Bien-être au travail : échelle de mesure
Bien-être au travail : échelle de mesure
échelle de mesure
Jamila Abaidi
ÉCOLE DOCTORALE
Sociétés et Organisations
Laboratoire CEREGE
THÈSE
Présentée par :
JamilaJamila
ABAIDI - BEN NASR
ABAIDI
Le Bien-être au travail :
Construction et validation d’une échelle de mesure
COMPOSITION DU JURY
2
Résumé
Le Bien-être au travail :
Construction et validation d’une échelle de mesure
Résumé :
Ce travail de recherche doctoral a pour objet d’étudier les dimensions constitutives du construit de
bien-être au travail (BET) du point de vue des salariés et de proposer une échelle de mesure dudit
concept propre au contexte français. A ce dessin, une analyse de la littérature relative au concept de
bien-être en général et à celui de bien-être au travail est réalisée. Elle a permis en outre d’identifier les
variables considérés par la littérature RH comme des antécédents et des conséquences du BET, ceci,
aussi bien du point des entreprises que des employés. Ce travail théorique a consisté également au
recensement et à l’analyse des outils de mesure en vigueur du bien-être en général et du BET proposés
par les chercheurs et par les professionnels du conseil RH. Un travail qui permet de ressortir deux
principales échelles de mesure du BET en vigueur, celles de Dagenais-Desmarais (2010) et Bietry et
Creusier (2013).
Ce travail théorique s’est suivi par un travail empirique qui a consisté en deux principales études
terrain respectivement qualitatives et quantitatives. L’étude qualitative, qui s’inscrit dans une
démarche exploratoire, a consisté en 29 entretiens individuels et 5 focus group réalisés auprès d’une
même entreprise de service. Cette étude a permis d’identifier les représentations du bien-être au
travail chez les salariés et qui se résument en six principales dimensions : (1) la clarté du rôle, (2)
l’environnement de travail, (3) l’ambiance de travail, (4) la reconnaissance au travail, (5) la
bienveillance de l’entreprise et (6) l’épanouissement au travail. La validité de contenu et de la
structure qui le sous-tend ont, par la suite, été étudié au moyen de la méthode de tri de cartes – plus
communément connue sous le nom de card-sorting.
Cette démarche exploratoire, qui a permis de proposer un modèle conceptuel qui met en exergue les
six dimensions du BET présentées ci-dessus, a été suivie par une étude quantitative. Celle-ci a consisté
en la proposition et le test d’une échelle de mesure métrique du BET.
Les résultats de cette échelle de mesure sont par la suite discutés, ceci, au vu des dires de la littérature
sur les dimensions mobilisées et des recommandations managériales qu’elle implique. De même, les
limites de cette échelle de mesure ainsi que des pistes de perfectionnement (voies de recherche) sont
présentées et discutées.
3
Abstract
This research proposes to study the dimensions that compose the wellbeing at work from the worker
perspective. It aims also to propose a measure scale of wellbeing at work specific to the French
context.
For this purpose, an analysis of the literature related to the concepts of wellbeing in general and
wellbeing at work specifically is carried out. It allowed to identify the variables considered by
researchers as antecedents or consequences of wellbeing at work. Also, an analysis of the measures of
wellbeing at work proposed by academics and professionals in HR consulting is realized. It put
forwards two main established measure scales of wellbeing at work, those of Dagenais-Desmarais
(2010) and Bietry & Creusier (2013).
This theoretical work is followed by an empirical study that consisted in a qualitative and a
quantitative researches. The qualitative study, which is part of an exploratory approach, consisted of
29 individual interviews and 5 focus groups conducted within the same service company. This study
brings out the representations of well-being at work among employees that are summarized in six
main dimensions: (1) the role clarity, (2) the working environment, (3) the working atmosphere, (4) the
recognition at work, (5) the corporate benevolence and (6) the professional fulfilment. The validity of
content of the resulting conceptualizations of wellbeing at work is tested using the method of card-
sorting.
This exploratory approach, which allowed to propose a conceptual model that highlights the six
dimensions of BET presented above, is followed by a quantitative study. This study consisted in the
proposal and the testing of a measure scale of wellbeing at work.
Exploratory and confirmatory factor analysis of the structure of the measure scale is done. Their
results confirm the reliability of the considered six-dimensions of wellbeing at work. Also, the
analysis of the reliability and the different aspects of validity - convergent, discriminant and
nomological - of the scale using the method of structural equations modeling asserts the satisfying
psychometric properties of the proposed scale of wellbeing at work.
The results of the test of the scale are then discussed in regard to the literature background related to
the considered dimensions. Their managerial implications are also presented, their limits as well as
the opportunities of improvement presented and discussed.
Keywords: Well-being at work, the role clarity, the working environment, the
working atmosphere, the recognition at work, the corporate benevolence and the
professional fulfilment.
4
Remerciements
Ce travail n’aurait pu aboutir sans le concours de certaines personnes.
Mes premiers remerciements s’adressent à mes co-directeurs de thèse, Madame
Sophia Belghiti-Mahut et Monsieur Dominique Drillon, qui ont accepté de
m’encadrer pour ce travail de recherche doctoral. Chacun, à sa manière, a su
m’apporter son aide et ses conseils. Aussi, je leur exprime ma profonde
reconnaissance pour leur implication et leur soutien à toutes les étapes qui
composent la thèse et qui ont, indéniablement, participé à mon bien-être dans ce
travail.
J’exprime ma gratitude au Professeur Jean-Marie Péretti et au Professeur Jean-Michel
Plane de faire partie de ce jury et d’avoir accepté de rapporter ce travail. Je remercie
également chaleureusement le Professeur Thierry Poulain-Rehm d’avoir accepté d’en
faire partie.
Mes remerciements s’adressent également à la première entreprise pour son accueil
et son soutien. J’adresse aussi mes remerciements à tous les salariés qui ont participé
à cette étude ainsi qu’à tous les autres pour m’avoir accueillie avec le sourire. Je
remercie aussi la deuxième entreprise de croire en mon projet et de m’offrir
l’opportunité d’administrer une nouvelle fois mon échelle.
Un grand merci à l’ensemble de mes collègues et amis de l’IAE et de l’Université de
La Rochelle qui m’ont soutenue et écoutée tout au long de ce travail : Anne, Mathieu,
Jean, Julien, Julie, Tony, Marisol, Carlos, Dominique, Claire, Meriem, ma petite
Fabienne, Frank, Silvain, Christelle, Lucie, Marie, Safia, Hamid, Malek, Besma etc. Je
n’oublie pas le soutien d’Isabelle et de Jennifer, qui m’ont accompagnée tout au long
de cette thèse avec le sourire.
Je remercie également mes collègues et amis de Sup de Co La Rochelle pour leur
soutien et leur écoute : Éric, Valérie, Jean-Pierre, L’Houcine, Amir, Majdi, Valentina,
Fathia, Jean-Christophe, Ludivine, Françoise…
Un immense merci à toutes les personnes que j’ai oublié de citer et qui ont contribué
de près ou de loin à ma thèse.
Je témoignage ma profonde reconnaissance à mes parents, ma sœur Ibtissame, mon
frère Salem et ma nièce Line qui m’ont apportée leur soutien indéfectible et pour
leurs encouragements tout au long de la thèse.
5
Enfin, je remercie du fond du cœur mon mari pour son soutien, sa patience, ses
conseils et ses encouragements qui m’ont permis d’avancer sereinement pour, enfin,
arriver au bout de ce travail. Je n’oublie pas mon petit garçon de trois ans, Adam, qui
m’a accompagné depuis le début. Maman t’aime fort.
6
Table des matières de la thèse
LISTE&DES&TABLEAUX&.....................................................................................&12!
LISTE&DES&FIGURES&........................................................................................&16!
Introduction&générale&...................................................................................&18!
Introduction&.................................................................................................&28!
CHAPITRE&1.! BIENEETRE&ET&BIENEETRE&AU&TRAVAIL&........................................................&30!
1.1)Le&concept&de&bienEêtre&général&..............................................................&30!
1.1.1)!Les!fondements!historiques!..........................................................................................................................................!30!
1.1.2)!Les!fondements!psychologiques!du!bien<être!.......................................................................................................!31!
[Link])!Théorie!psychologique!des!émotions!..............................................................................................................!31!
[Link])!Approche!humaniste!...............................................................................................................................................!31!
[Link])!La!psychologie!positive!..........................................................................................................................................!32!
[Link])!Psychologie!de!la!santé!..........................................................................................................................................!33!
[Link])!La!Psychologique!de!la!santé!au!travail!..........................................................................................................!36!
1.2)&Que&représente&le&bienEêtre&aujourd’hui&?&.............................................&36!
1.2.1)!L’approche!hédonique!.....................................................................................................................................................!37!
1.2.2)!L’approche!eudémonique!...............................................................................................................................................!38!
1.2.3)!Définition!du!bien<être!psychologique!.....................................................................................................................!40!
1.2.4)!Autres!appellations!du!bien<être!.................................................................................................................................!41!
1.2.5)!Les!concepts!liés!.................................................................................................................................................................!44!
[Link])!La!satisfaction!dans!la!vie!.....................................................................................................................................!45!
[Link])!La!qualité!de!vie!........................................................................................................................................................!45!
[Link])!Le!bonheur!...................................................................................................................................................................!46!
1.2.6)!Les!modèles!conceptuels!du!bien<être!:!...................................................................................................................!47!
[Link])!Le!bien<être!subjectif!ou!hédonique!:!..............................................................................................................!47!
[Link])!Le!bien<être!psychologique!ou!eudémonique!:!............................................................................................!48!
1.3)&Le&bienEêtre&au&travail&............................................................................&52!
1.3.1)!Les!modèles!du!bien<être!au!travail!...........................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Cotton!et!Hart!(2003)!.................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Warr!(1990)!...................................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Daniels!(2000)!...............................................................................................................................!56!
[Link])!Le!modèle!de!Danna!et!Griffin!(1999)!.............................................................................................................!57!
7
Table des matières de la thèse
[Link])! Le!modèle!de!Robert!(2007)!...........................................................................................................................!59!
[Link])! Le!modèle!de!Dagenais<Desmarais!(2010)!...............................................................................................!63!
1.3.2)!Les!concepts!connexes!.....................................................................................................................................................!68!
[Link])!La!santé!au!travail!....................................................................................................................................................!69!
[Link])!La!qualité!de!vie!au!travail!....................................................................................................................................!70!
[Link])! La!satisfaction!au!travail!...................................................................................................................................!73!
1.4)&Antécédents&et&conséquences&du&bienEêtre&au&travail&............................&76!
1.4.1)!Les!antécédents!du!bien<être!au!travail!:!.................................................................................................................!76!
[Link])!Les!antécédents!individuels!:!..............................................................................................................................!77!
[Link])!Les!antécédents!organisationnels!:!...................................................................................................................!80!
1.4.2)!Les!conséquences!du!bien<être!au!travail!...............................................................................................................!82!
[Link])!Les!conséquences!du!bien<être!sur!la!performance!individuelle!........................................................!82!
[Link])!Les!conséquences!organisationnelles!..............................................................................................................!84!
Conclusion&....................................................................................................&86!
Introduction&.................................................................................................&91!
CHAPITRE&2.! ECHELLES&DE&MESURE&DU&BIENEETRE&ET&DU&BIENEETRE&AU&TRAVAIL&..........&92!
2.1)&Les&outils&de&mesure&du&bienEêtre&au&travail&proposés&par&les&cabinets&de&
conseils&........................................................................................................&92!
2.1.1)!Les!outils!de!mesure!basés!sur!la!santé!au!travail!...............................................................................................!92!
[Link])!L’IBET!©!:!L’Indice!du!Bien<Être!au!Travail,!une!mesure!pour!révéler!l’engagement!socio<
organisationnel!(Goodwill!Social!©)!................................................................................................................................!93!
[Link])!Le!MQVT!©!:!Management!de!la!Qualité!de!Vie!au!Travail!.....................................................................!93!
[Link])!Le!MMS!:!Le!Mesure!Management!Santé!........................................................................................................!94!
2.1.2)!Les!outils!inspirés!de!l’audit!social!.............................................................................................................................!95!
[Link])!Le!ESL!:!European!Social!Label!...........................................................................................................................!95!
[Link])!Le!SD!:!Sociodag!.........................................................................................................................................................!96!
[Link])!Outils!de!diagnostics!de!la!performance!sociale!.........................................................................................!97!
!!Baromètre!Social!Opentojob!{OTJ}!..............................................................................................................................!98!
2.1.3)!Les!outils!inspirés!par!le!bien<être!:!...........................................................................................................................!99!
[Link])!Le!baromètre!du!bien<être!au!travail®!...........................................................................................................!99!
[Link])!The!Happiness!Indicator!....................................................................................................................................!100!
[Link])!Employee!Engagement!Survey!et!Well<being!Finder!............................................................................!100!
2.1.4)!Les!outils!construits!de!manière!empirique!:!.....................................................................................................!101!
8
Table des matières de la thèse
[Link])!Le!BeBest®!...............................................................................................................................................................!101!
[Link])!Institut!Great!Place!To!Work®!........................................................................................................................!103!
[Link])!HappyAtWork!.........................................................................................................................................................!106!
2.2)&Les&échelles&de&mesure&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&au&travail&proposées&
par&la&littérature&scientifique&......................................................................&107!
2.2.1)!Échelles!du!mesure!du!bien<être!..............................................................................................................................!107!
[Link])!PANAS!:!Positive!and!Negative!Affect!Schedule!de!Watson,!et!al.,!(1988)!....................................!107!
[Link])!PWBMS!:!Psychological!Well<being!Manifestation!Scale!(Massé!et!al.,!1998)!............................!109!
[Link])!Scales!of!Psychological!Well<being!(Ryff,!1989)!......................................................................................!111!
[Link])!Personal!Projects!Analysis!(McGregor!&!Little,!(1998)!........................................................................!113!
[Link])!Keyes,!Shmotkin,!&!Ryff!(2002)!......................................................................................................................!116!
[Link])!Beliefs!about!well<being!scale!(McMahan!&!Estes,!2011)!...................................................................!117!
[Link])!Échelle!de!mesure!du!bien<être!de!Warr!(1990)!.....................................................................................!119!
[Link])!L’échelle!de!mesure!du!bien<être!de!Daniels!(2000)!:!.................................................................................!120!
2.2.2)!Les!échelles!de!mesure!du!bien<être!au!travail!..................................................................................................!122!
[Link])!Workplace!well<being!index!(Page!K.!,!2005)!...........................................................................................!122!
2.2.2)!L’indice!de!bien<être!psychologique!au!travail!(IBEPT)!(Dagenais<Desmarais!&!Savoie,!2011)!.!123!
[Link])!Échelle!de!mesure!positive!du!bien<être!au!travail!(EPBET)!(Biétry!&!Creusier,!2013)!........!125!
2.3)&Analyse&des&échelles&de&mesure&existantes&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&
au&travail&:&..................................................................................................&131!
2.3.1)!Les!outils!de!mesure!proposés!par!les!cabinets!de!conseil!:!........................................................................!131!
2.3.2)!Les!échelles!de!mesure!issues!de!la!recherche!scientifique!:!.......................................................................!132!
[Link])!Les!échelles!de!mesure!hédoniques!:!............................................................................................................!132!
[Link])!Les!échelles!de!mesure!eudémoniques!et!combinées!...........................................................................!134!
Conclusion&..................................................................................................&137!
Introduction&...............................................................................................&140!
CHAPITRE&3.! .&DE&L’ETUDE&EXPLORATOIRE&AU&MODELE&CONCEPTUEL&..........................&142!
3.1)&Le&positionnement&épistémologique&....................................................&143!
3.2)&Les&étapes&de&construction&de&l’échelle&de&mesure&...............................&147!
3.2.1)!Définition!du!construit!(Construct!definition)!...................................................................................................!147!
3.2.2)!Classification!de!l’objet!(Object!classification)!...................................................................................................!148!
9
Table des matières de la thèse
3.2.3)!Classification!de!l’attribut!(Attribute!classification)!........................................................................................!148!
3.2.4)!Identification!des!juges!(Rater!identification)!....................................................................................................!150!
3.2.5)!Affinement!de!la!définition!du!construit!(Construct!definition!continued)!..........................................!151!
3.2.6)!Création!de!l’échelle!de!mesure!(Scale!formation)!...........................................................................................!151!
3.2.7)!L’énumération!(Enumeration)!:!................................................................................................................................!151!
3.3)&L’étude&exploratoire&:&..........................................................................&152!
3.3.1)!Les!objectifs!et!le!terrain!d’investigation!..............................................................................................................!153!
3.3.2)!La!méthode!de!collecte!des!données!......................................................................................................................!154!
[Link])!L’échantillon!:!..........................................................................................................................................................!155!
[Link])!La!méthode!de!traitement!des!données!......................................................................................................!160!
[Link])!Traitement!et!analyse!des!données!:!.............................................................................................................!160!
[Link])!Utilisation!du!logiciel!NVivo!:!...........................................................................................................................!160!
[Link])!Le!codage!:!................................................................................................................................................................!161!
[Link])!L’arborescence!:!.....................................................................................................................................................!163!
3.3.3)!Le!Card%sorting!:!...............................................................................................................................................................!168!
[Link])!Le!tri!de!cartes!ouvert!..........................................................................................................................................!170!
[Link])!Analyse!des!données!............................................................................................................................................!171!
[Link])!Le!tri!de!cartes!fermé!:!.........................................................................................................................................!172!
3.3.4)!Le!pré<test!..........................................................................................................................................................................!174!
3.3.5)!La!démarche!C<OAR<SE!:!..............................................................................................................................................!179!
3.4)&Modèle&conceptuel&et&hypothèses&de&recherche&..................................&183!
3.4.1)!Les!hypothèses!de!recherche!:!...................................................................................................................................!183!
[Link])!L’environnement!de!travail!:!............................................................................................................................!184!
[Link])!L’ambiance!de!travail!:!........................................................................................................................................!185!
[Link])!La!reconnaissance!au!travail!............................................................................................................................!186!
[Link])!L’épanouissement!au!travail!.............................................................................................................................!187!
[Link])!La!bienveillance!de!l’entreprise!......................................................................................................................!188!
[Link])!Les!caractéristiques!du!poste!:!........................................................................................................................!189!
3.4.2)!Le!modèle!conceptuel!:!.................................................................................................................................................!189!
Conclusion&..................................................................................................&191!
Introduction&...............................................................................................&195!
CHAPITRE&4.! .&ANALYSE&ET&DISCUSSION&DES&RESULTATS,&APPORTS&ET&LIMITES&............&196!
4.1)&Test&et&validation&de&l’échelle&de&mesure&du&BET&..................................&196!
10
Table des matières de la thèse
4.1.1)!Analyse!factorielle!exploratoire!de!l’échelle!de!mesure!du!bien<être!au!travail!.................................!197!
4.1.2)!Analyse!factorielle!confirmatoire!de!l’échelle!du!BET!:!..................................................................................!206!
4.1.3)!Fiabilité!et!validité!de!l’échelle!de!mesure!du!bien<être!au!travail!...........................................................!211!
[Link])!La!Fiabilité!................................................................................................................................................................!211!
[Link])!La!validité!:!...............................................................................................................................................................!214!
[Link].1)!La!validité!de!contenu!................................................................................................................................!214!
[Link].2)!La!validité!du!construit!..............................................................................................................................!215!
[Link].3)!La!validité!nomologique!............................................................................................................................!221!
4.1.4)!Récapitulatif!des!résultats!et!validation!des!hypothèses!de!recherche!:!................................................!224!
4.2)&La&discussion&des&résultats&...................................................................&225!
4.2.1)!Les!principaux!résultats!:!.............................................................................................................................................!225!
[Link])!Les!principaux!enseignements!de!la!revue!de!littérature!du!bien<être!au!travail!....................!225!
[Link])!Résultats!de!l’étude!exploratoire!:!.................................................................................................................!228!
[Link])!Principaux!résultats!de!l’analyse!quantitative!:!.......................................................................................!232!
4.2.2)!Apports!et!limites!............................................................................................................................................................!234!
[Link])!Apports!.......................................................................................................................................................................!234!
[Link].1)!apports!théoriques!......................................................................................................................................!234!
[Link].2)!Apports!méthodologiques!........................................................................................................................!236!
[Link])!Limites!........................................................................................................................................................................!237!
4.2.3)!Les!voies!de!recherche!:!...............................................................................................................................................!237!
4.2.4)!Implications!managériales!:!........................................................................................................................................!239!
Conclusion&..................................................................................................&244!
Conclusion&générale&...................................................................................&246!
Bibliographie&..............................................................................................&252!
Annexes&.....................................................................................................&279!
Annexe!1!:!Le!guide!d’entretien!.............................................................................................................................................!280!
Annexe!2!:!Arbre!de!nœuds!(version!1)!.............................................................................................................................!281!
Annexe!3!:!Arbre!de!nœuds!(version!finale)!.....................................................................................................................!282!
Annexe!4!:!Le!tri!de!cartes!fermé!...........................................................................................................................................!283!
Annexe!5!:!Version!de!l’échelle!de!mesure!du!BET!pour!le!pré<test!......................................................................!284!
Annexe!6!:!Version!finale!de!l’échelle!de!mesure!du!BET!...........................................................................................!285!
Annexe!7!:!Exemple!d’entretien!individuel!semi<directif!...................................................................................!Clé!USB!
Annexe!8!:!Exemple!de!focus/group!..............................................................................................................................!Clé!USB!
11
Table des matières de la thèse
LISTE&DES&TABLEAUX&
!
TABLEAU'1.1':'FACTEURS'ET'LES'13'DIMENSIONS'LIEES'A'LA'SANTE'MENTALE'FLORISSANTE'(PROVENCHER'&'
KEYES,'2010).'.....................................................................................................................'35'
TABLEAU'1.2':'PRESENTATION'DES'CONCEPTUALISATIONS'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'REPERTORIEES'(ADAPTE'
DE'DAGENAISADESMARAIS,'2010).'..........................................................................................'43'
TABLEAU'1.3':'PRESENTATION'SOMMAIRE'DES'CONCEPTUALISATIONS'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'
REPERTORIEES'(ADAPTE'DE'DAGENAISADESMARAIS'(2010)'(SUITE).'................................................'44'
TABLEAU'1.4':'LES'DIMENSIONS'DU'BIENAETRE'SELON'RYFF'(1989).'......................................................'49'
TABLEAU'1.5':'CARACTERISTIQUES'ET'LIMITES'DES'MODELES'CONCEPTUELS'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'
(INSPIRE'DE'DAGENAISADESMARAIS'ET'AL.,'2006).'......................................................................'51'
TABLEAU'1.6':'LES'CARACTERISTIQUES'DES'APPROCHES'HEDONIQUE'ET'EUDEMONIQUE.'.............................'52'
TABLEAU'1.7':'MODELE'DE'BIENAETRE'ET'DE'SANTE'AU'TRAVAIL'DE'DANNA'ET'GRIFFIN'(1999).'..................'57'
TABLEAU'1.8':'A'FRAMEWORK'FOR'ORGANIZING'AND'DIRECTING'FUTURE'THEORY,'RESEARCH,'AND'PRACTICE'
REGARDING'HEALTH'AND'WELLABEING'IN'THE'WORKPLACE'(DANNA'&'GRIFFIN,'HEALTH'AND'WELLABEING'
IN'THE'WORKPLACE':'A'REVIEW'AND'SYNTHESIS'OF'THE'LITERATURE,'1999).'.....................................'58'
TABLEAU'1.9':'DISTINCTIONS'ENTRE'BIENAETRE'DE'LA'PERSONNE'AU'TRAVAIL'ET'DU'TRAVAILLEUR'AU'TRAVAIL'
(INSPIRE'DE'ROBERT,'2007).'..................................................................................................'60'
TABLEAU'1.10':'EXEMPLES'D’ENONCES'REPRESENTANT'CHAQUE'COMPOSANTE'DU'MODELE'CONCEPTUEL'DU'
BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'AU'TRAVAIL'(DAGENAISADESMARAIS,'2010)'.........................................'64'
TABLEAU'1.11':'DIMENSIONS'CORRESPONDANT'A'LA'SPHERE'DE'REFERENCE'ET'DE'DIRECTIONNALITE.'...........'65'
TABLEAU'1.12':'TABLEAU'RECAPITULATIF'DES'PRINCIPALES'CONCEPTIONS'DU'BET'....................................'68'
TABLEAU'1.13':'CARACTERISTIQUES'DE'LA'HEALTHY'WORK'ORGANIZATION'SELON'WILSON'ET'AL.,'(2004)'
INSPIRE'DE'DELOBBE'(2009).'..................................................................................................'79'
TABLEAU'1.14':'ANTECEDENTS'DE'LA'SATISFACTION'ET'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'(PARKER'ET'AL.,'2003).'....'82'
TABLEAU'2.1:'FACTEURS'DU'CLIMAT'SOCIAL'DU'SOCIODAG.'.................................................................'96'
TABLEAU'2.2':'FACTEURS'SOCIOAORGANISATIONNELS'DE'STRESS'AU'TRAVAIL'DU'SOCIODAG.'.......................'97'
TABLEAU'2.3':'DIMENSIONS'DU'BAROMETRE'SOCIAL'OPENTOJOB.'........................................................'98'
TABLEAU'2.4':'LES'CINQ'MODULES'DU'BAROMETRE'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL.'........................................'99'
TABLEAU'2.5':'FACTEURS'EXPLICATIFS'DE'LA'QUALITE'DE'VIE'ET'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'DU'BEBEST©.'....'102'
12
Liste des tableaux
TABLEAU'2.6':'LES'CINQ'DIMENSIONS'DU'MODELE'GREAT'PLACE'TO'WORK®.'........................................'106'
TABLEAU'2.7':'DIMENSIONS'ET'CATEGORIES'DES'ITEMS'DU'HAPPYATWORK'ET'HAPPYTRAINEES.'...............'107'
TABLEAU'2.8':'ADJECTIFS'RELATIFS'AUX'DIMENSIONS'DU'PANAS'(WATSON,'ET'AL.,'1988).'....................'108'
TABLEAU'2.9':'LA'PANAS'DE'WATSON'ET'AL.'(1988)'(VERSION'FRANÇAISE).'.......................................'109'
TABLEAU'2.10':'L’ÉMMBEP'DE'MASSE'ET'AL.'(1998).'...................................................................'111'
TABLEAU'2.11':'VERSION'COURTE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'DE'RYFF'(1989)'
PROPOSEE'PAR'VAN'DIERENDONCK'(2004).'............................................................................'112'
TABLEAU'2.12':'PERSONAL'PROJECT'RATING'DIMENSIONS'(MCGREGOR'&'LITTLE,'1998).'......................'115'
TABLEAU'2.13':'ÉCHELLE'DE'MESURE'BWBS'(MCMAHAN'&'ESTES,'2011).'........................................'118'
TABLEAU'2.14':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'TESTARETEST'DU'BWBS'(MCMAHAN'&'ESTES,'2011).'.............'119'
TABLEAU'2.15':'ALPHA'DE'CRONBACH'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BIENAETRE'DE'WARR'(1990).'............'120'
TABLEAU'2.16':'ALPHA'DE'CRONBACH'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BIENAETRE'DE'DANIELS'(2000).'..........'121'
TABLEAU'2.17':'DIMENSIONS'ET'ITEMS'DE'L’IBEPT.'.........................................................................'125'
TABLEAU'2.18':'ITEMS'DU'EPBET'(BIETRY'&'CREUSIER,'PROPOSITION'D'UNE'ECHELLE'DE'MESURE'POSITIVE'DU'
BIENAETRE'AU'TRAVAIL,'2013).'.............................................................................................'126'
TABLEAU'2.19':'TABLEAU'RECAPITULATIF'DES'CARACTERISTIQUES'DES'ECHELLES'DE'MESURES'PROPOSEES'PAR'LES'
CABINETS'DE'CONSEILS'EN'FRANCE.'.........................................................................................'127'
TABLEAU'2.20':'TABLEAU'RECAPITULATIF'DES'CARACTERISTIQUES'DES'ECHELLES'DE'MESURES'PROPOSEES'PAR'LES'
CABINETS'DE'CONSEILS'EN'FRANCE'(SUITE).'..............................................................................'128'
TABLEAU'2.21':'CARACTERISTIQUES,'APPORTS'ET'LIMITES'DES'ECHELLES'DE'MESURE'EUDEMONIQUES'ET'
COMBINEES'(INSPIRE'DE'CREUSIER,'2013';'BIETRY'ET'CREUSIER,'2013).'.......................................'129'
TABLEAU'2.22':'CARACTERISTIQUES,'APPORTS'ET'LIMITES'DES'ECHELLES'DE'MESURE'HEDONIQUE'DU'BIENAETRE'
(INSPIRE'DE'CREUSIER,'2013';'BIETRY'ET'CREUSIER,'2013).'.......................................................'130'
TABLEAU'3.1':'POSITIONS'EPISTEMOLOGIQUES'DES'PARADIGMES'POSITIVISTE,'INTERPRETATIVISTE'ET'
CONSTRUCTIVISTE'(THIETART,'ET'AL.,'2003).'...........................................................................'145'
TABLEAU'3.2':'CLASSIFICATION'OAR'(ROSSITER,'2002).'..................................................................'150'
TABLEAU'3.3':'RECAPITULATIF'DES'ENTRETIENS'REALISES.'..................................................................'155'
TABLEAU'3.5':'LES'SIX'DIMENSIONS'DU'BET'ET'LES'%VERBATIM%'CORRESPONDANT.'..................................'167'
TABLEAU'3.6':'LES'SIX'DIMENSIONS'DU'BET'ET'LES'VERBATIM'CORRESPONDANT'(SUITE).'.........................'168'
TABLEAU'3.7':'CATEGORIES'IDENTIFIEES'PAR'GROUPE.'.......................................................................'172'
TABLEAU'3.8':'STRUCTURE'DU'QUESTIONNAIRE'A'L’ISSUE'DU'TRI'DE'CARTES.'..........................................'173'
13
Liste des tableaux
TABLEAU'3.9':'ITEMS'RETENUS'POUR'LES'SIX'DIMENSIONS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'POUR'LA'PREMIERE'VERSION'
DU'QUESTIONNAIRE.'............................................................................................................'174'
TABLEAU'3.10':'ITEMS'RETENUS'POUR'LES'SIX'DIMENSIONS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'POUR'LA'PREMIERE'
VERSION'DU'QUESTIONNAIRE'(SUITE).'.....................................................................................'175'
TABLEAU'3.11':'ÉCHELLE'DE'TYPE'LIKERT'A'5'ECHELONS.'...................................................................'176'
TABLEAU'3.12':'QUESTIONNAIRE'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'–'VERSION'FINALE.'....................................'178'
TABLEAU'3.13':'COMPOSANTS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL.'.................................................................'181'
TABLEAU'3.14:'CONCEPTUALISATIONS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL.'.......................................................'183'
TABLEAU'4.1':'ANALYSE'FACTORIELLE'EXPLORATOIRE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'..........................'201'
TABLEAU'4.2':'ANALYSE'FACTORIELLE'EXPLORATOIRE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET'(SUITE).'................'202'
TABLEAU'4.3':'ANALYSE'FACTORIELLE'EXPLORATOIRE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET'APRES'PURIFICATION'DES'
ITEMS.'..............................................................................................................................'204'
TABLEAU'4.4':'ANALYSE'FACTORIELLE'EXPLORATOIRE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET'APRES'PURIFICATION'DES'
ITEMS'(SUITE).'...................................................................................................................'205'
TABLEAU'4.5':'VALEURS'CLES'COMMUNEMENT'ADMISES'DES'PRINCIPAUX'INDICES'D’AJUSTEMENT'DU'MODELE'
GLOBAL'(INSPIRE'DE'ROUSSEL,'ET'AL.,'2002)'ET'INDICES'D’AJUSTEMENT'DES'MODELES'FACTORIELS'DE'
L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'..............................................................................................'208'
TABLEAU'4.6':'PROPRIETES'DE'LA'STRUCTURE'FACTORIELLE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'..................'209'
TABLEAU'4.7':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'CARACTERISTIQUES'DU'POSTE'».'.........................................................................................'212'
TABLEAU'4.8':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'ENVIRONNEMENT'DE'TRAVAIL'».'.........................................................................................'212'
TABLEAU'4.9':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'AMBIANCE'DE'TRAVAIL'».'..................................................................................................'212'
TABLEAU'4.10':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'RECONNAISSANCE'AU'TRAVAIL'».'........................................................................................'213'
TABLEAU'4.11':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'BIENVEILLANCE'DE'L’ENTREPRISE'».'.....................................................................................'213'
TABLEAU'4.12':'ALPHA'DE'CRONBACH'ET'MATRICE'DE'CORRELATION'INTERAELEMENTS'POUR'LA'DIMENSION'
«'ÉPANOUISSEMENT'AU'TRAVAIL'».'........................................................................................'214'
TABLEAU'4.13':'PROPRIETES'DE'LA'STRUCTURE'FACTORIELLE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'................'216'
TABLEAU'4.14':'SCORES'DU'RHO'DE'VALIDITE'CONVERGENTE'POUR'LES'DIMENSIONS'DU'BET.'..................'217'
14
Liste des tableaux
TABLEAU'4.15':'SCORES'DE'L’INDICE'DE'VALIDITE'DISCRIMINANTE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'.........'219'
TABLEAU'4.16':'AJUSTEMENTS'DES'MODELES'DE'MESURE'TESTES.'.......................................................'220'
TABLEAU'4.17':'TEST'DE'DIFFERENCE'DE'KHIADEUX'ENTRE'LE'MODELE'DE'MESURE'ET'LES'MODELES'ALTERNATIFS.
