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Vulnérabilité des littoraux d'Afrique de l'Ouest

Étude de la mangrove

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Belgeo

Revue belge de Géographie


1 | 2021
Miscellaneous

Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes


littoraux d’Afrique de l’Ouest : état des
connaissances actuelles et interrogation sur le
devenir du littoral sénégalo-bissau-guinéen
Vulnerability and resilience of West African coastal socio-ecosystems: current
knowledge and questions about the future of the Bissau-Guinea-Senegal coastal
area

Tidiane Sané, El Hadji Balla Dièye, Boubacar Solly, Boubacar Demba Ba,
Mamadou Thior, Luc Descroix, Marie-Christine Cormier-Salem et
Mouhamadou Mawlid Diakhaté

Édition électronique
URL : [Link]
DOI : 10.4000/belgeo.50403
ISSN : 2294-9135

Éditeur :
Société Royale Belge de Géographie, National Committee of Geography of Belgium

Référence électronique
Tidiane Sané, El Hadji Balla Dièye, Boubacar Solly, Boubacar Demba Ba, Mamadou Thior, Luc Descroix,
Marie-Christine Cormier-Salem et Mouhamadou Mawlid Diakhaté, « Vulnérabilité et résilience des
socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ouest : état des connaissances actuelles et interrogation sur
le devenir du littoral sénégalo-bissau-guinéen », Belgeo [En ligne], 1 | 2021, mis en ligne le 09 septembre
2021, consulté le 22 février 2024. URL : [Link] ; DOI : https://
[Link]/10.4000/belgeo.50403

Ce document a été généré automatiquement le 22 février 2024.

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes
importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 1

Vulnérabilité et résilience des socio-


écosystèmes littoraux d’Afrique de
l’Ouest : état des connaissances
actuelles et interrogation sur le
devenir du littoral sénégalo-bissau-
guinéen
Vulnerability and resilience of West African coastal socio-ecosystems: current
knowledge and questions about the future of the Bissau-Guinea-Senegal coastal
area

Tidiane Sané, El Hadji Balla Dièye, Boubacar Solly, Boubacar Demba Ba,
Mamadou Thior, Luc Descroix, Marie-Christine Cormier-Salem et
Mouhamadou Mawlid Diakhaté

Introduction
1 L’Afrique de l’Ouest constitue une des plus importantes réserves de la biodiversité à
l’échelle mondiale (Cormier-Salem, 1994). Elle abrite plusieurs régions littorales (de la
Mauritanie au Nigéria) parcourues par un réseau de fleuves débouchant sur des
estuaires particulièrement riches et diversifiés, surtout à l’ouest du fait des remontées
d’eaux froides (upwelling) (Cormier-Salem, 1994 ; Faye, 2010). Le profil écologique des
littoraux ouest-africains, particulièrement les deltas transfrontaliers (fleuve Sénégal,
Saloum-Niumi, Casamance-Geba), est assez largement dominé par les écosystèmes de
mangrove, indispensables pour la vie des communautés humaines qui vivent d’activités
diverses : pêche, riziculture, tourisme, cueillette, chasse, apiculture, élevage,
arboriculture, etc. Paradoxalement, ces littoraux comptent parmi les régions du monde
les plus touchées par l’insécurité alimentaire, la pauvreté et la migration (GRDR et al.,

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Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 2

2017). De fortes menaces pèsent sur ces milieux littoraux : changement climatique,
salinisation et acidification des terres, développement de pratiques minières,
surexploitation des ressources naturelles, etc. Dans ce contexte, les conflits entre
usagers des ressources naturelles (population locale, pêcheurs, gestionnaires des aires
protégées, exploitants miniers, etc.) se développent davantage et conduisent parfois à
des situations géopolitiques complexes.
2 La double exigence de lutte contre la dégradation de la biodiversité et de création de
richesses pour les populations dépendantes des ressources des écosystèmes côtiers est
un enjeu crucial pour l’Afrique de l’Ouest où les changements rapides de tous ordres
sont notés (climatiques, démographiques, économiques, institutionnels). C’est dans ce
contexte que le Laboratoire Mixte International « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(LMI-PATEO) », dans une perspective de prendre la mesure de ces enjeux et mutations,
analyse ces environnements côtiers (fig. 1) soumis à de fortes mutations liées aux
changements globaux. En inscrivant ces actions sur les dynamiques
environnementales, économiques et sociétales sur les littoraux ouest-africains, des
chercheurs du laboratoire ont tenté de documenter les enjeux complexes que
représente le maintien des services écosystémiques en lien avec le bien-être des
populations, et de s’interroger sur les valeurs de la biodiversité et le partage des
avantages issus des socio-écosystèmes (Badiane, 2016 ; Descroix et al., 2016 ; Cormier-
Salem et al., 2017a ; GRDR et al., 2017 ; Sané, 2017 ; Sané et al., 2018 ; Soumaré, 2018 ;
Mendy, 2018 ; Thior et al., 2019 ; Thior, 2020 ; Diéye et al., 2021 ; Andrieu, 2021). À
travers les travaux réalisés par ses chercheurs, PATEO a ainsi répondu aux priorités
tant géopolitiques que scientifiques des États et des institutions de recherche, et a su
contribuer à la co-construction des savoirs et à la coproduction des connaissances sur
ces milieux riches, mais fragiles et vulnérables.

