantitative de la variable peut induire en erreur.
16
Pour une variable quantitative continue, on dénit aussi sa fonction de répartition F (cf. Figure 13).
La valeur de cette fonction de répartition en un point donné x correspond à la probabilité pour que la
variable soit inférieure ou égale à x soit à l'aire sous la courbe de densité de probabilité f à gauche de x :
Rx
F (x) = P r(t ≤ x) = −∞ f (t)dt.
0.4 1.0
a) b)
0.8
0.3
0.6
0.2
F
f
0.4
0.1
0.2
x
0.0 0.0
−3 −1 1 2 3 −3 −1 1 2 3
t x
probabilité de la loi normale centrée réduite :a) valeur de F pour une valeur de x, aire sous la courbe à
des fréquences cumulées, ne nécessite pas de dénir des classes (intervalles). On classe les N obser-
vations par ordre croissant, on attribue à chaque observation xi son rang i dans le classement,
i
et on peut alors dire que F (xi ) = P r(t ≤ xi ) = N
(proportion d'observations inférieures ou égales à xi ).
Néanmoins la dénition de la fonction de répartition empirique (c'est-à-dire calculée à partir de
données observées) n'est pas unique. Pour la plupart des lois théoriques, dans la dénition de la fonction
de répartition l'utilisation du signe ≤ ou < importe peu, car la probabilité associée à un point est nulle
Rx
(F (x) = P r(t ≤ x) = P r(t < x) = −∞ f (t)dt). Néanmoins si on utilise le signe < pour dénir la
i−1
fonction de répartition empirique on aura alors comme F (xi ) = P r(t < xi ) = N
Souvent on utilise encore une troisième dénition qui prend la moyenne entre les valeurs de F dénies
précédemment pour représenter le diagramme des fréquences cumulées. Elle présente l'avantage de donner
i−0.5
une graphe qui part au-dessus de 0 et arrive en dessous de 1 : F (xi ) = N
. Ce choix n'a pas beaucoup
d'impact si le nombre total d'observations est grand (cf. Figure 14) mais en a s'il est petit (cf. Figure 15).
? ? ? Attardez-vous sur la gure 15 pour vous assurer que vous avez bien compris et que vous
sauriez construire un diagramme des fréquences cumulées à la main à partir de données observées
(vous pouvez essayer de refaire le graphe rouge à partir des valeurs observées qui sont en légende
de la gure).
17
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
F
50 60 70 80
F(xi) = i/N
F(xi) = (i − 1)/N
F
0.4
F(xi) = (i − 0.5)/N
0.0
50 60 70 80
Figure 15 Diagramme des fréquences cumulées pour un petit nombre de valeurs observées égales
(valeurs classées par ordre croissant à 60, 61, 62, 62, 63, 63, 64, 64, 65, 65) suivant les trois dénitions
18
Une autre représentation couramment utilisée pour une variable quantitative continue est le dia-
quartiles observés et des valeurs minimale et maximale (cf. Figure 16). Pour calculer les quartiles (quan-
tiles à 25, 50 et 75%) on attribue à chaque observation xi sa fréquence cumulée comme précédemment
i−0.5
(classiquement F (xi ) = N
) et on dénit les valeurs de x correspondant à F (x) = 0.25, 0.5 et 0.75.
polation de la courbe de fonction de répartition empirique. La méthode que vous avez vue au lycée est
max
66
durée de gestation en jours
64
Q0.75
62
Q0.5
Q0.25
60
58
min
Figure 16 Diagramme en boîte de la durée de gestation sur 30 portées prises au hasard parmi les 928
En pratique, la plupart des logiciels proposent par défaut une variante de cette représentation visant
à représenter de façon séparée les valeurs considérées comme extrêmes, en les dénissant par exemple
? ? ? Tracez un diagramme en boîte pour chacune des deux séries de valeurs suivantes : série 1) 2,
5, 12, 17, 26, 78, 127, 301 et 500, série 2) 60, 60, 62, 63, puis répondez aux questions suivantes :
A partir du premier diagramme en boîte, pensez-vous que la distribution dont a été tirée la
Quel sont d'après vous les avantages du diagramme en boîte par rapport à l'histogramme de
fréquences ?
Pensez-vous qu'il est raisonnable de tracer un diagramme en boîte avec un tout petit nombre
Pensez-vous que des diagrammes en boîte seraient adaptés pour représenter les deux distri-
Le dernier graphe que nous allons présenter est très souvent utilisé sur des variables quantitatives
continues, mais plus rarement montré dans les publications. Il s'agit du diagramme quantile-quantile.
Il est utilisé lorsque l'on veut vérier la normalité d'une distribution, ou du moins que la distribution
19
80
75
durée de gestation en jours
Q0.75 + 1.5 * (Q0.75 − Q0.25)
70
65
60
55
Q0.25 − 1.5 * (Q0.75 − Q0.25)
50
45
Figure 17 Diagramme en boîte de la durée de gestation sur les 928 portées, avec individualisation des
valeurs considérées comme extrêmes, c'est-à-dire ici dépassant les seuils indiqués en rouge.
centrée réduite N (0, 1) possède la même valeur de F : FN (0,1) (ui ) = F (xi ). Ensuite pour chaque valeur
? ? ? Cette description vous paraît peut-être un peu abstraite. Pour bien la comprendre, entraînez-
vous à refaire le diagramme quantile-quantile de la gure 18 à partir des valeurs observées données
dans sa légende et des quantiles Q de la loi normale pour les valeurs de F utiles donnés ci-dessous :
F 0.05 0.15 0.25 0.35 0.45 0.55 0.65 0.75 0.85 0.95
Q -1.64 -1.04 -0.674 -0.385 -0.126 0.126 0.385 0.674 1.04 1.64
Lorsque l'on réalise le diagramme quantile-quantile de la durée de gestation sur l'ensemble des 928
portées (cf. Figure 19) on s'aperçoit que la plupart des points sont alignés, sauf les points les plus extrêmes.
On observe donc ici un faible écart à la normalité de la distribution sur ces deux queues de distribution
(ici valeurs un peu plus extrêmes qu'attendu avec une loi normale puisque les quantiles observés sont plus
? ? ? Peut-être que vous vous demandez pourquoi les points d'un diagramme quantile-quantile sont
alignés si la distribution observée est normale. Pour vous aider à intuiter cela, demandez-vous sur
quelle droite les points du graphe devraient être alignés si la distribution était normale et que les
données avaient été centrées (centrer = enlever la moyenne) et réduites (réduire = diviser par l'écart
20
65
64
x (quantiles observés)
63
62
61
60
59
Figure 18 Diagramme quantile-quantile réalisé sur la série de valeurs suivante : 59, 59, 61, 61, 61,
65
60
55
50
45
−3 −2 −1 0 1 2 3
Figure 19 Diagramme Quantile-Quantile de la durée de gestation sur les 928 portées avec une droite
attendue ajoutée, obtenue en reliant les points des deux quartiles à 25 et 75%.
21
Nous avons vu diverses représentations pour le cas d'une variable quantitaive continue. Voici un
petit récapitulatif de celles-ci avec quelques éléments à retenir concernant leur utilisation
Histogramme de fréquences
classes nécessaires.
points modéré (si nombre trop faible, représentation directe des points)
statistiques comme la moyenne. Nous ne traiterons dans ce chapitre que de la réduction des données pour
Les paramètres de position visent à localiser le centre de la distribution observée, qu'on appellera
parfois la tendance centrale. Le plus courant est la moyenne arithmétique (appelée plus couramment
1 PN
moyenne) dénie pour une variable aléatoire x par : x = N k=1 xi , N représentant la taille de l'échantillon
La médiane est un paramètre statistique plus robuste que la moyenne au sens où il est moins sensible aux
Enn, on parle parfois du mode de la distribution qui correspond au pic de la distribution. La valeur
numérique de ce dernier paramètre est plus dicile à estimer. Si on la dénit par exemple comme le centre
de la classe de plus forte fréquence dans un histogramme de fréquences, elle dépend des classes utilisées
pour représenter l'histogramme de fréquences. De ce fait, ce dernier paramètre est rarement précisément
quantié mais plutôt cité oralement pour décrire une distribution observée. Par exemple une distribution
avec deux pics de densité de probabilité sera appelée bi-modale (c'est le cas par exemple de la distribution
observée du nombre d'UEs pour lesquelles les étudiantes vétérinaires avaient suivi au moins 70% des CMs,
représentée en gure 7.
Les paramètres de dispersion visent à décrire comment les valeurs observées se dispersent autour de
22
l'écart type (noté généralement SD pour `Standard Deviation' en anglais) et qui n'est autre que
q
la racine carrée de la variance ( SD = V (x)),
et enn le coecient de variation noté CV qui représente l'écart type en valeur relative à la
SD
moyenne (CV = est souvent exprimé souvent en %).
x
? ? ? Il est important d'avoir en tête la formule de la variance, pour bien comprendre de quoi il
s'agit et comprendre pourquoi il est plus facile d'interpréter l'écart type que la variance. La variance
représente la moyenne des carrés des écarts à la moyenne. A partir de sa dénition essayez
d'expliquer :
pourquoi dans cette dénition on a pris la somme des carrés des écarts à la moyenne et non
pourquoi de ce fait l'écart type est plus facile à interpréter que la variance ?
Lorsque l'on souhaite décrire la dispersion d'une distribution à l'aide d'un paramètre plus robuste que
les paramètres précédents, on peut utiliser l'écart interquartile noté EIQ déni comme l'écart entre le
troisième et le premier quartile (EIQ = Q0.75 − Q0.25 ). Notons que l'écart inter-quartile n'est autre que
veut dénir un intervalle de référence pour une variable biologique dans la population saine (ex.
Exemple : valeurs usuelles du taux d'hémoglobine chez le chat sain). L'intervalle de référence est souvent
déni comme l'intervalle de uctuation à 95%. Deux méthodes sont alors classiquement utilisées pour
lorsque le nombre d'observations est grand (plus d'une centaine) on calcule cet intervalle de
et lorsque le nombre d'observations est modéré (quelques dizaines) et que la distribution est
proche d'une loi normale, on utilise la moyenne et l'écart type et le quantile à 97.5% de la loi
normale (égal à 1.96, cf. Table 4) ce qui permet de dénir l'intervalle comme [x − 1.96 × SD, x +
1.96 × SD] qui est souvent approché par [x − 2 × SD, x + 2 × SD].
Rappelons que si x suit une loi normale, l'intervalle [x − 1.96 × SD, x + 1.96 × SD] est l'intervalle
de uctuation à 95% et que l'intervalle [x − SD, x + SD] est l'intervalle de uctuation à 68%. Ce
dernier intervalle est souvent utilisé sans que ces utilisateurs aient en tête qu'il s'agit d'un intervalle
? ? ? Pour voir si vous avez bien compris, calculez l'intervalle de référence (= intervalle de uctuation
à 95%) de la température corporelle du chat, en supposant que la distribution de cette variable chez
les chats sains est normale et qu'on a estimé à partir d'un échantillon de 144 chats sains une moyenne
23
0.20
16% 68% 16% moyenne
densité de probabilité
moyenne ± SD
0.10
0.00
50 60 70 80
moyenne ± 2SD
0.10
0.00
50 60 70 80
Bien que le calcul des paramètres statistiques classiques que sont la moyenne et la variance ou l'écart
type soit toujours possible dès que l'on dispose d'au moins deux observations, il est important d'avoir à
l'esprit que ces paramètres ne fournissent pas toujours un bon résumé de la distribution observée. Ces
paramètres caractérisent très bien les données issues d'une loi proche d'une loi normale, mais dès que
la loi observée s'éloigne de cette loi classique, et notamment lorsqu'elle est fortement dissymétrique, ils
? ? ? Pour vous en convaincre, observez bien les diérents graphes de la gure 21 et au cas par cas
déterminez s'il serait raisonnable de résumer les données par une moyenne et un écart type, en vous
En imaginant la forme que peut avoir la distribution des salaires des français, pensez-vous qu'il est
pertinent de donner une moyenne comme résumé statistique de cette distribution, comme cela est
24
200
150
effectifs
100
50
0
0 2 4 6 8 10
20
10
5
0
0 5 10 15 20
moyenne
médiane
moyenne ± 2SD
effectifs
Coût maximum jugé acceptable par des étudiants vétos pour des soins vétérinaires
Figure 21 Trois exemples de distributions représentées sous forme d'histogrammes de fréquences, avec
ajout d'indications utilisant les moyennes, écarts-types et médianes.
La description des données observées est une étape importante qui doit IMPERATIVEMENT
Il convient ensuite de bien rééchir avant de calculer les paramètres statistiques classiques
Il est parfois plus raisonnable de ne pas résumer les données (cas des très petis eectifs par exemple)
ou d'utiliser des paramètres descriptifs alternatifs comme la médiane (cas de distributions avec
valeurs extrêmes susceptibles d'avoir une inuence importante sur la moyenne par exemple).
25
3 La statistique inférentielle
Nous aborderons dans ce chapitre les grands principes et concepts de la statistique inférentielle.
Savoir dénir les notions suivantes : inférence statistique, échantillonnage aléatoire simple, distri-
bution d'échantillonnage, estimation, estimation sans biais, test de signication, test d'hypothèse,
test d'équivalence, diérence signicative, risques d'erreur de première et deuxième espèces, p-value
Savoir juger de l'applicabilité de ce théorème et vérier les conditions d'utilisation des divers
intervalles de conance.
Savoir ce que représente un intervalle de conance et ce qui le diérencie d'un intervalle de uc-
tuation.
Savoir calculer à la main (avec une calculatrice) un intervalle de conance sur une moyenne et sur
une fréquence.