'.......................................................................................................................................'221'
TABLEAU'4.18.'RESULTATS'DU'BOOTSTRAP'DU'MODELE'DE'MESURE'DE'BET.'.........................................'223'
TABLEAU'4.19':'RECAPITULATIF'DES'RESULTATS'ET'DE'LA'VALIDATION'DES'HYPOTHESES'DE'RECHERCHE';'......'224'
TABLEAU'4.20':'VERSION'INITIALE'DE'L’ECHELLE'DU'BET.'..................................................................'231'
TABLEAU'4.21':'VERSION'VALIDEE'DE'L’ECHELLE'DE'MESURE'DU'BET.'..................................................'233
'
15
Liste des tableaux
LISTE&DES&FIGURES&
FIGURE'1.1':'CORRELATION'STANDARDISEE'D’UN'MODELE'DE'BIENAETRE'UNIFIE'(INSPIRE'DE'KEYES'&'RYFF,'
2002).'...............................................................................................................................'41'
FIGURE'1.2':'CLASSEMENT'DES'CONSTRUITS'SUR'L’ETAT'PSYCHOLOGIQUE'(INSPIRE'DE'VOYER'&'BOYER,'2001).
'.........................................................................................................................................'47'
FIGURE'1.3'LES'DIMENSIONS'DU'BIENAETRE'SELON'DIENER'(ADAPTE'DE'KEYES'&'RYFF,'2002)'....................'48'
FIGURE'1.4':'MODELE'DU'BIENAETRE'SELON'RYFF'(ADAPTE'DE'KEYES'&'RYFF,'2002'IN'CREUSIER,'2013).'....'50'
FIGURE'1.5':'LES'DEUX'DIMENSIONS'AFFECTIVES'DU'BIENAETRE'(WARR,'1990).'.......................................'55'
FIGURE'1.6':'LES'TROIS'AXES'DE'LA'MESURE'DU'BIENAETRE'SELON'WARR'(1990).'.....................................'55'
FIGURE'1.7':'MODELE'DU'BIENAETRE'DE'DANIELS'(2000).'...................................................................'56'
FIGURE'1.8':'BIENAETRE'GENERAL'ET'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'(ROBERT,'BIENAETRE'AU'TRAVAIL':'UNE'APPROCHE'
CENTREE'SUR'LA'COHERENCE'DE'ROLE,'2007).'............................................................................'59'
FIGURE'1.9':'POSITIONNEMENT'DU'MODELE'DE'ROBERT'(2007)'DANS'UNE'PERSPECTIVE'PLUS'LARGE.'..........'61'
FIGURE'1.10':'REPRESENTATION'DETAILLEE'DU'MODELE'DE'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'DE'ROBERT'(2007).'........'62'
FIGURE'1.11':'REPRESENTATION'GRAPHIQUE'DU'MODELE'CONCEPTUEL'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'AU'
TRAVAIL'(DAGENAISADESMARAIS,'2010).'..................................................................................'64'
FIGURE'1.12':'CLASSIFICATION'DES'DIMENSIONS'DU'BIENAETRE'PSYCHOLOGIQUE'REPERTORIEES'DANS'LA'
DOCUMENTATION'(DAGENAISADESMARAIS,'2010).'.....................................................................'67'
FIGURE'1.13':'MODELE'DE'LA'HEALTHY'WORK'ORGANIZATION'SELON'WILSON'ET'AL.'(2004).'..................'80'
FIGURE'2.1':'CINQ'SPHERES'RECONNUES'POUR'AVOIR'UN'IMPACT'SUR'LA'SANTE'AU'TRAVAIL'SELON'LE'MMS.'94'
FIGURE'2.2':'IMPACTS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL'SELON'MALAKOFFAMEDERIC.'.......................................'95'
FIGURE'2.3':'PYRAMIDE'DE'MASLOW'SELON'L’OUTIL'EMPLOYEE'ENGAGEMENT'SURVEY.'..........................'101'
FIGURE'2.4':'LA'ROUE'DE'BEBEST©.'.............................................................................................'102'
FIGURE'2.5':'LE'MODELE'DE'L’EMPLOYE'SELON'GREAT'PLACE'TO'WORK®.'............................................'104'
FIGURE'2.6':'LE'MODELE'DU'MANAGER'SELON'GREAT'PLACE'TO'WORK®.'.............................................'105'
FIGURE'2.7':'DUAL'FUNCTIONS'OF'PERSONAL'PROJECTS'(MCGREGOR'&'LITTE,'1998).'...........................'113'
FIGURE'2.8':'STANDARDIZED'PARAMETER'ESTIMATES'OF'A'MODEL'OF'WELLABIENG'WITH'TWO'OBLIQUE'FACTORS'
(MODEL'4)'(KEYES,'SHMOTKIN,'&'RYFF,'2002).'......................................................................'117'
FIGURE'3.1':'LA'«'ROUE'DE'LA'SCIENCE'»'(INSPIRE'DE'BABBIE,'1992)'..................................................'146'
FIGURE'3.2':'LA'DEMARCHE'CAOARASE'SELON'ROSSITER'(2002).'......................................................'147'
16
Liste des figures
FIGURE'3.3':'ÉTAPES'OAR'DE'ROSSITER'(2002).'.............................................................................'150'
FIGURE'3.4':'LE'GUIDE'D’ENTRETIEN.'.............................................................................................'158'
FIGURE'3.5':'SCHEMA'DE'CONDUITE'D’ENTRETIEN,'AVEC'REFORMULATIONSARESUMES'ET'RELANCES'(ROUSSEL'P.'
W.,'2005)'.......................................................................................................................'159'
FIGURE'3.6':'ARBRE'DE'NŒUDS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL,'VERSION'1.'...............................................'164'
FIGURE'3.7':'ARBRE'DE'NŒUDS'DU'BIENAETRE'AU'TRAVAIL,'VERSION'2.'................................................'165'
FIGURE'3.8:'LA'DEMARCHE'CAOARASE'(ROSSITER,'2002).'...............................................................'179'
FIGURE'3.9':'ÉTAPES'OAR'DE'ROSSITER'(2002).'.............................................................................'182'
FIGURE'3.10':'LE'MODELE'CONCEPTUEL'ET'SES'HYPOTHESES'DE'RECHERCHE.'..........................................'190'
& &
17
Introduction générale
Introduction&générale&
Depuis la fin des années 2000, le thème du bien-être au travail fait l’objet d’un
engouement majeur (Dagenais-Desmarais, 2006 ; Biétry & Creusier, 2013 ; Diener &
al., 2002 ; Robert, 2007 ; Daniels, 2000 ; Danna & Griffin, 1999). Un intérêt qui
s’explique selon Diener, Lucas et Oishi (2002) par l’augmentation du niveau de vie
matérielle et de santé des salariés occidentaux dont les préoccupations principales se
portent de plus en plus sur l’amélioration de leur vie sous toutes ses facettes
personnelles et professionnelles.
18
Introduction générale
de rénover un immeuble dans le but de proposer des logements à ses employés les
plus modestes . Un autre exemple, celui de Mars France, second du palmarès du
2
même nom, qui propose toutes les six semaines une séance « Questions/Réponses »
avec le directeur général et le comité de direction , ceci, par souci de transparence et
3
de proximité entre tous les échelons de l’entreprise. Enfin, Accuracy, première dans
la catégorie entreprises de moins de 500 salariés depuis 2007, qui propose à ses
nouveaux collaborateurs deux semaines de formation autour des méthodes de travail
en équipe, de l’esprit d’équipe et du management positif. A ce titre, tel que l’affirme
un manager de cette entreprise, à l’occasion d’une entrevue qu’il nous a accordé,
« Dans ces formations, il y a une vraie volonté d’imager les valeurs de l’entreprise à travers
les discours donnés par la direction et l’accent est mis sur une certaine proximité entre tous
les niveaux du management de l’entreprise… tout le monde se tutoie ! ». Il affirme
également que même dans leur quotidien, l’institution leur accorde une certaine
confiance et liberté de travail. Il donne l’exemple d’une collaboratrice qui a dû suivre
son mari dans une autre région et à qui on a accordé le télétravail afin qu’elle puisse
garder son emploi. Selon lui, toutes ces actions en faveur du bien-être au travail ont
un impact positif sur l’image de l’entreprise et fidélisent davantage les collaborateurs
qui ainsi prennent plaisir à aller travailler.
À travers ces différents exemples, on peut noter que le management par le bien-être
contribue inexorablement au bien-être de l’ensemble de l’organisation, autant les
salariés que l’entreprise. Ce constat va dans le sens des affirmations de Dagenais-
Desmarais et al. (2006) qui indique que le bien-être est un vecteur indéniable de
l’efficacité organisationnelle. Selon ces auteurs, ce n’est qu’aujourd’hui que les
entreprises ont pris conscience de l’importance d’un management davantage axé sur
le bien-être de leurs collaborateurs à défaut de la seule prévention de leur souffrance.
De la sorte, l’organisation s’inscrit dans un management positif, responsable et
propice à un rapport « gagnant-gagnant » entre toutes les parties-prenantes.
1
Baromètre établi par l’institut Great Place to Work®.
2
[Link]
davidson_n_4991719.html
3
[Link]
19
Introduction générale
Par ailleurs, outre les chercheurs et les cabinets de conseils, des organismes publics
comme l’ANACT et l’OCDE s’intéressent au bien-être au travail. Ainsi, L’ANACT
1 2
publie régulièrement des enquêtes sur les conditions de travail, les risques
psychosociaux, le climat social et la qualité de vie au travail. Elle ne propose toutefois
aucune mesure directe du bien-être au travail. Celui-ci est appréhendé
principalement à travers la notion de la qualité de vie au travail.
L’OCDE, quant à elle, s’intéresse au bien-être au sens macroéconomique du terme.
Elle a réalisé notamment en 2013 un rapport sur les aspects les plus importants du
bien-être et la vie des individus. Ce rapport dresse un tableau complet du bien-être
dans les pays de l’OCDE et dans d’autres grandes économies, ceci, « en observant les
1 "L’agence"Nationale"pour"l’Amélioration"des"Conditions"de"Travail"
2 "L’organisation"de"Coopération"et"de"Développement"Économiques"
20
Introduction générale
conditions de vie matérielle et la qualité de vie des personnes à travers la population » . Ainsi,
1
Dans notre travail de recherche, nous avons choisi d’opter pour la procédure C-
OAR-SE (Rossiter, 2002). Celle-ci se veut être une extension et une alternative au
paradigme de Churchill (1979). Rossiter (2002) propose, à travers sa démarche, une
revalorisation du chercheur qui s’intéresse davantage à la définition du construit. Il
nous est apparu alors pertinent d’opter pour cette procédure étant donné le manque
de consensus autour de la définition du bien-être au travail.
1
[Link]
21
Introduction générale
Pour mener à bien cette étude, nous avons adoptée l’approche positiviste comme
posture épistémologique. Cette approche « se revendique un positionnement réaliste {…}
dès lors, la connaissance produite par les positivistes est objective et acontextuelle dans la
mesure où elle correspond à la mise à jour de lois, d’une réalité immuable, extérieure à
l’individu et indépendante du contexte d’interactions des acteurs » (Thiétart et al., 2003). En
effet, ce paradigme permettrait d’établir des connaissances admises comme étant la
réalité. Ceci à partir d’une réalité objective et indépendante de l’observateur. La
position du chercheur devrait impérativement être neutre et « objective » vis-à-vis de
ses données. Cette attitude lui assurerait le reflet de la réalité avec les connaissances
produites.
Afin de répondre à nos deux premières interrogations, nous avons opté pour une
démarche inductive et déductive.
22
Introduction générale
dudit concept, nous avons intégré une nouvelle étape, qui est à notre connaissance,
inédite en sciences de gestion : le tri de cartes ou card-sorting. Cette étape, issue des
systèmes d’informations, est une méthode d’investigation des catégories mentales au
service de l’architecture de l’information (Fastrez et al., 2009). Elle permet de
comprendre les « modèles mentaux » des utilisateurs et de saisir la façon dont les
utilisateurs regrouperaient les différents contenus pour exécuter des tâches
communes (Hannah, 2005 ; Spencer, 2009). Dans notre recherche, l’intérêt de cette
méthode est de nous assurer que les représentations du construit présentent une
certaine cohérence, du point de vue des personnes interrogées, et que les items,
censés les mesurer, partagent effectivement un sens commun inhérent au même
construit.
Par la suite, nous avons opté pour une démarche déductive « plus qualifiée
d’hypothético-déductive » où « il s’agit de tester, par le biais d’hypothèses, une théorie ou de
mettre à l’épreuve dans des situations particulières un certain nombre de connaissances
développés préalablement » (Gavard-Perret, 2008). Cette démarche correspond à notre
étude quantitative qui a visé à tester les hypothèses de recherche issues de la phase
exploratoire.
Ces dites démarches nous permettront de répondre à notre problématique générale
qui est de participer à la fois au développement du concept, à travers l’étude
exploratoire, et de proposer une échelle de mesure du bien-être au travail valide, à
travers l’étude quantitative.
23
Introduction générale
Pour présenter cette recherche, nous avons organisé notre travail en quatre chapitres.
Le premier chapitre propose une revue de la littérature du bien-être puis du bien-être
au travail, de ses antécédents et de ses conséquences. Le principal objectif de ce
chapitre est d’avoir une vision plus claire de ce concept complexe et de mettre en
lumière l’intérêt de s’y intéresser.
Le second chapitre recense les outils de mesure de bien-être proposés par les cabinets
de conseil privés et par la recherche académique. Ce chapitre permettra de mettre en
évidence le manque d’outils de mesure du bien-être au travail.
Le troisième chapitre présente la méthodologie adoptée ainsi que l’étude exploratoire
effectuée au préalable de la construction et de la validation de l’échelle de mesure du
bien-être au travail.
24
Plan du cheminement de la thèse
Chapitre&1':''
Bien%être)et)Bien%être)au)travail)
Chapitre&2':''
Échelles'de'mesure'du'bienAêtre'et'bienAêtre'
au'travail'
Chapitre&3':''
De'l'étude'exploratoire'au'modèle'conceptuel'
Chapitre&4':'
Analyse'et'discussion'des'résultats,'apports'et'
limites'
25
Table des matières du chapitre 1
Chapitre&1.&BienEêtre&et&BienEêtre&au&travail&
Introduction&.................................................................................................&28!
1.1)Le&concept&de&bienEêtre&général&..............................................................&30!
1.1.1)!Les!fondements!historiques!..........................................................................................................................................!30!
1.1.2)!Les!fondements!psychologiques!du!bien<être!.......................................................................................................!31!
[Link])!Théorie!psychologique!des!émotions!..............................................................................................................!31!
[Link])!Approche!humaniste!...............................................................................................................................................!31!
[Link])!La!psychologie!positive!..........................................................................................................................................!32!
[Link])!Psychologie!de!la!santé!..........................................................................................................................................!33!
[Link])!La!Psychologique!de!la!santé!au!travail!..........................................................................................................!36!
1.2)&Que&représente&le&bienEêtre&aujourd’hui&?&.............................................&36!
1.2.1)!L’approche!hédonique!.....................................................................................................................................................!37!
1.2.2)!L’approche!eudémonique!...............................................................................................................................................!38!
1.2.3)!Définition!du!bien<être!psychologique!.....................................................................................................................!40!
1.2.4)!Autres!appellations!du!bien<être!.................................................................................................................................!41!
1.2.5)!Les!concepts!liés!.................................................................................................................................................................!44!
[Link])!La!satisfaction!dans!la!vie!.....................................................................................................................................!45!
[Link])!La!qualité!de!vie!........................................................................................................................................................!45!
[Link])!Le!bonheur!...................................................................................................................................................................!46!
1.2.6)!Les!modèles!conceptuels!du!bien<être!:!...................................................................................................................!47!
[Link])!Le!bien<être!subjectif!ou!hédonique!:!..............................................................................................................!47!
[Link])!Le!bien<être!psychologique!ou!eudémonique!:!............................................................................................!48!
1.3)&Le&bienEêtre&au&travail&............................................................................&52!
1.3.1)!Les!modèles!du!bien<être!au!travail!...........................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Cotton!et!Hart!(2003)!.................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Warr!(1990)!...................................................................................................................................!54!
[Link])!Le!modèle!de!Daniels!(2000)!...............................................................................................................................!56!
[Link])!Le!modèle!de!Danna!et!Griffin!(1999)!.............................................................................................................!57!
[Link])! Le!modèle!de!Robert!(2007)!...........................................................................................................................!59!
[Link])! Le!modèle!de!Dagenais<Desmarais!(2010)!...............................................................................................!63!
1.3.2)!Les!concepts!connexes!.....................................................................................................................................................!68!
[Link])!La!santé!au!travail!....................................................................................................................................................!69!
[Link])!La!qualité!de!vie!au!travail!....................................................................................................................................!70!
[Link])! La!satisfaction!au!travail!...................................................................................................................................!73!
26
Table des matières du chapitre 1
1.4)&Antécédents&et&conséquences&du&bienEêtre&au&travail&............................&76!
1.4.1)!Les!antécédents!du!bien<être!au!travail!:!.................................................................................................................!76!
[Link])!Les!antécédents!individuels!:!..............................................................................................................................!77!
[Link])!Les!antécédents!organisationnels!:!...................................................................................................................!80!
1.4.2)!Les!conséquences!du!bien<être!au!travail!...............................................................................................................!82!
[Link])!Les!conséquences!du!bien<être!sur!la!performance!individuelle!........................................................!82!
[Link])!Les!conséquences!organisationnelles!..............................................................................................................!84!
Conclusion&....................................................................................................&86!
&
27
Introduction au chapitre 1
Introduction&
1
[Link]
28
Introduction au chapitre 1
29
1.1) Le concept de bien-être général
Chapitre&1.& BienEêtre&et&BienEêtre&au&travail&
1.1) Le&concept&de&bienEêtre&général&&
Les premières réflexions sur le bien-être datent de la Grèce antique. Le concept a subi
de multiples influences au gré de nombreuses disciplines notamment la philosophie
et la psychologie.
1.1.1)'Les'fondements'historiques'
Outre ces deux approches, le bien-être a également été influencé par la psychologie
dans le courant du XIX ème
siècle. À travers ses quatre grands champs – les théories
psychologiques des émotions, l’approche humaniste, la psychologie positive et la
30
1.1) Le concept de bien-être général
1.1.2)'Les'fondements'psychologiques'du'bienAêtre'''
Les différentes réflexions sur le bonheur de la Grèce antique ont eu une large
influence sur la psychologie. La revue de la littérature révèle que quatre grands
thèmes de cette discipline scientifique fondent les conceptions contemporaines du
bien-être psychologique.
[Link])%Théorie%psychologique%des%émotions%
La théorie psychologique des émotions a été initiée par les chercheurs à partir de la
fin du XIX ème
siècle. Toutefois, ce n’est que dans les années 80 qu’apparaît la
modélisation des émotions qui a eu une influence considérable dans l’étude du bien-
être psychologique (Ekman, 1982 ; Watson & Telleguen, 1985 ; Watson, Clark &
Kellegen, 1988). En effet, cette théorie suppose que le bien-être psychologique n’est
en réalité qu’une somme d’émotions positives et négatives (Watson & Telleguen,
1985).
[Link])%Approche%humaniste%
Née dans les années 40 (VandenBos, 2007) d’une opposition entre la psychanalyse,
considérée comme trop pessimiste (déterminisme du milieu et déterminisme du
subconscient), et le béhaviorisme, jugé comme trop mécanique, la psychologie
humaniste reconnaît le caractère unique de l’individu et suppose une capacité
d’autodétermination. Influencé par l’approche eudémonique, le courant humaniste
considère que l’individu a une capacité à se développer selon ses choix personnels et
à se réajuster en fonction du regard de son vécu . La théorie des besoins de
1
Maslow (1943) fait partie des travaux ayant le plus influencé ce courant et l’étude
actuelle du bien-être psychologique. Cette théorie met en premier plan l’estime de
soi, l’affiliation sociale et l’actualisation de soi par rapport aux besoins
1
[Link]
31
1.1) Le concept de bien-être général
physiologiques. Cependant, les travaux de Maslow portent davantage sur les besoins
que sur le bien-être psychologique.
On peut noter également l’influence de Carl Rogers qui met en avant la notion de
développement personnel, de réalisation de soi et de liberté. Il considère que
l’individu doit prendre la responsabilité de son existence afin d’assurer son
développement personnel. Ces thèmes sont abordés dans l’étude du bien-être
psychologique.
[Link])%La%psychologie%positive%
Selon Gable & Haidt (2005), la psychologie positive est « l’étude des conditions et
processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus,
des groupes et des institutions ». Issue du courant humaniste, la psychologie positive
est créée en 1998 par Seligman, alors président de l’American Psychological
Association (APA). Contrairement à l’approche humaniste, qui s’est concentrée
essentiellement sur les approches thérapeutiques, la psychologie positive s’intéresse
aux aspects positifs de l’expérience subjective et du fonctionnement humain
(Seligman & Csikszentmihalyi, 2000). En d’autres termes, la psychologie positive met
l’accent sur l’étude des émotions positives, des traits de caractère positifs et des
institutions positives permettant d’y accéder (Seligman, et al., 2005). Avant
l’émergence de cette discipline, la psychologie traditionnelle concentrait davantage
ses efforts sur les difficultés et les problèmes rencontrés de manière générale.
Autrement dit, le courant de la psychologie positive s’éloigne totalement du courant
« pathologiste » et se veut être un « art de vivre avec soi-même et avec les autres », sans
être dans l’idéalisme (Lecomte, 2009). Elle s’intéresse autant aux atouts qu’aux
faiblesses humains. Elle se préoccupe davantage de développer les forces que de
réparer les dégâts. Enfin, elle s’intéresse aux aspects les plus agréables de la vie, et se
préoccupe de rendre la vie des individus plus satisfaisante (Seligman, 2004). 1
La psychologie positive met en avant le fait que l’on peut évaluer différentes formes
de bonheur. Ce courant étudie le bonheur, ses causes, ses conséquences et son
évaluation. Il fait du concept de bonheur et du bien-être les thèmes principaux de ce
courant.
1
[Link]
32
1.1) Le concept de bien-être général
Selon Seligman (2004), le bonheur peut être décomposé en trois éléments, trois vies,
mesurables et distincts. D’après l’auteur, ces trois vies ont chacune pour origine des
facteurs différents :
[Link])%Psychologie%de%la%santé%
33
1.1) Le concept de bien-être général
34
1.1) Le concept de bien-être général
Affectif positif : intéressé par la vie, de bonne humeur, heureux, plein de vie.
Hedonia
Qualité de vie déclarée : plutôt satisfait ou très satisfait de sa vie ou de certains domaines
Bien-être émotionnel
dans sa vie.
&
Tableau&1.1&:&Facteurs&et&les&13&dimensions&liées&à&la&santé&mentale&florissante&(Provencher&&&
Keyes,&2010).&
35
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
[Link])%La%Psychologique%de%la%santé%au%travail%
1.2)&Que&représente&le&bienEêtre&aujourd’hui&?&
Bien que de prime abord, définir le bien-être semblait être une tâche facile, nous
constatons que l’exercice est en réalité bien plus complexe. En effet, selon l’usage
dans lequel il est abordé, le bien-être arbore plusieurs facettes.
1
[Link]
36
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
1.2.1)'L’approche'hédonique'
''
Les récentes études du bien-être selon l'approche hédonique ont commencé dans les
années 50, dans le cadre de travaux sur la mesure de la qualité de vie de manière
objective (Keyes, Shmotkin, & Ryff, 2002). Dans les années 80, le terme « bien-être
subjectif » était facilement remplacé par le terme « bonheur » qui s'est par la suite
généralisé, notamment grâce à Diener (Deci & Ryan, 2008). Selon cette approche, le
bien-être est décrit comme le plaisir, la satisfaction et/ou le bonheur subjectif, où la
recherche de ce dernier serait le moteur de chaque individu. Les partisans de cette
approche considèrent ainsi que le bien-être est caractérisé par la prévalence des
émotions positives par rapport aux émotions négatives, et de la satisfaction dans la
vie (Diener, 1984 ; Diener, Lucas & Oishi, 2002 ; Warr, 1990). Ces composantes sont
plus ou moins indépendantes. En effet, la présence d’affects positifs n’indique pas
une absence d’affects négatifs et vice-versa. De plus, avoir une satisfaction par
rapport à sa vie ne signifie pas automatiquement un équilibre des émotions. Enfin,
Diener et d’autres psychologues hédonistes présument que ressentir un grand bien-
être subjectif émane lorsque l’individu a atteint ses buts ; c’est ce qui provoque en lui
un sentiment de satisfaction et de bonheur.
Certains auteurs ont une approche plus complexe du bien-être. Cowen (1994)
suggère en effet que la recherche devrait davantage clarifier les composantes du
bien-être, telles que comportementales, psychologiques et physiologiques. Le bien-
être n’est pas seulement une absence de psychopathologie, mais le résultat d’un
fonctionnement optimal issu de la présence de manifestations positives. D’après
l’auteur, le bien-être est accessible à tous. Il comporte des éléments variés : manger,
dormir, avoir des relations interpersonnelles, avoir un certain contrôle de sa vie,
avoir une existence satisfaisante ainsi qu’une bonne santé physique. En d’autres
termes, le bien-être serait le résultat de différents processus, comme : créer de bonnes
relations d’attachement ; acquérir des habiletés appropriées à son âge dans le
domaine de la cognition, des relations interpersonnelles et de l’adaptation ; vivre
dans des milieux qui favorisent le bien-être et le sentiment d’une certaine maîtrise
sur sa vie (Cowen, 1994).
37
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
1.2.2)'L’approche'eudémonique''
38
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
son « vrai soi » ou plein potentiel. Cet état de bien-être ne peut être possible que si
l’individu arrive à saisir les occasions de se développer et sentir qu’il est capable de
relever ces défis.
39
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
1.2.3)'Définition'du'bienAêtre'psychologique'
40
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Bien-être Bien-être
psychologique .84 subjectif
1.2.4)'Autres'appellations'du'bienAêtre''
Le bien-être est un concept difficile à définir. C’est la raison pour laquelle nous
constatons que la littérature académique lui prête une multitude de définitions et de
significations malgré l’engouement suscité par les chercheurs sur ce thème (Danna,
Griffin, 1999). Cette disparité peut s’expliquer par la complexité du concept, de par
son essence même qui est subjectif et parce que chaque individu a sa propre
définition du bien-être.
