Introduction
Le secteur du bâtiment représente l’un des plus grands consommateurs d’énergie en
France parmi les secteurs économiques. La consommation d’énergie par le parc bâti est
d’environ 42% de l'énergie totale consommée et 23% de ses émissions de gaz à effet de
serre. [1]
Ils sont des systèmes complexes dans lesquels le transfert de chaleur interagit par
conduction, rayonnement, convection et diffusion. Outre les aspects d'interaction du
bâtiment avec l'environnement climatique proche, le bâtiment devient un nœud central du
réseau de production, de stockage et de distribution d'énergie.
Les problèmes de transfert de chaleur peuvent être locaux, à l'échelle du matériau, à
l'échelle du bâtiment ou encore à l'échelle de l'habitation.
Le bâtiment est considéré comme un domaine qui est derrière une grande partie des
émissions, il faut réfléchir davantage dans le but d’atteindre les objectifs climatiques
internationaux. Une partie importante de l’énergie thermique est perdue par des murs,
planchers et ouvertures mal isolés.
De plus l’isolation thermique ne permet pas que d’économiser mais aussi elle permet de
protéger l’environnement en réduisant les émissions de CO2.
Le renforcement de l'isolation d’une structure s'avère primordial et avec lui le traitement
des ponts thermiques.
Le bâtiment est donc au centre des enjeux énergétiques et environnementaux ;
l'amélioration de l'efficacité thermique des bâtiments et de leurs équipements, est un enjeu
majeur pour répondre à ces préoccupations.
Dans ce rapport, on parle principalement des ponts thermiques, des isolants thermiques, des
normes et réglementations ainsi que la mise en œuvre des isolations dans les chantiers.
1
Les ponts thermiques
Définition : Un pont thermique est la partie de l'enveloppe d'un bâtiment où la résistance à
la chaleur est altérée par le manque ou la dégradation locale de l'isolation et entraîne des
fuites de chaleur importantes.: de 5 à 25 % des déperditions. [2]
On les trouve principalement aux transitions entre murs verticaux et horizontaux. Il s'agit par
exemple des liaisons entre façades et sols, façades et balcons ou terrasses. Un pont
thermique est donc créé si : il y a changement de la géométrie de l'enveloppe, un changement
de matériaux ou une discontinuité de l'isolant à travers une paroi.
Cette brèche d'isolement forme un « pont » entre l'extérieur et l'intérieur du bâtiment. L'air
utilise ce passage et provoque une perte de chaleur.
Figure1 : Pont thermique au niveau d’un plancher
[3]
Ponts thermiques en chiffres : Un mètre de pont thermique non-traité = 10 litres de fuel en
plus. Les déperditions liées aux ponts thermiques représentent 30 à 40 % des déperditions
par les parois d'un immeuble collectif. Sachant qu'un mètre de pont thermique non traité en
France représente 77 kWh de consommation supplémentaire/an, 10 litres de fuel
supplémentaire/an et 5 kg de CO2 supplémentaires rejetés par an, la surconsommation pour
un immeuble type R+3, comprenant 700 m de ponts thermiques non traités sera de 42 000
kWh, 6 000 litres de fuel, 6 000 m3 de gaz, soit 3,4 tonnes de CO2, l'équivalent de 27 000 kms
parcourus en voiture. [4]
Les différents ponts thermiques : De tels points d'arrêt dans l'isolation peuvent être trouvés
à divers endroits dans le bâtiment. En ce sens, les ponts thermiques sont généralement
divisés en trois catégories différentes, selon leur emplacement et leur origine. Il existe trois
principaux types de ponts thermiques :
Les ponts thermiques linéaires : Lorsque la perte de chaleur se produit entre deux murs
adjacents. C'est pour cette raison que de telles régions de perte d'énergie sont aussi
appelées ponts thermiques 2D.