Savoir interpréter le résultat d'un test de signication et notamment avoir les idées claires sur les
L'échantillonnage concerne la première étape d'une étude statistique qui est la collecte des données (Fi-
gure 1). Il s'agit dans cette étape d'obtenir un échantillon représentatif de la population qui nous intéresse
appelée souvent population cible. Le principal enjeu de cette étape est d'éviter tout biais d'échantillonnage
qui pourrait conduire à des conclusions erronées sur la population cible. La méthode la plus classiquement
utilisée pour éviter ces biais est l'échantillonnage aléatoire simple. Celle-ci implique que le choix de
chaque individu ou unité de l'échantillon fait l'objet d'un tirage au hasard et que les tirages des dié-
rents individus ou unités de l'échantillon sont indépendants les uns des autres et que chaque individu ou
unité a la même probabilité d'être tiré. Généralement une analyse statistique de données observées sur un
échantillon vise non seulement à décrire ce qui a été observé sur l'échantillon mais aussi à en tirer des
conclusions sur la population dont a été tiré l'échantillon : c'est ce qu'on appelle l'inférence statistique
(Figure 1). L'inférence statistique consiste donc à déduire de ce que l'on a observé sur un échantillon des
Lorsque l'on veut estimer un paramètre caractérisant la population étudiée à partir d'un échantillon
de cette population, la valeur estimée du paramètre dépend néanmoins de l'échantillon. En eet si l'on
26
pouvait tirer un nouvel échantillon dans la même population on trouverait une valeur estimée du para-
mètre quelque peu diérente de celle obtenue sur le premier échantillon. On parlera des uctuations
d'échantillonnage de ce paramètre pour désigner ces uctuations potentielles d'un paramètre estimé
d'un échantillon à l'autre. Si l'on tire un grand nombre d'échantillons, on peut représenter la distribution
en fréquences des valeurs estimées du paramètre pour chaque échantillon. On appellera cette distribution
Bien entendu, lors d'une étude statistique, il est rare que l'on dispose de plusieurs échantillons. Mais
ce raisonnement sur plusieurs échantillons potentiels est à la base de tout ce qui va suivre. Pour bien
comprendre la suite, il faut donc s'eorcer d'imaginer ce cadre théorique où l'on pourrait obtenir plusieurs
3.2.2 Théorème central limite (ou théorème de l'approximation normale) pour une moyenne
Le théorème central limite que nous appelerons aussi théorème de l'approximation normale
est à la base de très nombreuses méthodes utilisées couramment en statistique inférentielle, et c'est
pourquoi il est nécessaire de bien le comprendre. La première version du théorème décrit la distribution
Pour des échantillons aléatoires simples de taille N, la moyenne X de l'échantillon varie autour de
Lorsque la distribution de X dans la population est normale, X suit la loi N (µ, √σN ).
Quelle que soit la distribution de X, lorsque l'eectif N est susamment grand, la loi de X
s'approche de la loi normale N (µ, √σN ).
Le point le plus intéressant de ce théorème est bien sûr le dernier qui dit que quelle que soit la
distribution de la variable X, lorsque la taille des échantillons N est susamment grande la distribution
de X tend vers une loi normale. Une illustration de ce théorème pour diérentes lois de la variable X
27
est proposée sur les gures 23 à 25. Pour chacune des gures, des échantillons de tailles croissantes ont
été tirés aléatoirement dans la distribution initiale et les distributions d'échantillonnage de la moyenne
0.4
a) b) N= 5
0.6
0.3
0.2 0.4
f
f
0.1 0.2
0.0 0.0
−3 −1 0 1 2 3 −3 −1 0 1 2 3
X moyenne de X
1.2
1.0 c) N = 10 d) N = 30
1.5
0.8
0.6 1.0
f
f
0.4
0.5
0.2
0.0 0.0
−3 −1 0 1 2 3 −3 −1 0 1 2 3
moyenne de X moyenne de X
Figure 23 Illustration du théorème central limite pour la moyenne d'une variable distribuée suivant
une loi normale. a) loi de départ suivie par X. b) à d) histogrammes de la distribution d'échantillonnage
de la moyenne pour diérentes tailles N d'échantillons, obtenus à partir de 5000 échantillons de taille N
tirés dans la loi de départ.
0.20
a) 0.5 b) N= 5
0.15 0.4
0.10 0.3
f
0.2
0.05
0.1
0.00 0.0
−3 −1 0 1 2 3 −3 −1 0 1 2 3
X moyenne de X
1.4
0.6 c) N = 10 1.2 d) N = 30
1.0
0.4 0.8
f
0.6
0.2 0.4
0.2
0.0 0.0
−3 −1 0 1 2 3 −3 −1 0 1 2 3
moyenne de X moyenne de X
Figure 24 Illustration du théorème central limite pour la moyenne d'une variable distribuée suivant
une loi uniforme. a) loi de départ suivie par X. b) à d) histogrammes de la distribution d'échantillonnage
de la moyenne pour diérentes tailles N d'échantillons, obtenus à partir de 5000 échantillons de taille N
tirés dans la loi de départ.
28
0.6 a) N= 5
0.5 0.15
0.4
0.10
f
0.3
0.2 0.05
0.1 b)
0.0 0.00
0 5 10 15 0 5 10 15
X moyenne de X
0.5
N = 10 0.5 N = 30
0.4 0.4
0.3 0.3
f
f
0.2 0.2
0.1 0.1
c) d)
0.0 0.0
0 5 10 15 0 5 10 15
moyenne de X moyenne de X
Figure 25 Illustration du théorème central limite pour la moyenne d'une variable distribuée suivant une
loi lognormale. a) loi de départ suivie par X. b) à d) histogrammes de la distribution d'échantillonnage
de la moyenne pour diérentes tailles N d'échantillons, obtenus à partir de 5000 échantillons de taille N
tirés dans la loi de départ.
? ? ? Ce théorème indique une convergence asymptotique de la loi de X vers la loi normale, c'est-
à-dire lorsque la taille N de l'échantillon devient grande, mais en pratique à partir de quelle valeur
de N peut-on l'appliquer ? Certains vieux ouvrages indiquent qu'il est applicable dès que N > 30.
Examinez bien les gures 23 à 25 et posez-vous la question de la pertinence de dénir une valeur
forme de la distribution de X dans l'échantillon. En eet comme on le voit dans les trois exemples,
plus la loi de X s'écarte de la loi normale, plus N doit être grand pour appliquer le dernier point du
théorème.
29
3.2.3 Théorème central limite (ou théorème de l'approximation normale) pour une fré-
quence
Pour des échantillons aléatoires simples de taille N , la fréquence F d'un caractère étudié varie autour
q
π0 (1−π0 )
de la proportion π0 de ce caractère dans la population, avec une erreur standard σF = N
.
Cette deuxième version du théorème, que vous avez certainement déjà vue dans un cours de probabilités
sous la forme de la convergence de la loi binomiale vers la loi normale, peut être présenté comme découlant
directement de la première : il sut dans la version précédente de dénir X comme une variable quantitative
prenant la valeur 1 si le caractère étudié est observé et 0 s'il ne l'est pas (par exemple dans le cas où l'on
veut estimer la proportion d'animaux malades dans une population X=1 si l'animal est malade, X=0
s'il est sain) et de réaliser que la fréquence d'animaux malades n'est autre que la moyenne de X dans ce
20
1.0 a) N = 10
0.8 15
0.6 10
f
0.4
5
0.2
b)
0.0 0
X fréquence de malades
8 N = 50 12 N = 100
10
6 8
f
4 6
4
2 2
c) d)
0 0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
Figure 26 Illustration du théorème central limite pour la fréquence F d'un caractère étudié en sup-
posant la proportion π0 de ce caractère égale à 10% dans la population. a) loi de départ suivie par X
codant pour la présence ou non du caractère. b) à d) histogrammes de la distribution d'échantillonnage
de la fréquence observée du caractère pour diérentes tailles N d'échantillons, obtenus à partir de 5000
L'eectif requis pour pouvoir appliquer le théorème de l'approximation normale pour l'estimation de
la fréquence F d'un caractère étudié dépend de la proportion π0 de ce caractère dans la population. Plus
π0 est proche de 0 (caractère rare) ou de 1 (caratère très répandu), plus N devra être grand.
30
1.0 a) 80 N = 10
0.8
60
0.6
f
40
0.4
0.2 20
b)
0.0 0
X fréquence de malades
120
N = 50 60 N = 100
100
80
60 40
f
f
40 20
20 c) d)
0 0
Figure 27 Illustration du théorème central limite pour la fréquence F d'un caractère étudié en sup-
posant la proportion π0 de ce caractère égale à 1% dans la population. a) loi de départ suivie par X
codant pour la présence ou non du caractère. b) à d) histogrammes de la distribution d'échantillonnage
de la fréquence observée du caractère pour diérentes tailles N d'échantillons, obtenus à partir de 5000
3.2.4 Conclusion
De très nombreux outils statistiques (intervalles de conance et tests statistiques) sont basés sur
le théorème de l'approximation normale. Leur utilisation nécessite donc la vérication au préalable des
conditions d'utilisation de ce théorème. Il est donc indispensable, pour une bonne utilisation de ces outils,
d'avoir bien compris ce théorème et d'avoir des notions relatives à ses conditions d'utilisation.
(par exemple la moyenne d'une variable biologique quantitative continue, ou sa médiane, ou son
écart type, . . ., dans la population cible, ou encore si la variable est qualitative binaire, la proportion
θ est supposé xe, mais inconnu du fait qu'on n'a pas accès à la population cible entière mais
sur θ dans la population cible ?" à partir de ce que l'on a observé dans un échantillon.
Quand on parle d'estimation ponctuelle, cela veut dire l'estimation du paramètre θ par une valeur
ponctuelle. On notera l'estimation ponctuelle de θ à partir d'un échantillon θ̂. On appelera T l'estimateur
31
de θ, c'est-à-dire la fonction mathématique qui est appliquée aux données observées sur l'échantillon pour
calculer θ̂ : θ̂ = T(données observées sur l'échantillon).
On exige souvent d'un estimateur T de θ qu'il soit sans biais, c'est-à-dire qu'en moyenne il
ne se trompe pas, autrement dit que la moyenne de la distribution d'échantillonnage de T soit égale à θ :
E(T ) = θ. Cela revient à dire que si l'on pouvait disposer d'un nombre inni d'échantillons, si on estimait
θ sur chacun d'eux à l'aide de l'estimateur T, la moyenne des valeurs obtenues serait égale à θ.
D'après les deux versions du théorème de l'approximation normale que nous avons vues auparavant,
nous pouvons dire que la moyenne X est une estimation sans biais la moyenne µ dans la
population dans le cas d'une variable quantitative continue car E(X) = µ, et que la fréquence
observée F d'un caractère étudiée est une estimation sans biais de la proportion π0 du
Prenons l'exemple de l'estimation de la fréquence de chats FIV positifs à partir d'un échantillon de 50
chats sur lesquels 7 sont détectés FIV positifs. On obtient une fréquence observée de f = 14% de chats
FIV positifs. On estimera la fréquence de chats FIV positifs dans la population correspondante à 14% et
Pour obtenir un estimateur sans biais de la variance, une petite correction est nécessaire. En eet,
on peut montrer (nous ne ferons pas de démonstration mathématique dans ce cours, pour ne pas le
surcharger de formalisme mathématique) que l'espérance de la variance V (X) n'est pas tout à fait égale
(N −1)×σ 2
à la variance de X dans la population σ 2 , mais que E(V (X)) =
N
. Si l'on estimait sans correction
σ2 par V (X), l'estimation serait donc biaisée. On sous-estimerait σ 2 , et ce d'autant plus que N , la taille
de l'échantillon, est petit. On utilisera donc comme estimation sans biais de la variance, la variance
N ×V (X) 1 PN
corrigée : σ̂ 2 = N −1
= N −1 k=1 (Xi − X)2 . Cette correction a été calculée de manière à ce que
E(σ̂ 2 ) = σ 2 .
Quand on estime un paramètre statistique à partir d'un échantillon, on associe généralement une
estimation par intervalle à l'estimation ponctuelle, dans le but de donner une indication quant à la précision
de l'estimation ponctuelle et d'indiquer ainsi quelle conance peut-on accorder à l'estimation à partir du
seul échantillon dont on dispose, mais en prenant en compte les uctuations d'échantillonnage. Pour
répondre à cette question sans avoir à répéter l'échantillonnage, on construit classiquement un intervalle
On utilise le plus couramment un intervalle de conance bilatéral, tel que déni ci-dessous et illustré
Figure 28.
32
Dénition d'un intervalle de conance bilatéral
α
P r(t1 ≥ θ) = P r(t2 ≤ θ) = 2
donc P r(t1 ≤ θ ≤ t2 ) = 1 − α
t1 et t2 sont appelées les limites de conance et 1−α est appelé le seuil de conance.
Proba a/2
t1
[ ]t
2
t1
[ ]t Proba a/2
2
t1
[ ]t Proba 1 - a
2
Intervalles de conance sur une moyenne et une fréquence A partir du théorème de l'ap-
proximation normale et/ou d'autres résultats de la statistique théorique des intervalles de conance
α
avec u1− α2 le quantile à 1− de la distribution normale
2
N (0, 1) (pour α = 0.05, u1− α2 = 1.96,
cf. Table 4
utilisable si N F ≥ 20 et N (1 − F ) ≥ 20,
l'intervalle de conance bilatéral autour d'une moyenne X
µ = X ± tN −1;1− α2 × √σ̂
N
α
avec tN −1;1− α2 le quantile à 1− 2
de la distribution de Student de degré de liberté N −1
(TN −1 ),
cf. Table 5
33
La loi normale ainsi que la loi de Student pour quelques valeurs de degrés de liberté vous sont repré-
sentées dans la gure 29. Pour rappel la loi de Sudent est plus piquée et avec des queues de distribution
plus lourdes que la loi normale lorsque son degré de liberté est faible, et tend vers la loi normale lorsque
0.4
ddl = 1
ddl = 2
ddl = 5
ddl = infini
0.3
0.2
f
0.1
0.0
−4 −2 0 2 4
Figure 29 Représentation de la loi de Student pour quelques degrés de liberté et de la loi normale
Table 4 Quantiles à 1− α
2
de la loi normale centrée réduite N(0,1) pour quelques valeurs de α.
34
alpha 0.1000 0.0500 0.0100 0.0010 0.0001
Table 5 Quantiles à 1− α
2
de la loi de Student pour quelques valeurs de α et des degrés de liberté
croissant de 1 à 30 et leurs valeurs limites pour un degré de liberté inni (la loi tend alors vers loi normale).