À ce stade de la revue de la littérature, il convient de faire un petit état des lieux des
différentes appellations du bien-être psychologique. Elles sont nombreuses et à la
fois divergentes et convergentes :
• Le bien-être (Danna, Griffin, 1999) ;
41
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Par ailleurs, il existe une autre forme de bien-être : le bien-être social proposé par
Keyes (1998). En effet, selon l’auteur, le soi n’appartient pas uniquement à la sphère
privée mais fait partie aussi de la sphère sociale. D’après lui, le bien-être social serait
composé principalement de sentiments et de croyances développés par l’individu
lui-même, de sa place et de son rôle au sein de la société. Autrement dit, le
développement personnel d’un individu ne pourrait être abouti qu’à la condition
qu’il fonctionne parfaitement dans la société (Jaotombo & Brasseur, 2013). Keyes
(1998) propose une conceptualisation du bien-être social en cinq dimensions :
• L’intégration sociale,
• L’acceptation sociale,
• La contribution sociale,
• L’actualisation sociale,
• La cohérence sociale.
42
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Acceptation de soi
Croissance personnelle
But dans la vie
Ryff et Keyes (1995) Bien-être psychologique Relations positives avec les autres
Maîtrise de l’environnement
Autonomie
Satisfaction dans la vie
Réalisation
Diener et al. (2002) Bien-être subjectif Émotions positives
Émotions négatives
Bien-être émotionnel
Satisfaction dans la vie
Keyes et Magyar- Affects positifs
Bien-être subjectif
Moe (2003) Affects négatifs
Fonctionnement positif
Bien-être psychologique
&
Tableau&1.2&:&Présentation&des&conceptualisations&du&bienEêtre&psychologique&répertoriées&(adapté&
de&DagenaisEDesmarais,&2010).&
43
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Cette pluralité d'appellations peut aussi s'expliquer par le fait que dans leur tentative
de définition du bien-être, les auteurs s’appuient sur des bases théoriques non
distinctes ou non expérimentées (Diener, 1994 ; Omodei & Wearing, 1990 ; Ryan &
Deci, 2001). Et la complexité et la confusion entraînent, bien souvent, un frein à la
constitution d'une base de connaissances unifiée et solide dans ce domaine. Pour
palier à cette complexité, certains auteurs ont fait le choix de rester neutre et
d’utiliser le terme général de bien-être (Danna & Griffin, 1999). À l’image de ces
auteurs, nous utiliserons également la formulation neutre du bien-être dans notre
travail de recherche.
1.2.5)'Les'concepts'liés''
44
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
[Link])%La%satisfaction%dans%la%vie%
[Link])%La%qualité%de%vie%%
Le concept de qualité de vie est complexe, car il se réfère aux différents aspects de la
vie (Bowling, 1991). Il inclut à la fois le comportement des individus, leur capacité
cognitive et leur sentiment de bien-être (Tartar & al., 1988).
Meeberg (1993) propose une conceptualisation aboutie de la qualité de vie. Selon
l’auteur, ce concept serait composé de quatre attributs : (1) le sentiment de
satisfaction envers sa vie, (2) la capacité mentale à évaluer sa vie comme étant
satisfaisante, (3) la possession d’un état acceptable au niveau physique, mental, social
45
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
[Link])%Le%bonheur%
46
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Évaluation globale
La qualité de vie
Évaluation spécifique
&
Figure&1.2&:&Classement&des&construits&sur&l’état&psychologique&(inspiré&de&Voyer&&&Boyer,&2001).&
&
Ainsi la satisfaction, la qualité de vie, le bonheur et le bien-être sont bel et bien
distincts.
1.2.6)'Les'modèles'conceptuels'du'bienAêtre':'
La revue de littérature nous indique qu’au cours de ces dernières années, la plupart
des auteurs se sont appuyés sur les travaux de Diener et de Ryff pour leurs
recherches sur le bien-être général. Le résultat de leurs recherches apporte au mieux
des changements secondaires.
[Link])%Le%bienLêtre%subjectif%ou%hédonique%:%%
47
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Affects
négatifs !
Affects Satisfaction
positifs ! dans la vie!
Bien-être
subjectif!
Figure&1.3&Les&dimensions&du&bienEêtre&selon&Diener&(adapté&de&Keyes&&&Ryff,&2002)&
&
La définition et la conceptualisation du bien-être subjectif sont claires et bénéficie
d’une mesure empirique stable (Bettencourt et al., 2006). Néanmoins, elles négligent
l’autre aspect essentiel du bien-être qui est l’eudémonisme.
[Link])%Le%bienLêtre%psychologique%ou%eudémonique%:%%
48
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
49
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
La croissance
L'autonomie! personnelle!
Les relations
positives avec L'acceptation
de soi!
les autres!
La maîtrise de Bien-être
son Le sens à la vie!
environnement! psychologique!
Figure&1.4&:&Modèle&du&bienEêtre&selon&Ryff&(adapté&de&Keyes&&&Ryff,&2002&in&Creusier,&2013).&
Les travaux de Diener et de Ryff ont inspiré plusieurs recherches sur le bien-être.
C’est le cas par exemple pour Danna et Griffin (1999) qui se sont intéressés aux
affects positifs et négatifs. Leurs travaux révèlent que les affects positifs sont le reflet
du bien-être, contrairement aux affects négatifs qui ne peuvent que l’influencer.
Feaster et al. (2000) suggèrent encore le rôle mineur de l’affect négatif sur le bien-être
de l’individu. En effet, il peut momentanément avoir un impact négatif sur le bien-
être sans pour autant l’affecter sur le long terme, car le bien-être initial finit toujours
par se rétablir. Nous pouvons enfin citer également Sheldon et Elliot (1999) qui se
sont principalement intéressés au processus de conation par lequel l’individu définit
ses buts, et pour lesquels il s’investira pour les atteindre. Les résultats de la recherche
ont amené les auteurs à suggérer que la satisfaction ainsi obtenue, a un impact positif
50
1.2) Que représente le bien-être aujourd’hui ?
Afin d’avoir une vision plus éclairée du bien-être psychologique, nous proposons le
tableau suivant qui résume les caractéristiques et limites des modèles théoriques du
concept :
Caractéristiques Limites
Basés sur des prémisses théoriques non
Disparité des modèles conceptuels
explicitées ou absentes
Tendance à définir le BEP en termes de Déduction des choix conceptuels par le biais de
composantes affectives et cognitives l’instrumentation
Pour conclure cette première partie, nous pouvons retenir que la conceptualisation
du bien-être s'inscrit principalement à partir de deux approches :
51
1.3) Le bien-être au travail
&
Tableau&1.6&:&Les&caractéristiques&des&approches&hédonique&et&eudémonique.&
1.3)&Le&bienEêtre&au&travail&
52
1.3) Le bien-être au travail
aiguiller notre pensée sur les différences et les convergences entre le bien-être général
et le bien-être au travail. Par exemple, la place du travail dans la vie d’un individu et
les résultats empiriques sur la pertinence des conceptualisations du bien-être au
travail.
La première caractéristique du travail est qu’il peut être considéré comme un
domaine de la vie à part entière avec ses propres enjeux. Comparé aux autres
domaines de vie – tels que les relations d’amitié, la famille et les loisirs – l’expérience
que vit l’individu au travail est unique, puisqu’un salarié à temps complet y passe
près d’un tiers de son temps. Le travail représente ainsi une part importante dans la
vie d’un individu, et contraint d’autres domaines à s’adapter à l’activité
professionnelle.
L’autre caractéristique est qu’il est le seul domaine où l’individu est rémunéré, et
peut ainsi subvenir à ses besoins (Morin, 2004). Le contexte de travail présente
également un système de relation assez complexe avec des situations relationnelles
horizontales – relations avec les collègues – et verticales - relations avec les
supérieurs ou les subordonnés. Et pour conserver son emploi, l’individu doit
respecter ce système, ainsi que les règles et la politique de l’organisation (Morin,
Savoie & Beaudin, 1994).
Le concept de bien-être a longtemps été considéré par les auteurs comme étant un
concept stable quels que soient les domaines de vie (Diener E. , 1984). Selon
Diener (1994), le bien-être général est modérément à fortement lié (0,37 à 0,58) aux
autres domaines spécifiques, y compris le travail. De ce fait, le bien-être a très
souvent été étudié comme étant un construit générique, et très peu comme étant un
construit rattaché à un domaine de vie spécifique comme le travail (Kashdan, Biwas-
Diener, & King, 2008). Massé et al. (1998) font toutefois partie des rares auteurs ayant
montré que le bien-être au travail est un construit propre et distinct du bien-être
général. Ils suggèrent que le concept de bien-être au travail possède sa propre
mesure et des domaines spécifiques distincts du bien-être général, avec une
variabilité commune. Selon les conclusions de Hart (1999) et de Rode (2004), cette
part de variabilité serait néanmoins modeste étant donné qu’une grande partie de la
variabilité est inexpliquée, en dehors de la correspondance entre le bien-être et le
bien-être au travail.
53
1.3) Le bien-être au travail
Bien que la littérature ne soit pas très développée sur le sujet, il est légitime de
considérer le concept de bien-être au travail au même titre que le bien-être global
(Argyle, 1987).
La revue de littérature nous indique qu’il existe quelques modèles affirmant
conceptualiser le bien-être au travail. Toutefois, seul le modèle de Dagenais-
Desmarais (2008) semble être fiable, et répondre à l’ensemble des critères du bien-
être au travail.
1.3.1)'Les'modèles'du'bienAêtre'au'travail''
Parmi les modèles du bien-être au travail présentés dans cette partie, deux sont
spécifiques au concept : le modèle de Robert (2007) et celui de Dagenais-Desmarais
(2008). Toutefois, il convient de présenter les principaux modèles du bien-être au
travail présents dans la littérature.
[Link])%Le%modèle%de%Cotton%et%Hart%(2003)%
Partant d’un modèle heuristique, Cotton et Hart (2003) considère le concept de bien-
être au travail comme un mélange de moral, de détresse et de satisfaction au travail.
Les auteurs se sont davantage concentrés sur la santé psychologique au travail que
sur le bien-être au travail. En effet, ils prennent en considération à la fois le bien-être
et le mal-être, en les étudiant de manière liée et non indépendamment l’un de l’autre.
[Link])%Le%modèle%de%Warr%(1990)%
Les recherches sur les différents aspects du bien-être ont mis en évidence l’existence
de deux dimensions orthogonales qui représentent le « plaisir » et l’ « éveil » (Russeil,
1979 ; Watson & Tellegen ; Watson, Clark & Tellegen ; Zcvon & Tellegen, 1982). On
retrouve autour de ce périmètre plusieurs états affectifs (figure 1.5).
54
1.3) Le bien-être au travail
Figure&1.5&:&Les&deux&dimensions&affectives&du&bienEêtre&(Warr,&1990).&
Cette figure indique qu’un niveau de plaisir peut être accompagné d’un niveau faible
ou élevé d’éveil. À l’inverse, un certain niveau d’éveil peut être soit plaisant soit
déplaisant.
Warr (1990) aborde le bien-être le travail comme étant organisé autour de trois axes :
(1) déplaisir-plaisir, (2) anxiété-confort et (3) dépression-enthousiaste. La principale
caractéristique du modèle proposé par Warr (1990) est qu’il convient à la fois pour le
bien-être général et pour le bien-être au travail.
Anxiété Enthousiaste
Éveil
Plaisir
Déplaisir Plaisir
&
&
Dépressio Confort
&
Figure&1.6&:&Les&trois&axes&de&la&mesure&du&bienEêtre&selon&Warr&(1990).&
55
1.3) Le bien-être au travail
La forme de la figure n’a pas été choisie au hasard. Elle met en avant le fait que l’axe
heureux-mécontent est celui où le plaisir est le plus important.
L’auteur propose un outil de mesure de 12 items. L’individu est amené à répondre à
la question suivante : « Au cours des dernières semaines, combien de fois vous êtes-vous
senti… ». Celui-ci doit répondre en reprenant un ou plusieurs des 12 adjectifs
proposés, tels que : calme, enthousiaste, tendu, inquiet, etc.
[Link])%Le%modèle%de%Daniels%(2000)%
S’inscrivant dans la continuité des travaux de Warr (1990), Daniels (2000) propose
cinq axes dont les axes 2 et 3 sont repris du modèle de Warr (1990) : anxiété-confort,
dépression-plaisir, ennui-enthousiasme, fatigue-vigueur et colère-placidité. Comme
dans le modèle de Warr (1990), celui-ci intègre à la fois des composantes négatives et
positives. Ce modèle est donc plus proche du concept de santé psychologique au
travail que du bien-être au travail.
L’auteur propose également un outil de mesure largement inspiré de celui de
Warr (1990), à la seule différence que l’on passe de 18 à 30 items.
Vigueur Colère
Enthousiasme Anxiété
Plaisir Dépression
Ennui
Bien-être
Calme Fatigue
&
Figure&1.7&:&Modèle&du&bienEêtre&de&Daniels&(2000).&
56
1.3) Le bien-être au travail
[Link])%Le%modèle%de%Danna%et%Griffin%(1999)%
Danna et Griffin (1999), quant à eux, conceptualisent le bien-être au travail avec les
éléments suivants : symptômes médicaux physiques et psychologiques, les
expériences de vie générales et les expériences reliées au travail. Le bien-être au
travail serait un concept composé à la fois de la santé et de la satisfaction. A ce titre,
le modèle de Danna et Griffin (1999) s’inscrit dans la continuité de celui de Diener
(1984).
D’après les auteurs, le bien-être au travail serait composé des éléments suivants :
Bien-être au travail
Satisfaction dans la vie
Satisfaction au travail
Santé au travail
Mentale
Physique
&
Tableau&1.7&:&Modèle&de&bienEêtre&et&de&santé&au&travail&de&Danna&et&Griffin&(1999).
57
58
&
&
Environnement de travail
workplace&:&A&review&and&synthesis&of&the&literature,&1999).&
[Link]) Le%modèle%de%Robert%(2007)%
Bien-être
BE de la personne au
Bien-être au
travail
travail
BE du travailleur au
travail
&
&
Figure&1.8&:&BienEêtre&général&et&bienEêtre&au&travail&(Robert,&BienEêtre&au&travail&:&une&approche&
centrée&sur&la&cohérence&de&rôle,&2007).&
59
1.3) Le bien-être au travail
empêché de faire les tâches qui lui sont propres (que l’enseignant enseigne, que le peintre
peigne, que le chercheur cherche,…), secundo, qu’il dispose des moyens et des conditions
adéquates à l’exercice de ses tâches, tertio, que sa pratique n’entre pas en contradiction avec le
sens « idéal » qu’il donne à son travail » (Robert, 2007).
Selon ce modèle, les plans d’actions en faveur du bien-être de la personne au travail
auront un impact négligeable si le bien-être du travailleur au travail n’a pas été pris
en compte. Prendre en compte ces deux aspects paraît être une des conditions
primordiales pour obtenir de bons résultats.
Le tableau suivant synthétise les principales distinctions entre le bien-être de la
personne au travail et le bien-être du travailleur :
(ex : exercer dans les bâtiments pour dispenser l’enseignement ; être employé
au niveau de sa qualification)
désamiantés)
L’une des principales caractéristiques de ce modèle est qu’il se repose sur des
facteurs concrets, tels que le matériel performant ou des locaux agréables, ce qui le
rend plus opérationnel. L’autre caractéristique est la prise en compte de l’impact des
émotions, positives et/ou négatives de l’individu, issues de son travail sur son
bien-être et la cohérence qu’elles ont avec son rôle. L’auteur entend par rôle « l’idée
que la personne au travail accepte un certain nombre de règles, qu’elle s’efforcera de respecter,
60
1.3) Le bien-être au travail
même si elles peuvent la contraindre à éprouver des émotions négatives » ; et par le terme
cohérence « le processus par lequel une émotion ressentie devient tolérable ou non ». Selon
Robert (2007, p.21), une émotion positive ou négative aura, soit un impact positif, soit
aucun impact sur le bien-être au travail à partir du moment où celle-ci fait partie du
rôle, du métier de l’individu. Par exemple, un enseignant qui ressentira une émotion
positive à la satisfaction de voir ses élèves comprendre son cours augmentera son
bien-être. A l’inverse, l’émotion négative ressentie après la correction de copies, ne
l’affectera pas, car la correction des copies fait partie de son rôle. Ces émotions
négatives peuvent même avoir parfois un impact positif, si l’individu la considère
comme un défi à dépasser. En revanche, une émotion négative ressentie sans
cohérence avec le rôle de la personne affectera de manière négative son bien-être au
travail. Dans le cas de l’enseignant, cette émotion pourrait se caractériser par le fait
d’avoir peur face à des élèves violents.
Pour résumer, la modélisation de Robert (2007) suggère que le « travailleur » est en
interaction avec sa situation de travail, où ce dernier élabore des stratégies mettant en
jeu ses capacités physiques, cognitives et émotionnelles afin de répondre aux
exigences de son activité. Ces trois sphères sont sources d’émotions. La cohérence de
rôle modère la relation existante entre les émotions ressenties par les individus et le
bien-être au travail. Elle est donc considérée comme une variable modératrice. Ce
modèle présente un aspect circulaire, puisque le bien-être au travail peut avoir un
impact sur les interactions de la personne avec sa situation de travail.
Travailleur
Face aux diverses
sollicitations, recours à
des stratégies :
-Physiques Bien-être
Émotions Cohérence
-Cognitives ressenties de rôle
au
-Émotionnelles travail
Situation de travail
&
Figure&1.9&:&Positionnement&du&modèle&de&Robert&(2007)&dans&une&perspective&plus&large.&&
61
1.3) Le bien-être au travail
Émotions
ressenties
Positives
Lieu Bien-être
Cohérence
d’expression de rôle
au travail
émotionnelle
Émotions
ressenties
Négatives
&
&
Figure&1.10&:&Représentation&détaillée&du&modèle&de&bienEêtre&au&travail&de&Robert&(2007).&
62
1.3) Le bien-être au travail
[Link]) Le%modèle%de%DagenaisLDesmarais%(2010)%
63
1.3) Le bien-être au travail
Projectif
DIRECTIONNALITE
SPHERE DE REFERENCE
Individuelle
Introject Relationnelle Organisationnelle
&
&
Figure&1.11&:&Représentation&graphique&du&modèle&conceptuel&du&bienEêtre&psychologique&au&
travail&(DagenaisEDesmarais,&2010).&
Selon le tableau 1.10, le modèle présente deux sphères et deux axes, qui combinés,
permettent d’avoir six dimensions selon une matrice de type 3 x 2. Ces différentes
interactions sont créées selon l’objet qui émane d’une sphère spécifique. Dans le cas
de l’énoncé suivant : « je me sens accepté comme je suis par les gens avec qui je travaille »,
l’objet identifié « les gens avec qui je travaille » correspond à la sphère de référence
« relationnelle », et est de nature introjective. En effet, le travailleur intègre les autres
– l’objet – dans la construction de sa propre expérience positive.
Sphère de référence
Directionnalité
Individuelle Relationnelle Organisationnelle
J’ai un lien d’amitié Je sens que je laisse
Je suis fier de ce que j’ai
Projectif accompli au travail
avec certaines personnes ma trace à travers
au travail mon travail
Je me sens accepté comme Je sens que nous
Je suis stimulé
Introjectif par mon travail
je suis par les gens travaillons tous
avec qui je travaille dans la même direction
&
Tableau&1.10&:&Exemples&d’énoncés&représentant&chaque&composante&du&modèle&conceptuel&du&
bienEêtre&psychologique&au&travail&(DagenaisEDesmarais,&2010)&
&
Les travaux de Dagenais-Desmarais ont permis de mettre en évidence six dimensions
qui semblent chacune correspondre à une portion précise du BEPT.
64
1.3) Le bien-être au travail
65
1.3) Le bien-être au travail
été pris en compte en raison de leur sens. En effet, ces derniers sont souvent utilisés
pour aborder la nature du bien-être psychologique et sont davantage considérés
comme étant les attributs de ces dimensions.
Au regard de la classification des dimensions du bien-être psychologique et du
bien-être psychologique au travail, l’auteur constate que les recherches sur ces
concepts ont mis l’accent sur l’expérience intra-individuelle. D’après la figure 1.12,
75 % des dimensions des deux concepts se concentrent plutôt dans la sphère
individuelle du modèle. Cependant, les sphères relationnelle et organisationnelle
montrent également une pertinence conceptuelle. Aussi, on constate que certaines
composantes chevauchent les dimensions, ce qui met en avant le fait que ces
dernières peuvent être considérées comme un continuum.
Au regard de la distribution des dimensions suivant l’axe de la directionnalité,
on remarque qu’il y a une répartition homogène du nombre de dimensions dans les
deux sens de l’axe. Toutefois, on relève plus de dimensions relevant de la sphère
individuelle.
66
1.3) Le bien-être au travail
Project
Enthousiasme
Estime de soi
Contrôle de soi et des évènements
Maîtrise de l’environnement
Sentiment d’efficacité personnelle
Équilibre
Relations positives avec les autres Contribution sociale
Réalisation
Sociabilité
Actualisation du potentiel
Buts dans la vie Liens émotionnels
DIRECTIONNALITE
Croissance personnelle
Engagement / Flow
Épanouissement
Engagement social SPHERE DE REFERENCE
Qualité de vie
Sens Actualisation sociale
Acceptation de soi
Autonomie
Satisfaction de ses besoins &
&
Figure&1.12&:&Classification&des&dimensions&du&bienEêtre&psychologique&répertoriées&dans&la&
documentation&(DagenaisEDesmarais,&2010).&
67
1.3) Le bien-être au travail
Tableau&1.12&:&Tableau&récapitulatif&des&principales&conceptions&du&BET&
'
1.3.2)'Les'concepts'connexes'
68
1.3) Le bien-être au travail
[Link])%La%santé%au%travail%
médecin italien Bernardino Ramazzini (Carricabaru & Henry, 2010) a entrepris des
recherches sur les maladies des artisans. Par la suite, la question de la santé au travail
a été laissée pour compte jusque dans les années 80 où cette discipline a suscité de
nouveau l’intérêt des chercheurs. Depuis les années 90, on assiste à une véritable
épidémie de maux physiques liés au travail et inscrits au tableau des maladies
professionnelles, tels que les troubles musculo-squelettiques (TMS). Une autre vague
d’épidémie arriva, suivant la première de très près : le stress au travail, l’épuisement
professionnel ou encore le suicide lié au travail. Ces plaintes subjectives ont un lien
direct avec les conditions de travail. Ces différentes contaminations sembleraient
toucher les salariés de tous secteurs et activités, y compris les cadres (Detchessahar,
2011). En d’autres termes, nous sommes face à de nouvelles pathologies du travail.
La nouvelle réalité du travail attaque de plein fouet les entreprises, le management
de l’organisation. Au vu de ces différents éléments sur la question de santé au travail
et plus précisément de risques psychosociaux (RPS), l’État demande un rapport sur
la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail, à un
magistrat honoraire, Philippe Nasse, et à un médecin psychiatre, Patrick Légeron,
(2008). Cette initiative a conduit à la création de plusieurs observatoires des risques
psychosociaux en entreprise (Detchessahar, 2011). En effet, certaines entreprises ont
pris conscience de l’importance des conditions de travail et de l’ampleur de ces
conséquences à la fois sur leur santé et sur celle des salariés. Ces dernières ont donc
décidé, parfois avec la collaboration des pouvoirs publics, de mener un plan d’action
contre les RPS. Les stratégies adoptées pour lutter contre ces maux sont différentes.
Certaines entreprises privilégient des actions sur le plan individuel. Cette stratégie
peut être critiquable dans la mesure où la source du problème est surtout
organisationnelle. D’autres, préfèrent s’inspirer de l’analyse des accords signés dans
les entreprises de plus de 1 000 salariés (2011), en proposant des mesures relatives à
la formation des managers ou la mise en place de cellule d’écoute psychologique. Ces
1
[Link]
69
1.3) Le bien-être au travail
actions semblent être plus en adéquation avec le plan d’actions envisagé par l’État
(Detchessahar, 2011). Il semblerait pourtant que les pistes se trouvent dans
l’organisation du travail et du management. D’après Detchessahar (2011), les
directions d’entreprises et les syndicats ont des difficultés à passer à l’action. Le
rapport de la direction générale du travail (2011) indique que le processus de
diagnostic doit impliquer les salariés, et doit encourager ces derniers à s’exprimer sur
leur rapport au travail. De cette manière « on touche au partage du sens du travail, à la
place du collectif, à l’organisation du travail, à la ligne managériale. Très peu d’accords
explorent cette piste sous toutes ses dimensions » . 1
C’est la raison pour laquelle certaines organisations ont décidé de mener des
politiques de prévention de santé au travail. Il s’agit d’un véritable enjeu économique
et social. Depuis, on constate une évolution croissante du lien entre la santé et le
travail. Les différentes études sur les risques professionnels ou sur les risques
psychosociaux en sont la preuve. La santé au travail est devenue un véritable débat
public, ayant un impact à la fois sur les conditions de travail des salariés et sur les
relations sociales de l’entreprise (Detchessahar, 2011). Cette évolution correspond à
l’augmentation de la pénibilité au travail, malgré la tertiairisation de l’économie et
l’informatisation (Detchessahar, 2011). On assiste également à une évolution d’autres
maux, des maux subjectifs liés au travail, tels que le stress, la dépression ou le burn
out. A l’heure actuelle, l’étude de la santé au travail demeure faible, rendant les
connaissances sur la thématique quelque peu incomplètes, et impacte, à juste titre, la
maîtrise du sujet.
[Link])%La%qualité%de%vie%au%travail%
Deux principales écoles de pensées ont travaillé sur le concept de qualité de vie au
travail. Un premier concept issu de l’école des ressources humaines associe la qualité
de vie au travail à la satisfaction des besoins intrinsèques et extrinsèques de
l’individu. Les partisans de cette école de pensée s’intéressent particulièrement à la
revalorisation du rôle de l’individu dans l’organisation. Ils mettent l’accent sur les
moyens et les conséquences d’un meilleur épanouissement du salarié.
Le deuxième courant de pensée adopte une approche socio-technique. A l’origine
développée par Trist, Emery et leurs collègues du Travistock Institute of Human
1
'Direction' générale' du' travail,' Synthèse' de' l’analyse' des' accords' signés' dans' les' entreprises' de' plus' de'1'000'salariés,
ministère'du'Travail,'de'l’Emploi'et'de'la'Santé,'avril'2011.
70
1.3) Le bien-être au travail
Relations, cette approche a été ensuite reprise par Davis (1977). En 1984, Davis
suggère la nécessité de prendre en compte conjointement les aspects sociaux et
techniques dans l’optimisation de l’efficacité organisationnelle. Il pointe l’importance
des facteurs humains, techniques et économiques dans une organisation efficace du
travail. Il milite pour une plus grande participation des employés à leur
environnement de travail.
Au-delà de leurs divergences, ces deux courants de pensée s’accordent à dire que la
qualité de vie au travail est un processus d’apprentissage dynamique, unique et en
constante évolution. Jenkins (1981) pointe la complémentarité des visions imposées
par ces deux courants. Il conclut en disant qu’au-delà de la nature abstraite de la
qualité de vie au travail, son objectif général demeure celui de « voir à ce que les
organisations, les procédures de management, et le travail permettent une utilisation
maximum des talents et habilités individuels de façon à rendre le travail plus stimulant et
plus satisfaisant et à améliorer l’efficacité de l’organisation, voire même la productivité »
(Maric, 1977).
Dans les années 70, aucun consensus sur une définition claire de la qualité de vie au
travail n’a pu être retenu, malgré les initiatives de Lawler (1975). Les dimensions
proposées de ce construit divergent selon les auteurs. A titre d’exemple, certains
auteurs réduisent la qualité de vie au travail au seul aspect de la sécurité des postes
de travail. D’autres, parlent de motivation du travailleur ou encore de
l’accroissement de la productivité. Pour répondre à ces différentes interrogations,
Lawler propose une conception protéiforme de la qualité de vie au travail. Il intègre
à ce construit, qu’il considère comme un concept abstrait, des notions plus facilement
quantifiables, comme la satisfaction au travail et le stress au travail. Selon cet auteur,
la mesure de la qualité de vie au travail doit impérativement intégrée les quatre
points suivants :
• La mesure doit être valide, elle doit tenir compte de tous les aspects essentiels
de la qualité de vie au travail ;
• La mesure doit avoir un sens à la fois pour ceux qui répondent aux
questionnaires comme pour ceux qui vont exploiter les résultats ;
• La mesure doit répondre à une certaine objectivité et doit être vérifiable ;
• La mesure doit pouvoir faire le distinguo entre les différences individuelles.
71
1.3) Le bien-être au travail
Pour compléter cette définition, Seashore (1975) propose de tenir compte des
conditions environnementales, de la perspective temporelle ainsi que les points de
vue des différentes parties prenantes de cette démarche (employeur, employé et
communauté). Selon cet auteur, ces différents intervenants ne présentent pas
forcément le même angle de vue de la qualité de vie au travail.
Par ailleurs, Sheppard (1975) conteste deux aspects aux mesures susmentionnées de
la qualité de vie au travail :
72
1.3) Le bien-être au travail
Cette définition met en avant l’écart entre les objectifs définis du salarié et ceux
atteints. Cet écart plus ou moins important selon les individus, peut être de valence
positive ou négative selon l’importance et le sens de cet écart.
À la différence du bien-être au travail, la qualité de vie au travail est considérée
comme un construit rattaché à la qualité de vie en général. Le travail fait partie
intégrante de celle-ci et influence les autres domaines de vie (Goode, 1989 ; Elizur et
Shye, 1990 ; Kiernan & Knutson, 1990 ; Loscocco et Roschelle, 1991).