Par exemple, ce type de pont thermique peut se situer : à l'angle entre deux murs extérieurs,
entre le sol et la paroi d'un mur extérieur d'un bâtiment, entre un mur de refend (porteur) et
sa jonction avec le sol ou le mur plafond.
2
Le coefficient linéique est alors calculé en W/(m.k). Il permet de mesurer la perte de chaleur
causée par le pont thermique dans l’isolant. [3]
Les ponts thermiques ponctuels : Si la perte d'énergie à la jonction d'au moins trois
structures différentes. Aussi appelées ponts thermiques 3D, ces zones de faible résistance
thermique se retrouvent souvent dans un angle d'un bâtiment, par exemple à la liaison
entre la dalle et la jonction de deux murs.
Les ponts thermiques structurels : Ce type de pont thermique est plus susceptible d'être
causé par une mauvaise technique d'installation dans l'isolation intérieure ou extérieure
d'un bâtiment.
En fait, un mur est constitué de plusieurs éléments assemblés par collage, vissage ou
assemblage mécanique et le développement de cet assemblage peut être à l'origine d'un
pont thermique.
Voici quelques exemples de ponts thermiques structuraux identifiables : pertes d'énergie
dans l'encadrement de la porte ou de la fenêtre, brèches dans l'enveloppe du bâtiment
causées par le perçage (clous, vis, fixations) d'une partie de l'isolant, créant des ponts
thermiques, une zone de perte de chaleur autour des structures telles que les antennes
téléphoniques ou câblées souvent fixées à l'extérieur du bâtiment.
Figure 2 : Les principaux ponts thermiques [5]
Les conséquences de la présence des ponts thermiques
Le premier effet se manifeste dans le niveau de confort général des occupants. En fait,
l'extérieur "invite" l'intérieur. Il fait très froid en hiver et trop chaud en été. Si ces manques
peuvent être comblés dans la durée en augmentant l'utilisation du chauffage et de la
climatisation, il y a deux conséquences indésirables : des factures énergétiques plus élevées
et des émissions de gaz à effet de serre plus élevées. Un autre résultat négatif du pont
thermique est les taches noires et la moisissure sur les murs. Dangereux pour la santé des
occupants du bâtiment car il peut provoquer des crises allergiques.
3
L’isolation thermique
On ne peut évoquer la thématique de la transition écologique dans le secteur du bâtiment et
de l’énergie sans parler de l’isolation thermique. En effet, c’est avant tout l’une des
principales solutions pour économiser de l’énergie, outre une approche par la sobriété.
Mais peut-on parler d’isolation écologique et quels sont les leviers d’une isolation durable ? IL
s’agit de mener un chantier durable, c’est-à-dire qui prend conscience de ses émissions de
carbone et qui met en œuvre des solutions pour les réduire. Cela se traduit par l’utilisation
d’isolants naturels, comme le chanvre, le mouton, des copeaux de bois issues de chute de
scieries, ouate de cellulose… Il va de soi que l’isolation est indispensable dans le contexte
actuel d’économie d’énergie et de réduction de l’emprunte carbone, mais le choix de l’isolant
même et des techniques d’isolation a aussi un fort impact dans les émissions de carbone dans
la construction d’un bâtiment.
Pour comprendre l’emprunte des isolants, il convient de considérer :
- Le type d’isolant :
certains isolants sont
exportés et d’autres
nécessite des
transformations
industrielles assez
énergivore tel que la
laine de verre. Le
polystyrène expansé est
par exemple l’un des
isolant les plus polluant.
C’est un matériau
synthétique dont la
composition regroupe de nombreux dérivés du pétrole. Pour indication, un mètre carré de
PSE représente 17kg de CO2. Les isolants biosourcés comme l’ouate de cellulose stock au
contraire près d’une fois et
demi de son poids en CO2. D’autre part les isolants synthétiques produisent des fumées
fortement toxiques en cas d’incendie. Enfin certains isolants tels que la laine de verre sont
difficilement recyclable et cela doit être pris en compte dans le choix de l’isolant.