35
Reprenons l'exemple de l'échantillon de 50 chats parmi lesquels 7 sont FIV positifs. Nous avions déduit
auparavant de ces chires une estimation ponctuelle de 14% de chats FIV positifs dans la population. Pour
pouvoir utiliser la formule précédente de calcul d'un intervalle de conance sur une fréquence, il faudrait
au moins 20 chats FIV positifs. Imaginons qu'on ait eu par exemple 70 chats FIV positifs sur 500, on
q q
0.14×0.86 0.14×0.86
aurait pu utiliser cette formule, qui nous aurait donné [0.14−1.96× 500
; 0.14+1.96× 500
] =
[0.14 − 0.03; 0.14 + 0.03] = [11%; 17%]. Sur notre exemple avec 7 chats sur 50 FIV positifs, comme les
conditions d'utilisation ne sont pas respectées, on utilise un calcul plus complexe (on verra au second
semestre comme la réaliser via le logiciel R sur ordinateur) qui utilise la loi binomiale sans approximation
Lors de la première séance de travaux dirigés, nous verrons sur un exemple comment il est possible
d'obtenir ce type de formules de calcul d'intervalle de conance à partir de résultats de statistique théorique.
et de savoir le calculer à partir des formules données précédemment pour une fréquence et une moyenne,
En terme d'interprétation d'un intervalle de conance, étant donné qu'en pratique on calcule un
intervalle de conance sur un seul échantillon, on n'a aucun moyen de savoir si cet intervalle de
conance contient bien la vraie valeur du paramètre. On peut juste se dire qu'en moyenne,
lorsqu'on calcule des intervalles de conance à 95%, on se trompe une fois sur 20 (5% des
échantillons).
Avant d'utiliser un intervalle de conance, il est impératif d'en vérier ses conditions
utilisation, sans quoi on risque de raconter n'importe quoi. Il est très important de savoir juger, à partir
d'un échantillon, du respect des conditions d'application du théorème de l'approximation normale. De très
nombreux outils statistiques (estimateurs ponctuels et par intervalle, test statistiques) sont basés sur le
théorème de l'approximation normale et nécessitent donc la vérication au préalable de ses conditions d'uti-
lisation. Il est IMPORTANT de se souvenir que la vérication des ces conditions d'utilisation,
dans le cas d'une variable quantitative, ne peut pas se faire en regardant uniquement la taille
travaux dirigés).
Dans l'exemple précédent (7 chats FIV positifs sur 50), si l'on avait appliqué à tort la formule précédente
q
0.14×0.86
utilisant la loi normale, on aurait obtenu comme intervalle de conance [0.14 − 1.96 × 50
; 0.14 +
q
0.14×0.86
1.96 × 50
] = [0.14 − 0.096; 0.14 + 0.096] = [4.4%; 23.6%] au lieu de [6%; 27%]. Avec un eectif
encore plus petit (ex. 2 chats FIV positifs sur 15, soit 13.3% en estimation ponctuelle, on aurait même
obtenu l'intervalle [−3.9%; 30.5%], contenant des valeurs négatives, ce qui n'a bien entendu pas de sens
pour l'estimation d'une proportion - n'hésitez pas à vérier le calcul par vous-même, cela vous entraînera).
Dans certains cas particuliers on dénira des intervalles de conance unilatéraux (une seule limite
de conance, cf Figure 30) ayant toujours une probabilité 1−α de contenir la vraie valeur du paramètre.
calcul du seuil au dessous duquel on veut pouvoir dire avec une conance de 95% que se trouve
36
une proportion d'animaux malades dans un pays (intervalle du type [0, t]),
calcul du seuil au dessus duquel on veut pouvoir dire avec une conance de 95% que se trouve la
] Proba a
t
Proba 1 - a
]
t
Figure 30 Illustration de la dénition d'un intervalle de conance unilatéral dans le cas d'un intervalle
de type [0, t] : P r(t ≥ θ) = α donc P r(t ≤ θ) = 1 − α.
? ? ? A partir de la formule qui vous est donnée dans ce chapitre, calculez l'intervalle de conance
à 95% sur la température corporelle moyenne des chats sains, en supposant que la distribution de
cette variable chez les chats sains est normale et qu'on a estimé sur un échantillon de 144 chats
sains une moyenne à 39 degrés celsius et un écart type à 0.25 (on prendra les quantiles de la loi
normale dans ce calcul en considérant que pour un degré de liberté de plus de 30 on peut approcher
Refaites le même calcul d'intervalle de conance à 95% sur la température corporelle moyenne des
chats sains, en supposant cette fois que les mêmes moyenne et écart type estimé ont été obtenus
Comparez ces deux intervalles à l'intervalle de uctuation à 95% que vous aviez obtenu à partir des
mêmes données observées dans la section 2.4.2. Ce dernier dépendait-il de l'eectif observé ?
l'incertitude associée à l'estimation d'un paramètre statistique à partir d'un échantillon (ex.
moyenne, proportion) et l'intervalle de uctuation visant à décrire l'intervalle dans lequel uc-
tuent la plus grande partie (95% si l'intervalle est calculé à 95%) des valeurs observées dans un
37
? ? ? Imaginez qu'on tire au sort aléatoirement n étudiants vétérinaires sur lesquels on estime la
fréquence de lles. A partir des données observées (sans utiliser de connaissance a priori ) peut-
on conclure que la fréquence de lles parmi les étudiants vétérinaires est diérente de
50%, autrement dit que le ratio lles / garçons n'y est pas équilibré ?
Imaginons 5 cas :
Vous vous rendez compte sur cet exemple qu'il n'est pas toujours évident de répondre à ce type de
question, et qu'il est certainement utile de prendre en considération à la fois la taille de l'échantillon et
la valeur de la diérence observée entre la fréquence de lles et la valeur théorique attendue de 50%.
C'est l'objet des tests statistiques de xer un cadre théorique associé à ce type de questionnement et
d'y donner une réponse objective. Ce cadre n'étant pas des plus simple à bien comprendre, et faisant
régulièrement l'objet d'abus d'interprétation, nous allons faire un petit retour 100 ans auparavant pour
Dans les années 1920, Ronald Aylmer Fisher a popularisé un concept proposé quelque temps auparavant
par Karl Pearson, le concept de "p-value" ou en français "valeur de p", qui est depuis très couramment
Nous dénirons tout d'abord l'hypothèse nulle H0 qui est l'hypothèse de diérence nulle. Dans
notre exemple on compare une fréquence observée (f fréquence de lles) à une valeur de référence de 50%
et donc H0 est l'hypothèse selon laquelle la proportion de lles parmi les étudiants vétérinaires est de 50%
(H0 : π0 = 0.5). L'objectif du test de signication va être d'évaluer si les données nous permettent
de réfuter cette hypothèse. Pour cela on va confronter les données à H0 et se poser la question :
"les données sont-elles probables sous H0 ?" Autrement dit, "est-il probable, sous H0 , d'observer une telle
diérence, sous-entendu une diérence aussi grande (en valeur absolue) ?"
La réponse à cette question est une probabilité qu'on appelle la "p-value" ou "valeur de p" en français.
On lui donne aussi parfois le nom de degré de signication. La p-value est donc la probabilité, si
on est sous H0 , d'observer une diérence au moins aussi grande que celle observée sur les
données. Si on veut formaliser la p-value dans le cas d'un test de signication d'une diérence d (dans cet
exemple la diérence entre la fréquence de lles observée et 50%), elle correspond à P r(|d| > |dobs ||H0 ).
Si p est faible on rejette H0 et on en conclut qu'il existe bien une diérence, sous entendu que la
diérence observée n'est pas uniquement due aux uctuations d'échantillonnage mais est le reet d'une
38
diérence réelle dans la population. Il est devenu d'usage de xer un seuil de 5% pour la valeur de p (à
noter que R.A. Fisher n'avait pas proposé de seuil particulier) et si p < 5% de dire que la diérence est
signicative mais cet usage est actuellement remis en cause par un grand nombre de statisticiens ( cf.
A ce stade, je vous demande non pas d'apprendre par coeur une règle de décision sans vraiment la
comprendre, mais de bien comprendre ce qu'est la p-value. C'est la réponse à la question : "sous
l'hypothèse H0 de diérence nulle, quelle est la probabilité d'observer une diérence au moins aussi
grande (en valeur absolue) que celle que l'on a observé sur cet échantillon ?". Ou encore à retenir
en plus court,
"sous l'hypothèse H0 , quelle est la probabilité d'observer une telle diérence ? ! ! !".
On comprend alors bien que plus la p-value est petite, plus on a d'arguments pour rejeter H0 et
Gardons en tête que nous sommes dans le même cadre théorique que celui décrit en partie 3.3 où le
paramètre d'intérêt (ici π0 la proportion de lles dans la population d'étudiants vétérinaires) est supposé
xe mais inconnu car on n'a accès qu'à un échantillon de la population. Lorsque l'on parle de probabilité
d'observer sous H0 une diérence au moins aussi grande que celle qu'on a observé sur notre unique échan-
tillon, c'est sous-entendu "si on pouvait disposer de plein d'échantillons sous H0 ". Le terme probabilité
a donc ici le sens de fréquence d'occurences sur un grand nombre d'échantillons tirés au hasard dans la
Maintenant que vous avez compris le sens de la p-value, voyons sur ce cas de comparaison d'une
fréquence observée f à une fréquence de référence (dite aussi fréquence théorique) π0 , comment il est
possible de calculer la p-value à partir de ce qu'on appelle une variable de décision. Le théorème
q
π0 (1−π0 )
de l'approximation normale, s'il est applicable (N assez grand) nous dit : F ∼ N (π0 , N
).
Donc la variable centrée réduite u = q πF −π 0
(1−π
∼ N (0, 1)
0 0)
N
on confronte uobs à la loi qu'elle est censée suivre sous H0 pour quantier la
Appliquons cette procédure à notre exemple dans le cas 3 (15 lles sur n = 20 : 75% → uobs = 2.24).
Visualisons la valeur la p-value (aire sous la courbe en bleu) dans la gure 31 qui représente la densité
de probabilité de la loi N (0, 1) (loi attendue de la variable de décision u sous H0 ). uobs = 2.24 étant
compris entre les quantiles de la loi normales (quantiles qu'on trouve dans la table 4, u1− 0.05 = 1.96 et
2
u1− 0.01 = 2.576), on en déduit que 0.01 < p < 0.05 et donc qu'on a assez d'arguments au vu des données
2
39
0.4
a)
0.3 uobs
0.2
f
0.1
p 2 p 2
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3
0.4
b)
0.3 uobs
0.2
f
0.1
0.05 2 0.05 2
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3
0.4
c)
0.3 uobs
0.2
f
0.1
0.01 2 0.01 2
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3
Figure 31 Représentation a) de la p-value (aire sous la courbe en bleu) dans le cas de la comparaison
d'une fréquence observée de 0.75 sur un eectif de 20, à une proportion théorique de 0.5 (ce qui donne
uobs = 2.24), et comparaison cette p-value à b) 5% (sachant que u1− 0.05 = 1.96) et à c) 1% (sachant
2
40
? ? ? Si nous appliquons un test de signication aux autres cas sur le même exemple nous obtenons
A partir de ces exemples, et avant de lire la suite, je vais vous demander de faire quelques petits
refaites vous même les calculs pour les cas 3, 4 et 5 an de vérier que vous avez bien compris
pour chacun des cas, comparez la conclusion que l'on obtient en terme de rejet ou non
de H0 (avec le seuil classique de 5%) avec la décision que vous aviez donnée en utilisant
votre intuition en début de chapitre. Avez-vous tendance, dans des cas comme ceux-ci, à
rejeter plus facilement ou plus dicilement H0 que la procédure classique que l'on vient de
présenter ?
en vous basant notamment sur les deux premiers cas, pensez-vous qu'on peut tirer une
Alors peut-on accepter H0 lorsque p est élevé ? J'espère que vous êtes convaincu, notamment à partir
des cas 1 et 2 de l'exemple que non. Voici une citation de R.A. Fisher à ce sujet : The null hypothesis
is never proved or established, but it is possibly disproved, in the course of experimentation , autrement
dit un test de signication peut conduire à rejeter H0 dans certains cas, mais en aucun cas
à l'accepter.
A RETENIR !
Objectif du test de signication : déterminer si une diérence observée est le reet d'une vraie
Principe :
à l'aide d'une variable de décision on calcule la p-value (p), i.e. la probabilité d'observer, sous
H0 , une diérence au moins aussi grande que celle observée sur l'échantillon,
si p est faible on rejette H0 (il est d'usage si p < 0.05 de dire que la diérence est signicative),
plus p est petit, plus on a d'arguments pour rejeter H0 .
On ne peut jamais accepter H0 seulement à partir de la p-value
41
3.4.2 Le test d'hypothèse tel que modié par [Link] et J. Neyman
Une deuxième vision a été proposée par Jerzy Neyman et Egon Pearson en 1928 et présentée comme une
amélioration du test de signigication. Ils ont proposé l'utilisation de la p-value pour un test d'hypothèse,
outil décisionnel permettant de choisir entre deux hypothèses, l'hypothèse nulle H0 l'hypothèse alternative
H1 de diérence non nulle. Le principe est de choisir H0 si p > 0.05 et H1 si p < 0.05.
comment, pour un α donné, xé dans la gure classiquement à 5%, β dépend de H1 , donc de la vraie
diérence. Plus elle grande et plus β est petit, donc plus le test est puissant.
Pour illustrer cette fois l'impact de l'eectif sur la puissance d'un test (en reprenant l'exemple du test
de comparaison de la fréquence de lles à 50%), nous avons réalisé des simulations de 1000 échantillons
d'étudiants vétérinaires (en faisant varier la taille des échantillons) en supposant que la proportion de lles
Dans le cadre de la réalisation d'un test d'hypothèse, on souhaite avoir un risque β faible donc une
puissance 1−β forte, mais β peut être élevé (donc la puissance faible) du fait :
On ne peut raisonnablement utiliser un test d'hypothèse que si la puissance est maîtrisée donc si
Il s'agit d'un calcul a priori d'eectifs nécessaires pour atteindre une puissance donnée, c'est-
à-dire une probabilité donnée de détecter une diérence dépassant un seuil d'intérêt prédéni (nous verrons
comment faire ce type de calcul au second semestre lors des travaux dirigés sur ordinateurs).
