Gestion durable des ressources halieutiques
Gestion durable des ressources halieutiques
DEPARTEMENT DE FOUNDIOUGNE
ARRONDISSEMENT DE DJILOR
CONSEIL LOCAL DE PECHE ARTISANALE DE SOKONE
CONVENTION LOCALE
POUR UNE GESTION DURABLE DES RESSOURCES HALIEUTIQUES
Décembre 2017
1
TABLE DES MATIERES
LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................... 3
LISTE DES FIGURES .......................................................................................................... 3
LISTE DES ABREVIATIONS ............................................................................................. 4
INTRODUCTION.................................................................................................................. 5
I. OBJECTIFS DE LA CONVENTION LOCALE ....................................................... 6
1.1. Objectif général ....................................................................................................................... 6
1.2. Objectifs spécifiques................................................................................................................ 6
II. PRESENTATION SOMMAIRE DE LA ZONE COUVERTE PAR LE CONSEIL
LOCAL DE PECHE ARTISANALE (CLPA) DE SOKONE............................................ 7
2.1. Les aspects bio-physiques ....................................................................................................... 7
2.1.1. Le milieu physique ........................................................................................................... 7
2.1.2. Les caractéristiques du milieu marin ............................................................................... 8
2.1.3. Le cadre humain .................................................................................................................... 9
2.2. L’exploitation des ressources halieutiques ........................................................................... 10
2.2.1. La pêche......................................................................................................................... 11
2.2.2. Le mareyage .................................................................................................................. 15
2.2.3. La transformation artisanale ......................................................................................... 16
2.2.4. L’exploitation des mollusques ....................................................................................... 17
2.2.5. Les prestataires de services ........................................................................................... 18
2.2.6. Les infrastructures d’appui à la pêche........................................................................... 19
2.3. Les mesures de gestion existantes ........................................................................................ 19
2.3.1. Les initiatives communautaires consensuelles ............................................................ 19
2.3.2. Les mesures réglementaires .......................................................................................... 19
2.3.3. Les zones protégées ...................................................................................................... 19
2.4. Les Contraintes, difficultés et solutions proposées par les acteurs ...................................... 20
III. CONFORMITÉ JURIDIQUE DE LA CONVENTION LOCALE .......................... 23
3.1. Le droit international ................................................................................................................. 23
3.2. Le droit Sénégalais...................................................................................................................... 24
3.2.1. Au plan national .................................................................................................................. 24
3.2.2. Au plan local ........................................................................................................................ 25
IV. PRESENTATION DES REGLES DE GESTION ...................................................... 25
2
LISTE DES TABLEAUX
3
LISTE DES ABREVIATIONS
4
INTRODUCTION
Le secteur de la pêche est stratégique pour le Sénégal. Il joue un rôle essentiel sur le plan
économique, social et nutritionnel. La pêche sénégalaise a connu un développement fulgurant
consécutif à un accroissement important des débarquements, rendu possible grâce à des
politiques expansionnistes menées et soutenues par l’Etat. C’est ainsi que, jusqu’aux alentours
des années 90, le secteur a contribué de façon significative à nourrir les populations nationales,
à créer de nombreux emplois et à contribuer à l’amélioration de la balance commerciale du
Sénégal.
Paradoxalement, les politiques développées dans le secteur de la pêche l’ont plongé dans une
profonde crise. En effet, la durabilité de la pêche est compromise par la raréfaction des
ressources halieutiques dont la principale cause est la surcapacité de pêche dans un contexte où
l’accès à la mer reste libre. En effet, les principales espèces demersales côtières sont pleinement
exploitées, voire surexploitées. Même les pélagiques côtiers (sardinelles, chinchards
notamment) qui étaient épargnés sont aujourd’hui, menacés par ce phénomène.
Conscient des insuffisances et inadaptation de ces politiques, l’Etat a décidé de mettre en place
des stratégies et des politiques de développement durable des pêches parmi lesquelles se
trouvent l’aménagement des pêcheries pour mieux gérer de façon durable les ressources
halieutiques.
La réalisation et la réussite de ces stratégies exigent un partage des rôles et des responsabilités
entre l’Etat (appuyé par les partenaires au développement) et les communautés de base de la
pêche.
