CODE DE DROIT CANONIQUE
LIVRE II
LE PEUPLE DE DIEU
PARTIE III
LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE
ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE
SECTION I
LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE
TITRE II
LES INSTITUTS RELIGIEUX
CHAPITRE II
LE GOUVERNEMENT DES INSTITUTS
Art. 3
LES BIENS TEMPORELS ET LEUR ADMINISTRATION
(Cann. 634-640)
Can. 634 - § 1. Les instituts, provinces et maisons, en tant que personnes juridiques
de plein droit, sont capables d'acquérir, de posséder, d'administrer et d'aliéner des
biens temporels, à moins que cette capacité ne soit exclue ou restreinte dans les
constitutions.
§ 2. Ils éviteront cependant toute apparence de luxe, gain excessif et accumulation
de biens.
Can. 635 - § 1. Les biens temporels des instituts religieux, en tant que biens
ecclésiastiques, sont régis par les dispositions du livre V sur Les biens temporels de
l'Église, sauf autre disposition expresse.
§ 2. Cependant, chaque institut fixera pour l'usage et l'administration des biens des
règles appropriées qui favorisent, défendent et expriment la pauvreté qui lui est
propre.
Can. 636 - § 1. Dans chaque institut et pareillement dans chaque province
gouvernée par un Supérieur majeur, il y aura un économe distinct du Supérieur
majeur et constitué selon le droit propre, qui administrera les biens sous la
direction du Supérieur respectif. Même dans les communautés locales, un économe
distinct du Supérieur local sera établi autant que possible.
§ 2. À l'époque et de la manière déterminée par le droit propre, les économes et les
autres administrateurs rendront compte de leur administration à l'autorité
compétente.
Can. 637 - Les monastères autonomes dont il s'agit au can. 615 doivent rendre
compte de leur administration une fois par an à l'Ordinaire du lieu ; de plus,
l'Ordinaire du lieu a le droit de prendre connaissance de la comptabilité d'une
maison religieuse de droit diocésain.
Can. 638 - § 1. C'est au droit propre, dans le cadre du droit universel, de déterminer
les actes qui dépassent les limites et le mode d'administration ordinaire et de
statuer ce qui est nécessaire pour poser validement un acte d'administration
extraordinaire.
§ 2. Outre les Supérieurs, les officiers qui sont désignés pour cela par le droit propre
font validement, dans les limites de leur charge, les dépenses et les actes juridiques
d'administration ordinaire.
§ 3. Pour la validité d'une aliénation et de toute affaire où la condition du
patrimoine de la personne juridique peut être amoindrie, est requise la permission
du Supérieur compétent donnée par écrit avec le consentement de son conseil.
Cependant, s'il s'agit d'une affaire dont le montant dépasse la somme fixée par le
Saint-Siège pour chaque région, comme aussi de biens donnés à l'Église par vœu ou
d'objets précieux à cause de leur valeur artistique ou historique, la permission du
Saint-Siège est de plus requise.
§ 4. Pour les monastères autonomes dont il s'agit au can. 615 et pour les instituts de
droit diocésain, le consentement de l'Ordinaire du lieu donné par écrit est en outre
nécessaire.
Can. 639 - § 1. Si une personne juridique a contracté des dettes et des obligations,
même avec la permission des Supérieurs, c'est elle qui est tenu d'en répondre.
§ 2. Si un membre, avec la permission du Supérieur, s'est engagé sur ses propres
biens, il doit en répondre lui-même ; mais s'il a reçu mandat de son Supérieur pour
régler une affaire de l'institut, c'est l'institut qui doit en répondre.
§ 3. Si un religieux a contracté sans aucune permission des Supérieurs, c'est à lui
d'en répondre et non à la personne juridique.
§ 4. Il reste cependant entendu qu'une action en justice peut toujours être intentée
contre celui qui a tiré avantage du contrat.
§ 5. Les Supérieurs religieux se garderont bien de permettre de contracter des
dettes, à moins qu'il ne soit certain que les revenus habituels puissent couvrir les
intérêts et que, dans un délai qui ne soit pas trop long, le capital puisse être
remboursé par un amortissement légitime.