[Link]) La%satisfaction%au%travail%
73
1.3) Le bien-être au travail
De son côté, Locke (1976) tente de mettre en évidence le ressenti au travail des
salariés et d’en comprendre les causes, d’où la théorie de la divergence. Cette théorie
argue que la satisfaction des salariés émane de ce qu’ils considèrent important pour
eux. Elle n’est pas le résultat de la satisfaction de l’ensemble des besoins. L’auteur
met ainsi en avant le degré de désirabilité. A la différence des travaux de Herzberg,
l’auteur définit la satisfaction comme « un état émotionnel positif ou plaisant résultant de
l'évaluation faite par une personne de son travail ou de ses expériences au travail » (Locke,
1976). Cela signifie que la satisfaction au travail serait dépendante de la divergence
entre le désir principal du salarié et ce qu’il pense obtenir de son travail. En d’autres
termes, le sentiment de satisfaction est différent en fonction de la facette du travail.
Par exemple, un salarié sera moins satisfait s’il a le sentiment d’obtenir moins que ce
qu’il désire (Berry, 1997).
D’autres auteurs, tels que Dawis et Lofquist (1978), se sont principalement intéressés
aux différentes sources de satisfaction au travail. Selon les auteurs, il existe
trois catégories : l’environnement matériel, le milieu social et la relation entre
l’activité et soi-même. C’est la théorie de « l’ajustement au travail » qui suggère que
la satisfaction au travail est la résultante de l’interaction existante entre le salarié et
son environnement de travail. L’environnement de travail doit impérativement
convenir au salarié et vice-versa. La perception du degré de correspondance entre les
deux est l’élément essentiel de la satisfaction au travail. A partir de ce constat, Dawis
et Lofquist (1984) suggèrent six dimensions correspondant aux 20 besoins de
l’individu : la réussite, le confort, le statut, l’altruisme, la sécurité et l’autonomie.
74
1.3) Le bien-être au travail
Igalens (1999) propose une formulation synthétique de ce concept. Selon cet auteur,
la satisfaction au travail est « une réponse émotionnelle positive résultant de l'évaluation
du travail ou des expériences de travail, la satisfaction est un concept dynamique. C'est une
perception instable qui évolue en fonction des expériences, mais aussi en fonction des attentes
du salarié qui peuvent se modifier tout au long de sa vie ».
Ces différentes définitions nous indiquent que la satisfaction au travail rend compte
d’un état émotionnel positif ou plaisant d’un individu suite à l’évaluation de ces
besoins personnels et ceux liés au travail, et aux possibilités que son travail lui offre.
Selon certains auteurs, il serait une composante du bien-être au travail.
Enfin, Voyer et Boyer (2001) suggèrent que « les concepts n’expliquent pas le même
phénomène. Ils ne sont pas des concepts compétiteurs. Ils semblent simplement être confondus
par le monde scientifique ». A travers ses travaux, Creusier (2013) réaffirme la
75
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
distinction entre les deux concepts grâce à son étude sur la double distinction, à la
fois empirique et conceptuelle, entre le bien-être au travail et la satisfaction.
1.4)&Antécédents&et&conséquences&du&bienEêtre&au&travail&&
1.4.1)'Les'antécédents'du'bienAêtre'au'travail':'
Le Larousse définit un antécédent comme étant un « fait antérieur sur lequel on appuie
1
1
[Link]
76
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
Dans la section qui suit sont présentés les antécédents du bien-être au travail.
Il existe deux niveaux d’antécédents du bien-être au travail : individuel et
organisationnel.
[Link])%Les%antécédents%individuels%:%%
77
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
78
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
• Charge de travail
• Contrôle/autonomie
• Communication
• Sécurité d’emploi
Perspectives futures
• Salaire et promotion équitables
dans le travail
• Opportunités d’apprentissage
• Arrangements de travail flexibles
• Satisfaction au travail
Ajustement
• Implication organisationnelle
psychologique au
• Empowerment psychologique et sentiment d’efficacité
travail
personnelle
• Stress professionnel perçu
&
Tableau&1.13&:&Caractéristiques&de&la&Healthy&Work&Organization&selon&Wilson&et&al.,&(2004)&inspiré&
de&Delobbe&(2009).&
79
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
'
Intention de quitter
Conception du
' poste
Alcool
Ajustement Tabac
Attributs Climat
psychologique au
organisationnels organisationnel
travail
Santé physique
'
Perspectives Santé psychologique
futures
Absentéisme
&
Figure&1.13&:&Modèle&de&la&Healthy&Work&Organization&selon&Wilson&et&al.&(2004).&
'
[Link])%Les%antécédents%organisationnels%:%%
Selon la littérature, les caractéristiques personnelles des salariés ne sont pas les seuls
déterminants du bien-être au travail. Le salarié est, aussi, en constante interaction
avec son environnement de travail. Les caractéristiques de ce dernier impactent
l’individu dans la perception de son adéquation avec son environnement ainsi que le
climat de travail (Vandenberg, Kyoung-Ok Park, Wilson, & Griffin-Blake, 2002)
(Foucher, Développer une vision intégrant performance et santé psychologique,
2003). Selon Brunet et Savoie (1999) « la façon dont un individu se comporte au travail
dépend plus ou moins de ses caractéristiques personnelles et de la façon dont il perçoit son
environnement ».
80
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
81
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
Le tableau suivant présente les facteurs de risques pour la santé et la sécurité (Danna
& Griffin, 2003) :
Au même titre que pour les antécédents, il ressort de la littérature deux niveaux de
conséquences de bien-être au travail.
1.4.2)'Les'conséquences'du'bienAêtre'au'travail''
[Link])%Les%conséquences%du%bienLêtre%sur%la%performance%individuelle%%
82
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
le niveau de satisfaction au travail (Staw 1986). Et nous avons montré que les
concepts de bien-être au travail et de satisfaction sont bien distincts. En effet, le
« bonheur » est un concept affectif alors que la satisfaction est un concept évaluatif.
En d’autres termes, on peut être heureux au travail sans pour autant être satisfait.
Appuyant cette distinction, les méta-analyses de Judge et al. (2001) et de Parker et al.
(2003) le montre bien puisque la corrélation entre le bien-être psychologique au
travail et la satisfaction est, respectivement de 0.3 et 0.27.
Ces différents constats nous indiquent que dans les différentes études menées, la
satisfaction a souvent été considérée comme un substitut du bien-être. Dans une
large majorité, ces études mesurent la performance des salariés à travers l’évaluation
du supérieur, ce qui constitue en soi un biais. En effet, c’est à travers le jugement des
individus que la performance est mesurée et non à partir de données objectives.
Afin d’éliminer ce biais, Wright, Bonett et Sweeney (1993) ont eu recours à des
mesures plus « robustes » de la performance au cours de leurs travaux. En effet, les
auteurs proposent une mesure de l’évaluation de la performance à quatre
dimensions : « work facilitation », « goal emphasis », « support » et « team building ».
Grâce à cet outil, Wright, Bonett et Sweeney (1993) ont pu étudié le lien entre la santé
mentale et la performance au travail. A l’aide de l’Index of Psychological Well-Being,
développé par Hochstim en 1970 et amélioré par Berkman en 1971 , les auteurs ont
1
pu établir une corrélation positive forte (0.48 et p < 0.01) entre la performance au
travail et la santé mentale. En effet, on observe une corrélation positive et
significative pour les trois dimensions suivantes : « goal emphasis », « work facilitation »
et « team building ».
D’autres études ont été menées dans ce sens, notamment celle de Wright et
Cropanzano (1997) qui montre que les variables démographiques telles que le sexe,
l’âge ou le nombre d’années de service n’ont aucun impact sur le lien entre le bien-
être au travail et la performance. De même que le bien-être au travail prédit de
manière bien plus significative la performance au travail que la satisfaction au
travail.
Ceci dit, une étude récente réalisée par Wright, Copranzano et Bonnett (2007) révèle
que la satisfaction au travail aurait un lien direct avec la performance au travail et où
le bien-être au travail aurait un rôle de modérateur. Ainsi, des salariés très satisfaits,
1
In Wright, Bonett et Sweeney (1993)
83
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
avec un niveau de bien-être au travail faible, aurait un impact plus faible sur la
performance au travail.
Enfin, d’autres auteurs à l’instar de Staw, Sutton et Pelled (1994) ont étudié les affects
positifs des employés, au sens large du « contentement ». Les résultats indiquent que
plus les employés montraient des émotions positives plus les effets positifs sur leur
performance au travail seraient importants. En d’autres termes, le salarié aura de
meilleures évaluations de performance de la part de ses supérieurs, une
augmentation du salaire, et un support social plus important.
Ces différents travaux de recherche montrent bien le lien existant entre bien-être au
travail et performance au travail. Ainsi l’approche du travailleur et productif s’avère
être juste.
[Link])%Les%conséquences%organisationnelles%%
84
1.4) Antécédents et conséquences du bien-être au travail
elle se situe entre 0,15, pour la satisfaction et le profit, et 0,36 pour la satisfaction et le
turnover.
Ces résultats montrent qu’un collaborateur satisfait de sa carrière sera davantage
engagé et sera susceptible de participer davantage à son succès. (Peluchette, 2003 ;
Harter, Schmidt et Hayes, 2002). Autrement dit, la qualité de l’engagement des
collaborateurs à l’organisation contribue significativement à une rentabilité plus
élevée de celle-ci.
85
Conclusion du chapitre 1
Conclusion&&
86
Conclusion du chapitre 1
87
Plan du cheminement de la thèse
'
Chapitre&1':''
BienAêtre'et'bienAêtre'au'travail'
Chapitre&2&:&&
Echelles)de)mesures)du)bien%être)et)du)bien%être)au)travail%
Chapitre&3':''
De'l'étude'exploratoire'au'modèle'conceptuel'
Chapitre&5&:'
Analyse'et'discussion'des'résultats,'apports'et'
limites'
'
'
88
Table des matières du chapitre 2
Chapitre&2.!Échelles&de&mesure&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&au&travail&
Introduction&.................................................................................................&91!
2.1)&Les&outils&de&mesure&du&bienEêtre&au&travail&proposés&par&les&cabinets&de&
conseils&........................................................................................................&92!
2.1.1)!Les!outils!de!mesure!basés!sur!la!santé!au!travail!...............................................................................................!92!
[Link])!L’IBET!©!:!L’Indice!du!Bien<Être!au!Travail,!une!mesure!pour!révéler!l’engagement!socio<
organisationnel!(Goodwill!Social!©)!................................................................................................................................!93!
[Link])!Le!MQVT!©!:!Management!de!la!Qualité!de!Vie!au!Travail!.....................................................................!93!
[Link])!Le!MMS!:!Le!Mesure!Management!Santé!........................................................................................................!94!
2.1.2)!Les!outils!inspirés!de!l’audit!social!.............................................................................................................................!95!
[Link])!Le!ESL!:!European!Social!Label!...........................................................................................................................!95!
[Link])!Le!SD!:!Sociodag!.........................................................................................................................................................!96!
[Link])!Outils!de!diagnostics!de!la!performance!sociale!.........................................................................................!97!
!!Baromètre!Social!Opentojob!{OTJ}!..............................................................................................................................!98!
2.1.3)!Les!outils!inspirés!par!le!bien<être!:!...........................................................................................................................!99!
[Link])!Le!baromètre!du!bien<être!au!travail®!...........................................................................................................!99!
[Link])!The!Happiness!Indicator!....................................................................................................................................!100!
[Link])!Employee!Engagement!Survey!et!Well<being!Finder!............................................................................!100!
2.1.4)!Les!outils!construits!de!manière!empirique!:!.....................................................................................................!101!
[Link])!Le!BeBest®!...............................................................................................................................................................!101!
[Link])!Institut!Great!Place!To!Work®!........................................................................................................................!103!
[Link])!HappyAtWork!.........................................................................................................................................................!106!
2.2)&Les&échelles&de&mesure&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&au&travail&proposées&
par&la&littérature&scientifique&......................................................................&107!
2.2.1)!Échelles!du!mesure!du!bien<être!..............................................................................................................................!107!
[Link])!PANAS!:!Positive!and!Negative!Affect!Schedule!de!Watson,!et!al.,!(1988)!....................................!107!
[Link])!PWBMS!:!Psychological!Well<being!Manifestation!Scale!(Massé!et!al.,!1998)!............................!109!
[Link])!Scales!of!Psychological!Well<being!(Ryff,!1989)!......................................................................................!111!
[Link])!Personal!Projects!Analysis!(McGregor!&!Little,!(1998)!........................................................................!113!
[Link])!Keyes,!Shmotkin,!&!Ryff!(2002)!......................................................................................................................!116!
[Link])!Beliefs!about!well<being!scale!(McMahan!&!Estes,!2011)!...................................................................!117!
[Link])!Échelle!de!mesure!du!bien<être!de!Warr!(1990)!.....................................................................................!119!
[Link])!L’échelle!de!mesure!du!bien<être!de!Daniels!(2000)!:!.................................................................................!120!
2.2.2)!Les!échelles!de!mesure!du!bien<être!au!travail!..................................................................................................!122!
[Link])!Workplace!well<being!index!(Page!K.!,!2005)!...........................................................................................!122!
89
Table des matières du chapitre 2
2.2.2)!L’indice!de!bien<être!psychologique!au!travail!(IBEPT)!(Dagenais<Desmarais!&!Savoie,!2011)!.!123!
[Link])!Échelle!de!mesure!positive!du!bien<être!au!travail!(EPBET)!(Biétry!&!Creusier,!2013)!........!125!
2.3)&Analyse&des&échelles&de&mesure&existantes&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&
au&travail&:&..................................................................................................&131!
2.3.1)!Les!outils!de!mesure!proposés!par!les!cabinets!de!conseil!:!........................................................................!131!
2.3.2)!Les!échelles!de!mesure!issues!de!la!recherche!scientifique!:!.......................................................................!132!
[Link])!Les!échelles!de!mesure!hédoniques!:!............................................................................................................!132!
[Link])!Les!échelles!de!mesure!eudémoniques!et!combinées!...........................................................................!134!
Conclusion&..................................................................................................&137!
90
Introduction au chapitre 2
Introduction&&
91
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
Chapitre&2.& Échelles&de&mesure&du&bienEêtre&et&du&bienE
être&au&travail&
&
2.1)&Les&outils&de&mesure&du&bienEêtre&au&travail&proposés&par&les&cabinets&de&
conseils&&
La mesure du bien-être au travail intéresse aussi bien les chercheurs que les
consultants. En effet, s’intéresser au bien-être des salariés est à la fois un impératif
moral et un levier de performance formidable tant au niveau de l’individu que pour
l’organisation ( Lyubomirsky, King & Diener, 2005 ; Margolis & Walsh, 2001) . Selon 1
2.1.1)'Les'outils'de'mesure'basés'sur'la'santé'au'travail''
Les outils basés sur la santé au travail s’appuient pour certains sur des indicateurs
d’absentéisme, de maladie et de santé, et pour d’autres sur des indicateurs de santé
et d’environnement personnel.
1
Lyubomirsky « The Benefits of frequent positive affects » et Margolis « People and profits »
Bibliographie à vérifier
92
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
[Link])%L’IBET%©%:%L’Indice%du%BienLÊtre%au%Travail,%une%mesure%pour%révéler%l’engagement%
socioLorganisationnel%(Goodwill%Social%©)%
Les IMETs prennent en compte l’absentéisme, la santé, le taux de sorties forcées, les
démissions, etc.
Ce qui fait la singularité de cet outil, c’est qu’il se base uniquement sur des mesures
objectives émanant principalement du bilan social.
[Link])%Le%MQVT%©%:%Management%de%la%Qualité%de%Vie%au%Travail%
• au contenu du travail ;
• à l’environnement physique de travail ;
• la réalisation et le développement professionnel ;
• la conciliation vie professionnelle / vie privée ;
• les relations sociales et professionnelles.
1
[Link]
2
[Link]
93
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
[Link])%Le%MMS%:%Le%Mesure%Management%Santé1%
Le MMS est un questionnaire composé de 64 questions qui interroge les salariés sur
leurs conditions de vie, conditions physiques et sociales de travail ainsi que les
pratiques de santé de l’organisation dans laquelle ils travaillent. L’outil a été élaboré
sur la base de 24 sous-indicateurs. La restitution des résultats se fait à travers ses huit
indicateurs : cinq indicateurs de risque et trois indicateurs relatifs aux
impacts/bénéfices pour l’entreprise :
Figure&2.1 : Cinq&sphères&reconnues&pour&avoir&un&impact&sur&la&santé&au&travail&selon&le&MMS3.
1
Proposé par Malakoff-Médéric
2
[Link]
3
[Link]
94
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
Figure&2.2&:&Impacts&du&BienEêtre&au&travail&selon&MalakoffEMédéric.&
Enfin, les résultats sont comparés à un échantillon national représentatif des salariés
du secteur privé français.
2.1.2)'Les'outils'inspirés'de'l’audit'social'''
[Link])%Le%ESL%:%European%Social%Label%
Association à but non lucratif, le European Social Label Institute1, propose un label aux
entreprises les plus vertueuses en termes de climat social. Ce label est délivré aux
1
[Link]
95
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
[Link])%Le%SD%:%Sociodag%%
Cet outil peut s’adapter en fonction du besoin de l’entreprise. En effet, il peut être
utilisé :
Le comportement de la direction
L’environnement de l’entreprise
&
Tableau&2.1:&Facteurs&du&climat&social&du&Sociodag.&
96
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
&
Tableau&2.2&:&Facteurs&socioEorganisationnels&de&stress&au&travail&du&Sociodag.&
L’outil fournit trois types de résultats : les valeurs des réponses, leur homogénéité et
le degré d’importance des critères.
[Link])%Outils%de%diagnostics%de%la%performance%sociale%%
1
[Link]
97
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
!%Baromètre%Social%Opentojob%{OTJ}%
Cet outil est proposé par le cabinet Opentojob et permet aux entreprises de connaître,
en temps réel, son climat social. L’outil de diagnostic examine les 12 dimensions
suivantes à travers 98 questions :
La carrière L’innovation
La rémunération La citoyenneté
&
Tableau&2.3&:&Dimensions&du&Baromètre&Social&Opentojob.&
• Bien-être au travail ;
• Performance RH ;
• Satisfaction managériale ;
• Rapport au travail.
1
[Link]
98
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
2.1.3)'Les'outils'inspirés'par'le'bienAêtre':'
Les outils inspirés par le bien-être se basent sur la psychologie positive. Ils
appréhendent l’individu dans sa globalité, autrement dit, à travers sa vie
professionnelle et sa vie privée.
[Link])%Le%baromètre%du%bienLêtre%au%travail®%
La santé organisationnelle
Le climat motivationnel
La satisfaction de vie
La perception de la réalité
L’aptitude au bonheur
&
Tableau&2.4&:&Les&cinq&modules&du&baromètre&du&bienEêtre&au&travail.&
L’outil mesure des indices, que les auteurs considèrent comme positifs, tels que :
1
[Link]
99
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
[Link])%The%Happiness%Indicator%
Cet outil est proposé par Erasmus Happiness Economics Research Center et initié par
Veenhoven, Baker et Wido Oerlemans . Il permet de réaliser un suivi sur le niveau
1
de bien-être des individus. Par la suite, l’analyse indique, par comparaison, l’impact
du travail sur le bien-être de l’individu.
L’une des particularités de cet outil est qu’il propose un étalonnage du bien-être
général de l’individu dans le but de mesurer le bien-être au travail.
[Link])%Employee%Engagement%Survey%et%WellLbeing%Finder%
Ces deux outils sont proposés par Gallup . Inspirés de la psychologie positive, ils
2
1
[Link]
2
[Link]
[Link]?utm_source=geec_hero_button&utm_medium=button&utm_campaign=geec
100
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
!
!
CROISSANCE!
Comment peut-on!
se développer ?!
TRAVAIL D'EQUIPE!
Est-ce que je fais partie de quelque
chose ?!
CONTRIBUTION INDIVIDUELLE!
Qu'est-ce que je donne ?!
BESOINS ESSENTIELS!
Qu'est-ce que je reçois ?!
Figure&2.3&:&Pyramide&de&Maslow&selon&l’outil&Employee&Engagement&Survey.&
2.1.4)'Les'outils'construits'de'manière'empirique':''
À la différence des autres, deux outils sont issus d’enquêtes réalisées dans les
entreprises.
[Link])%Le%BeBest®%%
Le BeBest® est un questionnaire proposé par BeBetter & Co . L’objectif de cet outil est
1
101
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
adopte une approche qualitative à travers des entretiens individuels, des réunions de
groupes. Aussi, ils mettent à disposition des entreprises qui le souhaitent une
enquête quantitative ainsi qu’une plateforme web conversationnelle. Leur outil
mesure les huit dimensions suivantes (figure 2.4) à travers un questionnaire
d’environ 200 items.
Communication
et coopération!
Stratégie et Management!
gouvernance!
Nature et
Cultures et conditions de
valeurs! travail!
Perspectives, Rémunération,
mobilité, innovation avantages sociaux
et développement! et support social!
Organisation du
travail, moyens et
ressources Et
conduite du
changement!
Figure&2.4&:&La&roue&de&BeBest©.&
Le bien-être/stress
La motivation
La mobilisation
L’engagement
La reconnaissance
Le climat social
Le fonctionnement
&
Tableau&2.5&:&Facteurs&explicatifs&de&la&qualité&de&vie&et&du&bienEêtre&au&travail&du&BeBest©.&
102
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
[Link])%Institut%Great%Place%To%Work®%%
L’institut Great Place To Work® propose différent outil à destination des entreprises
1
Selon Great Place To Work®, les entreprises où il fait bon travailler « s’articulent
autour des relations quotidiennes vécues par les employés et non autour d’une liste de
programmes et d’avantages ». Il propose deux points de vue différents – celui des
employés et des managers – d’où découlent deux modèles pour chaque entité.
Du point de vue des collaborateurs, ces entreprises sont celles où le collaborateur « a
confiance en ses dirigeants », « apprécie ses collègues » et « est fier de son travail » (figure 2
2.5).
1
[Link]
2
[Link]
103
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
Crédibilité
Confiance
&
Convivialité Fierté
&
&
&
Figure&2.5&:&Le&modèle&de&l’employé&selon&Great&Place&To&Work®.&
D’après l’institut, la confiance « est le principe déterminant des entreprises où il fait bon
travailler, créé sur la base de la crédibilité de la direction, le respect des employés et l’équité
dans le traitement que les salariés attendent. Le degré de fierté, les niveaux de rapport
authentique et la solidarité entre les salariés sont d’autres composants essentiels » . 1
Du point de vue des managers, les critères ne sont pas tout à fait les mêmes. Pour le
manager, une entreprise où il fait bon travailler est celle où « il atteint ses objectifs
organisationnels, avec des employés qui donnent le meilleur d’eux-mêmes et travaillent en
équipe/famille dans un environnement basé sur la confiance ».
1
[Link]
104
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
Atteint objectifs
organisationnels
Inspiration
Remerciement Recrutement
Célébration
Attention
Confiance
Développement
Partage
Discussion
Écoute
&
Figure&2.6&:&Le&modèle&du&manager&selon&Great&Place&To&Work®.&
D’après Great Place To Work®, il existe « neuf façons – ou domaines d’action – grâce
auxquelles dirigeants et managers créent un environnement où règne la confiance. Les lieux
où il fait bon travailler atteignent leurs objectifs organisationnels en utilisant inspiration,
discussion et écoute. Ils ont des employés qui donnent le meilleur d’eux-mêmes en pratiquant
remerciement, développement et attention. Enfin, il travaillent ensemble en tant
qu’équipe/famille pour embauche, célébration et partage » . 1
1
[Link]
105
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
Les cinq dimensions de Great Place To Work® sont représentées dans le tableau
suivant :
Confiance
Crédibilité
Communiquer de manière transparente et accessible
Faire preuve de vraies compétences managériales
Respecter ses engagements, être intègre et éthique
Respect
Accompagner le développement professionnel des collaborateurs
Solliciter leur avis et les impliquer dans les décisions
Considérer la personne en tant qu’individu et pas seulement en tant que salarié
Équité
Reconnaître et rémunérer de manière juste et équitable
Être impartial
Ne pas discriminer
Fierté
Générer un sentiment de fierté par rapport à sa contribution personnelle, à celle de son équipe
et par rapport à son entreprise
Convivialité
Pouvoir être soi-même
Évoluer dans une atmosphère conviviale et accueillante, dans un climat positif et de coopération
&
Tableau&2.6&:&Les&cinq&dimensions&du&modèle&Great&Place&To&Work®.&
[Link])%HappyAtWork%
1
[Link]
106
2.1) Les outils de mesure du bien-être au travail proposés par les cabinets de conseils
2.2)&Les&échelles&de&mesure&du&bienEêtre&et&du&bienEêtre&au&travail&proposées&
par&la&littérature&scientifique&&
2.2.1)'Échelles'du'mesure'du'bienAêtre'
[Link])%PANAS%:%Positive%and%Negative%Affect%Schedule%de%Watson,%et%al.,%(1988)%%
La PANAS est un outil qui mesure l’humeur, à travers, l’affect positif et l’affect
négatif d’un individu dans un contexte professionnel. Il fait partie des instruments
107
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Les dimensions affect positif et affect négatif de l’échelle de mesure sont composées
des adjectifs suivants :
Il existe une version française de l’outil, validé par Gaudreau, Sanchez et Blondin
(2006) qui se présente comme suit :
« La présente échelle est constituée d’un certain nombre de mots qui décrivent différents
sentiments et émotions. Lisez chaque item et inscrivez la réponse appropriée dans l’espace de
gauche. Indiquez jusqu’à quel point vous êtes senti de cette façon durant les dernières
semaines. Utilisez l’échelle suivante pour noter vos réponses » :
108
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
1 2 3 4 5
Très peu Un peu Modérément Beaucoup Énormément
Pas du tout
______Actif(ve) ______Craintif(ve)
______Alerte ______Honteux(se)
______Attentif(ve) ______Agité(e)
______Déterminé(e) ______Peiné(e)
______Enthousiaste ______Hostile
______Excité(e) ______Coupable
______Inspiré(e) ______Nerveux(se)
______Intéressé(e) ______Effrayé(e)
______Fièr(e) ______Contrarié(e)
______Fort(e) ______Irritable
&
Tableau&2.9&:&La&PANAS&de&Watson&et&al.&(1988)&(version&française).&
[Link])%PWBMS%:%Psychological%WellLbeing%Manifestation%Scale%(Massé%et%al.,%1998)%%
109
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
110
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Items
Estime de soi Sociabilité
Je me suis senti(e) en confiance J’avais facilement un beau sourire
Je me suis senti(e) aimé(e) et apprécié(e) J’avais beaucoup d’humour, je faisais rire mes amis
J’étais satisfait(e) de mes réalisations, j’étais fière de moi J’avais une bonne écoute pour mes amis
Je me suis senti(e) utile J’ai été en bon terme avec mon entourage
Équilibre Contrôle de soi et des événements
Je me suis senti(e) équilibré(e) émotivement J’ai su affronter positivement des situations difficiles
J’ai été égal(e) à moi-même, naturel(le), en toutes J’ai pu faire la part des choses lorsque confronté(e) à des
circonstances situations complexes
J’ai vécu avec modération, en évitant de tomber dans les
J’ai facilement trouvé des solutions à mes problèmes
excès
Ma vie était bien équilibrée entre mes activités
J’étais plutôt calme, posé(e)
professionnelles, familiales et personnelles
Engagement social Bonheur
J’avais des buts, des ambitions J’ai eu l’impression de vraiment jouir de la vie
J’étais curieux(se), je m’intéressais à toutes sortes de choses J’étais bien dans ma peau, en paix avec moi-même
J’ai été fonceur(se), j’ai entrepris plein de choses J’ai trouvé la vie excitante et j’ai eu envie d’en profiter
J’ai eu le goût de m’amuser, de faire du sport, de pratiquer
J’avais un bon moral
mes loisirs et activités préférées
Je me suis senti(e) en santé, en pleine forme
&
Tableau&2.10&:&L’ÉMMBEP&de&Massé&et&al.&(1998).&
[Link])%Scales%of%Psychological%WellLbeing%(Ryff,%1989)%%
111
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Tout à fait en Passablement Plus ou moins Plus ou moins Passablement Tout à fait
désaccord en désaccord en désaccord d’accord d’accord d’accord
Acceptation de soi
Lorsque je fais le bilan de ma vie, je suis heureux(se) de la tournure des événements.$
En général, j'ai confiance en moi et je suis positif(ve) envers moi-même.
Si j’en avais la chance, il y a beaucoup de choses de moi-même que je changerais.
J’aime la plupart des aspects de ma personnalité.$
À bien des égards, je suis déçu(e) de mes réalisations dans la vie.
Dans l'ensemble, je suis fier(ère) de ce que je suis et de la façon dont je mène ma vie.
Autonomie
Je ne crains pas de faire entendre mes opinions, même lorsqu’elles sont opposées à celles de la plupart des
gens.$
J’ai tendance à me soucier de ce que les autres pensent de moi.$
J’ai tendance à me laisser influencer par les gens qui ont des opinions fermes.
J’ai confiance en mes propres opinions, même si elles vont à l’encontre du consensus général.$
Il m’est difficile de faire entendre mes propres opinions sur des sujets
Je change souvent d’idée lorsque mes amis ou ma famille sont en désaccord avec mes décisions.$
Je me soucie de la façon avec laquelle les gens évaluent les choix que j’ai faits dans ma vie.
Je me juge à partir de ce que je considère important et non à partir des valeurs que les autres trouvent
importantes.
Maitrise de l'environnement
De façon générale, je sens que j'ai le contrôle de la situation dans laquelle je vis.
$Les exigences de la vie de tous les jours me dépriment souvent.$
Je me débrouille plutôt bien avec les responsabilités de la vie quotidienne.
Si ma situation me rendait malheureux(se), je prendrais des moyens efficaces pour la changer.
J’ai de la difficulté à organiser ma vie de façon satisfaisante.
Je suis parvenu(e) à me construire un foyer et un style de vie qui me plaisent beaucoup.
Croissance personnelle
De façon générale, j’ai l’impression d’en apprendre toujours plus sur moi-même au fur et à mesure que le
temps passe.$
Je ne veux pas essayer de nouvelles façons de faire les choses; ma vie est bien telle qu’elle est.