C’est dans ce contexte que le projet USAID/COMFISH Plus intervient pour appuyer l’Etat du
Sénégal dans sa stratégie de gestion des ressources halieutiques telle que définie dans la lettre
de politique Sectorielle de la Pêche et de l’Aquaculture. L’une des approches préconisées par
le projet est l’utilisation de la “Convention Locale” comme outil de cogestion des pêcheries.
5
La convention locale de pêche peut être définie comme un ensemble de dispositions prises de
manière consensuelle par les acteurs au niveau des CLPA. Elles sont validées par les services
techniques et l’ICC du CLPA avant d’être approuvées par l’autorité administrative locale. Ces
dispositions sont conformes à la législation en matière de pêche et concernent les domaines ci-
dessous :
la gestion de l’environnement marin et côtier ;
la restauration de la biodiversité marine et côtière ;
la pêche ;
le mareyage ;
la transformation artisanale ;
les prestations de services liées à la pêche ;
l’organisation et le fonctionnement du CLPA.
Cette démarche montre ainsi que les CLPA sont devenus des institutions de gouvernance locale
habilitées à valider les mesures prises par les acteurs en matière de gestion durable des
ressources halieutiques conformément au code la pêche.
L’objectif général de la convention locale est d’assurer une conservation et une utilisation
durable des ressources halieutiques pour satisfaire les besoins croissants, divers et changeants
des populations, tout en préservant les fonctions productives, écologiques et culturelles des
écosystèmes marins et côtiers au profit de la communauté.
6
II. PRESENTATION SOMMAIRE DE LA ZONE COUVERTE PAR LE
CONSEIL LOCAL DE PECHE ARTISANALE (CLPA) DE SOKONE
Le CLPA de Sokone est un CLPA terroir localisé dans l’arrondissement de Djilor (département
de Foundiougne). Il se situe dans le Sud-Ouest du Delta du Saloum sur les rives du Diomboss.
Il est essentiellement constitué de la commune de Sokone et de 06 villages terrestres
(Bambougar Malick, Bambougar El hadj, Bambougar Samba, Bambougar Momath, Bangalère
et Lérane Coly) tous situés sur les bordures du Diomboss
Le climat se caractérise par des régimes thermiques et hydriques de type tropical subissant la
double influence de la pluviométrie et des effets océaniques en particulier dans les marges
maritimes de l’estuaire. Les températures moyennes annuelles se maintiennent entre 26 et 31°C.
Les normales pluviométriques accusent une nette régression passant de 600 - 900 mm en 1931
- 1950 à 400 - 600 mm actuellement.
7
Du point de vue morphologique, la zone est caractérisée par la présence de bancs de sables fins,
de tannes (nues et herbues) et de la vasière à mangrove (sol salé). Cet écosystème est favorable
au développement de ressources halieutiques.
Le milieu marin du Sine Saloum fait partie d’un système hydrodynamique de la Petite Côte du
Sénégal. Il est constitué d'une frange maritime et d'un complexe estuarien qui, lui-même,
comprend un ensemble amphibie de grandes îles et un ensemble continental.
Le CLPA de Sokone est parcouru par un des trois principaux bras du sine Saloum qui est le
Diomboss.
8
Le Diomboss dont le tracé est au centre de l'estuaire dispose d’une embouchure large de 4 km.
Le chenal de ce bras principal est relativement profond. Des fonds de 10 m y sont régulièrement
rencontrés. En amont le Diomboss se divise en plusieurs bolons (Sokone, Bagal…).
Ce bras de mer est couronné par d’importantes forêts de mangrove. Cet écosystème particulier
a une importance halieutique et écologique bien reconnue (voir carte des lieux de pêche ci-
dessous), la faune y est abondante et c’est notamment une zone de refuge et de nurserie pour
les poissons.
C’est un CLPA terroir situé dans l’arrondissement de Djilor. Mis en place en 2008, il est
essentiellement constitué de la commune de Sokone et de 06 autres villages terrestres
(Bambougar Malick, Bambougar El hadj, Bambougar Samba, Bambougar Momath, Bangalère
et Lérane Coly). La pêche constitue une activité secondaire dans ces villages derrière
l’agriculture.
La population du CLPA est estimée à 16406 habitants (recensement administrative, 2017) dont
48,72% de femmes. Elle est essentiellement constituée de Sérère, wolof et peulh.