Can. 640 - Les instituts, compte tenu des données locales, s'efforceront de porter un
témoignage en quelque sorte collectif de charité et de pauvreté, et, selon leurs
moyens, de subvenir aux besoins de l'Église et au soutien des pauvres, en prélevant
sur leurs propres biens.
PARTIE III
LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE
ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE
SECTION I
LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE
TITRE III
LES INSTITUTS SÉCULIERS
Can. 718 - L'administration des biens de l'institut, qui doit exprimer et stimuler la
pauvreté évangélique, est régie par les règles du livre V sur Les biens temporels de
l'Église, et par le droit propre de l'institut. De même, le droit propre définira les
obligations surtout économiques de l'institut envers les membres qui travaillent
pour lui.
PARTIE III
LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE
ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE
SECTION II
LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE
Can. 741 - § 1. Les sociétés et, à moins que les constitutions n'en disposent
autrement, leurs parties et leurs maisons, sont des personnes juridiques et, comme
telles, capables d'acquérir, de posséder, d'administrer et d'aliéner des biens
temporels selon les dispositions du livre V sur Les biens temporels de l'Église, des
cann. 636, 638 et 639, et selon celles du droit propre.
LIVRE V
LES BIENS TEMPORELS DE L'EGLISE
(Cann. 1254-1258)
Can. 1254 - § 1. L'Eglise catholique peut, en vertu d'un droit inné, acquérir,
conserver, administrer et aliéner des biens temporels, indépendamment du pouvoir
civil, pour la poursuite des fins qui lui sont propres.
§ 2. Ces fins propres sont principalement : organiser le culte public, procurer
l'honnête subsistance du clergé et des autres ministres, accomplir les œuvres de
l'apostolat sacre et de charité, surtout envers les pauvres.
Can. 1255 - L'Eglise tout entière et le Siege Apostolique, les Eglises particulières
ainsi que toute autre personne juridique publique ou privée, sont des sujets
capables d'acquérir, de conserver, d'administrer et d'aliéner des biens temporels
selon le droit.
Can. 1256 - Sous l'autorité suprême du Pontife Romain, le droit de propriété sur les
biens appartient à la personne juridique qui les a légitimement acquis.
Can. 1257 - § 1. Tous les biens temporels qui appartiennent à l'Eglise tout entière,
au Siege Apostolique et aux autres personnes juridiques publiques dans l'Eglise,
sont biens ecclésiastiques et sont régis par les canons suivants ainsi que par les
statuts propres de ces personnes.
§ 2. Les biens temporels d'une personne juridique privée sont régis par les statuts
propres de celle-ci et non par ces canons, sauf autres disposition expresse.
Can. 1258 - Dans les canons suivants, sous le terme d'Eglise, on entend non
seulement l'Eglise tout entière ou le Siege Apostolique, mais aussi toute personne
juridique publique dans l'Eglise, à moins que le contexte ou la nature des choses ne
laisse entendre autrement.
TITRE I
L'ACQUISITION DES BIENS
(Cann. 1259 – 1272)
Can. 1259 - L'Eglise peut acquérir des biens temporels par tout moyen juste qui est
permis aux autres personnes selon le droit naturel ou positif.
Can. 1260 - L'Eglise a le droit inné d'exiger des fidèles ce qui est nécessaire a ses fins
propres.
Can. 1261 - § 1. Les fidèles ont la liberté de disposer de leurs biens temporels en
faveur de l'Eglise.
§ 2. L'Evêque diocésain est tenu d'avertir les fidèles de l'obligation dont il s'agit au
can. 222, § 1, et d'en urger l'application de manière opportune.
Can. 1262 - Les fidèles aideront l'Eglise en s'acquittant des contributions
demandées selon les règles établies par la conférence des Evêques.
Can. 1263 - L'Evêque diocésain a le droit, après avoir entendu le conseil pour les
affaires économiques et le conseil presbytéral, de lever pour les besoins du diocèse,
sur les personnes juridiques publiques soumises a son gouvernement, un impôt
modéré, proportionnel a leurs revenus; aux autres personnes physiques et
juridiques, il lui est seulement permis d'imposer, en cas de grave nécessité et dans
les mêmes conditions, une contribution extraordinaire et modérée, restant sauves
les lois et coutumes particulières qui lui accorderaient des droits plus étendus.