- Les équipements de mise en œuvre : le transport des matériaux et les techniques de
mises en œuvre ont également un impact sur l’empreinte carbone de l’isolant, il faut
donc utiliser des isolants locaux, là où ceux issus de l’industrie pétrolière sont parfois
importés. Par ailleurs, en raison de la présence d’air dans ces isolants, leur transport
4
en camion est très polluant (on transporte beaucoup d’air par trajet, il faut donc beaucoup de
camion pour un poids réel de matériau isolant faible, d’où l’importance d’une exploitation
locale)
- La main d’œuvre : doit être formée à la mise en œuvre de l’isolant sélectionné pour
assurer son bon fonctionnement et une durée de vie optimale.
- Compléments : on peut par ailleurs utiliser des bétons avec des performances
thermiques améliorées pour réduire la quantité d’isolant utilisée mais cela présente
le plus souvent un coût de revient élevé.
On se base sur plusieurs critères pour définir l’empreinte carbone d’un isolant :
- L’énergie employée à l’extraction, la transformation, à l’usage et au recyclage ou à la
destruction.
- L’utilisation de produits chimiques pour augmenter ses performances (isolantes, au
feu…)
- Extraction et transformation locale
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Conductivité (W / Prix moyen (€/m2)
(m.K))
Ouate de cellulose 0.038 à 0.042 10 à 15
Laine de chanvre 0.035 à 0.041 25
Fibres de bois 0.038 à 0.045 20 à 50
Fibres de lin 0.037 à 0.042 15 à 30
Laine de verre 0.030 à 0.046 11
Polystyrène expansé 0.030 à 0.038 10
polyuréthane 0.021 à 0.028 15 à 20
On note que les isolants naturels sont certes un peu moins performants que les isolants
synthétiques, mais ils restent très corrects et notamment l’ouate de cellulose qui est une
alternative durable, peu cher et relativement performante par rapport aux principaux isolants
synthétiques.
L’isolation intérieure est très importante pour économiser de l’énergie mais il en est de même
pour l’isolation extérieure des bâtiments. Rénover sa façade et poser des panneaux d’isolation
extérieure peut être une alternative : le liège par exemple, imputrescible est idéal pour une
isolation extérieure. Cela reste cependant une méthode assez couteuse. Une isolation efficace
passe aussi par le choix du vitrage : préférer le double vitrage au simple vitrage.
6
Les réglementations
Bien entendu, l’isolation est encadrée en France par la RT (réglementation thermique) qui fixe
la quantité maximale qu’un bâtiment est en droit de consommer. Il faut noter que les RT se
suivent année après année et que les exigences en matière de sobriété énergétique sont de
plus en plus strictes.
Pour résumer :
RT1974 : réduction de 25%
de la consommation des
nouveaux bâtiments,
obligation d’isolation.
RT1982 : réduction
supplémentaire de 20% de la
consommation
énergétique.
RT1988 : extension de ces
règles au secteur du
bâtiment tertiaire
RT2000 : réduction
supplémentaire de 20% pour
les bâtiments et 40% pour
les bâtiments tertiaires.
Attention portée
Source : [Link]
sur les solutions extérieures et structurelles pour limiter les ponts thermiques
RT2005 : réduction supplémentaire de 20% et création de labels pour les bâtiments haute
performance
RT2012 : Encourage l’utilisation d’énergie renouvelable, installation de systèmes solaires et
géothermiques.
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Mise en œuvre des isolants thermiques sur chantier
En résumé, un pont thermique fait référence à tout défaut d'isolation qui provoque une perte
de chaleur et réduit la résistance thermique d'une construction. Ce type de défaillance peut
être dû, par exemple, à une mauvaise conception structurelle, à l'installation d'équipements
inefficaces ou à l'utilisation de matériaux de qualité inférieure ou inappropriés.