9
Tableau 1 : Répartition de la population au sein du CLPA (recensement administrative, 2017)
La pêche joue un rôle socioéconomique important dans la zone couverte par le CLPA de
Sokone. En effet, la filière exploitation des ressources halieutiques emploie un grand nombre
de personnes dans les activités de production (pêche et exploitation de mollusque), de
transformation et de commercialisation.
Des enquêtes réalisées au niveau du CLPA dans le cadre de la mise en œuvre des activités du
projet USAID/COMFIH Plus (Mai 2017) ont permis d’identifier une diversité de professions
constituées de plusieurs métiers qui gravitent autour de la pêche dont les principaux sont :
la pêche,
la transformation artisanale,
le mareyage,
l’exploitation de mollusques et
les prestations de service.
Selon les enquêtes réalisées, la pêche (41%) et l’exploitation des mollusques (35%) sont les
activités les plus pratiquées suivies du mareyage avec seulement (10%). Les prestations de
services divers et la transformation artisanale sont les activités les plus faiblement
pratiquées avec respectivement (6%) et (8%) de l’effectif total.
10
La répartition des catégories professionnelles par villages montre beaucoup de disparité. En
effet, les pêcheurs sont plus importants dans les sites de Sokone et Bambougar Malick. Le faible
nombre de pêcheurs a été noté à Bambougar Massamba et Lerane coly.
S’agissant de la transformation artisanale, elle n’est pratiquée que dans 02 sites (Sokone et
Bambougar Malick).
L’activité de mareyage n’est aussi identifiée que dans 02 sites (Sokone et Bambougar Malick)
Quant à l’exploitation des mollusques, l’activité est pratiquée dans 5 sites (Sokone, Bambougar
Malick, Bambougar El hadj, Bambougar Massamba et Bangalère)
Les prestations de services divers dans l’exploitation des ressources sont faiblement
représentées dans le CLPA.
2.2.1. La pêche
La pêche est le métier le plus important dans l’exploitation des ressources halieutiques au
niveau de ce CLPA. Selon les résultats des enquêtes, le nombre de pêcheurs identifié dans la
zone est de 218 soit 41% des acteurs. La particularité à noter dans ce CLPA, est qu’il n’y a pas
de pêcheurs étrangers. Cependant on a une population de pêcheurs relativement jeune où l’âge
moyen est de 23 ans et les moins de 35 ans représentent 62% des pêcheurs.
La répartition des pêcheurs par village montre que les sites de Sokone et Bambougar Malick
renferment plus de la moitié des pêcheurs soit 55,96%.
11
Tableau 3 : Répartition des pêcheurs par village (USAID/COMFISH PLus enquête, Mai 2017)
Villages Pêcheurs
Sokone 68
Bambougar Malick 54
Bambougar Momath 17
Bambougar El hadji 22
Bambougar Massamba 17
Lérane Coly 22
Bangalère 18
Total 218
Du point de vue des effectifs, on note une prédominance de 04 engins : Senne de plage, filet
maillant dérivant de surface, filet dormant et filet maillant encerclant avec respectivement 33%,
26%, 22% et 13%. Les autres engins ne dépassent pas individuellement 5 % de l’effectif total.
Figure 5 : Les différents engins de pêche utilisés dans le CLPA de Sokone (USAID/COMFISH
Plus enquête, Mai 2017)
La répartition des engins de pêche par village montre une nette disparité. En effet, les sept types
d’engins identifiés ne se retrouvent pas dans tous les villages. Du point de vue de l’effectif, on
note que plus la moitié se retrouvent dans les sites de Sokone et de Bambougar Malick.
12
Tableau 4 : Répartition des engins de pêche par village (USAID/COMFISH Plus enquête, Mai
2017)
Le parc piroguier
La pirogue joue un rôle important dans l’activité de pêche au niveau du CLPA de Sokone.
Environ 56 pirogues ont été dénombrées lors des enquêtes. Cependant, le recensement officiel
du parc piroguier au niveau du poste de contrôle de Sokone fait état d’un effectif global de 90
pirogues. Cet écart constaté est lié à la forte mobilité des pêcheurs dans la zone.
Les embarcations sont de tailles différentes et varient entre 4 et 12 mètres. Le mode de
propulsion se fait à la rame pour les petites pirogues et à l’aide de moteurs hors bords de type
8 cv, 15 cv et 40 cv pour les grandes embarcations.
