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Guerre électronique et transmissions modernes

Ok magazine du danger

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Guerre électronique et transmissions modernes

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ÉDITORIAL

Les Transmissions et les systèmes d’information de l’armée de Terre sont, chacun le sait,
en perpétuelle évolution. Les arrivées de nouveaux équipements, les changements
rapides des versions (matériel et/ou logiciel) des équipements en dotation, les capa-
cités de nos alliés, les besoins pressants d’interopérabilité impactent fortement leur vie
et leur entraînement.

Par ailleurs, les nouvelles capacités offertes par le monde civil ne peuvent être igno-
rées ; elles imposent une réflexion permanente afférente à leur intégration sur nos maté-
riels tactiques : appropriation du protocole IP V6, extension d’IP jusqu’au plus bas
niveau du champ de bataille, téléphonie IP, commutation, “intégration radio” transmis-
sion de données de notre réseau de zone, intégration des moyens radio des services
de sécurité (pompiers, gendarmes, policiers, etc., par opérateur dans un premier
temps), voire de bornes GSM ou autres, interarmisation et mutualisation de tous les
moyens.

Général de division ROYAL La numérisation de l’espace de bataille et ses besoins, la sécurité des systèmes d’infor-
mation, la réorganisation de la composante fixe sont également l’objet de nombreuses
idées.

Ce numéro propose des réflexions sur certains concepts qui n’engagent que leur
auteur. L’accent est mis sur la guerre électronique qui devient toujours plus importante
sur le champ de bataille. Nos adversaires actuels connaissent de façon remarquable
l’emploi des moyens de la gamme commerciale. Leur ingéniosité et leur faculté
d’adaptation sont remarquables (IED commandées par postes satellitaires IRIDIUM ou
GSM, capacité de manipuler très rapidement des foules importantes, emploi d’inter-
net, etc.). Dans le cadre d’un combat de stabilisation, ils sont à même d’établir des
communications très performantes. La guerre électronique doit elle aussi s’adapter !
Elle est indispensable pour garantir la marge d’initiative des chefs, permettre la mobi-
lité de nos forces tout en gênant les forces ennemies, autoriser la concentration des
efforts.

La part consacrée aux “brèves” et à la vie de l’arme rappelle si besoin était, la diversité
des milieux, des exercices et des OPEX réalisés tant par la BTAC que par nos compa-
gnies de transmissions. Ces entraînements importants n’empêchent pas nos transmet-
teurs de briller dans de nombreuses compétitions sportives et redonnent toute sa rai-
son d’être au vieil adage “MENS SANA IN CORPORE SANO”.

L’hommage rendu à nos officiers généraux récemment décédés, l’évocation des com-
bats du SOE en Bretagne nous invitent au souvenir de ceux qui ont construit notre arme
par leur passion, par leur travail et par leur dynamisme(1). Leurs efforts, leur engagement
témoignent à jamais de la grandeur de la France et de sa pérennité. Leur mission est
maintenant menée par ceux qu’ils ont formés et qui les gardent dans leur souvenir.

Bonne lecture à tous !

Général de division Dominique ROYAL


Commandant l’ESAT

(1) Je me souviens avoir choisi le 18e RT à ma sortie de la DA pour y sui-


vre le colonel VUIBLET qui m’avait séduit par sa force de conviction et son
charisme. Quelques 30 ans plus tard, je ne regrette rien et j’en garde un
très respectueux souvenir.
Transmissions Magazine

Réflexions 3
Emploi 3
Transmissions Magazine Formation 5
Culture 7
n° 53 Tribune 11

novembre 2007
Brèves 13
Revue de
l’Arme des
Transmissions
Président du comité
de rédaction : Vie de l’Arme 16
Général de division ROYAL
Exercices 16
Directeur de la Publication :
Lien Armée-nation 22
Colonel LIÉBERT
Rédacteur en chef :
Lieutenant-colonel LE NY
Rédacteur en chef adjoint :
Sous-Lieutenant GABULON (ESAT/OCI)
Traducteur : Zoom sur … 24
Capitaine (ESR) DREVAL La guerre électronique - Partie III
Comité de rédaction : Cycle interalliés et interarmées de
Général (2S) Frécher - (UNATRANS)
conférences sur la guerre électronique 24
Lieutenant-colonel THÉVENIN (ESAT/ BMT)
Lieutenant-colonel SCHMITT (ESAT/DEP)
M. Clergerie IDEF (ESAT/DGF)
M. FAYET TSEF (ESAT/PR)
Mme JOURNÉ OEG7/CE (ESAT/PR) Vie de l’Arme 28
Couverture : PR/ESAT OPEX 28
Crédits photos : 8e RT - 28e RT - 41e RT Personnel 30
- 43e BT - 48e RT - G6/BFST - 11e CCTP -
BTAC - CERSIAT - DETSIC - 9e CCTMa/44e
BT - Espace FERRIÉ - UNATRANS -
Famille ROMON - SIRPA Terre
N° ISSN : 1245-0065
Histoire et Traditions 35
Emploi Réflexion

De la manœuvre des nodes à


la manœuvre des systèmes de PC :
La manœuvre SIC est aujourd’hui conditionnée par la manœuvre des systèmes de PC. Une nouvelle
organisation spatiale des nodes est donc définie en doctrine (SIC 956).

Les engagements actuels se caractérisent par une stabilité accrue des nodes de maillage. Leur emploi
permet de satisfaire les besoins en liaison des zones de PC et la création d’éventuelles pénétrantes
hertziennes. Seuls les PC de BIA peuvent bénéficier d’un déploiement zonal SIC dynamique que cha-
que node doit être en mesure de satisfaire.

Le TRS 111, qui décrivait la manœu- de PC », dispersées sur des emplace- Les nodes participent au raccorde-
vre des centres nodaux sur un réseau ments appelés « plots » dans le cas ment des modules de PC de la ZPC et
maillé du corps d’armée dans les où le site est éclaté. L’architecture SIC des PC des EA déployés dans cette
années 80 hante encore beaucoup y recrée virtuellement une co-locali- zone (entités SIC de niveau 4). Ils
d’esprits. Or, cette manœuvre n’est sation des cellules dispersées du PC, assurent la couverture radio au profit
plus d’actualité depuis bientôt 10 afin de permettre le partage des don- des abonnés mobiles.
ans. En effet, le corpus doctrinal nées communes et le travail coopéra-
actuel a pris en compte la manœuvre tif sur le système d’information opé- La zone d’intégration radio (ZIR)
des nodes de maillage au sein de rationnel irriguant le PC. Cette zone correspond à la limite de
zones de PC réduites, reflétant ainsi la couverture radio RITA qui s’étend,
le nouveau contexte opérationnel La zone de déploiement des en fonction du terrain, sur 15 à 20 km
des engagements terrestres lacunai- NODES (ZDN) au delà de la ZDN (portée des nodes
res et l’importance croissante des Cette zone plus large et englobant la situés en limite de ZDN). Au-delà de
systèmes de PC. ZPC, est déclinée de la ZPC dans cette ZIR, seules les liaisons par satel-
laquelle sont déployés la plupart des lites, par radio HF ou à l’aide d’exten-
L’effort de la manœuvre des SIC PC des éléments d’appui (EA). Elle sions par relais PR4G sont possibles.
porte donc désormais sur la réalisa- est constituée par l’aire dans laquelle Une ZIR peut être également consti-
tion de ces systèmes de PC, autour sont implantés les nodes de maillage tuée au profit d’un couloir logistique
de zones contrôlées où les PC sont du réseau tactique de zone. ou de toute action particulière.
déployés, appelées zones de PC (cf.
SIC 956).

L’organisation spatiale des zones


de PC

Le TTA 956 définit l’organisation spa-


tiale des systèmes de commande-
ment. Les PC importants de niveau 1
et 2 peuvent être déployés sur plu-
sieurs sites distants. Ceux des briga-
des et des groupements logistiques
sont généralement déployés sur un
site unique. Ainsi, peut-on distinguer
trois types de zones.

La zone de PC (ZPC)
Cette zone englobe l’ensemble des
Principe de zone de PC (ZPC)
parties du PC qualifiées de « modules

3
Réflexion Emploi

Des zones de PC concentrées et essentiellement lors de la phase de


partiellement manœuvrantes déploiement initial et dès qu’une
bascule de PC est planifiée. Sachant Conclusion :
Le maillage de bout en bout de la que le déploiement d’un nouveau
zone de déploiement d’un corps PC, en vue de la bascule de com- La manœuvre SIC actuelle est
d’armée n’est plus réalisable car les mandement, est assuré par création conditionnée par la manœuvre
normes d’engagement ont été agran- d’une nouvelle zone de PC autour du des systèmes de PC et la nou-
dies (cf. TTA 956), que ce soit en site choisi, la « manœuvre » des velle organisation spatiale des
phase d’intervention ou en phase de nodes est très limitée et s’effectue au nodes. Ainsi, dans l’engagement
stabilisation. Les difficultés posées rythme de la manœuvre interarmes, opérationnel des nodes de mail-
par la lacunarité s’amplifient aussi c'est-à-dire par ouverture et ferme- lage, la stabilité s’est accrue et
dans le cadre de la numérisation de ture des ZPC. L’application de ce leur emploi se caractérise par
l’espace de bataille. En effet, la zone principe d’emploi implique la créa- l’analyse en amont de l’organisa-
d'action des forces engagées sera tion d’un « noyau de maillage » au tion des zones de PC, de leur
accrue. Cet aspect lacunaire géogra- profit de la future ZPC en libérant un besoin en liaisons et des péné-
phique se doublera dans certains volume de nodes de la ZPC existante. trantes éventuelles à satisfaire.
cas, d’un contexte lacunaire multina- Il en ira de même pour les nodes et
tional : voisinage d’unités de nationa- relais engagés dans le raccordement Cette stabilité du maillage en
lités différentes (cf. SIC 200). entre les ZPC (cf. SIC 200). zone de PC n’exclut pas qu’au
titre de la préparation à l’engage-
Dans ce cadre, les supports longue A l’inverse, la zone de PC créée ment, la maîtrise des savoirs et
distance, parmi lesquels on trouve autour des deux PC des BIA sera plus savoir-faire se fasse en ambiance
principalement les moyens satellitai- souvent en mouvement. En effet, elle rapidité pour répondre aux
res, sont privilégiés pour raccorder doit suivre la manœuvre des PC de la besoins des PC des BIA ou d’un
entre eux les systèmes de PC BIA, tout en raccordant la pénétrante axe logistique à couvrir.
déployés. Ils forment le nouveau (ou les pénétrantes) la reliant à la ZPC
maillage SIC nominal, permettant les de la division et en assurant le rac- Dans l’avenir, le besoin de s’af-
échanges d’information entre les dif- cordement des groupements d’ap- franchir d’un déploiement SIC
férentes zones de PC et les petits PC pui équipés de GRAC4. Par ailleurs, le terrestre, en dehors des PC,
(unités d’appui et/ou centres spécia- déploiement non systématique de devrait être privilégié. Le maillage
lisés). Ces supports longue distance capacités satellitaires auprès des PC terrestre pourrait alors évoluer
sont parfaitement complémentaires de BIA entraîne la génération de vers une automatisation et une
du réseau de zone. pénétrantes de nodes et/ou de relais miniaturisation des relais au sol
pour raccorder les ZPC de la division complétées par des vecteurs
Les zones de PC, raccordées entre et de la BIA. aéroterrestres et/ou spatiaux.
elles par des capacités satellitaires Cette évolution renforcera le
et/ou transhorizon (THOT), peuvent principe de manœuvre des sys-
aussi être raccordées entre elles par tèmes de PC.
des pénétrantes de nodes et de
relais en nominal 2, afin de préserver
la redondance nécessaire à la perma-
nence des liaisons entre chaque ZPC.
Cette génération de pénétrantes peut
aussi ponctuellement répondre au
besoin de couvrir un axe logistique.
Dans ce contexte de zones de PC, la
manœuvre des nodes est réduite en
particulier au sein des ZPC de
niveaux corps d’armée et de divi- Lieutenant-colonel ESTRELLA
sion. Cette manoeuvre se concrétise CDEF/DEO/[Link]-SIC