Néanmoins il est important de savoir ce qu'écrivait R.A. Fisher dans une lettre au magazine Nature
Errors of the second kind are committed only by those who misunderstand the nature
42
0.4
Rejet de H0 Rejet de H0
0.3
H0 H1
0.2
f
0.1
0.0 α 2 β α 2
−4 −2 0 2 4 6
u
0.4
Rejet de H0 Rejet de H0
0.3
H0 H1
0.2
f
0.1
α 2 β α 2
0.0
−4 −2 0 2 4 6
u
0.4
Rejet de H0 Rejet de H0
0.3
H0 H1
0.2
f
0.1
α 2 β α 2
0.0
−4 −2 0 2 4 6
Figure 32 Représentation des risques de première et deuxième espèce pour diérentes hypothèses
alternatives H1
On comprend bien à la lecture de la citation précédente de R.A. Fisher, la discorde profonde entre
lui d'un côté et J. Neyman et E. Pearson de l'autre. R.A. Fisher craignait sans doute, à raison, que les
tests soient utilisés de façon abusive pour valider une hypothèse en l'absence de preuve permettant de
la réfuter, sans s'être donné les moyens d'obtenir susamment de preuves (via un calcul de puissance a
priori ). Par analogie avec ce qui se passe lors d'un procès, accepter H0 à partir de peu de données, juste
parce que la p-value est supérieure à 5%, c'est comme relaxer un inculpé après un jour d'enquête juste
parce qu'on n'a pas trouvé de preuve de sa culpabilité durant cette enquête minimale.
La mauvaise utilisation des tests, venant en partie de l'amalgame entre les tests de signication (version
R.A. Fisher) et les tests d'hypothèse (version [Link] et E. Pearson), est trop fréquente et a fait couler
43
beaucoup d'encre dans tous les domaines d'application des statistiques depuis des décennies, avec des
titres comme "Faut-il brûler les tests de signication statistique ?", "What Your Statistician Never Told
You about P-Values ?", "A Dirty Dozen : Twelve P-Value Misconceptions". Le débat est même abordé
dans les revues de vulgarisation, comme dans l'article publié dans la revue Pour la science en avril 2020 et
intitulé "La valeur-p : un problème siginicatif. Les méthodes statistiques pour jauger la pertinence d'un
Pour un bon usage des tests à l'heure actuelle, on peut s'appuyer sur un article publié en 2016 dans le
journal The American Statistician (Wasserstein and Lazar (2016)), référence très citée et qui fait consensus
auprès des statisticiens. Cette référence décline les six points suivants :
1. P-values can indicate how compatible the data are with a specied statistical model.
En eet plus la valeur de p est petite et plus l'incompatibilité statistique entre les données et
l'hypothèse nulle est grande. On peut voir la valeur de p comme un indicateur de discordance
2. P-values do not measure the probability that the studied hypothesis is true.
C'est-à-dire que la valeur de p ne doit surtout pas être interprétée comme la probabilité de l'hy-
pothèse nulle connaissant les données, même si cela est très tentant. On ne peut pas inverser les
Si un jour vous en êtes tenté pensez au cas 1 de notre exemple (avec deux lles sur un échantillon
aléatoire de deux étudiants vétérinaires en concluriez-vous que la probabilité pour qu'il y ait autant
3. Scientic conclusions and decisions should not be based only on whether a p-value
Actuellement les scientiques donnent souvent trop de poids à la valeur de p et au résultat du test en
terme de diérence signicative ou non, parfois sans même regarder la diérence estimée. Il convient
plutôt de considérer le test juste comme un garde fou, nous empêchant d'interpréter
En moyenne dans tous les cas où H0 est vraie, une fois sur 20
5. A p-value does not measure the size of an eect or the importance of a result.
Une valeur de p petite n'implique pas forcément la mise en évidence d'une diérence d'intérêt
44
biologique : une diérence importante peut ne pas apparaître signicative du fait du manque de
puissance de l'analyse (par ex. en cas d'eectifs faibles). Et inversement, une diérence biologique
importante peut ne pas apparaître signicative du fait de faibles eectifs. Il est donc capital, dans
6. By itself, a p-value dose not provide a good measure of evidence regarding a hypo-
thesis.
On ne doit jamais utiliser un test d'hypothèse pour montrer une hypothèse et en particulier pour
montrer une équivalence mais privilégier les tests d'équivalence basés sur les intervalles de conance
dans ce cas.
Le principe des tests d'équivalence (cf. Figure 33) est de dénir a priori une zone d'équivalence,
sur des critères biologiques (quelle diérence maximum sera considérée comme négligeable ?) puis
? ? ? Pour voir si vous avez bien compris la diérence entre test d'équivalence et test d'hypothèse,
Une étude comparative de deux produits traitant l'otite externe du chien a été réalisée sur 140
chiens atteints par cette pathologie. Les deux produits comparés associent antibiotique et anti-
inammatoire. L'un des deux produits est un traitement de référence considéré comme ecace mais
pouvant entraîner des eets secondaires. Le but de l'étude est de montrer que le nouveau produit
est aussi ecace que le produit de référence (par un test d'équivalence). Sur ce type de traitement
l'équivalence a été dénie auparavant par une diérence entre les 2 fréquences de guérison inférieure
à 0.2 (20%). A l'issue de l'étude randomisée la fréquence de guérison observée était de 58.3% avec
le nouveau produit et de 41.2%, avec une diérence estimée de 17.1% et un intervalle de conance
à 95% ne contient pas la valeur 0, concluerait-on ici à une diérence signicative d'ecacité
45
20
a) non rejet de H0
15
b) non rejet de H0
acceptation de l'équivalence
−13:10
10
c) rejet de H0
acceptation de l'équivalence
d) rejet de H0
non acceptation de l'équivalence
5
e) rejet de H0
rejet de l'équivalence
0
−10 −5 0 5 10
Figure 33 Illustration du principe du test d'équivalence et conclusions comparées des tests de signi-
cation et d'équivalence sur 5 exemples. Nous montrerons sur un exemple en travaux dirigés qu'on peut
pas la valeur 0.
46
En 2019, un numéro spécial de la même revue, The American statistician, présente les points de
vue d'un grand nombre de statisticiens de renom au sujet de l'utilisation et/ou de l'abandon des tests
statistiques (Wasserstein et al. (2019)). Sans bannir complètement l'utilisation de la p-value, ils préconisent
m'est dicile pour le moment de les bannir complètement de mon enseignement car elles sont encore
beaucoup utilisées, mais j'espère pouvoir le faire un jour. Nous verrons comment les façons de faire
Ce chapitre est de loin le plus compliqué du cours de biostatistique d'un point de vue conceptuel
et il est capital que vous ayez compris toutes les notions qui y sont abordées. En ce qui concerne
l'utilisation très controversée des tests de signication ou d'hypothèse, nous nous en tiendrons à la
présentation qui en a été faite par R.A. Fisher, en prenant soin de ne jamais conclure à l'acceptation
de H0 à partir de la p-value, et, à chaque fois que cela est possible, nous compléterons le calcul de
la p-value par le calcul de l'estimation ponctuelle et par intervalle de l'eet étudié (ex. diérence
variables qualitatives
les séries sont indépendantes ou dépendantes (c'est-à-dire appariées dans le cas de deux séries).
Savoir repérer dans quels cas on doit utiliser un test du χ2 d'ajustement, un test du χ2 d'indépen-
Savoir vérier les conditions d'utilisation de ces tests et en interpréter les résultats.
Prenons l'exemple d'un échantillon aléatoire de 15 étudiants vétérinaires sur lequel on compte 4 garçons
et 11 lles. Peut-on dire à partir de cet échantilllon qu'il y a plus de lles que de garçons dans la population
des étudiants vétérinaires ? Autrement dit peut-on rejeter l'hypothèse selon laquelle la proportion de lles
Pour répondre à cette question nous pouvons utiliser la variable de décision présentée précédemment
47
Procédure de réalisation d'un test du χ2 d'ajustement
1. Calcul des eectifs théoriques sous H0 : diérence nulle c'est-à-dire πf illes = 0.5
Eectifs observés notés Oi : lles 11, garçons 4
les Ci sont supérieurs à 5 (c'est le cas ici), on peut considérer que la variable de décision suit
à peu près la loi du χ2 de degré de liberté k−1 (cf. Table 6 et Figure 34).
ddl = 1
ddl = 2
ddl = 4
0.4
ddl = 6
0.3
f
0.2
0.1
0.0
0 2 4 6 8
χ2
48
alpha 0.1000 0.0500 0.0100 0.0010 0.0001
Table 6 Quantiles à 1 − α de la loi du χ2 pour quelques valeurs de α et des degrés de liberté croissant
de 1 à 30.
49
1.2
1.0
χ2obs
0.8
0.6
f
0 2 4 6 8 10
χ2
l'exemple pour la comparaison d'une fréquence observée à une fréquence théorique (à partir de la loi du
χ2 à un degré de liberté).
Ce même test du χ2 d'ajustement peut être utilisé non seulement pour comparer une fréquence
observée à une fréquence théorique (dans ce cas il est équivalent au test utilisant la loi normale présentée
au chapitre 3.4.1) mais aussi la distribution observée d'une variable qualitative à k classes (quel que soit
? ? ? Pour voir si vous avez bien compris le principe du test du χ2 d'ajustement, essayez de l'appliquer
à l'exemple suivant :
On cherche à savoir si une maladie donnée est liée au groupe sanguin, autrement dit si certains
groupes sanguins sont plus touchés que d'autres. Sur 200 malades observés, on a dénombré 104
AB. Peut-on dire à partir de cette observation que la répartition des groupes sanguins est diérente
chez les sujets malades et chez les sujets sains. Il s'agit bien de comparer une distribution observée
sur un échantillon, ici la distribution des groupes sanguins chez les malades, à une distribution de
Vériez la cohérence des résultats que vous obtenez avec les sorties que vous donnerait le logiciel R
la valeur du χ2 observé,
la p-value associée.
##
## Chi-squared test for given probabilities
##
## data: [Link]
## X-squared = 6.036, df = 3, p-value = 0.11
50
4.2.2 Le test du χ2 d'indépendance
Prenons un exemple de comparaison de plusieurs fréquences observées sur des échantillons indépen-
dants à partir de données tirées de la thèse d'exercice vétérinaire de Mathilde Poinssot (Maisons Alfort,
2011).
A partir d'un échantillon de 999 chiennes d'élevage on voudrait savoir si la fréquence d'intervention
de l'éleveur ou du vétérinaire pendant leur mise-bas dépend de la taille des races (variable qualitative à
4 classes qu'on notera ainsi : races géantes (XL), randes races (L), races moyennes (M) et petites races
(S)). Autrement dit, on se demande si les fréquences d'intervention sont diérentes entre les 4 groupes
de taille de race, ou encore si la variable "intervention" est corrélée à la variable "taille de race".
Dans un exemple de ce type les données observées sont présentées sous la forme d'une table de
contingence (cf. Table 7), et on calcule généralement les fréquences associées (ici fréquences d'intervention
associées à chacun des 4 groupes : 0.681 0.423 0.423 0.497 resp. pour les groupes ou séries XL, L, M,et S).
On peut y associer une représentation graphique sous forme de diagramme en barres comme en Figure 36.
Intervention
Table 7 Table de contingence décrivant la distribution jointe observée des variables "intervention" et
XL L M S
sans intervention
avec intervention
51
Pour comparer globalement les quatre fréquences, autrement dit savoir si l'on peut conclure
à une corrélation entre les variables "intervention" et "taille des races", on va utiliser le test
1. Calcul des eectifs théoriques sous H0 : indépendance entre les deux variables (inter-
vention et taille de races) ce qui équivaut à diérence nulle entre les fréquences.
On calcule les eectifs théoriques Cij à partir des totaux Ci. et C.j
Cij C.j
Sous H0 , les probabilités marginales et conditionnelles sont les mêmes, c'est-à-dire Ci.
= N
C.j
donc Cij = Ci. × N
Dans l'exemple de calcul de l'eectif théorique pour la cellule OUI et L, on utilise le fait que
sous H0 la fréquence d'intervention attendue pour la taille de classe L est la même que celle
attendue pour toutes les autres tailles et est donc aussi la fréquence marginale, i.e. toutes
471
tailles confondues, égale à :
999
Taille de race XL L M S Total
Intervention
NON 528
471
OUI 999
× 317 471
Intervention
ligne),
colonne),
Dans notre exemple la valeur observée est χ2obs = 22.38 (dans le calcul il convient de garder
3. Calcul de la valeur de p
tous les Cij sont supérieurs à 5 (c'est le cas ici), on peut considérer que la variable de décision
comme précédemment d'encadrer la p-value à partir des valeurs données dans la table 6.
52
Dans notre exemple, au vu de la loi du χ2 de degré de liberté 3 (Table 6) et de la valeur observée
χ2obs = 22.38, la p-value est inférieure à 0.0001, et l'on peut donc conclure à une diérence globale entre
les quatre fréquences, c'est-à-dire à une corrélation entre la taille des races et l'intervention lors de la mise
bas. Même si le test ne nous donne qu'une réponse globale (diérence globale entre les 4 fréquences),
au vu de la gure 36, nous pouvons au moins en conclure que les chiennes de très grande taille ont plus
souvent besoin de l'intervention de l'éleveur ou du vétérinaire durant la mise bas que les chiennes de taille
inférieure.
Ce test du χ2 d'indépendance est utilisé pour corréler deux variables qualitatives observées sur les
individus d'un échantillon (exemple historique exposé par Karl Pearson : corrélation entre la couleur des
cheveux et la couleur des yeux) et pour comparer plusieurs fréquences observées sur des échantillons
indépendants. Dans le cas de la comparaison de deux fréquences sur deux échantillons indépendants, il
est équivalent au test utilisant la loi normale pour le calcul de la p-value, mais la statistique de la loi
normale permet en plus de donner un intervalle de conance sur la diérence entre les deux fréquences
? ? ? : Pour vous assurer que vous avez bien compris le principe du test du χ2 d'indépendance,
essayez de l'utiliser pour comparer les fréquences d'étudiants vétérinaires vivant avec un animal de
compagnie parmi les lles et parmi les garçons, à partir des données obtenues via une enquête réalisée
début 2017 auprès d'étudiants ayant intégré le cursus vétérinaire en automne 2016 : 8 étudiants sur
19 (soit 40.5%) vivaient avec un animal de compagnie contre 44 sur 74 chez les étudiantes (soit
Vériez la cohérence des résultats que vous obtenez avec les sorties que vous donnerait le logiciel R
la valeur du χ2 observé,
la p-value associée.