La répartition du parc piroguier par village montre que la moitié du parc piroguier est
principalement concentrée dans les sites de Sokone (25%) et Bambougar Malick (26%).
13
12 Sole langue Cynoglossus spp Tangal
13 Otolithe naine Pseudotolitus typus Tuunuun
14 Aiguille crocodile Strongylura spp Sambasilet
15 Grande Carangue Caranx carangus Saaka
16 Tracynote Vomer setapinis Fanta mbay
17 Carpe blanche Pomodasys spp Sompat
18 Pastenague Dasiatis margarita Rayyantaan
19 Scyris d'alexandrie Trachurus maxilosus dug dug
20 Otolithe épaisse Pseudotolitus brachygnatus Nguukë
21 Drépane Drepane africana Tàppandaar
22 Friture argentée Eucinostomus melanopterus Xur xur
Crustacées
23 Crevette blanche Penaeus duporarum notialis Sippax
Mollusques
24 Seiches Sepia officinalis Yërëdë
25 Cymbium Cymbium spp Yeet
26 Huîtres Crassostrea gasar Yokhoss
27 Coques Arca senilis Pagnes
25 Murex Murex spp Tuufa
En ce qui concerne les débarquements, la tendance au cours de ces deux dernières années
montre que les mises à terre de poissons sont passées de 322,955 tonnes en 2015 à 367,33
tonnes en 2016 soit une augmentation de 12%.
Pour les mollusques, les mises à terre passent de 46,02 tonnes en 2015 à 69,665 tonnes en 2016
soit une augmentation de 33%.
14
Pour les mollusques, la distribution montre que la part réservée à la transformation artisanale
en 2015 et 2016 est de 35,69 tonnes et 56,01 tonnes. La part destinée au mareyage vient en
seconde position. On note pour les mollusques une autoconsommation faible en 2015 et 2016
représentant respectivement 0,04% et 0,6% de la production.
Figure 7 : Ventilation des produits débarqués poissons (A) et mollusques (B) au niveau du poste
de contrôle de Sokone de pêche (source : poste de contrôle des pêches de Sokone)
2.2.2. Le mareyage
L’activité de mareyage occupe une place très importante dans la valorisation et la distribution
des produits de la pêche. La profession de mareyeur est assujettie à l’obtention d’une carte
professionnelle communément appelée carte mareyeur. Les enquêtes menées au sein du CLPA
ont permis d’identifier près de 54 personnes exerçant ce métier soit près de 10 % des
professionnels de la pêche.
Les personnes identifiées sont toutes des micros mareyeurs et ne détiennent pas de carte
professionnelle. En termes de genre, les femmes sont beaucoup plus représentées avec 72%.
La population est relativement âgée avec 15% qui ont moins de 35 ans.
Tableau 6 : Répartition par sexe et par village des personnes impliquées dans le mareyage
(USAID/COMFISH Plus enquête, Mai 2017)
15
Pour les poissons, les quantités mareyées sont très faibles par rapport au débarquement total en
2015 et 2016 et ne dépassent pas les 2%. Cependant de 2015 à 2016, les quantités mareyées
sont passées de 4,595 tonnes à 6,900 tonnes soit une augmentation de 33%.
Pour les mollusques, les quantités mareyées passent de 4,75 tonnes en 2015 à 13,095 tonnes
en 2016.
Figure 8 : Evolution des quantités de produits mareyées (source : poste de contrôle de Sokone)
C’est un secteur très dynamique et essentiellement contrôlé par les femmes avec 95% contre
5% d’hommes. Elle joue une fonction économique et sociale très importante car elle constitue
une source génératrice de revenus. Environ, 40 personnes s’activent dans la transformation
artisanale représentant ainsi 8% des professionnels de l’exploitation des ressources halieutiques
dans la zone.
On note que l’activité est pratiquée par une population assez âgée où les moins de 35 ans ne
représentent que 13% de l’effectif.
Tableau 7 : Répartition par sexe et par village des acteurs de la transformation artisanale
(USAID/COMFISH Plus enquête, Mai 2017)
Dans ce CLPA aucun village ne dispose de sites de transformation aménagés ; cette situation
fait que l’activité n’est pas très développée. Ce sont seuls les villages de Sokone et Bambougar
16
Malick qui abritent quelques acteurs évoluant dans ce domaine et disposant de 53 claies de
séchage artisanales dont 44 à Sokone et 09 à Bambougar Malick.