1
Groupe de raccordement de niveau 4 en CHF (programme ASTRIDE)

4
Formation Réflexion

Culture militaire tout un programme …


Les engagements opérationnels mettent en lumière la nécessité de développer de nouvelles compétences chez nos offi-
ciers. Ceux-ci sont de plus en plus confrontés à des situations opérationnelles complexes et très diverses sur les théâtres
d’opérations. Leur aptitude à inscrire leur action dans l’esprit et la lettre d’un mandat parfois ambigu et dans une logique
de « maîtrise de la force » s’impose avec une grande acuité. Ils doivent prendre, parfois dans l’urgence, des décisions dif-
ficiles résultant de leur seule appréciation. Leur capacité à dialoguer avec des interlocuteurs multiples et aux intérêts diver-
gents est une impérieuse nécessité : factions, populations, autorités locales, forces de l’ordre, organisations humanitaires,
contingents étrangers… en tenant compte des réalités culturelles, politiques, juridiques et médiatiques est une impérieuse
nécessité. Ils traiteront de plus, dans le cadre de leurs responsabilités organiques, des problèmes éminemment compli-
qués, aux nombreuses connexions (interarmées, interministérielles, internationales…), requerrant méthodologie, réflexion
et jugement approprié.
Parallèlement, les jeunes officiers ont quel- leur aptitude à réfléchir à partir d’un fond de longue haleine et accompagner le plus effi-
quefois des lacunes dans le domaine de la connaissances, à faire preuve de recul, de cacement possible les officiers des transmis-
culture militaire. Leurs connaissances ne leur discernement, d’ouverture d’esprit et d’in- sions et du domaine SIC.
permettent pas toujours de bien appréhen- telligence de situation, face à la complexité,
der les interactions entre les différentes en toutes occasions, y compris les plus Un investissement de toute
dimensions d’un environnement, d’une extrêmes. « Enraciner l'action dans la la communauté des transmissions
situation et d’une question. Ils éprouvent de réflexion » résume assez bien l’effet final « Maison mère de l'arme des Transmissions »,
facto des difficultés à se livrer à des recherché. l'ESAT doit initier la dynamique et saisir toutes
réflexions de fond ou à développer un juge- - pour favoriser l’appétence tout en assurant les opportunités permettant de promouvoir la
ment personnel, reposant sur de solides la cohérence entre les ouvrages retenus et la culture militaire.
savoirs académiques. Ils ne s’expriment pas formation dispensée, d’autres procédés Le directeur général de la formation (DGF)
toujours avec l’aisance attendue et la prati- pédagogiques seront développés : staff établit chaque année une directive particu-
que régulière de la lecture semble être tom- ride, conférences, mises en exergue lière dans le domaine de la culture militaire,
bée en désuétude. d’exemples historiques à l’occasion de déclinée de celles du CoFAT. Le groupement
Or, « Tous les penseurs militaires, occiden- cours de doctrine, etc. officiers de la DGF est chargé de mettre en
taux, anciens ou modernes, s’accordent à Ces mesures permettront, de surcroît, une œuvre cette directive qui implique inévita-
dire que la culture militaire fait partie des amélioration de la préparation du concours blement d'autres acteurs au sein de l'Ecole.
fondamentaux, sans les fruits de laquelle, un d’accès au collège interarmées de défense L’ensemble des formateurs est invité à susci-
chef ne saurait atteindre certaines aptitudes (CID). Un des enjeux de l’armée de Terre est ter la curiosité historique en apportant un
essentielles à l’exercice de ses responsabili- bien de pourvoir, avec des officiers quali- éclairage historique, chaque fois que possi-
tés »1. fiés, le maximum de postes d’influence et ble, dans les cours d’emploi.
Le CoFAT a donc entrepris de favoriser l’ap- de conception de haut niveau. La revalorisa- Lors des stages de cursus, en complément
propriation par nos officiers d’une authenti- tion de la culture militaire s’inscrit par ailleurs des lectures identifiées par le CoFAT, il est
que culture militaire en fixant quelques prin- également dans le cadre de la réforme de demandé aux officiers d'établir une feuille
cipes simples : l’enseignement militaire supérieur dont une de route de culture militaire pour l'interstage
- chaque officier devra s’efforcer de lire un des conséquences est la réduction du à venir (entre DA et CFCU, CFCU et EEM, EEM
certain nombre d’ouvrages à chaque étape temps de préparation au concours d’accès à et CSEM). Ce document qui précise les lec-
de son parcours professionnel : DA, CFCU, l’EMS2, après le commandement d’une unité tures choisies par chaque stagiaire, est
EEM et CSEM ainsi que dans les interstages. élémentaire. adressé à son chef de corps en même temps
Cette mesure vise à garantir la lecture de 30 Sous l’autorité du CoFAT, notre école d’ar- que l'évaluation de fin de stage.
à 40 ouvrages. L’objectif est de développer mes doit s’investir dans cette entreprise de

Programme 2007-2008
En division d’application :
Lecture commune à l’ensemble des ODF :
- Tactique théorique du colonel Yakovleff,
Lecture proposée par le COFAT parmi onze ouvrages :
- L’homme en guerre 1901-2000. De la Marne à Sarajevo de Philippe Masson
Lectures spécifiques à l’ESAT :
- Des électrons et des hommes. Nouvelles technologies de l’information et conduite des opérations du CDEF.
- La maîtrise de l’information et des communications - Ouvrage collectif en cours de finalisation par le Musée.
Durant l’interstage DA CFCU :
Lecture commune à l’ensemble des ODF :
- Les principes de la guerre du maréchal Foch.
Lectures proposées par le COFAT parmi quatre ouvrages :
- Histoire de l'armée française de 1914 à nos jours de Philippe Masson,
- L'art de la guerre par l'exemple de Frédéric Encel.
Lecture spécifique à l’ESAT :
- Introduction au siècle des menaces de Jacques Blamont.
Au cours des futurs commandants d'unité :
Lectures proposées par le COFAT parmi dix-huit ouvrages :
- Pour une éthique du métier des armes, vaincre la violence du général Bachelet.
- Les fantômes furieux de Falloudja du CDEF.
Lecture spécifique à l’ESAT :
- La guerre en réseau au 21e siècle de Jean-Pierre Maulny.
1) GCA Garrigou Grandchamp, commandant de la formation de l’armée de Terre (Cofat)

5
Réflexion Formation

En tant que centre d'expertise de l'histoire guerre, la société et la guerre, les sciences sont également mis en oeuvre à l’école. Des
des Transmissions, l'Espace Ferrié constitue et la guerre. conférences d’histoire militaire sont inscri-
un levier d'action essentiel, à privilégier Certains titres sont communs à l'ensemble tes au programme de la DA et du CFCU. Par
pour l’essor et l'appropriation de la culture des écoles de formation. D’autres sont spé- exemple, le rôle de la communication et
militaire dans la communauté des cifiques à la fonction opérationnelle SIC et des communications dans les conquêtes
Transmissions. En tant que de besoin, proposés par l’ESAT. coloniales de la France 1870-1900 fera l’ob-
l'Espace Ferrié apporte son expertise histo- jet d’une intervention et d’un débat. La divi-
Le tableau suivant fixe le volume des ouvra-
rique aux directions de l'Ecole et peut faire sion d’application effectue, au cours d’une
ges à étudier, pendant les différentes for-
appel au réseau associatif qu’il entretient. semaine en fin de scolarité, un staff ride
mations de cursus ou pendant les intersta-
Au plan doctrinal, la direction des études comportant une série d’exposés et un
ges. Certains sont extraits de la bibliogra-
et de la prospective (DEP) met en lumière, déplacement de deux jours en Normandie,
phie supra, d’autres dans la limite de 50%
chaque fois que possible, les leçons de pour étudier le débarquement de 1944. La
sont laissés à l’initiative des officiers.
l’histoire dans ses documents d’emploi. DA précédente avait retenu la guerre de
Cette politique d'enseignement continu 1870 avec un déplacement sur les sites
Des cas concrets tirés de réalités histori-
s'appuie également sur un portail Intraterre parisiens.
ques doivent permettre d'illustrer l’exis-
dédié à la culture militaire administré par
tence de principes et de constantes dans Enfin, le groupement officiers évalue les sta-
les ESCC2 et accessible depuis le portail de
l'emploi des SIC. giaires dans le domaine de la culture mili-
l’ESAT ([Link]
Enfin, la réussite du processus d'appropria- taire. Les lieutenants de la DA rédigent une
[Link]/Accueil/.). Ce
tion de la culture militaire dépend égale- fiche de lecture et s’expriment sur un sujet
site livre les directives du CoFAT et quel-
ment de l'implication des chefs de corps de culture face à un jury de 3 officiers supé-
ques conseils méthodologiques. Il propose
dont le rôle pendant les interstages est rieurs. Les capitaines rédigent un devoir de
surtout la bibliographie déjà très riche dont
déterminant. Durant ces périodes, ils doi- culture portant sur une question traitée
les ouvrages sont classés selon les thèmes
vent en effet assurer le suivi des officiers dans les ouvrages qu’ils sont tenus de lire
d’étude retenus et qui a vocation à être
engagés dans un programme de lecture et pendant leur CFCU.
enrichie. Toutes les formations sont
montrer tout l'intérêt qu’ils portent à cette conviées à proposer de nouveaux ouvrages
question. Ils doivent les inciter, en fonction destinés à élargir le choix des stagiaires Les enjeux du développement d’une cul-
de leur potentiel et de leur disponibilité, à pour l’établissement de leur feuille de ture militaire chez nos officiers transmet-
s’investir dans le développement de leur route. Accessible par Internet afin de per- teurs méritent un engagement de tous. La
niveau de culture militaire. Ils s’attacheront à mettre une consultation depuis son domi- culture militaire s’acquiert dans la durée et
dresser des points de situation réguliers cile, elle offre de précieuses fiches d’ana- par une démarche volontariste des inté-
dans l’application des feuilles de route et lyse sur les ouvrages. Une 2e version du site ressés qu’il convient d’encourager. Sous
pourront fixer des objectifs relatifs à la cul- mettra l’accent sur l'auto formation. Elle se l’impulsion du COFAT, l’ESAT s’est investi
ture militaire dans le cadre du processus distinguera de la précédente par l’ouver- résolument dans cette formation. Pour
annuel de notation. ture d’un forum. Elle proposera l'appui du porter ses fruits, son action doit impérati-
corps professoral des ESCC. vement être relayée dans les formations
Un dispositif déjà bien établi
de l’arme.
Une bibliographie, élaborée par l'ensemble Si l’élaboration d’un programme de lecture
des écoles de formation a été constituée constitue la mesure la plus emblématique
autour des quatre grands thèmes d’étude du dispositif visant à développer la culture Lieutenant-colonel IACONO
retenus : l'art de la guerre, l'homme et la militaire, d’autres procédés pédagogiques ESAT/DGF/GO

Tableau du cadencement général des lectures (directives CoFAT)


DA EMM CSEM
CFCU Interstage Les fondements Interstage La conduite et la
Les fonctements du Interstage La finalité du
commandement 4 ou 5 ans 2 ans et la conduite 1 an finalité
commandement des opérations des opérations
Partie commune à
tous les ODF
Pré-requis (3 livres) 3 livres
Partie spécifique à 3 livres
chaque ODF
(1 livre)
Partie commune à Partie commune à
Programme d’étude tous les ODF tous les ODF
pendant les stages (2 livres) (2 livres)
Partie spécifique à 2 livres 5 livres
de cursus Partie spécifique à
chaque ODF chaque ODF
(2 livres) (1 livre)
Programme conçu Programme conçu
Programme conçu à l’EEM (parties
en DA (parties libres en CFCU (parties
Programme de lectue libres et imposées libres et imposées
et imposées du pré- du pré-requis
pendant les interstages requis CFCU) du pré-requis de
l’EEM) seuil min : CSEM)
Seuil min : 3/an Seuil min : 3/an
2/an
Nombre
d’ouvrages 4 12 à 15 3 4 2 3 5

2 partie de carrière (jusqu’au CSEM) si réussite au


e
Total 1re partie de carrière : 23 à 26 livres concours :10 livres au minimum
L’art de la guerre priorité priorité priorité priorité
L’homme et la guerre priorité priorité priorité priorité
La société et la guerre priorité priorité priorité
La science et la guerre priorité priorité priorité
2) Ecoles de Saint-Cyr Cpëtquidan