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Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 3

Figure 1. Zones d’intervention du PATEO.

Source : PATEO, 2012

3 En s’appuyant sur les résultats obtenus dans le cadre du consortium PATEO, ce travail
analyse la vulnérabilité et la résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de
l’Ouest (fleuve Sénégal, Saloum-Niumi, Casamance-Geba) en termes d’état de
connaissances actuelles et s’interroge sur leur devenir.

Matériels et méthode
4 L’outil documentaire, notamment la très importante bibliographie existant sur le
littoral ouest-africain, a été mobilisé afin de mieux documenter les questions
environnementales, les activités humaines, les pratiques et les politiques publiques qui
y sont mises en œuvre. Parallèlement, plusieurs méthodes ont été utilisées par les
membres du laboratoire dans les différentes études. Il s’agit, entre autres, des méthodes
de classifications automatiques (Soumaré, 2018 ; Diéye et al., 2021 ; Andrieu, 2021), de la
photo-interprétation (GRDR et al., 2017 ; Barry, 2017 ; Diop, 2017 ; Sané, 2017 ; Thior et
al., 2019) et de la cartographie participative (Cormier-Salem, Sané, 2017b ; Ehemba et
al., 2017 ; Sané et al., 2017). Ces méthodes, qui font appel à l’utilisation de l’imagerie
satellitaire et aérienne, ont abouti à une cartographie sur plusieurs dates et à
différentes échelles, les unes portant sur l’évolution des mangroves (1972, 1979, 1986,
1990, 1999, 2000, 2005, 2010, 2016, et 2018), les autres sur l’évolution du trait de côte
(1968, 1986, 2004 et 2017) et des terroirs rizicoles villageois (1968 et 2017).
5 À ces méthodes s’ajoutent l’analyse de la pluviométrie, des températures et du niveau
moyen de l’océan (Sané, 2017 ; Sané et al., 2018 ; Descroix, 2018), les mesures de salinité

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des bolons et des nappes (Sané, 2017). Ces méthodes ont été couplées avec la collecte de
données sur le terrain à l’aide de transects, de profils historiques, etc.

Résultats
Dynamiques et recompositions des paysages littoraux en zone
sénégalo-bissau-guinéenne

6 L’analyse de la dynamique des paysages littoraux porte sur l’évolution des conditions
climatiques, l’état de la mangrove, les mutations des terroirs rizicoles et des conditions
de mises en valeur des parcelles rizicoles. En effet, plusieurs études du LMI PATEO ont
été consacrées à ces questions (Descroix et al., 2016 ; Cormier-Salem et al., 2017a ; Niang,
2017 ; GRDR et al., 2017 ; Sané, 2017 ; Diop, 2018 ; Descroix, 2018 ; Soumaré, 2018 ; Thior,
2020 ; Diéye et al., 2021 ; Andrieu, 2021). Ces travaux montrent que les dynamiques qui
s’observent dans ces milieux relèvent à la fois des forces externes (climat, érosion
côtière, salinité et acidité des terres agricoles) et internes (pratiques sociales et
politiques publiques) qui font évoluer activement ces socio-écosystèmes littoraux
depuis le début des années 1970.