Les principales espèces transformées sont les poissons (ethmalose, mulet,..) et les mollusques
(Huitre, coque, touffa et cymbium).
Les différentes techniques utilisées sont : le séchage, la fermentation/séchage et la
cuisson/séchage, le fumage/séchage. Ces techniques permettent d’avoir plusieurs produits finis
dont les huitres, les pagnes, le tambadiang, le guedj et le touffa.
La transformation artisanale occupe une place très importante dans la destination des produits.
Pour les poissons, les quantités destinées à la transformation artisanale passent de 170,15 tonnes
en 2015 à 168,9 tonnes en 2016 soit une baisse de 0,7%.
Pour les mollusques, les quantités augmentent passant de 35,69 tonnes en 2015 à 56,01 tonnes
en 2016 soit une hausse de 36%.
L’exploitation des mollusques est une activité très développée dans le CLPA. En environ, 184
personnes s’y activent soit 34,8% des acteurs. Elle est essentiellement dominée par les femmes
avec 95% des acteurs.
La population est relativement âgée avec un âge moyen de 49 ans pour les hommes et 39 ans
pour les femmes. Les acteurs de moins de 35 ans ne représentent que 42% de l’effectif. Les
villages de Bangalère et Bambougar El hadji abritent plus d’acteurs dans ce métier.
Les principales espèces exploitées sont les huitres, les murex, les seiches, le cymbium et les
coques. Les pratiques de collecte restent traditionnelles exceptées avec les huitres où la pratique
de l’ostréiculture sur guirlande a démarré dans certains villages.
Les quantités mises à terre passent de 46,02 tonnes en 2015 à 69,665 tonnes en 2016 soit une
augmentation de 33%.
17
Figure 9 : Ventilation des mises à terre de mollusques (source Poste de contrôle des pêches de
Sokone)
La prestation de service est constituée des métiers connexes qui gravitent autour des activités
de la pêche. C’est est une activité incontournable dans le secteur de la pêche car elle contribue
à la réussite de toutes les autres activités menées dans le secteur. Malgré son importance, ce
métier est un peu négligé dans le CLPA. On trouve quatre principaux groupes d’acteurs dans
ce métier: les pompistes, les écailleuses, les charretiers et les charpentiers.
Les enquêtes ont permis l’identifier près de 32 individus exerçant dans cette activité soit 6%
des professionnels.
La répartition par village montre que l’activité n’existe qu’à Sokone et à Bambougar Malick
18
Tableau 9 : Répartition des prestataires de service par village (USAID/COMFISH Plus enquête,
Mai 2017)
La zone couverte par le CLPA de Sokone possède quelques infrastructures d’appui à la pêche.
Elles sont essentiellement constituées de débarcadères et de stations de vente de carburant.
Chaque village dispose de débarcadère de fortune. On trouve une station de vente de carburant
hors-bord à Sokone et un poste de contrôle des pêches à Sokone qui représente l’administration
des pêches dans la zone.
Un certain nombre de mesures de gestion ont été mis en place dans la zone, pour préserver la
ressource halieutique, en vue d’une exploitation durable. Il s’agit d’initiatives communautaires
prises par les populations locales de façon consensuelle, mais aussi de mesures réglementaires
mises en place à travers des textes réglementaires et législatifs.
Au niveau du CLPA de Sokone beaucoup d’initiatives communautaires ont été développées par
les populations allant dans le cadre de la conservation et la restauration des écosystèmes de
façon générale. Ces interventions ont permis de comprendre et de s’engager dans la nécessité
de conserver les ressources naturelles. Il s’agit de :
repos biologique (fermeture de bolong, de vasière…..) ;
contrôle du maillage des engins ;
conservation des espèces protégée (marines et forestière),
Le CLPA de Sokone est une partie de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum qui couvre
environ 330000 hectares et caractérisée par d’importantes diversités d’écosystèmes dans les
trois milieux écologiques qui la composent (domaine continental, domaine amphibie et
19
domaine maritime). Cette importance écologique et économique de la zone a amené l’Etat
Sénégalais et la communauté internationale à prendre un certain nombre de mesures de
protection de la biodiversité du site. Ainsi en 1976, 76 000 ha des ensembles amphibies et
maritimes ont été érigés en parc national (Parc National du delta du Saloum, PNDS).