6
Culture Réflexion

Le point de vue de Fort Gordon


ITT livre un nouveau système de capture d'images
pour la nouvelle génération de satellite eoEye-1
ITT a conçu et fabriqué un système élec- aérienne d'Hanscom, l'actuelle expansion en utilisant des équipements portables. Il
tro-optique qui pourra fournir des images du DIB va créer une entreprise de partage supportera des transferts de données à
panoramiques très précises et multi-spec- du renseignement à l'échelle mondiale une vitesse de 512 Ko/s en garantissant un
tres de la Terre avec une résolution de fournissant aux utilisateurs autorisés l'ac- minimum de 256 Ko/s pour les données IP.
moins de 50 cm à une altitude de 680 km. cès à plus de 80% de l'imagerie produite. Les ingénieurs des deux compagnies ont
Le lancement de GeoEye-1 réalisé par déjà testé avec succès la compatibilité
La mission du DCGS est de collecter et
General Dynamics est prévu dans le cou- avec le High Assurance Internet Protocol
traiter un vaste nombre de renseignements
rant de cette année. Encryptor Interoperability Standard
et d'images provenant de sources humai-
(HAIPE IS) en utilisant la nouvelle constel-
Ce système va capturer l'information utili- nes et non humaines. Avant le développe-
lation de satellites de diffusion Inmarsat;
sée pour réaliser des plans et décrire les ment du DIB, les analystes du renseigne-
Inmarsat-4s.
caractéristiques naturelles précises de la ment devaient consulter plusieurs sources
Terre. Il sera capable de localiser un objet pour obtenir les données utiles. Un nouveau réseau top-secret
dans un rayon de trois mètres sur la sur- pour le Président
En incorporant un ensemble d'interfaces
face de la Terre et sans utiliser des points
communes et une architecture orientée Les pontes des technologies de l'informa-
de contrôle au sol. Sa précision dans
vers les services, le DIB connecte divers tion du Pentagone sont en train de plani-
l'imagerie ouvre de nombreuses autres
endroits et permet aux analystes, avec le fier un nouveau réseau top-secret et un
perspectives dans les domaines commer-
niveau de sécurité approprié, d'accéder à nouveau système multimédia de gestion
ciaux et militaires.
une multitude de sources de renseigne- de crise CMS (Crisis Management System)
L'ensemble livré à General Dynamics com- ment. Ce type d'architecture facilite l'in- conçus pour travailler dans un large
prend l'assemblage du télescope opti- terfaçage avec d’autres systèmes de ensemble de divers endroits donnés,
que, les détecteurs, la focale plane et le même type et assure la continuité dans comme Air Force One et une nouvelle
calculateur à haute vitesse. l'évolution des capacités. flotte d'hélicoptères présidentiels.
Les caractéristiques comprennent trois Inmarsat et Viasat pour dévelop- L'idée est de fournir au président, aux
modes caméra : simultané, panchromati- per un terminal de communica- secrétaires du cabinet et aux directeurs
que et multi spectral. La résolution au sol tion militaire par satellite d'agence désignés ainsi qu'à leurs équi-
est de 0,41 m en mode panchromatique pes un réseau dédié sécurisé capable de
Une nouvelle “joint venture” cofondée par
et de 1,65 m en mode multi spectral. La délivrer de la vidéo fluide, de la télépho-
le fournisseur de communications mobi-
couverture image potentielle par jour est nie, une vue de graphiques et des don-
les par satellite Inmarsat et le fournisseur
d'environ 700 000 km2 en mode panchro- nées à 64 lieux fixes et mobiles.
d'équipements de communications
matique et de 350 000 km2 en mode multi
numériques Viasat est en train d'offrir des Le nouveau réseau sera aussi doté d'une
spectral. Les images sont bien sûr transmi-
communications par satellites mobiles au suite d'outils collaboratifs similaire à
ses en temps réel aux stations au sol des
secteur de la Défense. Les deux compa- Microsoft Share Point. Il permettra aux
clients internationaux.
gnies développeront un nouveau terminal décideurs au plus haut niveau de voir et
Le réseau offre un lien temps de communications mobiles par satellite travailler avec des documents sur les
réel pour les ressources d'image- qui fournira des communications télépho- écrans vidéo du réseau. Dès 2008, 10
rie à l'échelle mondiale niques et de données sécurisées à haut endroits seront équipés avec cette nou-
débit, destinées à une utilisation par les velle technologie pour un coût de 12 mil-
L'armée de l'Air américaine a déployé une
forces armées. lions de dollars, selon les documents
nouvelle capacité de partage du rensei-
budgétaires de l'agence DISA (Defense
gnement offrant aux commandeurs et aux Ce nouveau service cible particulièrement
Information Systems Agency).
analystes de différents endroits un accès les marchés US et OTAN. Le terminal com-
immédiat aux services et images du ren- binera la technologie BGAN (Broadband
Deux Boeing 747 nouvelle génération
seignement. Il s'agit du récent système Global Area Network) basée sur le proto-
utilisés pour Air Force One et neuf
livré en opérations appelé Distributed cole IP d'Inmarsat avec l'équipement de
nouveaux hélicoptères présidentiels
Common Ground System (DCGS) chiffrement en ligne IP Altasec de Viasat
seront équipés du nouveau réseau et du
Integration Backbone (DIB) fourni par en utilisant le réseau commercialement
CMS dans un premier temps. Ensuite
Lockheed Martin. disponible d'Inmarsat. Le but est de créer
viendront six avions 757 et deux 737 VIP
un terminal BGAN, portable et durci,
En Californie et en Europe, DIB permet aux utilisés par le vice-président et les
capable de transférer des données IP avec
utilisateurs qualifiés mettant en oeuvre secrétaires de cabinet.
une complète compatibilité avec les stan-
DCGS d'avoir un accès aux bibliothèques
dards de sécurité HAIPE version 1.3.5
de renseignement et d'images en temps
type 1.
réel aux autres bases de l'armée de l’Air
ainsi qu'aux autres agences. Selon le colo- Ce service délivrera de la téléphonie et de
nel Alan Tucker, commandant le 951 th la diffusion de données IP en simultané Colonel DIARD
Electronics System Group sur la base aux utilisateurs n'importe où sur le globe, Fort Gordon/OLI Français

7
Réflexion Culture

Le point de vue de Fort Gordon


Integrated Tactical Signal
BATTALION - JOINT
L'arme des transmissions américaine s'est réorganisée par la suppression de l'ensemble des régiments de transmissions au
profit de compagnies attachées jusqu'au niveau corps. Comme l'ensemble du soutien intégré dans l'ancienne structure
avait disparu, il devenait nécessaire de recréer un système répondant aux exigences opérationnelles. La réflexion fut
complétée par un bilan exhaustif du fonctionnement du soutien notamment à l'échelon corps et au niveau régional. Le
résultat est la création d'une nouvelle entité appelée ITSB-J (Integrated Tactical Signal Battalion-Joint) dont les missions, la
structure et les équipements apportent une plus-value non négligeable dans le paysage de la nouvelle organisation
opérationnelle de la “transformation”.

1 - RAPPEL Quelques mois plus tard, la 3 e division ment régional. L'ancienne structure à ce
d'infanterie partait pour un nouveau tour niveau s'appelait Theater Area Signal
Fin 2004, au moment du réel lancement
en Irak, en adoptant une nouvelle pos- Battalion qui ne se cantonnait pratique-
du LandWarnet au cours du symposium
ture modulaire dont le pion de base ment qu'au niveau stratégique.
des SIC, une première esquisse de la
était la brigade. Entre mi 2005 et 2006, plusieurs warga-
réorganisation des transmissions dans le
cadre de la transformation avait été pré- Déjà conscient de la lacune en matière mes ont été organisés pour définir sur
sentée. Elle mettait en exergue la fin des de soutien, le monde des transmissions des thèmes opérationnels choisis le sys-
ensembles brigade-régiment au profit US s'est vu confirmé cette inévitable tème le plus efficient pour répondre
de la chaîne J6/G6/S6 devenue la voie nécessité par le retour d'expérience du aux attentes des divers acteurs opéra-
reine pour les officiers des transmissions G6 de la 3e division d'infanterie confron- tionnels. Les autres armées, les interar-
et de compagnies associées, intégrées tée dès le début à ce problème. mes et tous les types d'acteurs majeurs
dans des sortes de RCS et travaillant au Ensuite, les brigades Maneuver de ce domaine ont participé à l'évolu-
profit des J6/G6/S6. Dans ce boulever- Enhanced et Sustainment, avaient des tion d'une structure qui est définitive-
sement majeur, un point important avait moyens de communication réduits par ment adoptée : l'ITSB-J.
été oublié : le soutien des transmissions, rapport aux autres types de brigade. Le
particulièrement celui en opérations, constat régulier des opérationnels mon-
qui était réalisé par les brigades ou régi- trait l'efficacité relative de l'organisation
ments transmission à l'échelon tactique. notamment au niveau du commande-

NOTES
ITSP - 1 Capable of supportino I TR: 30 CLV 10 Post
- Augmentation to BOT. mult-tunctionoi BDE,
Div HQs, and Corps Hüs for tank organized forces
- Suports selected mult-tunctional BDE’s and any Functional
- Supports Army Tricoter Level HOs
- Supports Joint/Coalition HOs
- Supports FOB or Base clusters
- Prcvicles “Poolod” higher to lower support

8
Culture Réflexion

2 - ITSB-J : MISSIONS 1 - fournir au commandement opéra- La dotation exacte de cette entité est
tionnel la connectivité au réseau tacti- décrite dans le tableau ci-dessous.
L'ITSB-J reprend l'ensemble des missions que, aux unités et états-majors, sans
du Theater Area Signal Battalion et élargit Précisions :
compagnie de transmissions intégrée
sensiblement son champ d'action. Le JNN est le Joint Network Node, pion
ou organique ;
principal détaché au niveau des PC de
Ce régiment intégré au sein du Theater 2 - fournir au commandement opéra- brigade, et le CPN est le pion plus léger
Network Command (TNC) a été conçu tionnel la connectivité au réseau tacti- attaché au niveau d'un PC régimentaire
pour fournir l'appui en matière de que, aux groupements de forces atta- dans l'organisation générale. Certains
réseau à l'état-major d'une Joint Task chés ou affectés, aux unités modulaires. CPN ne sont pas équipés de moyens
Force (JTF) d'un Joint Force Land satellitaires mais uniquement de fais-
Component Command (JFLCC), d'un La première mission comprend une mis- ceaux hertziens alors que d’autres le
commandement subordonné majeur de sion particulière dans le cadre d'une sont. Ceci est totalement cohérent puis-
niveau armée de Terre, d'un poste de coalition. L'ITSB-J peut détacher une que les troupes expéditionnaires sont
commandement opérationnel de équipe avec le matériel nécessaire souvent soumises à un environnement
l'ASCC (Army Service Component auprès d'une force de la coalition dans lacunaire.
Command), des brigades spécialisées un but d'efficacité opérationnelle. Il
et de leurs régiments subordonnés, des s'agit de la forme d'interopérabilité pré-
équipes de liaison numérique au niveau férée des américains. Cette approche a
armée de Terre, aux postes de CONCLUSION
été testée en Irak.
commandement ad hoc, aux bases
avancées: (FOB - Forward Operating Avec l'ITSB-J, l'armée de Terre s'est
3 - ITSB-J : ORGANISATION semble t-il dotée d'un ensemble
Base) ainsi qu'aux autres armées et
agences du département de la Défense, ET ÉQUIPEMENTS cohérent et bien adapté aux mis-
aux organisations gouvernementales et sions données. Il en existe un par
L'ITSB-J est un régiment réservoir de
non gouvernementales. commandement régional (5 actuel-
moyens constitué de Join Network
Son champ d'action est donc assez lement). Ces régiments ont été
Node, de battalion CP Nodes et de
vaste et balaie tous les niveaux. De plus, créés récemment avec, en prime,
commutateurs permettant de répondre
étant le seul pool de ressources de sou- des moyens satellitaires renouvelés.
aux missions qui lui sont affectées.
tien tactique transmissions, il peut dans Ils constituent les seules entités
Il est organisé autour de trois compa- ayant une structure régimentaire et
certains cas participer à l'augmentation gnies : deux, dites expéditionnaires, de
des capacités organiques réseau des offrant un commandement aux offi-
même structure, et une dite interarmées ciers de transmissions.
corps/division/brigade ou au remplace- ou de zone. Chaque compagnie com-
ment des pertes en matériel réseau au Maintenant, l'avenir dira si cette
prend deux sections. structure répond bien aux attentes
combat à tous les échelons. Le schéma en page 8 en donne l'organi- à tous les niveaux et si son dimen-
Deux missions générales lui sont assi- sation générale. sionnement a été bien évalué.
gnées en fonction des moyens affectés Le soutien de ces deux dernières entités
à chaque niveau : constitue une nouveauté.
Colonel DIARD
Fort Gordon/OLI Français
Cap ilw,-.. SSSv3 (x2)
JNN (x4) CPN (x24)

,/,,ICF:,
360 136 20
Subscn bers
Secure Voice
60 8 (via Long loca l) 0
T AC Phones

Non Secure Voice 192 32 0 Chaque nombre de ce


tableau correspond au
SIPR 336 46 20
nombre maximal d'utilisa-
NIPR 336 46 0
0
teurs que l'on peut
CWAN data 44 0 connecter aux différents
48 20 réseaux : téléphonique,
Secure VOIR 168
sécurisé, non sécurisé,
Non Secure VOIR 168 48 0
secret etc. par type de
CWAN Voice 24 0 0 moyen.
VTC 1(BVTC BITS & Client) 1 (BVT C) 0
JWIC S 1 1 0
DRSN 1 1 0

9
Réflexion Culture

Le CPL : danger ?
Le CPL ou Courant Porteur en Ligne, (ou eux. La technologie CPL propose se raccordant sur les prises électriques
encore PLC Power Line Carrier) est une différents équipements (point d’accès, du secteur.
technologie utilisant le réseau électrique routeur, coupleur d’impression,
La modulation utilisée est du type
existant d’un bâtiment pour transporter coupleur de phase, répéteur…)
OFDM (Modulation multiporteuse)
les données sans câblage spécifique permettant de déployer rapidement un
couplée avec une modulation QAM
supplémentaire. La technique des réseau de transmission de données en
(modulation amplitude-
courants porteurs en ligne
phase) sur chaque
consiste à superposer le
porteuse. La bande de
courant électrique du
fréquence occupée va
secteur (50 Hz) et le signal
globalement de 4 MHz à
haute fréquence contenant
22 MHz. Le débit
les données numériques.
numérique brut est de 85
A l’heure actuelle,
Mbit/s et le débit utile
plusieurs standards
avoisine les 30 Mbit/s.
existent sans que ceux-ci
soient compatibles entre

Exemple de réalisation : réseau local CPL

Dernièrement, le laboratoire de sécurité réseau secteur d’un bâtiment test de mesurée dans l’environnement proche
des télécommunications du CRESAT 20 m sur 5 m en zone rurale. Les mesures du bâtiment présente un niveau qui
(Centre de Recherche de l’ESAT), s’est de champ électrique ont montré que le peut être perturbant pour les
intéressé aux conséquences du rayonnement autour du bâtiment est équipements travaillant directement ou
rayonnement électromagnétique du CPL identique quelle que soit la topologie indirectement dans cette bande de
liées à sa propagation au travers du du réseau CPL. Par ailleurs, la puissance fréquence.
La conclusion de cette étude est de
souligner qu’en dépit de l’attractivité de
la technologie CPL due en particularité à
son déploiement simple et rapide, des
risques de perturbations induites, ne
doivent pas être négligés. Des équipe-
ments radioélectriques au sein même
du bâtiment et utilisant la même bande
de fréquence peuvent voir leur fonc-
tionnement altéré. Seules des études de
compatibilités spécifiques permettront
de lever ces doutes. De ce fait, on est
en droit de s’interroger sur les consé-
quences pour le système PR4G des futu-
res versions du CPL qui, elles, utiliseront
le bas de la bande de fréquence VHF.