Je pense qu’il est important de vivre de nouvelles expériences qui remettent en question notre façon de se voir
et de voir le monde.
$À bien y penser, je ne me suis pas vraiment amélioré(e) avec les années.
Avec le temps, j’ai l’impression de m’être développé(e) beaucoup en tant que personne.$
Pour moi, la vie fut un processus continu d’apprentissage, de
J'ai renoncé depuis longtemps à faire de grandes améliorations ou de gros changements dans ma vie.
changement et de croissance.
Relations positives avec autrui
Je me sens souvent seul(e), car j’ai peu d’amis intimes avec qui partager mes intérêts et mes inquiétudes.
Il n’y a pas beaucoup de gens qui veulent m’écouter quand j’ai besoin de parler.
J’ai le sentiment de récolter beaucoup de mes amitiés.
$Il me semble que la plupart des gens ont plus d’amis que moi.$
Je n’ai pas vécu beaucoup de relations chaleureuses et pleines de confiance avec les autres.
Je sais que je peux avoir confiance en mes amis et ils savent qu’ils peuvent me faire confiance.
Sens de la vie
Je me sens bien lorsque je pense à ce que j’ai accompli dans le passé et à ce que j’espère accomplir dans le futur.
$J’ai une direction dans la vie et ma vie a un sens.$
Je ne sais pas trop ce que j’essaie d’accomplir dans la vie.
J’aime faire des plans pour le futur et travailler à les réaliser.$
Je suis une personne active lorsque vient le temps de réaliser mes projets.$
Mes buts dans la vie furent plus une source de satisfaction que de frustration.
Tableau&2.11&:&Version&courte&de&l’échelle&de&mesure&du&bienEêtre&psychologique&de&Ryff&(1989)&
proposée&par&Van&Dierendonck&(2004).'
112
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
[Link])%Personal%Projects%Analysis%(McGregor%&%Little,%(1998)%
L’échelle Personal Projects Analysis (PPA) de McGregor et Little (1998) mesure les
relations entre l’évaluation des caractéristiques des buts des individus, le bonheur
et les facteurs de sens qui ont émergés des analyses factorielles des diverses mesures
de bien-être. Plusieurs échelles de mesure ont également été mobilisées pour mesurer
la satisfaction dans la vie, les affects négatifs, les affects positifs et le sens de la vie
(Domain-specific life satisfaction ; The Center for Epidemiological Studies
Depression Scale, CED-S (Radloff (1977) ; Perceived Stress Scale (Cohen, Kamarck &
Mermelstein, 1983) (1983); The positive affect module of the Affect Balance
Scale (Bradburn, The structure of psychological well-being, 1969); The Purpose In
Life scale, PIL (Crumbaugh & Maholick, 1964)). Le PPA est composé de 37
dimensions constituées d’un item par dimension (tableau 2.12).
L’objectif des travaux des auteurs était de démontrer qu’il existe une relation entre le
bonheur et l’efficacité ainsi que le sens et l’intégrité (figure 2.7).
Meaning
Integrity
(consistency)
symbolic
function
Personal instrumental
Efficacy Happiness
Projects function
&
Figure&2.7&:&Dual&functions&of&personal&projects&(McGregor&&&Litte,&1998).&
Les travaux des auteurs ont permis de faire émerger trois « primary identaty themes » :
argentic, communal et hedonic individuals. Les auteurs constatent que les argentic
individuals sont plus heureux lorsque leurs projets personnels ont le soutien des
autres, les communal individuals le sont lorsque leurs projets sont plaisants et enfin les
hedonic individuals sont heureux lorsqu’ils les accomplissent.
113
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Outre ces résultats, les auteurs ont voulu mettre en avant la différence des deux
types de bien-être : le bonheur et le sens. En effet, le bonheur est communément
utilisé pour désigner le bien-être. Il fait référence à la satisfaction dans la vie et
l’affect positif. Le sens renvoie principalement au but et à la croissance. Ainsi, la
principale contribution de leurs recherches repose sur le lien existant entre bonheur
et efficacité ainsi que l’intégrité des buts et le sens.
En d’autres termes, McGregor et Little (1998) distinguent deux aspects différents du
bien-être : le bonheur et le sens. Le sens correspond à la croissance personnelle
comme le fait d’avoir un but, une finalité dans la vie, la qualité des relations
interpersonnelles, la générativité et l’autonomie. Le bonheur, quant à lui, correspond
aux affects positifs et négatifs ainsi que la satisfaction dans la vie. De plus, les auteurs
mettent en avant le lien entre les primary identaty themes et les projets personnels sur
le sentiment de bien-être.
114
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
32. Significance How important or significant does each project make you feel when engaged in it? a
33. Stress How stressful is it for you to carry out each project? a,b,c
34. Time pressure $How much do you feel that the amount of time available for working on each project is adequate? a,b,c
To what extent do you feel you can trust the most significant other person associated with each
35. Trust
project? a,b
36. Value congruency To what extent is each project consistent with the values which guide your life? a,b,c
How visible is each project to other people, that is, how aware do you think others are that you are
37. Visibility
doing each project? a,b
a b c
This dimension was included in Study 1. A version of this dimension was included in Study 2. A version of this dimension was used in the senior manager study.
&
Tableau&2.12&:&Personal&Project&Rating&Dimensions&(McGregor&&&Little,&1998).&
115
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
[Link])%Keyes,%Shmotkin,%&%Ryff%(2002)%
• Le bien-être subjectif : « The life satisfaction measure » qui est une adaptation
de l’échelle de Cantril (1965) (composé d’un item) et une échelle sur les affects
positifs et négatifs. Pour ce dernier, les individus doivent indiquer le nombre
de fois où ils ont ressenti des affects positifs et négatifs parmi ceux proposés
(six pour chaque type d’affect) au cours des 30 derniers jours ;
• Le bien-être psychologique : l’échelle de mesure du bien-être psychologique
de Ryff (1995) ;
• Personnalité : The five-factor personnality dimensions de Lachman & Weaver
(1997).
116
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
0,37 Autonomy
0,47 Personal
Growth
0,53
Psychological Purpose
in Life
Well-Being 0,61
Positives
Relations
0,71
Environmental
0,80 Mastery
0,84
Self
Acceptance
0,81
Positive
Subjective
Affect
Well-Being
0,75
& Negative
Affect
& 0,65
& Life
Satisfaction
&
&
Figure&2.8&:&Standardized¶meter&estimates&of&a&model&of&wellEbieng&with&two&oblique&factors&
(Model&4)&(Keyes,&Shmotkin,&&&Ryff,&2002).&
[Link])%Beliefs%about%wellLbeing%scale%(McMahan%&%Estes,%2011)%
Le Beliefs about Well-Being Scale (BWBS) est une échelle de mesure développée par
McMahan et Estes (2011) et qui mesure le bien-être à travers ses quatre
dimensions :
117
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Afin de construire cette échelle, les auteurs ont réalisé deux types d’études. La
première consistait à identifier les dimensions qui composent le bien-être et
d’examiner les corrélations existantes avec d’autres outils de mesure du bien-être.
Les échelles de mesure utilisées pour cette étude sont :
1 2 3 4 5 6 7
Strongly Neutral Strongly
Desagree Agree
1. A great amount of pleasure
2. Experiencing a great deal of sensual pleasure
3. Living in ways that benefit others
4. Not experiencing hassles
5. Making the world a better place
6. Working to achieve one’s true potential
7. Not experiencing negative emotions
8. The identification and cultivation of one’s strengths
9. Experiencing euphoria and pleasure
10. Being a positive influence within the community
11. The exertion of effort to meet life’s challenges
12. Pleasurable experiences
13. Contribution to society
14. A lack of unpleasant experiences
15. A hight degree of self-knowledge
16. A lack of painful experiences
&
Tableau&2.13&:&Échelle&de&mesure&BWBS&(McMahan&&&Estes,&2011).&
118
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Temps 1 Temps 2
BWBS (McMahan & Estes, 2011) Test-retest
n = 406 n = 167
The Experience of Pleasure 0.87 0.85 0.55
Avoidance of Negative Experience 0.91 0.92 0.61
Self-Development 0.78 0.79 0.54
Contribution to Others 0.88 0.88 0.65
&
Tableau&2.14&:&Alpha&de&Cronbach&et&testEretest&du&BWBS&(McMahan&&&Estes,&2011).&
[Link])%Échelle%de%mesure%du%bienLêtre%de%Warr%(1990)%
119
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
[Link])'L’échelle'de'mesure'du'bienAêtre'de'Daniels'(2000)':'
Dans la continuité des travaux de Warr (1990), Daniels (2000) propose une autre
échelle de mesure du bien-être. Cette fois-ci l’auteur prend en considération cinq
axes dont trois sont repris du modèle de Warr (1990) :
120
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
points (1= tout à fait en désaccord ; 7= tout à fait d’accord). Pour mesurer la
deuxième dimension, Daniels (2000) a utilisé la version UK du SF-36 (Jenkinson et al,
1996). Cet instrument de mesure évalue neuf aspects de la santé mentale et
physique :
Les résultats du questionnaire indiquent un score. Plus celui-ci est élevé, plus le
sentiment de bien-être de l’individu est élevé.
121
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
2.2.2)'Les'échelles'de'mesure'du'bienAêtre'au'travail''
[Link])%Workplace%wellLbeing%index%(Page%K.%,%2005)%
L’échelle « workplace well-being index » est proposée par Page en 2005. Selon les
propres termes de l’auteur, celle-ci est encore en stade de développement. Dans ce
cadre, il est tout à fait possible que les premiers résultats puissent changer selon
l’avancement de ses travaux.
122
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
2.2.2)'L’indice'de'bienAêtre'psychologique'au'travail'(IBEPT)'(DagenaisADesmarais'&'
Savoie,'2011)''
'
L’IBEPT est un outil de diagnostic de la santé psychologique positive au travail. Il
permet de d’appréhender les facettes du bien-être psychologique du travail au
niveau individuel, groupal et organisationnel. Il donne un indice sur l’intensité de
ces différentes facettes (fortes ou faibles).
Cet outil de mesure a été créé à partir d’une étude qualitative ce qui lui confère une
bonne validité de contenu. Le questionnaire a été administré à 1080 travailleurs
québécois. Les analyses factorielles exploratoires indiquent une structure interne de
l’instrument de cinq dimensions – adéquation interpersonnelle au travail,
épanouissement dans le travail, sentiment de compétence au travail, reconnaissance
perçue au travail, volonté d’engagement au travail – mesurées à l’aide de 25 items.
D’après l’auteur, l’analyse des intercorrélations montre une bonne validité de
construit sans toutefois préciser la valeur. L’instrument présente une bonne validité
convergente et divergente et affiche une cohérence interne satisfaisante. AFE :
L’IBEPT présente un indice KMO égal à 0.980. La variance expliquée est de 70.243 %.
AFC : l’alpha de cronbach est égal à 0.964, pour chaque dimension l’indice est de :
123
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
124
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
Reconnaissance
Je sens que mon travail est reconnu
Je sens que mes efforts au travail sont appréciés
Je sais que les gens croient aux projets sur lesquels je travaille
J'ai l'impression que les gens avec qui je travaille reconnaissent ma compétence
Je sens que je suis un membre à part entière de mon organisation
Sentiment de compétence
Je sais que je suis capable de faire mon travail
J'ai confiance en moi au travail
Je me sens efficace et compétent dans mon travail
J'ai le sentiment de savoir quoi faire dans mon travail
Je connais ma valeur comme travailleur
Volonté d’engagement au travail
J'aime relever des défis dans mon travail
Je désire contribuer à l'atteinte des objectifs de mon organisation
J'ai envie de prendre des initiatives dans mon travail
Je me soucie du bon fonctionnement de mon organisation
J'ai envie de m'impliquer dans mon organisation au-delà de ma charge de travail
Adéquation interpersonnelle
J'apprécie les gens avec qui je travaille
Je trouve agréable de travailler avec les gens de mon travail
Je m'entends bien avec les gens à mon travail
J'ai une relation de confiance avec les gens de mon travail
Je me sens accepté comme je suis par les gens avec qui je travaille
Épanouissement au travail
J'ai un grand sentiment d'accomplissement au travail
J'aime mon travail
Je trouve mon travail excitant
Je suis fier de l'emploi que j'occupe
Je trouve un sens à mon travail
&
Tableau&2.17&:&Dimensions&et&items&de&l’IBEPT.&
[Link])%Échelle%de%mesure%positive%du%bienLêtre%au%travail%(EPBET)%(Biétry%&%Creusier,%
2013)
125
2.2) Les échelles de mesure du bien-être et bien-être au travail proposées par la littérature scientifique
l’échelle de mesure à un indice KMO de 0.849. Parmi les items, 8 ont une qualité de
représentation supérieure à 0.700 et 4 sont supérieurs à 0.600. L’outil obtient une
variance expliquée de 72.6 %. La cohérence interne de l’outil est satisfaisante
puisqu’elle indique un alpha de cronbach de 0.806. Pour chaque dimension, l’alpha
de cronbach est de 0.875 pour les relations entre les collègues, 0.838 pour le
management, 0.769 pour le temps et 0.733 pour l’environnement physique de travail.
En somme, les qualités métriques de l’EPBET en font un outil fiable et valide
statistiquement. L’une des principales limites de cet outil tient au nombre de
variables de contrôle.
Les items de l’EPBET :
126
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
Noms de l’outils Inspiré de… Proposé par Objet Dimensions Items
Santé au travail
Cabinet Mozart Engagement socio- nc nc
IBET©
Consulting organisationnel
MQVT© Qualité de vie au travail nc nc
État de santé
Environnement personnel
Mesure Management
Malakoff-Médéric Santé au travail Repli social 64 items
Santé
Hygiène de vie
Composante de travail et métier
Audit Social
Degré de cohésion du corps social
Relations de travail avec l’encadrement de proximité
European Social Landier et Labbé European Social Label Perception du comportement de la Direction
Climat social Perception des relations collectives de travail 20 items
Label (2005) Institute
Perception de l’avenir et de l’environnement de l’entreprise
Les conditions de travail
Landier et Labbé
Sociodag MCS/Synergence Climat social et RPS nc 40 items
(2005)
Le recrutement 98 items
L’ambiance de travail
La formation
Les relations managériales
La carrière
Le baromètre social La rémunération
Cabinet Opentojob Le climat social
Opentojob L’équilibre vie privée/vie professionnelle
Les relations humaines
Les conditions de travail
Le changement
L’innovation
La citoyenneté
Mars-Lab Le climat social
L’exposition aux stresseurs organisationnels et sociaux
Outils de La qualité managériale
diagnostics de la Performance sociale La qualité de la gouvernance sociale
performance Le moral des salariés
L’implication des salariés
La représentation sociale du travail et la valeur travail
!
Tableau!2.19!:!Tableau!récapitulatif!des!caractéristiques!des!échelles!de!mesures!proposées!par!les!cabinets!de!conseils!en!France.!
127
127
Noms de l’outils Inspiré de… Proposé par Objet Dimensions Items
128
Travail d’équipe
Employee Croissance
Engagement Psychologie Engagement 1 : 12
Gallup Bien-être de la carrière
Survey et Well- positive Bien-être général 2 : nc
Bien-être social
being Finder
Bien-être financier
Bien-être physique
Bien-être communautaire
Enquête
128
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
Items Raisonnement
Nom et auteurs Concept mesuré Dimensions Alpha de Cronbach Limites (et avantages ?)
Items/dimension logique
Personal Expressive 12 items
Activities Échantillons d’étudiants de faibles tailles et très
Bonheur Hypothético-déductif 0,90 et 0,93
Questionnaire : Expression de soi-même 1! 6 majoritairement féminins
(Waterman, 1993)
Plaisir hédonique 2! 6
Relations positives avec
autrui
Autonomie 20/dimension
L’échelle de mesure 14/dimension + : qualités psychométriques sont meilleurs lorsque les
du bien-être Bien-être Maîtrise de l’environnement Version courte : dimensions ne comportent que six à huit items
psychologique (Ryff psychologique Sens de la vie Version courte : 39 0,67≤ α ≤0,84 - : alpha de cronbach très faible dans sa version longue
& Keyes, 1995) items (Van (0,33≤ α ≤ 0,56)
Croissance personnelle Dierendonck, 2004)
Relations positives avec
autrui
McGregor et Little Être bien, être soi- Bonheur « Petits échantillons d’étudiants, complication d’échelles
65 items Hypothético-déductif 0,64<alpha<0,89
(1998) même Sens existantes et d’étendues différentes
Satisfaction en général
Affect positif
Affect négatif
Acceptation de soi Échelles non réellement novatrices ; alpha très faible
Keyes, Shmotkin, & Bien-être subjectif
24 items Hypothético-déductif 0,37<alpha<0,87 pour le BE psychologique ; problème au niveau de la
Ryff (2002) psychologique Relations positives
structure factorielle
Maîtrise de l’environnement
Croissance personnelle
Autonomie
But dans la vie
Expérience du plaisir
Beliefs about well-
Conception du bien- Évitement des expériences
being scale Échantillons d’étudiants, très majoritairement féminins
être, négatives 16 items Inductif et déductif 0,78<alpha<0,92
(McMahan & Estes, et diplômés
bien-être ressenti Développement personnel
2011)
Aide à autrui
Adéquation
interpersonnelle au travail
Épanouissement au travail
(IBEPT) (Dagenais- Bien-être Sentiment de compétence au Échantillon composé majoritairement de femmes
Desmarais & Savoie, psychologique au travail 25 items Inductif 0,96
Devis de recherche transversal
2011) travail Reconnaissance perçue au
travail
Volonté d’engagement au
travail
!
Tableau!2.21!:!Caractéristiques,!apports!et!limites!des!échelles!de!mesure!eudémoniques!et!combinées!(inspiré!de!Creusier,!2013!;!Biétry!et!Creusier,!
2013).!
129
129
!
130
130
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
2.3)%Analyse%des%échelles%de%mesure%existantes%du%bien8être%et%du%bien8être%
au%travail%:%
2.3.1)&Les&outils&de&mesure&proposés&par&les&cabinets&de&conseil&:&&
131
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
2.3.2)&Les&échelles&de&mesure&issues&de&la&recherche&scientifique&:&
[Link])&Les&échelles&de&mesure&hédoniques&:&&
132
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
Par exemple, Diener (1994) propose de mesurer le concept de bien-être à travers trois
dimensions : les émotions (du plus négatif au plus positif), leur intensité et leur
stabilité dans le temps.
Les principales limites des échelles hédoniques résident dans la difficulté de
l’opérationnalisation du concept – notamment liée aux dérives conceptuelles – et à
son envie de s’intéresser particulièrement aux dimensions négatives.
Dans notre travail de recherche, nous avons répertorié – sans prétendre à une
exhaustivité – un certain nombre d’échelles de mesure de bien-être selon l’approche
hédonique. L’analyse de ces outils nous a permis de relevé que tous ces outils, à
l’exception de Massé et al., (1998), ont été construit à partir d’une démarche
hypothético-déductive. De plus, la plupart de ces échelles sont multidimensionnelles,
hormis l’Index of Psychological Well-being (Berkman, 1971) qui propose une seule
dimension : la disposition affective. Les autres outils tels que le PANAS (Watson et
al., 1988), Warr (1990) et Daniels (2000) sont multidimensionnels.
Les échelles hédoniques suivent des axes mettant en opposition des aspects négatifs
à des aspects positifs reflétant le principe même de l’approche.
133
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
&[Link])&Les&échelles&de&mesure&eudémoniques&et&combinées&
134
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
Tout d’abord, parmi les échelles de mesure présentées dans le tableau 21, deux sont
issus d’une approche purement eudémonique : l’échelle de mesure du bien-être
psychologique (Ryff, & Keyes, 1995) et l’indice du bien-être psychologique au travail
(Dagenais-Desmarais, & Savoie, 2011). Cependant, la différence fondamentale entre
ces deux échelles est que la première s’intéresse au bien-être de manière générale et
la seconde considère le bien-être au travail comme une sphère à part entière.
Certaines dimensions de ces deux outils présentent de forte corrélation comme par
exemple : « relations positives » (Ryff, & Keyes, 1995) et « relations épanouissantes »
(Dagenais-Desmarais, & Savoie, 2011).
Ces deux échelles présentent des limites. D’une part les qualités métriques de
l’échelle de mesure du bien-être psychologique (Ryff, & Keyes, 1995) restent
discutables en raison des alphas de Cronbach assez faibles pour certaines
dimensions. En outre, cet outil mesure à la fois le bien-être en général et le bien-être
au travail, ce n’est donc pas une mesure spécifique du construit. D’autre part,
l’échelle de Dagenais-Desmarais et Savoie (2011), même si celle-ci est spécifique au
construit de bien-être au travail, présente un biais d’échantillonnage. En effet, 75 %
de son échantillon sont des femmes, 50 % des fonctionnaires et 96,5 % des diplômées
de l’université.
Les autres échelles de mesure recensées combinent les deux approches :
eudémonique et hédonique (par ex : Keyes, Shmotkin, & Ryff (2002) et McGregor,
& Little, 1998). L’objectif de cette démarche est de mettre en avant la distinction des
135
2.3) Analyse des échelles de mesure existantes du bien-être et du bien-être au travail
136
Conclusion du chapitre 2
Conclusion%
En conclusion, parmi l’offre présentée, et outre les limites identifiées, deux seulement
sont dédiés spécifiquement à la mesure du concept : l’indice de bien-être
psychologique au travail (Dagenais-Desmarais & Savoie, 2011) et l’échelle de mesure
positive du bien-être au travail (Biétry et Creusier, 2013).
Pour le reste, les outils sont soit des échelles de mesure adaptés au contexte du
travail soit des mesures de concepts proches.
137
Table des matières du chapitre 3 :
Chapitre%3.%De%l’étude%exploratoire%au%modèle%conceptuel%
Introduction%...............................................................................................%140!
3.1)%Le%positionnement%épistémologique%....................................................%143!
3.2)%Les%étapes%de%construction%de%l’échelle%de%mesure%...............................%147!
3.2.1)&Définition&du&construit&(Construct&definition)&...................................................................................................&147&
3.2.2)&Classification&de&l’objet&(Object&classification)&...................................................................................................&148&
3.2.3)&Classification&de&l’attribut&(Attribute&classification)&........................................................................................&148&
3.2.4)&Identification&des&juges&(Rater&identification)&....................................................................................................&150&
3.2.5)&Affinement&de&la&définition&du&construit&(Construct&definition&continued)&..........................................&151&
3.2.6)&Création&de&l’échelle&de&mesure&(Scale&formation)&...........................................................................................&151&
3.2.7)&L’énumération&(Enumeration)&:&................................................................................................................................&151&
3.3)%L’étude%exploratoire%:%..........................................................................%152!
3.3.1)&Les&objectifs&et&le&terrain&d’investigation&..............................................................................................................&153&
3.3.2)&La&méthode&de&collecte&des&données&......................................................................................................................&154&
[Link])&L’échantillon&:&..........................................................................................................................................................&155&
[Link])&La&méthode&de&traitement&des&données&......................................................................................................&160&
[Link])&Traitement&et&analyse&des&données&:&.............................................................................................................&160&
[Link])&Utilisation&du&logiciel&NVivo&:&...........................................................................................................................&160&
[Link])&Le&codage&:&................................................................................................................................................................&161&
[Link])&L’arborescence&:&.....................................................................................................................................................&163&
3.3.3)&Le&Card%sorting&:&...............................................................................................................................................................&168&
[Link])&Le&tri&de&cartes&ouvert&..........................................................................................................................................&170&
[Link])&Analyse&des&données&............................................................................................................................................&171&
[Link])&Le&tri&de&cartes&fermé&:&.........................................................................................................................................&172&
3.3.4)&Le&préStest&..........................................................................................................................................................................&174&
3.3.5)&La&démarche&CSOARSSE&:&..............................................................................................................................................&179&
3.4)%Modèle%conceptuel%et%hypothèses%de%recherche%..................................%183!
3.4.1)&Les&hypothèses&de&recherche&:&...................................................................................................................................&183&
[Link])&L’environnement&de&travail&:&............................................................................................................................&184&
[Link])&L’ambiance&de&travail&:&........................................................................................................................................&185&
[Link])&La&reconnaissance&au&travail&............................................................................................................................&186&
[Link])&L’épanouissement&au&travail&.............................................................................................................................&187&
[Link])&La&bienveillance&de&l’entreprise&......................................................................................................................&188&
138
Table des matières du chapitre 3 :
[Link])&Les&caractéristiques&du&poste&:&........................................................................................................................&189&
3.4.2)&Le&modèle&conceptuel&:&.................................................................................................................................................&189&
Conclusion%..................................................................................................%191!
139
Introduction au chapitre 3
Introduction%%
Les précédents chapitres de ce travail ont mis en évidence deux points essentiels.
D’une part, le manque de consensus autour de la définition du bien-être au travail et
d’autre part, la carence d’échelles de mesure spécifiques du bien-être au travail.
Ces différents éléments ont orienté notre travail de recherche vers une construction
et une validation d’une échelle de mesure du bien-être au travail. À ce stade de
notre recherche, il convient donc de réaliser une étude exploratoire visant à définir et
à déterminer les différentes dimensions qui composent le bien-être au travail.
140
Introduction au chapitre 3
Autrement dit, cette méthode offre la possibilité de s’assurer que les représentations
de construit présentent une certaine cohérence du point de vue des personnes
interrogées et que les items – censés les mesurer – partagent effectivement un sens
commun inhérent au même construit.
Dans le cadre de notre recherche, le tri de cartes nous permet de solliciter les salariés
de l’entreprise X afin de comprendre leurs « modèles mentaux » relatifs aux
dimensions du bien-être au travail et d’identifier les regroupements d’items
inhérents à ces dimensions. C’est une étape qui nous permet une validation du
construit théorique.
141
Chapitre 3
Chapitre%3.% .%De%l’étude%exploratoire%au%modèle%conceptuel%
Cela étant dit, nous avons fait le choix d’adopter la procédure C-OAR-SE (Rossiter,
2002) qui valorise davantage le rôle du chercheur notamment dans la définition du
142
3.1) Le positionnement épistémologique
construit. Ce dernier point nous paraît essentiel étant le manque de consensus autour
de la définition du concept de bien-être au travail.
3.1)%Le%positionnement%épistémologique%%%
Piaget (1967) 1
définit l’épistémologie comme « l’étude de la constitution des
connaissances valables » et Khun (1962) définit le paradigme comme étant « une
2
constellation de croyances, valeurs, techniques etc. partagées par une communauté donnée ».
Selon Gavard-Perret et al., (2008) « désormais, dans la plupart des disciplines des sciences
de gestion, l’exigence d’un questionnement épistémologique au démarrage de toute recherche
{…} semble incontournable, comme dans n’importe qu’elle autre science (Burell et Morgan,
1979 ; Weick, 1989 ; Martinet, 1990, pour qui « la réflexion épistémologique est
consubstantielle à la reherche qui s’opère » (p.8) ; Le Moigne, 2001, 2002, 2003 ; Tsoukas,
2005 ; Yanow et Schwartz-Shea, 2006) ». Il convient donc à ce stade de la recherche de
préciser notre posture et de la justifier. En effet, cette étape est essentielle car elle
permet au chercheur de « conférer une légitimité à son travail et aux choix qui le sous-
tendent (notamment méthodologique) » (Gavard-Perret et al., 2008). Pour illustrer l’utilité
de la démarche, Wacheux (1996) ajoute que « Dans le quotidien du chercheur, c’est
simplement pouvoir à tout moment légitimer sa recherche sur le phénomène étudié ».
1
in Gavard-Perret et al., (2008)
2
in Gavard-Perret et al., (2008)
143
3.1) Le positionnement épistémologique
144
3.1) Le positionnement épistémologique
Les paradigmes
145
3.1) Le positionnement épistémologique
Dans le cadre de notre travail de recherche doctoral, nous adoptons une posture
positiviste. Pour cela, nous avons opté pour deux démarches :
I D
Théories!
N É
D D
U U
Généralisations
C empiriques! Hypothèses ! C
T T
I I
O Observations!
O
N N
Figure%3.1%:%La%«%roue%de%la%science%»%(inspiré%de%Babbie,%19921)
1
Babbie, E. (1992), The Practice of Social Research, 6 éd., Belmont, Californie, Wadsworth Publishing Compagny in
e
Gavard-Perret et al., (2008), Méthodologie de la recherche, Réussir mon mémoire ou sa thèse en sciences de gestion, Paris,
Pearson Education.
146
3.2) Les étapes de construction de l’échelle de mesure
3.2)%Les%étapes%de%construction%de%l’échelle%de%mesure%%
Définition du construit!
Construct definition!
Classification de l'objet!!
Object classification!
Classification de l'attribut!
Affinement de la
Attribute classification!
définition du
construit
Identification des répondants!
%
Raters identification!
%
% Création de l'échelle!
% Scale formation!
%
% Calcul du score!
Enumeration!
%
%
Figure%3.2%:%La%démarche%C8OAR8SE%selon%Rossiter%(2002).%
&
3.2.1)&Définition&du&construit&(Construct&definition)&
1
« a conceptual term used to describe a phenomenon of theorical interest »
147
3.2) Les étapes de construction de l’échelle de mesure
Après avoir défini le construit, nous devons classer son objet, son attribut et ses
répondants en fonction de la classification OAR (figure 3.3).
3.2.2)&Classification&de&l’objet&(Object&classification)&
Selon Rossiter (2002), l’objet du construit peut être concret, abstrait collectif et
abstrait formé. Ainsi, les différentes classifications de l’objet sont (1) concret, (2)
abstrait collectif et (3) abstrait formé. L’auteur définit cette classification de la sorte :
3.2.3)&Classification&de&l’attribut&(Attribute&classification)&
148
3.2) Les étapes de construction de l’échelle de mesure
Ainsi, dans le cadre de notre recherche, l’attribut est abstrait formé car ses
principaux composants s’agrègent pour former l’attribut. En effet, Rossiter (2002)
donne plus de détails quant au caractère abstrait formé de l’attribut. Selon lui,
l’attribut abstrait formé possède quatre caractéristiques :
149
3.2) Les étapes de construction de l’échelle de mesure
3.2.4)&Identification&des&juges&(Rater&identification)&&
Objet! Attribut!