Le climat, facteur déclenchant des dynamiques littorales

7 Le climat est un élément déterminant dans l’évolution des milieux et des sociétés
côtières ouest-africaines. Sa forte variabilité spatio-temporelle s’est traduite, surtout
depuis la fin des années 1960, par une succession d’années sèches et d’années humides
corrélée à une élévation remarquable des températures au cours de ces dernières
décennies (Sané, 2017 ; Sané et al., 2018).
8 En ce qui concerne les précipitations annuelles, l’analyse de la figure 2 laisse apparaître
quatre périodes majeures, caractéristiques de l’évolution des conditions climatiques en
région ouest-africaine depuis le début du XXe siècle. La période 1900-1950 est
caractérisée par une pluviométrie relativement normale avec cependant quelques
séquences sèches (1910-1913, 1942-1944 et 1948-1950). Cette période est suivie par une
séquence très humide (1951-1967) matérialisée par des anomalies positives. À l’opposé
de ces deux premières périodes à la pluviométrie normale à très excédentaire, la
période 1968-1998 se démarque par l’absence quasi totale d’années à pluviométrie
normale. Il s’agit d’une longue période durant laquelle les déficits pluviométriques ont
été les plus intenses, leur variabilité spatiale forte et leurs conséquences sur les socio-
écosystèmes les plus prononcées. En effet, cette période de profonds déficits
pluviométriques a été désastreuse pour les sociétés rurales du littoral ouest-africain,
puisqu’elle a été le déclencheur des mutations socio-spatiales importantes observées
dans cette zone, aggravant du coup la vulnérabilité de ces socio-écosystèmes (Sultan et
al., 2015 ; Sané, 2017 ; Descroix, 2018 ; Sané et al., 2018). La quatrième période,
1999-2015, est marquée par l’importance des anomalies positives, comparativement à la
période de sécheresse, avec cependant une nette alternance entre années excédentaires
et années déficitaires. Cette période révèle donc une nette amélioration de la
pluviométrie. Le retour de la pluviométrie à des conditions meilleures participe au
regain de vitalité des écosystèmes même si les conditions socio-économiques restent

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Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 5

encore fortement marquées par les profonds déficits de la période de sécheresse


(1968-1998).

Figure 2. Variabilité des écarts à la moyenne des précipitations en zone soudano-sahélienne de


1900 à 2015.

Source : Descroix, 2018

9 Au-delà de la pluviométrie, considérée comme le facteur qui influence le plus les


activités humaines, d’autres paramètres climatiques comme la température sont aussi
importants à prendre en considération dans l’analyse des conditions climatiques en
zone côtière. La précarité actuelle des activités humaines, notamment agricoles, est
aussi la conséquence de la hausse des températures (Sané, 2017). Les figures 3 et 4
montrent une importante augmentation des températures à Ziguinchor, ville située en
zone climatique sud-soudanienne, donc à cheval entre les domaines climatiques nord-
soudanien et sub-guinéen. On y remarque une hausse des températures minimales
survenue depuis 1982 et celles maximales à partir de 1994. Cette hausse des
températures, observable presque partout en Afrique de l’Ouest (Guichard et al., 2009 ;
Sultan et al., 2015) est intervenue au moment où les précipitations étaient dans une
situation de profond déficit. Cette hausse des températures minimales et maximales
confirme la tendance au réchauffement observée à l’échelle mondiale.

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Figure 3. Évolution des anomalies de températures minimales à Ziguinchor de 1951 à 2014.

Source : Sané, 2017

Figure 4. Évolution des anomalies des températures maximales à Ziguinchor entre 1951-2014.

Source : Sané, 2017

10 Finalement, l’importance de la variabilité des conditions climatiques, particulièrement


la pluviométrie et la température en zone littorale ouest-africaine, a entraîné des
répercussions sur la dynamique des écosystèmes et des systèmes productifs.

La dynamique des paysages littoraux sénégalo-bissau-guinéens à travers


l’exemple de la mangrove

11 Les nombreuses études réalisées par les membres du PATEO sur l’écosystème de
mangrove du fleuve Sénégal, Saloum-Niumi, Casamance-Geba (Sané, 2017 ; Solly et al.,
2018 ; Soumaré, 2018 ; Andrieu, 2021 ; Diéye et al., 2021) ont démontré l’importance des
mutations qui y sont intervenues. En effet, à travers l’imagerie géospatiale, trois

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périodes majeures ont souvent été identifiées dans l’évolution de la mangrove. Il s’agit
de la période des années 1950-1960, de la période 1968 à 1997, et de la période 1998 à
nos jours. La première période, humide du point de vue pluviométrique, est marquée
par une stabilité de la mangrove. La seconde période est marquée par une régression
importante des surfaces de mangrove. Durant cette période, la mangrove a été
éprouvée par les effets de la sécheresse, notamment à cause de l’hypersalinité des eaux
et des sols mais aussi des actions de l’homme à travers la coupe du bois pour diverses
raisons. La dernière période est marquée par une régénération importante des surfaces
en lien avec le retour à de meilleures conditions pluviométriques et une prise de
conscience des populations quant à l’importance de cet écosystème à travers les actions
de reboisement et de revalorisation.
12 À titre illustratif, Soumaré (2018) a montré que la superficie de la mangrove avait
fortement régressé dans la commune de Kafountine (Basse-Casamance), puisqu’elle est
passée de 13 450,35 ha en 1972-1986 et à 1 280,26 ha en 1986-2000 (fig. 5). Par contre,
entre 2000 et 2016, cette mangrove a connu une régénération (naturelle ou assistée)
jusqu’à occuper une surface de 5 897,41 ha.