IEF LE BOUTER
Centre de Recherche de
Spectre fréquentiel émis par un modem CPL l’ESAT (CRESAT)

10
Tribune Réflexion

L’externalisation des
SIC OPS en marche ?
Fin 2006, THALES a remporté un FOC + ou Full Operational Capability Kaboul. Il est pourtant impératif que la
important contrat pour la fourniture qui verra la mise en place d’extesions Force puisse disposer en permanence
de service de communications sécuri- ou d’options au projet initial comme d’un système opérationnel pouvant
sées - voix et données - à la Force l’équipement des OMLT 5 répartis sur être secouru quasi immédiatement.
Internationale d’Assistance et de tout le territoire ou le raccordement De nombreux points sont en réalité
Sécurité (FIAS1 - ISAF en anglais) basée des bataillons subordonnés des diffé- encore en discussion entre l’industriel
en Afghanistan. Sélectionné après un rents RC. et la NC3A6 , l’agence de l’OTAN char-
appel d’offres international, THALES a gée de superviser le projet. Il est vrai
Il est prévu par THALES la mise en
proposé le système le plus économe que le théâtre est particulièrement
place d’une équipe d’installation
en bande passante satellite tout en exigeant du point de vue des
d’une cinquantaine de personnes.
garantissant une meilleure qualité de contraintes sécuritaires et surtout très
THALES, demeurant propriétaire de
services. Ce qui a réduit les coûts de versatile suivant les régions. Par ail-
son système, doit assurer un soutien
manière importante. leurs, c’est une première pour l’OTAN
de proximité pour l’exploitation du
Ce contrat, dont le montant pourrait système 24 heures sur 24 et 7 jours sur qui souhaite disposer ainsi d’un sys-
s’élever à près de 100 millions d’eu- 7 dans des conditions qui devront tème stable, quelles que soient les
ros2, prévoit pour une durée minimale être identiques à celles fournies par nations responsables du commande-
de trois ans la fourniture, l’exploitation les systèmes militaires déjà en place. ment des différents « Regional
et la maintenance d’un réseau Command » et qui changent tous les 8
C’est là le plus gros défi en terme de
déployé sur environ 64 points de pré- mois avec leurs systèmes d’informa-
qualité de service pour l’industriel,
sence (POP3) (dont le quartier général tion et de commandement.
car, là où les français disposaient lors
de l’ISAF à Kaboul, les commande- En ce qui concerne la région de
de leur mandat RCC d’une dizaine de
ments régionaux ou RC, les équipes Kaboul par exemple, la rotation s’est
personnes, rien que pour l’aide à
de reconstruction provinciales ou PRT4 effectuée récemment entre les
l’usager et l’administration des
voire les bataillons subordonnés). Français et les Turcs7 . Dans 8 mois, les
réseaux, THALES n’en mettrait que
Destiné à accompagner l’extension de deux. De même, les délais d’interven- Italiens succéderont aux Turcs et, si
l’ISAF en Afghanistan entreprise tion en cas de panne plus grave (1 tout va bien, dans 16 mois, les
depuis fin 2006, le système aurait dû heure), nécessitant l’intervention de Français reprendront la suite. Il est dif-
être déployé dans un premier temps l’équipe « régionale », apparaissent ficile dans ces conditions d’assurer
en janvier 2006, puis en mars-avril difficiles à tenir compte tenu des une continuité efficace dans la qualité
2007. Il sera finalement déployé, conditions de circulation dans des services délivrés, ne serait-ce que
selon toute vraisemblance, au cours
de l’été 2007 suite à différents reports.
Il inclut la totalité des capacités de
l’OTAN en termes de services de
communication - voix et fax, sécurisés
ou non- ainsi que les différents servi-
ces d’information NATO Secret, ISAF
Secret, NATO Unclass et Internet.
Le projet est divisé en deux temps :
Early Service Delivery ou ESD qui
comprend 3 phases :
Phase 1 : l’équipement du HQ ISAF
et du RC Nord de Kunduz ainsi que
de la PRT de Mazar-e-Sharif.
Phase 2 : l’équipement du RC
Centre de Kaboul.
Phase 3 : l’équipement du RC Ouest
d’Hérat.

11
Réflexion Tribune

parce que les relèves induisent forcé- sions servies par des militaires à l’en- dans une moindre mesure en
ment une certaine latence dans la trée de théâtre ? Aux combats de Afghanistan. Elle n’est pas simplement
capacité opérationnelle des SIC, et haute intensité seuls, dont la menace française, si l’on en croit l’utilisation de
ce, malgré la grande qualité des trans- réapparaît dans différentes régions du plus en plus régulière et importante
metteurs des différentes nations qui monde, en Asie et ailleurs ? de sociétés privées en tout genre
partagent les mêmes objectifs de ser- Il est indéniable qu’une réflexion dans les conflits récents comme l’ex-
vice de la Force. Le coût pour l’OTAN d’ensemble s’impose sur le rôle de Yougoslavie ou l’Irak. La guerre, cette
et donc les nations contributrices en nos transmissions militaires, au-delà affaire bien trop sérieuse pour être
définitive, induit par ces relèves suc- même de la typologie des nouveaux confiée aux militaires, pour paraphra-
cessives d’hommes et de matériels, conflits « qui pourraient (donc) conju- ser Georges Clemenceau, serait-elle
s’en trouvera de fait fortement réduit. guer l’intensité des opérations d’im- en train de leur échapper ?
Pour autant, le rôle des transmissions position de la paix et la durée des
Sources :
militaires en opérations extérieures est opérations de maintien de la paix » THALES :
posé de manière un peu abrupte. Si dans un avenir proche comme l’a rap- [Link] <[Link]
OTAN :
THALES est capable de délivrer des pelé le CEMA lors de sa dernière inter- [Link]/[Link] <[Link]
services de même qualité, avec moins vention devant l’IHEDN8 .
de personnels sur un théâtre qui n’est L’externalisation dans les opérations Lieutenant-colonel BELLAMY
pas complètement stabilisé, quel doit extérieures a ainsi pris un tour nou- CHEF BOI/48e RT
être le rôle des transmissions tacti- veau après celle du soutien expéri- COMSIC IAT PAMIR XV
ques ? Réduire le rôle des transmis- mentée actuellement au Kosovo et de 12/2006 à 04/2007

1
Traduction anglaise de FIAS. Appellation
générique utilisée tout au long de cet
article.

2
D’après une source OTAN proche
du dossier.

3
Point Of Presence.

4
Provincial Reconstruction Team : toute
proportion gardée, elles sont assez
proches de nos équipes ACM avec
toutefois un volet militaire beaucoup
plus visible.

5
Operational Monitoring and Liaison
Team : équipe de conseillers militaires
insérée au sein des unités de l’armée
afghane. Equivalent américain : les
Embedded Training Team ou ETT.

6
NC3A : NATO Command Control and
Communication Agency.

7
Le transfert d’autorité a eu lieu le 6 avril
2007 entre le général(FRA) de Villiers et
le général(TU) Erdem.

8
Allocution du 16 mars 2007.

12
Brèves

Championnat national terre de CO


Les 24, 25 et 26 avril, à Canjuers, s’est
déroulé le championnat national de
course d’orientation de l’armée de
Terre. Le major Fabregoul a su remporter
avec brio ce championnat dans la caté-
gorie féminine vétéran. L’épreuve fut
loin d’être facile : une équidistance de
10 m, beaucoup de reliefs, une végéta-
tion peu commode pour l’orientation et
les chevilles, de nombreux participants.
Mais c’est après deux titres de vice-
championne nationale de l’armée de
Terre et un titre de vice-championne
nationale interarmées, qu’elle remporte
brillamment enfin ce titre de cham- Sous-lieutenant BONNEAU
pionne nationale. OCI/28e RT

Les transmetteurs de Marine


à l’honneur
8 mai 2007, les transmetteurs de marine à l’honneur.
C’est à l’occasion des cérémonies commémoratives de l’armistice de la
Seconde Guerre Mondiale, que les caporaux-chefs Bertrand Barbier et
Arnaud Chatelier, tous deux opérateurs radio-graphistes à la 9e
Compagnie de Commandement et de Transmissions de Marine de
Nantes ont été décorés de la Croix de la Valeur Militaire pour leur enga-
gement opérationnel exemplaire en République de Côte d’Ivoire.

Capitaine LACOUR
Commandant d’unité de la 9e CCTMa

Les transmetteurs au pas pour


Jeanne d’arc
8 mai 2007, Orléans, il est 15h20. Le L’ordre claque. En avant... Marche ! En
43e Bataillon de transmissions et la quelques pas, le chef de corps et le
2e Compagnie de commandement et de drapeau disparaissent à l’angle de la rue
transmissions attendent, au repos, comme Royale. La compagnie de commandement
toutes les autres formations militaires de la et de soutien suivie de la 785e compagnie
garnison. de guerre électronique prennent le pas. Le
bataillon est face à la cathédrale, lancé à
Le discours de l’invitée s’achève. Le 2e l’assaut de la rue Jeanne d’Arc.
défilé militaire de France peut commencer.
La musique de la 9e Brigade blindée de Pour la 578e année consécutive, Orléans a
Marine s’élance, survolée par 4 Mirages fêté sa libération, le 8 mai 1429, par une
2000 et 3 Transall. A leur suite, le peloton jeune fille de 17 ans, Jeanne d’Arc.
de la région de gendarmerie du Centre Lieutenant LE GOUAREGUER
s’ébranle. OCI/43e BT

13
Brèves

Cyclathlon du 8 RT Thionville avec le 40e Régiment


e
personne effectue 2 relais VTT et 2 relais
de transmissions. course à pieds. Sachant que le parcours VTT
était de 6 kilomètres et la course à pieds de
Quatre semaines avant le grand
3 kilomètres 200 mètres, constatez la perfor-
jour, des plaquettes d’accueil et
mance de chacun et commencez à vous
des panneaux d’affichages sont
entraîner pour le prochain… !
constitués pour les différentes
informations sur zone. Enfin, les Le vainqueur du scratch général est le ser-
dernières semaines sont consa- gent Francheteau de la brigade des sapeurs
crées à l’achat des lots et nos pompiers de Puteaux et l’équipe gagnante
participants ont été gâtés. Les est celle de la Garde Républicaine de
Jeudi 7 juin 2007, s’est déroulé, en forêt de Nanterre (1er RI). Bravo à tous les participants
Vaux de Cernay, pour la 7e année consécu- trois premières équipes, sur les treize pré-
et organisateurs et à l’année prochaine avec
tive, le cycathlon du 8e R.T. dont la réputation sentes, ont été récompensées avec cardios
les meilleurs relayeurs !
s’est répandue bien au-delà de Paris. En fréquence-mètres, parkas, sacs de sport à
effet, la parfaite organisation de cette activité roulettes.
par les personnels du Bureau Opérations et L’ambiance conviviale était au rendez-vous
Instruction et plus particulièrement par les même si le niveau de la compétition
adjudants-chefs Clairville et Malingre, le demande une parfaite condition physique.
Propos recueillis par le
maréchal des logis-chef Lavaure et les ser- Sous forme de relais, les participants courent Lieutenant MARMEY
gents Marcilly et Mastouri, du bureau des sur un terrain boisé, parfois chaotique. Après OCI du 8e RT
sports, attire des régiments et organismes une course éprouvante, ils attaquent le par- auprès du
venant principalement de la région pari- cours en VTT assez technique et rapide. Maréchal des logis-chef LAVAURE
sienne mais aussi d’Annecy avec le 27e Chaque équipe doit effectuer 12 passages BDS
Bataillon des chasseurs alpins et de au niveau de l’accueil autrement dit chaque Crédits photos : CCH PONCHANT BOI/8eRT