Répondants!
Figure%3.3%:%Étapes%OAR%de%Rossiter%(2002).%
%
Tableau%3.2%:%Classification%OAR%(Rossiter,%2002).%
150
3.2) Les étapes de construction de l’échelle de mesure
3.2.5)&Affinement&de&la&définition&du&construit&(Construct&definition&continued)&
3.2.6)&Création&de&l’échelle&de&mesure&(Scale&formation)&
3.2.7)&L’énumération&(Enumeration)&:&
L’objectif de cette étape de « calibrer l’instrument qui vient d’être élaboré par des calculs
d’indices et de moyennes qui pourront servir de normes pour les utilisateurs suivants de
l’échelle » (Evrard, Pras & Roux, 2009).
! Rossiter (2002) rejette l’idée d’établir la validité de contenu d’un questionnaire via
la matrice multitraits-multiméthodes. Cette matrice permet de juger à la fois de la
validité convergente et discriminante de la mesure. En effet, selon l’auteur, la
démarche C-OAR-SE met l’accent une validité de contenu assurée par les experts
pour identifier les attributs.
Toutefois, Rossiter (2002) n’exclut pas totalement l’étude de la validité prédictive à
condition que l’objectif ne soit pas de l’augmenter en supprimant des items au risque
au dépend de la validité de contenu.
151
3.3) L’étude exploratoire
3.3)%L’étude%exploratoire%:%
152
3.3) L’étude exploratoire
quantitatives (…) Une étude qualitative de nature exploratoire permet de se familiariser avec
les gens et leurs préoccupations. Elle peut aussi servir à déterminer les impasses et les
blocages susceptibles d’entraver un projet de recherche à grande échelle. Une recherche
descriptive posera la question des mécanismes et des acteurs (le comment et le qui des
phénomènes) ; par la précision des détails elle fournira des informations contextuelles qui
pourront servir de base à des recherches explicatives plus poussées ».
À travers ces différents constats, la problématique générale de notre recherche
doctorale
Nous aborderons, dans cette section, l’étude exploratoire dans son ensemble, des
entretiens qualitatifs à l’analyse des données issues de l’étude.
3.3.1)&Les&objectifs&et&le&terrain&d’investigation&&
153
3.3) L’étude exploratoire
nous avons choisi l’entretien sous ses 2 différentes formes : individuel et de groupe.
L’entretien est « une des méthodes qualitatives les plus utilisées en sciences de gestion »
(Romelaer, 2005). Les données recueillies via cette méthode « nous renseignent d’abord
sur la pensée de la personne qui parle et secondairement sur la réalité qui fait l’objet du
discours » (Albarello, 1995). L’entretien individuel et l’entretien de groupe présentent
tous les deux des avantages. En effet, l’entretien individuel est particulièrement
adapté pour explorer des processus complexes et/ou des sujets confidentiels et
tabous. Ce qui est le cas pour notre étude, puisque les salariés sont amenés à parler
de leur bien-être au travail mais aussi des causes éventuels de stress ou de mal-être
au travail. L’entretien individuel nous permet de traiter le sujet en profondeur.
L’entretien de groupe – ou focus group – amène un ensemble de personne à interagir
autour d’un sujet. La dynamique, ainsi crée, va affiner la perception et explorer de
nouvelles représentations. De plus, sa forme semi-directive amène une certaine
liberté pour le répondant et permet également au chercheur de baliser la
conversation afin que tous les thèmes soient abordés.
3.3.2)&La&méthode&de&collecte&des&données&
Afin de recueillir un plus grand nombre de répondants pour notre étude, nous avons
sollicité une entreprise, dans le secteur tertiaire, ayant près de 1600 salariés sur son
site.
Cette entreprise a mis en place un plan de communication pour informer les salariés
de son intention de réaliser une enquête sur le bien-être au travail. Toutes les étapes
de la démarche ont été présentées ainsi que la neutralité et l’indépendance du
chercheur ont été mises en avant. Nous avons également réalisé une immersion de
quelques jours afin de comprendre, de manière générale, son fonctionnement. Ces
différentes étapes ont permis de mettre en confiance les salariés et réduire les
éventuelles réticences à l’égard de l’étude. Par la suite, nous avons mis en place un
calendrier pour les entretiens individuels et collectifs. Un service interne à
l’entreprise s’est chargé de former un échantillon représentatif sur la base du
volontariat.
154
3.3) L’étude exploratoire
[Link])&L’échantillon&:&&
Un échantillon représentatif de 67 personnes a été constitué. En effet, selon Evrard
(2002), l’échantillon doit être représentatif de la diversité de la population de salariés
de l’entreprise. Tous les entretiens ont été réalisés sur la base du volontariat. Parmi
les 67 personnes choisies seulement deux n’ont pas souhaité participer à l’étude.
Pour répondre à nos objectifs de recherche – la perception du BET selon les salariés et
l’identification des dimensions qui la composent – 29 entretiens individuels semi-
directifs, d’une durée moyenne de 45 min à 1h40 ont été menés, ainsi que 5 focus
group (38 salariés au total), d’une durée moyenne de 1h15 à 2h15 (tableau 3.3). La
taille de l’échantillon a été déterminée par la méthode de saturation sémantique
(Roussel P. W., 2005) qui doit remplir les deux conditions suivantes :
Les données recueillies représentent un volume de 35h38 dont 26h54 pour les
entretiens individuels et 8h44 pour les entretiens de groupe.
Individuels 29 26h54
TOTAL 67 35h38
%
Tableau%3.3%:%Récapitulatif%des%entretiens%réalisés.%
Les différents entretiens ont été menés, en face à face, au sein même de l’entreprise
dans un bureau prévu à cet effet. Tous les entretiens ont été enregistrés, avec l’accord
préalable du salarié, et retranscrits dans son intégralité. Les données ainsi recueillies
ont été analysées sur la base des vertatim obtenu grâce à la méthode de codage
réalisée à partir du logiciel d’analyse des données qualitatives NVivo 10.
L’objectif de ces entretiens était d’interroger des salariés de l’entreprise sur leur
perception du BET, leurs éventuelles expériences de BET, ses causes et conséquences
155
3.3) L’étude exploratoire
sur eux-mêmes mais aussi sur d’éventuelles situations de mal-être au travail ainsi
que leurs causes et conséquences.
Tous les entretiens réalisés sont de type semi-directifs et ont été conduits à l’aide
d’un guide d’entretien élaboré par nos soins (figure 3.4). Appelé également « grille »
ou « canevas », il est « l’inventaire des thématiques à aborder au cours de l’entretien et des
données de fait qui, à un moment ou un autre de l’échange, feront l’objet d’une intervention
de l’enquêteur si l’enquêté ne les aborde pas spontanément » (Gavard-Perret et al., 2008) . 1
Celui-ci est construit sur la base de questions précises mais qui laisse, toutefois,
l’individu libre de ses propos et de son discours. Ce guide n’a pas été réalisé sur la
base d’un cadre conceptuel puisque que l’objectif de notre recherche est de définir le
bien-être au travail. En revanche, celui-ci a été validé par des experts académique et
professionnel. Notre guide d’entretien comprend quatre parties :
1
Freyssinet-Dominjon, J. (1997), op. cit., p. 158.
156
3.3) L’étude exploratoire
1
Pellemans, P. (1999), op. cit., p. 120.
157
3.3) L’étude exploratoire
Date : / / N° :
Bonjour,
Je suis Jamila Abaidi et je suis actuellement en troisième année de thèse. Mon sujet de thèse porte sur la mesure
du bien-être au travail. C’est dans ce cadre que je vous sollicite aujourd’hui pour relever votre perception du
bien-être au travail. Bien évidemment, votre participation ainsi que les résultats seront anonymes.
Afin de répondre aux exigences liées à cette méthodologie d’entretien, me permettez-vous d’enregistrer notre
interview en vue d’une retranscription de celui-ci ?
%
Figure%3.4%:%Le%guide%d’entretien.%
Ce guide n’a pas été modifié au cours des entretiens même si l’ordre des questions a
sensiblement changé en fonction du discours des personnes interrogées.
158
3.3) L’étude exploratoire
Afin d’être dans les conditions idéales pour mener à bien les entretiens semi-directif,
nous avons respectés toutes les règles suivantes (Roussel, 2005) :
En somme, le rôle tenu par le chercheur est d’avoir une écoute attentive et active, de
rebondir sur certaines idées du répondant, de l’encourager à les développer voire à
les expliquer si nécessaire.
PE RR RR R1 RR RR R2 RR R3 FIN
PE%=%Phrase%d’Entame%%%%%RR%=%Reformulation8Résumé%%%%%%R1,%R2,%etc.%=%Relance%1,%Relance%2,%etc.%
%
Figure%3.5%:%Schéma%de%conduite%d’entretien,%avec%reformulations8résumés%et%relances%(Roussel%P.%
W.,%2005)%
159
3.3) L’étude exploratoire
[Link])&La&méthode&de&traitement&des&données&
En amont du traitement des données, nous avons codé les entretiens de la manière
suivante :
• e. i 7
• fg 4
Puis, nous avons retranscrits l’ensemble des entretiens semi-directifs (voir annexe 7
et 8 pour un exemple d’entretien individuel et semi-directif).
[Link])&Traitement&et&analyse&des&données&:&
Selon Dumez (2010), « la mise en forme des données (codage, mise en séries et en synopses)
est un élément méthodologique essentiel et délicat qui se situe au cœur même de l’articulation
entre cadre théorique et matériau : elle ne peut pas faire abstraction de théories de départ et, en
même temps, elle doit viser à aider à la modification, à l’enrichissement, à la critique de ces
théories. Elle doit pouvoir s’appuyer sur des théories, dans en être prisonnière ». Notre
matériau ainsi constitué était composé de 1093 pages de retranscription d’entretien.
L’analyse de contenu thématique du matériau a été réalisée à l’aide du logiciel
d’analyse des données qualitatives NVivo 10. L’analyse effectuée via un processus
de codage se caractérise par l’élaboration d’une arborescence de « nœuds »
nécessitant plusieurs allers retours entre la théorie et les données empiriques
obtenues.
[Link])&Utilisation&du&logiciel&NVivo&:&
En recherche qualitative, il est courant d’avoir recours à un, voire plusieurs, logiciels
de traitements des données. Il existe différents types d’outil à l’instar de Tropes,
Alceste, Spad-T, Sphinx et NVivo. Chacun offre un traitement différent d’extraction
de résultats et n’opèrent pas sur les mêmes types d’objets et de corpus. Plusieurs
articles dans la littérature font état d’un comparatif des différentes solutions
logicielles sur le marché permettant ainsi à chacun de choisir correctement le logiciel
le plus adapté en fonction de ses besoins (Fallery & Rodhain, 2007 ; Helme-Guizon &
160
3.3) L’étude exploratoire
Gavard-Perret, 2006 ; Point & Voynet-Fouboul, 2006). Après l’étude des différentes
possibilités s’offrant aux chercheurs, notre choix s’est porté sur le logiciel NVivo. La
liberté en matière de gestion du codage, de modification du dictionnaire des thèmes
et d’ajout de données nous paraît être essentiels et pertinents dans le cadre d’une
recherche qualitative exploratoire. NVivo permet également d’analyser de manière
plus rapide et efficace que la méthode manuelle. Outre ces avantages, le logiciel
rappelle l’analyse manuelle papier-crayon « Stabilo Boss qui permet de classer et
d’organiser les données recueillies.
[Link])&Le&codage&:&
Après avoir collectées les données, vient l’étape du codage qui explore dans les
détails des retranscriptions (Berg, 2003). C’est une étape complexe qui nécessite une
certaine organisation. L’enregistrement et la retranscription des entretiens ont été
soigneusement réalisés. Et afin de maintenir un rythme régulier, les entretiens ont été
retranscrits au fur et mesure de leur réalisation. Étant donné la nature de notre sujet,
nous n’avons pas eu de grille d’analyse préétablie, ainsi la procédure du codage est
restée ouverte et inductive (open coding). La grille d’analyse a été élaborée à partir du
verbatim.
Le codage ouvert a permis d’identifier les sous-ensembles correspondant aux sous-
catégories de thèmes plus généraux.
Une fois retranscrits, un codage ouvert (open coding) a été effectué en deux étapes.
Une première lecture « flottante » a été effectuée afin de se remémorer l’entretien et
identifier les codes de premier niveau soit « les unités de signification pour l’information
descriptive » (Miles, 2003). Élaborés au cours de la première lecture, les codes sont
univoques et peuvent être identifiés par d’autres chercheurs. Pour compléter cette
démarche, Huberman & Miles (1991) préconisent de faire un double codage.
Toutefois, comme l’indique Ayache & Dumez (2011) « s’il faut deux à trois mois à temps
plein pour coder une trentaine ou plus d’entretiens » il serait difficile pour un collègue de
161
3.3) L’étude exploratoire
passer autant de temps à réaliser un double codage. De plus, d’après les auteurs, il
est « impossible sur un codage « pur » dans lequel il faut saturer les catégories trouvées. C’est
possible sur un codage « théorique » (les catégories sont données par la théorie et on les
retrouve dans le matériau) ». Allard-Poesi (2003) précise également que « le codage des
données n’est ainsi qu’un codage (une interprétation) parmi de multiples autres possibles. Il
ne s’agit donc pas d’un « décodage » d’un monde à découvrir, mais d’un « encodage » par le
biais d’une langue (des unités et des catégories) en partie construite par le chercheur. Le
codage devient ainsi une construction précaire dépendant de l’inventivité du chercheur, une
forme de bricolage qui, en tant que telle, peut être envisagée plus sereinement et librement ».
Nous avons effectué, dans un second temps, une lecture plus approfondie afin
d’effectuer une codification thématique. Ce type de codification va permettre au
chercheur de passer à un niveau plus général voire explicatif (Miles, 2003). Cette
étape implique de comprendre les « patterns ». Autrement dit, la codification
thématique a pour objectif d’identifier les thèmes et de rassembler les codes en
fonction de ces thèmes. Le thème, est défini par Bardin (2001) comme étant « l’unité
de signification qui se dégage naturellement d’un texte analysé selon certains critères relatifs
à la théorie qui guide la lecture ». En d’autres termes et suivant le « jargon » NVivo,
nous avons dans un premier temps repéré les « nœuds », les « sous-nœuds », etc. pour
aboutir à une arborescence appelée aussi un « arbre à nœuds ».
Les thèmes recherchés dans notre recherche sont ceux qui correspondent au bien-être
au travail. Ce qui signifie, qu’il faut repérer les « noyaux de sens » qui sont en lien
avec notre objet de recherche. A l’instar de Bardin (2001), l’analyse thématique
permet au chercheur d’avoir une certaine latitude. Selon l’auteur, « le thème comme
162
3.3) L’étude exploratoire
unité d’enregistrement correspond à une règle de découpage qui n’est pas donnée une fois
pour toutes, puisque le découpage dépend du niveau d’analyse et non de manifestations
formellement réglées ». Étant donné que nous avons effectué des entretiens semi-
directifs sur la base d’un guide d’entretien, l’analyse thématique a été privilégiée au
comptage des fréquences ou des occurrences. De cette manière, on respecte la
cohérence inter-entretiens qui facilite l’émergence de la signification du discours.
Comme nous l’avons expliqué précédemment, notre guide d’entretien n’a pas été
construit sur la base d’un cadre conceptuel. En effet, l’objectif de notre étude étant de
proposer une conception du bien-être au travail. Le type de codage ainsi effectué est
qualifié de codage émergent ou ouvert.
A l’issue du codage d’une dizaine d’entretiens, nombre pour lequel nous avons
remarqué que nous étions arrivée à « saturation », aucun nouveau code n’avait
émergé de l’analyse. Par la suite, nous avons sollicité un autre chercheur afin d’avoir
un regard critique sur les premières analyses.
[Link])&L’arborescence&:&
163
3.3) L’étude exploratoire
Figure%3.6%:%Arbre%de%Nœuds%du%Bien8être%au%travail,%version%1.%
164
3.3) L’étude exploratoire
Figure%3.7%:%Arbre%de%nœuds%du%Bien8être%au%travail,%version%2.%
165
3.3) L’étude exploratoire
D’après Miles et Huberman (2003), les codes doivent répondre à des exigences telles
qu’ils « doivent être reliés entre eux de manière cohérente, en prise directe avec l’étude ».
Après avoir déterminé les différents nœuds du corpus de données et après avoir
réalisé l’analyse, nous sommes arrivés à identifier plusieurs dimensions « primaires »
du BET. Et, au terme de cette analyse, plusieurs dimensions sont apparues :
Étant donné que plusieurs thèmes se chevauchent, il n’était pas possible de les
identifier en tant que dimensions bien distinctes. Nous avons donc regroupé les
dimensions qui se chevauchent pour n’en créer qu’une à chaque fois. De cette
manière, nous avons réduit notre liste à 6 dimensions :
L’issue de cette étape nous a permis d’identifier six dimensions du BET et de relever
tous les verbatim correspondants à chaque dimension (tableaux 3.5 et 3.6).
166
3.3) L’étude exploratoire
Dimensions Items
J'estime que la charge de travail est adaptée aux effectifs
J'ai une charge de travail assimilable
Je trouve que mes horaires de travail sont contraignants
Je trouve que mes horaires de travail sont flexibles
Je trouve que mes missions sont claires
J'ai des missions intéressantes
Caractéristiques du poste Je trouve que mes tâches sont diversifiées
Je trouve que mes tâches sont intéressantes
Mes objectifs sont clairs
Mes responsabilités sont bien définies
Mes objectifs ne sont pas réalisables
Je trouve que mes tâches sont répétitives
Mes responsabilités sont mal définies
J'estime que je dispose de bons outils de travail
Les outils de travail fournis par l'entreprise sont adéquats
Je trouve que l'entreprise est bien organisée
Environnement de travail J'estime que l'organisation de l'entreprise est claire
Je trouve que mon environnement de travail est agréable
Je trouve que mon environnement de travail est confortable
J'estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes
J'apprécie l'ambiance générale au sein de l'entreprise
Je trouve que l'ambiance de travail dans l'entreprise est conviviale
Je trouve qu'il y a une bonne entente au sein de l'équipe
Je pense que l'ambiance au sein de l'équipe de travail est joviale
J'ai le sentiment qu'il y a de bonnes relations entre collègues
Je trouve que mes collègues sont respectueux
Je trouve que mes collègues sont polis
Je sais que je peux compter sur mes collègues
Je pense qu'il y a un bon état d'esprit au sein de l'équipe
Ambiance de travail Je m'entends bien avec mes collègues
Il y a une bonne entente entre mes collègues
J'ai souvent des échanges avec mes collègues
Je trouve qu'il y a une bonne cohésion au sein de l'équipe
Je trouve qu'il y a un bon esprit d'équipe
Je suis mal à l’aise avec mes collègues
Il y a une mauvaise ambiance au sein de l’équipe
La communication avec mes collègues est difficile
J’estime qu’il y a des échanges entre moi et mon manager
J’estime qu’il y a de la communication entre moi et mon manager
Je sens que l'entreprise valorise mon travail
Mon manager me félicite lorsque je fais du bon travail
J'ai le sentiment que mon travail est reconnu par ma hiérarchie
Je trouve que mes efforts d'adaptation aux exigences de mon poste sont
reconnus
Je suis remercié lorsque je fais du bon travail
Mes compétences sont reconnues par ma hiérarchie
Je trouve que mes compétences sont reconnues par l'entreprise
Reconnaissance
Je trouve que mon manager valorise mes compétences
J'ai le sentiment que mon travail est reconnu financièrement
J'estime que l'entreprise propose une grille salariale acceptable
J'estime que la récompense financière qui m’est accordé par l’entreprise est
satisfaisante
J'estime que mon travail est reconnu à travers mon salaire
Je sens que l’entreprise ne valorise pas mon travail
J’ai le sentiment que mon travail n’est pas reconnu financièrement
Tableau%3.4%:%Les%six%dimensions%du%BET%et%les%$verbatim$%correspondant.%
167
3.3) L’étude exploratoire
Dimensions Items
J'ai le sentiment que mon travail est utile à l’entreprise
J'estime que l'entreprise offre des opportunités de carrière à ses collaborateurs
Je trouve que ma hiérarchie respecte le travail que j'effectue
Je me sens respecté par mon entreprise
J'estime qu'il y a un respect des règles de vie dans mon entreprise
J’estime que l'entreprise respecte les règles de vie de ses salariés
Je suis écouté par mon entreprise
Je trouve que j'ai un bon soutien au travail
Je suis autonome dans mon travail
L'entreprise m'accorde de la liberté dans mon travail
Je suis autonome dans mon poste
J'apprécie le sens de justice de l’entreprise
J'apprécie l'équité de l’entreprise envers ses salariés
Bienveillance de l’entreprise Je trouve que l’entreprise est bienveillante envers ses salariés
Je trouve que l'entreprise fait des efforts envers ses salariés
Je sais que je peux compter sur ma hiérarchie
J'éprouve de la proximité avec ma hiérarchie
Je trouve que l'entreprise est proche de ses collaborateurs
J'apprécie les opportunités de carrière offertes par l'entreprise
J'ai une bonne communication avec ma hiérarchie
Je trouve que l'entreprise propose de belles perspectives d'évolution
J'estime que les avantages proposés par mon entreprise sont satisfaisants
Les formations proposées par l'entreprise me permettent d'actualiser mes
compétences
L'entreprise veille à nous proposer des formations adaptées à nos besoins
Je trouve que ma hiérarchie est distante
Je trouve que les formations proposées par l’entreprise sont inadaptées
Je suis bien à mon poste
Je me sens bien au travail
Je me sens bien dans l'entreprise
Je prends plaisir à aller travailler
J'arrive le matin avec le sourire
J'aime le travail que je fais
J'apprécie le fait d'être utile à l'entreprise
Épanouissement au travail Je me sens bien avec mes collègues
J'ai le sentiment que mon travail correspond à mes attentes
J'estime avoir un bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie
personnelle
Le temps de trajet domicile-travail me convient
Je considère le trajet domicile-travail comme une contrainte
Je ne me sens pas bien à mon poste
J’ai le sentiment que mon travail correspond à mes compétences
%
Tableau%3.5%:%Les%six%dimensions%du%BET%et%les%verbatim%correspondant%(suite).%
&
3.3.3)&Le&CardDsorting&:&
Selon Fastrez, P. et al. (2009) le tri de cartes : une méthode d’investigation des
catégories mentales au service de l’architecture de l’information.
168
3.3) L’étude exploratoire
À ce stade de la recherche, nous avons un corpus de données qui a été traité via un
logiciel de traitement de données qualitatives. Six dimensions ont été retenues (à
partir de l’analyse des verbatim) ainsi que les verbatim correspondant. Les verbatim
retenus sont courts et expriment une seule idée à chaque fois (afin d’éviter toute
ambiguïté), de manière à ce que ces derniers puissent être utilisés comme item pour
le questionnaire. À ce moment-là, quatre questions se posent :
169
3.3) L’étude exploratoire
Dans le cadre de notre recherche, cette méthode nous paraît tout à fait appropriée
compte tenu de son enjeu. En effet, cette méthode nous permet de s’assurer de la
validité de contenu théorique. Elle offre la possibilité de s’assurer que les
représentations du construit présente une certaine cohérence du point de vue des
personnes interrogées et que les items – censés les mesurer – partagent effectivement
un sens commun inhérent au même construit.
Dans notre étude, nous avons utilisé deux types de tri de cartes :
Dans le cadre de notre recherche, nous avons organisé deux sessions de tri de cartes :
[Link])&Le&tri&de&cartes&ouvert&
La première épreuve de tri a porté sur un jeu de 90 cartes reprenant chaque item issu
des verbatim. Un certain nombre de cartes « blanches » ou « vierges » ont été mises à
disposition pour que les répondants puissent proposer des intitulés de dimensions.
Le nombre de cartes traitées par les répondants répond au nombre proposé dans la
littérature à savoir de 30 à 100 cartes (Hannah, 2005).
170
3.3) L’étude exploratoire
Cette première épreuve constitue le tri de cartes ouvert. Les salariés ont eu pour
consigne de regrouper les items en fonction du sens communs qu’ils partagent. En
d’autres termes, on leur a demandé de créer des catégories (représentant en réalité
les dimensions) et de les nommer. Ainsi, les participants ont pu créer leurs propres
regroupements (Fincher & Tenenberg, 2005). Dans cette épreuve comme pour les
entretiens semi-directifs, l’objet de l’étude a été exposé, nous leur avons expliqué que
cette étape avait pour but d’être sûr d’avoir bien identifié les dimensions et de
garder, par la suite, tous les items communs retenus pour chaque dimension. En
revanche, ni le nom, ni le nombre de dimensions n’ont été dévoilés.
[Link])&Analyse&des&données&&
Diebel, Anderson et Anderson (2005) propose une typologie avec quatre types
d’approches d’analyse de tri de cartes aux objectifs différents :
171
3.3) L’étude exploratoire
%
Tableau%3.6%:%Catégories%identifiées%par%groupe.%
Étant donné que les dimensions identifiées par les groupes étaient les mêmes et
partageaient tous le même sens, nous avons pu nous intéresser à leur contenu et à la
fréquence des items retenus par les salariés par groupe identifié. À l’issue de cette
analyse, nous n’avons retenu que les items communs.
Cette première étape nous a permis d’identifier les dimensions du BET sur la base
des items et de confirmer celles que nous avions retenues dès le départ. De plus, nous
avons également identifié tous les items communs aux trois groupes pour chaque
dimension. Nous sommes passés de 90 à 40 items.
[Link])&Le&tri&de&cartes&fermé&:&
Afin de confirmer les items retenus pour chaque dimension identifiée, nous avons
procédé un tri de cartes fermé. Il a été demandé aux groupes de salariés de répartir
les 40 items dans les groupes prédéfinis lors de l’étape du tri de cartes ouvert.
L’approche basée sur les items a été retenue pour l’analyse des données.
172
3.3) L’étude exploratoire
DIMENSIONS ITEMS
Je trouve que mes missions sont claires
Je trouve que mes tâches sont diversifiées
Je trouve que mes tâches sont intéressantes
Caractéristiques du poste Mes objectifs sont clairs
Mes responsabilités sont bien définies
J’ai des missions intéressantes
Mes objectifs sont réalisables
J’estime que l’organisation de l’entreprise est claire
J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes
Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
Environnement de travail J’estime que je dispose de bons outils de travail
J’estime que l’entreprise est bien organisée
Je trouve que mon environnement de travail agréable
Je trouve que mon environnement de travail est confortable
Je trouve que l’ambiance de travail dans l’entreprise est conviviale
Je trouve que mes collègues sont respectueux
Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein de l’équipe
Ambiance de travail
Je sais que je peux compter sur mes collègues
J’entretiens de bonnes relations avec mes collègues
Il y a une bonne entente entre mes collègues
Je trouve que mon N+1 valorise mes compétences
Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
J’estime que mon travail est reconnu à travers mon salaire
Reconnaissance au travail Mes compétences sont reconnues par mon N+1
Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
Je trouve que mes compétences sont reconnues par l’entreprise
J’ai le sentiment que mon travail est reconnu financièrement
J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
Je trouve que l’entreprise est bienveillante envers ses salariés
Bienveillance de l’entreprise Je trouve que l’entreprise propose de belles perspectives d’évolution
J’apprécie les opportunités de carrière offertes par l’entreprise
Je trouve que l’entreprise est proche de ses collaborateurs
Je me sens respecté(e) par mon entreprise
%
Tableau%3.7%:%Structure%du%questionnaire%à%l’issue%du%tri%de%cartes.%
173
3.3) L’étude exploratoire
3.3.4)&Le&préMtest&&
DIMENSIONS ITEMS
CARAC_P
CARAC_P1 Je trouve que mes missions sont claires
CARAC_P2 Je trouve que mes tâches sont diversifiées
CARAC_P3 Je trouve que mes tâches sont intéressantes
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs
CARAC_P5 Mes responsabilités sont bien définies
CARAC_P6 J’ai des missions intéressantes
CARAC_P7 Mes objectifs sont réalisables
ENV_W
ENV_W1 J’estime que l’organisation de l’entreprise est claire
ENV_W2 J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes
ENV_W3 Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
ENV_W4 J’estime que je dispose de bons outils de travail
ENV_W5 J’estime que l’entreprise est bien organisée
ENV_W6 Je trouve que mon environnement de travail agréable
ENV_W7 Je trouve que mon environnement de travail est confortable
AMB_W
AMB_W1 Je trouve que l’ambiance de travail dans l’entreprise est conviviale
AMB_W2 Je trouve que mes collègues sont respectueux
AMB_W3 Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein de l’équipe
AMB_W4 Je sais que je peux compter sur mes collègues
AMB_W5 J’entretiens de bonnes relations avec mes collègues
AMB_W6 Il y a une bonne entente entre mes collègues
RECO_W
RECO_W1 Je trouve que mon N+1 valorise mes compétences
RECO_W2 Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
RECO_W3 J’estime que mon travail est reconnu à travers mon salaire
RECO_W4 Mes compétences sont reconnues par mon N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
RECO_W6 Je trouve que mes compétences sont reconnues par l’entreprise
RECO_W7 Je trouve que mon rôle et mes actions sont reconnus par mes collaborateurs
Tableau%3.8%:%Items%retenus%pour%les%six%dimensions%du%bien8être%au%travail%pour%la%première%version%
du%questionnaire.%
174
3.3) L’étude exploratoire
DIMENSIONS ITEMS
BIENV_E
BIENV_E1 J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
BIENV_E2 J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
BIENV_E3 Je trouve que l’entreprise est bienveillante envers ses salariés
BIENV_E4 Je trouve que l’entreprise propose de belles perspectives d’évolution
BIENV_E5 J’apprécie les opportunités de carrière offertes par l’entreprise
BIENV_E6 Je trouve que l’entreprise est proche de ses collaborateurs
BIENV_E7 Je me sens respecté(e) par mon entreprise
EPAN_W
Après avoir identifié les items, nous avons choisi le format de réponse. Dans le cadre
de notre recherche, l’échelle de Likert nous paraît adaptée. En effet, elle « suggère aux
répondants d’exprimer leur opinion à travers un degré d’accord avec une proposition »
(Gavard-Perret, M. L. et al., 2008). Elle est la plus aisément comprise (Evrad, Pras,
Roux, & coll., 2009). De plus, « les variables mesurées par ce type d’échelle peuvent être
soumises à plus de calculs statistiques. On passe donc à des données dites quantitatives ou à
des échelles métriques » (Thiétart & coll., 2003). Enfin, « permettant de très nombreux
calculs statistiques, les échelles d’intervalle sont extrêmement utilisées en sciences de
gestion » (Garvard-Perret, M.-L. et al., 2008).