Figure 5. Carte de la dynamique de la mangrove dans la Commune de Kafountine sur les


périodes 1972-1986 et 2000-2016.

Source : Soumaré, 2017

13 Dans le Delta du Saloum, Andrieu (2021) a noté que la superficie de la mangrove est
passée de 690 km2 en 1979 à 572 km2 en 1988 et 631 km2 en 2015. Du Delta du Saloum au
Rio Cacine, Diéye et al., (2021) ont noté une régression de 23 777 ha de mangrove dense
entre 1971-1988, et de 104 199 ha pour celle moins dense, une régénération bien visible
dès 2000 et plus importante en 2010 avec l’augmentation de la mangrove dense (42 743
ha).

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14 Il est évident que la sécheresse des années 1970 à 1990, combinée aux différentes
évolutions sociologiques et économiques, a favorisé l’évolution des pratiques agro-
sylvo-pastorales qui, à leur tour, ont largement contribué à d’importantes
transformations des paysages littoraux. Cependant, le retour de la pluviométrie à une
situation quasi normale est en train de redonner un regain de vitalité aux écosystèmes
dont la régénération partiellement naturelle constitue un témoin essentiel. Les
changements des espaces littoraux ouest-africains résultent également du relèvement
du niveau de la mer dont une des expressions est l’envahissement des rizières par l’eau
de mer et l’érosion côtière très active (Thior, 2020), aux conséquences socio-
environnementales relativement importantes.

Les mutations dans les paysages agraires littoraux d’Afrique de l’Ouest : cas de la
riziculture

15 La frange littorale est considérée comme la zone la plus riche en rizières de toute
l’Afrique occidentale (Portères, 1962 ; Cormier-Salem, 1992, 1994). Dans la zone
d’intervention du PATEO, on retrouve les peuples riziculteurs comme les Diola,
Baïnounk, les Manjacque, les Balante, entre autres. La principale caractéristique de ces
populations est la pratique de la riziculture inondée. Ce système, à la fois écologique et
social, trouve son expression la plus originale dans la riziculture de mangrove. Les
mangroves endiguées, défrichées et dessalées sont converties en rizières au prix d’un
travail accumulé sur plusieurs générations (Pélissier, 1966 ; Cormier-Salem, 1994 ; Sané,
2017 ; Sané et al., 2018).
16 L’état des lieux de l’évolution de la riziculture en zone littorale ouest-africaine issue des
travaux du LMI PATEO (Sané, 2017 ; GRDR, 2017 ; Diop, 2017 ; Sané et al., 2018 ; Mendy,
2018) révèle que la riziculture est confrontée aux problèmes de salinisation,
d’acidification et d’ensablement des terres. Ces problèmes sont le résultat conjoint de
l’altération pluviométrique des années 1970 à 1990 et du relâchement de l’entretien des
digues et diguettes par les hommes du fait des départs en migration et d’autres
facteurs, en particulier du désintérêt des jeunes pour les travaux liés à la riziculture,
ces travaux étant basés essentiellement sur l’énergie humaine. Cette situation a
provoqué des mutations dans les paysages agraires, particulièrement le recul de la
riziculture, une activité ancestrale de haute importance aux plans alimentaire, cultuel
et culturel. Dans le terroir rizicole villageois de Coubanao (Sénégal) et de Varela Yale en
Guinée-Bissau les terres rizicoles ont diminué entre 1968 et 2015 (fig. 6 et 7).

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Figure 6. Carte de la dynamique du terroir rizicole villageois de Coubanao (Sénégal) en 1969 et


2015.

Source : Sané, 2017

Figure 7. Carte de la dynamique du terroir rizicole villageois de Varela Yale (Guinée-Bissau) en 1968
et 2015.

Source : GRDR et al., 2017

17 La cartographie participative (Cormier-Salem et al., 2017 ; Ehemba et al., 2017 ; Sané et


al., 2017) a permis d’appréhender la perception des populations sur la dynamique en
cours dans leurs terroirs (fig. 8). L’analyse de la figure 8 (situation d’il y a cinquante ans
et situation actuelle) montre une forte recomposition des unités paysagères du terroir
villageois de Diembering. Ce résultat révèle une bonne connaissance des populations
paysannes sur la recomposition de leurs terroirs dans un contexte de changements
globaux.