Le CRR - européen
au marathon
du Mont Saint-Michel
Le Corps de réaction rapide-Européen (CRR-E), organisme multina- Une seule et même équipe constituée de 4 nations : la Belgique,
tional stationné à Strasbourg, a engagé quatorze de ses personnels l’Allemagne, l’Espagne et la France avec les transmetteurs OF4 Naville
le 9 juin 2007, au départ de Cancale pour finir 42,195 km plus loin au de la Multinational Combat Support Brigade, OR9 Bottagisi, OR9 Vila
Mont Saint-Michel. L’équipe du CRR-E se classe 4e au challenge des et OR8 Pinçon de la cellule G6 de l’état-major.
clubs d’entreprises, avec des temps s’échelonnant de 3h 04mn à Adjudant-chef VILA
4h 53mn. EM/G6

Une nouvelle CCT voit le jour


Le 11 juillet 2007, le général Royal comman- génération, dont le système SYRANOS
dant l’ESAT s’est rendu à Pau pour assister à (Système Radio Analogique et Numérique
la création de la CCT de la Brigade des pour les Opérations Spéciales).
Forces Spéciales Terre. La nouvelle compa- Cette cérémonie permit également aux diffé-
gnie fut inaugurée sous une météo digne rents régiments composant la Brigade de
d’un ciel breton, sans toutefois refroidir la saluer le départ du général Helly, muté à
bonne humeur des participants. Paris.
La compagnie, composée de 79 hommes, A l’heure où la création de nouvelles unités
est commandée par le capitaine Jean-Eric se raréfie, souhaitons bon vent à la CCT de
Rojon. Les transmetteurs sont issus de diver- Pau.
ses unités, notamment du 13e RDP, du 1er
RPIMa et du DAOS*. Sur le plan technique, Sous-lieutenant GABULON
80% des matériels de transmissions de la OCI/ESAT
compagnie sont des matériels de nouvelle *DAOS : Détachement ALAT des Opérations Spéciales

14
Brèves

Dans l’antre du 44 RT e

Le 44e Régiment de transmissions vient Ainsi, ces « veilleurs » seront-ils toujours Le devoir de mémoire, très fort au sein
de finaliser la création de son livre de prêts à faire face à l’imprévu… avec en d’une région au riche passé historique,
prestige. Un challenge de taille, qui per- prime, la force de la cohésion. est évoqué au travers des célébrations
met aujourd’hui au régiment, de dispo- Spécialistes de haut niveau et soldats, du 8 mai et du 11 novembre. Le 44e RT,
ser d’une œuvre originale, mettant en telle est la vocation des personnels du très présent dans la région, participe
valeur la qualité du travail quotidien des régiment. également et régulièrement à des céré-
« veilleurs de l’imprévu ». monies du souvenir sur le site du
Struthof, chargé d'histoire et d'émotion.
Ce livre débute avec l’actualité du régi-
Ceci contribue à la formation des jeunes
ment qui, occasion rare, ouvre ses por-
soldats du régiment et au culte du sou-
tes au public. L’image clef d’ouverture
venir.
du livre, dont la préface est rédigée de
la main du Général de Corps d’Armée
L’historique du régiment est développé
Serpollet, ancien chef de corps du 44e
dans les dernières pages du livre.
RT, est cette porte mythique du Centre
Quelques images des soldats spécialis-
de Guerre Electronique entrouverte,
tes apparaissent avec cette même porte
comme pour faire partager quelques-
mythique qui se referme, laissant encore
uns de ses secrets. Les métiers des spé-
bon nombre de ses secrets aux mains
cialistes de la guerre électronique, les
« des veilleurs de l’imprévu. »
compétences et l’univers de travail des
militaires du 44 y sont présentés.
L’ouvrage est disponible depuis le 3 juin
2007. Venez le découvrir.
La 4e compagnie et son système de
déploiement autonome, sont à l’affiche.
Ils sont suivis par les nombreuses opéra-
tions extérieures menées à des milliers
Lieutenant CROZAT
de kilomètres, ou encore les missions
OCI/44e RT
d’intérêt public conduites sur le terri-
toire français pour la sécurité et la pro-
tection des citoyens. Ce livre met en
exergue en seconde partie la richesse Par ailleurs les traditions ne sont pas de
de nos veilleurs à travers le goût de l’ef- reste : les cérémonies de remise des
fort, l’entraînement et le sport, l’instruc- képis, les passations de commande-
tion et l’aguerrissement sur le terrain. ment.

Le 48e Régiment de transmissions


à l’honneur
L’adjudant-chef Filimoehala Alexandre a reçu de la main de
l’ancien Président de la République Jacques Chirac, la
Médaille Militaire. Cette cérémonie s’est déroulée dans la cour
d’honneur de l’Hôtel National des Invalides le 23 mars 2007.

Lieutenant GOURRAT
OCI/48e RT

15
Vie de l’Arme Exercices

BAMSIC 2007
Du 29 mai au 1er juin 2007, la 4e contraintes spécifiques des unités de la en relation étroite avec le personnel de la
Compagnie de commandement et de brigade, le rythme de progression des PC Section technique de l’armée de Terre de
transmissions (4e CCT) est déployée dans mobiles dans la zone d’action est Valence, ils se sont avérés très efficaces
la région d’Epinal dans le cadre de l’exer- intense. En effet, la rapidité d’action dans et répondent parfaitement au cahier des
cice BAMSIC 2007/02. Exercice majeur la profondeur des moyens aéromobiles charges.
pour l’entraînement des unités SIC de la oblige à une perpétuelle adaptation. La
4e Brigade aéromobile, la 4e CCT engage section moyens spécifiques est forte-
une section de commandement RACC3 ment sollicitée. Les six relais qui sont
avec une équipe de la section de engagés (trois pour chaque réseau
Quartier général et une section Moyens relayé) doivent se réarticuler en perma-
spécifiques équipée de relais sur caisson nence en répondant aux exigences du
aéromobile. Implantée sur la butte de terrain. En effet, le paysage devient rapi-
Sion Vaudémont, la première section de dement vallonné à l’approche des
PC de la compagnie a pour mission de Vosges. Les contraintes du terrain ne sont
fournir au chef du BSIC de la brigade les pas les seules à influer sur l’évolution de
moyens de communication nécessaires l’exercice. La météo commence à “jouer
pour commander les sections SIC des des tours”. Le temps devenant orageux,
régiments de la brigade déployées dans la sécurité des vols s’impose et la mission
la région. Outre les PC des régiments, est modifiée en cours de route. Nouvelle
deux PC tactiques sur VAB et un PC tacti- réarticulation dans l’urgence, les moyens
que sur PUMA de la compagnie sont éga- de communication sont livrés.
lement engagés par cet exercice.
L’autre objectif de l’exercice BAMSIC
L’objectif est l’entraînement en vue de la
2007/2, plus technique celui-ci, est de
projection de la 4e CCT au Kosovo en
tester la nouvelle politique d’emploi de
septembre 2007.
sécurité sur le système MAESTRO, le nou-
Exercice à dominante radio, sont veau déploiement radio de la brigade
déployés deux réseaux : VHF, le R11 ainsi que de nouvelles unités collectives
commandement et R15 MAESTRO pour la CARTHAGE. Un châssis pour les
comme moyen nominal et un réseau antennes spécifiques au PC aéromobile,
CARTHAGE comme moyen de secours. des caisses pour le processeur HF (PHF)
Afin de se rapprocher le plus possible et les moyens radio sont mis en œuvre Lieutenant VIRET
de la réalité opérationnelle et des tout au long de l’exercice. Mis au point Chef de section PC1/4e CCT

16
Exercices Vie de l’Arme

BLUE GABRIEL 07 :
Le grand défi de l’interopérabilité
Entre le 9 et le 24 mai, le Corps Européen
(EC) a effectué l’exercice Blue Gabriel (BG) Plate-forme des tests
07 dans les installations du 53e au quartier
Lassalle.

Le but de cet exercice étant de trouver


des solutions d’interopérabilité, sujet
toujours difficile, entre les systèmes SIC
des quatre nations contribuant au sou-
tien SIC de l’Eurocorps (EC).

Les Blue Gabbriel sont des exercices qui


ne concernent que la communauté SIC.
Ils se déroulent périodiquement sous le
contrôle de l’EC et avec la participation
d’unités des nations partenaires.

Sous la direction du G6 et soutenues Le challenge pour cette année étant technologie et les enseignements
par la Brigade Multinationale d’Appui au d’intégrer les différents systèmes natio- obtenus.
Commandement de l’Eurocorps, des naux dans la nouvelle version du
unités provenant de France, (53e RT, 28e Système RITA 2G, s’appuyant sur la tech- L’excellent esprit de coopération entre
RT et STAT), d’Allemagne (RT 28, 29, 38 nologie IP. les unités participantes, l’assistance
et BT 210), d’Espagne (RT 1), de technique des membres de la STAT et le
Belgique (5e Groupe CIS), de la Brigade A l’issue de l’exercice, le G6 tire les travail du personnel dans les magnifi-
Franco-Allemande et du Luxembourg conclusions qui permettront d’amélio- ques installations du quartier Lassalle
se sont réunies pour construire rer les Systèmes d’Information et de ont permis d’apporter des solutions à la
ensemble un support SIC multinational. Communications et les procédures, majeure partie des problèmes soulevés.
Cet exercice a rassemblé au total un pour finalement optimiser les contribu-
effectif de 220 personnes et 85 tions des Nations partenaires pour le Bien que présentant un fort aspect tech-
véhicules. soutien de l’EC, intégrant cette nouvelle nique, il est important de souligner que
ce genre d’exercice est destiné à
répondre aux problèmes d’interopéra-
bilité qui ne dépendent pas seulement
de la constante évolution des différents
Les différentes stations satellitaires Systèmes d’Information et de
Communications (SIC), mais aussi des
différentes procédures, langages etc.

Finalement l’interopérabilité est donc


loin d’être un problème exclusivement
technique.

Lieutenant-colonel VELASCO
(ESP-A)
EMM CR-E Division soutien G6
Chef de la section opérations

Crédit photos Lieutenant-colonel A. Velasco

17
Vie de l’Arme Exercices

Exercice
Common Endeavor 2007

Lundi 11 juin 2007, l’Eurocorps ment sur le système SICF notamment, Cet exercice a suscité de nombreu-
débute son exercice « Common ont été dispensés. ses visites officielles : le général de
Endeavour 2007 ». Tôt dans la mati- brigade Georg Nachtsheim (GER),
Le STARTEX lancé, l’opération de
née, les premières unités et renforts prochainement chef d’état-major à
commandement de brigades multi-
individuels sont arrivés, représentant l’Eurocorps, le général de brigade
nationales peut alors commencer. Les
au total 12 nations. Pour cet exercice Hubert De Vos (BEL), prochainement
joueurs de « BEACHLAND contre
d’envergure, le quartier Aubert de DCOS OPS à l’Eurocorps, le général
AMBERLAND » continuent leur pro-
Vincelles utilise pour la seconde fois Carlos Villar Turrau (SPA), chef d’état-
gression et sont en mesure d’interve-
sa nouvelle plate-forme d’entraîne- major de l’armée de Terre Espagnole,
nir et apporter l’aide internationale
ment. Durant les 15 jours de l’exer- ainsi que le général de corps d’armée
requise. Tel est le début du scénario
cice, les 597 militaires venus de Wolfgang Otto (GER), commandant
joué pour cet exercice. Toutes les
France, d’Allemagne, d’Espagne, de des forces de l’armée de Terre de
dimensions sont prises en compte,
Belgique, de Pologne, d’Autriche, de Koblenz et le général de corps d’ar-
notamment l’appui aérien avec 55
Turquie, de Grèce, du Luxembourg, mée Jan Oerding, commander of the
hélicoptères TIGRE français et alle-
des Etats-Unis d’Amérique, du Response Force Operations Command
mands, 18 CH53 et 16NH90 et 14
Canada ou encore des Pays-bas, ont (état-major opératif de forces) à ULM.
A109 de la brigade Belge. Avec un
contribué au succès de la mission.
pilote Grec spécialiste dans la mise Fort de cet exercice conclu avec suc-
La zone d’entraînement se compose en œuvre des hélicoptères d’atta- cès, l’Eurocorps a validé l’organisa-
d’une première partie de 3 728 m2 ques, un médecin Espagnol en tion du poste de commandement et
prévue pour l’implantation des ten- charge de la planification opération- préparé le futur déploiement pour le
tes. Pour l’heure, 34 tentes ont été nelle de l’appui médical, les prochain exercice Common Tenacity
mises en place. La seconde zone de Autrichiens, jouant le rôle des « enne- de Novembre 2007, à Wildflecken.
deux fois 2 073 m2 accueille, quant à mis ». Une cellule de presse, l’équipe
elle, 76 shelters. Turque participant à la planification à
moyen terme, un site Internet pour
Pour réaliser cet exercice de nom-
l’exercice : le multinational est en
breux moyens ont été déployés. Un
effervescence.
réseau informatique de grande
ampleur avec les 230 stations SICF et Le système JEMM (Joint Exercise
101 NATO Secret, 2 shelters SIC, 20 Management Module) est utilisé pour
Lieutenant CROZAT
connections Internet, 14 impriman- la première fois. Il s’agit d’un pro- Renfort extérieur PIO/EUROCORPS
tes, 13 fax et 4 systèmes de vidéo gramme OTAN permettant de définir
conférence. 5 événements majeurs de départ,
auxquels s’ajoutent 50 scénarios et
Une première phase de préparation a
250 incidents qui sont actualisés en
eu lieu jusqu'au dimanche 17 juin,
permanence selon l’évolution de la Crédits Photos :
10h. Une série de briefings, points de
situation. OR-8 Fritz KÖRNER – PIO
situation et des séances d’entraîne- OR-4 Jean-Pierre DENIL – PIO