Can. 1264 - Sauf autre disposition du droit, il appartient à l'assemblée des Évêques
de la province de :
1) fixer les taxes pour les actes du pouvoir exécutif en matière gracieuse ou pour
l'exécution des rescrits du Siège Apostolique, que le Siège Apostolique devra
approuver ;
2) fixer le montant des offrandes à l’occasion de l'administration des sacrements et
des sacramentaux.
Can. 1265 - § 1. Restant sauf le droit des religieux mendiants, il est interdit à toute
personne privée physique ou juridique de faire la quête pour toute institution ou
fin pieuse ou ecclésiastique, sans la permission écrite de son Ordinaire propre et de
l'Ordinaire du lieu.
§2. La conférence des Evêques peut établir des règles concernant l'organisation des
quêtes, qui doivent être observées par tous, y compris ceux qui, par institution, sont
appelés mendiants et le sont.
Can. 1266 - L'Ordinaire du lieu peut prescrire que, dans toutes les églises et
oratoires, même appartenant à des instituts religieux qui sont de fait habituellement
ouverts aux fidèles, une quête spéciale soit faite pour des projets paroissiaux,
diocésains, nationaux ou universels détermines, qu'il faudra ensuite envoyer
soigneusement a la curie diocésaine.
Can. 1267 - § 1. Sauf constatation du contraire, les offrandes faites aux Supérieurs
ou aux administrateurs de toute personne juridique ecclésiastique, même privée,
sont présumées faites à la personne juridique elle-même.
§ 2. Les offrandes dont il s'agit au § 1 ne peuvent être refusées si ce n'est pour une
juste cause et, dans les affaires importantes, avec la permission de l'Ordinaire s'il
s'agit d'une personne juridique publique ; la permission de ce même Ordinaire est
requise pour l'acceptation de biens grevés d'une charge ou d'une condition, restant
sauves les dispositions du can. 1295.
§ 3. Les offrandes faites par les fidèles pour un but déterminé ne peuvent être
affectées qu’à ce but.
Can. 1268 - L'Eglise admet la prescription comme moyen d'acquérir et de se libérer
en matière de biens temporels, selon les cann. 197-199.
Can. 1269 - Les choses sacrées qui sont propriété de personnes privées peuvent être
acquises par prescription par des personnes privées, mais il n'est pas permis de les
utiliser à des usages profanes, à moins qu'elles n'aient perdu leur dédicace ou leur
bénédiction; mais si elles appartiennent a une personne juridique ecclésiastique
publique, elles ne peuvent être acquises que par une autre personne juridique
ecclésiastique publique.
Can. 1270 - Les biens immeubles, les biens meubles précieux, les droits et actions
tant personnels que réels qui appartiennent au Siege Apostolique, sont prescrits par
cent ans ; ceux qui appartiennent à une autre personne juridique ecclésiastique
publique le sont par trente ans.
Can. 1271 - En raison du lien de l'unité et de la charité, les Evêques procureront au
Siege Apostolique, d'après les ressources de leurs diocèses, les moyens dont il a
besoin, selon les conditions du temps, pour bien remplir son service envers l'Eglise
tout entière.
Can. 1272 - Dans les régions où existent encore des bénéfices proprement dits, il
appartient à la conférence des Evêques de régler l'administration de ces bénéfices
par des règles opportunes, établies en accord avec le Siege Apostolique et
approuvées par lui, de manière que peu à peu le revenu et même dans la mesure
du possible le capital lui-même de ces bénéfices soient remis à l'organisme dont il
s'agit au can. 1274, § 1.
TITRE II
L'ADMINISTRATION DES BIENS
(Cann. 1273 – 1289)
Can. 1273 - Le Pontife Romain, en vertu de sa primauté de gouvernement, est le
suprême administrateur et dispensateur de tous les biens ecclésiastiques.
Can. 1274 - § 1. Il y aura dans chaque diocèse un organisme spécial pour recueillir
les biens et les offrandes en vue de pourvoir, selon le can. 281, à la subsistance des
clercs qui sont au service du diocèse, à moins qu'il n'y soit pourvu autrement.