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Figure 8. Carte de la dynamique des unités paysagères dans le terroir villageois de


Diembering révélé par la population locale : il y a plus de 50 ans (à gauche) et terroir actuel (à
droite).

Source : Sané, 2017

18 De manière générale, la dynamique de la mangrove et la recomposition des terroirs


rizicoles constituent des indicateurs majeurs de la vulnérabilité des socio-écosystèmes
littoraux en Afrique de l’Ouest. Malheureusement, elles ne sont pas les seuls facteurs
qui contribuent à l’évolution des zones littorales. L’érosion côtière, très active dans les
secteurs sableux de ce littoral, contribue fortement à la fragilisation de
l’environnement côtier et des systèmes productifs et socio-économiques.

L’érosion côtière, un facteur très dynamique en région littorale ouest-africaine

19 Cette partie examine l’état actuel de l’érosion côtière, phénomène très dynamique le
long de la frange littorale sénégalo-bissau-guinéenne (Ba, 2013 ; Barry, 2017 ; Thior et
al., 2019 ; Thior, 2020). Les résultats issus des travaux du PATEO et d’autres auteurs
comme Faye (2010) ont montré que l’intensité de l’érosion sur les littoraux sénégalo-
bissau-guinéens résulte à la fois de l’orientation et de l’importance des courants, de la
fréquence des vents océaniques et du relèvement du niveau de la mer (fig. 9) en rapport
avec le changement climatique (Descroix, 2018 ; Thior, 2020).

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Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 11

Figure 9. Évolution rapide de la hausse du niveau moyen global de l’océan en Afrique de l’Ouest.

Source : Descroix, 2018

20 L’érosion est très active dans bien des secteurs du littoral ouest-africain. Les
conséquences de ce dynamisme érosif sont très importantes sur le littoral sénégalais.
Trois cas illustrent bien l’agressivité érosive au niveau des côtes sableuses sénégalaises.
Il s’agit de la rupture volontaire de la flèche sableuse de la langue de Barbarie dans le
delta du fleuve Sénégal (fig. 10), de celle de la flèche de Sangomar dans le delta du
Saloum (fig. 11) et de l’évolution du trait de côte en Basse-Casamance (fig. 12).

Figure 10. Carte de la flèche sableuse de la langue de Barbarie au Sénégal avant et après sa rupture
volontaire survenue en septembre 2003.

Source : Google Earth 2002 et 2018

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Figure 11. Carte d’évolution de la flèche de Sangomar entre 1972 et 2005 dans le delta du Saloum.

Source : Diéye, 2007

Figure 12. Carte d’évolution du trait de côte dans la zone de Diogué en Basse-Casamance entre
1968 et 2017.

Source : Thior, 2020

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21 Ces trois exemples témoignent de l’importance de l’érosion sur le littoral sénégalais qui
résulte à la fois de facteurs naturels (élévation du niveau de la mer, importance et
direction des houles et des courants marins, etc.) et anthropiques (aménagements
divers).

La résilience des socio-écosystèmes littoraux : des pratiques


paysannes aux politiques publiques

22 Devant l’adversité induite par la conjonction de diverses forces (internes et externes),


les sociétés rurales des littoraux ouest-africains ont toujours tenté de s’adapter aux
changements et contraintes de leurs écosystèmes, notamment dans leurs composantes
environnementale, sociale et économique. Plusieurs exemples peuvent être considérés
comme des cas de résilience de la population locale par rapport aux changements
globaux. Cette partie traite de la capacité de résilience de ces socio-écosystèmes côtiers
du littoral sénégalo-bissau-guinéen.

Les pratiques paysannes, éléments de résilience face aux contraintes naturelles ?