Si vous vous souvenez bien du chapitre précédent, peut-on conclure à partir de cette p-value qu'il
n'y a pas de corrélation entre le genre des étudiants vétérinaires et le fait qu'ils vivent ou non avec
##
## Pearson's Chi-squared test
##
## data: [Link]
## X-squared = 1.85, df = 1, p-value = 0.17
4.2.3 Quand les conditions d'utilisation des tests du χ2 ne sont pas respectées
Les tests du d'ajustement et d'indépendance ne peuvent être utilisés que si tous les eectifs calculés
sont supérieurs à 5. Que peut-on faire lorsque ce n'est pas le cas ? Considérons tout d'abord les cas de
comparaison de deux fréquences. Pour un test d'ajustement (comparaison d'une fréquence observée
53
à une fréquence théorique), on peut faire un calcul exact de la p-value à partir de la loi binomiale
et pour un test d'indépendance de comparaison de deux fréquences observées, on peut aussi faire
un calcul exact de la p-value à partir du test de Fisher. La plupart des logiciels statistiques permettent
ces calculs (on les utilisera lors des travaux dirigés sur ordinateur). Une alternative facile à utiliser même
sans logiciel statistique est de calculer le critère du χ2 avec une correction de continuité dite correction
Pk Pl |−0.5)2
(|Oij −Cij Pk (|Oi −Ci |−0.5)2
de Yates (χ2cor = i=1 j=1 Cij
pour un test d'indépendance ou χ2cor = i=1 Ci
pour un test d'ajustement) puis de réaliser le test habituel à partir de cette valeur corrigée (alternative
En ce qui concerne la comparaison de distributions dénies sur plus de deux classes ou de plus de deux
moins représentées. Mais la meilleure solution est encore de penser à ce problème potentiel en amont et
de ne pas travailler avec des classes qui risquent d'être peu représentées. Il existe d'autres alternatives qui
font appel aux techniques de tests par permutation qui sont un peu plus délicates à utiliser et que nous
Lorsque l'on compare des moyennes ou fréquences estimées sur plusieurs séries d'observations (issues
de plusieurs échantillons / groupes), pour choisir le bon test il est important de savoir si les séries sont
indépendantes ou dépendantes. Pour bien comprendre ce point plaçons-nous dans le cas simple de deux
séries. Dire que deux séries sont dépendantes est la même chose que dire qu'elles sont
appariées, i.e. qu'on a des paires d'observations. Pour savoir si deux séries sont appariées, imaginez-vous
les deux séries d'observations (pour chacun des deux groupes) et demandez-vous si les deux séries les
Dans un exemple de comparaison de deux fréquences, imaginons deux tests diagnostiques utilisés
en parallèle sur les mêmes souris. Si on regarde les deux séries d'observations (résultat du test 1 et
résultat du test 2 sur chaque souris), les observations y sont reliées par paires, qui correspondent
sur la prise de poids de jeunes animaux. Imaginons que l'expérimentation consiste à prendre systé-
matiquement deux animaux par portée, sur diverses portées échantillonnées, et à donner à l'un des
deux animaux l'aliment A, et à l'autre l'aliment B. Là encore on aurait deux séries d'observations
appariées, les paires étant constituées les prises de poids des deux animaux d'une même portée
4.3.2 Test de Mc Nemar et test de Cochran pour comparer respectivement deux ou plu-
54
On dispose de 2 tests A et B pour détecter la présence d'une maladie donnée chez des souris. Les 2
tests sont utilisés en parallèle sur 100 souris que l'on sait malades de façon certaine. On souhaite comparer
Il s'agit bien de comparer deux fréquences (les sensibilités) sur 2 séries appariées. Dans un exemple de
ce type, on présentera les données sous la forme d'une table de concordance (cf. Table 8), à ne pas
confondre avec une table de contingence : la table de concordance croise ici "test A (+ ou -)" avec "test
B (+ ou -)", alors qu'une table de contingence sur les mêmes données croiserait "Test (A ou B)" avec
Résultat du test A
positif 70 6
négatif 18 6
Table 8 Table de concordance décrivant les résultats des deux tests sur les souris testées.
70+6
A partir de cette table de concordance on peut calculer les deux sensibilités observées (SeA = =
100
70+18
0.76 et SeB = 100
= 0.88).
Pour comparer ces deux fréquences, le test de Mc Nemar se base uniquement sur les nombres
de résultats discordants, et utilise une variable de décision qui compare les eectifs des deux types
de discordances, c'est-à-dire les nombres de résultats A+B- (ici 6) et A-B+ (ici 18). On comprend bien
que les deux fréquences dièrent si et seulement si ces deux nombres dièrent.
Le test de Mc Nemar est basé sur la comparaison de la proportion de discordances d'un des deux
types (indiéremment A+B- ou A-B+ dans cet exemple) à la fréquence théorique de 50% attendue
sous l'hypothèse nulle d'égalité des fréquences. En pratique on note f et g les deux nombres de
vériez la cohérence de ce que vous obtenez avec les sorties que vous donnerait R pour ce test (cf.
ci-dessous).
##
## McNemar's Chi-squared test with continuity correction
##
## data: [Link]
## McNemar's chi-squared = 5.04, df = 1, p-value = 0.025
55
? ? ? pour les plus matheux d'entre vous (en option) : On peut assez facilement montrer
que réaliser le test de Mc Nemar revient en fait à réaliser un test du χ2 d'ajustement pour comparer
à la fréquence théorique de 50% l'une des proportions de discordances (n'importe laquelle des deux
f g
f +g
ou
f +g
), en faisant la correction de continuité de Yates dans la formule du χ2 .
Vous pouvez essayer de le démontrer si le formalisme mathématique ne vous fait pas peur.
la concordance entre les tests. Pour caractériser la concordance entre deux tests, la statistique du
Kappa de Cohen serait utilisable, mais nous ne la verrons pas dans le cadre de ce cours.
convaincre, imaginez un exemple de table de concordance correspondant à un cas où les deux tests
Repartons de l'exemple que nous venons de traiter, et supposons que nous n'avons pas seulement
deux tests diagnostiques à comparer mais trois. Il s'agit donc de comparer plusieurs fréquences sur des
Nous ne décrirons pas la variable de décision utilisée par ce test, ni dans le cours ni en travaux dirigés
du premier semestre, mais nous serons amenés à l'utiliser lors de nos travaux dirigés sur ordinateurs au
second semestre. L'essentiel pour vous à ce stade est de savoir dans quel cadre il convient de l'utiliser.
Voici un petit récapitulatif qui pourra vous aider pour le choix du bon test lors de la comparaison de
fréquences, auquel j'ai ajouté, pour vous aider lors des travaux dirigés du second semestre, le nom
Un seul échantillon
([Link]())
56
5 Comparaison de moyennes ou méthodes permettant de
tive
Avoir compris les diérences entre un test paramétrique et un test non paramétrique
Savoir réaliser à la main les deux tests de Student (séries indépendantes ou appariées) et avoir bien
compris l principe des tests non paramétriques associés (somme des rangs et rangs signés).
Savoir interpréter les résultats d'un test de normalité et d'un test de comparaison de variances et
Savoir choisir le test adapté pour comparer deux ou plusieurs séries d'une variable quantitative en
fonction de la question posée, du plan d'expérience et des données, et en interpréter les résultats.
Un essai randomisé a été réalisé sur 18 chiens, an d'évaluer l'ecacité d'un supplément alimentaire
contre la formation de tartre sur les dents de l'animal. Neuf chiens reçoivent une alimentation supplémentée
(groupe supplément) et neuf chiens ne reçoivent aucune supplémentation (groupe témoin). La formation
de tartre est quantiée par un index combinant la proportion de dents atteintes et l'épaisseur de la couche
de tartre formée. On se demande si le supplément alimentaire diminue globalement l'index de tartre (ce
Il s'agit d'un exemple de comparaison de deux moyennes (ou plus généralement deux tendances cen-
trales) sur deux séries indépendantes (on n'a pas de paires d'observations). Les données vous ont été
Une approche paramétrique classique sur ce type d'exemple va supposer que le théorème de l'ap-
proximation normale s'applique et que les variances sont égales (même dispersion dans les deux
groupes). Elle visera à comparer les deux moyennes observées qui sont ici respectivement de 0.747 pour
57
1.6
1.6
1.4
1.4
1.2
1.2
index de tartre
index de tartre
1.0
1.0
0.8
0.8
0.6
0.6
0.4
0.4
0.2
0.2
supplément témoin supplément témoin
Figure 37 Deux représentations des distributions observées de l'index de tartre sur les deux séries.
Voici la variable de décision utilisée pour réaliser le test de Student de comparaison des deux
moyennes et la loi approchée sous H0 si l'on peut supposer le théorème de l'approximation normale
applicable chacun des deux groupes et qu'il est raisonnable de supposer les écarts types égaux dans
t = qx1 −x
1
2
1
∼ T (n1 + n2 − 2)
σ̂ n1
+n
2
r
(n1 −1)σˆ1 2 +(n2 −1)σˆ2 2
avec σ̂ = n1 +n2 −2
2 2
où σˆ1 et σˆ2 représentent les écarts types estimés sur chacun des deux groupes,
Figure 29).
A partir de cette variable de décision que l'on peut calculer sur les données (dans notre exemple
tobs = −1.84), on peut calculer la valeur de la p-value comme une aire sous la courbe, comme nous
l'avons vu précédemment dans le chapitre 3.4.1 et comme illustré Figure 38 (ici 0.1 > p > 0.05 ).
La statistique de Student utilisée pour calculer la p-value peut aussi être utilisée pour calculer un
q
1 1
µ1 − µ2 = x1 − x2 ± tn1 +n2 −2;1− α2 × σ̂ × n1
+ n2
Lors du premier TD, nous montrerons comment obtenir cet intervalle de conance à partir du résultat
précédent, et nous montrerons que dire que la p-value est inférieure à 5% (donc qu'on conclut
58
0.4
zone de zone de
0.3 rejet de H0 tobs − tobs rejet de H0
pour α = 5% pour α = 5%
0.2
f
0.1
0.0
−3 −2 −1 0 1 2 3
Figure 38 Illustration du calcul de la p-value (aire sous la courbe de densité de probabilité de la loi
coloriée en violet) dans le test de Student de comparaison des distributions observées de l'index de tartre
à une diérence signicative entre les deux moyennes) est équivalent à dire que l'intervalle
de conance à 95% sur la diérence entre les 2 moyennes ne contient pas la valeur 0. Mais
cet intervalle de conance est plus informatif que la p-value et il est donc important de le donner.
Dans cet exemple la diérence est estimée à -0.34 avec son intervalle de conance à 95% de [−0.74; 0.05].
Ce résultat ne permet donc pas de mettre en évidence une diérence, et il est alors courant dans ce cas
de dire que la diérence est non signicative, mais on gardera en tête qu'il convient de se méer de cette
terminologie (cf. Wasserstein et al. (2019)) et que cela ne permet en aucun cas de conclure qu'il n'y
a pas de diérence. On n'aurait d'ailleurs pas envie de le faire en regardant ce que nous dit l'intervalle
de conance (cf. Figure 39) qui n'est pas en faveur d'une diérence nulle, à moins que l'on considère
comme négligeable une diérence de -0.74 (peu probable pour un index qui est d'environ 1 dans le groupe
témoin).
2.0
−1:1
1.0
0.0
Figure 39 Visualisation de l'estimation de la diérence entre les deux moyennes d'index de tartre dans
notre exemple
? ? ? Vous trouvez ci-dessous la sortie de R pour ce test. Observez-la bien pour y repérer tous les
résultats calculés que l'on a calculé sur cet exemple (valeur observée de la variable de décision, degré
de liberté de la loi suivie par cette variable sous H0 , p-value associée, moyennes observées, intervalle
de conance sur la diérence entre les deux moyennes).
59
##
## Two Sample t-test
##
## data: d$index by d$traitement
## t = -1.84, df = 16, p-value = 0.085
## alternative hypothesis: true difference in means between group supplement and group tem
## 95 percent confidence interval:
## -0.741977 0.053088
## sample estimates:
## mean in group supplement mean in group temoin
## 0.74667 1.09111
Dans une aproche paramétrique, la variable de décision du test est calculée à partir d'un paramètre
statistique caractérisant chaque loi observée (ici la moyenne) et cette variable de décision n'est de
loi connue (ici la loi de Student) que si certaines hypothèses fortes peuvent être faites sur les lois observées.
Dans une approche non paramétrique, on n'utilise plus directement de paramètre caractérisant chaque
loi observée (ici on n'utilise plus la moyenne) et on ne fait plus d'hypothèse forte quant à la forme des lois
observées. Les approches non paramétriques les plus courantes sont basées sur des statistiques de rang,
qui n'utilisent comme information que l'ordonnancement des observations entre elles. Ces statistiques sont
(dans l'exemple on en a deux à la 15ème position, on leur aecte le rang 15.5 et on continue
à l'aide d'une variable de décision adaptée qui n'est pas incluse dans ce polycopié
Dans l'exemple on obtient une valeur de p > 0.10 ce qui ne nous permet pas de conclure à une
diérence. On utilisera R au second semestre pour réaliser ce test, et il vous sut à ce stade d'avoir
bien compris le principe du test, et de savoir retrouver et interpréter sa p-value dans la sortie de R (cf.
60
18
1.6
17
1.4
15.5 15.5
14
1.2
Ttémoin = 104.5
index de tartre
13 12
1.0
11
10
9
0.8
Tsupplément = 66.5 8
7
6
0.6
5
4
3
0.4
1
0.2
supplément témoin
Figure 40 Calcul des rangs des observations et de la somme des rangs dans notre exemple
##
## Wilcoxon rank sum test with continuity correction
##
## data: d$index by d$traitement
## W = 21.5, p-value = 0.1
## alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0
Nous obtenons, dans ce cas (ce n'est pas systématique bien sûr), la même conclusion qu'avec l'ap-
proche paramétrique, mais nous ne pouvons pas donner plus d'information qui pourrait nous aider dans
l'interprétation du résultat. Eectivement, comme cette approche ne se base pas sur l'estimation d'un
paramètre (pas d'estimation des moyennes ni de leur diérence), elle ne peut fournir d'indication sur
61
? ? ? Pour vous assurer que vous avez bien compris le principe du test de la somme des rangs,
calculez les sommes des rangs de chacun des deux groupes pour l'exemple suivant. Dans le cadre
d'un essai randomisé on évalue l'eet de deux traitements sur la charge parasitaire (mesurée en
Les résultats obtenus sur 13 animaux sont répertoriés dans le tableau suivant :
traitement A A A A A A B B B B B B B
Dans un deuxième temps interprétez la sortie de R associé à ce test sur cet exemple (cf. ci-dessous).