§ 2. Là où la prévoyance sociale pour le clergé n'est pas encore organisée de façon
appropriée, la conférence des Evêques veillera à ce qu'un organisme assure de
façon suffisante la sécurité sociale des clercs.
§ 3. Dans chaque diocèse sera constitué, autant que nécessaire, un fonds commun
pour que l'Evêque puisse s'acquitter de ses obligations envers les autres personnes
au service de l'Eglise et subvenir aux divers besoins du diocèse, et aussi afin que les
diocèses plus riches puissent venir en aide aux plus pauvres.
§ 4. Selon les diverses circonstances locales, les buts dont il s'agit aux §§ 2 et 3
peuvent être mieux atteints par une fédération des organismes diocésains, par une
coopération ou même par une association adaptée, constituée pour divers diocèses
et même pour tout le territoire de la conférence des Evêques.
§ 5. Ces organismes doivent, si possible, être constitues de telle façon qu'ils aient
aussi effet en droit civil.
Can. 1275 - Un fonds de biens provenant de divers diocèses est administré selon les
règles établies de manière appropriée et d'un commun accord par les Evêques
concernes.
Can. 1276 - § 1. Il appartient à l'Ordinaire de veiller avec soin à l'administration de
tous les biens appartenant aux personnes juridiques publiques qui lui sont
soumises, restant saufs les titres légitimes qui lui attribueraient des droits plus
étendus.
§ 2. Compte tenu des droits, des coutumes légitimes et des circonstances, les
Ordinaires veilleront, par des instructions spéciales dans les limites du droit
universel et particulier, à organiser l'ensemble de l'administration des biens
ecclésiastiques.
Can. 1277 - Pour les actes d'administration plus importants, compte tenu de l'état
économique du diocèse, l'Evêque diocésain doit entendre le conseil pour les affaires
économiques et le collège des consulteurs ; il a cependant besoin du consentement
de ce même conseil et du collège des consulteurs pour les actes d'administration
extraordinaire, outre les cas prévus par le droit universel ou exprimes spécialement
par la charte de fondation. Il appartient à la conférence des Evêques de préciser
quels sont les actes qui relèvent de l'administration extraordinaire.
Can. 1278 - Outre les fonctions dont il s'agit au can. 494, §§ 3 et 4, celles dont il s'agit
aux cann. 1276, § 1 et 1279 § 2, peuvent être confiées à l'économe par l'Evêque
diocésain.
Can. 1279 - § 1. L'administration des biens ecclésiastiques revient à celui qui dirige
de façon immédiate la personne à qui ces biens appartiennent, a moins d'une autre
disposition du droit particulier, des statuts ou d'une coutume légitime, et restant
sauf le droit d'intervention de l'Ordinaire en cas de négligence de l'administrateur.
§ 2. Pour l'administration des biens d'une personne juridique publique qui n'aurait
pas d'administrateur selon le droit ou la charte de fondation ou ses propres statuts,
l'Ordinaire à qui elle est soumise désignera pour trois ans des personnes idoines ; il
peut les reconduire.
Can. 1280 - Toute personne juridique aura son conseil pour les affaires
économiques ou au moins deux conseillers pour aider l'administrateur dans
l'accomplissement de sa charge, selon les statuts.
Can. 1281 - § 1. Restant sauves les dispositions des statuts, les administrateurs
posent invalidement les actes qui dépassent les limites et le mode de
l'administration ordinaire, à moins qu'au préalable l'Ordinaire ne leur en ait donne
par écrit la faculté.
§ 2. Les statuts préciseront les actes qui dépassent les limites et le mode de
l'administration ordinaire ; dans le silence des statuts, il revient à l'Evêque
diocésain de déterminer pour les personnes qui lui sont soumises quels sont les
actes de cette nature, après qu'il ait entendu le conseil pour les affaires
économiques.
§ 3. Sauf si et dans la mesure où cela a tourné à son avantage, la personne juridique
n'est pas tenue de répondre des actes poses invalidement par les administrateurs ;
elle répondra cependant des actes accomplis illégitimement mais validement par
les administrateurs, restant sauf son droit d'introduire une action ou de recourir
contre les administrateurs qui lui ont cause du tort.