18
Exercices Vie de l’Arme

Exercice Coalition Warrior


Interoperability
Demonstration 2007
(CWID 2007)
ment fut complet et que le statut de A dix neuf heures, nous avons pu goû-
passager nous parut bien sécurisant ! ter notre première bière britannique,
avant de basculer sur la ville de
L’arrivée à Blandford se fit sans pro-
Blandford afin de nous sustenter de la
blème : nous étions attendus et tout
cuisine locale dans un restaurant pakis-
était prêt. Le temps de régler quelques
[Link] cohésion entre les deux DEP a
formalités administratives, de prendre
été un réel succès. Comme dans cha-
en compte les chambres et de nous
cune des délégations, il faut compter
mettre en tenue, nous étions en salle
plusieurs mutations de personnel, il
de réunion. Il s’agissait de coordonner
devient impératif de renouveler l’opé-
nos points de vue sur la prochaine
Invitée à participer à la journée de visite ration.
campagne d’essais d’interopérabilité
de l’exercice Coalition Warrior et principalement d’arrêter les modali- Le lendemain, nous nous sommes pré-
Interoperability Demonstration 2007, tés pratiques du canevas de tests. sentés à Portsmouth pour la journée
plus couramment appelé CWID 2007, Après une heure trente de réunion, les visite de l’exercice CWID 2007. Là
la direction des études et de la pros- principes étaient établis et nos oreilles encore, aucune difficulté : les dossiers
pective de l’ESAT a répondu présente s’étaient familiarisées avec la langue de étaient prêts et nos badges établis. Une
en y détachant trois éminents officiers Shakespeare. Il a été convenu de tra- petite surprise cependant. Alors que la
du bureau études spécialisées, les lieu- vailler la cohésion de nos deux déta- majorité des participants était dotée
tenants-colonels Sorba, Goedheer et chements dès la fin des heures de ser- de badges verts avec accès sans res-
Fargette. Afin de ne courir aucun risque vice. triction, ceux des trois militaires fran-
avec les dangers de la conduite à gau- çais étaient rouges et donc avec obli-
che, l’officier de liaison britannique, le En attendant ce rendez-vous, nous en gation pour nous d’être encadrés. Le
lieutenant-colonel Edwards s’est porté avons profité pour visiter l’Ecole. Sur un spectre du french spy n’est jamais très
volontaire pour nous convoyer. même site est regroupée la quasi-tota- loin !
lité des organismes traitant de SIC au
Les visites se déroulant à Portsmouth, le Royaume-Uni, soit l’école d’applica- Après une rapide présentation, trois
choix de la base arrière s’est naturelle- tion, l’inspection de l’Arme et la sec- groupes ont été formés, chaque
ment porté sur la maison mère des tion technique chargée des expéri- groupe visitant un atelier pendant une
transmissions britanniques, l’Ecole de mentations. Cette unicité de lieu crée heure avant de tourner sur un autre
Blandford. Au vu des dossiers en de facto une synergie particulièrement emplacement.
cours, il a été décidé que notre séjour efficace. Chaque atelier regroupait par thème
débuterait par une réunion de concer-
Tout comme notre musée, celui de une douzaine de présentations (qua-
tation avec nos homologues britanni-
Blandford est digne de visite de par la rante deux présentations ont été effec-
ques sur l’interopérabilité de nos systè-
diversité des équipements qu’il pré- tuées au total durant la visite).
mes.
sente. Si l’ESAT a favorisé une présenta- Les thèmes abordés étaient :
Dire que le voyage fut sans histoire tion thématique, son homologue s’est - le niveau du JTFHQ,
n’est pas exagéré ; le trajet Rennes – axé sur un choix chronologique. - le niveau de composante (terre, air,
Cherbourg fut rapide et la traversée
mer),
jusqu’au port de Poole ne prit qu’une Le mess Britannique, bien que de réali-
- le niveau tactique terrestre.
heure trois quart sur une mer raisonna- sation récente, respire la tradition et a
blement calme. Ce n’est qu’après le le cachet des institutions vénérables,
débarquement du ferry, lorsque le lieu- avec galerie de tableaux et pièces
tenant-colonel Edwards s’engagea sur d’histoire résultant des dons des per-
le premier rond-point, que le dépayse- sonnes quittant le service actif.

19
Vie de l’Arme Exercices

Les présentations ont été faites dans lequel travaillent les différentes nations c’est-à-dire le processus de numérisa-
leur très grande majorité par des indus- occidentales) et la campagne d’essais tion des forces armées Britanniques.
triels. En revanche, l’organisation est 2008 dont nous avions défini les bases C’est donc dans la parfaite continuité
bien militaire, chaque groupe a été la veille. des travaux d’interopérabilité menés
scindé en trois sous-groupes, chacun par la DEP et des réunions tripartites
Il s’agit entre autre :
encadré par un major (comprendre un (Allemands – Britanniques – Français).
- interopérabilité SICF et ARCC C2IS,
commandant) qui, armé d’un chrono-
- présentation de BOWMAN, De retour à Blandford, nous nous som-
mètre, surveille le temps de parole de
- présentation FALCON, mes changés pour le dîner (cravate
chaque présentation (quatre minutes
- interopérabilité station sol SYRACUSE obligatoire), à la grande surprise des
par intervention en moyenne, ce qui
et station sol SKYNET, lieutenants, le menu étant un barbecue.
interdit toute question) et guide les
- solution de passerelle de sécurité Le passage au bar étant obligatoire
visiteurs vers le stand suivant. La mati-
multi niveaux. dans le cadre des échanges, nous nous
née a donc été particulièrement dense
sommes pliés à la tradition ; la durée
et quelque peu éprouvante : les pré- Ces échanges ont été également l’oc-
de l’opération a été calculée au plus
sentateurs ayant tendance à compen- casion de prises de contact avec des
juste. Le réveil, le lendemain, a été par-
ser la brièveté de la durée autorisée par industriels qui pourraient se traduire
ticulièrement matinal, devant être à
un débit peu compatible avec notre par des tests d’interopérabilité ou des
l’embarquement avant sept heures. Les
compréhension. réunions complémentaires dans les
conditions de mer ont été un peu plus
mois prochains.
L’après-midi est à la diligence des visi- difficiles, avec un fort vent latéral, sans
teurs qui sont libres de revenir au stand Ce type de visite s’avère particulière- affecter durablement le moral du déta-
qui les intéresse et de poser les ques- ment enrichissant car il permet une chement qui a profité de la traversée
tions dont ils ont été frustrés le matin. meilleure compréhension de la doc- pour remettre à jour son compte de
trine d’emploi et des systèmes SIC qui sommeil en retard. Le retour à l’ESAT
La délégation s’est consacrée à appro-
seront en service dans les prochaines s’est ensuite effectué normalement,
fondir les sujets qui l’intéressaient dans
années dans les forces Britanniques. sous la pluie.
le cadre de ses travaux sur le
Multilateral Interoperability Program De manière plus générale, cela apporte
(plus connu sur l’abréviation MIP, c’est également un éclairage particulière-
ment intéressant sur le concept NEC, Lieutenant-colonel
le programme d’interopérabilité sur
GOEDHEER
ESAT/DEP/BES

« A warm welcome to you!». C’est avec Sous commandement d’un DJTF (implémenté sur SICF V2.4i). Les échan-
ces quelques mots que l’exercice (Deployed Joint Task Force) armé par le ges de messages sous format ADatP3 et
CWID07 (Coalition Warrior Interoperability Joint Command de Lisbonne, les qua- APP9 ont été utilisés dans les autres cas
Demonstration) a démarré à Jorstadmoen, tre composantes ont échangé des (ordres, comptes-rendus). Chaque test
petite ville proche de Lillehammer en données tactiques (situation amie, a fait l’objet d’une préparation minu-
Norvège le 6 juin 2007. ennemie, ordres…), au rythme d’un tieuse puis d’une évaluation après réa-
scénario opérationnel réalisé à cet lisation. Si le MIP fonctionne technique-
Exercice multinational annuel piloté par
effet. La composante Terre (15 nations) ment correctement, il doit toutefois
l’ACT (Allied Command for Transformation)
était représentée par 2 LCC, 4 brigades, améliorer l’interface homme-machine
de l’OTAN, il a pour objectif de tester
16 bataillons (structure artificielle pour (opérations manuelles contraignantes
les capacités d’interopérabilité des
les besoins de l’exercice). pour l’administrateur et l’opérationnel).
systèmes d’information de commande-
ment en service et à venir. L’un des objectifs majeurs de cet exer- En conclusion, CWID 07 s’est révélé
cice a été, pour la première fois, d’ali- utile et une étape importante dans la
Clairement identifié dans le cycle de
menter une JCOP (Joint Common réalisation de l’interopérabilité des sys-
préparation NRF, cet exercice SIC s’est
Operationnal Picture) au niveau DJTF. tèmes d’information des forces de
adressé cette année d’une part aux uni-
Techniquement, celui–ci a été atteint. l’OTAN. Il montre toutefois le chemin
tés OTAN des composantes Terre – Air
restant à parcourir avant que la totale
- Mer – Forces spéciales des NRF 11 et Pendant deux semaines, près de 1500
interopérabilité ne soit effective sur un
12 en priorité et d’autre part aux tests ont été effectués entre les diffé-
théâtre d’opérations.
nations souhaitant participer en prépa- rents systèmes. Le mode principal
ration des NRF suivantes ou à des fins d’échange d’information (JCOP) a été
d’expérimentation (nouveaux systè- le MIP (Multilateral Interoperability Colonel MERCIER
mes). Program) dans sa version block 2 DACOS/G6/CRR-FR

20
Exercices Vie de l’Arme

ANTARES à la 11 BP e

La dernière semaine du mois de mars s’est des renforts dans des conditions saines. Le commandement à la voix (phonie par
déroulé dans la région nord ouest de la ville Ensuite, le régiment commença sa manœu- PR4G) des unités sur le terrain fut rendu
de Rodez, un exercice mené par la 11e vre dans le fuseau qui lui était imparti : tout possible par la mise en place de télécom-
Brigade parachutiste. Cet exercice ANTA- d’abord, une OHP (opération héliportée) mandes des moyens radio au profit des
RES avait pour but de mesurer la capacité montée pour s’emparer des points de pas- chefs concernés, le soutien de ces maté-
du PC (poste de commandement) du 8e sage obligés enjambant le cours d’eau situé riels incombant aux opérateurs travaillant
RPIMa (Régiment Parachutiste d’Infanterie plus au nord dans le fuseau, puis mise en dans le CO. De même, un réseau local télé-
de MArine) de Castres à mener une opéra- place d’éléments plus importants pour phonique fut installé permettant l’accès au
tion de son niveau. Autour de cette opéra- rejoindre par la route. Une fois les forces PNIA (plan de numérotation interarmées) et
tion, la mise en place d’un PC, armé par implantées, une manœuvre de contrôle de à France Telecom. Enfin, des moyens satel-
l’état-major de la brigade, et de différentes zone fut jouée pour clôturer l’exercice. Les lites furent également déployés pour assu-
entités a permis de simuler des conditions rebelles se trouvèrent alors repoussés au- rer une troisième possibilité de TD.
d’engagement réelles et ainsi d’assurer au delà de la ligne de séparation pré-établie.
Toutes les cellules du CO travaillèrent sur le
régiment les conditions d’évaluation les
Le PC de brigade (ou Centre Opérations) SICF (Système d’Information et de
plus proches de la réalité.
était armé par les personnels de l’état-major Commandement des Forces), ce qui leur
Aussi, en parallèle des manœuvres du 8e de la brigade, la 11e CCTP (Compagnie de assurait un travail commun en réseau ainsi
RPIMa, une cellule « réponse » du PC de la Commandement et de Transmissions que la diffusion rapide des ordres et de la
brigade fut chargée de simuler la présence Parachutiste) étant chargée de sa mise en messagerie puisque le bureau courrier était
terrain du 3e RPIMa et du 1e RHP (Régiment place. L’exercice devant commencer le 26 lui aussi raccordé au réseau. Le soutien de
de Hussards Parachutistes) dans la même avril, les éléments précurseurs s’installèrent ces matériels et l’aide aux usagers furent
zone et ainsi animer le réseau radio com- le samedi 24 dans la commune de Druelle à assurés par les personnels de la 11e CCTP
mandement. Quant au 1er RCP (Régiment de 10 km à l’ouest de Rodez où le PC brigade spécialisés dans la filière MSI (Management
Chasseurs Parachutistes), il eut à jouer le devait être monté. La SQG (Section de des Systèmes d’Information).
rôle de la FORAD (force adverse). Enfin, le Quartier Général) s’occupa du montage
Ainsi donc, cet exercice d’évaluation d’un
tableau ne serait pas complet sans une des tentes pour la zone de travail et la zone
régiment nécessita le montage d’un CO
équipe d’évaluateurs, qui se sont déplacés vie. Parallèlement, la section de raccorde-
avec la mise en place de tous les matériels
sur le terrain durant tout l’exercice pour ment de PC installa tous les matériels
permettant aux chefs d’assurer, au plus près
apprécier le travail du régiment sous toutes devant permettre à l’état-major d’assurer la
de la réalité, la gestion d’une opération. Les
ses formes. gestion de l’exercice. Les besoins en liai-
personnels affectés à l’installation et au sou-
sons étaient de 7 réseaux en VHF (very high
Thème choisi pour cet exercice : déploie- tien de ce CO permirent d’assurer au com-
frequency) fonctionnant sur PR4G (poste
ment d’une force internationale dans un mandement les conditions de travail indis-
radio 4e génération) dont un utilisant la TD
pays scindé en 2 parties suite à une séces- pensables à la réalisation de la mission,
(transmission de données), et 2 réseaux HF
sion avec le pouvoir en place, afin d’y réta- mettant une fois de plus en avant l’impor-
(high frequency) fonctionnant sur système
blir la stabilité. Dans ce contexte, les forces tance des Systèmes d’Information et de
CARTHAGE (Communication Automatisées
françaises avaient en charge la FRR (Force de Communications.
Radioélectriques Tactiques HF en
Réaction Rapide). A ce titre, le 8e RPIMa fut
Ambiance de Guerre Electronique) et utili-
désigné pour contrer l’avancée des rebelles
sant la TD. Toute la messagerie arrivant tran-
sur la capitale.
sitait donc par ces moyens et les opérateurs
L’opération débuta par une OAP (opération radio (travaillant par quart 24H/24) durent
aéroportée) menée sur l’aérodrome de alors la rediriger vers le CTM (Centre de
Rodez par le 8e RPIMa afin d’établir dans un Traitement des Messages) chargé de l’archi-
premier temps une base de départ pour la vage et du transit vers le bureau courrier du
manœuvre. Les premiers éléments se CO. Il ne restait alors au bureau courrier
mirent donc en place sur l’aérodrome et qu’à diffuser les messages aux cellules du Lieutenant CHAUMIER
pour sécuriser la zone et permettre l’arrivée PC concernées. Chef de section/11e CCTP