Notez que le message d'alerte ne nous empêche pas d'interpréter la p-value. Il indique juste qu'en
présence d'ex aequos dans les données (ce qui est le cas ici) le calcul de la p-value n'est pas exact
mais approché.
A votre avis pourquoi a-t-on choisi une approche paramétrique dans un tel cas ?
##
## Wilcoxon rank sum test with continuity correction
##
## data: dantipara$charge by dantipara$traitement
## W = 38, p-value = 0.02
## alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0
test de la somme des rangs que l'on vient de présenter est assez courante et nous l'utiliserons parfois
Pour vous aider à choisir entre les deux approches, sur chaque cas pratique, résumons les avantages
et inconvénients de chacune.
Approche paramétrique
Intervalle de conance associé pouvant s'avérer très informatif surtout en cas de non rejet de H0 .
Approche non paramétrique
62
Vous comprendrez bien à partir de ce bilan que l'approche paramétrique à privilégier, si possible, c'est-
à-dire si ses conditions d'utilisation sont vériées, éventuellement après transformation de la variable pour
que ses conditions soient respectées (on verra notamment des exemples de tranformation logarithmique
en travaux dirigés).
Revenons à l'exemple. Peut-on utiliser une approche paramétrique sur cet exemple ? Peut-on appliquer
le théorème de l'approximation normale ? La variable est un index combinant diverses informations (variable
de type score). Rien ne garantit donc à l'avance la normalité de sa distribution. Les eectifs ne sont pas
très grands (deux groupes de 9). L'observation des données ne conduit pas à remettre en cause l'hypothèse
de normalité des distributions (en plus des diagrammes en boîte de la Figure 37 où l'on voit que les boîtes
sont à peu près symétriques, sans valeurs extrêmes, on peut voir sur les diagrammes Quantile-Quantile
de la Figure 41 que les points sont à peu près alignés), néanmoins les eectifs ne sont vraiment pas très
grands. On est ici dans un cas un peu limite ou certains choisiraient une démarche paramétrique et
d'autres une démarche non paramétrique. Dans le cas du choix d'une démarche paramétrique, il serait
raisonnable de supposer les variances égales (écarts types du même ordre de grandeur, 0.37 pour
le groupe supplément et 0.42 pour le groupe témoin et dispersions comparables d'après les diagrammes
en boîte).
1.4
1.4
quantiles observés
quantiles observés
1.0
1.2
0.8
1.0
0.6
0.8
0.4
0.6
0.2
−1.5 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 −1.5 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5
Figure 41 Diagrammes Quantile-Quantile de l'index de tartre sur chacune des deux séries.
de l'examen visuel des distributions, visant à évaluer si le théorème de l'approximation normale est
applicable. Vous verrez en travaux dirigés que bien souvent le choix s'impose de lui-même. Mais il est
pour certains frustrants de ne pas disposer d'une méthode plus "objective" pour choisir entre les deux
approches, et il n'est pas rare de voir, dans des articles, l'utilisation de tests de normalité et d'égalité des
variances pour vérier les conditions d'utilisation du test de Student montré précédemment.
Les tests de normalité, dont le test de Shapiro Wilk que nous pourrons être amenés à utiliser
au second semestre à l'aide du langage R, ont comme hypothèse nulle H0 : "la distribution est
normale".
a comme hypothèse nulle H0 : "les variances sont égales". Nous l'utiliserons lorsque notre
63
objectif sera de mettre en évidence une diérence entre deux séries d'observations en terme de
dispersion.
Mais l'utilisation de ces deux tests (test de normalité et test d'égalité des variances) ne permet pas
à eux seuls de vérier ni la normalité ni l'égalité des variances, et l'examen visuel des distributions
est indispensable pour vérier les conditions d'utilisation d'une approche paramétrique de type test
de Student.
? ? ? Si vous avez bien compris le principe des tests, vous devez être capable de justier ce que nous
venons d'énoncer. Prenez le temps d'y rééchir et de trouver les bons arguments pour le justier.
ce type de données, il est important de bien caractériser le cas étudié. S'agit-il de comparer une moyenne
observée sur un échantillon à une moyenne de référence (ou moyenne théorique), de comparer deux
moyennes observées sur deux échantillons et dans ce dernier cas, il conviendra de bien évaluer si les séries
Dans ce chapitre nous ne détaillerons pas tous les aspects techniques de réalisation des tests (seuls
certains d'entre eux seront vus dans le détail dans les travaux dirigés de S3, et tous seront utilisés en
travaux dirigés sur ordinateurs en S4, mais le calcul sera alors du ressort du logiciel utilisé), mais nous
Prenons un exemple.
Un laboratoire d'analyse indique comme valeur moyenne de l'urée plasmatique chez les chats sains,
une valeur de 8.5 mmol/l. Suite à un remplacement de ses appareils de mesure, le laboratoire dose l'urée
sur un échantillon aléatoire de 140 chats en bonne santé. On obtient comme statistiques résumées : m =
9.7 mmol/l et SD = 2.6 mmol/l. Peut-on en conclure que la moyenne de l'urée plasmatique chez les chas
Il s'agit d'un problème de comparaison d'une moyenne (ou tendance centrale) observée sur un échan-
tillon à une moyenne théorique, ou de référence (non associée à un échantillon mais supposée connue).
Voici les approches paramétriques et non paramétriques utilisables sur un tel exemple :
Approche paramétrique
64
Ce test revient à se poser la question : la valeur théorique est-elle au milieu des observations ?
Pour y répondre on compte les eectifs observés de part et d'autre de la valeur théorique, et on les
compare aux eectifs théoriques 50% - 50%, à l'aide d'un test du χ2 d'ajustement (cf. comparaison
Nous avons traité du cas de la comparaison de deux moyennes sur des séries indépendantes dans le
chapitre introductif 5.2. Voici en format condensé les approches possibles dans un tel cas :
Approches paramétriques
test de Student avec variances égales et intervalle de conance associé s'il est raison-
test de Welch appelé aussi test de Student avec variances inégales, et intervalle de conance
associé, si les écarts types semblent diérents et qu'il reste intéressant de comparer les moyennes
On souhaite comparer une nouvelle méthode de dosage de l'urée urinaire (méthode 2) à la méthode
de référence (méthode 1). Pour cela on a dosé l'urée par les 2 méthodes chez 12 animaux (cf. résultats
meth1 20.4 25.4 25.6 25.6 26.6 28.6 28.7 29 29.8 30.5 30.9 31.1
meth2 21.7 26.3 26.8 28.1 26.2 27.3 29.5 32 30.9 32.3 32.3 31.7
Il s'agit bien de séries appariées, puisque sur chaque animal on dispose des résultats des deux méthodes
(paire d'observations). Visualisons les données brutes en matérialisant ces paires (cf. Figure 42).
Lorsque l'on a des séries appariées, on peut calculer une diérence par paire d'observations (cf. Figure 43
et tableau ci-dessous).
meth1 20.4 25.4 25.6 25.6 26.6 28.6 28.7 29 29.8 30.5 30.9 31.1
meth2 21.7 26.3 26.8 28.1 26.2 27.3 29.5 32 30.9 32.3 32.3 31.7
di_meth2_meth1 1.3 0.9 1.2 2.5 -0.4 -1.3 0.8 3 1.1 1.8 1.4 0.6
Dans le cadre d'une approche paramétrique, on souhaite comparer les moyennes des 2 groupes. Or
la diérence des moyennes est aussi la moyenne des diérences. Comparer les 2 moyennes (donc tester
l'égalité de leur diérence à 0) revient donc à comparer la moyenne des diérences à 0. Dans ce but
on peut donc utiliser un test de comparaison d'une moyenne observée sur un échantillon (moyenne des
65
32
30
urée en g / 24h
28
26
24
22
20
méthode1 méthode 2
Figure 42 Représentation des paires d'observation de l'urée avec les deux méthodes dans notre exemple,
avec les paires associées à une diérence méthode2 - méthode1 coloriées en rouge (entre cercles vides) et
3
différences meth2 − meth1
2
1
1
0
0
−1
−1
Dans le cadre d'une approche paramétrique, il sura de calculer l'intervalle de conance sur
Les conditions d'utilisation sont que l'on puisse appliquer le théorème de l'approximation normale
sur la série des diérences par paire, (cf. Figure 43) et non sur chacune des deux séries.
66
? ? ? Pour vous assurer que vous avez bien compris le principe de ce test, reprenez les données
de l'exemple, calculez l'intervalle de conance sur la moyenne des diérences et interprétez-le, puis
retrouvez vos résultats dans les sorties de R ci-dessous correspondant à la mise en oeuvre de l'ap-
proche paramétrique sur notre exemple. Pour vous simplier les calculs on vous donne la moyenne
et l'écart type estimé de ces diérences (resp. 1.075 pour la moyenne et 1.151 pour l'écart type
estimé)
##
## Paired t-test
##
## data: meth2 and meth1
## t = 3.23, df = 11, p-value = 0.008
## alternative hypothesis: true mean difference is not equal to 0
## 95 percent confidence interval:
## 0.34345 1.80655
## sample estimates:
## mean difference
## 1.075
Dans le cadre d'une approche non paramétrique, basée sur les statistiques de rangs, nous utiliserons
avec une variable de décision adaptée. Comme pour le test de la somme des rangs, nous ne vous
donneront pas la dénition de cette variable de décision, mais nous vous demandons uniquement de
67
12
3
11
2
différences meth2 − meth1
10
7.5967.5
5 T− = 8.5
1
1
34
2
1
0
0
−1
−1
−2
−2
Figure 44 Illustration du principe du test des rangs signés de Wilcoxon.
? ? ? Pour vous assurer que vous avez bien compris le principe de ce test, tentez de recalculer à
partir des données les valeurs de T+ et T- qui vous sont reportées dans la gure 44.
Vous trouvez ci-dessous les sorties de R correspondant à la mise en oeuvre de l'approche non
paramétrique sur notre exemple. Interprétez l'information intéressante qui apparaît dans cette sortie.
##
## Wilcoxon signed rank test with continuity correction
##
## data: meth1 and meth2
## V = 8.5, p-value = 0.019
## alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0
moyennes uniquement sur des séries indépendantes. Le cas des séries dépendantes ne sera abordée
que dans l'enseigement personnalisé d'introduction à la modélisation, comme un cas particulier de la prise
Partons d'un exemple à partir de données tirées de la thèse d'exercice vétérinaire de Mathilde Poinssot
(Maisons Alfort, 2011). A partir d'un échantillon de 928 chiennes d'élevage, on voudrait savoir si la durée
de gestation (variable quantitative) dépend de la taille des races (variable qualitative à 4 modalités -
XL, L, M et S - que nous avons déjà manipulée). Il s'agit de corréler une variable quantitative à
une variable qualitative, ce qui revient à comparer les moyennes (ou plus généralement les
tendances centrales) obtenues pour les quatre groupes de taille de races. Les données observées
68
70
durée de la gestation en jours
65
60
55
XL L M S
taille de race
Figure 45 Diagrammes en boîte des durées de gestation pour les quatre tailles de races
Si le théorème de l'approximation normale s'applique et que les variances peuvent être supposées
égales, on peut réaliser une analyse de variance à un facteur (ANOVA 1), généralisation du test
de Student avec variances égales. Une variante de l'ANOVA 1 ne supposant pas les variances
égales existe et nous l'utiliserons au cours des travaux dirigés sur ordinateurs sans donner plus de détails
techniques. Si le théorème de l'approximation normale ne s'applique pas, nous pourrons utiliser le test de
la somme des rangs de Kruskal-Wallis, qui est une généralisation du test de Mann-Whitney-Wilcoxon
basé exactement sur le même principe (ce pourquoi nous le détaillerons pas ici). Nous allons donc dans la
On appelle facteur la variable qualitative dénissant les groupes (ici la taille de race). L'ANOVA
1 est basé sur le modèle suivant pour décrire les observations xij de la variable quantitative, i indiquant le
numéro du groupe, donc de la modalité du facteur étudié et j indiquant le numéro de l'observation dans
le groupe :
H0 : α1 = α2 = . . . = αk = 0.
Sous H0 on a tous les αi nuls donc une seule distribution N (µ, σ), alors que sous H1 : au moins un
des αi est non nul donc on a plusieurs distributions N (µ + αi , σ) (cf. illustration des deux hypothèses sur
la gure 46).
L'ANOVA, qui est, comme son nom ne l'indique pas, une méthode de comparaison globale
de plusieurs moyennes, se base sur une décomposition de la variance totale en une variance
composantes de la variance.
Décomposition de la variation totale (ou somme des carrés des écarts totale) :
Pp Pni
SCET = i=1 j=1 (xij − x)2 =
69
H0 H1 xij
70
xi
65
60
55 x
toutes tailles XL L M S
taille de race
Pp Pni Pp Pni
i=1 j=1 (xij − xi )2 + i=1 j=1 (xi − x)2 =
SCER + SCEA
Pp Pni Pp
(x −x )2 (n −1)σ̂i2
CMR = PpSCER = i=1 Pp j=1 ij i = i=1 i
(ni −1) (n −1) N −p
i=1 Pp Pnii=1 i 2 Pp
SCEA i=1 j=1
(xi −x) ni (xi −x)2
CMA = p−1
= p−1
= i=1
p−1
Le principe de l'ANOVA est ensuite de comparer ces variances intra-groupe et inter-groupe en prenant
CMA
comme variable de décision leur rapport F, qu'on appelle la statistique de Fisher. Sous H0 , F = CMR
suit la loi F (p − 1, N − p) de Fisher et Snédécor de degrés de liberté p−1 et N − p. On rejettera
donc H0 quand CMA ≫ CMR ce qui sera associé à une p-value faible.
Nous ne vous demanderons à aucun moment de réaliser à la main les calculs présentés ci-dessus (cal-
culs un peu lourds et chronophages). Nous vous demandons juste d'essayer de comprendre le principe de
cette méthode, an de savoir interpréter les résultats que nous obtiendrons lors des travaux dirigés sur
ordinateurs.