Can. 1282 - Quiconque, clerc ou laïc, participe à un titre légitime a l'administration
des biens ecclésiastiques, est tenu d'accomplir ses fonctions au nom de l'Eglise,
selon le droit.
Can. 1283 - Avant l'entrée en fonction des administrateurs :
1) ceux-ci doivent promettre par serment devant l'Ordinaire ou son délégué, d'être
de bons et fidèles administrateurs ;
2) un inventaire exact et détaillé que les administrateurs signeront sera dresse des
immeubles, des meubles précieux ou présentant quelque intérêt culturel, ainsi que
des autres choses, avec leur description et leur estimation ; cet inventaire une fois
dresse sera vérifié ;
3) un exemplaire de cet inventaire doit être conservé aux archives de
l'administration, un autre aux archives de la curie ; dans l'un et l'autre sera note
tout changement que pourra subir le patrimoine.
Can. 1284 - § 1. Tous les administrateurs sont tenus d'accomplir soigneusement leur
fonction en bon père de famille.
§ 2. Ils doivent en conséquence :
1) veiller à ce que les biens qui leur sont confiés ne périssent pas et ne subissent
aucun dommage, de quelque manière que ce soit, en concluant pour cela, si
nécessaire, des contrats d'assurances;
2) veiller à garantir par des moyens valides en droit civil la propriété des biens
ecclésiastiques ;
3) observer les dispositions du droit tant canonique que civil, ou celles qui seraient
imposées par le fondateur, le donateur ou l'autorité légitime, et prendre garde
particulièrement que l'Eglise ne subisse un dommage à cause de l'inobservation des
lois civiles ;
4) percevoir avec soin et en temps voulu les revenus et profits des biens, les
conserver en sécurité une fois perçus, et les employer selon l'intention du fondateur
ou les règles légitimes ;
5) payer au temps prescrit les intérêts d'un emprunt ou d'une hypothèque, et veiller
à rembourser à temps le capital ;
6) employer aux fins de la personne juridique, avec le consentement de l'Ordinaire,
les sommes disponibles après le solde des dépenses et qui peuvent être utilement
placées ;
7) tenir en bon ordre les livres des recettes et des débourses ;
8) préparer à la fin de chaque année un compte rendu de leur administration ;
9) classer soigneusement et garder en des archives sures et convenables
les documents et instruments qui fondent les droits de l'Eglise ou de l'institut sur
ces biens ; déposer en plus, là où cela peut se faire commodément, des copies
authentiques de ces actes aux archives de la curie.
§ 3. Il est fortement recommande aux administrateurs d'établir chaque année les
prévisions des revenus et dépenses ; mais il est laisse au droit particulier de les leur
imposer et de déterminer avec plus de précision de quelle manière elles doivent
être présentées.
Can. 1285 - Dans les limites de l'administration ordinaire, et pas au-delà, il est
permis aux administrateurs de faire des dons sur les biens mobiliers qui
n'appartiennent pas au patrimoine stable, pour des buts de piété ou de charité
chrétienne.
Can. 1286 - Les administrateurs des biens doivent :
1) dans l'engagement du personnel employé, observer exactement la législation
même civile du travail et de la vie sociale, selon les principes donnes par l’Eglise ;
2) verser un juste et honnête salaire à ceux qui fournissent leur travail en vertu d'un
contrat pour leur permettre de pourvoir convenablement à leurs besoins et à ceux
des leurs.
Can. 1287 - § 1. La coutume contraire étant reprouvée, les administrateurs tant
clercs que laïcs des biens ecclésiastiques quels qu'ils soient, qui ne sont pas
légitimement soustraits au pouvoir de gouvernement de l'Evêque diocésain,
doivent présenter chaque année leurs comptes à l'Ordinaire du lieu qui les
soumettra à l'examen du conseil pour les affaires économiques.
§ 2. Les administrateurs rendront compte aux fidèles de l'usage des biens que ceux-
ci ont offerts à l'Eglise, selon des règles à établir par le droit particulier.
Can. 1288 - Les administrateurs n'engageront pas un procès et ne répondront pas à
une citation en justice au for civil au nom de la personne juridique publique, a
moins d'en avoir obtenu la permission écrite de leur Ordinaire propre.