23 Les sociétés rurales des riziculteurs d’Afrique de l’Ouest comme les Diola de Basse-
Casamance (Sénégal) se sont toujours adaptées au milieu très contraignant dans lequel
elles évoluent. Elles ont organisé leurs activités rizicoles en fonction des différentes
unités géomorphologiques, où digues et diguettes délimitent les propriétés foncières,
mais servent également à la gestion efficiente des eaux (Cormier-Salem, 1999 ; Sané et
al., 2018 ; Mendy, 2018). Autrement dit, les techniques agricoles mises en œuvre sont
fonction des milieux et des possibilités qui leur sont offertes. Le rôle de la topo-
séquence est fondamental dans la déclinaison des opérations culturales et des plantes
cultivées (Sané, 2017). L’espace rizicole, en zone littorale sénégalo-bissau-guinéenne,
est matérialisé par trois unités géomorphologiques sur lesquelles sont portés les
aménagements agricoles (plateau, versant et bas-fond). L’adaptation à une telle
configuration permet de retrouver des rizières sous les palmeraies, sur les versants,
dans les dépressions des plateaux, dans les plaines des vallées drainées par l’eau douce
et sur les langues de sable de l’estuaire de la Casamance. Une telle stratégie dans les
opérations culturales rizicoles témoigne d’une résilience de ces populations du littoral
ouest-africain par rapport aux contraintes naturelles.
24 Par ailleurs, le retour de la pluviométrie à une situation plus satisfaisante que celle des
années de sécheresse donne de l’espoir aux populations paysannes qui ont su, même en
période de sécheresse, développer des stratégies (développement de la riziculture de
plateau, adoption de variétés de riz à cycle court, etc.) pour maintenir la riziculture. Les
organisations paysannes (entente de Diouloulou, KADES des Kalounayes, etc.) et la
jeunesse déploient des efforts pour redynamiser l’activité agricole (fig. 13). La
population locale s’emploie également à la diversification des activités rémunératrices
comme le développement des plantations (vergers et champs d’anacardiers, petit
commerce, etc.) et les jeunes surtout répondent par la mobilité. L’introduction, quoique
timide, des motoculteurs en Basse-Casamance constitue également une innovation de
taille dans les opérations culturales qui, naguère ne se faisaient qu’avec des outils
manuels comme le Kajendu1. Ces comportements innovants peuvent alors être

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considérés comme des éléments de résilience des socio-écosystèmes littoraux ouest-


africains.

Figure 13. Repiquage des plants de riz par les jeunes de Marougoune, village de Basse-Casamance.

Crédit : T. Sané, septembre 2018

Des politiques publiques parfois inadaptées aux réalités des socio-écosystèmes ?

25 Pour faire face à de nombreuses contraintes imposées par les forces externes
(sécheresse des années 1970 à 1990) et la volonté politique de développer l’agriculture,
la plupart des États ouest-africains avaient mis en place, dans les socio-écosystèmes
littoraux, d’importants programmes et projets d’aménagements hydro-agricoles à
l’image des barrages anti-sel et digues de retenue des eaux en Basse-Casamance
(fig. 14). C’est le cas du Programme agricole (1960-1980) avec un encadrement très
rapproché des agriculteurs et la Nouvelle Politique Agricole (NPA) au début des
années 1980, qui consacra le désengagement de l’État vis-à-vis des activités agricoles.
Les politiques publiques agricoles, notamment dans le domaine rizicole, ont eu des
résultats mitigés. Si certains aménagements hydro-agricoles en Basse-Casamance ont
contribué au maintien de la riziculture avec la mise en place des programmes et projets
de développement rizicole (SOMIVAC, PIDAC, PADERCA, PPDC, etc.) structurés autour
de l’accompagnement des paysans et de la réalisation des digues de protection des
rizières, d’autres cependant ont été adaptés aux réalités des socio-écosystèmes
littoraux. Ces réalités ont mis à mal, dans la plupart des cas, la résilience de ces socio-
écosystèmes fragiles. En effet, certains ouvrages hydroagricoles à l’image du barrage
d’Affiniam (aménagements secondaires non réalisés) ont renforcé la fragilité et la
vulnérabilité de ces écosystèmes du fait de l’absence, dans certains cas, des études
d’impacts environnementaux et de l’inadaptation de certaines réalisations aux réalités
locales (destruction de certaines zones de mangrove censées être érigées en rizières

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Vulnérabilité et résilience des socio-écosystèmes littoraux d’Afrique de l’Ou... 15

avec un échec retentissant : cas des projets ILACO à Tobor et à Diéba près de
Marsassoum.

Figure 14. Barrage anti-sel (à gauche : AfÏniam, 2011) et digue anti-sel (à droite : Thionck-Essyl,
2015) en Basse-Casamance (Sénégal).

