Domaine fréquentiel
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N.B. : les chapitres ci-dessous concernent les modes ADSL, ADSL2 et Re-ADSL. Le mode ADSL2+ fait l'objet
d'un paragraphe distinct en fin de chapitre.
L'ADSL fait appel à la notion de sous-porteuses : la bande de fréquences comprise entre 0 Hz et environ
1,1 MHz est divisée en 255 intervalles de 4,312 5 kHz7. À chaque intervalle est associée une sous-
porteuse, qui donne un signal modulé. La n-ième sous-porteuse est donc matérialisée sous la forme d'un
signal dont la fréquence de base vaut [n × 4,312 5 kHz]. Un modem ADSL peut donc être considéré
comme la mise en parallèle d'un grand nombre de modems analogiques, chacun transmettant sur une
fréquence différente : 4,312 5 kHz pour le premier, 8,625 0 kHz pour le second, 12,937 5 kHz pour le
troisième, et ainsi de suite.
La sous-porteuse d'indice 0 n'est pas utilisée, car elle correspond à un signal de fréquence nulle8. Les
sous-porteuses d'indice 1 à 255 sont théoriquement utilisables pour transmettre des données. Toutefois,
les sous-porteuses d'indice 1 à 6 ne sont en général pas exploitées en raison de la présence possible de
signaux téléphoniques dans une gamme de fréquences proche des fréquences utilisées par ces sous-
porteuses9. Dans la pratique, lorsque l'ADSL est mis en œuvre sur une ligne téléphonique classique
(analogique), les sous-porteuses d'indice 7 à 255 sont donc disponibles pour la communication ADSL
proprement dite.
L'ADSL2 et le Re-ADSL (Reach Extended ADSL) sont des évolutions de la technologie ADSL d'origine.
Grâce à une technique de modulation/démodulation améliorée, ces nouveaux modes permettent
d'obtenir une meilleure immunité de la communication aux perturbations et un fonctionnement
acceptable sur des lignes qui auraient été trop longues pour supporter une transmission ADSL classique.
Répartition des sous-porteuses entre sens montant et sens descendant
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L'ADSL est considéré par les instances de normalisation comme une technologie destinée
essentiellement au grand public mais aussi aux PME et aux TPE. Vis-à-vis des ressources disponibles sur
Internet, cette catégorie de clients est en général davantage amenée à télécharger des informations
(consultation d'un site Web, par exemple) qu'à envoyer des informations vers un site distant. Il a donc
été décidé de favoriser le sens de la communication qui va du réseau vers l'abonné (descendant en
français, downstream en anglais), au détriment du sens qui va de l'abonné vers le réseau (montant en
français, upstream en anglais). C'est pour cela que l'ADSL est qualifié d’asymétrique : le nombre de sous-
porteuses affectées au sens descendant est plus élevé que le nombre de sous-porteuses affectées au
sens montant.
Spectre des fréquences ADSL. Code couleur :
Analogique/RNIS
Bande de garde
Canaux montants
Canaux descendants ADSL/ADSL2
Canaux descendants additionnels ADSL2+
Quand l'ADSL est mis en œuvre sur une ligne téléphonique classique (analogique : RTC), les sous-
porteuses 7 à 31 sont affectées au trafic émis par l'abonné vers le réseau. Les sous-porteuses 33 à 255,
quant à elles, sont affectées au trafic reçu du réseau par l'abonné. En ADSL1, la sous-porteuse d'indice 64
sert de signal de référence (« porteuse pilote ») pour les deux sens de communication et n'est pas
modulée10. Dans les modes ADSL2 et supérieurs, le choix de la sous-porteuse utilisée comme pilote fait
partie de la négociation préalable à la synchronisation.
Les modems ADSL les plus récents comportent des systèmes de traitement numérique basés sur une
technique d'annulation d'écho qui permet, si nécessaire, d'utiliser aussi les sous-porteuses d'indice
inférieur à 32 pour transporter des données de la voie descendante. Dans la pratique, ce mode de
fonctionnement n'apporte qu'un gain de débit limité, au prix d'une plus grande sensibilité aux
perturbations, et il ne semble donc pas promis à une large mise en œuvre.
Il existe deux variantes de l'ADSL que l'on utilise selon que la ligne d'abonné est une ligne téléphonique
analogique (dans ce cas, on utilise l'ADSL annexe A11) ou une ligne exploitée en RNIS (dans ce dernier cas,
on utilise l'annexe B12). Les paragraphes ci-dessus décrivent la répartition des sous-porteuses de l'ADSL
annexe A. Comme la plage des fréquences utilisées par le RNIS est plus étendue que pour la téléphonie
classique (RTC), et atteint la centaine de kilohertz (kHz), l'annexe B prévoit de réserver davantage de
sous-porteuses inutilisées dans le bas de bande, et décale d'autant la frontière entre les sous-porteuses
utilisées pour le sens montant et celles utilisées pour le sens descendant. L'annexe B est utilisée en
Allemagne, par exemple, où la plupart des lignes du réseau téléphonique public étaient exploitées
en RNIS.