En 1981, l'ensemble continental a été joint au PNDS pour être inscrit au patrimoine mondial de
la biosphère (Réserve de la Biosphère du Delta du Saloum). Enfin en 1984, son statut de zone
d'accueil de plusieurs espèces d’oiseaux paléarctiques (plus de 120 000 individus d’oiseaux
d’eau pour 95 espèces y ont été dénombrés en 1998 dont plus des trois quarts sont constitués
de Limicoles), valut à la RBDS d’être classée «zone humide d’importance internationale ou site
RAMSAR».
Du point de vue biodiversité, 114 espèces de poissons, plus de 100 espèces de mollusques, 50
espèces de crustacés, des espèces de tortues marines et 188 espèces ligneuses ont été répertoriés
(UICN, 1999).
Cet ensemble a bénéficié d’un programme spécial dans les années 2000 accès sur la
conservation et la restauration des écosystèmes.
Au cours des concertations, les acteurs se sont exprimés sur les contraintes qui entravent la
rentabilité et la durabilité des pêcheries ainsi que sur les solutions préconisées. De façon
20
générale, ces contraintes et solutions peuvent être d’ordre environnemental (gestion,
conservation et restauration), social, économique et technique.
Tableau 10 : Contraintes majeures de la pêche, causes et solutions proposées par les acteurs
21
Acteurs/Rubriqu Contraintes liées à la gestion Causes Solutions préconisées
es de la ressource
Respecter la taille
autorisée des espèces à
commercialisé
Rareté de la ressource, Surexploitation, Interdire la
Manque de moyens Manque de transformation des
financiers, partenaires, espèces juvéniles,
Problèmes de gestion, Manque de formation, S’organiser pour
Difficulté pour vendre les Manque de site de trouver des marchés
produits transformés, transformation pour écouler les
Problème de qualité des moderne, produits transformés,
Transformatrice produits Insalubrité des lieux Bénéficier de formation
de transformation, en hygiènes, qualité et
s
Pas de claies de séchage gestion,
modernes ni de fours Discuter avec les
pêcheurs sur les prix,
Solliciter l’appui de
partenaires pour la
construction d’un site
de transformation
moderne,
Rareté de la ressource, Pluralité des Augmenter la durée
Surexploitation cueilleuses de de la fermeture des
des espèces de mollusque, sites de deux (02)
mollusques, Le changement mois,
Disparition de climatique, Interdire la coupe des
nombreuses d’espèces, La coupe des racines pour la
Problème de cueillette racines, cueillette des huitres,
Exploitants de Pas de moyens de Mettre en place une
mollusques transport (pirogue) commission de
surveillance de la
mangrove par le
CLPA,
Aider les femmes à
s’organiser et de
trouver un moyen de
transport (une ou
deux pirogues),
Rareté des espèces, Surexploitation des Interdire
Problèmes de moyens, espèces, l’exploitation des
Manque de matériels, Exploitation d’espèces juvéniles, en mettant
juvéniles, sur place des
Manque d’appui, sanctions sévères,
Fermeture périodique
Prestataires de des bolong
service Doter le CLPA des
moyens pour
surveiller la
ressource,
Appui pour avoir sur
place une boutique
qui vend des
22
Acteurs/Rubriqu Contraintes liées à la gestion Causes Solutions préconisées
es de la ressource
accessoires ou outils
de travail pour les
charpentiers,
Gestion des Disputes Intérêt divergent, Intervention du CLPA
conflits Occupation des et anciens pêcheurs,
surfaces
Non signalisation des Négligence, exiger aux piroguiers
pirogues pendant la Manque de moyens d’avoir une
nuit, signalisation
Le manque lumineuse pendant les
Sécurité d’équipements déplacements
(chaussures, tenues, nocturnes,
gants, gilets) exiger le port du gilet,
Achats d’équipements
de protection
Disparition de la Reboisement de la
mangrove, mangrove chaque
Destruction de année,
l’habitat marin Interdire la coupure
L’exploitation des de la mangrove
juvéniles (sanction sévères), ou
Perte de filet à mono son exploitation
filament abusive et sanctionner
Destruction de Augmentation de par une amande aux
Environnement l’effort de pêche récidivistes,
l’environnement
(augmentation du Mettre en place une
nombre de pêcheurs, équipe de surveillance
du temps de pêche et de la mangrove,
de la capacité de Interdiction du mono
pêche) filament,
Le libre accès aux Établir des règles de
ressources, sortie pour atténuer