Crédit : T. Sané

26 Selon Sène (2015), les compétitions sur le littoral entre projets de territoire, à diverses
échelles (du local à l’international), sont manifestes, et plus particulièrement les
tensions entre, d’une part, les pêcheurs, exploitants et occupants traditionnels de cet
espace, et d’autre part les acteurs extérieurs (pêcheurs industriels, touristes,
spéculateurs immobiliers, entre autres). Cela est d’autant plus inquiétant que la zone
côtière sénégalaise par exemple concentre environ 66,6 % de la population nationale,
67,7 % des actifs du secteur agricole sur environ 31 % des superficies cultivées du pays
et 72 % des actifs du secteur industriel. Elle participe pour 67,9 % à la réalisation du
produit intérieur brut du Sénégal (MEPN/DEEC, 2007). Devant l’importance des enjeux
environnementaux et de gouvernance sur les régions côtières, l’État du Sénégal en
rapport avec les institutions régionales ou internationales a mis en place des
mécanismes de protection des ressources littorales. La naissance du Programme
Régional de Conservation des Aires Marines Protégées (PRCM) en 2004 (Bamboung,
Joal-Fadiouth, Saint-Louis, Cayar et Abéné) et des aires communautaires (comme
Mangagoulack, en Basse-Casamance) en sont une parfaite illustration (fig. 15). C’est en
ce sens que Cormier-Salem (2018) rappelle que l’analyse des processus de
patrimonialisation des mangroves (de leur sanctuarisation à leur conservation avec et
pour les hommes) met en évidence l’impact des grandes rencontres internationales
(Millenium Ecosystem Assessement en 2005 ; Objectifs du Développement Durable,
2015, etc.). Celles-ci rythment l’agenda des politiques publiques, le poids des
conventions internationales (comme la Convention sur la Biodiversité de 1992) et
l’efficience de nouveaux mécanismes pour gérer durablement nos relations à
l’environnement. Elles rythment aussi la diversité des réponses des acteurs locaux
(savoirs, pratiques, logiques, stratégies) aux initiatives, publiques ou privées, de
conservation de la biodiversité et de préservation des services écosystémiques
(Cormier-Salem, 2019).

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Figure 15. Carte de la situation géographique des Aires Marines Protégées (AMP) au Sénégal.

Source : DAMCP, 2012

27 La plupart des politiques publiques mises en œuvre sont souvent contradictoires avec la
philosophie de préservation des ressources naturelles côtières. C’est le cas des accords
de pêche avec l’Union européenne et les pays asiatiques, l’exploitation minière à
l’image du zircon dans certaines zones du littoral sénégalo-bissau-guinéen (Niafrang en
Basse-Casamance, Madina Varela en Guinée-Bissau), l’implantation d’usines d’huile et
de farine de poisson à Abéné en Basse-Casamance. Ces initiatives sont néfastes pour
l’environnement côtier ouest-africain qui continuera, si rien n’est fait, à subir les
conséquences négatives des changements globaux. En effet, des effluents versés dans la
nature (fig. 16) par l’usine de farine de poisson de l’entreprise chinoise à Abéné en
Basse-Casamance posent un sérieux problème pour l’environnement et la santé
humaine.

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Figure 16. EfÒuents versés dans la nature par l’usine de farine de poisson de l’entreprise chinoise à
Abéné en Basse-Casamance.

Crédit : T. Sané, avril 2019

Conclusions
28 Les socio-écosystèmes littoraux ouest-africains, bien que très riches sur le plan
écologique et socio-économique, sont confrontés actuellement à de multiples
contraintes qui provoquent ou renforcent leur vulnérabilité. Celle-ci est révélée, en
partie, par la forte variabilité climatique, considérée comme un facteur déterminant à
l’origine de la transformation de ces paysages littoraux.
29 Les mutations observées dans la mangrove en constituent un bon exemple. La
dynamique de cet écosystème s’est manifestée par deux phases majeures. Il s’agit de la
forte dégradation de la mangrove durant la sécheresse des années 1970 à 1990 et du
regain de vitalité de cet écosystème à la faveur du retour actuel à la normale des
précipitations et de la prise de conscience des communautés littorales sur son
importance.
30 Le recul de la riziculture, induit à la fois par la salinité et par l’acidité des terres
rizicoles, constitue une autre préoccupation des communautés paysannes des littoraux
ouest-africains. La dégradation des terres rizicoles est aussi le résultat du relâchement
de l’entretien des digues et diguettes par les hommes, qui cache une autre
préoccupation, celle de la faiblesse du nombre de bras valides. Cependant, tenant
compte des enjeux sociétaux et économiques de la culture du riz dans les sociétés
littorales ouest-africaines, le maintien de cette activité s’exprime à travers le regard
nouveau porté par les organisations paysannes et la jeunesse sur les activités rizicoles.

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31 L’intensité manifeste de l’érosion côtière, notamment dans les secteurs sableux de la


frange littorale, constitue par ailleurs un élément majeur de la fragilisation des
littoraux ouest-africains. La plupart des études sur ce sujet montrent l’urgente
nécessité de procéder à des aménagements littoraux adéquats si l’on veut maintenir et
renforcer la résilience de ces socio-écosystèmes face aux changements globaux de plus
en plus manifestes et intenses.
32 Face à cette adversité, les sociétés rurales des littoraux ouest-africains et les États
développent des stratégies d’adaptation, aussi partielles soient-elles, qui permettent
leur maintien dans ces milieux vulnérables et fragiles. Cependant, les contradictions
souvent relevées dans les politiques publiques ne militent pas forcément en faveur
d’une résilience plus accrue de ces socio-écosystèmes littoraux dans un contexte de
changement climatique redouté et redoutable.