175
3.3) L’étude exploratoire
Toutefois, dans le cadre de notre recherche, nous avons choisi d’utiliser une échelle
impaire.
Le nombre d’échelon est également important. Il permet de restituer un maximum
d’informations. Afin d’éviter tout risque de biais de réponse, il est crucial de définir
son nombre. Le mythique « magical number seven plus or minus two » semble être 1
admis par tous. Ceci dit, Cox (1980) indique qu’avant de déterminer le nombre
2
d’échelons, il est important d’examiner les six facteurs suivants : (1) le sujet étudié, (2)
les capacités cognitives des répondants, (3) les contraintes pratiques de recueil d’information
sur le terrain, (4) les aspects statistiques liés au nombre d’échelons, (5) les liens entre le
nombre d’échelons et le nombre d’items et (6) les conséquences du nombre d’échelons retenus
en termes de fiabilité et de validité de l’échelle.
Nous avons fait le choix d’utiliser une échelle de mesure de type Likert à cinq
échelons comme suit :
Ni d’accord, ni pas
Pas du tout d’accord Plutôt pas d’accord Plutôt d’accord Tout à fait d’accord
d’accord
%
Tableau%3.10%:%Échelle%de%type%Likert%à%5%échelons.%
Une fois l’identification des items et le choix de l’échelle de mesure réalisés, nous
avons tous les éléments pour passer à l’étape d’élaboration du questionnaire. Cette
étape est importante puisqu’elle permet de contrôler les effets liés à l’interaction
entre les questions. Les trois principaux effets sont :
1
Miller, G.A. (1956). « The magical number seven plus or minus two : Some limits on our capacity for
processing information », Psychological Review, 63, 2, pp. 81-97 in Gavard-Perret, M. L., et al. (2008).
« Méthodologie de la recherche. Réussir son mémoire ou sa thèse en sciences de gestion ». Dunod, Paris.
2
Cox (1980), op. cit. in Gavard-Perret, M. L., et al. (2008). « Méthodologie de la recherche. Réussir son
mémoire ou sa thèse en sciences de gestion ». Dunod, Paris.
176
3.3) L’étude exploratoire
177
3.3) L’étude exploratoire
178
3.3) L’étude exploratoire
3.3.5)&La&démarche&CMOARMSE&:&&
À l’issue de cette étape exploratoire, il convient de revenir sur les différentes étapes –
jusqu’ici réalisées – de la démarche C-OAR-SE et d’indiquer, pour chacune, nos
propositions.
Définition du construit!
Construct definition!
Classification de l'objet!!
Object classification!
Classification de l'attribut!
Affinement de
Attribute classification!
la définition du
construit
Identification des répondants!
Raters identification!
Création de l'échelle!
Scale formation!
Calcul du score!
Enumeration!
Figure%3.8:%La%démarche%C8OAR8SE%(Rossiter,%2002).%
179
3.3) L’étude exploratoire
Dans notre recherche, notre objet d’étude est l’entreprise. Il ne s’agit pas de mesurer
le sentiment de bien-être au travail des salariés d’une entreprise précise, mais de
n’importe quelle entreprise. Dans ce cas, l’entreprise est-il un objet abstrait collectif ?
D’après Diamontopoulos (2005), la distinction entre l’objet abstrait collectif et l’objet
abstrait formé est confuse. Selon l’auteur, il serait plus logique de faire la distinction
entre :
Si l’on tient compte de ces éléments, notre objet, en l’occurrence l’entreprise, est un
objet concret singulier puisqu’il représente une entité. De plus, l’objet est concret ce
sont les répondants qui évaluent leur propre sentiment de bien-être au travail.
Ensuite notre attribut est de nature abstrait formé car ses principaux composants
s’agrègent pour former l’attribut. En effet, Rossiter (2002) donne plus de détails
quant au caractère abstrait formé de l’attribut. Selon lui, l’attribut abstrait formé
possède quatre caractéristiques :
180
3.3) L’étude exploratoire
Tous ces éléments nous indiquent que les composants du bien-être au travail
(attribut) sont abstraits formés. En effet, notre attribut est multidimensionnel, les
composants de l’attribut sont eux-mêmes des attributs concrets et ils ont été recensés
par des experts. Les six principaux composants retenus, apparaissent dans l’échelle.
Le tableau suivant rappelle les six composants du bien-être au travail identifiés :
Caractéristiques du poste
Environnement de travail
Ambiance de travail
Reconnaissance au travail
Bienveillance de l’entreprise
Épanouissement au travail
%
Tableau%3.12%:%Composants%du%bien8être%au%travail.%
Enfin, nos répondants sont de type groupe. En effet, les individus ciblés sont des
salariés d’une même entreprise.
181
3.3) L’étude exploratoire
Le bien-être au
Entreprise! travail!
Objet!
Attribut!
Concret singulier !
Abstrait formé!
Salariés!
Répondants!
Groupes!
Figure%3.9%:%Étapes%OAR%de%Rossiter%(2002).
182
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
3.4)%Modèle%conceptuel%et%hypothèses%de%recherche%
3.4.1)&Les&hypothèses&de&recherche&:&&
183
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
• La bienveillance de l’entreprise,
• La reconnaissance au travail,
• L’épanouissement au travail,
• L’ambiance de travail,
• L’environnement de travail,
• Les caractéristiques du poste.
&
[Link])&L’environnement&de&travail&:&
184
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
conditions.
[Link])&L’ambiance&de&travail&:&
La littérature, quant à elle, nous indique que l’ambiance de travail et la façon dont
celle-ci est organisée peut réduire à la fois le stress et l’absentéisme des salariés qui
lui est lié (Chini, 2003). Selon une autre étude sur l’intensification au travail aux
chaines de Peugeot-Sochaux, l’ambiance de travail est considérée comme un enjeu
185
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
[Link])&La&reconnaissance&au&travail&
À ce jour, les écrits sur la reconnaissance au travail sont approximatifs car le concept
ne fait pas l’objet « d’une conceptualisation systématique et d’une intégration théorique
satisfaisante » (Brun & Dugas, 2005). Cependant, certains auteurs, à l’instar de Dejours
(1993), Bourcier & Palobart (1997), MOW (1987) et Morin (2001) (1996) mettent en
exergue son caractère essentiel : vecteur de l’identité (Dejours, Travail, usure mentale
: de la psychopathologie à la psychodynamique du travail, 1993), source de
motivation (Bourcier & Palobart, 1997) et sens du travail MOW (Team, 1987), (Morin
E. , 1996) (Morin E. , 2001) la reconnaissance au travail est considérée comme un
agent de développement des individus et comme « liant et facteur dynamique dans les
relations professionnelles » (Brun & Dugas, 2005). Pour les auteurs Brun et al. (2003)
Elle serait « un pivot de la santé mentale au travail ». Elle est également considérée
comme une source de mobilisation et d’engagement organisationnel par les auteurs
Wils et al. (1998) et Tremblay et al. (2000). Enfin, elle participerait aux succès et à la
durée des transformations organisationnelles (Atkinson, 1994) (Fabi, Martin, &
Valois, 1999) (Evans, 2001) ainsi qu’à la satisfaction des employés qui a une influence
positive sur la productivité et la performance des organisations (Appelbaum &
186
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
Kamal, 2000).
[Link])&L’épanouissement&au&travail&
187
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
[Link])&La&bienveillance&de&l’entreprise&
188
3.4) Le modèle conceptuel du Bien-être au travail et les hypothèses de recherches
[Link])&Les&caractéristiques&du&poste&:&
3.4.2)&Le&modèle&conceptuel&:&&
189
%
%
%
%
Les caractéristiques du
% H1a
poste
%
%
H1e
La bienveillance de
l’entreprise
H1f
L’épanouissement au
travail
Figure%3.10%:%Le%modèle%conceptuel%et%ses%hypothèses%de%recherche.%
%
%
%
%
190
Conclusion du chapitre 3
Conclusion%%
Pour construire notre échelle de mesure, nous avons suivi la démarche C-OAR-SE
(Rossiter, 2002). Les différentes étapes nous ont conduit à définir notre objet d’étude,
identifier l’attribut ainsi que les répondants. Selon cette démarche, le construit étudié
est le bien-être au travail dont la définition conceptuelle est : le bien-être au travail
(attribut) des salariés (répondants) en entreprise (objet).
191
Conclusion du chapitre 3
192
Plan du cheminement de la thèse
Chapitre%1&:&&
BienMêtre&et&bienMêtre&au&travail&
Chapitre%2&:&&
Échelles&de&mesure&du&BienMêtre&et&BienMêtre&
au&travail&
Chapitre%3&:&&
De&l'étude&exploratoire&au&modèle&conceptuel&
Chapitre%4%:%
Analyse%et%discussion%des%résultats,%apports%et%
limites%
193
Table des matières du chapitre 4
Chapitre%4.%Analyse%et%discussion%des%résultats,%apports%et%limites&
Introduction%...............................................................................................%195!
4.1)%Test%et%validation%de%l’échelle%de%mesure%du%BET%..................................%196!
4.1.1)&Analyse&factorielle&exploratoire&de&l’échelle&de&mesure&du&bienSêtre&au&travail&.................................&197&
4.1.2)&Analyse&factorielle&confirmatoire&de&l’échelle&du&BET&:&..................................................................................&206&
4.1.3)&Fiabilité&et&validité&de&l’échelle&de&mesure&du&bienSêtre&au&travail&...........................................................&211&
[Link])&La&Fiabilité&................................................................................................................................................................&211&
[Link])&La&validité&:&...............................................................................................................................................................&214&
[Link].1)&La&validité&de&contenu&................................................................................................................................&214&
[Link].2)&La&validité&du&construit&..............................................................................................................................&215&
[Link].3)&La&validité&nomologique&............................................................................................................................&221&
4.1.4)&Récapitulatif&des&résultats&et&validation&des&hypothèses&de&recherche&:&................................................&224&
4.2)%La%discussion%des%résultats%...................................................................%225!
4.2.1)&Les&principaux&résultats&:&.............................................................................................................................................&225&
[Link])&Les&principaux&enseignements&de&la&revue&de&littérature&du&bienSêtre&au&travail&....................&225&
[Link])&Résultats&de&l’étude&exploratoire&:&.................................................................................................................&228&
[Link])&Principaux&résultats&de&l’analyse&quantitative&:&.......................................................................................&232&
4.2.2)&Apports&et&limites&............................................................................................................................................................&234&
[Link])&Apports&.......................................................................................................................................................................&234&
[Link].1)&apports&théoriques&......................................................................................................................................&234&
[Link].2)&Apports&méthodologiques&........................................................................................................................&236&
[Link])&Limites&........................................................................................................................................................................&237&
4.2.3)&Les&voies&de&recherche&:&...............................................................................................................................................&237&
4.2.4)&Implications&managériales&:&........................................................................................................................................&239&
Conclusion%..................................................................................................%244!
194
Introduction du chapitre 4
Introduction%%
195
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Chapitre%4.% .%Analyse%et%discussion%des%résultats,%apports%et%
limites%
%
4.1)%Test%et%validation%de%l’échelle%de%mesure%du%BET%
196
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
c’est-à-dire que ceux-ci partagent un sens commun et que ce sens commun fasse bien
référence à la dimension étudiée –. Autrement dit, le card-sorting permet de s’assurer
de la validité de contenu ainsi que des résultats de l’analyse qualitative exploratoire.
Le tri de cartes a fait également ressortir les six dimensions du BET – préalablement
identifiées – et les 40 items correspondant à chacune de ces composantes.
Ceci étant, dans la continuité de la procédure C-OAR-SE de Rossiter (2002), nous
allons procéder dans ce qui suit à l’étude de la structure factorielle et de la validité
empirique de l’échelle de BET. Dans cette démarche, nous serons amenés à effectuer
un travail d’épuration de l’échelle de BET, de test de sa structure factorielle, de sa
fiabilité et de sa validité. Dans cette perspective, les méthodes utilisées sont celles
recommandées par nombre d’auteurs comme Churchill (1979), Gerbing et Anderson
(1988), Evrard, Pras et Roux (2009) et Hair (2006).
4.1.1)&Analyse&factorielle&exploratoire&de&l’échelle&de&mesure&du&bienMêtre&au&travail&&
197
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
1
Kaiser, H. F. (1960). « The Application of Electronic Computers to Factor ». Educational and Psychological
Measurement, 20, p. 141-151.
198
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Par ailleurs, dans le cadre de l’AFE de l’échelle de BET, une rotation de type oblique
(Oblimin et Promax) est retenue. Ce choix suit les recommandations d’Iacobucci et al.
(2001) qui estiment que la rotation oblique est préférable pour une AFE car elle
produirait une représentation plus valide du phénomène étudié. En effet, la rotation
oblique tient compte du degré de corrélation entre les facteurs et s’inscrit de ce fait
dans l’idée implicite selon laquelle on mesure des facteurs qui font bel et bien
référence à un même construit théorique, celui du BET. A ce titre, Evrard, Pras et
Roux (2009) estiment que des facteurs qui font référence au même construit doivent
présenter une corrélation supérieure au seuil de 0.3.
Dans le cadre de l’AFE de notre recherche, une ACP avec rotation Promax est
réalisée sur les 40 items de l’échelle du BET. Les 682 observations correspondant aux
données de mesure ont servi de support à cette analyse. Les résultats de cette
première AFE indiquent des scores intéressants. Ils montrent un indice KMO égal à
0.855, un test de sphéricité de Bartlett significatif (<0,00) (tableau 4.1) et des
communalités supérieures à 0.4 – éléments qui signifient que les données de mesure
sont factorisables. L’ACP fait ressortir une structure factorielle à 8 facteurs qui
explique 71 % de la variance totale. Toutefois, certains items, notamment
« CARAC_P1 », « CARAC_P4 », « ENV_W1 », « ENV_W6 », « AMB_W2 »,
« AMB_W6 », « RECO_W6 », « RECO_W7 », « BIENV_E2 », « EPAN_W3 »,
199
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
« EPAN_W4 », sont simultanément présents sur plusieurs axes factoriels. Ils sont
donc supprimés.
Dans la perspective de purifier l’échelle de mesure et de retrouver une structure
factorielle conforme à celle théorique, deux autres ACP sont réalisées. L’analyse de
leurs résultats, au moyen des indices et critères précités, a permis de supprimer 14
items (« CARAC_P2 », « CARAC_P3 », « CARAC_P6 », « CARAC_P7 »,
« ENV_W1 », « ENV_W5 », « ENV_W6 », « AMB_W1 », « RECO_W3 »,
« RECO_W7 », « BIENV_E4 », « BIENV_E5 », « EPAN_W1 », « EPAN_W4 »).
200
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Variance expliquée (%) - 35.393 9.108 6.232 6.176 4.383 4.179 3.192 2.612
CARAC_P
Je trouve que mes missions
CARAC_P1
sont claires
0.739 0.314 0.464 -0.379
Je trouve que mes tâches
CARAC_P2
sont diversifiées
0.625 0.873
Je trouve que mes tâches
CARAC_P3
sont intéressantes 0.823 0.950
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs 0.792 0.315 0.358 0.510
Mes responsabilités sont
CARAC_P5
bien définies
0.682 0.521
J’ai des missions
CARAC_P6
intéressantes
0.794 0.945
Mes objectifs
CARAC_P7 professionnels sont 0.589 0.634
réalisables
ENV_W
J’estime que l’organisation
ENV_W1
de l’entreprise est claire 0.684 -0.338 0.716
J’estime que les conditions
matérielles sont
ENV_W2
satisfaisantes (locaux.
0.703 0.826
mobiliers. bureaux)
Les outils de travail fournis
ENV_W3 par l’entreprise sont 0.750 0.861
adéquats
J’estime que je dispose de
ENV_W4
bons outils de travail
0.809 0.841
J’estime que l’entreprise est
ENV_W5
bien organisée 0.710 0.847
Je trouve que mon
ENV_W6 environnement de travail 0.666 0.376 0.581
agréable
Je trouve que mon
environnement de travail
est confortable
ENV_W7
(température. bruit.
0.765 0.803
luminosité. ergonomie du
poste)
AMB_W
Je trouve que l’ambiance de
AMB_W1 travail dans l’entreprise est 0.556 0.502
conviviale
Je trouve que mes collègues
AMB_W2 0.613 0.668 -0.301
de service sont respectueux
Je trouve qu’il y a une
AMB_W3 bonne cohésion au sein de 0.774 0.945
l’équipe
Je sais que je peux compter
AMB_W4 0.796 1.021 0.305
sur mes collègues de service
J’entretiens de bonnes
AMB_W5 0.567 0.792
relations avec mes collègues
Il y a une bonne entente
AMB_W6 entre mes collègues de 0.752 0.987
service
Tableau%4.1%:%Analyse%factorielle%exploratoire%de%l’échelle%de%mesure%du%BET.%
201
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
202
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
et 12.084% de variance expliquée alors que les quatre dimensions restantes indiquent
8.134%, 6.669%, 5.290% et 4.890% de variance expliquée (tableau 4.3). Les valeurs
propres de ces facteurs (tableau 4.3) sont supérieures à 1. De même, le taux de 74%
de variance expliquée dépasse le seuil minimal de 60% recommandé par Evrard, Pras
et Roux (2009) pour les analyses factorielles exploratoires.
Par ailleurs, la structure retenue comporte 26 items qui présentent des communalités
supérieures au seuil de 0.5. Les corrélations après rotation de ces items aux facteurs
retenus sont au-dessus du seuil de 0.5 et indiquent qu’aucun item n’est
significativement corrélé à plusieurs dimensions à la fois. En outre, les corrélations
inter-items des dimensions étudiées sont supérieures à 0.4 ce qui indique que les
items formulés reflètent bien les dimensions qu’ils sont censés représenter.
De la sorte, on constate que le facteur 1 reflète la dimension ambiance au travail, que
le facteur 2 désigne la dimension bienveillance de l’entreprise, que le facteur 3
correspond à la dimension reconnaissance au travail, que le facteur 4 représente
l’épanouissement au travail, que le facteur 5 correspond à l’environnement de travail
et que le facteur 6 désigne les caractéristiques du poste (tableau 4.3).
203
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
0,909
Test KMO
Test de sphéricité de Bartlett 12 158,155
Ddl 325
Sig. 0,000
Analyse en Composantes Principales
Rotation Promax
Items Libellé Com. F1 F2 F3 F4 F5 F6
Valeurs propres - 9.558 3.142 2.115 1.734 1.375 1.272
CARAC_P
Je trouve que mes missions
CARAC_P1
sont claires
0.735 0.857
Je trouve que mes tâches sont
CARAC_P2
diversifiées
Supp.
Je trouve que mes tâches sont
CARAC_P3
intéressantes
Supp.
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs 0.742 0.802
Mes responsabilités sont bien
CARAC_P5
définies
0.749 0.858
ENV_W
J’estime que l’organisation de
ENV_W1
l’entreprise est claire
Supp.
204
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
%
Tableau%4.4%:%Analyse%factorielle%exploratoire%de%l’échelle%de%mesure%du%BET%après%purification%des%
items%(suite).%
205
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
L’AFE indique également que les items retenus pour la dimension « Caractéristiques
du poste » – CARAC_P1 : Je trouve que mes missions sont claires, CARAC_P4 : Mes
objectifs sont clairs et CARAC_P5 : Mes responsabilités sont bien définies – font
davantage référence à la clarté du rôle du collaborateur en entreprise. En effet, cette
dimension met l’accent sur la clarté de ses missions, ses objectifs et ses
responsabilités. Il nous paraît donc pertinent de renommer la dimension
« caractéristiques du poste » par « clarté du rôle ».
Cette démarche exploratoire, bien qu’elle ait indiqué des résultats probants, ne
permet pas de confirmer d’une manière décisive de la validité et de la fiabilité de
l’échelle de mesure de mesure du BET. Elle doit donc être suivie par une analyse
confirmatoire dont l’objectif serait de s’assurer des qualités d’ajustement du modèle
de mesure étudié – ici la conception à six dimensions du BET – à la réalité des
données empiriques.
4.1.2)&Analyse&factorielle&confirmatoire&de&l’échelle&du&BET&:&&
206
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
207
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
M1
VALEURS CLÉS
M0 (selon la
INDICES (selon Roussel et al.,
(Modèle nul) méthode
(2002) et Byrne (2006)
robuste)
Indices absolus
!2 - 10008.866 1130.717
RMSEA
Confidence La plus faible possible - (0.063. 0.071)
Interval (90 %)
Indices incrémentaux
NFI > 0.9 - 0.887
Indices de parcimonie
208
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Tableau%4.6%:%Propriétés%de%la%structure%factorielle%de%l’échelle%de%mesure%du%BET.%
209
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
210
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
4.1.3)&Fiabilité&et&validité&de&l’échelle&de&mesure&du&bienMêtre&au&travail&&
[Link])&La&Fiabilité&
Evrard, Pras et Roux (2003) présentent la fiabilité d’une échelle de mesure comme
« la qualité d’un instrument de mesure qui, appliqué plusieurs fois à un même phénomène,
doit donner les mêmes résultats ». L’analyse de la fiabilité permet de s’assurer de la
stabilité des scores fournis par les items de l’échelle entre différentes mesures
réalisées dans des conditions identiques. Plusieurs méthodes sont recommandées
pour le test de la fiabilité d’une échelle de mesure notamment la méthode du « split-
half », la méthode du « test/retest » et la méthode basée sur le calcul de coefficients
de cohérence interne tels que l’alpha de Cronbach ou le rhô de Jöreskog.
Dans cette recherche, le choix est fait de mobiliser les indices de cohérence interne
l’alpha de Cronbach et le Rho de Jöreskog pour l’analyse de la fiabilité de l’échelle de
mesure du BET. En effet, ces deux indices sont les plus utilisés dans les recherches en
sciences de gestion pour évaluer la fiabilité des échelles de mesure. A ce titre, il est à
signaler que le rho de Jöreskog est recommandé par nombre d’auteurs car il est
moins sensible que l’alpha de Cronbach à la taille de l’échantillon et au nombre
d’items de mesure (Roussel et al., 2002).
Dans le cadre de notre recherche, les estimations de l’alpha de Cronbach et du rho de
Jöreskog pour les dimensions de l’échelle de BET indiquent des résultats probants
(tableaux 4.7, 4.8, 4.9, 4.10, 4.11, 4.12). En effet, l’alpha de Cronbach et le Rho de
Jöreskog, dont les scores sont supérieurs à 0.85 pour l’ensemble des dimensions
retenues, sont au-delà des seuils de 0.7 et de 0.8 défini par Nunnaly (1978) et Fornell
et Larker (1981). Ils témoignent d’une cohérence interne très satisfaisante de l’échelle
de mesure étudiée. De plus, l’analyse des scores de l’alpha de Cronbach si l’item est
supprimé (α sans l’item) indique l’absence d’items qui affectent d’une manière
négative la cohérence interne de sa dimension de référence (tableaux 4.7, 4.8, 4.9,
4.10, 4.11, 4.12).
211
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Corrélation α sans
item-échelle l’item
CARAC CARAC CARAC
CARAC_P
_P1 _P4 _P5
CARAC_P1 Je trouve que mes missions sont claires 1.000 0.611 0.603 0.612 0.767
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs 0.611 1.000 0.622 0.689 0.752
CARAC_P5 Mes responsabilités sont bien définies 0.603 0.622 1.000 0.683 0.757
%
Tableau%4.7%:%Alpha%de%Cronbach%et%matrice%de%corrélation%inter8éléments%pour%la%dimension%
«%Caractéristiques%du%poste%».%
Corrélation α sans
item-échelle l’item
ENV_ ENV_ ENV_ ENV_
ENV_W W2 W3 W4 W7
J’estime que les conditions matérielles sont
ENV_W2
satisfaisantes (Locaux. Mobiliers. Bureaux)
1.000 0.689 0.812
ENV_W4 J’estime que je dispose de bons outils de travail 0.587 0.881 1.000 0.766 0.781
Je trouve que mon environnement de travail est
ENV_W7 confortable (Température. Bruit. Luminosité. 0.581 0.455 0.476 1.000 0.569 0.866
Ergonomie du poste)
Tableau%4.8%:%Alpha%de%Cronbach%et%matrice%de%corrélation%inter8éléments%pour%la%dimension%
«%Environnement%de%travail%».%
Corrélation α sans
item-échelle l’item
AMB_ AMB_ AMB_ AMB_ AMB_
AMB_W W2 W3 W4 W5 W6
AMB_W2 Je trouve que mes collègues sont respectueux 1.000 0.756 0.883
Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein
AMB_W3
de l’équipe
0.672 1.000 0.787 0.880
Je sais que je peux compter sur mes collègues
AMB_W4
de service
0.688 0.711 1.000 0.802 0.873
J’entretiens de bonnes relations avec mes
AMB_W5
collègues
0.604 0.585 0.653 1.000 0.701 0.897
Tableau%4.9%:%Alpha%de%Cronbach%et%matrice%de%corrélation%inter8éléments%pour%la%dimension%
«%Ambiance%de%travail%».%
212
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Corrélation α sans
item-échelle l’item
RECO_ RECO_ RECO_ RECO_ RECO_
RECO_W W1 W2 W4 W5 W6
Je trouve que ma/mon N+1
RECO_W1 (supérieur hiérarchique direct) 1.000 0.803 0.875
valorise mes compétences
Je trouve que mes efforts d’adaptation
RECO_W2 aux exigences de mon poste sont 0.743 1.000 0.804 0.874
reconnus
Corrélation α sans
item-échelle l’item
BIENV_ BIENV_ BIENV_ BIENV_ BIENV_
BIENV_E E1 E2 E3 E6 E7
J’estime que l’entreprise fait
BIENV_E1 preuve de civisme envers ses 1.000 0.724 0.866
salariés
J’apprécie l’équité de
BIENV_E2
l’entreprise envers ses salariés
0.541 1.000 0.657 0.882
213
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Corrélation α sans
item-échelle l’item
EPAN_ EPAN_ EPAN_ EPAN_
EPAN_W W2 W3 W5 W6
EPAN_W2 Je prends plaisir à aller travailler 1.000 0.821 0.848
EPAN_W3 Je me sens bien au travail 0.842 1.000 0.759 0.871
EPAN_W5 J’aime le travail que je fais 0.676 0.595 1.000 0.764 0.870
J’ai le sentiment que mon travail correspond à mes
EPAN_W6
attentes
0.646 0.595 0.766 1.000 0.744 0.878
&
[Link])&La&validité&:&
[Link].1)&La&validité&de&contenu&
214
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
[Link].2)&La&validité&du&construit&
Dans cette recherche, on mobilisera ces deux principaux critères pour l’analyse de
l’échelle de mesure du BET.
En référence au premier critère susmentionné, l’analyse des paramètres non
standardisés des indicateurs de l’échelle de BET révèle des résultats intéressants. Elle
montre que l’ensemble des items considérés contribue d’une manière significative à
leurs dimensions respectives, les scores du test de Z relatifs étant supérieurs à 1.96.
Cet élément va dans le sens de la validité convergente de l’échelle étudiée.
215
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Coefficients Erreurs
Test de
Dimensions du BET non Standards
student
standardisés corrigées
Caractéristiques du Poste
CARAC_P1 Je trouve que mes missions sont claires1 - - -
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs 1.153 0.059 19.436
CARAC_P5 Mes responsabilités sont bien définies 1.082 0.061 17.671
Environnement de travail
J’estime que les conditions matérielles sont
ENV_W2 - - -
satisfaisantes (Locaux, Mobiliers, Bureaux) 1
Les outils de travail fournis par l’entreprise
ENV_W3 1.315 0.064 20.564
sont adéquats
ENV_W4 J’estime que je dispose de bons outils de travail 1.338 0.066 20.140
Je trouve que mon environnement de travail est
ENV_W7 confortable (Température, Bruit, Luminosité, 0.845 0.052 16.333
Ergonomie du poste)
Ambiance de travail
AMB_W2 Je trouve que mes collègues sont respectueux1 - - -
Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein
AMB_W3 1.326 0.056 23.699
de l’équipe
Je sais que je peux compter sur mes collègues
AMB_W4 1.083 0.052 20.802
de service
J’entretiens de bonnes relations avec mes
AMB_W5 0.764 0.045 16.830
collègues
Il y a une bonne entente entre mes collègues de
AMB_W6 1.114 0.053 21.033
service
Reconnaissance au travail
Je trouve que ma/mon N+1 (supérieur
RECO_W1 - - -
hiérarchique direct) valorise mes compétences1
Je trouve que mes efforts d’adaptation aux
RECO_W2 0.977 0.026 37.319
exigences de mon poste sont reconnus
Mes compétences sont reconnues par ma/mon
RECO_W4 0.955 0.028 33.595
N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail 0.889 0.033 26.690
Je trouve que mes compétences sont reconnues
RECO_W6 0.724 0.035 20.690
par l’entreprise
Bienveillance de l’entreprise
J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme
BIENV_E1 - - -
envers ses salariés1
J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses
BIENV_E2 1.065 0.058 18.388
salariés
Je trouve que l’entreprise est bienveillante
BIENV_E3 1.138 0.050 22.690
envers ses salariés
Je trouve que l’entreprise est proche de ses
BIENV_E6 1.137 0.056 20.145
collaborateurs
BIENV_E7 Je me sens respecté(e) par mon entreprise 1.184 0.054 21.811
Environnement de travail
EPAN_W2 Je prends plaisir à aller travailler1 - - -
EPAN_W3 Je me sens bien au travail 0.970 0.028 35.235
EPAN_W5 J’aime le travail que je fais 0.743 0.042 17.780
J’ai le sentiment que mon travail correspond à
EPAN_W6 0.832 0.042 19.720
mes attentes
1 : Le%paramètre%est%fixé%à%1%
Tableau%4.13%:%Propriétés%de%la%structure%factorielle%de%l’échelle%de%mesure%du%BET.%
216
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Validité convergente
Dimensions
(ρ )
vc
217
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Dans l’actuelle étude, les deux méthodes mentionnées ci-dessus seront employées
pour s’assurer de la validité discriminante de l’échelle de mesure du BET.