Détecter un pont thermique nécessite l'intervention d'un expert en isolation et en général en
efficacité énergétique. Les spécialistes peuvent effectuer une étude thermique de la
propriété en utilisant la technologie de thermographie. Il s'agit d'une image infrarouge à
code couleur qui identifie avec précision les ponts thermiques dans une pièce. Ce bilan vous
permettra de localiser les ponts thermiques et d’estimer le coût des déperditions.
Figure 3 : Détermination des ponts thermiques à l’aide de la technologie de thermographie [6]
Lors de la réalisation différentes solutions sont disponibles :
L'installation de rupteurs thermiques autour de la dalle et à l'extrémité des murs
porteurs, disponibles sous différentes formes, permet de rétablir la liaison entre les
différentes parois comme les dalles et les façades. L'installation de disjoncteurs a
pour effet de gérer les ponts thermiques au niveau des étages intermédiaires ou bien
des planchers bas ;
Figure 4 : Mise en œuvre d’un rupteur de pont thermique [7]
8
Isoler autour de la dalle, par exemple à l'aide de briques creuses ou de béton plat
poreux (béton cellulaire) ;
Doubler le mur porteur d'une couche d'isolant (épaisse ou fine selon les conditions
climatiques) ;
Faux plafonds isolés ;
Si la déperdition de chaleur provient du plancher, placer une dalle flottante qui est
une grande dalle de béton qui sert de plancher et repose sur une couche d'isolant.
Figure 5 : Mise en œuvre d’une dalle flottante [8]
Intervenir de l'intérieur ne résout souvent pas la source du problème, mais cela peut suffire à
améliorer l'isolation thermique, en effet il n'existe pas de technique précise pour lutter contre
les ponts thermiques. La solution à utiliser dépend des murs spécifiques et de l'efficacité
énergétique du bâtiment. En général, si la maison est mal isolée, des travaux d'isolation par
l'extérieur peuvent régler le problème.
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Conclusion
Ainsi, l’isolation thermique durable dans le secteur du bâtiment joue un rôle majeur
dans la réduction des émissions de CO2. L’isolation est essentielle dans notre contexte actuel
de sobriété énergétique. Cela doit se faire d’une part par une meilleure conception
structurelle des ouvrages afin de limiter les pertes due aux phénomènes de ponts thermiques
par exemple, mais aussi par la mise en œuvre de solution d’isolation intérieure ou extérieure.
Il s’agit par ailleurs d’utiliser des isolants biosourcés qui stockent du carbone durant leur vie et
locaux afin de réduire l’impact environnemental de l’isolation qu’ont les matériaux
synthétiques employés jusqu’alors. Les normes vont très probablement, par ailleurs,
continuer de devenir de plus en plus restrictives sur la question de l’isolation thermique et les
principaux acteurs du secteur de la construction devront développer de nouvelles méthodes
et employer des matériaux plus vert quitte à subir un coût de revient plus important. Nous
pouvons en tout cas espérer, et les évolutions actuelles laissent à penser que ce sera le cas,
que ces acteurs prendront de plus en plus en compte la question de l’empreinte carbone du
bâtiment, que ce soit en construction ou durant sa vie et ce quitte à faire face à des chantier s
plus longs et des coûts plus élevés.
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Bibliographie
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[2] batiadvisor, ISOLATION THERMIQUE DU BÂTIMENT, LES POINTS À CONNAÎTRE
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[3] Adeline M, Qu’est-ce qu’un pont thermique et comment y remédier ?, Mise à jour le
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est-ce-qu-un-pont-thermique-et-comment-y- remedier#:~:text=Le%20traitement%20des
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[5] Wikipédia, Pont thermique, Mise à jour
01/2016.
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[6] samse, Comment supprimer un pont thermique ? [Link]
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[8] seac, PRODUIT : PLANCHER ISOLANT.
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filieres-a-creer-pour-le-recyclage-des-isolants-47711
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