Les eaux de l’effort de pêche
ruissellement
23
Convention et le 15 mai 1985 pour le protocole de Paris du 03. décembre 1982
amendant la Convention;
La Convention d'Abidjan du 23 mars 1981 relative à la coopération en matière de
protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de
l'Afrique de l'Ouest et du Centre ratifiée par le Sénégal le 5 août 1984;
La Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer de Montego Bay en date du
10 décembre 1982 ratifiée par le Sénégal le 25 octobre 1984;
La Convention de Rio de juin 1992 relative à la Diversité Biologique ratifiée par le
Sénégal en juin 1994;
La Convention cadre sur les changements climatiques discutée en 1992 et ratifiée en
1994 ;
Le Sénégal est aussi membre des organisations de gestion des pêches à l’échelle sous régionale,
régionale et internationale notamment la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP),
International Council for the Conservation of Atlantic Tunas (ICCAT), la Commission
Internationale Océanographique (COI) entre autres. Ces organes interviennent au niveau des
stocks partagés, chevauchants ou d’intérêt commun.
24
La Loi N° 96-07 du 22 mars 1996 portant transfert de compétences aux Collectivités
Locales;
L’arrêté interministériel N°3733 du 11 avril 2011 créant les fonds d’appui au
fonctionnement (FAF) des CLPAs fixant leurs modalités de mobilisation et
d’utilisations.
Un arrêté ministériel N° 00931 du 03 février 2010 portant création d’un comité de
gestion départemental du fonds d’appui au fonctionnement (FAF) des CLPA ;
Arrêté ministériel N° 07397 du 19 mai 2016 portant création CNAAP
Arrêté ministériel N° 09388 du 11 novembre 2008 portant création, organisation et
fonctionnement des conseils locaux de pêche artisanale
25
application de la loi n° 2015-18 du 13 juillet 2015 portant code de la pêche maritime à 36-40
mm
Pour les Sardinelles, l’utilisation du maillage 30 mm de côté du filet maillant encerclant doit
être respectée conformément au décret N° 2016-1804 portant application de la loi n° 2015-18
du 13 juillet 2015 portant code de la pêche maritime.
L’utilisation de la senne tournante est formellement interdite dans les bolongs et chenaux de
navigation.
La pose des casiers à seiche dans les bolong sera règlementée à travers un arrêté.
Pour les engins de pêche crevettière, la maille minimale autorisée est 12mm de côté pour le filet
trainant et 14 mm de côté pour les filets fixe conformément à l’article 24 du décret n° 2016-
1804 portant application de la loi n° 2015-18 du 13 juillet 2015 du code de la pêche maritime ;
26
Toutes les embarcations doivent être immatriculées et disposer d’une plaque d’immatriculation
conformément à la réglementation en vigueur ;
Toutes les unités de pêche artisanale doivent détenir un permis de pêche en cours de validité.
27
Le CLPA s’engage à appuyer la professionnalisation de la transformation artisanale (acquisition
de carte de métier).
Le cadre peut s’adjoindre à toute personne dont la présence est jugée utile.
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Article 17: Initiatives communautaires
Toutes infractions liées aux présentes dispositions et ayant le caractère d’initiative
communautaire seront punies conformément à l’article 133 de la loi portant code de la pêche.
Ce dernier indique que les infractions en matière de pêche artisanale non expressément définies
seront, après qualification de leur gravité par l’autorité habilitée à les constater, punies des
peines prévu aux articles 125 et 129 de la loi portant code de la pêche qui vont de 50 000 à
300 000 FCFA.
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Des ateliers d’élaboration de plans d’actions annuelles pour appuyer la mise en œuvre
de la convention locale ;
Des réunions mensuelles de suivi de l’application de la convention locale ;
Des ateliers participatifs d’évaluations internes de la Convention Locale par le bureau
exécutif et l’ICC ;
Des évaluations externes peuvent être aussi réalisées en cas de nécessité à la demande
du partenaire qui a accompagné le processus d’élaboration de la convention locale, de
l’administration des pêches, du CLPA, de l’autorité administrative.
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