A titre d'exemple, voici la sortie que nous obtenons avec le langage R lors de l'analyse des données
de notre exemple (les variables sont codées duree et taille dans cette sortie) avec en sus le calcul des
70
## Analysis of Variance Table
##
## Response: d$duree
## Df Sum Sq Mean Sq F value Pr(>F)
## d$taille 3 46 15.23 2.65 0.048
## Residuals 924 5317 5.75
## XL L M S
## 62.2 61.4 61.8 61.5
## XL L M S
## 2.74 1.96 2.62 2.48
? ? ? Pour voir si vous avez bien compris, essayez d'interpréter la sortie informatique ci-dessus en
reliant tous les résultats qui y sont donnés aux notions théoriques que nous venons de développer.
Voici enn la sortie de R pour le test de la somme des rangs de Kruskal-Wallis appliqué à cet
##
## Kruskal-Wallis rank sum test
##
## data: d$duree by d$taille
## Kruskal-Wallis chi-squared = 7, df = 3, p-value = 0.06
Suite à la mise en évidence d'une diérence globale signicative entre plusieurs moyennes (par ANOVA
ou test de Kruskal-Wallis), on souhaite parfois comparer les moyennes 2 à 2. La méthode basique dite
PLSD de Fisher (protected least signicant dierence) utilise la statistique de Student pour chaque test
mais avec comme σ la valeur commune estimée à partir de l'ensemble des groupes (soit la racine carrée du
CMR de l'ANOVA). Le problème majeur associé à ce type de comparaisons multipes est la répétition
des tests qui induit une ination du risque α global (n'oublions pas, en prenant un risque α pour
chaque test à 5%, quand on est sous H0 on s'autorise dans un cas sur 20 à rejeter H0 ).
Si l'on veut maîtriser le risque α global (risque α global = probabilité de détecter au moins une diérence
signicative parmi toutes celles testées si on est sous H0 ), il apparaît donc nécessaire de corriger le
71
Deux méthodes classiques de correction du risque α sont les suivantes :
La méthode de Bonferroni :
elle est utilisable après la mise en évidence d'une diérence globale signicative entre plusieurs
moyennes (par ANOVA ou test de Kruskal-Wallis). Le principe est, pour chaque test, de corriger
0.05
α en le divisant par k le nombre de tests réalisés (αcor = k
) ou de façon équivalente de corriger
chaque p-value en la multipliant par le nombre de tests (pcor = p × k ). Cela permet d'être sûr que
αglobal < 5%. Le problème de cette méthode est qu'elle est très conservative lorsque le nombre
de groupes augmente, c'est-à-dire qu'elle rejette peu de diérences. Il arrive alors souvent qu'une
La méthode de Bonferroni-Holm :
Une amélioration de cette méthode a été proposée, qui est aujourd'hui souvent préférée. Elle moins
conservative, car la correction est moins drastique, tout en garantissant un risque αglobal < 5%. Le
principe est de :
Les logiciels donnent en général comme sortie des comparaisons multiples les valeurs de p-value corri-
gées, qui ne peuvent plus vraiment être interprétées comme des probabilités, mais sont comparées à 5%
pour savoir si l'on peut rejeter l'hypothèse nulle pour chaque diérence.
Voici à titre d'exemple les sorties de R correspondant aux comparaisons multiples sur notre exemple,
##
## Pairwise comparisons using t tests with pooled SD
##
## data: d$duree and d$taille
##
## XL L M
## L 0.01 - -
## M 0.17 0.09 -
## S 0.03 0.53 0.25
##
## P value adjustment method: none
##
## Pairwise comparisons using t tests with pooled SD
##
## data: d$duree and d$taille
##
## XL L M
## L 0.07 - -
## M 1.00 0.54 -
## S 0.17 1.00 1.00
72
##
## P value adjustment method: bonferroni
##
## Pairwise comparisons using t tests with pooled SD
##
## data: d$duree and d$taille
##
## XL L M
## L 0.07 - -
## M 0.52 0.36 -
## S 0.15 0.53 0.52
##
## P value adjustment method: holm
? ? ? Essayer d'interpréter les sorties obtenues avec ces trois méthodes, et demandez-vous à quoi
Il existe d'autres méthodes de correction de p-value, dont voici un petit récapitulatif dans un cadre
un peu plus général de tests répétés (pas forcément uniquement de comparaisons multiples suite à une
sion d'un très grand nombre de gènes, avec un test statistique par gène).
Certaines de ces méthodes peuvent être utilisées pour la comparaison d'autres paramètres statistiques
que des moyennes, notamment à l'issue d'un test de comparaison de plusieurs fréquences sur séries indé-
pendantes.
Les comparaisons multiples ne sont pas du tout une obligation à l'issue d'une comparaison globale de
moyennes, et souvent elles n'apportent pas grand chose de plus qu'une bonne représentation graphique.
Il est indispensable de vérier que la diérence globale est signicative avant de faire des
tiquement : elles n'apportent souvent pas grand chose à l'analyse globale et sont souvent diciles
à interpréter.
73
NE JAMAIS OUBLIER qu'une diérence non signicative ne permet pas de conclure à une non
diérence.
TOUJOURS PENSER à interpréter les eets (diérences entre groupes) : ne pas rester
Voici un petit récapitulatif qui pourra vous aider pour le choix du bon test lors de la comparaison
de moyennes, auquel j'ai ajouté, pour vous aider lors des travaux dirigés du second semestre, le nom
Un seul échantillon
test de Student avec variances égales ou non (test de Welch - [Link]()) ou test de la
test de Student des séries appariés ([Link]()) ou test des rangs signés de Wilcoxon
([Link]())
([Link]())
observées an de choisir entre une approche paramétrique et une approche non para-
métrique.
74
6 Corrélation linéaire et régression linéaire simple
Connaître la dénition et les conditions d'utilisation du coecient de corrélation linéaire (de Pear-
son).
Connaître le principe et les conditions d'utilisation des tests paramétriques et non paramétriques
Savoir identier dans la pratique les cas où l'utilisation d'un test de corrélation n'est pas approprié
et dans les autres cas savoir faire le choix entre le test paramétrique et le test non paramétrique,
Connaître le modèle utilisé en régression linéaire simple et la méthode d'estimation de ses para-
Savoir identier les cas sur lesquels il convient d'utiliser une régression linéaire et dans ces cas
Savoir interpréter les résultats d'une régression linéaire issus d'un logiciel et vérier ses conditions
d'utilisation.
Savoir utiliser un modèle de régression linéaire en prédiction (avec distinction entre les deux inter-
deux variables quantitatives. Partons d'un exemple tiré de la littérature (Figure 47).
Plus classiquement, nous représentons ce type données par un nuage de points, représentation
Le test de corrélation linéaire de Pearson vise à montrer une corrélation linéaire entre deux variables
simple et distribuées suivant une loi normale bivariée (cf. Figure 49), et dénissons le coecient de
1
PN
Cov(x,y) (xi −x)(yi −y)
r=√ = q PN N i=1
V (x)V (y) 1 1
(xi −x)2 × N
PN
(yi −y)2
N i=1 i=1
75
Figure 47 Figure extraite de Messerli (2012), Chocolate Consumption, Cognitive Function, and Nobel
Laureates, the New England Journal of Medicine
30
nb. de prix Nobel pour 107 hab.
25
20
15
10
5
0
2 4 6 8 10 12
Figure 48 Représentation classique sous forme de nuage de points (ou diagramme de dispersion) des
données de l'exemple
76
f
x
x
y y
Nous pourrons donc utiliser t ainsi déni comme variable de décision pour tester la corrélation linéaire
entre x et y. Ce test étant très peu robuste, en particulier très sensible aux valeurs extrêmes (un seul
point éloigné des autres pourra modier de façon très importante la valeur du coecient de corrélation),
il est indispensable de bien vérier ses conditions d'utilisation avant de l'utiliser. Il est généralement très
très grand nombre de points observés), mais si la distribution est normale bivariée le nuage de points est
de type elliptique (cf. Figure 50 pour un exemple) et c'est ce que nous vérierons avant d'appliquer le test
77
x[, 2]
x[, 2]
Figure 50 Exemples de nuages de points issus de lois normales bivariées à gauche sans corrélation
x[, 1] x[, 1]
(r = 0), à droite avec une forte corrélation (r = 0.9)
? ? ? Interprétez les résultats du test de corrélation de Pearson réalisé sur les données de notre
##
## Pearson's product-moment correlation
##
## data: d$Chocolate and d$Nobels
## t = 6, df = 21, p-value = 6e-06
## alternative hypothesis: true correlation is not equal to 0
## 95 percent confidence interval:
## 0.567 0.909
## sample estimates:
## cor
## 0.794
Revenons à notre exemple. Au vu de la gure 48, il semble dicile de considérer le nuage de points
comme elliptique, et il serait imprudent d'utiliser le test de corrélation linéaire de Pearson. Dans un tel
cas, lorsque la relation entre les deux variables observées semble monotone mais que le nuage de points
n'est pas elliptique, le test de corrélation de rangs de Spearman peut être adapté. Son principe est
très simple. On classe les valeurs de x d'un côté, et celle de y de l'autre et on associe à chaque point du
nuage le rang de x et le rang de y, puis on calcule le coecient de corrélation linéaire sur les rangs des x
et les rangs des y . On appelle ce coecient le coecient de rangs de Spearman et on pourra faire un test
à partir de celui-ci (cf. illustration Figure 51). Nous n'aborderons pas les détails techniques de ce test dans
ce cours, la compréhension de son principe nous susant. On comprend bien, notamment, que le fait de
78
calculer un coecient sur les rangs des observations rend le test beaucoup plus robuste par rapport aux
20
25
18 − 21
17 − 20
20 − 19
15
20
21 − 18
15
10
19 − 17 22 − 16
11.5 − 15
10
13 − 14
10 − 12 14 − 13
16 − 11
9 −11.5
10 − 9
5
5
8 −− 87
6.5
3−46−5
2 − 3 6.5 − 4
0
1 − 1.5 5 − 1.5
2 4 6 8 10 12 5 10 15 20
conso. de chocolat en kg par an et par hab. rangs des données de conso. de chocolat
? ? ? Interprétez les résultats du test de corrélation de rangs de Spearman réalisé sur les données
##
## Spearman's rank correlation rho
##
## data: d$Chocolate and d$Nobels
## S = 198, p-value = 4e-09
## alternative hypothesis: true rho is not equal to 0
## sample estimates:
## rho
## 0.902
A partir de ces résultats on conclut donc à une corrélation signicative entre la consommation in-
dividuelle de chocolat dans les états et le nombre de prix Nobel pour 10 millions d'habitants. MAIS
ATTENTION ! On n'en déduira bien entendu pas de lien de causalité. Une corrélation entre 2
variables observées n'implique pas forcément un lien de causalité. Une corrélation peut être :
due à un facteur de causalité commun (ex. de la corrélation entre vente de glaces et noyades, cause
commune : la chaleur)
due à une causalité dans le sens opposé à celui présenté (ex. : myopie des enfants et veilleuse,
79
complètement fortuite (cf. site qui montre des corrélations fortuites entre deux variables suivies au
En réponse à l'étude de Messerli (chocolat / prix Nobel), des chercheurs ont d'ailleurs montré une corré-
lation entre la consommation de chocolat et le nombre de tueurs en séries que le pays engendre).
Une grande prudence s'impose dans le cadre de l'utilisation et de l'interprétation des coecients de
Le test de corrélation de Pearson n'est pas adapté en cas de corrélation non linéaire (ex. Figure 52
Le test de corrélation de Pearson n'est pas du tout robuste (très inuencé notamment par les
valeurs extrêmes) et ne doit donc surtout pas être utilisé sur un nuage de points comme représenté
Les tests de corrélation (Pearson et Spearman) ne sont pas adaptés en cas de corrélation non
monotone (ex. Figure 52 c) ou les coecients de corrélation seraient proches de 0, bien qu'il y ait
une relation non monotone entre les deux variables) et plus généralement de nuage de points non
elliptique (ex. Figure 52 d) pour lequel la relation ne peut pas être décrite sous forme de corrélation
simple : on a plus l'impression que plus x est grand et plus y est variable)
Les tests de corrélation (Pearson et Spearman) ne sont pas adaptés en cas de nuage de points
et remplissage diérentiel des points - l'ex. ctif représente le poids du bagage en y et le poids du
voyageur en x, avec les hommes en cercles vides bleu et les femmes en cercles pleins rouge).
de points, ni interpréter une valeur de r ou de ρ tant qu'on n'a pas vu le nuage de points
associé !
? ? ? Examinez de plus près le dernier exemple de la gure 52. Si l'on eectuait "bêtement" les
tests de corrélation sur ce nuage de points on obtiendrait r = −0.47 (p < 0.0001) et ρ = −0.52
(p < 0.0001). Qu'en concluerait-on quand à la corrélation entre le poids du bagage et le poids du
voyageur ?
Maintenant si l'on eectue ces tests sur chacun des deux sous-groupes, on obtient r = 0.48 (p <
0.0001) pour les femmes et r = 0.41 (p < 0.0001) pour les hommes. Qu'en conclut-on ?
Nous nous sommes placés dans ce chapitre dans le cas où les deux variables quantitatives à corréler
sont toutes les deux observées, c'est-à-dire qu'aucune des deux n'est contrôlée (valeurs xées par l'ex-
périmentateur). Les tests de corrélation peuvent aussi s'appliquer dans le cas où l'une des variables est
80
a) b)
y
c) d)
x x
y
x x
poids du bagage en kg
poids du bagage en kg
e) e bis)
Figure 52 poids
Illustration de quelques
du voyageur en kg
nuages de points qui devraient nous imposer la prudence !
poids du voyageur en kg
81
6.3 Bilan, mise en garde et transition
Nous avons vu dans le cours jusque là toutes les méthodes qui permettent de mettre en corrélation
deux variables :
Etant donné que la majorité des test vus précédemment visent à démontrer l'existence d'une corré-
lation entre deux variables, il serait bien imprudent de penser que vous allez trouver le test adapté
dans le chapitre "corrélation linéaire" dès que vous voyez le terme "corrélation" dans la question
posée !