Les photos sont fournies par la cellule audiovisuelle de l’état-major de la 11e BP.

21
Vie de l’Arme Lien Armée-Nation

ESAT: DON DE SOI, DON DU SANG


durée moyenne 35 à 60 mn, volontaires de 18 à 65 ans.
Chaque année l’Ecole supérieure et d’application des transmissions honore quatre rendez-vous en
partenariat avec le Centre de Transfusion Sanguine des Armées de Percy à CLAMART et avec
l’Etablissement Français du Sang de Bretagne et ce, sous la responsabilité de l’équipe du service médi-
cal d’unité. Depuis 2002, le personnel civil et militaire de l’ESAT contribue pour une moyenne annuelle
de 420 dons - un don représente une poche ou culot de 0,460 litre de sang soit 194 litres de sang…

A l’ESAT, 14% environ du personnel ticularités communes de leurs cellules


participent aux collectes contre 5% en sanguines. Il existe environ 40 systèmes de
Bretagne. groupes sanguins dont le système ABO
On peut avoir besoin de sang lorsqu’il découvert en 1900 et le système RHESUS
existe un déficit total lors d’une hémorra- découvert en 1940.
gie par accident ou blessure ou un déficit Le système A, B, O est le plus important à
ponctuel en cas de mauvais fonctionne- respecter car une transfusion sanguine
ment de la moelle. incompatible peut entraîner la mort du
A ce jour, aucun produit de remplace- malade.
ment (sang artificiel) n’a pu être réalisé. Les donneurs O représentent 43% de la
Le don de sang apparaît encore et population. Ils peuvent donner leurs glo-
toujours comme la solution ! bules rouges à 100% des malades (O, A,
B, AB) et leur plasma à 43% des malades
La sécurité transfusionnelle est devenue
(O).
une réalité et permet une augmentation de
la demande. Le vieillissement de la popu- Les donneurs A représentent 44% de la
lation française et les progrès médicaux population et ils peuvent donner leurs
majorent encore cette demande. globules rouges à 48% (A, AB) des mala-
des et leur plasma à 87% des malades (O,
Il existe deux sortes de transfusion :
A).
- la transfusion homologue
Les donneurs B représentent 9% de la
- donneur et receveur - population, ils peuvent donner leurs glo-
- la transfusion autologue bules rouges à 13% des malades (B, AB)
- le receveur reçoit son propre sang - et leur plasma à 52% des malades (O, B).
Le sang, composant de l’organisme abso- Les donneurs AB représentent 4% de la
lument vital et irremplaçable, est fabriqué population. Ils peuvent donner leurs glo-
dans la moelle osseuse, puis pulsé par le bules rouges à 4% (AB) des malades et
cœur dans tout le corps à travers 200 km leur plasma à 100% des malades (O, A, B,
de vaisseaux. Il irrigue ainsi tous les tissus AB).
et organes qu’il nourrit, nettoie et défend. Il faut 20% de nouveaux donneurs chaque
Chacun de ses composants a son propre année pour remplacer ceux qui ne revien-
rôle : nent pas (pour cause de limite d’âge,
contre indication médicale et mode de
- les globules rouges fournissent l’oxy-
vie).
gène aux cellules,
Les femmes peuvent faire 3 dons annuels, Le personnel de l’Ecole supérieure et
- les globules blancs assurent la défense
les hommes 5 dons annuels. d’application des transmissions parti-
de l’organisme en cas d’infection,
cipe à l’effort collectif et s’inscrit dans
- les plaquettes ou plasma intervien- une démarche armée - nation.
nent en cas de blessure d’un vaisseau lors
d’un saignement.
Le groupe sanguin correspond à un Adjudant-chef TANGUY
groupe de personnes possédant des par- Adjoint OCI/ESAT

LES CINQ VALEURS DU DON DU SANG :


bénévolat – volontariat – engagement – gratuité - anonymat
22
Lien Armée-Nation Vie de l’Arme

Rugby et Défense
Les joueurs du SUA passent en mode commando
En cette année de Coupe du Monde, le des sports ont eu la délicate attention Au menu cette fois-ci : kayak, vélo et
48e Régiment de transmissions a tenu à de préparer un « stage sportif », digne course à pied.
s’associer, à sa manière, à l’événement . d’un véritable parcours du combattant.
Deux journées bien remplies et riches
Après le lancement officiel de l’année
Le 2 août 2007, départ dès 9 heures du en sensations pour nos rugbymen. Ce
du rugby militaire dans le Sud-Ouest,
bord de la Garonne pour aller en VTT stage constitue ainsi une étape supplé-
différentes actions sont menées régu-
jusqu’à Montesquieu. Sur place, une mentaire dans la préparation de
lièrement autour de l’Ovalie. Le général
course d’orientation en forêt attendait l’équipe agenaise qui va bientôt
Frère, à l’origine de cette initiative, sou-
les « suavistes » qui ont dû escalader démarrer sa campagne de matchs ami-
ligne le partage d’un même état d’es-
des parois, avant de s’essayer à la des- caux (le 10 août contre les espoirs de
prit au sein de l’armée et de la planète
cente en rappel. Un programme chargé Géorgie, à Pont du Casse). Avant le
rugby. « Nous avons en commun le fait
pour une remise en forme pour le deuxième jour d’épreuves, le bilan est
de penser aux autres plutôt qu’à soi-
moins acrobatique. L’adjudant-chef d’ores et déjà positif pour l’encadre-
même. Dans une équipe, il y a des
Comby était sur les lieux pour veiller au ment qui a observé des joueurs enthou-
grands comme des petits. Il n’y a pas
bon déroulement des différentes siastes, heureux d’être ensemble.
de discrimination ». Le ministère de la
épreuves, qui doivent s’effectuer en
Défense dispose d’ailleurs de sélec-
autonomie complète. Les joueurs sont
tions nationales de haut niveau, dont
revenus à Agen en vélo sans incident :
les actions sont définies avec la fédéra-
ils n’auront eu qu’une courte soirée
tion française de rugby. Cette coopéra- Lieutenant GOURRAT
pour se remettre de leurs efforts puis- OCI/48e RT
tion se retrouve naturellement à Agen
que le bureau des sports du 48e RT a eu
puisque, durant cette période de pré-
la gentillesse de prévoir un programme
paration à la future saison 2007/2008, le
d’entraînement sur… deux jours !
48 a souhaité apporter son soutien aux
rugbymen agenais. En vertu d’une C’est ainsi que les rugbymen du SUA
convention signée entre le régiment et repartent donc à l’aventure pour un
le SUA LG, les transmetteurs du bureau triathlon à la Rosette en bord d’écluses.

F. Gelez - S. Mirande - Bajamont V. Debaty - Montesquieu

VTT orientation avec soutien F. Gelez

23
Zoom sur …

La Guerre électronique
Partie III

Cycle interallié et
interarmées de
conférences sur
la guerre électronique
L’ESAT a accueilli du 11 au 15 juin 2007 le de l’Armée de l’Air ou de la Marine natio- et stagiaires concernant les théâtres d’opé-
cycle de conférences sur la guerre électro- nale. Enfin, la proximité du CELAR1 permet rations. Les points qui suivent soulignent
nique confortant par ce stage annuel, la visite de ses plates-formes spécialisées, quelques uns des principaux traits ayant
depuis vingt ans, sa vocation interarmées et dédiées à l’évaluation d’un équipement et retenu l’attention des auditeurs au cours du
interalliée. à la simulation d’un environnement électro- stage.
magnétique hostile. Elle met ainsi en évi-
Ce stage, sous responsabilité de l’EMA et
dence la compréhension du rôle clé de ce
confié à l’ESAT/DEP pour sa mise en œuvre,
centre d’expertise du CELAR dans la
constitue un exemple unique de stage
conception et la réalisation des program-
OTAN organisé par la France. Il s’adresse à
mes d’armement.
des officiers de tout grade et a pour ambi-
tion de les initier à la guerre électronique.
Ses objectifs sont triples :
- donner aux officiers français et alliés les
Présentation générale du cycle 2007…
connaissances de base pour appréhender
la problématique de la guerre électronique Le général Ponroy, commandant l’ESAT, a
en opérations, en milieu interarmées et ouvert le cycle 2007. A cette occasion, il
interallié ; s’est félicité de compter, parmi les 32 parti-
cipants, des représentants d’armées alliées
- connaître les organismes et les procédu-
(Allemagne, Grande Bretagne, Espagne et Espace GE du musée des transmissions
res traitant de guerre électronique en France
Canada) et de constater que les 3 armées
ainsi que les structures de l’OTAN équiva-
étaient représentées dans des proportions
lentes ;
comparables. Il a souligné la qualité des
- connaître les principaux matériels de intervenants représentant les différents
guerre électronique en service dans les acteurs nationaux (responsables de l’EMA,
armées françaises. des états-majors d’armée, de la DRM, de la
DGA) ou alliés (commandant du JEWCS,
Pour mener à bien cette mission, l’ESAT dis-
OLI GB de l’ESAT, CEM de l’école du rensei-
pose, en plus de son expérience désormais
gnement stratégique allemande) responsa-
solide dans l’organisation et le soutien de
bles de la guerre électronique, ainsi que
ce stage, d’autres atouts sérieux. En premier
l’intérêt des visites et des présentations
lieu, le musée de l’école, grâce à sa salle de
d’équipements prévus au programme.
conférences moderne mais aussi par son
espace dédié à la guerre électronique, offre Les nombreuses conférences (22 heures)
un lieu particulièrement adapté à la forma- ou présentations d’équipements de niveau
tion de ce domaine chargé d’histoire. secret OTAN et en anglais se sont révélées
D’autre part, le recours aux pistes de l’aéro- riches d’enseignements, non seulement par Présentation d’un Bréguet Atlantique de la
port civil de Rennes Saint Jacques rend leur contenu mais également sur celui de flottille 23F au cycle 2007 sur l’aéroport de
possible la présentation de moyens aériens l’expérience partagée entre conférenciers Rennes Saint-Jacques