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NOTES
1. Instrument aratoire de la plupart des agriculteurs de l’Afrique de l’Ouest à l’image des Diola de
Basse-Casamance au Sénégal.

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RÉSUMÉS
Du fait de sa position géographique (proximité avec l’océan Atlantique), de la richesse de ses
écosystèmes (cours d’eau à prédominance de mangrove) et de l’importance des activités socio-
économiques (pêche, riziculture, tourisme, etc.), l’Afrique de l’Ouest demeure une des régions les
plus importantes du monde en termes de biodiversité. Elle est parmi les régions les plus touchées
par les changements environnementaux et les dynamiques rurales. En s’appuyant, pour
l’essentiel, sur les résultats obtenus dans le cadre du consortium Patrimoines et Territoires de
l’Eau (PATEO), ce travail analyse la vulnérabilité et la résilience des socio-écosystèmes littoraux
d’Afrique de l’Ouest en termes d’état de connaissances actuelles et s’interroge sur leur devenir.
Les résultats ont révélé des mutations environnementales et socio-économiques relativement
importantes, positives ou négatives, témoignant d’une forte dynamique des zones littorales
ouest-africaines. Ces changements reposent sur diverses forces externes et internes qui
s’exercent sur les écosystèmes et les sociétés, surtout rurales, et les font évoluer depuis les
années 1970. Dans ce contexte, sociétés et milieux sont soumis aux mêmes aléas, mais se sont
montrés plus ou moins vulnérables ou résilients en fonction de leur degré de dépendance à
l’extérieur. Cette situation influe grandement sur les politiques publiques d’aménagement du
territoire.

Due to its geographical position (proximity to the Atlantic Ocean), the richness of its ecosystems
(predominantly mangrove rivers) and the importance of socio-economic activities (fishing, rice
growing, tourism, etc.), West Africa remains one of the most important regions in the world. It is
among the regions most affected by environmental changes and rural dynamics. Basically based
on the results obtained within the framework of the Water Heritage and Territories consortium
(PATEO), this work analyzes the vulnerability and resilience of coastal socio-ecosystems in West
Africa in terms of the state of current knowledge and questions their future. The results revealed
relatively significant environmental and socio-economic changes, positive or negative, testifying
to the strong dynamics of West African coastal areas. These changes are based on various
external and internal forces exerted on ecosystems and societies, especially rural ones, and have
been causing them to evolve since the 1970s. In this context, societies and environments are
subject to the same hazards, but have shown themselves to be more or less vulnerable or resilient
depending on their degree of dependence on the outside. This situation greatly influences public
land use planning policies.

INDEX
Keywords : vulnerability, resilience, socio-ecosystems, coastline, West Africa
Mots-clés : vulnérabilité, résilience, socio-écosystèmes, littoral, Afrique de l’Ouest

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AUTEURS
TIDIANE SANÉ

Département de Géographie, UFR Sciences et Technologies, Université Assane Seck de


Ziguinchor, Sénégal, Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(PATEO) », tsane@[Link]

EL HADJI BALLA DIÈYE

Département de Géographie, UFR Sciences et Technologies, Université Assane Seck de


Ziguinchor, Sénégal, Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(PATEO) », edieye@[Link]

BOUBACAR SOLLY

Département de Géographie, UFR Sciences et Technologies, Université Assane Seck de


Ziguinchor, Sénégal, Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(PATEO) », bakisolly@[Link]

BOUBACAR DEMBA BA

Département de Géographie, UFR Sciences et Technologies, Université Assane Seck de


Ziguinchor, Sénégal, Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(PATEO) », badembaba@[Link]

MAMADOU THIOR

Département de Géographie, UFR Sciences et Technologies, Université Assane Seck de


Ziguinchor, Sénégal, Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau
(PATEO) », thioryaz@[Link]

LUC DESCROIX

Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau (PATEO) », UMR 208,
« Patrimoines Locaux et Gouvernance », IRD, MNHN, Paris, France, [Link]@[Link]

MARIE-CHRISTINE CORMIER-SALEM

Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau (PATEO) », UMR 208,
« Patrimoines Locaux et Gouvernance », IRD, MNHN, Paris, France, [Link]@[Link]

MOUHAMADOU MAWLID DIAKHATÉ

Laboratoire Mixte International (LMI) « Patrimoines et Territoires de l’Eau (PATEO) »,


Laboratoire LEIDI, Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal, mdiakhate10@[Link]

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