Can. 1289 - Bien qu’ils ne soient pas tenus à leur fonction d'administration au titre
d'un office ecclésiastique, les administrateurs ne peuvent abandonner à leur gré la
fonction acceptée par eux ; si l'Eglise subit un dommage du fait de cette démission
arbitraire, ils sont tenus à la restitution.
TITRE III
LES CONTRATS ET EN PARTICULIER L'ALIENATION
(Cann. 1290 – 1298)
Can. 1290 - Les dispositions du droit civil, en vigueur dans un territoire en matière
de contrats, tant en général qu'en particulier, et de modes d'extinction des
obligations, seront observées avec les mêmes effets en droit canonique pour les
choses soumises au pouvoir de gouvernement de l'Eglise, à moins que ces
dispositions ne soient contraires au droit divin ou que le droit canonique n'en
décide autrement, restant sauves les dispositions du can. 1547.
Can. 1291 - Pour aliéner validement les biens qui constituent, en vertu d'une
légitime attribution, le patrimoine stable d'une personne juridique publique et dont
la valeur dépasse la somme fixée par le droit, est requise la permission de l'autorité
compétente selon le droit.
Can. 1292 - § 1. Restant sauves les dispositions du can. 636, § 3, lorsque la valeur
des biens dont l'aliénation est projetée est comprise entre la somme minimale et la
somme maximale à fixer par chaque conférence des Evêques pour sa région,
l'autorité compétente, pour des personnes juridiques non soumises à l'Evêque
diocésain, est désignée par leurs propres statuts: autrement, l'autorité compétente
est l'Evêque diocésain avec le consentement du conseil pour les affaires
économiques, du collège des consulteurs ainsi que des intéresses. L'Evêque
diocésain lui-même a besoin du consentement de toutes ces personnes pour aliéner
des biens du diocèse.
§ 2. Cependant, s'il s'agit de choses dont la valeur dépasse la somme maximale, ou
de choses données a l'Eglise en vertu d'un vœu, ou d'objets précieux à cause de leur
valeur artistique ou historique, l'autorisation du Saint-Siège est de plus requise
pour la validité de l'aliénation.
§ 3. Si la chose a aliéner est divisible, la demande d'autorisation de l'aliénation doit
indiquer les parties antérieurement aliénées ; sinon l'autorisation est nulle.
§ 4. Les personnes qui doivent donner leur avis ou leur consentement pour
l'aliénation des biens ne donneront pas cet avis ou ce consentement avant d'avoir
été renseignées avec exactitude, tant sur l'état économique de la personne juridique
pour les biens de laquelle il y a un projet d'aliénation, que sur les aliénations déjà
accomplies.
Can. 1293 - § 1. Pour aliéner des biens dont la valeur dépasse la somme minimale
fixée, il est requis en outre :
1) une juste cause, telles une urgente nécessité, une évidente utilité, la piété, la
charité ou toute autre grave raison pastorale ;
2) une estimation écrite de la chose à aliéner établie par des experts.
§ 2. Les autres précautions prescrites par l'autorité légitime seront aussi observées
pour éviter tout dommage à l'Eglise.
Can. 1294 - § 1. De manière habituelle, une chose ne doit pas être aliénée à un prix
inférieur à celui de l'estimation.
§ 2. L'argent produit par l'aliénation sera place soigneusement dans l'intérêt de
l'Eglise ou bien dépensé prudemment, conformément aux buts de l'aliénation.
Can. 1295 - Les exigences des cann. 1291-1294, auxquelles doivent aussi se
conformer les statuts des personnes juridiques, doivent être observées non
seulement dans une aliénation, mais encore dans toute affaire ou la situation
patrimoniale de la personne juridique pourrait être amoindrie.
Can. 1296 - S'il arrive que des biens ecclésiastiques aient été aliénés sans les formes
canoniques requises, mais que leur aliénation soit civilement valable, il appartient à
l'autorité compétente de décider, tout murement pesé, s'il y a lieu d'engager une
action et laquelle, personnelle ou réelle, par qui et contre qui, pour revendiquer les
droits de l'Eglise.