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Zoom sur …

Des notions de base pour une pouvoir établir, lors d’un engagement opé- ment mis en évidence l'importance de la
compréhension commune rationnel, un ordre de bataille électronique maîtrise de la signature électromagnétique
du domaine… du théâtre. Ce travail conditionne, par sa d'un vecteur sur le champ de bataille.
qualité et son exhaustivité, l’efficacité des L'efficacité des tactiques de lutte anti-missi-
De manière générale, il est apparu que la
parades déployées face aux menaces les est considérablement améliorée par
guerre électronique reste un domaine très
ennemies en opérations. Il est important de l'adoption de formes furtives et l'utilisation
complexe et généralement méconnu. Elle
remarquer que la connaissance des systè- de matériaux et revêtements absorbants
peut être vue comme une guerre de l'om-
mes amis est également fondamentale car dans les gammes de fréquences de travail
bre regroupant toutes les opérations per-
elle permet de discriminer une menace au des menaces.
mettant d'acquérir et de conserver la maî-
sein d’un environnement électromagnéti-
trise du spectre électromagnétique.
que de plus en plus dense.
Toutes les bandes du spectre sont en effet
exploitées par des moyens militaires soit de
type radar soit de type système de commu-
nications, aussi bien embarqués à bord de
véhicules, de bâtiments, d’aéronefs ou
directement portés par le combattant. Le
contrôle et la maîtrise de l’environnement
électromagnétique apparaissent dès lors
comme une évidence du combat
moderne. Il semble impératif, pour garantir
sa liberté de manœuvre, que toute force
puisse disposer de l’ensemble des moyens
lui permettant d’obtenir la libre utilisation
du spectre électromagnétique. Dans ce
but, les spécialistes du domaine sont ame-
nés à mettre en œuvre les trois volets de la
guerre électronique que sont les Mesures
de Soutien Electronique (MSE)2, les
Mesures de Protection Electronique (MPE)
ou encore les Contre-Mesures Les 3 volets de la guerre électronique : MSE, MPE et CME
Electroniques (CME).
Le domaine du Renseignement d’Origine La guerre électronique en A l’heure actuelle, l’exploitation transverse
Electromagnétique (ROEM) est un sujet par- interarmées… et complète du spectre électromagnétique
ticulier qui a donc fait l’objet d’éclaircisse- Les armées ont connu des approches histo- par les forces et la similitude des besoins
ments. Souvent assimilé à tort à la guerre riques assez différentes de la guerre élec- d’autoprotection dans les trois armées - y
électronique, il n’en fait pas partie à pro- tronique. L’armée de Terre par exemple, compris pour l'armée de Terre dont les sys-
prement parler comme le prouvent les défi- même si elle a développé par le passé tèmes d’armes sont de plus en plus sophis-
nitions de l’OTAN ou de la doctrine de l’ar- quelques capacités d’agressions des tiqués et limités en nombre – milite pour
mée de Terre3. Il faut le considérer en réalité moyens de communications ennemis, s’est une coordination de la guerre électronique
comme une composante du renseignement longtemps concentrée sur le renseignement par le niveau interarmées beaucoup plus
au même titre que peut l’être le renseigne- d’origine électromagnétique issu de l’inter- forte qu’elle ne l’est actuellement.
ment d’origine humaine ou d’origine image. ception des réseaux de communications
Les liens entre ces deux domaines aux fina- adverses. Ces dernières années, elle a accru
lités distinctes et qui en opérations sont cependant significativement la part des
traités par des bureaux du centre d’opéra- missions de guerre électronique confiées à
tions différents (J2 pour le ROEM et J3 pour ces unités. La parution du document de
la GE) sont cependant très forts. Les unités doctrine RENS 230 tome 2 consacré à l’ap-
impliquées, les équipements servis et les pui électronique en témoigne d’ailleurs.
techniques employées sont en effet très
souvent communs entre le ROEM et les Pour la Marine nationale et l’armée de l’Air,
MSE ; ils expliquent l’origine de cette l’histoire de la guerre électronique est inti-
parenté. mement liée à l'avancée technologique des
La constitution des bases de données tech- armes anti-navires ou anti-aéronefs, et en
niques a été présentée comme un enjeu particulier du missile à auto-directeur qui a
essentiel, sans doute le cœur même de la bouleversé les techniques de combat naval
mission de la guerre électronique. Elle est et aérien. Présentation d’équipements par le 54e RT
un travail permanent et délicat du temps de du cycle 07
Ainsi, la capacité de survie d'un bâtiment
paix qui est conduit sous la responsabilité
ou d’un avion est, de nos jours, fortement
de la DRM. Les unités des armées dédiées à
dépendante des performances de ses
la collecte du renseignement transmettent
moyens de guerre électronique embar-
leurs données. L’objectif est de parfaire
qués : dispositif de leurrage, de brouillage,
sans cesse la connaissance des systèmes
de détection et d’analyse des émissions
étrangers, en particulier des radars afin de
ennemies. La guerre électronique a égale-

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Zoom sur …

La guerre électronique en interalliés…


Le même raisonnement s’impose en toute
logique au niveau interalliés. La réalité du
caractère multinational des opérations
pousse, y compris dans les domaines tradi-
tionnellement réservés comme la guerre
électronique, à la connaissance et à l’ap-
propriation des structures et des procédu-
res opérationnelles définies par l’OTAN,
mais également à une véritable mise en Rafale et ses composants liés à la GE
commun des données entre alliés.
A l’OTAN, la guerre électronique est placée
sous la responsabilité du Nato Electronic
Warfare Advisory Committee (NEWAC), qui
assiste le Comité Militaire. Le NEWAC éla-
bore la politique, la doctrine, les directives Impact d’un missile EXOCET
de formation ou d’entraînement et encou-
rage la coordination entre les nations. A titre
d’exemple, en 2004 le NEWAC a fait
approuver, par le comité militaire puis par
les nations, la politique OTAN de guerre
électronique, sous la référence de MC 64/9.
Pour les questions opérationnelles, le
NEWAC agit sous la direction des deux
commandements stratégiques que sont
SACT (Supreme Allied Commander
Transformation) et SHAPE (Supreme
Headquarters Allied Powers in Europe). Il
est composé de représentants de chacun
des pays membres et des commande-
ments stratégiques de l’OTAN et ne se ras-
semble en session plénière que deux fois
par an. Il dispose sous son contrôle du
Joint Electronic Warfare Core Staff
(JEWCS),qui est la véritable structure per-
manente œuvrant en matière de guerre dation récente du concept de SEWOC sérieuse confusion initiale. Celle-ci se mani-
électronique pour l’OTAN. Ce commande- (Sigint Electronic Warfare Operation feste par des difficultés importantes pour
ment de création récente (juillet 2006), Centre), qui est né du besoin soulevé pen- établir l’ordre de bataille électronique et
situé à Yeovilton au Royaume Uni, a pour dant les opérations de coordination entre la pour lever les conflits de plus en plus nom-
mission essentielle d’apporter son appui guerre électronique et le renseignement breux entre les différents systèmes exploi-
aux forces dans le cadre des opérations et d’origine électromagnétique. Cette cellule tant le spectre électromagnétique.
des exercices de l’OTAN. Cet appui se SEWOC est responsable pour un théâtre de
manifeste par des renforts de personnel la planification, de la coordination et de la
dans les cellules des centres d’opérations conduite des activités de guerre électroni-
qui traitent de guerre électronique, afin de que et de renseignement d’origine électro- Principaux documents de références OTAN
transmettre leur expertise et d’assurer de la magnétique. Elle dirige le travail des cellu- pour la GE
formation. Il peut également apporter son les J2 et J3 et assure également une coordi- • MC 64/9 EW in NATO
aide en créant dans les exercices un envi- nation étroite avec le J6 dans le domaine • MC 101 Nato signals intelligence policy
ronnement électromagnétique hostile ; de la gestion des fréquences, en particulier and directive
c’est-à-dire en simulant avec ses équipe- pour l’établissement de la liste des fré- • MC 515 Concept for the Nato Sigint and
ments des menaces adverses réelles (simu- quences autorisées (cf. Joint Restricted EW Operation Centre (SEWOC)
lation de radars d’artillerie, de surveillance Frequency List).
• MC 521 Electronic Warfare
du champ de bataille, de défense sol air, Coordination Cell (EWCC)
d’autodirecteur de missile…) ou en cher- La mise en commun des données techni-
chant à localiser et identifier les émetteurs ques amies ou ennemies concernant les • AJP-01 Allied Jt Ops Doctrine
amis en vue de mettre en évidence les vul- moyens rayonnants représente probable- • AJP-3.6 Allied Joint EW Doctrine
nérabilités potentielles d’une force. ment un des problèmes majeurs pour l’effi- • ATP 35 (Sec X) Land Force Tactical
cacité de la guerre électronique dans une Doctrine
Actuellement, le JEWCS s’investit fortement coalition. La base OTAN (NATO Emitter • ATP 44 (C)EW in Air Operations
dans le processus de certification NRF des Data Base) souffre en effet, pour des raisons • ATP 51 EW in the Land Battle
forces. Son personnel est également large- évidentes liées à la sensiblité de ce type • ATP 8 (Ch 23) EW in Amphibious Ops
ment sollicité par les exercices multinatio- d’informations, d’un manque d’exhaustivité • AEWP-1 Land EW Equipment Hbk
naux et les théâtres d’opérations. et de précision de ses données. Cette situa- • NATO JEWCS GUIDE
Sur le plan de la doctrine OTAN, il est inté- tion se traduit malheureusement au moment
ressant de relever la mise en place et la vali- d’un déploiement de forces par une

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Zoom sur …

Parmi les nouveaux défis de la guerre en 2006 par L’EMA, à mettre en place sur mesures adaptées à la situation opération-
électronique… court préavis (c’est-à-dire en moins de six nelle.
mois entre la décision de l’état-major et le
L’adaptation aux nouvelles caractéristiques Ces exemples illustrent en fait, le besoin
déploiement en opération) des parades
de la menace doit servir à déterminer les d’une remise à plat complète du domaine
adaptées.
défis à relever par la guerre électronique. de la guerre électronique inspiré par la réa-
Cette menace reste certes liée à l’exploita- Ces dernières reposent principalement sur lité des théâtres d’opé[Link] renouveau
tion des progrès technologiques mais sur- l’utilisation de brouilleurs embarqués cor- est en cours sous l’impulsion de l’EMA qui
tout à un environnement des opérations respondant aux menaces observées sur le fera paraître avant fin 2007, un schéma
qualifié d’asymétrique. Elle y prend des for- théâtre d’opérations. La réussite de ce type directeur de la guerre électronique. Ce
mes de plus en plus insidieuses et non de procédure suppose la mise en place document définira dans ses toutes premiè-
conventionnelles. Ainsi, l’un des dangers permanente d’un véritable travail en équipe res priorités, la refonte de notre doctrine
les plus immédiats pour les forces terrestres intégrée, impliquant les forces déployées, pour la compléter, la mettre en cohérence
est celui que crée l’Engin Explosif la STAT, la 785 CGE, le CELAR, la DRM et les avec celle de l’OTAN (ex : ratification de la
Improvisé télécommandé (ou RC IED en états-majors. Il faut noter que l’apparition documentation OTAN) et enfin la faire
anglais). Il s’impose en effet comme une de cette nouvelle menace signifie pour appliquer en exercices puis en opérations.
menace majeure pour les convois sur les l’Armée de Terre une convergence beau- Il traitera également de l’organisation natio-
théâtres d’opérations. A l’origine comman- coup plus marquée avec les missions d’au- nale de la guerre électronique qui sera ren-
dée par un rudimentaire fil électrique, l’ex- toprotection déjà connues de longue date forcée au niveau des états-majors (ex :
plosion est aujourd’hui obtenue par toutes des autres armées. EMA, CPCO, EMIA FE…) et placée sous la
sortes de moyens rayonnants plus ou moins responsabilité d’un comité directeur à
l’EMA.

Exemple d’émetteur et de récepteur d’un EEI

Engin déclenché par télécommande Toujours dans cet esprit de réactivité face à
la menace, l’appui tactique direct, assuré
Il développera enfin, comme autres axes
bricolés : déclencheurs infra rouges pour par des équipes légères de guerre électro-
d’effort, l’amélioration de la constitution
l’éclairage d’une porte de maison, télé- nique dotées de moyens performants,
des bases de données ou la mise à niveau
phone GSM, télécommandes de maquet- devient une mission de plus en plus récur-
des capacités des différentes armées.
tes…Devant cette menace multiforme et rente. Il contribue en effet à la maîtrise par
très évolutive, l’armée de Terre a cherché, les forces terrestres de leur environnement
dans le cadre général du concept élaboré immédiat et à l’adoption de postures ou de

Conclusion
Exigeant dans son organisation et modeste dans ses ambitions, ce cycle
de conférences sur la guerre électronique a néanmoins le mérite de créer
un lieu original de réflexions et d’échanges passionnés sur ce domaine
encore insuffisamment exploité et fédéré de la guerre électronique. Pour
ces raisons, il semble pertinent de le préserver dans sa forme actuelle
voire même de chercher à le rendre encore plus productif, en renforçant
la participation de nos alliés en qualité d’auditeurs et de confé[Link]
vu des évaluations rendues par les participants, le stage 2007 a parfaite-
ment atteint ses objectifs de formation. Par son programme de travail mais
aussi par ses moments de convivialité, il a probablement contribué à
développer une communauté susceptible en retour de favoriser les liens
professionnels souvent délicats dans ce monde très cloisonné de la
guerre électronique.
Cycle 07 - Visite de l’intérieur du Bréguet Atlantique Lieutenant-colonel SORBA
DEP/Doctrine/BES/ESAT
1 - Centre d’électronique de l’armement
2 - Recherche, interception, identification et localisation des rayonnements électromagnétiques permettant de reconnaître une menace
immédiate. Les informations ainsi obtenues sont nécessaires à la mise en œuvre de mesures de protection électroniques ou à l'application
de contre-mesures électroniques.
3 - Cf ROEM 230 : Doctrine du ROEM et de la GE de l’armée de Terre- Tome 1

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