L’application de la première méthode aux dimensions considérées de l’échelle de
BET indique une validité discriminante probante de la structurelle factorielle étudiée
(tableau 4.15). En effet, les scores des variances partagées entre les six dimensions du
BET – indiqués par le phi au carré (φ²) – sont inférieurs aux scores des variances
partagées par ces mêmes dimensions avec leurs indicateurs respectifs – tel que
l’indiquait le rho de validité convergente ( ) de ces dimensions. De tels résultats
vc
signifient que les six facteurs considérés du BET sont bien spécifiques et font
référence à des facettes différentes du concept global de bien-être au travail.
218
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Validité Validité
Facteurs du BET discriminante convergente
φ² ρ vc
Tableau%4.15%:%Scores%de%l’indice%de%validité%discriminante%de%l’échelle%de%mesure%du%BET.%
%
Par ailleurs, suivant les consignes de la deuxième méthode de test de la validité
convergente de l’échelle de BET, un modèle contraint relatif à la structure factorielle
219
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
de l’échelle de BET – où les corrélations entre les facteurs sont fixées à 1 - est calculé.
On l’a appelé le modèle M2. En outre, suivant les recommandations de Roussel et al.
(2002), deux autres modèles de mesure – M3 et M4 – sont calculés. Le modèle M3
présente une structure à cinq dimensions du BET dans laquelle les dimensions
ambiance de travail et environnement de travail ont été fusionnées dans une seule
dimension appelée « cadre de travail ». Le modèle M3 présente, lui, une structure à
quatre dimensions dans laquelle les actuelles dimensions de reconnaissance, de
bienveillance et d’épanouissement ont été fusionnées dans une seule et même
dimension nommée « gratification ». La comparaison entre ces différents modèles
permettra de vérifier que les six dimensions considérées de l’échelle de BET sont bien
distinctes. Si tel n’est pas le cas, on ne pourra pas conclure à la validité discriminante
de la structure factorielle étudiée.
M1 M2 M3 M4
Indices 6 dimensions Modèle 4 dimensions 3 dimensions
contraint
S-Bχ² 1130.717 5312.9853 2424.6003 2860.5090
Ddl 284 304 289 293
χ²/ ddl 3.981 17.476 8.389 9.762
GFI - - - -
AGFI - - - -
NFI 0.887 0.469 0.758 0.714
NNFI 0.900 0.447 0.752 0.706
CFI 0.913 0.483 0.779 0.735
IFI 0.913 0.484 0.780 0.736
MFI 0.979 0.024 0.204 0.148
RMR 0.067 0.150 0.129 0.101
SRMR 0.061 0.142 0.116 0.094
RMSEA 0.067 0.157 0.105 0.114
RMSEA Confidence
(0.063, 0.071) (0.153, 0.160) (0 .101, 0.109) (0.110, 0.118)
Interval (90%)
AIC 562.717 6014.053 1846.600 2274.509
CAIC -1001.773 4339.387 254.566 660.440
%
Tableau%4.16%:%Ajustements%des%modèles%de%mesure%testés.%
220
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
réconforte ce constat (tableau 4.17). ). Ses scores supérieurs à 900 – et par conséquent
au seuil de significativité de 1.96 – montrent une amélioration sensible du modèle M1
en comparaison aux modèles M2, M3 et M4. Ces résultats corroborent la pertinence
et la validité discriminante établie du modèle de mesure de BET.
Modèles alternatifs
M2 M3 M4
M1 2450.610 922.582 1177.103
%
Tableau%4.17%:%Test%de%différence%de%Khi8deux%entre%le%modèle%de%mesure%et%les%modèles%alternatifs.%
[Link].3)&La&validité&nomologique&
1
La démarche de test de différence suivie dans cette recherche est celle recommandée par Satorra et Bentler (2001)
reprise par Byrne (2006). Selon ces auteurs, le test de différence pour les modèles estimés par la méthode
ML+robuste diffère de celui des modèles estimés par la méthode ML. En effet, les modèles ML+robuste, à la
différence des modèles susmentionnés, ne présentent pas de distribution normale. Dans ce sens, le calcul du χ²
relatif à ces modèles et des tests associés doit être ajusté compte tenu de cette contrainte. Dans cette perspective,
Satorra et Bentler (2001) présentent une démarche spécifique à ce cas de figure qui est reprise dans cette
recherche.
221
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
de Student est ensuite appliqué aux paramètres du modèle afin d’évaluer leur
significativité (t de Student >1.96) et de conclure à la capacité prédictive de l’échelle
de mesure.
Dans le cadre de notre recherche, la validité nomologique de l’échelle de mesure du
BET est vérifiée au moyen de la procédure de bootstrap présentée ci-dessus.
222
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
Test de
Valeur
Paramètres Ecart type Student
moyenne
(>1.96)
Caractéristiques du Poste
CARAC_P1 Je trouve que mes missions sont claires1 - - -
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs 0.0608 0.0056 108.571
CARAC_P5 Mes responsabilités sont bien définies 0.0584 0.0050 116.8
Environnement de travail
J’estime que les conditions matérielles sont
ENV_W2 - - -
satisfaisantes (Locaux, Mobiliers, Bureaux) 1
Les outils de travail fournis par l’entreprise
ENV_W3 0.0665 0.0075 88.667
sont adéquats
ENV_W4 J’estime que je dispose de bons outils de travail 0.0674 0.0079 85.316
Je trouve que mon environnement de travail est
ENV_W7 confortable (Température, Bruit, Luminosité, 0.0681 0.0054 126.111
Ergonomie du poste)
Ambiance de travail
AMB_W2 Je trouve que mes collègues sont respectueux1 - - -
Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein
AMB_W3 0.0537 0.0040 134.250
de l’équipe
Je sais que je peux compter sur mes collègues
AMB_W4 0.0436 0.0031 140.645
de service
J’entretiens de bonnes relations avec mes
AMB_W5 0.0370 0.0023 160.870
collègues
Il y a une bonne entente entre mes collègues de
AMB_W6 0.0466 0.0034 137.059
service
Reconnaissance au travail
Je trouve que ma/mon N+1 (supérieur
RECO_W1 - - -
hiérarchique direct) valorise mes compétences1
Je trouve que mes efforts d’adaptation aux
RECO_W2 0.0339 0.0020 169.500
exigences de mon poste sont reconnus
Mes compétences sont reconnues par ma/mon
RECO_W4 0.0325 0.0020 162.5
N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail 0.0362 0.0018 201.111
Je trouve que mes compétences sont reconnues
RECO_W6 0.0353 0.0017 207.647
par l’entreprise
Bienveillance de l’entreprise
J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme
BIENV_E1 - - -
envers ses salariés1
J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses
BIENV_E2 0.0577 0.0042 137.381
salariés
Je trouve que l’entreprise est bienveillante
BIENV_E3 0.0531 0.0040 132.75
envers ses salariés
Je trouve que l’entreprise est proche de ses
BIENV_E6 0.0522 0.0046 113.478
collaborateurs
BIENV_E7 Je me sens respecté(e) par mon entreprise 0.0523 0.0045 116.222
Environnement de travail
EPAN_W2 Je prends plaisir à aller travailler1 - - -
EPAN_W3 Je me sens bien au travail 0.0279 0.0020 139.500
EPAN_W5 J’aime le travail que je fais 0.0316 0.0016 197.500
J’ai le sentiment que mon travail correspond à
EPAN_W6 0.0360 0.0020 180.000
mes attentes
1 : Le%paramètre%est%fixé%à%1%
Tableau%4.18.%Résultats%du%bootstrap%du%modèle%de%mesure%de%BET.
223
4.1) Test et validation de l’échelle de mesure du BET
4.1.4)&Récapitulatif&des&résultats&et&validation&des&hypothèses&de&recherche&:&
L’étude quantitative menée nous a permis de statuer sur les différentes hypothèses
de recherche définies dans le chapitre 3.
Le tableau suivant récapitule l’ensemble des résultats des hypothèses :
Tableau%4.19%:%Récapitulatif%des%résultats%et%de%la%validation%des%hypothèses%de%recherche%;%
Toutes les hypothèses de recherche de ce travail doctoral ont été validées. Ces
résultats indiquent que le bien-être au travail est bien un concept multidimensionnel.
Les six dimensions identifiées lors de notre étude exploratoire – via les entretiens
semi-directifs et le card sorting – représentent bien les six facettes du concept :
• L’environnement de travail ;
• L’ambiance de travail ;
• La reconnaissance au travail ;
• L’épanouissement au travail ;
• La bienveillance de l’entreprise ;
• Les caractéristiques du poste.
224
4.2) La discussion des résultats
Ces résultats nous indiquent également que les items retenus pour la dimension « les
caractéristiques du poste » lors de l’analyse factorielle exploratoire – CARAC_P1 : Je
trouve que mes missions sont claires, CARAC_P4 : Mes objectifs sont clairs et
CARAC_P5 : Mes responsabilités sont bien définies – font davantage référence à la
clarté du rôle du collaborateur. Dans un souci de précision, il nous est apparu plus
pertinent de modifier le libellé et de l’ajuster au mieux au contenu de la dimension.
4.2)%La%discussion%des%résultats%%
4.2.1)&Les&principaux&résultats&:&
Nous présenterons dans cette section les principaux enseignements issus de la revue
de littérature puis les principaux résultats empiriques obtenus grâce à la phase
exploratoire et confirmatoire de notre étude.
[Link])&Les&principaux&enseignements&de&la&revue&de&littérature&du&bienDêtre&au&travail&&
L’état de l’art effectué dans ce travail de recherche a permis de réaliser un bilan des
connaissances actuelles sur le bien-être général, le bien-être au travail ainsi que leurs
échelles mesure. Aussi, ce travail nous a permis de mettre en évidence un point
essentiel : le manque de consensus autour de la définition du bien-être au travail et
la pertinence d’une échelle de mesure capable d’appréhender les différentes facettes
225
4.2) La discussion des résultats
Aussi, la revue de littérature nous indique qu’il existe deux grandes approches dans
l’étude du bien-être.
226
4.2) La discussion des résultats
Dans le cadre de notre recherche, nous avons fait le choix, à l’instar de Danna et
Griffin (1999), d’utiliser une formulation neutre : le bien-être.
227
4.2) La discussion des résultats
Compte tenu de la revue de la littérature sur le bien-être au travail, il nous ait paru
pertinent d’adopter, dans un premier temps, une démarche inductive – qui semble
être la plus adaptée – pour identifier les dimensions qui composent le bien-être au
travail et les formuler en tant qu’hypothèses de recherche. Puis, dans un second
temps, une démarche déductive afin de tester ces hypothèses.
[Link])&Résultats&de&l’étude&exploratoire&:&
Parmi elles, quatre recoupent à certains égards des dimensions relevées par d’autres
auteurs (Dagenais-Desmarais et Savoie, 2011 ; Biétry et Creusier, 2013 ; Robert, 2007).
En effet, la dimension « environnement de travail » – qui renvoie dans notre étude à
l’environnement physique et aux outils mis à disposition des salariés par l’entreprise
– fait écho à celle identifiée par Robert (2007) et Biétry & Creusier (2013). Toutefois,
même si ces dimensions possèdent le même intitulé, elles ne partagent pas tout à fait
le même sens. Selon Robert (2007) l’environnement de travail correspond aux
différents risques qui constituent l’environnement de travail, à savoir les risques
pour la santé et les risques physiques sur le lieu de travail du salarié. Selon Biétry &
Creusier (2013), cette dimension renvoie davantage à l’environnement physique de
travail, qui est considéré comme une vision hédonique du bien-être. Cependant,
228
4.2) La discussion des résultats
toutes ces dimensions ne renvoient pas aux mêmes éléments, ainsi notre dimension
présente des aspects quelque peu différents à l’égard des travaux cités.
229
4.2) La discussion des résultats
Par la suite, une nouvelle étape a été introduite à l’issue de la phase exploratoire : le
tri de cartes ou card-sorting. Cette étape – empruntée de la discipline des systèmes
d’informations – est une méthode d’investigation des catégories mentales au service
de l’architecture de l’information (Fastrez et al., 2009). Elle permet de comprendre les
« modèles mentaux » des utilisateurs et de saisir la façon dont les utilisateurs
regrouperaient les différents contenus pour exécuter des tâches communes (Hannah,
2005 ; Spencer, 2009).
Dans le cadre de notre recherche, le tri de cartes nous a permis de solliciter des
salariés de l’entreprise afin de comprendre leurs « modèles mentaux » et d’identifier
les regroupements d’items par dimensions. À travers ces procédés, cette méthode
offre la possibilité de s’assurer de la validité de contenu. En effet, les représentations
du construit doivent présenter une certaine cohérence du point de vue des salariés et
les items – censés les mesurer – doivent partager un sens commun inhérent au même
construit.
À l’issue du card-sorting, nous avons donc confirmé le nombre et les intitulés des
dimensions identifiées lors de l’étude exploratoire ainsi que les items les plus
pertinents – 40 au total – pour chaque dimension.
À l’issue de cette étape, nous avons rédigé une première version du questionnaire et
pré-testé celle-ci au moyen d’entretiens cognitifs. Ce pré-test nous a permis
d’apporter des modifications mineures – de l’ordre de compléments d’informations –
à l’outil de mesure.
230
4.2) La discussion des résultats
Pour rappel, voici la version du questionnaire réalisée à l’issue de cette phase (en
bleu, les modifications apportées) :
DIMENSIONS ITEMS
CARAC_P
CARAC_P1 Je trouve que mes missions sont claires
CARAC_P2 Je trouve que mes tâches sont diversifiées
CARAC_P3 Je trouve que mes tâches sont intéressantes
CARAC_P4 Mes objectifs sont clairs
CARAC_P5 Mes responsabilités sont bien définies
CARAC_P6 J’ai des missions intéressantes
CARAC_P7 Mes objectifs professionnels sont réalisables
ENV_W
ENV_W1 J’estime que l’organisation de l’entreprise est claire
ENV_W2 J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes (locaux, mobiliers, bureaux)
ENV_W3 Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
ENV_W4 J’estime que je dispose de bons outils de travail
ENV_W5 J’estime que l’entreprise est bien organisée
ENV_W6 Je trouve que mon environnement de travail agréable
Je trouve que mon environnement de travail est confortable (température, bruit,
ENV_W7
luminosité, ergonomie du poste)
AMB_W
AMB_W1 Je trouve que l’ambiance de travail dans l’entreprise est conviviale
AMB_W2 Je trouve que mes collègues de service sont respectueux
AMB_W3 Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein de l’équipe
AMB_W4 Je sais que je peux compter sur mes collègues de service
AMB_W5 J’entretiens de bonnes relations avec mes collègues
AMB_W6 Il y a une bonne entente entre mes collègues de service
RECO_W
RECO_W1 Je trouve que ma/mon N+1 (mon supérieur hiérarchique direct) valorise mes compétences
RECO_W2 Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
RECO_W3 J’estime que mon travail est reconnu à travers mon salaire
RECO_W4 Mes compétences sont reconnues par ma/mon N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
RECO_W6 Je trouve que mes compétences sont reconnues par l’entreprise
RECO_W7 Je trouve que mon rôle et mes actions sont reconnus par mes collaborateurs
BIENV_E
BIENV_E1 J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
BIENV_E2 J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
BIENV_E3 Je trouve que l’entreprise est bienveillante envers ses salariés
BIENV_E4 Je trouve que l’entreprise propose de belles perspectives d’évolution
BIENV_E5 J’apprécie les opportunités de carrière offertes par l’entreprise
BIENV_E6 Je trouve que l’entreprise est proche de ses collaborateurs
BIENV_E7 Je me sens respecté(e) par mon entreprise
EPAN_W
EPAN_W1 J’apprécie le fait d’être utile à l’entreprise
EPAN_W2 Je prends plaisir à aller travailler
EPAN_W3 Je me sens bien au travail
EPAN_W4 J’estime avoir un bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle
EPAN_W5 J’aime le travail que je fais
EPAN_W6 J’ai le sentiment que mon travail correspond à mes attentes
Tableau%4.20%:%Version%initiale%de%l’échelle%du%BET.%
231
4.2) La discussion des résultats
[Link])&Principaux&résultats&de&l’analyse&quantitative&:&&
232
4.2) La discussion des résultats
DIMENSIONS ITEMS
CARAC_P
ENV_W
ENV_W2 J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes (locaux, mobiliers, bureaux)
ENV_W3 Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
AMB_W
RECO_W
RECO_W1 Je trouve que ma/mon N+1 (mon supérieur hiérarchique direct) valorise mes compétences
RECO_W2 Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
RECO_W4 Mes compétences sont reconnues par ma/mon N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
BIENV_E
BIENV_E1 J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
BIENV_E2 J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
EPAN_W
Tableau%4.21%:%Version%validée%de%l’échelle%de%mesure%du%BET.%
233
4.2) La discussion des résultats
4.2.2)&Apports&et&limites&
Notre travail de recherche doctoral présente plusieurs apports qu’il convient de citer.
[Link])&Apports&
[Link].1)&apports&théoriques&&
234
4.2) La discussion des résultats
Enfin, les résultats de l’étude quantitative a également confirmé les six dimensions
retenues à l’issue de l’étude qualitative exploratoire et nous permet de proposer une
définition du bien-être au travail :
235
4.2) La discussion des résultats
[Link].2)&Apports&méthodologiques&
236
4.2) La discussion des résultats
[Link])&Limites&
4.2.3)&Les&voies&de&recherche&:&
Ces limites sont des voies futures de recherche que nous allons détailler ci-dessous
sous formes de quatre questions.
237
4.2) La discussion des résultats
238
4.2) La discussion des résultats
4.2.4)&Implications&managériales&:&&
L’échelle de mesure pourra être utilisée, en tant que baromètre, dans le cadre d’une
démarche de promotion de bien-être au travail de l’organisation. Le management
pourra, à travers les six dimensions du concept – la bienveillance de l’entreprise, la
reconnaissance au travail, l’épanouissement au travail, l’ambiance de travail,
l’environnement de travail et la clarté du rôle – identifier les points forts et les points
à améliorer pour favoriser le bien-être des collaborateurs et d’en suivre leurs
évolutions.
Un laps de temps de 12 à 24 mois entre deux mesures est recommandé afin que les
actions mises en place par l’organisation aient le temps nécessaire pour agir.
239
4.2) La discussion des résultats
1
&Le&Livre&Vert&de&la&Commission&européenne&(CCE,&2001)&et&La&Responsabilité&Sociale&des&Entreprises,&une&contribution&des&
entreprises&au&développement&durable&(CCE,&2002).&
2
[Link]
responsable/2011_guide/co/fiche%203_2_4.html&
240
4.2) La discussion des résultats
(de 2001 à 2014) va dans ce sens. Les auteurs citent l’article de Beaupré et al. (2008) 1
Ces auteurs ajoutent également que les premiers « modèles de GRH, dont celui de Beer et
al. (1984) il est souligné que la GRH doit non seulement se préoccuper du bien-être
organisationnel mais doit également faire la promotion de l’éthique en milieu de travail, du
bien-être des acteurs, de la responsabilité sociale et de la société en général. Dans les
nombreuses études sur la contribution de la GRH à la performance organisationnelle ainsi
que sur la nature des meilleures pratiques en GRH (Huselid, 1995 ; Purcell, 1999), le
traitement éthique et le bien- être des employés s’avèrent aussi importants que la dimension
économique de la GRH. Le système économique ainsi que les organisations existent pour
servir les besoins humains et sociaux et non l’inverse » (Cherkaoui & Montargot, 2014).
241
4.2) La discussion des résultats
Par ailleurs, la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée fait l’objet
d’une attention croissante, tant dans la littérature managériale que médiatique. L’une
des conséquences immédiate du conflit vie professionnelle - vie privée est une
augmentation du stress au travail et des phénomènes de « burn out » des salariés
(Cornet, Laufer, Belghiti-Mahut, 2008).
242
4.2) La discussion des résultats
243
Conclusion du chapitre 4
Conclusion%%
Les items retenus pour la dimension « les caractéristiques du poste » nous indiquent
que cette dimension fait davantage référence à la clarté du rôle du collaborateur et
qu’il serait pertinent de la renommer « la clarté du rôle ». De ce fait, les six
dimensions de l’échelle sont : la clarté du rôle, l’environnement de travail, l’ambiance
de travail, la reconnaissance, la bienveillance et l’épanouissement.
La discussion des résultats met en évidence les différents apports de cette recherche :
244
Conclusion du chapitre 4
245
Conclusion générale
Conclusion%générale%
1
Les 5 premiers du palmarès France Great Place To Work 2014 sont : que Davidson Consulting, Mars France,
PepsiCo France, Microsoft France et Extia ([Link]
246
Conclusion générale
C’est à partir de ces différents constats que nous avons orienté notre problématique
vers la construction et la validation d’une échelle de mesure du bien-être au travail.
En outre, la casquette de psychologue du travail que nous portons, nous a davantage
incités à suivre cette voix qui semble être pour nous une des voies futures de
recherches.
247
Conclusion générale
Cette thèse n’a pas la prétention de changer les choses, voire les mentalités sur le
bien-être au travail, mais de nourrir le débat sur le sujet en apportant quelques
éléments de réponses et certaines pistes de réflexions.
Pour mener à bien notre travail de recherche, nous avons réalisé une étude
exploratoire, outre une revue de la littérature permettant d’en relever les principaux
enseignements. Cette étude a été conduite auprès d’une entreprise X de plus de 500
salariés. Les entretiens individuels et collectifs semi-directifs menés auprès des
salariés de cette entreprise, nous ont permis de nous rendre compte que le sentiment
de bien-être au travail – bien que personnel et subjectif – n’est pas si différent selon
les individus. En effet, les mêmes éléments reviennent dans la plupart des discours.
Ce qui nous laisse penser, et nous a donné espoir, que la perception de ce sentiment
est commune à tous. Aussi, l’étude exploratoire nous a permis d’identifier six
dimensions : (1) les caractéristiques du poste, (2) l’environnement de travail, (3)
l’ambiance de travail, (4) la reconnaissance au travail, (5) la bienveillance de
l’entreprise et (6) l’épanouissement au travail. L’état de l’art nous a permis de
constater que parmi les six dimensions identifiées, les quatre dimensions suivantes
recoupent à certains égard ceux trouvés dans la littérature : l’environnement de
travail, l’ambiance de travail, la reconnaissance au travail et l’épanouissement au
travail (Dagenais-Desmarais & Savoie, 2011 ; Biétry & Creusier, 2013 ; Robert, 2007).
Les deux dimensions inhérentes à notre étude et qui viennent s’ajouter à celles qui
ont été relevé dans la littérature sont : la clarté du rôle et la bienveillance de
l’entreprise. Ce point constitue l’un des principaux apports conceptuels de cette
thèse. En effet, notre étude qualitative permet d’apporter de nouvelles informations
concernant la composition du bien-être au travail.
Par ailleurs, ces différents éléments ont été vérifiés à travers l’étape du trie de cartes
aussi appelée card-sorting. Le card-sorting constitue, à lui seul, un autre apport, cette
fois-ci, méthodologique de notre travail doctoral. En effet, à notre connaissance,
l’usage de la méthode du card-sorting est peu commun en sciences de gestion. Aussi,
l’introduction de cette étape nous a paru évidente au regard de la complexité du
concept. En effet, la méthode du card-sorting permet d’assurer la validité de contenu.
À travers ses procédés, cette méthode offre la possibilité de s’assurer que les
représentations de construit présentent une certaine cohérence du point de vue des
248
Conclusion générale
personnes interrogées et que les items – censés les mesurer – partagent effectivement
un sens commun inhérent au construit. De plus, l’intégration de cette méthode a
semblé être fructueuse puisque, lors du pré-test de l’échelle, tous les salariés ont
compris toutes les questions et de la même manière.
Les résultats des analyses factorielles exploratoire et confirmatoire ainsi que les tests
de fiabilité et de validité convergente, discriminante et nomologique s’accordent à
dire que la structure factorielle à six dimensions de l’échelle de mesure du BET est
cohérente et valide. Ce dernier point constitue un autre principal apport de la thèse
puisque que le questionnaire, a été validé scientifiquement.
249
Conclusion générale
diplôme, l’âge, le sexe, l’ancienneté, etc. pour lesquels le sentiment de bien-être est le
plus fort… ou le plus faible. Cependant, ce type d’analyse ne permet pas de dire si
ces variables ont une influence quelconque sur le sentiment de bien-être au travail.
Elles sont utilisées uniquement dans le cadre de la description des données.
En effet, la littérature indique que les variables sociodémographiques telles que le
genre, l’âge et l’ancienneté n’ont pas d’impact sur le sentiment de bien-être au travail
(Diener, 1998 ; Jonge ; 1998). Les premiers résultats des travaux de Creusier (2013)
vont également dans ce sens. Toutefois, certains auteurs à l’instar de Crawford &
Henry (2004) Keyes et al. (2002) et Warr (1990) indiquent qu’il existe une relation
significative entre elles.
250
Conclusion générale
À ce stade, il reste à évoquer les trois limites de cette recherche qui constituent les
trois principales voies de recherche de ce travail doctoral.
Premièrement, la validité prédictive de l’échelle n’a pas été testée. Il serait donc
pertinent d’intégrer le BET ainsi que sa mesure dans un modèle et d’étudier les liens
théoriques du concept avec des construits proches tels que l’engagement des salariés.
Deuxièmement, bien que le W@W ait été testé et validé dans le contexte de
l’entreprise X, nous pourrions s’assurer définitivement de la stabilité de sa structure
factorielle en le testant dans une autre entreprise avec un secteur d’activité différent.
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Bibliographie
278
Annexes
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Annexes
279
Annexes
Annexe&1&:&Le&guide&d’entretien&
Date : / / N° :
Bonjour,
Je suis Jamila Abaidi et je suis actuellement en troisième année de thèse. Mon sujet de thèse porte sur
la mesure du bien-être au travail. C’est dans ce cadre que je vous sollicite aujourd’hui pour relever
votre perception du bien-être au travail. Bien évidemment, votre participation ainsi que les résultats
seront anonymes.
Afin de répondre aux exigences liées à cette méthodologie d’entretien, me permettez-vous
d’enregistrer notre interview en vue d’une retranscription de celui-ci ?
Merci%de%votre%participation.%
280
Annexes
Annexe&2&:&Arbre&de&nœuds&(version&1)&
281
Annexes
Annexe&3&:&Arbre&de&nœuds&(version&finale)&
282
Annexes
Annexe&4&:&Le&tri&de&cartes&fermé&
& &
283
Annexes
Annexe&5&:&Version&de&l’échelle&de&mesure&du&BET&pour&le&préMtest&
DIMENSIONS ITEMS
Je trouve que mes missions sont claires
Je trouve que mes tâches sont diversifiées
Je trouve que mes tâches sont intéressantes
Caractéristiques du poste Mes objectifs sont clairs
Mes responsabilités sont bien définies
J’ai des missions intéressantes
Mes objectifs sont réalisables
J’estime que l’organisation de l’entreprise est claire
J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes
Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
Environnement de travail J’estime que je dispose de bons outils de travail
J’estime que l’entreprise est bien organisée
Je trouve que mon environnement de travail agréable
Je trouve que mon environnement de travail est confortable
Je trouve que l’ambiance de travail dans l’entreprise est conviviale
Je trouve que mes collègues sont respectueux
Je trouve qu’il y a une bonne cohésion au sein de l’équipe
Ambiance de travail
Je sais que je peux compter sur mes collègues
J’entretiens de bonnes relations avec mes collègues
Il y a une bonne entente entre mes collègues
Je trouve que mon N+1 valorise mes compétences
Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
J’estime que mon travail est reconnu à travers mon salaire
Reconnaissance au travail Mes compétences sont reconnues par mon N+1
Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
Je trouve que mes compétences sont reconnues par l’entreprise
J’ai le sentiment que mon travail est reconnu financièrement
J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
Je trouve que l’entreprise est bienveillante envers ses salariés
Bienveillance de l’entreprise Je trouve que l’entreprise propose de belles perspectives d’évolution
J’apprécie les opportunités de carrière offertes par l’entreprise
Je trouve que l’entreprise est proche de ses collaborateurs
Je me sens respecté(e) par mon entreprise
284
Annexes
Annexe&6&:&Version&finale&de&l’échelle&de&mesure&du&BET&
DIMENSIONS ITEMS
CARAC_P
ENV_W
ENV_W2 J’estime que les conditions matérielles sont satisfaisantes (locaux, mobiliers, bureaux)
ENV_W3 Les outils de travail fournis par l’entreprise sont adéquats
AMB_W
RECO_W
RECO_W1 Je trouve que ma/mon N+1 (mon supérieur hiérarchique direct) valorise mes compétences
RECO_W2 Je trouve que mes efforts d’adaptation aux exigences de mon poste sont reconnus
RECO_W4 Mes compétences sont reconnues par ma/mon N+1
RECO_W5 Je suis remercié(e) lorsque je fais du bon travail
BIENV_E
BIENV_E1 J’estime que l’entreprise fait preuve de civisme envers ses salariés
BIENV_E2 J’apprécie l’équité de l’entreprise envers ses salariés
EPAN_W
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