Can. 1297 - Il appartient à la conférence des Evêques de fixer, en tenant compte des
circonstances locales, des règles pour la location des biens de l'Eglise, surtout pour
l'autorisation à obtenir de l'autorité ecclésiastique compétente.
Can. 1298 - Sauf pour une affaire de peu d'importance, les biens ecclésiastiques ne
doivent ni être vendus ni être loues à leurs propres administrateurs ou à leurs
proches jusqu'au quatrième degré de consanguinité ou d'affinité, sans une
autorisation spéciale écrite de l'autorité compétente.
TITRE IV
LES PIEUSES VOLONTES EN GENERAL
ET LES FONDATIONS PIEUSES
(Cann. 1299 - 1310)
Can. 1299 - § 1. Qui peut disposer librement de ses biens en vertu du droit naturel
et du droit canonique peut laisser ses biens pour des causes pies, par acte entre vifs
ou pour cause de mort.
§ 2. Dans les dispositions pour cause de mort en faveur de l'Eglise, les formalités
juridiques du droit civil seront autant que possible observées ; si elles ont été
omises, les héritiers doivent être avertis de l'obligation à laquelle ils sont tenus
d'accomplir la volonté du testateur.
Can. 1300 - Les volontés des fidèles qui donnent ou laissent leurs biens pour des
causes pies par acte entre vifs ou pour cause de mort, une fois légitimement
acceptées, seront très soigneusement exécutées, même en ce qui concerne le mode
d'administration et d'utilisation des biens, restant sauves les dispositions du can.
1301, § 3.
Can. 1301 - § 1. L'Ordinaire est l'exécuteur de toutes les pieuses volontés, tant celles
pour cause de mort que celles entre vifs.
§ 2. De droit, l'Ordinaire peut et doit veiller, même par une visite, a l'exécution des
pieuses volontés, et les autres exécuteurs sont tenus de lui en rendre compte après
s'être acquittes de leur mission.
§ 3. Les clauses contraires à ce droit de l'Ordinaire apposées aux dernières volontés
doivent être considérées comme nulles et non avenues.
Can. 1302 - § 1. La personne qui a reçu fiduciairement par acte entre vifs ou par
testament des biens pour des causes pies doit informer l'Ordinaire de sa fiducie, et
lui indiquer tous les biens meubles et immeubles ainsi reçus, avec les charges dont
il sont grevés ; toutefois, elle n'acceptera pas une fiducie si le donateur avait interdit
de façon expresse et absolue de fournir cette information.
§ 2. L'Ordinaire doit exiger que les biens reçus fiduciairement soient placés de façon
sure, et veiller à l'exécution des pieuses volontés, selon le can. 1301.
§ 3. Pour les biens confiés fiduciairement a un membre d'un institut religieux ou
d'une société de vie apostolique, l'Ordinaire dont il s'agit aux §§ 1 et 2 est
l'Ordinaire du lieu, si les biens sont attribués au lieu ou au diocèse ou bien a leurs
habitants, ou encore a leurs causes pies a aider ; sinon, c'est le Supérieur majeur
dans un institut clérical de droit pontifical et dans les sociétés cléricales de vie
apostolique de droit pontifical, ou dans les autres instituts religieux, c'est
l'Ordinaire propre de ce membre de l'Institut.
Can. 1303 - § 1. Par fondations pieuses, on entend en droit :
1) les fondations pieuses autonomes, c'est-à-dire des ensembles de choses affectées
aux buts dont il s'agit au can. 114, § 2, érigés en personne juridique par l'autorité
ecclésiastique compétente ;
2) les fondations pieuses non autonomes, c'est-à-dire les biens temporels donnes de
quelque façon que ce soit à une personne juridique publique, à charge pour elle
d'en employer les revenus annuels pour faire célébrer des messes et remplir
d'autres fonctions ecclésiastiques déterminées, ou poursuivre les fins dont il s'agit
au can. 114, § 2, et cela pendant un temps assez long dont la durée sera fixée par le
droit particulier.
§ 2. Les biens d'une fondation pieuse non autonome doivent être affectés, une fois
le temps prescrit écoule, a l'organisme dont il s'agit au can. 1274, § 1, s'ils ont été
confies a une personne juridique soumise à l'Evêque diocésain, à moins que le
fondateur n'ait manifeste expressément une autre volonté ; autrement, ils
reviennent à la personne juridique elle-même.