Encore une fois, en statistique l'important est la compréhension des méthodes, et le simple repérage
Nous allons maintenant aborder, sur un exemple encore très simple à deux variables, un thème plus
général qui est à la base de très nombreuses approches qui permettent d'aborder des cas plus complexes :
la modélisation.
relation entre une variable quantitative observée et une variable quantitative contrôlée. Comme
toute démarche de modélisation, elle peut être utilisée pour mieux caractériser / comprendre cette relation
et/ou pour l'utiliser en prédiction. Elle est parfois utilisée à la marge de ce cadre, avec des variables
quantitatives toutes deux observées, mais qui ont des statuts diérents (contrairement au cadre du chapitre
Partons d'un exemple inspiré de la littérature (Roomi et al. 2011, Nutrient mixture inhibits in vitro
and in vivo growth of human acute promyelocytic leukemia HL-60 cells, Experimental Oncology ).
Cette publication étudie l'impact, in vitro, d'un mélange de nutriments (acide ascorbique, extrait de
thé vert, lysine, proline, . . .) sur la prolifération de cellules tumorales. La variable contrôlée est la dose de
−1
nutriments en concentration dans le milieu (µ[Link] ) et la variable observée est la prolifération cellulaire
quantiée en pourcentage de celle observée sans nutriments dans le milieu de culture. Les données sont
représentées dans la gure 53, à gauche en données brutes, et à droite avec la dose en logarithme décimal.
En régression linéaire simple on utilise donc un modèle linéaire pour expliquer une variable à
expliquer Y appelée aussi variable dépendante (toujours une variable observée) en fonction d'une
variable explicative notée X (souvent contrôlée mais pas toujours), appelée aussi variable variable
indépendante.
82
100 100
prolifération en % du contrôle
prolifération en % du contrôle
80 80
60 60
40 40
20 20
0 200 400 600 800 1000 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
Figure 53 Diagrammes de dispersion présentant les données de l'exemple, à gauche en données brutes,
à droite avec la variable explicative transformée en logarithme décimal, en vue de linéariser la relation dans
ce cas particulier.
On a dans ce modèle
une partie stochastique sous forme de modèle Gaussien avec des ϵi aléatoires, indépendants, suivant
Pour estimer les paramètres de ce modèle à partir des données observées, on utilise la méthode de
qui revient, dans le cadre du modèle Gaussien, à minimiser la Somme des Carrés des Ecarts (SCE, cf.
Pn 2
SCE = i=1 ei avec ei = Yi − Ŷi = Yi − (α̂ + β̂Xi ).
Les estimations ponctuelles des paramètres du modèle linéaire Gaussien, obtenues par moindres carrés,
83
prolifération en % du contrôle
d$proliferation
Yi = α + β Xi
ei
Yi
Si l'on utilise R pour estimer ces paramètres sur notre exemple, on obtient la sortie suivante dans
laquelle il vous faudra savoir repérer les diérents résultats importants décrits en-dessous de la sortie R
(n'hésitez pas à annoter cette sortie R sur votre polycopié pour bien savoir vous repérer à l'avenir) :
##
## Call:
## lm(formula = proliferation ~ log10(dose), data = d)
##
## Residuals:
## Min 1Q Median 3Q Max
## -15.57 -4.67 1.43 5.33 10.22
##
## Coefficients:
## Estimate Std. Error t value Pr(>|t|)
## (Intercept) 136.18 6.37 21.4 1.6e-11
## log10(dose) -33.20 2.90 -11.5 3.6e-08
##
## Residual standard error: 8.01 on 13 degrees of freedom
## Multiple R-squared: 0.91,Adjusted R-squared: 0.903
## F-statistic: 131 on 1 and 13 DF, p-value: 3.64e-08
la pente (slope or regression coecient) qui est présentée dans la sortie de R avec comme indication
84
et le coecient de détermination (carré du coecient de corrélation linéaire, dont on expliquera le
Avant de tirer des conclusions des résultats du modèle, il conviendra de vérier a posteriori les condi-
tions d'utilisation du modèle. On utilise pour cela les résidus ei , résidus qu'on ne peut calculer d'une fois
le modèle ajusté, d'où la vérication a posteriori. Ces résidus seront représentés sous deux formes pour
vérier les hypothèses quant à leur distribution, sous forme d'un graphe de résidus représentant les
résidus ei en fonction des valeurs prédites Ŷi (cf. Figure 55) et d'un diagramme Quantile-Quantile des
résidus (cf. Figure 56)). Ces deux graphes sont complémentaires et permettent de s'assurer visuellement
que les résidus sont bien indépendants les uns des autres et distribués suivant une loi normale
On peut remarquer sur la sortie R précédente, que les premiers résultats donnés sont des statistiques
descriptives des résidus, qui permettent aussi de se faire une idée rapide de leur distribution globale.
85
a) b)
20
5 10
10
résidus ei
résidus ei
−5 0
0
−20
−15
40 60 80 100 30 50 70
c) d)
2000
50
résidus ei
résidus ei
0
−50 0
−4000
−150
Figure 55 Graphes des résidus a) dans le cadre de notre exemple où les conditions d'utilisation du
modèle ne sont pas remises en cause et dans trois autres cas où ces conditions d'utilisation sont clairement
non respectées, en b) car les résidus ne sont pas aléatoires, en c) à cause d'un écart type des résidus non
constant (hétéroscédasticité des résidus caractérisés par un eet "entonnoir") et en d) à cause d'un résidu
extrême. Les lignes vertes représentent en trait plein la valeur 0 attendue pour la moyenne des résidus, et
en pointillés −2σ̂ et −2σ̂ , la bande censée contenir à peu près 95% des résidus.
86
a) b)
Sample Quantiles
Sample Quantiles
c) d)
Sample Quantiles
Sample Quantiles
Figure 56 Diagramme Quantile-Quantile des résidus a) dans le cadre de notre exemple où les condi-
tions d'utilisation du modèle ne sont pas remises en cause et dans les trois autres cas où ces conditions
d'utilisation sont non respectées (cf. Figure 55), ce qui n'apparaît clairement sur ce graphe que sur les
cas c) ou la distribution des résidus n'apparaît pas normale et d) à cause d'un résidu extrême.
87
6.4.2 Prédiction et intervalles de conance
Une fois les conditions d'utilisation du modèle linéaire Gaussien vériées, on utilise parfois directement
les résultats de la régression linéaire par exemple pour estimer un paramètre biologique correspondant à l'un
des paramètres du modèle (par exemple un taux de croissance microbien estimé comme la pente d'une
du temps). Il est alors important d'associer à leur estimation ponctuelle un intervalle de conance, an
de quantier leur incertitude. On utilisera une fonction R très simple pour obtenir les intervalles de
conance l'ordonnée à l'origine et la pente (cf. sortie ci-dessous sur notre exemple).
## 2.5 % 97.5 %
## (Intercept) 122.4 149.9
## log10(dose) -39.5 -26.9
Il est aussi possible d'utiliser le modèle ajusté aux données pour prédire une valeur de Y0 pour une
valeur donnée X = X0 prise dans le domaine étudié (couvert par le jeu de données). On prédit la valeur
de Y pour X = X0 dans le domaine étudié, par Yˆ0 = α̂ + β̂X0 et on peut associer à une telle prédiction
l'intervalle de conance sur la moyenne des Y pour X = X0 qui quantie l'incertitude sur la droite
estimée,
et l'intervalle de prédiction qui quantie l'incertitude sur une observation individuelle prédite de Y
pour X = X0 et prend en compte non seulement l'incertitude sur la droite estimée, mais aussi la
variabilité des observations autour de la droite suivant la loi N (Y0 , σ). L'intervalle de prédiction à
95% est souvent approché par défaut par Ŷ0 ± 2 × σ̂ (en pointillés sur la Figure 57), ce qui revient à
négliger l'incertitude sur la droite estimée, et qui sera d'autant plus raisonnable qu'on a beaucoup
l'intervalle de conance à 95% sur la moyenne prédite de prolifération cellulaire pour une dose de
200 µ[Link]−1 ,
puis l'intervalle de prédiction à 95% pour cette même dose.
Pour chacun des intervalles, il faut lire en premier l'estimation ponctuelle de la prédiction, puis les bornes
88
100
prolifération en % du contrôle
80
Y0
60
40
X0
20
dose en log10(µg/ml)
Figure 57 Illustration des deux intervalles de conance associés à une prédiction en régression linéaire,
l'intervalle de prédiction sur une moyenne prédite (en rouge) et l'intervalle de prédiction, c'est-à-dire
l'intervalle de conance sur une prédiction individuelle (en bleu) ainsi que son approximation par défaut
Lorsque l'on vise l'utilisation d'un modèle linéaire Gaussien en prédiction, on calcule souvent
le coecient de détermination r2 qui n'est autre que le carré du coecient de corrélation déni
au chapitre 6.2.1. Pourquoi donne-t-on son carré plutôt que le r lui-même ? Tout simplement parce qu'on
peut en donner une interprétation en terme de part de variation de Y expliquée par le modèle. On peut
Interprétation du r2
Le coecient de détermination (carré du coecient de corrélation linéaire de Pearson) est sou-
la part de variation expliquée par le modèle, la part restante étant la variation résiduelle).
Comme en corrélation, la valeur de r2 ne permettra pas à elle seule de vérier que le modèle est de
bonne qualité, et il sera impératif de visualiser le graphe d'ajustement (points ajustés à la droite) et les
graphes des résidus (on peut avoir un r2 très proche de 1 avec des données qui ne respectent pas les
89
6.4.3 Régression et corrélation
OUI,
régression et appelé test de signication de la pente. Il répond à la question : "y a-t-il un eet
Le choix de la variable de contrôle (X ) a un impact sur la droite de régression (cf. Figure 58),
donc si X et Y ont des rôles symétriques, aucune des 2 droites n'a de justication.
100
30
nb. de prix Nobel pour 107 hab.
prolifération en % du contrôle
25
80
20
15
60
10
40
5
0
20
Figure 58 Illustration de l'impact du choix de X et Y sur la droite de régression (en orange la droite de
à droite.
? ? ? En reprenant la dénition de la méthode des moindres carrés utilisée pour estimer les para-
mètres du modèle en régression linéaire, expliquez pourquoi le choix des variables X et Y a une
90
6.5 Le modèle linéaire simple, une brique de base pour construire d'autres
modèles plus complexes
Dans ce chapitre nous avons abordé le modèle linéaire simple qui est une brique de base pour construire
d'autres modèles plus complexes. Les notions que nous avons vues seront donc capitales pour quelqu'un
qui voudrait aborder des modèles plus complexes. Parmi les complexications du modèle dont nous aurons
par exemple si l'on veut décrire l'eet à la fois de la température (variable explicative quantitative)
à expliquer quantitative),
par exemple si l'on veut comparer la croissance d'animaux (sur la base d'une variable à expliquer
quantitative) nourris avec des aliments diérents (variable explicative qualitative) en prenant en
modélisation d'une variable à expliquer non pas quantitative mais qualitative binaire (régres-
sion logistique )
par exemple si l'on veut évaluer l'impact sur le risque de maladie (variable binaire observée sur
chaque animal : malade / non malade) de diverses variables explicatives qualitatives et/ou quan-
titatives,
par exemple si l'on doit prendre en compte le fait que les observations ne sont pas indépendantes
les unes des autres parce que plusieurs observations sont réalisées sur chaque animal (mesures
Les modèles associés (et d'autres encore) ne sont pas au programme de ce cours mais vous pourrez
vous y former au sein du campus vétérinaire de Lyon dans le cadre de l'enseignement optionnel de A6
([Link]
91
7 Traduction anglaise des termes clefs qui ne sont pas évi-
dents à traduire
92
8 Récapitulatif des principales fonctions R pour mettre en
second semestre
Voici la liste des fonctions utilisées pour réaliser les diérents tests au programme et ajuster un modèle
linéaire, dans leur ordre d'apparition dans le guide R qui vous sera fourni uniquement en format életronique
au second semestre, avec la spécication de leurs arguments, et leur nom en anglais donné dans la sortie
de R.
[Link](variable_quanti)
[Link](variable_quanti, mu = moyenne_theorique)
[Link](vecteur_effectifs_obs, p = vecteur_proportions_theo)
Test exact (utilisant la loi binomiale) de comparaison d'une fréquence observée à une
93
[Link](variable_quanti ~ groupe_variable_quali)
test)
[Link](table_contingence)
# Fonction aussi utilisable pour la comparaison de 2 fréquences sur séries
# indépendantes qui donne en plus l'intervalle de confiance sur la différence
# entre les 2 fréquences comparées - ATTENTION de bien vérifier
# que les fréquences affichées en sorties (prop 1 et prop 2)
# sont bien celles sur lesquelles vous voulez calculer cette différence
[Link](table_contingence)
Test exact de comparaison de 2 fréquences sur séries indépendantes ( Fisher's Exact Test
[Link](table_contingence)
Test non paramétrique de Wilcoxon des rangs signés de comparaison de séries appariées
[Link](table_concordance)
variances égales - analyse de variance classique avec variances égales (One-way analysis of
means)
Test de comparaison de plusieurs moyennes sur séries indépendantes sans supposer les
variances égales extension du test de Welch - analyse de variance classique avec variances
94
[Link](variable_quanti ~ groupe_variable_quali, [Link] = FALSE)
[Link](variable_quanti ~ groupe_variable_quali)
[Link](variable_quanti ~ groupe_variable_quali)
rho)
# Spécification du modèle
modele <- lm(variable_quanti_Y_a_expliquer ~ variable_quanti_X_explicative,
data = jeu_de_donnes)
# Graphes des résidus
plot(predict(modele), residuals(modele))
qqnorm(residuals(modele))
# Paramètres estimés et diverses statistiques résumées
summary(modele)
# Intervalle de confiance sur les paramètres estimés
confint(modele)
# Intervalles de confiance sur les moyennes prédites pour des valeurs de X données
predict(modele, [Link](variable_quanti_A_expliquer = vecteur_valeurs_X),
interval = "confidence")
# Intervalles de confiance sur des prédictions individuelles pour
# des valeurs de X données
predict(modele, [Link](variable_quanti_A_expliquer = vecteur_valeurs_X),
interval = "prediction")
95
Références
Wasserstein, R. L. and Lazar, N. A. (2016). The asa's statement on p-values : context, process, and
Wasserstein, R. L., Schirm, A. L., and Lazar, N. A. (2019). Moving to a world beyond p< 0.05. The
96