Can. 1304 - § 1. Pour qu'une personne juridique puisse accepter validement une
fondation, l'autorisation écrite de l'Ordinaire est requise; celui-ci ne la donnera pas
avant de s'être assuré légitimement que la personne juridique peut s'acquitter tant
de la nouvelle charge à assumer que de celles qu'elle remplit déjà; il veillera avant
tout à ce que les revenus correspondent exactement aux charges grevant la
fondation, selon la coutume de chaque lieu ou région.
§ 2. Les autres conditions de constitution et d'acceptation des fondations seront
définies par le droit particulier.
Can. 1305 - Les sommes d'argent et les biens meubles attribués a titre de dotation
seront aussitôt déposes dans un lieu sur à approuver par l'Ordinaire, afin que ces
sommes et le prix des biens meubles soient conservés puis placés dans l'intérêt de
la fondation elle-même des que possible, avec prudence et de façon utile, au
jugement prudent de l'Ordinaire, après qu'il ait entendu les intéresses et son
propre conseil pour les affaires économiques, avec mention expresse et détaillée des
charges de cette fondation.
Can. 1306 - § 1. Les fondations, même faites de vive voix, seront consignées par
écrit.
§ 2. Une copie des actes sera conservée en sûreté dans les archives de la curie, une
autre le sera dans les archives de la personne juridique concernée par cette
fondation.
Can. 1307 - § 1. Restant sauves les dispositions des cann. 1300-1302 et 1287, le
tableau des charges des fondations pieuses sera dressé et affiché bien en vue pour
que les obligations à remplir ne tombent pas dans l'oubli.
§ 2. Outre le livre dont il s'agit au can. 958, # 1, un autre livre sera tenu et conserve
chez le cure ou le recteur, dans lequel seront notées toutes et chacune des charges,
leur exécution ainsi que les offrandes.
Can. 1308 - § 1. La réduction des charges de Messes qu'il ne faut faire que pour une
cause juste et nécessaire est réservée au Siege Apostolique, restant sauves les
dispositions suivantes.
§ 2. L'Ordinaire peut réduire les charges des Messes en raison de la diminution des
revenus, si cela est expressément prévu dans les actes de fondation.
§ 3. Dans le cas de Messes fondées par des legs ou autrement et qui auraient par
elles-mêmes leur propre fonds, l'Evêque diocésain peut, du fait de la diminution
des revenus et tant que dure cette cause, en réduire les obligations en proportion
du tarif des offrandes légitimement en vigueur dans le diocèse, pourvu que
personne ne soit tenu de compléter l'offrande et ne puisse y être efficacement
contraint.
§ 4. Il lui revient de réduire les charges ou les legs pour la célébration de Messes
grevant l'organisme ecclésiastique dont les revenus sont devenus insuffisants pour
atteindre convenablement la fin propre de celui-ci.
§ 5. Le Modérateur suprême d'un institut religieux clérical de droit pontifical
possède les mêmes pouvoirs que ceux dont il s'agit aux §§ 3 et 4.
Can. 1309 - Aux mêmes autorités dont il s'agit au can. 1308, appartient en outre le
pouvoir de transférer pour une cause proportionnée la célébration des Messes à
charge, a des jours, en des églises ou à des autels différents de ceux qui sont
détermines dans les actes de fondation.
Can. 1310 - § 1. La réduction, la modération et la commutation des volontés des
fidèles pour les causes pies peuvent être faites par l'Ordinaire si le fondateur lui en
a expressément donne le pouvoir, et seulement pour une cause juste et nécessaire.
§ 2. Si l'exécution des charges imposées par la fondation est devenue impossible à
cause de la diminution des revenus ou par un autre motif, sans aucune faute de la
part des administrateurs, l'Ordinaire peut diminuer équitablement ces charges,
après avoir entendu les intéresses et son propre conseil pour les affaires
économiques, et en préservant, de la meilleure façon possible, la volonté du
fondateur, a l'exception de la réduction des Messes qui est réglée par le can. 1308.
§ 3. Dans les autres cas, il faut recourir au Siège Apostolique.